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Full text of "Chroniques liégeoises, éditées par le chanoine Sylv. Balau"

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ACADilll  ROYALE 

DES  SCIENCES,   DES  LETTRES  ET  DES  BEAUX-ARTS  DE  BELGIQUE 


COMMISSION  ROYALE  D'HISTOIRE 


Dom  Ursmer  Berlière,  Président. . 
MM.  Henri  Pirenne,  Secrétaire. 

Edouard  Poncelet,     Membre. 

Joseph  Cuvelier,  id. 

Ve  Charles  Terlinden,     id. 

Alfred  De  Ridder,         id. 

Guillaume  Des  Marez,   Membre  suppléant. 

Herman  Vander  Linden,  id. 

Léon  Van  der  Essen,  id. 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES 


TEXTES  LATINS  ET  TEXTES  FRANÇAIS 


ACADÉMIE  ROYALE  DE  BELGIQUE 


COMMISSION      ROYALE      D'HISTOIRE 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES 


ÉDITÉES  PAR 


le  chanoine  Sylv.  BALAU 


TOME    SECOND 

COMMENCÉ    PAR    SYLV.    BALAU  (f)  ET   CONTINUÉ  PAR 

Ém.  FAIRON 

Conservateur  des  Archives  de  l'État  à  Liège. 


BRUXELLES 

Maurice   LAMERTIN,    Libraire-Éditeur 

58-69,    rue    Coudenbcrg. 

1931 


Marcel  HAYEZ,   imi-rimeur  de  l'Académie  royalb  de   Belgique 
Kue  de  Louvain,  112,  Bruxelles. 


-t2 


-     1967 


J 


TABLE   DES  MATIERES 


Pages. 

Préface ix 

Chronique  de  Jean  de  Brusthem 1 

Chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse 159 

Annotations  sur  les  années  1401  à  1506 257 

Chroniques  du  XVIe  siècle  : 

Description  des  manuscrits     . 273 

Règne  d'Érard  de  la  Marck 340 

Règne  de  Corneille  de  Berghes 401 

Règne  de  Georges  d'Autriche 415 

Chronique  de  Pierre  de  Hesdignoul 450 

Règne  de  Robert  de  Berghes 489 

Règne  de  Gérard  de  Groesbeek 506 

Additions  au  texte  de  Mélart 607 

Index  alphabétique  des  noms  de  personnes  et  de  lieux 669 


PREFACE 


Le  10  juillet  1915  décédait  à  Liège  M.  le  chanoine  Sylvain  Balau, 
laissant  inachevée  l'immense  lâche  à  laquelle  il  avait  consacré  la  maturité 
de  sa  vie,  miné  à  la  lois  par  le  surmenage  qu'il  s'était  imposé  pour  ter- 
miner une  œuvre  qui  dépassait  presque  les  forces  d'un  seul  homme,  et  par 
le  chagrin  et  l'indignation  ressentis  à  la  vue  des  malheurs  immérités  qui 
avaient  mis  dans  la  pire  détresse  sa  chère  patrie.  Sa  disparition  prématurée, 
survenue  pendant  le  tumulte  guerrier  des  années  terribles  de  l'occupation, 
ne  fut  pas  alors  ressentie  avec  toute  l'émotion  et  les  regrets  que  méritait 
à  tant  de  titres  ce  grand  érudit  et  ce  prêtre  éminent.  Mais,  en  1919, 
31.  Jos.  Brassinne  lui  rendit,  dans  Leodium  ('),  l'hommage  éloquent  et 
justifié  que  le  monde  savant  liégeois  devait  à  sa  mémoire.  Parlant  de  son 
œuvre  principale,  celle  des  Chroniques  vulgaires  liégeoises,  noire  collègue 
la  caractérisait  d'une  façon  parfaite  en  ces  termes  :  «  Ce  que  l'auteur  a 
dû  dépenser  de  sagacité  et  de  critique  minutieuse  pour  reconstituer  ainsi 
phrase  par  phrase  —  souvent  mol  par  mot  —  ce  qui  reste  de  bien  des 
œuvres  que  les  auteurs  postérieurs  ont  incorporées  à  leur  narration, 
celui-là  seul  peut  s'en  rendre  compte  qui  s'est  essayé  parfois  à  un  tel  jeu 
de  patience.  » 

(*)  Leodium,  13e  année,  pp.  117-124. 


x  PRÉFACE. 

Dans  le  Rapport  sur  la  publication  des  «  Chroniques  vulgaires 
liégeoises  »,  inséré  dans  le  tome  LXXVI,  pages  lxxx  à  xli,  du  Bulletin 
de  la  Commission  royale  d'Histoire,  M.  Sylvain  Balau  avait  expossé  son 
programme  et  défini  la  méthode  qu'il  se  proposait  de  suivre  pour  nous 
révéler  les  trouvailles  qu'il  avait  faites  en  dépouillant  les  nombreux 
manuscrits  latins  et  français  des  chroniques.  Ce  rapport,  devenu,  hélas! 
un  testament  littéraire,  nous  a  constamment  servi  de  guide  pour  mener 
à  bonne  fin  l'œuvre  aux  trois  quarts  achevée  dont  le  savant  chanoine 
n'eut  pas  le  bonheur  de  voir  l'éclosion. 

Spectateur  et  confident  presque  journalier  du  labeur  opiniâtre  de  mou 
regretté  compatriote,  j'ai  été  prié  par  la  Commission  royale  d'Histoire 
d'assurer  l'achèvement  des  Chroniques  liégeoises  et  j'ai  accepté  celte 
tâche  comme  un  pieux  devoir,  comme  un  mandat  d'exécuteur  testamen- 
taire, heureux  de  coopérer  à  éterniser  la  mémoire  d'un  homme  que 
j'estimais  profondément  et  auquel  m'attachaient  de  multiples  devoirs  de 
reconnaissance.  Je  me  suis  fait  scrupule  de  respecter  le  travail  déjà 
élaboré  et  de  compléter  la  dernière  partie  en  m'inspirant  des  notes 
manuscrites,  des  confidences  et  des  discussions  tenues  avec  M.  Balau  et 
dont  le  souvenir  est  resté  vivace  en  moi. 

Au  reste,  la  lâche  n'était  guère  lourde,  car  je  trouvai  dans  le  dossier 
qui  me  fut  confié  après  la  mort  du  chanoine  Balau  tous  les  textes  anté- 
rieurs au  XVIe  siècle  complètement  critiqués  et  annotés  et  absolument 
prêts  pour  l'impression.  Jusqu'à  la  page  272  de  ce  présent  tome,  je  n'ai 
donc  eu  à  remplir  qu'une  besogne  facile  d'éditeur,  me  contentant  de 
compléter,  quand  c'était  nécessaire,  les  références  bibliographiques 
arrêtées  par  l'auteur  à  l'année  194  4. 


PRÉFACE.  XI 

Pour  les  textes  du  XVIe  siècle,  la  lâche  devenait  plus  ardue,  car  il 
n'existait  dans  les  notes  de  l'auteur  des  Chroniques  liégeoises  qu'une 
ébauche  fort  incomplète  de  ce  qu'il  fallait  faire.  Le  lecteur  trouvera  dans 
le  rapport  que  j'ai  présenté  à  la  séance  du  S  juillet  1924.  de  la 
Commission  royale  d'Histoire,  le  plan  et  la  méthode  qui  ont  été  suivis 
pour  extraire  hors  de.^  innombrables  manuscrits  consultés  la  maigre 
matière  que  nous  apportent  les  chroniques  liégeoises  du   XVIe  siècle. 

C'est  une  énigme  curieuse  que  celle  indigence  pour  une  époque  qui, 
sous  d'autres  rapports,  est  pour  la  principauté  de  Liège  si  brillante  et  si 
prospère.  Entre  l'historiographie  liégeoise  du  moyen  âge  et  la  pullulation 
des  chroniques  du  XVIIe  siè<-!e,  dont  beaucoup  sont  sinon  véridiques  du 
moins  si  vivantes  et  si  passionnées  parce  qu'elles  éclosent  dans  une 
atmosphère  de  luttes  de  parti  poussées  jusqu'au  paroxysme,  il  y  a,  au 
XVIe  siècle,  comme  un  point  mort.  Dans  le  domaine  des  lettres,  les 
Liégeois  ne  semblent  pas  avoir  alors  marqué  les  progrès  dont  on  peut 
leur  faire  honneur  dans  ie  développement  de  leurs  institutions  ou  de  leurs 
industries.  Eux  qui  comptent  pour  le  moyen  âge,  si  l'ou  tient  compte  de 
la  densité  de  la  population,  le  nombre  de  chroniqueurs  le  plus  grand 
de  l'Europe  occidentale,  n'ont  plus  entre  Jean  de  Looz,  Brusthem  et 
Chapeauville  aucun  nom  à  faire  inscrire  au  panthéon  de  l'histoire,  alors 
qu'aux  Pays-Bas  la  liste  en  est  relativement  longue.  Il  est  étonnant  aussi 
que  chez  ce  peuple  qui  comptait  tant  de  clercs,  l'imprimerie  soit  si  tardi- 
vement éclose.  C'est  là  un  problème  dont  on  n'entreprendra  pas  ici  de 
rechercher  la  solution. 

S'il  fallait  citer  toutes  les  personnes  qui  m'ont  prêté  leur  concours  pour 
identifier  les  personnages  dont  le  uom  se  rencontre  dans  les  textes  qui 


xii  PREFACE. 

vont  suivre,  il  me  faudrait  répéter  toute  la  liste  de  ceux  à  qui,  dans  le 
tome  I,  le  chanoine  Balau  a  déjà  exprimé  sa  gratitude.  Je  rappellerai  toute- 
fois avec  un  fervent  recueillement  celui  de  M.  C.  de  Norman,  à  qui  tant 
d'identifications  du  texte  de  la  Chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse 
sont  dues.  A  tous  ceux-là,  j'ajouterai  les  noms  de  MM.  J.  Vannérus, 
F.  Ligna  et  Eug.  Polain,  dont  le  concours  nous  fut  à  diverses  reprises 
très  précieux. 

Emile  FAIRON. 


€HKOi\I0UES  LIÉGEOISES 


TEXTES  LATINS 


Chronique    de  Jean  de  Brusthem. 

Jean  de  Brusthem  nous  est  peu  eonnu.  Il  appartenait  au  couvent  des  Fran- 
5  ciscains  de  Saint-Trond  et  vivait  dans  la  première  moitié  du  XVI6  siècle  ('). 
Il  mourut  le  28  octobre  1549  (*). 

L'œuvre  de  Jean  de  Brusthem,  dont  nous  entreprenons  de  faire  l'analyse, 
est  sa  chronique  inédite  des  évêques  de  Liège,  dont  le  manuscrit  autographe 
repose  à  la  Bibliothèque  royale  de  Belgique,  sous  le  n°  21822.  On  possède 
io  du  même  écrivain  :  Cathalogus  et  acta  Episcoporum  Leodiensium,  prin- 
cipum  Tungrensium,  dueum  quoque  Brabantinorum ,  fratre  Joanne 
Brusthemio,  Franciscano  Trudonensi,  collectore.  Le  texte  de  cet  abrégé, 
recueilli  par  les  religieuses  de  Mielen  en  1566,  est  conservé  à  l'abbaye  d'Aver- 
bode  (;).  Il  a  été  imprimé  par  le  baron  de  Reiffenberg,  d'après  une  copie  de 

15  (*)  Archives  des  Frères  Mineurs  de  la  province  de  Belgique,  au  couvent  de  Bruxelles  :  Chronologia 
provinciae  Germaniae  Inferioris,  pars  I;  rapport  envoyé  au  P.  Général  Jean  de  Naples,  en  1647; 
P.  Vaele,  Brevis  chronographia  convetUus  Trudonensit  fratrum  Minorum,  ms.  1676,  cap.  IX.  Nous 
devons  ces  renseignements  à  la  bienveillance  du  P.  Jérôme  Goyens. 

(*)  Tableau  nécrologique  appartenant  au  couvent  de  Saint-Trond  et  cité  par  le  P.  Servais  Dires, 
20  Histoire  littéraire  et  biographique  des  Frères  Mineurs  de  l'observance  de  saint  François,  Anvers,  18815, 
p.  66;  P.  François  Péri,  Chronographia  sacra  ahnae  provinciae  Germaniae  Inferioris,  aux  archives 
du  couvent  de  Bruxelles. 

(»)  Collection  de  Gilles  die  Voecht,  t.  XVIH,  fol.  1-21. 

Tome  II.  i 


2  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ce  manuscrit,  dans  les  Appendices  à  la  Chronique  de  Philippe  Mouskès, 
t.  i,  pp.  562-602.  Becdelièvre  cite  en  outre,  dans  sa  Biographie  liégeoise. 
t.  I.  p.  204  :  P.  Joannis  Bruslhemii  Trudonenxis,  ord.  FF.  MM  conti- 
nuât™ hisloriae  leodiensis,  authore  Joanne  Sfabulao,  ab  anno  4456  ad 
annum  1538,  in  folio  (*).  s 

La  chronique  de  Jean  de  Brusthem  est  dédiée  à  l'évèque  Georges  d'Autriche 
(fol.  2-5  v°).  La  dédicace  est  datée  ex  Sanclo  Trudone,  ditionis  lue  nppido, 
anno  a  nalo  Christo,  Dei  el  Firginis  Filio,  millesimo  quingmtesimo  XLV. 
L'auteur  déclare  avoir  écrit  cet  ouvrage  dans  un  âge  avancé  :  ad  etatis  mee 
vesperam.  Il  affirme  avoir  transcrit  sans  changement  les  sources  qu'il  utilise  :  io 
Que  scribere  placuit  eisde.m  stilo,  forma  et  modo  quibus  ab  ipsis  aucloribus 
cottscripta  inveni  sine  ulleriori  immutatione  annotavi.  Le  rôle  auquel  il 
prétend  est  celui  d'un  compilateur,  non  d'un  historien  :  collectoris  enim,  non 
auctoris  officium  assumpsi.  Son  but  est  de  réunir  les  textes  historiques  à  sa 
portée,  de  manière  à  en  former  une  compilation  retraçant  toute  l'histoire  de  is 
la  patrie  liégeoise  depuis  l'origine  jusqu'à  son  temps.  En  tète  des  sources  qu'il 
utilise  dans  ce  but,  il  cite  le  fabuleux  Lucius  de  Tongres,  prétendu  contem- 
porain de  Jules  César,  Jacques  de  Guise,  Hugues  de  Tulle,  Clarimbauld.  Outre 
Moïse  et  le  livre  des  Machabées,  il  cite  encore  Valère  Maxime.  Plutarche,  les 
vies  des  saints  solitaires  d'Egypte  de  saint  Jérôme,  les  dialogues  de  saint  20 
Grégoire  le  Grand,  liérose.  Manethon,  Metasthenes,  'file  Live,  Salluste,  Orose. 
Viennent  ensuite  Heriger,  Anselme,  Gilles  d'Orval.  Jean  de  Hocsem.  Ni  ici  ni 
plus  loin,  il  ne  dit  mot  de  Jean  d'Outremeuse.  qu'il  a  pourtant  utilisé.  Kien 
non  plus  de  Jean  de  W'arnant.  qu'il  a  également  connu.  Il  désigne  comme  les 
parrains  de  son  œuvre  et  ses  conseillers  deux  chanoines  de  Saint-Lambert  :  25 
le  professeur  de  théologie  Arnoul  de  Tongres  (2)  et  l'écolâtre  Jacques  du 
buisson  (3).  On  ne  doit  pas  prendre  à  la  lettre  les  indications  fournies  par 

l')  Sur  Jean   de  Brusthem   el   sur  ses  œuvres,  voir   Bc"  r>B   Rïiffbnberg,   Chronique  de  Philippe 
Mouskès,  I,  Introduction,  pp.  cclxvii-cclxx,  comprenant  une  notice  du  haron  de  Villenfagnc;  Rorgnet, 
Bulletin  de  la  Commission  royale  d'histoire,  2e  sér.,  VIII,  pp  530-55b';   Reusens,  Bulletin  de  l'Institut  30 
archéologique  liégeois,  VIII,  pp.   I  \ 

(s,    Arnold  l,uyd,  de  Tongres.  Voir  de  Tbeuz,  Le  chapitre  de  Saint- Lambert,  t.  III,  p.  70. 

\fj  de  Thelx,  Ibid.,  p.  27. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  S 

le  chroniqueur  :  à  ses  sources  principales,  il  entremêle  des  renseignements 
d'origine  diverse;  puis,  loin  de  reproduire  littéralement  ses  sources,  il  en 
modifie  souvent  la  rédaction.  A  la  suite  de  chaque  biographie  d'évèque,  il 
donne  une  notice  sur  les  souverains  pontifes  du  temps,  sur  les  empereurs, 
s  les  princes,  etc.  Nous  négligerons  ces  notices  dépourvues  d'importance. 

Jean  de  Bruslhem  divise  lui-même  son  œuvre  en  sept  chapitres.  En  tête 
de  chaque  chapitre,  il  indique  ses  sources  : 

Manipulus  l1".  Origine  et  rois  de  Tongres. 

»        2"s.  De  saint  Materne  à  saint  Lambert,  d'après  Heriger  et  Anselme. 
10  »        3U\  De  saint  Hubert  à  Hircaire,  d'après  Anselme. 

»        4US.  De  Francon  à  Henri  de  Verdun,  d'après  Anselme  et  Gilles  d'Orval. 

»        5"'.  D'Otbert  à  Thibaut  de  Bar,  d'après  Gilles  d'Orval  et  Hocsem. 

»        6U!.  D'Adolphe  de  la  Marck  à  Jean  de  Horne,  d'après  Hocsem  et  Jean 

de  Stavelot. 

15  »        7US.  D'Érard  de  la  Marck  à  Corneille  de  Berghes,  prout  vidimus  et 

audivimus  et  a  viris  fide  dignis  relata  et  conscripta  cognovimus. 

INous  établirons  un  peu  différemment  la  division  de  l'œuvre  de  Jean  de 
Brusthem,  en  tenant  compte  avant  tout  des  sources  principales  utilisées 
successivement  par  le  compilateur. 

2o  I.  Folios  4  à  33  vû.  —  Origines.  Jean  de  Brusthem  raconte  d'abord  la  fonda- 
lion  de  Tongres  par  les  Troyens  et  disserte  sur  le  nom  de  cette  ville  :  tu  ungeris 
sive  iunderis  (fol.  4-4  v°).  11  s'efforce,  par  les  Celtes  et  les  Gaulois,  de  faire 
remonter  jusqu'à  Noé  et  Adam  les  ancêtres  des  rois  de  Tongres  (4blM0  v°). 
11  dresse  la  généalogie  de  ces  rois  depuis  Tori^otus  (fol.  12-26  v°).  11  y  glisse 

î5  des  notions  d  histoire  romaine,  insiste  particulièrement  sur  la  conquête  des 
Gaules  par  Jules  César,  non  sans  entremêler  à  son  récit  une  bonne  part  de 
légendes  (fol.  25-25  v°)  et  commémore  les  noms  des  principaux  écrivains 
du  siècle  d'Auguste  (fol.  26-26  v°).  Il  continue  la  généalogie  des  faux  rois 
de  Tongres  par  celle  des  prétendus  ducs  de  Brabant,  à  la  mode  de  certaines 

ôo  chroniques  vulgaires  (fol.  27-29  et  33-33  v°).  Knfln,  il  disserte  sur  les  Sibilles 


4  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

et  célèbre  l'avènement  de  N.-S.  Jésus-Christ  (fol.  29  v°-31  v°).  Pour  la  com- 
position de  ce  récit  en  grande  partie  légendaire.  Jean  de  Brusthem  ne  s'est  pas 
épargné  la  peine  de  nombreuses  recherches;  on  rencontre  sous  sa  plume  les 
noms  d'auteurs  de  tout  genre  et  de  toute  époque  :  Bérose  (fol  4  v°  et  alibi)  : 
César  (fol.  4  vd,  7  v°)  ;  Ammianus  Marcellinus  (fol.  4  v°);  Kaimundus,  in  5 
Commentariis  Crsaris  (fol.  4  v°):  Tacite  (fol.  4  v°);  Pline  (fol.  4  v°):  Fabius 
pictor.  tractatus  de  aureo  saeculo  (fol.  4bi8  v°);  Xénophon  (fol.  4bis  v°,  a  et  8); 
Archilochus,  Epitethon  de  lemporibus  (fol.  5);  Moschus  antiquissimus  histo- 
riens (fol.  5)  ;  Lueain  (fol  5  v°)  ;  Monelhon,  in  supplementis  Berosii  (fol.  5  v\ 
7  v°  et  8);  Diodore  de  Sicile  (fol.  6  v'  et  suiv.);  Ptolémée,  in  Cosmographia  »o 
(fol.  6  v°);  Joannes  Annius  (fol.  6  v°);  Strabon.  t»  Geographia  (fol.  7  v*  et 
suiv.)  ;  Dares  Phrygius  (fol.  8)  ;  Tilihius  sequester,  in  libro  de  montibus. 
fluviis  et  nation  ibus  (fol.  8)  :  Herman.  VHa  Caroti  Hlagni  (fol.  9);  Procope, 
in  libro  golliicorum  bellorum  (fol.  9):  Justin  (fol.  12):  Simon  de  Cassia. 
super  Evangelia  (fol.  15);  Valère  Maxime  (fol,  15);  Plotius  Gallus  (fol. 22  v°);  15 
Cicéron  (fol.  22  v°  et  27  v°)  :  Barlhol.  de  proprietaiibus  rerum  (fol.  27)  ;  Orose 
(fol.  28  v")  ;  saint  Augustin.  Contra  i^/«nlcAae<>«(fol.30v,)  ;  Lactance  (fol.  30  v°). 
De   l'amas   de   légendes   accumulées  dans  cette  première  partie,  nous  ne 
trouvons  rien  qui  mérite  d'être  reproduit. 

11.  Folios  33  v°  à  138  v°.  -  -  De  saint  Materne  à  Wazon.  Au  folio  33  v°,  20 
on  lit  le  commencement  du  prologue  d'Heriger  :  Omnis  antiquitas...  cum 
imperante.  Au  folio  77,  est  reproduite  la  dédicace  d'Anselme  à  l'archevêque 
Annon  de  Cologne.  Heriger  et  Anselme  sont  en  effet  les  deux  chroniqueurs 
principaux  reproduits  par  le   compilateur  dans  cette  partie  de  son  œuvre. 
Toutefois,  ce  ne  sont  pas  là  les  seules  sources  auxquelles  il  puise  ses  éléments  25 
d  information.  Au  folio  78  v",  il  reproduit  la  préface,  du  chanoine  Nicolas  en 
tête  de  la  Vie  de  saint  Lambert.  Il  cite  en  outre  Sozomène,  Historia  (ripartita 
(fol.  50  v°);  Mathaeus  Palmerius  (fol.  57);  Grégoire  de  Tours  (fol.  60);  Sigeberl 
(fol.  65  v°,  66  v°).  Il  utilise  aussi  le  G  esta  abbreviata.  Jean  de  VVarnant  et 
Jean  d'Outremeuse,  Kupert  et  Henier  de  Saint -Laurent,  un  grand  nombre  30 
de  vies   de   saints  et   plusieurs  récits   de    translations.    Quantité  de  fables 
parsèment  celle  partie  du  récit,  notamment  la  vie  de  saint  Servais,  élevé 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  5 

à  l'épiscopat  à  l'âge  de  deux  cent  quatre-vingt  dix-sept  ans  (fol.  4b).  D'autres 
passages  légendaires,  par  exemple  la  généalogie  de  saint  Lambert  (fol.  79), 
dépassent  toutes  les  limites  de  la  fantaisie. 

Aux  folios  49  v'-SO,  Jeun  de  Brusthem  reproduit  un  catalogue  des  reliques 
s  eonservées  dans  l'église  de  Saint- Servais  à  îiaestricht.  Il  est  probable  qu'il  n'a 
pas  transerit  directement  cette  liste.  Nous  eroyons  plutôt  qu'il  l'a  copiée  dans 
un  écrit  qui  la  reproduisait.  Nous  trouvons  en  effet  la  même  liste  transcrite 
aussi  dans  le  manuscrit  b  (n°  78  de  l'Université  de  Liège,  fol.  4  v°-6).  Ce  cata- 
logue de  reliques  est  le  seul  fragment  de  cette  partie  de  la  chronique  de  Jean 

io  de  Brusthem  que  nous  jugeons  intéressant  de  publier. 

Ce  qui  suscite  le  plus  vivement  notre  intérêt  dans  ces  deux  premières  parties 
de  la  chronique,  ce  sont  les  emprunts  faits  à  la  chronique  perdue  de  Jean 
de  Warnant.  Nous  les  avons  déjà  signalés  au  commencement  de  ce  recueil  ('), 
et  nous  avons  appuyé  nos  observations  à  ce  sujet  sur  plusieurs  textes  repro- 

is  duils  plus  haut  dans  nos  Extraits  de  chroniques  sur  les  temps  antérieurs 
à  Henri  de  Gueldre.  Rappelons  ici  les  constatations  que  nous  avons  faites. 
Dès  le  début  de  Jean  de  Brusthem,  nous  trouvons  des  passages  offrant  des 
identités  verbales  avec  Mathias  de  Lewis,  la  Chronique  de.  / '402,  les  manu- 
scrits î,  2  et  3  (Bibliothèque  royale  de  Belgique,  n05  9841  ;  II,  2325;  13791). 

20  On  peut  croire  que  Jean  de  Brusthem  a  connu  le  vetustus  codex  Sancti 
Laurentii  cité  par  Chapeaville  et  dont  dérive  le  manuscrit  2:  mais  il  est 
impossible  qu'il  ait  connu  tous  les  autres  écrits  que  nous  venons  de  citer. 
Il  faut  donc  supposer  qu'il  a  puisé  ses  textes  dans  une  œuvre  qui  constitue 
leur  source  commune,  à  savoir  dans  la  chronique  de  Jean  de  Warnant. 

25  III.  Folios  138  v°  à  193  v°.  -  De  Théoduin  à  Robert  de  Langres.  En  tète 
de  cette  partie  de  la  chronique,  folio  138  v°.  est  reproduite  la  préface  de  Gilles 
d'Orval.  C'est  surtout  ce  chroniqueur  qu'on  y  trouve  utilisé,  avec  les  écrits  qui 
lui  servent  de  source  et  qu'il  transcrit.  Jean  de  Brusthem  fait  à  celte  source 
principale  des  additions  tirées  du  Gesla  abbreviala,  d'Albéric  de  Troisfontaines. 

r,o  du  Triurnphns  Sancti  i.amberti,  de  Renier  de  Saint-Jacques,  de  Sigebert  dont 

(')  Voir  ci-dessus  t.  I,  p.  7. 


6  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

il  utilise  le  manuscrit  A  avec  VAuclarium  Geinblacense  et  la  Cotitinuatio 
l'raemonslratensis,  de  la  Chronique  de  Saint-Trond,  de  Jean  d'Outremeuse. 
Il  reproduit  un  passage  de  Guillaume  de  Malmcsburg  (règne  de  Théoduin. 
1048,  fol.  159),  cite  Thomas  de  Cantimpré  (règne  d'Albert  de  Cuyck , 
fol.  175  v°)  et  utilise  plusieurs  documents  d'archives.  Un  certain  nombre  de  s 
ses  textes  sont  identiques  à  ceux  du  Magnum  Chronicon  betgicum  ;  toutefois, 
il  est  possible  qu'il  ne  les  ait  pas  puisés  dans  cette  compilation  mais  dans  les 
écrits  sources  de  celle-ci. 

De  cette  partie  de  la  chronique  de  Jean  de  Brusthem,  nous  reproduirons 
quelques  notices  contenant  des  additions  faites  par  le  compilateur  à  ses  sources  10 
connues. 

IV.  Folios  196  à  242.  —  De  Henri  de  Gueldre  à  Englebert  de  la  Marck. 
Cette  partie,  débutant  par  le  prologue  d'Hocsem.  a  pour  fondement  l'œuvre  de 
ce  chroniqueur  reproduite  assez  littéralement.  Mais  ici  encore  Jean  de  Brusthem 
ajoute  à  sa  source  principale  des  renseignements  empruntés  à  d'autres  sources  15 
narratives  ou  à  des  documents  d'archives.  Bon  nombre  de  ces  additions 
proviennent  de  Jean  de  Warnant  et  de  Jean  d'Outremeuse.  Le  compilateur 
a  peut-être  aussi  utilisé  des  écrits  que  nous  ne  possédons  plus  :  c'est  ainsi 
qu'il  reproduit  les  expressions  d'un  passage  du  Chronicon  Tungrense  mentionné 
par  Chapeaville,  et  qu'il  cite  deux  vers  que  Chapeaville  aussi  nous  a  conservés  20 
d'un  vetustus  scriptor.  H  est  probable  qu'il  se  rencontre  encore  dans  sa 
compilation  d'autres  textes  d'auteurs  inconnus  dont  personne  ne  nous  a  gardé 
la  trace. 

Un  grand  nombre  d'additions  à  la  source  principale  sont  tirées  de  Jean 
de  Warnant.  C'est  ce  que  nous  établirons  par  comparaison  avec  la  Chronique  25 
de  1402,  Mathias  de  Lewis  et  les  manuscrits  de  la  Bibliothèque  royale. 
A  partir  du  règne  d'Lnglebert  de  la  Marck.,  Mathias  de  Lewis  et  les  manuscrits 
seulement  nous  serviront  de  points  de  comparaison,  vu  qu'à  cet  endroit  le 
compilateur  de  1402  délaisse  à  peu  près  le  texte  de  Jean  de  Warnant  pour 
utiliser  presque  exclusivement  celui  d'Hocsem.  r,° 

Jean  de  Brusthem  puise  aussi  dans  Jean  d'Outremeuse  une  partie  de  ses 
renseignements  complémentaires     11  aime   particulièrement  à   emprunter  au 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  7 

romancier  les  noms  propres  qu'invente  celui-ci  pour  suppléer  au  silence  de 
ses  devanciers  :  Gérard  de  Vinalmont  (fol.  d9(>bis),  Francon  de  Visé  (ibid.), 
Jean  Grimeal  (fol.  196bis  v"),  Conrad  le  Frison  (fol  201  V).  Kigauld  de  Corbion 
(fol.  204),  le  prévôt  Buehard  (fol.  204),  Francon  de  Saint-Scrvais  (fol.  214). 

s  Ce  que  nous  possédons  de  la  cbronique  de  Jean  d'Outremeuse  s'arrête 
à  l'année  1340.  Pour  la  suite  de  Jean  de  Brusthem,  nous  établirons  nos 
comparaisons  d'après  le  texte  abrégé  de  Jean  d'Oulremeuse  qu'on  trouvera  plus 
loin  dans  le  présent  recueil. 

Il  ne  faut  pas  se  hâter  d'attribuer  à  Jean  d'Outremeuse  un  texte  de  Jean 

io  de  Brusthem  pour  la  simple  raison  que  celui  ci  concorde  pour  le  fond  avec 
le  récit  du  romancier.  En  y  regardant  de  plus  près,  on  découvre  maintes  lois 
dans  ces  textes  une  telle  similitude  avec  Mathias  de  Lewis,  avec  la  Chronique 
de  4402,  ou  avec  les  manuscrits  de  Bruxelles,  qu'on  doit  formuler  cette 
conclusion  :  Ces  textes  ne  sont  pas  une  traduction  faite  par  Jean  de  Brusthem 

is  de  la  version  de  Jean  d'Outremeuse;  ils  proviennent  d'un  texte  latin  qui  a  servi 
de  source  à  Mathias  de  Lewis,  à  la  Chronique  d»  4  402,  aux  manuscrits  de 
la  Bibliothèque  royale  et  à  Jean  d'Outremeuse  lui-même.  Cette  source  commune 
est  très  probablement  la  chronique  de  Jean  de  Warnant.  Chapeaville  d'ailleurs 
fait  expressément  mention  de  passages  de  Jean  de  Warnant  que  nous  donnent  la 

20  Ghroniqxie  de  4 402  et  celle  de  Jean  de  Brusthem  (*). 

De  cette  partie,  comme  de  la  précédente,  nous  extrayons  un  certain  nombre 
de  notices.  Nous  publions  en  entier  le  récit  du  règne  d'Knglebert  de  la  Marck, 
sauf  les  passages  copiés  dans  Hocsem  dont  nous  nous  bornons  à  donner  Vincipit 
et  le  desinit. 

25  V.  Folios  242  v*  à  260.  —  De  Jean  d'Arckel  à  Jean  de  Heinsberg.  Le 
compilateur  reproduit  ici  la  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelol  que  nous 
avons  publiée  ci-dessus  (t.  1,  pp.  67-143).  Nous  avons  maintenu  dans  ce  texte 
un  certain  nombre  de  passages  qui  ne  se  rencontrent  que  dans  le  manuscrit 
de  Jean  de  Brusthem    II  est  possible  que  plusieurs  d'entre  eux  n'appartiennent 

50  (*>  ^°'r  Chapeaville,  p.  557;  cfr.  Chronique  de  1402.  p.  i(H,  et  ci-dessous  Annotations  de  Jean 
de  Brusthem  à  la  chronique  d'Hocsem,  n°XL. 


8  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

pas  au  texte  de  Jean  de  Stavelot  et  soient  des  additions  faites  à  ce  texte  par 
notre  compilateur. 

La  Chronique  de  Jean  deSlavelol  se  termine. dans  le  manuscrit  de  Bruslhem. 
au  folio  256.  La  suite  du  règne  de  Jean  de  Heinsberg  y  est  racontée  princi- 
palement d'après  Adrien  d'Oudenboseh.  Au  texte  de  ce  chroniqueur,  Jean  n 
de  Brusthcm  ajoute  deux  notices  que  nous  transcrivons  ci-après.  La  seconde 
de  ces  notices,  relative  à  la  renonciation  de  l'évêque,  servira  de  complément 
aux  notes  que  nous  avons  publiées  précédemment  (t.  I,  pp.  21 4-220)  sur 
la  Fin  du  règne  de  Jean  de  Heinsberg. 

VI.  Folios  261  à  285  v°.  —  Règne  de  Louis  de  Bourbon.  Les  sources  io 
principales  de  Jean  de  Bruslhem,  dans  cette  partie  de  sa  chronique,  sont  : 
Adrien  d'Oudenboseh;  Merica,  de  cladtbus  Leodiensium,  avec  la  continuation 
sur  la  Fin  de  Charles  le  Téméraire;  puis  Jean  de  Looz.  Nous  donnerons  en 
notes  à  la  chronique  d'Adrien  d'Oudenboseh  les  courtes  additions  qu'y  ajoute 
Jean  de  Brusthem  et  les  simples  variantes  du  texte.  Nous  transcrivons  ci-après  is 
les  additions  plus  importantes. 

VIL  Folios  286  v*  à  306  v".  —  Règne  de  Jean  de  Home.  Jean  de  Brusthem 
reproduit  ici,  en  l'abrégeant  parfois.  la  chronique  composée  par  un  contempo- 
rain que  nous  avons  publiée  ci-dessus  (t.  I,  pp.  35î)  à  569). 

VIII.  —  Folios  308  à  528.  —  Règne  d'Érard  de  la  Marck.  Le  récit  de  ce  20 
règne  est  original.  Jean  de  Brusthem  l'a  retracé,  écrit-il,  proxt  vidimus  et 
audivimus.  Ce  récit  a  été  publié  par  le  chanoine  Reusbns  dans  le  Bulletin 
de  l'Institut  archéologique  liégeois,  t  VIII,  pp.  t-i 04. 

IX.  Folios  329  à  534.  —  Règne  de  Corneille  de  Berghes  La  plus  grande 
partie  de  celle  notice  est  étrangère  au  règne  du  prince  et  à  l'histoire  de  la  *s 
principauté  de  Liège.  Jean  de  Brusthem  s'arrête  en  1542;  il  ne  poursuit  pas 
son  récit  jusqu'aux  deux  dernières  années  du  règne  Le  manuscrit  se  termine 
par  un  feuillet  déchiré  contenant  au  recto  la  vignette  représentant  le  portrait 
de  Georges  d'Autriche  et  au  verso  un  fragment  sur  le  règne  de  ce  prince. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  9 

En  résumé,  la  chronique  de  Jean  de  tërusthem,  outre  le  récit  quelle  nous 
fournit  sur  les  lègnes  d'Érard  de  la  Marck  et  de  Corneille  de  Rerghes.  offre, 
à  d'autres  points  de  vue,  une  réelle  importance  : 

I"  Elle  nous  apporte  un  élément  qu'il  ne  faudrait  pas  négliger  pour  la 
%  reconstitution  du  texte  de  Jean  de  Warnant; 

"2°  Elle  a  été  utilisée  avec  les  autres  manuscrits  dans  la  reconstitution  du 
texte  de  la  chronique  latine  de  Jean  de  Slavelot; 

5°  Elle  nous  a  fourni  une  copie  à  comparer  avec  les  autres  textes  dans 
l'édition  de  l'appendice  à  la  chronique  de  Merica  sur  les  expéditions  de  Charles 
io  le  Téméraire: 

4°  Elle  nous  donne  d'importantes  annotations  sur  le  règne  de  Louis 
de  Bourbon; 

5°  Elle  comprend  une  version,  non  dépourvue  de  mérite,  de  l'importante 
chronique  du  règne  de  Jean  de  Home. 


is  Catalogue  des  reliques  conservées  dans  l'église 

de  Saint-Servais  à  Maestricht. 

De  sacris   reliquiis   quas  seeum   bcatus  detulit  Servatius  atque   nunc   in 
eeclesia  ejus  Trajecti  reservantur. 

Ciborium  quoddam  in  modum  monilis  secum  tulit  ab  Hierusalem  beatus 
2o  Servatius.  in  cujus  medio  sub  eristallo  est  modica  crux  quam  fecil  beatus 
Lucas  evangelisla  portavitque  eam  beatissima  Virgo  Maria  ad  nudum  pectus 
inler  ubera,  in  memoriam  mortis  Filli  sui,  quam  beatus  Johannes  evangelisla, 
post  ejusdem  gloriose  Virginis  assumplionem,  in  prefato  vasculo  fecit  includi, 
dataque  fuit  postea  bealo  Servatio,  qui  eliam  ipsam  quamdiu  viveret  ad  nudum 
■2s  pectus  portavit.  Et  eum,  post  ejus  moitem,  eollocata  fuisset  in  lumba  super 
ipsum.  in  die  translationis  ipsius  Sancti,  que  facta  est  post  annos  III^L  a  felice 
ejus  transilu,  inventa  est  incorrupta  nullam  vel  maculam  vel  cruginem 
contraxisse. 

Tome  II.  1 


10  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Quedam  parva  imago  crueifîxi  quant  isdem  sanctus  vir  Scrvalius  secum 
inlit  ab  Hierosolimis.  Hsl  aulcm  imago  eburnca  ad  lignuni  doininice  crucis 
allixa,  per  quam  accidit  curiale  mirnculum  circa  annum  Domini  IXCL  in 
Henrico  Saxonum  "  duce,  fralre  Oltonis  !  imperatoris.  Nain  idem  dux.  cum 
diu  paraliticus  jacuisset  n<  c  se  movere  p  reserti  m  in  uno  crurc  potuisset.  eliam  5 
phîsicorum  quorum  curam  inultis  sumplibus  adhibueral  judicio  penitus  despe- 
ratus.  fecit  itaque  se  Trajcclum  Iransferri  ad  ecclesiam  beati  Scrvatii.  Quo 
cum  venissel,  laelus  eruee  prefala.  subilo  perfecle  curalus  est.  Mirum  dictu  : 
imagini  autem  eburnee  cruci,  ut  prefertur.  affîxe  pes  cum  parle  libie  evanuit. 
ubi  dux  ipse  pridem  majores  passus  erat  angustias  m 

Item  brachium  saneli  'l'home  apostoli 

Item  scapula  saneti  l'.artholomei  apostoli. 

Item  de  eapillis  béate  Marie  Virginis. 

Kt  de  crinibus  saneti  Johannis  evangeliste,  qui  abrasi  erant  dum  in  dolium 
ferventis  olei  mitterelur.  ts 

Item  due  magne  petie  ad  modum  portarum  faete,  que  etiam  reperte  fuerunt 
in  translalionc  saneti  Servatii  inter  braehia  ejus,  in  quibus  recondite  sunt 
rcliquie  de  omnibus  que  Salvalorem  noslrum  Christum  ejusque  Cenilricem 
Mari. un  conligerunt.  videlicet  de  presepio,  de  pannis  quibus  beatissima  Virgo 
Filium  suum  involuit.  de  vestiinentis.  de  eolumna.  de  flagdlis.  de  eruce.  ete.  îo 

De  lacté  béate  Marie  Virginis. 

De  lancea  Domini. 

De  ligno  dominice  Crucis  in  tribus  particulis. 

Item  una  petia  ligni  sancte   Crucis  de  cypresso.  quam  palriarcha  quidam 
Hierosolimitanus  ad  ecclesiam   beati   Servatii    transmisit,    de  quo   et  littere  2b 
ejusdem  extant  patriarche. 

Item  magnum  cornu  eburneum  sanguine  cl  reliquiis  sanctorum  apostolorum 
repletum.  prout  sanctus  Scrvalius  ea  congregavil. 

De  eapile  béate  Marie  \iagdalene. 

De  cathena  qua  beatus  aposiolus  Petrus  vinctus  fuit  sub  Nerone.  r>° 


*  Lisez  :  Bavarie 


CHRONIQUE  JEAi\  DE  BRUSTHEM.  M 

Quoddam    vasculum    in  quo  continentur  très  digiti   sanctorum    Stcphani 
prolhomartyris,  Laurentii  et  Nicolai. 

De  capite  sancti  Amandi  1  ungrorum  se»  Trajectensis  cpiscopi. 

Item  braehium  sancti  Maurilii  martyris 
s      (iorpora  sanctorum   Monulphi   et   Gunduiphi   episcoporum.   Et  sanctorum 
Valentini  et  Candidi,  que  simul  eum  corpore  sancti  Servatii  translata  fuerunt. 

Item  corpora  sanctorum  de  quibus  in  legenda  scribilur  quod  totum  tbesaurum 
Octavie  secum  tulerit.  scilicet  octo  episcoporum  pr.  decessorum  Miorum. 

Item  reliquie  multe  sanctorum  Innocentium. 
10       Item  de  oleo  sanctorum  Nicolai  et  Katherine. 

Integrum  corpus  ipsius  sanctissimi  pontificis  Servatii. 

Baculus  ejus  pastoralis  quo  per  angelum  designatus  er.it  episcopus. 

Baculus  peregrinalionis  ejusdem  quo  draconem  inlerfecit  ac  in  tribus  locL- 
fontem  produxit. 
15      Calix  ejus  pontificalis  ex  auro  purissimo.  ornatus  mar^arita  quadam  precio- 
sissima  aliisque  gemmis  preeiosis. 

Item  alius  calix  quem  secum  ferebat  quando  pcregre  pergebat. 

Item  capsa  quedam  eburnea  continens  ejusdem  sancti  viri  indumenta  ponti- 
ficalia,  inventa  in  ejus  translatione  ab  omni  corruptione  aliéna. 
»o  Reservatur  etiam  in  prefata  ecclesia  clavis  illa  quam  ab  apostolo  Pelro 
accepit  dum  pro  imrainenti  Galliarum  excidio  oraret.  Que  hujus  virtutis  esse 
dinoscitur  ut  si  quando  soricum  pestis  aut  taie  aliquid  agros  invaseril,  ipsa  per 
campos  deportata  omnem  hujusmodi  putredinem  funditus  extinguat.  Testali 
sunt  elerici  qui  eam  aliquando  per  agros  Hasbanie.  Taxandrie  atque  Saxonie 
25  circumlulcrunt.  cum  eadem  qua  ieranl  via  repedarent.  se  acervos  reperisse 
soricum  extinctarum  Hec  aliquando  cum  ihesauro  ecciesie  a  furibus  noctu 
sublata  est.  (  lerici  autem  pro  ea  potius  quam  pro  thcsauro  non  modice 
conlristati  statuunt  pro  lioc  in  commune  divinam  implorarc  clemenliam, 
triduanumque  jejun'um  atque  solemnes  letanias  sibimet  indicenles.  (]um 
30  igitur  lelanias  agendo  longius  procédèrent,  vident  eminus  cuidam  spineto 
maximum  avium  insedisse  multiludinem.  Deo  utique  per  hoc  hujus  rei  pro 
qua  rogabatur  dante  indicium.  Siquidem  fures  cum  thesauri  partem  detraxis- 
sent.  divinitus  perterriti  reliquam  partem  et  ipsam  clavem  sub  illo  spineto 


M  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fossa  humo  absconderanl.  Fodientes  itaque  ipsam  clavem  invenerunt,  sed  quod 
ad  doloris  aceessil  cumulum,  eam  in  duas  partes  fractam  reppererunt.  Quam 
cum  probatis  ac  Bdelîbus  reintegrandam  commisissenl  arlificibus  nec  tamen 
ii  1 1 ii s  sequerelur  effcctus,  dolentibus  et  anxiis  omnibus,  apparens  uni  eoram 
fidelis  patronus  Servalius.  non  posse.  inquiens,  arle  humana  refici  quod  ab  5 
humilie  faclum  non  esse  eonslaret.  qucrendnm  proinde  esse  divinum  auxilium 
ubi  bumanum  succumbercl  ingenium.  Sicque  commoniti  posl  solis  occasum 
altari  saero  illara  imponunt  et  ad  matulinariim  solemnia  stirgentes,  integram 
ac  solidam  recipiunt,  Deo  ac  provisori  suo  bealo  Servalio  gralias  in  omnibus 
agentes.  10 

Sun!    et   alie   plurimorum  sanctorum   reliquie  diversis  eapsis   et   vasculis 
conservale. 


Additions  de  Jean  de  Brusthem  au  texte 
de  Gilles  dOrval. 

I.  L'empereur  Henri  III  en  lulie  contre  (iode.fr  oid  III,  i 04S-I04!).        ts 

Koriem  anno,  Henricus  III  (')  imperator  Galliam  belgicam  ingressus, 
Godefridum  (2)  et  Balduinum  (3)  duces  ad  deditionem  coegil.  Erat  enim  multis 
magnisque  virtutibus  preclarus  el  omnium  ante  se  bellicosissimus,  utpote  qui 
inultas  et  féroces  indomitasque  snbjugaverat  imperio  nationes 

II.  Concile  de  Atayence,  1048.  20 

J.deWam  dans       Kodem    anno,   synodus    Mogunlie   celebratur,   presentibns   papa    Leone   IX   ac 
Chapear.,11,5.    Henrico  imperatore,   qui  qiiestionem  proposait   coram   sancta   synodo  de   legenda 

sancti  Servatii,  de  gestis  ejns,  ac  supputatione  annoriim,  que  omnia,  facla  diligenti 

discussione,  ut  pie  credenda  synodali  sunt  robore  confirmata. 


(')   Henri  III,  empereur,  1039-1056.  3b 

I*)  Godefroid  III,  duc  de  Rassc-Lotharingic,  mort  en  1070. 
\l)  Baudouin  V,  comte  de  Flandre,  dit  de  Lille,  mort  en  1077. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  15 

III.  Tombeau  de  Théoduin,  101 S. 

Obiit  dominus  Theoduinus  ix  kalendas  julii  a,  anno  Domini  M.LXXV,  G.  d'O.,  88,  i 
sepultus  in  ecclesia  béate  Marie  Huyensis  anle  altare  ipsius  Dei  Genitricis, 
quod  sanctus  Maternus,  primus  Tungrorum  episcopus  consecraverat.  Sepulchrum 
5  ejus  stetit.  illic  in  tanto  honore  usque  ad  annum  Domini  XIICXC;  nain  tune 
corpus  ejus  ab  eodem  loco  translatum  fuit  in  chorum  in  quodam  arcu  in 
muro  versus  altare  Sancti  Laurentii  in  nobili  sepulchro,  super  quod  imago  ad 
efflgiem  ejus  ex  lapide  jacet  sculpta.  Et  desuper,  facto  quodam  armariolo, 
repositum  est  feretrum  béate  Marie  cum  magna  reverentia,  ubi  meritis 
io  gloriosissime  Virginis  crebra  fiebant  miracula. 

IV.  Charte  de  Théoduin  pour  la  ville  de  Huy,  1066  (1). 

Ego  Theoduinus,  Dei  gratia  Leodiensis  episcopus,  notum  esse  volo 
tam  futuris  quam  presentibus  qualiter  posl  libertatem  Huyensis 
ecclesie,  quam  dominus  Maternus  beale  memorie  Tungrensis  episcopus 

1b  consecrando  primitiavit,  adjecerim  libertatem  etiam  ville.  Prefatam 
ecclesiam  a  fundamentis  ad  laquearia,  a  laquearibus  et  ultra  reedil'i- 
cavi,  quam  etiam  in  auro  et  argento  in  gemmis  et  prediis  pro  modulo 
meo  dilavi  et  de  Agar  Saram  esse  feci.  Prenominata  villa  pro  libertate 
sua   ad  sumptus  ecclesie   necessarios  omnia    mobilia  sua   mihi    primo 

10  terciavit;  qua  libertate  ut  amplius  frueretur,  postmodum  dimidiavit. 
Prima  libertas  liée  est  :  Quod  defunclo  in  pace  episcopo,  usqu'  ad 
plenam  allerius  episcopi  institutionem,  burgenses  ville  bona  fide  et 
sano  consiiio  castrum  Huyense  de  redditibus  conservabunt.  Posl  hec 
scquunlur  plurime  libertates  quas  distinguere  per  capitula  longum   esset  ac 

«  faslidium  generaret.  Quia  in  eis  lit  mentio  de  servis,  de  debitoribus,  de  Chapeav , II,  4. 
illis    qui    facere    debent  sacramentum   vel   qui    non,    et    de    hujusmodi 
diversis  generibus  hominum  (2).  Predietis  adjectum  est  :  Quod  Huyenses 

«  junii  :  *od. 

(')   Un  fragment  de  cette  charte  importante  a  été  reproduit  par  Gilles  d'Orval.  Jean  de  Brusttiem  fait, 
30  en  outre,  t'analyse  des  passages  omis.  Le  texte  de  Jean  de  Brusthem  a  été  publié  par  Cuapbaville,  II,  5. 
Les  éditeurs  qui  ont  suivi  se  sont  bornés  à  copier  Chapcaville,  sans  recourir  au  manuscrit  de  Brusthem. 
(!)  Nous  avons  sans  doute  ici  les  titres  des  divers  chapitres  de  la  charte. 


H  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

armatam  militiam  nullatenus  sequenlur,  nisi  Leodienses  a  prefixo  die 
belli  usque  in  oclavum  eos  precesserint .  Et  paulo  post  :  Si  vero  nos  vel 
aliquis  successorum  nostrorum  prescriptara  libertatem  vel  aliqua  jura 
eorum,  quod  absit,  inlringere  tentaverit,  concedimus  el  slatuimus  ut 
dux  Lotharingie  et  alii  tam  clerici  quam  laici  subnotati  ad  cotiser-  a 
vandani  libertatem  et  jura  eorum,  admouilione  tamen  premissa,  eis 
efficaciter  assistere  non  omiltaiit.  Die  tertio  dedicalionis  Huyensis 
ecclesie,  bec  omnia  supradicta  a  me  ipso  corroborata  sunt  et  confir- 
mata  sub  anathematis  vinculo,  et  compare  meo  et  cooperatore  Lietb- 
berto  Cameracensi  episcopo  el  ab  omnibus  sacerdotibus  inibi  asian-  10 
(ibus.  Et  ne  in  posterum  prece  vel  pretio  ista  possent  mutari, 
impressione  sigilli  nostri  predicta  voluimus  communiri  sub  assensu  et 
testimonio  tam  clericorum  quam  laicorum.  Clericos  in  capite  posui- 
mus  :  Archidyaconus  Hermannus,  prepositus  Godscalcus,  Wolbertus 
decanus,  Aistulpbus  cantor,  Franco  scholasticus,  Rono  calvus,  Emo  et  15 
Wolbodo.  Laici  vero  :  Dnx  Lotharingie  Godofridus  barbatus,  cornes 
Namurcensis  Albertus,  cornes  Lucehurgensis  Henricus,  cornes  Cono  de 
Monte  Acuto,  Wallerus  advocatus  ejusdem  ville,  Godscalcus  de  Cen- 
naco,  Godefridus  et  Arnulphus  de  Florines,  Godefridus  de  Floreffia  et 
ejus  frater  Christianus.  Acta  sunt  hec  anno  ab  Incamatione  Domini  20 
M  LXVI,  indictione  quarta,  pontificatus  nostri  anno  XIX,  regni  vero 
Henrici  quarti   anno  X   (') . 

(«)  Chapeaville  copie  comme  suit  dans  Brusthem  la  date  de  la  charte  :  «  Acta  sunt  anno  ab 
incamatione  Domini  millesimo  sexngesimo  sexto,  indictione  quinta,  pontificatus  noslii  anno  19,  regni 
vero  Henrici  3.  »  î'.i 

Gilles  d'Orval  donne  :  «  Acta  sunt  liée  tercio  die  dedicationis  Hoyensis  ecclesie...  anno 
Domini  1066,  indictione  4,  pontificatus  nostri  anno  18,  regni  vero  Henrici  I  I.  ■ 

G.  Waitz,  qui  ne  connaît  Brusthem  que  par  Chapcaville  :  •  secundum  hune  Brusthemius  pergit  », 
donne  la  préférence  au  texte  de  (îillrs  d'Orval  :  M.  G.  H.  .SS.,  XXV. 

Il  en  est  de  même  de  H    Henquinbz,  Les  origines  de  Huy  et  la  première  charte  de  liberté,  Huy,  1900,   r»0 
p.  71,  note  5. 

Ces  dates  donnent  lieu  à  des  difficultés  qui  disparaissent  si  on  admet  la  version  du  manuscrit 
de  Brusthem  : 

1°   L'année  lO(it)  concorde  avec  l'indiclion  4  et  non  avec  l'indiction  S. 

2«  Henri   IV  succède  à  son  père  en  1056.  L'année  1066  correspond  par  conséquent  à  la  dixième  35 
année  de  son  règne.   Comme  Henri  III  est  mort  le  fi  octobre  1050,  le  texte  de  Brusthem  fait  supposer 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  15 

V.  Saint -Trond  sous  l'abbé  Adèlard,  40SS  (fol.  143  v°). 

Anno   Domini    MLV_.   tempore   domini    Adelardi    secundi   hujus  nominis    G.  abb.  Trud., 

abbatis  Saneti-Trudonis,  sepulchrum   ejusdem  sancti   frequentissimis  quotidie         '• 18' 

choruscabat  miraculorum  prodigiis  qui  tanta  orbem  terrarum  fama  resperserant 

s  ut  oratorium,  chorus,  claustrum   a   multitudine   peregriuorum    nec  die 

nec  noctu  invenirentur  vacua.  Et  de  oblationibus  altaris  quid  dicam?  Exhaustus  Cf.  Chron.  bêle. 

denariorum  acervus  custodes  faligabat,  qui  interdum  per  htbdomudam  centum  425 

G.  abb.  Trud., 
potcrat  marchis  estiman.  prêter  hoc  quod  hac  illacque  audax  custodum  fraus  26. 

distraxerat...  Inde  anno  Domini  MLXXXII,  oclavo  idus  decembris,  obiit  idem 

io  abbas  Adelardus,  sepultus  in  ecclesia  Sancti -Trudonis,  in  qua  imago  crucifixi 

visa  est  moveri. 

VI.  Siège  et  incendie  de  Saint-Trond,  vers  108$-iQ8l ' . 

Igitur  nonis  julii,  feria  II,  obsessum  est  ab  episcopo  oppidum  Sancti  Trudonis...    G.  abb.  Trud., 

Actasunthec  VIII  idus  julii  anno  Domini  MLXXXV.  Episcopus  postea  X  marchas        41,  46- 
.  .  Chron.  belg., 

15  misit  ad  reediticandum  templum  Sancte  Marie  Virginis.  ise. 

VII.  Tremblement  de  terre,  1086. 

Anno  Domini  MLXXXVI,  vi  kalendas  aprilis.  circa  média  m  noctem  domi- 
nice  Re9urrectionis  terre  motus  factus  est  et  splendor  ingens,  et  post  splen- 
dorem  terre  mugi  tus. 

20  que  la  charte  a  élé  rédigée  avant   le  5  octobre   1066;  sinon  elle  devrait  être  datée  de  la  onzième 
année  de  Henri  IV. 

5°  Wazon  est  mort  le  8  juillet  1048  et  Théoduin  lui  a  succédé  peu  après.  La  tin  de  l'année  1006 
correspond  par  conséquent  à  la  dix-neuvième  année  du  règne  lie  Théoduin.  Mais  il  faut  pour  cela  que 
la  charte  ait  élé  émise  après  juillet   (006;  sinon  elle  devrait  être  datée  de  la  dix-huitième  année  de 
25  Théoduin. 

Il  faut  conclure  de  ce  qui  précède  que  la  charte  des  libertés  octroyée  par  Théoduin  à  la  ville  de  Huy 
a  été  émise  entre  le  8  juillet  et  le  5  octobre  1066. 

Avec  ces  conclusions  concorde  le  texte  même  de  la  charte  où  Théoduin  affirme  expressément  avoir 
octroyé  les   libertés   hutoises  le   troisième  jour  de   la   consécration   de   l'église  Notre-Dame.  Or  la 
50  consécration  de  l'église  de  Huy,  au  témoignage  de  Gilles  d'Orval,  eut  lieu  le  28  août;  la  charte  aurait 
donc  été  émise  le  27  août  1060. 


46  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

VIII.  L'évèque  Otbert,  1092. 

J.du,  îv,  Î86.       Consecratus  est  al)  Hermanno  Coioniensi  archiepiscopo  (*).  F-rat  utriusque 
pedis  claudicatione  vacillans.  sed  eques  mirabiliter  streniius  et  gloriosus. 

IX.  Sépulture  de.  Pierre  l'Ermite,  1115. 

G.  d'O.  93, 4-10.       Ad  partes  uutem  Leodii  reversus,  vir  vite  venerabilis  dominus  Petrus  Heremila...  s 
Ch.  île  440-2,     mandatur  sépulture  a  loto  clero  et  populo  Huyensi  extra  prefatam  ccclesiam  [  vovi 
G. d'0.,93, m,    Alonasterii]   in    latere  versus  austrum   contra   altare    sancii    prolhomartyris 
Stephani.  Verum  postea  deliberatum  est  communi  assensu... 

X.  Henri  V,  chanoine  de  Saint-  Lambert,  1107. 

Si»eb.,  a"  M08.       Anno  XICVII,   Henricus  imperator  contra  Flandrensium  comitem...  (2)  pêne  m 

Cf.  J.  d'O.,  IV,    inefficax  rediens  Leodium  revertitur  et  in  capitulo  Sancti  Lamberti  ab  Oberlo 

301.  . 

Cf.  Wauiers.     episcopo  et  clero  in  canonicum  ipsius  ecclesie  ipse  suique  successores  recepti 

Table,  H,  34;  quj    (  hoc  ejsdein  .)rjvi|eeium  dédit  :  In  nomine... 

Cart.  b'-Lamb.,  ^  r 

XI.  Luttes  et  mort  d'Henri  IV,  1106. 

Tune  temporis  non  modica  erat  per  loluni  episcopatum  lurbatio,  cum  is 
unumqueiiique  non  reipublice  sed  famiiiaris  sollicita  urgeret  occupatio.  Tune 
Henriciim  novuin  Lotharingie  ducem  (3)  simulque  Albertuiu  (4)  comitem 
Namurcensem  et  Godefridum  comitem  Lovanicnsem  prius  ad  pacem  et  concor- 
diam  Henricus  imperator  revocarc  maxime  laborabat,  ut  postea  robur  eorum 
pacis  et  concordic  spes  ei  essel  et  causa  victorie.  Qualicbanlur  etiam  tune  S" 
mûri  totius  civitatis  et  ecclesie  undosa  imminentis  belli  formidine.  Ferebatur 
namque,  et  verum  erat.  lîlium  imperatoris  iterum  in  manu  robusta  et  indigna 

(*)  Herman  III,  archevêque  de  Cologne,  1089-1099. 

{*)  Robert  II,  comte  de  Flandre,  1093-1111. 

(l     Henri,  comte  de  Limbourg  i  10,H:2-1  119)  fut  pourvu  du  duché  de  Basse-Lotharingie  par  Henri  IV   25 
en  1 101.  Il  en  fut  privé  par  Henri  V  au  profit  de  Godefroid  Ier,  comte  de  Louvain  (109S  1140),  dans 
une  réunion  tenue  à  Worms  à  la  Pentecôte  (13  mai)  1106. 

(»)  Albert  III,  comte  de  Namur,  1037-1106. 


I.  48-50. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  17 

tione  maxima  ad  obtinendam  civitatem  properare.  Cum  au  le  m  ad  obsidionem 

Leodiensis  civitalis  (ilius  veniret,  defunctus  est  pater  ejus  imperalor  Henricus. 

Qui  in  mortis  articuio  mandavit  régi  filio  suo...  cui  et  annulum  suum  per  Bur-  Sigeb.,  a°  U 

chardum  Monasteriensem  episcopum  (')  transmisit.  Moritur  autem  Henricus  impe-     ,   ,m,s"  A" 

r       G.  d  0.,  92, 

5  rator  Leodii...  ante  aram  béate  Marie  in  eboro  orientali  tumulatur.  Sed  quia  a    sigeb.,  ms.  A. 
Romanis...  excommunicatus  obiit,  auctoritate  apostolica  per  Henricum  Magdebur- 
gensem  episcopum...  (2). 

XII.   Incendie  de  Saint-Trond,    4444. 

Anno  Domini   XFXIIII,  Godefridus  cornes   Lovaniensis  jam  dux  factus  cf.G.abb.Tnul., 
io  obsidet  oppidum  Sancti-Trudonis,  quod  oblentum  cum  ecclesiis  igné  cremavit      *' l8i 
xiu  kalendas  augusti.  anno  XXX  (3)   a  priori  concrematione  sub  domino 
Henrico  Pacifico.  Hoc  idem  dux  egit  quum  abbas  Sancti-Trudonis  Rodulphus, 
ac  eliam  Gislebertus  (4),  ejusdem  oppidi  advocatus,  cum  civibus  Henrico  V 
imperatori  faveret,  cui  dux  ipse  adversabatur. 

15      XIII.  Incendie  de  Saint-Pierre  à  Loiwain,  4146. 

Circa  idem  tempus,  ecclesia  Sancti- Pétri  Lovaniensis  crematur. 

XIV.  Mort  et  sépulture  d'Olbert,  4448. 

Obertus   episcopus    post  multa  preclara  opéra   vitam   finivit...   sepultus  in    g.  d'0.,9 
ecclesia  Sancli-Lamberti  in  choro  majori  ante  aram  beale  Marie. 

20      XV.  Compétition  d'Alexandre  de  Juliers  contre  Frédéric  de  Namur, 
4449. 

LHctum  ergo  Alexandrum  ecclesia  Leodiensis  récusât,  dominumque  Frede- 
ricum  majorem  prepositum  et  archidyaconum  recepit  episcopum.  Unde  gravis- 
sima  persecutione  tempestas  exoritur.  Hinc  mucio  desevit.  Hinc  edax  flamma 

25       (')   Burchard,  cvêque  de  Munster. 

(*)  Henri,  comte  d'Aslau,  évéque  de  Magdebourg,  10R4-H07. 

(3)  Date  plus  exacte  que  celle  de  la  Chronique  de  Saint-Trond.  Voir  celle-ci,  note  de  C.  de  Borman, 
I,  185. 

(*)  Gislebert,  comte  de  Duras  (1025-H56),  (ils  d'Othon  de  Looz  et  d'Ode  de  Duras. 

Tome  H.  3 


18  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

edificia  consiimit.  Ilinc  violenta  predonum  manus  ecclesiastica  bona  passim 
diripit.  Tanto  autem  turbini   dominus  Fredericus  cum   Leodiensibus  obniti 
cupiens,  magis  spirilualibus  quain  corporalibus  arinis  frelus.  Alcxandrum  a  suo 
Cf.  G.  d'O.,      metropolitano  cum   si bi   adbcrenlibus  excommunicattim   nec  tamen   rcsipis- 
G  abb  Trùd      centem  vel  emendatum  insequitur  et  coaclum  in  Huyensi  caslro  obsidet,  obses  s 
1,198.         sumque   macliinis  bellicis   perurget.    Verurn   obsessi   ercptionem   nisus,   dux 
Eovaniensis  cum  copioso  exercitu  irruit  a  seplentrione  et  cornes  '  ambei  !ns  (*) 
a  meridie.  Dux  autem,  preusto  Huyo,  inelîicax  rcvortitur.  Cornes  vero  Lam- 
bertus  a  comité  Mamurcensi  (2)  non  scgne  auxilium  suo  episcopo  prebente, 
victus  captusquc  abducitur.  Sic  igilur  Alcxander  diflîsus,  reddito  castro,  vcnit  in  10 
dedilioncni  et,  episcopalu  coram  effestucato,  vix  anteriorem  honorum  obtinuit 
dignitatcm. 

XVI.  Fin  de  l'empereur  Henri  V,   4425. 

Ea  tempestate.  imperator  Henricus  de  Romanis  ulcisci  desiderans,  festinato 
cursu  in  Italiam.   Romain  obsedit    Quibus  contra  cum  incaute  progressis,  15 
plurimos  eorum  cepit,  quos  fcre  omnes  aut  exoculavit  aut  denasavit.  Deinde 
reversus  in  patriam  morboque  correptus  obiit  in  civitate  Spira,  sepultus  juxta 
palrem  suum  et  avum. 

XVII.  Abolition  de  la  main-morte.   (Voir  ci-dessus,  t.  I.  p.  22.1 

XVIII.  Fondation  d'églises,  vers  H2ë.  (Voir  ci-dessus,  t.  I,  p.  23.)        20 

XIX.  Fondation  de  Saint- Gilles,  sous  Notyer. 

G.  d'O ., 98, 20-21.       Episcopus  Albero  in  ecclesia  Sancti-Egidii...  bona  tribuit.  Hanc  ccclesiam, 
M.  ciiron  belg.,  tempore  Nolgeri  episcopi,  Guntrannus  quidam  joculator  et  mimus  fundavit. 

loo. 

Cf.  J.  d'O.,      Qui  relictis  seculi  vanitatibus,  elegil  in  eodem  nemore  heremilicam  vitam  ducere. 
IV,  335-336.     £t    ^uja    perfcu j osus   erat    transitus   in    hospitalitatem    cepit    locum    exercere.  25 


(')  Lambert,  comte  de  Montaigu  et  de  Clermont,  liOli-1147.  Voir  :  Roland,  Les  seigneurs  et  comtes 
de  flochefort,  pp.  53-65. 

(*)  Godcfroid,  comte  de  Namur,  vers  1 I06-H59,  fils  d'Albert  III. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  19 

Habebat  idem  Guntrannus  ursum  qui  lapides  edificii  ipsius  eeclesie  attrahebat. 

Quare  multi  Leodienses  eum  ex  devolione  frequentabant  admirantes  et  inde 

cum  urso  lapides  ferentes.  Quidam  ex  ipsis  seculum  relinquentes  ei  adheserunt  et 

cum  ipso  regulariter  vivere  ceperunt.  Primus  eorum  prior  extitit...  Juditba  u.  d'0.,98,i9-3». 

5  primitiva    regularis    ejusdem    loci,    sepulta    un   nonas   decembris.    Ad    istam  M.  Chron.  belg., 
.....  .  ...  ..  154. 

ecclesiam    smguhs   annis  congregantur   mimi    veniuntque    processionaliler  cum       Cf  j  d-0 

luminaribus  et  oblationibus,  nu  feria  post  nativitatem  beali  Johannis  Baptiste, 

ob  reverentiam  quam  erga  socium  suum  Guntrannum  habuerant,  quem  sepe  Chr.  S'-Laurent. 

ad  seculum  reducere  volebant.  Fratres  autem  occurrunt  eis  cum  cruce  usque    AmP'-  c->  IV> 

1  col.  1081. 

io  ad  portam  eeclesie.  Alibi  legitur  quod  canonici  regulares  in  dicta  ecclesia 
fuerint  primo  tempore  domini  Oberti  Leodiensis  episcopi,  sed  per  infortu- 
nium  quoddam,  quod  Leodii  accidisse  legitur  anno  XICXV,  locum  ipsum 
reliquerunt  (4). 

XX.  Consécration  de  l'église  de  Looz,  4430  (2). 

15  Anno  XlcXXX.  in  die  sancti  Huberti  episcopi,  dominus  Alexander  dedicavit 
ecclesiam  Lossensem  in  honore  sanctorum  Pétri  et  Pauli  et  sancti  Odulphi 
confessoris. 

XXI.  Bataille  de  WMeren,  4429.  (Fol.  156  v°.) 

Dux  [Godefridus  Lovaniensis]  plurics   exercitum   suum   ad    Leodiensem  Chapeav.,  H,  71. 

20  movit  civitatem  ut  eam  vastaret,  sed  nihil  profecit.   ^ovissime  statuerunt  hi 
rebelles  filii  episcopo  Alexandro  locum  et  diem  certaminis  in  campis  juxta 
villam  Wilre  in  cujus  parochia  situm  est  castrum  Durachii.    Nec  defuerunt  G.  d'0.,  98,  «-«. 
patrocinia  beati  martiris  Lamberti.  Cum  suis  tune  episcopus  Alexander...  innu- 
merabilem  sub  menibus   Durachii   fugavit    et    protrivit   exercitum .  In  principio 

23  conflictus  terga  vertebat  exercitus  episcopi  ad  fugam  compulsus.  uno  tantum 
cuneo  in  quo  Huyenses  erant  et  pauci  admodum  milites  cum  comité  Arnulpho 
Lossensi  (3)  rémanente,  a  quo  postea  exercitus  Lovaniensis  in  maxima  parte 

(*)  Cf.  Gobert,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  III,  p.  131. 

(*)  Voir  L.  IIalkin.  dans  Mélanges  Godcfroid  Kiirth,   II,  pp.   153-154,  et  dans  Leodium,    1909, 
30  pp.  154-158. 

(3)  Arnoul  II,  comte  de  Looz,  1 127-1 145. 


20  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

G.  d'O.,        cesus  est  et  tandem  fugatus.  Detentnm  est  ibidem  vexillum  ducis  quod  gallice 

'        '*•      standar  dicitur...  Dictum  vero  vexillum  post  annos  plurimos  inde  deportabatur 

per    Leodiensem    civitatem     in     rogationibus    ab    ecclesia    beati     Lamberti. 

Nominatur  autem  eampns  ilie  ab  incolis  standar.  in  quo  captum  fuit,  usque 

in  hodiernum  diem.  Summa  vero  eoruin  qui  ibidem  mortui  sunt  fuit  peditum  5 

G.  d'O.,  99, 4-5.  et  equilnm  IXCXXIIII  (J). 

XXII.  Fondation  de  l'hôpital  des  Coquins. 

Circa  hec  lempora,  fundatum  est  Leodii  juxta  Sanctum-Christophorum 
hospitale  fratrnm  Kokinorum  ordinis  sancti  Augustini,  positum  sub  ordina- 
tione  ac  visitatione  domini  Ottonis  (2)  abbatis  Sancti-Latirentii  suorumque  io 
successorum. 

XXIII.  Famine. 

His  etiam  diebus,  hyems  rigidissima  liomines  et  jumenta  intolerabili  frigore 
exlinxil.  Poslmodum  diuturnus  et  estuans  ealor  tantam  siccilatem  dédit  ut, 
frugibns  exustis.  maxima  faines  sequeretur,  ymmo  etiam  ardens  tellus  maximo  is 
hominum  terrore  flammas  evoineret. 

XXIV.  Mort  d'Alexandre  de  Juliers,   4435. 


G.  d'0.,99,j9«.      Alexander  autem  episcopus...  egrotare  cepit,  emissoque  voto  de  régula 
Gf.M.  Çlir.belg.,  canomcoriim    jn    Sancto  -  Egidio    observanda,    obiit...    sepultus   in    medio 

■157. 

tenipli  beati  Egidii  in  Publico  Monte,  sine  ponlificalibus  exequiis.  20 


(«)  Nous  ne  trouvons  mentionnée  que  dans  Brustliem  et  dans  le  Magnum  Chron.  Belg.  cette  bril- 
lante participation  des  Iroupes  de  I,ooz  à  la  bataille  de  W'ilderen.  Daris,  Histoire  des  comtes  de  Looz, 
t.  I,  p.  406,  révoque  en  doute  ce  concours. 

(*)  L'hôpital  de  Saint-Christophe,  fondé  par  Notgcr  au  dire  de  Jean  d'Outremcusc,  IV,  151,  fut 
incendié  en  1  130  et  rétabli  par  un  chanoine  de  Saint-Paul  du  nom  de  Calixte.  Cette  date  ne  concorde  25 
pas  avec  le  gouvernement  de  l'abbé  Otton  de  Saint-Laurent  (1197-1227).  D'après  une  charte  de  Saint- 
Laurent  de  1183,  on  voit  que  depuis  longtemps  l'hôpital  dépendait  de  cette  abbaye.  Cf.  Gobert,  Liège 
à  travers  tes  âges,  t.  Il,  p  427. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  21 

XXV.  Désordres  sous  le  règne  d'Albêron  II.  Sa  mort,  1 14S. 

Sub  his  fere  diebus,  Leodiensium  prelatorum  regularis  fervor  cepit  tepescere...        G.  d'O., 
Que  enim  latenter  et  in  occulto  facere  consueverant,  nunc  manifeste  et  in  publico        '  ,6"103> *8- 
facere  non  reformidabant,  sicque  factum  est  ut  unde  correctionis  materiam  sumere 
s  debuissent,  inde  polius  audaciam  nisi  sunt  (')  sumere  delinquendi.  Sed  utinam 
sapèrent  et  intelligercnt  ac  novissima  providerent   Et  qunm  hanc  delinquendi 
vesaniam  episcopo  Albrroni  lanquam  Himis  remisso  plures  imputabant.  citatur 
ad   Apostolice   Sedis  presentiam   et  contra   eum   mittitur  dominus  Henricus 
de  Lays  (*),  prepositus  et  archidyaeonus  majoris  ecclesie  et  poslea  episcopus.  G  d'O. ,101, «-ig. 
10  Albero    ab    urbe    regrediens   Narnie    (3)    febre   corripitur,    Ortride    moritur, 
Ortine  sepelitur. 

XXVI.  Fondation  du  prieuré  de  Saint-Nicolas  en  Glain,  1450.  (Voir 
Jean  d'Octremeuse,  IV,  407.) 

XXVII.  Fondation  de  l'abbaye  de  Leffe,  HS2-4200  (4). 

io      Anno  XICLII,  dominus  Gerlandus  (5)  Alemannus,  tertius  abbas  Floreiïiensis  cf.  Hugo,  Ann. 
vir  admodum  religiosus,  acquisivit  ecclesiam  Leflesen.  que  una  ex  antiquissimis 
ecclesiis  esse  dicitur:  nam  eam  bcatus  Maternus  primus  Tungrorum  episcopus 
anno  Domini  CXXII  consecrasse  narralur    In  qua  primo  fuerunt  moniales, 
postea  canonici  seculares.  Demum  a  Gerlando  predicto  instituti  snnt  canonici 

20  regulares  ordinis  sui  Premonstratensis,  quique  manserunt  sub  regimine  abbatis 
Floreffiensis  per  annos  XLVIII  usque  ad  annum  XIIe.  Tune  ad  Dei  honorem 
ipsa  Leflensis  ecclesia  abbatia  eflîcitur. 

(')  Les  sept  mois  qui  précèdent  sont  sautes  dans  le  texte  de  Gilles  d'Orval.  Cette  erreur  de  copiste 

s'explique  aisément  par  le  double  emploi  du  mot  sumere.  Elle  nons  amène  à  conclure  que  tout  ce  récit  du 

25  chroniqueur,  loin  d'être  original,  est  emprunté  à  une  source  antérieure  que  Jean  ileBrusIhem  connaissait 

encore  au  commencement  du  XVIe  siècle.  Sinon  il  faut  supposer  que  Jean  de  Brusthem  a  utilisé  un 

manuscrit  de  Gilles  d'Orval  inconnu  des  éditeurs  modernes  et  où  le  passage  se  lisait  dans  son  entier. 

(*)  Henri  de  Lez,  cité  comme  prévôt  depuis  i  140,  comme  archidiacre  depuis  i  141,  jusqu'à  son  épis- 

copat  en  i  145-1 164.  Cf.  Roland,  La  famille  de  Grand-Leez.  (Ann.  Soc.  arcb.  Namur,  t.  XXXVIII,  p. 21.) 

30       (i)  Gilles  d'Orval  écrit  Narme,  version  corrompue  d'après  G.  Waitz,  qui  identifie  avec  Narni  et  Orte. 

(*)  Voir  U.  Beblièbe,  Monasticon  belge,  t.  I,  pp.  124- 12S. 

(*)  Gerland,  abbé  de  Floreffe,  vers  1154-1175. 


22  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

XXVIII.  Prise  de  Milan;  transfert  de  reliques,  H 63. 

cf.  j.  d'O.,  Anno   Domini  XFLVI,  Frederieus  imperalor  Alemannorum,  post  Pascha 

IV  448-449 

transiens  Alpes,  urbem  nobiiissimam  Mediolanum  conlinuis  VII  annis  obsidione 

G.  d'O.,  104,  s.   vallavil.  In  qua  expcditione  Henricus  episcopus  impcratorom  omni  negotio  et 

consilio  fideliter  astitit.    Anno  autcm  XICLXI1I,  xv  die  niurlii,  civitas  ipsa  s 

famis  necessitate  afflicta  capta  est  et  deslructa  soloque  equata  atque  in  burgis 

tripartita,  rescrvata  tantummodo  matrice  ecclesia  cura  quibusdam  aliis.  Inventa 

sunt  ibidem  eorpora  trium  magorum  qui  Salvatorem  nostrum  infantem  adora- 

verunt  et  ei  munera  obtulerunt.  Hee  primum  Constantinopolim  per  Helenam 

relata  sunt.  Postea  a  Constantinopoli  per  sanctum  Eustochiura  Mediolanum  10 

translata.  Que  cum  anno  XICLIX  in  quadam  veteri  capella  juxta  Mediolanum 

a  civibus  inventa  fuissent,  pre  timoré  iraperatoris  ea  levaverunt  et  in  civitate 

posuerunt.  Factum  est  autem  ut  ibi  tune  cum  esset  Henricus  episcopus.  qui 

valde  charus  erat  imperatoii,  predicta  eorpora  ad  suam  civitatem  Leodiensem 

obtinuisset   transferre,   morte   preventus   negotium   infectum    reliquit.   Nam  15 

archiepiscopus  Coloniensis  Raynoldus  (*)  ipsa  sacra  pignora  una  cum  ossibus 

sanctorum  Maboris  et  Felicis  ad  Agrippinensem  Coloniam  transtulit  ubi  usque 

hodie    venerabililer    requiescunt.    Et    sic    Leodiensis    ecclesia    predictorum 

magorum  eorpora  perdidit.  que  Henricus  episcopus  suis  gravissimis  sumptibus 

et  laboribus,  quibus  imperatori  fideliter  servivit,  digne  promeruit.  20 

XXIX.   Transfert  à  Liège  du  siège  épiscopal  de  Ton  grès  (2). 

Usque  ad  tempora  Henrici  episcopi,  ecclesia  Tun^rensis  nomen  episcopalis 
dignitatis  retinuit,  quam  beatus  Hubertus  ante  annos  circiter  IIIICXL  Leodium 


(*)  Reinold  de  Dasselle,  archevêque  de  Cologne,  1159-1167.. 

(*)  Nous  ne  croyons  pas  à  la  réalité  de  cet  acte  de  translation  du  siège  épiscopal.  «  Tongres  avait  25 
beau  être  le  chef-lieu  olliciel,  les  évêques  avaient  beau  continuer  de  s'appeler  évêques  de  Tongres,  ils 
étaient  en  réalité  les  évêques  de  Liège,  et  le  jour  ne  devait  pas  tarder  à  venir  où,  jusque  dans  le  titre 
de  leur  dignité,  le  nom  de  l'ancienne  ville  serait  remplacé  par  celui  de  la  nouvelle.  Ce  ne  fut  donc 
pas  un  acte  formel  des  évêques  qui  mit  Liège  en  possession  du  siège  épiscopal,  c'est  l'action  lente 
et  latente  du  temps  qui  finit  par  créer  la  prescription.  G.  Ki'irm,  La  cité  de  Liè'je  nu  moyen  âge,  31) 
t.  I,  p.  51. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  23 

(ranstulit,  stabatque  in  eadem  Tungrensi  ecclesia  sedes  inconcussa  in  qua 
electi  locabantur  et  sub  nomine  Tungrensium  episcoporum  ordinabantur. 
Verum  Henricus  episcopus  de  libro  Sedis  Apostolice  simul  et  imperiali  registro 
Tungris  deleri  et  Leodium  inseri  impetravit. 

s      XXX.  Transfert  des  restes  de  Charlemagne,  4  4 67. 

Anno  XICLXVII  (*),  Fredericus  imperator  (2)  Natale  Domini  celebravit  Aquis-  G.  abbr. 
grani  ibique  un  kalendas  januarii  extrada  sunt  de  sarcophago  marmoreo  in 
dextro  latere  altaris  béate  Marie  Virginis  in  regali  ecclesia  Aquensi  sito  ossa 
beati  Karoli  Magni  imperatoris,  ubi  sepulta  quieveranl  annis  trecentis  LU, 
io  et  in  niedio  chori  ante  aram  sancti  martyris  et  episcopi  Adalberti  in  archa 
argentea  decenter  collocala  per  manus  Heinoldi  Coloniensis  archiepiscopi , 
Alexandri  Leodiensis  episcopi  aliorumque  prelatorum  et  principum  multorum, 
presenlibus  imperatore  Frederico  ejusque  conthorali  Béatrice  (3),  qui  etiam 
penia  quedam  regalia  ibidem  obtulerunt. 

15      XXXI.  Mort  d'Alexandre  d'Oeren  et  de  l'archevêque  de  Cologne,  1467. 

Cumque  Fredericus  imperator  tertiam  Italie  egisset  expeditionem  essetque  G.d'0.,108,«-îs. 
cum  ipso  Reynoldus  Coloniensis  archiepiscopus  alque  Alexander  Leodiensis 
episcopus,  rebusque  prospère  gestis,  supervenit  Rhomanis  peslilentica  clades 
qua  etiam  Alexander  Leodiensis  episcopus  in  vigilia  beati  Laurenlii  (4)  anno 
20  Domini  XICLXVII  °  repentina  morte  sublatus  est.  Cujus  corpus  relatum  est 
Leodium  atque  in  majori  ecclesia  sepultum.  Reynoldus  autem  Coloniensis 
archiepiscopus  in  vigilia  Assumptionis  Marie  decessit. 

«  X1CLXIX  :  cod. 

(*)  Le   Gesta  abbreviata  rattache  ce   fait   à  l'année   1176.  La  date  exacte  est  celle  que  fournit 
25  Brusthera,  puisque  les  restes  de  Charlemague,  mort  en  814-,  sont  restés  pendant  trois  cent  cinquante- 
deux  ans  dans  son  premier  tombeau. 

(s)  Frédéric  Ier  Barberousse,  empereur,  H  32- U  90. 
(5)   Béatrix,  fille  de  Renaud,  comte  de  Bourgogne,  morte  en  1185. 

(*;  In  vigilia  b.  Laurentii  :  9  août.  La  même  date  est  indiquée  par  la  Chronique  royale  de  Cologne. 
50  Gilles  d'Orval  donne  5»  idus  augusti  :  9  août    La  Chronique  de  Saint- Trond  dit  &°  idus  augusti  : 
10  août. 


24  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

XXXII.  Mort  et  descendance  du  comte  Louis  I"  de  Looz,  111 1. 

G. abb.Trud.,        Ludovicus  cornes  moritur  in  idus  augusti,  sepultus  in   ecclesia  hospilalis 

Lossensis  in  Grathem  sub  sarcophago  elevalo,  quam  nunc  hegliuine  tenent. 

Erat  cjus  uxor  Agnes  (*)  duoque  filii  Gerardus  et  Hugo;  filie  item  due,  Imena 

uxor  secunda  Godefridi  III  ducis  Brabantie  et  altéra   uvor  commis   Egidii  5 

Durassii.  Successif  igitur  Ludovico  filius  Gerardus,  anno  Domini  XFLXXV, 

habens   uxorem    Aleidcm    ex    qua    genuit    Ludovicum    comilem,   Arnoldura 

dominum   de   Zuylre   postea   comités,   alium   quoque   filium   dominum  de 

Lummey.  Hic  Gerardus  una  cum  fratre  suo  Hugone.  annuente  matre  Agnete, 

concessit  ville  sue  de  Brusthemio  certa  privilégia,  que  in  archivis  ejusdem  io 
de  S<-Tron«l,  ... 

i.  122-128.      ccclesie  contmentur. 

XXXIII.  Fondation  d' Herkenrode,   1181. 

Hic  eomes  Gerardus  fundavit  ecclesiam  béate  Marie  cum  cenobio  monialium 
Cistereiensis  ordinis  in  Herkenrode,  anno  Domini  XICLXXXI,  ubi  et  dcfunctus 
anno  XI(:LXXXYIII  una  cum  uxore  Aleyde  coram  altari  majori  sepulluram  ib 
accepit. 


(')   Agnès,  fille  et  héritière  d'Otton,  comte  de  Reineck. 

Hugues  mourut  jeune  peu  d'années  après  son  père.  [Chronique  de  Sainl-Trond,  II,  p.  73.) 

Après  la  mort  de  son  mari  en  H 90,  Imaine  prit  le  voile  à  Munstcrbilsen  et  y  devint  abbesse.  Elle 

quitta  cette  abbaye,  après  1205,  pour  entrer  dans  un  couvent  de  l'ordre  de  Citeaux  aux  environs  20 

de  Cologne.  En  1213,  elle  assista  à  l'enterrement  de  sainte  Marie  d'Oignies  et,  en  4214,  elle  devint 

abbesse  du  monastère  de  Sainte-Catherine  à  Isenach. 

Alix  ou  Aleyde  épousa  Gilles  de  Duras  en  1172.  (Chronique  de  Snint-Trond,  II,  p.  72.) 

Louis  I"  eut  deux  autres  filles  :  Laurette,  épouse  de  Thibaut,  comte  de  Bar,  et  Agnès,  épouse 

d'Otton  Ier,  duc  de  Bavière.  Il  mourut  en  Terre  Sainte;  son  corps  fut  rapporté  en  Occident  et  enterré  25 

»   lli'rckenrode. 

M.  Daris,  Histoire  des  comtes  de  Looz,  I,  p.  402,  donne  comme  suit  la  descendance  de  Gérard  et  de 

son  épouse   Marie,   fille  de  Henri,  comte  de  Gucldre  :    1"   Louis  II,  comte  de   I.ooz,   1 198-1218; 

2°  Gérard,  comte  de  Reineck  ;  5»  Henri,  comte  de  Duras;  4"  Arnould  III,  comte  île  Looz.  1218-1221  ; 

h"  Thierry,  <iui  prit  part  à  la  quatrième  croisade;  (5°  Imaine,  épouse  de  Guillaume,  châtelain  de  Saint-  30 

Orner;  7»  Mathildc,  abbesse  de  Munsterbilsen;  8°  lolande,  épouse  de  Thierri  de  Heinsberg. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  25 

XXXIV.  Fondation    d'un    oratoire   en    l'honneur   de   saint    Thomas 
Beckel.  Uli. 

Anno  Domini  XFLXXI,  «loriosus  Canlhuariensis  ecclesie  pontifex  Thomas ...      Cf.  J  d'O., 
occubuil.   Quod  cum,   vulgante  fama,  venerabilis  dominus  Everlinus  abbas 
t  Sancti-Laurentii    Leodiensis  percepissel,   inox   eodem   anno   primam  eidem 
sancto   martyri  aram  cum  oratorio  construxit.  Fueral  namque  dum  viveret 
amieus  ejus  familiarissimus  et  in  studio  l'arliisiensi  conclassicus  et  sodalis. 

XXXV.  Lutte  pour  la  succession  de  l'empereur  Henri  VI,   i  197. 

Henrico   imperatore   (*)   defuncto,  cum   ex  Constantia  uxore  sua  unicum  Cf.  G.  d'O,  116; 

io  filium   procreasset  nomine  patris  sui   Fredericum,   Otto   lJiciavinus   (2)  ad    n»  \'\$i  1198. 
Allemanniam  est  directus  cum  suis  complicibus.  et  in  primis  locum  Aqucnsem 
obsidione    circumdat    et    aggreditur.    Et   cum   de   facili    non   posset  locum 
expugnare.  statim  illos  qui  ad  tuitiontm  loci  vénérant  pecunia  seducit,  qui. 
portis  apertis,  Ottonem  cum  suis  admittunt.   Qui  festinanter  ut  in  regem 

15  Allemannorum  inungen  lur  summo  desiderio  anlielabat.  Adulphus  autem, 
Coloniensis  archiepiscopus  (3)  et  primus  hujus  promotionis,  Albertum  epis- 
copum  Leodienscm,  qui  specialiter  consecrationi  et  inthronizationi  régie 
interesse  ex  more  debito  lenebatur,  solerter  monuit  et  instanter  evocavit. 
Albertus  vero,  cum  multa  indignatione  animi.  slomachanles  electionem  hujus- 

20  modi  et  promotionem  hominis  advene  et  ignoli  qui  sine  assensu  majoris 
vel  sanioris  partis  principum  regni  in  regem  inungi  temerarie  presumebat 
subsannando.  assensum  suum  facto  tam  infausto  se  nunquam  prestiturum 
constanter  asserebat.  toto  corde,  Iota  mente,  totis  viribus  adherens  Philippo  (4), 
qui  nomine  tutoris  partem  Friderici  pupilli  se  tueri  (une  temporis  publiée 


2a       (*)  Henri  VI,  empereur,  1190-1197,  fils  de  Frédéric  I",   Barberousse.  Il  avait  épousé  Constance, 
fille  de  Roger,  roi  de  Sicile. 

(2)  Otton  IV,  duc  de  Saxe  et  comte  de  Poitou,  fils  de  Henri  le  Lion,  duc  de  Saxe,  et  de  Mathilde, 
sœur  des  rois  d'Angleterre,  Richard  Cœur  de  Lion  (1189-  H 99)  et  Jean  Sans  Terre  (I  I!l9-1210^. 

(3)  Adolphe  d'Altena,  archevêque  de  Cologne,  1195-1205  environ. 

30       (')   Philippe,  cinquième  fils  de  Frédéric  Ier,  créé  duc  de  Toscane  en  1 195,  duc  de  Souabe  en  1196, 
institué  tuteur  du  jeune  Frédéric  II.  son  neveu,  par  testament  de  l'empereur  Henri  VI. 

Tome  II.  4 


26  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

profitebatur  Adulphus  autem  quocumque  modo  rem  summo  studio  intcndens 
effectui  manciparc,  die  solemni  in  oçtavis  l'enthccostes  in  ecclesia  Aquensi 
Otlonein  in  regem  ymmo  ul  vérins  fateamur,  in  rcgulum  solemniter  sed 
imprudenter  et  impudenler  coronavîl.  Licet  Otto  vir  esset  regio  sanguine,  ex 
sorore  (J)  nepos  Richardi  Anglorum  régis,  vultus  elegantis  et  procere  stature,  5 
tamen  ejus  regnum  brevi  claudebatur  termino,  quum  ipsius  doniinium  vel 
eirea  Mosam,  nec  ultra  Khenum  aliquatcnus  cxtcndebalur.  De  omnibus 
Germanie  et  Mlemannie  sola  Colonia  ejus  subjecta  erat  principatui.  Philippus 
omnibus  modis  quibus  poterat  iliorum  animos  qui  favebant  Oltoni  suo  favori 
nilebatur  inclinaie.  Inlerea  rex  Otto,  uti  erat  nimium  presumptuosus,  dolet  to 
plurimum  et  fert  indignanter  dominium  suum  tam  angustis  linibus  in  suam 
iguominiam  eoartari,  et  episcopatum  Leodiensem  sibi  vicinum  et  quasi  sub 
alis  suis  constitutnm,  née  tiimen  suis  accrescere  titulis  nec  sue  submitti 
jurisdictioni.  Unde  fréquenter  interpellât  Alhertum  Leodiensem  episeopum 
ut  sue  posset  subjicere  voluntati.  Sed  Albertus  constanti  lirtnans  proposito  15 
animum  suum  nunquam  in  Ottonis  consensum  venturum,  nec  prece  demul- 
cetur,  nec  precio  mitigatur,  nec  minis  emollescit,  nec  blandimento  quoquo 
modo  acquiescit.  Ymmo,  quod  Ottonis  animum  amplius  exasperare  debuerat, 
euui  idem  Otto  die  quadam  iter  faciens  i>«  odium  declinasset,  inhiberi  jubet 
Albertus  publica  voce  preeonis  ne  aliquid  vénale  Oltoni  exponalur.  Hinc  20 
colligere  cepit  Otto  rancorem  immoderalum,  continue  ab  illa  die  et  deinceps 
exosain  habens  Leodiensem  civitatem,  velut  exitus  aela  probavit  et  sequens 
leclio  sub  tlugone  clarius  manifestabit. 

XXXVI.  Reliques.  Famine.  Processions   (Voir  ci-dessus,  t.  I,  p.  26.) 

XXXVII.  Baudouin  de  Constantinople  25 
Anno  eodem  vel,  secundum  alios.  anno  precedenti  scilicet  XGVI,  mortuus 

est  fidelis  et  slrenuus  adjutor  Alberti  episcopi,   dominus   Balduinus  cornes 
Hannonie,  Flandrie  et  Namurci  (2).  Cui  successif  in  comitatibus  Hannonie 

(•)  Lisez  :  ex  maire  nepos.  Voir  note  "2  de  la  p^ge  précédente. 

(*)  Baudouin  dit  le  Courageux  avait  succédé,  dans  le  comté  de  Ilainaut,  à  son  père   Baudouin  IV,  50 
eu  1171,  sous  le  nom  de  Baudouin  V  ;  à  Philippe  d'Alsace  dont  il  avait  épousé  la  sœur  Marguerite, 
dans  le  comté  de  Flandre,  sous  le  nom  de  Baudouin  VIII,  en  111)1  ;  à  son  oncle  Henri  l'Aveugle,  frère 
de  sa  mère  Alix  de  Namur,  comme  marquis  de  Namur,  en  1194.  Il  mourut  en  119b. 


CHRONIQUE  DE  JEAiN  DE  BRUSTHEM.  27 

et  Flandrie  primogenitus  ejus  Balduinus  (d)  :  in  comitatu  vero  !Nainurci 
Philippus  filius  cjus  junior  (2).  Menricus  vero,  lercius  ejus  filius  (3)  remanet 
sine  comitatu  sed  poslea  faelus  est  imperator  Conslantinopolitanus.  am 
Balduinus  predictus,  qui  pro  Ralduino  in  comitatibus  Flandrie  et  SSannonie 
5  successif,  lempore  Hugonis  de  Felraponte,  scilicet  anno  Domini  XIFilII,  cum 
multis  aliis  pcrcgrinis  de  terra  sua  cgressus  fucrat  ut  subvenirct  Cbristianis 
in  Paleslina.  Consilio  domini  pape  innocenlii  transiens  Constantinopolim 
et,  cxpulsis  seu  interfcctis  muilis  proditoribus  Romane  ecclcsie  adversariis, 
electus  est  imperator  Conslantiiiopolitanus,  dominica  qua  canlatur  Jubilate. 
10  Quo  non  muito  post  in  bello  a  quodam  Johanue  de  Blac  pcrempto  (4),  vir 
illustris  frater  ejus  Henricus  supradiclus  rexit  imperium  anni>  Xi,  cepitque 
imperare  tempore  Hugonis  episcopi,  anno  Domini  XIICV. 

XXXVIII.  Mort  des  fils  du  comte  de  Moha.  Pèlerinage  du  comte  en 
Palestine;  il  en  rapporte  des  pierres  précieuses  pour  en  orner  la  châsse 

15  de  saint  Lambert.    Voir  Jean  d'Outremeuse,  IV,  5tit)-S68.) 

XXXIX.  Election  de  Guibert-Martin,  abbé  de  Gembloux,  1195. 

Hic  Albertus  episcopus  electionem  abbatis  Gemblacensis  (5),  vacante  sede 
Leodiensi  factam  et  ab  archiepiscopo  Coloniensi  approbatam  et  confirmatam 
admittere  noluit  nisi  cerlam  pecunie  summam  acciperet.  Quod  abbas  ulpote 
20  illicitum  committere  noluit;  sed  monaebi,  ignorante  abbate,  collectam 
pecuniam  episcopo  dederunt.  Quod  cum  abbas  viee  quadam  ab  episcopo 
invitatus  percepisset,  mente  consternatus  super  hujusmodi  articulo,  aposto 
licam  Sedem  consuluit.  Ad  quem  Innocentius  papa  III  in  hune  modum  Décret. Greg.ix, 
rescripsit,  ut  habetur  sub  titulo  de  simonia  in  antiquis,  libro  V,  cap.  Sicut  tuis.    'èa^xxxni1' 

25       («)  Baudouin  IX  de  Constantinople,  comte  de  Flandre,  1194-1202. 

(*)   Philippe  1er,  dit  le  Noble,  marquis  de  Namur,  mort  en  1212. 

\fj  Henri  de  Flandre,  couronne  empereur  à  Sainte-Sophie,  le  20  août  1206  j  mort  à  Salonique 
en  1217.  (Voir  plus  loin  :  Ll.) 

(*)  La  plupart  des  historiens  disent  que  Baudouin  de  Constantinople  fut  pris  pur  les  Bulgares, 
30  le  14  avril  1205,  dans  la  défaite  d'Andrinople  et  mourut  peu  après  dans  les  fers. 

(5)  Guibert-Martin,  abbé  de  Gembloux,  1193-1204  environ.  (D.  U.  Berlièhe,  Mvnastkon,  t. 1,  p.  20.) 


28  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

XL.  Hugues  de  Pierrepont,  1200. 

G.  d'O.,  117,  b.        Hugo...   eligitur   pro  Alberto   in   episeopum   a   die  obitus  ejusdem   Alberti 
Alb.,  aH-iOO,    de  Cuyek   episcopi   (J)    mcnse  nondum  transacto.   Hic  licet   primurn    vagus 
'■'  fuerit  et  dissolutus,  vilain  tamen  postea  corrigens  in  melius,  mulla  in  episco- 

palu  laude  dignissima  fecit,  proul  cjus  gcsta  scqucnlia  cvidentius  déclarant.  5 
G.il'O, H 7,»-58.       Eleclus  igitur  communi  omnium  assensu...  honorilïce  suscipitur. 

XL1.  Fondation  de  Val-Saint-  Lambert ,   1202 

G.d'0.,117,M-«.       Anno  secundo  episcopalus  sui,  doininus  Hugo,  una  cum  comile  Clarimontis  (3), 
M.  Chron.  belg.,  cenobium...  fundavil,  quod  et  Vallem  Sancti-Lamberti   nuncupavit,  ubi  etiam 

multa  bona  contulit,  cujus  primus  exlitit  abbas  dominus  Gerardus,  monachus  10 

Siniacensis,  et  hoc  initium  bonoruni  operum  ejus  fuit. 

XLII.  Guerre  du  lirabanl  contre  le  comte  de  Looz,  1203. 

G.  d'O..  118, •-:,.       Circa   idem    tempus,   orta   est   dissensio   inter  ducem    Brabantie    Henri- 

cum  I  (3)  et  Ludovicum  comiten  Lossensem  (4)  propter  trecensum,  ut  vocatur, 

Sancli-Trudonis  ad  jus  ecclesie  Metensis  perlinenlem.  i\am  Henricus  dux  jam  is 

G.  abb.  Trud.,    antea.  anno  ducalus  sui  secundo  (s),  destruxerat  ftinditus  alque  subverterat 

ni   ii  17'      castra  m  Durassii,  quod  tamen  poslmodum  anno  sexto  (6)  reedificavit.  Et  ob 

G.  d'O.,  3-18.     eamdem  causam  dux  ipse  Brabantius  adversus  comitem  predictum  Lossensem 

arma  suscepit.  Quare  cornes  Ludovicus  omnia  castra...  turribus  civitatis. 


(«)  Albert  de  Cuyek  mourut  le  2  février  4200. 

(s)  Gilles  de  Duras,  comte  de  Duras,  de  Clcrmont  et  de  Montais".  Voir  Roland,  Les  seigneurs 
el  comtes  de  liochcfort,  pp.  82-81.  Les  actes  relatifs  à  la  fondation  se  trouvent  dans  Fisen,  I, 
pp.  282-283. 

(3)  Henri  !",  duc  de  Brabant,  mort  en  I2ÔK.  II  est  qualifié  du  titre  de  duc,  du  vivant  de  son  père 
Godefroid  III,  en  I  180  et  même  déjà  en  H  72. 

(*)   Louis  II,  comte  de  Looz,  1195-1218. 

(6)   En  1l8i,  d'après  la  Chronique  de  Saint -Trond,  II,  174. 

{'    En  1189,  d'après  le  même  récit,  II,  175. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  29 

XLIII.  L'hôpital  de  Saint- Mathieu  à   la  Chaîne.  Statuts  de   Gui  de 
Palestrina,  4205. 

Eodeni  anno.  predictus  dominus  Guido  Prenestinus...   (')  novum  hospitale,        G.  abbr. 
quod    Cathena   dicitur,   benedixit   el   eunidem    locum    visitantibus...   septimam 
s  partem    penitentie  injuncte  induisit.   Hoc  hospitale  ab  initio  fundavit   Helliniis 
abbas  Sancte-IMarie  (2).  quod  et  subsequenti  tempore  ampliavit  et  auxit  major 
decanus  Walterus  de  Cravechin  (3),  qui  ex  dono  comitis  Namurcensis  personas 
in  eo  utriusque  sexus  pauperes  et  impotentes  congregavit  et...  ibidem  sepulturam 
accepit. 
tu       Deinde    legatus  reformationibus    cleri    intendere   cepit.    intellegerat   enim      Cf.  G.  abbr. 
canonicos  per  totum  episcopaluin  non  in  suis  dormiloriis  sed,  quod  oninino 
detestabile  est,  cum  suis  dormire   fornicariis.  Quibus  desuper  leges  et  statuta 
salubria  decrevit  et  quedam  alia  presertim  circa  ecclesiam  majorem  ordinavit, 
prout  in  epistola  super  hoc  confecta  plenius  continelur.  Sequitur  epistola... 

î5      XLiV.  Prise  de  Constantinople  pur  tes  Croisés,  120b  (4). 

Eodeni  anno,  Constanlinopolis  capitur.  Balduinus  namque  cornes  Flandrie  Cf.  Chr.  de  140"2, 
et  Hannonie  cum  fratre  suo  Henrico  (5)  aliisque  plurimis  clericis  et  laicis 
Leodiensis  dyocesis  iter  Hierolo^omitane  peregrinationis  arripientes,  portum 
Venetorum  sub  ductu  fortune  subjiciunt.  Cum  istis  ad  iter  prenotatum  multi 
30  accinguntur  episcopi  et  innumerabiies  ecclesiarum  prelati,  duces,  comités 
ac  diversarum  nationum  optimales  cum  incomprehensa  mullitudine  etiam 
exterarum  provinciarum.  Veneti  hos  omnrs  in  dolo  circumvenientes  nequa- 
quam  aul  naves  aut  victualia  eis  voluerunl  exhibere,  nisi  prius  Gazaream 


(»)  Guy,  cardinal-archevêque  de  Palestrina.  1200  a  1221. 
25       (')  Hcllin,  abbé  de  Notre-Damc-aux-Fonts,  mort  vers  Ut  8,  cf.  Leodium,  1909,  p.  08,  el  L.  I.ahave, 
Les  paroisses  de  Liège,  dans  B.  I.  A.  L.,  t.  XLV1,  p.  70. 

(*)  Gauthier  de  Chauvency.  Voir  De  Theux,  Le  chapitre  de  Saint-Lambert,  i,  159-102,  et  L.Lahave, 
op.  cit.,  p.  71. 

(*j  Nous  avons  ici   un  récit  emprunté  à  la   même  source,  mais  plus  développé  que  celui  de  la 
30  Chronique  de  U02. 

(s)  Voir  ci-dessus  :  XXXVII,  page  26. 


30  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

civitatem  Vendis  sxibjugassont ;  nam  in  eadem  dux  eorum  caplus  fuerat  et 
cecatus.  Quod  cum  mullo  labore  fecissent,  dominus  papa  Innocenlius,  rogalu 
régis  llungaric,  omnes  peregrinos  supradictos  excommunicavit;  nam  civitas 
Gazarea  dominio  el  potestatî  subjecta  eral  régis  îlungarie.  qui  cruce  signalus 
protectioni  pape  siibmiserat  universa  que  possidebat.  Transmittitur  ad  Apos-  5 
tolicum  pro  absolutionis  benelicio,  quod  tamen  nullo  paclo  obtinere  potuerunt, 
nisi  Alexium  juvenem  imperatoris  filium  Home  commorantem  Constantinopolim 
redneerent  et  in  sede  imperiali  patris  sui  ipsum  relocarent.  Ouod  similiter  cum 
fecissent.  multa  a  Grecis  adversa  suslinuerunt.  Sed  tamen  peregrini  predicti 
armis  accincli  strenue  civitatem  opprinuint:  itéra to  eives  vincunlnr  et  urbs  io 
ipsa  Constantinopolilana  capitur,  anno  Domini  XIIC1V,  idus  aprilis  sabbato 
sancto  Pasche.  Sic  urbis  Constantinopolis  dominio  jam  secundo  potiuntur. 
(Jonstantinopoli  itaque  pro  suis  culpis  justo  judieio  recompensavit  Dominus 
duplicia.  quoniam  que  bactenus  innumerabilium  spolia  provinciarum  obti- 
nueral  et  sibi  retinuerat  ad  presens  spoliatur.  et  non  solum  forenses  sed  etiam  15 
ecclesiastice  persone  una  cum  ecclesiarum  suarum  bonis  et  maxime  ornamentis 
et  reliquiis  in  rapinam  abducunlur;  diripitur  equorum  innumera  multitudo; 
auri  et  argenti,  pretiosarum  vestium.  gemmarum  eorumque  que  inter  divitias 
computantur  tam  inestimabilis  habundanlia  reperitur  ut  tantum  possidere 
thesaurum  tota  latinitas  vix  crederetur.  Alox  Balduinus,  cornes  Flandrie  et  20 
Hannonie  in  imperatorem  coronatus  et  inunctus  sublimatur.  Qui  infra  unius 
anni  spatium  a  natali  solo  recedens  Gazaream  subjugavit.  (Constantinopolim 
bis  occupavit  et  ad  imperii  culmen  ascendit  lNecdum  tamen  annis  duobus 
regnavit,  nam  in  congressu  quodam  cum  Bulgaris  interceptus  ultra  non 
comparait.  Frater  ejus  Henricus  in  imperium  subrogatus  fines  imperii  sui  2b 
laudabiliter  ampliavit.  Capta  igiiur  urbe,  divitie  reperle  sanctorumque  reliquie 
per  universum  orbem  disperguntur.  Pars  capitis  beati  Johannis  Baptiste,  que 
faciem  demonstrat,  a  quodam  canonico  \mbianensi  Ambianis  transfertur. 
Sed  et  dominicum  quod  per  Helenam  de  Hierosolimis  translatum  auro  et 
gemmis  preciosis  insignitum,  in  maxima  veneratione  babebatur  ab  episcopis  50 
qui  présentes  aderanl.  incisum  et  cum  aliis  preciosissimis  apostolorum  et  aliis 
sanctorum  reliquiis  per  nobiles  quosque  partitur  et  postea,  eis  ad  natale  solum 
reverlcnlibus,   per   ecclesias  et   cenobia  distribuitur.    Preterea  in   Leodiensi 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  54 

parochia  de  eisdem  reliqtiiis  ditate  sunt  plures  ecelesie.  In  ecclesia  béate  cf.M.Chr. belg. 
Marie  Huyensi  portiuncula  de  corona  spinea  Christi  ad  quantitatem  unius 
digiti  longa  et  grossa  absque  spinis,  sed  est  de  calamo  et  adhuc  patent  vestigia 
cicatricum  ex  quibus  spine  fuerunt  evulse.  In  ecclesia  Sancte- Marie 
s  Trajecti  servatur  de  eisdcm  reliqniis  in  cruce  aurea  grccis  litteris  sculpta 
portiuncula  dominice  crucis,  Iongitudinis  unius  magni  cubiti  et  latitudinis 
duorum  digitorum  :  tabula  quoqne  aurca  contincns  crucem  dominicain  quam 
Constantinus  Magnus  in  bello  super  peclus  portabat.  In  ecclesia  Sancti- 
Albani  martyris  Namurcensis  videntur  quattuor  tabule  auree  et  in  qualibet 

îo  portiuncula  ipsius  ligni  salutaris.  In  ecclesia  Floreffiensi,  maxima  pars 
crucis,  quam  Philippus  cornes  Namurcensis.  frater  novi  imperatoris  cum  aliis 
sanctorum  reliquiis  ibidem  reposuit.  In  castro  Namurcensi,  dens  beati 
apostoli  Pétri,  capul  sancti  Pauli  episcopi  et  confessons,  aliorumque  ibidem 
sanctorum  habentur  reliquie. 

to      Predictus  cornes  Philippus  has  binas  ecclesias,  scilicet  beati  Pétri  in  castro     cf.  G.  abbr. 
et  Sancti- Albani   martyris  bonis  multis  dotavit,   clerum  quoque  earundem 
ordinavit.  prout  in  scripto  Guidonis  Iegati  plenius  continetur. 

XLV.  Guerres  de  Henri  Ier  de  Brabant  (d). 

Postquam  Balduinus,  cornes  Hannonie  et  Flandrie  in  imperatorem  Constanti-        g.  abbr. 

20  nopolitanum  est  sublimaius.  Henricus  dux  Lovanii  dominium  totius  Lotharingie    Chr.  roy.  Col. 
sibi  soli  reputans  esse   relictum    (2),  cepit  more  JNemroth  robusti   venatoris  '         ' 

impetuosum  gladii  sui  furorem  in  vicinas  rotare  gentes,  et  in  copioso  exercitu 
descendit  primum  in  Hollandiam,  quam  auxilio  Philippi  [Namurcensis  comitis, 
sue  penitus  subjugavil  ditioni,  coniilemque  Theodericum  (3)  cepil  et  Gelrensis 

25  comitis  consilio  fines  ejus  igné  vastavit.  Perpendens  autem  fortune  favon  m  in 
applausu  sibi  arridere  jucundo,  audacler  apponit  apprehendere  etiam  comitem 

(4)  Nous  avons  ici  un  récit  emprunté  à  la  même  source,  mais  plus  complet  que  celui  du  Gesla 
abhreviata.  Ce  récit  fait  immédiatement  suite  au  précédent.  Tous  deux  dérivent  probablement  de  la 
même  source. 
30       (•)   Dans  le  texte  abbrégé  du  Gesla  abbreviata,  ce  passage  devient  inintelligible  et  erroné,  comme 
le  remarque  G.  Waitz  dans  son  édition  M.  G.  //.  SS.,  XXV,  153,  note  8. 

[3j  Thierry  VII,  comte  de  Hollande,  1190-1203. 


32  G1IR01N1QUES  LIEGEOISES. 

Gelrie  Géranium  ('),  qut'in  primo  congressu  sue  submisi t  ditioni,  vinculo 
fldelitatis  sibi  illum  l'ederans  et  nexu  homagii.  Quem  postea  die  solemni  «atalis 
Domini  proditiose  captum  coegit  spondere  solutionem  III  M  marcharam 
Colouiensium.  Lit  autem  repromisse  pecunie  solutiouem  celerius  cornes 
expedire  valeret,  precibus  obtinere  contendit  qualenus  libertati  prisline  5 
restiluerelur.  Verum  dux  consentire  reouil  douce  loco  patris  filins  primo- 
genitus,  qui  poslmodum  spoliationi  civitatis  Leodiensis  interfuit,  in  arcta 
custodia  vinculis  mancipetur.  Animadvertens  cornes  injuste  terre  sue 
depopulationem,  sui  suorumque  optimatum  inhonestam  detentioncm,  suique 
filii  incarcerationem.  de  prudenti  consilio  episcopi  Trajeclensis  Tbeoderici  (*),  10 
Hugonem  Leodiensem  episcopum  aggreditur  et  homagio  ligio  esse  illi  constrin- 
gens,  universum  allodiura  suum  a  ponte  Trajecti  usque  Ruremundam  per 
manus  Henrici  ducis  Lymburgensis  et  Philippi  comitis  Namurcensis,  solemniter 
sancto  Lambert  o  contulit  ipsumque  de  manu  Hugonis  episcopi  relevavit. 
At  Hugo  episcopus  perpendens  quam  discreta  debeant  esse  diversarum  perso-  15 
Ad  Rom.,  XIII,  7.  narum  mérita,  dicenle  apostolo  l'aulo  :  Gui  bonorem  honorera,  cui  vectigal 
vecligal,  cumque  dux  Lovaniensis  comiti  Gelrie  indebitum  imposuerat  jugum 
servitulis,  atque  ideirco  voleas  hominis  sui  injuriam  ab  aliéna  violeniia  modo 
competenti  decenter  tutari,  Henricum  ducem  predietum  convenit,  consulte 
proponens  monendo  et  monens  proponendo  quatenus  ab  incepta  injuria  et  20 
injusta  vexatione  comitis  Gelrie  vasalli  sui  bénévole  désistât  et  obsidem, 
videlicet  comitis  filium,  résolu  lum  honorifice  patri  restituât.  Dux  vero  dum 
Ps.  LVll,  4.  admonitionem  salubrem  nec  audit  nec  exaudit,  sed,  more  aspidis  surde 
obturantis  aures,  quolidianam  episcopi  instantiam  quasi  subsannando 
preteriret.  preeum  blanditiis  succedit  minarum  asperilas,  et  effrenis  ducis  25 
animus  petilioni,  ymo  jussioni  episcopali,  licet  nolens  et  invilus,  tandem 
tamen  consentit,  concedendum  potins  reputans  quam  aculeo  calcitranti 
repugnandum.  Injustam  itaque  exactionem  tri  11  m  millium  marebarum  comiti 
Gelrie  indebito  faclam  dux  iibere  remitlit  et  filium  a  vinculis  absolutum 
libère  eidem  restituit.  30 

(«)  Gérard  IV,  comle  de  Gueldre,  mort  en  1229. 
(»)  Thierry  de  Nuenar,  cvèque  d'Utrcclil.t  198  1212. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  55 

XLVI.  Fondation  de  Val- Dieu  et  de  Val-Notre-Dame,   1216. 

ho  tempore,  constructa  est  abbatia  dicta  Vallis-Dei  cisterciensis  ordinis,  et  in  G.  abbr. 
capite  jejunii  ejusdem  anni,  adductus  est  illic  conventus  a  Guidone  abbate 
nono  Sancle-Agalbe  Hochlensis.  cum  ibidem  permansisset  annis  XL  et  amplius. 
5  Factus  est  ipse  Guido  primus  abbas  Vallis-Dei  et  ultimus  Sancte- Agathe 
predicte,  quia  mox  post  discessum  ejus  a  cenobio  prememorato  locate  sunt 
in  ipso  Hochtensi  monasterio  moniales  cisterciensis  ordinis  assumpte  de 
cenobio  Sancti-Salvatoris  in  monte  Aquensi,  quarum  fuit  prima  abbalissa  soror  chr.  del4o-J, 
Helwigis,  mulier  humilis  et  devota.    Cum  vero  Albertus  cornes  de  Muha   (*)        1S0-151. 

10  ipsarum  intellexisset  penuriam,  sancto  tactus  spiritu,  de  consensu  Hugonis 
Leodiensis  episcopi ,  ad  quoddam  hospitale  situm  in  valle  inter  Wangias  et 
Vinamont  prope  Huyum  eas  adduxit  et  ibidem  ecclesiam  in  honore  Virginis 
gloiiose  Marie  ediflcavit,  ob  cujus  reverenliam  abbatia  ipsa  nuncupata  est 
Vallis-Nostre- Domine.    Quam   quidem   abbatiam   idem   cornes  multis  dotavit 

15  possessionibus.  Pro  situ  vero  ejusdem  abbatie  a  quo  moniales  Wangie  aliquid 
exigebant,  lenentur  abbatissa  et  conventus  Vallis-Nostre- Domine  annuatim 
dictis  monialibus  in  tribus  denariis  aureis  persolvendis. 

Contigit  eo  tempore  ut  Albertus  cornes  de  Moha  ex  uxore  non  posset  heredem   Triumph.s.L., 
suscipere...  que  omnia  prefatus  dominus  Wilhelmus,  demptis  paucis,  de  manibus   1    ,!3;      '27' 

20  pessimorum  excussit.  Fuit  hic  Wilhelmus  dominus  de  Perweys  frater  ducis  ex 
pâtre  tanlum,  cujus  mater  fuit  Imana  °  (2)  filia  comitis  Lossensis.  Ingressus 
dux  nequam  palatium  suaque  jam  pastus...  et  dictorum  sigillis  principum  firmius 
roboralur. 

a  Margareta  :  cod. 

25       (»)  Albert  III.  comte  de  Moha,  1 180-1212. 

(•)  L'erreur  du  manuscrit,  portant  ici  Margareta,  est  corrigée  dans  le  manuscrit  même  par  une 
note  ajoutée  d'une  main  postérieure  :  Imana  secunda  uxor  sui  patris,  cujus  prima  fuerat  Margareta 
filia  llcnrici  ducis  Lymburgensis,  ex  ducis  Lotharingie.  Godefroid  III,  duc  de  Brabant,  eut  de  sa 
première  femme  Marguerite,  fille  d'Henri  Ier,  duc  de  Limbourg.  mort  en    H  72  :  1°  Henri  I",  son 

30  successeur,  mort  en  J2Ô5;  2»  Albert  de  Louvain,  évéque  de  Liège,  assassiné  à  Reims  en  1192.  Il  eut 
de  sa  seconde  femme  Imaine,  fille  de  Louis  I"  de  Looz  :  1°  Guillaume,  tige  des  seigneurs  de  Perwez; 
2°  Godefroid  de  Louvain. 

Tome  II  5 


54  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

XLVII.  Déchéance  d'Ollon  IV,   1240  ('). 

G.abbr.,a»l2i2.       Intérim  dum  tractatur  de  pace  componenda,  Tbeobaldus.  cornes  Barensis  (2), 
elam  collecta  militari  manu,  terrant  episcopi  ultra  Mosam  latenter  invadit  et  ad 
favorem  ducis  obtinendum.  munitionem  episcopi  apud  Uffey,  turrim  erectam 
in  dolo  adéquat  solo   et  prosternit.   Attente  igilur  Dominus  devolis  gloriosi  s 
presulis  et  martyris  Lambcrti  snpplieationibus  provocatus.  primum  in  Otlonem 
eo  tempore  adhuc  impcratorem  ultricem  manum  suam  evidenter  convertit. 
(lum  enim  nocte  quadam  cum  conjugc  sua  (3)  in  maritali  tboro  recumberct 
illa   de  latere  suo  subito   mortua  miscrabiliter  est  abslracta.  Quo  siquidem 
ru  more  diffuso,  tola  Suevia  simul  et  Bavaria  ipsius  dominio  se  substraxit.  to 
Et  quinii  excommunicationis  scntentiam  ab  apostolico  presule  in  ipsum  latam 
et  per  universam  llaliam  alque  Alemanniam  promulgatam  contempscrat  neque 
ad   cor  reversus  emcndam   Ecclesie   prestiterat,  unanimi   principum  imperii 
consensu,  auctoritale  apostolice  Scdis.  ab  impcrio  irrefragabiliter  deponitur, 
atque  sub  interminatione  analbematis  ne  quis  Ottoncm  de  cctero  nomine  régis  15 
vel  i in pera loris  designare  audeat,  districtius  inhibetur. 

XLVIII.  Bataille  de  Steppes,  4245. 
Triumph.  S.  L.,       Dum  autem  Eerrandus  (4)  cornes  ducem  Henricum  postea  super  pactione... 

Interea  Namurcensis  cornes  Philippus  sine  libcris  e  vita  discessit,   et  Petrus 
Cf.  Rein.  Ann.,  cornes  Autisiodorensis  (5),  qui  sororem  Pbilippi  babebat  conjugem,  in  comi-  20 

ta  tu  Namurcensi  succedit.  Dux  autem  convenit  Francorum  regem  Philippum... 

ad  locum   reversa   est   nibil   inveniens   spoliorum  que  Lossenses  jam   antea 

rapuerant. 

(i)  A  la  mort  d'Henri  VI  en  1198,  son  (ils  Frédéric  M,  né  en  1194,  et  déjà  élu  roi  des  Humains 
en  1196,  fui  de  nouvesu  proclamé  sous  la  régence  de  Philippe  de  Souabe,  cinqtlii  me  fils  de  l'empereur  25 
Frédéric  1er.  Mais  en  même  temps,  quelques  princes  étirent  Otton  IV,  duc  de  Saxe  et  comte  de  Poitou. 

(V  Thiliaud,  comte  de  Bar,  1191-1214. 

(3)  Otton  IV  avait  épouse,  en  1210,  la  lille  de  Philippe  de  Souabe,  son  rival,  Béatrix,  qui  mourut 
la  même  année.  Il  épousa,  en  1214,  Marie,  lille  du  duc  Henri  I"  de  Brabant.  (Voir  ci-après.) 

(*)  Fernand  de  Portugal  avait  épousé  Jeanne,  fille  de  Baudouin  IX,  en  1211.  Il  mourut  en  1253.       50 

f)  Pierre  de  Courtenai,  comte  d'Auxcrrc,  époux  de  Yolande  de  Hainaut,  sœur  de  Philippe  1"  dit  le 
Noble,  comte  de  Namur  de  H  96  à  1212.  En  1217,  il  partit  avec  sou  épouse  pour  Constantinople  pour 
succéder  à  l'empereur  Henri  el  laissa  le  comté  de  Namur  à  son  fils  Philippe  II.  Cf.  plus  loin,  Ll,  p.  40. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  33 

Celebrata  est  hec  Victoria,  auxiliante  suis  gloriosissimo  martyre  Lamberto,  Triumph.  S:  L 
xiu  die  octobris,  dominica  die  qua  cantabatur  :  Justus  es,  Domine,  et  rectum       184,> IS"" 
judicium  tuum,  anno  Domini  XIFXIII,  indiclione  prima,  hora  diei  tertia,  in 
loco  qui  custodia  sive  gardia  de  Stips  nuncupatur.   Cecideruntque  in  hoc  Triumph.  S.  i.., 
s  certamine  ex  parte  ducis  circiter  tria  milia,  qui  omnes  excommunicati  erant,        ' 48"18"' ;' 
capli  vero  vM,  prêter  eos  qui  de  peregrino  exercitu  corruerant.  Leodiensium 
vero  tantummodo  xv  viri  cesi  sunt.  De  qua  sunt  hi  versus  : 

Anno  milleno  C  bis  1  cum  duodeno, 
Legia  vicisti  Brabantos  nocte  Calisli. 
to  Hinc  captivati  sunt  V  ter  mille  necati. 

Ex  quibus,  exemptis  alienis  sicque  peremptis, 
Nostrorum  seni  ceciderunt  atque  novem. 

Jam  diei  illius  hora  nona  venerat...  ipsumque  oppidum  Leewis  [episcopus]  Triumph.  s  i.. 
omnimodis  in   favillam   redegit.   Similiter  et  Landis,  oppidum  tune  magnum       185,2- 

13  et  famosum,  penilus  dissipavit.   Quod   postmodum  anno   Domini   XIICXXX 

restauralum  est  et  in  parvum  oppidulum  restrictum.  Neque  enim  potentie  Triumph  S.  i. , 
episcopi   adversariorum  ullus  audebat  resistere,  tantummodo  fuge  presi-  '  18H 

dium  expetentes.  Consiliarii  autem  ducis  ejusque  famîliares  qui  illius  animum 
ad  depopulationem  civitatis  Leodiensis  specialiter  inflammaverant,  hi  fuerunt 

20  Gerbertus  quidam  phariseus,  decanus  aliquis  Thenensis  (*);  Balduinus  scolas- 
ticus  Lovaniensis,  qui  relicto  habitu  monastico,  a  domo  quadain  Afflighemiensi 
aposlatavcrat;  Hobinus,  miles  quidam  Thenensis;  Reinerus  eanonicus  Hugar- 
densis,  scriba  ducis,  totius  adinventor  fraudis  el  prodilionis.  Qui  qualem 
sue  nequitie  mercedem  perceperunt  audiamus.   Gerbertus   inopinata   morte 

25  preventus  est  in  stratu  suo  dormiens  prefocatus.  Hujus  cadaver  nullus  terre 
sinus  capere  voluit,  sed  super  arborem  quemdam  ad  extremum  projectum 
contabuit.  Consimili  fine  Balduinus  miserabililer  interiit.  Hobinus  carceri 
régis  Francie  mancipalus  omni  penarum  génère  addicilur.  Rcinerus  vero  lecto 
accumbens  phreneticus,  lingue  sue  devoralor  et  manducator  est  effectus.  Et 

50  quid  per  singulos  discurrimus?  JNon  est  plane  vel  unum  reperire  de  majoribus 
Brabantie,  Flandrie  sive  Alemannie  qui  civitatis  Leodiensis  desolationi  inter- 

(4)  Voir  Triumphus  S.  Lamberti  in  Steppes,  chap.  IX,  p.  180. 


56  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fuisset  et  non  alicujus  inforlunii  exituin  consecutus  fuisset.  Sed  quid  nunc  de 

comité  Gelrie  dicemus?  Prius  siquidem  Leodiensis  civilas  a  Brabanlis  violata 

est,  qui  pretiosa  queque  jam  subtracta  asportarant.  Post  hec  supervcnientes 

I  tireuses  nec  aiiimum  nec  manum  a  violenlia  retraxerunt.  tjuin  veluti  canes 

famelici    per   civitatem   discurrentes,    que   ïirabanli    ut   vilia   contemnenles  5 

reliquerant.  tanquam  pretiosa  estimantes  rapuerunt  Collegerunl  ilaque  et  ipsi 

singulas   sarcinas   quas  onustalis   navium   stationibus  per  iMose  alveum   ad 

lerram  suam  trausmiserunt.  Scd  quid  idem  consecuti  sunt?  Otto  imperalor, 

militari  coagitata  copia,  ex  insperato  fines  exoccupans  comitis  Gelrie.  gladio 

depopulatur  et  igné,  nec  manum  revooat  crudelem   donec  funditus  omnem  10 

Cf.  Rein.  Ann.,  circumquaque  deleverit  regionem  usque  Kuremundam.  civitatem  opulcntam, 
a°  1214,  p.  \U\. 

que  et  ipsa  pemlus  vastata  est. 

Cf.  Kein    Ann.,       interfectorum   etiam  in   btips  cadavera  diu  inhumata  jacuerunt,   quibus 

a°  1"13  p  112 

devorandis   canes    totius   regionis  concurrentes  die   noctuque  incumbebant, 
sicque  canum   timon;  nemo  ad  ea   humandum  audebat  accedere.    Cumque  15 
in  vicinis  pictate  motis  multa   corpora   in   profundissimam  foveam  fuissent 
projecla,  canes,  cadaveribus  spretis  super  lerram  jaeenlibus,  unguibus  sepulta 
exlrahebant  et  dentibus. 
Triumph.  S.  L.,       Meuse  octobri  die  xx,  cornes  Flaïubie  Ferrandus...  ubi  tempus  suis  perspexisset 

185,51-186,  îu.  ...    viil'irvmi      •  ,        , 

Cart.  S'-Lamb.    yotis  congruere.  \  erumtamen  anno  :,'omini  aIP'XWII,  m  festo  Dccollalionis  20 
I,  chartes  175    Dealj  Jolmnnis-Baptiste,  Henricus  dux  ad  cor  reversas  in  oaslro  Warhemie 
omnem  quam  habere  posset  aclionem  ad  dominia  de  Moha  et  VValevia,  una 
cum  primogenilo  suo  Henrico,  pro  expiatione  sui  criminis  et  anime  sue  salute, 
quitavit  episcopo  et  ecclesie,  solvitque.  pro  illatis  damnis  xcmliv  Valencenenses, 
perpétua  deinceps  pace  cum  episcopo  et  comité  juramento  firmala.  Quam  quis  n 
violare  presumpserit  ta  m  ipse  quam  heredes  sui  perpeluo  deputentur  exilio. 
Acta   sunl   hec,   presentibus  Fgidio    îJcrtholdi,   Waltero    Bertholdi,   Leonio 
castellano  Bruxellensi  (1),  Godcfrido  de  Perweys,  Arnoldo  de  Waelhem  ('), 
Arnoldo  de  Weezmale  (J),  etc. 
Anno  Domini  XIPXIIII,  mense  aprili.   Fredericus  rex  8icilie,  tlectus  in  30 
Triumph.  s.  L.,  imperatorem,  contra  Oltonem  regem  eonfligens  in  Alemannia  mirifice  trium- 
r  iA2°iiQ,!      nhavit.  Otlo  aulem  fusains  ab  Augusto  Rhenum  transire...  Victorie  Bulloniensis 

li.u  u.,llo,Bo-ra.    '  D  c 

(*)   Voir  Fh.-L.  Ganshof,  Les  ministeriales  en  Flandre  et  en  Lotharingie,  pp.  121,  107  et  92. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  37 

recolitur  memoria.  Subséquente  mense  maio,  dux  Henricus  primogenitam  suam 
iMariam  dédit  Ottoni  régi  conjugem,  cum  nonum  etatis  ageret  annum,  ut  de 
Leodiensi  diocesi  quanrloque  ad  libitum  plenam  reciperel  ultionem.  Hec  Maria  se 
postmodum  seripsit  dominam  de  Helmont.  sub  tenore  hujusmodi  :  Maria  Oei 
5  gratia  quondam  imperalrix  Bomanorum,  filia  ducis  Lotharingie  et  Brabanlie. 
Cum  inter  monasterium  Averbodiense  ex  una  parte  ac  domines  in  dominio 
nostro  de  Helmont  super  paludc  juxta  curiam  de  Stercsel  orta  esset 
dissensio,  elc  Datum  anno  Domiui  MCCXLVI  (1).  Fuit  preterea  etiam  domina 
in  Arendonck.  ubi  usque  hodie  apud  seniores  nuncupatur  imperatrix  repuisa. 

10       Anno  autem  gratie  XIICXIIII,  mensis  julii  su,  apud  Nivellam...  vacuus  est  fide  Triumph.  S.  L., 

,  ■     ....  187, 23-188, 33. 

et  justifia. 

XLIX.  L'empereur  Frédéric  11,   12U-12I5. 

Factum  est  autem  postquam  Philippus  rex  Francorum  percusserat  exercilum 
Oltonis  et  suorum,  Fredericus  rex  AUemannorum  et  Sicilie,  mense  septembri, 

15  exercitum  cnpiosum  et  miri  apparatus  opulenter  eongregavit,  VM  mililum  suo 
ducens  comitatu.  Tendens  autem  Aquisgrani  per  Confluentiam  Mosellam 
transiens,  terram  comitis  Juliacensis  (2)  subintrat.  Audito  consilio  quorumdam 
ne  ad  presens  locum  Aquensem  vallaret  donec  Brabantie  fines  sue  potestati 
subjugaret,  Trajectum  se  contnlit.  Cui  occurrit   Hugo  Leodiensis  episcopus 

20  cum  sexcentis  fere  militibus,  centum  milibus  tam  peditum  quam  equitum, 
quos  eduxerat  ab  episcopatu  S.eodiensi.  Dux  itaque  Brabantinus,  considerans 
quod  in  supremum  terre  sue  excidium  tendat  omnis  ista  multitudo,  Hugonem 
episcopum  Leodiensem  adiit  ut  de  pace  proptr-r  Deum  inter  ipsum  et  regem 
tractaret.Quod  et  fecit.Simile  quid  de  duce  Lymburgensi  et  rege  Frederico  fecit. 

25  Principes  Allemannie  discrète  considérantes  partem  Frederici  de  die  in 
diem  ad  nulum  ejus  féliciter  prosperari,  Oltonem  vero  deficere,  omnes 
tractu  temporis  conciliantur  Frederico,  nec  est  qui  Ottonem  visitet  vel  eum 
consoletur  ex  omnibus  Allemannie  primatibus  primitus  ei  charis.  Post  hec 
Fredericus  legatos  suos  ad  Aquenses  dirigil,  qui  ut  dicerent  quomodo  cuncta 

30  ei  cedebant  in  prosperum,  solis  exceptis  Aquensibus.  quodque  licet  non  illos 

(«)  Cf.  Wauters,  Tables,  t.  IV,  p.  487. 

(>)  Guillaume  III,  comte  de  Juliers,  1208-1218. 


58  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

persona  régis  moverct,  veruintamen  predecessorum  suorum  mérita  plurimum 
fidem  suffragari  debercnt  Siquidem  Fredericus,  ejus  atlavus.  fundamenta 
mururuni  Aquensium  primus  locavil,  muris  locnm  circumdans  et  valle 
muniens.  Pater  ejus  Heuricus  imperalor  ampliori  liber late  quam  oinnes 
imper ii  incolas  sublimiter  decoravit,  singularî  quoque  specialis  prrrogativa  5 
privilegii  insigniens  et  exornans.  insuper  el  ipse  rex  Fredericus  solito  more 
imperialis  raunifieentie  ampliora  beneûcia  sie  eis  exhiberc  paratus  in  liabun- 
danliori  collatione  liberlalis,  anliqua  si  opportunum  fuerit  privilégia  innovando, 
si  addendum  fuerit  addendo,  si  subtrahendum  subtrahendo,  et.  ut  breviter 
dieatur.  modis  omnibus  eadem  meliorando.  Dis  audilis  et  in  commune  recitatis,  10 
Aquenses  una  cum  comité  Juliacensi,  cum  plausu  magno  et  hilaritate,  preces 
régis  suscipiunt.  legalis  ponigunl  dexteras,  portisque  reseratis  et  patentibus. 
locum  Aquensem  régie  per  omnia  exponenles  voluntati,  el  a  minimo  usque 
ad  majorent  omnes  débita  Qdelitate  régi  sese  indifferenter  astringunt.  Sicque 
omnia  que  viderunt  et  audierunt  legati  régi  suo  Frederico  retulerunt.  15 

Cbr.  de  1402,  Anno  igitur  Domini  XIICXV,  Fredericus  rex  Sicilie,  filius  Henrici  imperatoris, 
vin  kal.  augusti,  pontificatus  domini  Innoeentii  pape  III  anno  XVIII  in  regem 
inungitur  Alemannie,  in  templo  béate  Marie  Aquisgrani.  Precipui  aulem  el 
preelecti  bujus  sacre  unctionis  minislri  ex  anliqua  eonsuetudine  atque  ordinata 
dignilate  soient  esse  constituti  metropoiitanus  Colonicnsis  et  episcopus  Léo-  20 
diensis,  sieut  a  longis  rétro  temporibus  Ira  iitum  constat  et  observatum.  Sede 
aulem  Colonicnsi  bis  diebus  vacante  (J),  vices  archiepiscopi  ejusdem  eeclesie 
quas  in  ejusmodi  necessilatis  articulo  Leodiensis  episcopus  supplere  tenetur, 
Sifridus  Moguntinus  archiepiscopus  (2)  egit  ex  permissione  Hugonis  Leodiensis 
episcopi,  qui  rogatus  a  Frederico  rege  déferre  voluit  Moguntino  archiepiscopo,  25 
non  solum  propter  régis  ipsius  revereiidum  interventum,  verum  etiam  propler 
insignem  Apostolice  Sedis  prerogati vam ,  quam  idem  prefulgebat  Sifridus, 
ulpnte  judex  delegalus  super  universam  Alemanniam  a  domino  papa  constilutus. 
G. d'O.,  119,w-i7.       Hoc  anno.  ix  kalendis  mardi,  consecrata  est  ecclesia  de  Juncis...  ac  propter 

crebra  miracula...  populus...  cum  oblationibus  et  hostiis  devotus  supplexque  30 
conlluxit. 

(*)  Par  la  comjiétitiun  entre  Adolphe  d'Allcna  et  Thierry  de  Heinsberg. 
(s)  Sigfrid  de  Eppenstein,  archevêque  de  Mayence,  1200-1250. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  39 

L.  Concile  de  Lalran,   4245. 

Eodem  anno,  mense  novembri,  présidente  domino  papa  Innocentio  III,  ReineriAnn. 
celebrata  est  sancta  et  universalis  synodus...  Adfuenint...  Hungarie,  Cypri  ^TitJl^ 
Arragonieque  oratores  diversarumqiie  nationum   nuncii   deputati.    Inter 

s  hos    tolius   orbis   patres   et   proceres  adfuit    eliam    rcvercndissimns  ecclesie 
Leodiensis    episcopus    dominus    Hugo,    vir   et    ipse    non    infime    dignitatis.        G.  abbr., 
Fueruntque    ibidem    très  synodi   dies.    Prima    itaque   die...    Terlia   vero    die, 
habitu  ornalus  ecelesiastico   ut   episcopus  industns  pontificalibus  et  mitratus. 
Quidam   religiosus  episcopus  romanus...   accessit   salutandi   gratia   Hugonem 

10  Leodiensem  antistitem...  Miratus  ille  :  Domine,  ait,  magna  vobis  est 
cura  commissa.  Fucrat  istud  concilium  anlea  per  universum  orbem  tribus 
annis  pronuneialum.  Singulis  equidem  diebns  qnibus  synodus  celebranda  erat. 
pontifex  sacrosancla  mysteria  in  ecclesia  Lateranensi  pontificalibus  ornamentis 
iudutus  solemniler  eelebrabat,  erantque  eadem  paramenta  auro  omnique  lapide 

io  pretioso  in  tantum  pregravata  ut  vix  illa  gestare  nimio  et  ultra  modum  eorum 
depressus  pondère  suffîceret.  I>esuper  autem  fores  majoris  ecclesie  Latera- 
nensis  solium  sibi  extruxerat  excelsum,  ab  tminentiori  loco  volens  ab  omnibus 
videri  in  décore  suo  et  audiri  in  lingua  sua  admodum  diserta.  iViissarum 
solemniis  ecelesiastico  ritu  completis,  pontifex  ad  solium  suum  excelsum  et 

20  elevatum  mox  transibat  in  sonitu  tube  ductilis  et  in  voce  tube  cornée,  terra 
résonante  in  voce  instrumentorum  tinientium  in  auribus  universorum  qui 
aderant  et  pre  confusione  sonitus  obstupescebant.  Sic  cor  gerere  videbatur 
exaltatum  ante  ruinam  imminentem.  Nec  plane  sine  prognoslico  appropin- 
quantis  termini  contigit  quod  prima  die  synodalis  residentie  pontifex  causam 

25  facti   vocationis  in   publicum  proponere   volens,  i ta   exorsus  :    Desiderio,        a.  abbr. 
inquit,  desideravi   hoc   pascha   manducare    vobiscum   antequam    patiar. 
Et  merito  quidem  mentionem  fecisse  videbatur  de  pascha  et  morte,  quia  in 
brevi  ab  bac  erat  vita  transiturus.  In  hac  sancta  synodo  venerabilis  pontifex 
Leodiensis  Hugo  communes  Alemannorum  omnium  suscepit  causas,  univer- 

30  saque  pertractabat  negotia  majorum  Francie,  Alemannie,  Germanie  cetera- 
rumque  nationum  ante  faciem  pape  sedentis  in  throno.  insuper  a  rege 
Frederico  suo  cognato  specialis  Apostolice  Sedis  nuncius  erat  episcopus  Hugo 


40  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

destinatus.  Summum  enim  atquc  indubitatam  fidem  super  ceteros  Alemannos 
in  Hugonem  episcopum  habebat.  In  bac  synodo  orientalis  ecclesia  se  subdilam 
romane  hcclesie  exbibuit  multaque  alia  salubriler  ordinata  fuere.  A  primis 
autem  hcclesie  crcpundiis,  etiam  si  cbronicus  ténor  diligenlius  indagetur,  non 
facile  cri!  invenire  ullum  fuisse  coneilium  ad  quod  tam  copiosus  patrum  ac  s 
principum  numerus  convcnisset.  Soluto  jam  eoneilio.  dominus  papa  Inno- 
eentius,  vocalo  ad  se  vcnerabili  Hugone  episcopo,  ex  singularis  prerogativa 
G. abbr.,  134, m.  dileetionis  et  gratie,  contulil  unam  laehrimam  quam  Salvator  noster  plorando 
emisit  in  vase  cristallîno  inclusam.  liane  episcopus  Hugo  contulil  dilecto  suo 
Oltoni  abbali  Sancli-Laurentii  (*).  qui  illi  concomitatus  fueral.  Etiam  juncluram  10 
unam  corporis  sancti  Pauli  apostoli  quam  in  ecclesia  ejusdem  Sancli-Pauli 
reposuil.  At  dominus  Hugo  episcopus.  accepta  pontifieis  domini  Innocentii 
Cf.  G.  abbr.,  liccnlia.  suos  solemniter  remisit  l.eodium.  intendens  Allissimo  persolvere 
votum  quo  se  illi  obligaverat,  ilum  conflictus  in  Stips  immineret, 
limina  sciliset  beati  Jacobi  in  Galicia  se  visitatuium,  quod  et  fecit,  io 
assumptis  secum  novis  paucisque  peregrinationis  sue  comilibus. 

LI.  Mort  de  l'empereur  Henri  de  Constantinople,   4217. 

Chr.  de  1402,         Anno  Domini  XIICXVH,  Henricus  imnerator  Conslantinonolitanus,  quondam 
l.')6 

cornes  Hannonie  et  Flandrie,  qui  fratri  suo  Halduino  successit  in  imperio, 

Alber.,  a°  1247,  anno  X  imperii  sui  obiit  absque  liberis.  Porro  Namureensis  cornes  Petrus  qui  20 

Altisiodorensis  dicebatur,   Rhomam    profectus  cum    sua    conjuge    Yolena    sorore 

predictorum   iialduini   et    Henrici   imperatorum   consecratus  est  ad   Sanctum- 

Laurentium    per   papam    Honorium   III   in   imperatorem   Constantinopolilanum. 

Qui  mox  ut  (Jncie  fines  attigisset,  captus  est  a  duce  quodam,  sed  lamen  cum 

filiabus  liber   evasit,   uxore    ejus  ibidem    manente   terramque   et  imperium  25 

quamdiu    viveret   gubernante  (2).    Philippus  autem   eorum   filius,   diclus   ad 

labraa(3)  factus  est  cornes  Namureensis. 

"  adalabra  :  cod. 

(*)  Cf.  D.  U.  Bsri.ikre,  Monaitieon,  l.  Il,  p.  41. 

(•)  Elle  mourut  en  1210.  30 

(!)  Philippe  II  à  la  Lèvre,  marquis  de  Namur,  12)7-1226. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRCSTHEM.  41 

LU.  Croisade,  4%18-4219. 

Eo  tempore.  cum  post  coronationem  Frederici  imperatoris.  dominus  Sifridus 
Mogunlinus  archiepiscopus,  aposlolice  Sedis  legalus,  missarum  solemnia  ritu 
coniplesset  ecelesiastico,  sermoncm  inchoavit  ad  populum,  proponens  novo 
5  régi  Frederico  cunctisque  primatibus  ad  assuinendum  signum  salutifere  crucis 
in  negolio  rccuperande  terre  civitalisque  sancte  H  Jérusalem,  (omplela  autem 
tam  pia  legali  exhorlalione,  rex  Fredericus  pre  gaudii  immensitate  medullitus 
concepli  resolutus  in  lachrimas  genibusqnc  provolutus  pontifîcis  signum 
crueis  ab  ejus  suscopit  manibus,  sese  in  liolocausluni  offtrens  Domino,  ad 

10  cujus  nutum  sese  dévolus  exponit  martyrio.  Ut  autem  legalus  ad  hoc  alios 
suo  horlarctur  exemplo,  juxta  id  quod  seriptum  est  :  Cep  il  Jésus  facere  et 
docere,  omis  ipsum  ad  quod  suscipiendum  fidèles  alios  salubriler  invitabat 
etiam  suis  imponere  humeris  consulte  decrevit.  Aderat  sane  ibidem  snagister 
Johannes  scolaslicus  Zanclensis,  in  quo  vere  gratia  S)ei  habitabat,  homo  faciei 

îs  columbine  et  elegantis  in  teuthonico  idiomate  elegantie,  qui  per  triduum 
verbum  exhortatorium  populo  Dei  proponens  plurimos  et  fere  infinitos  ad 
idem  animavit.  Insigni  itaque  victoriose  crucis  charactere  muniunlur  precipui 
quidam  et  illustres  in  dignitate  lam  ecclesiastiea  quam  mundana,  videlicel 
Bambergensis  et  Monastcriensis  episcopi,   Brabanlie,  Ardenne,  Moravie  et 

20  Austrie  duces,  Lossensis,  de  Hocslade,  de  Uennech,  fralrcs.  et  comités  Julia- 
censis.  de  Montibus,  Hollandie  et  alii  quamplurimi  comités  et  barones  cum 
innumerabili  procerum  et  laicorum  multitudine.  Hemanserunt  autem  non 
signali  Leodiensis,  Cameracensis  et  Osnaburgensis  episcopi,  Theobaldus  dux 
Lotharingie,  Waleranus  cornes  Lutzeburgensis  et  Henricus  eomes  Barensis  (1). 

25  '.')  Egbert  de  Meran,  évêque  de  Bamberg,  t203-li'37;  Olton  d'Oldcnburg,  évoque  de  Munster, 
1201-1218;  Henri  I",  duc  de  Brabant,  1  190-1255:  Léopold  VI,  duc  d'Autriche,  119(5-1230;  Louis  II, 
comte  de  Looz.  1195-1218;  Lothaire  I",  comte  de  Hochstade,  époux  de  Malhilde,  qui  se  remaria  à 
Louis  II  de  Looz  ou  Lothaire  II,  son  fils  ;  Guillaume  Ml,  comte  de  Julicrs,  1208-1238;  Adolphe  V, 
comte  de  Bcrg,  mort  en  121  H;  Guillaume  1er,  comte  de  Hollande,  1204-1525. 

30  Adolphe  de  Tccklenburg,  évêque  d'Osnabruck.  1217-1225  ;  Jean  de  Betliune,  évêque  de  Cambrai, 
1200-1219;  Thibaut,  duc  de  Lorraine,  1213-1220;  Waleran,  comte  de  Luxembourg,  époux  d'Erme- 
sinde,  veuve  de  Thibaut  de  Bar  et  fille  d'Henri  l'Aveugle,  1214-1226;  Henri  II,  comte  de  Bar, 
1214-1239. 

Tome  II  6 


42  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

His  diebus,  reges  Ilicrosolime,  Hungarie,  Cypri  et  (lux  nobilis  Austrie, 
patriarcha  Hierosolimilanus  ctim  archiepiscopis  et  episcnpis  multoquc  clero 
et  optimalibus  phirimis  consilium  inierunt  pugnandi  adversus  SalTadinum, 
tîabilonie  soldanum,  et  Coradanum  ejiis  filium,  qui  tune  imperabant  Hieru- 
Clir.  de  140-2,     sale»)  et  Damasco.  Verum  civilas  Hiertisalem  deslructa  erat  a  Coradano  prefato,  5 

à  te 

mûri  ejus  cnm  lurribus  intus  et  foris  prêter  templiim  Domini  et  turrim  David  in 
acervos  lapidum  erant  redacti.  De  sepulcbro  glorioso  Domini  destruendo  consiliati 
sunt  Sarraceni,  per  litleras  a  eivibus  Damiate  transmissas  ad  hoc  concitati, 
sed  huic  temeritati  propler  loci  reverentiam  nemo  presumpsit  manus  apponere. 
l'iacuit  igitur  dictis  principibus  i:i  Rgyplum  descendere  et  inimieos  erucis,  io 
auxiliante  Deo,  in  spiritu  vehementi  conterere  Qui  naves  subeuntes  infra 
triduum  Damiate  urbi  \ entis  prosperis  applicuerunl  Ksi  aulein  Damiata  eapul 
omnium  civilatum  Egypti,  sita  in  ripa  Nyli  fluminis,  ultra  mndum  muni  ta, 
habens  in  medio  fluminis  turrim  inexpugnabilem  lnler  urbein  autem  et 
chrislianorum  exercilum  médius  discurrebat  Nylus.  et  in  medio  Rumine  turris  15 
dicta  erecta  erat.  Que  laboribus  et  sumptibns  magnis  tandem,  coopérante  Deo, 
capta  est  et  dirula,  milite  qundam  juvene  et  strenuo  Leodiensis  diocesis  ipsam 
viriliter  ascendente.  Hoc  audito.  Saffadinus,  vir  dierum  malorum  inveteratus, 
merore  ac  luclu  deliciens  descendit  ad  inferos.  Tandem  etiam  civitas  ipsa 
Damiala.  mense  februario.  in  feslo  sancte  Agathe,  obsessa  est  sub  solerti  cura  20 
domini  Pelagii  Albamnsis  episcopi,  Apostolice  Sedis  legati,  deeursisque 
ix  mensibus.  quinla  novembris,  capta.  J'osl  cujus  captionem,  cives  quidam 
Huyenses  qui  interfuerant,  reversi  similem  turrim  quam  in  Nylo  flumine 
viderani  secus  Damiatam.  in  Qrmitate  murorum  lloyensium,  supra  rupem, 
juxta  caslrum,  versus  Sanctum-Jacobum  construxerunt  eamque  Damiatam  25 
denominaverunt  (*).  Ibi  enim  olim  Balduinus,  cornes  Hannonie  (-'),  qui  comi- 
tatum  [Namurcensem  ab  Henrico  Ccco  suo  nvunculo  usurpaverat,  cum  ipse 
Balduinus  et  Huyenses  Symonem  filium  ducis  Lymburgensis  electum  episco- 
puin  (3)  in  Castro  Huyensi  obsideret  (4),  turrim  construi  consuluerat. 

(4)  Cf.  R.  Dubois,  Les  rws  de  Huy,  pp.  134  et  ÎS93.  50 

(')   Baudouin  V,  comte  de  Hainaut,  mort  en  I  197. 

(*)  Simon  de  Limbourg,  11(13-1195. 

(*)    Voir  Gesla  abbreviata  dans  Chronique  de  1403,  p.  143. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  43 

LUI.  Mort  d'Otlon  IV,  1248. 

Anno  supradicto  XIFXVII,  cum  audiret  Olto  quondam  imperator  Frede- 
ricum  regcm  caplivos  ducenlcm  fllium  ducis  Brabantie  aliosque  nonnullos 
ejusdem  terre  optimates,  cum  sua  conjuge  Maria,  dicli  ducis  filia.  mctucns 

s  sibi  fugit  a  Colonia  in  Bruynswyck.  Quodam  autem  tempore,  mense  maio, 
anno  Domini  XIICXVIII,  cum  in  suo  dcambularet  sccretario  tantam  fcrcbatur 
sumpsisse  elecluarii  laxalivi  eopiam  ut,  resolutis  visoeribus,  acuto  morbo 
correplus  xx  maii  subito  riefungitur,  prestita  cautione  juratoria  de  stando 
Kcclesie  mandatis.  poslquam  annis  XXI  sub  jugo  potestatis  ejus  orbis  inge- 

io  miscens  ipsius  insolcntiam  ultra  tolerare  non  valeret.  Dcfunclus  est  aulem  in 
castro  quodam  Saxonie  ad  jus  spectante  imperii,  Harcheburch  (4)  nuncupato, 
nullo  de  se  rclicto  postcritatis  hcrede.  Pepererat  siquidem  conjux  ejus  Maria 
Lovaniensis  filium  cujus  in  bac  vita  brevis  perstitit  incolatus.  Sed  nec  quidem 
a    mille   retroactis   audilum  est  annis    quod  sub  cujusvis  romani    pnncipis 

ib  tempore  tôt  menia  extiterunt  locata,  tôt  erecte  muniliones,  tôt  valla  defossa 

turresque  fabricale.  toi  Iocala  presidia  in  defensionem  orbis,  ut  lemporibus 

Ottonis  imperaloris  predicti,  ne  scilicet  locus  quispiam  ejus  paterct  irruptioni 

vel  ab  eo  posset  expugnari. 

Eodem   anno,   obiit  dominus  Ludovicus,  cornes  Lossensis,  qui  licet  etate    Keineri Ann., 

a°  1218,  p.  133. 
20  esset  juvenis,  omm  tamen  eral  bonitale  et  honestate  conspicuus,  cujus  mors 

universum  episcopatum  commovit  ad  lachrimas. 

Anno   Domini  XIICXIX,   post   inilum   fedus,  rogatus  pontil'ex   Hugo   a  duce    Tr.  S.  Lamb., 

.  191,30-3Î. 

Prabantino  ne  ultenus  festum  triumphi   Sancti  in  suum.  ut  videbatur.  fieri 
deberet  opprobrium.  annuens   presul  ac  in  vigilia  ipsius  festi  sancti  martiris 

25  ingressus  basilicam  festum   ipsum   quod   per  sexlennium  celebratum  extilit 
ulterius    fieri     vetuit,     provocatisque     majoribus     suisque    volis    assensum 
prebentibus,  abscessit.  In  illius  autem  diei  diluculo...   Ex  eo  aulem   lempore,      ibid., «-s*. 
triumphi  hujus  facta  est,  memoria  anima  III  idus  octobris. 

Circa  hec  tempora,  floruerunt  in  episcopalu    Leodiensi   quamplures  sanc- 

ôo  tissime  mulieres.. 

Cum  ablato  de  medio  archipresule,  vacaret  sedes  Remensis...  charilas  et  potens        G.  d'O., 

119  *«-121   is 
bonorum  hominum  oratio  revocavit.  '         ' 

(i)  Hautzbourg. 


44  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

LIV.  Accident  à  l'église  de  Dînant,  1227. 

Ciir.  de  I40ï,         Eodem  anno,  apud  Dvonantum   ieodiensis  dyoeesis  oppidum,  super  ecclesiam 
béate  Marie  in  valle  silam  rupis  maxima  que  de  monte  din  pependerat,  altéra 
bcati   Thome  apostoli,  corruit  et  XXXVI   viros  missam   pro  présent!  defunclo 
audientes  oppressif  et  plures  alios  debililavit,  verum  saccrdos  oflicium  peragcns  b 
illesus  permansit. 

LV.  Mort  d'Hugues  de.  Pierrepont.   1250. 

Post  aliquanli  tempnris  spatium,  episcopus  Hugo  Huyum  drvenil  ibique 
G.  d'O.,        leclum  decumbens  graviter   infirmari   ccpit.    Omnibus    igitur  rébus  suis  tam 

exterionbus...   Hugonem  antistitem  fortiorem  purgatorii  partem  transcurrisse.        io 

LVI.  liègne  de  Jean  d'Eppes,  1230-1238. 

G.  d'O.,  Jobannes  de  Appia,  filins  Margarcle,  sororis  predicti  doniini  Hugonisepiscopil1), 

123,  n-124,  «.  .      n  •  ... 

M.  Chron.  belge.  ex  r('*10  •' rancorum  sanguine  Castro  Appia  gemtus,  major  prepositus  ceelesie 

23*-  Leodiensis.  frater   Hugonis  domini   de   Florinics  (2)  ab   omni   clero  et   populo 

eunetisque  nobilibus,  nemine  contradicente,  eligitur. ..  nullus  ab  intus  egredi  is 

vel  de  foris  auderet  ingredi  civitatem.  Post  tantorum  autrm  tumultum  malorum, 

Deo  donante,  pax  reddila  est  inler  episeopuin  et  populum  civitatis.  ad  quam 

revertens  Jobannes  episcopus  duas  cappas  super  altare  beati  martyris  Lamberti 

dévolus  obtulit, 

G.  d'O.,  125,  ois.       Anno  ponlificatus  Johannis  secundo,  l'undalum  est  cenobium  dictum  Grande  -20 

pratum...    die   quo   secularis    militie   baltbeum    susceperat   inox   deposito 

mundane  glorie  cingulo  in  monasterio  Viliarensi  tondetur  in  monacbum. 

Cf.  J.  d'O,  Eodem   anno.   seilicet   XIICXXX1,   Jobannes   de   Feronstrier  el   Anselmus 

sororius  ejus.   scabini    î.eodienses,  q!:emdam  carnificem  Thcobaldum  boréal 

occiderunt,  qui  et  in  pertinaeia  perstilentes  nullain  super  commisso  bomieidio  -:.; 

emendam  facere  voluerunt.  Turbalus  episcopus  eos  apprehendi  jussit  compre- 

hensosque  capite  puniri.  Indignati  desuper  dictorum  punilorum  amiei  lumuitum 

(';  Jean  d'Eppes  était  (ils  d'Hugues,  seigneur  de  Humigni,  et  de  Marguerite  de  Pierrepont. 
t*)   Hugues  de  Florennes.  Cf.  Carlntaire  de  Saint- Lambert,  I,  101,  131,  148. 


V,  207-208. 


CHRONIQUE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  43 

in  episcopum  excitare  voluerunt.  Episcopo  autem  fugiente  ad  Huyum.  facta 
est  tandem  concordia  per  nobiles  de  Prato. 

Eodem  etiam  anno,  facta  est  translata  monasterii  Sancte-Katherine  extra  Cf.G.abb.Trud., 
oppidum  Sancti-Trudonis  ad  locum  de  Mielen,  quem  locum  nobilis  domina  ?,jiraeùs  op'db 
s  de  Perweys  cum  jurisdietione  temporali  donatione  contulil.  Translatum  est     IV'  '"30-538. 
tune  ad  eumdem  locum  corpus  sancte  et  mirabilis  Christine. 

Hiisdem     temporibus,     moniales    de    Soliers...    consanguinea     domini  G. d'O , t25,i6-i*. 
Johannis  episcopi. 

Fundatur  eisdem   temporibus  claustrum  de   Vivengnies  quod  Vinea  Nostre       g.  abbr. 
io  Domine  dicitur...  ordinem  cislerciensem  susceperunt.  Quarum  prima  abbatissa 
fuit  domina  et  soror  Mathildis  (1). 

Episcopus  Johannes  construxit  circa  annum  Domini  XIICXXXIIII  monas-  Cf.J.d'0.,V,2iO. 
terium  Cruciferorum  in  Huyo.  quod  primum  et  initiale  est  lotius  ordinis. 

Eodem  tempore,  inchoata  est  ecclesia  fralrum  minorum...  eructautia  ex  hoc  G.  d'O.,  126.  c-u. 
îs  in  il I iid. 

Circa  eadem  tempora  episcopi  Johannis,  in  loco  qui  Graveria...  de  ordine  G  d'O ,  126,  i-». 
scolarium    constitua    sunt.    Post   hoc    conventus   ejusdem    ordinis  in    Lewis   et 
Huffalies  a  predicta  domo  creatur,  et  est  prior  Leodiensis  visitalor  eorum  (2). 

Anno  XIFXXXVH  in  Huyo  tam  ingens  nix  cecidit  quod  excrescens  aqua      cf.  Alber., 

20  uic  et  ix  domos  deiieeret.  Combusta  est  etiam  lune  regalis  ecclesia  cum  tota  civitate  a°   „   \.?     *8' 
'  G.  abbr. 

Aquensi. 

Episcopus   Johannes   villam    de    Zitlarl...    usque    ad    Montem    Jovis    fugere        G.  abbr. 
coarclavit. 

Post  bec  suhorta  est  guerra  inter  episcopum  et  Walranum  comitem  causa  G.d'0.,l25,i9-«. 
2S  castri  cujusdam  quod  Pilansvacca...  (3).  Qui  luus  autistes  te  rexit  ter  tribus  annis. 

LVII.   Guillaume  de  Savoie.  1238. 

Guilelmus  nalione  Sabaudus.  germanus  Thome  Sabaudi.  comitis  Flandrie  G.d'O  ,126,îo-îi. 

(*)  Cf.  Ed.  PoriCELET,  L'abbaye  de  Vivcgnis.  dans  B.  S.  A.  II.,  t.  X,  pp.  2  et  15. 
(*.  Cf.  Gobeht,  Lièije  à  travrrs  les  âges,  t.  Il,  p.  886. 
30        (')  Le  château  de  Poilvacbe,  alors  occupé  par  Waleran,  sire  de  Fauquemont  et  de  Montjoie,  frère 
de   Henri,  duc  de  l.imbourg.   Voir   L.  Làbayb,  dans  Annales  de  la  Société  archéologique  de  Namur, 
t.  XXII. 


46  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

et  Harmonie  ('),  Valeniine  ecclesie  electus,  subrogatur  ecclesie  Leodiensis 
sexagesimus  septimus  cpiscopus.  anno  Domini  XIICXXXVIII  :  prefuit  anno 
uno.  Celebrata  namque  electione,  altéra  Nativitatis  beati  Johannis- Baptiste, 
quidam  in  Ottonem  Trajeclensem  prepositum  et  ecclesie  Leodiensis  cano- 
nicum    (*)   couve  ni  uni  ;    alii    vero   in   Wilhelmiim ,    virum    bonum,    doclum   et  s 

Alber.,  a»  1238,  honestum  consenti  un  t.  Pro  quo  etiam  Otto  cardinalis  (s)  qui  lum  in  Anglia  erat, 

943,  ts-ss.  electione  Ottonis  cassata  quem  etiam  electus  Coloniensis  abjurare  per 

pontificem    compellitur.    Eo    tempore,    rursus    mota    est   dissensio   inter 

pontifiera)  et  imperatorem  Fredericum  II  in  quem  pontifex  Grcgorius  XVII 

excessus  annolavit  ipsumque  per   universum   orbem  exeommunieari  jussit.  to 

Alber.,  a»  1239,  Pro  quibus   tamen    controversiis   sedandis,    rex  Francie  sanctus   Ludovicus, 
anno  XIICXXXIX,  misit  episcopum  Lingonensem  Robertum,  poslea  Leodiensem 

G.d'O., 126,3i-is.  episcopum,  ac  dominum  Adam   militem.   Interea   vaslabalur  graviter  episcopalus, 

Cf.  Hist.  s.Laur.        jn  parti  lui»  Sabaudie  diem  clausit  extremum.  Ferebatur  ab  aliquibus  quod  a 

cubiculario  suo  in  villa  de  Presse  (4)  regionis  Lombardie,  dato  veneno,  fuerit  is 
extinctus.  sepultus  in  monaslerio  Cathacumba  (5)  cisterciensis  ordinis,  in  terra 
nativitatis  sue.  cum  patribus  suis  qui  monasterium  ipsum  fundaverunt,  anno 
Domini  XIICXXX  vacavitque  scdes  Leodiensis  annis  duobus. 

Chr.  del402,         Eo  tempore,  natus  est  in  Trajecto  pullus  cum  duobus  capitibus  et  cum 

165  ,-, 

utroque  comedebal.  Et  in  Dyonanto  natus  est  puer  nomine  (.onrardus  qui  a  20 

lergo  circa  renés  gestabat  oculum  grandem  ut  spéculum  et  caputium  carneum 

(>)  Guillaume  était  fils  de  Thomas,  comte  de  Savoie  (1188-1213).  Son  frère  Thomas  épousa,  en  1257, 
Jeanne  de  Flandre,  veuve  de  penaud  de  Portugal.  Sa  sœur  Béatiix  avait  épousé  le  comte  de  Provence. 
I.a  fille  de  Béatrix,  Éléonora.  épousa,  en  1256,  Henri  III,  roi  d'Angleterre.  Il  est  faux  que  Guillaume 
de  Savoie  fut  grand  prévôt  de  Liège  (De  Theux,  I,  202.)  Le  prévôt  était  h  cette  époque  Jacques  de  25 
Lorraine,  élu  évéque  de  Mclz  en  1239.  Cf.  L.  liani.  Les  paroisses  de  Liège,  dans  II.  I.  A,  L. 
t.  XLVI,  p.  71. 

(*)  Otton,  fils  d'Adolphe,  comte  d'Altena  et  de  La  Marek,  et  de  Lutgarde,  sœur  du  comte  de  Gueldre, 
chanoine  de  Saint-Lambert  et  prévôt  de  Notre-Dame  à  daestricht,  est  dénommé  Otton  de  La  Marck 
en  12+7  et  i:omtc  d'Altena  en  1249.  Il  mourut  en  1262.  Voir  Bon  de  Cbestket,  Histoire  de  la  maison  50 
de  La  Marck,  p.  10. 

(*)   Otton,  cardinal,  cvêque  de  Porto,  créé  cardinal  en  1227,  mort  en  12HI. 

(')  Brescia. 

(s)  Abbaye  de  Haute- Combe. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  47 

super  caput,  longum,  ad  instar  monachi  tegens  caput  et  capillos,  qui  tertia 
die  nativitatis  sue,  loculus  est,  sed  infra  annum  obiit. 

Ànno   Domini  XIICXXXIX,   dominus   Henricus  de   Haccour  (*)   decimus  Cf.  Hist.  S .  Laur. 
quarlus  abbas  Sancti-Laurenlii  Leodiensis,  primus  mitram  accepil.  A?vPlio9()1  ' 

5      LVIII.  Robert  de  Langres. 

îiobertus,  vir  génère  nobilis,  scientia  eruditus,  ac  moribus  ornatus,  quondam 
Lingonensis  episcopus,  ordinatur  sexagesimus  octavus  Leodiensis  episcopus, 
anno  Domini  XIICXL.  atque  in  festo  sancti  Stephani  intbronizatus.  prefuitque 
annis  VI.  Vacante  enini  post  decessum  Wilhelmi  Leodiensis  cathedra,  slaluta  G. d'0.,127, ih. 
10  est  electionis  dies  circa  festum  Omnium  Sanctorum.  Erat  tune  temporis  in 
Francia  dominus  Jacobus  Prenestrinus...  depravatus  fertur  exercuisse. 

Anno  Domini  XIICXLII,  Robertus  episcopus  consecravit  ecclesiam  fratrum  G.  d'O  ,428,39-w. 
predicatorum...  idibus  augusti. 

Anno  Domini  XII°XLIIII,  fralres  minores...  ibique  conventum  edificaverunt.        G.  abbr. 
15      Eodem  anno,   obiit   in   kalendas  julii    frater  Julianus,   unus   ex  septem 
fratribus  a  beato  pâtre  Francisco  ad  plantandam  novam  religionem  in   his 
terris  destinatis,  in  ecclesia  fratrum  minorum  Leodii  sepultus. 

Temporibus  btijus  episcopi  Roberti,  facta  est  siccitas  immensa...  omnis  plebs,  G.d'0.,l28,u-3o. 
ut  vidit,  dédit  laudem  Deo. 

20       Anno  XIICXLV,  (lonrardus  rex,  frater  Frederici   imperatoris  conûrmavit  Wauters,  Table, 

VII  770 
privilegium  quoddam  oppidanis  ^ancli-Trudonis  (2) 

Eodem   anno,   obiit   Jobanna  comitissa   Flandrie  et   Hannonie   absque  liberis,     Chr.  de  1402, 

j  go    i  n H 

que  dudum  nupserat  Thome  (ilio  Thome  de  ^abaudia  (3)  elerieo  quondam 
et  archidyacono  Lugdunensi.  Margareta  autem  soror  Johanne  in  dominio 
•2s  dictorum  successif  comitatuum.  Que  eliam  in  flore  quodam  juventutis  sue 
conjuncta  cum  quodam  fiucbardo  de  Avennis,  nobili  viro  sed  non  legali  thoro, 
nam  canonicus  erat  Sancti- Lamberti  Leodiensis  et  arebidyaconus,  quare  et 
dyaconus,  genuitque  filium  Johannem  de  Avennis.  Cumque  intérim  Buchardus 


(«)   Henri  de  Haccourt,  abbé  de  Saint- Laurent,  1239- 1288.  Cf.  D.  U.  Berlière,  :lfona>ttron,t.ll,  p.  42. 
30        (*>   Cf.  Strave.n,  Inventaire  des  archives  de  la  ville  de  Saint-Trond,  t.  I,  p.  S. 
(l)  Voir  note  de  la  page  46. 


48  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Romam   dispensai  on  i  s   ab  ordine  prefato  obtinende   gralia    profectus   esset, 
(juatenus  dominant   Margaretam   uxorem  ducerc  possct,  el  in  dispensationis 
benoficio  ponlilicis  assensum  «lilïiculter  oblinere  prevalens  diutius  tardaret, 
dicta  domina   Margarela  Wilhelmum  qucmdam  de   Dampire,  strenuum   militem 
Flandric,    qui   ci    eral   homo   legius,  in   malrimonium   sumpsil,   ex   quo   duos  o 
filios  Wilhelmum  et  (Juidonem  genuit,  Buchardo  adhuc  in  Urbe  existente. 
Tandem  ipse  Huchardus  ab  ordine  dyaconatus  dispensât  us  et  ad  contrahendum 
malrimonium  cum  dicta  Margarela  auctoritate  apostolica  admissus,  cum  ab 
Urbe  rcverterelur.  in  vin  finem  vite  fecit.  Suboritur  ingens  rommotio  inler 
Jobannem  de  Avennis  primogenitum  et  Wilhelmum   filium  Wilhelmi    i>ampetri  10 
secundo  genitum  pro  dictis  comitatibus  Fiandrie  et  llannonie.  Mater  eral  pro 
Wilhelmo  quem  etiam  Flandrenses  tenebant  pro  suo  hereditario  comité. 
Pro  parte  Johannis  erant  amici   omnes  et  Hannonienses  eum  habebant  pro 
domino.   Hinc  lis  et  discordia  ac  fomes  odii.  Verumlamen  Margarela  comi- 
latum  nomine  et  actu  gubernabat  ne  filium  suum  Jobannem  exheredilare  ts 
viderctur.  Johannes  autem  amicorum  suorum  consilio  matrem  quoad  viveret 
in  régi  mi  ne  sustinuit 
Cart.  S.  Lamb.,       Sabbato  post  dominicam   Lelare  anno  supradicto  XLIIII  [1245  n.  s.], 
preposilus,  decanus   tolumque  capilulum  ccclesie   Leodiensis  direxerunt  ad 
impcralorem    Fredericum    Miteras    continentes    :    Qualitcr    Johanna    predicta  20 
comilissa    comilatum    suum     llannonie    in    feudum    relevasset    ab    ecclesia 
Leodiensi,    filius   quoque  simililer  Tlieodcricus   jam    pridem  defunelus.    Et 
quum  ipsa  Johanna  sine  liberis  decessit,  Margareta  ejus  soror  in  dictum 
comitatum   sese   intrusit   contra  consuetudinem   imperii,   rogantes  ut  desuper 
ecclesie  juribus  subvenire  velit.  25 

Anno  Domini  XII'XLV,  deposilo  Frederico  imperatore  ab  imperio, 
substiluilur  in  regem  Alemannorum  Henrieus  lantgravius  i  iniringie  (1).  Quo  in 
regem  coronato.  statuitur  apud  Franefordiain  diela  solemnis  pro  statu  regni 
et  ecclesiarum  Alemannie  reconciliando.  (Jbi  presentibus  regni  primatibus, 
per  sententiam  dilïinitivam  deeretum  est  quod  pir  litteras  dicli  régis  hac  00 
série  scriplas  deeretum  est  :  Henrieus  Dei  gralia  Khomanorum  rex  et  semper 

(*)  Henri  Raspon,  landgrave  de  Thuringe,  surnommé  le  Roi  des  Prêtres,  mort  en  1247. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  49 

augustus.  In  solemni  curia  nostra  apud  Franckenfordt  nuper  celebrata,  per 
coneordem  omnium  principum  et  aliorum  nobilium  qui  aderant  coram  mea 
serenitate,  fuit  per  sententiam  ditïiiiituin  quod  si  aliquis  sine  liberis  deeesseret 
feudum  tenons  ab  ecdesia,  libère  ad  ecelesiam  eadem  feuda  revertantur. 
5  |);iium  in  solemni  euria  nostra  apud  Franckfordt,  idus  augusli,  indictione  LUI, 
anno  dominice  incarnationis  quadragesimo  quinto. 

Eodem  anno,  celebratum  est  apud  Lugdunum  générale  concilium  per  papam 
Inuocentium    IIII    in    ecclesia    beati    Johannis,    eonvocatis   circiter    ducentis 
archiepiscopis  et  episcopis,  plurimis  quoque  abbatibus  et  aliis   ecclesiarum 
10  prelatis.    Interfuit   et    nostir   episcopus    Robertus.    Qui    etiam    a    concilio    chr.  de  1402, 
regressus  pro  bono  pacis  obtinuit  a  Walerano  comité   Luceburgensi   pontem  169- 

Leffie,  terram  quoque  secus  ripam  Mose  inferiorem  usque  ad  rupem  pertran- 
seuntem  in  occursum  Bovinie,  etiam  quicquid  habebat  juris  in  Dyonanto  ('). 

Eodem  tempore,  in  festo  beali  Calixti,  reedificatum  est  cenobium  Roberti 
15  Montis,  ...  abbatissa  Béatrice  ab  Huffalieze... 

Eo  etiam  tempore.  Halduinus  imperator  Constantinopolitanus  impignoravit 
régi  Francie  sancto  Ludovico  eastrum  Namurci  [pro]  quinquaginta  milibus 
librarum  Parhisiensium,  at  pauco  interlapso  tempore,  restituta  est  pecunia. 

Cum   autem   Robertus   episcopus   in  magna  securitatis...   sepulturam  ele-  g  d'0.,  128, *-io. 
20  gerat... 

Additions  de  Jean  de  Brusthem  au  texte  d'Hocsem. 

I.  Siège  de  Parme  par  Frédéric  II,  4254. 

Anno  Domini  XI1CLI,  Fredericus  imperator,  non  modo  ira  effrenis  verumlamen       Hocsem, 
et   crudelilale   immanis,    cum    civitatem    Parmam    sibi    magis   exosam    fortiter  éd-  Kurth'  p> 
25  obsideret . . . 

II.  Paix  entre  les  échevins  et  le  chapitre,  12S2. 

Hinc  electus  et  clerus...    recesserunt  bona  sua  secum   et   lliesauros  ecclesie     Hocsem,  14. 
déportantes.  Verumtamen  pax  per  Oltonem  (2),  fratrem  clecti.  reformata  fuit,  Cf.J.d'0.,V,309. 

(«)  Cf.  CarllUaire  de  Saint- Lambert,  I,  499. 
30       {*)  Otton  III,  comte  de  Gueldre,  1229-1271. 

Tome  II.  7 


50  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

mensis  novembris  die  xvnia,  lali  pacto  quod  scabini  canonicis  non  injuriarentur 
nec  de  eis  vel  eorum  familiis  judicarent. 

III.  Élection  d'Henri  de  Dinant,  4254. 

Hocsem,  21.         Et  sic  evenit  ut...  a  non  suis  lerminis  excedantur.  Fuerunl  ergo  primi  magistri 

Cf  J  d'O   V  310 

"  civium   Lcodiensium  prediclus  Henricus  de  Dyonanto  et  Johannes  Grimeal,  5 

ambo  nobiles  (1). 

IV.  Proscription  d'Henri  de  Dinant,   4255. 

Hocsem,  27.         At  ibidem  scabini  pro  tribunali  sedenles,  Henricum  de  Dyonanto,  Arnoldum 
.  .     .,  ,330.  Hioçkjç^  Gerardum  Beafyer  usque  ad  xn  tanquam  edium  effractores,  latrones, 

incendiarios  pacisque  turbatores  proscripserunt.  <° 

V.  Retour  de  l'écêque,  1255. 

Hocsem,  30.         Quinto   kalendas   novembris,    electus  ad   civitatem   revertitur  cum  canonicis, 
militibus  et  scabinis,  cui  Leodienses  promiserunt  ni51  librarum  grossi  solvere. 

VI.  Retour  et  mine  en  fuite  d'Henri  de  Dinant,  1255. 

Hocsem, 33.         Scabini    preparaverunt  se  ut   eos   appréhendèrent  sed   non   potuerunt.  15 
Cf. J. d'O., v, 33'J.  Xreuge  procurantur  per  decanum  et  canonicos.  Media  nocte  dum  putarent  ex 
domo  Helquest  securi  exire,  Hadulphus  de  Prato  exurgens  invasit  eos  omnesque 
cepit  vel  occidit,  dempto  Henrico  de  Dyonanto,  qui  versus  INamurcum  fugit. 

VII.  —  Siège  du  château  de  Namur,  1258. 

Hocsem, 35.         Anno  eodem,  scilicet  XlIcLVII!,...  cornes  Lutzeburgensis  (2)  comitatum  a  20 
Cf.J.d'0.,V,346.  Comite  Hannonie  in  feudum  relevavit.  Anno  namque  LVI,  imperatrix  Constan- 

(«)  Ces  données,  empruntées  à  Jrnn  d'Outremeuse,  sont  fabuleuses.  La  cité  de  Liège  avec  ses 
maîtres  existait  avant  l'époque  d'Henri  de  Dinant.  Le  nom  de  Jean  Grimeal  est  probablement  inventé 
par  J.  d'Outremeuse.  Voir  G.  Kirth,  La  cité  de  Liège,  t.  I,  p.  188. 

(*)  Henri  III,  comte  de  Luxembourg,  1226-1274.  25 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  S\ 

tinopolitana  (J),  Namurci  residens,  burgenses  nitebatur  aggravare,  propter  quod 
clam  cornes  Lutzeburgensis  demandatur  ut  maternam  hereditatem  (2)  veniat 
accepturus.  Qui  gaudio  repletus  illic  militiam  dirigit,  quam  Namurcenses  circa 
mediam  noclem  Nativitatis  dominice  intromiltunt.  Ab  his  castrum  in  crastino 
s  obsidelur,  sed  ipso  ab  inlus  bene  munito,  in  biennium  obsidio  protrahitur. 
Clinique  dominus  Franco  de  Weezmale  (3)... 

VIII.  Siège  de  Malines,  1267. 

Anno  XllcLXVII,   cum   ducis   Brabantini   auxilio   Mechlinienses  rebellarent     Hocsem,43. 
episcopo,  idem  in  festo  Sancti  Dyonisii,  advocatis  in  auxilium  Ottone  fratre  Cf.J.d'0.,v,372. 

10  suo,  comité  Gelrie  et  sororio  suo  comité  Juliacensi  (4),  Monlensi  quoque  (5), 
Lossensi  (6)  ac  de  Nassouwe  comitibus  ac  multis  Hasbanorum  nobilibus,  cum 
exercitu  scilicet  lxm,  qui  inlrantes  Brabantiam  destruxerunt  quidquid  in  via 
invenerunt,  Landen  scilicet,  Hanutum,  Thenis,  Vilvordiam  etc.  Postea 
obsederunt  Mechliniam  xx  diebus  strenue  impugnanles,  sed  pre  viclualiura 

15  indigentia,  cum  esset  circa  principium  hyemis,  imperfecto  negotio  redierunt. 
Sicque  remansit  Mechlinia  usque  ad  tempora  domini  Theobaldi  de  Baris 
episcopi.  Cum  autem  Henricus  episcopus  ab  obsidione  reverteretur... 

IX.  Désordres  d'Henri  de  Gueldre,  4271 . 

Episcopus  Henricus,  cum  minium  carnis  luxui  deditus  esset,  inter  cetera  Chr.Tungr.dans 

20  insolentie  sue  facinora,  filiam  Conrardi  dicti  Le  Frison  violavit.  Hic  Conrardus    Chapeav.,298. 

Cf.  J.  dO., 
erat  de  prosapia  dominorum  de  Prato  et  Juppilia,  qui  et  eorumdem  insignia      V,  382-383. 

(4j  Marie  de   Brienne,  épouse  de  Baudouin  II  de  Constantinople,  empereur  depuis  1227,  comte 
de  Namur  depuis  1257;  Baudouin  fut  chassé  de  Constantinople  par  les  Grecs  en  1261  et  mourut 
en  1273  en  Italie. 
25       C1)  Henri  de   Luxembourg  était  fils  de  Waleran,  comte   de  Luxembourg  et  duc  de  Limbourg 
et  d'Ermesinde,  fille  de  Henri  l'Aveugle. 

(')   Francon  dit  le  Bâtard  de  Wesemael,  qui  se  couvrit  de  gloire  à  la  bataille  de  Woeringen  en 
défendant  le  iluc  Jean  I.  Cf.  Gansbof,  Les  Ministérielles,  p.  9i. 

{*/  Guillaume    IV,  comte   de   Juliers,    1218-1278,  avait   épousé    Marguerite   de    Gueldre,   sœur 
j0  de  l'élu. 

(5)  Adolphe  VII,  comte  de  Berg,  1289-1296. 

(e;  Arnould  IV,  comte  de  Looz,  1227-1273. 


52 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Ilocscm,  49. 


deferehat.  Unde  dicti  Dobiles  qui  ante  fuerant  episcopi  amici  fidelissimi,  facti 
sunt  ei  létales  inimici.  Oie  sequenti,  que  crat  xi  maii  anni  LXXI.  facta  est 
querela  in  capilulo.  Sed  dum  dominus  Theobaldus  (J)  predictus  episcopum 
charitative  commonerct  ac  reverenter  increparet,  episcopus  ipsum  calce  ad 
pectus  percussit.  Quare  dicti  nobiles  de  Prato  episcopum  invadere  et» 
occidere  volucrunt,  Theobaldo  archidyacono  hoc  impediente.  Qui  cum  ad 
apostolice  Sedis  fastigium  promotus  esset,  destinavit  Henrico  episcopo 
epistolam  pulcherrimam  monitioncs  evangelicas  contincntcm.  Cujus  tenor 
sequitur  :  Débet  unusquisque...  Ex  hac  îtaque  paterne  informalionis 
medicina  salvifica  non  est  infelix  egrotus  mutatus  in  melius,  sed  velut  io 
lytargiam  patiens  unde  mel  sugerc  debuerat,  doctrine  vencnum  hausit  furoris 
et  impatientie.  ftam  chartam  hanc  apostolice  et  evangelice  eruditionis 
plenam  remisit  ad  capitulum,  comminando  de  reditu  suo  et  de  vindicte  in  brevi 
sumenda. 


Velustusscriptor 

dans 
Chapeay.,  299; 
Zantfliet,  114. 


X.  Déposition  d'Henri  de  Gueldre,  4274. 

De  quo  dictum  est  : 

Qui  fuit  ante  cornes,  dux  marchio,  simul  et  abbas, 
De  thalamo  pape  tantummodo  presbiter  exit. 

XI.  Mort  d'Henri  de  Gueldre,   1286. 


llocsein, 73.  Hic    post   depositionein    xn    vixit   aunis,   quihus   succcssoribus   suis    plures  îo 

Cf.J.d'0.)V,400.  „10](.S(jas  intuiit.  Tandem  dominus  l'heodericus  de  Prato  miles,  juxla  Kran- 
chiiiiont,  eum  inlerfeeil.  Oui  morluus  reduclus  esl  in  Kuremundam.  sepullus 
in  ecclesia  m:ijori  in  scpulcliris  patrum  suorum. 

XII.  Règlement  des  monnaies  sous  Louis  IX,  12S0. 

Circa   annum    itoniini   X1ICL,   tempore  Sancli   Ludovici   régis  Francie,  25 
celebrata    fuit    cerla    convenlio    super    ordiuatione    monctarum    in   civitate 


(ij  Thibaut  Visconti,  archidiacre  d'Ardcnne,  cité  comme  tel  en  I2S2,  I2B9,  1209;  élu  pape  en  1271, 
Il  prit  le  nom  de  Grégoire  X. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  5.3 

Parisiensi,  in  qua  companicrunt  dcputati  multorum  prineipum  tam  cilramon- 
tanorum  quam  ultramontanorum.  Et  ibidem  sequendo  vcstigia  precedentium 
et  posteris  providere  volentes,  conclusum  fuit  deberi  capi  unam  marcham 
argenti  regii  et  ponderis  Trecensis.  quod  conlinet  ad  veram  probam  xi  denarios 

s  obuli  fini,  et  illam  marcham  dividi  in  lxiiii  partes  equales  faeiendo  tôt  grossos 
veteres.  Et  unus  grossus  velus  fuit  et  est  ac  esse  débet  u  cum  dimidio  esterling 
vel  septuagesima  quarta  pars  uni  us  marche  argenti  re^ii  et  ponderis  Trecensis. 
Statim  vero  sequendo  hoc  fundamentuin,  feeit  idem  rex  sanctus  cudi  in  regno 
suo  Francie  grossum  veterem  vel  I  huronensem,  qui  idem  sunt  Angli  staterum, 

10  Itali  querlinum,  Âlemanni  inferiores  denarium  dictum.  Colonienses  etc.  Volentes 
autem  dicti  principes  providere  in  moneta  aurea  secundum  valorem  et  concor- 
dantiam  predicte  monete  argentée,  dictus  rex  feeit  cudi  denarium  aureum 
dictum  regale  in  pondère  n  cum  dimidio  esterling  auri  quasi  puri,  quorum  lxiiii, 
prout  dictum   est   de  grosso  veteri,   faciunt  unain  marcham  auri  ponderis 

15  Trecensis.  et  ille  denarius  reputatur  tanquam  solidus  grossorum  veterum,  quia 
grossi  veteres  faciunt  et  valent  regale  predictum. 

XIII.  Guerre  dite  de  la  Vache,  1275  (1). 

Anno  Domini  XIFLXXV,  commissa  sunt  circa  Andenam  hastiludia  ad  que      cf  J.  d'O. 
comparuerunt    plures   nobiles,   comités   et    milites.    Advenit  aulem    quidam     '       fl 

20  adducens  vaccam  ibidem,  quam  videns  Rigaldus  de  Corbion.  civis  Cennacensis,        114-115. 
dixit  domino  Johanni  Halois,  balivo  Condrosii.  vaccam  hanc  ante  dies  quatuor 
furto  fuisse  ablatam.   Quare  balivus  cognoscens  ab  institore,  secrète  tamen, 
vaccam,  ut  premissum  est.  furto  abductam.  feeit  eam  reduci  ad  Cennacum. 
Putavit  aulem  is  qui  eam  duxit  nihil  se  inde  mali  passurum,  quod  tamen  secus 

55  evenit.  Nam  tanquam  fur  notorius  patibulo  appensus  fuit.  Eaque  occasione 
multa  mala  subsequuta  sunt.  Cum  enim  progenies  castri  de  Belloforti  fidelis 
semper  episcopo  et  episcopatui  favorabilis  extitisset,  audito  nunc  dominus 
Johannes  de  Gonnes,  cujus  fratres  erant  Raso  dominus  de  Belloforti  et 
Richardus  dominus  de  Fallaize.  quomodo  unus  de  suis  servitoribus  suspensus 

S0  (')  Sur  l'origine  réelle  de  cette  guerre,  voir  E.  Poncelet,  La  guerre  dite  de  la  vache  de  Ciney, 
B.  C.  R.  H.,  5«  sér.,  t.  III,  pp.  278-59B. 


M  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

Hocsem, 89.  esset,  discordia  gravis  exoritur.  Nam  tribus  prediclis  fratribus...  sua  castra 
receperunt  in  beneficium  a  comité  Namurcensi  (i),  vero  suo  domino  beato 
martyre  Lamberto  relicto. 

Anno  liomini  XIICLXXVI,  die  m  februarii,  discedentibus  Leodiensibus 
et  Hasbaniensibus,  ut  dictum  est.  ab  obsidione  castri  de  Fallaiz,  venit  Johannes  s 
Brabantie  dux  (*)  cum  cxercitu  xnM  arniatornm  ad  dicti  castri  tuitioncm. 
Verum  nobiles  de  Pralo  cum  Hasbaniensibus  de  IWomalia,  Hcmmcrcourt, 
Hanncff  et  Waroux  Brabanlinis  viriliter  restilerunt.  Nain  Brabuntinorum  cesi 
sunt  xxx  milites,  inter  quos  et  Henricus  filius  ducis  interiit.  De  rcliquis  autem 
circiter  viMimc  cecidisse  feruntur.  Hasbanorum  autem  tantummodo  cenlum  10 
et  quinque  sunt  occisi. 

Hocsem, 60.  Eodem  anno,  un  martii,  cornes  Namurcensis,  hortatu...  se  parât  ad  terre 
Cf.J.d'O  ,V,413.  Leodiensis  exitium.  At  dominus  Buchardus  prepositus  l.eodicnsis  (s)  et 
mamburnus  patrie,  adjunctis  sibi  Hasbaniis,  terrain  Brabantie  ingressus,  omnia 
usque  Thenis  flammis  absumpsit,  xxi  maii.  Cornes  vero  Lutzelburgensis,  qui  is 
veneral  in  auxilium...  castium  cum  villa  destruxit.  Non  tamen  Deus  ultionum 
dominus  hoc  très  fllios  diffidentie  jura  beati  Lamberti  usurpare  conantes 
impune  evadere  voluit.  Nam  comitem  Lutzelburgensem  in  curia  régis 
Alemannie  ferunt  capilalem  subisse  sentenliam  (4).  Dux  Brabantie  ictu  lancée 
occubuit  (5,).  Cornes  vero  Flandrie  in  custodia  régis  Francie  miserabiliter  20 
obiit  (6).  De  incendio  Cennaci  sunt  versus  cum  data  annorum  : 

J.  de  w.  dans  Ursmari  f'esto  gens  Cennaci  memor  esto 

"'      '  Anno  milleno  bis  centum  septuageno 

Sex  quoque  portasti  mala,  nam  succensa  fuisti. 

(«)  Gui  de  Dampierre,  fils  de  Marguerite  de  Flandre,  avait  en   1263  acheté  les  droits  de  Marie  05 
de  Brienne  au  marquisat  de  Namur.  Il  succéda  à  sa  mère  dans  le  comté  de  Flandre  en  1278. 

(*)  Jean  I",  duc  de  Brabant,  1207-1294. 

(*)   Erreur  de  J.  d'Outrenicuse  :   Le  prévôt  était  à  cette  date  Jean  de  Condé  (1243-1280).  Son 
successeur  fut  Bouchard  d'Avesnes  (1283  1288).  Cf.  L.  Làhaye,  Les  paroisses  de  Liège,  p.  71. 

{*)  Inexact  :  Henri  IV,  comte  de  Luxembourg,  127S-1288,  périt  à  la  bataille  de  Woerbgen  sur  50 
le  Rhin,  le  5  juin  1288.  On  ne  retrouva  pas  son  cadavre. 

(")  Jean  l*r  périt  en  effet  dans  un  tournoi  en  Angleterre,  le  3  mai  129-1. 

(')  Gui  de  Dampierre  mourut  le  7  mars  1303  dans  la  prison  de  Pontoise,  où  Philippe  le  Bel  l'avait 
enfermé. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM. 


55 


Mense  sequenti,  quinto  idus  maii,  marescalcus...  Demum  in  Francorum  regem 
Philippum  compromittitur,  qui  xu  septembris  sic  partes  arbitrio  concordavit 
ut,  sopito  negolio  vacce  etc.,  domini  de  Belloforti,  Fallaiz  et  Gonne  sua  allodia 
ut  prius  ab  episcopo  relevarent. 

s      XIV.  Grisellus,  chantre  de  Saint- Lambert,  1279-1280  (1). 

Anno  XIIcLXXlX,  dominus  Grisellus,  cantor  ecclesie  iSancti-Lamberli,  fieri 
fecit  vilream  fenestram  in  ecclesia  Leodiensi  rolundam  versus  palatium.  Et 
eodem  anno  reedifleatus  est  pons  lapideus  Trajecti,  quem  dominus  Henricus 
de  Monleforti   sive   de   Gelria,   olim  episcopus,   destruxerat.   Anno  Domini 

10  XIICLXXX,  prediclus  dominus  Grisellus  cantor  in  curie  sua  de  Motta  in  Avroto, 
edificavit  prioratum  \\  ilhclmitarum.  In  quo  quidem  loco  ipse  ordinaverat  de 
redditibus  sufficienler  assignalis  sustentari  debere  octo  sacerdotes  senes  et 
impotentes  qui  propler  debilitatem  suis  forte  non  possent  nutriri  prebendis, 
quos  tamen  ob  honorem  sacerdotii  non  deceret  mendicare.  Quibus  et  hanc 

15  prefixit  legem  quod  si  futuris  temporibus  irregulariter  et  dissolute  viverent, 
capitulum  Leodiense,  auloritate  accepta,  eos  amoveret  et  ut  indignos  et  ingratos 
privaret,  aliosque  religiosos  de  quacumque  régula  approbata  illuc  introdueeret. 
Quod  sic  postea  factum  est,  et  introducti  sunt  ibi  fratres  ordinis  Wilhelmitarum 
subrogati  de  alio  ejusdem  ordinis  monasterio  dicto  de  Biernhafay  (2)  in  Ardenna. 

20  et  hoc  tempore  domini  Johannis  de  Flandria  episcopi,  hujus  successoris. 

XV.  Mort  de  Jean  d'Enghien,  1281. 

Anno  Domini  XIILXXXI,  cura  Henricus  de  Monteforti...    crederet  se  esse 

securum,  per  satellites  sepedicti  domini  Henrici  et  domini  Arnoldi  (3)  comitis 

Lossensis  nocte  capitur.  Propter  quod  tota  Leodiensis  patria  comitem  ipsum 

23  diu  post  exosum  habuit,  privans  eum  episcopalus  mamburnio  quo,  vacante 

sede,  fun^i  solebal.  Cum  igitur  episcopus  Johannes  super  sellam  strictam  in 


Hocsem,  62. 

Cf.  Chapeav., 
310,  note  3. 


Cfr.  Chapeav., 
310,  noie  6. 


Hocsem,  64. 
Chr.  de  1402, 

222. 


(*)  Gérard  Griseal  de  Bierset;  sur  ce  personnage  et  sur  la  fondation  du  couvent  des  Guillemins. 
voir  Th.  Gobebt,  Liège  à  travers  les  âges,  III,  pp.  209-210. 

(*)  Sur  le  couvent  de  Bernardfagne,  voir  Éd.  Pdncelet,  Le  Monastère  de  Bernardfagne  dit  de  Saint- 
30  Roch,  dans  Bulletin  db  la  Société  d'art  et  d'histoire  du  diocèse  de  Liège,  XIII,  pp.  1  -13-298. 
(*)  Arnould  V,  comte  de  Looz,  1279-1323. 


m  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

caballo  a  quattuor  militibus  posilus  festinanter  abducerelur  essctque  vir  pinguis 
et  oorpubntus  angustia  selle  et  suocussoris  ineonsueta  ventilatione  deficiens 
semivivus.  ymmo  quasi  mordais  projicitur  et  in  semila  secus  fossata  juxta  portam 
monasterii  de  Helechinis  (J)  tanquam  cadaver  vile  relinqui tur.  Diluculo  dum 
adhuc  palpitaret  essetque  parva  tuniea  alba  indutus  usque  ad  genua,  a  quadam  5 
meretrice  inventus  est.  Et  seiscilante  ea  quisnam  esset,  cxili  et  moribunda  voce 
respondit  se  esse  episcopum  Leodiensem.  Tune  illa  caput  ejus  in  gremio  suo 
Hocsem, 64-65.  reclinavit  et  mox  pontifex  spiritum  dédit,  anno  Domini  XIFLXXXI,  ipso  die 
beati  ttarlholomei  apostoli.  Et  quia  libertates  ecclesiarum...  anle  majus  altare 
secum  pariter  tumulala,  anno  XIII'JI.  ,f) 

XVI.  Transfert  des  religieuses  à  Saint- Quirin,   1285  (2). 

J.  de  Warnant,        Eodem  anno  XIICLXXXV,  religiose   mulieres,  scilicet   priorissa  et  convenais 

22g.  "      Sancti-Martini   in  Rollion  ordinis  sancte  Marie  Magdalene,  ex  illo  loco  qui  erat 

ci-dessus,  1. 1,    u]tra  Mosam  ex  opposilo  ville  de  Daules  in  terra  Namurcensi  a  latere  quo  itur 

p.  00. 

Boviniam  translate  sunt  ad  locum  qui  Sanclus-Quirinus  nuncupatur  in  suburbio  15 
Huyensi,  ubi  prius  fuerat  parvum  bospitale. 

XVII.  Transfert  à  Huy  du  corps  de  sainte  Odile,  1285. 

Chapeav.,  Eodem  anno,  transfertur  corpus  Sancte  Odilie...  choruscans  miraculis  venera- 

31S-316. 
Transi. s. Odilie,  Hone  digna  honoratur. 
dans 

Anal. Bon., m,       xvm    Prise  rfg  Saint- Jean  d'Acre  par  les  Turcs,  129'!.  se 

Hocsem,  83.  Eodem  anno,  Acon  civitas...  in  favillam  redigitur,  occisis  in  ea  christianis 
nobilibus  propugnatoribus  ad  numerum  xvM,  excepto  reliquo  vulgo  de  quo 
major  pars  necatur.  Simililer  et  urbs  Tripolis  diruta  et  in  ea  xxxM  christianorum 
oceisa.  Eodem  etiam  anno,  ab  eisdem  capitur  urbs  Damieta. 

XIX.  Mort  de  Jean  de  Flandre,  1292.  2s 

Hocsem,  83.         Eodem   anno,  in  die  Calixti,...  in  Flandria  deportatum   cum  suis  patribus 
Chapeav., 322,    tumulatum  est.  Vacavitque  sedes  episcopalis  post  mortem  domini  Johannis 

(*)  Heylissem. 

(*)  Cf.  R.  Dubois,  Les  rues  de  Huy,  p.  206. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  57 

cpiscopi  annis  IIII.  Sub  quo  inlcrmcdio  tempore,  cum  apud  Trajectum  chorea 
duceretur,  ncc  sacerdoti  sacram  Fucharisliam  deferenti  debitum  bonorem 
exbiberent,  subito  ponte  lignco  in  quo  erant  fraclo,  circiter  uc  in  Mose 
flumine  demcrsi  perierunt. 

5      XX.   t'reclion  en  colléyiale  de  l'église  de  Sittard,   4299. 

Circa  annum   Domini  X1I(,XCIX  ",    ad   instantiam  domini   Walerani   de    Ernst,  VI,  43, 
i\!onljoie  et  Valkenhurgh  ('),  dominus  Hugo  de  (abilone  ecclesiam  parocbialem        JU" 
de  Zittaert  erexil  in   collcgiatam,  incorponmdo   ei  cerlas  eeclesias  de  jure 
palronatus  dominii  de  Valkenburch,  ut  ex  litleris  palet  erectionis  hujusmodi. 

10      XXI.  Cession  de  droits  sur  Matines,  J500. 

Ab   hoc   epi^copo   Hugone  Johannes    II   dux   Brabantie    (2)    collalionem 
quamdam   obtinuit  non  sine  gravi  dispendio   Leodiensis  ecclesie    et  patrie, 
tenoris  sequcnlis,  prout  habetur  in  thesauria  et  regislro  ducatus  Brabantie  :  Wauters,  Table, 
Universis  présentes  litteras...   Ex  tune  idem  dux  Johannes  et  predietus    Mir.  On.  dipi 
15  Johannes    Berthout    anno    primo    proxime    sequenli    concesserunt    oppido  „    I'?12.„„„ 

r  '  ^  rr         22  octobre  1300. 

Mechliniensi   forum  salis,  piscium  et  avene.  sub  litleris  corumdem  de  data  ,,,    ,      ^  .. 

r  Wauters,  Table, 

anni  millesimi  IIICI,  ipso  die  béate   Lucie   virginis    Deinde  anno  XIIICIII,        VIII,  23. 

propter  cerlos  excessus  Mechliniensium.  predicti  principes  Johannes  dux  et 

Johannes  Berthout  oppidum  ipsum  obsidione  vallarunt,  eoque  expugnato,  in 

20  certis  locis  portas  cum  mûris  destruxerunt,  ut  in  dicto  continetur  registre 

XXII.   Accord  touchant  Maestricht,  1291 . 

His   temporibus,   cum  dux  Brabantie  Johannes  II  in   prejudicium  episcopi  j.  iieW.  dans 
beatique  Lamberti  totum  Trajectensis  oppidi  dominium  suo  juri   retineret  et     11^330.331 

dominus  Hugo  episcopus  super  hoc  injuriam  sibi  et  ecclesie  fieri  i psi  duci  chr.  de  1402, 
25  ac  patribus  patrie  proponeret,  de  utriusque  partis  assensu  compromissum 

«  XIICXCVII  :  cod. 

C,i  Waleran  II,  seigneur  de  Fauquemont,  1268-1502. 
(*)  Jean  II,  duc  de  Brabant,  1294-1312. 

Tome  II.  § 


237. 


58  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

est  in  arbilros  qui  bujusmodi  in  causa  talem  protulere  sententiam.  Ut 
scilicet  totum  domininm  Trajecli  et  Wyck  cum  eorum  snburbiis  sint  in  ditione 
ducis,  duabus  tamen  parochiis  tam  in  spiritualibus  quam  in  temporalibus  exceptis, 
videlicet  béate  Marie,  ubi  olini  sedes  episcopalis  ab  ccclesia  beati  Scrvatii  ad 
lempus  fertur  fuisse  transposita,  necnon  Sancli  Pétri  existentis  in  suburbio  s 
Trajecli,  que  parocbia  cum  suo  dominio  bereditarium  extat  allodium  beati 
Lamberti,  cujus  mater  Herisplindis  lilia  fuit  bigolai  domini  temporalisquondam 
Sancli  Pelri.  Item  quod  omnis  alienigena,  id  est  non  progenilus  in  episcopalu 
Leodiensi,  in  quoeumque  loco  dicli  oppidi  Trajeclensis  maneat,  ejus  si 
forefecerit  correctio  ad  ducem  pertineat.  Omnis  vero  in  episcopalu  natus,  10 
ubicumque  in  dicto  oppido  sive  Wyck  niorelur,  ejus  correctio  pertineat 
episcopo.  Mulier  autem  in  episcopalu  progenita,  si  viro  nupserit  extraneo, 
ubicumque  moram  traxerit  sive  Trajecli,  sive  in  Wyck,  semper  erit  cum 
suis  liberis  sub  correctione  episcopi;  vir  autem  ejus  sub  correclione  ducis.  Et 
simililer  mulier  alienigena,  si  con traxerit  cum  viro  in  episcopalu  progenito,  15 
erit  cum  suis  liberis,  ubicumque  moretur,  sub  correclione  ducis;  vir  autem 
Hocsem,  93.  episcopi  correclioni  subjacebil.  itaque  conclusum  fuit  ut  locus  antique 
civitatis  juris  esset  episcopi,  boc  tamen  inlerposito  quod  omnes  loci  incole 
cum  suis  familiis  capitalem  censum  persolvant  bealo  Petro  Lovaniensi.  Cetera 
vero  ultra  velerem  civitatem  ampliala  ad  ducis  dominium  perlineanl.  Perso 
quod  arbitrium  ecclesia  enormiter  lésa  fuit.  Sed  et  temporc  illo  quo  Guido 
Hannonius  electus  episcopus  ad  urbem  pro  suis  profeclus  expediendis  negotiis, 
orto  in  oppido  Trajecti  inter  cives  dissidio,  quidam  bealo  Lamberto  et  ecclesie 
fidèles  asserebant  se  ab  exactoribus  ducis  nimium  molestari  et  contra  ecclesie 
jura  graviter  opprimi,  aliis  e  contra  ducis  consuetudines  defendentibus.  2a 
Ulrinque  igitur  ad  arma  congressum  est.  Sed  quia  ducis  pars  longe  fortior  erat. 
his  qui  pro  parte  crant  ecclesie.  pluies  ex  parte  episcopi  trucidantur,  aliis  aut 
captis  seu  graviter  sauciatis  vel  ab  oppido  fugientibus.  Quorum  etiam  bona 
dirimuntur,  domus  irrupte  spolianlur.  relique  tandem  in  deditionem  coartantur, 
homagium  facientes  duci  et  beato  Petro  Lovaniensi,  relicto  bealo  Lamberto  30 
legittimo  cjusdem  oppidi  herede  et  domino.  Et  ut  nonnulla  que.  superius  de 
Trajecto  scripta  sunt  repetamus.  constat  Porctem  comitem  oppidi  cjusdem 
bealum  Servalium  conslituisse  heredem.  Et  tempore  Sulpitii  episcopi,  Bodonem 
quemdam,  qui  sibi  dominium  dicti  oppidi  usurpare  nitebatur,  jussu  Lotharii 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  59 

Francorum   régis  fuisse  peremptum,   ipsumque   Lotharium   cxtunc   ccclesie 

factum  fuisse  defensorem.  Cirea  annum  Domini  IXCVH,  l.udovicus  rex,  filius  Wauiers,  Table, 

I  3''4- 
Arnulphi    imperatoris,    confirmando    quasdam    donaliones    Karoli    simplicis  Chape'av"  1^267: 

Francorum  régis  et  ducis  Lotharingie,  dédit  et  ipse  domino  Stephano  Leodiensi    28ianv>er908. 

5  episcopo  theioneum  et  monelam  oppidi  i  rajeclensis.  Â  lempore  autem  Henrici  I  Wauiers,  Table, 

ducis  Brabanlie,  qui  jura  imperii  in  oj.pido  Trajectensi  obtinuit  a  Philippo    Mir.  ôp.di'pi., 

Romanorum  rege,  duees  Brabanlie  dictum  oppidum  sue  mancipaverunt  ditioni,     .-    '  7îjo0i 

cum  lamen  olim  civitas  esset  episcopalis  ab  imperatoribus  et  regibus  in  pura 

et  simplici  possessione  episeopis  donata.  a  summis   Pontificibus  conlirmata, 

io  licet  ab  ecclesia  jam  in  magna  parte  alienata. 

XXIII.  Bataille  de  Courtrai,  1302  ('). 

Mis  temporibus,  exorta  est  sanguinaria  simultas  inter  Philippum  II  II 
Francorum  rcgeni  (2),  cognomento  Pulchrum.  et  Flandrie  comitem  Guidonem, 
hac  scilicet  ex  causa.  JNam  cornes  filiam  habebat  nomine  Philippum,  predicli 

is  régis  ex  sacro  fonte  patrinam.  Hanc  dictus  cornes,  contra  régis  voluntatem, 
volebat  dare  filio  régis  Anglie  uxorem.  Ob  hoc  Francorum  rex  vehementer 
commotus  cum  maxima  multitudine  venil  ad  prelium  adversus  Flandrenses. 
Rex  autem  Anglie  Eduardus  I  (3)  occurrit  comiti  Guidoni  in  auxilium,  quo 
non  obstante,  cornes  cum  duobus  filiis  a  Francis  captivalur,  et  Flandria  régi 

îo  subjugatur.  lium  vero  rex  in  Flandriam  redire  disponeret.  Jaeobum  fratrem 
comitis  Sancti-Pauli  (4)  gubernatorem  Flandrie  constituit.  Qui   cum  nimis 
tyrannizando    populum    variis   exactionibus   opprimeret,   et  die  quadam  ad 
oppidum  Brugis  venisset,  populus,  seditione  commota,  portis  clausis  pontibusque     Hocsem,  105. 
effractis,  in  dictum  comitem  suosque  qui  cum  eo  vénérant  impetum  fecit, 

25  multique  nobiles  Irucidati  sunt,  comité  tamen  paucisque  cum  ipso  evadentibus. 
Quod  cum  régi  Francorum  nunciatum  fuisset,  vehementer  commotus,  congregalo 

(*)  Sur  cette  célèbre  bataille,  voir  V.  Fris,  dans  les  Annales  de  la  Société  d'histoire  et  d'archéologie 
de  Gand,   t.  V. 

(*)  Philippe  le  Bel,  roi  de  France,  128S-13H. 
30       (li   Edouard  I",  roi  d'Angleterre,  1272-1307. 

(4)  Jacques  de  Cliàtillon,  seigneur  de  Leuze  et  de  Condé,  frère  de  Gui,   comte   de   Saint -Pol, 
t  ^92- 1297,  qui  prit  la  fuite  à  la  bataille  de  Courtrai  après  avoir  vu  périr  ses  deux  frères. 


60  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

exereitn  gravissimo  ad  internctionem  Flandrensium  se  accinxit  ac  bel li  dueem 
Alrebalenscm  comitem  (')  prcfecit.  Frai  nobilis  Hugo  dominus  de  Frckcl  miles. 
vir  fortissimus  giganlie  stature,  qui  se  régis  scrvitio  ad  standum  cum  suis  in 
fronte  eonfiiclus  obtulit.  si  rex  ipsum  jusljs  stipendia  honorare  velît,  sed  a 
Francis  refutalus  ad  Flandrenses  se  translulit.  Commisso  igitur  prelio  apud  5 
Cortracum,  dominus  Hugo  prefatus  Francorum  irrumpens  cuneos.  vexillum 
régis  delraxit  et  ad  Flandrenses  reportavil.  Quo  gaudentes  et  animati  Flan- 
drenses, more  leonum  rugiunlcs  et  viriliter  decertantes.  tandem  Francos  bello 
vicerunt.  Ceciderunt  autem  in  lioc  prelio  apud  Cortracum  commisso  virorum 
illustrium  circiter  11"  prêter  alios  fere  innumeros.  Inter  quos  eesi  sunt  10 
reges  duo  Majoricc  (2)  el  Meiidie,  «lux  Lotbaringie  (3),  Godefridus,  cornes 
de  Virson  germanus  Jobannis  ducis  Brabantie  (4),  episcopus  liellovacensis  (5), 
Kobertus  cornes  Arthesie,  Jacobus  cornes  Sancti-Pauli,  Johanncs  filius  Jobanni. 
comitis  Hannonie  (6),  Ludovicus  cornes  (  larimoniis,  prineeps  Campanie, 
princeps  Norlfordie,  prineeps  Clarionis,  cornes  de  Baerne  cum  tribus  fralribns,  ih 
cornes  Bolonie  (7)  cum  fratre  suo  Godefrido,  dominus  Arnoldus  de  Echouen 
Cf.  De  Dynter,  cum  filio  Jobannc  (8).  dominus  Henricus  de  Wilre,  dominus  Gcldolphus  de 
II  4M.  '  Wynghen  (9),  dominus  Wilbelmus  de  Kedinghen,  domini  de  Cranen,  de 
Weezmale(' ").  de  Houtershem,  de  Walem  (41).  cum  aliis  plurimis  quos  longum 
esset  dinumerare.   Quotquot  autem  evade.re  poterant   non   retrospicientes  velut  2n 

(')  Robert,  comle  d'Artois,  1230-1502. 

(*)  Le  roi  de  Majorque  à  cette  époque  était  don  Jayme  qui  mourut  en  1514. 

(3)  Thibaut  II,  qui  devint  duc  de  Lorraine  en  1504,  fut  fait  prisonnier. 

(*)   Godefroid  de  Rrabant,  sire  d'Aerschot.  frère  du  duc  Jean  Ier  et  son  fils  Jean  de  Virson. 

(B;   Il  n'y  eut  pas  d'évèque  de  Beauvais  tué  à  Courtrai.  25 

(6)  Jean,  fils  de  Jean  d'Avesnes,  comte  de  Fjainaut,  en  1280-1501. 

C )  Robert  VI,  comte  d'Auvergne  et  de  Itoulogne,  se  distingua  à  la  bataille  de  Courtrai,  où  son  frère 
Godefroid  fut  tué,  mais  mourut  en  (514  seulement. 

(8j  Arnold  d'Eeckout  et  son  fils.  Cf.  Du  Dvnter,  t.  Il    p.  i-44. 

I8)  Gendolplius  de  Wyncghcm  et  Wilbelmus  de  Redingen  sont  aussi  mentionnés  par  De  Dynter.       30 
(,0)   Arnould  IV  de  Wezemael,  fils  de  Godefroid  de  Perek.  Cf.  Ganshof,  Les  Mimstcrialcs,  p.  98. 
('*)   Les  sires  de  Bautersem  et  de  Walhain.  de  Borjun,  I/emricourt,  1. 1,  p.  1  KO,  conteste,  avec  raison- 
que  ces  seigneurs  aient  succombé  à  Courtrai  en  1502,  ainsi  que  l'affirme  aussi  Dk  Dvnter,  t.  II,  p.  444. 
Cf.  Ganshof,  Les  Miiiisteriales,  pp    109  et  128. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  61 

lepores  effugerunt.  Tune  textor  quidam,  qui  Petrus  rex  (!)  dicebatur,  lanquam 
demagogus  gerebal  Flandrensis  populi  principalum.  Cui  propter  animositatem  et 
industriam  suam,  quamdam  de  reddilibus  eomitis  conlulerunt  partem,  atque  ipsum 
assumere  fecerunt  ordinem  militarem.  Actum  est  prelium  supradictum  «  die 
5  mensis  augusti  anno  Domini  XIIICII. 

XXIV.    .'.es  chaperons  blancs,   4502. 

Appropinquante  termino  octodecim  anuoruin  quo  debebat  gabella  seu  firmitas    Hocsem,  106. 
cerevisie  terminari,  scabini  et  nobiles  civilatis  qui  adhuc  gubernabanl  civilatem      C\i'ti'' 
eamque    tenebant    subjeelam,   considérantes  qualiter. ..   Adolescentes   enini   et 

10  pueros  polentiorum  totius  civitalis  instruxerunt  ut  in  signum  unanimitatis  unius 
coloris  capulia,  alba  sciliect,  déférentes  per  civilatem  ad  omnes  pergerent 
ministeriales  et  gabellam  super  omnia  venalia  ad  voluntatem  levarent,  asse- 
rentes  sibi  restare  adhuc  annos  IIII  cum  concessi  fuissent  octodecim  et 
X1III  duntaxat  annis  levassent.  Adolescentes  predicti  se  nominabanl  pueros 

15  deFrancia.  Hec  cum  doniinus  Jobannesde  Cambiis  decanus  et  capitulum  Leodiensis 
ecclesie  egre  ferrent,  majores  ad  capitulum  evocantes  monent  eos  ut  ab  hujusmodi 
désistant.  Simili  quoque  modo  increpabat  eos  prepositus  Leodiensis  dominus 
Arnoldus  de  Blanckenheym  (2)  super  delalione  alborum  caputiorum  et  impor- 
tuna exactione  bominum.  Qui  cum  desistere  non  curarent,  excommunicantur  et 
civitas  inlerdicto  supponitur.  Decanus  vero,  quamvis  de  majorum  esset  procrealus 
génère,  meebanicarum  gubernatores  artium  civitatis,  xn  scilicet  ministeriorum 
clam  ad  se  convocat,  per  quos  capitulum  se  plebi  confédéral,  ul  arma  accipientes 
suas  vendant  mercimonias  incitant  ac  se  muluo  fideliter  subventuros  spondent. 
Sicque  animati  mangones  armata  manu  carnes  suas  vendere  ceperuut.   In  die 

25  itaque  beali  Barlholomei,  venerunl  pueri  nobilium  ia  maceilum  albis,  ut 
premissum  est,  induti  eaputiis  et  a  mangone  quodam  vendente  carnes 
importune  nimis  exegerunt  pecuniam.  Ille  autem,  arrepto  ciiltro,  amputavit 
uni  pugium.  Videnles  hoc  alii  albi  caputiati  irruerunt  in  mangonem,  sed  aliis 
illi  subito  surgentibus  in  auxilium,  multi  bine  iude  graviter  mulilati  fuerunt. 

30  Quibus  rébus  dum  majores  animo  consternanlur,  unus  ex  nobilibus  magisler 

(<)   Pierre  de  Coninck,  Cf.  Piiienne,  Histoire  de  Belgique,  t.  I,  pp.  579-381. 
(*)  Arnould  de  Blankenheiru,  prévôt  de  Kiège,  de  1281»  à  1512. 


62 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Franco  de  Sancto-Servatio  suis  complicibus  persuade!  ut  désistant.  Sequenti 
die.  ad  capitulum  conveniunt,  desistere  spondent  ut  tamen  absolvantur. .. 
Peracta  sunl  liée  anno  Domini  XII1CII,  sede  vacante  per  mortem  hujus  domini 
Adulphi. 

XXV.  Expulsion  des  usuriers,   1302.  5 
Cf.  Chapeav.,        Modem  anno  in  septembri,  recepta  est  bulla  papalis  que  generaliter  continebat 

339,  note.        ,         ,       ,  .  .    .  ....  ,    , 

Sexti  Décret.,    kumbardos   et    usuranos    extra    civilalem   ejiciendos,   que   habetur  capitulo 

lib.  VI,  tit.  v,    Usurarum  vo-raginem,  libro  v  "  et  est  Gregorii  X  in  concilio  Lugdunensi  in 
cap.  I.  ° 

qua  inter  cetera  scribitur  :   Hac  generali  constilulio-ne  sancimus  ut  nec 

collegium  nec  alia  universitas  vel  singularis  persona  cujuscumque  sit  io 

dignitatis,  conditionis  aut  status,  alienigenas  et  alios  non  oriundos  de 

terris  ipsorum  b  publiée  fenebrem  pecuniam  exercentes,  aut  exercere 

volentes,  ad  hoc  domos  in  terris  suis  conducere,  vel  conductas  habere, 

aut   alias   habitare    permittanl;    sed    hujusmodi    usurarios    manifestos 

omues    intra    très  menses  de   terris  suis   expellant,    nunquam   aliquos  15 

Hocsem,  108     taies  de  cetero  admissuri,  etc.  Quare  Adulphus  episcopus  Lumbardos  quos 

scabini    Leodienses  lucri   gratia  confovebanl  armatus   non  clypeo   vel  galea   sed 

pontilicali  thyara  et  baculo  pastorali,  fractis  domorum  suarum  foribus,  a  civitate 

penitus  extirpavit. 

XXVI.  Destruction  du  château  de  Mirwart,   1302.  -20 

Hocsem,  339.         Hoc  tempore,  custodes  castri  de  Mirwart...  Adulphus  castrum  ipsum  funditus 

,  '•  deVL,,  diruit  terramque  castro  subjectam  suo  dominio  subitigavit,  quia  prius  recuperata 
dans  ms.  9841,  ^  J  .  .       . 

ci-dessus,  1. 1,  erat  bonis  ecclesie,  tempore  Guidonis  electi,  et  ipse  ea  in  lite  consumpsit. 
p.  56. 

XXVII.  Mort  d'Adolphe  de  Waldeck,   1302. 

Chr.de  1402,        Cum  autem  esset  dominus  Adulphus  episcopus  in  domo  scholastici  Sancti  îs 

,   .    '  Pauli,  decidit  in  lectum.  Et  cum  jam  morti  vicinus  esset,  in  extremis  clamabat  : 

dans  ms.  9841,    Domine,  suscipe  spiritum   m  eu  m  ut  cum  fratribus  meis  sim,  et  ipsam  anli- 
ci-dessus,  1. 1,  ,      .  .  .       . 

p.  57.         phonam    ad    hnem    usque    complevit.    Qua    imita,    mox    expiravit,    anno 

Domini  XIIICII,  idibus  decembris.  Putabatur  a  Lumbardis  qui  ipsum  oderant 


°  Libro  VI  :  cod. 
»  Eorum  :  cod. 


30 


CHRONIQUE  JEAN  DE  BRUSTHEM. 


63 


dato    veneno    extinctus.    Hic   in   lecto   decumbens...    conderenlur.    Quod    et    Hocsem,  HO. 
factum  est.  Super  cujus  sepulchrum  hoc  exaratum  est  epitaphium  :  Chapeav.,340. 

De  Waldegh  natus  jacet  hic  Adulphus  humatus, 
Qui  vixit  gratus  anno  minus  hic  cathedratus, 
5  Nobilis  elatus  nil,  fit  sine  fine  beatus. 

M.  C.  ter  et  iota  bis  annos  conjunge,  notabis 
Post  mortem  Christi  sua  dum  mors  incidit  illi, 
Semper  justitie  cupido  sub  luce  Lucie. 

Sepultus  est  cuni  domino  Johanne  de  Anginis.  ut  supra  dictum  est,  ante 
io  summum  altare  majoris  ecclesie,    unus  a  dextris,   aller  a  sinistris  domini 
Hugonis  de  Petraponte  episcopi. 

XXVIII.  Entrée  à  Lièae  de  Thibaud  de  Bar,  1503. 

Eodem  anno,  Theobaldus  episcopus,  circa  festum  Omnium  Sanctorum,  a  curia     Hocsem  H8. 
romana  revertens,  in  die  Sancti  Leonardi,  Leodium  intravit. 

15      XXIX.  Guerre  des  Français  contre  la  Flandre,  1305. 

His  temporibus,  rex  Francie,  immenso  congregato  exercitu,...  Tune  papiliones  Hocsem,  420. 
pretiosissimi  pro  corpore  régis  preparati  in  sortem  strenuissimi  comitis  Adulphi 
de  Marcha  postea  episcopi,  qui  tune  parles  adjuvabat  Flandrensium  ceciderunt. 
Postea  vero  rex  recollectis  viribus  contra  Flandrenses  reducit  exercilum.  Conser- 
30  tumque  est  prelium  a  mane  usque  ad  vesperam.  Superveniente  aulem  nocte, 
cum  Flandrenses  pre  nimio  silis  ardore  ad  aquas  properassent,  repente  rex  qui 
se  in  silva  quadam  absconderat  super  eos  irruit,  commissaque  pugna,  rursus 
lune  inde  forlissime  dimicatum  est.  At  dominus  VVilhelmus  de  Juliaco...  ubi 
Flandrenses  sua  tentoria  perdiderunt. 

25      XXX.  Suppression  des  Templiers,   1507. 

Anno   XIIICVII,  una  die  et  hora  Templarii   per  totum  regnum   Francie    cf.  Chapeav., 
capiuntur   Cum  enim  pontifex  Clemcns  V  cum  curia  sua  moram  traheret  in       3*7349- 
civitate    Pictavensi,   rex    Francie   Philippus,   seductus   ab   officialibus  suis, 
denunciavit  pontifici   magistrum  Templi  et  mansionis  suosque  fratres  dicte 
ôo  religionis  quibusdam  infectos  esse  erroribus  ac  sceleribus  involutos.  Totum 


64  CHROiNIQUES  LIÉGEOISES. 

(amen  falso  ex  avaritia  dicebatur  fuisse  confictum,  ut  illi  religiosi  templarii, 
qui  initium  hahuerunt  in  Hierasalem  et  postea  multiplieati  et  diffusi  per 
Franciam  el  alias  provincias,  magnas  divitias  et  possessiones  ac  loca  opulenta 
possidebant.  expoliarentur  bonis  suis,  prout  faetuin  est.  Cujus  mali  principium 
taie  fuit.  Quidam  prior  de  Monte  Falcone  îbolose  dicli  ordinis  «eu  religionis  s 
Templariorum,  hoino  pessime  vite  ac  hereticus.  propter  notabiles  suos  excessus 
ab  ipso  magislro  ordinis  Parhisiis  in  perpeluum  carccrem  fuit  retrusus.  In 
eodeni  carcere  delinabalur  alius  ÎSolïus  nomme.  Florenlinus  natione,  vir  et 
ipse  sccleribus  plenus.  îii  duo  spiritu  maligno  concitati  et  callidissimi  ad 
invicem  convenerunt  in  malum  false  accusalionis  ut  earcere  liberari  possent  10 
et,  aliquo  emoluiiiento  inde  pcrccpto,  infelicem  vitam  sustentarent.  Qui  tandem 
egressi  de  ergaslulo  mala  morte  perierunt,  uno  suspenso  et  altero  violenter 
interfeeto.  Hi  ergo  eum  in  carcere  cssent,  insinuarunt  officialibus  régis  illos 
religiosos  de  ordinc  Templariorum  heresibus  el  flagitiis  irrelilos.  Unde  si 
procederetur  in  inquisilione  contra  ipsos,  procurante  boc  rege  a  pontiflce,  îs 
magnas  et  limitas  eorum  divitias  obtinere  posset.  Quod  eum  régi  denunciatum 
essel.  suggessit  pontilici  ut  ordinem  illum  deleret,  ulpole  beresibus  et  nepbandis 
erroribus  et  facinoribus  implicatum.  Tandem  utrum  de  jure  propter  delicla 
personarum  posset  ordo  destrui  in  consislorio  queslioue  diutius  ventilala,  eum 
petitio  régis  non  procederet,  Clemens  papa,  auri  cupidus  et  spiritu  symonie  20 
replelus,  proponit  utrum  propter  régis  polentiam,  cujus  scisma  timendum 
dicebat,  nisi  procederet  faclum  suum  boc  Ecclesie  ad  vitandum  scandalum 
expediret.  Tandem  super  boc  diutius  disputato,  pontifex  régi  placere  volens, 
absque  discussione  alia  malerie  eorum  que  Templariis  objiciebanlur,  utrum 
vere  vel  calumniose  procederetur,  pctilioni  régis  acquievit,  concedens  per  as 
litteras  apostolicas  ut  omnes  Templarii  per  orbem  dispersi  cerla  el  determinata 
die  caperentur  el  eorum  bona  omnia  sequestrarentur.  Capitur  igitur  magistcr 
Templariorum  qui  tune  Parhisiis  erat  et  incarceratur.  Dicebatur  frater  Gracbi, 
natione  Burgundus,  génère  noliilis,  habens  secum  alios  lx  milites  ejusdem 
ordinis  nobiles.  Opponebantur  eis  aliqui  articuli  beresum  ac  vilia  contra  50 
naturam,  quod  spuebanl  in  crucem  Christi,  et  quod  antecessores  eorum 
fuerunt  causa  per  prodilionem  quod  terrain  sanctam  fidèles  amisissent.  Super 
bis  probationibus  aliquibus  exbibitis,  rex  fecit  eos  torqueri  variis  crucialibus, 


CHRONIQUE  DE  JUAN  DE  BRUSTHEM.  63 

ut  omnes  faterenlur  excessns.  Qui  cum  omnino  negarent  et  falso  esse  confieta 
dicerent,  in  carceribus  diu  detenti  sunt  cum  magnis  incommodis.  Demum  ut 
conclusionem  sumerent  dicti  processus,  extra  Parliisiis  educti,  in  magno  solario 
igneo  et  alto  positi  sunt,  omni  plèbe  spectanle,  fecitque  eos  nudatos  ad  palos 
5  ligari  et  ignem  sub  eorum  pedibus  poni.  postea  ad  tybias  et  sic  paulatim  ad 
membra  superiora,  uniim  post  alterum  comburendo,  eisque  aperte  nuntiando 
quod  si  qui  illos  faterentur  excessns  et  peniterent,  liberarentur.  Dura  igitur 
talia  paterentur.  eorum  amici  et  consangtiinei  hortabantur  eos  ut  confiterentur 
taies  eorum  defectus  ne  tam  enormia  paterentur  tormenta.  Sed  illi  nolentes  ac 
10  pre  dolore  et  nimio  cruciatu  clamantes,  dicebant  se  sine  causa  talia  pati. 
Jmocabant  proinde  Deum  et  beatam  Virginem  ac  alios  sanclos,  et  sic  vitam 
inter  tormenta  liniebant.  Fuerunt  aulem  reservati  ex  dictis  Templariis  magister 
principalis  ordinis  et  frater  i'elpliinus.  et  frater  Hugo  Paraldi,  et  alius  quidam, 
qui  aliquando  fuerant  olliciales  et  Ihesaurarii  régis.  Hi  ducli  fuerunt  ad  civi- 
ls latem  Pictavensem  coram  papa,  ubi  eliam  rex  Francie  erat.  Et  promissum 
fuit  eis  quod  si  faterentur  illa  flagilia.  venia  concederetur  eis  et  vita.  Ferebatur 
quod  aliqui  confessi  fuerint  et  sic  Parhisiis  reducti.  Destinanlur  illuc  duo 
cardinales  ad  ferendum  sententiam  contra  dictum  ordinem  ex  dicta  confessione 
facia  coram  ponlifice,  alque  ad  faciindum  punilionem  conlra  diclum  mag  strum 
20  et  socios.  Positi  sunt  ergo  in  allis  pulpi lis  ut  viderentur  ah  omnibus  Perlecto 
aulem  dicto  processu.  m;igisler  empli  surrexit  et  cum  magno  clamore  poslulato 
silenlio.  publice  dixil  quod  ille  bereses  et  crimina  de  quibus  inquisili  fuerant 
nunquam  perpétrassent,  et  quod  eorum  religio  ab  illis  semper  immunis  fuisset. 
Sed  dignum  se  fatebatur  morte,  et  illam  in  patientia  paratus  esset  sustinere, 
23  quia  timoré  et  blandiliis  pape  et  régis,  in  aliqua  parle  confessus  fuisset  illa 
crimina  dolose  et  mendaciose.  interruplo  sermone  et  non  completo,  data 
sententia,  recesserunt  cardinales  et  prelati  de  loco.  Magister  cum  socio  ante 
aulam  régis  positi  sunt  ad  igncm  et  paulatim  igné  suecenso  combusti.  Frater 
quoque  Pelpliinus  eodem  modo  per  ignem  Iransiit  ad  Dominum.  Frater  Hugo 
50  Paraldi  cum  socio  timoré  pêne  omnia  confessi  sunt,  et  pro  tune  morlem 
e\adentes.  postea  miserabiliUr  obierunt.  Papa  vero  stalim  bona  Templi  infinilo 
thesauro  fralribus  vendidit  llospitalis  bancti-Johannis.  et,  suspensis  eorum 
privilegiis,  recepta  pecunie  sumrna.  nova  privilégia  renovavit. 

Tome  II.  9 


6b  CHKOiNiyUES  LIEGEOISES. 

XXXI.  L'affaire  de  Matines  devant  la  Cour  de  Home,  4307. 

Hocsem,  124.  Mis  temporibus,  videntes  dnmini  canonici  Sancti-I.amberti  jus  civitatis 
ÎMcchliniensis,  quod  dudum  pro  média  parte  eral  ecclesie  l.eodicnsis,  in 
prislinam  et  débitant  liberlatein  redactum.  inota  desupcr  queslione,  propo- 
suerunt  non  esse  juris  seu  auctoritatis  Eeodiensis  episeopi  transporlare,  s 
alienare,  vendeie  vel  impignorare  bona  ecclesie.  nisî  duntaxal  ad  vitam.  sine 
aposlolice  Scdis  licentia.  capituli  quoque  Leodiensis  et  patrie  consensu.  Quare 
dominus  Theobaldus  episcopus  eitari  fecil  ducem  Home  coram  Summo 
Pontitice.  Misit  ergo  Johannes  dux  suos  legalos.  Kuitque  linalitcr  pcr  Summum 
Pontiliccm  indiealum  quod  transportait  domini  Hugonis  episeopi  nullius  essel  10 
momcnli  Oblinuitqiie  ecc'esia  Leodiensis  medielatem  oppidi  Mechliniensis, 
rémanente  altéra  parte  apud  stirpem  Berlholdi 

XXXII.  décident  d  l'église  de  Saint- Lambert,   4307. 

Cf.  J.d'O,  Anno  supradicto  Vil,  in  die  sancto  Pasche.  sub  proccss;one,  corruit  magna 

pars    testudiuis    ecclesie    tSancti  -  Lamberti    absque    tamen    aliqua   hominum  ib 
lesione.  Verumtamen  ex  ipso  casu  corrupta  fuit  et  conquassala  magna  corona, 
ac    pavimentum    rotundum    subtus   nobiliier  stratum   penilus  eonfossum  et 
demolitum. 

XXXIII.  Érection  de  l'église  de  Léau  en  cotlégiale,   4308. 

ci  Miraeus,  Eodem  anno.  feria  quinta  post  festum  beati  Martini,  in  mense  novembri,  su 
Unov.  1308.  dominus  Theobaldus  episcopus  ecclesi;im  parochialem  Sancti- Leonardi  in 
oppido  Leewensi  erexil  in  ecclcsiam  collegialam.  adjuvante  ad  hoc  domino 
Emicho  de  Spauwen  archidyacono  f.rabantie  (')  in  ecclesia  Leodiensi.  Et 
inquisitio  de  idoneitate  loei  ae  beneliciorum  facta  luit  per  dominum  Adam 
monasterii  Sancli-Trudonis  abbatem  (2).  2S 


I1    Emiction  Ue  Spanheim,  archidiacre  de  lirabant,  de  IÏUU  à  1521. 
(')  Adam  de  Ardingen,  abbé  de  Saint-Trond,  de  1297  à  133). 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM. 


67 


XXXIV.  Fraude  de  Jacques  de  Ghistelle.  1309. 

Eodem  anno,  transactis  annis  VI  a  supradicto  conflictu  apud  Cortracum,     Hocsem,  127. 
quidam  ypocrite  gyrovagi...  uxorem  putativam  adiit  et  eidem  cohabitavit.  Missis 
dcnique  Bruxellam  nimtiis,  in  ecclesiam  fratrum  minorum  deponi  fecit  arma 

5  et  clypeum  predicti  domini  de  Vierson  (*),  quem  adhuc  vivere  et  seipsum  esse 
asserebal.  Mulavit  eliam  in  coinitalu  de  Vierson  scabinos  et  offlcialos  alios 
loco  eorum  substitnendo.  Noque  in  his  omnibus  domina  prefata  aiiud  sciebat 
nisi  quod  legilimum  suum  virum  recepisscl.  Poslmodum  lamen  fraude  détecta... 
Johannes  de  Hocsem  compilator  hujus  hystorialis  partis  scribit  se  Parhisiis  in 

io  habitu  militari  vidisse. 

XXXV.  Mort  de  Waleran,  frère  de  l'empereur  Henri  de  Luxembourg, 
1310. 

Inde   procedens  ulterius  [Henricus!   (2)   Brixiam   obsidione  vallavit...   lecto     Hocsem,  130. 
decidens  [Waleranus]  diem  clausit  extremum,  circa  inilium  mensis  au^usti, 
îs  régi  principibusquc  et  loti  exercilui  trislitiam  parions  et  luctum.  Quare  rex 
animo  iratus  dictait)  obsidionem  urbis  Brixie  conjuravit. 

XXXVI.  Faits  de  guerre  en  Hesbaie,  1311. 

Eodem  anno  MIIFXI,  in  crastino  beati  Bartholomei  apostoli,  cum  Henricus  Cf.G.abb.Trud., 
miles  nobilis,  dominus  de  Hermale  (3)  recederet  a  Sancto-'î  rudone,  VVilhelmus 
50  castellanus  W'arhemie  (4)  cum  suis  complicibus,  duranlibus  adhuc  treugis  inler  Cf.  M.  de  Lewis, 
eos  pollicitis.  secus  villam  Mielen  eumdem  Henricum  invasit.  Ceciditque  ibidem 
mortuus  Johannes  ex  amita  Henrici  consanguineus.  Henrico  quoque  semivivo 
relicto.  reliqui  ejus  socii  fugcrunt   Quod  factum  Alardus  miles,  dominus  de 


(*)  Jean  de  Vierson,  fils  de  Godefroid  de  Brabant,  sire  d'Aerschot,  et  frère  du  duc  de  Brabant 
2i>  Jean  l'r,  avait  épousé,  en  1297,  Marie  de  Morlagne. 

(s;  Henri  V,  comte  de  Luxembourg  depuis  1288,  fut  élu  roi  cies  Romains  sous  le  nom  de  Henri  VII, 
en  1308,  el  couronné  empereur  à  Rome  en  1512.  II  mourut  le  24  août  1313. 

(*)  Henri,  seigneur  de  Hcrmalle.  Cf.  Hemricourt,  1,  p.  95,  et  II,  p,  280.  Poncelkt,  Maréchaux,  p.  97. 

(*)  Guillaume  de  Jenefje,  châtelain  de  Waremme,  Cf.  Henx^caurt,  I,  p.  584,  et  II,  p.  260.  Poncbiet, 
7)ii   Maréchaux,  p.  105. 


68  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Pces  (J)  qui  palriam  loco  dnmini  Theobaldi  (une  regebat.  cum  faveret  partibus 
castellani,  non  correxit.  Quare  postmodum  inter  nobiles  Hasbanonim  una 
progenies  adversus  alteram  mala  multa  coitiinisit. 

XXXVII.  Expédition  d'Italie,  4Z44. 

Chr.  de  1402,         Circa  festum  Omnium  Sanctorum,  Brixienses  ad  dedilionem  positi  sunt,  ratione  5 
559-261.       delicienlis  annone,  reddideruntque  se  et  civitatem  ad  libitum  régis.  Rex   vero, 
urbe  sibi  reddila,  jussit  muros  per  circuitum  funditus  dirui  et  quosdam  urbis 
majores  capite  puniri.  Quod  audientes  relique  transalpine  civitates  [tremue- 
runt  "].  Hoc  insultu.  Guido  frater  comitis  Namurcensis,  régi  propinquus,  ex  ejus 
amita  filius  (2),  du  m  ad  expugnandam   Brixiam,  valvam  ejusdem  urbis  securi  ut  io 
gygas  invaderet,  lapidibus  et  trabibus  super  se  obrutis  conquassatur.  Henricus 
autem  rex,   relicta   Brixia,  Papiam  veniens  cum  honore  ut  eorum    dominus 
recipitur  et  in  eadem  civitate   Guido    supradictus   obiit.    Anno   Domini 
XIIICXII  circa   Epiphaniam,  dum   rex   Henricus  secessit  versus  Januensem 
urbem,  ubi  etiam  cum  gloria  et  honore  receptus  est,  suorum  autem  fidelium  15 
consilio  ductus  ibidem  usque  ad  sequenlem  quadragesimam  quievit.  Sub  hoc 
intervallo  temporis,  obiit  nobilissima  regina  (3),  uxor  régis  Henrici,  sepulta  Janue 
in  ecclesia  fralrum  minorum.  Decessit  in  eadem  urbe  frater  Alberlus  ordinis 
minorum.  sacre  théologie  professor.  predide  regine  confessor.  Etiam  mortuus 
est  ibidem  dominus  Joliannes  de  Agymont.  frater  comitis  Lossensis  (4).  Rex  20 
autem  Henricus  circa  quadragesimam  a  Janua  exiens,  secessit  versus  Pisam,  ubi 
cum  ingenti  honore  receptus  quievit  usque  ad  octavas  Pasche.   Tandem  a 


«  Omis  :  cod.  Suppléé  d'après  la  Chronique  de  UOS. 

(*)  Alard  de  Pesches.  Cf.  Poncelet,  Maréchaux,  p.  89. 

(*l  Jean  I",  comte  de  Namur,  et  son  frère  Guy  étaient  fils  de  Guy  de  Danipierre  et  d'Isabelle   25 
de  Luxembourg,  sœur  de  Henri  IV,  père  de  l'empereur  Henri  VII. 

{•)  Marguerite,  fille  de  Jean  l,r,  duc  de  Brabunt. 

(*)  l.e  comte  Jean  de  l.ooz,  1373-1279,  avait  épousé  en  premières  noces  la  sœur  du  comte  de 
Juliers,  d'où  naquit  Arnould  V,  comte  de  Looz,  de  1279  à  1^23   II  épousa  en  secondes  noces  Isabelle, 
fille  de  Jacques,  sire  de  Coudé,  dont  il  eut  Jean  de  Looz  qui  devint  seigneur  d'Agimont,  dont  on  note  30 
ici  la  mort. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  69 

Pisa  exiens  iler  suum  versus  Romanam  urbem  direxit.  Quod  Robertus  rex 
Sicilie  (4)  intelligens  domimim  Johannem  fratrem  suuîîi  premisit  ut  régis 
introitum  prepediret,  sed  tt  ipse  Robertus  cum  valida  manu  Romam  venit. 
Henricus  vero  rex,  cum  urbi  appropinquaret,  et  viam  suam  versus  portam  Latinam 
5  dirigeret,  fullus  innumerabili  nobilium  socielate,  omni  "gt-nere  annorum  munita 
in  quibus  auruin.  argenturn,  purpura  et  hiacinctus  resplcndebant,  Robertus  hoc 
perspiciens  illic  morari  timuit,  cum  esset  totius  urbis  invalidior,  et  trans  Tyberim 
per  pontem  transiens,  versus  Sanctum-Petrum  cum  suis  munitionibus  confugit. 
Fraler  autem  Roberti  régis  perlerrilus  in  caslro  Angeli  se  recepit,  majori  parte 

10  exercilus  cis  Tyberim  relicta.  Omnesque  pontes,  liempto  ponte  .Sancti-Petri. 
destruxit,  ne  ad  illam  ecclesiam,  ubi  more  predecessorum  soient  Cesares 
coronari,  sitam  trans  Tyberim,  perveniret.  Pons  namque  Sancti-Petri,  editis 
munitus  turribus  transitiim  denegabat.  Ilaque  rex  Henricus  per  portam  Latinam, 
nemine  sibi  contradicente,  ingreditur  vin  aprilis,  castrametatus  ad  Sanctum- 

la  Johannem  in  Laterano.  Igitur  anno  supradicto,  in  die  Penthecosles,  que 
tune  erat  xim  maii,  illuslrissimus  Henricus  comes  Lutzcburgensis.  Alemannie 
rex,  anno  quinto  regni  sui,  in  ecclesia  beati  Johannis,  vol  ut  alii  scribunt,  in 
ecclesia  Sancti-Petri  ad  vincula,  ab  episcopo  cardinali  a  papa  Clémente  ad  hoc 
legato,  imperiali  dyademate  coronatus  est  imperavitque  uno  anno,  xxvi  diebus. 

20       Urcisini  autem  existentes  pro  parte  Romanorum,  metu  imperaloris,  turrim    j  de  W.  dans 

et  vicos  suos  fortiter  munierant.  Accidit  militiam  Theobaldi  Leodiensis  episcopi    C'!apeJav'.' ^f' 

r        r       Chr.  de  1401, 

armatam,    feria    III    post    festum   Sancte  Trinitatis,   que  décima  fuit  dies   a  261. 

coronalione  imperatoris,   cum   vexillis  ipsius  episcopi  ad   vicum   Ursinorum, 

ruptis   litiis   quibus    munitus   erat,    proficisci    ut    contra    inimicos    pugnarent.     Hocsera, i31. 

25  Cumque  jam  Teuthonici  se  vicisse  crederent  et  absque  militari  disciplina  more 
suo  dispersi  ad  spolia  currerent,  tanla  vis  pugnalorum  de  lurri  hostium  ipsis 
obviam  in  pugnam  exivit  quod  nequaquam  vim  illorum  diutius  ferre  possent. 
Dominus  autem  Theobaldus  episcopus,  qui  adhuc  in  castris  erat,  per  nuncium 
intelligens,  cum  jam  esset  armalus,  mox  equum  ascendit  et  cum  solus,  nemine 

30  prestolante,    valida    manu   atque    velocilate    equi    polentis,    intra    inimicorum 

cuneum    se   transtulisset,    dominus    Bartholomeus    de    Capua    Lumbardus,     Hocsem,l32. 

(*)  Robert,  roi  de  Naplcs,  de  130!)  à  1343,  appelé  ici  crronémenl  roi  de  Sicile.  Son  frère  était  Jean, 
prince  de  Morée. 


70 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


llocsem,  133. 

Chr.  de  1402. 

-264-267. 


cohorlis  capitaneus,  dalo  suis  signo  qui  ad  turres  domorum  confugerant,  ab  equo 
prostratum  transtixit.  At  episcopus  vulneribus  confossus  captivum  se  reddidit. 
Diffusi  vero  Teuthonici  inimicis  obvii  trucidantur,  sanguine  per  vicos  more 
fluminis  decurrenle.  Episcopus  aulem  intra  très  dies  moritur. 

Hoesem,i32.         Quem    frater    régis    Roberti    recognoscens,  quia   ipse  dominus   Theobaldus  5 
quondam  in  curia  romana,  tempore  pape  Benedicti  XI,  fuerat  illi  amicitia 
favorabilis,  neci   tanti   viri  plurimum  compaliens.   in  porticu  ecclesie  Sancti- 
Petri,   sacello   papali,   solemnibus   exequiis  fecit  sepeliri.    Obiil  xxi  die 
raaii  anno  Domini  XIIICXII. 

Peraclis  vero  solemniis  coronationis  imperatoris  Henrici,  cum  propter  aeris  io 
inlemperiem  non  auderet  diutius  remanere,  relicla  urbe,  discessit,  iter  suum 
versus  Florentiam  dirigens.  Elenim  cum  fere  omnes  Tuscie  et  Lumbardie  civitates 
Henrico  imperatori  se  tradidissent,  sola  Elorentia  ipsius  dominio  subesse 
recusavit.  Quare  ipsam  quinque  mensibus,  etsi  in  cassum,  obsedit.  Instante 
autem  solemnitate  Penlhecostes,  ab  eadem  civilate  per  un  miliaria  elongalus,  15 
tentoria  bgi  jussit,  volens  tranquilliori  pace  eum  omni  diligentia  et  honore  diclam 
solemnitalem,  que  craslino  die  superveniebat.  celebrari.  Ubi  eliam  contritus 
et  confessus  dévote  sacram  communionem  disponebat  percipere,  sacerdos 
imperatoris  confessor,  pecunia  corruptus,  vino  in  sancto  calice  venenum 
commiscens  innocentissimum  virum  nephandissimo  commercio  toxicavit.  Rex  20 
vero,  dissolutis  membris,  magnoque  Irigore  distenperatus  in  lecto  decubuit. 
Dictum  confessorem  gratiose  super  tanta  nequilia  correptum,  dato  fideli 
ductore,  clam  abduci  jussit.  Cumque  a  medicis  suaderetur  vomitum  ei 
provocaii,  cujus  utique  remedio  fuso  veneno  convalescere  posset,  is  pro 
tanti  sacramcnti  reverentia,  non  acquievit,  melius,  inquiens.  est  niihi  mori  js 

j.  de  W.,  ms.    quam  quod  nauseat  anima  mea  super  cibo  isto  benedicto.  Sicque  migravit  ad 

de  Tongerloo,    Domjnum    fe,ja  Vi  post  Penthecosten,  vi  idus  iunii,  anno  Domini  X1IICXIII. 

ci-dussus,  I,  66.  '  r  J 

Papienses,  audito  imperatoris  obitu,  corpus  aromalibus  involulum  aquile  enee 
deaurate  reclusum  in  medio  cathedralis  ecclesie  sue  ad  cathenam  suspenderunt. 


XXXYIil.  Arnold  de  Blanekenheim,  élu  mambour,  4312. 


tu 


Bocsem,l38.         Prenoscentes  igitur  decanus  cum  capitulo  episcopatus  donum  in  manua 
'  26S  PaPe    devolutum    eo    quod    episcopus    ultra    Alpes    occubuisset,    dominum 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM. 


71 


Anoldum  de  Blanckenheym  Sancti-Lamberti  prepositum  (*),  virum  nobilem, 
in  mamburnum  prefecerunt,  quem  etiam  major  pars  capituli,  modo  eleclio    Ms.  Bibl.  roy. 
ad  eos  reverti  potuisset,  episcopum  eligcre  intendtbant.  Erat  autem  vir  ad  9841  Vf  80  v« 
iracundiam  et  vindiclam  admodum  pronus.  Nam  mox  ut  tutor  esset  effeclus,   Averb.,VlI, 78. 
5  in  domo  Johannis  de  Harduemont  militis  in  Hollonia  super  Jechoram  (2)  quosdam  '2g3       ' 

homicidas  obsedit,  qui  vi  ad  ejus  libitum  traditi  sunt.  quorum  unus  equis  distrahi 
et  inde  cum  altero  decollari,  tertium  vero,  quia  clericus  erat,  in  Castro  VValevie 
fecit  incarcerari.  Majores  Leodienses  egre  ferentes  quod  etiam  mamburnus  popu-     Hoesera, 435. 
laribus  assisteret...  quibus  carnes  venduntur  incenderunt. 

10      XXXIX.   Le  mal  Saint-Martin;  querelles  sanglantes  en  Heshaie,  4312. 

Majores  vero  timentes  multitudinem...  cum  suis  hospitibus  concremavit.   Sic    Hocsem.136. 
combusla  est  iila  venerabilis  ecclesia  Dei  et  beati  iiartini  cum  suis  officinis, 
majoresque  urbis  infra  latentes  ad  numerum  circiler  ducenlorum  igné  prefocati     chr.  del402, 
sunt,  die  quinta  augusti.  anno  XIIICXII. 
15       Post  hec  instinctu  quorumdam  totius  patrie  consilio,  demplis  capitulo  et 
communitate  Leodiensi,  cornes  Lossensis  assumplus  est  ut  tutor  seu  mamburnus 
patrie  Qui  cum  ubique,  excepta  urbc  Leodiensi,  ut  tutor  patriam  gubrrnaret, 
lata  est  per  capitulum  sententia  ne  qui-piam   tanquam   tutori  diclo  comiti 
obediret,  sicque  idem  cornes  a  gubernatione  patrie  quievit  (3). 


264. 


20       l')  Arnould  de  Blankenheim,  prévôt  de  Liège,  de  1289  à  1512. 

(')  Jean  de  Harduemont,  seigneur  de  Hollogne.  Cf.  Hemricourt,  t.  I,  p.  117;  t.  II,  p.  241.  Poncelei, 
Maréchaux,  p.  105. 

(8:  On  trouvera  dans  la  suite  plusieurs  passages  à  peu  près  littéralement  identiques  au  manuscrit 
de  la  Bibliothèque  royale  de  Belgique,  n"  98il.  Leur  ressemblance  verbale  montre  qu'ils  dérivent 
25  d'une  même  source,  probablement  Jean  de  Wamant,  comme  d'ailleurs  plusieurs  autres  textes  ci-dessus 
identiques  à  la  transcription  de  Chapeavillc  ou  au  manuscrit  de  Tongerloo. 

Après  avoir  raconté  ici  une  première  fois  la  scène  sanglante  et  les  événements  qui  la  précédèrent, 

Jean  de  Brustbcm  la  raconte  plus  loin  une  seconde  fois.  (Rètjne  d'Adolphe  de  la  Marck,  fol.  216  V.) 

Nous  reproduisons  ce  nouveau  récit  de  Brusthem  en  le  faisant  suivre  de  la  version  du  manuscrit  de 

10  la   Bibliothèque  royale  de   Belgique,  n"  9841.  On  en  remarquera  les   traits  communs  empruntés 

probablement  à  Jean  de  Warnant. 

Voici  le  second  récit  de  Brusthem  : 

Simili   quoque  justicie  zelo,  cum   venisset  episcopus  in  Hollonia  super  Jecoram,  intelligensque 


72  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Hocsem,  136.  Patria  igitur,  ut  rlicttim  est,  defensore  carente,  qui  crimina  corrigeret, 
C,r  2fiV^°2'  horrenda  ni u 1 1 a  evenernnt,  nam  Hasbanoriim  nobiles  capilalibus  sese  muliin 
inimiciliis  perseqncnli's  hinc  inde  plurimos  trucidarunt.  i\am  anno  Domini 
Chr.  deUl)2,  XIII'  XIII,  noua  jannarii,  feria  m  posl  S  piphaniam  Komini,  cum  dominus 
Henricus  de  Hermale  (*)  miles  cuidum  alteri  milili  Ucthirio  de  Aus  (2)  s 
quoddam  fcudum  proscripsisset,  transportans  iliud  allcri  eo  quod  diclus 
lïeihirius    cum    W  illielmo    caslellano    Warhemie    (4)    fuisset,   cum    circa 

quosdam  homicidas  in  doino  ciijusdain  etjnestris  urdinis  Joliannis  de  Harducmont  delitesccrc,  doiimin 
obscdit,  captisquc  viris  sanguinum.  ununi  ex  cis  capite  jussit  puniri.  altcrum  equis  distrahi,  terciom 
squalore  carecris  vitam  finirc. 

Oommota  fuit  proinde  non  modice  adversus  eum  palria,  multaquc  rie  en  in  plcbc 
murmuratin.  Nam  habilo  eonsilio,  l.osscnscm  eomitem  ccclesie  mamburnum  esse  voluerunt- 
Ortaque  e:-t  in  civilale  Leoiliensi  gravis  seriilio  majoruin  contra  vulgares  Macellum 
etenim  appendicesque  casas  ignibns  coucrrmabanl.  At  vero  plcbci  invocantes  dominum  Arnoldum 
de  Blanck  iibeyni  ccclesie  majoris  prepositum,  pairie  tulorem,  que  m  etiam  major  pars  capiluli  13 
elig're  Intendebal,  modo  electio  ad  eos  ilevolula  fuisset,  prelium  nocte  in  foro  commi- 
serunt.  Erat  tutori  coiisanguineus  Waltcrus  ecclesie  majoris  canonicus.  Is  ad  bases  ecclesie  divj 
Lamberli  interemplus  est  Tulor  vero  inter  Sancl  uni-  SI  artinum  et  Sanctu  m-Hubertum 
occisus  Nobiles  nihilominus  inferiores  facti  ad  ccclcsiam  Sancli -Martini  confugerun!  cumque  ibidem 
se  salvare  cogitarunt,  ab  insaniente  vulgo  iguis  suppositus  est,  et  fere  ducenti  homines  ex  nobilibus  20 
flammis  prefocati  sunt. 

Voici  la  version  du  manuscrit  n"  9H4I.  Nous  y  notons  en  caractères  espacés  ce  qui  concorde  avec  le 
texte  ci-dessus  de  Jean  de  Brustbem  et  en  petits  caractères  ce  qui  est  conforme  à  la  Chronique  de  HOt. 

Quo   tempore,  Arnoldus   de   Blanckenhem,  prepositus  Sancti-Lamberti,  tutor  fuit  patrie,  quem 
major  pars  capituli   intendebal   eligere,  si   electio  in   nianus  ejus   volveretur.   Erai  enim  25 
tune  homo  irac.undus,  quia  slalim  in  domo  domini  Jobaonis  de  Harduemonl  mililis  super  Jecoram 
In  Holonia  quosdam  homicidas  obsedit.  Unum  fecit  decollaii,  alium  distrahi  equis,  lercium  incarceravit. 

Inde  comra  eum  mota  est  circumlocutio  tocius  patrie.  Et  orta  est  sedicio  in  civilale 
majorum  contra  conimuuilateni.  Unde  de  nocie  combusseiunt  iu  quibus  vendebatur 
easas,  et  facta  est  coulra  eos  nocte  pugna  vulgi  in  foro.  Arnoldus  vero  lulor  pairie  cum  mio  3(1 
consanguineo.  Waltero  cauonien  Sancti-Lamberti,  cum  manu  armala  veneruni  communiiali  in  auxilium. 
Walterus  ad  bases  ecclesie  Sancti-Lamberti  versus  forum  peremptus  esl.  Tutor  vero 
patrie  Arnoldus  occisus  inter  Sanctum-Marlinum  et  Sanctum-Hubertum.  Ergo  fugerunt 
in  ccclesia  Sanc  li-Marlini.  Sed  commuuitas  riomum  Saocti-Martini  cum  suis  oflicinis  et  omnes 
majores  urbis  infra  latentes  mox  combussit  quasi  ducentos  boni i nés.  35 

(')  Henri  de  Hormallc  :  voir  note  5  de  la  page  67. 

(')  Jean  Boiicr  d'Aaz.  ffemricourt,  I,  p.  90;  II,  p.  (56. 

(5>  Guillaume  de  Jeneffe  :  voir  note  4  de  la  page  67. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  75 

Miclcn(1)  villam  in  reditu  aSancto-Trudone  a  dicto  castellano  invasus  et  graviter 
vulneratus  fuisset.  ipse  Henricus  miles  prefatus  non  sane  consullus  Mosam  cin.  de  1402, 
transiens,  secessit  versus  Fiez  secus  claustrum  Pacis  Dei  (2),  atque  ibidem 
turrim  quamdam  in  qua  nonnulli  dicti  castellani  consanguinei  timoré  ejus 
»  latebant,  obsedit.  Quam  cum  per  diem  et  noctem  forliter  impugnando 
conquassassent,  mane  diei  sequenlis  igné  succensa  corruit.  Unde  quidam 
in  ea  existentes  lapidum  congerie  oppressi  sunt  :  alii  igné  exusti  ;  alii  auxi- 
liante  Deo  evaserunt.  De  quo  ingens  dolor  multusque  murmur  exorlus  est 
in  patria. 

10      Eodem  anno  XIIICXIII,  feria  m  posl  octavas  Puschc,  Wiliielmus  castellanus  Cf.  Hocsem,  137. 
Warhemie  cum  suis  fautoribus  accinxit  se  ad  impugnandum   munilionem     \f  lsti»i 
de  Berlo  (3),  ordinans  acies  suas  circa  inlroilum  ville  de  Berlo  versus  iter 
ducens  Holloniam  (4).   Sed,  quo  nescilur  infortunio,  hi  qui  ex  parte  eranl 
de   Berlo  contrili  sunt  cecideruntque  ex  eis  xu  interempti.  reliqui  vero  ad 

15  arcem  de  Brrlo  fugerunt.  Unde  factuin  est  ul  deinceps  nobiles  de  Waroux, 
de  Berlo  et.  de  Warfezicz  cum  suis  complicibus  in  unum  federati  munitiones 
predicti  castellani  omnibus  viribus  opprimere  conarentur.  At  castellanus 
uimium  fidens  viribus  suis  illorum  floccipendens  multitudinem,  diem  belli 
adversus    dominum     Henricum     de     Hermale    supradiclum    prefixil    circa 

20  Warhemiam  feria  ni  post  Pentbecostes.  Qno  die,  idem  castellanus  multo 
slipalus  milite  tam  de  Brabantia  quam  etiam  de  comitalu  Lossensi  ac 
proceribus  de  Awanz  insigniler  loricatis  a  Warhemia  exiens  ad  locum 
condictum  circa  tumbas  adversarium  prestolatus  est,  habens  secum  equilcs 
circiter  trecentos.  Cumque  die  eodem,  dominus  de  Hermale  cum  suis  amicis 

25  de  Waroux,  Berlo  et  Warfiziez  aliisque  compluribus  nobilibus  ad  numerum 
quingentorum  equitum  circa  villam  de  Selve  (5)  ad  pugnam  paralus  perve- 

(i)  Mielen,  commune  de  la   province   de   Limbourg,   canton  de  Saint-Trond,   à  8  kilomètres  de 
cette  ville. 

(*;  Fize-Fontaine,  province   de  Liège,  arrondissement  de   Huy,  canton  de  Jehay-Bodegncc.  l'aix- 
30  Dieu,  abbaye  de  Cisterciennes,  sur  le  territoire  de  Jchay. 

[*)  Berloz,  commune  du  canton  de  Waremme,  ci-devant  comté  de  Looz. 

(*)  Hollogne-sur-Gccr,  commune  limitrophe  de  Berloz. 

(')  Saive  en  Hesbaye,  dépendance  de  la  commune  de  Celles. 

Tom  n.  io 


74 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Hocsem,  138. 


nisset,  ecce  cornes  Lossensis  cum  vexillis  ri  plurimis  terre  sue  hominibus  se 
inter  partes  médium  posuit,  sicque  die  i Mo  de  pugna  nihil  aclum  est.  Kegresso 
aulem  comité  cum  gente  sua  ad  propria,  die  sequenti,  castellanus  iterum 
Henrico  hélium  indixit.  Kt  quum  mulli  nohiles  die  precedenti  ad  propria 
redierant,  Henricus.  aceessilis  in  unum  quos  sibi  agiiregarc  pnterat.  presertim  r> 
tota  penc  communitate  Huyensi,  secessit  versus  Warliemiam,  inveniens 
castellanum  cum  suis  paratum  ad  prelium.  Intelligentes  lu  qui  ex  parte 
castellani  erant  partem  Henrici  suam  in  numéro  militum  quasi  in  duplum 
excedere,  ab  equis  descendentes,  lanceis  inclinatis,  more  venatoris  aprum, 
preslolantes  Henricum  cum  suis  expectabant.  Quo  adveniente.  pars  castellani  10 
timoré  concussa  inlra  Warhemiam  se  receperunt,  reverlentesque  ad  muni- 
lionem  circa  licias  aliquantisper  pugnando  restiterunt.  illi  vero  de  Hermale 
per  hortos  fossata  Ioci  transeuntes  adversarios  versus  castrum  et  ecclesiam 
fugere  coegerunt.  (^ecideruntque  ex  parte  castellani  viri  xvm,  inter  quos 
1111  milites,  videlicet  dominus  Betbirius  castellanus  de  Montcnaken,  Symo  is 
de  Lymon  (J),  Henricus  baslardus  de  Weezmale  et  Johannes  de  Lobost  (-),  ceteri 
terga  verlentes  ut  potuerunt  evaserunt,  aliis  in  domibus  fugientibus  interfectis. 


XL.  Siège  du  château  de  ISamur  par  les  habitants  de  la  ville,  1313. 

Hocsem,  U7.         Hoc  [empore,  oppidani  Namurcenses  per  comitem  exactione  gravati  in  castro 

Naraurcensi  comitissam  cura  liliis  obsederunt,  sed  post  arctali  per  comitem,  dalis  20 
octo  librarum  milibus,  comiti  concordantiir. 


Hocsem  147. 


Hocsem,  148. 


XL1.   Les  nobles  de  Hesbaie  se  mettent  en  garde  contre  l'ètèque,  1313. 

Tune    etiam    do  mini    de    Warfeziez,    de    Hermale    et    de   Waroux,    qui    se 
sentiebant    nonnulla    correctione   digna   patrasse,   machinarum   et  instru- 
mentorum  fabricas,  quas  episcopus  jam  ante  ingressum  suum  fieri  mandaverat,  25 
in  sui  pernicicm  paratas  suspicantes,...  treugas  finaliter  impetrarunt,  super  quod 
postea  diu  disceplatum  fuit. 


(')  Simon  de  Herbais,  de  Limont.  Cf.  Hetnrieourt,  I,  588,  et  II,  290. 

(i)  Jean  de  Looboscb.  La  Chronique  de  Saint-Trond  (éd.  ns  Borman,  II,  247;  fait  un  seul  et  même 
personnage  du  bâtard  de  Wezemale  et  de  Jean  de  Loobosch.  50 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  75 

XLII.  Guerre  des  Awans  et  des  JVaroux,  13(4  (1). 

Hoc  tempore,  gravissime  discordie  eranl  inter  nobiles  de  \\  aroux  et  Awans.  Cf.  ms. Bibl, roy. 
Unde  plurimi  variis  preliis  interempli  sunt.  Parles  de  Awans  cum  \\  ilhelmo    9841,  fol*  21. 
castellano  Waremie,  eorum  capilaneo,  confederati  sunt  Leodiensibus.  Altéra  Averb.,  vil,  79 

...  J  '  Cf.  Chr.de  1401 

o  vero  pars  de  Waroux  cum   Henrico  domino  de   ilermale  confederata  erat  267. 

Huyensibus,  Fossensibus,  Dyonensibus.  comitibus  Lossensi.  Namurcensi.  et 

Hasbaniis  Episcopus  vero  parti  de  Awans  adhesit. 
Anno   Domini    MIIIcXnil,   quia  episcopus   Huyensibus   culpas   remittere 

nolebat,  mota  est  inter  ulrasque  partes  guerra  gravissima.  Nam  circa  festum 
10  beati  Johannis  Baptiste,...  cum  plnribus  domus  de  Awanz  episcopo  serviebant. 

XL1H.  Discorde  au  sujet  de  l'élection  impériale.   1314. 

Hoc   etiam    tempore,    duo    reges    Alemannie    in    discordia    eliguntur.    Nam     Hoesem,  153. 
Moguntinus  (*)  et  Treverensis  (3)  archiepiscopi  et  marchio  Brandeburgensis  (4) 
cum   rcge   Bohemie  (5)   clegerunt   Ludovicum    Bavarum   (8) .   Contra  hune 
is  Coloniensis  archiepiscopus  (7),  Palalinus  (8)  et  dux  Saxonie  (9)  Fridericum 

(*)  On  peut  constater  les  ressemblances  du  texte  i|ui  suit  avec  celui  du  manuscrit  n°  9811  : 

Anno  1315.  Hoc  tempore  fuerunt  maxime  discordie  iuler  progenies  de  Warous  el 
Awans.  Unde  plurimi  sepius  oeei*i  sunt,  et  plurima  bclla  emerscrunt.  Waremia  etiam  fuit 
spoliata  ab  illis  de  Warous.  Pars  ergo  de  Awans  cum  castellano  de  Waremia,  eorum 
20  capilaneo,  juncta  est  in  t'edus  civitati  Leodiensi  timenti  forefacta  sua,  et  capitulo  quodam 
modo.  Altéra  pars  de  Warous  domino  Henrico  de  Hermalia  conjuncta  et  confederata  est 
cum  Hoyensibus,  Fossensibus  et  Dyonant  ensihus,  ul  recuperarent  libertatem  suam,  et 
comiti  etiam  Lossensi  et  N'amurcensi  et  Hasbaniis.  Episcopus  vero  pacero  fecit  cum 
communitatc  Leodiensi  pro  dominis  in  ecclesi  i  Sancli-Hartini  combustis  liltcratorie  antequam  in 
25  terram  nostram  venit,  et  tenuit  se  pro  parie  de  Awans.  Anno  1514,  intravit  Leodiuin  et 
honorifice  suscipitur,  sed  Hoyensibus  iudulgere  noluit.  Unde  guerra  mota  esl  inter 
episcopum  et  Hoyenses... 

(•)  Pierre  Aichspalt,  archevêque  de  Mayence,  1506-1520. 

(*}  Baudouin  de  Luxembourg,  archevêque  de  Trêves,  1507-1384. 
3u       [*)  Waldemar,  marquis  de  Brandebourg,  1509-1519. 

(•)  Jean  de  Luxembourg,  roi  de  Bohème,  1310-1546. 

(•)  Louis  V  de  Bavière,  empereur,  1314-1347. 

(T)  Henri  II  de  Virnembourg,  archevêque  de  Cologne,  1304-1552. 

(•)  Rodolphe  I",  comte  Palatin,  1294-1319. 
35       (•)  Rodolphe  I",  duc  de  Saxe,  1298-1386. 


T6  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Austriacum  (*)  delr^eriint.  Fridcricus  Ronne  imperii  insignia  accepit  (*), 
habuilquc  fautores  Ponlificem  (3).  Francie  (4)  et  Hungarie  (5)  reges  etc.,  etiam 
episcopum  nostrum  Leodicnsem.  Ludovico  autem  qui  et  Aquisgrani  coronatus 
est  (6),  adhescrunt  rex  Hohemie,  comités  Gel  rie  (7),  Juliaccnsis  (8),  et 
Lossensis  (9),  quem  et  i)eus  forlunavit,  nanti  in  impeiio  prevaluit.  Anxius  •• 
igilur  Àdulphus  episcopus...  propria  sua  salsa  notabant. 

XL1V.  Siège  de  S  il  tard,   1318. 

cf.  chr.  de  1402.       Anno  Domini  XIIICXVIII.  Johanncs  dnx  Brabantie  bellum  habuit  adversus 
280-281 

Iteynoldum   dominum   de   Valkenburch  (1"),  vemtque  idem    dus   ad   preces 

Trajectensium  quibus  dictus  domimis  Keynoldus  plurima  damna  et  molestias  m 

inferebal,   transitoque   Mose   fltivio  eu  m   eleganlissimo   exercitu,   ad   terram 

Valkeburgensem ,    incendendo    donios    circumquaque    et    omnia    spoliando. 

Obsidetnr  oppidum  Ziltaert  valde  munitum  duplicique  fossalo  circumcinctum. 

Impugiialur  igitur,  sed  non  exptignalur.  capifaneis  cum  civibus  ab  inlus  fortiter 

resistentibus,  prêter  quoddam  fortalicium  quod  Lovanienses  eombusserunt.  ia 

Hocsem,i66.     Inlcrea  episcopus  (n),  coadunato  vaiido  exercitu,  ultra  Mosam  profectus  turrim 

de   Haren   fortissimam,   que   a    domino    Valkeburgensi    tenebatur,    interfeclis 

custodibus,  cepit  funditusque  deslruxit.  El  tune  oppidum  de  Zittaert,  cum 

(')  Frédéric  I",  duc  d'Autriche,  150K-1530. 

(*)  Le  2S  novembre  1314.  20 

(')  Le  pape  Jean  XXII  (I31u'.1334)  se  déclara  contre  Louis  de  Bavière  en  1323.  Cf.  A.  Fayen. 
Lettres  de  Jean  XXII,  n»  1240. 

(i)  Charles  IV,  roi  de  France,  1322-152S. 

(»)  Charobert,  roi  de  Hongrie,  1303-1542. 

(•)  Le  26  novembre  1514.  25 

(')  Renaud  I",  comte  de  Gueldrc,  127l-132ti.  —  Itcnaud  II,  13215-1343.  créé  duc  en  1339. 

(*)  Gérard  VI,  comte  de  Juliers,  12974329. 

(»)  Arnoul  V,  comte  de  Looz,  1279-1325. 

(40J  Renaud,  seigneur  de  Fauquemont,  1306-1352.  Cf.  En.vsT,  Histairc  du  Limbourg,  t.  V,  p.  292. 
(")  Hoesem  est  ici  moins  exact  que  Brusthern  et  la  Chronique  de  1402.  Il  fait  concourir  le  duc,  en  30 
même  temps  que  l'évéque,  au  siège  de  Hacren.  Or,  il  y  eut  deux  expéditions  distinctes  :  celle  de 
l'évcquc  contre  Haeren  et  celle  du  duc  contre  Sittard.  Il  dit  encore  que  Sittard  ouvrit  ses  portes  au 
due;  mais  d'un  acte  de  lean  III  incorporant,  le  14  septembre,  Sittard  au  duché  de  Limbourg  (Wautbbs, 
l'ntjln.  VIII,  601),  il  résulte  que  cette  ville  eut  à  soutenir  un  siège. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  77 

a  duce  predicto  omnibus  viribu9  et  cxquisitis  ingeniis  impugnaretur,  in 
deditionem,  salvis  corporibus,  venit,  ipso  die  beali  Laurentii.  Postremo 
dum  dominus  de  Valkenburch  ad  misericordiam  ducis  veniens  captivatur  et 
longo  tempore  detinetur. 

5      XLV.   Défaite  des  Namurois  en  Hesbaie,  1321 . 

Tertia   vero   augusti,   secunda   feria,   cornes  Namurcensis  sentiens   Hasbaniam     Hocsem,i69. 
hominibus  vacuatam...  Quod  sentiens  dominus  Jacobus  de  Leut  ('),  dominus 
de    WarOziez   et    Amelius...    inimicos    invadunt,    ubi    de   Namurcensibus   et 
Flandrensibus  occisi  sunt  circiter  xvnc.  submersi  in  vivario  de  Bierwaer  (*)  cf.  chr.  de  1402 
10  inc,  capti  vero  yic.  283- 

XLVI.  Image  de  la  Vierge  à  Cambron,   1524  (3). 

Circa    idem    tempus,   fuit   quidam  Judeus   nomine   Wilhelmus  a   comité  Cf. ms.Bibl.roy. 

Hannonie  qui  eum  de  fonte  levaverat   sic    nominal  us,   quique  eum   suum  gg^  efole|lvo 

forestarium  fecerat.  Hic  judaice  pravitatis  non  oblitus  in  ecclesia  ('ambyro-      Averbode, 

...  ,  ,,     .       j      .  '    .         VII,  80-81. 

i:i  ncnsi   ordinis   premonstratensis   imaginem   béate    dane   depictam    transfixit      cf.  J.d'O. 

occulte.  Verum  quidam   faber  ter  ab  eadem   Dei  Génitrice  admonitus  eum        vi,  276. 

Judeo   duellum   iniit   et   vicit    Judeus   predicla  confessus  suspensus  capite 

deorsum  fuit.  Ac  coram  dicta  imagine  multa  miracula  fiebant. 

XLVII,  Pavage  de  la  place  Saint- Pierre,  1326. 

io      Eodem  anno,  fuit  platea  infra  Sanctum-Petrum  et  Sanctam-Crucem  Leodii      Cf.  J.d'O., 
pavimentata.  et  ibidem  reperta  fuerunt  corpora  Normanuorum  in  longitudine 

(i,  Jacques  de  Tongies,  seigneur  de  Leutb  (Hemricourt,  I,  p.  2J55;  II,  p.  584). 
(*)  Bierwart,  commune  du  canton  d'Êghczce,  aux  confins  de  la  province  de  Liège. 
(»j  Encore  ici  les  mêmes  ressemblances  avec  le  texte  du  manuscrit  984 1  :  Eodem  anno  vel  circa, 
an  Judeus   quidam   nomine   Wilhelmus   post   comitem    Hannonie,  qui   eum  de  sacro    fonte 
levaverat  et  suum  forestarium  fecerat  Montensem,  in  abbalia  Cambironensi    Cameracensis 
dyocesis,  ymaginem  Sancle  Marie  pictam  transfixit  occulte.  Verum  quidam  faber  a  beata 
Virgine   ter  admonitus   ad   hoc,    in  duello   vieil,   et  Judeus   vera   tandem   fuisse   predicta 
confessus  est  et  equis  disliactis,  suspensus  et  combustus  est,  et  multa   miracula  per  il  la  m 
30  ymaginem  choruscarunt. 


VI,  311. 


78  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

decem  aut  m  pedura,  que  a  temporc  Franconis  episcopi  ullra  uic  anno9  ibidem 
jacucriint. 

XLVIII.  Priât  de  Fauquemont,  1529. 

Hocsem, 20.").         Eodem   anno,    dux    Brabantie,   circa   principium   mensis  augusti,   caslrum   de 
Valkenberch  per  mensem  jam  sccunda  vice  obsedit  incassum.  Quod  cum  terlia  5 
vice   circa   carnispriviuin  obsiderel,  videntes  qui   intus   erant   ducis   totale 
proposiluni  ad  ipsum  obtinendum,  licet  ad  mullum  tcmpus  adhuc  essent  de 
victualibus  provisi.  sese  ullro  dederunl  anno  XIIICXXIX,  ix  maii  (*). 

XLIX.  Miracle  à  Ciney,  4532  (*). 
ct.ms.Bibi.roy.      Anuo  Domini  XIIICXXXII,  prefeclus  Cennacensis  queradam  de  crimine  <o 

de  Bêle.,         ......  .  ,    ,.   .  ... 

<i8«,  foi.  21    incendiant  injuste  accusatum,  vivum  m  terra  fodi  jusscrat,  cl  ccce  die  tertia 
Averbode,      clamât  qui  defossus  fuerat.  rcquirens  a  suneraslantibus  se  de  fossa  erini  co 

VII,  81-82.  '  mi  i 

quod  virtute  gloriose  Virginis,  cui  suain  commendaveral  innocenliam,  a  mords 
meruissct  faucibus  libcrari.  Audiens  bec  prefectus  nequaquam  credidit.  Proinde 
nec  defossum  eripit  donec,  oranlibus  vicinis  et  propinquis,  cum  presbilero  qui  is 
ejus  confessionem  audicrat,  in  ecclesia  Cennacensi  coram  imagine  gloriose  Dci 
Genilricis.  imago  ipsa  junctis  manibus,  stupenlibus  nimirum  qui  aderanl, 
septics  se  vertil.  Annuente  igitur  prefeclo,  vir  sanus  ab  bumo  exlrahitur  et  ad 
ecclesiam,  illachrimanlibus  eunctis,  pro  gratiarum  actionc  Christo  ejusque 
piissime  malri  facienda  deducilur  m 


(<;  Octo  kalendas  maii  :  Zandfliet,  col.  195. 

{*)  De  nouveau  le  même  texte  que  dans  le  manuscrit  9S41  :  «  Villicus  Cennacensis  quemdam 
liominem  pro  quodam  incendio  super  se  imposilo  a  quo  mundus  et  innocens  fuit,  vivum  infoderat. 
El  ecce  lertia  die  post  alloquilur  superstantes  ut  deponalur  a  sepulchro  vivens  adhuc 
nieritis  Sancte  Marie.  Villicus  vero  non  credens  eripere  eum  ooluit,  donec  oranlibus  ÎS 
vicinis  et  propinquis  et  presbitero  confessori  dicti  viri  cum  lacrimis  ante  ymaginem  Sancte 
Marie  in  ecclesia  Cennacensi  venissenl.  Et  lune  flexis  genibus,  ymago  Christi  pucri,  eunctis 
[videntibus],  conjunctis  ntanibus,  se  replies  vertit.  Et  sic  licentia  villici  est  defossus  et  ad 
ecclesiam  ductus,  agens  gratins  Christo  et  benedicte  sue  Malri.  » 


CHRONIQUE  JEAiN  DE  BKUSTHEM.  79 

L.  Coalition  contre  le  duc  de  Brabant,  4332. 


Hac  occasione  (i),  annuente  rege  Francorum,  sedecim  principes,  rex  Bohemie  (2),     Hocsem,2i9. 

'"  ï.abb.Trt 
II,  271. 


conestabularius  Francie  (3),  archiepiscopus  Coloniensis  (4),  archiepiscopus  Trêve-  J 


rensis  (3),  episcopus  Leodiensis,  cornes  Gelrie  (6),  cornes  Juliacensis  (")  frater 
s  archiepiscopi  Coloniensis,  cornes  Barrensis  (8),  cornes  Lossensis  (9),  cornes 
Namurcensis  (10),  cornes  Calsenellebergensis(11).  princeps  de  Marcha  (12),  dominus 
de  Valkenberch  (13), dominus  de  iieynsberch(14).  dorainus  Johannes  de  Beamonl 
frater  comitis  Hannonie  (15)  et  dominus  de  Alompyey  hi,  inquam  omnes 
ducem  Brabaniie  unanimiter  diffidarunl  alqne  in  oppido  Sancti-  lïudonis  conve- 
io  nientes   terram   ducis   incursare   ac  vastarc   volebant.   !)ux  vero  exercitum 

bellicum  in  Leewïs  habebal.  Dux.  vero  in  abbatia  Heylcchemensi  (16)  se  tenebat.  Cf.Chr.  de  4402, 

314-316. 

(«)  Jean  III,  duc  de  Brabant  (1312- 1535 1,  avait  reçu  à  sa  Cour  Robert  d'Artois,  contre  la  défense 
du  roi  de  France,  Philippe  VI  de  Valois  (1 528-1 5S0). 
(';  Jean  de  Luxembourg,  roi  de  Bohème,  1310-1546. 
(5        [*)  Rodolphe  de  Bricnnc,  comte  d'Eu  en  1502,  connétable  de  France  en  1350,  morl  en  151S. 
(*)  Waleran  de  Juliers,  archevêque  de  Cologne,  1552-1562. 
(")  Baudouin  de  Luxembourg,  archevêque  de  Trêves,  i  507- 1354. 
(*t  Renaud  II,  1326-1345j  créé  duc  en  1359. 

(')  Guillaume  V,  comte  de  Juliers,  1529-1561  ;  créé  marquis  en  1556,  créé  duc  en  13S7. 
50        (8)  Edouard  1",  comte  de  Bar,  1502-1557. 
(»)  Louis  IV,  comte  de  Looz,  1323-1356. 
('")  Jean  II,  marquis  de  Namur,  1 330-1 358. 
(u)  Le  comte  de  Catzenellebogen. 

('*)  Adolphe   II,  comle  de  la   Marck,  1528-1547,    neveu   de  l'évéque  Adolphe.   Il  avait  épousé 
25  Marguerite  de  Clèves,  fille  de  Thierry  VIII  de  ClèYes  et  de  Marguerite  de  Gueldre.  Celle-ci  élait  sœur 
de  Renaud  H  de  Gueldre,  et  son  fiis  Renaud  III  eut  pour  mambotir.  pendant  sa  minorité,  le  dit  comte 
Adolphe  II,  son  oncle. 

(4S)  Renaud,  puis  Thierry  III,  seigneur  de  Fauquemont,  1552-1546,  tué  à  la  bataille  de  Vottem. 
50  11  était  aussi  seigneur  de  Moiitjoie,  cité  à  la  fin  de  celte  énumération  comme  dominus  de  Moropyey. 
[u)  Thierry  III.  seigneur  de  Heiiisbcrg,  1551-1561. 

(••)  Jean  de  Hainaut,  seigneur  de  Beaumont,  épousa  Marguerite,  fille  de  Hugues,  comte  de  Soissons, 
et  dame  de  Chimay.  Fils  de  Jean   d'Avesnes  et  de   Philippine   de   Luxembourg,  il  était  frère  de 
Guillaume    I",  comte   de   Hainaut   (1304-1557).   Il  termina  sa   vie  de  prouesses  et  d'aventures 
jg  le  H  msr»  13B6. 

('•)  L'abbaye  de  lleyliasem. 


Hocsem,  281. 


80 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Intérim  cornes  Hollandie  (')  otramque  partem  diseurrendo  pro  pace  convenit, 
sed  nihil  apud  principes  proficiens  duci  remandavit  ut  sibi  provideret.  Dux 
nolens  incendio  terras  vaslari,  prelium  exegit  et  oblulit,  quod  principes 
noluerunt.  Dantur  intérim  treuge  vi  hebdomadarum  et  sic  tain  dux  quam 
prefati  principes  ad  sua  redierunt,  anno  Domini  XIHCXXXH,  ix  kalendas  maii.  s 
Dominica  vero  sequenti,  scilicet  vi  kalendas  maii... 


LI.   arrangements  concernant  la  possession  de  Matines,  4555- 

Hocsem, 223.  Comité  vero  Flandrensi  (â)  in  Cameraco...  cum  procuratoribuscomitis  recesserunt. 
Emerat  etiam  cornes  predictus  alteram  partem  Mechlinie  a  Iteynoldo  comité 
Gelric  ut  tuiore  sive  mamburno  senioris  filie  sue  cujus  avus  fuerat  dominus  io 
Florentius  LuTthoul,  verus  dominus  alterius  partis  Vechlinie  (3).  Et  quoniam 
hec  secunda  pars  Mechlinie  vendita  nullum  visa  fuit  sorlita  fuisse  valorem  eo 
quod  feudum  esset  ducis  et  sine  ipsius  scitu  aclum,  ymmo  ipsam  partem  duci 
cessisse;  etiam  quia  venditio  episcopi  non  fuisset  acla  cum  debitis  solemnita- 
tibus  juris,  rursum  exoritur  dissensio  non  modica.  Al  vero  rex  Francie  cujus  ît; 
filia  iilio  ducis  (4)  nupserat  et  jam  defuncta  erat,  in  hune  modum  pacem 

Willems,       focit  :  quod  filins  ducis,  quondam  filie  régis  maritus,  filiam  comitis  Wilhelmi 

De  Brabantsche 

Yecsten,  1,704;  Hannonie,  que  et  prius  desponsata  fuerat.  uxorem  sumeret;  aller  films  ducis 
30 août  1334.     jj|jam  comjtjs  (Jelrie  acciperet;  Glius  autem  comitis  Juliacensis  filiam  ducis 
wautprs,  Table,  UXOrem  haberet;  de  Mechlinia  suo  tempore  juditium  suum  proferret.  Convenit  20 

IX,  574; 

34  mars  4330.    intérim  cornes  Flandrie  ducem,  ila  quod  eorum  quilibet  Mechliniam  sub  cerlis 


\})  Guillaume  III,  comte  de  Hollande,  1304-1357,  comte  de  llainaut  sous  le  nom  de  Guillaume  Ier. 

(')  Louis  I",  dit  de  Nevers,  comte  de  Flandre,  13"2:2-I34b;  tue  à  la  bataille  de  Créci. 

(»;  Renaud  II,  comte  de  Gueldre,  avait  épousé  Sophie,  fille  de  Florent  Berthout,  dont  il  eut  comme 
tille  aînée  Mai  guérite,  héritière  de  Malines.  L'  évoque  de  Liège  vendit  sa  part  de  Malines  au  mois  2j 
de  juillet,  et  Renaud  l'autre  part  le  Ib  décembre  1333. 

(*)  Pour  briser  la  coalition  formée  contre  lui  et  dont  le  roi  de  Fiance  était  l'àmo,  Jean  III  de  Hrabanl 
avait  fiancé  son  héritier  Jean  avec  Marie,  fille  .lu  roi  de  France,  déjà  promis  à  Isabelle,  fille  de  Guillaume 
de  llainaut.  Ce  second  mariage  se  réalisa  en  1334,  à  la  suite  de  la  médiation  de  Philippe  de  Valois  qui 
mit  fin  à  la  seconde  coalition  formée  contre  le  duc  de  Brabant.  Guillaume  de  llainaut  devenait  l'époux  90 
de  Jeanne  de  Brabant,  tandis  que  le  fils  aîné  de  Renaud,  comte  de  Gueldre,  épousait  Marie,  fille  aînée 
du  duc  de  Brabant. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  81 

conditionibus  in  parle  sua  tonerel;  et  quod  dux  posset  rodimere  partem  comitis 

pro  Lxxxr*  et  vc  regalibus,  addito  quod  dux  suis  expensis  impetraret  dispen- 

sationem  super  juramento  quod  predictus  cornes  ecclesie  Leodiensi   fecerat 

quod  parlem  suam  nunquam  venderet  vel  alienaret.  Cum  autera  dominus 

s  Clemens  papa  V,  obstante  episcopo  cura  cr.pitulo,  dispensare  rcnueret,  rex 

Francie  obtinuit  ul  negolium  tribus  episcopis  Francie  commilteretur.  Quo  facto,       Wiliems, 

dicti  cpiscopi  auctoritale  apostolica  dispensaverunt  anno  Domini  XI1ICXXXXVI,     e  Yeesten, 

xxix  junii  a.  Mortuo  postniodum  comité  Ludovico  predicto  in  prelio  de  Cressy,     il,  461  467 ; 

*  ..  Cart.  S.  Lamb., 

rex  Francie  convenit  cum  ejusdem  defuncti  filio  Ludovico  dicto  de  Maie  (/)      îv, 40, 45. 

io  facta  commutatione  ut  Henricus,  filius  ducis  Johannis  (2),  ex  integro  possi-  Wauters,  Table, 

deret  Mecbliniam  absque  solulione  pecunie  prelaxate.   Quod  sic  factum  est     6 juin  1347 

anno  XIIICXXXXVII  ".   Et  sic  manet   Mechlinia  apud  ducatum   Brabantie 

usque  in  diem  bodiernurn  (3). 

LU.  Paix  des  Awans  et  des   Waroux,   IZoi. 

is      Anno  Domini  XIIICXXXIIII.  facta  est  pax  in  monasterio  Sancti-Laurenti,    Cbapeav., 429. 
prope  Leodium  inter  parles  de  Waroux  et  Awanz.  Inde  et  initium  sumpserunt 
duodecim  judices  sive  paciGcatores  patrie.  Steterat  hec  simultas  annis  XXXVII 
a  tempore  domini  Hugonis  de  Cabilone  episcopi.  Quo  temporis  spatio  feruntur 
fuisse  inlerfecli  ex  utraque  parte  hominum  circiter  xxn  milia. 

-20      »  XIIICXXXIIII,  xix  junii  :  cod.  —  »  XIIIe XXX VII  :  cod. 

l'y  Louis  de  Maie,  comte  de  Flandre,  1516-1584,  épousa  Marguerite,  fille  de  Jean  III,  duc 
de  Brabant. 

(2)  Henri,  fils  aîné  du  duc  Jean  III,  mourut  le  20  novembre  1540.  Son  frère  Godefroid,  seigneur 
d'Aerschot,  recueillit  sa  succession,  mais  ne  survécut  que  jusqu'en  1552  et  le  vieux  duc  Jean  III, 
23  redevint  seigneur  de  Malines. 

(*)  Jean  III  avait  testé  en  faveur  de  sa  fille  Jeanne,  épouse  de  Wenceslas  de  Luxembourg.  Mais  à  la 
mort  de  son  beau-père,  arrivée  le  5  décembre  155'd,  Louis  de  Maie  réclama  la  part  de  Malines  Après 
la  bataille  de  Scheut,  où  les  Brabançons  furent  battus,  le  14  août  1555.  la  paix  conclue  à  Ath, 
le  4  juin  1557,  fit  rentrer  Malines  dans  le  domaine  de  la  Flandre,  et,  après  le  mariage  de  Marguerite 
30  de  Maie  avec  Philippe  le  Hardi,  le  19  juin  1509,  la  seigneurie  de  Malines  passa  à  la  maison  de  Bour- 
gogne. La  finale  du  texte  de  Brustlicm  est-elfe  le  résultat  d'une  distraction,  ou  bien  provient-elle  d'un 
texte  contemporain,  antérieur  à  1556? 

Tome  II.  H 


82 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


LUI.  Guerre  de  l'Angleterre  avec  le  Brabant,  1338. 

Chapear.,440.  Fodcm  anno  XXXVIII,  venit  Eduardus  rex  Anglie  tertius  (*)  illius  nominis 
Anlwcrpiam  cum  regina  et  prolibus,  cum  nuc  navibus  ad  invadendum  terrani 
INormannic  contra  regcm  Francie  Pbilippum  Valesium,  dcditquc  ad  hoc 
magnam  pccunie  summam  Ludovico  Bavaro  ab  eo  ad  annum  auxilium  5 
expeclans,  qui  tandem  aspersus  fuit  aqua  benedicla  curie  utpote  vicarius 
impcrii  effectus.  Multi  igitur  principes  profecti  sunt  cum  rege  Anglie  in 
Franciam,  dux  scilicel  Brabantie,  cornes  Gelrie,  maregravius  Juliacensis, 
maregravius  Brandeburgensis  (i).  dominus  de  Heynsberch  qui  se  pro  comité 
Losseosi  gerebat  (3),  cornes  de  Marcha,  dominus  de  Valkenberch.  Sed  rex  10 
Bohemie,  episcopus  Leodiensis,  cornes  Hannonie  et  Hollandie  (*)  tenebant 
partes  régis  Francie.  At  postquam  hi  qui  crant  pro  rege  Anglie  depredando, 
comburendo  aliaque  damna  inferendo  in  Francia  usque  Peronam,  Sanctum- 

Hocsem,  281.     Quintinum,  Laudunum  grassati  fuissent,  tandem  rex  Anglie  ineffleax   Ant- 

werpiam  ad  conjugem  et  liberos  venit,  anno  XXXIX  cirea  feslum  Dyonisii.  is 
Confisus  igitur  dux  in  auxilio  Bavari...  in  exercilu  contra  ipsum. 

LrV.  Discussion  au  sein  du  chapitre  sur  l'affaire  de  Looz,  1558. 

Hocsem,267.  Exercitibus  jam  ad  sua  reversis,  rex  cum  episcopo  venit  ad  capitulum... 
sentenliam  tantummodo  alii  duo  secuti  sunt,  dominus  Eniorandus  de  Fieses  (5) 
nepos  regi9  et  vicedecanus,  sacre  théologie  professor.  îo 


(«)  Êdonard  III,  roi  d'Angleterre,  1527-1377. 

(*)  Louis  I"  de  Bavière,  margrave  de  Brandebourg,  1323- 136b. 

(*)  Thierry   de  Heinsberg,   comte  de   Looz,  malgré  l'opposition  du  chapitre  de  Saint- Lambert, 
1336-1361. 

(*)  Guillaume  II,  comte  de  Hainaut;  Guillaume  IV,  comte  de  Hollande,  1537-1545.  Ses  sœurs  îb 
avaient  épousé  :  Jeanne,  Guillaume  V  de  Juliers;  Philippine,  Edouard  III,  roi  d'Angleterre;  Llisabelb, 
Robert  de  Namur. 

(•)  Knguerran   de   Fiea   ou    de  Fiefes,   chanoine    de  Saint-Lambert,    vice-doyen  en   1334.   Voir 
DiTacn,  11,  46. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM. 


83 


LV.  Nouvelle  convocation  du  chapitre,  4338. 

Feria  sexta,  octava  die  maii,  venit  rex  et  episcopus  feceruutque  indici  capitulum...  Hocsem,  268. 
aliqui  indignali  venire  renuerunt.  Dominus  scholasticus  timoré  régis  noluit 
interesse.  iNain  rex,  cum  idem  dominus  alias  respondisset  in  capilulo  obediendum 
s  esse  polius  sacerdotio  quam  imperio,  verbis  mordacibus  in  eum  incanduerat, 
jurans  quod  de  hoc  suo  tempore  recordaretur.  Persuasit  tamen  dicto  domino 
Enioxando  quod...  dicto  capitulo  interesset  (*). 


LVI.  Incendie  de  Malines,   1342. 

Eodem  anno,...  fuit  Mechlinia  conflagrata,   cum   ecclesia   Sancti-Rumoldi,     Hocsem,  309. 


io  multis  hominibus  ardore  et  fumo  extinctis. 


Cf.  Chr.  de  1402, 
334. 


LVII.  Châtiment  des  échevins  de  Saint -Trond;  4344  (2). 

Eodem  anno,  episcopus  ad  Sanclum-Trudonem  secessit,  nam  communitas  Cf.G.abb.Tmd., 

II,  '278-279. 
Chron. abrégée 

de  J.  d'O. 
Ms.  Bibl.  roy. 

de  Belg., 
9841,  fol.  23. 

Averbode, 

VII,  84-85. 


turbata  et  commuta  erat  contra  scabinos.  Et  facta  inquisilione,  invcnit  scabinos 
culpabiles  pro  majori  parte,  et  hoc  in  exaclionibus.  Unde  episcopus  fecit  eos 
is  detineri. 

(i)  Notons  ici  deux  petits  passages  du  manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale  de  Belgique,  II,  232!!, 
dont  les  expressions  concordent  avec  le  texte  de  la  Chronique  de  1402  : 


Manuscrit  II,  2325,  fol.  91. 

Tune  etiam  Visetnm  ab  episcopo  et  capi- 
îO  tulo    Leodiensi    novis    mûris    et    turribus 
vallabatnr. 

Item,   idem  episcopus   et   capitulum   sta- 
tuerunt  in  civitate   Leodiensi  ut  quolibet 
anno,  in  octavis  Sancti  Lamberti,  nundine 
îo  fiant  quod  forum  vocatur. 


Chronique  de  1402,  pp.  350-531. 

Tonc  temporis  Visetum  novis  mûris  et 
turribus  secus  ripam  Mose  ab  episcopo  et 
ecclesia  Leodiensi  vallabatur. 

Anno  Domini  M"CCCXXXIX»,  episcopus  et 
capitulum  in  civitate  Leodiensi  statuerunt 
ut  quolibet  anno,  in  octava  Sancti  Lamberti, 
nundine  fiant  in  sua  civitate  Leodiensi  :  quod 


forum,  vocatur. 

(*)  Même  texte  dans  le  manuscrit  9841  :  Adulphus  vero  episcopus  secessit  apud  Sanctum- 

Trudonem,   quia    communitas   commuta   erat    contra    scabinos,    et    facta    inquisilione, 

invinit  scabinos  culpabiles  pro  majori  parte,  quia  exacliones  levaverant.  Unde  episcopus 

30  fecit  eos  recludi.  Sur  cet  événement,  voir  aussi  les  deux  actes  mentionnés  dans  Stbave.-»,  Archiva 

de  Saint-Trond,  t.  I,  pp.  20  à  31. 


84  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

LVI1I.  Attaque  contre  les  llittois  à  Clermont.   1544  (*). 

Hocsem,  330.        Eodem   etiam  tempore,  Huyenses  magno  numéro  Leodium  adnavigaverunt, 
Cf.ms.BiM.roy.  coni|uerentes  de  episcopo  quod  pronunciationem  comitis  recusabal,  par;iti  tamen, 

y8ii.  foi.  23.    si  possent,  facere  emendam  secundum  delicti  exigenliam.  Et  cum  xxvi  octobris... 
Cf'ch'    bré  ée  ^esl'nus  temptaret  perûcere,  de  suis  tribus  ab  iluyensibus  occisis  ipse  balivus  5 
«leJ.dO.       vix  eil'ugil.  Ex  Huyensibus  "saltem  unus  cecidit. 

LIX.  Règne  d'Engelbert  de  la  Marck,  1546- 4 565. 

i.in.  de  1402,         Enghelberliis  a  Marcha,  prepositus  Leodiensis,  filius  fratris  domini  Adulphi 

defuncti  ex   filia  domini  de  Weezmale  (-),    in   vigilia  beali   Mathie  apostoli, 

institutus   est  septiiagesimns   sextus   cpiscopns,   anno    Domini    XIIICXLV,  10 

cf.  c.hr.  ahrégée  prcfuitque  annis  XX,  conGrmatus   per  dominurn   papam   Clementem   VI. 

Mortuo  namque  domino  Adulplio  episcopo,  vacavit  sedes  plus  tribus  mensibus  (3). 

Ms.  Bibl.  roy.  '  r  r  i  r 

de  Bel!?.,  9841,   Nain  canonici,  cognilo  apostolice   Sedis  decreto,  quo  dominus  Clemens  VI 
fol.  23-23  v».       ,  „  ... 

Averb  vu  85.  e'cctiones   et   conlirmationcs   archn-piscopalutim,    episcopatiium    aliarumque 

prclalionum   ecclesiasticarum  et  dignitatum  vaeanlimn   sibi   retinuisset,  ab  15 

eleclione  facienda  pro  tune  quieverunt.  Sub  hoc  temporis  spatio,  Philippus 

Francorum  rex  precibus  et  litteris  domino  Clementi  pape  pro  Enghelberto 


(i)  Immédiatement  après  le  texte  transcrit  dans  lu  note  précédente,  le  manuscrit  continue  avec  plus 
de  clarté  que  llocsem  :  Et  indc  regressus  Leodium  mandnit  consiliuro  tocius  patrie,  exceptis 
Hoyensibus.  Iloycnscs  vero  parati  erant  facere  entendant  si  deliquissent,  et  super  lioc  20 
miscrunt  nuncios  Leodium.  Et  cum  episcopus  tune  esset  in  Castro  Clarimontis,  timentes  pro  nuneiis 
suis,  miscrunt  oliviam  eis  Hoycnscs  plures  armutos  Et  cece  quidam  ex  familia  episcopi  cum  ballivo 
llaibanic  transilivit  ad  nnvim  nunciorum  prrdiclortim,  clamando  ad  mortem.  Et  ecce  equitarii 
Hoycnscs  qui  niissi  erant  in  succursiim  nunciorum  occiderunt  duos  vcl  très  aul  quatuor  de  parte 
episcopi,  aliis  fugientibus.  Verura  «le  Hoyensibus  unus  solus  cecidit.  î'i 

(';  D'après  Levold  île  iVorthof,  Engelberl  était  fils  du  comte  Engelbert  II  de  la  Marck  et  de  Malliilde 
d'Arenberg.  La  filiation  indiquée  ici  par  J.  de  Brustbcut  est  celle  que  donnent  la  Chronique  de  1401 
et  les  manuscrits  de  la  Bibliothèque  royale  de  Belgique,  9841,  et  II,  25"2B  j  elle  provient  sans  doute 
du  texte  de  J.  de  Warnant. 

(»)  L'auteur  du  manuscrit  9841  s'exprime  comme  suit  :  Vacavit  enim  sedes  nostra  post  mortem  30 
domini   Adulphi    per  1res  menses  et  amplius.    Infra   quod   tempus    mamhurnus  et   tutor  patrie 
Ludovicus  de  Agiinont  fuit,  capitulo  spiritualia  régente. 


CHRONIQUE  DE  JEAJN  DE  BRUSTHEM.  85 

directis.  ejus  tandem  eonfirmalionem  obtinuit.   Confirmatus  igitur  dorainus 

Enghelbertus  litteras  sue  confirmatiom's  premiltens  eliam  loco  sui  Conradum  Cf.  Chr.  abrégée 

de  Lonchien  (*)  gubern;itorem  pairie  constituit.  Rrgressus  aulem  episcopus 

ab  Avinione,  ad  arcem  Clarimontis  divertit,  et  inde  Flemaliam  ad  domum  dicti 

s  Conrardi  perveniens  ad  ingressum  chilalis  Leodiensis  se  disposuit.  Mensis 

itaque  aprilis  die  xn,  ingressus  est  civilalem  Leodiensem,  stipalus  suorum 

agmine  amicorum,  decenti  qnoque  comitatu  nobilium  et  militum,  receptus  a 

clero  et  populo  ingenli  letitia  et  tripudio. 

Cum  diebus  istis  mota  fuisset  simultas  inter  Coloniensem  archiepiscopum 

10  et  comités  de  Monlibus  (2)  et  Marcha,  mense  aprili,  anno  supradicto,  utreque 

partes  casu  sibi  obviantes  gravem  commisere  pugnam.  Verum  pars  dictorum 

comitum  viclrix  eflecta  quamplurimos  nobiles  partis  arcliiepiscopi  captivos 

detinuit,  reliquis  in  fugam  versis.  Archiepiscopus  aulem  hoc  inforlunio  tristis 

effectus,  alium  eodem  mense  congrrgavit  exercitum  ad  delendum  alterum 

ib  dictorum  comitum.  Enghelbertus  aulem  episcopus  (3)  cum  ingenti  totius  patrie  Cf.ms.  Bibl. roy. 

117     «     •         •  deBelg., 

sue  militia  omni  armorum  gencre  communita,  secessit  versus  Werllanam  in  9341,  f0i.  23  v. 

auxilium  dictorum  comilum.  Quo  percepto,  Wilhelmus  cornes  Hannonic  sese  Averb.,  vu,  85. 

médium  interposuit  pacemque  inter  dictas  partes  composuit,  licet  minime 

observata  fuisset. 
20      Eo  tenapore,  cum  regimen  civitatis  Leodiensis  a  nobilibus  translatum     Hocsem,  335. 

fuisset  ad  plebeos,  contigit,  exorto  tumultu,  inquisitionem  fieri  super 

quibusdam  pecuniis...  céleri  cives  erant. 

Dominus  Enghelbertus  eleclus  episcopus  super  lite  tempore  Adulphi  de  Cf.  Chr.  abrégée 

Marcha  episcopi  adversus  Huyenses  mola  eisdem  civibus  infestus  esse  cepit.        e     .   * 
!»  Eorum  namque  picora  abduci.  grana  levari,oppidanos  quos  poterat  apprehensos 

in   vincula  conjici  jussit.  Verum  inlerventu   nobilium  virorum  Walteri  de 

(*)  Conrard  ou  Corin  de  Loncin,  chevalier,  cité  à  partir  de  1314  (Fiefs  d'Ad.  de  la  Marck,  4),  comme 
bailli  de  Hesbaie  en  1519  (Ibid..  18),  souverain  mayeur  en  13291330,  éclievin  en  1329-1346  (Ltt 
Échevins,  I,  174-176).  Cf.  Hemricourt,  I,  p.  262;  II,  p.  291. 
"0       (•)   Adolphe  VIII,  comte  de  Berg,  1508-1348. 

(»)  Le  manuscrit  9811  porte  :  Post  pauca  cum  iugeuti  milicia  nosire  terre  processii 
versus  Werflariam  in  auxilium  comitum  de  Marcke  et  de  Monlibus  contra  Coloniensem 
tpiteopum.  Sed  Wilhelmus  corne»  Hannonie  de  pace  inter  diclos  dominos  traciavit. 


86 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Momalia  (*),  Theoderici  de  Heranio  (*)  et  Egidii  de  Cervo  (3)  militum.  pax 
reformata  fuit. 

Post  hoc.  cpiscopus  ccrncns  quantum  immineret  pcriculi  super  cxpulsione 
predictorum   Leodicnsium  scabinorum  et  civium,  regem  Dohemie,  qui  tune 
Namurcum  advenerat,  pro  eorum  revocatione  intercessorem  accersiri  decrevit.  5 
Quo  audito,  communitas   I  eodiensis  in  unum  eonveniens  potius  judicavit 
predictos  expulsos  ad  sui  episcopi  preecs  quam  eujuscumque  allerius  extranei 
principis  revocare.   Sicque  ad  instantiam  episcopi  eti;im   Lcodiensibus  pax 
restiluta  est. 
Cf.  M.  de  Lewis,       His  ita  compositis  (4).  dominus  Enghelbertus  a  quodam  episcopo  ordinis  10 
Hs.  Bibt.'rov.    Carmelitarum  a  Lovanio  in  castro  Muha  ad  se  vocato,  sabbato  mi  Temporum, 
<)84idenel^s  •   xvn  decembris,  promolus  est  in  presbiterum.  Deinde  sequenti  die,  que  erat 
Averb., vil,  86.  dominica,  cum  dicto  Carmelitano  episcopo,  secessit  versus  abbatiam  Vallis- 
Sancti-Lamberli,  ubi  per  episcopos  quos  Coloniensis  archiepiscopus  ad  hoc 
direxerat,  in  episcopum  est  consecratus.   Die  vero  dominica  sequente,  que  is 
fesliva  crat  sacratissime  dominice  Nativitalis,  anno  XIIIGXL"VI,  a  castro  Muha 
quo   ante   diverterat,    oppidum    Huyense   cum   eleganli    nobilium    comitatu 
introgressus,  cum  ingenti  gaudio  et  reverentia  receptus  est. 
Hocsera,  336.        Circa  inilium   mensis  maii  precedenlis  anni,  dominus   Wilhelmus  cornes 


(*)  Wauthier  de  Warfusée,  dit  de  Momallc,  chevalier,  maréchal  du  pays  de  Liège  de  1327-1329,   iO 
mort  en  1500.  Cf.  Hemricourt,  II,  p.  597,  et  Po.ncelet,  Maréchaux,  pp.  2(7-223. 

(*)  Thierry  de  Hancffe,  seigneur  de  Scraing  le  Château,  mort  en  1357.  Cf.  Hemricourt,  I,  p.  141, 
et  11,  pp.  238-239. 

(3)  Gilles  de  Cerf,  chevalier,  qualifié  dans  Malhias  de  Lewis  :  amicus  et  oppidanus  Hoyensis. 
Cf.  Hemricourt,  II.  p.  173.  23 

(l)  Texte  du  manuscrit  9841  :  Promolus  est  in  presbiterum  in  castro  de  Muha  a  quodam 
episcopo  Cai  nul  i  13  ru  m  ordinis,  et  in  episcopum  consecratus  anno  Domini  prescripto  in 
monasterio  Vallis.  SanctiLamberti  cisterciensis  ordinis  a  pluribus  episcopis  quorum  quidam 
Iransmissi  ab  archiepiscopo  Coloniensi,  cujus  vices  gerebaot. 

A  comparer  aussi  le  texte  de  Malhias  de  Lewis  :  El  sic  omnibus  pacificatis,  noster  electus...  50 
in  Castro  de  Muha,  die  xvn  mensis  decenibris,  ordinal ur  in  sacerdotem,  et  in  crastinum  in 
ecclcsia  Vallis  Sancti  Lamberti  in  episcopum  consecralur.  Deinde  die  Nativitalis   Domini, 
anno   videlicet  MCCCXLVI   cum   ingenti   consortio  tam  nobilium   quam  luoruni   amicorum 
eattrum  de  Muha  exiens  lloyum  intravit. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM. 


87 


Hannonie,  Hollandie,  Zelandie,  et  dominus  Phrisie  (*),  sub  pretextu  invadendi 
Phrisones  ei  rebelles,  aggregato  permaximo  Hannoniorum,  Brabantinorum. 
Luceburgcnsium,  Namurceiisium  atque  Leodiensium  exercitu,  ab  Ultrajecten- 
sibus  victualia  queque  ad  rem  bellicam  essent  necessaria   prelio  recipiens, 

»  eosdem  improvisos  obsidione  vallavit.  Mota  namque  in  dicta  civitate 
scdilione,  quamplurimi  dicto  comiti  faventes  extra  eamdem  civitatem  ad 
cenlum  annos  proclamali  sunl.  Cum  igilur  dictus  cornes  Dordraco  Hollandie 
oppido  applicuisset,  predicti  cxules  eumdem  ad  excidium  Trajeclensis  Infé- 
rions civitatis  incitarunt.  Itaque  cornes  a  feria  vi  que  x  erat  mensis  junii, 

io  per  vi  bebdoraadas  continuas  civitatem  predictam  fortitcr  impugnavit,  habens 
secum  iimvic  minus  quatuor  nobiles  milites...  quia  cornes  fovebat  partem  que 
succubuerat  litigando. 

Eodem    anno,    prefatus    cornes    tam    vehemenlis    anirai...     xxvi    die    mensis     Hocsera,  337. 
septembris  feria  il. 

13      Eodem  anno,  quinta  die  octobris,...   confederationem   quamdam    fieri  procu-     Hocsem,  338. 
raverunt  (2). 

Eodem  anno,  abbas  Sancti-Nichasii...  presentibus  canonicis  decem  et  octo  (3).     Hocsera,  340. 


(4)  Guillaume  V,  comte  de  Hollande;  Guillaume  III,  comte  de  Hainaut,  13W6-1389. 

(*)  Sur  l'affaire  de  Huy  que  J.  de  Brustlicm  raconte  ici  d'après  Hocsem,  on  trouve  d'autres  détails 

20  dans  le  manuscrit  9841,  fol.  25  v.  :  Hoyenses  anno  Domini  1346  domum  ballivi  de  Condrosio 
destruxerunt  eo  quod  quemdam  homincm  decoilarant  contra  justiciam  eorum,  ut  dicebant,  opidanum 
Hoyensem.  Unde  per  scabinos  Leodicnses  18  opidanos  Hoyenses  fecit  ballivus  cum  suis  qui  erant  pro 
parte  episcopi  vogiri.  Communitas  vero  Leodiensis  cum  consilio  bonarum  villarum  adhesit  Hoyensibus 
contra  factum  scabinorum.  Cum  ergo  episcopus  reverteretur  a  Werflaria,  ubi  tune  fuerat,  mestus  est 

25  factus  de  hiis  et  dissimulavit  sibi  appropriarc  factum  dicti  ballivi,  sed  tamen  egre  ferebat  ruinam 
domus  ejus.  Et  convocans  apud  Febe  consilium  tocius  patrie,  conquestus  est  de  Leodiensibus  et 
Hoyensibus  quia  confederati  sunt  et  quia  usurpant  sibi  jura  sua.  Sed  nil  actum  est,  quia  excusabant 
se  Leodienscs.  Ce  passage  manque  dans  la  Chronique  de  1A02.  On  peut  comparer  M.  de  Lewis,  \  14-HÎJ 
et  la  Chronique  abrégée  dr  J.  d'Otttremeuse. 

J0  (»)  Le  manuscrit  9841  est  ici  plus  conforme  à  la  Chronique  de  H02  :  Hoc  tempore,  abbas  Sancti 
Nycasii  Remensis  venil  Leodium  legatus  tractaturus  de  reformatione  pacis  comitatus 
Lossensis,  a  curia  romaiia  missus.  Apud  Hasselt  dictum  comilatum  LosseDseni  domino 
de  Heynberch  et  suis  heredibus  quidam  electi  de  pace  tractanda,  precibus  vel  aliter 
decepti,  capitulo  et  patria  ignorante,  reddiderunl,  presenti  episcopo  Engelberto,  quem  mox 

Z'-j  in    feodum    recepit    ab   eo.    Quam  pacem    dictus    legatus    confirmavit,    et    domiuum    de 


88  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Hocsera,  3il.         Eodem  anno,  circa  médium  mensis  julii,  episcopus  intendens  se  de  Leodiensibus 

vindicare,  assignata  certa  die  Leodiensibus  per  episcopum,  scilicet  feria  III  post 

Margarele  in  loco  dicto  Vottemia,  ubi  scabini  Leodienscs,  quando  in  Leodio  judicare 

Cf.  ms.Hibl.roy.  non  audebant,  consueveranl  pro  tribunali  sedere,  venit  ibidem  episcopus  cum 
deBelff., 
9841,  fol*. 24.     pulchra  socielate  nobilnim  utpote  cum  Johanne  rege  Hohemic  et  filio  ejus  5 

Averb.,  Mi,  87.  ]£ar0|0  rPge  Alemannie  (1),  comité  de  Marcha  cum  comitibus  Montcnsi, 
INamurcensi  (2),  \  iennensi  (3).  domino  de  Heynsberch  et  fere  cum  tota  gente 
comilatus  Lossensis,  cum  \\  alerano  domino  de  Valkcnbi  rch.elc.  (4).  Leodicnses 
vcro  circa  peronam  sive  locum  juditii  solilum  circumfodiendo  se  vallaverunt, 
ita  ut  non  csset  nisi  angustus  meatus  ad  eos.  Intravit  crgo  episcopus  vcloci  io 
cursu  equorum  ad  eos,  sed  non  diu  permansit.  El  ecce  comités  iMonlensis 
et  de  Marcha  cum  domino  de  Valkenburch  invaserunt  Leodienscs  et  Huyenses, 
qui  viriliter  resistentes  peremerunt  de  ex^reitu  episcopi  ad  quingentos  et 
Hocsera,  342.     amplius  viros.  Inter  quos  et  dominus  Waleranus  de  Valkenburch  corruil,  apud 

fratres  minores  primo  sepultus,  sed  statim  postea  ad  propria  deportatus.  Huyenses  15 
pulchra  maneria  quorumdam  scabinorum  et  canonicorum  seabinis  adherentium 
fundum  diruerunt.  Intérim  Leodienses  omnes  scabinos,  excepto  uno  Hubino  Barret  (5), 
qui  cum  ipsis  manserat,  bannierunt.  Cum  autem  exercitus  episcopi  multos  inermes 

Cf.  ms.Bibl.roy.  procuratores  et  presbiteros  ac  clericos  Leodienses  inlerfecisset,  tandem  recessit. 
9841  "fof  24     Peremerunt  namque  xxvi  presbiteros,  xxvm  clericos,  mulieres,  puellas,  leprosos  20 

Averb.,  VII,  87. 

Heinsbercb    absolvit,    et    organa    in  dicto    comitalu    resli  lui  t.    Quod    audiens    capitulum 

Leodiense  turbalur  et  conlra  sentenliam  dicte  pacis  Apostolos  appellut,  nec  cessavit  ab  excommuni 

cationc    domiiii   de    Ileinsbcrch.    Dicti   etiara    pacificatorcs   sedicioncm   civitatis    motam   metuentes 

fugerunt  extra  eam.  El  sic  noster  episcopus  Lcodiensis  est  diffisus.  On  lit  à  peu  près  le  même  texte 

dans  M.  us  Lewis,  p.  115.  25 

Philippe  la  Coque,  abbé  de  Saint-Nicuise  de  llcims,  13)0-1348,  mort  en  1349.  Cf.  Lettres  de 
Clément  VI,  t.  I,  pp.  Cl 6-6 18. 

(«)  Charles  1er,  roi  de  Bohème,  élu  roi  des  Romains,  19  juillet  1346,  couronné  empereur  au  mois 
de  novembre  suivant,  mort  en  1378. 

(*)  Guillaume  Ier,  dit  le  Kiclic,  marquis  de  Namur,  1357-1391.  30 

(*)  Ilumbcrt  II,  dauphin  de  Vienne,  1355-1349. 

(*i  Thierry  III,  seigneur  de  Fauqueniont,  1332-1346,  Fisen,  II,  108,  l'appelle  Adolphe  et  fait 
remarquer  que  Jean  d'Outremeusc  l'appelle  Waleran  ;  nous  voyons  que  Brujthem  l'appelle  de  même. 
Voir  Chronique  abréyee  de  J.  d'Outremeuse. 

ts)  Sur  Hubiti  Baré,  chevalier,  échevin  de  Liège  de  1338  à  1346.  Voir  d»  Borman,  t.  I,  p.  190.         35 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  89 

aliosquc  imbecilles  et  incrmes  ad  summam  vc  et  amplius.  Clinique  millier 
quedam  pregnans  ibidem  jaceret  eviscerata  ita  quod  infans,  horribile  dictu,  in 
utero  malris  palpilaret,  quidam  presbiter  misericordia  motus  accessit,  volens 
infanlem  baplizare  ac  mulieris  confessionem  audire,  et  in  ipso  pio  opère 
5  crudeliter  a  gente  episcopi  necatus  est.  Àcta  sunt  liée  anno  predicto  XHFXLVI 
in  festo  sancle  Marie  Magdalene  (1). 

Eodem  anno,  xxvi  die  mensis  augusti,  rex  Francie...  (2)  comité  Blesensi  cum    Hocsem,3l4. 

(')  Encore  a  peu  près  le  même  texte  dans  le  manuscrit  0841  :  El  sic  noster  episcopus  Leodiensis 
est  diffisus.  Vcnilque  die  quem  statuerat  cum  iogenti   societate   comitum  et   nobilium   apud 

10  Votemiam,  prope  scilicet  Lcodium,  anno  Domini  1346,  julii  die  19,  cum  rege  Bohemie  et  filio 
ejus  Karolo  electo  in  regem  Alemannie  comitibusque  de  Marcha,  de  Montibus,  de 
Namurco,  Vienne,  domino  de  Heiusbercb,  cum  tota  génie  terre  Lossensis  fere,  domino 
de  Falconismonte  et  aliis  multis  nobilibus  et  etiam  cum  magna  milicia  terre  nostre  et  diicatus 
Brabancie,  cujus  multitudo,  ut  opinor,  excessit  quasi  in  quadiuplum   Leodiensium  et  Hoyensium 

lo  exercitum.  Leodienses  vero  peronem  vel  locum  ubi  consultum  est  fieri  in  Votemia 
judicium  vallaverunt  in  clrcuilu  fossis,  et  ad  dictum  locum  sic  vallatum  cum  solis  Hoyen- 
sibus  episcopum  prevencrunt,  ipsum  prestolantes  et  dicm  ab  eo  prefixum.  Intravit  igitur 
episcopus  cursu  veloci  equorum  infra  motas  fossarum  illarum.  Sed  ibi  non  tardavil 
et  ivit  ad  alium  locum  ubi  non  consueverant  ficri  judicia,  et  ibi  scabini  Leodiensis.  episcopo  prcscnlc 

20  proscripserunt  42  cives  Leodienses  quos  eiegerant  ad  libitum.  Et  ecce  comitus  de  Montibus 
et  de  Marcha  cum  domino  de  Walkeuberch  invaseruut  Leodienses  et  Hoyenses.  Ibi 
occisus  est  doroinus  de  Valkenberch,  alias  de  Falconismontis,  et  plurcs  nobiles  partis  illius 
Et  secus  muros  incrmes  peremerunt  illi  de  parte  episcopi  20  presbiteros,  28  clericos 
pueros,  mulieres,  pueilas,  leprosos  elc.  ad   numerum  iu  summa  tota  vr  et  amplius.  Et 

■25  cum  mulier  quedam  pregnans  ibi  jaceret  eviscerata  ita  quod  infans  vivus  palpilaret, 
quidam  presbiter  accessit  ex  pielate  voleus  puerum  baplizare  et  mulieris  confessiouem 
audire,  qui  hec  sacramenta  agens  occisus  est  a  spiculatore.  Innocentibus  igitur  occisis, 
mox  Dci  operacio  patuit  quia  lantus  limor  exercitum  episcopi  invadit  quod  fugerunt  omnes. 
(Comparez  ce  qui  suit  avec  M.  de  Lewis,  pp.  117  à  118.)  Hoc  viso,  Leodienses  et  Hoyenses  cliam 

30  sunt  regressi.  Et  in  regressu  combusserunt  domos  scabinorum  quorundum  extra  urbem  et  etiam  in 
civitate  quasdam  domos  scabinorum  prostraverunt.  Hasbani  vero  et  Coudrosii  pre  timoré 
Leodiensibus  confederantur .  Sed  dominus  de  Hamalia  et  custodes  castri  de  Muha 
Hasbanos  comburebant  et  predabantur.  Et  custodes  Clarimontis  observabant  li tus  Mose 
spoliantes  pertranseunles. 

35  (')  Jean  de  Brusthem  reproduit  ici  le  texte  d'Hocsem,  tandis  que  le  manuscrit  9841,  concordant 
avec  la  Chronique  de  1402,  et  M.  db  Lewis,  p.  118,  nous  donne  sans  doute  la  version  de  J.  de  Warnant  : 
Hiis  diebus,  87*  die  augusti,  factum  esl  bellum  inter  reges  Francie  et  Anglic  apud 
Cresti,  et  confusus  rex  Francie  fugit  Ambianis.  Et  ceciderunl  ex  parle  ejus  plurimi 
nobiles,  scilicet..  . 

Tow  II.  13 


90 


CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Hocscm,  34o. 


Hocsem,  351. 

Ms.  ISibl.  roy. 

de  Belg., 

9841,  fol.  24  v°. 

Hocsem,  351. 
Cf.  ms.Iîibl.roy. 

de  Belg., 
9841,  fol.  24  v°. 
Averb.,  VII,  88. 
Cf.  Chr.  abrégée 

dcJ.  d'O. 


Hocsem,  352. 
Hocsem,  357. 


aliis  vin  comitibus  et  cxlv  equitibus  militibus.  ut  inventi  fuerunt  in  suis 
vestibus  et  galeis  insigniti,  de  reliquis  ad  numerum  xxx"  interfectis.  Die 
sequenli,...  ibidem  occubuil.  Deindc  rex  Anglorum  ad  obsidendum  Calays  se 
transtulit.  Quod  postquam  mensibus  xi  obsedisset,  in  deditionem  aceepit, 
anno  XIIICXLVII.  Expulitque  rex  omnes  quo9  intus  invenit  viros,  mulieres,  s 
senes  cum  junioribus,  regulares  et  socularrs,  permitlcndo  cuilibet  sibi  sumere 
duntaxat  unicam  vestem.  Poslea,  medianlibus  duobus  cardinalibus,  dalis 
treugis,  rex  Anglie  in  terram  suam  reversus  est. 

Circa  tempus  belli  prescripti,  capitulum  Leodiense  misit  pape  Miteras  in 
hune  modum...  Custodiat  vos,  etc.  io 

Terlia  die  septembris,  castrum  Clarimonlis...  solotenus  diruilur  (l),  factaque 
est  confederalio  Huyensium,  Dyonensium,  Tungrensium  et  yaneli-Trudo- 
nensium  cum  Leodicnsibus. 

Sequenli  die,  que  fuit  feria  terlia,  interdicto...  sententiam  incurrunt.  Céleri 
omnes  religiosi  el  clerici  interdiclum  observarunt  (2).  Abbas  vero  AInensis  (3)  15 
cum  quibusdam  aliis  de  paee  tractarc  ceperunt.  Slatutaque  die  dum  apud 
Trajectum  convenire  deberent,  ferebatur  dominum  de  Hamalia  (4),  marescalcum 
episcopi,  Leodiensibus  insidias  in  via  parasse.  Hegressi  igitur  Leodienses  cum 
suis  adjutoribus,  caslrum  de  Hamalia  prope  Tungris  obsident,  quod  cum 
aliquandiu...  diruerunt,  caplivis  secum  abductis.  20 

Vicesima  quinta  septembris,  scripsil  capitulum  Leodiense...  de  plenitudine 
potestalis.  Datum  xxv  septembris. 

Tandem  appropinquante  hyeme,...  mane  combusserunl  Miremort,  interfectis 
ex  improviso  cxx  hominibus. 

(*)  Ce  qui  suit  se  trouve  identiquement  dans  le  manuscrit  9841.  25 

(»)  Même  texte  encore  dans  le  manuscrit  9841  :  Tune  abbas  de  Alna  cum  aliis  quibusJam 
coepit  traciare  de  pace,  et  perceperunt  quod  dominus  de  Hamalia  mariscalcus  episcopi 
lusidias  pararet  Leodiensibus  in  via,  ut  dicilur.  Et  sic  regressis  eis  Leodium,  tota  ciritas 
turbatur.  Leodienses  ergo  et  Iloycnscs,  Dyonantcnses  et  Tungrcnscs  castrum  de  Hamalia  prope 
Tungris  obsident  et  xv  die  obsessionis  cum  ex  lapidibus  projeclis  quasi  illud  penitus  Leodiense»  50 
diruissent,  territi  custodes  castri  reddunt  caslrum,  salvis  corporibus,  se  captivos  otlercntcs.  Et  sic 
castrum  penitus  dcstruilur  et  ad  solum  usque  sternitur,  ac  singuli  ad  propria  sunt  reversi. 

(*)  Probablement  Alard  de  Marbais,  cité  en  1348  par  D.  Ilerset,  dernier  abbé  d'Aulne,  dans  sa 
chronique  manuscrite  de  l'abbaye.  Voir  V.  I'kiiuèuc,  Afonasticon,  t.  I,  335. 

(';  Sur  Jean,  seigneur  de   Hsmal,  voir   Htmricourt,  t.  I,  p    527  et  I.  Il,  p.  236,  et  Poncslkt,   55 
Maréchaux,  p.  124. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM. 


91 


Circa  médium  mensis  junii,  legatus  Sedis  apostolice...  applicuit  Namurcum.     Hocsem,  358. 
Eodem   terapore,  crescente  Leodiensium   audacia,  cum    multas  nobilium 
domos   invasissent,   volentes   omnia   sue   ditioni   submitlere,    colleclo   gravi 
exercitu,     habentes    capitaneum     quemdam     molendinarium,    exiverunt    ad     Hocsem,  358. 
s  obsidendum  Argenteal.  Archiepiscopus  autem...  Argenteal  obsidendo. 

Nona  die  julii...  nonnullos  occiderunt.  In  crastino  vero  cum  amplius  resistere    Hocsem,  358. 
non   possent,  dedito   Castro  seque  salvis  corporibus,   Leodiensibus   reddiderunt.  Cf.  Chr.  abrégée 
Rogaverat  autem   dominus  Reynaldus  de   Argenteal  (*)   una  cum  episeopo 
ducem  Brabantie  quatenus  eis  subsidium  venire  dignelur,  eo  quod  castrum 
io  ipsum  in  feudum  levaretur  a  duce.  Annuebat  dux  ac  se  cum  Henrico  filio  suo 
et  Reynaldo  duce  Gelrie  (*),  génère  suo,  et  comité  Lossensi  paravit  prediclo 
domino    in    succursum.    Verum    anlequam    venirent,    Leodienses    castrum 
obtinuerunt.  Erant  autem  in  castro  centum  circiter  numéro...   a   tribus  annis    Hocsem,  359. 
dominus  castri  levandum  instituerai, 
is      Feria  tertia  sequenti,  Leodienses,  Dyonenses  et  Huyenses  cum  grandi  exercitu     Ilocsem,  359. 
plus  quam  xxx"  profecti  sunt  versus  Waleviam  circa  partes  illas  castrametantes. 
Venit  et  dux  cum  suo  exercitu.  Leodienses  offerunt  pugnam,  sed  propter 
nimiam  pluviam  non  evenit.  Mane  orto  sole,  percusserunt  Leodienses  plurimos 
ex  fortissimis  exercitus  Gelrie  gavisique  sunt  gaudio  magno.  Sed  hoc  eorum 
20  gaudium  statim  conversum  est  in  luctum.  INam  dux  cum  suis  in  Leodienses 
acriter  irruit,  et  interfectis  quatuor  militibus , . . .   domus  fortes  episcopatus  in 
conflnibus  Brabantie.  Accidit  bec  Leodiensis  adversa  pugna  sabbato  in  profesto 
béate  Marie  Magdalene.  Videntes  autem  hec  Trudonenses  eodem  anno  in  festo 
beali  Jacobi,  reddiderunt  se  duci  Brabantie  eique  fidelitatem...  domos  per 
25  Hasbaniam  combusserunt. 

Archiepiscopus  vero  ducem  querens...  hoc  fedus  pariter  juraverunt.  Hocsem,  360. 

Ultima  die  martii,  dominica  Letare  anni  sequentis.  videntes  iili  de  Sancto- 
Trudone  quod  eorum  negotia  maie  succedebanl...  Cui  venienti  processionaliter, 
ut  decebat,  obviam  processerunt.  Sicque  rursus  oppidum  Sancli-Trudonis  ad 


30  (')  Renard  d'Argentcau,  ly  bon  et  ly  wailhans  sire  d'Argenteal  (Hemricourl),  seigneur  d'Argenteau 
de  1527  environ  à  1358  environ.  Voir  Poswick,  Histoire  de  la  seigneurie  d'Argenteau,  pp.  21-30. 
Hemricourt,  t.  I,  pp.  29  et  215,  et  t.  II,  p.  139. 

{})  Renaud  III,  duc  de  Gueldre,  1343-1301,  avait  épousé  Marie,  fille  du  duc  Jean  III. 


92  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

suum  verum  dominum  devolutum  est.  ordinata  lege  ut  decet  de  manu  episcopi 
et  abbatis  ejusdem  loci. 

Anno  Domini  XIIICXLIX  ('),  fuit  gravissima  mortalitas  per  totum  orbem  ex 
infecto  sanguine  alque  putrefaelo  Fuitquc  morbus  adeo  eontagiosus  quod  non 
soluni  communicantes  sibi  invicem,  verum  etiam  audientes  vel  cogitantes  de  '■> 


(*)  Le  manuscrit  98H,  fol.  24  V-2S,  nous  fait  de  cette  peste  le  récit  suivant.  Ne  se  trouvant  pas 
dans  la  copie  d'Averbode  et  étant  écrit  dans  le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale  de  Belgique  en 
dehors  de  l'ordre  chronologique,  ce  passage  n'a  rien  de  commun  avec  Jean  de  Warnant,  source 
ordinaire  utilisée  par  le  transcripteur  : 

Temporc  istius  episcopi  Engelberli,  scilicet  anno  Domini  1347,  igneus  vapor  magnitudine  horribili,  10 
boreali  movens  regionc,  magno  aspiciencium  terrore,  per  eclurn  dilabitur.  Et  quidam  scribunt  hoc 
codem  anno  besliolas  multiplicato    numéro  in    oriente   e  celo  cecidisse,  quarum  corruptio  et  fetor 
pcstilenciam  inlulerunt.  Anno  sequenli,  scilicet  1 3  48,  lugubris  et  rniscranda  pestis  pene  per  orbem 
fuit,  que  in  Asia  apud  Indos  incipiens  passimijue  per  provincias  irrepens,  trium  annorum  spacio  usque 
Britunnos  ubique  terrarum  in  oiunes  génies  desevit,  et  hoc  anno  amplius  quia  lv,a  milia  homiiium  lo 
Elorcncie  intr.i  urbem  absumpit,  et  per  agium  cuncta  prope  déserta  reliquit.  In  Avinione  etiam  hec 
cadem  peslis  codem  anno  desevit,  scilicet  anno  G10  démentis  pape  sexti.  Incepit  autem  hec  ibidem 
prima  mortalitas  in  mente  januarii  et  duravit  per  septem  menses,  et  habuil  duos  raodos.  Primus  fuit 
per  duos  menses  cum  febre  continua  et  sputo  sanguinis,  et  isti  moriebantur  intra  très  dics.  Secundus 
inodtis    per  residiuim   temporis   fuit   etiam  cum   febre  continua  et  npostematibus  et  atrocibus   in  20 
exterioribus,  in  sub  ascllis  et  inguinibus,  et  moriebantur  infra  quinque  dies.  Et  fuit  tante  conta  - 
giositatis,  spccialiter  que  fuit  cum  sputo  sanguinis,  quod  nedum  cohabitando  vel  commanendo,  sed 
etiam,  quod  mirabile  est,  solo  inluilu  vel  inspiciendo,  unus  inficiebatur  ab  alio,  iu  tantum  quod  gentes 
moriebantur  sine  servitoribus  et  scpeliebantiir  sine  saccnlotibus.  Pater  non  visitavit  filium  nec  filius 
patrem.  Caritas  enim  fuit  mortua,  spes  prostrata.  Et  fuit  non  solum  universaiis  quia  totum  mundum   2S 
occupaverat,  sed  etiam  niaxima  quia  vix  partem  hominum  quarlam  vivant  reliquit.  De  causa  tante 
pestis  multi  docti  hesitaverunt.  In  aliquibus  terrarum  partibus,  cicdiderunt  quod  Judci  venenassent 
mundum  et  ita  homincs  interfecerunt  christianos.  Finaliler  in  quibusdam  terris,  ad  hoc  res  devenit 
quod  l, m  liant  custodes  iu  civitatibus  et  villis,  qui  nullum  permittebant  intrarc  nisi  benc  notum.  Et  si 
alicubi  invenissent   pulvercs  vel   unguenta,    timentes  quod   essent   poliones,   faciebant   eos   glulire  30 
Quidquid  lamen  fama  mendâx  super  luis  referret,  volunl  aliqui  phisici  et  astrologi  quod  duplex  fucrit 
causa   istius   pestis.   Prima    est   universalis,    que   fuit   conjunctio    prima    major   trium    superiorum 
plinctarum,  Saturni.  Jovis  et  Martts,  que  precesserat  anno  Domini  1347,  marcii  die  24"  in  19  gradum 
aquarii.  Secunda  parlicularis  fuit,  scilicet  disposicio  humanorum  corporum  ut  cathocinia,  debilitacio, 
opilacio,  etc.  Duravit  plaga  secundum  aliquos  quoad  suas  rcliquias  et  posteritates,  et  quoad  aliquas  gs 
mundi  partes  usque  ad  octavum  annum  Innocencii  sexti.  «rilicit  usque  nd  onnum   Domini   1360 
#l  usque  ad  dimidium  annum  sequentem. 


GHKGNIQUE  JEAN  bE  BRUSTHEM.  95 

morte  alicujus  statim  inficcretur.  Et  de  infectis  ex  mille  vix  unus  mortem 
evasit.  In  aliquibus  locis.  média  pars  hominum  inleriit.  In  aliquibus  vero  vix 
quarla  pars  remansit.  Multa  proinde  oppida,  ville,  castra  et  domus  deserla 
manserunt. 
s  Ob  hanc  itaque  plagam  oritur  quedam  nova  secta  assumenlium  novum  Cf. Chr.  de  1402, 
genus  penitentie;  unde  et  flagellantes  dicebantur.  Hi  ante  se  crucem  portari 
fecerunt  et  ipsi  midi  seipsos  acerrime  ferreis  uncis  ac  rcsticulis  nodosis 
aliisque  inslrumentis  flagellabant  Sicque  sanguine  perfusi  flebilibus  vocibus 
lachrimanles   et   pre   dolore   suspiranles,  quasdam   preces  vernacula  lingua 

io  depromebant.  Nunquam  noctibus  continuis  uno  eodemque  loco  cubitabant. 
Horum  exemplo  alii  atque  alli  quamplurimi  compaticntes  similc  fecerunt  et 
reilerarunt.  Multa  bona  exinde  suborta  sunt  (*),  remissio  scilicet  injuriariim, 
homicidiorum,  odiorum,  restitutiones  injustorum,  etc.  Fueruntque  in  his 
congngalionibus  plures  prelali,  episcopi,  presbiteri,  nobiles  utriusque  sexus. 

15  Inceperuntque,  ut  ferebatur,  in  superiori  Alemannia,  descendenles  in  inferiorem 
Germaniam  et  exinde  in  Franciam.  Timens  aulem  Aposlolicus  démens  papa  VI 
ne  suborirenlur  ex  hac  novilate  secte  hereses  seu  scismata,  sub  excommuni- 
cationis  et  eterni  analbemalis  (pena)  talem  penitenliam,  ut  premillitur,  sine 
apostolice  Sedis  assensu  fieri  veluit,  ac  sic  cessavit. 

îo  Fuerunt  his  temporibus,  exigenlibus  peccatis  hominum,  multe  tribulationes, 
melus  et  terrores.  Nam  anno  XIIICLI,  comètes  in  aquilone  apparuit  ac, 
subsequentibus  ventis  validis,  visa  est  cadere  trabs  ignea.  Ante  mortem  domini 
Innocenlii  pape  VI,  fuit  eclypsis  solis  durans  xvn  horis,  quod  nunquam  vel 
ante  vel  post  visum  est.  Mulli  eliam  terre  motus  ita  ut  homines  habitarent  in 

as  nemoribus,  non  audentes  manere  in  domibus,  villis  vel  civitalibus.  Erant 
denique  pestilentie  et  famés.  Mec  miium,  cum  essent  mulli  hereses,  secte, 
superbia  et  nequilia  hominum  multa  (2). 

(*)  Nous  avons  dans  ces  cinq  mois  la  dernière  trace  certaine  de  la  pénétration  de  J.  de  Warnant 
dans  le  manuscrit  de  Brustliem. 
30  («)  Nous  croyons  que  le  récil  de  Jean  de  Warnant  s'arrête  avant  cette  description  de  la  peste 
et  que  le  texte  qui  suit  sur  la  succession  au  comté  de  Looz  n'est  plus  dérivé  du  même  chroniqueur, 
mais  provient  d'une  source  nouvelle  qui  sera  désormais  utilisée  par  Brustliem,  à  savoir  la  Chronique, 
de  Jean  de  Stavelot.  Voir  S.  Bàlou,  Sources,  p.  (511. 


94  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Chr.  latine  Anno  :  omini  XIIFLXI,  mortuo  domino  Thcoderico  de  Heynsberch,  qui 

deJ.de  Stavelot.  .  .  .......         „      ,    „ 

Cf.ms.  Bibl.roy.  comitalum  Lossensem  occupaverat.sine  liberis.  dominus  Enghelbcrtusepiscopus 

''•^3-Hol^lv°'  Leodk-nsis  recepit  dominiiim  ejusdem  coinitatus.  Cui  dominus  de  Dalenbroeck, 

9841,  fol.  24  v»;  _  r 

13791,         prcdicti  domini  Theoderici  consanguineus,  se  opposuit  vi  armorum,  lenens 
fol.78v-79.  ...  .      „,     .  ,  *.  •  •  ,     ,■ 

Aveib.  vu  89-  niumlionem  m  bloekem  conlra  episcopum.  At  vero  episcopus  in  manu  forti  s 
ix,  fol.  168.     dictum  castrum  de  Slockem  obscdit,  mense  junio.  Fatigali  ergo  assultibus  et 

deTlieux,  ..... 

78, fol.  61.      maclnnis,  qui  in  Castro  eranl  seipsos  cum  caslro.  salvis  corponbus,  episcopo 

Voir  Bai.au.     dederunt.  Prius  tamen  eadaver  unius  mortui  in  puteum  dicli  castri  projecerunt 

Sources,  p.  611.  '  '      * 

Unde  custodes  castri  ex  parte  episcopi  in  eo  immissi  de  aqua  potantes  aut  in 
graves  inciderunt  egriludines,  aut  pilis  et  capillis  fuere  decalvati.  Adeplo  igitur  io 
comitatu,  diclus  dominus  de  Dalenbroeck  paclum  iniit  cum  domino  Arnoldo 
de  îiummenis,  qui  et  consanguineus  domini  Theoderici  predicti  fuit.  Kmitque 
Arnoldus  omne  jus  quod  dominus  de  Dalenbroeck  ad  comilatum  Lossensem 
habuit,  pro  mullis  florenorum  milibus.  acccptis  ab  episcopo  lilteris  et  chartis 
de  diclo  comitatu  a  domino  Tbeoderieo  dereliclis.  13 

Anno  Domini  XIIICLXII,  rursum  gravissima  fuit  epidcmia  ex  qua  pêne 
nullus  evasit,  vel  ex  x"  vix  unus.  Anno  XIIICLXIII,  cepit  geiu  fortissimum 
a  feslo  Sancti  Trudonis  per  xv  continuas  bebdomadas.  Tandem,  defunclo 
archiepiscopo  Coloniensi  domino  Wilhelmo  de  Ghempe,  Enghelberlus 
Leodiensis  episcopus  ad  archiepiscopatum  prediclum  per  dominum  innocen-  20 
tium  papam  VI  est  promotus.  cum  rexisset  Leodiensem  ecclesiam  annis  XX. 


Annotations  de  Brusthem  au  texte  d*A.  d'Oudenbosch. 

I.   Détails  sur  la  paix  d'Arras,  i 43$. 

A.  d'Oud.,  18.        Anno  MCCCCXXXV...  dominus  Johannes  de  Heynsberch...  ivit  ad  Attrebatum... 

ad  Iraclandum  de  pace  inter  regem  Francie  (l)  et  regem  Anglie  (2)  et  ducem  îs 
Burgundie  (3).  Erantque  omnium  cqui  albi  et  eorum  vcstimenta  similiter  alba 

(•)  Charles  VII,  1403-1461. 

(»)  Henri  VI,  1422-1461. 

(')  Philippe  le  Bon,  1396-1467,  fils  de  Jean  Sans  Peur. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  95 

conscissa  cum  rubea  transparente  foderatura.  Cum  enim  idem  dux  sepe  rogatus 
ad  ignoscendum  mortem  patris  sui  semper  durus  et  inexorabilis  persisteret, 
missi  sunt  duo  cardinales  a  ponlifice  Ëugenio  IIII,  dominus  scilicet  Ludovicus  Cf.  Monstreiet, 
cardinalis  Cypri  legalus  (')  et  cum  eo  cardinalis  Sancte  Crucis  (*).  Cumque  c  ap' 
s  nec  ad  apostolicc  Sedis  instantiam  dux  ipse  fleeti  poluissel,  unus  cardinaiium 
aceeptum  panem  album  cunctis  qui  astabanl  cum  stupore  et  admiratione 
cernentibus  duci  ostendit,  maledicensque  panem  in  carbonis  nigredinem 
mutavit,  sicque  facturum  se  duci  nisi  mandatis  piis  obtemperaret,  constanter 
asseruit.  Sicque  dux  tali  prodigio  terrefactus  sub  certis  conditionibus  acquievit. 

10      II.  Renonciation  de  Jean  de  Heinsberg,   i 45S. 

Anno  De-mini  XIIIICLV,  reverendissimus  dominus  Johannes  episcopus 
Leodiensis  descendit  ad  Hagam  comitis  Hollandie  per  prefatum  ducem 
Philippum  vocalus  et  honoriûce  curialiterque  vocalus.  Cumque  post  multa 
habita  ad  ducem  familiaritatis,  ut  apparcbat,  colloquia,  dominus  episcopus 

15  abcessum  maturaret.  detentus  et  rogatus  est  per  dominum  ducem  ut  remaneret 
usque  in  crastinum,  et  lune,  habitis  quibusdam  secretis  colloquiis,  ipsum  abire 
dimitteret.  Annuit  vir  fraudis  nescius.  Mane  aulem  facto,  cum  idem  episcopus 
ad  abeundum  juxta  condiclum  paralus  esset,  habens  secum  domicellum 
Arnoldum  de  Uppey.  accessit  ducem  illi   valedicturus.   Demonstrata  est  ei 

20  caméra  quam  ad  colloquendum  prius  duci  ingredi  deberet  Veniens  igilur  sepe 
dictus  dux  ad  episcopum  hujusmodi  cum  aggreditur  alloquio  :  Domine,  inquit, 
episcope  Leodiensis.  ad  quid  nobis  grata  verba  dedisti?  Quare  promisisli  nobis 
te  nepoti  nostro  provisurum  de  oplimo  beneficio  dyocesis  lue?  Neque  tamen 
pinguius  habcs  quam  archidyaconatum  Campinie,  quod  tamen  cum  vacaret, 

23  nunc  alteri  dedisti.  Quare  nobis  ita  illudere  voluisti  ?  Sed  certe  adhuc  suo 
tempore  hujusmodi  facti  mcmores  erimus.  Ad  quod  animo  consternatus 
episcopus  respondit  :  0  domine,  maie  informalus  es  de  eo  quod  dicis  me  non 
habere  melius  beneficium  quam  archidyaconatum  Campinie.  Est  adhuc  aliud 


(*)  Le  cardinal,  surnommé  de  Chypre,  s'appelait  Hugo  Lusignanus  (1426-1442)  et  non  Ludovicus. 
S0       (*)  Nicolaus  de  Albergatis  (1426-1443). 


96  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

inulto  melius  illo.  Quod  cum  dux  false  diclum  asscruisset  rcspondit  opisoopus 
in  magnum  pnjudicium  et  sui  et  lolius  patrie  Leodiensis  :  Ymmo,  inquit, 
illustrissime  domine,  habeo  episcopatum  quem  de  facili  paratus  essem  resignare 
nepoti  tuo.  Hoc  verbo  captus  est  episcopus,  et  dux  ab  ejus  asp<ctu  se  subtraxit. 
!\'on  multo  intcrjecto  tcmpore,  dcducitur  vcnerabilis  dominus  episcopus  ad  5 
aliam  cameram  Quam  ut  ingressus  essel,  invenit  ibi  quemdam  sacre  théologie 
professorcm  de  ordine  minorum  et  a  tergo  earniOcem  babentem  nigrum 
pannum  de  serico  convolutum  et  ensem  evaginatum.  His  visis,  dominus 
Johanncs  episcopus  stupore  nimio  et  anxielate  confectus,  fere  exanimis 
ellicilur.  Cui  dicius  frater  ila  locutus  est  :  Ecce,  inquit,  reverendissime  10 
domine,  nosli  quomodo  promiseris  serenissimo  principi  noslro  le  de  optimo 
benelicio  quamprimum  vacaturo  quod  sorti  collationis  lue  obvenerit  provi- 
surum  nepoti  suo  generoso  adolescenti  Ludovico,  lilio  illustrissimi  domini 
Karoli  ducis  Hourbonie  et  Alvernie.  ÎNunc  autem  vacantem  arebidyaconalum 
Campinie,  qui  melior  est  in  tola  dyocesi  tua,  conlulisli.  non  servalo  sponsionis  i» 
tue  fédère,  comiti  de  Solms  (*).  Preterea  dixisli  te  babere  adbuc  unum  multo 
dignius  quod  utique  débet  esse  episcopatus  tuus.  Igitur  unum  e  duobus  datur 
tibi  eligere,  aut  ipsum  episcopatum  luum  ad  opus  dicti  Ludovici  resignare,  vel 
certe.  si  placuerit  eonfiteri,  facta  confessione,  mox  omni  mora  et  dilalione 
poslposila,  super  hune  pannum  te  inclinare  et  huic  ensi  cervicem  submiltere.  20 
In  hujusmodi  anxietatis  dominus  episcopus  constitutus  meditullis.  vile  sue 
suorumque  consulens,  de  re>ignatione  facienda  prestito  fidelitatis  sacramento, 
a.  d'Oud.,  i3.  seipsum  oblulit.  Demissus  itaque  ac  remissus  venit  cum  nepote  suo  comité 
de  Blanckenhcym  (2),  die  .wancte  Cecilie  virginis  et  marlyris,  in  oppido  Breda 
rcceplus  in  hospilio  regni.  Et  ibidem  constituit  procuratores  irrevocabiles  in  25 
curia  romana  ad  îenunciandum  episcopatui  in  manus  Summi  Ponliflcis  ad  opus 
et  favorem  nobilis  ac  generosi  adolescentis  Ludovici  de  Borbon  prepositi 
Sancli  Donatiani  lirugensis.  Quo  ibidem  sic  expedito.  venit  in  oppidum  Uiest, 
ibique  recolens  quid  fecisset,  tantum  cepit  cum  multimodis  singultibus  amare 

(i     Bernard  de  Solms,   chanoine  de  Saint-Lambert  er.   1151.  archidiacre  de  Campine  en   l;5i.   5" 
Cf.  De  Tbeix,  t.  Il,  p.  18-2. 

-i  Gérard  de  Blankcnheim,  (ils  de  Guill.  de  Looz-Heinsberg.  Cf.  t.  I,  p.  218. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  97 

flere  ut  nequaquam  se  posset  a  lachrimis  continere.  Deinde  venit  Leodium, 
asu:nptisque  venerabili  quodam  pâtre  ordinis  minorum  de  Observantia,  fratre 
Johanne  Goes  (*).  et  rcverendo  domino  priore  Cartliusiensium  (2),  necnon 
priore  Carmelilarum,  cepil  in  sua  propria  persona  facere  visilationem  in 
s  monasterio  Sancli  Laurentii  Leodiensis.  Et  cum  omnes  fratres  audisset  et  in 
crastino  dicerel  se  revcrsurum  et  finem  rei  facturum,  très  canonici  Sancti 
Lamberli  cum  amicis  domini  abbalis  ejusdem  monasterii  opposuerunt  atque  ex 
parte  capituli  cassaverunt  omnia  in  dicta  visitalione  facla,  co  quod  episcopus 
nullum  ex  confralribus  suis  canonicis  majoris  ecclesie  secum  duxisset. 


10      III.  Réception  de  i.ouis  de  Bourbon,  1 456  (3). 

Fuit  autem  reccptus  cum  magna  solemnilate  a  clero  et  populo,  ita  quod 
populus  Leodiensis  a  gradibus  ecclesie  Sancti  Lamberti  staret  ordinate 
in  armis  ab  utraque  parte  fori  usque  ultra  portant  Sancti  Leonardi  passim  et 
distincte,  doncc  omnes  pretaxati  équestres  introissent  ad  hospitia  sua. 
is  Fueruntque  adhibite  atque  complète  in  ejus  receplione  omnes  solemnitates 
et  cérémonie  de  more  fieri  consuetc. 

In  crastino  fuit  servala  processio  cleri  et  populi  ad  Sanclum  Laurentium, 
ad  quam  tantus  accurrit  populus  quantus  unquam  visus  fuit. 

Feria  quinla,  cantata  fuit  missa  specialis... 


2q       (•)   Sur  Jean  Goes,  voir  t.  I,  p.  58'J. 

(',  Jacques  de  Gruytrode,  prieur  de  lii2  à  1  475. 

(3J  Particulièrement  pour  le  règne  de  Louis  de  Bourbon,  Jean  de  Brusthem  reproduit  un  texte 
diiïérent  de  la  chronique  d'Adrien  d'Oudenbosch.  Les  passages  se  rapprochant  du  texte  de  cette 
chronique  y  sont  entremêles  à  des  passages  de  Merica.  l.e  principal  intérêt  des  textes  qui  suivent  c'est 

25  qu'ils  sont  vraisemblablement  empruntés  au  Diarium  d'Adrien  d'Oudenbosch  plutôt  qu'à  la  chronique 
même.  Or  on  ne  connaît  plus  du  journal  du  moine  de  Saint-Laurent  que  les  extraits  publiés  en  note 
de  leur  édition  par  Maiiène  et  Durand  et  les  deux  passages  retrouvés  par  Mgr  Schoolmecstcrs  dans 
un  manuscrit  du  Séminaire  de  Liège  et  imprimé  dans  le  Bulletin  de  la  Société  des  Bibliophiles  liégeois, 
t.  X,  pp.  227-i34.   Le  second  passage  relatant  l'arrivée  du  légat  Onufrius  à   Liège  en   1468,  se 

30  retrouve  en  entier  dans  Jean  de  Brusthem  et  il  est  donc  probable  que  les  not'.s  du  Diarium  ont  sen  i 
pour  établir  une  bonne  partie  du  texte  que  nous  fournil  notre  compilateur. 

Ton  ïi  43 


98  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Feria  sexla,  profeclus  est  navigio  versus  Huyum...  Dehinc  ad  Trajectum. 
Postea  visitavit  Tungrim,  Loos,  Sanctum  Trudonem,  Hasselt,  in  singulis 
locis  honorifice  recepliis. 

IV.  Les  conseillers  de  Louis  de  Bourbon.  1458. 

Erant  autem  domino  eleclo  1res  familiares  prccipui,  quorum  consilio  omnia  s 
sua  disponebat,  magister  Boberius  de  Morialmis  ('),  magister  Riebardus 
vulgariter  dictus  Ritsarl  el  Jacobus  de  Morialmis,  viri  nullius  lilulo  nobililatis 
insignes.  Incipicntibus  igitur  i  eodionsibus  se  eontra  dominum  suum  erigerc, 
illeque  [quum]  suorum  consilio  seduclus  mulla  puerilia  salis  ineircumspecte 
patraret,  factus  est  de  ipso  murmur  mullus  in  populo  a.  10 

V.  Exactions  des  procureurs  fiscaux,  4459. 

Quam  indigne  egerint,  quantas  tiufas  exercuerint  procuratores  fiscales...  diclu 
prorsus  est  incredibile.  Proli  nephas,  citabanlur  villani  simplices  coram  nobis, 
hora  prime  ad  sabbalum,  trahebantur  ad  judicium.  Non  apparebat  quonani  modo 
insolites  oves  Itipoiuni  rapaciuni  dentés  potuissent  evadere  nisi  dalo  laele  cum  15 
lana,  illorum  imperiis  obtempéraient...  Facte  fuerunt  proinde  ex  ipso 
comitatu  [Lossensi]  ad  dominum  electum  super  Iiis  lamentaliones  et  queri- 
monic.  Verumtamen  non  erat  qui  indicaret  pupillo  et  humili  ut  non  opponerct 
se  ultra  magnifie-are  super  lerram.  Sed  magis  conquerebatur  dominns  eleetus 
Leodiensis  sibi  in  sua  jurisdiclione  a  laicis  esse  prejudicatum.  20 

VI.  Mort  de  Jean  de  Heinsberg,  4489. 

Jobannes  de  Heynsbercli,  quondam   Leodiensis  episcopus,   ad    suam    ultimam 
osteiitationem,  fecit  sibi  fieri  preciosam  diploidem  cujiis  unicam  manicam,  quam 

■  Wacht.  ajoute  en  note  :  Et  estoit  avec  luy  M.  Robert  de  Morialmez,  M.  Richard  et  Jacques  de 
Morialmez,  gens  de  basse  estoffe,  lesquels  gouvernoient  tellement  le  menu  peuple,  tant  de  Liège  -25 
que  des  villes  et  plat  pais,  qu'ils  prindrent  l'évesque  en  grande  hayne,  et   furent  cause  de   la 
dissention  qui  s'esmeut  entre  ceux  de  Liège  et  de  Maestricht  et  d'Aix. 

(4)  Sur  Robert  de  Morialmé,  voir  t.  I,  p.  291.        Sur  Richard  de  Troncillon,  ibid.,  p.  527.  —  Sur 
Jacques  de  Morialmc,  cf.  de  Borman,  Écltcvins,  t.  1,  p.  384,  et  éd.  d'Adrien  d'Oudctiboscli,  p.  331. 


UiROMQUEDE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  99 

secundum  moduin  illius  temporis  sub  toga  serica  viridis  coloris  portabat, 
ornai'i  fecit  gemmis  preciosisque  margaritis...  ïali  igitur  habilu  vestitus 
per  civitatem  Leodiensem  proficiscebalur  ad  oppidum  Diest.  Erantque 
eo  die  cura  magno  frigore  acuti  venti  autumnales.  Al  dominus  Johaones 
5  algore  constrictus  ventoque  inflalus  dolorem  concepit  in  uno  latere... 
Circa  vero  mediam  noctem,  in  crastino  sancti  Luce  evangelisle,  xix  die  octobris, 
feria  sexta,  ex  liac  vita  migravit. 

VII.  Remplacement  de  l'abbé  de  Saint  -  Laurent,  1460. 

Cepit  igilur  predictus  episcopus  (*)  (Suessionum)  traclare,  secrele  tamen 

io  et  per  litteras,  cum  domino  et  magistro  Emerico  (2),  quondam  sub  domino 

Johanne  de  Heynsbercb  sigillifero,  quonam  pacto  aliquod  coramodum  sive 

lucrum    per   suara    industriam    [elecloj   procurare   possent   ut   tali  via  ejus 

amplioreni  gratiam  consequi  possent.  Tumulluantibus  aulem  monachis  Sancti 

Laurentii  Leodiensis  conlra  suum  abbatem  qui,  ut  supra  diclura  est,  siraplex 

15  eral  el  semislolidus,  curavcruut  predicti  episcopus  et  Emcricus  cum  Alexandro 

Berart   (3)   dictuni   abbatem   per   conventuui    destitui   et    alium   loco    ejus 

subrogari,  qui  eliaui  pro  sua  confirmatione  Iargam   promisit  domino  electo 

elargiri  propinam.  Qua  exhibita,  magister  Emericus  et  Alexander,  cum  aliis 

quos  dominus  electus  repudiaverat  eo  quod  de  offieiatis  domini  de  Heynsbercb 

20  fuissent,  nunc  coram  oculis  ipsius  electi  ceperunt  invenire  gratiam. 

VIII.  Raes  de  Heers  (*)  contre  les  procureurs  fiscaux,  1461. 

Predicte  autem  factionis  fusligatorum  in  procuratores  magnus  fautor  erat 

dominus  Raso  de  Heer,  qui  se  communilati  associans,  contra  dominum  electuin 

se  eri^ebat.  et  salis  quidem  ad  oculum  apparenter.  Cum  enim  vice  quadam 

26  idem  dominus  Raso  vocalus  fuissel  ad  mensain  cujusdam  procuratoris,  essetque 


(ll  Jran  Millet,  évêque  de  Soissons,  1445-1503.  Cf.  db  Borman,  Adrien  d'Oudenbosch,  p.  5H0. 
(*)  Emeric  Groy,  chanoine  de  Sainl-Martin,  mort  en  14C4.  —  Ibid.,  p.  555. 
[')  Alexandre  Bérart,  échevin  de  Liège,  dk  Bobjian,  Écltevins,  i.  I,  p.  560, 
(*)  Sur  Kaes  de  la  Rivière,  seigneur  de  Heers,  voir  t.  1,  p.  255. 


100  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

apposita.  cum  ingenti  apparatu,  delicalissima  rcfectio,  paratis  variis  ferculis, 
Hab.,  m,  u.  ccpit  ipsc  dominus  liaso  intra  se  cum  fremilu  murmurare  et  mentem  i  evolvere 
quomodo  procuratores  neduin  devorarent  pauperem  in  abscondito,  sed 
ctiam  ad  vanam  oslenlalionem  excedcnles  quoscunque,  potenles  et  nobiles, 
Amos.  VI, 1-6.  incederent  pompalice,  comedenles  agnum  de  grege  et  vitulos  de  medio  5 
armenti,  hibentes  vinum  in  phialis  et  optimo  unguenlo  delibati  et 
n i li i I  patiebantur  super  contritione  Joseph  pau péris  uti((ue  populi.  Unde 
ex  tune  radicalnm  in  procuratores  concepit  odium. 

IX.  Ambassade  des  Liéyeois  à  Paris,   4461. 

Sed  venienles  ad  regem  magister  Egidius  de  Métis  (*),  dominus  Egidius  îo 
de  Huyo,  dominus  Johannes  le  Ruyt  ac  alii  ex  parte  eivitatis,  dominus 
Conrardus  de  Horion  (2)  cum  aliquibus  majoris  ecelesie  canonicis  ex  parle 
capituli,  et  de  nobilibus  Conrardus  de  Leers,  Johannes  de  reranio  (3),  niliil 
adversi  passi  sunt,  yinmo  cum  venissent  ad  regem...  Estne  hic,  inquit, 
Egidius  de  Métis?  1S 

X.  Querelle  entre  les  maisons  de  Heers  et  de  Hamal,   4462. 

Sub  bac  etiam  tempestate,  orta  est  cruenta  inimieilia  inter  nobiles  de  Heer 
et  Hamalia.  Cum  enim  domieellus  Johannes  de  Hamalia  (4),  adolcscens  non 
conjtigatus.  quamdam  mulierem  minus  pudicam  oppidi  Lossensis  pro  explenda 
sua  libidine  procarelur,  et  quidam  Theodericus  de  Boeshoven  eamdem  simili  20 
desiderio  insequeretur,  conligit  in  villa  temporalis  domini  Kasonis,  dicta 
Horpmael.  quod  dominus  Johannes  predictus  cum  suis  persequeretur  prefatum 
Thcodericum  in  hospitio  quodam  ville  illius  bibenleni  cum  aliis  et  cum 
bastardo  de  Heer.  facloqiie  per  illos  de  Hamalia  impelu.  cum  dietus  baslardus 
per   posticum  exilire   vellet,   in    ipso  exitu   interficilur.    Oh  cujus  mortem  25 

(i    Sur  Gilles  de  Metz,  Gilles  de  Huy  et  Jean  de  la   Bovcric  dit  le  Riiyte,  voir  de  Borman,  Adrien 
(VOudcnbofeh,  pp.  549,  338  et  317. 
(•)  Sur  Conrard  de  Horion,  chanoine  de  Saint-I.oniberl  depuis  U3G,  voir  de  Thkux,  t.  Il,  p.  233. 
(3)  Sur  Conrard  de  Licrs  et  Jean  de  Seraing,  voir  de  Bobjian',  Adrien  d'Oudcnboseh,  pp.  345  et  561. 
(*)  Sur  Jean  de  Hamal,  voir  t.  I,  p.  235.  30 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  101 

obfuscata  dissensione  inter  domicellum  Johannem  et  Tbeodericum,  exorla  est 
illa  sanguinaria  inimicilia  inter  domos  de  Heer  et  Hamalia.  lit  quia  domicellus 
Johannes  conlulit  se  ad  cpiscopum  ut  tueretur  ab  eo  captaretque  benevolentiam 
nobilium  qui  cum  eodeui  domino  erant,  dominus  autem  Kaso  verlit  se  ad 
5  communitatem  Leodiensem  eamque  in  odium  domicelli  Johannis  concitavit 
adversus  dominum  electum. 

XI.  Mission  de  l'ovêque  de  Tournai,  1462  {l). 

Cum  rcverendus  dominus  episcopus  Tornacensis  variis   mediis  laborasset 
Leodiensem    populum    ad    subveniendum    atque    obediendum    suo    domino 

10  Leodiensi,   etiam  dura  ex   parte  ducis  proponendo,  nequc  tamen  proiïceret,  M., v, 231, ion, 
sed  heu  !  omnis  ejus  conatus  inanis  redire  t,  tandem  idem  episcopus  in  bec 
verba  finem  sue  legationis  fecit  :  «  Nos,  inquit,  venimus  jam  ad  vos,  ecce       A.,85, s-i. 
adhuc  tenipus  adveniet  quo  venietis  ad  nos.  »  Sic  se  habuit  idem  Tornacensis 
episcopus  in  causa  inter  dominum  electum  et  populum  suum   Leodiensem    M.,  v,  231,  u. 

15  sed  quia  affectui  effectus  minime  respondebat,  valedicens  eis  recessit.  Intérim 
magislri  multis  instantiis  miserunt  ad  dominum  ducem. 

XII.  Intervention  du  pape,  et  envoi  d'un  légat,  1462-1465. 

Quapropter  idem  pontifex  nepharios  et  execrabiles  ausus  ferre  non  valens,       cf.  Bulle 
processum  per  dominum  electum  [inslituil]  contra  rebelles  Leodienses  suosque    fermant 

20  complices,  interdieti  quoque  impositionem  ac  alia  exinde  subsecuta  apostolica    dans  de  Ram, 
auclorilate  confirmavit.  Ullerius  etiam  commisit  venerabilibus  dominis  episcopis 
Trajectensi  (2)  ac  Cameracensi  (3)  neenon  domino  abbati  Sancti  Adriani  Montis 
Gerardi,  quatenus  prefalos  temerarios  et  eorum  faulores  infra  xvm  dies  dislricte 
requirant.  Et  nisi  omnia  et  singula  promissa  retractaverint  et  ulterius  absti- 

25  nuerint,  eosdem  auctoritate  apostolica  excommunicationis  gladio  ferirent  et 
eorum  loca  ecclesiaslico  interdicto  supponerent.  Insuper  si  ab  hujusmodi 
nephandis   aclibus    infra   decem    dies   sequentes    se   non   correxerint,    eterne 

(i)  Guill.  de  Rancovado.  Cf.  t.  1,  p.  251. 
[*)  David  de  Bourgogne,  évéque  d'Utrcclit,  de  14S7  à  1496. 
30       (3)  ,'ean  de  Bourgogne,  évêque  de  Cambrai,  de  1459  à  1479. 


104  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

malcdictionis  srntcntic  ourn  aliis  formidabilibus  imprccationibus  subjicerent. 
Ilujus  commissionis  bulla  est  de  dala  anni  dominice  incarnationis  XIII[CLXII, 
kalendis  maii,  pontificalus  Pii  pape  anno  quarto. 

Postcujus  commissionis  cxecutionem,  Leodiensesab  ea  appellantes  miserunt 
ad  Summum  Pontificem,  petentes  ab  bujusmodi  excommunicationis  sententia  s 
absolvi  cl  interdictum  relaxari,  olTcrenles  se  ad  omnia  que  juris  essent  et 
rationis.  In  diebus  illis.  pendente  appellatione.  exsccutus  est  processus  quidam 
et  affixus  ad  valvas  ecclesie  Sancti  Servatii  Trajcctensis  ex  parte  domini 
i'.asonis.  abbalis  Sancli  Adriani,  executoris  bulle  inlerdieli,  in  quo  fere  omnes 
eanonici  nominative  expressi  admoniti  fuerunt  recedere  a  locis  interdictis,  10 
a  quo  processu  omnes  unanimiler  appellaverunl.  Intérim  redierunt  nunlii 
eivitatis  qui  ad  romanam  missi  fuerant  curiam  ad  prosequendam  appollationem. 
portantes  secum  brève  aposlolieum  eontinens  quomodo  Pontifex  deerevisset 
velletque  mi  Itère  legatum  sufflcienti  pielale  fulcilum  ad  examinandam  eausam 
et  relaxandum  interdictum.  13 

Anno  Domini  XIIIICLXIII.  missus  est  a  Sede  apostolica  dominus  et  magisler 
Pelrus  Ferrici  Hyspanus,  decrctorum  doctor,  capellamis  et  orator  domini 
pape  (')  Pii  II.  qui  tum  erat  in  episcopalu  Moguntino  ad  expcdiendnm  eerta 
negotia  apostolica.  Hinc  igilur  dominus  i'etrus  babens  in  mandatis  aposlolicis 
ut  mox.  visis  litteris  quarum  dala  erat  anno  Domini  XIIIFLXIII.  kalendis  îo 
februarii,  pontificatus  Pii  pape  anno  V,  omni  mora  postposita,  ad  Leodiensem 
episcopatum  pergertt,  allegationes  partium  auditurus  et.  ut  juris  ratio  expostu- 
Javerit,  terminaturus  aut  compositurus,  ultima  martii,  venil  idem  delegatus  ad 
oppidum  Aquisgranis  receplus  hospitio  in  convenlu  [canonieorum]areguIarium. 

\    10.,  Statimque   jussil    ad    se    vocari    dominum    Leodiensem...    quesivit   multis  25 

90  «j  91   - 

mediis    partes    concordarc,    scd    non    prevaluil.    Magistri    autem   eivitatis, 

dominus  Kastrar,  dominus  Baré  Surlet,  et  llellinus  de  Holzéc,  ad  instinclum 

magistri   Johann is    Herpel  (2),    ordinaverunt    quamdam    appellalionem    contra 

legaltini. 

«  canoniconim  :  add    Wacht.  30 

(l)  Sus  le  légat  Pierre  Ferrez,  voir  t.  I,  p.  255. 

(*)  Sur  l'astre  P.aré  «le  Snrlel,  Hellin  de  Boisée  et  Jean  Herpel,  voir  ob  Dor.ua>.  Adrien  d'Ouden- 
bosch,  pp.  363,  314,  33tl. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  105 

XIII.  Départ  du  légal,  1463. 

Ilis  et  aliis  indisciplinati  populi  cavillationibus  perlesus,  ipse  dominus 
legatus,  postquam  a  sanctissimo  domino  papa  aliiid  brève  apostolicum 
recepissct  de  diligenti  recognitione  facienda  super  attentatis  in  prejudicium 
s  ecelesiaslice  juiisdictionis,  enjus  data  oral  anno  Domini  XIIIICLXIII, 
vi  kalend.  novcmbris.  ponlificatus  Pii  pape  sexto,  post  singulos  juris  terminos,  Merica, 
(ranstulit  se  ad  urbem  Trevericam,  veritus  sane  obstrepentis  populi 
indomitam  feritatem,  quam  saltem  in  modico  Aquisgrani  experlus  fuerat. 


I,  236,  i-3. 


XIV.  Prise  du  château  de  Reydt  (*),   j 464. 

»o  Cum  circa  initium  presentis  anni,  scilicel  in  nocle  sacratissime  Nativitatis 
Christi,  quidam  î  gidius  (îoddyns.  incola  ville  de  Ulbeeck,  pairie  Leodiensis, 
licet  ab  omni  parte  cingatnr  a  comitatu  Lossensi,  spoliatus  esset  furtive  magna 
pecunie  summa,  et  exinde  publiée  fama  cum  vebementi  suspicione  orta  esset 
de  Johanne  dicto  der  Loerer  moram   trahente  in   Roesel.  parochie  ville  de 

î3  Wellen,  non  longe  ab  Ulbeeck,  cujus  uxor  soror  erat  illegittima  uxoris  dicti 
Egidii,  idem  Johannes  metu  eorporis  sui  confugit  ad  castrum  de  Reyda. 
fumque  ibidem  aliquanto  fuisset  tempore,  in  mense  mayo,  vcnil  ipse  Johannes 
eques,  adjunctis  sibi  aliis  x  equitibus,  in  domum  dicti  Egidii  sui  sororii.  atque 
cumdem  Egidium  ejusque  fratrem  Ghisbertum  clericum  minime  conjugatum 

io  eaptivos  abduxit  et  ad  castrum  de  iîeyda  transvexit.  ac  domum  Egidii  omnibus 
clenodiis,  localibus  ptcuniis  et  omni  pretiosa  suppellectili  spoliavit.  Uxore 
autem  dicti  Egidii  et  amicis  ejus  pro  captivorum  redemplione  spoliorumque 
recuperatione  omnibus  modis  sollicitanlibus,  dominus  Raso  de  Heer  videns 
sibi  oblatam   occasionem  captandi   benevolentiam  et  favorem  communitatis 

25  patrie   Leodiensis   et  comitalus  Lossensis,  in  odium  domicelli  Joltannis  de 
Hamalia,  qui  domini  Leodiensis  partes  fovcbat.  ac  etiam  domini  Fastrardi  iîare, 
populum  ad  obsidionem  dicti  castri  incilavit.    Igilur,  in  festo  Satietorum  A.  d'O.,  98,  i-«. 
Johannis    et    Pauli    fratrum    martyrum,    demandavit    proceres    totius    patrie 
Leodiensis  ac  comitatus  Lossensis,  Trudonenses  quoque  et  Tungrenses  atque 

30       (i)  Cf.  de  Borman,  Adrien  d'Oudenbosch,  p.  587, 


loi  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ad  obsidionem  dicli  eastri  de  Reyda,  non  obstante  quod  dicti  captivi  relaxati 
ac  remissi  essenl,  sese  accinxit.  Ilec  autem  dominus  Raso  in  odium  dictoruni 
virorum  nobilium  cgit.  Nara  castrum  de  Reyda  eral  allodium  domini  Johannis 
de  Arcndael.  patrui  domini  Fastrardi.  De  quo  sepe  proposuit  dominus  Raso, 
nacta  oecasione.  vindictam  sumere  eo  quod  ipse  dominas  Rare  ad  versus  eum  s 
populum  instigasset  pro  pace  habenda.  Predicios  itaque  eaplivos  Egidium 
et  Ghisberlum  jam  vinculis  emancipalos  rnrsum  ceperunt  et  Egidium  secum 
ad  obsidionem  duxerunt.  Caploque  primum  antemurali,  acceplo  consilio  a 
magislro  Egidio  de  Métis,  ipsum  castrum  fortiter  impugnantes  tandem  in 
deditionem  receperunt.  Sieque  oblenlum,  cum  invenissent  in  omnibus  usque  10 
ad  annum  sufficienter  provisum.  spoliarunt  et  fundilus  everterunt,  prefalum 
vero  Jobannem  (1er  Loerer  combusserunt  et  in  cincre?  redegrrunt  ac  novissime 
eum  triiimpbo  et  gloria  ad  propria  redierunt.  Dominus  autem  Leodiensis 
cernens  ta  m  expeditum  gentis  sue  exercitum  desuper  ponlem  lapideum  Trajecti 
navibus  per  Mosam  transfretare,  aceensus  animo  volebat  simul  cum  ipsis  ad  15 
obsidionem  transire,  sed  a  suis  retentus  et  impeditus  Trajecti  remansit,  quod 
mullorum  et  infinitorum  malorum  seminarium  fuit  " .  Eleetus  autem  Olo- 
niensis.  dominus  hobertus  (*),  cum  fralre  suo  aliisque  quibusdam  nobilibus, 
venit  videre  exercitum  Leodiensem  fecitque  cis  in  vino  gratiosam  propinam  in 
modica  tamen  satis  mensura.  Lx  bac  autem  Victoria  Leodiensium  crevit  20 
audacia  multoque  plus  quam  hactenus  rebellare  ceperunt  '. 

<  Wachtendonck,  qui  reproduit  en  noie  ce  passage  de  J.  de  Brusthem,  ajoute  ceci  :  Unde  versus 
capti  eastri  de  Reydt  :  Accessit  valida  Reida  castrum  plebs  Leodina,  1464.  Puis  il  note  le  passage 
suivant  du  manuscrit  de  Jacques  Chabot  :  Sed  maie  statim  Leodiensibus  successit,  quia  detruserunt 
et  ejecerunt  Ludovicum  episcopum  Leodiensem  extra  suam  civitatem.  Nec  cognoseebant  eum  épis-  2b 
copum  et  dominum  corum,  ita  ut  nemo  de  eo  loqui  auderet.  Nain  quidam  dictus  Mathias  Calipodiarius, 
civis  Leodiensis,  ex  quo  dixerat  quod  Ludovicus  de  Bourbon  adlmc  esset  tam  potens  in  Leodio 
sicut  unquam  fuerat,  licel  verum  dicebat,  sicut  antea  evenit,  propterea  ante  S.  Lamberti  gradus 
sententiam  accepit  capitalem.  Et  etiam  successive  plures  alii  pacem  desiderantes  et  veritatem 
dicentes,  ad  detruncationem  capitis  eondemnabantur,  et  sic  plures  inconvenientie  in  civitate  tiebant.  50 
—  *  Waclit.  note  ici  :  Kn  ce  temps  les  Dionantois  lurent  en  division  à  l'occasion  de  messire  Jan 
de  Valle,  chevalier,  auquel  ils  abbalirent  sa  tliour  du  chasteau  et  le  reste  de  sa  maison.  (Voir 
A.  d'Oudenbosch,  p.  87.)  -  En  ce  temps,  le  s'  Everard  de  la  Marche  ayant  grand  nombre  de  soldats 
près  de  Liège  print  vengeance  de  ses  ennemis. 

(M  Robert,  comte  palatin,  élu  archevêque  de  Cologne  le  50  mars  lifi~>,  mort  le  17  juillet  1480.        55 


CHRONIQUE  DE  JEAN  f)E  BRUSTHEM.  105 

XV.  Excommunication  lancée  par  le  légat,  1464  (1). 

Rodem  igilur  anno,  feria  secunda,  décima  septembris,  dominus  legatus 
supradiclus  Pelrus  Ferrici,  in  Treverica  civilale  existens,  pcr  suam  sententiam 
diffinilivam  excommunicavit  el  analhemalizavit  in  générale,  et  quamplurimos 

s  nominatim  in  specic,  omnes  et  singulos  burgimagistros,  rectores,  juratos,  cives, 
incolas  et  comraunitates  civitatis  Leodiensis  ac  oppidorum  Sancli-ïrudonis, 
Tungris,  Los.  Hasselt,  cum  aliis  oppidis  comitatus  Lossensis  et  locis  supradictis 
adherenlibus,  declaravitque  eos  incidisse  desuper  sententiam  excommunica- 
tionis  auctoritate  stalutornm  synodalium  et  provincialium,   penani  quoque 

10  cenlum  milium  florenorum  aurcorum  de  caméra  et  tri^inla  milium  florenorum 
rhenensium.  Fuit  autem  bec  sententia  lata  et  in  scriplis  promulgala  anno  a 
Nativitate  Domini  XIIIICLXIIII,  décima  septembris,  pontificatus  Sanctissimi      M.  236,  «-s. 
domini  nostri  pape  Fii  secundi  anno  septimo.  A  qua  lamen  sententia  tanquam 
indebita  et  injusta  appellatum  est. 

13      XVI.  Ambassade  envoyée  au  roi  de  France,  4464.  a.,  too,  h-m. 

Missi  fuerunt  ad  regem  Francie  dominus  Wilhelmus  de  Berlo  (2)  et  magister 
Egidius  de  Melis...  Quos  rex  bénigne  suscepit...  rogavil  (amen  quod  caute 
prosequerentur  causam  suam  haberentque  ad  modicum  patienliam,  scilicet  ad 
mortem  ducis  Pbilippi  qui  senio  confectus  multisque  corporis  molcsliis 
20  fatigatus  videbatur  non  diu  posse  superviverc.  Missum  est  denique  versus 
Bruxellam,  servatoque  convenfu,  predicti  captivi  dimissi  sunt,  accessus  quoque 
ad  Brabanliam  admissus.  Omnia  eliam  suspensa  sunt  usque  ad  médium  mensis 
martii  ac  tune  de  singulis  fieret  inquisitio.  Quod  lamen,  quia  ad  pacem  vergere 
videbatur,  domino  Rasoni  minime  placuit. 


i:>  (,')  La  sentence  du  légat  fut  approuvée  par  le  pape  Paul  I!  avec  certaines  atténuations.  Voir  Médita, 
<!ans  notre  t.  I,  pp.  25G-257.  J.  de  Brusthem  reproduit  le  texte  de  Mérica.  Un  annotateur  indique  en 
marge  la  date  de  la  bulle  pontificale  :  Oatuni  ad  S.  Mariam  majorem  Romae  1465,  10  kal.  januarii, 
pontificatus  ipsius  anno  î. 

\*)  Sur  Guill.  de  Berlo,  voir  de  Bohman,  Adrien  d'Oudenbasch,  p.  512. 

Tome  II.  14 


HMS  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

\..  iii,j-iM,  ».      XVII.   Déclaration  de  guerre  des  Liégeois  au  duc  de  Bourgogne,  {46$. 

Post  hec  audilum  est  duccm  Clivie  itcr  suum  dircxisse  ad  terram  Brabantie. 
Al  regens...  egressus  est  ad  intercipiendum  viarum  aditus  quibus  dux 
prefatus  lerram  Brabantie  adiré  deberet,  sed  propler  ingentem  pluviam 
Leodienses  exitum  suum  relardantes,  antequam  vcnirent,  dux  jam  pertransierat.  5 
ilis  auditis.  clamor  magnus  faetus  est  in  populo,  vociferantibus  omnibus  ut 
exirent  contra  hosles,  antequam  illi  parali  essent  se  defendere.  Volebantque 
primum  inr.ursare  terrain  Lympurgensem.  Majores  vero  dicebant  nihil 
attentari  debere  donec  injuriam  aliquain  ex  parle  ducis  Philippi  paterentur. 
In  die  Decollationis  Sancti  Johannis  Baptiste,  ceperunt  minisleriales  vini-  io 
culture  versus  terram  Lympurgensem  proficisci  eranlque  adeo  animo  obstinati 
ut  ncc  per  magistratus  imperium  ncc  per  dominum  Rasonem,  qui  multum 
apud  plebem  semper  potuit,  ab  hoc  suo  proposito  possent  quovis  modo 
revocari.  Sed  nec  regentem  cum  fratre  suo  idipsum  impedire  vel  saltcm 
prolraherc  volcntes  audire  noluerunt.  Al  dominus  Fastrardus  Bare  (J)  in  15 
hujusmodi  verba  proriipit  :  «  Quid,  inquit,  agitis,  0  boni  viri  Leodienses? 
Vultisne  ducis  lerram  devaslare  priusquam  prius  diffidetur?  ÎVon  sunt  bec 
acla  proborum  mililum.  Necesse  est  ergo  ut  prius  diffidetur.  »  Intérim 
H.,242,  ».      minisleriales  pannifici  subsecuti  fuere  vinicolas.   Posl  m:ila  verba  ventum 

est  ad  pessima  facta.  Quid  enim?  Die  sequenti,  scilicel  sanetorum  Felicis  20 
et  Adaucti.  mittitur  nuncius  versus  Bruxellam  ad  dominum  ducem  Philippum, 
deferens  secum  literas  publiée  diffidalionis  quibus  eumdcm  ducem  cunelosque 
adjutores  et  fautorcs  ejus  petulanti  animo  diltldabant. 

XVIII.  Dévastations  commises  par  les  Saintronnaires,  146$. 

Ludique  multiplieata  sunt  mala  super  terram.  Sed  ad  maloruin  cumulum,  îs 
oppidani  Sancti  Trudonis  egressi  lanquam  furibundi  incenderunt  omnes  domus 
et  fortalicia  nobilium  circumvicinorum,  scilicel  Duras,  Ordîngben  ae  etiam 
Home,  non  obslante  quod  silum  esset  Home  sub  districtu  Sancti  Trudonis, 
pluresque  alias  domos  per  circuilum,  et  hoc  ideo  quia  predicti  nobiles  nolebant 
rclinquere  verum  suum  dominum,  sciliect  dominum  Ludovicum  de  Borbon,  00 

r>)  Sur  Failré  Baré  Surlet,  voir  t.  I,  p.  237, 


a.  m,  t .. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  107 

sed  relinquentes  oninia  sua  manserunt  cum  eo  usque  ad  finem  guerrarum. 
Unde  predicti  Trudonenses,  non  valentes  se  ad  libitum  de  predictis  nobilibus 
vindioare,  non  dtsistebant  lamen  in  eos  plurima  irrogare  convicia.  vocando 
eos  tradilores  el  corum  uxores  meretriccs  borbonistas,  et  similia  plura  fecerunt. 

s      XIX.  Bataille  de  Montenacken.  Négociations  de  paix,  1465-4466. 

In  feslo  (Jndecim   milium  virginum,  factus  est  conflictus  inter  dominum      Cf.  A.  d'O., 
Johannem  ducem  Clivie,  noniine  domini  ducis  Philippi  et  ejus  fllii  comitis        126,ÎS' 
Karoli  cum  INamurcensibus  ex  una,  et  Leodiensium,  Lossenssium,  liasbanen- 
sium  partibus  ex  altéra,  cecideruntque  ex  parte  Leodiensium  circiter  xvmc. 

tu  Unde  factus  est  clamor  magnus  el  ululalus,  neque  enim  erat  villagium  in 
Hasbania  ex  quo  non  vcl  x  vel  xu  plus  minusve  in  ore  gladii  corruissent. 

In  vigilia  Omnium  Sanetorum,  cum   per   nuncium    delatum   fuisset   e  A. d'O.,  127, t-n 
Francia  de  pace  facta,   ecclesie  congregale  in   Sancto    Lamberto   traclare 
ceperunt  inter  se  quomodo  populum  inducere  possent  ad  pacem.  Et  quidem 

ib  primo  statuerunl  vocare  magistros  ac  alios  probos  cives  eosque  humiliter 
rogare  quatenus  se  velint  ad  pacem  disponere  et  quod  dominmn  electum 
recognoscere  velint  et  ecclesiam,  quodque  interdiclum  servari  permittant. 
Intérim  rediit  magister  Johannes  Heylman  ('}  a  Francia  cum  magislris  oppidi 
Dyonantensis,  asserens  quod  dominus  Karolus,  cornes  de  Charioes.  voto  suo 

20  potitus  esset  de  rege,  et  quod  Leodienses  née  unum  quidem  amicum 
haberent  in  aula  régis  nisi  solam  ipsius  personain,  et  quod  non  potuisset  redisse 
nisi  sub  salvo  conductu  Karoli  comitis.  Quibus  auditis,  Leodienses  animo 
consternati  omnes  pacem  desiderabant.  Rogaveiuntque  comités  de  Meurs  (2) 
et  de  Home  (3)  ut  legationem  accipere  dignarentur  ad  dominum  ducem 

25  Pbilippum  pro  treugis  impeliandis.  At  comités  a  Bruxella  rcdeuntes,  eonvocato 
palatio,  proposuerunt  quomodo  tractassent  modis  omnibus  quibus  potuissont 
de  treugis  dandis  et  pace  faeienda,  sed  ex  parte  domini  ducis  responsum 
accepissent  quod  Leodienses  prius  dominum  suum  et  ecclesiam  reeognos- 
cerent  et  locum  restabilirent  et  tune  pacem  seu  treugas  pelèrent. 

;u       if)  Sur  Jean  Heylinaii,  voir  de  Bokman,  Adrien  d'Oudcnbosch,  p.  336. 
(*)  Vincent,  comte  de  Meurs  et  de  Saarwerden,  voir  t.  t,  p.  513 
(*j  Jacques  de  Home,  voir  de  Bohman,  toc.  cit.,  p.  337. 


108  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Cl.  A.  d'O.,  Lossenscs  et  Dyonantenses  miscrunt  deputatos  suos  Leodium,  roganles  ut 

pacem  exquirerent,  nam  oi  ipsi  pacem  modis  omnibus  componcrent,  sed 
mallcnt  ut  insimul  pax  per  uni  versa  m  terrain  baberelur.  Intérim  palria 
Cf  i.  d'O.,  Leodiensis  rapinis  graviter  vastabatur  et  incendiis.  In  die  Sancii  Brictii, 
conibustum  fuit  forlalieium  de  Berlo  multaque  villagia  cirea  Waremiam.  Cum  a 
autem  dominiis  Karolus  cornes  cura  suo  exereilu  redisset  ex  Franeia  esselque 
cirea  Tlienis  oppidum  Brabanlie,  venerunt  comités  supradicti  cum  qualluor 

Cf.  A.,  d'û.,128.  deputalis,  domino  seilieet  deçà  no  Leodiensi,  magistro  Jolianne  de  Quercu  (J), 
Dianum.       decano  Sancti   Pétri   {-)  et  decano  Sancti  Johannis  (:i),   qui  missi  fuerant  ad 

dominum  Lcodiensem  proponentes  de  traclanda  paee.  Quam  cum  omnes  io 
appelèrent,  incenlor  totius  mali  dyabolus  quoi  falsos  rumores  per  suos 
ministros  disseminavcrit  in  populis  ad  impediendum  pacem  vix  cxplicari 
posset  verbis.  Dicebant  aliqui  quod  dominus  de  Baden  per  aposlolicam  Sedem 
esset  in  episcopum  confirmatus  et  imperalor  haberet  in  commissione  ponendi 
cum  in  possessione.  Alii  dicebant  dominum  de  Borbon  esse  defunclum,  et  alia  is 
hujusmodi  quamplurima. 

A  d'O.,  129,17-sj.  Anno  Domini  XIIII'I/XVI,  ipso  die  Nativitalis  Cbristi,  venerunt  comités 
déférentes  in  scriptis  volunlatem  domini  ducis.  Unde  in  die  Sancti  Stephani 
convocalo  palatio  ac  scedula  lecta,  dominus  Haso  et  Bare  multuni  renitebant 

a.  d'O.,  130,  i  !.  de  arliculo  illo  principalius  concurrente  quod  seilieet  ad  voluntatem  ducis  20 
deberent  dari  deeem  viri.  Ministeriales  concluserunt  pacem  sed  nolebant  dare 
viios  ad  volunlatem,  quos  magis  pecunia  redimi  volebanl. 

In  oclava  Innoeentium,  Brabanlini  inlraverunt  terram  Hasbanie  vcnerunlque 
in  Heer  et  Loscaslri.  Mulli  autem  Hasbaniensium  fugerunt  versus  Leodium. 
'  ommissum  igitur  fuit  a  xxvui  ministeriis  Libcrto  Texloris  (4)   et  magistro  25 
Jobaiini  le  iiuyl  (5)  componere  pacem  meliori  modo  quo  possent.  Qui,  facto 
prandio,   profecti   sunt   ad   dominum    KaroWim   in  oppido   Sancii   Trudonis 


(0  Jean  de  Seraing,  doyen  de  Saint-Lambert  depuis  1  îSG,  et  Jean  de  Chcsnc,  chanoine  de  Saint- 
Lambert,  voir  de  Tiieux,  t.  Il,  pp.  25b  et  263. 

(2)  Eustache  de  Atrio,  voir  Poncelet,  Saint -Pierre,  p,  xxxiv.  30 

(3)  Evrard  de  Vcrncnholt,  voir  Lahavr,  Saint-Jcau,  p.  xxxiv. 

(*)  Libert  Textor,  échevin  de  Liège.  Cf.  de  Borman,  Echevins,  t.  I,  p.  336. 

("]  Jean  de  la  noverie,  dit  Le  lluytc,  voir  de  Bormam,  Adr.  d'Oudenbosch,  p.  337. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  109 

existentem   quo   inhibente   armigeri  ejus  ulterius  non  processcrnnt.  Cornes 
Sancti  Pauli  (x)  maiisit  in  Heer. 

Rursum  insurrexerunl  Leodii  quidam  malcvo'i  qui  nolcntcs  paccm  armali 
exire  volebant  lantumque  egerunt  ul  ad  sonilum  campane  omnes  esscnt  ad 
s  arma  parati.  Dominus  Raso  voluit  paccm  noluilque  dictis  sediliosis  adherere. 
Intérim  venit  Libertus  Texloris  cum  quodam  byraldo  domini  Karoli  ferens 
secum  formam  pacis.  Hyraldus  in  foro  a  prediclis  perversis  percussus  fuit  et 
nisi  dominus  Raso  et  dominus  Barc  eum  défendissent,  discerptus  et  occisus 
fuisset,  Libertus  autem  voce  magna  ctamavit  :  Quid  facitis.  inquit,  boni  cives; 

10  iste  salvavit  vitam  meam  et  vos  vullis  eum  occidere?  Malo  ego  occidi  quam 
hic  a  vobis  occidatur.  Populo  igitur  congregato,  exposuit  dictus  Libertus 
negotium  se  bene  habere  et  mox  debere  pacem  acceptare,  alioquin  nisi 
accepletur  infra  triduum,  Brabanlini  venient  proculdubio  usque  Leodium. 
Post  niultos  tumultus,  sigillala  fuit  per  Leodienses  littera  pacis  in  octavis  A.d'0.,{30,so-5i. 

15  Epiphanie.  Tungrenses  sigillare  recusabanl,  nam  cum  dominus  Rare  depor- 
tasset  dictam  litteram  in  Tungri,  fuit  in  maximo  vite  sue  periculo.  Hasselenscs 
etiam  sigillarunt. 

Fuit  itaque  Leodii  iterum  magna  in  plèbe  commotio  fuitquc  magister  Egidius 
de  Métis,  cujus  supra  fréquenter  meminimus,  per  noctem  deductus  in  Violetta 

-20  captivus.  Dominus  Karolus  mansil  in  oppido  Sancti  Trudonis  ad  inveniendum 
modum  pacis  et  concordie  inter  dominum  electum  et  Leodienses  et  ibidem 
permansit  usque  post  oclavas  Epiphanie. 

Interea   i'iccardi,  qui  cum  domino  Karolo  vénérant,  miserunt  servos  ad 
proxima  loca  pro  pabulis  equorum  suorum.  Eodem  temporc,  ordinati  fuerunt 

2o  per  comitatum  Lossensem  viri  pediles,  locali  circa  villam  de  Wellen,  ad 
observandum  et  tuendum  viarum  adilus  adversus  predictos  Riceardos,  ne  pro 
suis  equis  pabula  ferrent,  llnde  et  complures  ex  eis  circa  villas  Berlinghen 
et  Hupertinghen  interfeeerunt  halebantquc  predicti  viri  Lossenses  instrumenta 
ad  sagitlandum  dicta  bombardas,  teuthonice  clueveren,  undc  et  eodem  vulgari 

30  nomine  dicebantur  «  clucverschulier9  ».  Igitur  uni  versus  exercitus  Riccar- 
dorum,  contra  predictos  veniens,  intercepit  eos  in  Wellen,  Berlinghen  et 

(*)  Jean  de  Luxembourg,  surnommé  le  Bâtard  de  Saint-Pol,  voir  de  Bormin,  Adr.  d'OudcnboscU 
p.346. 


ilO  CHRGNIOUKS  LIÉGEOISES. 

Huperliiighen  ae  potissimum  in  nemorc  adjacenti  dicto  Kriekelcrcbosch,  ubi 
et  plurimos  dictorum  sagiltariorum  proslraverunt.  Videntes  autem  qui  residui 
eranl  potentiam  dicti  exercitus,  collegcrunt  se  ad  prefatum  nemiis,  cumque 
Piccardi  nitcrcntur  nemus  irrumpere  et  adversarios,  qui  in  eo  latebant,  penilus 
prosternere,  e  contra  Lossenses  sagittarii,  se  viriliter  defendentes,  quamplurimos  :; 
ex  Piccardis  interemerunt,  eecideruntque  in  co  conflietu  plures  magnâtes, 
inter  quos  quidam  dictus  fllius  solis.  'Tandem  nocte  supervenienle,  Piccardi 
incenderunt  adjaeens  sacellum  in  Otersloe  domosque  vicinas.  Sed  et  hoc 
factum  est  cis  in  scandalum.  Nam  ex  claritate  ignis  Lossenses  dictos  incensores 
Piccardos  clarius  contemplantes,  nec  lamen  ab  eis  videri  poluerunl,  magnum  10 
eorum  numerum  occiderunt  et  tandem,  extinctis  flammis,  post  mediam  noctem 
liberi  abierunt.  Ceciderunt  ex  Lossensibus  viri  ultra  quam  quadringenli,  sed 
proïlratorum  l'iecardoruin  longe  copiosior  erat  nu  mer  us.  Acta  sunt  in  initio 
anni  LXVI,  circa  festum  Epiphanie.  Sequenti  die,  dominica  infra  oclavas 
Epiphanie,  exorta  fuit  maxima  sedilio  inter  Piccardos  et  oppidanos  Sancti  i» 
Trudonis  in  ejusdem  oppidi  foro  publico,  que  tamen,  ad  instantiam  et  inter- 
ventionem  domini  electi.  per  dominum  comitem  Karolum  confirmati,  sedata 
fuit,  dictaque  fuit  ipsa  dominica  «  den  quaden  sondacb  ».  Sequenti  die,  faela 
discussionc  ac  veritate  comporta,  jussit  prefatus  cornes  plures  Piccardos, 
prcfale  seditionis  incenlores.  in  foro  capitibus  truncari  reliquosque  precepit  ïo 
abire  oppidumque  di  mi  Itère.  Et  ipse  cornes  post  dies  paucos,  pace  composita, 
ad  propria  rediit. 

Non  post  mullos  bos  dies,  Leodienses,  Tungrenses  et  Lossenses  in  continio 
Sancti  Trudoni  commoranles.  pretactam  pacem  violantes  ac  in  suas  prislinas 
iniquitates  et  injustitias  récidivantes,  dictum  oppidum  Sancti  î'riidonis  obsidere  2r> 
conali  sunt,  Sed  quia  dominus  eleclus  in  Huyo  jam  cxislens  nullum  dicto 
oppido  subsidium  prestitit,  mediantibuseertis  paelis  concordie.  ipsum  oppidum 
intraverunt.  Post  dies  paucos,  Welnenses  et  eorum  confines  prefali  sagittarii, 
qui  etiam  a  viridi  vexillo  quod  habebanl  dicti  sunt  vulgariter  «  die  gruentente  », 
id  est  de  viridi  tentorio,  seditionem  in  oppido  concitarunt.  Contra  quos  fortiores  00 
juvenes  et  adolescentes  Sancti  Trudonis  sumpserunt  sibi  vexillum  aurei 
coloris  et  ab  eo  dicti  de  Flaveo  tentorio,  qui  et  prediclos  de  viridi  tentorio 
expulerunt. 


CHRONIQUE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  H  4 

Porro  scientes  Leodienses  doininum  Karolum,  occasione  pretacte  seditionis  a.  au,  131,»-». 
ac  violate  prioris  pacis,  eis  rursus  graviter  esse  offensum,  elegerunt  ex  quolibet 
ministerio  duos  viros  probos,  qui  litteras  pacis  sigillatas  déferrent  domino 
Karolo,  qui  lum  veneral  ad  vindicandum  se  usque  in  villam  Yechtmale 
5  eomilatus  Lossensis.  Qui  iterum  eos  bénigne  recepit,  jubens  eos  locari  in 
hospitio  ac  apponi  cibaria.  Et  altéra  die,  cum  essel  in  campo,  ostendil  eis 
armaluram  suam,  faciens  omnes  ordine  congruo  pertransire.  Dixitque  intcr 
cetera  :  Dilectissimi  amici  viri  Leodienses,  cor  nostrum  semper  ad  vos 
rectum  fuit  et  ante  bellum  et  post  paceni  proclamatam.  Sed  quia  dicebatis 

10  omnes  meos  armigeros  occisos  in  Francia,  ostendam  vobis  reliquias  que  super- 
fuerunt  et  uiecum  venerunl.  Et  si  voluerilis  ingredi  semitas  juslitie,  omnes  pro 
veslra  defensione  erunt.  Si  igitur  pacem  desideratis,  curetis  litteras  ab  aliis 
etiam  oppidis  sigillari,  et  ego  dabo  vobis  litteras  de  pâtre  meo.  Datisque 
lilteris,  redicrunt  ad  propria.  Quod  cum  expositum  fuisset  in  palatio,  factum 

îs  est  gaudium  magnum  in  populo.  Verum  Dyonanlenses  pacem  acceplare  reçu-     A.  d'O.,431. 
sabant.     Similiter    et    Hasselenses    nitebanlur    corrigere    dominum    de       Diannm. 
Voghclsanck  f1)  aliosque  qui  se  ad  partem  ducis  diverterant. 

Dominus  Faslrardus  Baie,  deducto  ad  palatium  magistro  Rgidio  de  Métis,  A.d'0.,l3l,«!s. 
renuntiavit  clavi   magistrali,   que   ci    data    fuerat   pro   domino  Johanne  de 

20  Seranio  deditque  eam  Henrico  Rosseal  (-),  adversario  magistri  Egidii,  qui 
etiam  se  illi  partem  adversam  constituens  petiit  de  eo  senlentiam  condem- 
nationis. 

Cumque  magister  Egidius  pro  se  responsionem   reddere  vellet,   nemo  A.  d'O.,  132, 7-». 
illi  intendebat,  sed  eum  tradi  advocato  sive  villieo  proeiirabant.  Prefeclus  ,1}1<î  >  Dianum- 

2ri  dixit  se  neminem  ad  causam  mortis  debere  recipere  nisi  prius  judicatum. 
Invalescentibus  aulem  omnibus  adversus  diclum  Egidium,  pulsata  campana 
bannali,  deductus  est  sepedictus  magister  Egidius  de  Métis  ad  gradus  in 
foro  traditusque  prefecto.  Qui  populo  circumstanti  locutus  ait  :  «  Boni 
cives,  ego  per  annos  quinquaginta  (3)...  »  Quo  facto,  mox  ad  pyronam  insonuit 

30  et  p3x  proclamata. 

(l)  Jean  d'Autel,  seigneur  de  Yogelsanck,  voir  de  Uoksun,  Adr.  d'Oudenboacli,  p.  3H. 
(')  Henri  Rosseal,  Ibid.,  p.  559. 

l5y  Le  discours  de  Guillaume  de  Metz  est  identique  duos  Adr.  d'Oudeubojcu  (Di»riuro)  et  dans 
J.  de  Bruslhem,  sauf  quelques  différences  d'expressions. 


lia  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

XX.  Révolle  d'enfants,  1466. 

A.  d'O.,  138, 7-30.  El  ecce,  sabbato  ipsam  dominicain  précédente,  ncscitur  quîbus  instigantibus 
nisi  spiritibus  malignis,  pueri  x,  xii  vel  xv  annorum  fecerunt  siln  vexilla, 
currentcs  per  plateas  civitatis  et  clamantes  «  Vivat  Baden»,  in  despeclum omnium 
de  Borbon,  et  eadem  semper  resumebant.  Dum  au  te  m  venirentad  domoseorum  5 
qui  estimabanlur  fautores  esse  domini  de  Borbon,  ibidem  persistenlcs  fortius 
eadem  inelamabant.  Dominica  die  sequcnli,  pueri  mane  cum  vexillis  fuerunt 
in  palalio  eadem  vociférantes  et  omnia  insignia  domini  du  Borbon  detra- 
hentes.  Idipsum  in  ccclcsiis  et  aliis  locis  fecerunt.  Quemdam  eos  super  his 
increpantem,  capillis  traxerunt  in  terram,  quem  et  pcreusserunt.  vestes  ejus  10 
dilaceraveiunt  ut  vix  scmivivus  cvaderet  ab  eorum  manibns.  Erant  autem  divisi 
Cf.  a  do.,  in  viginti  quatuor  circitcr  turmas.  habentes  vexilla  totidem.  Effregerunt  etiam 
u\,  57-19.       Jomos  quorumdam   canonicorum   in  Sancto  Martino,  in  Sanclo  Petro  et  in 

Cf. J. de L., 35,13.  Sancto  Baitholomeo,  asportantes  cibaria  et  cetera  ad  usum  vite  necessaria, 

déponentes,  si   que  invcnissent,  domini  de  Borbon  imagines  et  insignia  ea  is 
dilacerando  atque  sub  pedibus  conculcando.  Sicque  pcrgebant  usque  Visetum, 
ibidem  perpétrantes  similia.  El  licet  ad  pyronam  voce  preconia  proclamatum 
essel    ne    lalia    de    cetero    attentare    présumèrent,    hi    tamen    quotidie 

A.  d'O.,  141,  i-i.  audaciores  effecti   semper  in  pejora  prorumpebant.  Insuper  in  contemptum 

domini  de  Borbon  imagines  habebant  papyro  impressas  domini  de  Baden  20 
stabatque  cum  eo  angélus  imponens  mitram  capiti  ejus,  et  lias  ponebant 
in  palalio,  in  ecclesia  et  in  plateis  ac  vicis  civitatis.  Angustiabatur  proinde 
clcrus  non  modice  propter  pueros  istos.  Nemo  enim  audebat  incedere  per 
plateas  neque  tutus  in  domo  persisterc.  Bogaverunt  igitur  magistros  ut  his 
malis  oportunis  rcmediis  obviarent  et  diclos  pueros  ab  hujusmodi  temerariis  25 
ausibus    compescerent.    Illi    vero   respondebant  quod   bec   publiée   inhiberi 

a.  d'O.,  443,  s-?,  jusserant,  sed  nihil  profecerant.  Tandem  ministeriales  statuerunt  ut  parentes 
filios  suos  cohiberent  infra  triduum,  alioquin  a  conlubernio  ministe- 
riorum  suorum  rejicerentur.  Et  hoc  modo  cessatum  est  a  predictis 
insolcntiis  que  nimis  moleste  fuerant  tam  clero  quam  civibus.  5" 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  H3 

XXI.  Impression  produite  à  Liège  à  la  nouvelle  de  l    prise  de  Huy  a.  cïo.,  174,1-15. 
par  les  Liégeois,   1467 . 

Cumque  hec  nunciata  fuissent  Leodii,  faclum  est  générale  tripudium 
pro  tam  infami  Victoria,  sed  risus  talis  versus  fuit  in  luctum.  Imago  sancti 
5  Lamberti  in  foro  juxta  fontem  novo  colore  de  oleo  in  facie  fuerat  recenter 
obducta  et,  ut  est  natura  olei,  stillare  cepit  temporibus  nymbosis.  Dicebat 
stolidus  populus  alter  ad  alterum  imaginem  ipsam  sudasse.  Unde  et  ultra  tria 
milia  luminaria  ibidem  fuerunt  accensa,  sed  et  candelabra  erea  et  ferrea 
extra  chorum  Sancti  Lamberti  fuerunt  ablata  et  illic  posita. 
la  Tôt  tantisque  malis  nimirum  exasperatus  dominus  Karoltis...  col  legit  M.,  273,13-274,  t. 
exercitum...  tanquam  conflicturus  cum  rege  Erancie  ac  perfidis  inimicis  suis 
Leodiensibus. 

Hoc  audito,  Leodienses,  convocato  palalio  simul,  mulli  volebant  exire.  sed 
magistri  et  balivus  de  Lugduno  (l),  quem   rex  Francie  miserat,   rogaverunt  A.  d'O.,  175,u-m. 
15  populum  ut  non  festinarent,  nam  in  brevi  alia  nova  perciperent.  Dixitque 
balivus  :  «  Qui  me  misit  non  relinqui  t  me  solum.  » 

XXII.  Bataille  de  Bruslhem,   1467. 

Sed  nunc  ad  ulteriora  procedendum.  Oppido  Sancti  Trudonis  in  deditionem       M.,  XXIV, 

279  3-is 
accepto,  rébus  corporibusque  salvis,   convertebat  faciem  suam  dominus  dux  ad 

20  Leodium  devastandum.  Sed  priusquam  de  loco  moveret  exercitum,  supervenerunt 
satis  ex  inopinato  Leodienses  et  Tungrenses,  expectantes  etiam  Lossenses. 
Neque  enim  tempus  vel  locnm  congrediendi  designaverant  cum  tribus  turmis, 
multitudine  satis  copiosa  et  strepitu  ingenti,  quarta  hora  postmeridiana,  cum 
jam  sol  vergeret  in  occasum,  eralque  cum  eis  balivus  Lugdunensis.  Effuderunt 

og  autem  se  in  parochia  de  Bruestemio,  in  palude  quadam  dicta  Distelbroeck 
ac  in  pratis  et  hortis  versus  villam  de  Ordinghen.  Videbalur  prudentioribus 
illo  die  non  esse  preliandum  tum  quia  sol  jam  se  abscondebat,  tum  quia 
Lossenses  nondum  advenerant.  Verum  Tungrenses  nullo  pacto  acquiescere 
volebant,  ymmo  in  injurias  et  convilia  adversus  nobiles  qui  cum  eis  erant 

30  prorumpebant.  At  phalanga  domini  de  Ravenstein,  que  vicinior  erat,   sentiens 

(!)   François  Boyer,  sénérhal  de  Lyon,  voir  di  Ror^an,  Adrien  d'Oudenbosch,  \>,  559. 

Tome  II  ?5 


114  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Leodienses  super  se  ex  improviso  irruere,  fortiter  obequitabal  el  ad  hélium 
se  preparabat.  Commissum  est  itaque  prelium  in  vigilia  apostolorum  Symonis 
et  Jude.  Quo  inilo,  clangor  buccinarum  obslrepebat  vehementius  volitabatque 
per  elhera  telorum  jactus  densissimus,  qui  (amen  parum  nocuit  duci  ac  suis 
mililibus.  5 

A.d'0.,i78,io-u.       Tungrenses  absque  ordine  in  hostes  îrruentes  inox  ad  aspectum  irruenlis 
multiludinis   terga   dederunt.    Quo   viso,    et  alii   stupefacti    omnes    l'ugere 
voluerunt. 
M.,  280, 4-m.         Sane  primam  turmam    Leodiensium   per  callidam   addustionem   ac  emissam 

bumbardarum  serpentinam  penetrabant  alque  scindebant  qui  erant  de  parte  :o 
ad  versa,  et  ita  divisam  prosternebanl.  Uli  autem  videntes  quod  res  pro  anima 
ageretur  et  in  pedes  slantes  et  ad  genua  ad  inortem  usque  pugnabaut  acerrime. 
Sicque  percussa  est,  dclcta  et  extincla  turma  prima  paucosque  evadere 
contigit  ex  eadem  prima  acie.  In  qua  etiam  dominus  Fastrardus  Baie,  dtim 
fugere  nollel,  lancea  confossus  occubuit,  et  cum  |eo]  dominus  Kustachius  '5 
de  Slreelz  (4)  (jusque  filius  naturalis.  uterque  vir  virtutis,  qui  in  prato  quo 
itur  ad  Ordinghen  tamquam  in  leclo  conjuncti  perempti  jacuerunt.  Mulli 
quoque  viri  fortes  et  nobiles  ac  etiam  très  canonici  majoris  ecclesie  occisi 
sunt. 

a. d'O.,  178, M-18       Hora  décima  noctis,  venil  dominus  de  Berlo  (2)  super  parvum  equum,  liabens  20 
vcxillum  seu  standerium  Saneti  Lumberli  in  manu  confractum  el  dilaceratum, 
nam  jactu  unius  bombarde  confractus  erat  baculus  in  manu  sua  et  ferrum 
curvatum   circa  brachium,   ignorabatque  pie  slupore,   ut  aiebat,   quomodo 
equum  ascendisset  quem  habebat. 
M.  280,  n-m         Reliqua  autem   Leodiensium  multitudo  percipiens  quod  fiebat,  nimio  concussa  9S 
terrore  omnique  spe  ablata,  celeriter  aufugiens  terga  vertil  summam  presumplionis 
sue  infelicitatem  consequuta.   Cedebanlur  nihilominus  fugientes  Leodienses  ab 
hostibus  suis,  et  nisi  noctis  obscuritas  supervenisset,  paueissimi  evasissent. 
Cecidisse    feruntur    Leodiensium    circiter    tria    milia    prêter    innumeros 

A.d'0.,l78,s«-28.  vulneratos  et  caplivos.  Fugit  et  dominus  Raso  de  Heer,  vir  magniloquus  sed  50 
M.,  280, u-ic.     in  rébus  bellicis  ignavus  et  pavidus,  venitque  in  molendino  suo  in  Orey, 

(i)  Eustacuc  de  Strocl,  frère  de  Jean  de  Strecl,  bourgmestre  de  Liège  en  i486. 
(*)  Guill.  de  Berlo,  voir  plu»  haut,  p.  10K. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  115 

demandans  uxorem  suam  ad  se  in  Huyo.  Cumque  transisset  iMosam,  invenit 

mulierem  venientem   de   Leodio,   quam   cum   interrogasset  quidnam    Leodii 

ageretur,    credebat   enim    omnes   occubuisse,    sed   comperla  veritate,    in 

civitatem  Leodiensem  rediit. 

5       In  die  Sancti  Martini,  fuerunt  ordinati  trecenti  viri  qui  deberent  postulare  A.  d'O.,  181,  «. 
...  ......  .  ...        ,         Diariura. 

veniam  in  vestibus  suis  Iineis,  quibus  et  preceptum  erat  sub  pena  capitis  ut 

irent  ad  dominum  ducem,  qui  non  longe  a   Leodio  erat.  expectans  eosdem 

ibidem    ad    duas    horas.    Ferebatur    proinde    quod    dux   iret   ad    Sanctum 

Laurentium,  iveruntque  predicti  viri  ad  ipsum.  quem  tanien  non  invenerunt. 

io  Remansit  enim  in  Bolzée,  et  dominus  episcopus  Leodiensis  erat  in  Sancto 
Egidio.  Porro  trecenti  viri  illi  eo  die  non  comederant  nec  civitatem  intrare 
permittebantur,  nisi  prius  accepta  venia.  Eodem  die,  venerunt  bastardus 
Anthonius  de  Burgundia  et  dominus  Guido  de  Humbercourt  ad  portam  Sancte 
Margareta  volueruntque  civitatem  intrare.  Quibus  occurrens  dominus  de  Beiio 

15  dixit  quod  non  ingrederentur  neque  pacem  acceptarent  nisi  salvis  corpo- 
ribus.  Respondil  dominus  Anthonius  bastardus  quod  de  salvandis  corporibus 
nihil  auderent  promiltere,  sed  tantummodo  de  civitate  non  spolianda 
neque  comburenda.  Hoc  audito,  Leodienses  territi  pro  majori  parte 
fugientes  transierunt   Mosam.  Immo   quasi   in   seditionem   versi   monas- 

20  teriutn  Sancti  Laurentii  incendio  tradidissent  et  ducem  de  Humbercourt, 
qui  nocte  illa  ibidem  fuerat,  occidissent  nisi  trecenti  viri  predicti  ibi 
fuissent,  quibus  monachi  de  victu  providebant. 

In  crastino  summo  mane,  venit  dominus  Johannes  Le  Ruyt  ducens  viros 
secum  ad  campum  prope  Bolzée  et  ibi,  accepta  venia  a  domino  duce,  redierunt 

25  in  civitatem  cum  domino  Anthonio  el  domino  de  Humbercourt. 

In  die  sancti  Brictii,  venit  dominus  dux  ad  Sanctum  Laurentium,  sed 
exercitus  mansit  in  campis  et  domibus  circumquaque  constitutis.  Et  dominus 
episcopus  Leodiensis,  vocatis  illuc  magistris  civitatis  Leodiensis,  de  pace 
ordinavit. 

•30      Sequenti  feria  tercia,  que  erat  xvii  novembris,  dominus  dux,  sumpto  ad  A. d'O.,183, «•«. 
Sanclum  Laurentium  modico  cibo,  ivit  ad  campum  juxta  Bolzée.  Et  omnes 
ecclesie  cum   ledis  ardentibus  stabant  a  porta  Sancte  Margarele  usque  ad 
Sanctum  Severinum  ab  una  parte,  et  eodem  modo  ministeriales  ab  altéra 
parle.  Ceperunlque  civitatem  ordine  congruo  ingredi  Burgundiones  cum  suo 


116  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

principe  domino  Karolo  hora  noua,  et  duravit  hujnsmodi  ingressus  usque 
ad  liorani  quartam,  neque  tnmcn  média  pars  armatorum  intravit, 

Cum  autem  descendisset  dominus  dux  de  equo  in  palatio,  mox  iinuin  ex  suis 
jussit  in  foro  juxta  fonlcin  suspendio  neeari.  qui  quarlerium  mutonis  eeperat, 
non  soluto  pretio:  prohibuerat  enim  dux  ipse  ne  civibus  inferretur  violentia.  5 

In  festo  Sancti  Clemcntis,  ceperunt  lalhoni  cum  carbonariis  deponere  muros 
eeeiditque  porta  Sancti  Martini. 
A.  d'O,  In  festo  Sancte  Katherine  virginis  et  martyris,  convocato  palatio,  dominus 

d8o,!-t86,  t.     jnx  cum  epiSCOp0  Leodiensi  post  lonsa  colloquia,  fucalis  discordie  nebulis, 

optatam  pacis  serenitatem  apparere  fccerunt  sub  certis  tamen  et  gravissimis  10 
conditionibus.  fuitque  eo  die  lecta   littera  pacis  continens  xlvi  puncta. 
Diarium,i84-187.  Quorum  unus  erat... 

XXIII.  Rentrée,  de  l'évêque,  1467.  Arrivée  du  légal,  1468. 

A.d'0.,488,M-it.       in  die  sancti  Andrée  apostoîi,  clerus  qui  manserat  Leodii  vocatus  fuit  ad 

Sanctum  Petrum.  Ceteri  vero  qui  cum  domino  Leodiensi  in  Huyo  fuerant  15 

congregati,    eranl    ad    portam    Sancti    Leonardi    cum    cruce   absque    vexillo 

induit»    superpelliceis.    Et    quilibet    de    ecclesiis    babebat    tedas    ardentes. 

Similiter   et   magislri    Leodienses    cum    ministerialibus.    Iveiuntque    proces- 

sionaliter  a  Sancto  Lamberto  usque  ad  portam  Sancti  Leonardi  ad  introducendnm 

dominos  canonieos  qui  cum  domino  Leodiensi  in  Huyo  manseranl.  Sequebanlur  80 

autem  in  habitu  ciericali  alios  précédentes.   Et  dominus  Leodiensis  stans  ad 

gradus  Sancti  Lamberti  junxit  se  illis.  Et  ingressus  ecclesiam  sedit  in  loco 

suo  sub  imagine  Béate  Marie.  Ibique  Leodiensis  populus  accepit  vcniam. 

A.  d'O.,  (»)  Anno    Domini   X1IIICLXVHI   in   fine   mensis  martii,  venerunt   certi 

193, 17-194,  i».  w..  ,.  •       ,      ,  ,       . 

nuncn   cum   htteris  de  legato  quem  dominus  papa  dixerat  se  missurum.  îs 
Unde  dominus  Leodiensis  misit  illi  in  occursum  versus  Coloniam  cancel- 
larium  suum  magistrum  Hermannum,  capitulum  majoris  ecclesie  magistrum 

(*;   Le  texte  suivant  est  repruduit,  en  écriture  de  la  fin  du  XV'  siècle,  dans  un  manuscrit  du 
Séminaire  de  Liège.  IM»r  Schoolmcesters,  qui  l'y  a  découvertct  l'a  publié  (Bull,  des  Bibliophile»  licqcoit. 
X,  pp.  227-2Ô4)  démontre  que  ce  texte  tout  entier  appartient  au  Diarium  d'A.  d'Oudcnbosch.  Martène  50 
et  Durand  n'en  donnent  qu'un  court  passage.  Négligeant  les  variantes  de  tournures  et  d'expressions, 
nous  indiquons  les  additions  au  texte  de  J.  de  Brusthcra  contenues  dans  le  manuscrit  du  Séminaire. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  H7 

Johannem  de  Quereu,  secundarie  ecclesie  dominum  decanum  Sancti  Martini  (<), 
civitas  {-)  magislruni  Joliannem  de  Slraelhe.  Vigesima  septima  aprilis,  venit  idem 
dominus  legatus  navi  de  Trajeclo,  deductus  ad  Carthusienses,  ferens  moles- 
tias  calculi  ;  sequcnli  die,  processif  ad  eum  dominus  Leodiensis  cum 
.-,  consiliariis  suis.  At  legatus  protulit  eis  scedulam  quamdam,  inquirens  an 
secundum  contenta  in  ea  vellent  se  submitlere  secundum  jura  ".  Sed  quia 
dominus  Leodiensis  disposuerat  se  ad  celebrandum  prima  missarum 
solemnia  in  civitate  Lcodiensi,  prima  maii,  ordinatum  fuit  quod  ultima 
aprilis,    hora    secunda,    lotus    clerus    conveniret    ad    Sanctum     Lambertum 

10  ac  deinde  procederet  obviam  domino  legato  usque  ad  portem  Amari  Cordis, 
et  ibi  relaxaret  interdictum.  Igitur  universo  clero  processionaliter  ilii 
existente,  legatus  cum  domino  episcopo  Leodiensi  venit  equester  de 
domo  Carlhusiensium.  Et  cum  venisset  ad  primam  portam,  relaxavit 
interdictum  usque  ad  quartam  maii,  que  erat  feria  quarta.  Et  dato  signo, 

13  sicut  ordinatum  fuerat  custodibus  in  turri  Sancti  Lamberti,  ceperunt  pulsare 
campanas  et  tympanizare,  sicque  pulsatum  fuit  ad  omnes  ecclesias  '  in 
civitate  et  suburbiis.  C.umque  legatus  cum  domino  Leodiensi  venisset  ad 
gradus  ecclesie  Leodiensis,  descendit  ulerque  de  equo  intranles  ecclesiam.  At 
legatus  stans  in  medio  ecclesie,  legit  quasdam  orationes  in  libro  c  ante  eum 

20  detento.  Deinde  aspersit  aquam  benedictam  hinc  inde  et  cantatum  fuit  «  Te  Deum 
laudamus  »  et  tandem  «  Salve  Regina  misericordie  »  rt-  Quo  facto,  quidam  frater 
Hubertus   (3)   de  ordine  Carmelitarum   ascendit  ambonem,   dicens  alta  voce 


a  sed  vellent  videre  commissionem  suam  :  manuscrit  du  Sémin.  —  *  tam  majores  quam  minores  : 
wanuscrit  du  Sémin.  —  »  juxta  commissionem  sibi  dattm  :  manuscrit  du  Sémin.  —  d  et  pulsata 
25  campana  ad  laudem  b.  Marie  sicut  sabbato  est  de  more. 

(*)  Le  chancelier  de  Louis  de  Bourbon  était  le  chanoine  Ilerman  d'Odeur,  prévôt  de  Saint- Denis. 
Sur  le  chanoine  Jean  de  Quereu,  voir  notre  notice  dans  la  Biographie  nationale.  Maître  Henri 
de  Borman  remplissait  à  ce  moment  les  fonctions  de  doyen  de  Saint-Martin.  Jean  de  Strailhe,  seigneur 
de  Voroux,  bourgmestre  de  Liège  en  1440,  1445,  1451  et  1436. 
30  ;•)  Ici  est  le  court  passage  reproduit  par  Martènc  et  Durand  comme  extrait  du  Diarium,  L'omission 
par  ces  éditeurs  du  mot  civilas  a  induit  en  erreur  plusieurs  historiens. 

Ci  Le  frère  Carme  Hubert  I.conardi,  conseiller  de  Louis  de  Bourbon,  dont  il  devint  le  suffragant 
en  1474.  Cf.  D.  U.  Brrlière,  Les  évoques  auxiliaires  de  Liège,  p.  7b. 


118  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

quomodo  ad  futuram  memoriam  reconciliationis  civitatis  Leodiensis  cum  sancta 
Maire  Pcclesia  romana.  dominus  papa  [concessit]  perpetuis  temporibus,  omnibus 
vere  penilantibus  et  confcssis  qui  ultima  aprilis  et  prima  maii  tribus  principalio- 
riluis  officiis.  matulinis  scilicct.  misse  et  vesperis  in  ecclesia  majori  intéressent, 
|iro  qualibet  ipsarum  liorarum  XL  dies  indulgentiarum.  Post  hoc  dcductus  est  n 
dominus  legatus  ad  summum  altare  ac  deinde.  rursum  ascensis  equis,  duetus 
fuit  ad  Sanctum  Jacobum  ". 

Prima  maii,  dominus  episcopus  Lcodiensis,  quia  se  ad  hoc  disposuerat  et 
omnia  necessaria  preparari  feeerat,  infra  seplimam  et  oclavam  indutus  sacer- 
dalibus  accessit  ad  altare  dicens  Contiteor.  Omnes  canonici  in  cappis  erant  10 
in  navi  ecclesie.  Religiosi  stabant  in  stallis  in  choro.  Cantores  in  medio  chori 
ad  aquilam.  Legatus  in  loco  ubi  episcopus  slare  solet.  Abbates  ad  dexteram 
parlem  chori  scdcbant  in  habitu  ecclesiastico.  Milites  et  nobiles  ad  sinislram  6, 
ad  partem  aquilonarem.  Post  Agnus  Dei  dictum,  episcopus  dédit  benedictionem. 
Sed  dicto  Ite  missa  est.  episcopus  vertit  se  ad  legalum  et,  deposita  mitra  flexisque  15 
genibus  cum  omni  multitudine,  se  prostraverunt.  Et  legatus  stans  in  loco  suo 
cum  eaputio  foderato  alla  voce  dixit  Adjutorium  nostrum  etc.  deditque  ultimam 
benedictionem  (1).  Quibus  pcractis,  omncs  se  ad  processionem  paraverunt 
et  dominus  episcopus  Lcodiensis  portavit  Venerabile  Sacramentum  per  forum  et 
claustrum.  20 

XXIV.  Épisode  de  la  destruction  de  Liège  :  Attentat  contre  le  tombeau 
de  saint  Lambert,  1 468. 

Sed  cum  ad  feretrum  gloriosi  marlyris  Lamberli  manus  misissent,  quia  valde 
prcciosum  auro.  argento  et  margaritis  ornalum,  plaga  magna  divinitus  percussi. 


"  duetus  fuit  ad  Sanctum  Jacobum  in  hospitium.  Hora  undecima  noctis,  il l i  de  Sancto  Laurentio,  i,s 
quia  inceperant  cantare  a  completorio,  pulsaverunt  ad  matutinas,  quas  soleintiiter  cantaverunt. 
Simililcr  in  omnibus  lioris  il] i  de  Sancto  Jacobo  et  de  aliis  ecclesiis,  quia  oportebat  eos  mane  esse 
ad  primam  raissam  domini  Leodiensis,  pulsaverunt  de  mane  et  legerunt  ofticium  :  manuscrit  du 
Sémin.  -   '"  ubi  solet  legi  evangelium  :  manuscrit  du  Sémin. 

t1)   Ici  finit  le  texte  du  manuscrit  du  Séminaire.  30 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  119 

propius  accedere  non  audebant.  Que  maxima  causa  fuit  salvationis  ccclesiarum. 
Cum  enim  dux  jam  indicasset  civitatem  incendio  tradi  dcbere,  volebat  sedcm 
episcopahm  ad  aliquam  civitatem  in  Rrabanlia  transferre  et  omnes  prebendas 
collegiorum  et  aliarum  ccclesiarum  ad  singula  oppida  et  loca  Brabantic  disse 

5  minare.  Sed  per  mérita  beatissimi  martyris  Lamberti,  dominus  aliud  decrevit. 
Mandat  itaque  dux  Leodiensi  episcopo  tollcre  corpus  beati  Lamberti.  Quare 
consternatus  aninio  episcopus  misit  Trajcclum  ad  liabendum  aurifabros  pro 
injuncto  opère  exequendo.  Qui  per  totum  diem  requisiti  non  poleranl  ad 
invicem  as^ociari.  Cum  enim  unus  puratus  esset,  aller  non  erat,  sed  semper 

10  aliquid  eorum  alicui  deficiebat.  Qui  cum  lardarent,  misit  dux  abbalcm  quemdam 
ex  Sabaudia  cum  XII  mililibus  ut  in  eeclesia  Sancti  Lamberti  ultimam 
missam  celebraret  et,  ea  dicta,  corpus  beati  martyris  auferrent.  Qui  jussa 
complentes.  dicta  per  abbatem  missa,  ascenderunt  superius  ad  tollendum 
sacrum  corpus.  Cumque  manus  apponercnt,  ita  stupore  percussi  sunt  et  desti- 

i:;  tuti  quod  omnino  ignorabant  quid  agere  deberent,  ita  ut  unus  illorum  postea 
veridica  relatione  pluribus  audientibus  confessus  fuerit  se  illa  hora  voluisse 
esse  in  Hierusalem  et  dédisse  duo  florenorum  milia  et  sic  evadere  potuisse. 
Tandem  ad  se  reversi  et  sanctum  Pei  presentem  sentientes,  descenderunt  et 
quod  experti  fuerant  duci  retulerunt.  rogantes  eum  ut  sentenliam  temperaret, 

20  quia  non  esset  sancti  voluntas  locum  suo  sanguine  rubricatum  deserere.  Qui, 
mutato  consilio,  decrevit  ut  ecclesie  intacte  permanerent.  Sed  et  rex  Francie, 
quem  quarta  feria  a  Leodio  recessisse  prediximus,  antequam  abiret  jussit  dari  A.d'O  ,218,  «-w. 
ecclesie  Sancti  Lamberti  centum  regalia,  sed  is  cui  mandatum  fuit,  nihil 
dédit.  Quapropter  cum  ad  partes  suas  venisset,  cepit  graviter  egrotare  cum 

25  inleriorum  inflatione  ut  vix  posset  respirare.  Qui  cum  se  portari  fecisset  ad 
Sanctum  Quintinum.  in  mentem  illi  venit  quod  pecuniam  quam  rex  beato 
Lamberto  dari  jusserat,  sibi  retinuisset,  ac  in  visu  percepit  quod  nunquam 
sanitalem  reciperet  quin  prius  pecuniam  beato  martyri  restitueret.  Accilo 
itaque  statim  nuncio,  dédit  illi  centum   regalia  ad  urbem   Leodiensem 

so  deferenda.  Qui  ut  jussa  complevit  et  pecuniam  dédit,  ubi  venisset  ad  Sanctum 
Quintinum,  dominum  suum  incolumem  repperit. 


121»  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

XXV.  L'empereur  à  Trêve*  avec  le  duc  de  Bourgogne,  /47T  (*). 

Kodem  auno,  infra  octavas  sancti  Francisci,  invilavit  dux  Karolus  de  Bur- 
gundia  serenissimum   Romanorum   impcratorem    dominum  Fredericum  cjus 
nominis  tercium  ejusquc  filium  31aximilianum  cum  omnibus  dticibus.  comi- 
til)iis,  baronibus  et  nobilibus  qui  cum  ipso  imperalore  eranl,  sed  et  legatos  5 
omnium  aliorum  prineipum.  Dominus  imperator.   circa  lioram  nonam  anle 
meridicm,  cum  suis  principibus  et  populis  visitavit  ecclesiam  Sancti  Maximini. 
Précédentes  eum  erant,  egregie  armati  et  induti  quoad  ludum  militarem.  cornes 
Everardus  de  Wittenberch  ",  dominus  Vitus  de  Rechberch.  dominus  Joliannes 
Spech'et  dominus  Wilhclmus  deWernave°(2).  î'ost  bec  veneruni  duo  australes  to 
pariformiler  induti,  nudis  brachiis,  solis  clipeis  quasi  ad  hastiludium  obtecti. 
Indutus  erat  dominus  imperator  tunica  preciosa   deaurata,  fusca,  habens  in 
pectore  cruccm  auream  summe  prcciosam.  Obviam  venit  ci  dominus  Karolus, 
dus  Burgundie  ad  portam  monastcrii  Sancli  Maximini.  Rratque  indutus  tunica 
aurca,  gemmis  et  margaritis  preciosis  adornata,  eujus  valor  ferebalur  fuisse  15 
ceiilum  milium  ducatorum.  Intermcdio  vero  loco,  prenominati  sex  in  armis 

0  Wittemberch  :  15,  D.  —  b  Speeck  :  15,  D.    -  c  Wernanl  :  15;  de  Warnant  :  D. 

[})  IS'ous  devons  à  l'obligeance  de  M.  J.  Vannerus  les  renseignements  bibliographiques  suivants  au 
sujel  de  l'entrevue  de  Trêves  entre  l'Empereur  et  Charles  le  Téméraire  :  i"  Libeltus  de  M aqntficencia 
ducis  Burgundiac  in  Treviris  conscriptus,  dans  Basler  Chronikon,  III,  358,  u,  9.  —  2°  W'urth- Paquet,  20 
Table,  u"  40G  et  407,  dans  Publications  de  la  Section  historique  de  l'Institut  grand-ducal  de  Luxcm- 
I     XXXIV  (1880).  —  3»  M.   Bax,   BiicJurhuv.de  zur  Geschichte  (1er  Rheinlande,  t.  1  (19:20;, 
signale  pour  cette  rencontre  :  Pracht  des  Herzogs  Karl  von  liurgund  bei  seiner  Anwescnheit  in  Trier, 
1475,  dans  Trier.  Kranik,  IV  (1819),  96;  Kaiser  Friedrich  111  und  Karl  der  Kiihne,  tlcrzog  von  liurg, 
zu  Trier,  dans  Archiv  fur  Geschichte  und Alterlumskunde  Wettfalent,\  (  1826),  pp.  120-128;  J.  Baader,  *'> 
Die  Zusammenkunft  K.  Fricdrichs  111  mit  Ilerzog  Karl  dem  Kùhncn  von  Burg.  zu  Trier  im  JaUre 
1475,  dans  Anzeiger  fur  Knnde  der  deutschen   Vorzeit,  n.  f.,  XI  (1864),  pp.  "201  207  et  235-243; 
Scbelldass,  Zur   Tricrer  Zusammenkunft  im  .lahre   1475,  dans  Deutsche  Zeilschrifl  fur  Geschichls- 
wissenschaft,  V!  (1801),  pp.  80-85;  Bettalst,  L.,  Ein  ncuer  ticricl.t  ùber  die  Zusammenkunft  Fric- 
drichs  III  und  Karts  des    Kùhnen   :n    Trier,   1475,   dans    Wesldeulsche  Zeilschrifl,  XXX  (1911;,  30 
pp.  119-130.  —  4"  l(.  Wjrtz,  Do*  lUoselland,  1925,  pp.  99-102. 

rard  de  Wurtemberg.  Cf  Wirtu  Paquet,  Table  chronologique  d^s  chartes  cl  diplômes  relatifs 
à  l'histoire  de..  Luxembourg,  p.  -407,  et  Kenterricii,  Geschichte  der  Stadt  Trier,  p.  293.  Rechher^  est 
une  ancienne  seigneurie  dans  le  Wurtemberg. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  121 

militaribus  coram  principibus  sese  oslenîabanl.  Expcdito  illo,  dcscendebant  de 
equis  et,  conjunctis  hrachiis.  intravrrunt  ccelesiam.  Eral  autera  in  eadem 
ccclesia  Sancti  Maximini,  al  tare  preciose  adornatum.  Et  primo  quidem  quattuor 
scabella  et  super  unoquoque  seabello  scx  imagines  preciose.  Déport  unum 

5  scabellum  duodecim  apostolorum  argcnteorum  deauratorum  (imagines).  Scx 
ctiam  scamna  prceiosa  el  decem  in  lateribus  eorum  imagines  argentée  deaurate. 
Et  ilerum  mi  imagines  argentée  deaurate.  Item  x  cruees  cura  imaginibus, 
quarum  scx  erant  aune  et  quatuor  argentée  deaurate.  Scx  candelabra.  duo 
aurea,  duo  argentea.  duo  deaurata.  Quattuor  angcli  aurei  in  longitudine  unius 

10  brachii.  Capsa  aurea.  in  qua  erant  reliquie  sanctorum  Pauli  et  Anlhonii.  Unum 
tabcrnaculum  cum  paribus  imaginibus,  aurcum  et  preciosis  gommis  adornatum. 
I.ilium  unum  aureum  cum  lapidibus  preciosis  et  in  lilio  unus  clavus  Cbristi 
et  do  ligno  sancte  crucis  et  super  boc  adamas  in  longitudine  duorum  digitorum. 
Preeiositas  lilii  erat  bene  dueentorum  milium  floronorum    Et  tantura  de  allari. 

io  Post  missam  vero.  prenominati  principes  intraverunt  refectorium  Sancli  Maxi- 
mini, quod  sic  erat  ordinatum.  Primo  (resorarium  decem  scabcllorum  per 
modum  graduum  El  uniunquodque  scabellum  in  latiludine  xvm  palmorum, 
itaquod  se  ostendebant  ab  inferiori  parle  pedis  usque  ad  testitudinem  Uesuper 
vero  erant  subscripta  elenodia   .  Primo  xxxm  vascula  quorum  major  pars  aurea. 

-20  reliqua  argentea.  Dcinde  lx  cancri  mixtim  magni  et  parvi.  Centum  cratères 
ornati  lapidibus  preciosis.  Scx  naves.  Duodecim  scutelle  auree  el  argentée  ad 
lavandura  manus.  Scx  unicornes  quorum  duo  ostendebant  se  in  longitudine 
trium  bracbiornm.  Item  sporta  pro  coliigendis  fragments  argentea.  Sex 
amphore  xn  quarlarum  auree.  in  ipso  autem  refeclorio  erant  très  mense  ornate 

25  et  omnia  superposita  vasa  argentea.  ita  ut  quilibet  pro  se  haberet  craterem 
argenteum,  et  duo  unum  cancrum  deauratum.  '-efectorium  vero  ornatum  erat 
pannis  aureis  preliosis.  In  prima  mensa  superiori  sedebat  serenissimus  dominus 
impirator  Fredericus  in  medio.  Ad  latus  ejus  dextrum  hoc  ordine  :  arebi- 
episcopi  Moguntinus  et  Trcvirensis,  episcopi  Leodiensis  et  Trajectensis.  Ad 

50  latus  sinistrum  :  dominus  Karolus  dux  iiurgundie,  Maximilianus  archidux 

«  erant  descripta  elenodia  liic  infeiïus  s|iecificata  :  13;  et  sur  cela  estaient  descripts  les  jouveaux 
em  bas  denommeis  :  D. 

Tome  II.  i  G 


122  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Vustrie,  Stephanus  dux  Bavaric.  Albertus  de  Monchien"  dnx  Bavarieet  Ludo- 
vicus  dux  Bavaric.  In  secunda  mcnsa,  a  parle  dexlera.  episcopns  Eustackiensis, 
Karolus  marchio  de  Baden,  f'.bristophorus  de  Baden,  legalus  Alberti  de  Bran- 
deburch,  imperatoris  Turcarum  legalus,  Hugo  eomes  de  Montfort,  Judocus 
cornes  de  llubcnzon,  Uldaricus  ''  cornes  de  Montfort.  Crafft  cornes  de  Hollen-  :> 
losclit,  Adulphus  cornes  de  Nassouwe,  Philippus  cornes  de  ftassouwe,  cornes 
de  Ylen,  magi^ter  curie  archiducis  Maximiliani.  In  tercia  mensa.  a  parte  sinislra, 
episcopus  Metensis,  Everardus  cornes  de  Scbouwenburch,  Alberlus  marchio  de 
Baden,  Jacobus  Oafft  miles,  legatus  ducis  bigismundis  de  Austria,  Uldaricus 
cornes  de  Sullz,  Otto  cornes  de  llenneburch,  Alwyc  cornes  de  i?ultz,  Schaffart  10 
cornes  de  Lingen,  Fredcricus  cornes  de  Lust,  prepositus  Treverensis,  natus  de 
Zierch,  (icorgius  cornes  de  Lingen,  Lverardus  cornes  de  Sommebercb  (1).  Cibaria 

Monschera  :  15,  D   —  b  Wodalricus  :  15.  —  c  Alwick  :  15. 

'■     \     «  i  les  identifications  des  convives  de  ce  banquet  nue  nous  avons  pu  vérifier  grâce  au  savant 
concours  de  M.  Vanncrus  :  Adolphe  de  Nassau,  archevêque  de  Mayencc,  1401-147?);  Jean  11  de  Bade,   15 
archevêque  de  Trêves,  Ii!>fi-I50"i  ;  Louis  de  Bourbon,  evéque  de  Liège;  David  de  Bourgogne,  éveque 
d'Utrecht,  1457-14110;  Etienne,  duc  do  Bavière,  prévôt  de  Cologne,  cité  dans  Chronique»  de  l'histoire 
de.  Belgique.  Bruxelles,   1876,  p.  298  (cf.  IIubner,  I,  Tafel,  158  et  159);  Albert  IV  von  Mûnchen 
(1447-1808)  et  Louis  de  Rykc  von  Landshul,  1117-147!)  (IIibnek,  I,  Tafel,  155,  et  Kbnterhich, 
Geseh.  der  Sladl    Trier,    I9IH.  p.   £85):  Guillaume  de   Reichenau,   évêque  d'Eichstàtl,    1404-1490;   20 
Calistus  Amurathi,  Mahomclis  Turcarum  imperatoris  germa  nus,  cf.  Browerus  et  Masenus.  Antiqui- 
tatum  et  Annnlium  Treviremium  libri  XXV.  t   II,  p   500,  et  Wi  rtii-Paqi'et,  n°  407;  Hugo  et  Ulrich 
de  Montfort,  morts  en  1481  et  1495,  cf.  Mudner,  II.  Tafel,  497  et  498,  et  Masenus,  Epil.  Hitl.  Trev., 
p,   602;   Judon  de  tlohcnzotlcn,   IIibnek,   I,  242;   Crallt,  comte  de  Hollcnloscht,  lli  bner,   Il,  !5S9; 
Adolphe  III  de  Nassau  (1444-1511)  et  son  frère  Philippe  (1450-1509),  cf.  Hagbloans,  Nassauische  25 
Geschhchlstafcl  des    Walramischen  Stammes,    1735;  le  comte  de  Ylen   reste  inconnu,  Brouweris  et 
Masenus,  o/).  cit.,  p.  502  citent,  après  CrafTt  de  llollenlosclil  :  Maximilianïquc  oeconomus,  llylcnsis 
dynasta;  Georges  de   Baden,  évêque  de  Metz,    1459-1484;  Evrard  de  Schouwenbureh,  cf.  Masenus, 
Epit,  llist.  Triv..  p   60"?.  et  Brodwerus  et  Masenius,  op.  cit.,  p.  302;  Uldaricus  et  Al  n'eus,  comtes  de 
Sultz,  cf.  IKu.neu,   II,   Tafel,  494;  Otto,  comte  de  llenneburch,   1457-1496,  cf.  Hlbner,  11,  618,   et  50 
Faune,  Geschichte  dur  Grafcn...  zu  Salm  Rciffenscheid,  I,  2«  partie,  1800,  p.  42;  Sehaffart  et  Georges, 
frères,  comtes  de  Leissingen-Dachsburg,  cf.  Hubner,  II,  t.  409,  et  Bruckmeier,  Genealog  Geschichte  des 
//anses  Leiningen,  I  (1890);  Philippe  de  Sierk,  seigneur  de  Moncler,  Meinsberg,  etc.,  prévôt  de  la 
cathédrale  de  Trêves,   1427-1493,  cf.  Florange,  Hist,  des  seigneurs  et   comtes  de  Sierk  en  Lorraine, 
Paris,  189b,  pp.  157-145  et  149-156;  Everard  deSonneberg,  dont  la  fille  Marguerite  épousa  Hudolphe,  5:; 
comte  de  Sullz,  cf.  Hibnbr,  II,  t.  494. 


CHRONIQUE  DE  JEA.N  DE  BRUSTHEM.  123 

vero  principuum  erant  in  primo  transitu  xm  et  illos  prccesscrunt  x  libicines, 
un  fislulalorcs  et  iluo  buccinalores.  Prccesscrunt  hos  xn  comités  induli  aureis 
veslibus  et  byraldi  xn.  Ad  secundum  transitum,  xn  dapes  et  ad  tercium  x  dapes. 
Lomplelo  vero  prandio.  apporlabantur  xxx  ciphi  cum  confeclis  preeiosis, 
3  quorum  primus  estimatus  fuit  ad  precium  lxm  florenorum.  Ilospesautem  babuit 
in  curia  sua  vic  homines,  omnes  aureis  et  argenteis  veslibus  quiqui'  secundum 
suum  slalum  indulos.  Habuerunl  imperator  et  dux  longa  colloquia.  sed  non 
sciebatur  quomodo  diseessissent  ab  invicem.  nisi  quod  dux  ab  imperatore  in 
feudum  levassel    ducatum  (ielrie  et  comitatum  Zutphanie. 

10      XXVI.  Meurtre  de  Richard  de  Troncillon,  4474. 

ïn  festo  sancti  Laurentii  marlyris,  cum  dominus  SVilhelmus  esset  in  Sanclo  A.  d'0.,239. 
Trudone,  habens  secum  fidèle  m  si  bi  Johannem  de  iSoest,  idem  Johannes  inter 
ecelesiam  abbatialem  et  ecclesiam  béate  liarie  in  foro  caseorum.  cum  obviam 
habuisset  magistrum  Hichardum  Trochyllon.  vicarium  domini  episcopi  Leo- 
t:>  diensis,  eumden  in  ipso  loco  inlerfeeit,  et  inox  dominus  Wilhelmus,  cujus 
nomine  actum  erat,  ascenso  equo  in  bospilio  Navis  preparato,  cum  suis 
abscessit. 

XXVII.  Préambules  de  la  bataille  de  Granson,  4 476. 

Anno  itaque  XIIIICLXXVI.  Helvetii  contra  ducem  exercilum  moventes  diem  M.,  317,  m-316,  » 
20  prelii   conslituerunt.   Unde  dux  lelior  effectus,  utpote  vir  animosus  et  in 
bellicis  rébus  et  confliclibus  satis  fortunatus,  licet  esset  stature  mediocris  cum 
nigra  et  crassa  barba,  rolunda  et  subrusa,  accepto  consilio,  requisivit  quid 
esset  facturus.  Ad  quod  [cum]  quidam  respondissent,  quibus  mens  maturior   A.d'O.,  240,  b. 
erat,  quod  expectandum  esset  donec  adversariorum  suorum  nossent  plenam      M, 318, 2-6 
25  intenlionem,  dux    vero.    mox    ordinalis  aciebus,  nimis  feslinus  exiil,  reliclo 
fortalicio    suo,   curribus   compaginatis    oplime    munito  b    ac    bumbardis   per 
circuitum  dispositis,  non  tamen  satis  bene  custodilo,  cum  siquidem  thesauri 
regales  essent  in  eo,  presertim  pecunia  quam  de  novo  cudi  fecerat,  unde  mililibus 
darentur  stipendia. 

3U      "  relevasset  :  15.  —  *  quod  turribus  compaginatura  erat  :  Uerica 


124  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

XXVIII    inhumation  de  l'évêque  Louis  de  Bourbon,  1483. 

Altéra  die  que  fuit  sabbati,  proccsserunt  ecelcsie  eum  fratribns  mendican- 
(ibiis,  eum  crucc  el  aqua  benedicta,  obviam  funeri  Leodicnsis  episcopi  tam 
horrcnda  morte  Irucidati,  ipsumque  ad  cathcdram  ecclcsiam  Sancli-Lamberti 
déférentes,  infra  candelabrum  el  altr.re  locaverunt  omnibus  spectabile  in:; 
babilu  pontiûcaii,  mitra  imposita  capili  ejus.  Conluebantur  vero  vulnera  in 
fronte.  in  collo  et  gutturc.  là  missa  in  presentia  funeris  dccantata,  tandem 
sépulture  traditur  post  vesperas,  ante  mains  altare  in  ehoro  Sanei-Lamberli  ". 


XXIX.  Suite  des  événements  après  la  mort  de  Louis  de  Bon* bon. 

Sub  hae  rabie    plurimi  fugientes  et  in  abditis  ac  in  vînearum  montions  in 
latitantes  a  discurrenlibus  inimicis  reperli  absque  ulla  miseralione  macta- 
bantur.  Alii  pro  refugio  ad  civitatem  revertentes,  cirea  pontent  Amarieordis 
deprebensi.  in  aquam  detrudebanlur.  ÎNcque  hostes  persequendo  Leodienses 
simul  eum  ipsis  civitatem  violenter  intranles  plurimos  per  vias  oeeiderunt  At 
dominus  \\  ilbelmus,  summus  eorum  adversarius,  lanquam  leo  rugiens  sedens  is 
super  equum   cursu    vclocissimum,  evaginalo   gladio,  persequebalur  nobiles 
domini  Leodiensis  a  facie  ejus  fugienles  usque  ultra  portam  Sancta  Margarete, 
usque  in    f  onchin  et  Hasbania.  sed  eos  comprebendere  non  prevaluit,  qui 
tandem  ad  Sanctum  Trudonem  eonfugerunt.  Captus  fuit  dominus  Johannes 
de  Morne  postea  Leodiensis  episcopus,  a  quodam  Alemanno  dicto  Scoel  non  -20 
longe  a  loco  in  quo  eeeidit  dominus  de  iiorbon  episcopus,  juxta  Carthusienses, 
ductus  ad  civitatem  Leodiensem  positusque  captivus  in  domo  quadam  eirea 
Mosam.  fnitque  in  caplivitate  diebus  rai.  postea  ab  ilelveliis  ipsum  custodien- 
libus,  promissa  eis  magna  pecunie  su  m  ma,  deduelus  fuit  in  Trajecto. 

At  dominus  ipse  Wilhcltnus,  uli  erat  vir  aslulus,  gallico  suo  sermone  persua-  25 
derc  conabatur  se  hujusmodi  sanguinariam  ac  sacrilegam  fecisse  vindictam. 


°  Wachl.  :  Supra  cujus  septilcrum  habetur  hec  inscriptio  :  Anno  a  partu  virgineo  miltesirco 
quadringentesimo  oetuagesimo  secundo,  tertio  kalendas  septembris,  obiit  illuslrissimus  princeps 
Ludovicus  Borbonius  a  divo  Lambeito  quartus  et  quinquagesimus  episcopus  Leoiiensis.  —  Nota 
quod  sit  error  in  sculptura,  quia  fuit  53"s  episcopus  et  non  S4ua.  ou 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  125 

non  ob  aliam  quidem  causam  quam  ut  civitatem  Leodiensem  suis  liberlalibus 
redintegraret,  afllrmans  pontificem  non  sua  factione  sed  equissimo  Dci  juditio 
corruisse.  cujus  causa  lot  ubique  nobiles  alque  plebei  proslali  fuissent  L'nde  Cf.  J.  de  L.,  83. 
etiain  prima  seplembris,  die  doniinica.  dato  edicto  publico  sub  gravissimis 
5  censuris  ne  quis  civibus  vel  minimain  irrogarel  injuriam,  duo  in  foro  erigi 
jussil  patibula  ad  lerrorem  populi,  unum  circa  fonlem,  alium  circa  Minores, 
et  in  mcdio  catbastam  sive,  ut  vocant,  scaplietum,  propter  quod  tam  terri ficum 
spectaculuiii  multi  qui  fugerant  reverti  ad  civitatem  formidabant,  quorum 
bona  diripiebantur  atque  alias  dissipabantur.  Hune  aiinum  ferunt  m;igistrum 

io  Johannem  Laet  Lossenscm  (l)  pronoslicassc  l.eodicnsibus  fulurum  infortunatis- 
simum. 

interea  dominus  Maximilianus,  dux  Brabantie,  cujus  uxor  jam  morle  prema-  Cf.  J.  de  L .,  83. 
lura  decesserat,  metuens  ne  et  dominus  de  Arenbureh  terram  Brabantie  inva- 
deret,  civitalum  suarum  fretns  assistenlia.  rem  preoccupare  voluit.  Mox  enim, 

iï  aggregato  exercitu  copioso,  oppidum  Saneli  Trudonis  obsedit,  quod  tandem 
promissis  et  conventionibus,  non  billica  virtute  obtinuit.  persuadenle  ad  boc 
cives  oppidi  domino  de  Somburch  (2),  commendatore  domus  icuthonicorum 
dominorum  de  Juncis  oppidi  Trajeclensis.  î)einde  Tungrim  obsidere  proponens, 
cum  audissel  dominum  Willtelmum  in  latibulis  insidiose  ejusadvenlum  preslo- 

-20  lanlem.  mutato  proposito,  exercitum  versus  Hassell  oppidum  direxit,  quod 
etiain  sub  pactionibus  certis  in  deditionem  recepisset,  nisi  quorumdam  oppro- 
briosis  elamoribus  lacessitus  ac  sagitlarum  ictibus  provoeatus  fuisset.  ftam 
feria  vi  pridie  Exaltationis  Sancte  Crucis,  Maximiliani  exercitus  dictum  oppidum 
hostiliier  ccpit,  occisis  aut  letaliter  sauciatis  circiter  quingcntis  civibus  qui 

25  tamen  dicte  provocationi   nullam  causam   prestilerant.  înde.  transito  Jecore  Ct.  J,  de  L,  84. 
fluvio,  et  Hasbania  passim  depredata,  Leodium  obsidionc  vallavit,  qui  mox 
videns  se  tanto  negotio  imparem,  relicto  Leodio,  eirca  festum  domini  Eamberti, 
Tungrense  oppidum  obsedit.  quod  cum  tribus  circiler  hebdomadibus  gravis- 
simis oppugnatum  fuisset  assultibus,  videntes  cives  se  ultra  non  posse  resistere, 

30  [l)  Sur  Jean  Lait,  médecin  et  astrologue,  voir  U.  CirrTAiNE,  Eludes  biographiques  sur  1rs  médecins 
liégeois,  dans  B  I.  A.  L  ,  t.  III,  nn.  73-75, 

(')  GéYard  de  Sombreffe,  fait  prisonnier  à  la  bataille  de  Hollogne-surGeer.  Cf.  plus  loin,  p.  VU. 


120  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

se  novissime,  salvis  rébus  el  corporibus.  duci  dederunt  vu  oetobris    Et  non 
multo  post  dux  ad  propria  remeavit. 

Cf. J.deL.  84-85.  Statuta  aulcin  die  electionis  de  episcopo  eligendo,  cnnonici  qui  Leodii 
remanserant,  pauci  utique  numéro,  ob  favorem  domini  Wilhelmi  de  Marcka, 
cui  conlradicere  non  audcbant,  elegerunt  domicelluin  Johanncm,  predicti  3 
domini  Wilhelmi  (iiiuin.  cujus  electio  inox  eodem  die  eoram  omnibus  publiée 
et  celebritcr  pronunciata  fuit  per  magistrum  Johanncm  de  Quercn,  canonicum 
el  protunc  cancellarium  de  novo  factum.  Major  vero  pars  canonicorum  qui  in 
iirahantia  confugerant,  et  Lovanii  résidentes  capitulum  faciebant,  in  duos 
divisi  sunt.  nonnullis  eligentibus  dominum  Jacobum  de  Croy  (*),  aliis  vero  10 
dominum  Johaunem  de  Horne,  sicque  propter  hujusmodi  discordiam  et 
opostolicc  determinationis  dilalionem,  vacavit  sedes  episcopalis  annis  paulo 
minus  duobus.  Unde  plurima  suborta  sunt  mala. 

Cf.  J.  de  L, 85.       Dominus    namqiic    VVilhelmus    comilatum    Hornensem    suis    incursibus 

fréquenter  cî  miserabiliter  afiligens.  gravissimis  damnis  attrivit.  Leodicnses  i» 
eliam  seditionibus  inteslinis  permoti;  dum  adversus ïrajeelenses  conflictarent, 
Trajectenses  ad  connu  repressionem  caslrum  Zichen  valide  obsiden!.  At 
dominus  Everardus  de  Marcha,  robore  Leodiensium  fret  us  et  armis.  obsidioncm 
sohit  magnamque  slragcn  in  Trajectenses  commisit,  ila  ut  quamplurimi  cives 
potiorcs,  qui  in  sandaliis  ad  visendum  prelium  quasi  ad  spectaculum  procès-  20 
serant,  relictis  sandaliis  ac  calecis,  in  soccis  fugere  cum  intuenlium  adver- 
sariorum  eachinno  et  risu  debucrunt.  Commissum  est  hoc  prelium  codem 
anno  LXXXI1,  die  xvu  decembris,  in  quo  non  minus  quingenti  viri  gladio 
assumpti  sunt  prêter  cos  que  captivi  l.eodium  dcducli  fuerunt  ". 

Cf.  J  de  L.,  86.       Anno  Domini  XII1ICLXXXIII,  mense  januario,  die  ix,  commissum  est  grave  r.< 
prelium  in  Hollonia  super  Jecoram.  i!um  enim  !5rabanticus  exercitus  caslrum 
Hollonie  obsideret  multisque  damnis  circumjacentia  loca  undique  affligeret, 
dominus  VVilhelmus  civilalum  cl  villagiorum  stipalus  agminibus  cum  stipen- 
diariis  et  advenis  ex  Francia  et  Alemannia  quos  cumulatius  ordinaverat  in 

2  Cf.  Wachttnbach,  fol.  SSf  v>.  30 

(»)  Sur  Jacques  de  Croy,  voir  t.  1.  p.  3iB. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  127 

con-pectu  hostium,  non  longe  positis  castris,  properavit.  Videns  autcm  quod 
Brabanticus  exercitus  se  non  movcrct,  quin  polius  ampliora  presidia  expec- 
taret,  repente  super  eos  irruit  cosque  ordinatissimc  in  campis  compositos  diu 
circumequitans,  tametsi  a  bellicc  rei  peritis  admonerelur  ne  nimium  auderet, 

s  jurejurando  afflrmavit  se  neminem  parcilurum  qui  Brabantum  quempiam  aul 
captivum  aut  spoliatum  abduceret  quem  non  potius  occideret.  Sed  heu!  accidit 
illi  hoc  proverbium  :  «  Anle  ruinam  exallalur  cor  >  .  Ipse  enim  dominus 
Wilhelmus  ex  victoriis  ante  habitis,  si  tamen  viclorie  dici  debeant,  in  nimiain 
prorumpens   audaciam,   nunc  gravem    passus   esl   ruinam,   quando   stragem 

'0  immensain  facientibus  Brabantis.  undique  vallalus  exercilus  bombardarum 
alque  telorum  ictibus  ad  moriem  premebatur,  ita  ut  omnis  illa  extcrorum  virtus 
vulgique  colluvies  que  annis,  viribus  el  numéro  quasi  putabalur  invincibilis, 
ac  iota  iila  nobilitas  tôt  virorum  illustrium  qui  convenerant  subilo,  conlrila 
corrueret.  Cecidil  in  hoc  conflietu  dominus  de  Galhar  (l),  capitaneus  cum  Cf.  J.  de  L.,  87 

)5  prefecto  de  Eymale,  multique  de  majoribus  capti,  utpote  dominus  commen- 
dator  Trajectensis  (2).  dominus  de  Slreels  (3),  Ghisberlus  de  Kanne  (4).  Alii 
vero  reverlebantur  ut  poterant,  sicut  oves  disperse  absquc  pastore.  Neque  tamen 
sub  hujusmodi  calamitatis  articulo,  domimis  Wilhelmus  ad  ea  que  pacis  essent 
inflecli  potuit.  Sequenti  etenim  die,  dum  eanonici  cum  magistratibus  de  pace 

20  tractare  desiderarent,  ipse  vero  eos  nequaquam  audirc  vellet,  contigit  novum 
succrescere  dislurbium.  !Nam  cum  ad  eum  ambo  magistri  civium,  dominus 
scilicet  Quintinus  miles  (5)  et  Joiiannes  Courtjoic  (c)  causa  pacis  componende  Cf.  J.  de  L.,  88. 
venissent,   orto   inter  malivolos    murmure   quod   ad    mortem  i  psi  us  domini 
VVilhelmi  conspirassent,  predicli  magistri  ante  fores  palatii  quo  se  continebant, 

*■>  interfecti  sunt.  Sed  et  alii  satellites  viri  Belial  per  plateas  et  vicos  civitatis 
eircuentes  cum  gladiis  el  fustibus  nilebantur  comprehendere  \  iros  probos  et 

(4)  Gaillard  de  la  Rocca,  capitaine  français,  fui  enterré  dans  l'église  des  Mineurs.  Cf.  Dams,  Histoire, 
p.  861. 

(s)  Gérard  de  Sombrcffe,  commandeur  des  Vieux-Joncs. 

30       (l)  Eustache  II  de  Strailhe,  seigneur  d'Otliée,  voir  U.  S.  A.  H.,  t.  XIX,  p.  100. 

(')  Sur  Guy  de  Canne,  voir  t.  I.  p.  5B0. 

\?)  Quentin  de  Thuin,  seigneur  de  Jeliain. 

(*)  Jean  de  Courtejoie,  voué  de  Grâce. 


128  CHRONIQUES   LIÉGEOISES. 

pacificos,  solummodo  imponcntcs  illis  criraen  proditionis.  Eodem  die,  compre- 
hensus  fuil  magister  civium  oppidi  Huyensis,  vir  probus  el  honestus,  dum 
accumberet  iii  hospitio  suo  in  Sabuleto,  in  donio  Andrée  Rourlet  (*)  et  ad 
forum  civitatis  Lcodiensis  deduclus;  ea  de  causa  seilicel  proditionis  falso 
iniposile,  capilalem  jussus  est  subire  senlenliam  Tanlus  crat  die  illo  (umul-  s 
luantium  furor  ut  ctiam,  cclo  testimonium  red  ier.te,  sol  convcrleretur  in 
tenebras,  tenebre  operirent  terram  et  caligo  populos,  et  illud  Sophonie  videretur 
expJeri  :  «  Dies  calamilalis  et  miserie,  dies  lenebrarum  et  caiiginis.  dies  ncbule 
et  turbinis,  dies  tube  et  clangoris  ».  in  bac  namque  miseranda  rerum  calamitate, 
diseordia  omnes  civitates  el  villagia,domos  et  iimiua  cepit,  ut  quolidie  homieidia  10 
audircnlur  et  inimicitie.  ut  denique  se  nenio  domui  suc  auderet  recipere,  sed 
passim  in  ecelesiis  urgerentur  excubare.  Neque  lamen  in  eis  luli  eranl,  cum  et 
in  oppido  Jlercbensi  multus  hominum  numerus  in  ecclcsia  exustus  fuerit.  Simi- 
li 1er  et  in  ecclesia  de  \lken  piurcs  villani  ad  eam  confugienles  Oammis  prefocali 
Cf.  J  de  L.,  89.  sunt  Deinde  xvi  IVbruarii.  dux  Maximilianus  oppidum  Helisie  (2)  obsessum  ts 
expugnavit  et  incendit.  In  mense  martio.  Namurcenses  oppidum  iluyense 
obsidione  cingentes  aliquandiu  oppugnarunt,  quos  dominus  Everardus  de 
Marcha  et  dominus  Wilhelmus  crebris  exeursionibus  faligalos  inglorios  absce- 
dere  fecerunt.  interea  missis  utrinque  de  pace  nunciis,  induciisque  usque  nd 
octavas  Pasche  dalis,  aliquandiu  eoncordia  slelil.  donec  Frederieus  de  SVit-  20 
them  (3)  el  alius  quidam  capitancus  iiuyum  advenientes  a  domino  Wilhelmo, 
ruplo  fédère,  captivi  Leodium  deducerentur.  E^xinde  exercitus  Areburgensium 
per  Campiniam,  multis  damnis  illalis  ad  oppidulum  Peer  quo  omnes  fere  rustici 
confugerant  hostemque  expectabant,  appropinquavit,  ubi  etiam  arte  magis  quam 
armis  exuperat  plebecula;  omnes  pêne  pédestres  copie  perierunl,  occisis  ex  23 
Campiniensibus  circiter  mille  quingentis  viris,  ad.^o  ut  fraude  capilaneorum 
omnis  fere  Campinia  concideret,  et  nunquam  in  lam  ancipiti  bello  lot  homines 


(<)  André  liourlet,  prélocuteur  el  citain  liégeois,  fut  à  Ilny  le  défenseur  du  meunier  Jean  Loui.» 
exécuté  en  H80  pour  avoir  comploté  contre  l'évéque  au  profit  de  Guillaume  de  la  Marck.  Voir 
Il   l.  A.  /..,  t.  XXXVIII,  p.  519.  30 

(')  Bilsen. 

(»)  Frédéric  de  Wilteni,  voir  nu  Borman,  Adr.  d'Oiidcnbotch,  p.  567. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  129 

simul  e  nostratibus  prostrati  fuerint.  Subsecuta  est  vehemens  pestilentia,  que 
Brabaatiam  el  Leodienseni  patriam  graviter  afflixit  et  propemodum  extinxit.  Cf.  J.  de  L.,  90. 
Pax  tandem  tali  pacto  inter  Leodienses  et  Brabantinos  composita  fuit,  median- 
tibus  dominis  de  Nassouwe  (*)  et  Philippo  de  Ravensteyn  (2),  ut  dominus 
5  Wilhelmus  a  Leodio  se  sequestraret,  et  dominus  Everardus,  ejus  frater,  guber- 
nationi  civitatis  et  patrie  Leodiensis  preesset,  douée  per  apostolicam  sedem 
determinaretur  quis  ecclesie  Leodiensis  futurus  esset  antistes.  INam  electio,  ut 
supra  dictum  est,  in  très  divisa  fuit,  tametsi  Johannes  de  Home  finaliter 
prevaluerit.  sicut  in  sequentibus  clarius  et  prolixius  patebit. 


10  Chronique  du  règne  de  Corneille  de  Berghes  (3), 

1538-1542. 

Cornélius  a  Bergis  ex  illustri  marehionum  Bergensium  ortus  prosapia,  pâtre 
siquidem  domino  Cornelio  a  Bergis,  maire  vero  domina  Maria  generosi  domini 
a  Sevenberghe  filia,  octogesimus  quintus   Leodiensis  ecclesie  antistes,  post 

15  obitum  Heverendissimi  domini  Erardi  a  Marcha,  sufficitur  ",  anno  salutis 
XVCXXXVIII,  prefuitque  annis  VI.  Porro  predictus  B.  dominus  Erardus,  ut 
pacem,  quam  semper  servaverat  vivens,  etiam  moriens  patrie  relinqueret, 
egregium  hune  tu  m  adulescentem  Cornelium,  ob  ingeuuam  morum  probitatem, 
in  suum,  ut  vocant,  assumpsit  coadjutorem.  Defuncto  tandem  ipso  K.  D.  Erardo, 

20  cum   eo  tempore  Cornélius  apud  sororem  suam  abbatissam  in   monaslerio 


"  Wacht.  ajoute  :  Patrem,  inquam,  habuit  Cornelium  dominum  de  Heeswyck  et  de  Sevenberghen 

ex  parte  uxoris  suae,  matrem  vero  dominam  Mariam  de  Srynen,  dominam  de  Sevenberghen,  que 

erat  unica  filia  domini  Arnoldi  et  dominae  Mariae  de  Vianen,  factus  miles  Aurei  Velleris  anno  1500. 

Avum  habuit  dominum  Johannem  de  Glymes,  dominum  de  Berghes,  aviarn  Margaretam  de  S.  Symon, 

25  dictam  Blancam  :  proavum  Johannem  de  Glymes,  dominum  de  Berghes. 

(4)   Englebert  de  Nassau,  voir  t.  I,  p.  322. 
(•)  Philippe  de  Clèves,  seigneur  de  Ravensteia,  voir  t.  I,  p.  533. 

(')  Pour  la  chronique  du  règne  de  Jean  de  Hornes,  voir  t.  I,  pp.  339  à  b69.  Pour  la  chronique  du 
règne  d'Erard  de  la  Marcfc,  voir  l'édition  donnée  par  Ukiisens,  dans  B.  /.  A.  L  ,  t.  VIII,  pp.  1-104. 

Tome  II.  17 


130  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

vulgarilcr  Tercameren  (')  nuncupato  "  degorel.  missi  sunt  illuc  honorahiles 
viri  dominus  Ludovicus  a  Corlembach  (2)  et  cum  eo  iiounulli  alii  canonici 
Leodiensis  ecclesie,  dominas  quoque  Maximilianus  (*)  ab  Yselsteyn,  significare 
eidem  R.  domino  ut  se  ad  agenda  celerius  accingerel.  Penullima  igitur  februarii, 
applicuit  sepediclus  II.  dominus  Cornélius  post  meridiem  ad  oppidum  Saneti  5 
Trudonis    mansilque   codciu    die    nocteque   subsequenti    apud    II.    dominum 
abbatem,  digno.  ut  decuit,  exceptus  bospitio.  Scquenti  die.  ullima  februarii, 
feria  quinta,  idem  generosus  dominus  mane  Tiingrorum  oppidum  adequitavit 
sumptaque  corporis  refectione.  eirca  horam  terliam  post  meridiem,  cum  splen- 
dido  comitatu  lxx  circiter  equitum,  venit  Leodium  per  portam  Sancle  Wal    JO 
burgis, obequitantibus  quamplurimis dominis  nobilibuseieivibus.ut  in  ingressu 
civitalis  essent  trecenti  circiter  équités,   ingredicnte  autem  domino,  stabant 
intra  portam  venerabiles  domini  canonici  majoris  ecclesie  et  cum  eis  magistri 
civium  totusque  senatus  civitatis  cum  ministerialibus  et  cum  electo,  pedilum 
exercitu  ordinato,  grcssu  dcducentes  principem  usque  in  palatium.  Altéra  die,  15 
prima  martii,  feria  sexta.  mane  egressus  est  templum  divi  Lamberti,  deduetus 
in  capitulum  ibique,  prout  moris  est,  cum  debitis  ceremoniis  solitisquc  solemni- 
tatibus  rcceptus  est.  Egressus  aulem  ab  ecclesia,  associalis  eidem  R.  dominis 
episcopo  Atrebatensi  ''  (*),  Adulpbo  a  Schonwenburch  preposito  (5),  comitibus 
a  Ruren  (6),  ab  Horne  (7),  commendatore  domus  de  Juncis  (8),  ordinis  Sancte  20 
Marie,  leuthonice  militie,  plurimisque  aliis  viris  nobilibus,  cum  appropinquaret 
porte  palatii,  deposito  superpelliceo  prebendam  suam  conlulil  egregio  adules- 

"  Waclu.  ajoute  :  quae  vocabatur  Elisabet.  —  *  Wackt.  ajoute  :  Eustachio  de  Croy  filic  illustris- 
simi  principis  Henrici  comitis  de  Heux. 

()  Abbaye  de  Li  Cinabre  lez  Bruxelles,  25 

(l)  Louis  de  Corlembach,  chanoine  de  ^aint-Lamberl  et  cliancelier  d'Erard  de  la  Mnrck. 
(*)  Maximilien  d'Egmond,  fils  de  Florent,  comte  de  liurcn. 

(*)  Eustache  de  Croy,  évéque  d'Arras,  fils  de  Henry,  seigneur  de  Rœulx,  et  de  Lamberte  de  Brismeu . 
(>)  Adolphe  de  Schauenbourg,  chanoine  de  Saint-Lamberl  depuis   IMS,  grand  prévôt  depuis  1S33, 
coadjuteur  de  Cologne,  fils  de  Georges  et  de  Marie,  fille  du  comte  Jean  de  Nassau.  30 

^9)  Florent  d'Egmond,  époux  de  Marie  de  Bcrghcs,  sœur  de  Corneille  de  Herghes. 
(';  Jean,  comte  de  Hornes,  époux  d'Anne  d'Egmond. 
(*)  Winand  Van  Breiell,  commandeur  des  Vieux  Joncs. 


III,  334. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  151 

centi  domicello  Rasoni  a  Meroda,  filio  domini  de  Waroux.  Soluteque  sunt 
exculiie  propter  timorom  hostium,  post  obitura  R.  domini  Erardi  pridem 
indicte.  Quintadeeima  marlii,  in  feslo  Sancte  Gertrudis  ",  ad  horam  quartam 
post  meridiem,  venit  R.  dominus  Churingiam.  Feria  sexta,  xim  junii,  profeclus 

o  est  Trajectum,  transiturus  inde  Leodium.  Sequenti  sabbalo,  perversus  quidam     Cnapeaviiie, 
anabaptista,  Johannes  a  Rommershoven  (')   Churingie,  palo  ad  exustionem 
afflxus,  a  dyabolo,  stiipentibus  cunctis  qui  aderant,  prefocatus  est  :  predixerat 
enini,  suggerente  eo  cui  servierat,  se  non  igné  consummanduin.  Dominica  die, 
in  oclavis  Penthecostes,  xvi  junii,  venit  R.  dominus  Cornélius  Leodium  eum 

io  eleganlissima  mille  ducentorum  circiter  equituin  comitiva,  completisque  solem- 
nitatibus  consuelis  et  debitis.  receptus  est  in  ecclesie  Leodiensis  presulem  ae 
patrie  principem.  Feria  secunda,  facta  est  processio  solemnis  cum  deportatione 
sacratissimi  Corporis  Christi  necnon  pretiosi  capitis  gloriosissimi  martiris 
Lamberti    Ad  feriam  lertiam.  convocati  sunt  majores  patrie  \  tractaturi  in 

io  comitiis  super  communi  bono  pacis.  In  festo  Inventionis  Sancte  Crucis  (5  mai), 
cepit  populus  b  lurmatim  adiré  loeum  cui  vulgo  vocabulum  est  «  den  ossen 
Wech  »,  id  est  via  boum.  Erant  nempe  ibidem  secus  viam  quercus  ad  quarum 
alteram  statuuncula  dependebat  lapidea  dive  Virginis  imaginem  representativa, 
quam  etiam  aiebant  novis  elarere  miraculis.ls  siquidem  rumoradeo  plurimorum 

20  attonitns  oppleverat  aures  ut  etiam  a  remotis  partibus  illuc  catervatim  prope- 
rantes  sua  vota  exolverent.  Eodem  anno,  xvi  aprilis,  venit  Cameracum  R.  domi- 
nus Reginaldus  cardinalis  a  lutere,  legatus,  tiluli  SS.  Nerei  et  Achillei  (2), 
învisere  cupiens  Angliam,  suum  natale  solum.  si  boni  forte  quidpiam  adversus 
heresim  ibidem  pullulantem  facere  possent.  Verum  persuasum  illi  extitit  ne 

-j>  illuc  properare  audeat  si  régis  gladium  evadere  velit.  Erat  quippe  de  sanguine 
Ricbardi,  quem  albam  rosam  nuncupabant,  in  regno  Anglie  proximior  hères. 
Quo  accepto  gratanter  idem  cardinalis  dyaconus  consilio,  divertit  Leodium, 
summo,  ut  par  erat,  exceptus  honore.  Qui  cum  ibidem  aliquot  hebdomadibus 

"  Wacht.  note  :  Error,  quia  festum  S.  Gertrudis  incidit  in  17  diera.  —  b  Wacht.  ajoute  :  Leodiensis. 
30  c  Wacht.  ajoute  :  Trudonensis. 

(4)  Sur  cet  hérétique,  voir  J.  Lyna,  De  wedtrdoorpers  in  het  graafschap  Looit,  p.  9. 
(*j  Le  cardinal  Réginald  Polus,  lils  de  Marguerite  d'York. 


452  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

perstitisset  totiquc  clero  et  populo  admirundus  esset  et  amabilis,  tandem 
xxhi  junii,  dominica  die,  in  vigilia  S.  Johannis  tiaptiste,  solemncm  egit 
processionem,  predicata  per  onmes  eivitalis  ecclesias  plenarie  remissionis 
gratia,  ad  quam  lantus  confluxerat  populus  quantus  vix  unquani  visus  fuit. 
Ipse  venerabilis  D.  cardinalis  omnes  facta  benedictione  absolvit.  Erat  plane  5 
vir  l)eo  devotus,  catholicus,  totius  honestalis  et  religionis  spéculum  et 
exemplar  ".  Ko  tempore,  continuata  communicatione  inter  proceres  Cesaris  et 
régis  Francie,  nullusque  exinde  subsequeretur  fruclus  nisi  quod  prolongarentur 
inducie.  Paulus  pontifex  maximus.  partis  sue  id  esse  arbitrans  quo  pacis  médium 
inter  potentissimos  illos  duos  heroes  reperire  posset,  utrumque  ad  Italie  10 
invitavit  limites,  se  quoque  illuc  venturum  repromittens.  Et  quidem  César 
primum  ex  Hispaniis  in  portum  Villefrance.haud  procul  ab  urbe  Nicea,pervenit. 
At  pontifex,  xxm  martii  Klioma  egressus  ac  Paschale  apud  urbem  Placcntiam 
eelebrato,  iNiceam  venit.ultimum  Italie  oppidum,  provincielNarbonensi  vicinum, 
ditionis  ducis  Sabaudie  quem  César  digno  salutatum  honore  reverenler  excepit.  15 
Nec  mullo  post  venit  Francorum  rex  ad  Villamnovam,  juris  sui  locum  etiam 
non  longe  ab  urbe  JNicea.  Qui  et  ipse  pariter  eum  pontifice  sermonem  habuit, 
variisque  modis  et  mediis  quibus  ad  paeem  perveniri  posset  per  pontiDeem 
diligenter  tentatis,  tandem  xvm  junii,  finnate  sunt  décennales  inducie.  intérim 
regina  Leonora  Cesarem  germanum  suum  jam  altéra  vice  salutandi  gratia  adiit,  20 
quam  gratiose  festiveque  exeeplam  die  sacratissimi  Corporis  Christi  César 
dimisit.  Sub  cujus  diei  noctem,  pontifex  et  Àugustus,  conscensis  triremibus, 
Genuam  adnavigarunt.  Cum  aulem  César  non  diutius  in  Ilalia  persistere  sed 
Hispanias  properaret  redire,  opporluna  sese  obtulit  oceasio  qua  rursus  duo 
principes  illi  mutuo  sibi  obviare  potuissent.  Siquidem  Cesare  ad  Aquas  Mortuas  25 
delato,  cum  sua  regisque  classe  eodemque  rege  illuc  cum  liberis  et  conjuge 
veniente  xuu  julii,  dominica  die.  rex  prior  ad  Cesarem  in  sua  triremi  manentem 
accessit  pacisque  osculum  prebuit  et  recepit.  Postridie  vero,  César  in  portum 
descendens  oppidum  Àquas  Mortuas  adiit,  ubi  a  rege.  regina  ac  liberis  omni 
génère  letitie  exceptus  est,  ubi  per  sequentem  martis  diem  permansit  u.sque  in  30 

«  Wacht.  note  :  llnile  in  anno  precedenti  1537,  ubi  illud  idem  narratur  et  putarem  idem  esse 
nisi  esset  diversitas  in  data  dieruin  dominiearum,  quae  concordant  cum  siugulis  duobus  annis. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  153 

vcsperam.  Tune  autem,  salutatis  rege,  regina  ac  liberis,  in  triremem  suam 
rediit,  commissisque  venlo  velis,  sincera  pace  slabilila,  rccessit.  Eodem  anno, 
in  festo  \  isitationis  gloriose  Virginis  Marie  ("2  juillet),  obiit  illustris  princeps 
Karolus  de  Egmunda  (J),  dux  Gelrie  etc  ,  post  quem  Wilhelmus,  dux  Clivie  et 
5  Juliaci,  eumdem  ducatum  occupât  quem  pridem  x  februarii  tutoris  nomine 
relevarat.  Eodem  etiam  anno,  vu  octobris,  domina  Maria  regina  Hungarie,  soror 
Cesaris,  provinciarum  Gallie  S.îelgice  gubernalrix,  venit  Cameracum.  Sequenti 
autem  die,  illuc  pervenit  Francorum  rex  Franciscus.  iNona  autem  octobris.  cum 
ingenti  pompa  egressi  sunt  simul  Cameraco,  perveneruntque  ad  oppidum  Sancti 

10  Quintiui,  ubi  baud  vulgari  recepta  fuit  honore  regina  affluentissimeque  festi- 
vata.  Post  dies  vero  xvi  quos  ibidem  egit,  alio  itinere  rediit  in  Hannoniam. 
Eodem  anno,  (obiit)  dominus  Eustbaiius  a  Croy.  episcopus  Atrebatensis,  in 
cujus  locum  canonice  successit  dominus  Anthonius,  prenotus  illustris  domini 
de  Grandtvelle  primogenilus, magne  vir  erudilionis  et  probitatis  speique  majoris. 

15  Eodem  anno,  rex  Anglie  Henricus  VIII,  perversissimorum  hercticorum  iniquis 
seductus  persuasionibus,  archam  in  qua  beati  Thome  martiris  Canthuariensis 
archipresulis  ossa  continebanlur  elïregit,  aurum,  argentum  lapidesque  pretiosos 
detraxit  sacrasque  inclusas  reliquias  igné  consumpsil.  Haud  dispari  etiam 
scelere,  Christiernus,  Oanorum  rex,  in  eeclesias  religiosorumque  monasteria 

20  desevit.  Sed  et  mulli  anabaptiste  ex  Anglia  profligati,  mense  decembri,  oppido 
Hollandie  Delf  applicantes  eapiuntur.  ex  quibus.  sequenti  januario  die  vu, 
viri  xvi  capile  plectuntur,  mulieres  vero  xv  aquis  prefocantiir.  Anno  Domini 
XVCXXXIX,  César,  cum  proflcisci  versus  Conslantinopolim  aninio  concepisset, 
mililibus  donatium  duorum  mensium  erogavit.  Verum  ob  Gandensium  atque 

25  Gelrensium  rebellionem,  ab  itinere  proposito  desiit.  Hoc  anno,  prima  maii,  in 
festo  apostolorum  Philippi  et  Jacobi,  obiit  illustrissima  domina  Isabella  impe- 
ratrix.  filia  régis  Portugalie.  Karoli  Cesaris  conjux,  edito  prius  in  lucem  filio, 
sed  mox  e  vivis  sublato,  relinquens  marilo  suo  Çesari  magni  luctus  materiam 
una  cum  filio  superstile  Philippo  ac  duabus  puellis.  Tcrtia  junii,  in  Haerlem, 

ôo  Hollandie  oppido,  trucidanlur  anabaptiste  viri  mi,  femine  vm.  Similiter  et  in 

(4)   Charles  d'Egraond,  Hue  de  Gueldre  de  1492  à  1558,  un  des  adversaires  les  plus  passionnés  de 
Charles  Quint.  Il  eut  comme  successeur  Guillaume,  dit  le  Riche,  duc  de  Clèves,  de  Berget  de  Juliers. 


134  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

Trajeclo  Infcriori  xi  junii  necantur  ejusdem  sceleris  rei  viri  vu,  feinina  vi.  Hoc 
tempore,interCesarem  et  Francorum  regom  initum  fedus  conliiuiatur  multorum 
admirationc,  nonnullorum  etiam  invidia  atque  emulalione  Die  xxmi  oclobris, 
in  Buren  diem  clausit  novissimum  gcncrosus  dominus  Florentius  ab  Yselstcin, 
cornes  de  Buren,  relinquens  in  comilatu  suecessorem  lilium   Maximilianum.  s 
Fjusdem  mensis  die  xxvm.  templum  arsit  in  Haga  comitis  Hollandie.  Circa 
idem  fcre  tempus,  defuncli  sunt  illustres  viri  Georgius  dux  Saxonic  et  llenricus 
cornes  a  iNassouwe.  Mense  septenibri.  exorto  seditiosorum  quorumdam  tumultu, 
apud  Trajectum  ad   Mosam    trucidanlur  domicellus  Gerardus  a  Coer,  dicti 
oppidi  prefectus,  necnon  magister  Hemigius  Prenten,  juris  licentiatus,  civiurn  îo 
magister,  ob  quorum  necem  plures  tanti  criminis  rei  gravi  distrietione  passim 
puniti  sunt.  Eodem  anno.  César  cum  in  Hispaniis  essel,  mense  novembri, 
terrain  suam  Gallie  Belgice  invisere  varias  ob  causas  decrevit.  Premisso  ilaque 
prius  illustri  domino  de  Grantvelle  a  secretis  consule  suo  primario  (J),  Hispanias 
egressus,  venit  in  Franciam  obvium  habcns  sccus  S.  Sebastiani  oppidum  régis  io 
fllium  secundo  genitum,  dominum  Abdenago  Aurelie  ducem.  Inde  procedenti 
ulterius  occurrit  Henricus  delpbinus  cum  primis  tolius  Francie  proceribus. 
Ingressus  itaque   Augustus  Bagonam  cum  dictis  principibus,  modico  tamen 
suorum  numéro  constipalus,  ibidem  incredibili  exceptus  est  honore  sub  die 
xxvi  novembris.  Postea  magnis  itineribus  venit  Burdegalum  ac  deinde  Pictavos,  20 
concomitantibus  semper  prenominatis  régis  âliis,  delphino  ac  Aurelie  duce. 
Tandem,  x  decembris,  applicuit  oppidum  Lochias.  ubi  Francorum  rex  ipsius 
prestolabatur  adventum    excepitque  cum  rex  inestimabili  gaudio  festivaque 
gloria.  una  cum  regina  Leonora,  Cesaris  sorore  et  régis  eonjuge.  eonfluentibus 
aii  speetaculum  populis  innumeris.  factumque  est  gaudium  magnum  universe  25 
plebi.  Ipso  anno.  facliis  est  apparatus  mulliis  maritimus  adversus  Solmanntim 
turchicum   (lesarem.  qui  et  ipse.  magna  classe  emissa.  duclu  Heiradini  cui 
vulgo  nomen  est  Barbarosse,  mare  inquietavit.  oppidumque  Castelnuovo.  firmis- 
simo  Hispanorum  atque  italorum   munilum  presidio,  vi  expugnavit,  mense 
auguslo.  interfectis  pêne  ebristianis  omnibus,  in  qua  nibilominus  obsidione.  30 

(i)  Nicolas  Pcrrenot,  seiancur  <lc  Granvelle,  avait  succédé  à  Mcrcurin  île  Gattinara  comme  grand- 
chancelier  de  Charles-Quint. 


CHRONIQUE  DE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  155 

Turchici  exercitus  ceciderunt.  plusquam  xviM.  christianis  sese  acerrime  forlissi- 
meque  defendenlibus.  Qui  etiam  nunquam  victi  fuissent  si  non  transfuge 
quidam  Dalmate,  ad  Turchas  delapsi,  sécréta  révélassent  ac  per  quas  partes 
bombardis,  quarum  maximam  Turche  habebant  copiam,  impetendum  foret 
'■>  oppidum  signifiassent.  Fuit  hoc  aano  magna  frumenti  cbarislia  et  inopia. 
Verum,  miserante  l)eo,  frumentum  advectum  est  ex  Hispaniis  et  Porlugalia  ut 
jam  iliarum  regionum  habundantia  noslra  plurimum  relevata  sit  inopia. 
Exoritur  hoc  anno  conspiratio  Gandensium  adversus  magislratus  et  polentalus; 
Verum  César  postmodum  eorum  insolenliam  compescuit  pluresque  sceleris 

to  noxios  punivit.  Eodem  anno,  plures  variis  locis  sub  districtu  justitie  Montinia- 
censis  deprehense  sunt  malelice  et  ad  ignem  cor.domnate  ad  numerum  xiv 
vel  xv.  Octava  augusti.  quidam  apud  Sa  ne  tu  m  Trudonem  flammis  est  con- 
sumptus  qui  aliarum  "  fertur  fuisse  pedagogus.  Ipso  denique  anno,  Henricus 
Anglie  rex  uxorem  duxit  flliam  ducis  Clivie,  quam  cum  pompa  maxima  ingen- 

15  tique  letitia  per  Antverpiam  traduxit  in  Angliam.  Sed  hec  letantium  cythara 
stalim  versa  est  in  luctum,  eo  quod  rex  eam  dimiserit;  qua  ratione  incertum 
est.  Anno  Domini  XVCXL,  César  Karolus  cum  naufragio  liber  evasisset, 
circa  initium  januarii,  ingressus  est  Parhisium  decentissimo  omnium  occursu 
ordinum  salutatus,  présente  etiam  ipso  rege  qui  pro  sua  regali  magnifieentia 

20  tam  Cesarem  quam  ejus  proceres  qui  cum  eo  vénérant  affluentissime  refecit. 
Cuncta  Cesaris  negotia  tractabanlur  per  illustrem  dominum  de  (irantvelle 
ejusque  germanum,  abbatem  Sancti  Vincentii  Bisuntini  (*),  Cesaris  oratorem. 
Celebrata  est  ibidem  sacratissima  Domini  Epiphania.  Postea  César  una  cum 
rege  ad  oppidum  Sancti  Quintini  pervenerunt.  ibique  dimisso  Cesare  rex  cum 

25  osculo  et  Iachrimis  remansit.  Porro  César,  assoeiatis  ei  delphino  ac  duce 
Aurelie  aliisque  quamplurinis  viris  illustribus,  Cameracum  urbem  ingreditur, 
a  R.  D.  Roberto  a  Croye  episcopo  et  duce  Cameracensi,  duce  Aerschotensi  (2) 

"  iliarum  :  Wacht. 

(*)  François  Bonvalot,  abbé  de  Luxcuil  et  de  Saint-Vincent  à  Besançon. 
30       (*)  Robert  de  Croy,  fils  de  Henri,  comte  de  Porcien,  archevêque  de  Cambray  ;  Philippe  de  Croy, 
duc  d'Aerschot. 


136  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

aliisque  multis  harum  rcgionum  proceribus  summa  pro  merito  revercntia 
exceplus.  Postridie,  relicto  Cameraco.  Valentianis  applicuit  ubi  gencrosissima 
domina  Maria  Hungarie  rcgina,  Cesaris  soror,  ipsum  smim  germanum  regiosque 
filios  avida  prestolabatur.  Que,  ut  altéra  Maria,  pro  dignis  ipsis  impendendis 
honoribus  adeo  extitit  sollicita  ut  etiam  noctes  aliqnot  insomnes  duxisse  dice-  s 
relur.  At  Auguslus,  cum  ibidem  substitisset  cunctaque  que  animo  conceperat 
expedisset,  principes  predictos  a  se  dimissos  in  sua  abirc  permisit.  Fxinde 
profectus  est  imperalor  Bruxellam  quo  cum  pervenisset,  eonfluxerunt  ad  enm 
passim  salutandi  gratia  totius  fere  Germanie  principes,  in  primis  ejus  germanus 
I).  Fernandus  Romanorum.  Hungarie  et  Bohemie  rex,  dux  Sabaudie,  duces  io 
Bavarîe,  duees  Bruinsuigenses  aliique  plurcs  episcopi,  comités  ac  Germanorum 
Italorumque  proceres.  Inter  quos  et  B.  D.  Cornélius  a  Bergis.  Leodiensis  antistes, 
habitoque  inter  Cesarem  el  antistem  colloquio,  ordinari  cepit  de  assumptionc 
R.  D.  Georgii  ab  Austria,  ipsius  Cesaris  patrui,  ad  ecclesie  Leodiensis  coadju- 
torem.  Eodem  anno,  imperator  cum  miM  peditum  Germanorum  ac  duobus  15 
milibus  equilum  ad  compressionem  Gandensium  profectus  est.  Qui  mox  in 
civitatem  admissus  nonnullos  predicte  rebellionis  incentores,  etiam  aliquos 
nobiles  gladio  puniri  jussit,  alios  in  exilium  egit,  rescisis  omnibus  fere  civium 
slatutis  ac  privilegiis,  novisque  ordinatis  quibus  facilius  cives  subjectos  a 
rebellionis  injuria  de  cetero  contineret.  Castrum  quoque  munitissimum  amplis-  20 
simumque  erexit  cui  nobilem  virum  et  strenuum  dominum  de  Reux  (*)  prefecit, 
quem  et  totius  Flandrie  gubernatorem  constituit  multamque  sibi  pecunie 
summam  exsolvi  voluit.  Ceterum  imperalor  ut  omnibus  sibi  subjectis  populis 
eonsuleret,  ad  alia  etiam  invisenda  Ioca  se  accinxit.  Unde  xv  augusti  oppidum 
suum  Trajectum  Inferius  adiit;  inde  peragratis  oppidis  el  easlris  Buren,  25 
Gorichem,  Vianen,  Buscoducis,  etc.,  rursus  Bruxellam  veniens,  editis  prius 
aliqnot  legibus  et  statutis,  ad  Germanos  transiit.  Destinatis  B  D.  (>ornelio  a 
Bergis.  Leodiense  antistite, ac  domino  S>enalo,  principe  Oranie, versus  Trajectum 
ad  faciendam  vindietam  in  nationibus  que  in  nece  dudum  turpiter  perpetrata 
ree  fuissent  tanti  faeinoris.  Fuit  hujus  anni  fecunda  nimis  et  sicca  estas  qualis  30 
unquam  vix  ab  hominum  memoria  visa  fui t ^  nam  et  fluvii  exsiecabantur  et 

(*)   Adrien  de  Croy,  seigneur  de  KœuU. 


CHRONIQUE  JEAN  DE  BRUSTHEM.  137 

gurgites.  Apud  Coloniam  Agrippinam,  ferunt  agricolam  quempiam  per  trans- 
versum  Bbeni  fluminis  alveum  aratro  suo  pro  insolite  rei  novitate  Iransmcassc. 
Sequana  apud  Parhisios  siccis  ferme  pedibus  perambulabatur.  Lxtiterc  tu  m 
eliam  mures  plurimi  alque,  ut  est  apud  ruricolas  proverbium,  subsecuta  est 
s  ferlililas  anni.  Eodem  anno  m  februarii,  festo  Blasii,  fato  cessit  in  Phrisia 
animosus  et  fortis  vir  (Jeorgius  cbenck,  preses  Phrisie,  in  eujus  locum  subor- 
dinatus  est  cornes  a  Buren  D.  Maximilianus  ab  Yselsteyn.  Dcindc,  sccunda 
aprilis,  viam  ingressus  est  universe  cirnis  II.  Anthonius  a  Moutengnies,  cornes 
Hoechstralanus,   preses   Hollanilic,  in  cujus   locum   suffeclus   est   generosus 

10  dominus  Renatus  a  Chailon,  princeps  Oranie.  Anno  Domini  XVCXLI.  Guil- 
helmus  flux  Clivie  profeclus  in  Franciam.  duxit  filiam  régis  Navarre  uxorem, 
liocque  Francorum  régis,  ut  suspicabatnr  consilio,  quo  passim  aller  allerius 
adjutorio  frueretur  et  presidio  ad  versus  Cesarem  in  quem  denuo  conspirasse 
eum  aliquot  consimilis  frumenti  principibus  atque  etiam  alterius  ordinis,  proli 

io  dolor,  constans  fama  fcrebat.  Eo  etiam  tcmpore,  dux  junior  Lotbaringie, 
malrimonio  sibi  sumil  apud  Bruxellam  !>anorum  régis  Cbrislierni  filiam,  ducis 
Mediolani  quondam  relictam  (1).  At  Karolus  imperator,  concitatis  tolius  Ger- 
manie principibus  magnaque  eruditissimorum  virorum  présente  caterva,  coram 
eliam  legalo  pontificis  maximi,  concilium  indixit  Katisponc  quo  impios  aliquot 

20  Germanorum  lollere  posset  errores.  Quod  cum  per  menses  aliquot  cotilinuos, 
pro  summa  sua  virili,  conatus  esset.  tandem  negotio  penitus  infecto  auditaque 
clade  magna  quam  ïhurce  Christianis  apud  Hispanias  intulerant,  coaclis 
aliquot  milibus,  in  llaliam  proficiscitur,  iranstnissoque  mari,  multorum  milium 
exercitu  Argeiram,  Aphricc  seu  iNumidie  opulentissimam  urbem  et  maximam. 

23  obsidione  cingit,  a   qua   mox  injuria  tempeslatis.   cuncta    annona   deperdita 
mullisque  suorum  milibus  cum  centum  triginta  submcrsis  navibus.  eoactus 
est  retroccdere.  Quo  infausto  damno  accepto,  maris  se  commitens  discrimini. 
re  infecta  et  in  aliam  delala  fortunam,  profeclus  est  in  Hispaniam    Eodem 
anno,  D.  Ferdinandus.  Hhomanorum,  Hungarie  atque  Bohemie  rex,  Budam 

"o  Hungarie  forlissimam  urbem, copio^o  obsidens  exercitu.  a  SolmannoTurcharum 

(*)  François  Ier,  qui  succéda  à  son  père  Antoine,  dit  le  Hon.  en  1544.   Il  avait  épousé  Christine,  fille 
du  roi  de  Danemark  et  veuve  de  François  Sforza,  duc  de  Milan. 

Tome  II.  18 


138  CHROiNIQUES  LIÉGEOISES. 

imperatore  repollitur.  maxima  lamen  suorum  accepta  cladc  multisque  amissis 
militihus  Sicque  noslris  cxigentibus  demeritis.  Hungaric  rcgniim  in  magna 
parte  occupalur  ab  infidclibus.  Hoc  eliam  anno,  maxima  fuit  aquarum  inun- 
datio,  xxnii  apiilis.  domiuica  die  nocteque  sequenti,  ut  Leodii  per  portam 
Sancte  Margarete  maxime  trabes  ae  lapides  vi  aquarum  pluvialiiiiu  impetuque  s 
torrentium  ad  fores  templi  Saneti  Severinî  impellerentur  vebementique  irrup- 
tione  hostia  ex  suis  cardinibus  dejicerentur.  In  hujus  anni  lermino.  fuit  Leodii 
exorta  proditiosa  quedam  conspiratio  que  lamen  divina  gratia  antequam  in 
malum  exsurgeret,  depressa  fuit  et  sopita  (i).  Media  hujus  anni  estale,  compre- 
hense  sunt  apud  Locastrui  quinque  mulieres  maléfice,  quarum  quattuor  insimul  10 
educte  sub  unius  hore  et  loci  spatio  ignibus  absumpte  sunt.  sed  et  quinta 
eonsimili  morte  perempta  est.  Anno  Domini  XV°XLII,  post  initum  fedus  inter 
(lesarem  Karolum  V  atque  Franeorum  regem  Kranciscum,  faclus  est  maximus 
belli  apparatus  ad  partes  Austrie  adversus  Turcas.  Quo  eliam  mox.  post  festa 
paschalia.  plures  viri  nobiles  ex  Leodiensi  palria  profecli  sunt.  is 

(')  Voir  sur  celle  conspiration,    Bon  J.  de  CnESTnET   de  Hakeffe,  Les  conjurations  îles  La  Marek 
formées  à  Lie  je  contre  Chartes- Quint,  dans  Bull.  Ac»d.  rov.  de  Belgique,  ô'  sér.,  t.  XXI,  pp.  681-718. 


CHRON IÛUES  LIÉGEOISES 


TEXTES  FRANÇAIS 


INTRODUCTION 

Les  chroniques  liégeoises  rédigées  en  latin  sont  relativement  peu 
5  nombreuses,  mais  présentent  entre  elles  beaucoup  de  diversité.  Ecrites 
dans  une  langue  savante  par  des  clercs  érudits,  elles  sont  chacune  une 
œuvre  de  compilation  personnelle.  Leur  mérite  est  de  nous  avoir  conservé 
des  textes  historiques  que  l'on  croyait  perdus,  d'avoir  fixé  la  date  de 
certains  extraiis  ou  d'avoir  permis  rétablissement  d'une  édition  critique 
10  de  certaines  relations,  telles  que  celles  de  Merica  et  d'Adrien  d'Oudenhosch, 
qui  n'étaient  jusqu'à  présent  connues  que  par  une  source  unique. 

Avec  les  textes  français,  le  travail  prend  un  caractère  tout  différent. 
D'abord  le  nombre  des  manuscrits  devient  considérable  :  la  bibliothèque 
de  l'Université  de  Liège  en  possède,  en  effet,  74,  la  Bibliothèque  centrale 
îs  de  la  ville  de  Liège,  29,  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles,  32,  le  dépôt 
des  Archives  de  l'État  à  Liège,  6.  Il  faut  ajouter  à  ces  138  manuscrits 
tous  ceux  qui  sont  la  propriété  de  collectionneurs  particuliers  et  dont 


140  INTRODUCTION. 

le  nombre  ne  peut  être  déterminé.  Il  y  a  donc  Mou  d'entreprendre  au 
préalable  une  longue  et  minutieuse  besogne  de  classement  el  d'élimination 
de  ces  nombreux  manuscrits,  afin  de  fixer  les  types  qui  ont  servi  de 
modèle  aux  copistes  patients  de  ces  volumineuses  chroniques  anonymes. 
.Mais  selon  la  période  que  l'on  veut  envisager,  ce  groupement  devra  être  s 
soumis  à  de  fréquentes  revisions. 

Cependant  les  chroniques  vulgaires  françaises  ne  sont  pas,  comme  les 
chroniques  latines  étudiées  précédemment,  des  œuvres  de  compilation 
personnelle.  Toutes  sont  la  copie  ou  le  résumé  plus  ou  moins  modernisé 
d'un  texte  traditionnel  dont  il  n'est  pas  difficile  de  retrouver  les  sources.  io 

Le  pays  de  Liège  a  été  la  (erre  bénie  des  chroniqueurs.  En  dépit  de 
l'invention  de  l'imprimerie,  et  jusqu'à  la  fin  du  XVIIIe  siècle,  moines, 
clercs  el  bourgeois  de  Liège  se  sont  complu  à  consigner  dans  de  volu- 
mineux manuscrits  les  faits  concernant  le  passé  et  le  présent  de  leur 
pays.  Ces  chroniques,  dites  chroniques  vulgaires,  ne  pénètrent  pas  au  cœur  is 
de  l'histoire,  mais  elles  abondent  en  détails  sur  les  faits  de  chaque  année, 
parfois  même  de  chaque  jour.  Elles  commencent  généralementà  la  guerre 
de  Troie  et  se  poursuivent  jusqu'au  temps  où  vivaient  leurs  auteurs. 

On  rencontre  au  début  de  la  plupart  de  ces  chroniques  une  série  de 
notices  sur  les  prétendus  rois  de  Tongrcs.  La  liste  en  est  double.  Un  20 
grand  nombre  de  manuscrits  adoptent  la  liste  fournie  par  Jean  d'Outre- 
meuse  :  Tungris,  Humbris,  Tungris,  Cedros,  Lotringe,  Loiringe,  Jupilla, 
Trectullus,  Colongus,  Tremus,  Cornulo,  Tungris,  Trecanus.  Il  y  a  natu- 
rellement dans  ces  noms  des  variantes,  quelques  manuscrits  omettant 
certains  noms,  d'autres  en  ajoutant.  D'autres  manuscrits  donnent  une  liste  25 
différente  et  font  succéder  aux  rois  de  Tongres  les  ducs  de  Tongres,  dont 
ils  rattachent  les  derniers  rejetons  aux  Carolingiens.  Les  rois  se  succèdent 
comme  suit  :  Tungris,  Humbris,  Tungris,  Agrippa,  Ambron,  Thuringe, 
Cimbert,  Cainbert,  Servius,  Blandin,  Cedros,  Loiringe,  Léon,  Léon,  Léon, 


INTRODUCTION.  141 

Waringer,  Zinardus,  Magnus,  Menapius,  Léon,  Godefroid,  Charles  Inacque 
(le  manuscrit  464  place  ici  Ambiorix),  Octavian.  Puis  les  ducs  :  Charles 
Brabon,  Julius,  Octavius,  Godard,  Godefroid,  Wériek,  Artsard,  Morsian, 
Taxandre,  Ansegise,  Charles  le  Bel,  Landon,  Austrasius,  Charles  IV, 
s  Charles  V,  Carioman,  Pépin  l'Ancien,  etc.  11  n'y  a  rien  à  retenir  de  ces 
récits  légendaires  qui  remplissent  souvent  plus  de  la  moitié  des  volumes. 
Le  texte  utilise  ensuite  la  chronique  abrégée  de  Jean  d'Oulremeuse  et 
peut  de  même  être  négligé  jusqu'à  la  période  où  nous  fait  défaut  la  grande 
chronique  du   même   auteur,    c'est-à-dire  jusqu'en    1340.   Nous   avons 

io  malheureusement  perdu  la  partie  de  l'œuvre  du  fameux  conteur  liégeois 
où  celui-ci  narrait  les  faità  qu'il  a  vus  lui-même  ou  dont  il  a  pu  interroger 
les  témoins,  et  qui  par  conséquent  aurait  gardé  une  autorité  dont  la 
critique  moderne  a  dépouillé  les  longs  et  romanesques  récits  des  périodes 
précédentes.  Le  texte  reconstitué  de  la  chronique  abrégée  peut,  jusqu'à 

,;i  un  certain  point,  y  suppléer. 

Pour  celle  partie,  qui  doit  nous  restituer  un  texte  perdu,  il  faul, 
appliquant  la  méthode  suivie  dans  la  première  partie  de  cet  ouvrage, 
retenir,  hors  de  la  centaine  des  manuscrits  rassemblés,  uniquement  ceux 
qui  fourniront  le  texte  le  pius  ancien  et  le  plus  pur. 

20  La  chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse  finit  en  1400.  A  partir 
du  XV8  siècle,  les  chroniques  liégeoises  sont  un  abrégé  des  chroniques 
de  Jean  de  Stavelot,  d'Adrien  d'Oudenbosch,  puis  de  Jean  de  Looz, 
complété  par  quelques  additions  empruntées  à  d'autres  sources  contem- 
poraines. Toute  ces  chroniques-sources  nous  étant  connues,  cette  partie 

25  ne  présente  aucun  intérêt  et  ii  suffit  d'en  retenir  le  petit  nombre  de 
passages  inédits  qu'on  ne  retrouve  pas  dans  les  autres  récits  des  règnes 
de  Jean  de  Bavière,  Jean  de  Wallenrode,  Jean  de  Heinsberg,  Louis  de 
Bourbon  et  Jean  de  Hornes. 

Dès  le  XVIe  siècle,  il  devient  difficile  de  concentrer  autour  d'un  texte 


\42  INTRODUCTION. 

judicieusement  choisi  loul  ce  que  l'on  peut  glaner  dans  les  chroniques 
vulgaires.  En  voici  les  deux  raisons  principales  : 

1°  La  chronique  de  Jean  de  Looz  se  termine  en  1544,   et  dès  ce 
moment,  le  compilateur  qui  a  continué  le  récit  des  événements  survenus 
pendant  le  règne  d'Érard  de  la  Marck  et  de  ses  successeurs  n'a  plus  à  sa  s 
disposition  de  chronique  source  quM  pourrait  résumer  ou  compléter  parfois 
par  de  courts  emprunts  à  d'autres  narrations.  Celte  absence  de  guide  et 
de  plan  se  remarque  d'une  façon  frappante  pour  la  notice  consacrée  à 
Ér;ird  de  la  Marck.  Au  début,  l'auteur  de  celle-ci  a  pu  utiliser  les  dernières 
pages  de  la  chronique  de  Jean  de  Looz.  De  1514  à  1531,  il  n'a  eu  à  io 
glaner  que  des  annotations  fort  brèves  qui  nous  semblent  extraites  d'un 
recueil   dont   certaines   chroniques  fournissent  des  citations  antérieures 
au  XVIe  siècle.  Mais  en  1531,  il  retrouve  le  rapport  ofliciel  et  si  détaillé 
que  le  greffier  Guillaume  de  Champion  a  écrit  pour  le  Conseil  de  la  cité 
à  propos  de  l'émeute  des  Rivageois,  et  il  l'incorpore  complètement  et  is 
textuellement  dans  son  récit;  puis  il  ne  dispose  plus,  pour  la  fin  du  règne 
du  grand  cardinal,  que  des  notes  brèves  et  banales  dont  il  avait  précé- 
demment fait   usage.   Les  notices   consacrées  aux  trois  princes-évêques 
suivants  sont,  dans  la  version  de  ce  compilateur,  aussi  informes  et  aussi 
vides,  et  il  faut  arriver  au  règne  de  Gérard  de  Groesbeek  pour  découvrir  20 
un  texte,  ou  plutôt  deux  séries  différentes  de  textes,  qui  soit  rédigé  avec 
une  certaine  suite  et  une  certaine  compréhension  des  événements; 

2°  A  mesure  que  le  narrateur  raconte  des  faits  plus  rapprochés  de  son 
époque,  il  a  l'occasion  de  compléter  le  récit  emprunté  à  d'autres  sources 
par  une  documentation  qui  lui  est  personnelle,  si  bien  que  chaque  25 
manuscrit  peut  révéler  un  détail  inédit  et  resté  ignoré  de  tous  les  autres, 
et  ces  passages  différeront  d'un  récit  à  l'autre,  d'après  le  lieu  qu'habitait 
le  scribe  ou  d'après  la  sagacité,  la  culture  intellectuelle  ou  la  position 
sociale  de  ce  dernier.  C'est  pourquoi  il  peut  être  fort  important  de  vérifier 


INTRODUCTION.  143 

Pidenlité  de  tous  les  personnages  qui  ont  inscrit  leur  nom  au  début  ou  à 
la  fin  du  texte  de  très  nombreux  exemplaires  des  chroniques  vulgaires. 
Il  résulte  de  ces  constatations  que  la  méthode  d'investigation  doit  être 
désormais  complètement  modifiée,  il  ne  s'agit  plus  de  rechercher,  parmi 
5  une  bonne  centaine  de  registres,  un  ou  deux  archétypes  qui  nous  fourniront 
les  meilleures  leçons  d'un  texte  bien  fixé.  Il  faut  aussi  renoncer  à  noter 
toutes  les  variantes  d'une  relation  qu'un  certain  mérite  littéraire  n'a  pas 
rendue  traditionnelle  et  qui  ne  vaut  pas  qu'on  lui  applique  les  procédés 
d'épuration  de  la  méthode  classique.  Désormais  il  n'y  a  plus  de  bons  et 

io  de  mauvais  manuscrits,  puisque,  dans  tous  indistinctement,  il  y  a  espoir 
de  récolter  des  renseignements  nouveaux. 

Pour  le  XVIe  siècle,  le  principe  de  classement  des  manuscrits  sera  donc 
tout  différent.  C'est  pourquoi  nous  remettons  après  la  publication  de  la 
chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse  et  des  textes  du  XVe  siècle  la 

15  nomenclature   et   la   brève   description   des  manuscrits   des  chroniques 
vulgaires. 


144  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse,  de   1341   à   1400. 

i'our  établir  le  texte  de  cetU'  chronique  abrégée,  résumé  du  quatrième  livre 
de  la  grande  chronique  de  Jean  d'Outremeuse,  les  manuscrits  suivants  ont  été 
retenus  et  classés  dans  les  quatre  catégories  suivantes  : 

A.  —  Manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale  de  Belgique,  II,  2754  (catalogue  s 
Van  don  Gheyn,  n°  6526).  il  fournit  le  texte  qui  nous  parait  le  plus  ancien  et 
le  plus  exact.  C'est  pourquoi  nous  l'adoptons  généralement  en  le  corrigeant 
çà  et  là  d'après  d'autres  manuscrits,  principalement  B  et  D. 

B.  Un  grand  nombre  de  manuscrits  donnent  un  texte  plus  ou  moins 
rajeuni,  mais  aussi  complet  que  A  et  qui  peut  servir  parfois  utilement  à  corriger  io 
cette  première  source.  Ce  plus  ancien  de  celte  classe  est  le  manuscrit  i5ô  de 

la  collection  Capitaine,  conservé  à  la  :>ihliothèque  centrale  de  la  ville  de  Liège 
et  aussi  dénommé  manuscrit  Grégoire  Syhius.  Le  texte  donné  par  la  chronique  1 
du  dépôt  des  Archives  de  l'État  à  Liège  est  aussi  un  des  moins  modernisés. 
Les  manuscrits  72,  179,  185,  440,  464,  619,  691,  1005  de  l'Université  de  15 
Liège,  les  manuscrits  6554,  6563,  6568,  6571,  6576,  6578  de  la  Bibliothèque 
royale  de  Belgique,  les  manuscrits  SIC  ancien  de  Theux  148),  892  (ancien 
de  Theux  65),  899  (ancien  de  i  lieux  147)  de  la  bibliothèque  centrale  de  la 
ville  de  Liège,  fournissent  un  texte  fort  rajeuni.  Dans  les  notes  critiques,  le 
signe  B  désigne  la  leçon  commune  à  tous  les  manuscrits,  le  signe  Bi  représentera  20 
plus  spécialement  le  manuscrit  Sylvius  et  B2  le  manuscrit  i  des  Archives 
de  Liège. 

C.  —  Manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale  de  Belgique,  10289  (catalogue 
Van  den  Gheyn,  6555),  qui  suit  la  même  version  que  le  manuscrit  A,  mais 
fortement  abrégé  en  plusieurs  parties.  35 

D.  —  Ce  manuscrit  1966  de  1  Université  de  Liège  (ancien  de  Theux,  H 2) 
donnant  un  texte  conforme  à  B.   Mais  il  contient  un  bon  nombre  de  passages 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  145 

qui  ne  se  trouvent  pas  dans  les  autres  manuscrits.  La  plupart  de  ces  passages 
sont  traduits  littéralement  de  la  chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot  ou  de 
celle  de  Zanlfliet. 

Sur  ces  textes  complémentaires  du  manuscrit  D,  se  présentent  deux  hypo- 
5  thèses.  Ou  bien  ils  sont  ajoutés  au  texte  de  Jean  d'Oulremeuse  par  le  copiste 
du  manuscrit  D,  ou  bien  ils  font  partie  du  texte  de  Jean  d'Outrcmeuse, 
quoique  omis  dans  nos  autres  manuscrits,  et  ce  sont  Jean  de  Stavelot  et  Zanlfliet 
qui  les  ont  empruntés  à  la  chronique  française  pour  les  traduire  en  latin  dans 
leur  propre  chronique. 
10      Nous  croyons  devoir  nous  rallier  à  la  première  hypothèse  : 

1°  Elle  est  plus  conforme  aux  habitudes  du  copiste  du  manuscrit  D,  qui 
sans  cesse  intercale  dans  son  texte  des  additions  prises  de  divers  côtés; 

2°  Nous  ne  trouvons  aucun  passage  où  Jean  de  Stavelot  et  Zanlfliet  repro- 
duisent littéralement  le  texte  de  Jean  d'Oulremeuse.  Il  serait  étrange  qu'ils 
îs  eussent  exclusivement  réservé  cet  honneur  aux  passages  qu'omettent  nos  autres 
manuscrits; 

3°  Tous  les  manuscrits  sont  d'accord  pour  omettre  ces  textes  qu'on  ne  lit 
que  dans  le  seul  manuscrit  D; 

A0  Le  copiste  se  trahit  dans  un  passage  relatif  à  l'année  1397,  où  il  laisse 
20  subsister  dans  son  texte  français  les  mots  :  in  crastino  Sancti  Lamberti,  qui 
dénotent  évidemment  l'emprunt  à  un  texte  latin. 

Il  y  a  cependant  un  passage  qu'on  pourrait  invoquer  en  faveur  de  la  seconde 
hypothèse.  Lors  de  la  compétition  pour  la  succession  d'ArnouI  de  Home, 
Gerlach  de  Montjardin,  voyant  évincer  son  fils  Bauduin,  «  dist  tout  hault  qu'il 
25  avoit  mal  employé  son  argent  à  cabulawe  ».  Il  fait  allusion  à  une  histoire  de 
cabillauds  dont  il  avait  régalé  les  habitués  des  tavernes.  Or  ce  fait  est  relaté 
à  la  page  précédente  précisément  dans  un  des  passages  qu'on  lit  uniquement 
dans  le  manuscrit  D.  Sans  ce  passage,  l'allusion  de  la  page  suivante  est  incom- 
préhensible. Il  paraît  donc  probable  qu'au  moins  ce  passage  fait  partie  du  texte 
30  de  Jean  d'Oulremeuse.  Cette  considération  nous  a  engagé  à  reproduire  en 
notes  les  textes  ajoutés  dans  le  manuscrit  D. 

Le  texte  que  nous  fournissent  ces  manuscrits  est  en  réalité  celui  de  la 
Chronique  abrégée  de  Jean  d'Outrcmeuse  et  non,  comme  le  croyait  Bormans, 
Tome  II  19 


146  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

un  résume  postérieur  de  la  Geste  de  Liège  de  Jean  d'Outremeuse  (1)  En  voici 
les  preuves  : 

i°  Antérieurement  à  1341,  en  comparant  le  texte  des  manuscrits  à  celui  de 
la  grande  chronique,  qui   finit  à  cette  date,  nous  pouvons   aisément  nous 
convaincre  que  le  premier  est  un  simple  abrégé  du  second.  11  doit  naturelle-  5 
ment  en  être  de  même  dans  la  suite.  Là  aussi  le  texte  que  nous  possédons  doit 
être  un  abrégé  du  texte  perdu  de  la  grande  chronique. 

"ï"  Nous  avons  sur  la  personnalité  de  l'auteur  le  témoignage  formel  du  texte. 
Nous  y  lisons  à  l'année  I55S  :  «  En  l'an  devant  dit,  fut  nuit  Johan  d'Oultre- 
mouse  qui  fist  les  cronicques  hors  desquels  est  excopiez  cecy.  »  De  même  10 
en  1383,  le  chapitre  charge  de  faire  enquête  sur  les  Clémenlins  «  maislre 
Jehan  d'Oullremoeusc,  qui  fist  les  présens  chronicques  ».  Enfin  à  l'année  1 400, 
le  texte  marque  expressément  où  s'arrête  le  travail  de  Jean  d'Outremeuse. 

Comme  ou  a  perdu  le  quatrième  livre  de  la  grande  Chronique  de  Jean 
d'Outremeuse  à  partir  de  1541,  l'abrégé  qu'en  donnent  nos  manuscrits  peut  io 
jusqu'à  un  certain  point  y  suppléer.  Le  chroniqueur,  racontant  des  faits  dont 
il  fut  le  contemporain,  assure  à  celle  partie  de  son  œuvre,  principalement  à 
partir  de  Jean  d'Arckel,  une  autorité  que  ne  possèdent  point  les  longs  et 
romanesques  récits  sur  lesquels  il  s'étend  pour  les  époques  précédentes.  Nous 
reproduirons  donc  le  texte  de  la  Chronique  abrégée  depuis  1341,  en  négligeant  20 
la  partie  antérieure,  qui  ne  peut  être  d'aucune  utilité. 


Fin  du  règne  d'Adolphe  de  la  Marck,  1341-1344. 

Sur  le  règne  d'Adolphe  de  la  Marck,  nous  avons  dans  Hocsem,  une  excellente 
source.  Le  savant  chanoine  se  complaît  surtout  à  raconter  ce  qui  se  passe  au 
sein  du  Chapitre,  où  il  fait  entendre  souvent  une  voix  autorisée.  Le  témoignage  25 
de  Jean  d'Outremeuse  n'a  certes  pas  la  même  valeur  :  encore  enfant  à  celte 
époque,  il  n'a  pas  été  témoin  oculaire  des  événements.  Seulement,  il  s'attache 

(')  S.  Bormans,  Chroninuc  de  Jean  d'Outremeuse,  ludroductioii,  p.  lxxxvi,  note  1. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE. 


147 


à  un  autre  côté  des  faits  et  s'étend  davantage  sur  ce  qui  se  passe  dans  l'entourage 
de  1  evêque,  dans  la  cité  el  les  bonnes  villes.  Son  récit  ne  contredit  aucunement 
celui  d'Hocsem,  et  peut  servir  à  le  compléter.  H  a  été  utilisé  par  Zanlvliet. 


Hocsem, 
XXIX,  312. 


L'an  XIII CXLI.  fut  faicle  une  déclaration  que  l'évesque  du  Liège  at  ossy       Hocsem, 

Y  Y  VIT    30fi 

s  bien  le  feu  (*)  ens  villes  a  appartenantes  au  chapitre  du  Liège  comme  ailleurs  \ 
Et  adonc  vient  °  une  dissention  entre  l'évesque  et  ceulx  de  Huy,  car  l'évesque 
voloit  dire  que  ceulx  de  Huy  ne  devoint  demander  que  vm  denirs  de  cens 
pour  le  vieulx  gros,  comme  à  Liège  qu'est  la  teste  d,  et  ils  en  voloient  avoir 
xviii  denirs  (2).  dont  ceulx  de  Huy  disoint  que  anchois  soy  rendrent  à  duc  de 
10  Brabant,  et  que  on  les  meine  selon  la  paix  de  Fexhe  que  conferme  "  les 
franchizes  et  uzances  des  bonnes  villes  (3),  mais  non  obslant  leurs  déplaintes, 
ceulx  du  Liège  ne  les  assistoint  mie  nullement  aidant  '. 

L'an  XIII'XLII,  le  xue  jour  de  febvrier,  revient  l'évesque  de  France  car 

ils  furent  mise  troix  ans  de  triwes  entre  les  deux  roys  °  (4).  Lt  adonc  l'évesque 

15  rasaillit  ceulx  de  Huy  et  dist  qu'il  ens  forjureroit  plusieurs,  sy  que  alors  ceulx 

de  Huy  firent  status  qu'il  jurent  que  les  eschevins  de  Huy  ne  iroint  jamais  plus 

à  Liège  à  chien". 

Le  xxixe  jour  de  may,du  feu  accidentaire  h  ardil  à  Marlinnes  l'église  S.  Bumold    Hocsem,  309 
el  loultes  les  aultre  églises  ossy  et  toiilte  la  ville  ',  et  bien  mic  hommes,  femmes 
20  et  petits  enfans  morts  J. 

En  ce  temps,  morut  Godefroid,  fis  secund  siegneur  Thiry  de  Hinsbcrg  (5),ct 


J.  de  W.,  334. 


«  les  fiefs  :  B,  D.  —  b  Omis  C.  —  c  s'esmeut  :  B.  —  d  la  teste  du  pays  :  B.  —  «  concerne  :  A. 
—  '  ils  n'eurent  nulle  assistence  des  Liégeois  :  B.  —  a  rois  de  France  et  d'Engleterre  :  D.  — 
*  de  feu  d'aventure  :  B.  —  •  et  après  toutte  la  ville  :  A.  —  J  enfans  exileis  :  A. 


25       (')  Le  droit  d'arsin. 

(l)  Comme  Hocsem  l'explique  clairement,  il  faut  plutôt  lire  :  l'évêque  voulait  que  ceux  de  Huy 
devaient  payer  un  gros  pour  huit  deniers  de  cens,  et  les  Hutois  voulaient  ne  payer  qu'un  gros  pour 
dix-huit  deniers  de  cens.  Sur  l'origine  de  cette  querelle,  voir  :  B»n  J.  de  Chestket  de   Haneffe, 
Numismatique  de  lu  principauté  de  Lièije,  p.  150. 
50       (3j   Paix  de  Fexhe  de  I51t>. 

(*)  Philippe  VI,  roi  de  France  et  Edouard  III,  roi  d'Angleterre  (Guerre  de  Cent  ans). 

(s)  Godefroid  de  Heinsberg  avait  épousé  Malhilde,  duchesse  de  Gueldre,  fille  de  Renaud  de  Gueldre. 


U8  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

estoit  paravant  mort  Guilheaume  son  aultre  fis  (*),  donl  l'évcsque  de  Liège  fut 
courouréz  "  pour  re  que  cYstoint  enfans  de  sa  sœur,  et  qu'il  avoit  pour  eulx 
tant  laboré  que  leur  père  siegneur  Thiry  tenoit  la  contée  de  l.ooz  en  fieff, 
comme  desur  apert  (2),  se  l'avoit b  par  sa  fault  laissir  cslongir  du  l'église  à 
qui  par  droict  appartenir  devoit  (3).  s 

L'an  XIII(:  et  XLIII  (4),  le  xxvm"  jour  du  décembre,  recommenchat  l'église  du 
Liège  chanter  Media  Viia  sur  le  siegneur  Thiry  de  Hinsberg,  et  xiu  jours 
devant,  ceulx  de  Liège  et  le  pays  accordât  '  que  ceulx  de  Huy  fussent  mincis 
par  loy,  et  que  l'évesque  récupérast  encontre  sondit  seroige  la  contée  de  Looz, 
et  fut  interdit  jectéz  pour  la  contée  de  Looz  Et  adonc  ceulx  de  Huy  volrent  <n 
donner  à  l'évesque  xuM  florins,  aflin  qu'il  les  voulsist  confirmer  d  de  payer  leurs 
cens  à  xviu  denirs  pour  le  gros  vieulx,  comme  pardevant  avoinl  faict,  et  ausy  les 
lettres  de  leurs  franchises  et  usaiges  que  faicts  et  jurez  eurent,  mais  le  chapitre 
de  Liège  ne  sy  voloit  mie  consentir  (5).  Et  adone  siegneur  Fastrard  de 
Bovengnistir,  maicur  de  Liège  (6),  fist  plainte  %  en  nom  de  l'évesque,  pardevant  <s 


0  fut  fort  dolent  :  B.  —  *  la  veit  par  sa  fault  :  A.  —  c  le  13e  jour  du  dit  mois  par  devant  la 
cité  et  pays  accordèrent  :  B.  —  le  xnie  jour  du  dit  mois,  la  cité  et  pays  accordèrent  :  D.  —  Après 
ceulx  de  Liège  accordèrent  :  C.  —  d  leur  voulsist  confermer  leur  privilèges  de  payer  :  B.  — 
«  fit  planter  :  A.  —  lit  appeller  au  peron  à  Liège  43  par  nom  de  ceux  qui  :  B,  D.  —  fit  plainte 
par  devant  les  eschevins  eontre  plusieurs  :  C.  20 

(i)  Guillaume  de  Huinsberg  avait  été  tué  en  1340  au  siège  d'Algésiras. 

(*)  Voir  J.  d'Outremeuse,  éd.  Borgnet,  t.  VI,  pp.  881  et  suiv. 

(»)  Le  manuscrit  #'  ou  Sylvius  ajoute  cette  note  en  marge  :  L'an  1342,  institution  des  chevaliers 
de  bleu  jartier  à  Vumdese  en  Angleterre  par  le  roy  Eduard  deuxième. 

(«)  13 12,  nouv.  style.  25 

(5j  D'après  le  récit  d'IIocsem,  l'évêque  parait  avoir  été  disposé  à  accepter  l'offre  des  Ilutois.  Ce  fut 
sur  les  observations  d'IIocsem  lui-même  que  le  chapitre  résista. 

(«)  Fastré  de  Bovcnistier  est  cité  comme  homme  féodal  de  l'évêque  de  Liège  avec  son  père  Gérard 
en  1316  (Fiefs  d'Ad.  de  La  Atarck,  p.  1B),  avec  son  frère  Amelius  en  1320  (Ibid.,  p.  236),  puis 
souvent  à  partir  de  152b  (Ibid.,  passim.);  comme  homme  allodial  de  1322  à  1336  (Carlutaire  de  Saint-  30 
Lambert,  t.  III,  passim.;  Saint-Génois,  Monuments,  t.  I,  p.  588);  comme  bailli  de  Saint-Lambert 
en  1524  (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  III,  p.  276) ;  comme  homme  féodal  en  1347  (Ibid.,  t.  IV, 
p.  79).  Nulle  part  ce  personnage  n'apparaît  comme  mayeur,  ni  comme  échevin.  Voir  IIemricourt,  1, 
p.  191;  II,  p.  247. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  149 

les  eschevins  de  Liège,  de  xliii  par  nom,  qui  eurent  induicl  les  Huyois  à  faire 
la  desurdite  lellre  et  status,  et  les  fist  huchier  à  ung  certain  jour  à  peron  à 
Liège,  pour  eulx  venir  respondre,  ou  aultremcnt  il  procéderoit  à  forjugement. 
Et  adonc  les  Huyois  envoyèrent  à  Moha  par  devers  1  evesque,  mais  son  conseil, 
s  assavoir  Renard  de  Gliore,  chanoine  de  Liège  (1),  siegneur  Johan  de  Landris 
chevalier  (2),  et  Herman  de  Kevez  "  (3)  ne  les  laissirent  mie  venir  en  la 
présence  du  1  evesque  (4),  mais  les  dirent  que  flnablement  il  paieroient  à 
l'évesque  xuuM  florins  et  à  eulx  inM  florins,  ou  le  forjugement b  aroit  sa  course. 
Lors  les  Huoys  le  notifient c  au  chapitre,  cité  et  bonnes  villes,  et  que  se  ansy 
1(>  devoint  estre  traictié,  ils  soy  rendcroint  pluslost  à  duc  Johan  de  Brabant  (5), 
mais  ils  eurent  d'eulx  peu  de  responce  d  et  trovirent  que  les  eschevins  de 
Huy  et  leurs  maistres  mesme  estoint  contraires  à  la  ville  de  Huy,  se  en 
proclamirent  xi  à  leur  peron  e.  Lors  ils  envoyrent  siegneur  Godefroid  de  Har- 
duelmont,  siegneur  de  Hollongne  sur  Geire  (6)  et  plusieurs  aultres  bourgoix  de 


lo      a  Herman  de  Rivercheit  :  D,  B.  —  b  le  forjugement  commencé  par  le  susdit  mayeur  :  B,  D.  — 
c  le  signifièrent  :  B.  —  d  nulles  responces  :  B.  —  «  en  proclamant  xi  forjugiés  à  leur  peron  :  B. 


(')  Renier  de  Ghore,  chanoine  de  Saint- Lambert,  cité  de  1558  à  1363  (Cartulaire  de  Saint-Lambert, 
t.  III  et  IV,  passim  ;  Fiefs  d' Ad.  de  La  Marck,  pp.  402-411;  Cf.  de  Theux,  Chapitre  de  Saint- 
Lambert,  t.  Il,  p.  54).  Il  est  dit  costre  de  Walcourt  en  1314  (Fiefs  d'Ad.  de  La  Marek,  p.  407). 
20  (*)  Jean  de  Langdris,  chevalier,  maréchal  de  l'évêque  (Les  Echevins,  t.  I,  p.  193),  cité  de  1529 
à  1333  et  de  1338  à  1542  (Fiefs  d'Ad.  de  La  Marck,  passim),  en  1345,  1346,  1347  (Cartulaire  de 
Saint- Lambert,  t.  IV,  pp.  5,  ÎS3,  79;.  Hemmcourt,  I,  p,  45;  11,  p.  276. 

(*)  Herman  de  Kevel,  maître  d'hôtel  de  l'évêque,  cité  en  1343  (Cartutaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV, 
p.  3),  et  1544  (Fiefs  d'Ad.  de  La  Marck,  pp.  597-407). 
25       (*)   Fisen,  t.  II,  p.  98  cite  en  outre  du  conseil  de  l'évêque  :  Gérard  Grevcn,  chanoine  de  Saint-Denis 
et  receveur  de  l'évêque;  Jean  Polarde,  grand  mayeur,  beau-frère  de  Jean  de  Landgris.  Probablement 
d'après  la  grande  chronique  de  J.  d'Outrcmcusc. 

(6)  Jean  III,  duc  de  Brabant,  1512-1355. 

(8)  Godefroid,  seigneur  de  Harduemont,  Hollognc,  Kermpt  et  Fcleppc,  fils  de  Jean  de  Harduemont, 
50  conduisait,  en  1565,  à  la  prise  de  Rumruen,  l'armée  de  l'évêque  Jean  d'Arekcl  (voir  plus  loin).  Il  vivait 
encore  en  1572  et  releva  :  feudum  domini  quondam  Arnoldi  de  Rummen  et  dicitur  baro  de  Hollonia 
(Lefobt,  2e partie,  t.  III,  p.  62);  Hemricoubt,  I,  p.  117;  II,  p.  241. 


150 


CHROMQUES  LIÉGEOISES. 


Huy  (J)  par  devers  le  duc  de  Brabant.  El  le  1111e  jour  de  may.  ils  pourofïrirent  à 
Hocsem,  314.  duc  de  Brabant  donneir  xlm  florins,  et  d'estre  à  luy  et  à  son  pays  à  tousiours  (2), 
voir  qu'il  les  veull  tenseir  encontre  l'évesque  et  son  pays  °,  et  les  tenir  en  leurs 
franchises  ''  et  payer  leurs  cens  comme  paravant  %  et  que  les  eschevins  de  Liège 
ne  les  puissent  jamais  wagier  d  (3),  et  alors  le  duc  les  eut  tous  en  covent  de  ce  s 
faire  e,  et  les  Huyois  jurèrent  généralement  tous  cela  tenir  '.  Adonc  l'évesque 
fist  garnir  le  chasteau  de  Clermont  et  de  Moba  encontre  ceulx  de  Huy.  El  le 
xve  jour  de  may,  le  pays  fut  sur  ce  ensemble  et  remanirent  que  ;'  le  forjugement 
fust  faicl  sur  ceulx  de  Huy,  et  les  barons  respondirent  à  la  requeste  du 
l'évesque  d'aider  encontre  le  duc,  qui  luy  usurpoit  II uy  qu'esloit  son  pays,  et  10 
que  on  sceusl  à  siegneur  Thiry  de  Ilinsbcrg  s'il  voloil h  rclevcir  et  tenir  la 
contée  de  Looz  du  l'évesque  de  Liège  et  estre  aidant  encontre  le  duc  ',  mais  le 
chapitre  ny  voloit  mie  entendre  (4),  car  on  troval  qu'il  estoil  aloyés  à  duc.  Et 
adonc  l'évesque  s'alloial  à  conte  de  Namur  (:i),  et  furent  vogiéz  3  xim  Huyois,  et 
Hocsem,  316.    les  Huyois  l'escrircnt  à  duc,  et  le  duc  escrivit  à  l'évesque  que  se  cela  ne  15 

a  à  condition  qu'il  les  défenderoit  :  B,  D.  —  les  veuille  tenir  contre  l'évesque  :  C.  —  *  et  d'obtenir 
leurs  franchises  et  paix  :  B  et  D.  —  '  leur  cens  18  deniers  pour  un  vieux  gros  :  B.  D.  —  d  jamais 
forjuger  :  B.  —  «  le  receupt  et  leur  promit  de  ce  faire  et  acomplir  :  B.  —  leur  promit  de  ce 
faire  :  B.  —  leur  promit  de  faire  :  D.  —  les  eut  tous  en  convenance  de  ce  faire  :  C.  —  '  lui 
jurarent  féaulié,  léaulté  à  tousiours  le  cognoissant  et  tenant  pour  leur  prince  naturelle  :  C.  —  tenir  20 
et  accomplir  leurs  promesses  :  B.  —  '  conclurent  que  :  B.  D.  —  demeuraient  que  :  C.  —  '•  que  on 
manderoit  premirement  sr  Thierry  de  Hinsberch  qu'il  venist  :  B.  —  *  et  les  Hutois  :  B.  —  i  forjugiez 
xiv  bourgois  de  Huy  :  B. 


(J)   La  (Imputation  était  composée  de   Godcfroid,  du  majeur  Wéri   le  Hardi  et  de  quarante  huit 
bourgeois,  d'après  Fiscn  copiant  sans  doute  la  grande  chronique  de  Jean  d'Outremeusc.  Toutefois  25 
Wéri  le   Hardi,  cité  en   1545  connue  homme  allodial  (Cartulairc  de  Saint-Lambnl,  t.   IV,  p.   34), 
n'apparstt  nulle  part  comme  échevin,  ni  comme  majeur. 

(*)  Ils  offrirent  pareillement  au  duc  de  lui  permettre  de  placer  garnison  dans  la  forteresse  Hocsem). 

(3;  A  moins  que  le  délit  n'eût  été  commis  dans  la  franchise  de  Liège. 

(*)  Les  échevins  étaient  d'avis  de  s'entendre  avec  Thierry  pour  qu'il  relevât  le  comté  de  Looz  de  50 
l'évéquc  de  Liège  et  s'alliât  avec  celui  ci  contre  le  duc  de  Brabant.  Au  sein  du  chapitre,  il  y  eut 
deux  partis.  Hocsem  s'opposa  avec  huit  chanoines  à  ce  que  Thierry  fût  mis  en  possession  du  comté; 
ils  alléguaient  la  défense  portée  par  le  pape  sous  peine  d'excommunication.  La  majorité  du  chapitre 
céda;  mais  déjà  Thierry  avait  fait  alliance  avec  le  duc  de  Brabant.  Tel  est  le  récit  d'Hocsem. 

(B)  Guillaume  I",  comte  de.  Namur  1337-131)1.  D'après  Hocsem,  l'alliance  ne  fut  pas  conclue.  35 


CHRONIQUE  ABREGEE  DE  JEAN  DOUTREMEUSE.  151 

défaisoif,  que  dedens  xn  jours  il  seroit  ardant  et  bruslant  le  pays  jusques  aux 
portes  de  Liège  b.  Et  à  dernier  jour  de  may,  le  pay  fut  ensemble,  mais  les 
maistres  de  Liège,  sans  le  consent  des  aultres  membres,  escrirent  à  duc  que  on 
euuist  xv  jours  de  Iriwes,  et  ils  pensoint  bien  troveir  paix  entre  l'évcsque  et 

5  cculx  de  Huy,  mais  le  duc  n'en  volut  rien  faire  (*). 

Et  le  jour  de  la  Penthecoste  (2),  le  pays  remanit  °  de  courir  sus  le  duc  de 
Brabant,  veu  qu'il  avoit  pris  en  sa  garde  la  ville  de  Huy,  et  ossy  il  défiât 
l'évesque  rf  (3).  El  lendemain  fut  la  cité  ensemble  en  jardin  du  palais,  et  le 
sire  Wilheaumc  d'Heur,  chanoine  de  S.  Joban  (4).  dist  la  parollc  du  l'évesque, 

io  priant,  non  obstant  que  la  cité  ne  doibt  yssir  xl  jours  après  le  département 
l'évesque,  bonnes  vilhes  et  ses  amis  \  qu'ils  se  veuillent  en  eeste  besongne 
avaneier  '.  Et  adonc  eur  grande  murmuration  et  sédition,  criants  se  la  murmure 
et  sédition  que  grandement  les  défranchissoit  et  avoit  longtemps  estez  n'esloit 
abolie  (5),  et  à  la  commune  rendues  leurs  franchizes  9,  nullement  en  ce  cas  ne 

15  »  s'il  ne  desistoit  à  rencontre  des  Hutoys  :  B.  —  b  que  dedens  xn  jours  il  seroit  devant  les 
portes  de  Liège  ardant  :  A.  —  qu'il  vindroit  ardre  son  pays  jusqu'aux  portes  de  Liège  devant 
12  jours  prochenement  venant  :  B.  —  qu'il  luy  viendroit  ardre  son  pays  jusques  aux  portes  de 
Liège  dedans  12  jours  :  D.  —  c  le  pays  accordât  :  B,  D.  —  <'  l'évesque  l'envoyât  défier  :  B,  D.  — 
e  et  les  aultres  bonnes  villes  pareillement  :  B.  —  '  qu'ils  se  veullent...  avancer  avec  les  bonnes 

20  villes  et  leurs  amys  :  C.  —  non  obstant  qne  la  cité  ne  doit  issir  que  dans  40  jours  après  le  dépar- 
tement de  l'évesque  qui  veut  s'avancer  en  ceste  besoigne  :  B.  —  »  criant  qu'on  les  défranchissoit 
grandement,  et  il  y  avoit  longtemps  qu'on  n'avoit  rendu  les  franchises  à  la  communauté,  et  si 
on  ne  les  rendoit  pas...  :  B,  C,  D. 

(»)   Le  3  juin,  le  conseil  communal  de  Huy,  sans  doute  par  représailles,  bannit  treize  bourgeois  de 
25  la  ville,  chefs  de  ceux  qui  tenaient  le  parti  du  prince  et  des  trois  États.  C.  H.  II.,  4°  série,  t.  X,  p.  101. 
('-)    1"  juin. 

(3)  La  chronologie  des  événements  suivants  est  passablement  embrouillée.  Ces  événements  abou- 
tissent à  une  double  conclusion  :   1°  le  6  juin,  révocation  du  conseil  de  l'eveque  et  institution  des 
Vingt- Deux;  2°  le  1er  juillet,  concession  de  la  lettre  de  Saint-Jacques.  Nocsem  ne  s'occupe  que  de  la 
30  première  série  de  faits.  J.  d'Outremcusc  raconte  la  double  série  d'événements,  mais  sa  chronologie  les 
intervertit,  en  contradiction  avec  les  documents. 

(*)  Guillaume  d'Heure,  fils  d'Alexandre,  avoué  d'Heurc-Ic-Romain  est  cité  comme  chanoine  de 
Saint-Jean  de  1341  à  1345.  II  était  mort  le  11  octobre  1550.  (Croisiers,  rcg.  Hfi,  fol.  28;  L.  Lan  ave, 
Carliilaire  de  Saint-Jean,  p.  lxxx;  Hemricourt,  I,  p.  295;  II,  p.  255.) 
35  (»)  Loi  de  murmure  publiée  par  Adolphe  do  La  Marck,  le  16  janvier  1329,  en  exécution  de  la  paix 
de  Wihogne.  Elle  interdisait,  sous  peine  de  bannissement,  toute  espèce  d'attroupement  ou  de  discours. 
Voir  J.  d'Outrcmcuse,  t.  VI,  pp.  4B5-454. 


152  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

aullrcs,  ils  no  fcroinl  service  à  l'évesque.  Et  respondil  l'évesque  que  dedens 
trois  jours  il  les  rendrait,  mais  son  conseil  luy  dcsconseillat  de  quitter  ladite 
niurmur  tant  et  sy  longuement  qu'il  polroit.  Et  adonc  (*)  le  conte  de  Henau  (*) 
vient  à  Liège  avec  le  siegneur  d'Agymont  Lowys  (3),  le  siegneur  de  Scraingne 
Thiry  (').  et  siegneur  Wallhier  de  Moniale  (5),  lesquelles  dcprionl  tant  que  s 
triwes  furent  mise  jusques  à  le  vmBjour  de  julle,  et  l'évesquc  se  partit  quant 
il  devoil  respondre  à  la  cause  de  la  murmur  ",  et  n'eurent  les  communs  sur  ce 
nulle  responec.  El  le  dernier  jour  de  junc,  l'évesque  et  avec  luy  ses  aidans,  le 
roy  de  Bohème  ("),  le  duc  de  Mont  (7),  et  le  conte  de  la  Marche  (8),  furent  sur 
la  cité  sur  ce  assemblée,  pour  ce  que  le  duc  de  Brabant  soy  appareilloit  de  10 
venir  contre  l'évesque.  Lors  l'évesque  dist  que  le  peuple  le  vcult  aideir  sans 
prolongement,  et  il  les  quitteroil  ladite  murmur  '',  voir  qu'on  lesisl  la  paix  de 
Wihongne c  (°),  et  ce  que  scroil  à  amendeir  on  le  amenderoit  *.  Adonc c  Herbert  ' 


"  l'évesque  estoit  lousjouis  fort  couroucé  pour  ce  que  le  peuple  avoir  murmuré  contre  luy  :  C 
(mauvaise  interprétation  que  le  copiste  fait  de  son  texte,  dont  il  ne  comprend  plus  le  mot  murmure).  15 

—  'la  murmure  qu'ils  avoient  faicte  :  C  (même  observation).  —  c  laissasse  la  paix  de  Wihogne  :  B,  D. 

—  <*  et  ceuli  qui  le  deveroient  amender  l'amenderoient  et  cela  que  seroil  mal  faict  on  l'amenderait 
aussi  :  B.  —  e  Adonc  .     qu'on  dit  du  S.  Jac.  :  omis  C.  —  '  Hubert  :  B. 

{*)  Le  2  juin,   d'après   Hocscm,   arrivèrent  à   Liège  les  comtes   de  Hainaut,  de  Derg  et  de  La 
Marck.  20 

(2)  Guillaume  II,  comte  de  Hainaut  1537-1545. 

{*)  Louis  de  Looz,  seigneur  de  Warck  et  de  Ncufcliàteau.  (Hkmricourt,  I,  p.  97;  II,  p.  292.) 

(')  Thierry  de  Huneffe,  seigneur  de  Seraing-le-Chàteau,  mort  en  1557.  Il  avait  hérité  la  seigneurie 
de  Seraing  de  son  oncle,  Thierry  Tabarcau  de  Haneffc,  dit  de  Seraing,  1312.  Thierry  de  Haneffe  eut 
pour  fils  Eustachc  de  Seraing,  capitaine  général  du  parti  d'Awans  dans  la  guerre  avec  les  Waroux,  25 
lequel,  en  1555,  pour  mettre  fin  à  cette  guerre,  épousa  une  Clic  de  Walthcr  de  Warfuséc,  seigneur  de 
Momalle,  capitaine  général  du  parti  de  Waroux.  (IIemuicoirt,  I,  p.  141  ;  II,  p.  258  et  de  Chestret, 
La  terre  franche  de  Haneffe,  dans  B.  I.  A.  L.,  t.  XXXVIII,  p.  25.) 

(5)  Waltcr  de  Warfuséc,  dit  de  Momalle,  avoué,  puis  seigneur  de  .Momalle  (voir  n»!e  précédente), 
maréchal  de  l'évèché,  1551.  (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  dans  B.  S.  A.  //.,  Il,  227;  Hemricourt,  I,  30 
p.  28;  II,  p.  397.) 

P)  Jean  dit  l'Aveugle,  comte  de  Luxembourg,  roi  de  Bohême.  I3IO-I316. 

(')  Adolphe  VIII,  comte  de  Berg,  époux  d'Agnès  de  Clèves,  mort  en  1348. 

(8)  Adolphe  II,  comte  de  La  Marck  de  1328  à  1347,  neveu  de  l'cvêque. 

(8)  Paix  de  Wihognc  du  i  octobre  1528.  55 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  153 

des  Preis  (4)  et  Johan  de  Flémale,  bolengier  (2),  maistres  adonc  pour  le  temps, 
firent  leir  ladite  lettre  leur  clerc  Johan  de  Parfonlriwe  a  (3),  et  fut  concédée  la 
lettre  qu'on  dit  du  S.  Jac  "  (4). 

Et  furent  en  aide  du  l'évesque  ineltues  hors  les  banniers  sur  le  marchez  c, 

5  mais  ledit  conte  de  Henau  vient  à  Liège  et  priât  tant  que  les  triwes  furent 

encor  prolongiés,  et  (5)  traiclat  tant  que  l'évesque  et  le  duc  soy  compromirent 

"  leur  clerc  J.  de  P.  :  omis  B,  D.  —  b  finalement  la  paix  fut  faite,  qui  fut  appelle  la  paix  de  S.  Jacque  : 
B,  D.  —  c  et  adoneques  furent  mis  hors  les  banniers  des  mestiers  pour  ayder  leur  évesque  :  B. 

(<)  Herbert  des  Prcz,  écuyer,  élu  maître  de  la  cité  avec  Jean  de  Flémalle,   le  25  juillet  1512  (Les 

10  Echcvins,  t.  1,  p.  203),  cité  comme  tel  le  24  juillet  1345  (Carlulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  8). 
Hemricoirt,  I,  p.  237;  II,  p.  33S. 

(*)  Jean  de  Flémalle  le  boulanger,  cité  comme  maître  de  la  cité  en  1342  (Jean  d'Oulrcmeuse,  Geste, 
t.  VI,  p.  690),  et  le  24  juillet  1543  (Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  8).  On  retrouve  ce  J.  de 
Flémalle  boulanger  en  1 345  (Chartes  de  Saint-Pierre,  p.  46).  Personnage  différent  de  l'échcvin  Jean 

15  de  Flémalle,  mort  à  Airbones  en  1528  (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  121;  Fiefs  d'Ad.  de 
La  Marck,  pp.  253,  282;  cf.  Les  Echeiins,  t.  I,  p.  170).  Différent  aussi  de  Jean  Flémalle  le  scohier. 

(*)  Un  personnage  du  nom  de  Jean  de  Parfondry  fut  cité  en  1548  (Cartulaire  de  Flanc  dans 
Analcctes,  t.  XXIV,  p.  453),  et  1349  (Carlulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  1 12).  Un  personnage  du 
même  nom  est  cité  en  1316,  comme  fils  d'Amel  de  Parfondry,  bailli  du  Condroz  (Fiefs  d'Ad.  de  La 

20  Marck,  p.  16).  Hemricourt,  II,  p.  527. 

(*)  Lettre  de  Saint-Jacques,  1"  juillet  1543  (Ordonnances,  t.  I,  p.  248). 

(8)  Les  faits  suivants  sont  nécessairement  antérieurs  à  ceux  qui  précèdent.  L'évéque  et  le  duc 
commencent  par  constituer  des  arbitres  pour  connaître  de  leurs  diflércnds,  qui  sont  principalement 
relatifs  à  ces  deux  points  :  l'affaire  des  Hutois  et  l'affaire  du  comté  de  Looz.  Le  chapitre  consent  à 

25  l'arbitrage,  mais  en  refusant  d'y  comprendre  la  question  du  comté  de  Looz.  Outre  les  trois  comtes  de 
Hainaut,  de  La  Marck  et  de  Berg  arrivés  à  Liège  le  2  juin,  le  conseil  d'arbitrage  comprend  les 
conseillers  de  l'évéque  cités  plus  haut.  Mais  ceux-ci,  officiers  concussionnaires,  font  déborder  le  vase 
par  leurs  exigences  pécuniaires.  Ils  sont  destitués  du  conseil  de  l'évéque,  et  on  établit  le  conseil  des 
Vingt-Deux  (6  juin).  Par  le  fait  même  de  leur  destitution,  les  conseillers  de  l'évéque  sont  éloignés 

30  des  délibérations  du  conseil  d'arbitrage.  Dans  l'entretemps,  les  Liégeois  posent  des  conditions  à  leur 
intervention  contre  les  Hutois,  et  l'évéque  leur  accorde  la  lettre  de  Saint-Jacques  (1"  juillet).  On  est 
alors  décidé  à  marcher  contre  les  Hutois;  mais  le  comte  de  Hainaut  obtient  une  nouvelle  trêve  dans 
l'espoir  de  faire  régler  les  difficultés  par  voie  d'arbitrage,  et  malgré  l'opposition  du  chapitre  à  y 
comprendre  la  question  du  comte  de  Looz,  il  réussit,  le  5  août,  à  se  faire  remettre  les  pièces  du  procès. 

ô:>  Le  4  août,  il  est  avec  Jean  de  Beaumont  admis  comme  arbitre  par  les  Hulois  (Devillers,  Cartulaire 
des  comtes  de  Hainaut,  t.  I,  p.  205),  et  le  6  août,  par  l'évéque  (Ordonnances,  t.  I.  p.  154).  La  sentence 
est  rendue  le  8  août,  et  solutionne,  malgré  le  chapitre,  l'affaire  du  comté  de  Looz  (Carlulaire  de  Saint- 
Lambert,  t.  IV,  p.  9).  Cette  sentence  est  approuvée  par  l'évéque,  le  18  août  (Ordo7inances,l.  I,  p.  261). 

Tome  11.  20 


154  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

sur  Iuy,  voir  que  le  chapitre  réservât  que  de  la  contée  de  Looz  la  compromise 
ne  serviroit  mie  ".  Et  ledit  conte  de  Looz  n'at  vollut  consentir  à  conseil  du 
l'évesque,  anchois  ne  à  sa  sentence,  dont  ceulx  de  II uy  n'en  povoint  yssir,  mais 
ils  respondircnt  ''  qu'il  falloit  que  ils  priassent  à  l'évesque  xnM  royals,  et  à 
ceulx  de  conseil  viM,  dont  le  conte  fut  très  courouché  sur  eulx,  et  s'en  allât  s 
à  Huy  et  mandai  là  les  estais  du  pays,  et  les  dil  comment  le  conseil  voloil 
avoir  viM  royals  de  ceulx  de  II uy,  et  que  ce  esloil  ansy  que  desrobeir  le  pays. 
Dont  la  cilé  et  les  estais  '  du  pays  dirent  à  l'évesque  qu'il  ne  le  povoil  plus 
souffrir,  et  qu'il  prist  des  aullres  conseillers  que  ses  trois  desurdit,  le  siegneur 
Hocsem,  317.  de  Landris,  sire  Renar  de  (ïhore  et  llerman  de  Rêves,  et  aullres  bailhiers  et  10 
officiers.  Kt  adonc  l'évesque  respondit  qu'il  Iuy  plaisoit  bien  qu'on  y  mellast 
bon  appoinlement  par  l'ordonnance  de  trois  princes,  le  duc  de  Mont,  le  conte 
de  la  Marche  et  le  conte  de  Henau  susdit.  Lors  les  trois  princes  furent  à  la 
Vaulx  S.  Lambert  xi  jours,  et  là  firent  sur  ce  une  ccdule  ''.  Et  le  xxme  jour  de 
julle  (J),  fut  sur  ce  le  pays  en  chapitre,  excepteis  ceulx  de  Huy,  qui  n'estoint  is 
encor  accordeis,  et  là  firent  lesdis  princes  leir  ladite  cédullc  c  de  ce  qu'ils  avoient 
conclut  à  la  Vaulx  S.  Lambert.  Et  contenoit  ladite  cédille  que  là  fut  pronuncié 
que  l'évesque  rostast  loul  son  conseil  et  officiers,  el  mellisl  désormais  proid- 
hommes  et  du  l'extraction  du  pays,  affin  que  ce  que  le  conseil  ou  ofïîciers 
aroint  exaclioné,soy  peussent  radresseir  ',que  y  soient  constitueis  xxu  personnes  20 
sur  tous  juges  pour  les  forfaitcurs,  juges  et  officiers  eorregier  du  exaction  et 
faux  jugements,  et  les  polrat  ons  faire  tiroir  en  cause  les  desusdits  conseils  et 
officiers  pardevant  lesdis  xxu  de  ce  qu'ils  ont  faict  paravant  •',  lesquels  en  polront 

"  la  contée  de  Looz  ne  fust  mis  dedens  la  promist  :  B.  —  '•  le  dit  comte  de  Hainaut  voulut  sentir  au 
conseil  l'évesque,  avant  qu'il  eusse  donné  sa  sentence  comment  il  seroit  de  ceux  de  Huy  ;  adoneques  2b 
Iuy  fut  dit  desdits  conseillers  .B.D.  —  voulut  sentir  au  dit  évesque  comment  ceulx  de  Huy  pouldroient 
avoir  paix  :  C.  —  c  De  quoy  les  nobles  et  estats  du  pays  :  B.  —  d  et  mirent  par  escript  leur  ordon- 
nances :  B.  —  e  leur  ordinances  et  sentences  :  B.  —  t  afin  que  s'ils  avoient  fait  quelque  exaction, 
qu'on  se  puisse  prendre  à  leurs  biens  :  B,  D.  —  "et  que  on  les  poldroit  traire  en  cause  tous 
conseillers  devant  eulx,  officiers  et  nobles  du  pays,  de  petit  jusques  au  plus  grand,  et  faire  enquest  30 
et  corriger  selon  la  qualitéz  de  l'excès  et  pronunclier  leurs  sentences  :  B. 

(')  La  lettre  des  Vingt-Deux  est  émise  à  la  date  du  6  juin.  Le  19  juin,  l'évêque  et  le  chapitre 
déclarent  que  par  celte  institution  ils  n'ont  entendu  porter  aucune  atteinte  aux  droits  de  l'abbé  de 
Saint-Trond.  (Piot,  Carlulair»  de  Saint-Trond,  t.  I,  p.  488.) 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  155 

faire  enquestes  et  sur  ce  senlencier  et  corrigier.  Et  polront  lesdis  xxn  avant 
slatueir  voir  au  prouffict  et  l'honneur  du  l'église,  et  doient  estre  de  ses  xxn 
quatlre  chanoines  du  S.  Lambert,  quattres  barons  du  pays,  quallre  de  la  cité, 
deux  de  Huy  en  cause  là  ils  seroinl  d'accordés  à  l'évesque  du  Liège,  deux  de 
5  Tongre,  deux  du  S.  Trond.  deus  de  Dionant,  ung  de  Fosse  et  ung  de  Boilhon, 
laquelle  lettre  fut  saillée  du  l'évesque,  chapitre  et  des  aullres  membres.  Et 
doient  lesdis  xxu  toutte  leur  vie  rcmanir,  non  obslant  qu'il  ne  plaisoint  mie  à 
ehapitre,  car  le  chapitre  disoit  qu'il  seroil  meilleur  du  cslicr  tous  les  ans 
h  nouveaux  (*). 

10  Le  xxviii6  jour  de  julle  l'an  susdit,  le  conte  de  Hcnau  et  Johan  de  Bealmont, 
siegneur  de  Soyson  (2),  son  oncle,  furent  en  chapitre,  où  ledit  conte  dit  qu'il 
ne  povoil  troveir  accord  entre  le  duc  et  l'évesque  à  cause  de  Huy,  sy  doncq 
premirement  on  ne  luy  donnoit  tous  les  procès  faicts  contre  le  siegneur  Thiry 
de  Hinsberg  à  cause  de  la  contée  de  Looz,  mais  le  chapittre  n'y  voloit  aulcun- 

15  ncment  entendre.  El  le  m°  jour  d'auguste,  le  chapitre  remonstrat  ce  à  la  cité, 
à  cause  de  ladite  contée  de  Looz,  sy  que  la  cité  passât,  ossy  généralement  les 
grands  que  les  communs,  que  pour  morir  il  remaneroienl  deleis  le  chapitre, 
que  la  contée  susdite  remaneroit  à  l'évesque  enlirement.  Et  puis  l'évesque 
demandât  en  chapitre  les  procès  susdis,  et  le  chapitre  luy  présentât  pour  ce 

20  qu'il  disoit  que  c'esloil  pour  plus  avant  ledit  siegneur  Thiry  excommunier, 
mais  il  les  donnât  à  conte  de  Henau  susdit.  Et  le  xxvie  jour  d'august,  ledit 
conte  en  chapitre,  en  la  présence  du  roy  de  Bohème  et  du  son  oncle  Johan  de 
Bealmont,  pronunchat  sa  sentence  entre  l'évesque  et  le  due  de  Brabant  (3). 
Premir  qu'il  soit  bonne  paix  entre  eulx  et  que  l'évesque  aye  sa  juridiction  par 

ss  sa  diocèse,  et  que  l'alliance  de  duc  et  ceulx  de  Huy  soit  abolie,  et  que  Huyois 
prient  mercy  à  l'évesque  et  par  ansy  doient  estre  quittes  du  desurdit  vogement, 
et  payer  leurs  cens  comme  ils  avoienl  acousluméz,  et  qu'on  puist  ceulx  de  Huy 
appelleir  ne  huchier  pardevant  les  eschevins  du  Liège,  fours  que  des  cas  qu'ils 

(')  Hocsem  et  sept  chanoines  s'opposèrent  seuls  à  la  perpétuité  de  la  charge. 
50       (*)  Jean  de  Beaumont  était  fils  de  Jean  11  d'Avesne,  comte  de  llainaut;  ii  était  frère  de  Guillaume  Ie, 
de  llainaut,  père  du  comte  Guillaume  II.  Il  épousa  Marguerite,  fille  de  Hugues,  comte  de  Soissons. 
Il  mourut  à  Valencienncs  le  1 1  mars  1556. 

r3)  Paix  de  Duras,  8  août  iôiô.  Voir  ci  dessus.  (Cartulairc  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  9.) 


156  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fourferoint  en  la  franchize  de  Liège,  et  que  les  eschevins  et  ceulx  de  Huy 
qu'avoient  eslcis  criez  hors  reviennent  à  Huy.  Et  plus  "  avant  pronunchat  que 
le  siegneur  Thiry  euuisl  ladite  contée  de  Looz,  comme  le  roy  de  Bohème, 
quant  il  esloit  mamhor,  luy  concédât. 
Hocsem,323.        Mais  le  chapitre  nullement  ne  s'y  volut  accordeir;  il  l'escrirent  à  pape  (*),  et  s 
le  pape  envoyât  à  Liège  ung  légat,  et  l'évesque  esloit  malade  en  Allcmangne  (*). 
Non  obstant  l'évesque  revient  à  Liège  quant  il  secut  la  venue  dudit  légat, 
l'évesque  du  Forlivez,  mais  il  fut  tellement  informé  de  par  l'évesque  que  jetiez 
fut  ooveau  interdiet  en  Brabant  et  à  Huy  (3),  dont  le  due  et  Huyois  ont  sur  ce 
appeliez  et  paransy  l'évesque  ne  voloil  tenir  la  desurdite  sentence.  Et  adonc  10 
eut  à  Huy  m  vestils  qui  n'acontirent  mie  audit  interdiet. 

Et  les  maistres  du  Liège  Johan  Jacqmot  (4)  eurent  convent b  au  conseil  du 
l'évesque  d'abatre  '  les  xxu  susdis,  mains  que  l'évesque  voulsist  défaire  les 
ii  francs  foerres  susdites  (5)  et  que  il  luy  livrerai  ix  ou  x  banniers  pour  com- 
battre ceulx  qui  y  voiront  résisteir.  is 

L'an  XHJ,:XL11II,  le  xne  jour  de  janvier.  ledit  Johan  Jacqmot  soy  descouvrit 
à  plusieurs  governeurs  des  mestirs  et  fist  contrefaire  vi  banniers  pour,  se 
besoing  esloit,  apporteir  sur  le  marchy,  et  estoit  segure  du  nu  mestirs,  drappirs, 


"  plus  :  omis  A .  —  davantage  :  C .  —  b  eurent  en  convent  :  C,  D.  —  eurent  en  convenance  :  B.  — 
c  abolir  :  B.  2o 

(')  Le  4  septembre,  l'évêque  Adolphe  déclare  au  pape  Clément  VI  qu'il  a  excepté  l'affaire  du  comté 
de  Looz  de  l'arbitrage  confié  au  comte  de  Hainaut,  et  le  supplie  de  confirmer  les  excommunications 
fulminées  contre  Thierry  de  Heinsberg  (Chapeaville,  t.  Il,  p.  472).  Le  14  septembre,  l'évêque  et  le 
chapitre  implorent  l'assistance  des  cardinaux  contre  le  duc  de  lirabant,  le  comte  de  Hainaut  et 
plusieurs  chevaliers  liégeois  qui  demandaient  que  Thierry  de  Heinsberg  fût  confirmé  dans  la  possession  25 
du  comté  de  Looz  (Ibid.,  pp.  472-474). 

(2,  Le  légat  arriva  à  Liège  le  30  septembre. 

(5;  Le  chapitre  écrivit  au  pape  pour  le  remercier  des  services  lui  rendus  par  l'évêque  Jean  de 
Forli.  [Analecles,  t.  XV,  p  23.}  Voir  aussi  l'n.  vain  Isackeh  et  D.  V.  Beulièue,  Lettres  de  Clément  VI, 
n"  923  à  920,  !)32.  50 

(4J  Jean  Jacquemot  est  cité  comme  drapier  en   1350,  ISII.  (Carlulaire  de  Suint-Lambert,  t.  IV 
pp.  128,  157.)  Il  épousa  la  fille  de  Jean  Mous  tard.  (Recueil  héraldique  des  Bourgmestres,  p.  66.) 

(B)  Foires  établies  en  1331).  Voir  J.  d'Oitremeisk,  t.  VI,  p.  617. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSU.  157 

xhohiers,  retondeurs  et  merehiers  ".  Et  le  xxve  jour  du  féverir,  Guilheaume  de 
Budresem  (*),  chanoine  du  Liège,  et  siegneur  Johan  de  Lardir  (5)  vindrent  en 
la  chambre  du  Pévcsque  avec  les  aulfres  xxii  du  chapitre  et  du  la  cité,  et  là 
mesme  en  la  présence  du  Johan  Jacqmot,  maislre  du  Liège,  et  de  ses  complices 

5  governeurs,  l'évesque  volul  veoir  la  lettre  des  xxn,  et  lesdis  xxii  lui  monstrirent       Hocsem, 

328,  329. 

par  le  conseil  dudit  maistre,et  luy  donnirenl  fort  malgré  le  desurdits  Guilheaume 
et  Johan  de  Lardir,  qu'esloint  garde  de  la  lettre,  et  l'évesque  volut  courir  sus 
ledit  siegneur  Johan,  mais  il  s'en  allât  et  adonc  l  evesque  deschirat  la  lettre 
des  xxii.  Et  adonc  Johan  Jacqmot  demandai  à  l'évesque  s'il  avoit  bien  tenu 

10  covent.  L'évesque  dit  qu<'  owy  et  que  ce  qu'il  avoit  covent  il  le  tiendroit,  cestoit 
qu'une  foire  b  seroit  abattue,  mais  la  chose  fut  celée  jusques  au  mitant  du 
quaresme.  Lors  le  faict  vient  à  la  cognoissance  du  peuple,  sy  que  quant  Johan 
Jacqmot  et  le  conseil  et  ausy  ceulx  de  leur  secte  veyrent  que  à  peine  polroient 
ils  avoir  les  susdis  un  mestirs,  et  que  la  cité  estoit  toulle  contraire,  ils  ne 

is  osirent  venir  sur  le  mardi  y.  Adonc  le  peuple  s'assemblât  et  passât  de  faire  sur 
ce  enquestes,  et  pendant  le  temps  que  l'enqueste  se  faisoit,  l'évesque  s'en  allât 
en  Wasfalle.  Et  le  dernier  jour  de  marce,  l'enqueste  fut  publiée  et  furent  banis 
du  conseil  de  l'évesque  siegneur  Johan  de  Landris,  Johan  Pollard,  mayeur  du 
Liège  (3),  Johan  Jacqmot,  maislre  du  Liège  des  pitis,  et  tous  ses  complices  % 

20  et  Johan  de  Lardir,  maistre  du  Liège  pour  les  grands,  en  fut  en  péril,  mais  pour 
ce  que  ces  choeses  avoint  esté  faictes  malgré  luy,  il  ne  fut  point  banis,  et  eurent 
covent  les  englises  de  corrigier,  s'il  en  avoit  aulcuns  coulpables  dedens 
l'église d. 

Et  le  xvue  jour  de  june,  le  conte  de  Henau  qu'estoit  revenus  d'Oultre  mère, 

25  o  trois  mestiers,  soyeurs,  tondeurs  et  merciers  :  B,  B5.  —  quattre  mestiers,  assçavoir  les  drappiers, 
les  follons,  les  retondeurs  et  les  merehiers  :  C.  —  trois  mestiers,  drappiers,  soyeurs,  retondeurs 
et  merehiers  :  B1,  B*  et  D.  —  b  une  chose  seroit  abattue  :  A.  —  c  Jehan  du  Lardier,  Jehan 
Jacquemot,  maistres  du  Liège  pour  cest  an,  et  Jehan  Pollard,  mayeurs,  et  plusieurs  autres  esehevins 
que  autres  bourgois  :  C.  —  a  pour  les  grands..,   dedens  l'église  :  omis  C 

50       (')  Guillaume  de  Bautersem,  mort  en  15ÏÏ4.  (Hemricourt,  I,  p.  1ÏS9;  II,  p.  145.) 
(*)  Jean  Surlet,  dit  de  Lardier.  Voir  Les  Echcvins,  t.  I,  pp.  1 88-159. 

[*)  Jean  Polarde,  chevalier,  mayeur  et  éclievin,  beau-frère  de  Jean  de  Langdris.  Voir  Les  Echcvins, 
t.  I,  pp.  191-192;  Hemricourt,  I,  p.  411;  II,  p.  554. 


138  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

vient  à  Liège  avec  le  roy  Johnn  de  Bohème  el  son  oncle,  siegneur  de  Bealmont, 
Hocsem,  329.  et  là  soy  déplaindit  que  l'évcsque  et  le  chapitre  avoit  alleis  contre  sa  sentence 
que  la  contée  de  Looz  devoit  remanir  à  siegneur  Thiry  de  Hinsberg.  Et  adonc 
le  chapitre  respondit  à  conte  que  jamais  ils  ne  s'estoient  compromis  à  luy  de 
la  contée  de  Looz,  et  pour  morir  jamais  tant  à  ce  poinct  ils  ne  liendroint  sa  5 
scnlcnce.  Lt  adonc  le  conte  disl  grande  villcnie  au  chapitre,  mais  cela  vient  en 
aide  du  chapitre  ",  sy  que  lendemain  lesdis  roy  et  contes  se  partirent  de  Liège 
et  s'en  allircnt  en  Brabant,  et  là  ledit  roy  fut  conjoinet  à  duc  de  Brabant,  et 
ossy  le  conte  Guilheaume  susdit  qui  avoit  à  femme  Jehenne.  fille  audit  due  de 
Brabant.  Alors  à  l'information  dudil  conte,  furent  tous  les  biens  des  églises  du  10 
Liège  arresteis  en  Brabant  et  le  conte  eserivil  une  lettre  à  chapitre  et  à  la  cité 
qu'ils  veullent  estre  à  Fexhe  le  vme  jour  de  julle.  car  l'évesque  n'esloit  encor 
revenu  de  Wasfalle.  Et  à  ladite  journée,  par  force  de  maladie,  ne  vient  point 
ledit  conte. 

En  cesle  année,  en  mois  d'august,  le  peuple  du  Sainct-Trond  s'armal  encontre  15 
les  eschevins,  disant  qu  il  ne  voloinl  plus  que  les  eschevins  eussent  plus  les 
biens  des  messeaux.  el  qu'ils  ne  levassent  plus  la  fermeté  que  mise  avoinl  sur 
les  biens  (i).  Et  adonc  les  eschevins  s'en  allirent  paissiblement  alloyer  à  duc 
de  Brabant,  et  le  due  di^t  qu'il  viendroil  volunlicrs  à  Saincl-Trond,  car  il  avoit 
achapté  à  siegneur  ïhiry  de  Hinsberg  la  vowerie  du  Sainct-Trond,  mais  la  ville  20 
luy  reseript  qu'il  n'y  viendroit  mie,  sy  que  le  duc  jurât  qu'il  les  destruiroit.  En 
ce  temps  l'évesque  revient  à  Liège  de  Wasfalle,  le  xvie  jour  de  septembre,  car 
le  chapitre  luy  avoit  rescript  des  affaires  du  Sainct-Trond  et  du  conte  de  Henau, 
et  alors  l'évesque  allât  à  Sainct-Trond,  et  prist  les  eschevins  et  en  fisl  comme 
de  bon  jugement  (*).  25 

"  et  le  commun  se  mist  en  nyde  de  chappitre  :  B. 

(i)  Il  n'est  pas  question  de  ces  deux  points  dans  le  règlement  porté  pour  les  échevins  de  Saint. 
Trond  par  l'évéquc  Engelbcrt  et  l'abbé  Amelius,  le  '.)  avril  1518.  [Cartulaire  de  Saint-Trond,  t.  I, 
p.  490.)  On  n'en  trouve  pas  davantage  la  mention  dans  le  récit  conçu  d'ailleurs  en  termes  généraux 
de  la  Chronique  de  Saint-Trond,  éd.  de  Norman,  t.  Il,  pp.  -78-279.  30 

(»)  Le  29  avril  134S,  l'évéque  Engelbert,  l'abbé  Amelius  et  le  Conseil  communal  de  Saint-Trond 
ratifièrent  les  dispositions  prises  par  l'évéque  Adolphe  contre  les  mauvais  administrateurs  de  la  ville. 
(Cartulaire  de  Sainl-Ttoud,  t.  I,  p.  489.) 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  159 

Et  adonc  l'évcsque  revient  à  Liège  et  soy  plaindit  qu'il  [n'jeust  tenu  la 
sentence  sur  ceulx  de  Huy,  niais  ils  I'avoint  premir  brisiez,  et  la  cité  dist 
qu'elle  manderoit  ceulx  de  Huy  qu'ils  amendent  à  l'évesque  à  décret  du  conseil 
du  pays,  ou  la  cité  aideroit  l'évesque  sur  ce  contre  ceulx  de  Huy.  Et  allors 
5  n  chanoines  de  Sainct- Lambert  et  n  eschevins  allirent  à  Huy  remonslreir  les 
déplaintes  du  l'évesque,  mais  ceulx  de  Huy  dirent  que  l'évesque  mettist  en 
escript  ce  du  quoy  il  soy  déplaindoit,  et  ils  respondrent  desus  et  s'ils  estoint 
trouvez  coulpable,  ils  vouloint  deubtement  amendeir  le  forfaict.  Et  adonc  les 
susdis  commis  rapporlirent  à  Liège  ce  qu'il  avoint  trouvé  à  Huy,  sy  que  le 

10  lendemain  ils  fuient  renvoyez  devers  Clermoni,  où  l'évesque  gisoit  malade,  et 
firent  leur  relation,  mais  l'évesque  dhoit  qu'il  estoil  sy  malade  qu'il  n'y  povoit 
présentement  entendre,  et  la  maladie  luy  venoit  à  l'occasion  de  ceulx  de  Huy, 
lesquelles  il  remeviscroit  "  s'il  vivoit  plus  longuement,  néantmoins  à  ce  faire  il 
voldroit  useir  de  conseil  du  pays,  tellement  que  ceste  responec  fut  envoyée  à 

15  Huy.  El  trois  jours  après,  ceulx  de  Huy  envoyèrent  à  Liège,  en  une  neiff,  de 
leurs  gens  pour  informeir  de  leurs  besongne,  mais  quant  ils  passoint  devant 
Clermoni,  où  l'évesque  gisoit  malade,  et  on  luy  dit,  dont  l'évesque  mandat b 
siegneur  Tbiry  Marteau,  bailhier  de  Hcsbaye  ('),  et  luy  commandât  que  à 
revenir  il  corrist  sus  ceulx  de  Huy.  Et  le  xxvie  jour  d'octobre,  Huyois  rendirent    Hocsem,330. 

20  en  leurs  neiff,  quant  ils  avoinl  faict  leus  informations  à  chapitre  et  à  la  cité,  et 
quanl  ils  vindrent  à  Cloekier,  siegneur  Tbiry  Marteal  et  ses  gens  copirent  les 
cordes  et  tirèrent  la  neiff  à  terre,  et  y  eut  grande  batailhe,  et  ceulx  de  Huy 
euuissent  esté  perdus,  se  ce  ne  fussent  grands  gens  de  Huy  qui  accorrirent 
prest,  car  on  l'avoit  nuncié  à  Huy,  sy  que  siegneur  Thiry  Marleal  s'en  rallat  à 

2g  tant c,  et  n'y  furent  que  trois  morls;  lors  renlrirenl  Huyois  en  leur  neiff  comme 
devant.  Adonc  quanl  l'évesque  le  sceut,  il  tombai  en  frénésie  et  très  chaude 
maladie,  et  alors  ceulx  du  1  evesque  décolpoint  d  ung  bourgoix  de  Huy  qui  s'en 
alloit  vers  Condros. 

"  remercieroit  :  B,  D.  —  b  on  luy  dit  et  il  mandat  :  B,  D.  —  c  se  partit  à  son  déshonneur  sans 
50  rien  faire  :  B,  D.  —  d  découpèrent  :  B. 

(')  Louis  Marteau  de  Mirmottc,  chevalier,  seigneur  de  La  Neuville,  grand  bailli  de  Hcsbaie  en  1344. 
C'est  son  nom  qu'il  faut  lire  ici  au  lieu  de  Thierry  Marteau  qu'on  ne  trouve  cité  nulle  part  comme 
bailli  de  Hesbaie.  (Hemricourt,  I,  p.  115;  II,  p.  299.) 


1G0  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Et  l'évesque  par  force  de  maladie  aveuglât  et  tantost  perdit  la  parolle,  et 

adonc  sr  Renard  et  Johan  de  la  Marche,  frères  baslards  à  l'évesque.  chanoine 

du  Sainct-Johan  (J).  luy  prirent  tous  ses  joweaulx.  Et  le  nu"  jour  de  novembre, 

iiocsem,330.    le  jour  de  S.  Hubert,  morut  l'évesque  Adulphe  de  la  Marche  en  ebasteau  de 

(Jermonl  sur  Mouse,  et  fut  son  corps  amincis  par  nuict  en  une  neilï  à  S.  Jac  5 

à  Liège,  et  lendemain  la  cathédrale,  églises  el  les  secundaires  l'allirent  quérir 

en  procession  et  firent  ses  exèques  à  Sainct-Lambcrt,  et  fut  ensevely  pardevant 

le  grand  allaire  ".  Et  pour  ce  qu'il  morut  sans  testament,  le  chapitre  alla  lanlost 

osteir  les  officiers,  sans  appelleir  les  maislres,  dont  la  cité  fut  nulcunement 

eourrouchéc,  mais  adonc  le  chapitre  assignat  journée  de  mandeir  le  pays  pour  10 

cslier  ung  mambor.  Et  le  xu  jour  de  novembre,  la  nuict  du  S.  Martin,  le  pays 

fut  ensemble  et  cslcurcnt  siegneur  Lowys  d'Agymonl,  mais  tantost  qu'il  fut 

liocfem,       faict,  sans  le  consent  du  chapitre,  il  rostal  le  rcchepvcur  que  le  chapitre  avoit 
33.7  333  , 

mis, et  fist  Faslrard  liarc  (2),  chanoine  du  Sainel-Poul,  rcchepveur,  et  le  chapitre 
l'excommuniât,  sy  que  il  renunehat  tantost  (3),  et  le  chapitre  fist  reccpvcur  13 
Héribert  ''  des  Preis  (4),  et  le  mambour  susdit  governal  pour  Engelbcrt  de  la 
Marche  '. 

«  et  fut  enterré  par  devant  le  grand  autel  du  coslé  du  palaix   proche  des  gréz   du  dit  autel 
dessoubs  une  platine  de  cuivre,  où  est  engravé  allentliour  ceste  épitaphe  ensuivant  : 
En  clarum,  cui  Dfarckâ  genus,  natura  decorem, 
Fama  decus  tribuit,  raeritorum  copia  farnam. 
Leodiensis  apex  in  pacem  praelia  vertens. 
t'roch  do!or,  hic  recubat  presul  venerandus  Adulphus 
Qui  centura  ter  et  decies  Iluberli  luce  futiscens 

X  quater,  i  toliens  junctis,  in  pace  quiescit.  25 

Liège  Univ.  i64. 
b  Libert  :  B.  —  c  gouvernât  le  pays  tant  que  Engelbcrt  de  la  Marche  fût  receu  à  évesque  :  B. 

(')  Voir  biron  J.  de  Ciiestrkt,  Histoire  de  la  maison  de  la  Marck,  p.  243,  et  !..  Laiiave,  Cartulaire 
de  SaiutJcan,  pp.  xlii  et  L. 

il)   Fastré  Baré,  chanoine  de  Saint-Paul  et  de  Saint-Martin.  (Hrmmcourt,  1,  p.  403;  II,  p.  I4S.)  ôtf 

(',  Voir  un  acte  relatif  à  celle  affaire,  15  décembre  1344.  (Cartulaire  de  Saint  Lambert,  t.  IV, 
p.  28.) 

[*)  Sur  Ilerbert-des-Prcz,  voir  p.  133,  noie  t. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  161 


Engelbert  de  La  Marck. 

Jean  d'Outremeuse  a  sans  doute  connu  les  récils  d'Hocsem  et  de  Jean  de 
Warnant,  mais  il  les  utilise  très  peu.  Au  contraire,  il  suit  de  plus  près  Radulphe 
de  Rivo,  à  partir  de  1347. 
5  Le  manuscrit  C  est  fort  abrégé.  Le  manuscrit  D  contient  quelques  additions 
empruntées  à  diverses  sources,  parmi  lesquelles  le  copiste  cite  la  Chronicque 
de  France. 

Le  texte  se  ressent  de  la  négligence  habituelle  à  Jean  d'Outremeuse;  il  a 
donc  besoin  d'être  contrôlé  d'après  d'autres  sources. 

io      Engelbert  de  la  Marche  qu'estoit  Gs  du  frère  l'évesque  Adulphe  de  la  Marche 
susdit,  de  la  fille  du  seigneur  de  Wezmalle  (1),  qu'estoit  alors  privost  du 
Sainct-Lambert  (2)  a,  s'en  allât  vers  le  roy  de  France  et  luy  comptât h  la  mort   j.  de  W.,  336. 
du  son  oncle  l'évesque  Adulphe,  et  priât  à  roy  qu'il  voulsist  escrire  à  pape  pour 
luy,  et  tellement  le  roy  escript0  que  le  pape  Clément  VIe  l'eslcuzit  évesque  du 

is  Liège  (3). 

L'an  XIIIe XLV,  le  xxme  d  jour  de  féverir,  fut  ledit  Engelbert  confirmé,  et 

"  quant  ilz  sceut  que  son  oncle  estoit  mort  :  B.  —  b  luy  comptât  de  la  mort  :  A.  —  "et  tellement 
fist  le  roy  son  debvoir  :  B1.  —  ce  que  le  roy  fit  très  volontiers  et  telement  :  B2.  —  d  le  22e  :  D. 

(l)  La  même  filiation  est  donnée  par  la  Chronique  de  H02,  probablement  d'après  J.  de  Warnant. 

20  Lefort  attribue  au  comte  Engelbert  de  la  Marck,  père  de  Pévêquc,  un  double  mariage  :  le  premier, 
avec  la  fille  du  seigneur  de  Wesemael;  le  second,  avec  Mathilde,  fille  de  Jean,  sire  d'Arenberg.  Après 
avoir  d'abord  fait  naître  l'évèque  du  premier  mariage,  il  se  corrige  et  le  fait  naître  du  second.  Levold 
de  Northof,  éd.  Tnoss,  p.  128,  l'historien  attitré  des  la  Marck,  ne  parle  pas  d'un  premier  mariage  et 
donne  Mathilde  d'Arenberg  comme  mère  de  l'évèque.  Celle  indication  est  confirmée  par  une  charte 

25  publiée  par  Van  Stkinen,  Westphâlische  Gesehichte,  t.  I,  p.  176,  où  sont  énumérés  les  huit  enfants  du 
comte  Engelbert  de  la  Marck. 

(*)  Cité  comme  tel  en  1356  par  Jean  b'Outremeuse,  t.  VI,  p.  586,  el  à  partir  de  1357  (Fiefs 
d'Ad.  de  la  Marclc,  p.  439)  et  de  1358  (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  III,  p.  535)  dans  les 
documents. 

30  (5)  Le  18  novembre  1344,  le  pape  écrivit  au  chapitre  pour  se  réserver  la  nomination  de  l'évèque. 
(  Vatikanische  Akten  zur  deutschen  Gesc.'iichte  in  der  zeit  Kaiser  Ludwigs  des  Baycrn,  p.  794.) 

Tome  II.  21 


162  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Coen  deLonchin(1)aportatles  bulles  d'Avingnon,el  l'évesque  remanit  làjusques 
en  apvril  (*),  el  ledit  Coen  r'  comme  son  facîeur,  présentât  en  chapitre  lesditcs 
bulles,  et  fut  en  nom  dudit  évesque  recheupt;  se  cessât  alors  le  susdit  siegneur 
Lowys  d'Agimont  à  mamborneir,  et  mambournat  ledit  Coen  °  jusques  à  la 
venue  dudit  évesque  Engelbert.  El  le  vue  ''jour  d'apvril  (3),  entrât  à  Liège  noble-  5 
ment  l'évesque  Engelbert  de  la  Marche  desurdit  (4),  et  régnât  xx  ans  à  Liège. 
Ledit  évesque,  tantost  après  sa  venue,  enlreprislla  guerre  az  Huoys  comme 
son  prédécesseur  avoit  quant  il  morul  ' ,  mais  la  pais  fut  faicte  l'an  XIIICXLV 
Hocsem,       susdit  ',   par  le  moien  du  trois  chevaliers  (5),   assavoir  siegneur  Giel   du 

Cerff  e  (6),  siegneur  Thiry  de  Seraingne,  et  siegneur  Walthier  de  Momale,  10 
par  telle  manier  que  la  paix  sur  ce  jadit  faite  par  le  conte  de  Henau  serat  tenue, 
et  l'excommunication  jettée  en  Brabant  annichilée,  et  l'évesque  ferat  absoulre 
ceulx  de  Huy  par  le  pape,  voir  qu'ils  paieront  à  l'évesque  dedens  m  mois 
xviM  florins  r  (7).  Après,  le  xvm"  jour  de  décembre,  fut  l'évesque  Engelbert 
sacré  aile  Yaulx  Saint-Lambert ».  15 

"  ledit  conte  :  B1.  —  b  en  celle  mesme  année,  le  vne  jour  :  B.  —  le  8e  :  D.  —  Hocsem  dit  :  le  12».  — 
c  avoit  faict  en  son  vivant  jusque  à  sa  mort  :  B.  —  d  le  jour  del  saincte  Barbe  :  B,  D.  —  la  nuyt  de 
S.  Barbe  :  Liège  U.  181.  —  "  Gilles  de  Rochefort  :  B,  D.  —  '  L'an  mesme  le  quinzième  d'octobre, 
furent  approveis  les  status  de  Liège  par  Engelbert  esleu  de  Liège.  An  mesme,  fut  mise  la  première 
pierre  du  monastère  de  Saincte  Claire  à  Brucelles  :  ajoutent  B'  en  notes  marginales  et  D.  —  »  L'an  20 
mesme,  le  jour  de  Noël,  eélébrat  le  dit  évesque  ung  grand  convive  à  chasteau  de  Uuy  :  ajoute  D. 

(«)  Coune  de  Lontzen.  (Hemricoukt,  I,  p.  262;  II,  p.  291.) 

(*)  Engelbert  reçut  de  Clément  VI,  dès  le  28  février,  l'autorisation  de  revenir  à  Liège.(Vatikanische 
Akten,  p.  798.) 

(5)  Le  7,  l'évêque  arriva  au  château  de  Clermont,  d'après  Fisen;  il  fut  inauguré  le  12  (IIocsbh.)        25 

(')  Capitulation  jurée  par  l'évéque  Engelbert,  à  son  avènement,  12  avril.  (Ordonnances,  t.  I,  p.  261; 
DE  Tiibi'x,  Le  chapitre  de  Saint-Lambert,  Introd.,  p.  xxvm.) 

(B)  a  Ad  procurationem  doraini  Egidii  de  Cervo,  militis,  amici  et  oppidani  Iloyensis,  dominus 
Walterus  de  Momalia,  Theodericus  de  Serayn  et  Theodericus  de  Koesmer  receptor...  pacem  fecerunt.  » 
(MatUias  de  Lewis,  éd.  Bormans,  p.  113,  probablement  d'après  Jean  de  Warnant.  Thierry  ou  Tilman  30 
de  Rosmcl,  est  cité  de  1530  à  1544  comme  receveur  général  de  l'évêché  de  Liège  (Fiefs  d'Ad- 
de  la  Marck,  passini),  échevin  en  1554-1545  KLcs  Échevins,  t.  I,  p.  181;.  K'sen,  t.  II,  p.  10b,  en  fait, 
par  erreur,  un  parent  de  l'évéque,  Tilman  de  Wcscmacl. 

(«)  Gilles  de  Cerf,  cité  de  1528  à  1544.  ^Iemricourt,  I,  p.  547;  II,  p.  173.)  Sur  les  deux  autres 
chevaliers,  voir  pages  1 52,  notes  4  et  5.  33 

(')  Paix  des  Hutois,  8  novembre  1515.  (Ordonnances,  t.  I,  p.  275.) 


CHRONIQUE  ABREGEE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  165 

L'an  XIIFXLVI,  le  premier  jour  de  marce,  ceulx  de  Huy  ardirent  la  maison 
Jehan  Mérode  (*)  à  la  N'eufville  (2),  pour  ce  que  comme  lieutenant  siegneur 
Colien  Fraipont  (3),  marischal  l'évesque,  il  avoit  faict  trencheir  la  teste  d'ung 
bourgoix  de  Huy,  qui,  le  siège  vacant,  avoit  occis  ung  homme  eu  Condros, 
s  et  en  avoit  faict  paix  à  mambor  et  à  la  partie  °.  Tellement  que  à  la  déplainte 
Johan  Mérode,  les  eschevins  de  Liège  voigirent6  xvm  Huyois.  Adonc  les  bonnes 
villes  vindrent  à  Liège  à  la  prier  de  ceulx  de  Huy,  et  remanirent  deleis  ceulx  de 
Huy  que  le  voigement c  n'estoit  de  nulle  valeur,  veyant  que  c'estoit  contre  la 
paix  de  Henau  (4),  car  les  eschevins  du  Liège  ne  peuvent  par  ladite  paix 
10  voigier  d  bourgoix  de  Huy,  s'il  ne  at  forfaict  en  la  franchieze  de  Liège  ou 
dedens  le  ban  lieu,  sy  qu'ils  commandirent  auz  eschevins  de  Liège  qu'ils 
défissent  leurdit  voigement  ',  et  sur  ce  saillèrent  par  seriment  Liège,  Huy, 
Sainct-Trond  et  Tungre. 

En  ceste  année,  quant  l'évesque  fut  revenu  de  Wasfale,  il  mandat  son  pays 
15  à  Fexhe,  et  soy  plaindit  de  ladite  alliance  des  bonnes  villes  desurdites  (5), 
mais  le  pays  luy  priât  d'estre  content,  car  ce  n'estoit  que  pour  la  paix  de  Henau 
susdite  à  gardeir,  et  non  obstant  l'évesque  se  départit  sans  estre  content. 

Pendants  ces  choeses,  vient  à  Liège  l'abbé  de  Sainct-Nycase  de  Rens  (6) 
comme  légate  de  par  le  pape,  en  moy  de  june,  et  fut  le  pays  assemblé,  et  fut    Hocsem,  340. 


20 


a  et  pour  le  temps  al  partie  :  B'.  —  au  mambour  pour  le  temps  et  pareillement  à  la  partie  :  fi!.  — 
1  forjugèrent  :  B.  — c  forjugement  :  B.  —  d  forjuger  :  B.  —  e  de  rappeller  les  forjugéz  :  B. 


(*)  Le  vrai  nom  :  Jean  Meiraude  del  Nueville,  est  cité  le  1er  novembre  15S9.  (Charles  du  Val-Saint- 
Lambert,  n»  600.) 

(*)  La  Neuville-sur-Meuse. 
25       (5)  Collin  de  Fraipont,  chevalier.  (Hemricourt,  I,  p.  212;  II,  p.  217.) 
(*)  Paix  de  Duras  du  8  août  1545.  Voir  ci-dessus,  p.  15b. 

(5)  Le  4  mars  1545,  le  pape  Clément  VI  avait  chargé  les  abbés  de  Saint-Nicaisc  et  de  Werdcn  de 
déclarer  nulles  toutes  les  alliances  que  feraient  les  habitants  du  diocèse  de  Liège  contre  leur  évêque. 
(Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  50.) 
30  (6)  Philippe  le  Coeque,  abbé  de  Saint-Nicaise  de  Reims,  était  venu  une  première  fois  à  Liège 
en  1526  et  avait  échoué  dans  sa  tentative  de  pacifier  les  Liégeois.  Il  est  dépeint  comme  doué  d'une 
éloquence  verbeuse  :  «  verbis  volubilibus  quibus  abundat  » .  (Lettre  du  chapitre  au  pape,  1 0  août  1 546. 
Hocsem,  éd.  Kurth,  p.  547.)  Les  chanoines  de  Saint-Lambert  le  rendirent  responsable  de  ia  perte  du 
comté  de  Looz  :  «  a  cujus  loquacitate  omnia  mala  que  patimur  initiura  acceperunt  ».  (Lettre  du 
35  chapitre  au  cardinal  prévôt,  25  septembre  1546.  Ibid.,  p.  554. ) 


164  CHROMQUES  LIÉGEOISES. 

accordé  que  ledit  légate  et  avec  luy  v  channones  du  Liège,  assavoir  Renar  de 
Barbenchon  ('),  Guilhcaumc  de  Botresen  "  (2),  maistre  Elbert  juriste  de  Bettin- 
court  (3),  Lowis  de  Colon9ter  (4)  et  Jean  le  Beul  b  (b)  entrirent  à  Sainct- 
Léonard  pour  traictier  à  Thiry  de  Hinsberg,  qui  prctendoit  avoir  la  contée  de 
Looz,  mais  adonc  le  chapitre  cnvoiat  avec  les  maislres  de  Liège  leurs  escolastre  s 
maistre  Jehan  d'Oxhen  (°)  et  Ghis  de  Charnoir,  chanonne(7),  à  Sainct-Léonard, 
disant  qu'ils  ne  donnassent  sentence  qui  ne  fust  à  la  détermination  du  chapitre 
et  du  pays,  et  lesdis  commissaires  respondirent  que  ce  qu'ils  feroint  ils  le 
reporteroient  en  chapitre;  non  obstant  l'évesque  volut  sur  ce  mandeir  son  pays 
pour  oyr.  Dont  ung  peu  après  vient  le  pays  à  Fexhe  au  mandement  du  i" 
l'évesque,  et  là  ledit  légate  Gt  leir  la  sentence  qui  s'ensuit  :  que  Thiry  de 
Hinsberg  tienge  en  fiefz  et  homaige  luy  et  ses  hoirs  ladite  contée  de  Looz  de 
l'église  de  Liège  à  tousiours  (8),  laquelle  sentence  les  maislres  du  Liège  répro- 
virent,  mais  tantost  l'évesque  (fl)  allât  mettre  ledit  siegneur  Thiry  en  féaulté  de 
ladite  contée  de  Looz,  et  ledit  abbé  confirmât  ladite  sentence  comme  légate.  is 
Mais  adonc  xvm  des  chanonnes  qui  estoint  à  Liège  firent  appellation  à  ladite 
sentence  à  la  court  d'Avingnon,  en  excommuniant  tousiours  ledit  siegneur  Thiry 
et  le  pays  de  Looz.  Desquels  chanonnes  les  principaulx  estoint  qui  remanirent 


«  Guillaume  de  Bavvesin  :  A.  —  b  Jehan  le  Veau  :  Bi.  —  Jean  le  Beau  :  B%.  —  c  au  18  d'aoust  :  B. 
—  d'avril  (mauvaise  lecture)  :  D.  2° 

(')  Renaud  de  Barbançon.  Voir  de  Tubux,  Le  chapitre  de  Saint-Lambert,  t.  Il,  p.  76. 

(•)  Guillaume  de  Bauterseni.  Voir  Ibid.,  p.  41.  (Hemricolrt,  I,  p.  159;  II,  p.  143.) 

(3)   Elbert  de  Bettincourt.  Voir  Ibid.,  p.  05. 

(*)  Louis  des  Prez,  dit  de  Colonster.  Voir  Ibid.,  p.  82.  (Hemiucuort,  I,  p.  255;  II,  p.  538.) 

('•)  Jean  le  Bel,  le  chroniqueur  connu.  -•• 

(«)  Jean  d'Hocscm,  le  chroniqueur.  Fisen,  t.  il,  p.  106  ne  cite  pas  son  nom,  mais  nomme  à  sa  place 
Joannes  Baptista. 

(')   Guy  de  Charneux  n'est  pas  connu  de  de  Thcux.  (Hemricourt,  I,  p.  485;  II,  p.  178.) 

(•)  11  juin  1546.  (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  46.) 

(9)   Le  18  juin,  l'évêque  relève  Thierry  de  l'excommunication.  (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  30 
p.  47.)  Le  même  jour,  il  fait  savoir  que  Thierry  a  relevé  de  lui  le  comté  de  Looz.  (Ibid.,  p.  48.)  Acte 
de  relief  du  même  jour.  (Ibid.,  p.  51.)  Le  19  juin,  Thierry  renonce  à  toute  réclamation  qu'il  pourrait 
élever  contre  l'évêque  et  ses  adhérents,  spécialement  contre  Jean  de  J^angdris,  du  chef  de  dommages 
subis  à  l'occasion  de  la  contestation.  (Ibid.,  p.  5.) 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  165 

contre  ladite  sentence  (*)  siegneur  Johan  d'Oxhen,  Engorand  de  Grand  Sart  (2), 
Guilheaume  de  Broinshorne  (3),  Raeze  de  Landris  (4),  Martin  Bense  a  (5) 
une  Lombard  (6),  Dominic  Balsamus  de  Florence  (7),  Henric  le  Blamerc  "  (8) 
et  aultres  jusques  à  xvni.  Lors  la  cité  passât  de  mettre  gens  ens  maisons  des 

5  chanonnes  qui  estoint  sur  ce  absentis  (9),  car  la  cité  tenoit  qu'ils  estoint  d'accord 
à  celle  sentence. 

Adonc  l'évesque  mettit  sa  court  à  Tungre,  mais  pour  ce  que  la  cité  doubtoit  ° 
que  l'évesque  ne  les  fesist  forjugir  à  Vottemme,  elle  remandat  les  escbevins  de 
Liège  qu'estoint  deleis  l'évesque  et  mettirent  de  chascun  mestier  xu  hommes 

10  pour  gardeir  la  place  à  Vottemme.  Et  quant  les  eschevins  furent  revenus 
à  Liège,  ons  rapportât  que  gensdarmes  couroint  sur  les  gens  qu'estoint  à 
Vottemme,  sy  que  on  criât  auz  armes,  mais  quant  les  eschevins  ce  oyrent,  ils 
fuirent  leurs  voie,  et  plusieurs  chanonnes  et  aultres,  car  ils  pensoint  que  ce 
fust  pour  eulx,  et  quant  ceulx  de  la  cité  vindrent  à  Vottemme,  ils  trouvirent 

io  que  c'estoint  bourdes.  Adonc  les  maistres  et  le  conseil  commandirent  à  ceulx 
qui  avoint  criez  auz  armes  chascun  une  voye  de  Sainct-Jac.  Et  ont  encor  les 
maistres  et  le  conseil  envoyez  prier  auz  eschevins  qu'ils  veullent  retourner,  et 
ils  les  asségurent  bonnement,  mais  les  eschevins  respondirent  que  voluntier 

"  Martin  Beuse  :  B.  —  b  Henri  le  Blamercq  :  B{.  —  de  Blamerck  :  B*.  —  Henri  de  Blanraarch  : 
20  B,  D.  —  «  la  cité  craignant  :  B*. 

(*)  Plusieurs  des  chanoines  dont  les  noms  suivent,  sont  déjà  cités  en  1543  au  nombre  de  ccuxq  ui 
s'opposèrent  à  ce  que  les  pièces  du  procès  fussent  remises  entre  les  mains  du  comte  de  Hainaut.  Voir  : 
Hocsem,  p.  11,  chap.  XXX,  p.  520;  ctJ.  d'Outremeuse,  ci-dessus,  p.  ISS. 

(8)  Enguerrand  de  Grand-Sart.  Voir  de  Tbeux,  Le  chapitre  de  Saint- Lambert,  t.  Il,  p.  53. 
25       (')  Guillaume  de  Brunshorne.  Voir  Ibid.,  p.  37. 

(*)  Raes  de  Landris.  Voir  Ibid.,  p.  75.  (Hemricourt,  I,  p.  41  ;  II,  p.  276.) 

(*)  Martin  Bence,  Bencius.  Voir  Ibid.,  p.  77. 

(6)  La  raison  de  cette  dénomination  nous  est  inconnue. 

(7)  Dominique  Bavan,  né  à  Florence.  Voir  de  Theux,  p.  84. 

50  (8j  Henri  le  Blavicr.  Voir  Ibid.,  p.  84.  Il  est  cité  comme  chanoine  de  Saint- Lambert  en  1548 
(Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  99),  comme  chapelain  de  Saint-Denis  en  1550  (Ibid.,  p.  125) 
comme  chanoine  de  Saint-Denis  en  1353,  1361  (Ibid.,  pp.  184,  549),  comme  ehanoine  de  Saint- 
Lambert  et  de  Saint-Denis  en  1547  (Ibid.,  p.  217).  II  est  encore  cité  en  1374  :  Le  vingne  Saingnour 
Henry  le  Blavier,  canoine  de  l'église  Saint-Denis  en  Liège.  [Cartulaire  du  Val-Benoit,  pp.  602,  606). 

35       [*)  A  savoir  les  cinq  chanoines  ci  dessus. 


166  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

reviendront  se  on  faisoit  bonne  inquisition,  que  ceulx  qui  aroint  criez  auz 
armes  soient  corrigiés  selon  la  lettre  du  Sainct-Jac,  et  on  les  respondit  que  la 
lettre  ne  les  touchoit  mie,  car  les  hanniers  des  mesticrs  avoint  premirement  estez 
sur  le  marchez  avant  le  cris.  Alors  Henry  de  Sollicrs  (')  qu'esloit  maistre  pour 
les  grands,  dist  que  ce  n'avoit  esté  mie  son  grez,  que  Rigaul  le  Rosty  (2),  son  s 
lieutenant  l'avoit  apporté,  mais  Jehan  de  Flémalle  escohirs  (3),  maistre  pour  le 
temps  pour  les  pitis,  dist  que  sa  bannier  avoit  esté  de  son  gré  sur  le  marché. 
Adonc  fut  départ  la  cité  criez  à  peron  cent  ans  et  ung  jour  ledit  Henry  de 
Solliers,  femme  et  enffans,  et  fut  siegneur  Berlho  Bareit  (4)  faict  maistre. 

En  ce  temps,  mandat  l'évcsque  à  Liège  que  à  xvme  jour  de  jung  ons  vient  à  io 
forjugier  à  peron  à  Votemme  tous  ceulx  qui  ont  criez  auz  armes,  et  les  Liégois 
ont  jureis  sur  saincts  qu'ils  obtiendronl  et  feront  ung  conduiseurs  mambors,  et 
siegneur  Raeze  de  Waroux  (5j  fut  faict  capitaine  ".  et  avec  luy  Biertho 
d'Oekicrs  (6).  sy  que  pour  veoir  la  puissance  de  la  cité,  ils  allirent  logier  avec 
Huyois  à  Awans  et  à  Hollengnoul,mais  Giel  le  Hobeir,qui  fut  ûs  à  Robert  d'Isle,  is 
qui  fut  frère  à  Johan  Robeir,  qui  fut  eschevins  et  depuis  maistre  du  Liège  (7), 

"  un  mambour  pour  estre  leur  conducteur  :  D. 

(•)  Henri  du  Solicr,  maître  de  Liège  en   4341   et  en   1345.  (Les  Bourgmestres,  pp.  64  et  67.)  Il 
mourut  en  1349  (Ibid.).  Hembicourt,  I,  p.  243;  II,  p.  371. 

(«)  Rigault  le  Rosli    On  trouve  un  personnage  de  ce  nom  cité  en  1345  comme  bailli  du  Comlroz  20 
(Cartulairc  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  33),  en  1338  comme  homme  allodial.  (Cartulaire  de  Flâne, 
dans  Anakctes,  t.  XXIV,  p.  441.)  Il  avait  une  maison  à  Wonck  (ci-dessous,  p.  172). 

(s)  Jean  de  Flémalle,  le  Scoliier,  maître  de  Liège  en  1345,  1357.  (Les  Bourgmestres,  p.  65.)  Jean 
de  Flémalle  le  Scohier  est  cité  en  1344  (Fiefs  d'Ad.  de  La  Mareh,  p.  402)  et  en  1364  (Cartulaire  de 
Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  399).  il  était  mort  en  1375.  (Ibid.,  p.  521.)  Abry  le  confond  avec  Jean  de  2b 
Flémalle  le  boulanger  (voir  p.  153).  Jean  de  Flémalle  est  encore  cité  en  4341  (Fiefs  d'Ad.  de  La 
Marck,  p.  467),  en  1350  (Cartulaire  du  Val-Benoit,  p.  451),  en  1358  (Cartulaire  de  Saint- Lambert, 
t.  IV,  p.  268),  sans  qu'on  puisse  dire  duquel  des  deux  personnages  il  s'agil. 

(*)   Berthold  Baie  de  Voroux,  chevalier,  fils  de  l'échevin  Fastré  Baré.   (Hkmricolrt,   1,  p.  463; 
II,  p.  145.)  30 

(*i  Raes  de  Warfuséc,  chevalier,  seigneur  de  Waroux.  (Hemricoirt,  I,  p.  49;  II,  p.  398.) 

(6;   l'.arthélcmy  d'Ocquier.  Un  personnage  de  ce  nom  est  cité  en  1530  (Fiefs  d'Ad.  de  La  Marek, 
p. 595), en  1335  (Ibid.,\).  570),  en  I554(/Wd,  p. 415', en  \ô£3  (Cartulaire.  de  Saijit-Lambert,  l.W,  p. 8). 

(')  Jean  le  Robcirs,  échevin  en  1551-137:',  maitre  en   1558  et  1564,  mort  en   1379.  Voir  Les 
Echevins,  t.  I,  p.  204;  Les  Bourgmestre!,  p.  80.  33 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTRE.MEUSE.       167 

celuy  fut  pris  par  le  siegneur  de  Hamale  (1),  qu'estoit  du  le  ayde  de  l'évesque. 
Et  les  Liégoix  allirent  logir  à  Flémale,  et  Huyois  à  Tyleur,  et  abattirent 
touttes  les  maysons  des  amys  à  l'évesque,  à  Seraingne  la  thour  Collar  le 
pannethier  (2),  à  Frangnée  la  maison  siegneur  Gérard  d'Oxhen  (3),  à  Sainct- 
5  Laurens  la  maison  siegneur  Jehan  le  Beau. 

Lors  les  maistres  allirent  devers  Vottcmme  pour  visiteir  la  place  et  ons 
accorrut  à  Liège  disant  que  les  ennemys  estoint  à  Vottemme,  et  on  y  allai f',  et 
y  on  trouvât  les  maistres  qui  en  furent  courrouchéz  et  revindrent  à  Liège.  Et 
firent  sur  l'isleal  Hochet  (4)  adonc  faire  des  bois  et  mairiens  Johan  de  Brabanl  (5) 

10  eschevins  de  Liège  en»iens  et  mangoneal.  Et  le  xvne  jour  de  jung,  la  cité  fist 
crier  albaints  à  tousiours  les  eschevins,  femmes  et  enffans,  fors  que  Hubin 
Bareit  (6)  qui  reportât  sus  son  eschevinaige.  Et  ce  mesme  jour,  Liégoix  et  Huyois    Hocsem,  342. 
s'en  allirent  à  Vottemme  pour  prendre  place  al  encontre  du  la  venue  de  l'évesque. 
Et  le  ïvme  jour  de  jung  en  ung  mardy,  l'évesque  aminat  pardevers  Vottemme 

ib  le  roy  Charle  (7)  qu'estoit  novellement  eslus  par  la  privation  de  Lowys  de 
Bealwir  (s)  à  royalme  d'Allemaigne,  et  estoit  venus  pour  prendre  la  coronne  à 
Aize,et  estoit  avec  le  roy  Johan  de  Bohangne6(9)  son  père,  le  conte  deMarca(10), 

a  les  Liégeois  i  accoururent  :  B.  —  *  roy  de  Bohême  :  B. 

(l)  Jean,  seigneur  de  Marnai.  Poncelet,  Maréchaux,  pp.  124-129.  Hemricourt,  11,  p.  236. 
20       {*)  Colard  le  Pannetier  de  Seraing,  cité  en  1347  (Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  79)  et 
en  1370  {Chartes  du  Val-Benoit,  pp.  S65-56Î5),  était  mort  en  1386  ayant  un  fils  nommé  Gérard 
(Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  644).  Hemricourt,  I,  p.  541;  11,  p.  36b. 

(';  Gérard  Chabot  dit  d'Ochain,  chanoine   de  Saint-Lambert,  mort  en  1348.  (De  Theux,  t.   II, 
pp.  42-44).  Hemricourt,  I,  p.  308;  II,  p.  174. 
2o       (*)  L'isleal  Hochet  :  à  l'emplacement  occupé  actuellement  par  l'université.  Voir  Gobert,   Liège 
à  travers  les  âges,  t.  III,  p.  260. 

(5)  Jean  de  Brabant,  mort  en  13S5.  Voir  Les  Echevins,  1. 1,  pp.  182-186;  Hemricourt,  II,  p,  374. 

(6)  Hubin  Baré,  chevalier,  fils  de  Fastré  Baré,  échevin  de  1338  à  1546.  Voir  Les  Echevins,  1. 1, 
pp.  190-191,  et  particulièrement  p.  191,  note  6.  Hemricourt,  I,  p.  465;  II,  p.  148. 

50       (7)   Charles  de  Luxembourg,  roi  des  Romains,  empereur,  1547-1578. 
(»)  Louis  de  Bavière,  empereur,  1514-1547. 

(9)  Jean  l'Aveugle,  roi  de  Bohème,  comte  de  Luxembourg,  mort  à  Crécy  le  26  août  1546. 
(,0)  Adolphe,  comte  de  La  Marck,  frère  de  l'évêque,  mort  en  1517.  Voir  B°D  de  Chestret,  Histoire 
de  la  maison  de  La  Marck,  pp.  28-29. 


168  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

de  Mons  ('),  de  Namur  (2),  de  Vienne,  de  Lucemborch  (3),  de  Looz  (4)  et  le 
siegneur  de  Faulcoumont  (r>)  et  plussieurs  aullres.  Et  lendemain  le  merquedi, 
l'évesquc  et  ses  aidants  vindrent  à  Vottcmme;  là  ils  trouvirent  cculx  du  Liège 
bien  enfosseis.ct  assez  près  ceulx  de  Huy  pareillement,  mais  Gallerand  de  Falco- 
mont  traictiat  entre  deux  pour  bien  ".  Touttefois  l'évesquc  ne  voulloit  oyr  5 
nul  traictié.  se  fist  ordoneir  ses  batailhes.  Assavoir  la  première  Galerant  de 
Falcomont  '',  le  conle  de  Julie  (6),  le  conte  de  Gelre  (7),  item  Hinsberg,  Cacene 
Lengoige  (s),  Clève  %  Mont  et  grande  planté  d'AHemans  et  Lombarts  furent  à 
Hocsem,  344.    celle  balailhe.  En  la  secunde  balailbe,  fut  l'évesque  du  Liège  avec  son  frère  de  la 

Marche,  le  conle  de  Salme,  Vernenburge.  En  la  troizème  batailhe,  estoit  le  roy  io 
Johan  de  Boliangnc  et  son  fis  Charle  eslus  roy  d'Allemangne  '',  avec  eulx  le  duc 
de  Lucemborg. Navarre  ,Agymonl,Hamalle,Wezemalle,Romengnis'',  Morialmé. 
Et  vindrent  lesdites  batailhes  près  des  fosseis  de  Vottemmc,  et  l'évesque  trouvât 
là  que  Liégoix  avoint  pourpris  le  peron  ",  sy  que  il  ny  povoit  faire  forjugier,mais 
ung  peu  arrier  l'évesque  fist  forjugier  par  ses  eschevins  du  Liège  xlii  Liégoix,  et  15 
pour  ce  que  cela  ne  fut  mie  faict  à  peron,  maintenoint  Liégoix  estre  de  nulle 
valeur,  car  ce  fut  à  mollin  à  vent  Adonc  lesdites  batailhes  apprepoint  les  Liégoix 
et  Huyois,  et  avec  eulx  esloint  siegneur  Godefroid  de  Harduemont  (9),  siegneur 

a  entre  eulx  pour  faire  la  paix  :  B.  —  b  de  Montfaulcon  :  B1.  —  de  Faulcomont  :  B-.  —  c  Hinsberg, 
Cacellehoven  :  B*.  —  Chancelhoven,  Clèves  :  B,  D,  Liège  Univ.  181.  —  a  esleu  empereur  :  B.  —  20 
«  Navarre,  Vienne  :  B,  D.  Liège  Univ.  181.  —  t  Lomaigne  :  Liège  Univ.  181.  —  Somangne  :  Liège 
Univ.  182.  —  o  Liégois  estoient  assemblez  auprès  le  peron  :  C. 

(')  Le  comte  de  Mont,  c'est-à-dire  le  comte  de  Berg,  Adolphe,  comte  de  Bcrg  1308-1  "48. 

(*)  Guillaume  1",  comte  de  Namur,  1357-1591. 

(3)  Le  comte  de  Luxembourg  était  à  cette  date  Jean  l'Aveugle.  L'auteur  indique  peut-être  son  frère  25 
Wcnceslas. 

(*)  Thierry  de  Heinsbcrg,  comte  de  Looz,  1556-1561. 

(")   Le  Seigneur  de  Fauquemont  était  Thierry  III  d'après  Ernst  et  les  documents.  Fisen,  t.  II,  p.  108, 
l'appelle  Adolphe,  en  faisant  remarquer  que  Jean  d'Outremeusc  lui  donne  le  nom  de  Waléran,  ce  qui 
concorde  avec  notre   texte.  Tiiierry   de   Fauqucmont  fut  tué   à    la  bataille   de   Vottcm   en    1346.  30 
(Hemricoubt.) 

[*)  Guillaume,  marquis  de  Juliers. 

(7)  Renaud,  duc  de  Gueldre. 

l»j  Catzencllebogcn. 

(9J  Godefroid  de  Harduemont.  Voir  p.  140.  35 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  169 

Walthicr  de  Haultepenne  (*)  et  siegneur  Arnulcl  (*)  son  frère.  Et  avec  Huyois 
esloint  Lowis  le  voweis  (3)  et  le  siegneur  de  Borgnaivaulx  (4)  qui  les  ordinèrent  à 
batailhe,  sy  que  le  xixe  jour  de  jung  °  fut  la  balailhe  à  Voltemme,  et  briefmenl  (5) 
les  Liégoix  et  Huyois  oblindrent  la  place,  car  ansy  plaisoit  à  Dieu,  veu  que  les 
5  siegneurs  commenchoint  pitittement.  car  ils  occirent  avant b  la  batailhe  environ 
de  vic  pouvres  gens  sans  armes  qui  n'estoint  point c  dedens  les  fosseis,  et  y  fut 
l'abbé  du  Sainct-Jac  (6)  quassy.  et  xxvi  prestres  et  xxvm  clercs  y  furent  morts,  et 
plusieurs  femmes  et  enfans  d.  Dont  pour  la  victoire  y  eut  créez  des  Liégoix  aul- 
cuns  nouveaux  chevaliers,  Johan  voweis  du  Liers  (7),  Henry  de  Rocourt  (8)  et 
10  entre  les  Huyois  Obert  de  Cocencourt  (9),  Johan  Obier  (l0),  (ïillard  de  Ferrier  ("), 

«  le  19e  jour  jour  de  juillet  :  B,  D.  —  *  car  ils  occirent  avant  la  bataille  :  B,  D.  —  c  qui  estoient 
dans  les  fosséz  :  B,  D.  —  d  et  une  femme  qui  enfantât  son  enfant  priât  ung  prestrequi  estoit  tout 
près  de  le  vouloir  baptiser  et  le  prestre  en  le  baptisant  fut  tuez  :  B.  —  avec  ladite  femme  et  mesme  le 
petit  enfant  :  D. 

15  («)  Walthcrc  de  Hautepennc,  chevalier,  fils  de  Lambert  de  Harduemont  dit  de  Hautepenne  cite 
comme  homme  féodal  le  25  mars  1555  et  le  23  septembre  1314,  époux  de  Mahaut  de  Guidegoven, 
qui  vivait  en  viduité  le  6  novembre  1381.  Cf.  de  Borman,  J.  de  Hemricourt,  t.  I,  p.  118;  II,  p.  241. 
(»)  Arnould  de  Hautepenne,  chevalier,  seigneur  de  Villercau  et  Boilhe,  bourgmestre  de  Liège 
en  1347.  (Hïmricourt,  I,  p.  118;  II,  p.  241.) 
20  (3)  Loui»  le  Voué.  Ce  n'est  pas  l'avoué  de  Huy  qui  était  à  cette  date  Henri  de  Ramclot  qui  releva 
son  avouerie  le  20  décembre  1545  (Cour  féodale,  reg.  59,  fol.  308)  mais  bien  Louis  d'Agimont  de 
Looz,  voué  de  Hesbaye.  Cf.  Cartulaire  de  Saint- Lambert,  IV,  p.  50. 

(*)  Jean  de  Borgneval  figure  parmi  les  arbitres  brabançons  désignés  par  le  comte  de  Flandre  pour 
mettre  fin  au  différent  survenu,  en  1579,  entre  le  due  de  Brabant  et  Arnould  de  Hornc,  mambour 
25  de  l'évéché  de  Liège. 

^s)  Fise.n,  II,  108,  donne  sur  la  bataille  des  détails  empruntés  probablement  à  la  grande  chronique 
de  Jean  d'Outremeuse. 

(')  Jean  Poilhon,  mort  en  1351.  (D.  U.  Berlière,  Monasticon,  t.  II,  p.  17.) 
(7)  Jean,  avoué  de  Liers,  chevalier.  (Hemricourt,  I,  p.  201  ;  II,  p.  288.) 
30       (8)  Henri  de  Rocourt,  cité  en  1557  et  1558  [Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  pp.  258  et  270),  fils 
de  messire  Arnold  de  Tillice,  cité  comme  homme  féodal  en  1324. 
(9J  Gilbert  de  Gossoncourt.  (Hemricourt,  I,  p.  4!4;  II,  p.  224.) 

(10J  Jean  Obier  relève,  par  succession  de  son  père,  des  terres  à  Faimes  en  1325,  cité  comme  homme 
allodial  en  1545  et  1579.  (Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  pp.  54  et  578.) 
35       (")  Gilles  de  Ferrière  et  sa  femme  Marie  sont  cités  dans  le  nécrologc  de  Neufmoustier,  à  la  date 
du  25  avril. 

Tome  II.  22 


170  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Gérard  de  Longcamp  et  Giel  do  Gcrmomont  ".  Et  les  surnommés  des  chevaliers 
qui  montrent  à  Vottomme  Walrand  de  Falcomont.  le  siegncur  de  Pirpont,  le 
siegneur  de  Lewenberge,  le  sirgneur  de  Wolkenberge,  le  siegneur  de  Lance- 
trove,  le  siegneur  de  Trouenbcrge,  le  siegneur  de  Wildenberg  6,  le  siegneur  de 
Sulcen.  le  siegneur  de  Basen,  le  siegneur  d'Erkel,  le  sirgneur  d'Ellenairc  et  son  s 
frère,  le  siegneur  de  Staffussen,  le  siegneur  de  Mellen,  le  siegneur  de  Lech, 
le  siegneur  de  Mesque,  le  sirgneur  de  Flccte,  le  siegneur  de  Musquenverch,  le 
siegneur  de  Vridaxh  (1).  Ils  y  morurent  par  bon  compte  lvii  chevaliers  et 
ensevelis  à  Liège.  Et  celuy  jour,  Ligoix  et  Huyois  à  la  vesprée  logirent  à  Liège. 

Et  le  xxie  jour,  Huyois  envoyrent  à  Liège  qu'on  les  surcourist,  mais  quant  10 
Liégoix  vindrent  à  Flémallc,  se  trouvirent  ils  que  Huyois  les  voloint  esproveir. 
J.  de  w.,  338.   Adonc  liégoix  allirent  ardre  les  maisons  de  leurs  ennemys  aval  la  Hcsbayc,  et 

Huyois  pareilbement  allirent  ardre  aval  la  Condros. 
Hocsem,344.        Et  le  xxvi»  jour  de  auguste,  furent  par  les  Anglois  deseonfis  les  Françoys 

à  Cressy.  is 

Le  ni"  jour  de  septembre.  Liégeois  et  Huyois  assaillèrent  Clermont,  et  à 
xiiie  jour  fut  elle  rendue,  et  adonc  fut  abattue  et  destruite.  Et  convient  scavoir 
que  Charte  le  Grand  "  en  Dst  une  contée  de  Clermont,  et  en  fut  le  premier  conte 
Arnuld  et  son  frère  Ghuy  fist  il  marquis  de  Franchimont  en  l'an  VIIe  rf. 
Le  seconde  conte  de  Clermont  eut  non  Raldris;  le  tu6  eut  nom  Leone;  le  20 
1111e  Johan;  le  ve  fut  Thiry;  le  vte  fut  Guy  l'an  IXe;  le  vne  fut  Henry  l'an  M; 
le  vme  fut  Thiry  l'an  XIe:  le  ixe  Lambert  l'an  XIe;  le  xe  eut  nom  Guilheaume 
l'an  XIe;  le  xie  Pier  qui  régnai  l'an  XIIe  et  donnât  sa  contée  de  Clermont  à 

0  Granmont  :  B.  —  Groraomont  :  B1  et  D   —  Grandimoutiers  :  Fisen.  —  ''  et  plussieurs  aultres 
ensemble  lvii  chevaliers  :  B.  —  c  Charlemaigne  :  B.  —  d  en  l'an  VIIe  et  VI  :  B.  25 

(4)  Cf.  la  liste  donnée  par  Uocsem  (éd.  Kurth,  p.  542Ï  :  inlcr  quos  dominus  de  Ealcomonte  apud 
fratres  Minores  primo  sepultus  est.  post  satis  cito  ad  propria  rrporlatus.El  rcliqwi  plus  quam  iO  nii'itcsi 
quorum  18  nomiuali  fuerunt  de  lerra  comitis  de  Monte,  videlicet  domini  Moor  de  Fusten,  Adulplius  de 
Wolkonborg,  llcnr.  et  Throd.  de  Ellacr,  fratres,  llcnr.  de  Srocnrode  minor,  miles  ibi  factus;  Eng.  de 
Steinbruxel,  Petrus  de  Keelheim,  Gerardns  de  l.anlscrone,  Ilenr.  de  Liewenborg,  ambo  vexilliferi,  Crait  50 
de  Ysendorp, Ilenr.  de  Permont,  Wernrriis  Wint,  llermanus  de  Vossen,  dominus  de  Pirmont,  et  Stole 
de  Lantwaden.  Sur  l'identification  de  ces  personnages,  voir  édition  précitée,  page  Ô43,  note  \. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  171 

l'église  de  Liège  l'an  XIIe  et  fut  destruite  l'an  MCCCXLVI  par  Engelbert  de  la 
Marche  évesque  de  Liège. 

En  ce  temps  devant  dit,  Liégoix  ardirent  le  chasteal  de  Chockier.  Adonc  vient 
à  Liège  interdict,  sy  que  les  églises  cessirent,  mais  les  parodies  chantoint.  Lors 

5  Liégoix  allirent  ardre  lianneffe  et  Waleve,  et  ne  polrcnt  gaigneir  Seraingne  le 
chasteau,  car  le  siegneur  de  Seraingne  i  ustace  (*)  et  siegneur  Raezc  de 
Jemeppe  (2)  le  gardoint  vaillamment.  Et  les  bastards  siegneur  Henry  de  Fexhe  (3) 
ardirent  lousiours  sur  les  amys  des  Liégoix  assavoir  à  Rocourt,  Lattinnes  a, 
Liers,  Freumont,  Emale,  Ëmbour,  et  plusieurs  aullres  villes  et  maisons.  Adonc 

10  le  chapitre  avoil  impétré  triwes,  mais  Liégoix  ne  sy  volrent  assentir,  se  les 
eschevins  de  Liège  ne  dcslruoint  leur  voigement  "  qu'ils  firent  contre  leurs 
bourgoix  à  mollin  à  vent  deleis  Voltemme.  mais  l'évesque  ny  vollut  à  ce  assenlir, 
se  furent  les  triwes  nulles.  Adonc  la  garnison  d'Argenleal  vient  passeir  Mouse, 
et  occirent  à  Heur  mi  hommes  et  emminèrent  x  prisonniers.,  et  ceulx  de  Liège 

15  quant  ils  le  sceurent  yssirent  hors  et  desrobirent  Hermalle,  et  Biertho  Baré  (4) 
maistre  du  Liège,  et  Johan  Waldor>'al  (5)  son  compangnon  avec  Liégoix  soy 
combattirent  en  Mouse  contre  la  garnison  d'Argenteal,  mais  la  garnison 
eschappat  et  emminat  Biertho  Bertrand  de  Drapperie  comme  prisonnier,  qui 
morut  des  quasseurs,  et  Liégoix  en  revenant  ardirent  Hermalle.  Lors  Wil- 

20  heaume  de  VVeis  (6) c  qu'estoit  du  linaige  des  Preis  vient  à  Liège  sur  asseurance 

a  Letins  :  B1.  —  Lonthin  :  B8.  —  °  forjugement  :  B.  —  *  Lors  vint  à  Liège  un  nommé  Guillaume 
des  Prêt  pour  parler  de  paix;  il  luy  firent  telle  cruoté  qu'il  le  faisoyent  sauter  dedans  des  poinctes 
de  picques,  espées  et  daegues,  et  cependant  que  les  Liégeois  bruloyent  d'un  costé,  l'évesque  bruloit 
d'autre,  et  tout  ce  mal  venait  pour  la  conté  de  Loo  :  D. 

25       (*)  Eustache  de  Haneffe,  sire  de  Seraing-le-Château.  (Hshkicourt,  I,  p.  27;  IF,  p.  259.) 
(*i  Raes  de  Jemeppe.  (Poncelet,  Maréchaux,  p.  138;  Hemricorrt,  I,  p.  59;  II,  p.  597.) 
(')  Henri  de  Fexhe,  cité  en  1514,  mourut  avant  le  7  juillet  1566.  Hemricourt,  I,  p.  62;  II,  p.  201.) 
(*)  Sur  Berthold  Baré,  voir  p.  166,  n.  4. 

(*)  Jean  Waldorcal  que  nous  trouvons  ici  comme  maître  de  la  cité  en  1516  avait,  au  dire  d'Abry, 
30  été  élu  une  première  fois  en  1541.  (Les  Bourgmestres,  pp.  61,  70.)  Il  fut  maître  une  troisième  fois 
en  1567,  car  on  le  trouve  cité  comme  tel  avec  Aoust  (Adolphe)  de  Charneur  le  4  août  «le  cette  année. 
(Cartulairc  de  Saint  Lambert,  '..  IV,  p.  147.)  Il  fut  echevin  en  I3S3  1371  (Les  Echevins,  t.  I,  p.  207) 
et  est  cité  comme  tel  en  1558.  (Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  268.)  On  le  trouve  encore  cité 
en  1347  avec  Berthold  Baré,  et  en  1550.  (Ibid.,  pp.  125,  216.)  Il  mourut  en  1571. 
55       (')  Guillaume  des  Prez  dit  de  Weys,  bon  et  vaillant  écuyer.  (Hemricourt,  I, pp.  217,  222,  II,  p.  542.) 


172  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

pour  faire  paix,  car  il  avoit  cslé  do  la  partie  l'évcsque,  mais  non  obslant  la 
commune  le  chachat  au  Falcon  en  marchy  et  le  firent  saillir  hors  des  fenestres 
dedens  leurs  glaives.  En  ce  temps,  le  marischal  de  la  contée  de  Looz  (')  vient 
en  Hesbaye,  et  les  Hesbaingnons  le  rechachirent  jusques  à  Oreilhe  et  Jamynes 
et  ardirent  lesdites  villes.  3 

Après  l'abbé  d'Aine  (2)  priât  de  venir  à  Haccourt  pour  traicteir  de  paix, 
mais  le  siegneur  de  Wczmalle.  parens  à  l'évcsque.  laissât  scavoir  que  Liégoix  se 
gardassent  d'alleir  à  Haccourt,  car  le  fis  Walrand  de  Falcomont  avoit  faict  une 
enbusc  à  Hamalle  °  |>our  décepvoir  Liégoix,  et  sans  le  scavoir  de  l'évesquc, 
Hocsem,  3S2.  dont  Liégoix  en  furent  très  courouceis  Alors  Liégois,  Iluyois  et  ïungrois  10 
allircnt  assaillir  la  forteresse  de  Hamalle;  non  obstant  le  siegneur  de 
Hamalle  (3)  allât  ardre  tout  alentour  de  Tungre,  et  les  gensdarmes  de  Hesbaye 
attirent  ardre  à  Mellin  et  à  YVotrenge,  et  ardirent  à  Wonck  la  maison 
Johan  de  Pas  (4)  et  du  Iligauld  le  Kosty  (5)  et  des  enffans  siegneur  Ogier 
de  Fexhe  (6).  Or  advient  que  ceulx  du  chasleau  n'avoint  espérance  ''  d'avoir  is 
désigemenl,  et  que  les  bombards  de  Harstal  il  Hocourt  et  les  engiens  et  man- 
gonealz  avoient  abattu  grandement  du  chastcau,  eulx  et  leurs  biens  mettirent 
à  la  disposition  du  pays  ',  et  furent  em minez  'iisonnirs  en  Aigrimont  qui 

o  Hermalle  :  A.  —  b  voyans  qu'ils  n'auroient  aucun  secours  :  B.  —  espérance  d'avoir  aucun 
ayde  :  D.  —  c  ils  se  rendirent  à  eulx  et  leurs  biens  en  la  discrétion  du  pays  :  B.  —  se  rendirent  eulx  20 
et  leurs  biens  mettant  en  la  disposition  du  pays  :  D. 

(')  Henri,  seigneur  de  Guygoven,  de  Wintershoven,  châtelain  de  Colmont,  sénéchal  du  comte 
de  Looz  (voir  p.  suiv.).  On  ne  le  trouve  toutefois  cité  sous  celte  qualité  dans  aucun  document.  Sa 
tombe  était  encore  intacte  dans  l'église  de  Guygoven  en  1862.  En  voici  l'inscription  copiée  à  cette 
époque  par  M.  le  chevalier  C.  de  Borman  :  Anno  .  a  .  nativitale  .  domini .  M  .  C"  O  O  .  XI.VI" .  in  .  25 
die  .  bcati  .  Dyonisii  .  martyris  .  obiit  .  dominus  .  Hcinricus  .  dns  .  de  .  Guydigove  .  et .  de  .  Wcnter- 
choven .  castcllanus .  de  .  Coelmont .  miles  .  cuius  .  anima  .  requiescat .  in  .  pacc  .  amen .  oratc .  pro  .  co . 
Le  chevalier  portait  le  casque  en  léte,  signe  qu'il  était  mort  en  combattant.  (Ihmriconrt,  I,  ;  p.  32, 
312;  II,  p.  229.) 

(*)  Jean  de  Barbcnçon.  (Berlière,  Monastieon,  t.  I,  p.  535.)  30 

(s)  Jean,  seigneur  de  Marnai.  Voir  ci-dessus,  p.  167,  n.  I. 

(*)  Jean  de  Pas  de  Wonck,  mort  avant  1567.  (Cartulairc  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  446.) 

(5)  Itigault  le  Bosti.  Voir  ci-dessus,  p.  166,  n.  2. 

(*)  Ogcr  de  Fexhe,  chevalier,  vivait  en  1348.  (Hemricourt,  t.  I,  p.  6B  et  t.  Il,  p  202.) 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  175 

apartenoit  à   siegueur  Lowys  d'Agimont  (1).    Adonc   abatirent   Licgoys   le 
cbasteao. 

En  ce  temps  pendant,  les  coureurs  du  Liège  allirent  aval  la  contée  de  Looz, 
mais  siegneur  Henry  de  Guttehoven  (2)  "  sénescal  du  ladite  contée,  les  courut 
5  sus  et  y  fut  occis. 

Dont  pour  le  moien  du  l'abbé  d'Aine,  furent  triwes  mises,  voir  que  x  des 
eschevins  de  Liège  vindrent  annichileir  à  Vottemme  le  voigement  qu'ils  avoient 
paravanl  faict  sur  Liégoix  à  mollin  à  vent,  assavoir  Johan  de  Lardir  (3),  Jehan 
de  Landris  (4),  Alexandre  de  Sainct-Servais  (5),  Lowy  d'Ouffey  (6),  Henry  le  Hocsem,355. 
10  Beau  (7),  et  Arnould  de  Charneux  (s),  tous  chevaliers,  item  Collar  de  Peron  (9), 
Johan  Pollard  (10),  Hubien  Harduwiens  (J1),  Baldewin  Paniot  (12),  et  les  aultrcs 
i î ii  ny  furent  mie,  assavoir  Conrar  de  Lonchin  (13)  6,  Johan  de  Brabant  (u)  et 
Hubien  Baréz  (15)  qui  estoil  remanant  avec  Liégoix,  et  Tilman  de  Boesmelle  (16) 

«  Gultehoven  :  B.  —  Guttehoven  :  D.  —  b  Conrard  de  Lonchin  :  B,  D. 

15       (')  Aigrcraont  appartenait  à  Louis  de  Looz  ou  d'Agimont,  par  sa  femme.  (Voir  p.  152.) 

(*)  Henri  de  Guygoven.  Voir  page  précédente. 

(3)  Jean  de  Lardier.  Voir  ci-dessus,  p.  I K7,  n.  2. 

(*)  Jean  de  Landris.  Voir  ci-dessus,  p.  149,  n.  2. 

(*)  Alexandre  de  Saint-Servais,  chevalier,  échevin  en   1521-1350.  (Les  Echevins,  t.  I,  p.   169.) 
20  Hemrkourt,  I,  p.  4-69  ;  II,  p.  3C0. 

(aj  Louis  d'Ouffet,  chevalier,  échevin  en  1329-1348  (Les  Echevins,  t.  I,  p.  173),  mayeur  en  1545- 
1548  (Ibid.,  p.  591),  maître  de  la  cité  en  1357  (Les  Bourgmestres,  p.  61),  mort  en  1346  (Ibid.). 

C)  Henri  le  Beau,  chevalier,  frère  du  chroniqueur,  échevin  en  1529-1367. (Les  Echevins,  t.  I,p.  172.) 

(8)  Arnould  de  Charneux,  chevalier,  échevin  en  1548-1366,  mayeur  en  1558-1356.  (Ibid.,  pp.  195- 
25  196,  et  p.  592.)  Hemricourt,  I,  p.  514;  II,  p.  178. 

(»)  Collard  ou  Nicolas  de  Peron,  marchand  de  Huy,  échevin  en  1534-1549.  (Ibid.,  pp.  181-182.) 

(t0)  Jean  Polarde,  chevalier,  échevin  en  1342-1567,  mayeur  en  1340-1343.  (Ibid.,  pp.  191-192.) 
Hemricourt,  I,  p.  41 1  ;  H,  p.  534. 

(")  Hubin  Harduin,  échevin  en  1546-1560.  (Ibid.,  p.  196.) 
30       (")  Bauduin  Paniot,  écuyer,  échevin  en  1537-1552.  (Ibid.,  pp.  187-188.)  Hemricourt,  I,  p.  360; 
II,  p.  526. 

(,s)  Coune  de  Lontzen.  Voir  ci  dessus,  p.  162,  n.  1. 

(u)  Jean  de  Brabant.  Voir  ci-dessus,  p.  167,  n.  5. 

(,5)  Hubin  Baré.  Voir  ci-dessus,  p.  167,  n.  6. 
35       C6)  Tilman  de  Rosmel.  Voir  ci-dessus,  p.  162,  n.  b.  il  fut  tué  par  Jean  Crasscmoule.  Hemricourt, 
I,  p.  84. 


174  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

qui  avoit  esté  occis  à  ïreicl.  lit  Collai-  de  Boymont  (*)  comme  maieur  à  la 
requcste  de  Waldoureal,  inaistrc  do  Liège,  mist  en  warde  desdis  eschevins  la 
annichilation  dudit  voigement,  et  lendemain  furent  à  Liège  lesdiles  triwes  à  un 
an  proclamées  à  pcron,  et  rcvindrcnt  chascun  à  sien. 

Après,  ensuyvant  les  franchises,  fut  criez  à  peron  que  quiconques  n'avoit  esté  s 
dcsous  sa  bannière  payasl  tant  fois  quant  fois  x  marc,  et  y  eut  aulcuns  qui 
payèrent  les  x  marc  qui  avoicnt  esté  avec  l'évesque.  Dont  plusieurs  eschevins 
et  aultres  s'en  allirent  hors  pour  ce  qu'ils  disoint  que  les  triwes  continent  que 
chascun  doibt  revenir  au  sien  comme  pardevant,  et  la  cité  disoit  que  chascun 
devoit  greyer  les  franchizes,  et  les  franchizes  continent  que  quiconque  n'est  10 
desoub  sa  hanier  doibt  tant  fois  quant  fois  il  est  défallant  x  marc.  Adonc  tous 
ceulx  qui  en  allirent  on  les  bannissoit  à  pcron,  et  on  criât  que  les  n  eschevins 
Johan  de  Brabant  et  Connar  de  Lonchin  qui  n'avoint  pas  comme  les  aultres 
desdilz  le  voigement  de  Vottemme.  qu'il  les  fissent,  ou  on  les  liendroit  pour 
ennemys.  Johan  de  Brabant  le  vient  desdir,  mais  Tonnar  de  Lonchin  ny  vient  15 
point,  se  fut  tenu  pour  ennemys.  Dont  l'évesque  le  tenoit  tousiours  en  son 
hostel,  et  Liégoix  manlenoint  que  l'évesque  brisoit  les  triwes. 

En  ce  temps,  on  requist  au  chapitre  qu'il  vollist  sailleir  une  certaine  lettre 
contenanle  que  le  gros  tournois,  qui  n'esloit  que  à  vin  deniers  à  cent,  fust 
doresnavanl  à  xvm  deniers  (2),  qu'esloit  désia  saillée  du  grand  scel  de  la  cité  20 
et  de  la  ville  de  Huy,  et  le  chapitre  respondit  que  jusques  à  la  paix  faite  à 
Hocsem,  3SS.  l'évesque,  ils  ne  le  polroint  sailleir  sans  son  consent,  et  non  obstant  la  cité  le 
fist  ansy  crieir,  et  qui  feroit  le  contraire  il  iroit  à  Sainct-Jac  en  Galice  (3).  Dont 
quant  l'évesque  le  sceut.  il  les  mandat  qu'ils  avoient  brisiez  les  Iriwes.  et 
Liégoix  luy  respondirenl  que  ses  Allemans  l'avoiut  anchois  brisiez  (*),  et  qui  25 
par  enqueste  seroit  trouvé  culpable  qu'il  en  fust  corrigié. 

Et  siegneur  Arnuld  de  Frankenberge  adonc  vient  ardre  et  pilhier  à  Fléron  et 

(«)  Colard  de  Beaumont.  A  cette  date,  on  vient  de  voir  (ci-dessus,  p.  175,  n.  6)  que  le  mayeur  était 
Louis  d'Ouffet. 

(')   Voir  baron  J.  de  CnESTnET  de  Haneffe,  Numismatique  de  la  principauté  de  Liège,  p.  157.  39 

(3)  Le  20  novembre  1546,  le  Conseil  et  toute  la  communauté  de  Liège  statuent  sur  la  valeur  du 
denier.  (Paweilhars,  Université  de  Liège,  n»  482,  fol.  !)59.) 

(*)  1540,  20  novembre. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  175 

là  enlour,  et  fut  pris  Wilheaume  de  Weis  (')  et  ransonnéz  ".  Et  siegneur  Gode- 
froid  délie  Heide  travaillât b  Liégoix  grandement  avec  plusieurs  Alternants  et 
siegneur  Goswin  de  Chivre,  sy  que  les  triwes  furent  ouvertement  brisiés. 
Lors  le  duc  de  Brabant  (2)  demandât  à  Liégoix  amende  de  ce  qu'ils  avoint 

s  arse  Hamalle  et  Rouchon  '  qu'ils  maintenoit  eslre  de  son  pays.  Dont  on  en 
avoit  tenu  maintes  journées,  et  soy  présenlirent  Liégoix  mettre  sur  vi  arbitres 
depar  eulx  et  vi  depar  le  duc,  car  il  mainlenoint  avoir  ce  faict  on  se  défendant, 
et  le  duc  voloit  qu'on  luy  offrist  amende. 

Adonc  fut  traictiéz  de  paix  entre  l'évesque  et  Liégoix  tant  à  Seraing  que  à 

10  Vivengnis,  et  fut  traictié  que  tous  les  ans  on  feroit  vu  nouveaux  escbevins  de 
Liège,  pour  les  sept  plus  vieulx  (3),  mais  les  eschevins  monstrirent  à  l'évesque 
une  lettre  saillée  de  son  seel  qui  contenoit  que  les  eschevins  avoientjuréà 
l'évesque  et  l'évesque  à  eulx  que  se  l'évesque  avoit  guerre  aux  Liégoix,  que 
eulx  au  mandement  du  l'évesque  les  conviendroit  yssir  du  Liège  avec  luy 

•s  anchois  ung  mois,  et  se  l'évesque  avoit  telle  puissance  d'eulx  miner  à  Vottemme, 
et  ils  en  fussent  requis  par  le  maieur,  ils  voigeroint  Liégoix  desquels  en  feroit 
plaindre  rf,  laquelle  copie  l'évesque  envoiat  aux  Liégoix,  parquoy  dudit  traictié 
il  se  excusoit  de  non  le  povoir  faire.  Lors  Liégoix  renvoirent  par  escript  à 
l'évesque  comment  les  eschevins  alloint  contre  les  franchizes  de  la  cité,  pour  ce 

20  qu'ils  ont  demandé  à  l'évesque  telle  lettre  dont  ils  deveroint  estre  privé  par 
plusieurs  cas,  tant  à  cas  des  cens,  comme  des  monoyes,  et  de  la  lettre  du 
Saincl-Jac,  lesquelles  avoint  jurez,  mais  non  obstant  ils  firent  tellement  que 

"  William  de  Foux  et  Ranchis  furent  pris  :  B,  D.  —  b  guerroya  :  B,  D.  —  c  Herraalle  :  A.  — 
Riwechon  :  B.  —  d  ils  forjugeroient  les  Liégois  desquels  il  se  plaindroit  :  B.  —  il  se  vouldroit 
23  déplaindre  :  D. 

I1)  Guillaume  des  Prez,  dit  de  Weys.  Voir  ci-dessus,  p.  171,  n.  G. 

v»)  Jean  III,  duc  de  Brabant,  1512-1355. 

(3)  Les  échevins  seraient  donc  nommes  pour  deux  ans.  La  version  d'Hocsem,  p.  358,  est  un  peu 
différente:  t  Leodienses  episcopo  120  milia  scutatorum  dare  promiscrunt  si  scabinos  deponeret  et 
30  alios  annales  substitucret  inter  consiliarios  ville  per  dominum  eligendos.  »  Fisen,  t.  II,  p.  1H,  suit  la 
version  de  Jean  d'Outremeuse  dont  il  utilise  la  grande  chronique  :  a  Ut  scabinos  septenos  deinceps 
singulis  annis  episcopus  crearet,  nec  plus  biennio  tenerent  magistrature;  ut  episcopo  populus  nume- 
rarct  centum  viginti  millia  rcgalium  aurcorum.  »  Notre  texte  omet  celte  dernière  disposition,  mais 
il  y  lait  allusion  un  peu  plus  bas,  à  propos  des  Hutois. 


176  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

l'évesque  ne  soy  vollnt  consentir  de  tenir  ledit  traicliéz,  et  ossy  ceulx  de  Huy 
dirent  qu'ils  devoint  tant  qu'ils  ne  povoint  payer  argent  (1). 

L'an  XIII<:LXVII,  lendemain  des  cendres,  le  pays  fut  en  palais,  et  siegneur 
Wéry  de  Hersée  °  (2)  là  flst  leir  une  lettre  sailée  du  1  evesque,  contenante 
maintes  choescs  par  lesquelles  l'évesque  mainte:;oil  que  Liégoix  avoint  brisiez  5 
les  triwes,  mais  VValdoreal  réplicat  en  démonstrant  plusieurs  poincts  par  les- 
quels il  mainlenoit  depar  la  cité  que  l'évesque  avoit  ltiy  mesme  brisiez  les 
triwes,  dont  il  fut  accordé  d'allcir  vers  le  chapitre.  Lendemain,  le  xxue  jour  de 
fcbvrier,  le  pays  fut  en  chapitre  et  fut  requist  à  chapitre  qu'il  volsist  rescrire 
à  Avcngnon  pardevers  le  pape  plusieurs  déplaintes  contre  l'évesque,  mais  10 
siegneur  Engorand  de  Grandsart  (3)  dit  depar  le  chapitre  qu'il  luy  sembloit 
bon  de  envoyer  à  Treict  vers  l'évesque  pour  traictier  de  paix  et  pour  corrigier 
eeulx  qui  trouveis  seront  infraeteurs  de  triwes,  et  se  l'évesque  le  refuse,  le 
chapitre  escrirat  voluntiers  à   pape  ''.    Et  moynant  que    Liégoix  volsissent 
remettre  les  cens  comme  ils  soloint,  tout  ce  que  l'église  demandoit,  il  plaisoit  is 
bien  à  l'évesque,  et  mettre  l'entredeux  sur   vi   arbitres,  mais   Liégoix  n'en 
volrent  rien  faire,  se  remanit  ansy  la  besongne. 

Lors  l'évesque  et  le  duc  de   Brabant   s'aloirent  ensemble  contre   Liégoix, 
mais  Huyois  volrent  traictier  à  duc,  et  le  duc  ne  les  vouloit  mie  oyr.  Sur  ce 
Hocsem,  358.    l'archidiacre  '  de  Rains  (4)  voloit  depar  le  roy  de  France  traictier  du  l'entredeux  20 
susdit,  mais  le  duc  de   Brabant  le  défendit.  La  dame  de  JVamur  (5)  ossy  en 
traictiat,  mais  tout  ny  vault  rien,  en  recommenchat  la  guerre  (l. 

"  Wéry  de  Herzée  :  A.  —  Henri  de  Harzée  :  D.  —  »  et  l'évêque  fut  de  ce  content,  mais  que 
Liégois  voulsissent  :  B.  —  c  l'archevesque  :  A.  —  d  Manuscrit  Sckoohneesters  :  Hoe  die  Lyckeners 
Arckenteel  wonnen.  25 

(4)  Voir  la  note  précédente. 

(*)  Wéry  de  Clcrmont  dit  de  llarzé,  chevalier,  sire  de  llarzé,  haut  voué  de  Franchimont,  sénéchal 
de  Jean  de  Bohème  en  1544,  eité  comme  seigneur  de  Harzé  en  1343,  1355,  1358  (Cartulaire  de  Saint- 
Lambert,  t.  IV,  pp.  8,  178,  183,  277,  281,  282),  mourut  et  fut  inhumé  à  llarzé  en  1368.  (Roland,  Les 
seigneurs  et  comtes  de  liochefort,  p.  150.)  30 

(3)  Enguerran  de  Grandsart,  chanoine  de  Saint-Lambert.  Voir  ci-dessus,  p.  105,  n.  2. 

(')   11  s'agit  de  Nicolas  Canali,  archevêque  de  Ravcnnc.  Cf.  Hocsem,  p.  358. 

(s)  Le  comte  de  Namur,  d'après  Fiscn.  A  la  mort  de  Philippe  III  en  1537,  son  frère  Guillaume  I", 
quatrième  fils  de  Jean  I"  et  de  Marie  d'Artois,  obtint  le  comté  de  Namur,  étant  âgé  de  13  ans.  Il  avait 
donc  23  ans  en  1347  et  gouvernait  son  comté.  Dès  1342,  il  acheta  la  prévôté  et  le  chât:au  de  Poilvache.  35 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  177 

Le  un"  jour  de  may,  siegneur  Henard  d'Argenleal  (*)  ardil  Mirmort  et  occist 
vi  xx  personnes.  A  donc  le  siegneur  deKocourt  vient  avec  les  Hesbaignons  jusque 
desoubs  Oupey  et  corrit  sus  les  ennemys,  mais  les  ennemys  le  desconfirent  et 
cnminèrent   maints    prisonniers   en    Argenteal,  dont   Liégoix   allirent  ardre 

s  Hermalle  et  escrirent  à  l'évesque  demandant  s'il  ralifioit  ce  que  ceulx  d'Argon- 
teal  avoient  faict,  veu  que  les  triwes  n'ebtoint  encore  mie  contremandées,  et 
levcsque  rescript  que  non.  Allors  Liégoix  yssirent  hors  jusques  à  Slerstal,  car 
on  les  avoit  dit  que  ceulx  d'Argenleal  esioint  aval  le  pays,  mais  ce  fut  men- 
songne,  et  ils  retournèrent.  Un  peu  après,  ceulx  d'Argenleal  allirent  ardre  Heure 

10  et  Hermée  avec  mc  lances  ",  sy  que  ceulx  de  Liège  y  recourirent;  toultefois 
ceulx  d'Argenleal  estoint  désia  rentreis,  dont  Liégoix  mettirent  garnison  à  Oupey 
deux  hommes  b  de  chascun  meslier,  sy  que  ceulx  d'Argenleal  s'en  allirent  tenir 
à  Treicl  et  corrirent  tous  les  jours  à  l'enlour  de  Tongre.  Lors  Liégoix  allirent 
jusques  à  Moniale,  pour  ce  qu'ils  esioint  informels  que  le  duc  de  Brabanl  esloit 

's  entrez  en  force  dedens  le  pays.  Ù  esioint  Liégoix  tous  armeis  des  armes  sainct 
George,  une  blanche  colle  avec  une  rouge  croix,  mais  on  trouvât  que  c'esloit 
bourde.  Néantmoins  ile  ardirent  la  maison  siegneur  Walthier  de  Momale  (2) 
qu'esloil  avec  l'évesque.  Et  le  sénescal  de  la  contée  de  Looz  eut  adonc  convent 
par  force  aux  Liégeoix  °  de  non  laissir  passeir  les  ennemys.  Item  fut  traictié  d, 

20  mais  que  le  siegneur  d'Argenleal  soit  exclus,  que  Liégoix  amenderoint  à  duc 
x  voye  sainct-Jac.  Toultefois  le  duc  ne  voloit  aultre  choese  qu'argent.  Adonc 
les  maislres  de  Lowain  direnl  a  Waldoreal  qu'il  fist  quitter  le  sénescal  de  Looz 
son  convent  e  ou  aullrement  ils  arderoint  lira  ban  t  à  rencontre  des  Liégoix,  et 
Waldoreal  respondit  qu'ils  soy  passeroint  bien  des  Brabechons.  En  ce  temps, 

2b  ceulx  de  i.iège  saielèrenl  à  Thomas  de  Hemricourl  et  à  Thiry  Nicase  de  Ieveir 

"  avec  IIIe  lances  :  omis  A.  —  b  et  deux  hommes  ossy  :  A.  —  c  promit  aux  Liégeois  de  ne  point 
laisser  passer  :  B.  —  d  Item  fut  traictié  :  omis  A.  —  e  renoncer  sa  promesse  :  />. 

(')   «  Renard  d'Argenleau,  ly  bon  et  ly  waillians  sire  d'Argenleal  «  (IIemiucourt,  I,  p.  21  S),  seigneur 
d'Argenleau  de   1527  environ  à  IÔB8  environ.  Voir  Poswick,  Histoire  de  la  seigneurie  d'Argeiiteau 
30  pp.  21  à  50  et  B.  I.  .1.  L  ,  t.  XXIV,  p.  181. 

(2)  Walter  de  Momale,  chevalier,  cité  en  1347.  (Po.ncelet,  Maréchaux,  p.  I0U.  IIembicourt,  I,  p.  28  ; 
H,  p  597.) 

Tome  II  23 


358-359. 


178  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

une  mallclolte  sur  le  slier  de  muydz  jusqucs  à  lanl  qu'ils  aroicnt  levez  la  somme 
d'argent  qu'ils  avoient  presléz  pour  faire  siège  devant  Argenleal.  Dont  fut  jetiez 
à  Liège  inlerdiel  pour  ce  que  c'estoil  contre  la  paix  des  clercs  ('),  et  comman- 
deis  de  payer  i.xM  livres  de  hlan. 

Le  xvnc  jour  de  jung,  Liégoix  et  Huyois  allirent  assiégier  Argentcal.  En  ce  s 
temps,  siegneur  («odefroid  de  Harducmont  avoil  traielié  à  duc  de  lirabant  qu'il 
renuneeroit  az  alliances  du  févesque,  et  qu'il  feroit  amendeir  xxx  amys  du 
siegneur  d 'Argentcal  certaine  voye,  et  que  le  tournis  d'Argenteal  (2)  seroit  anni- 
cbilé  à  toujours,  et  que  Liégoix  veullent  leveir  le  siège,  et  qu'il  prendroit  Argen- 
llocsnm,       teal  pour  luy  hérilablcmcnt,  mais  le  siegneur  d'Argenleal  défendit  à  duc  ledit  10 
traielié  à  faire  °.  Lors  Colinea  le  Sein  et  Philpot  l'orfèvre  allirent  eselicrmuceir 
tellement  que  en  l'eawe  devant  Argenleal  commencbal  grande  balaillie,  et  non 
obstant  que  grands  gens  d'Allemans  et  de  Lymborch  et  de  Dolhcn  (3),  estoint 
adonc  avec  ceulx  d'Argenleal,  ils  fuyrenf,  et  y  eut  11e  morts  et  beaucop9  '' 
blessiés,  et  des  Liégoix  nuls0.  Et  départ  Liégoix  furent  faicts  nouveaux  cheva-  \:> 
liers  Bertrand  de  Liers  (4),  Henry  de  Lardier  (5)  et  Anlboine  le  lïlavier  (6), 
et  deschacirent  Liégoix  leurs  ennemys  jusques  à  Dolhen  (3),  et  quant  Huyois 
passoint  l'eawe  pour  aideir  Liégoix,  on  les  priât  de  ralleir  delà  pour  gardeir  la 
place  avec  Dionanlois.  Adonc  Liégoix  remanirent  pardelà  ''  et  firent  leur  logis 

"  avoit  escrit  au  duc  de  faire  celuy  traitié  ;  B.  —  escrit  à  eux...  :  D.  —  ''  plusieurs  :  B.  —  20 
"  et  des  Liégeois  personnes  ny  fut  tuez  :  B.  —  ''  pardeça  :  B,  D. 

(f)  Paix  dos  clercs  du  7  août  1287.  —  Le  8  mai  1347,  le  clergé  secondaire  déclare  qu'il  s'opposcro 
au  rétablissement  de  la  fermeté.  (l'awcilhnrs,  n°  23,  fol.  ICO.) 

(')  Péage  sur  la  Meuse  exigé  par  le  seigneur  d'Argentcau,  près  de  son  ciiàleau. 

(»)  Dalhem.  25 

(')  Bertrand  de  Liers,  seigneur  d'Emal,  d'Embcnne-sur-Gecr,  de  Castre  près  de  Maestricht,  de 
Ncdcrcanne,  souverain  majeur  de  135,!  à  I3B4;  maître  de  la  cité  en  1372,  1573,  1378;  éehevin 
de  1371  à  1386  ;  mort  en  1591.  (Les  Eclievins,  t.  I,  p.  226.)  Hemricoirt,  I,  p.  205;  II,  p.  289. 

(»)  Henri  de  Lardier  (HEMRICOURT,  I,  pp.  220;  11,  p.  279),  maître  de  la  cité  en  13-10  (Les  Bourg- 
mestres, p.  63).  31) 

(«)  Antoine  le  Blavier,  fils  de  l'echevin  du  même  nom  (Les  Eehevin»,  t.  I,  pp.  179-180)  est  cité 
comme  chevalier  en  1550  (Carlulairc  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  125).  Sa  sœur  Agnès  avait  épousé 
Berlhold  Baie  (IIemiiicourt,  I,  p.  465;  II,  p.  145;.  11  avait  un  frère  nommé  Henri,  chanoine  de  Saint 
Martin. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  179 

dedcns  le  bois  d'Argenleal;  mais  le  duc  les  mandat  qu'ils  ne  logassent  plus  par 
delà  sur  sa  haulteur,  et  Liégoix  n'en  firent  compte.  Et  Ysegrin  le  Pexheur  qui 
demoroit  desoub  Argenteal  tiroit  souvent  contre  Huyois,  et  Liégoix  faisoint 
sovent  lireir  tonnea  de  merde  qui  grandement  grevoit  cculx  du  chasteau.  Ce  Hocsem,  358. 
s  temps  pendant,  les  huilcurs  fossoint  fortement  desous  les  murs  du  chasteau,  et 
ceulx  du  chasteau  liroint  fort  dehors  "  et  jectoint  sur  les  hulleurs  des  chaud 
sayen  °.  Alors  le  duc  de  Jule  vient  logier  à  Hourle  (J)  pour  alleir  en  aide  de  duc 
qui  assembloit  gens  pour  désiegir  Argenteal,  et  passât  en  Hesbayc  sans  rien 
mesfaire.  Après,  par  ung  samedy,  Johan  Warnier  et  Johan  de  Chapeavilhe,  qui 

10  estoint  maistres  desdis  hulleurs,  meltirent  le  feu  en  leur  ouvraige.  sy  qu'il  tombit 
une  partie  du  chasteau,  et  Liégoix  fortement  l'assaillèrent,  et  Huyois  pareilhe- 
ment.  Adonc  VValdoreal  et  siegneur  Arnuld  de  Haultpenne  dirent  à  ceulx  du 
chasteau  qu'il  prisent  advis,  car  si  on  les  prendoit  par  force,  on  les  occiroil  sans 
ranchon.  Sy  que  iis  soy  conseillèrent,  veu  qu'ils  n'espéroint  nul  confort,  se  soy 

'3  rendirent,  voir  salve  leurs  corps,  et  furent  enminéz  prisonniers  ens  tentes  des 
Liégoix,  et  furent  nouante  et  deux  prisonniers,  desquels  estient  les  princi- 
paulx  :  le  siegneur  Henir  d'Awclhonriwe,  les  m  fis  de  Frai  pont,  Stazins  Drugien, 
Johan  d'Asse,  Walthier  de  Waine,  Llric  vowéz  de  Mortir0,  Renar  Spreide, 
Renard  Coie,  Zise  de  Chetengnée  et  son  fils,  Marteau  de  Bombais,  et  Ysegrin 

20  le  pescheur  se  sauva  en  nayant  '.  Adonc  fut  pillié  et  abatue  Argenteal. 

En  ce  temps,  sont  venue  novelle  aux  Liégoix  que  le  duc  de  Brabant  et  le 
duc  de  Gelre  (2)  à  grande  noblesse  estoint  à  Hanut,  et  l'évesque  Engelbert  et 
son  frère,  et  son  oncle  de  Wezmalle  (3)  à  grands  gens  estoint  à  Tourinne  (4). 
Et  le  xvne  jour  de  julle.  yssirent  hors  Liégoix  et  en  allircnt  devers  Tourinne  % 

25  pour  ce  qu'ils  avoint  peur  que  les  ennemys  ne  corrissenl  susMa  garnison  de 


0  et  se  défendoient  vaillamment  :  B.  —  b  de  la  chaux  vive  :  B,  D.  —  feu  aident  :  C.  —  «  Wauthier 
de  Wayrae,  VVéris  voweis  de  Mortier  :  B,  D.  —  d  —  Ysegrin  najat  :  A.  —  e  Lattinne  :  A. 

(»)  Hoesselt. 

(s)  Renaud,  duc  de  Gueldre. 
30       (3)  Voir  ci-dessus,  p.  161. 

(»)  Ici  commence  !c  rcc;t  de  Radulpbc  de  Rivo. 


180  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Ilesbaye  qu'estoit  à  Laltinne,  lesquels  Johan  Magoulz  le  Hardy  ('),  et  le  voweis 
de  Horion  (2),  siegneur  Walthier  de  Haultpenne  "  conduisoint  (3),  et  Hustin 
doyen  (4)  porloil  le  standart,  et  furent  à  tierce  jour  près  des  ennemys.  Ht  lcnde- 
Rad.,  chap.  I,  i.  main  ''  volât  ung  colombe  entour  le  standart,  qui  plaisit  moult  aux  Liégoix. 
Mais  ou  ne  les  conseillât  mie  d'yssir  hors  de  leur  lieu,  non  obstanl  que  plusieurs  s 
des  gens  des  ennemys  se  pennoient  de  escharmucicr  pour  faire  '  hors  yssir 
Liégoix,  Kuyois,  Dionantois  et  ''  Tuwins.  Et  dirent  plusieurs  se  Liégoix  eussent 
corrut  les  ennemys  qu'ils  eussent  adonc  gaigné  la  batailhc,  c;ir  siegneur  Walthier 
de  Hautengny,  ung  vieulx  chevalier  d'armes,  disl  que  hier  Eeirt  de  llollan- 
dane  c  (5)  deseonseillat  aux  siegneurs  qu'ils  ne  corrissent  sus  en  tel  estât  io 
Liégoix,  car  Liégoix  gaigneroint.  Allors  les  siegneurs  Liégoix  soy  retirèrent 
ung  pilit,  et  Johan  Mangoullcz  voloit  alleir  courir  sus,  mais  les  maistres  de 
Liège  soy  doubtoint  que  leurs  gens  ne  fussent  trop  tranchy/,  qu'ils  avoient  esteis 
tousiours  sus  les  piedz.  Dont  à  la  vesprée  siegneur  itadus  de  Colonster  (°) 
vallant  chevalier  qu'estoit  des  Preis,  de  Bierses,  el  d'Isle,  traicliat  moull  de  paix,  is 
mais  ce  fut  pour  néants,  car  Renard  d'Argentcal  la  destournat.  Adonc  le  siegneur 
de  Uamal,  mariscal  de  l'évesque,  et  llenard  d'Argenleal  pt  nsoint  ce  temps 
pendant  alleir  gaigner  8aincl-Trond  mais  ung  jeusne  compangnon  les  veit,  se 

«  Johan  Magouly  le  Hardy,  le  voueis  de  Horion  et  siegneur  Walthier  de  Haultpenne  :  A.  — 
b  pour  un  vendredi  :  ajoutent  II,  D.  —  c  pour  escharmucier  de  faire  :  A.  —  et  rendoieni  paine  par  de  20 
petites  escarmouches  de  faire  sortir  :  B,  D.  —  escarmouclier  pour  les  attirer  :  C.  —  d  et  ceulx  de 
a  taillerie  de  Tuwin  :  B  —  c  dist...  llollandane  :  omis  B,  D.  —  '  trop  travailliez  :  B. 

(')  Un  personnage  du  nom  de  Jean  Magon  est  cité  en  1550  comme  échevin  de  Fragnéc.  (Cartuluiie 
de  Val- Benoît,  pp.  397,  405.)  Jehan  Hardi  jadit  le  mangon  d'Isle  est  cité  en  15i4.  (Cartulaire  de 
Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  27.)  25 

(*)  Radulphc  de  Uivo  désigne  erronément  l'avoué  de  Horion  du  nom  de  Waltcr  (de  Haultpenne). 

(3)  D'après  Fiscn,  les  troupes  liégeoises  étaient  conduites  par  le  mambour  Barthélémy  d'Ocquier. 

(*)  Hustin  de  Borston  d'après  Itadulphc  de  Uivo  et  Fiscn.  Ce  n'était  pas  le  doyen.  Hocscm,  p.  561, 
note  qu'au   lieu   de   faire  prendre  l'étendart  par  le  doyen  de  Saint-Lambert  pour  le  remettre  en 
mains  de  l'avoué  de   Hesbaie,  le  peuple  liégeois  s'en  empara  sacrilègement  pour  combattre  contre  30 
l'évéque. 

(=)   «  Hollandus  quidam  eques  t  (Fiscn). 

(«j  Itadjux  des  Prcz  de  Colonster,  le  jeune,  maître  de  la  cité  en  1547.  (Heheicourt,  I,  p.  255; 
II,  p.  538) 


CHRONIQUE  ABREGEE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  181 

s'en  chevalelial  le  nuncier  à  Sainct-îïond.  Et  quant  se  vient  à  la  vesprée, 
Liégoix  en  allirenl  vers  leurs  logis  à  Walevc  et  Latinne,  Muyois  vers  Ayneffc, 
Dionanlois  et  Tuwicns  ausy,  cl  Liégoix  euidoint  que  leurs  ennemys  fussent 
fuys.  Lors  l'évcsque  cl  ses  gens  veinrent  prendre  la  place,  aux  Liégoix,  où  ils 

5  avoint  esteis  vin  jours,  el  Liégoix  firent  grande  folie  de  la  lessier  ".  Toutlefois 
le  duc  estoità  Trongnéc.  qui  venoit  en  ayde  du  l'évcsque  avec  le  duc  de  (ïclre, 
son  frère  de  la  Marche,  de  Cleyve,  Namur,  Agymont,  Hoehefort,  Argenteal, 
Wezmalle,  Hamale.  Et  par  le  conseil  siegneur  Walthicr  de  Haultcngnis,  allât 
siegneur  Renard  de  Skonvoursl  (*)  dit  Malxhureit,  qu'esloil  mariscal  des  oesls 

10  des  Siegiicurs,  et  fist  tant  par  nuict  qu'il  secut  le  cris  des  Liégoix  et  droict  à  la 
journée  *  il  courit  sus  Liégoix  aux  logis  cl  y  boullirent  le  feu  à  inc  armeis,  sy 
que  adonc  Liégoix  tous  défrotteis,  désarmeis  et  endormis,  volrenl  corrir  après 
culx.  Dont  l'évesque  vient  avec  ses  gens  el  corrirent  sus  Liégoix  cl  bricfment 
Liégoix  furent  occis,  sy  xx,  sy  cent,  sy  qu'ils  furent  Ions  desconfis  '.  Et  ce  tuf 

15  l'an  XlllcÂLVII,  le  xxic  jour  de  julie  rf,  et  y  furent  morts  des  Liégoix  vm°, 
des  lîuyois  vin0,  de  Dionant,  Fosse,  Covins  e  ixc  ou  environ,  voir  sans  les 
prisonniers  '.  Après  cela  deux  presclieurs  rapporlirent  à  Saincl-Lambcrl  le 
slandarl,  car  il  les  fut  chargy  par  celuy  qui  l'avoit  gaigny  en  la  batailhe. 

Lors  quant  le  duc  Johan  de  Crabanl  veil  que  par  la  deseonfiture  des  Liégoix 

20  la   puissance  du  l'évesque  fut  plus  pitiltc,  il  allât  ardre   Waleve,  Mcffe  et 

Waremme,  et  fisl  faire  des  portes  de  Warcmme  les  portes  de  Landre  (2).  Depuis    Hoesem,  3j9. 

le  duc  allât  devant  Sainct-Trond.  et  la  ville  se  rendit  à  duc  par  le  conseil  d'ung    G.  abb.  Trud. 

II,  298. 

°  car  ils  faisoint  le  semblant  de  la  lessier  :  A.  —  mais  ils  furent  trompez,  car  estans  partis,  l'évesque 
et  ses  gens  prirent  leur  place,  et  les  Liégois  lirent  grande  folie  de  l'abandonner  :  B.  —  et  l'évesque 

25  avec  ses  gens  vindrent  prendre  la  place  où  Liégois  avoient  estez,  et  firent  Liégois  grande  folie  de  le 
laisser  et  d'eulx  à  séparer  :  B1,  B2  el  D.  —  Adonc  l'évesque  et  ses  gens  vindrent  prendre  la  place  où 
les  Liégois  estoient  le  jour  de  devant  et  en  firent  les  Liégois  grande  follie  d'abandonner  leur  fort 
lieu  :  C.  —  b  sur  le  matin  :  B.  —  c  et  i  eut  environ  quattre  milles  tueis,  comme  plus  amplement 
trouvereis  en  la  grande  cronicque  :  ajoute  D.  —  et  furent  à  dernier  desconfits,  comme  plus  plainement 
troverez  en  la  cronicq  :  B1.  —  d  par  un  samedi  :  ajoute  B.  —  e  Fosse,  Tuin  :  B.  —  /  et  y  furent...  : 

30  omis  B. 

(l)  Renard  de  Schonau  ou  de  Schoonrorst.  Cf.  de  Bokman,  Hcmricourl,  I,  p.  70;  II,  p.  562.  Il  était 
le  frère  de  l'abbé  de  Sainl-Trond.  (Gesta,  II,  291,  et  Lefort,  2e  partie,  vol.  XXVI,  fol.  229.) 
(*;  Landen. 


182  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

prcstrc  (')  qui  puys  fut  enfoys  tout  vilT  ",  et  ardit  le  duc  plusieurs  maisons  aval 
la  Hesbaye,  el  requist  ceulx  de  Tungrc  qu'ils  soy  rendissent  à  luy.  mais  ils  ne  le 
voiront  aulcunemcnl  oyr.  Adonc  l'évesque  rescript  à  duc  qu'il  estoit  faulx  et 
Iraislre,  pour  ce  qu'il  avoil  sailléz  de  point  greveir  son  pays;  néanlmoins  le  duc 
n'en  fist  compte,  ains  destroict  avant  le  pays,  Dont  l'évesque  envoyai  à  Liège  s 
requérir  qu'ils  venissenl  à  obéissance  à  luy,  et  il  prendrait  raison  '',  car  il  ne 
voloit  mie  laissir  ansy  faire  le  duc,  sy  que  Liégoix  envoyèrent  vi  bourgeois 
traiclier  à  l'évesque.  El  le  xxviu0  jour  de  julle,  vu  jours  après  ladite  balailhc  de 
Hocscra,  360.  "i  hourinne,  fut  la  paix  faietc  à  l'évesque  (*),  parmi  c  el  l  mille  florins,  dont  on 
Rad.,  2,  c-:>.  mjsj  assjczc  p0Lir  ce  Jeveir  sur  bleidz,  vin  cl  seil,  qu'on  nommât  l'oeillc  de  io 
mollin  (3).  laquelle  durât  xvu  ans.  Adonc  les  bonnes  villes  de  lirabant  traiclirenl 
entre  l'évesque  el  le  duc,  et  furenl  adonc  faites  alliances  entre  l'évesque  et  son 
pays,  et  le  duc  et  son  pays,  et  fut  faite  bonne  paix  (4). 

Lan  X1ÏÏCXLVIH,  le  dernier  jour  de  marce,  ceulx  de  Saincl-Trond  vindrent 
à  obéissance  et  prièrent  mercy  à  l'évesque  de  ce  qu'ils  avoinl  ledit  prestre  qui  15 
les  avoil  conseillez  du  rendre  à  duc,  occis  et  enfoys,  et  l'évesque  les  par- 
donna (5). 

Le  xvme  jour  de  jung,  le  chapitre  du  Liège  revient  à  Liège  qu'avoil  esté  ung 
an  et  xxui  jours  à  Namur.  En  ce  temps,  siegneur  Raeze  de  Landris,  chanoine 
de  Liège  (6),  prisl  le  siegneur  de  Floyon  (7)  et  plusieurs  aullrcs  qu'esloint  venus  20 
courir  en  son  office  de  Boilhon.  En  augusl  après,  le  siegneur  de  Hommines  (8) 

a  tout  viff  :  omis  A.  —  b  escouleroit  toutes  raisons  :  B,  D. 

(')  Jean  Pctcrs  de  Mcrvile  (Fiscn). 

(*;  Paix  de  Waroux.  (Recueil  des  Ord.,  t.  I.  pp.  279  282.) 

(')  Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  pp.  215-224.  25 

(«)  /Aid.,  t.  IV,  p.  70. 

(8)  Cf.  Stkayen,  Inventaire  des  archives  de  Saint- Trond,  t.  I,  pp.  52  à  38. 

(o)  llaes  de  Landris,  fils  de  Jean,  seigneur  de  Landris,  qui  avait  été  maréchal  des  troupes  de 
l'évêchc  de  Liège  en  1315,  gouverneur  de  Bouillon  l'année  suivante.  Haes  mourut  le  17  juillet  1360. 
(De  Tueux,  t.  Il,  p.  73.)  Hemiucoirt,  1,  p.  41  ;  II,  p.  276.  50 

(')  Gilles  de  Berlaymont,  seigneur  de  Péruwelz,  de  Floyon  et  de  Chaumont. 

(8)  Amould  de  Ilummcn,  fils  de  Guillaume  de  Montferrant  d'Oreye,  dit  de  lîummen,  et  de  Jeanne 
de  Looz.  (Hemiucoirt,  I.  p.  52G;  II,  p.  520.) 


CHRONIQUE  ABREGEE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  183 

esloit  lieutenant  du  lcvesquc,  car  l'évesque  csloit  allé  à  service  de  duc  de 
Mont  ". 

L'an  XIII'XLIX,  fut  le  roy  Charle  (d),  fis  à  roy  Johan  de  Bohème,  coroneis  Rad.,chap  il, 5, 
à  Ayeze,  et  sa  femme,  lîlle  Lowy  de  Bealwir,  qui  fut  jailit  roy  d'Allemangne, 
5  qui  morut  l'an  XIII'XLVII.   Et  le  roy  Johan  de  Bohème,  père  jadil  à  roy 
Cbarle  susdit,  morut  à  la  balailhe  à  Cresy  avec  François  contre  Englois  (2),  le 
xxxe  jour  après  la  batailhc  de  Vottcmme  dcvantdite  b  ;3).  En  ce  mesme  an    J.  de  w.,  342. 
XIIICXL1X,  fut  générale  mortalité  de  la  bouche  et  épidimie  c.  Allors  vindrent  Rad-.chaP!11.*- 
devers  Aquilone  v  hommes  qui  portoinl  confanon  et  chantoint  chanson  en 

io  priant  que  Dieu  volsist  faire  eesseir  la  mortalité,  mais  depuis- il  accroisircnt  et 
furent  bien  uc  à  Liège  environ  de  xxxu  d  jours.  A  ce  temps,  pour  ce  que  famé 
portoit  que  les  Juifz  avoint  punis  "  les  fontaines,  dont  celle  épidimie  venoit,  on 
les  ardit  en  plusieurs  lieux. 

L'an  XII1CL,  après  le  trespas  Philippe  roy  de  France  (4),  fut  son  fis  Johan  (5)   Rad.,  ehap.lll, 

îs  coronneis  à  Rains  '.  L'an  XIIÏCLI,  LU.  LUI,  ne  LIIII,  ne  fut  rien  faict  de 
memoir  °.  L'an  XIIIe  et  LV  en  may,  le  roy  Charle  allât  vers  Mclan  et  à 
Rome,  et  fut  coronné  empereur  en  paix.  En  décembre  après,  le  duc  Johan  de 
Brabant  (6)  morut,  qui  avoit  trois  filles.  La  premir  eut  Guilhcaume  de  Henau 
qui  morut  en  Frise  (7),  laquelle  ou  nommoit  Jehenne.  Après  le  duc  de  Win- 


20  «  l'an  1348,  trespassat  Joh.  Hoxsen,  escolastre  de  Sainct-Lambert,  le  18  d'octobre,  cronicqueur  de 
Liège  :  note  marginale  de  HK  —  6  et  sa  femme...  devant  dite  :  omis  B  sauf  B'.  —  c  empidimic  fort 
cruelle,  car  nulz  ne  s'en  couchoit  qu'il  n'en  morist  :  B.  —  <*  xxx  jours  :  B.  —  c  empoisonné  :  B,  D.  — 
t  l'an  1350,  le  24»  de  marce,  lettre  de  la  foire  instituée  :  note  marginale  de  C.  —  »  L'an  XuT'L...  de 
mémoir  :  omis  Bsauf  B1.  —Item  l'an  LI,  LU,  LUI,  ne  fut  riens  trovés  en  la  cronicque  qui  venist  à 

25  propose  de  nostre  matière  de  Liège  :  BK  —  1333,  fut  mise  la  première  piere  de  la  halle  de  Brucelle  : 
note  morginale  de  Bi. 


(4)  Charles  IV,  empereur  d'Allemagne,  1547-1578. 

(*)  IIocsem,  p.  545.  —  Jean  de  Warnant  dans  chronique  de  140:!,  p.  558. 
(»)  La  bataille  de  Vottcm  eut  lieu  le  19  juillet,  la  bataille  de  Crccy  le  20  août  1 540. 
30       (4)  Philippe  VI,  roi  de  France,  1528-lobO. 
(8)  Jean  II,  roi  de  France,  1550-1504. 
Ie)  Jean  III,  duc  de  Bmbant,  1512-1555. 
(T)  Guillaume  II,  comte  de  Hainaut  en  1557,  mort  en  Frise  le  27  septembre  1345. 


184  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

cclin  de  Lucemborcl)  (1),  fis  à  roy  Johan  de  Bohème  susdit  do  la  fille  du  duc 
de  Borbon,  el  fut  frère  à  desurdit  empereur  Charlc  (8),  espouzat  ladite  Jchenne, 
ainec  fille  Johan  jadit  due  de  Brabant.  Et  le  conte  Lowys  de  Flandre  (3) 
espouzat  la  secunde  fille  (4)  Joban  de  Rrabanl.  Et  le  duc  Renard  de  (îelre 
espouzat  la  treizième  fille  dudil  Johan  due  de  Brabant,  que  on  nommoit  s 
.Marie.  Après  la  mort  dudil  Renard,  son  frère  Lduard  fut  duc  de  (îelre  °  (5). 
Rad.,  ciiap.  iv.  L'an  XIIlcLVI,  commenchat  l'cnlredeux  entre  le  duc  Wincclin  et  le  eonlc 
de  Flandre,  car  le  pays  de  Brabant  avoit  recheupt  comme  maris  du  l'ainée  fille 
le  due  Wincclin,  et  voloit  donner  b  pour  sa  parle  à  conlc  de  Flandre  somme 
d'argent,  mais  le  eonle  dist  qu'il  ne  voloit  mie  vendre  son  hérilaige,  cl  requisl  10 
qu'il  rcust  Malincs,  qu'il  avoit  bien  aehapté  à  chapitre  de  Liège,  et  pour  ce  qu'il 
avoit  la  fille  du  duc  Johan  de  Rrabanl,  se  Iuy  avoit  il  laissy  tenir  sa  vie,  dont 
grande  guerre  nasquil  entre  Flandre  et  Brabant c. 

L'an  XIII*  LV1  d,  le  xue  jour  de  marec  (6),  le  conte  de  Namur  et  le  eancellicr 
du  conte  de  Flandre  Lowys  requirent  à  l'évesquc  cl  à  chapitre  de  Liège  qu'ils  is 
qu'ils  mellissent  journée  où  le  conte  Lowys  de  Flandre  viendroit  rcleveir  la 
ville  de  Malincs  par  la  succession  de  son  père  le  conlc  Lowys  de  Flandre  (7), 
qui  morut  à  la  balailhe  Cressy  susdite,  et  il  luy   fut  mis  journée  à  xxxe  de 


°  La  promirent...  duc  de  Gelre  :  omis  B  sauf  fi1.  —  ''  pour  faire  paix  :  ajoutent  B,  D.  —  c  Item  al 
blance  tache  en  Poitou,  le  xvme  jour  de  septembre,  furent  pris  le  roy  Jclian  de  France,  le  duc  Phillippe  20 
le  hardis  et  plussieurs  aullres  princes  de  France  par  Richars  roy  d'Engleterre  :  ajoutent  fi1  et  D  d'après 
Chronicque de  France.  —  d  l'an  XIII'LVII  :  B. 

(*)  Wcnceslas,  fils  de  Jean  l'Aveugle  et  de,  Bcalrix  de  Bourbon,  duc  de  Drabant,  1 356-1 583. 

(SJ   Charles  IV  élait  fils  de  Jean  l'Aveugle  cl  de  sa  première  femme  Elisabeth  de  Bohème. 

(»)  Louis  de  Maie,  134(>  1384.  o3 

(*)  .Marguerite  de  Brabant. 

(*)  En  1501,  Renaud  III,  duc  de  Gucldre  fut  fait  prisonnier  par  son  frère  Edouard  qui  régna 
de  1 30 1  à  1371.  Après  la  mort  d'Edouard  en  1571,  Renaud  fut  rétabli,  mais  il  mourut  trois  mois 
après,  le  4  décembre  1571. 

(°J  Le  22  mars  1556,  le  comte  de  Flandre  donne  procuration  à  Olivier  de  Poekcs  et  à  Sohier  50 
de  le  Bekc,  chancelier,  pour  aller  à  Liège  faire  reconnaître  ses  droits  sur  Malincs.  (J.-F.  Willkms, 
Urubantsche  Ycestcn,  t.  il,  p.  <i7b\) 

C)  Louis  de  Nevers,  1522-134(5. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  185 

marcc  a  auquel  jour  le  dit  conle  vint  au  chapitre  de  Liège  en  propre  personne 
et  il  y  releva  Malines  de  l'évesque  et  chapitre  avec  Grandmont  et  Bornehem 
avec  leurs  appendices  (J)  non  obslant  que  le  duc  Wincelin  pardevanl  l'avoit 
volul  releveir  '.  lit  quant  le  conte  de  Flandre  eut  relevez,  il  s'en  allai  par  devers 

s  Malines,  où  le  duc  de  Brabanl  esloil,  dont  furent  l'ung  cl  l'autre  conslraint  de 
guerroier  fortement.  Lors  le  conte  Flandre  avec  ses  Flamens  vient  à  Bruxelles, 
mais  le  duc  de  Brabanl,  et  le  duc  de  Moni  (2),  el  le  conle  de  Looz  (3)  courirenl 
sus  Flamens,  lesquels  furent  constraind  par  Flamens  de  s'enfuyr  jusques  à 
l.ovain.  Adonc  les  Flamens  assaillèrenl  Bruxelles,  cl  Bruxelles  soy  rendit  au 

to  conle  de  Flandre  à  mercy.el  luy  firent  féaullé  e.  Après  ce,  ceulx  de  Lovain  firent 
le  duc  ^Yincelin  descendre  de  Katbcrgc'',  se  s'en  allât  corrouchc  à  Landre.  car 
oncq  pays  ne  fut  sy  lost  desconfist  comme  Brabant  fui,  el  la  dueessc  s'en  allai 
vers  Binches  en  Hcnau,  son  doyare.  Allors  lévcsquc  de  Liège,  ensuyvant  les 
alliances  qu'il  avoil  au  conte  de  Flandre  (4),  envoyât  deffier  le  duc  Wincelin,   Rad.,  chap.  iv, 

15  et  ceulx  de  Lovain  soy  rendirent  au  conte  de  Flandre  parcilhemcnt  comme 
ceulx  de  Bruxelles  '.  El  bien  peu  de  temps  après  ',  siegneur  Lambert  d'Ouppey, 
qu'estoit  mariseal  du  lévcsquc  (5).  siegneur  Jehan  de  Sainct-Marlin  (6),  et 
siegneur  Jacmar  Chabot  (7),  avec  beaucops  de  gensdarmes,  en  allirenl  devant 


a  au  i3e  d'avril  :  les  manuscrits  B,  à  l'exception  de  B1  qui  toutefois  donne  aussi  cette  date  dans 

20  une  note  marginale.  Celle-ci  est  confirmée  par  le  document  signalé  à  la  »"te  I    —  *  il  luy  fut  mis 

journée  à  xxxe jour  de  marce,  comme  il  fis!,  nonobstant  que  le  duc  Wincelin  l'avoit  volut  releveir  : 

A  et  B1.  —  c  loyaultez  tt  féaul)és  :  B.  —  d  Cauberg  :  D.  —  '  mais  le  duc  de  Brabant. . .  :  omis  B. 

—  /  le  dimanche  après  :  B  et  D. 

(*J  Cartulaire  de  Saint  Lambert,  t.  IV,  pp.  226-256. 
25       (S;  Gérard,  comte  de  Bcrg,  fus  aine  de  Guillaume  V,  duc  de  Juliers,  époux  de  Marguerite  de  Bcrg, 
héritière  de  ce  comté,  mort  en  lôCO. 

(*)  Thierry  de  Ilcinsbcrg. 

(*;  Traité  d'alliance,  17  août  1350   (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  pp.  245-246.; 

(»)  Lambert  d'Oupeye,  chevalier.  Voir  Les  Eehevitu,  t.  I,  pp.  220-221.  —  Poncelet,  Les  Maréchaux 
30  d'année  de  l'évêché  de  Liège,  B.  1.  A.  /,.,  t.  XXXII,  pp.  258  à  245. 

(8)  Jean  de  Saint  Martin,  chevalier,  cité  en   1572  [Cartulaire  de  Saint  Lambert,  t.  IV,  p.  495),  et 
en  1582  (Ibid.,  p.  428). 

(')  Jacques  Chabot,  bailli  de  Hesbaic.  Voir  Les  Echevins,  p.  198. 

Tome  IL  M 


186  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Landre.  et  là  furent  maints  Brabechons  occis  et  pris,  et  le  duc  s'enfuit  et  en  allât 
vers  l'empereur  Gharle  son  frère  pour  avoir  assistance,  et  adonc  Liégoix  ardirent 
Landre  et  refirent  des  piers  les  portes  de  Waremme  (').  En  ce  temps,  tous  les 
estais  do  Brabanl  firent  fidélité  à  conte  de  Flandre  el  luy  donnirenl  lettres 
sailées  de  le  tenir  siegneur,  excepté  le  Bois  le  duc.  Allors  le  conte  de  Flandre  s 
allai  à  Paris  pour  complainde"  le  duc  de  Normandie  (2)  pour  ce  que  le  roy  son 
père  estoit  en  Englelerre  en  prison  (3).  Ce  temps  pendant,  le  duc  Wincelin 
qu'estoit  revenus  à  Dist,  fist  tant  à  ses  amys  en  Brabanl,  qui  por  le  doulle  '' 
de  l'empereur  son  frère  qui  s'appareilboit  de  venir  en  Brabanl,  soy  rendirent 
à  duc  l'ung  après  l'autre,  car  le  duc  Wincelin  (ist  paix  aux  Liégoix,  par  10 
couvent  tel  que  l'évesque  joysseroil  entirement  de  sa  juridiction  en 
Brabant  (4).  Dont  le  duc  de  Gelre  (5),  de  Mons,  et  le  conle  de  Looz  allirent  en 
aide  de  duc  Wincelin  avec  xuc  lances,  et  premir  devant  Lovain  qui  soy  rendit 
sans  défense,  cl  ausy  le  remanant  du  pays  c.  Et  non  obslant  cela,  l'évesque  qui 
soy  excusât  à  conte  de  Flandre  de  ce  que  son  pays  a  voit  faict  paix,  veu  les  is 
alliances  qu'il  avoil  à  luy,  néantmoins  l'évesque  envoyât  siegneur  Lambert 
d'Oupey  pour  gardeir  la  contée  de  Namur  encontre  Brabccbons  et  desconfirent 
plusieurs  Brabccbons  devant  Boncffe.  En  ce  temps,  l'empereur  Cbarle, 
frère  à  duc  Wincelin,  vient  premir  à  Mets  en  Loraine,  et  après  à  Treicl, 
et  voloit  traiclier  pour  son  frère,  mais  il  s'en  rallat  sans  riens  faire.  Après  90 
«ad.,  chap.  iv,  Brabccbons  eurent  convenl  à  conle  (Juilbeaume  de  Ilenau  (,;)  fils  jadis  de 

8,  A-Il. 

"  comprendre  :  B,  D.  —  *  que  pour  la  crainle  :  B,  D.  —  c  et  après  les  autres  villes  de 
Brabant  :  B. 

(')  Voir  p.  181. 

(')  Charles,  duc  de  Normandie,  plus  tard  roi  de  France  sous  le  nom  de  Charles  V,  1561-1380.  25 

r3)  Jean  II,  fait  prisonnier  par  les  Anglais  à  la  bataille  de  Poitiers,  le  19  septembre  1556. 

(*)  Le  14  octobre  1550,  les  villes  de  Brabanl  reconnaissent  la  juridiction  de  l'officia!  et  des  archi- 
diacres sur  la  partie  du  Brabant  comprise  dans  le  diocèse  de  Liège.  {Cartulairc  de  Saint- Lambert, 
t.  IV,  pp.  iil'J-'iS'J.)  Le  18  novembre,  Wcnceslas  autorise  la  ville  de  Bruxelles  à  signer  le  même  traité. 
(Wiliems,  Brahanltche  Yeesten,  Codex  diplomaticus,  t.  II,  p.  ($21.)  30 

(*)  Bcnaud  III. 

(*,  Guillaume  111,  comte  de  Hollande  et  de  Ilainaul  ( l "49- 1580),  reçut  de  sa  mère  cession  de  ses 
Etats  en  1319. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  187 

Lowys  de  Bavière  empereur  et  de  la  fille  de  Willem  comte  de  Hainaut  a  (*), 
qui  morut  en  Frise,  qu'il  aroil  Hosden,  et  qu'il  voulsist  traictier  de  paix, 
comme  il  (ist,  et  fut  sa  sentence  que  Malines  rcmaneroit  à  conle  l.owys  de 
Flandre,  et  avec  ce  Grandmont  et  Bornehen,  et  se  aroit  pour  la  parchon  sa 

a  femme  xM  escus  de  renie  sur  la  ville  et  maicrie  d'Anvers,  et  que  après  la 
ducesse  Johannc.  espeuze  à  duc  Wincelin,  ledit  conte  aurat  luy  et  ses  lioirs 
la  ducée  de  Brabant b  (2). 

L'an  XIIICLVIII.  le  premir  jour  de  janvier,   fut  la  loi  novelle  (3)   et  la 
lettre  d'icelle  sailée  et  mise  en  warde  des  eschevins  de  Liège  (4)  c.  En  ce 

10  temps,  Johan  de  Jupillc  (5)  fit  bâtir  de  nouveau  d  de  sa  maison  en 
Neufvice  l'église  Saincte-Catherine  e.  L'an  XIIICLIX,  allirent  plusieurs  com- 
paignies  '  qu'avoient  esteis  en  guerre  de  France  cl  dEngleterre  desrobeir 
et  pillier  tout  aval  le  pays,  tant  qu'il  en  vient  vnc  à  chevaulx,  et  environ 
de  vuic  à  pied  en  la  baillerie  de  Tuwin,  mais  Joban  de  Lovain,  baillier  de 

15  Tuwin  (6),  avec  les  gens  de  sa  baillerie,  les  corrirent  sus,  et  en  occirent  nic  à 


"  Guilheaurae  de  Henau  qui  eirt  fis  à  l'empereur  Lowys  de  Bealwir  :  A.  —  6  L'an  1357,  les 
Chartreux  ont  commencé  à  demeurer  dans  le  lieu  que  les  Prémonstréz  avoient  possédez  sur  le 
mont  de  Cornillon  :  addition  du  manuscrit  Univ.  de  Liège  629.  —  c  L'an  mesme,  le  douzième 
de  décembre,  fut  faicte  la  paix  de  Waroux  qu'on  dist  la  loy  nouvelle  :  D  et  note  marginale  de  Ii{.  — 

20  *  fundat  :  A  et  B.  {La  leçon  ci-d.'ssvs  tirée  du  manuscrit  Univ.  de  Liège  629  est  plus  exacte,  car  Sainte- 
Catherine  existait  déjà  en  ISIS  :  Chartes  de  Saint-Pierre,  p.  59  ;  Leodium,  1908,  p.  f'0.)  —  e  Du  temps 
de  cette  évoque,  l'esglise  de  Sainte-Baibine  au  mont  de  Sainte  -Walburge  étoit  fort  fréquentée  des 
pèlerins  et  fut  largement  dotée.  L'an  mesme,  la  chapelle  de  Saint-Jean  et  de  Sainte-Catherine  en  la 
grande  boucherie  fut  fondée  et  administrée  par  les  boucliers  :  addition  du  manuscrit  de  Liège  629. 

Î5  —  '  compaignons  :  A. 

(*)  Marguerite  de  Hainaut  qui  régna  de  1545  à  1349. 

(*)  4  juin  1357.  (Willkms,  t.  11,  p.  543.) 

(*)  En  exécution  de  la  paix  de  Waroux. 

(*)  Recueil  des  Ord.,  t.  Il,  p.  i. 
30       (5)  Jean  de  Jupillc.  Son  testament,  du  28  niai  1359,  se  trouve  au  stock  n°  1  de  la  paroisse  Sainle- 
Catherine,  aux  archives  de  l'église  Saint-Denis  à  Liège.  Sur  la  fondation  de  Sainte-Catherine  par  Jean 
de  Jupille,  voir  Gobeiit,  Liège  à  travers  les  âyes,  t.  IV,  pp.  299-50'2. 

(6)  Jean  de  Louvain,  bailli  de  Thuin,  cité  en  1358  et  1560.  {Cartulairc  des  comtes  de  Hainaut,  t.  I, 
pp.  555,  585.) 


1RS  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

clicvaulx,  inf  à   pied,   et  11e  prisonniers,  cl  le  baillier  perdit  xl  liommes  ". 
Rad.,  chap.  iv,       L'an  XIII'LX,  en  may.  l'abbé  do  Clungny  Iraicliat  tant  que  la  paix  fut  faite 

9  c. 

entre  le  roy  de  France  Johan  qu'esloil  eneor  prisonnier  en  Lnglcterrc,  elle  roy 

Eduard  d'Englelcrre,  en  la  eité  de  Gharlre,  par  la  manier  qui  s'ensuicl  ''   (*)  : 

que  le  roy  Eduarl  et  ses  hoires  après  luy  tiendroient  hérilablemenl,  sans  ressort  5 

en  fieiï  ne  aullrcment,  en  pays  les  terres  qui  s'cnsuyvcnt  :  premier  le  bourges 

d'Angcnnes,  Caorsin,  Piragoire,  de  Roergnée,  tout  Poitou,  Rachcl,  Lymosin,  la 

conté  d'Angolesme  et  Saulongue,  le  fieff  de  Thouwart  cl  de  Bonne  Ville,  la  conté 

Ghuanc  et.  en  Picardie,  Calais,  la  conlé  de  Poylou  comme  le  beau  roy  Phillippc 

de  France  le  donnât  en  mariage  à  sa  mère  quant  le  roy  Eduart.  son  père,  l'es-  10 

pousat,  et  le  doibt  celle  conté  de  roy  de  France  tenir  en  fielT  et  en  bommage. 

Item  (loi |>t  avoir  eneor,  selon  ladit  paix   dedens  trois  sapmaines,  c'estoit  dedens 

la  sainct  Jehan  Baplist,  vic  mille  escus,  item  l'an  LXI  ensuivant  dedens  ladit 

sainet  Joban  vinc  mille  escus,  item  eneor  vmc  milles  l'an  LXII  :  somme  totale 

xxxc  mille  escus;  el  l'an  LXI,  eneor  vmc  que  j'avois  obliéz.  '5 

Rad.,  chap.  V,        L'an  XIII'XLI,  le  xvii"  jour  de  janvier,  morut  à  Stoekhcm  siegneur  Thiry  de 

Hinsberg  (|ui,  par  la  faillie  du  l'évesque  Adolphe  delà  Marche  jadit,  usurpoit  la 

coulée  de  Looz,  et  morut  ledit  siegnetir  Thiry  excommuniez  depar  l'église  de 

Liège  par  l'authorité  du  pape  pour  ce  qu'il  usurpoit  ladite  contée  injustement, 

pourquoy  les  dames  de  Herckenrode  ne  le  volrent  mie  laissir  ensevelir  en  leur  20 

église  des  Augustins  à  Hasselt.  En  ce  temps,  le  siegneur  Arnuld  de  Rumines  et 

siegneur  (ïodefroid  d'Akmbroux  la  volrent  relcveir  du  l'évesque  et  du  l'église 

de  Liège  par  la  succession  dudit  siegneur  Thiry,  cl  mainlenoil  le  siegneur  d'Al- 

lembroux  qu'il  esloit  plus  proisme,  car  siegneur  Thiry  esloit  frère  «à  sa  mère  (!) 

"  L'an  mesme,  le  il  de  juin,  Wenrelin  de  lîolièmc,  duc  de  Luxembourg  et  de  Braibant,  releva  de  2o 
nostre  évesque  le  chasicau  de  Mirwart  avec  ses  appendices,  au  chasteau  de  Bouillon,  comme  père 
de  l'église  de  Liège  :  ajoutent  B  et  fl',  ce  dernier  en  noie  marginale.  —  comme  père  et  mambour  de 
Liège  à  cause  du  chasteau  de  Buillon  :  I).  —  6  L'an  mesme,  vindrent  les  Chartroux  demourer  en 
leur  couvent  emprès  Corneillon  :  H,  D  et  B1  en  note  marginale. 

(<)  L'analyse  du  traité  de  Brétigny,  du  S  mai   lôliO,  ne  se  trouve  que  dans  les  manuscrits  A  et  /?',  30 
Pour  les  détails,  voir  Maiitenne,  Ampl.  Coll.,  t.  I,  pars  I,  col.  186,  et  Dijiônt,  Histoire  des  traites. 
I.  Il,  pp.  7-17. 

(5;  Il  faut  lire  :  «  à  son  père  ». 


J.dcW.,  347. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAiN  D'OUTREMEUSE.  189 

et  avoit  acquis  à  dame  Margarite,  ainée  fille  (l)  le  conte  Lowys  de  Looz 
jadit  espcuze  siegneur  Guilhcaume  d'Oreilhe  (*),  le  droict  de  ladite  contée  de 
Looz,  parmy  une  grande  somme  de  florins,  cl  sondil  oncle  Thiry  esloit  lis 
de  l'autre  seure  du  jadit  conte  Lowy  "  (3).  Lesiegneur  d'Agymont  (4)  ossy  voloit 
5  releveir  ladite  contée,  car  il  maintenoit  qu'il  esloit  audit  conte  le  plus  proisme 
depar  l'cspéc.  Et  1  evesque  respondit  que  ladite  contée  de  Looz  estoit  et  devoit 
eslre  par  droiel,  par  plusieurs  raisons,  comme  en  les  procès  sur  ce  faicls  conte- 
noit  plainement,  à  luy  et  à  son  église,  sy  que  il  la  calengoit,  car  par  la  faulle  son 
oncle  Adulphe  jadit,  siegneur  Thiry  l'avoit  tenus  jusques  à  ce.  Adonc  ledit 

io  siegneur  d  Allembroux  allât  pourveoir  Stockiu-m  et  fist  le  pays  d'allcntour  rele-     RaJ.,  10,  c. 
veir  de  luy.  En  cest  an,  le  xxve  jour  d'apvril,  accordai  le  pays  de  remanir  dileis 
l'évesque  et  son  église,  pour  b  aideir  avoir  son  droict  en  ladite  contée  de  Looz 
non  obstant  que  plusieurs  nobles  du  pays  esloint  du  la  faveur  dudil  siegneur 
de  Rumines  qui  n'avoit  nul  droict  (5),  et  sa  mère  mesme  Margarite  susdite 

13  l'avoit  vendu,  se  droiel  y  euuist  mesme.  El  le  xxvme  jour  de  ir.ay,  l'évesque,  ses 
gens  d'armes,  Liégoix,  Huyois,  Dionantois,  de  Fosse,  Tuwin,  ^ainct-Trond, 
s'en  allirent  par  devers  Sloekhem,  cl  siegneur  Everard  de  la   Marche  c  (fi) 

u  conte  de  Looz  :  B.  —  b  de  aideir  :  A.  —  c  frère  à  l'évesque  Engelbert  :  ajoute  B,  D.  — 
L'anXI!IcLXVI,  vindrent  de  la  partie  d'Allemaigne  plusieurs  gens  hommes  et  femmes  dansans  et 
20  saultans  qui  avoient  les  diables  au  corps;  et  estoit  celle  mauldicte  diablerie  tellement  augmentée 
que  de  nulle  part  on  ne  povoit  expulser  ces  diables.  Dont  il  advint  en  la  clergie  de  Liège  grand 
honneur,  car  par  eulx  lurent  les  diables  expulsez,  et  les  personnes  remises  en  bon  entendement. 
Tellement  que  de  tous  costéz  on  amenoit  gens  démoniacques  à  Liège,  et  sy  retournoient  tous 
sains  et  guarys  :  Liège  Univ.,  181  et  182;  cf.  ms.  1577;  ms.  418,  pp.  568;  559,  fol.  155. 

25       (*)   Il  faudrait  lire  :  o  aînée  scure  »,  d'après  ce  qui  suit  :  •  fils  de  l'autre  seure  ». 

(*)  C'est  Jeanne  et  non  Marguerite  qui  épousa  Guillaume  d'Oreye.  Marguerite  épousa  Guillaume 
de  Duras. 

(3;  Dans   le  passage    qui    précède,  le  chroniqueur  fait    plusieurs   confusions.  Pour   les   éclaircir, 
nous  renvoyons  au  tableau  généalogique  I  publié  au  début  du  tome  I  de  ces  chroniques. 
30       (*)  Jean  IV,  de  Looz,  sire  d'Agimont,  Walhain,  etc.,  vivait  encore  en  1574.  (Hemuicourt,  I,  p.  158  j 
II,  p.  2D5.) 

(5)   Il  était  fils  de  Jeanne  de  Looz. 

(6;  Ëverard    de   la    Marck,   frère   de    l'c'vèque,   était   avoué   de   Hesbaie    depuis   1551.    (Daron 
J.  de  Ciiestbet  de  Haneffe,  Histoire  de  tu  maison  de  la  Marck,  pp.  U5-t)7.j  11  avait  épouse  Marie 
35  de  Looz,  fille  unique  de  Louis  de  Looz  d'Agimont.  Voir  Tableau  I  précité. 


190  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

portoit  le  standart,  et  siegneur  Guilheaiime  de  Coir  (')  et  Jolinn  de  Flémalle 
eseohier  (2)  estoient  adonc  maislres  de  Liège,  et  siegneur  Lowys  .Martel  de 
Juppillc  (3)  conduisoit  l'ost.  Et  1  évesque  avoit  avec  lui  les  contes  de  Cleyves(4), 
et  de  la  Marche  (5),  l'évesque  de  Monstcir  (G)  et  plusieurs  aullres,  et  siegneur 
Raezc  de  Jemeppe  (7)  estoit  mariscal  l'évesque  du  Liège.  Allors  Wéry  des  s 
Palais,  et  Jacmin  de  Wonck.  elumonne  du  Saincl-Johan  (s)  en  Isle  à  Liège 
s'en  allircnt  veoir  l'ost,  se  furent  pris  et  enmineis  à  liinsberg.  Adonc,  entre 
Eyck  et  Stoekhem.  furent  nnxx  foriers  des  Liègeoix  occis.  La  nuict  du  sainct 

Rad.,  H,  b.     Joh;in  Baptiste  fut    le   chasteau  du    Stoekhem  rendu,  et  le  siège  avoit  esté 

devant  xxv  jours.  Adonc  l'évesque  allât  en    paix  prendre   homaige  aval  la  10 
contée  de  Looz. 

Rad.,  il,  c.         L'an  XIII'  LXII,  fut  en  pays  du  Liège  très  grande  mortalité  de  la  bouche", 
que  du  xM  qui  l'avoint  n'eschappoit  mie  ung.  En  ceste  année,  fut  faite  modé- 
ration sur  la  loy  novelle  '',  qu'a  voit  désia  eslié  commenchié  depuis  l'an  LXI  (9). 
L'an  XIIFLXIII,  l'évesque  en  allât  à  Prâgc  pardevant  l'empereur  à  l'enconlre  is 

[lad.,  12,  c.     du  siegneur  de  Humilies  et  du  siegneur  d'Allembroux  qui  clamoit  Hinsherg, 

j.  de  St.,  15.     et  quant  l'empereur  eut  oys  le  droict  que  l'église  de  Liège  avoit  à  ladite  contée 

0  peste  :  B.  —  *  modération  de  la  loy  nouvelle  touchant  les  eschevins  qui  la  confirmèrent  l'an 
treize  cents  soissanle  trois,  le  mardi  après  la  S.  Jolian  Baptiste;  elle  avoit  esté  faicte  l'an  1361  :  D  et 
noie  marginale  ae  BK.  20 

(')  (îiiillnume  de  Coir,  chevalier,  époux  d'Nabelle,  fille  de  l'éohevin  Gilles  M.ithon,  maître  de  la  cité 
en  1500,  1505,  mort  en  1575.  (IIemricourt,  I,  p.  253;  II,  p.  184.  Les  Bourgmestre»,  pp.  75,  80.) 
Il  est  aussi  cité  comme  maître  le  12  janvier  1572.  (Cartulaire  de  Saint  Lambert,  t.  IV,  p.  488.)  Il  est 
cité  en  qualité  de  chevalier  en  i 5:»7,  1558,  l5Ct,  I50b,  1566,  1375.  {Cartulaire  de  Saint-Lambert, 
t.  IV,  pp.  287,  268,  400,  401,  413,  455,  502.)  Sa  veuve  apparaît  en  1570.  (Ibid.,  p.  B28.)  i3 

(5)  Jean  de  Flémalle,  escohicr.  Voir  ci-dessus,  p.  166. 

(3)  Louis  Marteau  de  Jupille.  Ce  doit  être  Louis  Marteau  de  Milmort,  sire  de  la  .Neuville.  (IIemri- 
court,  II,  p.  299.) 

(')  Jean,  comte  de  Clcves,  mort  en  1508. 

(»)  Engelbert  III,  comte  de  la   Marck  (1547-151)1),  neveu   de   l'évéque.  (Baron  J.  de  Chestret  30 
DE  Haneffe,  Histoire  de  la  Maison  de  la  Marck,  pp.  50-52.) 

(o)  Jean  de  Virneburg,  évéque  de  Munster,  1557-1565. 

C)  Sur  Ilaes  de  Jcmcppc,  voir  Porcelet,  Les  Maréchaux,  p.  240. 

(8)  Jacquemin  de  Wonck,  voir  L.  Lauave,  Cartulaire  de  Saint-Jean,  p.  xliii. 

(')  Voir  Recueil  Ordonnances,  I,  500.  3S 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  DOUTREMEUSE.  191 

de  Looz,  il  confirmai  à  1  église  ladite  contée  et  commandât  silence  aux  deux 
siegneurs  d'Allembroux  et  de  Rumines.  En  cest  an,  il  fist  sy  grande  gelée  qu'elle 
durât  xv  sapmeines. 

L'an  XIIFLXIIII,  en  quaresme,  l'évesque  (Engelbert  de  La  Marck)  fut 
5  translaté  de  Liège  à  larchcvesquié  de  (iolongne  ",  et  le  xvc  jour  d'apvril,  fui 
publiée  ladite  translation. 

Le  lendemain  de  la  Penlhccoste,  Liégoix  allirent  à  Orcilhc,  car  le  siegneur  de 
Humines  (')  estoit  là  et  voloit  enlreir  en  la  contée  de  Looz,  mais  il  ne  les  osât 
attendre.  Adonc  fut  faiet  par  le  chapitre  et  le  pays  siegneur  Johan  d'Agy- 
io  mont  et  de  Rochefort  (2)  mambor,  et  siegneur  Walthier  de  UanelTe  (3),  frère 
audit  mambor,  qu'esloit  mariscal,  prist  gens  d'armes  avec  luy  et  le  chapitre  y 
envoyât  avec  luy  troix  chanoines,  siegneur  Euslaee  Persan  de  HannelTe  v4),  frère 
aussy  audit  mambor,  siegneur  Henry  de  Lonchin  (5)  et  siegneur  Léonard  de 
Geeve  ''  (8),  et  desconfirenl  des  gens  le  seigneur  de  Rumines  xi.iu  hommes 
ta  devant  Hasselt.  Lors  ledit  mariscal  et  ses  gens  allirent  gardeir  Hasselt  et  depuis 
ledit  siegneur  de  Rumines  voloit  assiégier  Hasselt,  mais  il  ny  gaignat  riens 
sinon  perde. 

»  par  la  mort  de  l'archevesque  Je  Collongne  :  B.  —  b  Bernard  de  Gei'e  :  B1.  —  Bertrand  de 
Goire  :  B*. 

20       (')  Voir  plus  haut,  p.  188. 

(')  Sur  les  seigneurs  de  Rochefort,  voir  Roland,  Les  seigneurs  et  comtes  de  Roche fort,  pp.  152-i5G. 

(!)  Wauticr  de  Rochefort,  voir  de  Chestrbt,  La  terre  franche  de  Hnueffe.  (11.  I.  A.  L.,  t.  XXXViU, 
p.  29.)  —  Po.ncelet,  Les  maréchaux  d'armée  de  l'evêché  de  Liège.  (H.  I.  A.  L.,  t.  XXXII,  p.  2!3  ) 

(')  Eustache  Persant  de  Rochefort.  (Hemuicouet,  I,  p.  lôb;  II,  p.  ôbi.) 
2S       (s)  Henri  de  Loncin,  cf.  de  Theix,  II,  SU. 

(')  Léonard  de  Geeve.  Aucun  chanoine  de  ce  nom  ne  figure  parmi  les  bénéficiaires  des  prébendes 
de  Saint- Lambert  en  136!  et  en  IS67.  Bouille  cite  Bernard  de  Glcvc,  prévôt  de  Saint  Martin  (I,  40j). 
Il  s'agit  évidemment  de  Bernard  de  Eigher,  ehanoine  de  Saint-Lambert  en  i5bi),  mort  le  7  juin  I3'J8. 
Cf.  Scboolmeesters,  Liste  des  prévôts  de  Saint-Martin.  (Leodium,  11107,  p.  33.) 


192  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Règne  de  Jean  d'Arckel,  1364-1378. 

Règne  de  Arnoul  de  Horne,  1373-1389. 

Début  du  règne  de  Jean  de  Bavière,   1390-1400. 

Le  texte  de  nos  manuscrits  devient  ici  d'aulant  plus  précieux  que  nous 
n'avons  sur  celte  période  d'autres  sources  contemporaines  que  Malhias  de  Lewis  5 
et  Radulphe  de  Hivo. 

An  XIIi'LXIIIi  susdit,  le  xxixe  jour  de  Julie  ",  vient  à  Liège  Jolian  d'iïrke, 
fis  à  siegneur  d'Erke  (')  de  la  fille  le  conte  de  Verneburge,  comme  évesque  de 
Liège  xlix",  et  avoit  paravant  esté  évesque  d'OuItrcict  b.  L't  esloienl  maigres 
de  Liège  allors  siegneur  Thiebar  de  Lardir  (2)  et  Jolian  le  robeir  (3j.  10 

En  cest  an,  ons  vient  bressier  à  Liège  premier  hoppeljier. 

L'an  XIII'LXV,  le  jour  de  Noël,  trois  docteurs  en  théologie  chanlirent 
les  in  messes  a  Saincl-Lambcrt.  le  premier  maislre  Jolian  Hochait  (4), 
doyen  de  Liège,  la  seconde  maistre  Jolian  de  Marville  (:,)}  chanoine  de 
Liège,  et  la  troisième  Jolian  de  Sainct-Martin  (G),  carme,  évesque  suffragant.  15 


«  après  que  Enylebert  fut  conferméz  arebevesque  de  Collongne  :  D.  —  b  et  tist  son  entrée  par  le 
pont  d'Amécourt  et  fut  receupt  comme  evesque  xlviif  l'an  XIIIe  et  LXII1I,  le  xxix  jour  de  jullet  :  B. 

(')  Sur  Jean  d'Arckel,  cf.  Archief  voor  de  gcschicdcnis  van  lut  Aartsbisdom  Utreeht,  XXXII  (1900), 
pp.  103-110. 

(s)  Thibaut  de  Lardier,  écuyer  eu  1548  [Carlulaire  de  Saint  Lambert,  IV,  SS);  cité  eu  13IJ0,  1557,  20 
1358  (Ibid.,  pp.  22b',  200,  270);  chevalier  en   130*)  [Ibid.,  40.-»,  413  ;  assiste  à  la  renonciation 
d'Arnould  de  Ilummcn  (Ibid.,  p.  455). 

(3j  Sur  Jean  le  Roberes,  voir  p.  100,  n.  7. 

(')  Jean  Blanckard,  cf.  de  Tuelx,  11,  09-101. 

(B)  Jean  de  Marville,  cf.  Ihid.,  Il,  109.  25 

(6)  Jean  de  Saint-Martin,  cf.  Ibid.,  II,  105,  secrétaire  du  pape,  pourvu  d'une  prébende  de  l'église 
Saint-Lambert  !<■  22  décembre  1301.  [Carlulaire  de  Saint- Lambert,  IV,  350.)  —  D.  U.  BtHuÈiiE,  Les 
Êiêqucs  auxiliaire)  de  Libye,  pp.  40-42. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  193 

En  ceste  année,  l'évesque  Johan  d'Ercke  portât  le  Sacramant  le  jour  du 
S.  Sacrament  a. 

En  cesl  an,  siegneur  Amuld  de  Rummines  vendit  ce  qu'il  avoit  en  pays  de     Rad.,  16,  b. 
Liège  et  garnis!  son  chasteau  de  Rummines  et  surprist  Liégoix,  mais  il  y  avoit 

5  triwe  jusque  à  la  dernier  paske.  Lors  les  triwes  passée,  la  garnison  de  Rummines 
occist  ung  mangon  de  Sainct-Trond  (*),  dont  le  pays  en  fut  très  courouchéz. 
Dont  la  nuict  du  Saint  Laurens.l  évesque  et  les  Liègoix  allirent  vers  Rummines, 
et  siegneur  Lambert  d'Oupey  portât  le  standart  (2).  Adonc  le  duc  Wincelin  de 
Brabant  euuist  faict  donner  l'évesque  et  le  chapitre  à  siegneur  de  Rummines 

to  xl"  moutons  d'or  et  iiM  de  pension,  s'il  luy  eust  vollut  donner  sa  calenge  à  ladite 
contée,  mais  il  délaissât  et  s'en  trouvât  mal.  VA  l'évesque,  le  jour  du  sainct 
Laurens.  assiégat  ledit  chasteau  de  Rummines  (3),  et  y  furent  Liégoix,  Huyois,     Rad.,  16,  c. 
Dionantois,  de  Fosse,  Tungre.  Sainct-Trond,  et  le  siège  pendant,  siegneur  Lam- 
bert d'Oupey,  qui  portait  le  standart,  soy  partit  du  siège  et  s'en  allât  vers 

îs  Roilhon,  là  il  estoit  chastellain,  car  grande  compangnie  estoit  la  venue,  et  fut 
adonc  le  standart  mis  en  la  main  siegneur  Walthyr  de  Hanneffe  (4).  Après  la 
nuict  du  sainct  Calixte,  fut  rendue  Rummines,  et  furent  vicxx  et  mi  prisonniers 
rendus  en  la  main  du  l'évesque  et  mineis  à  Moua,  qui  avoient  noblement 
gardez  le  chasteau  jusque  adonc  6. 

20  L'an  XU1CLXVI,  Gst  grande  gealée  alentour  de  Noël,  qui  durât  bien  vi  saip- 
maines  ',  et  après  il  plouvat d  tellement  que  les  eawes  furent  très  grandes, 
et  bien  peu  après  eut  grande  mortalité. 

"  L'an  mesme,  le  xmi8  de  marce,  fut  faict  l'instrument  des  fleffs  deaues  duquel  on  use  eneore 
présentement  :  add.  ms.  D  et  note  marginale  de  B1.   —  b  et  fut  ledit  chasteau  arruinéz  jusques  à 
25  la  terre  par  les  Liégeois  :  add.  D.  —  c  onze  sapmaines  :  B  et  D.  —  d  onze  jours  :  B. 

(*)  A  pracsidiariis  de  Runimis  lethaliter  vulneratum  (Rad.  de  Rivo),  dominus  Henricus  de  Berghines 
miles  quemdam  oppidanum  de  Sancto  Trudonc  carnilîcem  juxta  Rumines  occidissel  (M.  de  Lewis). 

(s)  Lambert  d'Oupeye,  voir  ci-dessus,  p.  18Î5,  n.  S.  Il  remplaçait  ici  Everard  de  La  Marck,  avoué  de 
Hcsbaic,  son  beau-père.  Ce  qui  a  induit  M.  Kurth  (Kotger  de  Liège,  I,  p.  207,  note)  en  erreur  et  lui 
50  a  fait  croire  qu'à  ce  moment,  c'était  le  maréchal  d'armée  qui  portait  l'étendard.  Il  avait  épousé  Alix 
de  Lummen,  dite  de  Hermalle,  fille  d'Evcrard  de  La  Marck,  seigneur  de  Lummcn. 

(5)  Voir  détails  sur  ce  siège  dans  Gesta  abb.  Trud.,  édit.  de  Borshn,  t.  II,  pp.  352-555. 
(')  Voir  tableau  généalogique  B. 

Tomb  II.  M 


194  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Rad ,  17,  a.         En  oest  année,  le  siegneur  de  Rummines  a  renunehat  en  la  main  de  l'évesque 
toutle  son  action  à  lousiours,  qu'il  prétendoit  avoir  à  ladit  contée  de  Looz,  de 
tout  en  tout,  parmy  une  certaine  somme  de  florins  ('). 
Rad.,  17,  b.         L'an  XIIICLXVII,  en  august,  allât  l'évesque  ardre  sur  le  duc  de  Julie  la  ville 
d'Audenhoven,  et  plusieurs  autres  villes,  et  pour  ce  qu'il  fisl  sy  chaud,  on  le  5 
nommât  la  chaude  chevauchie  b. 

L'an  XII1CLXVIII,  le  roy  '   Charle  eut  ung  fis,  qui   puis  fut  roy  Çharle 
do  France,  qui  fut  malade  long  temps  et  tenu  en  gayoulle  (*). 

L'an  XIIICLXIX,  le  m8  jour  de  janvier,  tonnât  sy  fortement  que  toutte  terre 
crollat  vers  Orient.  Hungrie,  Bohème  et  sur  le  Rins.  Et  cest  an  n'avoit  nulle  10 
apparance  du  roisins  jusque  à  may,   et  fut  néantmoins  du   vin  en  grande 
plantcis  d. 

L'an  XIIICLXX,  riens  ne  fut  digne  de  mémoire  e. 
Rad.,  18,  u,  c       l/an  XIIICLXXI,  le  jour  sainct  Symphorien,  le  xxue  jour  d'august,  fut  la 

batailhe  à  Bousewillre  (3),  et  là  fut  occis  Eduward.  le  duc  de  Gelre  (4),  sans  is 

"  vint  au  chapitre  de  Liège  où,  en  présent  de  l'évesque,  renunehat  à  tout  ce  qu'il  prétendoit  à  la 
contez  de  Looz,  avecque  pleurs  et  gémissemens,  voyants  et  oyants  tous  ceulx  qui  estoient  présents 
et  en  donnant  à  l'évesque  toutes  les  lettres  et  chartes  de  ladite  contez  et  ainsi  demourat  tout  en  paix, 
parmy  une  certaine  pension  vitale  que  l'évesque  luy  promist  de  donner,  assavoir  trois  milles  florins": 
add.  D;  cf.  Chronique  latine  de  J.  de  Stavclot.  —  ''  L'an  mesme,  en  la  ville  de  Brucelles,  tombât  20 
la  thour  Sainel-Nicolas  le  propre  jour  de  sainct  Nicaise  :  add.  D  et  B'  en  note  marginale.  — 
"  l'empereur  :  B.  —  d  L'an  mesme,  la  veille  de  l'ascention,  l'abbaye  de  Sainct-Jacques  en  feu 
par  accident,  le  réfectoire  et  dormitoire  et  partie  de  l'hostel  de  l'abbé  bruslé  :  add.  D  ;  cf.  Zanlfliet, 
col.  S95.  —  L'an  traize  cents  septant,  miracle  de  la  Vierge  Marie  ens  encloistre  de  Sainct-Lambert  : 
add.  D;  cj.  Zantfliet,  col.  295.  —  L'an  mesme,  la  veille  de  l'ascention,  furent  mis  en  cendre  et  23 
brusleis  à  lirusselles  plussieurs  Juiffz  qui  avoient  desrobé  le  Sainct  Sacrament  ou  hostie  sacrée  à 
Saincte- Goule,  et  frappé  plussieurs  coups  de  couteaux  dédains,  dont  en  sortit  sang  et  les  veoit  on 
encor  aujourahuy  et  fut  appelle  Sacrament  de  miracle,  duquel  on  célèbre  la  feste  à  Brucelles  en 
grande  solennité  le  dimanche  après  Saincte  Margarite  :  add.  D  et  résumé  en  note  marginale  de  B1. 
—  e  Item  l'an  XIIICLXXI,  n'avoit  riens  qu'il  fust  à  nostre  matière  convenable  :  B1.  30 

(')  21   septembre   156G.  Voir  Carlulaire  de  Saint  Lambert,  t.  IV,  pp.  454-439. 
(»)  Charles  VI  tomba  en  démence  en  1392. 

(')  Basweiler  à  une  lieue  de  Guilckirchen  et  à  une  lieue  et  demie  de  Rolduc,  dans  le  Limbourg 
hollandais. 

(*)  Edouard,  duc  de  Gueldre,  1361-1371.  3-; 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  193 

heurs,  sy  que  le  fis  de  sa  seur  nommé  Guilheaume  fut  duc  après  luy  (*), 
qu'estoil  le  fis  de  duc  de  Julie  (2),  qui  gaignat  adonc  ladite  batailhe  et  prist  le 
le  duc  Wincelin  de  Brabant,  le  jeusne  conte  Wilheaume  de  JNamur  (3),  et  ses 
deux  oncles  siegneur  Robert  et  siegneur  Lowys  de  iNamur  (4),  et  fut  pris  ossy 
3  siegneur  Lambert  d'Ouppey  (5),  qu'estoit  là  envoyez  depar  l'évesque  pour 
conduire  les  Hesbignons  °  et  plusieurs  aullres.  Et  y  furent  occis  de  costé  de 
duc  Wincelin  de  Brabant,  le  conte  de  Sainct-Paul  (6),  le  siegneur  Wilheaume 
de  Hamale  (7)  et  plusieurs  aullres  grandement. 

L'an  XIIICLXXII,  ceulx  de  Tuwin  ne  volrenl  point  recepvoir  à  leur  bailhier    M.  de  L.,  215. 

îo  siegneur  Giel  Chabot,  s'il  ne  faisoit  seriment  à  leur  voloir,  Adonc  Engelbert  de 
la  Triche  et  Johan  de  Henchies  b  qu'estoient  maislres  de  Tuwin  vindrenl  à  Liège 
et  informirent  le  peuple  que  siegneur  Giel  Chabot  ne  voloit  faire  le  seriment 
acoustumeis,  et  l'évesque  disoit  que  sy  faisoit,  qu'il  avoit  eneor  aullrefois  esté 
bailhier  de  Tuwin  (s)  et  qu'il  scavoit  bien  quel  seriment  il  devoit  faire  ''.  Lors 

io  siegneur  Giel  Chabot  allât  à  Tuwin  pour  faire  le  seriment,  niais  ils  le  volrent 
encor  faire jureir  à  leurs  volunteis.  Dont  Johan  de  Henchies''  vient  à  Liège  en 
moys  de  jung,  quant  l'évesque  esloit  deleis  l'empereur  à  Ayeze,  et  informât  la 
cité  contre  l'évesque  en  despitant  siegneur  Giel  Chabot  grandement,  dont  depuis 
fut  occis  ledit  Johan  Hanchies  (9). 

20      Et  anchois  que  l'empereur  Charle  de  Bohème  venist  à  Ayeze,  madame  Jehene     Rad.,  18,  d. 

"  conduire  Huisberg  :  A.  —  b  Linchier  :  B1  corrigé  en  marge  Harchies,  leçon  des  autres  manu- 
scrits B.  —  c  ilz  avoit  faict  :  B. 

(')  Guillaume  I",  duc  de  Gueldre,  1383-1402,  ou  Guillaume  VU,  duc  de  Juliers,  1393-1402. 
(5)  Guillaume  VI,  duc  de  Juliers,  1361-1393. 
25       (!)  Guillaume,  fils  du  comte  de  Namur,  Guillaume  Ier  (1337-1391),  plus  tard,  Guillaume  II  (1391- 
1418).  Voir  ci  dessus,  p.  176,  n.  8. 

(*)  Robert  et  Louis  de  Namur  étaient  fils  de  Jean  I  et  de  Marie  d'Artois. 
(5)  Voir  ci-dessus,  p.  188,  n.  8. 

(«)   Guy  de  Luxembourg,  comte  de  Ligny  et  de  Saint-Pol. 
30       (')  Il  n'est  pas  cite  par  de  Raadt.  Il  faut  probablement  lire  :  Eustache  de  Hamal. 

(8)  En  effet,  Gilles  Chabot  était  déjà  bailli  de  Thuin  en  1370  (Carlulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV, 
p.  477)  et  en  1366  (Fiefs  de  Jean  d'Arckel,  p.  42.) 

(')  Jean  de  Harchies.  Cf.  Verkooren,  n°  5023.  Avis  du  duc  de  Brabant  sur  les  points  à  lui  soumis 
par  la  cité  et  bonnes  villes  du  pays  de  Liège. 


19(i  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

espeuze  Wincelin,  duc  de  Brabant,  frère  à  l'empereur  desurdit,  donnât  à 
l'évcsque  de  Liège  xviMescus  pour  avoir  l'ost,  se  besongne  en  estoit,  pour  aidier 
son  maris  °  Wincelin  hors  de  la  prison  de  duc  de  Julie.  Après  ce,  vient  en  mois 
de  julle  ledit  empereur  Charle  à  Ayezc  pour  sondit  frère  aidier.  et  furent  avec 
luy  les  trois  archevesques  électeurs  (J)  et  Albert,  archevesque  de  Magdel-  s 
berche  (*),  Johan,  évesque  de  Oulmen  (3),  Jolian,  évesque  de  Liège.  Thiry, 
évesque  de  Messe  (4),  Gérard,  évesque  de  Cambray  (5),  Arnuld  de  Home, 
évesque  d'Oultreiet  (6),  Adulphe,  évesque  de  Spire  (7),  Florence,  évesque 
de  Moustcir  (8),  Pier,  évesque  de  'I  hour  (9),  encor  le  roi  Wincelin  de  Hohème, 
fils  de  l'empereur  (10),  là  présent.  Albert  duc  de  Saxone,  Robert  duc  de  Uealwier,  10 
le  conte  palatin,  Albert  conte  de  Hollande,  Frédéric  de  Brandebcrg  ("),  et  des 
aultres  sans  nombres.  La  nuict  du  sainct  Johan,  la  paix  fut  faite,  et  fut  quitte 
de  prison  le  duc  Wincelin  et  les  siens. 

°  son  dit  barons  :  B*. 

(')  Jean  de  Luxembourg,  fils  de  Wenceslas,  archevêque  de  Maycnce,  1571-1574;  Frédéric  de  Sar-   iî> 
werden,  archevêque  de  Cologne,  1570-1414;  Cuno  de  Falkenstein,  archevêque  de  Trêves,  1 562-1588. 

(')  Albert  de  Stemberg,  archevêque  de  Blagdebourg,  1568-1574. 

(')  L'évêque  de  Toul?  Ce  siège  épiscopal  était  alors  occupé  par  Jean  de  lloye. 

(4)  Thierry  Beycr  de  Boppard,  1 56 S- 1584. 

(")  Gérard  de  Dainville,  évèque  de  Cambrai,  1571-1578.  20 

(8)  Arnould  de  Home,  évêque  d'Utrecht,  1571-1579. 

(')  Adolphe  de  Nassau,  évêque  de  Spire,  1371-1579. 

(8)   Florent  de  Wcvclinghoven,  évêque  de  Munsler,  15641579. 

(»)  L'évêque  de  Tours  en  1572  élait  Simon  de  Renou  (1565-1579). 

(,0)  Wenceslas  VI,  couronné  roi  de  Bohème  en  1565  à  l'àgc  de  deux  ans,  roi  des  Romains  en  1376,  2o 
succéda  à  son  père  l'empereur  Charles  IV  en  1378,  fut  déposé  en  1400. 

(")  On  constate  ici  la  négligence  ordinaire  de  Jean  d'Oulremcusc  :  1°  Albert  n'a  jamais  été  duc  de 
Saxe.  Fils  d'Otton  qui  élait  le  frère  aiué  de  Rodolphe  11,  duc  de  Saxe,  il  fut  en  guerre  avec  son  oncle, 
et  à  la  mort  de  celui-ci  en  1570,  il  fut  évincé  par  Wenceslas,  frère  puiné  de  Rodolphe  11,  en  vertu 
d'une  bulle  de  l'empereur;  2°  le  duc  de  Bavière  n'était  pas  Robert,  mais  Etienne,  qui  régna  de  1547  50 
à  137ti.  Jean  d'Oulremeusc  confond  sans  doute  le  duc  de  Bavière  avec  Robert,  comte  palatin  de  1553 
à  1590;  5°  le  comte  de  Hollande  n'était  pas  Albert,  mais  Guillaume  V  (en  Hainaut  Guilaume  lllj,  qui 
régna  de  1549  a  1589  et  eut  Albert  pour  successeur;  4°  l'électeur  de  Brandebourg  n'était  pas  Frédéric, 
mais  Otton  de  Bavière,  qui  régna  depuis  IÔ66,  fut  en  guerre  avec  l'empereur  et  dut,  en  1575,  lui 
céder  le  margraviat  de  Brandebourg.  35 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  DOUTREMEUSE.  1U7 

En  cesl  an  ",  aulcuns  des  amys  l'évesque  occirent  Johan  de  Henchies  b  susdit 

et  blessirent  son  compangnon,  pour  ce  qu'il  avoit  à  Liège  dit  que  l'évesque  estoit 

du  traictrcs  yssus,  et  aultres  mavaix  parleir.  Dont  ceulx  de  Tuwin  le  firent 

tout  mort  porteir  à  Liège,  et  le  monstreir  par  touUcs  les  bonnes  villes,  et  après 

s  fut  enselis  à  prêcheurs  à  Liège  °. 

L'an  XIIICLXXIII,  en  fut  le  pays  sy  emflambéz  qu'il  conclud  d'avoir  guerre 
à  leur  seigneur  et  luy  imposoint  qu'il  estoit  homicide  et  ont  proclameis  à  Liège 
sicgneurs  Giel  Chabot  et  Pirlo  de  Fiennes  à  peron,  disant  qu'ils  avoint  occis 
ledit  Johan  de  Henchies  °  (*).  Dont  la  guerre  fort  commenchat,  mais  les 
io  xxn  hommes  qu'estois  députeis  pour  enquérir  ce  faict  (2)  rcmanirent  ung  an  en 
leur  office  d  (3). 

L'an  XIIFLXXIIII.  le  xie  jour  de  septembre,  fut  la  lettre  des  xxn  sailée  (*) 


"  en  avril  :  add.  BetD.  —  bie  Harchies  :  B.  —  «  L'an  mesrae,  morut  au  couvent  des  frères  Guilhemins 
à  Liège  Johan  de  Mandeville  (5)  dit  à  la  barbe,  chevalier,  siegneur  de  Campdi,  natiff  d'Engleterre, 

15  professeur  de  médecine,  orateur  excellent  et  fort  dévote  et  aux  povres  grand  aulmosnier,  lequel  après 
avoir  circuit  toute  le  monde  universelle,  morut  comme  dit  est,  l'an  traize  cents  et  septante  deux,  le 
diex  septième  de  novembre,  enterré  audit  monastère  comme  on  veoit  encor  la  pierre  de  son  sépulchre 
eslevé  :  add.  D;  cf.  Bruslhem.  —  "  L'an  mesme,  le  premier  jour  de  marce,  la  paix  fut  faicte  des  vingte 
deux  et  entre  auhres  conditions  fut  ordonnez  que  nulz  estrangiers  n'auroient  les  gardes  des  places 

-20  et  forteresses  :  add.  D.  —  L'an  traize  cents  septante  quattre,  le  quatrième  jour  de  janvier,  grandes 
eaues  qui  montèrent  jusques  sur  le  grand  aulteit  du  couvent  des  frères  prescheurs.  En  temps  des 
grandes  eaues,  devant  qu'il  fussent  en  l'église  de  Sainct-Jacques,  le  marlier  dudit  monastère  alluma 
ung  Ïambe  devant  l'aulteit  de  Sainct-Andrier,  en  disant  que  s'il  vouloit  du  temps  des  eaues  entretenir 
sa  lampe,  qu'il  l'entretenist,  car  il  ny  retourneroit  plus,  et  estant  les  eaues  retirées,  on  trovat  encor  la 

25  lampe  ardant.  Pareillement  l'onzième  et  douzième  jours  du  mesme  moys,  fut  encor  la  Meuse  plus 
grande,  tellement  que  les  batteaux  passoient  par  Sainct-Poul,  et  monta  à  Prescheurs  à  grand  aulteit 
ung  pied  hault  :  add.  D. 

(*)  Ad  peronem  proscripti  et  perpetuo  damnati  sunt    exilio  Agidius   Chapotius  ceterique  caedis 
conscii  (Fisen). 
30       (*)  Fisen,  sans  doute  d'après  la  grande  chronique  de  Jean  d'Outremeuse,  dit  que  les  enquêteurs 
furent  choisis  un  de  chaque  métier.  Ils  auraient  donc  été  au  nombre  de  trente-deux. 

(»)  La  première  paix  des  Vingt-Deux  est  datée  du  2  décembre  1573.  (Ordonnances,  t.  I, 
p.  328.) 

(*)  La  seconde  paix  des  Vingt  Deux  est  datée  du  1"  mars  137.1.  (Ordonnance s,  t.  I,  p.  331.) 
3g       (8)   Sur  Jean  de  Mandeville,  voir  Gobeht,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  IV,  pp.  42-16. 


198  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

en  la  maison  siegneur  Bertrand  de  Chaster  "  (')  qu'estoit  maistre  du  Liège  (2),  et 
en  eut  l'évesque  xvM  escus. 

El  le  xiu"  jour  dudit  moys,  vindrent  les  danseurs  de  devers  Aquilone  à  Liège, 
et  plusieurs  devindrent  de  leur  compangnie.  Ils  crioint  Sainet  Johan  Baptiste, 
et  ailloint  fortement  loyés  et  bendeis  au  travers  des  flans  b.  ferrants  '  leurs  5 
palmes.  Dont  le  xxve  jour  d'octobre,  toutte  la  elergerie  fut  à  la  spéciale  messe 
à  Sainct-Lambert,  et  maistre  Johan  de  Marvilhe  (s),  docteur,  chanoine  de  Liège, 
fist  ung  sermon  en  palais  et  dist  et  provat  que  c'estoit  arte  diabolice,  et  ne  povoit 
yssir  ne  fineir  son  sermons  par  les  adversités  des  diables  qui  l'encombroint. 
Après,  l'évesque  des  ordres  chantât  une  spéciale  messe  à  Sainct-Paul  et  voloit  10 
après  la  messe  sermonneir.  mais  il  ne  peult  dire  aultre  choese  que  du  Jacob  qui 
servit  son  oncle  xuu  ans,  car  les  diables  l'empéchoinl d.  Lors  advient  aulcunes 
disputations.  où  le  léseur  e  des  prêcheurs  provat  qu'il  estoint  remplis  du 
l'cnnemys.  Le  xxvejour  d'octobre,  ledit  frère  Martin  d'Amiens,  léseur7,  chantât 
la  tierce  spéciale  messe  à  Sainct-Berthtlmé,  et  la  messe  dite,  il  prist  ung  des  15 
danseurs  et  luy  mettit  ses  doibts  en  la  gorge,  et  fist  adonc  gehire  le  démoniac 
et  jettat  le  diable  hors  de  son  corps,  et  siegneur  Adam  de  Brahicr  (4),  chanoine 
du  Sainct-Berthelmé,  fut  le  second  qui  les  conjurai,  et  plusieurs  aultres 
prestres  après. 

L'an  XIIICLXXV,  l'évesque  se  partit  de  Liège  el  mettit  son  seal 3  à  ISamur  20 
et  puis  à  Treict,  car  les  xxn  luy  avoint  commandeis  qu'il  rendist  à  Herman 

"  de  Ctiasteau  :  B.  —  b  liez  et  warocqués  travers  les  flans  :  B  et  D.  —  c  battant  leurs  palmes  :  B,  D. 
—  d  pour  les  diables  qui  avoient  grand  pouvoir  :  B1.  —  e  Item  le  yingtroizieme  jour  d'octobre,  le  léseur 
des  prescheurs  en  la  disputation  provat  :  D.  —  <  frère  Martin,  léseur  d'Amiens  :  B  et  D.  —  s  son  siège  :  B. 

(*)  Bertrand  de  Licrs,  voir  ci-dessus,  p.  178.  Il  est  appelé  ici  du  Chaster,  du  nom  de  son  château  de  2b 
Castcrt  où,  d'après  le  chroniqueur,  la  paix  aurait  été  scellée.   Mais  il  semble  que  Jean  d'Outremeuse 
fait  ici  une  confusion  :  la  paix  scellée  au  château  de  Castert  est  celle  du  14  juin  1576. 

(')  Encore  une  erreur  de  Jean  d'Outremeuse.  D'après  ce  qu'il  dit  lui  même,  plus  loin,  page  200,  les 
maîtres  de  la  cité  en  1 571-1 575  étaient  Jean  de  Bernalmont  et  Jean  le  Coq.  Bertrand  de  Liers  occupa 
cette  magistrature  les  deux  années  précédentes.  30 

(»)  Sur  Jean  de  Marville,  voir  de  Tdeux,  t.  Il,  p.  109. 

(')  Adam  de  Brahier,  chanoine  de  Saint- Barthélémy,  était  curé  de  Vcrvicrs  en  1577.  Cf.  Chronique 
de  la  Société  verviéloise  d'archéologie  el  d'histoire,  année  1905,  p.  71. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  199 

Winclaer  (*),  du  Sainct-Trond  une  certaine  somme  d'argent  qu'il  avoit  recheupt 
de  luy,  car  1  evesque  luy  avoit  donné  une  lettre  sub  son  seal,  cognoissant  que 
ledit  Herman  estoit  proidhomme,  non  obstant  que  ledit  Herman  avoit  cognus 
musdre  a,  sy  que  les  xxu  avoinl  jugiés  et  dirent  \  puysque  l'évesque  par  ses 

s  lettres  le  tesmongnoit  proidhomme,  qu'il  ne  debvoit  point  avoir  argent  de  luy, 
et  s'il  estoit  musdrier,  qu'il  le  devoit  avoir  faire  traineir;  et  l'évesque  remons- 
trat  à  la  cité  c  que  les  xxu  avoint  tort  de  jugier  personne  qui  n'est  point  sub- 
jecte  d,  car  seigneur  ne  doibt  poinct  estrc  jugy  par  ses  subjects.  Non  obstant  la 
cité  remanit  deleis  les  xxu,  sy  que  l'évesque  se  partit  par  courouche  Le  ixe  jour 

10  d'august,  fut  pour  ce  jettée  cesse  à  Liège  et  par  tout  le  pays,  depar  l'authorilé 
du  pape  Gregore  XIe,  ou  le  jugement  et  commandement  des  xxu  contre 
l'évesque  soit  annichilé,  ou  ils  seront  tous  excommuniés.  Le  xx8 jour  d'august,  le 
pays  fut  en  palais,  et  là  maistre  Johan  Blanchar  (2),  doyen  du  Sainct-Lambert 
exposât  la  tenure  de  ladite  cesse  et  conclud  que,  affin  que  le  pape  ne  viengne  à 

15  exerceir  rigeur,  qu'il  seroit  bon  d'appelleir  à  luymesme,  et  d'envoyer  à  luy 
ambasiateurs,  comme  le  pays  conclud  plainement.  Le  xxve  jour  d'august,  Renir 
de  Bierses  (3)  et  Houwal  Houwenal,  maistres  de  Liège,  demandirent  au  chapitre 
se  on  ne  povoit  suspendre  la  course  du  ladite  cesse,  et  se  le  chapitre  remaneroit 
deleis  la  cité.  Le  chapitre  respondit  que  oys,  mais  qu'ils  soient  certains  qu'on 

20  ne  les  fera  riens  e.  Adonc  les  maistres  le  remonstrèrent  à  peuple  ',  et  le  peuple 
passât  que  owy  véritablement.  Le  xxim6  jour  de  septembre,  expirât  le  terme  que 
la  cesse  donnoit  à  conseiller,  sy  qu'il  falloit  adonc  cesseir.  Et  le  xxvu"  jour  de 
septembre,  fut  siegneur  Walthier  de  Rochefort,  siegneur  de  Hanneffe,  par  le 
pays  faict  mambor  (4). 

23  «  meurdre  :  B  et  D.  —  b  et  dirent  :  omis  A.  —  "  et  à  la  commun  :  B.  —  *  que  les  xxu  comme 
dessus  avoient  faietz  en  la  personne  qui  n'estoit  point  subject  à  ladit  paix  :  B.  —  e  qu'on  ne  le  ferat 
point  desplaisir  :  D.  —  '  remonstrèrent  au  peuple,  qui  fut  du  tout  content  :  B. 

(')  Le  20  mars   1375,  le  chapitre  de  Saint-Lambert,  en  vertu  de  la  paix  de  Fexhe,  mande  aux 

échevins  de»  bonnes  villes  du  pays  de  suspendre  la  justice  jusqu'à  ce  que  l'évêque  Jean  d'Arckel  ait 

50  restitué  une  somme  de  1,700  florins  extorquée  par  ses  officiers  à  Herman  Winseler,  prisonnier  à  Moha. 

(Cart.,  IV,  pp.  817-Î519.)  Cf.  de  Borman,  Le  livre  des  fiefs  du  comté  de  Looz  sons  Jean  d'Arckel,  p.  173. 

(*)  Sur  Jean  Blanckard,  voir  de  Thelx,  t.  II,  p.  99. 

(*)  Renier  de  Bierset  et  Huwart  Huwenial,  cf.  de  Borman,  Échevins,  I,  230,  et  Lotins,  I,  87. 
(«)  27  août  1376.  (Pawilhar,  V.  C,  t.  1880.) 


200  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Et  le  vin'  d'octobre,  soy  départirent  les  ambassadeurs  pour  alleir  en  Aven- 
gnon  vers  le  pape  et  portirenl  avec  eulx  les  articles  qu'ils  mettoint  sur  levesque, 
et  furent  depar  la  cité  les  deux  vieulx  maistres  de  l'an  devant,  sieimeurs 
Johan  de  Hiernalmonl  (')  et  Johan  le  Cock  (2),  et  aussy  depar  les  bonnes 
villes,  et  entrircnl  en  Avingnon  le  jour  du  sainet  Léonard  et  trouvirent  là  s 
siegneurs  Wilbeaume  Boylauwe  (3)  et  Jacqmar  du  Kemiehamp  (4),  ambedeux 
chanoines  du  Sainet- Lambert,  cl  plusieurs  du  pays.  Etl'évesque  en  y  envoyât 
plusieurs,  qui  défendoint  gentilment  ses  affaires  ",  entre  lesquels  estoil  Lambert 
de  Fexhc  (5).  qui  soy  plaindoit  à  pape  des  maistres  du  Liège  qui  là  estoint, 
qu'ils  luy  avoint  abattus  sa  maison,  et  commisl  le  pape  à  cardinal  de  Florence  (6)  10 
la  cause  dudil  Lambert,  et  furent  tantost  cité  contre  ledit  Lambert.  Le 
xvme,  jour  de  novembre,  les  ambassadeurs  soy  départirent  de  la  court,  car  ils 
veoint  bien  qu'ils  perdoinl  leurs  peines,  et  le  vin",  jour  de  décembre,  les  ambas- 
sadeurs rentrirent  à  Liège  et  firent  leurs  relations. 

Le  xx*  jour  de  décembre,  le  pays  fut  à  Liège,  et  fut  alors  faicle  relation,  dont  15 
Boilet,  ung  parlir,  dit  que  depar  Dieu  on  fist  chanter  et  bailler  les  prestres,  ou 

"  qui  le  respondoient  vaillamment  :  B. 

(')  Jean  de  Bernalmonl,  chevalier,  échevin  en  1 380-1592,  maître  de  la  cité  en  1374,  grand  mayeur 
en  1378-1586.  (Les  Échcvins,  t.  I,  p.  296.) 

(s)  Jean  le  Cocq,  maître  de  la  cité  en  1374,  voir  Les  llourgmestres,  p.  87.  D'après  Abry,  dans  le  20 
même  ouvrage.  Jean  le  Cocq  fut  encore  maître  de  la  cilc  en  1579,  1584,  1591,  1397.  Ces  dates  ne 
concordent  pas  avec  ce  que  nous  trouvons  dans  les  lextrs.  En  effet,  Jean  le  Cocq  est  cité  comme  maître 
de  la  cité  avec  Guillaume  de  Flémalle,  le  1 1  février  et  le  15  juin  1579  (Cartulairc  de  Saint-Lambert, 
t.  IV,  pp.  SÎ59,  5G4\  avec  Nicolas  de  Champs,  le  27  janvier  1581  [Fiefs  de  Jean  d'Arckel,  p.  22K), 
et  le  16  juillet  de  la  même  année  {Chartes  de  Val-Saint- Lambert,  n°  717),  enfin,  le  7  février  1394  2è> 
(Cartutaire  de  Val-Benoit,  p.  708),  et  le  29  mars  de  la  même  année  [Charles  de  Saint-Jacques.)  Il  est 
cité  plus  loin  comme  élu  en  1391.  Ses  dates  d'élection  sont  donc  1574,  1578,  1580,  1591,  1593. 
Il  mourut  en  1597. 

(3)  Guillaume  Boileau  de  Mons,  voir  de  Theux,  t.  Il,  pp.  96-98.  (Hemricourt,  I,  p.  5K9  ;  II,  p.  160.) 

(')  Jacques  de  ncniouchamps,  voir  de  Theux,  t.  Il,  p.  122.  Cf.  Carlulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  30 
p.  SI5. 

(8)  Lambert  de  Fexhc,  chanoine  de  Saint-Servais  de  Maestricht,  chapelain  de  Saint-Pierre  en  1353, 
fils  d'Oger  de  Fexlie  et  d'une  fille  de  Guillaume  d'Odeur.  Suppliques  d' Innocent  VI,  n°  187. 

(')  Pctrus  Corsinus,  ep.  Florrntinus,  promu  cardinal  le  7  juin  1570,  au  titre  de  Saint-Laurent 
in  Damaso.  33 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  DOUTREMEUSE.  201 

on  les  nayast  tous,  et  qu'on  devoit  sur  ce  constraindre  le  chapitre  a.  Dont  lende- 
main fut  la  cité  ensemble,  et  le  mambor,  siegneur  Walthier  de  Rochefort  susdit, 
estoit  malade,  et  y  fut  son  frère,  siegneur  Giel  de  Rochefort,  et  siegneur  Baréz  de 
Lardier,  (*)  et  firent  remonstreir  par  ledit  Boilet  ce  qui  il  avoil  le  jour  devant 
5  remonstré,  et  fist  encor  pis.  Et  adonc.  ensuivant  la  sceut  de  la  cité,  ils  allirent  en 
chapitre  et  les  requirent  de  faire  leurs  xxn,  car  s'ils  ne  les  faisoint.  ils  prendront 
leurs  corps  et  biens,  et  que  les  xxx  preslres  chantent  ossy,  ou  ils  les  prendront 
scmblablement  corps  et  biens.  Adonc  maistre  Thomas  de  Hcmricourt  (2), 
scolastre,  disl  que  ce  n'estoit  mie  la  ferme  asseurance  que  la  cité  les  avoit 

îo  aultre  fois  promis,  et  que  lendemain  ils  respondroient.  Kt  lendemain,  le  jour  d;: 

sainct  Thomas,  le  chapitre  respondit  qu'il   avoit  faicl  quattre  xxu,  assavoir 

siegneur  Guilheaume  Royleauwe  et  siegneur  Philippe  Waleran  (3).  qu'estoit 

alors  à  la  courte,  et  maistre  Giel  Fiehon  (4)  et  siegneur  Giel  de  Rochefort. 

L'an  XIIFLXXVI,  le  jour  du  Noël,  chantât  le  deserviteur  de  Herstal  messe 

is  en  palais  pardevanl  ledit  mambor. 

Le  premier  jour  de  janvier,  siegneur  Guilheame  Boylcauwe  et  siegneur  Phi- 
lippe Waleran  apportirent  depar  le  pape  deux  bulles,  l'une  à  chapitre,  l'autre  à 
maistres,  contenantes  qu'on  reslituast  Févesque  en  sa  juridiction  et  le  sien,  et 
que  on  recepvast  bénignement  son  légale  qu'il  envoyoil  à  Liège.  Le  xme  jour  de 

20  janvier,  Gérard  de  Rochefort.  frère  à  mambor,  et  bailhier  de  Tuwin.  prist  troix 
procureurs  et  les  fist  mangeir  leurs  lettres  b.  assavoir  Hellin  de  Temploux  % 
Gielchon  Vairon  (5)  et  Johan  de  Liège  (6),  et  les  drappiers  reschoivenl  d  ledit 

"  et  que  on  destruiroit  le  chappitre  :  B.  —  b  leurs  lettres  et  citations  :  B.  —  c  Gerabloux  :  B,  D. 
—  <*  rescouvirent  :  B 

25  (*)  Fastré  Baré  de  Surlet,  dit  de  Lardier,  chevalier,  fils  de  Thibaut  de  Lardier,  maître  de  la  cité 
en  1381,  grand  mayeur  en  1588,  mort  en  1389.  (Les  Échevins,  t.  I,  p.  593;  Les  Bottnjmestres, 
pp. 93-94.)  Il  est  cité  comme  maître  le  24  novembre  1381  et  le  19  mars  iô8'2.(Ctiartcs  deSahit- Jacques.) 

(*)  Thomas  de  Hemricourt,  voir  db  Thei'X,  t.  11,  pp.  111-112.  (Heihmcourt,  I,  p.  289;  IJ,  p.  2i6) 

(')  Philippe  Waleran  ou  Walrami,  voir  de  Thedx,  t.  Il,  p.  108. 
50       (*)  Gilles  de  Bcrmonbèche,  dit  Fichons,  voir  Ibid.,  pp.  108-109. 

(BJ  Gielchon  Vairon.  Un  personnage  du  nom  de  Colson  Vairon  est  cité  en   1578,  [Carttilaire  de 
Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  824.) 

(')  Jean  de  Liège.  Un  personnage  de  ce  nom  est  cité  en  1582.  (Carlulaire  de  Saint  Lambert,  t.  IV, 
p.  607.) 

Tome  II.  26 


202  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Hellin,  car  il  estoit  de  leurs  mestirs.  Dont  la  cité  fut  assemblée,  et  le  mambor  fist 
tant  que  la  cité  luy  donnât  de  faire  des  aullres  deux  procureurs  son  plaisir". 

Apres  survint  quelque  commotion,  et  le  chapitre  fut  requis  de  mettre  hors  le 
standar,  et  que  le  chapitre  face  à  ses  fraix  gardeir  Viseit,  veu  qu'il  y  at  grands 
biens.  Et  le  mambor  les  requist  ossy  6,  et  le  chapitre  luy  respondit  qu'il  ne  s 
ne  devoint  mettre  hors  le  slandart  se  le  pays  ne  le  requerroit  généralement. 
Le  mambour  respondit  qu'il  falloit  tanlost  alleir  vers  Eick,  car  siegneur  Johan 
de  Joncost  (*),  chastelain  d'Eick,  n'avoit  encor  volut  faire  seriment  à  luy,  et 
avoit  laissiet  ''  entré  dnns  le  siegneur  d'Eick,  et  siegneur  Robert  d'Erckel  (*), 
et  siegneur  Johan  de  liinenstein  d  (3).  Lors  le  chapitre  respondit  qu'il  n'estoit  io 
mie  tenus  de  gardeir  Viseit,  mais  le  mambour  qui  levoit  les  rentes.  INon  obstant 
siegneur  (îiel  de  Rochefort,  r  ère  audit  mambour,  allât,  contre  la  volunté  de  ses 
confrères,  mettre  hors  le  standart  sans  sonneir  la  blanche  cloche. 

En  ce  temps  pendant,  vient  l'abbé  de  Sainct-Bavon  (4)  à  Gand  et  démonstrat 
à  Tongre  à  l'évesque  et  à  pays  la  puissance  de  sa  légation  depar  le  pape,  et  ce  is 
le  xxui"  jour  de  féverier.  Adonc  le  susdit  légate  priât  au  pays  qu'il  voulsissent 
osteir  et  déposeir  le  mambour,  et  il  mineroit  l'évesque  à  Liège,  et  feroit  bon 
accorde,  mais  les  maistres  dirent  qu'ils  iroint  anchois  parleir  à  la  cité.  Mais 
quant  les  maistres  vindrent  à  Liège,  ils  trouvirent  que  ledit  siegneurde  Rochefort 

°  à  son  plaisir  :  B.  —  'Et  lendemain,  le  mambour  leurs  requist  encor  le  mesme  :  B  et  D.  —  20 
c  et  avoit  eus  laisiet  :  A.  —  d  de  Ravenstein  :  B. 

(*)  Jean  de  Joncout,  chevalier,  sénéchal  de  Maeseyck,  cité  en  1365,  1367  et  avec  la  qualité  de 
chevalier  de  1569  à  1581  {Fiefs  de  Jean  d'Arckel,  passim),  comme  sénéchal  du  comté  de  Looz  en  1576 
(Ibid.,  p.  179). 

(')  Robert  d'Arckel,  neveu  de  l'évéque,  sire  de  Rynswulde,  aujourd'hui  Rcnswoude,  village  de  la  25 
province  d'Utrccht,  châtelain  de  Montenaekcn,  cité  comme  tel  en  1373,  1376  (Fiefs  de  Jean  d'Arckel, 
pp.  158,  172),  cité  aussi  de  1366  à  1578  et  en  qualité  de  chevalier  à  partir  de  1372  (Ibid.,  p.  49,  114), 
receveur  de  l'évéché  de  Liège  en  1370,  1572  (Ibid.,  pp.  100,  115,  118). 

(3)  Jean,  seigneur  de  Rynenstein,  en  Hollande,  bâtard  de  l'évéque  (Zantfuet,  col.  306),  cité  en 
qualité  de  chevalier  de  1372  à  1378  (Fiefs  de  Jean  d'Arckel,  passim),  comme  sénéchal  du  comté  de  30 
Looz  en  1572,  1573  (Ibid.,  pp.  12»,  132). 

(*)  Jean  du  Fait,  abbé  de  Saint-Ruvon,  1350-1594,  cf.  Kirtb,  La  Cité  de  Liège,  t.  II,  p.  529  :  Le 
pape  Grégoire  XI  charge  Jean,  abbé  de  Saint- lîavon  à  Gand  de  faire  la  paix  entre  le  princc-évéqoe 
Jean  d'Arckel  et  les  Liégeois,  18  décembre  1375. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  203 

avoit  informé  le  peuple  contre  les  maistres  de  faulseté,  tellement  que  le  palais 
fut  ensemble  et  ses  officiers.  Allors  les  maistres  s'en  allirent  démonstreir  touttes 
ses  affaires  à  légate  à  Tongre.  et  le  légate  respondit  qu'il  iroit  voir  l'évesquc  à 
Treict  et  demanderoit  sa  volunlé,  et  l'évesque  luy  dit  que  rien  n'en  feroit  °. 
5  Adonc  plusieurs  des  nobles  du  pays  allirent  à  Treict  vers  l'évesque,  qu'ils  le 
pensoicnt  induire  de  revenir,  mais  l'évesque  les  respondit  qu'il  reviendroit 
volunlier  moinnant  que  le  mambour  et  ses  officiers  fussent  osteis,  et  que  les 
xxii  ne  jugeassent  jusque  à  Paske,  et  il  suspendroit  la  guerre,  et  le  procès 
de  l'interdit  ossy  jusque  adonc,  et  que  fussent  restituées  forteresses  du  pays  et 

10  satisfaict  raisonnablement  de  ses  despens,  et  ausy  il  s'accorderoit  à  faire  paix, 
mais  lesdis  barons  se  partirent  atant,  disant  que  ce  n'oseroint  reporteir.  Le 
seconde  jour  de  mars, le  mambour  remonstrat  sur  le  palais  comment,  az  raportes 
des  maistres,  par  une  seule  bailbe  que  le  légate  les  avoit  dit,  la  cité  avoit  passé 
qu'il  fusl  déposé  de  son  office,  sy  que  bricfment  fut  ordonné  par  la  cité  que  le 

ib  mambour  demorast  jusque  à  la  paix  parfaite  '',  veu  que  les  barons  n'osoinl 
déclareir  la  responce  de  l'évesque. 

En  ce  temps,  le  duc  Wincelaire  escrivit  à  Liège  qu'il  peuuist  à  avoir 
hc  lances  pour  alleir  avec  luy  combalre  les  compangnies  et  que  le  privost  de 
Builhon  (J)  et  le  bailhier  de  Condros  (2)  allassent  avec  luy.  comme  la  cité  et  le 

20  mambour  y  consentirent.  Le  vie  jour  de  mars,  siegneur  Jac  de  Landris  (3)  et 
siegneur  Herman  de  Zante(4),  chanoines  de  Liège,  et  tretous  lesabbeis  de  Liège 
et  Johan  de  Parfonlriwe  (5)  allirent  vers  l'évesque  à  Treict  encor  pour  l'induire 
à  voie  de  paix,  mais  ils  le  trovirent  plus  dure  que  devant,  si  que  allors  fut  crié 
à  peron  que  nul  n'allast  à  Treict  ne  de  la  parle  °  de  l'évesque. 

23      °  iroit  à  Treict  parler  à  l'évesque  pour  veoir  s'il  ne  le  vouloit  faire,  qui  respondit  que  neny  :  B. 

—  b  quant  la  cité  sceut  ce  que  lesdits  barons  avoient  trovés  à  l'évesque,  ilz  passât  que  le  mambour  :  B. 

-  c  ne  en  la  puissance  :  B. 

(')  Jean  de  Denville,  prévôt  de  Bouillon.  (Hemricourt,  I,  p.  270.) 

(')  Jean   de  Denville,   chevalier,  cité  comme  bailli  du  Condroz  en   1367-1576.  (Fief»  de  Jean 
30  d'Arckel,  pp.  84-169.)  (Hfmricourt,  I,  p.  270;  11,  p.  192). 
(')  Jacques  de  Landris,  voir  de  Theux,  t.  II,  pp.  119-120. 
(*)  Herman  de  Xanctes,  voir  Ibid.,  pp.  68-70. 
(!)  Jean  d'Achou  dit  de  Parfondry,  clerc  de  la  Cité  de  Liège,  cf.  Hemricourt,  I,  p.  267;  II,  p.  315. 


204  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Le  xnu°  jour  de  mars,  à  mandement  de  susdit  légale,  allircnt  à  Treiet  aulcuns 
chanoines  de  Sainct-Lambcrt  et  des  secundaires  églises,  qui  rapportirent  lettres 
qu'ilz  sulïioit  à  l'évesquc  que  la  paix  des  xxu  remanist.  mais  qu'elle  fust 
modérée  par  certains  députeis.  et  que  le  mambour  fust  ostéz,  ce  que  plaisoit  " 
bien  à  la  cité,  voir  que  tout  le  pais  fust  mandé.  Ce  pendant  le  mambour  dist  ."> 
qu'il  avoit  lettre  comment  siegneur  Ilobert  d'Erckel,  siegneur  Johan  de  Renc- 
slein  '',  siegneurs  Giel  Chaboz  et  Johan  de  Denvilhe  '  avoinl  marchandé  à  jugu- 
leurs  de  despier  la  ville  de  Tuwin  pour  cns  oceier  Gérard  de  Rochefort. 
bailhier  de  Tuwin,  laquelle  lettre  ne  fut  oneque  ouverte,  mais  non  obstant,  à 
command  et  information  du  mambour,  la  cité  allât  abattre  Ratier,  qu'estoit  à  10 
siegneur  Gicl  Chaboz  (*), et  furent  adoncq  tous  nu  huchieis  banis  c  ans  et  i  jour. 

Le  xx"  jour  de  mars,  le  pays  fut  ensemble,  et  requist  le  mambour  d'alleir 
rcjiaignier  Eyck.  Lors  le  chapitre  priât,  ensuyvant  les  lettres  du  légate,  que  on 
volsist  alleir  avant  sur  le  traicté  de  paix  '.  mais  le  mambour.  affin  qu'il  tenist 
doresnavant  la  mamburnie,  défendoit  le  traicté',  disant  que  le  pays  n'estoit  mie  15 
sur  ce  assemblé,  et  son  frère  siegneur  Gicl  de  Rochefort  eschaufoit  tousiours 
le  peuple  contre  ses  confrères  mesmes  et  conchanoines. 

En  ce  temps,siegncur  Robert  de  Mamur^)  requist  à  pays  de  Liège  que,se!one 
le  seriment  qu'il  avoit  faict  à  l'évesque  Engelbert.il  puisse  demoreire  et  laissy  ens 
les  bonnes  villes  et  le  suivre  comme  il  avoit  faict  le  seriment  en  chapitre,  mais  20 
le  pays  luy  priât  qu'il  volsist  laboureir  'avec  certains  députeis  depar  le  pays  de 
traicteir  de  paix  avec  l'évesque  à  Treiet  et,  ce  faict,  ils  feroint  tant  qu'il  aroit  ce 
qu'il  devoit  avoir.  Dont  à  ce  dist  siegneur  Robert  qu'il  escriroit  voluntiers 
vers  l'évesque  daulcunnes  triwes,  et  adonc  on  feroit  sa  puissance  de  traicteir  9. 


"  il  plaisoit  :  A.  —  b  de  Ravestein  :  B.  —  c  de  Douville  :  B.  —  d  qu'on  voulusse  traiter  de  paix  :  B.  23 
—  «  de  traiter  de  paix.  —  '  requist  sur  le  pays  de  Liège,  veu  le  serment  qui  luy  fust  jadis  laissez  par 
l'évesque  Engelbert  de  la  Marche,  et  qu'il  fist  en  chapitre  à  cause  des  bonnes  villes  aulcuns  que  lesdites 
villes  l'ensuyvissent,  mais  luy  priât  de  vouloir  rendre  paine  :  B  et  D.  —  0  et  adonc  il  rendroit  peine  de 
toute  sa  puissance  de  traiter  de  paix  :  B,  D. 

(')  Les  Liégeois  abbattirent  aussi  le  manoir  de  Jean  de  Denville  à  Mavelangc.  (Zantflibt,  col.  306;  30 
Matbias  de  Lewis,  p.  129.) 
(*)  Robert,  frère  du  comte  Guillaume  de  Namur. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  205 

Lors  à  la  requesle  du  mambour,  fut  la  cité  ensemble  et  là  démonstrat 
le  mambour  que  la  cité  volsist  yssir  hors,  car  la  contée  de  Looz  estoit  pleine 
d'ennemys.  Adonc  Gérard  de  Puchey  (*)  dit  que  on  veoil  bien  que  on  ne  vol- 
droit  mie  que  paix  se  fesist,  et  priai  que  le  mambour  monstrast  les  lettres  de 
s  celuy  qui  luy  avoit  cela  mandeit,  mais  il  dit  qu'il  n'en  avoit  nulle.  Adonc  eut 
grand  murmure  en  palais  l'ung  contre  l'autre,  tant  qu'il  convient  à  maistres  de 
descendre  a  et  jettirent  quaranlaisnes,  et  dit  Renier  de  Bierses  (8),  maistre  pour 
le  temps,  tout  hault  que  qui  disoit  la  vérité,  ils  estoit  malvenus,  et  que  le  temps 
viendroit  que  on  oserat  bien  dire  la  vérité  et  parleir  de  paix,  sy  que  alors 
10  le  mambour  retournât  en  sa  chambre  et  ung  chascun  ausy. 

Ce  temps  pendant,  ceulx  de  Huy  mandirent  que  ceulx  de  Liège  et  le  mam- 
bour les  allassent  aideir,  car  ils  avoient  assaillis  ÎMoha,  mais  le  chapitre  et  la  cilé 
et  le  mambour  les  allirent  prier  de  soy  relireir,  car  se  seroit  contre  ladite  paix 
des  xxii.  Lors  ceulx  de  Huy  disrent  que  les  mi  albains  susdis,  qui  ne  peuvent 
's  entreir  dedens  le  pays,  estoint  enclouz  dedens  Moha,  et  le  chastelain  disoit  que 
c'estoit  mensongne  et  qu'il  donneroit  les  cléz  du  chasteau  az  seigneurs  du 
chapitre  pour  le  visiteir,  comme  il  fisl  et  fut  trovéz  le  contraire,  car  ils  n'y 
estoienl  point b.  Non  obstant  lluyois  disoint  à  chastelain,  siegneur  Hubin  de 
Fanchon  (3),  qu'il  rostast  le  siens  dedens  vi  jours,  car  ils  voloint  mettre 
20  xl  hommes  desus. 

Le  pénultième  jour  de  mars,  furent  accordées  les  triwes  impétrées  par  le  duc 
Wincelaire,  légale  de  Brabanl,  jusque  Quasimodo,  voir  que  les  susdis  nu  banis 
n'y  soient  mie  compris. 

Le  xim*  jour  d'apvril,  soy  combalirent  un  champions  à  Huy  par  devant 
25  le  mambour,  mais  la  paix  y  fut  faite. 

En  après  les  triwes  finées,  le  xviu0  jour  d'apvril,  on  criai  à  peron  que  chascun 

a  tant  qu'il  falut  que  les  maistres  descenderoient  :  fi3.  —  b  comme  il  rist...  estaient  point  :  omis  A. 

(l)  Gérard  de  Puchey,  clerc,  cité  en  1567,  dans  Cartulaire  de  Saint  Paul,  p.  501. 
(')  Renier  de  Iiierset,  maître  de  la  cité  en  1575,  voir  Les  Bourgmestres,  p.  87.  Zantfliet,  col.  507, 
50  cite  avec  lui  Henri  Frérart,  tandis  que  Matliias  de  Lewis,  p.  128,  cite  comme  niailre  cette  même  année, 
Huwart  Huvenial  que  donne  aussi  Abry  et  que  nous  trouvons  ci-dessus,  p.  199,  n.  5. 

(3)  Hubin  de  Fanchon,  chevalier,  cilé  de  15GC  à  1384.  (Fiefs  de  Jean  d'Arckel,  pp.  42-250.) 


206  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fust  apareilhéz  à  son  de  cloche,  car  grands  gcn<;  vonoint.  Le  xxixe  f'  jour  d'apvril, 
l'évesquc  escript  qu'il  voloit,  s'il  plaisoit.  prolongicr  lesdilcs  triwes  jusque  à  la 
sainct  Johan  Baptiste,  mais  le  pays  passât  que  on  envoiast  à  Treict  à  luy  scavoir 
s'il  veull  tenir  la  paix  des  xxn,  laquelle  avoit  sailléz,  car  sinon  il  soit  certain 
que  on  abnlterat  ÎMoha  et  assiégerat  ons  Fyck.  Adonc  y  furent  envoyez  siegneur  5 
Willicaume  Boileawe  et  Jac  de  Landris,  chanoine  du  Liège,  le  siegneur  de 
Seraingue,  Fastrard  Bareit  de  î  ardicr,  Henry  Frérar  (')  et  Johan  de  Parfon- 
riwe,  clerck  de  la  cité,  mais  l'évcsque  respondit  que  se  il  et  les  biens  de 
sa  table  n'estoint  hors  de  ladite  paix  des  xxii  excepteis,  que  jamais  ne  s'accor- 
deroit  à  paix,  Adonc  les  dépuleis  susdis  demandirent  à  conseille  de  Treict  s'ilz  10 
le  aroint  passez  par  naviers  eulx  et  leurs  engiens  et  instruments  et  ossy  se  e'estoit 
leur  intention  de  sustenir  gens  allencontre  du  pays.  Lors  ceulx  de  Treict  prisrent 
dilation  de  respondre  jusque  à  ve  jour  de  may.  Cependant  siegneur  Walran 
de  Borne  (2)  fisl  tant  que  triwes  furent  prolongiées  jusque  à  me  jour  de  may. 

Le  dernier  jour  d'apvril,  le  siegneur  Walran  de  Borne  traictiat  à  Tongre  à  iï 
conseille  de  l'évesque  et  de  pays  une  certaine  manière  de  paix,  et  sur  ce  1  evesque 
prist  dilation  de  conclure  dedens  le  ime  jour  de  may,  et  adonc  la  cité  envoiat 
Johan  le  Cork  prier  ceulx  de  Huy  qu'ils  ne  veullent  mie  encore  abalre  Moha. 

Le  me  jour  de  may,  le  mambour  et  son  frère  siegneur  Ciel  disrent  en  palais 
sur  la  cifé,  s;ins  personne  dénommeir  \  que  les  maistres  ne  procuroient c  nulz  20 
biens,  et  accordât  la  cilé  de  mettre  cesle  fois  maistres  des  gouverneurs,  et  que 
chascun  chiefz  d'hostcil  aye  à  paicr  toultes  les  sapmaines  1  pitit  halmeit  à 
mambour  pour  défendre  le  pays  et  qu'on  retinsse  le  cours  de  la  Meuse  d,  que 

0  le  xxiie  :  B.  —  b  sans  rien  déclarer  :  B,  D.  —c  porteraient  :  A.  —  d  qu'on  retinsse  le  cours  de  la 
Meuse  :  omis  A.  25 

(')  Henri  Frérart,  tanneur,  cité  en  1559,  1560  (Cartttlaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  pp.  290,  520), 
maître  de  la  cité  en  1577-1578  (Ibid.,  pp.  540,  B45,  561-564).  Voir  Les  Bourgmestres,  p.  89. 
En  outre,  un  acte  du  9  novembre  1579  désigne  Henri  Frérart  comme  maître  de  la  cité  avec  Gosuin 
de  Flémalle.  (Lacomblet,  Urkundenbusch,  t.  111,  p.  757.)  Il  a  donc  été  élu  une  seconde  fois  en  1579, 
contrairement  à  ce  que  dit  Abry.  Enfin,  nous  le  trouvons  ci-après  cité  comme  maître  pour  la  troisième  30 
fois  en  1582. 

(5)  Walcran   de    Fauqucmont,   sire   de   Borne   et   de   Sittard,   releva   la   forteresse   de   Borne,   le 
5  septembre  1356  (Carlutaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  pp.  246-247),  mourut  sans  hoirs  en  1578. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  207 

Moha  fu9t  abatue,  et  que  les  biens  qui  appartenoint  à  pape  en  ce  pays,  à  cause 
de  la  clergerie,  fussent  distribuez  az  gendarmes,  et  tout  ce  bressoit  le  mambour 
et  son  frère.  Et  quant  l'évesque  sceut  ce,  il  ne  volut  respondre  et  fut  très 
couroucé  et  fist  son  appareilhe  pour  la  guerre,  sans  plus  de  triwes. 

5  Adonc  l'évesque  envoiat  lettres  à  mambor  et  à  pays,  laquelle  fut  lesue  en 
chapitre,  contenant  qu'il  devoit  respondre  au  1111°  jour  de  may  à  traicliés  de 
Tongre,  lesquels  il  ne  voloit  et  ne  povoit  tenir,  veu  que  le  terme  pendant  on 
avoit  accordé  maintes  choses  irralionables  contre  luy  et  sa  jurisdiction,  dont 
depuis  il  soy  plaindoit  à  Dieu  et  à  ses  amys.  L'autre  seconde  lettre  fut  la 

10  deffiance,  et  mic  chevaliers  et  siegneurs  défièrent  le  mambor  et  le  pays. 

Le  vie  jour  de  may,  Huyois  allirent  abattre  Moha  et  l'eurent  légirement, 
caries  gardes  estoient  pour  ceulx  de  Huy.  Les  nomes  des  contes  qui  ont 
régné  à  Moha,  dont  le  premier  eut  nom  Mohelin,  qui  commenchat  à 
régneir  l'an  du   l'incarnation   A'oslre  Seigneur  Jesuchrist   VICIIIIXX  et  VII. 

15  Le  u°  Bertolde.  Le  m*  Henry.  Le  1111e  Barey.  Le  v"  Guilheaume.  Le  vi', 
Arnulde.  Le  vu*  Herman.  Le  vme  Renier.  Le  ixe  Albert.  Le  xc  Lambert. 
Le  xie  Amaury.  Le  xue  Henry.  Le  xiu"  Hue.  Le  xive  Albert,  liquel  donnai  la 
conté  de  Moha  aile  englise  de  Liège  l'an  MCC,  du  temps  Hue  de  Pierpont, 
évesque  de  Liège. 

-20  Le  vne  jour  de  may.  Huyois  vindrenl  à  frères  deleis  lhoste  de  Liège  ",  et  les 
ennemis  ardirent  fort  dedens  la  contée  de  Looz.  Le  vme  jour,  les  ennemis 
ardirent  à  Volteme  et  à  Liexhe  b.  Le  ix"  jour  de  may,  ceulx  de  Liège,  de  Huy  et 
de  Tongre  soy  retirèrent  pour  faire  provision  pour  alleir  asseoir  Treict,  et 
l'évesque  allors  fist  ardre  Sainct-Picr  à  Treict,  affin  que  Liégoix  ne  logeassent 

25  là.  Lors  Henry  Frérart  tlist  aux  maistres  qu'il  falloit  envoier  vers  Viseit,  car 
il  avoit  entendu  que  les  ennemys  l'asailheroint  ains  trois  jours,  et  tantost 
siegneur  Johan  délie  Boverie,  bailhier  de  Sainct-Lambert  (*),  et  de  chascun 
meslier  ung  tantost  allirent  par  nuict  à  Viseit.  Lendemain  à  matin,  le  xe  jour 
de  may,  les  ennemys  vindrent  pour  assaillier  Viseit,  et  durât  l'assault  jusque 

30      "  se  viendrent  joindre  à  l'hoste  de  Liège  :  C.  —  *  à  Lexhy  :  B 

(4)  Jean  Bouchar  del  Boverie,  écuyer,  puis  chevalier.  (Hemricourt,  !,  p.  425;  II,  p.  169.; 


208  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

à  x  heures,  car  Isaac  de  [Nivelle  "  et  ceulx  qui  estoient  à  Viseit  la  defïendirent 
tellement  que  les  ennemys  s'en  rallirent  deffraileis  '',  et  y  laissirent  plusieurs 
banniers,  car  ils  avient  oyt  dire  que  les  Liégois  y  venoient,  comme  vérité  estoit, 
et  ardirent  la  maison  siegneuf  Thiry  d'Oye  (').  Le  xn"  jour  de  may,  Liégois 
allirenl  jusqu'à  Herstal  et  relournirent ,  aiant  entendu  que  les  ennemys  5 
retournoint  encor  devant  Viseit.  Le  xve  jour  dudit  moys,  le  mambour 
perdit  vi  de  ses  gens  en  escarmoucliant  '  de  là  Viseit,  et  avoit  avec  luy  xv  des 
maistres  de  Liège.  Le  xvie  jour,  fault  il  (]uc,  à  la  requesle  du  mambour  et  des 
maislres,  payer  vic  doubles  ''  et  les  seeundaires  englises  xim'  doubles,  et  y  eut 
plusieurs  englieses  qui  eraprontirent  sur  les  joweaulx  de  leurs  englises,  et  i° 
pour  (Spécial  Sainct-Picr  sur  le  ciboire  du  Sacrement.  Lors  chascuns  qui 
avoit  c  muids  de  spealle  béritables,  bourgois  ou  ebevaliers  paiat  ''  pour  les 
gensdarmes  i  doubles  moulons,  et  de  plus  plus,  et  de  moins  moins.  Le  xvu"  de 
may,  fut  Wonck  arse  par  les  ennemys,  et  le  lendemain  le  siegneur  de  Borne 
escript  à  Liè^c  que  s'il  vouloit,  il  renlreprendroit 'à  traictier,  mais  rescrirent  <5 
à  siegneur  de  Borne  qu'il  voulsist  scavoir  à  1  evesque  ce  qu'il  demande  et  leur 
vouloir  rescrire. 

Le  xxe  jour  de  maye,  vindrent  ceulx  de  Tungre  et  ceulx  de  la  contée 
de  Looz  sur  le  palais,  et  firent  requeste  d'avoir  ung  nouveau  mambour,  qui 
mieulx  gardast  le  pays,  ou  eus  mesme  ilz  feroint  ung,  car  tous  les  jours  20 
ils  ardoient  le  pays  sans  nulle  défense,  veu  qu'il  ne  faict  que  quérir  argent. 
Lors  le  mambour  soy  excusât,  disant  qu'il  feroit  son  devoir.  Lors  les  Hesbain- 
gnons  firent  leurs  capitaines  siegneur  Kaes  de  Laminnes  (*)  et  siegneur  Johan 
le  Pollen  (3). 

a  de  Kenay  :  B.  —  b  retournèrent  défaits  :  B.  —  c  en  escarmouchant  :  omis  A.  —  d  doubles  25 
moutons  :  D.  —  «  furent  constraincts  de  payer  :  B   —  '  que  se  on  se  vouloit  rendre,  prendroit 
à  traictié  :  B 

(')  Thierry  d'Oye,  chevalier,  seigneur  de  Ucllenraedt.  (IIesiricourt,  1,  p.  100;  11,  p.  323.) 

(!)  Haes  de  Laminne  (cf.  Fiefi  de  Juin  d'Ârckel,  pp.  H!)  et  120),  cité  en  1579  connue  ayant  été 

maréchal  des  troupes  liégeoises.  (Poncelet,  op.  cil.,   pp.   241)   à   2SI.  —   Hemricourt,   I,   p.  bS;  30 

II,  p.  275.) 

(0)  Jean   le   Polain   d'Alleur,   d'après    Fiscn.   11    mourut   eu  1402.   (Cf.   Hemricoirt,    I,   p.    lltl; 

II,  i».  333.} 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  209 

Le  xxv*  jour  de  may,  le  pays  accordât  que  le  dernier  jour  de  may  ung 
chascun  fust  devant  Treict.  Adonc  Wincelaire,  le  duc  de  Brabant,  escrivit  à 
1  evesque  qu'il  voloit  venir  à  Liège,  touttefois  avec  leur  consentement n.  En  ce 
temps,  les  ennemys  ardirent  Haccourl  6,  Hallebaie  et  Hermal.  Adonc  siegneur 
5  Walran  de  Borne  (')  requist  de  venir  à  Liège  et  dit  que  s'on  voloit  envoier 
à  Viseit  ix  personnes,  que  l'évesque  en  envoieroit  xh,  et  que  il  avoit  espoir  que 
bonne  paix  seroit  faite.  Lors  le  pays  fut  à  palais  ensemble,  et  dit  le  mambour 
qu'on  rostast  les  maislres,  pour  ce  que  ils  ne  faisient  riens  de  preux.  Touttefois 
fut  arresté  qu'ils  demeurerient  leurs  termes  c,  et  furent  eslus  ix  personnes,  qui 

io  allirent  à  Viseit.  Le  dernier  jour  de  may,  les  ix  personnes  firent  relation  sur  la 
maison  de  la  cité  de  ce  qu'ils  avoint  trouvé  à  Viseit  et  fut  lesue  une  lettre 
contenante  le  traitié  comment  l'évesque  voloit  que  les  xxn  ne  jugeassent  jamais 
sur  luy,  ne  ses  biens  de  sa  table,  ne  sur  sa  clergerie,  et  que  on  luy  donnast 
pour  ses   domaiges   xvM  doubles  et  v*    pour   ses  frais,  et  que  les  xxn  ne 

15  prendent  nulz  droicts,  sinon  seulement  az  villes  qui  les  mettent  en  ouvres,  et 
que  Moha  soit  refaite,  et  mM  doubles  pour  les  pourvéances,  et  que  les 
mi  bannis  soient  rappeleis,  siegneur  Robert  d'Erckel,  siegneur  Giel  Chabot  et 
les  n  aultres. 

Le  vu*  jour  dejung,  accordât  le  pays  d'alleir  traicteir  à  paix  à  Enchastre  (*). 

20  Le  x"  jour  de  jung,  le  duc  de  Brabant  Wincelin  fut  à  palais  et  dit  qu'il  feroit 
paix  entre  l'évesque  et  le  pays,  et  se  l'évesque  n'y  voloit  entendre,  il  feroit  tant 
qu'il  ne  seroit  plus  à  Treict  et  donneroit  assistence  az  Liégeois,  voir  qu'ils  luy 
donnerienl  xviM  escus,  que  l'évesque  eut  quant  il  fut  en  prison,  pour  l'aideir 
contre  le  duc  de  Gelre.  ou  il  les  reprendroit  az  biens  de  l'évesque.  Lors  la  cité 


25  «  comme  le  pays  fust  bien  content  :  B.  —  b  bruslèrent  en  la  valée  à  Haccourt  :  B  et  D.  —  °  mais 
pour  destourner  le  traictié,  le  mambour  dist  tout  hault  que  on  rostast  les  deux  maistres,  car  ne 
faisoient  rien  de  bon,  et  adoneques  les  maistres  prièrent  que  on  fist  deux  aultres,  qui  fussent  plus 
preux  et  vaillant,  car  il  luy  estoit  bien  besongne,  faict  Renier  de  Bierses  preux  maistre,  qui  luy  ayde 
défendre  son  procès  mieulx  qu'il  ne  fist  hier  à  Haccour,  Hallebaye  et  Hermalle  et  adoneque  se  mist 

30  le  peuple  fortement  à  rire,  et  passèrent  qu'il  retiendroient  leurs  termes. . .  :  B  et  D. 

(*)  Waleran  de  Borne.  Voir  p.  206,  n.  2. 

(')  A  Castre,  dans  le  manoir  de  Bertrand  de  Liers. 

Tome  II  27 


210  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

luy  remerciât,  niais  ils  voloinl  tout  ce  remonslreir  au  pays.  Adonc  dit  le  duc 
qu'il  prendroil  à  eeulx  de  Sainct-Trond  raisonnable  amende,  s'il  vouloint  tenir 
journée  à  Tillcmont.  Lors  la  cité  envoiat  à  Tillemont  (*)  ceulx  qui  estoint  allé 
à  Enchaslre,  sans  retourneir  à  Liège,  et  trouvèrent  que  le  duc  de  Brabant  allait 
arrier  de  ses  propos  que  se  l'évesque  ne  faisoil  paix,  qu'il  ne  scroit  plus  à  Treict,  5 
se  relournirenl  vers  Liège  et  firent  leurs  relations,  mais  ils  furent  renvoyé  vers 
Enchastrc  pour  trailicr,  à  xme  jour  de  jung.  Le  xime  jour  de  jung  l'an 
XIIICLXXVI,  la  paix  fut  faite  qu'on  dit  de  Enchastrc  et  proclamée  à  Liège  et 
à  Treict  (2),  voir  que  le  mambour  doit  appresteir  ses  comptes,  et  les  mettre  ens 
mains  du  l'évesque.  Allors  les  un  albains  desurdicts  seroint  révocqueis,  mais  to 
siegneur  Giel  Chabo  deverat  emplire  la  sentence  des  xxn  et  les  englises  et 
Hesbaingnons  paieront  xviM  escus  viez  et  l'évesque  ferat  à  ses  frais  cesseir 
linterdict,  et  seront  prisonniers  tous  quittes,  et  seront  Huyois  quittes  de  ce 
qu'ils  ont  abattu  Moha.  Lors  le  chapitre  fit  ouvrir  la  course  de  la  loy,  qui 
avoit  paravant  esté  clouse.  is 

Le  xixe  jour  de  juing,  l'évesque  venient  à  Liège  à  grand  festin.  Le  xxi"  jour 
de  juing,  l'évesque  seyt  à  la  publication  de  la  paix  à  Noslre-Dame  à  fons.  Le 
pénulleime  jour  de  juing,  l'évesque  démonslrat  à  palais  que  la  cité  ne  prist 
plus  nulle  sinistre  information  contre  luy  et  qu'il  serat  bon  siegneur.  Lors  le 
mambour  remonstrat  qu'il  avoit  bien  servit  à  pays,  et  que,  par  ses  comptes,  on  80 
luy  devoit  ix"  escus,  et  la  cite  respondil  que  lors  il  falloit  premier  remonstrer  az 
bonnes  villes  ".  Le  dernier  jour  de  jung,  le  pays  accordât  généralement  tenir  et 
sailleir  ladite  paix,  et  que  siegneur  Giel  Chabo  allisl  faire  le  seriment  à  Tuwin, 
comme  il  estoit  arresté  et  ordonné,  et  que  de  la  paix  avec  le  duc  de  lirabanl  à 
cause  de  ceulx  de  Sainct-Trond,  le  pays  n'en  volut  rien  payer  '.  Le  premier  jour  25 
de  jullet,  le  palais  c  accordai  qu'à  Liège  et  en  Hesbangne  ehascun  chiefz  de 
la  maison  paierai  louttcs  les  sapmaines  ung  pilil  haelmeil  jusque  à  ce  que  le 
mambour  arat  leveil  pour  ses  despens  uiM  vieux  escus.  Le  vie  jour  dudit  mois, 

0  qu'on  en  parleroil  aux  bonnes  villes  :  B.  —  *  passeir  :  A.  —  c  pape  :  A. 

(')  Cf.  Straven,  I,  96.  —  Acte  du  28  avril  1376  par  lequel  la  cité  de  Liège  fait  connaître  à  quelle  30 
condition  la  ville  de  Saint-Trond  devra  faire  la  paix  avec  le  duc  Wenceslas. 

(')  Troisième  paix  des  Vingt-Deux,  du  il  juin  1576.  {liecutil  Ordonnances,  I,  336.) 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  211 

l'empereur  Charle  fit  couronneir  son  fis  VVincelin  à  Aeze  roy  d'Allemangne. 

Le  xvi*  jour  dudit  mois,  l'abbé  de  Sainct-Bavon,  légate,  donnât  la  absolution 
du  l'interdict  qui  avoit  sy  longuement  esté  à  Liège. 

En  septembre,  le  pape  Grégore  soy  fist  nagier  a  à  Rome,  malgré  les  car- 
a  dinales  ('). 

L'an  XIIICLXXYII,  en  juing,  fit  sy  grandes  chaleurs  par  l'espace  de  xxii  jours 
que  tous  fiuicts  sécboint b. 

En  ce  moys,  morut  Eduward  le  noble,  roy  d'Engleterre,  qui  avoit 
esté  roy  d'Engletere  chincquante  ans  vi  mois  moins,  car  il  fut  coronné  l'an 
10  XIIIe  et  XXVII,  le  jour  de  Noël,  et  n'avoit  alors  que  xvi  ans. 

L'an  XIIICLXXVIII,  le  xxe  jour  de  mars,  morut  le  pape  Grégore  susdit.  Le 
vu"  jour  d'apvril,  Bertclmé,  archevesque  de  Bars,  fut  esleu  pape,  mais  pour  ce 
que  les  Romains  ne  veullent  que  nul  fust  pape  si  il  n'esloit  Romains  ou 
d'Italie,  ils  firent  seoir  le  cardiuaule  de  Sainct-Pier  en  la  cheoir  papale  malgré 
15  luy.  Le  jour  de  Pasque,  ledit  Berthelmé  fut  bénit  et  coroné,  et  fut  nommé  pape 
Urbain  VIe,  lequel,  incontinent  après  la  consécration,  voulut  mettre  remède  aux 
cardinaulx  et  ehancelerie,  dont  ils  se  repentirent  de  l'avoir  fait  pape. 

L'an  XIIICLXXVIII,  le  premier  jour  de  jullet,  mourut  l'évesque  Jehan  c 

"  soy  fist  mener  :  B.  —  b  L'an  1377,  l'évesque  commença  à  faire  édifier  une  maison  de  plaisance 
20  proche  de  Guilhelmins,  maintenant  dit  l'abbastrie  (*)  :  add.  au  ms.  Liège  629.  —  c  En  mesme  an, 
l'évesque  ne  pouvant  aller  à  chambre,  estant  le  conduict  de  nature  estouppé,  combien  qu'il  print 
plussieurs  médecines  pour  faire  opération  et  soy  purgier,  ce  nonobstant,  le  premier  de  jullet,  rendit 
son  âme  à  son  Créature,  et  son  corps  fut  enterré  à  Outreict  où  il  avoit  eslu  sa  sépulture  ;  son  cueur  et  ses 
entrailles  furent  enterreis  aux  frères  Guilhemins  près  et  hors  la  cité,  à  l'entrée  de  chœur;  ses  exèques 
25  furent  célébrées  en  l'égliese  cathédrale  de  Liège;  les  léchons  des  vigiles  chantèrent  les  channoines  de 
Sainct-Lambert,  et  les  verses  et  respont  chantoient  les  channoines  des  secondaires  églieses  deux  à  deux. 
Lendemain,  fut  chantée  la  grande  messe  par  damp  Nicolas  De  Jardin  (3),  abbé  de  Sainct-Jacque,  estant 
accompaingnié  en  faisant  les  commandations  après  la  messe  des  abbés  de  Sainct-  Laurent  (*),  délie 

(')  Grégoire  XI  sortit  d'Avignon  le  13  septembre  1376,  arriva  à  Marseille  le  20,  s'y  embarqua  le 
30  3  octobre,  n'arriva  à  Corneto  que  le  6  décembre  et  fit  son  entrée  à  Rome  le  17  janvier  1377. 
(')  Sur  la  Bastrée,  voir  Alsxandre,  B.  I.  A.  L.,  t.  XXXIV,  pp.  441  à  446. 

(J)  Nicolas  du  Jardin,  abbé  de  Saint-Jacques,  de  1372  à  1 51)3.  (D.  U.  Berlière,  Monasticon,  t.  II» 
p.  18.) 

(4)  Robert  de  Genimont,  abbe  de  Saint-Laurent,  1562-1396.  (lbid.,  p.  46.) 


212  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

d'Erkel  à  Liège  el  se  Ost  ensevelire  à  Outreict  °.  Le  lendemain  de  ses  exèques, 
fut  assiezc  journée  pour  faire  élection,  le  jour  des  octaves  sainct  Pier  el  Paul. 
An  XIIICLXXVIII,  le  vie  jour  de  jullet,  fut  esleu  siegneur  Persan  de  Roche- 
fort,  frère  au  dcsusdict  mambour,  et  estoit  chanoine  de  Liège  '',  lequel  tantost 
fut  meiné  desoubz  la  corone  et  allât  à  l'autel  faire  le  serimcnl.  Le  raerquedy  5 
après,  le  pays  vint  à  Lic^e  (car  l'évesquc  Johan  d'Erkel  l'avoit  paravant 
mandé),  lequel  requérat  d'avoir  mambour  jusque  à  la  conflrinalion  de  l'esleu. 
Mais  le  chapitre  respondit  que,  pour  éviter  les  frais,  on  n'avoit  affaire  de 
mambour  pour  celle  fois.  Adonc  Henry  Frérarl  (^qui  estoit  maislre,  respondit 
que  toutes  les  villes,  exceptez  celle  de  Tongre,  vouloint  avoir  siegneur  to 
Wallhier,  le  frère  de  l'esleu,  pour  mambour,  mais  celle  de  Tongre  vouloit 
avoir  siegneur  Everard  de  La  Marche.  Les  maistres  Johan  d'Àmain  (*), 
changeur,  et  Henry  Frérarl  desusdict  voloint  avoir  mambour,  non  obstante 
l'élection  faietc  par  le  chapitre,  affin  de  donner  à  entendre  que  la  cité  avoit 
pouvoir  d'aidier  esleir  mambour.  Or  clone  pour  ce  que  le  vicedoyen  (3)  ne  15 
vouloit  mettre  le  chapitre  ensemble  pour  saillieir  ladicte  mamboumie,  ils 
meltirent  incontinent  la  cité  ensemble,  laquelle  accordai  qu'il  fust  saillée. 
Et  fut  contraind  le  chapitre  malgré  eux  del  sailleir. 

Vaulx-Sainct-Lambert  (J),  de  Noeuemostier  (6)  eraprès  Huy  et  de  liearepaire  (6)  en  habits  pontificats. 
Après  que  les  exèques  furent  accomplies,  le  corps  dudit  évesque  fut  menez  à  Outreict,  où  il  fut  enterré  20 
comme  il  avoit  commandé  :  D,\cf.  Zantfliet,  col.  313.  —  »  et  fut  menez  à  Outreict,  comme  ilz  avoit 
commandez,  et  i  fut  ensepvelys.  Et  il  y  fut  enterré  devant  le  grand  autel  de  la  grande  église;  ses 
entrailles  sont  mises  aux  Guilelmites  près  de  Liège  à  l'entrée  du  cœur  :  add.  B.  —  '•  avec  telle 
condition  et  protestation  que  si  le  pape  n'en  fust  point  content  de  telle  élection  et  qu'il  le  donnast 
à  ung  aultre,  incontinent  l'esleu  le  deveroit  quitter  et  faire  place  à  celui  que  le  pape  envoyeroit;  25 
ce  nonobstant  il  fut  menez  comme  esleux  dessoubz  la  coronne  et  puis  à  grand  aulteit  où  il  tist  le 
serment  :  D,  cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot. 

(f)   Henri  Frérart,  voir  ri-dessHS,  p.  206,  n.  1. 

(!)  Jean  d'Amay,  changeur,  maître  de  la  cité  en  1577.  (Voir  Les  Bourgmestres,  p.  89.)  Il  est  cité 
en   1573  (Cartulairc  de  Saint- Lambert,  t.   IV,  p.  S02);  comme  changeur  en  1575  (Ibid.,  p.  520);  30 
comme  maître  de  la  cité  le  10  juin  1578  (Ibid.,  p.  510.  —  Hehiucourt,  I,  p.  283;  II,  p.  205). 

(')  Guillaume  lioilcau  ci-dessus,  p.  200,  n.  5. 

(*)  Jacques  de  llaecourt,  abbé  du  Val-Saiiit-Lambcrt,  1350-1587.  (AlonaUicoti,  t.  Il,  p.  102.) 

(*)  Simon  d'Ochain,  abbé  de  IS'cufmousticr,  1380. 

(e)  Jean  de  Liège,  abbé  de  Beaurepart,  1504-1387.  (Monaslkon,  t.  Il,  p.  228.)  5 


CHROMQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAK  D'OUTREMEUSE.  215 

Le  siegneur  Boeleuve,  chanoine,  siegneur  Gerlaxhe  de  Monjardin  (*)  et 
siegneur  Johan  dcl  Boverie  (2)  furent  envoyé  à  Rome  pour  avoir  la  confirmation 
de  l'eslcu.  Ce  temps  pendant,  eut  grande  dissention  entre  l'esleu  et  son  frère  le 
mambour,  car  le  mambour  vouloil  avoir  les  biens,  et  l'esleu  semblablemenl, 

s  mais  la  cité  aidoit  tousiours  ledit  mambour,  dont  l'eslu  par  couroce  s'en  allât 
tenir  en  la  contée  de  Looz. 

Et  alors,  comme  on  famoit,  ledit  esleu  donna  lettre  saillée  au  duc  de  Brabans 
que  jamais  on  n'appelleroit  ses  gens  à  la  paix  de  Liège,  et  que  luy  convenoit 
de  donner  assistence  contre  les  Liégeois,  dont  il  fist  grand  follie,  car  il  esloit 

10  paravant  bien  aymé  de  pays  et  n'avoit  ger  qu'il  avoit  esté  avec  les  Liégois 
abattre  Petersem  (3).  Adonc  le  duc  de  Brabant  requérat  de  vouloir  tenir 
journée  pour  l'évcsque  al  Naye  ",  après  de  Treict,  comme  on  fist.  Mais  le 
mambour  et  l'esleu,  frères  charnells,  soy  disent  tant  de  parolles  que  l'eslu 
s'en  allât  et  dist  que  ceulx  qui  l'aymoint  Iy  suivissent,   ce  que  plusieurs 

15  cbainoines  et  chevaliers  firent.  Et  s'en  allât  à  Heer  b  et  le  mambour  à  Liège. 
Mais  ils  ne  furent  point  longue  arrier  de  là  quand  le  duc  de  Brabant  arriva  là 
pour  prendre  les  Liégeois.  Mais  voyant  qu'il  ne  les  trouva,  il  s'en  allât  à  Treict, 
et  l'évesque  lendemain  le  suyvit  °.  Alors  le  duc  de  Brabant  brusla  le  pays,  mais 
incontinent  il  fut  rencontré.   Lendemain  de  la  saincte  Catherine,  ceux  de  Liège 

20  ardirenl  Hannut,  et  ceulx  de  Huy  alloint  vers  Marche  en  Fammyne.  Item  les 

Liégeois  allirent  ardre  bien  xxix  villes  en  la  terre  de  Dolhen  et  prinrent  Renart 

Thoreveal  (4).    Alors  les  ennemys  ardirenl  à    Boirs,    mais   les   femmes  en 

tuèrent  xxm.  Adonc  le  duc  se  partit  de  Treict  et  laissât  là  l'évesque  Persant. 

En  ce  temps  mesme,  les  cardinaulx  se  partirent  de  pape  et  allirent  à  la  cité 

25  de  Fonde  et  citoirent  là  le  pape  à  ung  jour,  auquel  le  pape  ne  comparut 
point,  ains  créât  xix  nouveau  cardinaulx.  Adonc  les  vieux  cardinalls  créirent 
Robert  de  Geneive,  filz  de  conte  Laurent  '\  pape  appelle  Clément  VII,  dont 

"  Lanaye  :  B.  —  b  Hier  :  A.  —  c  avec  1900  lances  :  add.  B.  D.  —  d  conte  du  Lorrains  :  A. 

(*)  Gerlach  de  Mondersdorp,  seigneur  de  Monjardin,  châtelain  de  Waremme,  écuyer,  puis  chevalier. 
30  (Voir  Hemricodrt,  I,  p.  137;  II,  p.  267.) 

(*)  Sur  cette  ambassade,  voir  tome  I  de  ces  chroniques,  p.  77,  n.  2. 

(*)  Voir  ci-dessus,  t.  I,  p.  76. 

(*)  11  l'agit  de  Renard  Thoreal  de  Bernau.  (Hemricourt,  I,  p.  463;  II,  pp.  82  et  220.) 


214  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

commcncha  le  schisme.  Alors  les  susdits  ambassadeurs  de  Persant  allirent 
prendre  la  confirmation  dudit  Persant  à  l'antipape  Clément.  Ce  temps  pendant, 
Arnulphe  de  Horne,  évesque  d'OuIlreict,  impélrat  l'éveschié  de  Liège  au  pape 
L'rbain. 

L'an  LXXVIII  susdit,  le  xv"  jour  de  décembre,  Arnulphe  de  Horne,  qui  alors  5 
estoit  encore  évesque  d'OuIlreict,  vint  à  Liège,  car  la  cite  l'avoit  mandé  par  le 
siegneur  Guilheaume  de  Sainctc-IWargarite  et  Guilheaumc  Toussains  d'Amaing 
pour  venir  à  Liège,  car  ils  avoienl  entendu  que  le  pape  Urbain  luy  avoit 
conféré  l'éveschié  de  Liège,  et  la  cité  vouloit  obéir  à  Urbain  et  non  à  Clément, 
qui  avoit  confirmé  Persan,  lequel  la  cité  n'aymoit  point.  Tellement  que  alors  10 
ledit  Arnulphe  fut  fait  mambour  (*)  jusques  tant  que  les  lettres  de  sa  confir- 
mation viendroient  °. 

L'an  XIIIe  LXXVIIII,  de  moys  d'octobre  le  xxine  jour,  furent  luses  les  lettres 
de  la  confirmation  par  le  pape  Urbain  Arnulphe  de  Horne,  jadis  évesque  de 
Oultrcict,  en  chapitre  de  Liège.  Et  avoit  alors  vacqué  le  siège  du  Liège  depuis  15 
la  mort  de  Johan  d'Erkel  xv  mois  et  xxi  jours. 

An  XIIICLXXIX,  de  mois  d'octobre  le  xxiiii"  jour,  Arnulz  de  Horne,  fllz  du 
conte  de  Horne  '',  fut  receu  à  Liège  comme  évesque  cinquantème  c. 

"  L'an  mesme,  Johan  filzdu  siegneur  de  Serclaes  ('),  noble  famille  de  Brucelle,  docteur  ens  droits, 
channoine  de  Sainct-Lambert,  estant  esleu  et  confirmé  évesque  de  Cambraye,  rendit  son  esprit  à  Dieu,  50 
l'an  XIIIe  octantliuiclz,  le  douzième  de  joanvier.  L'an  mesme,  en  la  ville  de  Treict  ung  enfant  de  quarant 
jour  parlât  parfaitement  :  add.  D  —  b  filz  du  siegneur  de  Horne  et  de  Clèves,  et  par  sa  mère  siegneur 
de  Looz  et  de  Cassebeick  :  add.  B  et  D.—  c  L'an  ensuyvant,  au  moys  d'août,  le  saizième,  fut  le  pays  de 
Liège  diffié  par  siegneur  Johan  Rodemack  (5)  non  obstante  que  luy  mesme  avecque  son  père  peu  de  temps 
devant  eust  faicte  ung  contract  de  paix  avecque  l'évesque  Jean  d'Erkel  et  tout  le  pays  de  Liège.  Après  îs 
laquelle  deffiance,  en  mesme  instante  et  subitement  surprint  la  ville  de  Buillon,  laquelle  il  pillât  enthiè. 
rement,  mais  au  chasteau  ne  peut  rien  nuyre  ne  malfaire.  L'évesque  ayant  ce  entendu,  avecque  tout 
l'armée  de  la  cité  et  des  villes  de  Huy  et  de  Dinant,  s'en  allèrent  incontinent  vers  Rodemack.  Quoy 
entendu  par  ledit  Johan,  s'en  allit  vers  le  chesteau  de  Charepire  où  il  mit  le  feu.  Après  ce,  les  Liégeois 
assaillirent  ung  chasteau  communémen  appelé  le  leup,  situé  en  la  duchié  de  Barre,  partenant  aux  susdit  00 
Johan  et  après  l'avoir  prins  l'abbattirent,  ayant  pillié  tous  ses  meubles  qui  estoient  dedens.  Après  toute 
ce  expédiez,  l'évesque  exhortoit  ses  gens  de  vouloir  aller  plus  avant  pour  aller  assaillir  le  principal 
chasteau  dudit  siegneur  de  Rodemack,  distant  de  là  deux  journées  ou  environ,  leur  disant  que  personne 
n'oseroit  attendre  leurs  force  ne  résister  à  eulx,  comme  vraye  estoit,  car  tout  allentour  de  là  chascun 

(•)   1378,  16  décembre,  Arnould  de  Horne  est  nommé  mambour.  (Paweilhari  VI.  Capitaine,  fol.  163.)  33 
(*)  Jean  de  T'Serclaes,  cvêque  de  Cambrai,  1378-1388. 
(')  Sur  Jean  de  Rodemack,  voir  1. 1,  p.  81,  n.  1. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  215 

L'an  XIIICIIIIXX,  en  mois  de  septembre,  allât  1  evesque  vers  Checcpire  a  (l)  et 
Lupi  (2)  et  menât  avec  Iuy  l'ost  de  pays  générallcment.  Car  depuys  le  temps 
Johan  d'Erkelle,  siegneur  Johan  de  Kodemack  avoit  guerry  le  pays  et  maintfois 
fait  grand  dommaige  à  fentour  de  Bullion  (3).  Et  furent  lantost  sans  dissension 
5  les  deux  dictes  forteresses  abbatues,  et  si  les  Licgois  "  eussent  voulu  aller  avant 
à  la  rcquesle  du  l'évesque,  ils  eussent  gaigny  Rodemack  ".  Après  le  xix"  jour 

s'enfuyoit  et  abandonnent  leurs  maisons  et  tous  leurs  biens.  Mais  les  Hutois  s'excusèrent  pour  fautte 
d'admonitions,  qu'il  disoient  plus  riens  valoir,  leurs  pains  muchiés,  les  chairs  ranches,  et  les  vins  ne 
valoir  plus  riens,  et  se  exhortaient  l'ung  et  l'aultre  de  soy  retirer,  briefl  il  fallut  que  l'évesque,  malgré 

1:3  luy  toutefois,  qu'il  se  retirast,  et  chascun  en  son  pays  et  villes,  et  après  leurs  départs  n'eut  aulcuns 
personnes  sy  hardies  de  soy  eslever  contre  l'évesque  ne  pays  de  luy.  Le  capitaine  de  tous  ces  larrons 
qui  foulloient  et  pilloyent  le  pays  de  Liège  s'appelloit  Gérarde  de  Racourt  qui  par  pilleries  estoit  devenu 
fort  riche,  mais  au  dernier  devint  fort  peeuvre  :  add.  D,  cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot  et 
Zantfliet,  col.  317.  —  "  Secopre  :  B.  —  b  et  Hutoys  :  B  —  e  et  l'évesque  eust  volontiers  marché  avant 

13  pourgaigner  Rodemarch,  mais  les  Liégeois  ny  les  Huyois  ne  volurent  point  aller  plus  avant.  En  ce 
temps,  advint  plusieurs  choses  qui  sont  icy  obmises  pour  cause  de  brièveté  :  Liège  Univ.  18Î.  — 
L'an  traize  cents  octant  ung,  fut  édiffié  ung  pont  sur  Meuse  entre  Jemeppe  et  Seraingne  (*)  :  add.  D  ; 
cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot  et  Zantvliet,  col.  318.  —  En  mesme  tems,  s'eslevat  une 
guerre  fort  dommageable  entre  Loys,  conte  de  Flandres,  et  la  ville  de  Gand,  que  le  conte  Loys 

20  assiégea,  mais  il  ny  proffita  riens,  ayns  perdit  plussieurs  de  ses  gentilshommes,  lesquels  i  laissèrent 
leurs  vies,  et  durant  entre  eulx  ladicte  guerres,  nostre  évesque,  le  chapitre  de  Liège  et  bourgeois 
du  pays  de  Liège,  pour  faire  paix  entre  lesdictes  parties,  eurent  plussieurs  journées,  mais  en 
vain,  car  rien  ni  profitèrent,  pour  laquelle  cause  Gantois  commenclièrent  à  monstrer  grand  amour 
audits  Liégeois,  lequel  durât  et  continuât  jusque  à  l'an  quatorz  cens  et  trente,  à  cause  que  Liégeois 

25  administroient  aux  susdits  Ganthoys  vivres  et  aulties  admonitions  de  guerres  malgré  leur  conte  : 
add.  D.;  cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot.  —  L'an  traize  cents  octante  deux,  au  moys  de 
may,  le  vingte  siexième,  environ  le  midi,  en  la  cité  de  Liège  et  lieux  circumvoisins  en  Hesbaye  et 
plussieurs  aultres  villes  de  Liège,  fut  ung  grand  tremblement  de  terre,  combien  que  le  temps  fust 
pour  lors  fort  passible  et  quoye,  et  tombèrent  plussieurs  édifices  :  add.  D;  cf.  Chronique  latine  de 

30  Jean  de  Stavelot.  —  Item  encor  an  mesme,  le  vingtième  de  may,  aultre  tremblement,  la  nuicte  délie 
Pentecoste  universelle  par  touttes  Flandres,  France,  par  lequel  plussieurs  édifices  furent  renversées. 
Grande  peste  en  la  cité  et  pays  de  Liège,  que  commencea  environ  le  Sainct  Johan  Baptiste  :  add.  D. 

(i)  Château  de  Chassepierre,  près  de  Florenville.  Voir  t.  I,  p.  81,  n.  2. 

(!)  Château  de  Louppy,  au  duché  de  Bar,  appartenant  au  frère  du  sire  de  Rodemachc,  Gérard  de 
53  Haraucourt.  [Rad.  de  Rivo,  p.  41.)  C'est  aujourd'huy  Louppy-le-Châleau,  département  de  la  Meuse, 
arrondissement  de  Bar-Ie-Duc. 

(5)  Ce  fut  son  fils,  appelé  aussi  Jean  de  Rodcmarche,  qui,  en  1580,  déclara  la  guerre  à  l'évèque. 
(*)  Cf.  Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  598,  et  Chartes  du  Val-Saint  Lambert,  n°  719  du 
6  décembre  1381. 


2IG  UIROMQUES  LIÉGEOISES. 

de  décembre,  furent  osiez  les  xxxh  à  Liège,  qui  soloint  jugier  sour  ceux  qui  tcn- 
doinlaux  offices  "  (i). 

L'an  XIIIe  quallre  vingt  et  ung,  le  jour  du  saincl  Jacques,  furent  eslus 
bourgemaistre  à  Liège  siegneur  Barict  de  Lardier  et  Piron  le  l.obier  (*),  filz 
Jolian  le  Robicr,  qui  fut  jadit  maistre  et  escbevins  de  Liège,  et  Colard  de  5 
Champs  et  Jehan  le  Cok  favoient  estes  Tan  pardevant  (3).  Adonc  on  refist 
les  xxxii  pour  ce  que  on  avoit  menez  si  ordre  vie  *  pardevant  le  sainct  Jacque. 
Car  ceux  qui  estoienl  de  la  partie  Robert  crioient  jour  et  nuict  à  heis  et  ceulx 
de  la  partie  Henry  Frérart,  qui  faulsat  '  alors,  al  aigle. 

L'an  XIIICIIIIXX  et  deux,  furent  maislres  de  Liège  siegneur  Jehan  del  Boverie  10 
et  Henry  Frérard. 

(4)  L'au  IIIIXX  et  trois,  le  jour  de  quaremeal,  Henry  Frérard  dit  à  haull  voix 
en  palais  qu'on  luy  avoit  dict  que  Jehan  de  Sprimont,  chanoine  de  Sainct- 
Berthelmé  (5),  qui  estoit  retourné  d'Avingnon  de  Clément  qui  se  disoit  pape, 
avoit  tant  parcuré  aval  Liège  qu'il  avoit  trouvé  grande  partie  des  Clémentins  15 
qui  seroient  en  aide  à  Persan  pour  estre  évesque,  et  que,  au  grand  quaresme, 
lcsdicts  Clémentins  osleroient''  tous  les  Urbanist,  car  desia  avoient  faits  en  dix 
ou  douze  maisons  procurer  des  spafus  et  armures  e.  Lors  là  mesme,  Henry  Gio, 
qui  estoit  desia  tout  jureis,  dist  à  hault  voix  que  Henry  Frérard  mentoit  et  qu'il 
n'estoit  pas  bon  assez  pour  parler  sour  les  Clémentins  et  Persandins,  car,  par  20 

a  et  les  forbedeis  furent  rappelés  :  add.  B  et  D.  —  b  si  grand  désordre  :  D.  —  c  faisoit  :  B  et  D.  — 
d  occiroient  :  B.  —  e  pourvéance  d'espées  et  d'armures  :  B. 

(1)  Tribunal  des  Trente-Deux  établi  en   1373  pour  veiller  aux  brigues  des  charges.  Cf.  Kurth,  La 
cité  de   Lièye,  t.  II,  p.  324. 

(2)  Pierre  le  Roberes  ou  le  Robeir,  maître  de  la  cité  en  1381,  1383  (voir  p.  217),  139b  (voir  p.  230)  Ï5 
et  en  1400  (Record  des  échevins,  29  septembre   1400,  dans  Les  Echcvins,  I,  476),  fils  de  Jean  le 
Roberes.  Il  est  cité  comme  maître  le  19  novembre  1581.  {Chartes  du  Val-Saint-Lambert,  n°  718.) 
Sur  Fastré  Baré  de  Surlet,  voir  ci-dessus,  p.  201,  n.  1. 

(5)  Ce  texte  nous  confirme  que  Abry  est  dans  l'erreur  en  fixant  à  l'année  1379  la  nomination  de 
ces  deux  maîtres  de  la  cité.  Nicolas  Dechamps  et  Jean  le  Cocq  sont  cités  ensemble  comme  étant  en  50 
charge  en  1381.  (Fiefs  de  Jean  d'Archet,  p.  225.)  D'autre  part,  Thierry  de  Moulant  que  donne  Abry 
comme   ayant  été  élu  maître   en  1580   est   cité    au    commencement   de    1381  simplement  comme 
chevalier.  (Ibid.,  pp.  225,  241. 

(')  Voir  Jean  de  Stavclot,  ci-dessus,  t.  I,  p.  8b. 

(8)  Jean  de  Sprimont,  chanoine  de  Saint- Barthélémy,  1363.  Voir  t.  I,  p.  8b,  n.  5.  55 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  217 

Dieu,  Persan  est  évesque  et  le  serat  °.  Adonc  tantosl  fut  prins  et  meiné  à 
l'évesque.  Et  fut  accordez  d'aller  visiter  les  maisons  des  Clémentins,  soit  clercs 
ou  layes.  Alors  l'évesque  avec  Henry  de  Perweis,  Walthier  de  Kochefort  jadit 
mambour,  frère  à  Persan,  et  plusieurs  aultres,  les  maistres  et  le  conseil  allirent 

s  tout  droict  à  la  maison  Jehan  le  Berwier  (*),  chanoine  de  Saincte-Croix,  et 
trouvèrent  là  aucunes  armures  et  les  emportèrent.  Mais  pour  ce  que  Jehan  de 
Sprimont  estoit  fuys  envoyé,  ils  n'allèrent  plus  avant.  Lendemain,  l'évesque  fut 
en  chapitre  el  fut  conclu  que  l'évesque  metleroil  deux  clercs  de  son  conseil,  et 
le  chapitre  deux  chanoine,  qui  enquiroient  gcnérallcment  sur  les  Clémentins, 

10  et  aussy  deux  des  secundaires  englyses  pour  enquérir  en  leurs  englizes,  mais 
chascuns  s'eslongat  du  premier  6,  tellement  que  maislre  Jehan  d'Oullremoeuse, 
qui  fist  les  présens  chronicques,  fut  commis!  et  le  commencha  vaillamment. 

En  ce  temps,  commencha  la  guerre  entre  le  conte  Louis  de  Flandre  et 
Flamens,  et  mandèrent  les  Flamens  en  Engleterre  Philippe  d'Artivel c.  Et  furent 

15  les  Flamens  par  le  roy  de  France  desconfis  rf,  à  Hoisbeick  et  le  dit  Philippe 

occis.  En  cest  an  mesme,  devant  le  sainct  Jehan,  commença  en  Brabant  grande 

discorde  entre  le  duc  el  les  Brabanlois,  car  la  famé  couroit  que  les  Brabantois 

vouloient  occir  leur  duc  Wincelin,  mais  les  maistres  de  Liège  firent  la  paix. 

Le  jour  de  sainct  Jacque,  furent  eslus  maistres  Baldwuy  de  Sainct-Ser- 

20  vace  (!)  et  Piron  le  Robier;  et  le  Cock  fallit  qui  y  prétendoit,  dont  fut  fort 
courroucy  sur  Henry  Frérard  qui  I'avoit  mal  aydé.  Alors  Le  Cock  accusa 
Henry  Frérard  qu'il  avoit  eu  en  Brabant  pour  aider  faire  la  paix  mille  florins, 
dont  Henry  Frérard  en  fut  banny  a  lousiours  c,  car  on  trouva  que  quatre 
chevaliers  l'avoient  départi  entre  eux  '. 

25  "  et  demeurerat  :  B.  —  b  chacun  soy  deslogat  à  premier  :  B.  —  c  pour  estre  leur  conducteur  et 
capitaine  :  add.  D.  —  i  vaincus,  le  vingte  unième  de  novembre  :  D.  —  e  a  tort  :  A.  —  '  car  on 
trouva...  entre  eux  :  omis  A. 

(')  Jean  le  Berwier,  chanoine  de  Sainte-Croix  en  1366.  (Poncelet,  Sainte-Croix,  p,  xcn.)  Cf.  t.  I, 
p.  86,  n.  1. 
30  (*)  Baudouin  de  Saint-Scrvais,  maître  de  la  cité  en  1385.  (Voir  Les  Bourgmestres,  p.  95.)  11  est  cité 
comme  ancien  maître  de  la  cité  en  1591.  (Poncelet,  Charles  de  Saint- Pierre,  p.  202.  —  IIb.uricoubt, 
I,  p.  470;  II,  p.  360.)  Pour  Pierre  le  Hoberes,  voir  p.  216,  n.  2.  Pour  Jean  le  Cocq,  voir  p.  200,  n.  2, 
et  t.  I,  p.  86,  n.  2. 

Tome  II.  28 


218  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Le  vu*  jour  de   décembre,  mourut   le  duc  Wincclin  de   Brabant  et   du 
Luxemburg. 

L'an  XIIICIIIIXX  et  HII,  le  pape  Urbain  s'en  allât  tenir  ung  peu  de  temps 
à  Naples  dont  il  estoit  native.  Et  ce  temps  pendant,  vm  cardinaulx  qu'il  avoit 
créés  ('),  c'est  ascavoir  le  cardinal  d'Arict  d'Englelcrre,  de  Tarente,  de  Venize,  s 
de  Genvc  ".  de  Corpion  et  de  INapulle  ''  firent  conspiration  et  sédition  contre 
luy,  et  firent  tant  à  Charle,  roy  de  Sicile,  qu'il  prins  le  pape  Urbain,  qui 
l'avoit  fait  roy,  et  ce  aufin  que  les  cardinaulx  puissent  aller  jower,  car  le  pape 
les  tenoit  si  court  qu'ils  ne  pouvoint  aller  à  leurs  plaisiers.  Paravant  cecy,  le 
roy  Charle  avait  occis  la  royenne  Johanne,  sa  tant  (dont  le  pape  Urbain  10 
luy  avoit  donné  la  royaume),  pour  ce  que  la  royne  estoit  de  la  partie  des 
Clcmcntins.  Après,  le  roy  laissât  hors  de  la  prison  le  pape  Urbain  par  ranchon, 
et  le  cardinal  de  Napullc  luy  dist  en  confession  la  trahison  des  cardinaulx. 

L'an  XIIICIIIIXX  et  V,  le  xe  jour  de  janvier,  le  pape  fisl  prendre  vi  cardinaulx 
qui  l'avoient  trahis  (car  ecluy  de  Manupelle  estoit  absoult,  et  celuy  de  Darict  i:> 
n'y  estoit  pas)  et  les  fist  mettre  en  la  forteresse  de  Michiere  (*)  en  prison 
obscure  où  ils  morurent.  En  mois  d'aoust,  le  frère  de  conte  de  Sainct-Severin, 
Thomas  et  siegneur  Egmond  de  Nove  vindrent  avec  vmc  lances  dessiégier 
le  chasteau  de  Michiere,  lequel  le  roy  avoit  assiégé  por  prendre  le  pape  et  ses 
gens,  pour  ce  qu'ils  avoient  prins  lesdits  cardinaulx.  Alors  le  pape  s'en  allât  20 
à  Sainct-Nicolay  de  Baire,  où  il  estoit  avant  son  élection  évesque  ".  Item 
retourna  pardeça  jusque  Pise  où  il  demoura  xvn  jours.  Après  s'en  allât  à 
Genve  f',  où  il  séjournât  xv  mois. 

L'an  susdit  XIII(iIIIxx  et  IIH,  al  sainct  Jacque,  sensuyl  novelle  élection.  Les 
nobles  renonchèrent  à  leurs  élection  des  maistres  et  furent  alors  eslus  non  25 

a  Genève  :  B.  —  *  Naple  :  B.  —  c  archevesque  :  B. 

(')  Cf.  Eudel,  Ificrarchia  catholica,  t.  I,  p.  23  :  Liste  des  cardinaux  nommes  par  Urbain  VI,  Parmi 
ceux-ci  :  Joannes  de  Aurélia,  évêque  de  Corfou  (cardinal  de  Corpion);  Gentilis  de  Sangro,  diacre  de 
Saint- Adrien;  Bartholomeus  de  Cucurno,  évéque  de  Janua  (cardinal  de  Genve);  Marinus  de  Judice, 
évèquc  de  Tarente;  Louis  Donat  de  Venise,  furent  arrêtés  et  conduits,  le  12  janvier  1585,  au  château  -"0 
de  Nuceric,  où  ils  moururent  en  décembre  suivant.  Un  sixième,  Adam  de  Eslon,  dit  Anglicanus 
(cardinal  d'Angleterre),  fut  conduit  au  château  de  Nuccrie  et  reléche  sur  les  instances  du  roi 
d'Angleterre.  Thomas  Ursinus,  dit  de  Manupcllo  (cardinal  de  Manupelle),  mourut  le  iO  juillet  1390. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  219 

obstant  par  les  mesticrs  siegneur  Barie  de  Lardier  et  Jehan  le  Cock  °. 
L'an  XIHCIIIIXX  et  V,  à  la  sainct  Jacque,  furent  eslus  maistres  Collart  de 
Champs  et  Warnicr  de  Bierses  (*). 

L'an  XIIICIIIIXX  et  VI,  en  quaresme,  Gille  de  Lavoir  (2)  plaidoit  pardevant 
s  les  eschevins  de  Liège  et  perdit  la  querelle,  dont  il  fut  mal  content,  et  dist  par 
tout  qu'on  l'avoit  faulsement  jugé,  et  qu'il  melteroit  le  sien  anchois  qu'il 
debvist  proveir  son  intention  '',  et  que  les  eschevins  prendoient  argent  aux 
parties.  Et  vint  un  jour  ledit  Gille  en  palais  et  dist  oultrageusemcnt  que  les 
xnii  eschevins  estoient  larrons  et  qu'ils  avoient  faulsement  jugez  le  sien  perdu  % 

10  et  plusieurs  autres  choses,  et  que  non  obstant  qu'ils  n'avoient  nulls  rappeaulz, 
monsiegneur  estoit  leur  supérieur  qui  feroit  bons  enqueste.  Et  ledit  Gille 
vouloit  tout  chachier  à  ses  frais  rf,  moynant  qu'on  Iuy  donnast  la  troisième 
partie  des  torlfais  qu'on  trouveroil  en  ladite  enqueste,  et  feroit  faire  le  gibbet 
de  Sainct-Giele  tout  noeve.  Mais  les  eschevins  disoient  qu'il  menloit  mauvaise- 

io  ment,  et  qu'on  ne  le  debvoit  point  escouter,  car  cestoit  un  enragy  sot.  Adonc 
les  maistres  allèrent  au  conseil,  cl  la  cité  accorda  que  monsiegneur  en  fist  bonne 
enqueste.  Alors  les  eschevins  dirent  qu'ils  ne  steroient  point  à  jugement 
de  1  evesque  qui  les  avoit  mandé  et  requis  qu'ils  soy  soubmellissent  à  luy  et 
à  son  jugement.  Alors  Giele  de  Lavoir  requisl  à  lendemain  la  cité  ensemble  et 

20  dist  en  palais  que,  les  eschevins  ne  vouloient  point  obéir  à  monsiegneur. 
Et  la  cité  accorda  que,  avec  le  conseil  monsiegneur,  les  deux  maistres  et  de 
chascun  mestier  un   homme  lissent  l'enquesle.  Alors  les  eschevins  prioient 

"  L'an  traize  cents  octant  cineque,  des  malveillans  qui  comversoient  en  la  terre  de  Dolhen  prindrent 
et  emenèrent  ung  homme  appelle  Francotte  de  Sait,  gouverneur  de  l'hospital  de  Wandre,  pour  lequel 
25  la  cité  fut  fort  esmeue,  laquelle  envoyât  les  maistres  de  Liège  vers  ladite  terre  de  Dolhen  avecques 
grand  nombre  de  soldats,  lesquels  amenèrent  avecque  eulx  plusieurs  prisonniers  sans  aucuns  prémo- 
nitions ou  deffiance  faictes  au  duc  de  Braibant  :  add.  D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot,  t. 1, 
p.  87.  ~  b  qu'il  en  metteroit  le  sien  devant  qu'il  deust  parvenir  à  son  intention  :  B.  —  c  jugé  et 
perdu  le  sien  :  B.  —  *  dit  davantage  qu'il  pourchasserait  tout  à  ses  frais  :  B. 

50       (*)   Warnier  ou  Walter  de  Bierset,  fils  de  Jean  de  Bierset,  changeur,  mailrc  de  la  cite  en  1385,  1392 
1396.  (Voir  Les  Bourgmestres,  pp.  96-97.)  Nicolas  de  Vclroux,  dit  del  Champ.  (Les  Bourgmestres, p.  96. 
—  Hemricoubt,  I,  p.  220;  11,  p.  588.) 
(*)  Sur  Gilles  de  Lavoir,  cf.  de  Borhan,  Les  Echevim,  p.  151  et  t.  I,  p.  88,  n.  2. 


220  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

à  monsicgneur  qu'il  voulist  faire  seul  l'enqucste,  et  l'évesque  dit  le  lendemain 
sur  le  palais  qu'il  vouloit  faire  seul  l'enqueste  °,  car  il  n'appartenoil  point  à  la 
cité,  et  si  ce  non,  il  renunche  de  tout  à  la  bcsongnc  et  soy  partit  sans  rien 
conclure.  Adonc  on  conseillât  à  Giele  de  Lavoir  qu'il  allast  aux  bonnes  villes  et 
les  informas!  et  requist  de  faire  l'enqueste,  ce  que  firent  les  bonnes  villes,  car  s 
de  chascune  furent  députez  deux  avec  leur  maislres  pour  aidicr  faire  ladicte 
enqueste.  Alors,  à  la  sainct  Jacque,  furent  eslus  maislres  du  Liège  Goswin  de 
(loir  et  Jacqmin  de  Teuz  (J)  ou  de  Salme.  Adonc,  à  la  requeste  de  la  cité  et 
bonnes  villes,  monsiegneur  commist  à  faire  l'enqueste  siegneur  Joban  de  Ber- 
nalmont  qui  esloit  maieur  de  Liège,  Guilheaume  de  Saincte-Margarite  (2),  to 
ebanoine,  receveur  de  monsiegneur,  maislre  Joban  d'Oultremouse  devantdit  et 
Wilheaume  Toussain  d'Amain.  avec  les  deux  maislres  de  Liège  et  xxxn  hommes 
des  mestiers  avec  les  députez  des  bonnes  villes.  Après  que  l'enqueste  fut 
faicte,  xin  escbevins  furent  privez  de  leur  eschevinaige;  car  combien  que  le 
xmie  fut  aussy  eoulpablc  que  les  autres,  néamoins,  par  faveur  et  assistence,  il  15 
fut  absoul  et  demorat  eschevins.  Et  furent  lesdils  escbevins  taxié  à  grande 
somme  d'argent,  et  fist  ledit  évesque  autres  eschevins  de  Liège  en  leurs  places  b. 

a  et  l'évesque  dit...  seul  l'enqueste  :  omis  A.  —  '  L'an  mesme,  grande  abondance  de  vin.  Enmesme 
temps,  par  une  accorde  générale  de  tout  le  conceille  et  pays,  furent  restitueis  les  vingte  deux  juges  du 
pays  de  Liège,  qui  avoient  cessez  par  huicte  moys  continuels,  à  l'occasion  d'une  sentence  rendue  en  20 
faveur  de  l'abbé  délie  Vaulx  Sainct  Lambert  (3),  à  raison  de  quoy  la  cité  avoit  grandement  estez  offensée  : 
add.  D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot.  —  L'an  XIIIe  octante  sept,  grande  mortalité  à  Liège 

(')  Gossuin  de  Coir,  fils  de  Gilles  de  Coir,  neveu  de  Guillaume  de  Coir.  (Voir  Les  Bourgmestres, 
p.  97.)  Il  est  cité  en  1575  (Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  B02),  1574  (Cartulaire  du  Val- 
Bcnoit,  p.  005).  Jacques  de  Theux  ou  de  Salm,  maître  de  la  cité  en  1586,  1592,  1596,  1598  (voir  23 
Les  Bourgmestres,  p.  97)  ;  Jacques  de  Theux  ou  de  Salm,  ancien  maitre  de  la  cité  est  cité  en  1591 
(Ibid.,  p.  101);  Jacques  de  Theux  est  encore  cité  en  1563  (Ibid.,  p.  70);  Jacques  de  Theux,  le  bou- 
langer, en  1579  (Ibid,,  p.  87);  Jacques  de  Theux,  le  vieux,  en  1391  (Ibid.,  p.  102);  Jacques  de  Theux 
en  1401,  1406  (Ibid.,  pp.  140,  143).  —  L'enquête  fut  ordonnée  par  l'évêquc  Arnoul  de  Home,  le 
2  septembre  1586.  (C.  de  Borman,  Les  Êcheviiu,  t.  I,  pp.  472-474.)  30 

(*)  Guillaume  de  Sainte-Marguerite,  cité  comme  chanoine  de  Saint-Denis  en  1580  (Cartulaire  de 
Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  591);  comme  chanoine  de  Saint-Servais  à  Maestricht  en  13b t  (Chartes  de 
Saint-Pierrr,  p.  S7),  et,  en  1386  (Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  646),  comme  receveur  de 
l'cvcché  de  Liège  en  1386  (Chartes  de  Saint-Pierre,  p.  96:.  Sur  Jean  deBernalmont,  voir  t.  I,p.89,n.  3. 

(J)  Cf.  Chartes  du  Val-Saint- Lambert  du  12  juillet  1388  et  du  20  mars  1388.  Sa 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  221 

L'an  XIIICIIIIXX  et  VII,  lesdits  priveis  firent  tant  à  l'empereur  à  Prage  ° 
qu'il  les  donnât  lettres  de  restitution  et  envoyât  à  Liège  deux  chevaliers. 
Mais  l'évesque  parlai  tellement  à  eux  qu'ils  retournèrent  sans  nulle  effect. 
Adone  lesdits  privez  firent  paix  et  accord  à  l'évesque  et  revindrent  à  Liège  b. 
s  L'an  XIIICIIIIXX  et  VIII,  en  féverier,  le  roy  de  France  fit  pryèr  et  appareille- 
ment  pour  venir  contre  le  duc  de  Gelre  qu'il  avoil  diflié  vers  l'aoust  après 
venant  que  les  vins  sont  mawors  c. 

Le  vin8  jour  de  mars,  le  jour  del  Letare,  l'évesque  d'Aneone  (*),  légault  du 
pape  Urbain,  dist  messe  à  Saincl-Lambert. 
10      Le  xvue  jour  d'avril,  le  vowé  de  Coulongnc  et  Lowis  de  liivesteid  (2)  et 

par  rheume  et  cathares  :  add.  D.  — L'an  1386,  la  veille  de  saint  Denis,  furent  faictes  sur  la  loy  nouvelle 
plussieurs  mutations,  additions  et  corrections  par  les  troix  Ëstats  du  pays  (5)  :  note  marginale  de  B1. 

—  "  à  Prage  :  omis  A.  —  b  En  mesme  an,  del  tousses,  rheume  et  cathères  cy  dessus  narreis  en  ung 
monastère,  où  il  y  avoit  vingt  cineque  moynes,  furent  tellement  attouchié  que  à  paine  i  eust  deux 

15  qui  eussent  puissance  de  chanter  et  plusieurs  d'eulx  en  morurent  :  add.  D.  Cf.  Zantfliet,  col.  551. 

—  En  mesme  temps,  ung  noble  et  gentilhomme  d'Allemangne  accompaingné  de  trois  cens  hommes 
commenehea  à  ravager  et  piller  la  terre  de  Stavelot  (*)  et  principalement  au  villaige  de  Lerneux,  où 
aulcuns  villageois  voilant  recouvrier  le  butin  se  mirent  par  où  il  estoit  à  eulx  nécessaire  de  passer, 
estant  environ  deux  cents,  mais,  o  laisse,  i  furent  occis  quarant  huicte  villageois  et  trente  siex 

20  prisonniers,  et  des  ennemys  i  demourat  seulement  trois  morts  sur  la  place,  et  le  butin  fut  emenéz. 
Mais  sainct  Remacle,  patron  de  la  dicte  terre  se  vengea  grandement  contre  ses  dits  brigants  en  ceste 
manière.  Le  prince  d'eulx  premier  devint  enragié,  mangeant  ses  mains  et  les  oreilles  de  son  cheval,  et 
ainsy  morut  misérablement.  Ses  complices  et  compaignons,  voyant  telle  vengeance  prinse  de  leurs 
maistres,  retournèrent  humblement  in  grande  dévotion  à  Stavelot,  demandant  dévotement  absolution 

25  de  ce  qu'ilz  avoient  perpétré,  ofterants  amende  condigne  à  leurs  meffaitz,  craindant  que  telz  meschieff 
ne  leur  advint  :  add.  D  Cf.  Zantfliet,  col.  552.  —  L'an  mesme,  le  dernier  jour  d'avril,  fut  brusléz 
le  chasteau  de  Franehimont  par  de  feu  portez  à  une  thour  et  illec  par  la  garde  oblié.  Mais  peu 
après,  Monsieur  Arnold  de  llorne  l'évesque  feit  rédiflier  deux  thours  supérieurs,  avec  l'édifice  entre 
deux,  du  fondement  jusques  à  l'accomplissement  :  add.  D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot. 

50  t.  I,  p.  89.  —  L'an  mesme,  le  troizième  de  jullet,  Philippus,  duc  de  Bourgogne  et  conte  de 
Flandre,  vint  en  la  ville  de  Traict  avecque  grand  nombre  de  gens,  demourant  illec  par  l'espace 
de  siex  moix,  et  après  son  département,  le  conte  de  Meurs  mis  le  feux  au  pays  de  Lemborch  et 
Dolhen  :  add.  D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot,  t.  I,  p.  90.  —  c  après  que  les  biens 
de  la  terre  seroient  mis  dedens  :  B,  D. 

35       (')  Guilelraus  Dallavigna,  cvêque  d'Anconc,  1386  à  1405. 
(»)  Louis  de  Rciffcrschcid.  Voir  t.  I,  p.  90,  n.  4. 

(3)  Mutation  de  la  Loy  nouvelle  du  8  octobre  1386.  Cf.  Reciuil  des  ordonnances,  t.  I,  p.  342. 
(')  Cf.  De  Villers,  édit.  Alexandre,  I,  174. 


222  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ses  frères  prirent  en  la  duchié  de  Julie  plusieurs  marchans  de  Huy,  de 
Treict  et  de  Sainct-Trond  pour  certaines  droicteurs  qu'ils  demandoient  à 
l'évesque.  Adonc,  à  la  request  de  monsiegneur.  le  pays  octroyât  l'ost.  Alors 
esloient  maistres  le  souvenldil  Giel  de  Lavoir  et  \\  ilhcaume  de  Flémalle  (J), 
car  ils  avoient  estez  eslus  à  la  sainet  Jacque  passé.  Le  vie  jour  de  may,  5 
les  osls  soy  partirent  et  portai  l'estandart  siegneur  Evcrard  de  la  Marche  (2), 
voweit  de  Lumaigc  et  abilèrent  Heleker  "  et  wastèrent  forleinenl  la  terre 
du  siegneur  de  Hynsberg  et  vouloint  exiler  ''  la  duché  de  Julie,  mais  le  duc 
le  fist  ravoir  lesdits  prisonniers  et  donnât  ploge  six  chevaliers  qui  furent 
tousiours  à  Liège  à  l'hostel  de  Monljoye  jusque  à  la  paix,  saulve  ung  qui  10 
mourut  avant  que  l'accorde  fust  faicte.  Le  xv*  jour  de  may,  les  ostes 
revindrent  à  Liège. 

Le  jour  de  l'Ascension,   tombal  la  tonnerre  sur  le  Ihour  des  prescheurs 
à  Liège. 

La  nuit  sainet  Jan-Baptiste,  les  Gelrois  délrouchèrent  plusieurs  foriers  de  ib 
Brabant,  car  iirabansons  estoient  devant  la  Grave.  Le  xxvi"  de  jung,  les 
lirabechons  vouloienl  passer  l'eaux  et  commenchèrent  à  ardre.  Mais  le 
duc  de  Gelre  les  courut  sus  et  les  desconQtz  tellement  qu'ils  s'en  fuyrent, 
mais  les  Hesbignons  e  qui  là  estoient  furent  tous  occis,  car  ils  ne  voulurent 
point  fuyr.  20 

■  abatirent  Helebercq  :  B.  —  Herlebeke  :  D.  —  voet  de  Lumay  et  allèrent  abbattre  Arbrecht  :  C 
—  b  destruire  :  B.  —  °  Hensberg  :  A. 

(')  Guillaume  de  Flémalle,  chevalier,  fils  de  Baudouin  de  Flémalle,  fut  maître  de  la  cité  en  1387. 
Abry  est  ici  d'accord  avec  noire  texte.  (Voir  Les  Bourgmestres,  p.  99.)  Mais  contrairement  aux  indi- 
cations du  Bccueil  héraldique,  Guillaume  de  Flémalle  avait  été  élu  une  première  fois  en  1578,  car  il  25 
est  cité  comme  maître  le  H  février  1379.  (Carluluire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  p.  559.)  11  est  cité, 
en  outre,  en  13G2,  1360,  1307,  1372,  1371,  1379,  1580,  1581.  (Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV, 
pp.  155,  447,  491,  493,  601  j  Cartulaire  du  Val-Benoit,  pp.  605,  648,  758  ;  Chartes  de  Saint-Pierre, 
p.  84.  —  Hkmr[coi!iit,  I,  p.  274;  II,  p.  200.) 

(*)  Everard  de  La  Marck,  seigneur  de  Ncufcbâleau  et  d'Arcnberg,  fils  second  d'Everard  et  de  Marie  30 
de  Looz.  H  porte  l'étendard  de  Saint-Lambert  en  qualité  de  mambour  de  sa  mère,  avoueresse  de 
Hesbaic.  Il  mourut  le  14  octobre  1440.  (Baron  J.  de  Cuestret  de  Haneffe,  Histoire  de  la  maison 
de  La  Marck,  pp.  96-97  et  100-105.) 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  223 

Le  jour  sainet  Jacques,  furent  eslus  maistres  du  Liège  Thonnare  de  Ber- 
loir  a  (*)  et  Renwart  de  Pont  (2)  d'Avroy. 

Le  vme  jour  de  septembre,  le  roy  de  Franche  vint  à  Bastongne  avec  grande 
puissance  pour  venir  sur  le  duc  de  Gelre.  Adonc  le  roy  commenchal  à  ardre  la 

5  duché  de  Julie,  mais  le  duc  de  Julie,  qui  estoit  père  à  duc  de  Gelre,  priât 
à  l'archevesque  de  Çoullongne  de  faire  sa  paix,  comme  il  fist,  à  celle  condition 
que  le  duc  n'aideroit  point  son  dit  filz.  Alors  le  roy  s'en  allât  vers  Rulmond, 
mais  il  plovoit  tousiours  si  fortement  que  les  François  ne  scavoient  que  faire. 
Adonc  l'évesquc  Arnulz  allât  veoir  le  roy  accompaigné  b  noblement,  et  le  roy  Iuy 

10  fist  grand  recueil!.  Ce  temps  pendant,  l'archevesque  de  Çoullongne  et  le  duc  de 
Julie  firent  tant  à  roy  que  la  paix  fut  faicte,  voir  que  le  duc  de  Gelre  jurât 
sollennellement  que,  de  son  scavoir,  la  diûiance  n'avoit  oneques  esté  escriple  et 
qu'il  serviroit  le  roy  contre  tous,  saulve  l'empereur  et  le  roy  Richart  d'Engle- 
terre,  son  cousin. 

15  L'an  XIIICIIIIXX  et  IX,  l'évesque  fist  jetler  cesse  sur  l'abbaye  de  Sainct- 
Trond  pour  certains  entredeux  c.  Adonc  la  ville  de  Sainct-Trond  bannist 
les  eschevins  l'abbé  et  abbatat  leurs  maisons  partout  d.  La  ville  de 
Sainct-Trond  vouloit  traitier  à  l'évesque,  qu'il  les  voulist  donner  certaines 

"  Berlo  :!).  —  *  accompaigné  :  omis  A.  —  c  interdicts  :  A.  —  d  et  mirent  pareillement  le  feu 
"20  en  ung  beau  béritaige  partennant  à  l'abbé,  dit  Munenhoven,  scitué  après  la  ville  de  Sainctron.  Les 
religieux  volant  fuyr  et  éviter  la  fureur  du  peuple,  abandonnèrent  leur  abbie,  et  par  ung  grand 
espace  de  temps,  s'en  allèrent  demourer  à  Meusden,  ville  de  Hollandre,  où  ilz  avoient  de  grands 
biens  et  rentes.  L'origine  de  tout  ce  discord  fut  ung  brasseur  de  la  ville,  appelé  Meys  ou  Barthelmy, 
qui  estoit  adjugié  par  les  eschevins  de  Sainct-Trond  et  banni  à  cause  qu'il  avoit  porté  l'esseingne  sur 
25  le  marchié  de  la  dicte  ville  contre  l'évesque  de  Liège,  et  à  dernier  vouloit  la  ville  de  Sainct-Trond 
traicter  à  l'évesque  :  add.  D.  C/.  Zantfliet,  col.  555. 

(4)  Antoine  ou  Thonar  de  Berleur,  maître  de  la  cité  en  1389,  époux  de  Jeanne  de  Hervé.  (Les 
Bourgmestres,  p.  100.)  Il  est  cité  en  1570,  1572  {Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  IV,  pp.  474,  479, 
495),  et  comme  ancien  maître  de  la  cité  en  1392  [Chartes  de  Saint-Pierre,  p.  104). 
30  (*)  Renwart  ou  Renncwart  de  Montegnce,  dit  du  Pont  d'Avroy,  époux  de  Catherine  de  Flémalle, 
maître  de  la  cité  en  1389.  (Les  Bourgmestres,  pp.  100-101.)  Il  est  cité  en  1547,  1356,  1502,  1578 
(Carhilaire  de  Saint-Lavibert,  I.  IV,  pp.  216,  258,  56b,  552),  en  1396,  comme  jadis  maître  de  la  cité. 
(Cartulaire  du  Val-Uenoit,  p.  720.)  Sa  veuve  vivait  encore  en  1405,  1454.  (Charles  de  Saint-Pierre, 
pp.  141,  210.) 


22i  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

franchizes  pour  une  somme  d'argent,  mais  l'évesque  avoit  un  grand  aposlème 
en  sa  jambe,  dont  ne  pouvoil  à  rien  entendre.  Le  vin0  jour  de  mars,  levesque 
mourut  à  dimye  nuict  "  et  fui  enbaulsmé  et  emminé  en  la  terre  de  Home  et 
le  coeur  aux  Chartreux.  Adonc  Henry  de  Perweis  fut  fait  mambour  de  pays. 

«  morut  l'huictième  jour  de  marée,  à  minuict,  en  son  palais  à  Liège,  Arnould  de  Horne,  évesque  de  5 
Liège,  liomme  pacible  et  quérant  la  paix  et  profitz  de  son  pays.  Et  son  corps  fut  reporté  sur  la  rivière 
de  Meuse,  en  deschandant  embas  au  pays  de  Horne,  et  ses  entrailles  au  Chartreux  de  Cornillon  en  la 
grotte  furent  enterreis  avec  pareillement  son  cueur.  Après  les  exèques  solennellement  célébreis, 
lendemain  de  l'annuntiation  .N'ostre  Damme,  comme  il  y  avoit  plussieurs  anhelants  après  l'éveschié  de 
Liège,  principalement  Siegneur  Jehan  de  Lecka  (•),  archidiacre,  pour  lequel  la  duchesse  de  Brabant  *° 
avoit  intercédé,  et  pareillement  Albertus,  duc  de  Bavvier  et  conte  de  Hollandre,  feit  grand  instance  et 
grandes  prières  pour  son  lilz;  mais,  par  le  consentement  du  chapitre,  fut  postulé  à  évesque  siegneur 
Thierry  de  la  Marche,  cousin  de  jadit  Englebert  de  la  Marche,  qui  fut  évesque  de  Liège  et  après 
archevesque  de  Collongne,  lequel  ne  le  volut  accepter,  mais  y  renuncea  simplement,  en  remerchiant 
toutteflbis  le  chapitre  de  leur  bonne  volunté.  Vacant  le  siège  de  Liège,  par  le  consentement  de  tout  le  15 
chapitre,  fut  esleux  à  mambour  de  Liège  et  protecteur  du  pays  novea  chevalier  (Henri  de  Perwez), 
cousin  à  l'évesque  défunct,  à  cause  qu'il  avoit  noblement  et  paciblement  gouverné  la  conté  de  Looz 
quant  il  estoit  leur  séneschal.  Mais  à  luy  se  opposât  siegneur  Gerlache  de  Montjardin  (•)  lequel,  pour 
obtenir  ladite  mamburnie  pour  son  filz  siegneur  Balduin,  fist  plussieurs  convives.  Et  estant  pour  ce 
temps  là  quarême,  il  acceptât  plussieurs  cabilaux,  lesquels  il  envoyât  à  ptussieurs  tavernes  où  il  y  avoit  -20 
des  beuveurs,  en  son  nom.  Estant  ce  divulgué  et  manifesté  à  plussieurs,  fut  banni  par  l'espace  de  diex 
ans  et  n'eut  personne  qui  le  puisse  ayder  :  add.  D.  Cf.  ZANTFLitT,  col.  355-556.  —  Cest  an  mesme, 
furent  bourghemaistre  Jacqmin  de  Hemrieourt  et  Alard  le  mangon  (J).  —  Après  que  le  siegneur  Thiri 
de  Marca  eut  renuncié  et  librement  remis  au  chapitre  son  élection  à  ladite  éveschié,  laquelle  élection 
toutteffois  le  pape  Urbain  avoit  approvéz  et  confirmez  estant  encor  vivant,  car  il  décéda  de  ce  25 
monde  au  mois  d'octobre  à  Rorame.  Et  les  cardinals  estants  en  la  dicte  cité  de  Rome  csleurent  le 
cardinal  d'Apulie,  le  second  jour  de  novembre,  lequel  fut  appelle  Boniface  neuffième  de  ce  nom, 
lequel  Boniface  donnât  l'éveschié  de  Liège  à  noble  et  illustre  siegneur  Johan  de  Bavière,  tilz  à  très 
illustre  siegneur  Albert,  duc  de  Bavière,  conte  de  Hollandre,  Zélandre,  et  siegneur  de  Triese,  après 
avoir  vacquô  le  siège  quatuorse  moys  et  ung  jour  :  add.  D.  Cf.  Zantfliet,  col.  537.  —  L'an  mesme, 
Boniface,  pape  de  Romme  envoyât  lettres  au  pays  de  Liège.  Item  les  Clémentins  firent  une  lettre  50 
passiblement...  :  D. 

(4)  Guillaume  de  Lccka  ou  de  la  Lecke,  archidiacre  de  Hainaut,  neveu  de  la  duchesse  Jeanne 
de  Brabant.  {Chronique  de  140!,  p.  422.) 

(*)  Gerlache  de  Mandersdorp,  seigneur  de  Montjardin,  relève,  le  21  mai  1383,  le  fief  de  Jehay.  Son 
fils  Baudouin  le  relève  le  16  juin  de  l'année  suivante.  Cf.  de  Tbeix,  Histoire  de  la  seigneurie  de  Mont-  35 
jardin,  pp.  2b  et  27.  —  Hemmcourt,  I,  p.  137;  II,  p.  207. 

(*)  Jacques  de  Hemrieourt,  le  chroniqueur,  et  Allard  de  Kemexhe  dit  le  Mangon.  Voir  notes  1  et  2 
de  la  page  suivante. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  225 

An  XIII,;III1XX  et  IX,  le  xne  jour  de  mars,  le  chapitre  postulat  Thyri  fllz  le 
conte  de  La  Marche  (*)  pour  estre  évesquc.  Le  xxvie  jour  de  may,  les  ambassa- 
deurs entrèrent  à  Rome,  asscavoir  le  chantre  de  Sainct-Lambert,  siegneur 
Olivier  de  Malle  (2)  et  siegneur  Johan  Donge  (3)  ;  ilem  deux  chevaliers, 
s  siegneur  Thyri  de  Meulant  (4)  et  siegneur  Jehan  dcl  Boverie  (5).  La  nuict  de 
la  Magdaleine,  ils  rapportèrent^  Liège  la  conûrmation.  Le  vne  jour  après,  le 
prévost  de  Zanlres  (6)  apportât  lettres  que  ledit  Thyri  nullement  ne  vouloit 
consenlire  d'estre  évesque.  Adonc  son  oncle  (7)  Everard  de  La  Marche  pryat 
au  chapitre  qu'il  le  laissai  aller  parler  à  luy.  Le  jour  sainct  Remye,  siegneur 

10  Everard  de  La  Marche  rapportât  au  chapitre  qu'il  estoit  vérité,  car  son 
cousin  Thyri  nullement  ne  vouloit  accepter  l'éveschié.  Adonc  le  chapitre 
envoyât  envers  le  pape  siegneur  Andrier  de  la  Sauvenier  (8),  chanoine,  pour 
sour  ce  l'informer. 

Le  xie  jour  de  février,  Henry  de  Perweis  avoit  esté  par  le  chapitre  présenté 

15  sur  le  palais  comme  mambour,  si  qu'il  eut  xx  mesliers,  et  siegneur  Bald- 
win  (9)  xu.  Adonc  siegneur  Gcrlache  dist  tout  hault  qu'il  avoit  mal  employé 
son  argent  à  cabulawe  (10).  Alors  les  maistres  firent  faire  enqueste  par  les  xxxii 
et  furent  corrigez  les  coulpables. 

(*)  Thierry   de   La  Marck,   administrateur   de  l'évéché  d'Osnabruck,    chanoine   de   Liège  et  de 
jO  Cologne,  morl  en  1400.  (Baron  J.  de  Cdestret  de  IIaneffe,  Histoire  de  la  maison  de  La  Marck, 
p.  33.) 

(')  Olivier  de  Malle,  chanoine,  chantre,  puis  vice-doyen  de  Saint-Lambert,  mort  en   1428.  (Voir 
de  Theix,  t.  Il,  pp.  155-156.)  Il  est  cité  en  1380,  1387  comme  chanoine:  en  1388,  1390  comme 
chantre.  (Cartulairc  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  pp.  638,  651,  659,  660.) 
25       (5)  Jean  de  Dunghcn,  morl  en  MOI.  (Voir  de  Theix,  t.  Il,  pp.  I2S-129.) 
(*;  Thierry  de  Moylant.  (Hemricourt,  II,  p.  310.) 

(Bj  Jean  Bouchar  de  la  Boverie.  (Hemricourt,  I,  p.  206;  II,  p.  109.)  Voir  p.  207,  n.  1. 
(«)  Xantcn. 

(7)  Il  faut  lire  :  son  cousin.  En  effet,  Everard  de  la  Marck,  époux  de  Marie  de  Looz,  oncle  de 
30  Thierry,  était  mort  en  1387.  (Baron  J.  de  Chestret  de  IUmeffe,  Histoire  de  la  maison  de  La  Marck, 

p.  96.)  C'est  de  son  fils  qu'il  s'agit  ici,  de  même  qu'à  la  page  224,  note  a,  ligne  12. 

(8)  André  de  la  Sauvenière,  chanoine  de  Saint-Lambert,  abbé  de  Thuin,  mort  en    1395.  (Voir 
de  Theux,  t.  II,  p.  153.)  Il  est  cité  en  1384.  (Cartulaire  de  Saint-Lambert ,  t.  IV,  p.  618  ) 

(9)  Baudouin,  fils  de  Gerlach  de  Montjardin.  (Voir  p.  224,  n.  2.) 

35       (10)  Allusion  aux  tentatives  de  corruption  électorale.  (Voyez  p.  224,  n.  a,  I.  20.) 

Tome  II.  29 


22G  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Le  jour  del  sainct  Jacques,  furent  eslus  maistres  Jakmin  de  Hemricourt  (l)  et 
Alard  le  iMangon  (*). 

Le  xxix*  jour  de  septembre,  allât  le  pays  devan!  llynsberg,  mais,  le  vin"  jour, 
fut  trailié  qu'on  raroit  les  prisonniers  que  le  siegneur  de  Hynsbcrg  avoit  prins 
devant  Viseit.  Ainsi  fut  faite  la  paix  audit  siegneur  Jehan  de  llynsberg,  filz  s 
siegneur  Godefroy  jadil  d'AlIembroux  (3). 

Le  xv°  jour  d'octobre,  mourut  le  pape  Urbain, qui  avait  régne  xi  ans,  cinq  mois 
et  xxvu  jours.  Le  seconde  jour  de  novembre  après,  le  cardinal  de  Naple  fut  eslu 
et  nommé  Boniface  IXe  ". 

L'an  XII1'III1XX  et  X,  le  xvme  de  janvier,  le  pape  Boniface  envoya  lettres  10 
au  chapitre  (*).  En  ce  temps,  les  Glcmcnlins  fissent  une  rollc  b  paisiblement  et 
meltirent  dedens  plusieurs  de  la  cité  et  pays  affin  qu'ils  se  tornassenl  vers 
l'antipape  Clément. 

Le  xxvuc  jour  de  féverier,  allèrent  le  mambour  et  siegneur  Baldwin  de  iWon- 
jardin  et  siegneur  Jan  del  Bovcric  et  les  maistres  de  la  cité  tenir  journée  contre  io 
ledit  damoiseau  de  llynsberg  et  ils  rencontrèrent'  un  meudrier  et  le  siegneur 
Jean  de  la  Bovcric,  mayeur  de  Liège,  le  ramena  et  cognul  qu'il  avoit  marchandé 
au  siegneur  Thiery  d'Oye  de  meurdrir  ledit  siegneur  Jean,  mayeur,  et  accusa 
trois  compagnons  d. 


"  Omis  B}  et  autres  manuscrits  B.   —  b  firent  une  lettre  :  D.   —  escrivirent  une  lettre  :  B.  —  -20 
'  Pasquea  :  add.  B  et  D.  —  ''  Ce  te.rte  est  cela  des  manuscrits  C  et  D.  —  et  ils  rencontrèrent...  : 
omis  A. 


(')  Jacques  de  Ilemricourt,  l'aulcur  du  Miroir  des  Nobles.  Abry  fait  erreur  en  fixant  à  l'année  1 31)0 
au  lieu  de  1389  son  élection  et  celle  de  son  collègue.  (Les  Bourgmestres,  p.  104.) 

(')  Alard  de  Kemcxhe,  dit  le  Mangon.  (Les  Bourgmestres,  p.  104.)  Il  est  cite  en  1307  comme  ayant  23 
élé  autrefois  maître  de  la  cité.  (Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  IV,  p.  b'39  et  t.  V,  p.  25.) 

(3)  Cf.  traité  de  paix  conclu  entre  Henri  de  Prrwcz,  mambour  de  l'évérlié  et  les  villes  du  pays  de 
Liège,  d'une  part,  et  Jean  de  lleinsberg,  d'aulre  part,  le  10  octobre  1589.  Traduction  latine,  pièce  n°  41 
du  procès  n°  1334  de  la  Chambre  Impériale  aux  Archives  de  l'Etat  à  Liège. 

(*)  Le  1er  janvier  1390,  le  pape  Boniface  IX  charge  les  évêques  de  Rose  et  de  Capitoliade  de  faire  30 
prêter  serment  de  fidélité  à  Jean  de  Bavière,  qu'il  vient  de  transférer  du  siège  de  Cambrai  à  celui  de 
Liège.  (Libri  chartarum,  IV,  fol.  103  v\) 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  227 

Le  ixe  jour  de  may,  siegneur  Evcrard  Fonke  (')  apportât  en  chapitre  bulles 
départ  le  pape  comment  le  pape  donnoil  1  eveschié  du  Liège  à  Johan  de  Bavière. 
Et  fut  ledit  Everard  reccut  comme  son  procureur.  Et  avoil  desia  l'éveschié 
vacqué  xim  mois  et  un  jour. 
5  An  XIIICIIIIXX  et  X,  le  xe  jour  de  jullet  ",  vint  à  Liège  le  noble  Johan  de 
Bavière  6  comme  eslus  évesque  du  Liège  (2)  li.  Et  relevât  son  père  Albert,  duc 
de  Hollande,  la  contée  de  Hainaull  de  sondit  lilz,  lendemain,  en  chapitre. 

L'an  devantdite,  ceulx  de  Sainct-Trond  abbatirent  plusieurs  maisons  appar- 
nanles  à  l'abbaye  de  Sainct-Trond,  et  l'abbé  les  lisl  excommunié  par  l'authorité 
io  de  l'archevesque  de  Coullongne  c. 

L'an  XIIICIII1XX  et  XI,  al  yssue  d'apvril,  abbatirent  ceux  de  Dionant  le 
chasteau  Thyri  (3)  qui  appartenoit  au  damoiseau  de  Boullan,  pour  ce  que  aucuns 
marchans  de  Dionant  et  de  pays  du  Liège  estoient  arrestéz  en  Franche  por  le 
faict  dudit  damoiseau,  qui  avoit  prins  plusieurs  marchans  de  France  d. 


)5  "  L'an  mesrae,  le  diexième  de  jullet,  feit  son  entrée  à  Liège  ledit  Bavière  en  l'eage  de  diex  sept  ans, 
accompaingnié  de  son  père  et  siegneur  Guilheame  son  frère,  avecques  plussieurs  aultres  princes  et 
siegneurs,  avecque  raille  chevalz  ou  environ,  et  fut  reçeu  par  le  chapitre  et  bourgeois  fort  honnorable- 
ment  comme  de  coustume  :  add.  D  et  Liège  Univ.,  181,  182.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot. 
—  *  qui  n 'avoit  que  xvn  ans  d'eage,    fils  esloit  de  Aulbert  duc  de  Bavière,  comte  de  Hennau,  de 

20  Hollande,  Zélande  et  Osterne  et  siegneur  de  Frise  :  B  et  Liège  Univ.  181,  182.  —  c  L'an  traize  cents 
nonante  susdit,  sur  le  fin  d'avril,  eraprès  Vaiève  et  Borlé,  pleut  ung  liqueur  du  couleur  de  sang. 
A  Lamine,  fut  naiz  une  enflant  fille  ayant  deux  testes,  ung  corps,  mi  piedz  et  les  visaiges  tourneis 
l'ung  contre  l'aultre  :  add.  D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot.  —  Miracle  à  Seraing  d'un 
enfant  noyez,  qui  fut  resuscité  par  les  prières  de  la  glorieuse  Vierge  Marie.  L'an  mesme,  en  may,  le 

2b  trentième  jour,  grand  tremblement  de  terre  en  la  cité  de  Liège  :  add.  D.  —  ''et  l'abbatèrent  pour 
tant  que  on  arrestoit  aulcuns  marchans  de  Dinant  et  de  pays  de  Liège  en  France  pour  ce  que 
celuy  Bollant  avoit  prins  aulcuns  François  et  ransonnéz  sur  ledit  chasteau  Thierry  :  B. 

(')  Everard  Fonck,  chanoine  de  Liège  et  d'Utrecht,  mort  en  1418.  (Voir  de  Theux,  t.  Il,  pp.  IOK- 
100.) 

30  (')  Jean  de  Bavière  était  fils  d'Albert,  comte  de  Hollande,  de  Zélande,  de  Frise  et  de  Hainaut.  Son 
frère  Guillaume,  comte  d'Ostrevant,  épousa  :  1°  Marie,  fille  de  Charles  V,  roi  de  France;  2»  Marguerite, 
fille  de  Philippe  le  Hardi,  duc  de  Bourgogne.  Ses  sœurs  épousèrent  aussi  de  grands  princes,  Margue- 
rite :  Jean-sans-Peur,  duc  de  Bourgogne;  Catherine  :  Guillaume,  duc  de  Gueldre;  Jeanne  :  Wenceslas, 
roi  de  Bohème;  Yolemîc  :  Albert,  duc  d'Autriche, 

55       (*)  Château-Thierry.  Voir  t.  I,  p.  96,  n.  3. 


228  UIHOMQUES  LIÉGEOISES. 

L'an    susdit,    furent    maistres    Johan    le    Cock    et    Giel    de    Hersez    ('). 

L'an  devandit,  la  nuict  de  sainct  Martin,  fut  Gérard  Denis  mis  sur  la  scalle 
devant  le  destroict  et  ausy  trois  jours  après,  et  puis  décollé,  pour  ce  qu'il  avoit 
e9levé  une  faulseeourte  de  tenants. 

L'an  XI1ICIII1XX  et  XII,   le  troisième  jour  d'apvril,  morut   monsiegneur  s 
Hoberl,  le  cont  de  Namur  (2).  Et  monsiegneur  Guilheaume,  son  aisné  filz,  fut 
conl  pris.  Et  après,  son  frère  Johan  vendit  le  contée  de  Namur  à  Philippe,  duc 
de  Bourgogne  et  conte  de  Elandre. 

Après,  en  mois  d'aoust,  fut  commenchy  cl  jeelé  le  fondement  de  la  thour 
Sainct- Lambert  et  fut  parfaicle  l'an  XIIIIC  et  XXXIII.  10 

L'an  devandit,  en  mois  daoust  ",  vint  à  Liège  levesque  d'Ancone  (3) 
départ  le  pape  Boniface  de  Rome,  et  apportât  bulles  de  rabsoult  de  peine 
et  de  coulpe  '',  dont  pour  celle  cause  vindrenl  un  grand  nombre  de  gens 
de  tous  costéc  c  à  Liège  audit  évesque,  Icquell,  chascun  jour  deux  fois,  faisoit 
absolution  en  l'engliese  Saincte-Croix.  Et  cesle  absolution  envoyai  le  pape  à  15 
nostre  pays  pour  ce  que  les  Liégois  avoint  estez  lousiours  à  luy  et  à  ses  prédé- 


•  "  vint  à  Liège  ung  légault  du  pape  Boniface,  lequel  estoit  évesque  d'Ancoune,  lequel  légault  fist 
publier  par  toute  le  pays  de  Liège  et  de  Cambraye  que  tous  ceulx  qui  viendroient  à  luy  ou  à  ses 
commissaires  et  lieutennants  à  confession,  estans  vrays  repentans  de  tous  ses  péchez,  qu'ils  leurs 
donneroit  pardons  enthiers  de  coulpe  et  de  paine.  Par  quoy  vindrent  grande  multitude  de  gens  à  20 
Liège  pour  avoir  absolution  de  leurs  péchez.  Lequel  légault  résidoit  à  SaincteCroix,  lequel  donnoit 
deux  fois  le  jour  absolution.  Et  duroit  la  commission  jusques  à  la  Nativité  .Nostre  Siegneur  ensuyvant  : 
D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot.  —  °  bulles  et  pard  jns  et  puissance  de  absouldre  de  paine 
et  de  coulpe  :  B.  —  c  plusieurs  gens  de  nostre  pays  et  nos  marchans  :  A. 

(')  D'après  Abry,  Gilles  de  Bicrset  auiail  été  maître  de  la  cité  en  1387,  puis,  comme  notre  texte  le  35 
porte  ci  après,  en  159!i  et  en  1599.  (Les  Bourgmestres,  p.  98.)  Mailre  Gilles  de  Bierset,  civis  quondam 
et  magister  communitatis  Lcodicnsis,  mourut  le  A  octobre  1408.  (Ncerologe  des  Chartreux.)  En  1591, 
au  lieu  de  Gilles  de  Bierset,  Abry  cite  Henri  Coen.  C'est  une  erreur  :  Henri  Cocn  était  maitre  de  la 
cité  le  20  juin  1391.  (Chartes  de  Saint-Pierre,  p.  101.)  H  fut  donc  élu  en  1390. 

(*)  L'auteur  est   ici   dans  l'erreur.  Robert  n'a  pas  été  comte   de  Namur.  Le  comte  de  Namur,  ,30 
Guillaume   I",   surnommé   le   Riche,   mourut  le   1er  octobre  1591.  Il  eut  pour  successeur  son   fils 
Guillaume  II.  D'après  Crocncndacl,  Robert  de  Namur,  sire   de   Renaix  et  de   Bcaufort,  mourut  le 
18  avril  1391. 

\*)  Guillaume  délia  Vigna,  trésorier  d'Urbain  VI  et  évéque  d'Ancônc.  Voir  t.  I,  p.  97,  n.  I. 


CHRONIQUE  ABREGEE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  229 

cesscurs  parfaiclement  obéyssanlz  comme  vrays  filz  de  la  Sainctc-Engliese  ". 

L'an  XIIICIIIIXX  et  XIII,  en  mois  d'aoust,  Johan  de  Bavière  allât  à  grande 

puissance,  scavoir800  lances  'J  chevauchié  sour  l'archevesqué  de  Coullongnc  et 

avoit  avec  Iuy  vmc  glaives,  et  son  frère  le  conte  Guilheaume  d'Oustreval  et  le 

s  duc  de  Gelre,  leur  souroige,  lequel  duc  de  Gelre  (4)  avoit  convenu,  parmy  une 
somme  d'argent,  de  livrer  sondil  souroige  à  l'archevesqué  °,  dont  qu'il  retournât 
à  Liège  et  racomptat  tout  cela  à  son  pays.  Le  sme  jour  de  septembre,  l'an 
devantdit,  le  pays  accorda  l'ost  sur  le  duc  de  Gelre.  Le  jour  de  sainct  Lambert, 
Baldwin  del  Roche  (2),  avec  xlv  lances  que  Henry  de  Perweis  avoit  à  Stochem 

10  laissyé,  receupvèrent  les  Gelrois  qui  cstoient  là  venus  et  les  desconfirent  et 
occirenl  lxxv  personnes. 

L'an  XIIICLXXXXIII,  fut  la  feste  de  la  Visitation  Nostre-Dame  ordonnée  '. 

a  Item  les  deux  tliours  de  l'égliese  de  Liège  à  deus  costéz  du  vieux  chœur  abbalues  et  renversées  en 
partie  par  tempeste.  Item  le  cloehier  de  Sainct-Johan-Evangéliste  et  des  Chartroux, pareillement  les  deux 

•S  ihours  de  Sainct-Jacque  furent  endommaigés  par  tonnoires  et  (empestes,  et  entrât  le  tonnoire  dedens 
le  réfectoire  et  gatat  toutes  les  imaiges  :  add.  D.  Cf.  Zantfliet,  col.  SiO.  —  *  à  grande...  :  omis  A.  — 
c  et  en  avoit  jay  reçu  grand  somme  de  deniers  :  B.  —  d  premièrement  en  jullet  :  add.  B. 
Item  en  mesme  temps,  à  Sainctz-Jacque,  à  la  feste  de  tous  les  Saincts,  par  les  charbons  et  feu  laissié 
derier  par  ceulx  qui  avoient  sonné  les  cloches,  furent  successivement  (brûlés)  la  cuisine,  la  barberie 

20  et  plussieurs  chambres  des  hostes  :  add.  D.  Cf.  Zantfliet,  col.  .~43.  —  L'an  mesme,  émotion  de  peuple 
à  Sainctron  contre  l'abbé,  pour  et  à  l'occasion  d'un  brasseur  lequel  avoit  estez  occis  on  ne  scait  par 
qui,  qui  fut  cause  de  grande  discorde,  qu'il  advint  entre  les  religieux  et  bourgeois  de  Sainctron.  Car  le 
bourgheroaistre,  son  confrère  en  l'office,  feit  porter  le  corps  mort  à  Liège  et  monstrer  publiquement 
et  tellement  qu'il  incitât  le  peuple  contre  l'abbé  et  couvent   de  Sainctron,  et  fait  sa  cause  bonne; 

25  parquoy  de  chascun  mestier  de  Liège  furent  oi  donneis  octo  ou  diex  hommes,  lesquels  avecque  ceulx 
de  Sainctron  bruslèrent  l'abbaye  de  Sainct-Tron  et  la  maison  de  Ordinghcn  appartenante  à  la  mère  de 
l'abbé  dudit  Sainctron;  mais  à  dernier,  par  le  moyen  d'aucuns  bons  amys,  la  paix  fut  faicte  en  tel 
manière  que  les  bourgeois  payeroientà  cause  qu'il  avoient  allez  et  faicte  contre  sa  juridiction  et,  contre 

(')  Guillaume  Ier,  duc  de  Gueldre,  avait  épouse  Catherine,  veuve  de  Jean  de  Bavière.  Voir  t.  I, 
30   p.  93,  n.  1  et  p.  95,  n.  I. 

(')  Baudouin  délie  Roche  fut  maître  de  la  cité  en  1397,  comme  on  le  voit  plus  loin.  Ici  nous 
sommes  d'accord  avec  Abry.  (Voir  Les  Bourgmestres,  p.  Hl.)  Mais  contrairement  aux  indications  du 
Recwil  héraldique,  il  fut  élu,  une  seconde  fois,  en  1401,  car  on  le  trouve  cité  comme  maître  le 
17  mars  1402.  Charles  de  Saint-Pierre,  p.  I  50.)  11  apparaît,  en  1374,  avec  la  qualité  d'écuyer,  seigneur 
3b  de  Flcmalle,  fils  de  Jacques  délie  Roche,  époux  de  Mente,  fille  de  Gérard  Pauster  de  Tongres.  (Cartii- 
laire  du  Val-Benoit,  pp.  595,  B96,  602,  C05,  606.  —  Hemmcoirt,  I,  p.  275;  II,  p.  352.) 


230  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  1504.  mourut  le  pape  Clément  en  septembre0. 

L'an  XHICLXXXXV,  en  aoust,  l'cslu  se  plaindit  de  plusieurs  de  ban  de 
de  Seraingne  pardevant  les  esclievins  de  Liège  à  cause  d'ung  boscaige  et  les  fist 
clamer  au  peron  et  forjuger  b.  Adonc  les  susdits  de  ban  de  Seraingne  (4)  soy 
vindre  comme  bourgois  déplaindrc  à  Liège  et  qu'ils  vouloient  raltendre  la  loy  5 
du  pays,  veu  qu'ils  estoienl  en  possession  dudit  boscaige  et  disoient  que  c'estoit 
leur  héritaige  c.  Adonc  les  maistres  Piron  le  Hobier  et  Giel  de  Biersez  comman- 
dèrent à  Henry  Coen,  maieur  et  les  eschevins,  que  ils  rappellassent  ladite 
proclamation  au  peron  et  que  ceux  dudit  ban  fussent  traités  comme  bourgeois, 
ce  que  ils  ne  voulurent  faire,  par  quoy  les  bourgemaistres  firent  crier  albains  le  10 
mair  et  les  esclievins  de  Liège  '.  Adonc  l'esleu  lisl  houchicr  ceux  de  ban 
à  l'anneau  du  palais,  et  pareillement  ceux  de  Tongrc  et  de  Sainct-Trond 
et  procéda  jusqu'au  4e  appelle,  lequel  il  fit  accomplir e.  Alors  les  maistres  firent 
commander  à  leurs  bourgeois  que  ilz  ny  fussent  point  devant  la  paix  pour  eslre 
homme  monsiegneurà  appeler  ceux  de  ban.  Item  à  quarte  appeale.  monsiegneur  i» 
fist  aller  sonner  la  blanche  cloche  et  fist  par  les  hommes  de  son  hoslel  fine  le 
quatrème  appeale,  et  soy  partit  le  lendemain  et  mist  sa  cour  spirituelle  et  son 


la  lois  de  droit,  avoient  affligez  et  enchâssez  les  religieux  hors  de  leurs  maison  et  habitation,  a 
l'évesque  diex  milles  florins  de  Rhyns,  et  à  l'abbé  et  couvent  siex  milles,  et  ainsy  fut  la  paix  faicte  ('). 
A  dernier  retournèrent  le  neiiffuième  de  jullet  les  religieux  accompaingné  de  la  noblesse,  après  avoir  20 
demouré  et  estez  hors  de  leur  abbaye  environ  de  quattre  ans  :  add.  D.  Cf.  Zantfliet,  col.  342.  — 
L'an  raesme,  fut  premièrement  trouvée  l'art  et  science  de  faire  artilleries  aux  Augsbourgh  en 
Allemaingne  par  ung  moisne,  comme  plussieurs  escrivent  :  add.  D  et  B'  en  note  marginale.  — 
»  L'an  mesme,  tombit  en  la  Basse  Savenier  un  pan  de  mur  de  Sainct-Martin  en  hault,  par  lequel  furent 
abbatues  sept  petites  maisons  et  i  fut  unne  femme  suffoquée.  L'an  mesme,  abondance  de  vin  :  add.  D.  25 
—  b  clamer  vogiéz  au  peron  :  A.  —  clamer  forjugéz  au  peron  :  C.  —  '  et  maintenoient  que  ledit  bois 
estoit  à  eux  :  A,  Ville  de  Liège,  de  Th.,  i-!S,  fol.  284  d".  —  d  les  rappellent,  car  ils  vouloient  attendre 
jugement  de  la  cité,  pour  ce  qu'ils  estoient  bourgois.  Le  maieur  et  les  eschevins  firent  avan  à  peron. 
Alors  les  maistres  et  eschevins  proclamèrent  maieur  et  eschevins  albains  :  A,  Ville  de  Liège,  de  Th., 
ISS,  fol.  284  V.  —  *  et  procéda...  :  omis  A,  Ville  de  Liège,  de  Th.,  ISS,  col.  284  V.  30 

(')  Cf.  0.  Km™.  L'origine  des  querelles  entre  Jean  de  Bavière  et  les  Liégeois,  L'affaire  de  Seraing 
en  159 S.  {B.  A.  B.  B.,  1908,  p.  485.) 

(*)  Paix  avec  les  habitants  de  Saint- Trond,  17  mai  1593.  (Curtulairc  de  l'abbaye  de  Saint-Trond, 
11,  pp.  117  et  suiv.) 


CHRONIQUE  ABREGEE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  231 

seaul  à  Diest,  dont  Baldewin,  monsiegneur  de  Monjardin  et  les  maistres  tien- 
dront sur  ce  plusieurs  journées.  La  nuict  de  Noël,  fut  faite  la  paix"  selon  ung 
certain  plackar  ('),  et  dit  on  que  le  mambour  eut  à  l'csleu  imM  francs,  pris 
hors  des  subsides  concédé  audit  eslcu  b. 
8  L'an  153(5  %  le  xxxe  jour  de  janvier,  Gelrois  ardirent  par  nuict  Viseit,  et  le 
lendemain,  l'esleu  et  la  cité  allèrent  jusques  à  Dolhen,  mais  ilz  ne  trouvèrent 
personnes. 

Le  xme  jour  de  février,  fut  très  grande  l'eau e  d.  En  ceste  année  mesme,  fut  le 
muyd  de  blé  assys  à  vi  libvres,  et  furent  commis  '  gens  pour  garder  qu'on  ne 
10  minast  point  de  grains  hors  de  pays  '.  mais  plusieurs  des  gardes  prindrent 
argent  et  les  laissoit  hors  enminer,  dont  ilz  en  furent  hannys  '■'. 

A  la  sainct  Jaeque,  furent  maistres  aux  boistelelz  et  Wathier  de  Berses  et 
Jacquin  de  Weize  (2). 

En  aoust,  le  duc  Albert  de  Hollande  allât  en  Frise. 

13  «  et  la  court  remist  à  Liège  :  Bl  en  note  marginale.  —  b  pris  hors. ..au  dit  esleu  :  omis  A.  — 
L'an  mesme,  fut  à  monastère  des  Carmes  misa  et  assiese  l'imaige  de  la  Vierge  Marie,  laquelle  on 
disoit  eslre  de  la  haulteur  de  la  Vierge  Marie.  L'an  mesme,  miracle  audit  couvent.  Cas  merveilleux 
d'un  eschevin  de  Sart  battu  au  champs  par  ung  esprit  maling.  L'an  mesme,  estoit  le  pays  en  fort 
grande  trouble  et  guerres,  parquoy,  pour  prier  Dieu  pour  la  paix,  furent  célébreis  plussieurs  spéciales 

20  messes  et  processions  générales,  ens  quelles  discord  survint  entre  les  religieux  de  Sainctz-Jacque 
et  Sainct-Laurent  pour  la  préminence  et  fut  ordoné  lors  qu'il  iroient  ensemble.  —  L'an  mesme, 
tremblement  de  terre  à  Liège,  le  treizième  jour  de  juin,  tellement  que  les  platz  se  remuoient  sur 
les  planches  :  add.  D  et  B1  en  note  marginale.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot.  —  «  le  dernier 
de  janvier,  par  ung  dimenche  environ  minuict,  fut  prinse  Visé  par  eschelles  improvisement  par 

-s  Geldrois  et  plussieurs  bourgeois  en  leurs  propres  maisons  prins  prisonniers  et  furent  tous  pilliez 
et  plussieurs  maisons  brusleis,  quoy  entendu  par  Liégeois,  incontinent  sortirent  avec  l'évesque, 
lequel  fut  en  grand  danger  de  sa  personne  par  aulcuns  malvoillans  qui,  sans  aucuns  raisons,  le 
disoient  et  accusoient  de  ce  coulpable  :  add.  D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot.  —  a  et  telle 
que  depuis  cent  ans  on  n'avoit  veu  les  pareilles  et  durèrent  huict  jours  :  add.  B  et  D.  —  e  commis 

30  deux  :  D.  —  /  qui  furent  Renier  de  Jupprelle  et  Johan  Mathie  :  add.  D.  —  «  bannis  avec  quattre 
aultres  leurs  compaingnons  :  add.  D. 

(*)  Le  29  décembre  t  "95,  Paix  de  Caster.  Cf.  Recueil  Ord.  princip.,  t.  I,  p.  573. 

(5)  Par  suite  des  brigues  pour  la  magistrature,  les  maîtres  de  la  cité  furent  celte  année  tirés  au  sort 

par  un  enfant,  hors  d'un  panier  contenant  treize  boites  d'argent  avec  les  noms  d'autant  de  bourgeois 

35  qui  choisirent  soixante  députés  dans  une  assemblée  du  peuple  convoquée  flux  Frères-Mineurs.  Sur 

Walter  de  Bierset,  voir  p.  ïH9,  n.  1.  Jacquemin  de  Weize  est  cité,  en  1402,  comme  ancien  bourgmestre 

de  Liège  et  cchevin  de  Jupille.  'Po.ncklet,  Chartes  de  Saint-Pierre,  p.  1 30.) 


232  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  XIIICXCV1I,  à  la  sainct  Jacque,  le  peuple  esleut  Baldwin  del  Roche  et 
Jolian  le  Cock  (1). 

L'an  XIII'  XCVII.  en  mois  de  septembre,  trespassat  en  Avingnon  mcssire 
Persan  de  Rochefort  dont  cy  devant  est  faite  mention  ". 

En  cest  an,  esmeut  la  guerre  entre  la  ducesse  Johanne  de  lîrabant  et  le  duc  5 
de  Gelre  à  cause  d'un  escuwier  de  duc  de  Gelre  qui  avoit  este  occis  à  Bois  le 
duc.  Adonc  siegneur  Renart  de  Skonvorsl  (2),  qui  esloit  ennemys  au  duc  de 
Gelre,  vint  à  Liège  et  devint  bourgeoy  du  liège,  et  procurât  tant  aval  la  cité  par 
argent  h  qu'il  eut  plusieurs  amys  contre  le  duc  de  Gelre.  Et  par  l'information 
dudit  siegneur  Renart,  madame  de  lîrabant  requis!  d'avoir  passaige  pour  aller  io 
sur  le  duc  de  Gelre,  ce  que  luy  fust  lanlost  ollroyé  et  l'ost  avec  entièrement, 
pour  ce  qu'il  avoit  arse  Viseit,  non  obstant  que  le  duc  avoit  plusieurs  fois  voulu 
amender  aux  Liégois  et  venir  à  la  journée.  Le  duc  de  Gelre  assiégat  Boisleduc, 
mais  rien  ne  prouflilat.  Madame  de  Brabant  vint  à  Treict  avec  toutes  ses  gens 
et  envoyât  à  Liège  deux  cursieurs  pour  porter  aux  maistres  banniers  °  en  i» 
pryant  qu'on  les  voulis  suivre.  Adone  les  souldalz  de  madame  alloienl  ardre  en 
la  duchée  de  Julie,  mais   par  famynne  ils  retournèrent  après  de  madame 

"  L'an  traize  cents  nonante  sept,  in  erastino  Saneti  Laraberti,  Liégeois  hors  de  la  cité  sortirent 
en  armes  avec  l'évesque  et  damoisea   Reynard  de  Schoenvorst,  siegneur  temporele  et  chevalier, 
estoit  pareillement  siegneur  de  Sichem,  lequel  peu  devant  par  argent  c'estoit  faict  bourgeois  de  20 
Liège,  et  s'en  allèrent  lesdits  Liégeois  vers  la  duchié  de  Geldre,  et  estoient  avecque  eulx  Tongrois 
et  ceulx  de  Hasque  en  allant  bruslèrent  la  ville  d'Eclit  et  plussieurs  aultres  villes  du  pays  de  Geldres, 
commenebant  à  Echt  à  Horne  et  tousiours  s'en  allant  vers  Ruremonde,  et  après  diex  jours,  se  mirent  en 
chemin  pour  retourner  sans  aucun  dommaige  ou  empêchement,  sauve  qu'en  retournant  après  de  pont 
de  Mersen,  aulcuns  Geldiois  se  monstrèrent  comme  si  eussent  volut  assaillir  l'armée  des  Liégeois  et  28 
pour  le  bruit  et  confusion  qui  s'eslevat  entre  Liégeois,  le  cheval  de  Johan  le  Cocqz  bourghemaistre 
esboventé  portai  son  maistre  en  l'eaue  à  la  mal  heure,  car  il  y  fut  noyez  el  plussieurs  y  furent  tuez  : 
add.  D.  €/.  Chronique  latine  de  Jean  de  Stavelot.  —  L'an  1397,  la  siegneurie  de  Nemours  fut  érigié 
en  duchié  par  le  roy  Charles  siexième  et  en  fut  le  premier  duc  Charles,  roy  de  Navarre,  tilz  de 
roy  de  Navarre,  conte  d'Evreux,  qui   fit  beaucop   de   mal  en  France  au  temps  du  roy  Charles  30 
cinquième  (Annales  de  France)  :  note  marginale  de  B*.  —  *  par  argent  :  omis  A.  —  •  les  maistres 
banniers  :  B'.  —  les  banniers  des  maistres  :  B. 

(«)  Sur  Baudouin  délie  Roche,  voir  p.  229,  n.  2  et  t.  I,  p.  107,  n.  I.  Sur  Jean  le  Cocq,  p.  200,  n.  2 
et  t.  I,  p.  86,  n.  2. 

(')  Sur  Renard  de  Skonvorsl,  voir  1. 1,  p.  100,  n.  3  et  i.  35 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  233 

à  Treict.  Lendemain  del  sainct  Lambert,  les  Liégois  yssèrent  hors  et  eurent 
grand  peine  avant  qu'ilz  parviendrent  à  Echt  "  (*),  laquelle  ils  ardèrent  et 
l'engliese,  et  les  orfèvres  apporlèrent  à  Nostre-Dame  aux  fons  les  cloches  avec 
les  joyaux  h  de  l'église  susdite  et  après  ils  coururent  jusqu'à  Ruremont  et  puis 
s  retournèrent  vers  Liège,  mais  le  jour  devant,  qui  fui  le  jour  du  sainct  Michiel, 
au  pont  à  Mersen,  la  garnison  des  Gelrois  courut  sur  les  Liégois  qui  furent 
trouvez  delà  le  pont,  et  y  fut  le  Cock,  qui  estoit  maistre  de  Liège,  noyé,  et  Ciel 
de  Coir  (J)  y  fut  occis  et  Renar  de  Borges.  Adonc  la  cilé  voulut  faire  maistre 
Gérard  Crulhon  (3)  par  la  mort  dudit  Cock,  mais  il  ne  la  voulut  point  accepter. 
10  Si  fut  adonc  esleu  le  Robeur. 

L'an  XIIICXCVHI,  en  février,  le  jour  de  sainct  Matthie,  le  roy  Wyncelare 
de  Bohème,  qui  estoit  roy  d'Allemaingne,  passât  à  Franchimont  pour  aller  vers 
Reims  parler  à  roy  de  France,  pour  la  cause  de  schisme,  et  pensât  l'esleu  Jehan 
de  Bavier  que  ledit  roy,  qui  avoit  espousé  e  sa  seur  aisnée  *  (4),  viendroit 
15  à  Liège,  mais  il  ne  vint  point,  ains  s'en  allât  à  Stavelou  ou  il  demourat  trois 
jours,  et  enportèrent  ses  gens  de  l'englise  de  Stavelou  avec  eux  plusieurs  livres 
notables. 

En  quaresme,  les  Gelrois  ardirent  en  pays  de  Franchimont.  Adonc  fut 
ordonné  l'ost  d'aller  en  la  duchée  de  Gelre  et  firent  appareillement  pour  le 
20  mardy  devant  le  sainct  Johan-Baptisle. 

En  ce  temps,  ung  juif  nommé  Isaac  vint  à  Liège  et  disoit  qu'il  se  vouloit 
faire  e  baptiser,  mais  quant  ce  vient  jour,  il  s'en  allât  par  nuict. 

Lendemain,  le  siegneur  de  Perweis  (5),  sénescalle  de  Loz,  escrivil  à  l'esleu 
comment  il  avoit  entendu  que  le  duc  de  Gelre,  à  banniers  desployéz,  vouloit 

25      a  Exhe  :  B,  B".  —  b  avec  les  joyaux...  :  omis  A.  —  c  espousé  :  omis  A.  —  d  sa  lante  :  B,  D.  — 
«  faire  :  omis  A. 

(i)  Sur  Echt,  voir  t.  I,  p.  98,  n.  1. 
(»)  Sur  Gilles  de  Coir,  voir  p.  200,  n.  1 . 

(3)  Gérard  Crawelhon,  pêcheur,  cilé  en    1409,  2S  avril.  [Cartulaire  de  Saint- Lambert,  V,  42.  — 
30  Cf.  Love.ns,  1,  p.  11 1.)  Sur  P.  le  Robeur,  voir  p.  216,  n.  2. 

(')  Wenceslas  avait  épousé  Jeanne,  sœur  de  Jean  de  Bavière.  Cf.  note  2  de  la  page  227. 
.')  Henri  de  Morne,  seigneur  de  Pcrwcz.  Cf.  Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  V,  p.  31. 

Tomb  n.  50 


234  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

entrer  dedens  le  pays,  et  l'esleu  le  lassât  scavoir  aux  maislres,  lesquellz  se  levint 
tantost  à  dimve  nuict  et  vindrent  au  palais.  Adonc  l'esleu  les  requcrat  de 
clievachier  avec  luy  et  qu'ils  somonassent  sicgneur  Baldwin  de  Monjardin  (J) 
de  clievauchier  avec.  Us  disent  qu'il  le  fer  oient,  mais  ilz  furent  si  cnsongnéz  a 
de  faire  saillier  une  lettre  de  grand  seaul  de  Sainct-Jacquc  pour  certain  argent  5 
qu'ilz  avoient  preste  à  la  cité,  qu'ilz  négligeoint  à  faire  la  requesle  devanldile. 
Au  matin,  le  duc  vint  ardre  en  la  contée  de  Los,  sy  que  à  l'heur  de  vespre, 
quant  la  cité  le  sceut,  s'armoit,  mais  ilz  furent  ralers  leurs  chemins.  Lendemain, 
l'esleu  démonslrat  tout  ce  sur  le  palais  comment  les  maislres  avoient  fait  comme 
desusdit.  Mais  les  maistres  disoient  qu'ils  n'osoient  destrouhlcr  le  peuple  par  i° 
nuiet 6,  car  souvent  on  disoit  semblable  chose  qu'on  trouvoit  le  contraire.  Mais 
non  obstant,  la  cité  les  privât  et  cslcut  à  maislres  sicgneur  Jehan  de  Seraing  (2) 
et  Jacqmin  de  Weize  jusques  à  la  sainet  Jacque  et  del  sainet  Jaeque  en  un  an. 
Le  merquedy  devant  le  sainet  Jan-Baptiste,  monsiegneur  yssut  dehors,  et 
Everard,  filz  sicgneur  Everard  de  la  Marche,  portât  le  standarl  (3),  et  la  cité  et  1= 
le  pays  aussy.  Et  le  jour  de  sainet  Johan,  vindrent  al  Nowc  stat  (4)  et  la  trou- 
vèrent vuyde.  Mais  ilz  trouvèrent  xix  prisonniers  de  Loz  et  les  mirent  hors  des 
ceppes.  Adonc  les  Liégeois  et  Brabanchons  abalirent  ladite  Novc  stat  et 
allèrent  devant  Rulmond,  l'ung  d'un  costé,  l'autre  de  l'autre.  Les  huylleurs 
abatirent  bien  xxx  piedz  de  murailles  et  en  eussent  encor  abbatu  davantaiges,  20 
mais  le  duc  de  Gelre,  qui  estoit  tout  près  à  Montfort,  mandast  l'esleu  et  les 
maistres  pour  trailier  de  paix  le  lundy,  car  les  Brabechons  estoient  déparly  le 
dimenehe,  que  le  conte  de  Sainct-Poul  (5)  avoit  gyct c.  Et  avoient  les  Liégois 

0  empêchez  :  B.  —  *  pour  rien  :  B,  D.  —  c  conduisent  :  B,  D. 


(4)  Sur  Baudouin  de  Monljardin,  voir  p.  224,  n.  2.  25 

(*)  Jean  de  Seraing,  chevalier,  seigneur  de  Houlain-Saint  Siméon.  Abry  est  dans  l'erreur  en  le 
donnant  comme  ayant  clé  échevin.  {Les  Bourgmestres,  p.  112.)  Partisan  des  Uaidroils,  il  fut  décapité 
en  M08.  Sur  Jacquemin  de  Weize,  voir  p.  231,  n.  2. 

(')  En  qualité  de  mambour  de  sa  mère,  Marie  de  Looz.  (Voir  p.  222,  n.  2.) 

(*)  ÎSieuwsladt,  à  une  lieue  et  demie  de  Siltard.  30 

(*)  Walerand  de  Luxembourg,  comte  de  Ligny  et  de  Saint-Pol. 


CHRONIQUE  ABRÉGÉE  DE  JEAN  D'OUTREMEUSE.  235 

xxi'  jour  estez  là  quant  la  paix  fut  faite  et  les  lettres  escriptes.  Le  xvm*  *  jour  de 
juillet,  retournât  l'ost  à  Liège. 

Cest  an  mesme,  à  cause  de  la  grande  galée,  ne  fut  nulz  fruiclz  b. 

L'an  XIIIe  nonante  et  IX,  envoya  le  roy  Charle  de  France  plusieurs  fois 

5  à  Liège  ambassadeurs  pour  la  schisme.  Le  premier  jour  de  juing.  vindrent 
à  Liège,  départ  le  roy  de  Franche,  maistre  Picr  Plains  ('),  évesque  et  plusieurs 
autre  siegneurs.  Les  deux  niaistres  qui  avoient  estez  esleuz  vin  sapmaine  deux 
jours  moins  devant  le  sainct  Jacque,  asscavoir  siegneur  Jehan  Surles,  filz 
siegneur  Bariet  de   Lardier  (2),  et  Giel  de  Bierses   mirent  sur  ce  le  palais 

10  ensemble.  Et  la  cité  accordât  que  le  pays  fust  mandé,  voyant  que  la  songne 
touchoit  a  tous  le  pays  généralement.  Le  xne  jour  de  juing,  tous  le  pays  fut 
ensemble  (3).  Adonc  les  ambassadeurs  requérèrent  départ  le  roy  de  France  qu'ilz 
se  voulussent  sublraire  et  estre  neutralz  :  c'est  à  dire  de  n'estre  obéissantz 
à  nulle  des  deux  papes,  car  autrement  on  ne  viendroit  à  union.  Et  le  roy 

15  promettoit  de  donner  lettre  au  pays  d'aidier  à  celle  cause  le  pays,  si  de  rien  on 
le  vouloit  molesteire,  moynant  que  le  pays  luy  donnast  lettre  semblablement, 
mais  l'eslu  estoit  alors  en  Frise.  Le  pays  requérat  le  siegneur  Baldwin  c  de 
Monjardin  porter  sur  ce  leurs  lettres  au  roy  de  France,  et  rapporter  semblable- 

«  13e  jour  :  B.  —  b  L'an  1399,  après  Pasqne,  le  roy  de  France  envoyât  un  légault  à  Liège  pour 
20  obtenir  consenlement  du  pays  de  Liège  de  n'obéyr  à  aulcun  des  deux  pape  de  Rome  et  soubstraire 
toute  obéyssance  à  eulx  deubt  et  faire  signer  par  toutes  les  villes  du  pays  et  pareillement  par 
l'évesque  Bavaria  et  par  toute  la  clergerie  du  pays  de  Liège,  ce  que  fut  accordé  (!)  et  demourat  en 
telle  neutralité  jusques  à  l'an  mille  quatlre  cens  et  chineque  :  add.  D.  Cf.  Chronique  latine  de  Jean 
de  Slavelot.  —  Item  l'an  devant  dit,  le  vingt  quatrième  jour  d'octobre,  fut  chanté...  :  D.  —  c  Baldwin  : 
23  omis  A. 

(')  Pierre  Plaioul,  éveque  de  Scnlis  de  1409  à  1415,  théologien,  né  dans  le  diocèse  de  Liège.  Voir 
Biographie  nationale,  t.  XVIII,  col.  795. 

(«)  Jean  Surlet,  fils  de  Faslré  Baré  Surlct,  dit  de  Lardier.  Cf.  p.  201,  n.  1  et  t.  I,  p,  101,  n.  i.  Sur 
Gilles  de  Bicrset,  voir  p.  228,  n.  I. 
ôO  (J)  Le  6  octobre  1399,  Jean  de  Bavière  et  le  clergé  de  Liège  déclarent  se  soustraire  à  l'obéissance 
du  pape  Boniface,  à  l'exemple  du  clirgé  de  France.  \B,  C.  B.  H.,  5e  série,  t.  XIV,  p.  531.)  Le  5  août 
précédent,  le  roi  de  Fiance  avait  promis  son  secours  à  la  Cité  de  Liège  qui  s'étjit  aussi  soustraite, 
le  11  juin  précédent,  à  l'obédience  du  pape  de  Rome.  Pièce  n°  50  du  dossier  I3ôi  de  la  Chambre 
Impériale  aux  Archives  de  l'État  à  Liège. 


236  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ment  les  lettres  de  roy,  comme  il  fist.  On  en  eut  aux  quatlres  vice  archi- 
diacres (*),  asscavoir  Brabant,  Ilesbaigne,  Condros  et  Campinne  v°  frans,  qui  fut 
laidement  asservir  l'cnglicse  Q.  Kl  cecy  fut  assez  légierement  ''  faict  pour  le 
peuple,  car  quant  le  pape  Urbain  fut  créé,  la  cité  saillat  de  grand  scaul  avec 
l'empereur  et  les  élecleurs  de  obéir  à  Urbain  cl  ses  successeurs.  Le  patriarche (*)  5 
et  maistre  Pier  Plains  vindrcnt  à  Liège  avec  le  siegneur  de  Monjardin.  qui 
venoil  de  quérir  ladite  letlre,  et  trouvaient  monsiegneur  du  Liège  en  palais. 
Kt  là  fui  !ant  par  ces  ambassadeurs  que  par  les  autres  clercs  du  Liège  disputée 
la  matière  de  la  neutralité,  que  ledit  esleu  donnât  aussy  lettre  de  ladite 
neutralité,  avec  ledit  roy  de  France,  madame  de  Brabant,  le  conte  de  Flandre  10 
et  le  conte  de  Namur.  Et  fut  accordez  que  monsiegneur  et  la  cité  parteroient 
les  biens  des  abscnlz,  qui  csloient  tant  à  la  court  d'un  pape  que  de  l'autre.  L'an 
devantdit,  le  xxime  jour  d'octobre,  fut  chantée  par  le  susdit  patriarche,  à 
Saincl-Lambert,  spécialle  messe  du  Sainct  Esprit,  et  fut  après  messe  faite,  une 
noble  procession  avec  cappes  par  toute  la  clergerie.  lo 

En  ceste  année  mesme,  le  xxixe  jour  de  janvier,  il  neigeât  très  fortement. 

Nota.  —  Que  le  souventdit  maistre  Johan  d'Oultre  M  ou  se  ne  (isl  plus 
avant  de  cestes  présentes  chronicques,  ne  scay  "  si  il  mourut  en  ce  temps. 

Sensuyvenl  quelques  advenuz  abrériéz  extraites  par  Johan  de  Stavelol 
des  chronicques  faites  par  Humbert  de  Pas,  clerc  des  XII  siegneurs  de  pays  20 
du  Liège 

"  qui  fut  grand  déshonneur  de  ainsi  asservir  l'église  :  B  et  D.  —  h  pauvrement  :  B.  —  c  il  faut 
qu'il  mourut  :  B{.  —  il  convient  qu'il  :  B. 

(1)  Selon  Fisen,  t.  Il,  p.   ISO,  quatre  chanoines  de  Saint-Lambert,  archidiacres  de  Brabant,  de 
Hesbaye,  de  Fanicnnc  et  de  Campine,  remplissaient  à  ee  moment  les  fonctions  de  cardinaux  à  Rome.  25 
Leurs  noms  sont  restes  inconnus. 

(s)  D'après   Fisen,  c'était  Thomas,    patriarche   d'Alexandrie.   Mais   Eubel,  Ilicrarchia  catholica, 
p.  82,  signale  pour  patriarche  à  ce  moment  Simon  de  Cramaud,  évêque  de  Carcassone. 


Annotations  sur  les  années   1401   à  1506. 

Après  l'année  1400,  les  manuscrits  que  nous  avons  ci  lés  plus  haut  (voir 
p.  144)  se  continuent  en  nous  fournissant  un  abrégé  de  la  chronique  française 
de  Jean  de  Slavelot  ('),  puis  d'Adrien  d'Oudenbosch  et  de  Jean  de  Looz.  Nous 
s  y  trouvons  ainsi  la  On  du  règne  de  Jean  de  Bavière  (1400-1418).  le  règne  de 
Jean  de  Walenrode  (1418-1419),  ceux  de  Jean  de  Heynsberg  (1419-1456) 
de  Louis  de  Bourbon  (1450-1482)  et  de  Jean  de  Hornes  (1482-150l>). 

Au  texte  de  ces  chroniques-sources  que  nous  venons  d'indiquer  sont  entre- 
mêlées quelques  additions  qui  ne  deviennent  guère  d'une  certaine  importance 
10  que  sous  Louis  de  Bourbon.  Ces  noies  complémentaires  sont  un  peu  plus 
nombreuses  dans  le  manuscrit  D;  mais  elles  sont  presque  toutes  traduites  de 
Jean  de  Brusthcm.  Comme  nous  les  avons  données  précédemment  d'après  le 
texte  de  ce  chroniqueur,  nous  pouvons  les  négliger  ici. 


Règne  de  Jean  de  Bavière. 

îs  J.  de  Slavelot,  p.  17,  1-13.  —  1401.  Peste  géncralle  de  laquelle  morurent 
en  la  cité  douze  mille  personnes;  l'abbaye  de  Sainct-Jacque  eut  fort  à  souffrir 
et  morurent  en  peu  de  temps  trois  abbéz  el  douzes  religieux,  comme  on  voit 
encor  sur  ung  pierre  à  costéz  du  chœur  par  devers  les  eneloislres  (2). 
(Ms.  4,  p.  643;  ms.  0,  fol.  217.)  (3). 


20       (')  A  l'année  1400  :  S'ensuyvent  quelques  advenus  abbréviéz  extraictes  par  Johan  de  Slavelot  des 
chroniques  faites  par  Humbert  de  Pas,  clerc  des  xn  seigneurs  de  pays  de  Liège. 

A  l'année  1419  :  icy  finent  les  clironicques  cscr/plz  par  Johan  de  Stavclot  hors  Humbert  de  Pas 
susdit.  S'ensuyvent,  jusques  a  l'année  1449,  auquel  an  il  mourut,  ceulx  de  son  temps. 
(*)  Sur  cet  événement,  voir  D.  U.  Berlière,  Monasticou,  t.  II.  pp.  19-20. 
2g       i5)  Désormais  les  manuscrits  seront  désignés  par  le  numéro  de  la  liste  qu'on  trouvera  ci-après. 


238  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

J.  de  Slavelot,  p.  115,  i-5.  —  1408.  En  mcsme  temps,  Guilheame  conte  de 
IVarnur,  homme  dévote  et  aymant  la  religion  christiane,  voilant  réformer 
l'abbaye  de  Mollins,  situé  en  sa  conté  susdit,  point  loing  de  Bouvigne,  en 
laquel  estoient  des  dammcs  ne  vivantes  point  selon  leurs  ordres,  impétrat  à 
chapitre  de  Cislernc  d'en  chasser  les  dittes  dammcs  et  en  leurs  places  remettre  5 
des  hommes  dévotes  et  vivantes  selon  leurs  règles,  loullefois  donnant  aux 
dictes  dammcs  des  pensions  vitales,  lesquelles  s'en  allèrent  demourer  en 
plussieurs  lieux.  A  laquel  monastère  le  dit  conte  et  sa  femme,  appelée  Margarite 
de  Haracourt,  damme  temporelle  de  Béthunc,  feit  des  grandes  aulmoines, 
principalement  de  calices,  chasseurs,  de  chappes  et  plussieurs  aultres  ornemens  io 
des  égliescs  (').  (Ms.  1,  p.  662.) 

J.  de  Slavelot,  p.  459,  i-io.  —  1415.  L'an  susdit,  le  vingt  huictième  de 
février,  fut  consacrée  la  chapelle  de  Mouhault  en  l'honneur  de  saincleGerlruyde. 
(Ms.  4,  p.  665.) 


Règne  de  Jean  de  Heynsberg.  is 

J.  de  Slavelot,  p.  2)1,  i-9.  —  1125.  L'an  mesme,  fut  fondé  le  couvent  des 
frères  croisiers  auprès  de  Borchloen  et  Zepperen.  (Ms.  4,  p.  677.) 

J.  de  Slavelot,  p.  241,  i-is.  —  1428.  ...  cl  pareillement  du  consentement 
de  vénérable  siegneur  llerman  Albert,  channoine  de  Liège  et  archidiacre  de 
Condros.  (Ms.  1,  p.  078.)  20 

Wachlendonck,  dans  le  manuscrit  4,  ajoute  les  notes  suivantes  : 

L'an  142!),  le  21  de  féverier,  monsr  l'évesque  de  Liège  requist  au  clergé 
de  Liège  s'ils  ne  vouloienl  contribuer  pour  subvenir  aux  nécessités  du  pays, 
lesquels  respondirent  qu'ils  feriont  te  tout  comme  aullrefois  il  avoit  fait  et 


l1)  Sur  l'abbaye  de  Moulins,  voir  D.  V.  Behlière,  Atonasticon,  pp.  82-Sô.  Guillaume  II,  marquis  de  2o 
Namur,  avait  épousé  :  1°  Marguerite  de  Bar;  '2°  Jeanne,  fille  de  Jean  comte  d'IIarcourt. 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNEES  1401  A  1506.  239 

contribué.  Et  le  23  dudit  mois,  messire  Engelbert,  seigneur  d'Enghien  ('), 
defïlat  le  pays  et  la  cité  de  Liège. 

L'an  1420,  le  premier  de  mars,  les  députés  de  la  noblesse  et  des  bonnes  villes 
vindrent  au  chapitre  de  Liège  où,  présens  les  abbés,  rcmonstrarent  que,  pour  la 

5  garde  du  pays,  il  esloit  nécessaire  d'avoir  bien  1,400  hommes  d'armes  cl  sept 
cens  arbalestriers.  A  raison  de  quoy  demandèrent  s'ils  seriont  d'intention  de 
contribuer  aux  fraix  pour  entretenir  la  susdite  gendarmerie.  A  quoy  ils 
respondirent  que  sur  ce  il  aviont  dès  au  21  de  féverier  dernier  respondu  à 
monsr  l'évesque.   Le  lendemain,  5e  de  mars,  vint  à  Liège  messire  Jacques 

io  de  Viesville,  chevalier,  et  maislre  Philippe  Longart  (*),  docteur,  ambassadeurs 
du  duc  de  Bourgoingne.  Ce  que  p;ir  avant,  au  28  de  féverier,  on  avait  publié 
à  Liège  de  ne  faire  auleun  tort  aux  dits  ambassadeurs  quand  ils  viendroient  à 
Liège.  A  raison  qu'il  (le  duc  de  Bourgogne)  avoil  mis  garnison  à  Bovignes,  y 
furent  envoyés  sire  Godcfroid  Melinel,  chanoine  de  Liège,  et  Joban  del  Rouge 

,5  Porte  (3),  secrétaire  de  Liège,  lesquels  retournèrent  à  Liège  le  27  de  féverier. 
El  le  lendemain,  28  de  féverier,  monsr  l'évesque  à  Dinant,  Wilheaume  de 
Villers  et  Johan  del  Vaulx  avec  Johan  Barrez  (4)  qui  là  estoit  avec  40  chevaux 
pour  assister  les  Dinanlois.  Et  le  sieur  Thiery  de  Wcnberg  fut  envoyé  à 
Tuwin. 

20  Le  duc  demandoit  que,  suyvant  le  traicté  et  accord  cy  devant  faict,  la  thour 
de  Monlorgeuille,  scituée  à  Dinant,  fusse  démolie.  Item  qu'on  luy  rendasse 
17  villaiges  appartenantes  à  la  comté  de  iNamur,  laquelle  luy  estoit  dévolue  par 
le  trespas  de  Jehan  conte  de  Namur,  décédé  le  premier  jour  de  mars.  Item 
demandoit  cineque  cens  escus  d'or  que  ceux  de  Dinant  dévoient  à  son  feu 

23  (')  Sur  Englcbert  d'Enghien,  seigneur  de  Morialmé,  cf.  Dynter,  Chronica,  t.  III,  pp.  435  el  859. 
Daris,  Histoire  ...  du  XV'  siècle,  p.  209. 

(*)  Jean  de  Stavelot,  Chronique,  p.  244,  nomme  ces  ambassadeurs  Jacques  de  Viesville  et  Philippe 
Monlgart. 

(*j  Jean  de  Stavelot  les  nomme  plus  exactement  Godifroid  Mecking  et  Jean  délie  Rouge  Porte.  Sur 
30  le  premier,  chanoine  de  Saint-Lambert  et  prévôt  de  Fosses,  voir  db  Tueux,  op.  cit.,  t.  II,  p.  199;  Daris, 
op.  cit.,  p.  262. 

(lj  Guillaume  de  Villers,  Je  m  Dareit  de  Wez  sont  plusieurs  fois  cités  dans  le  tome  V  du  Cartuluire 
de  Saint- Lambert. 


240  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

oncle  Jean  de  Bavière,  ayant  l'action  de  Madame  Jacqueline  de  Hollande,  sa 
cousine,  hem  mille  coroncs  d'or  héritaubles  dcyus  à  feu  son  père.  Sur  ce  fut 
arreslé  qu'on  envoyeroil  des  députés  dedens  lo  jours  à  Malines  pour  décider 
l'afaire.  Avant  lequel  terme  expiré,  le  due  mandai  qu'il  ne  s'y  pouvoit  trouver, 
mais  que,  le  15  de  mars,  se  trouveroit  à  Mamur  cl  là  ils  viendriont  s'ils  leurs  5 
plaisoit. 

J.  de  Slavelo',  p.  294,  t-is.  —  1433.  L'an  XXXIII,  la  veille  des  Roys, 
Walthier  d'Antin  avec  ses  amis  et  adhérans,  soy  Jevirenl  et  firent  grande 
congrégation.  Mais  par  leur  imagination  sccretlc,  il  avoint  désia  gagnez 
plusieur  cave  de  marché,  et  esloinl  retirez  dedans  les  dicl  plusieur  de  leur  10 
complic  armez.  Mais  ung  servant  allant  tirer  de  la  bier,  fut  constrenl  par  eulx 
ne  point  réveller  ce  qu'il  avoit  trouvez  à  personne  du  monde,  tellement  qu'il 
fit  scriment  ne  le  pas  dire  à  homme  du  monde.  Dont  estant  retourné  en  la 
quisinc  avec  sa  bier,  començat  à  parler  aux  crama,  et  Iuy  comence  à  dire,  en 
présence  de  son  maistre  et  de  sa  maitresse  et  de  plusieurs  aultre  qu'esloint  en  15 
la  maison  :  «  Crama,  crama,  il  te  fault  scavoir  que  j'ay  prumy  de  ne  dire  mot 
à  personne  de  ce  que  à  cest  heure  j'ay  trouvé,  mais  à  loy  je  le  puis  bien  dire. 
Ce  que  noslrc  cave  est  remplie  de  soldat.  »  Alors,  ce  entendant,  furent  tous 
massacré.  Il  y  en  avoit  d'aultre  qui  avoyent  désia  gaigné  les  degreilz  de  Sainet- 
Lambert  à  bannier  déployée,  dont  les  bourgeois  avec  les  xxxn  mestiers  de  ce  20 
furent  advertis  et  secrètement  envoyarent  guarde  au  pont  d'Amercourt,  au  pont 
des  Arches,  au  pont  dlsle  et  en  Féronslrée,  et  de  là,  par  bonne  ordonnance,  à 
bannière  desployée,  vindrent  sur  le  marchiet,  et  fut  le  dit  Walthier  reboulté. 
Lors  tous  leurs  biens  furent  confisqués  et  leurs  maisons  rassées,  et  bannis  pour 
pour  jamais;  mais  d'aulcuns  d'eulx  rachaptèrent  leur  paix  par  argent,  et  leur  25 
trahison  est  tous  les  ans,  le  jour  des  Roys,  publyé  sur  le  marchiet.  (Ms.  6, 
fol.  80,  et  ms.  7,  fol.  113  v°.) 

Les   manuscrits   B,  c'est-à-dire   n05  2,  3,  5  et  suivants,   continuent  à 
résumer  le  texte  de  Jean  de  Stavelot.   Lorsque  celui-ci  finit  en  144G,   le  30 
manuscrit  ajoute  quelques  notes  comme  continuation  du  règne  de  Jean  de 
Heynsberg. 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401   A  1506.  241 

Quant  au  manuscrit  l)  ou  n°  4,  à  partir  de  {428,  il  emprunte  le  texte 
d'Adrien  d'Oudenbosch,  en  y  faisant  certaines  additions. 
Nous  donnerons  donc  séparément  : 

1°  Les  annotations  du  manuscrit  I)  au  texte  d'Adrien  d'Oudenbosch; 
2"  La  fin  du  règne  de  Jean  de  Heynsberg,  d'après  les  manuscrits  />. 


i°  Annotations  du  manuscrit  4  au  texte  d'A.  d'Oudenbosch. 
Fin  du  règne  de  J.  de  Heinsberg. 

L'an  mille  CCCC  et  trente  siex,  du  mois  d'aoust  le  quatrième  jour,  furent 

publiés  à  peron  de  par  les  maistres  à  certains  stutz  et  somme  d'argent  Michelot 

10  de  liiweron,  Albert  de  Bernalmont,  Collar  délie  Chayne.  portant  qu'ilz  avoient 

aulcunement  allez  allencontre  du  crys  de  la  lettre  dessus  escriptes  d'alliance  ('). 

Item  pareillement  Robert  de  Mons  fut  criez  à  trois  ans,  veu  qui  s'estoit 

remonstré  devant  trois  ans,  ausquels  il  avoit  estez  criez. 

Item  l'an  quatorze  cents  trente  huict,  le  xxie  de  jung,  furent  publiés  au  peron 

is  selon  le  premier  cry  (2)  à  lousiours  Johan  de  Bolzée,  Lambert  le  Maire  et 

Johan  de  Somerie  par  vigheur  d'une  certaine  enqueste  où  il  fut  trovéz  qu'il 

avoient  assisté  Johan  de  Harzée  et  Johan  de  Burguilés,  qui  sont  de  premier 

crys,  quand  il  furent  à  Treict. 

L'an  quatorze  cents  trente  cineque,  l'empereur  Sigismond,  ayant  information 
20  entier  des  excès  faiclz  et  perpétrez  par  les  dits  séducteurs  rebelles  et  criminelz, 
at  approuvée  et  confirmez  les  confiscations  et  appréhensions  des  biens  des  dits 
séducteurs  comme  criminels  de  crimes  de  lèze  majesté,  et  furent  de  ces  lettres 
passées  et  approuvées  par  le  dit  empereur  au  mesme  an,  lesquels  sont  enfermées 
en  certain  coffre  qui  est  en  la  grande  salle  de  la  Violette  (3).  (Ms.  4,  pp.  692-693.) 

25       [l)  Voir  le  texte  de  cette  lettre  dans  de  Ram,  p.  391. 

(*)  Ce  premier  cri  est  la  condamnation  de  W.  Datin  et  de  ses  complices  le  2  avril  1455,  publiée  par 
de  Ram,  op.  cit.,  p.  389.  Johan  de  Harzée  et  Johan  de  Burguilés  (de  Bergilers)  y  sont  nommés  Johan 
de  Marche  et  Johan  de  Bruijuilet. 

(5)  Ce  dipiôme  impérial  fut  donné,  non  en   145!>,  mais  le   14  juillet  1457.  L'original  se  trouvait 
30  encore  dans  les  coffres  de  Saint-Jacques  en  167ri.  Il  est  publié  par  dk  Ram,  op.  cit.,  p.  598. 

Tome  II.  31 


242  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

.-/.  d  Oudenbosck.  p.  20,  i-3.  —  1442.  An  mesme,  au  moys  de  may  le 
quatrième  jour,  furent  jeclcis  les  fondemenls  de  la  grande  (hour  de  lëgliese 
Noslre-Dame  de  Tongre.  (Ms.  4,  p.  G99.) 

A.  d'Ottdenbosch,  p.  31,  i-s.  —  1449".  Ung  oussy  des  plus  honnorables 
bourgeois  de  lluy  qui,  ayant  aceomplic  son  voyaige,  se  vouloit  retourner  à  son  s 
pays,  il  ouit  dire  à  ung  de  ses  eompaingnons  que  son  confesseur  ne  le  pouvoit 
absoudre  pour  ce  qu'il  estoit  présent  quant  le  frère  mineur  pendit  ses  com- 
pangnous  (*)  et  que  après  coup  fut  bruslé  en  récompense,  comme  dit  est;  lequel 
toutteffois  disant  qu'il  n'avoit  point  mis  les  mains  à  luy  et  qu'il  n'avoit  nul 
office  fut  absoulz  de  ses  péchez  à  telle  condition  que  jamais  ne  seroit  présent  io 
où  on  feroit  telle  choese.  Ledit  bourgeois  oyant  ce,  estonné,  commencea  à 
dire  :  «  heu  que  feray-je,  qui  at  estez  quéry  le  feu,  et  apporté  pour  et  avec 
lequel  ledit  frère  at  estez  bruslé,  mais  toutteffois  je  ne  scavois  ce  que  damoisea 
Alexandre  voloil  faire  dudit  feu,  quant  il  le  me  envoyai  quérir.  Je  m'en  n'at 
point  confessé.  Mais,  je  vous  prie,  rattendé  moy  ung  peu  tant  que  j'aye  13 
retournez  à  mon  confesseur  pour  le  confesser  et  raconte  comme  le  tout  est 
advenu.  »  Quant  il  fut  retourné  à  son  confesseur  et  luy  eut  tout  déclaré,  le 
prestre  fort  esmerveillé  et  estonnéz  demandât  s'il  se  tenoit  pour  ung  bon 
christien  et  ceulx  de  son  pays,  il  respondit  que  ouy  et  pour  vray  christien. 
A  dernier  luy  commandât  de  faire  pénitance  publieque  en  sa  parodie  en  ung  20 
jour  solempnel,  en  blanc  linge,  et  qu'il  racontas t  à  tous  ceulx  qui  demanderoient 
parquoy  il  faisoit  telle  pénitance  leurs  déclaras!  la  cause,  et  s'il  scavoit  aulcuns 
en  la  mesme  cause  coulpables,  le  plus  tost  qu'il  peuuisse  les  dénonchasl  ou  les 
list  dénuncher;  estant  ce  cas  publié  en  la  cité,  il  fut  annunehié  aux  confesseurs 
de  faire  inquisition  de  ce  fait  et  pour  faire  craindre  les  aultres  leurs  enjoin-  25 


"  L'an  mesme  (1418),  fut  fondé  l'Iiermitage  Saint-Maur  (J)  entre  les  montagnes  (terrier  Saint-Gille 
par  messieurs  de  Saint-Lambert  et  consacré  par  l'cvêque  :  manuscrit  46. 


('     Voir  Adkikn  d'Oudenbosch,  p.  17. 

(s)  (îoBKiiT,  Liège,  à  travers  les  tiges,  t.  IV,  p.  lfii,  pense  que  cet  ermitage  fut  établi  à  Fragncc  à  la 
fin  du  XV'  siècle.  30 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNEES  1401  A  1506.  243 

dissoient  dignes  et  publicques  pénitances,  mais  trop  tarde  car  la  plus  grande 
partie  estaient  trespasséz  (*).  (Ms.  4,  pp.  712-713.) 

A.  d'Oudenbosch.  p.  31,  1-23  —  1449  (2).  L'an  mesme,  le  jour  devant 
sainct  Michil.  ung  feu  par  accident  bruslat  une  maison  toute  noeuff,  passé 
3  huict  ans  faicle,  qu'estoit  la  brassine  et  le  fourny  de  l'abbaye  de  Sainct-Laurent 
et  i  feit  des  grands  dommaige,  point  tant  pour  la  combustion  de  la  maison  que 
pour  la  personne  de  l'abbé  que  doresnavant  commencea  à  resver  et  défaillier, 
qui  presttoit  argent  à  aucuns,  de  quoy  on  ne  sçait  à  parler,  et  celât  à  grand 
domaige  dudit  monastère  a.  (Ms.  4,  pp.  713-714.) 

10      A.  d'Oudenbosch,  p.  43,  1-21.  —  1455  (2).  En  ce  temps  mesme,  l'abbé  de    Cf.  Brusthem, 

c   •      .   1  >  ra\       .      .   a  ■  »    -i  j  1    fol.  259;  11,97. 

hainct  Laurent  (*)  estant  devenu  resveur  ou  comme  innocent,  il  diminuoit      Hist  mon 

tous  les  jours,  et  ceulx  qui  gouvernoient  l'abbaye  soubz  luy,  il  dispamioienl     s-  Laurent», 

Ampl.  Coll., 
toutes  les  biens  de  1  abbaye,  ce  que  voyant  les  religieux  demandèrent  l'évesque       iv,  1137. 

qu'il  luy  pleut  d'y  vouloir  remédier.  Lequel  respondit  que  voluntier,  devant 

13  que  alier  en  Hollandre.  Et  estant  revenu  à  Liège,  en  cellant  ce  qu'il  avoit 

faict,  visitât  le  monastère  de  Sainstz-Laurent  en  propre  personne,  mennant 

avec  luy  le  prieur  des  Chartroux  (*)  et  le  prieur  des  Carmes,  notable  homme, 

et  frère  Johan  de  Goes  (5),  provinciale  des  monastères  réformeis,  et  examinât 

a  L'an  1432,  se  fit  une  tempeste  espouvantable,  tombant  hors  du  ciel  des  pierres  triangulaires 
20  comme  on  en  voit  encor  en  la  maison  du  prince  d'Orenge  à  Bruxelle,  qui  causèrent  de  très  grands 
dommages  :  manuscrit  46. 

(*)   Un  lexie  latin  identique  se  retrouve  dans  le  manuscrit  B  d'Herman  de  Wachtendonck,  Biblio- 
thèque royale,  n"  143b'S-67. 

I*)  Mêmes  textes  latins  dans  le  manuscrit  Wachtendonck. 
«g       (5)  Sur  la   visite  canonique  que  l'cvêque  voulut  faire   à    Saint-Laurent,   voir   D.   U.  Bbrlière, 
Monasticon,  t.  Il,  p.  49.  L'abbé  était  alors  Henri  délie  Cheraux,  1434-1459. 

(4)  Jacques  de  Gruitrode,  profês  du  couvent  des  Chartreux  de  Liège,  prieur  une  première  fois 
en  1440,  absous  à  sa  demande  et  transféré  au  priorat  de  Zierickzee,  de  nouveau  prieur  à  Liège  en  1447 
jusqu'à  sa  mort,  le  12  février  1475.  Cf.  Cartulaire  des  Chartreux,  fol.  62  V,  et  Biographie  nationale 
50  t.  X,  col.  75-77. 

(»)  Sur  Jean  Goes,  t.  I,  p.  589. 


iU  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

tous  les  religieux  dudit  monastère  à  plus  petit  jusques  à  plus  grand  en  propre 
personne  luv  mesme.  Les  amys  du  l'abbé  avec  auleuns  du  grand  chapitre  se 
mirent  allencontre  tant  qu'il  peurent,  ear  il  pensoyent  que  l'évesque  voulsist 
priver  l'abbé  et  mettre  en  sa  place  Arnold  Loon  ('),  lequel  estoil  chappellain 
dudit  abbé  et  mengeanl  tousiours  à  sa  table.  ToullelTois  c'estoit  le  principal  s 
promoteur  de  la  cause  de  celuy  et  faisoit  partie  avec  le  couvent,  car  il  craindoit 
que  l'abbé  ne  fisl  ung  de  ses  cousins  abbé,  et  Paultre  prieur  de  quelque  priorie. 
Et  rendirent  toute  paine  pour  pouvoir  résister  à  l'évesque.  Et  en  la  lin  vint 
en  la  mémoire  d'un  d'eulx  que  l'évesque  ne  pouvoit  et  ne  debvoit  visiter  les 
monastère,  sinon  avec  deux  de  ses  confrères  de  la  grande  égliese,  aultrement  10 
tout  ce  qu'il  feroit  sans  son  chapitre  ne  vauldroil  rien,  parquoy  y  furent 
envoyez  trois  confraire  au  chapitre,  scavoir  M.  Judocus  de  Marca  (2),  M.  Johan 
de  Stemberch  (3)  et  Francque  Halpont  (4j,  et  défendirent  au  dit  violateurs 
qu'il  n'allassent  plus  avant  en  la  dicte  Visitation,  et  en  cassant  de  par  le  chapitre 
tout  ce  qu  il  avoient  faict  et  en  convocquant  le  couvent,  leurs  commandèrent  is 
qu'il  n'eussent  plus  admettre  nec  ouyr  lesdils  visilateurs.  Ce  que  entendant 
l'évesque  fut  fort  courouchié  et  presque  il  battit  maistre  Jace,  mais  le  chantre 
de  Liège  y  survint,  appelle  Arnould  de  h  ldris  (5),  lequel  conseilla  l'abbé  de 
appeller,  car  Johan  de  Hynsberg  avoit  renonchié  son  éveschié,  parquoy  lende- 

(i)  Arnoul  Loon  de  Kemexhe,  abbé  de  1459  à  1473.  Cf.  D.  U.  Uetlièrb,  op.  cit.,  p.  KO.  -20 

(*)  Jossc  de  la  Marck,  chanoine  de  Saint-Lambert  depuis  1444,  mort  en  1470.  i  de  THEiix.t.  II,  p.  247). 
On  le  dit  fils  de  Gérard  et  petit-fils  d'Everard  comte  de  la  .Marck.  Le  baron  de  Cuestret,  Histoire  de 
la  maison  de  ta  Marck,  p.  99,  a.  2,  considère  Gérard  comme  un  bâtard  ou  comme  un  membre  de  la 
famille  liégeoise  délie  Marche.  Celle  opinion  est  conGrniéc  par  plusieurs  actes  où  le  personnage 
apparaît  sous  le  nom  de  Josse  de  la  Marche.  Cf.  Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  V,  n°"  2826,  2833,  25 
3000,  3001-5019. 

(*)  Jean  de  Stembert,  chanoine  de  Saint-Lambert  en  1441,  écolâtre  en  1444,  officiai  en  1458. 
Cf.  de  Theux,  t.  Il,  p.  240;  Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  V.  u»  2757;  de  Ram.  p.  482;  Analectes, 
t.  XXIII,  p.  467. 

(')  Francon  Ilalpout,  vice-doyen  en  1449,  mort  en  1472.  Cf.  de  Tbbiix,  t.  Il,  p.  241.  3(1 

(!)  Arnold  de  Marnai,  dit  d'Eldcrcn,  seigneur  de  Warfusée  et  de  Bindcrvcld,  chanoine  de 
Saint-Lambert  en  1429,  grand-chantre  et  porte-sccl  en  1465,  bailli  de  la  cathédrale  en  1470, 
mort  le  II  mars  1480.  Cf.  db  Theux.  I.  Il,  p.  212;  Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  V,  n"  2999 
et  5016. 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401   A  1506.  245 

main  la  famé  de  la  résignation  courut  par  toute.  Et  l'évesque  dist  qu'il  revien- 
droit  pour  concluyre.  Ledit  Hynsbergh  ne  abandonnât  de  faire  la  Visitation  en 
le  monastère  de  Sainct-Laurent  qu'il  avoit  encommencliié,  mais  ayant  prin 
avec  luy  le  doyen  et  plussicurs  des  prineipaulx  du  chapitre  de  Liège,  continuât 

s  et  ayant  déposé  les  vieulx  officiers,  ils  instituai  des  nouveaux  et  leurs  donnât 
ung  réformation  par  escript,  laquelle  il  commandât  strictement  de  l'observer, 
laquelle  fut  observée  aussy  longtemps  qu'il  administrât  comme  évesque.  Mais 
quant  il  fut  divulgué  que  le  pape  avoit  accepté  la  renunciation  faiete  par  ledit 
Hynsberch  de  l'éveschié  de  Liège,  l'abbé  incontinent  déposât  le  prieur  par 

10  Hynsberch  institué  et  feit  son  cousin  prieur,  contradisant  et  se  opposant  le 
couvent,  lequel  feit  ses  déplaintes  aux  chapitre  de  Liège,  por  lequel  chapitre  le 
cousin  de  l'abbé  fut  derechief  démis  de  son  office,  et  l'aultre  fut  refaiet  prieur. 
(Ms.  4,  pp.  724-727.) 

2°  Fin  du  règne  de  Jean  de  Heynsberg,  d'après  les  manuscrits  B. 

15      L'an  susdit  (J44ti)  ('),  une  partie  du  chasteau  de  Stochim   lombit  par     A.  d'O.,44. 

l'impétuosité  de  l'eaue. 

L'an  mesme,  estant  l'évesque  de  Liège  à  Bruge  ayant  voluntéz  d'aller  en    A.  d'O.,  27-21 

Angletterre,  luy  fut  dit  que  le  due  de  Brabanl  avoit  mis  gens  en  chemin  pour 

le  prendre;  parquoy  se  partit  d'illec  secrèttement  et  retourna  en  Liège  avec  ung 
20  serviteur;  et  ne  cessa  de  courir  la  poste  jusques  à  ce  qu'il  fust  à  Diest.  Et  i      Brusthem, 

estoit  à  ce  comis  pour  le  prendre  ung  chevalier  noméz  Charle  de  la  Tombe, 

ayant  espousée  la  fille  bastarde  dudit  duc  de  Brabant. 

L'an  1448,  la  généralité  du  bon  mesliers  des  ruraix  et  loilliers  (2)  allât  en 

ung  villaige  nommé  Delbroucq  (3)  appartenant  à  l'engliese  de  Liège,  où  estoit 
25  une  femme  prisonnière  pour  larchin.  Et  le  relaxèrent  du  lieu  et  l'amenèrent  en 


(*)  Le  manuscrit  6  date  ce  fait  de  1448. 

(')  Il  faut  lire  mestier  des  cureurs  et  toiliiers.  Les  autres  manuscrits  B  écrivent  simplement  le 
mestier  des  toiliiers. 

(')  Il  s'agit  du  hameau  de  La  Brouck,  dépendance  de  Glain. 


240  CHRONIQUES  LIÉGEOISES 

la  Violette,  mais  ils  furent  conslraints  le  relivrer  au  mesme  lieu  où  l'avoient 
relaxe,  et  amendèrent  le  forfait  depuis  bien  largement. 

L'an  mesme,  1  evesque  avec  ses  gens  alla  fournger  et  lever  butin  à  Dipen- 
bcecb.  mais  cculx  de  Hasquc  de  rechieff  se  mirent  sus  cl  le  porsuirent  jusques 
à  la  porte  de  Curenge;  et  fut  en  grand  danger  de  son  corps,  mais  ils  sceurent  s 
bien  après  pour  combien. 
A.  d'O.,  28.  L'an  susdit,  ung  gentilhomme  de  la  mesme  faction  se  volut  venger  de 

3t  '  1  evesque  et  le  défiât,  et  avoil  louez  aulcuns  meschans  pour  le  tuer,  mais  la 

choese  fut  descouverte,  et  furent  aulcuns  de  ses  ministres  prins  et  mis  sur  des 
roues.  Ung  orphèvre  de  Treict,  accusez  de  ladit  faction,  vint  en  Liège  où  ilz  io 
fut  prins.  mais  fut  par  ceulx  dudit  mestiers  relaxez  par  force,  de  quoy  furent 
depuis  bien  punis  en  la  bourse. 

L'an  mesme  ",  s'eslevat  ung  vent  si  impéluelx  que  plussicurs  maisons 
tant  en  la  cité  que  hors  furent  reversées,  pareillement  le  peron  sur  le 
marchié.  *3 

L'an  1149,  le  seigneur  de  Moreaulmé  (J)  fist  brusler  en  sa  haulleur  la  maison 
d'ung  homicide  pour  ce  qu'il  ne  vouloit  amender  le  faict,  dont  l'évesque  de 
ce  adverty  le  fist  adjourner  par  devant  les  hommes  de  fieff,  et  fut  jugez  que  à 
luy  ne  aultres  gentilshommes  de  pays  appartenoit  faire  telle  choese,  ayns  à 
l'évesque  seul,  dont  luy  convint  depuis  payer  à  l'évesque  l'amende.  20 

A.  d'O.,  29.  L'an  mesme,  à  la  sainct  Jacque,  fut  en  Liège  grande  dissenlion  pour  les 

Suflr.  Petn,  128.  0fljcjers  des  mestiers,  telement  nue  plussicurs  furent  occis. 

Brusthpm,  '  '        r 

foi.  257.  L'an  susdit,  comme  l'évesque  de  Liège  fust  mis  en  chemin  pour  aller  à 

Treict,  fut  descouverte  une  trayson  qu'avoienl  aulcuns  malvoillans   conceu 
contre  luy.  Ung  religieux  apostat  des  frères  mineurs  de  la  cité,  ayant  une  arc  25 
bendé  et  près  pour  tirer  sus  l'évesque.  par  volunté  divine  tombil  à  I'enverse, 
quoy  apparecu  par  ses  complices,  ils  se  mirent  en  fuitle,  et  fut  le  bon  religieux 
prins  prisonniers,  et  aulcuns  jours  après  dégradé,  puis  livrez  à  la  justice  et  eut 

■  la  nuiet  de  la  sainte  Lucie  :  add.  du  manuscrit  16. 

(*)  Engelbcrt  d'Eughien.  Cf.  plus  haut,  p.  239.  30 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNEES  1401  A  1506.  247 

la  teste  couppé,  et  son  corps  mis  sur  une  roue;  pour  le  mesme  cas  furent 
décapiteis  et  mis  en  quattre  quartiers  Louis  de  Tiez  (*)  et  son  frère,  tous  deux 
gentilhommes. 

L'an  1450,  l'église  et  abbaye  de  Florines  n  fut  rédifiée.  (En  note  mart/ittale 
s  dans  manuscrit  2.) 

L'an  1451,  fut  en  jullet  une  grande  lempeste,  et  furent  les  grains  deslruict 

où  elle  tombit.  L'an  mesme,  le  jour  de  Pasque  vint  le  jour  sainct  Marck  qui  est 

le  xxv8  d'avril,  et  le  jour  de  Sainct  Sacrament  le  jour  sainct  Johan-Baplist. 

L'un  mesme,  la  saison  vernale  fut  fort  pluvieuse;  toutteffois  les  fruiet  de  terre 

io  profilèrent. 

L'an  1452,  fut  grande  mortalité  à  Treict  et  lieux  voisins,  et  fut  l'hyvier 
fort  pluvieux  et  peu  de  gallée. 

L'an  1453.  ceulx  de  Treict  bannirent  hors  de  la  ville  Adulphe  (2)  mayeur     A.  d'O.,37. 
de  par  l'évesque  de  Liège,  par  quoy  ledit  évesque  envoya  dire  à  Treict  qu'il   Bzmi,ciiron., 
15  révocassenl  ledit  bannissement,  ce  que  faire  ne  volurent  ;    par  quoy  furent 
appeliez  à  l'anneau  du  palais.  Qui  ni  comparurent,  et  voulant  l'évesque  procéder 
contre  eulx  en  contumace,  les  Liégois  ne  le  volurent  permettre,  mais  depuis 
l'accord  fut  faicte  à  Lovaingne  par  le  duc  Phillippe  de  Bourgongne. 

L'an  mesme,  aulcuns  officiers  de  l'évesque  de  Liège  volurent  prendre  ung   a.  d'O.,  4243. 

20  moulnier  de  la  ville  de  Treict  pour  aulcuns  excès  par  luy  commis,  donticelluy 

moulnier  soy  pensant  sauver,  saulta  en  la  rivière  de  Mouse  et  fut  noyé.  Par 

quoy  sa  femme  et  ses  amys  vindrent  en  Liège  et  Grent  plainte  du  cas.  tellement 

que  les  mestiers  vouloient  que  le  cas  fust  publiez  et  criez  au  peron  et  que  les 

susdits  officiers  fussent  bannis;  contre  quoy  l'évesque  allégoit  que  ainsi  ne  se 

25  debvoit  faire,  car  les  malfaicteurs  de.vent  estre  eorrigiés  comme  avoit  estez  le 

dit  moulnier,  telement  que  à  l'occasion  de  ce  s'émeut  en  la  cité  grand  tumulte. 

L'an  mesme,  la  vendenge  se  flst  à  la  sainct  Martin,  et  furent  les  vins  fort 

dures. 

a  Flones  :  manuscrit  S. 

30       (')   Louis  de  Thys,  fils  de  Rigaud  de  Thys.  Cf.  Carlulaire  de  Saint- Lambert,  t.  V,  p.  112. 
(*)  Adolphe  Happart.  Cf.  t.  I,  p  217,  n.  3. 


248  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

a.  do..  36et39.  L'an  susdit.  Louis  de  Bourbon  envoya  an  chappitre  de  Liège  pour  estre  receu 
channoine.  mais  yceulx  furent  constrainctz  eulx  retirer  sans  rien  faire,  dont  le 
duc  de  Brabant  fut  mal  content,  et  pour  l'apaiser,  l'évesque  de  Liège  luy 
promist  et  à  dame  Isabrau  sa  femme  la  première  dignité  d'arebidiaconie  qui 
vacqueroit  en  l'englicse  de  Liège  à  sa  collation  au  dit  Louis,  mais  ne  tint  5 
promesse,  car  peu  de  temps  après  vacquat  l'archidiaconie  de  Campiegne, 
laquelle,  à  la  request  et  instance  d'aulcuns  et  principalement  de  sa  scure  le 
donna  à  fils  du  conte  de  Salme  son  nepveu,  ce  que  luy  fut  depuis  réprouvé  par 
aulcuns  conseilliez  du  duc  de  iîourgongne.  auquel  respondit  qu'il  avoit  encor 
une  dignité  plus  grande  que  l'autre,  laquel  povoit  donner  quand  bon  luy  )" 
sembleroit,  entendant  l'éveschié  de  Liège. 

L'an  mesme,  ceulx  de  Treict  furent  appeliez  à  l'instance  de  l'évesque  à 
l'anneau  du  palais,  qui  ne  volurent  obéir:  toutteffois  la  paix  fut  faicte  à  condi- 
tion que  pour  leur  amende  feroienl  faire  le  degréz  desoubz  le  peron  au  marchié, 
et  les  imaiges  qui  estoient  tombées  furent  refaictes  de  cuyvre.  15 

L'an  1454.  ordonnance  fut  faicte  que  les  Lombars  deveroient  sortir  hors 
la  cité  entre   le   sainct  Johan  lhors  prochain  et  quaresme.   Item  que  filles 
publicques  portassent  enseigne  affin  qu'elle  fussent  cognues;  pareillement  tous 
ruffiens  furent  bannis  de  la  cité. 
A.  d'o.,  43.  L'an  145S,  le  dist  évesque  fist  édifier  une  maison  en  l'abbaye  de  Béthanie  20 

hors  Maline,  et  fut  achevée  dedens  quattre  mois,  on  ne  sçait  à  quelle  fin. 
Urusthcm,  L'an  mesme,  nostre  évesque  fut  mandé  par  le  duc  Phillippe  à  La  Haye  en 

Holland,  où  ilz  allât  en  belle  estât,  et  fut  receu  par  le  dit  duc  à  la  manière  de 
la  court,  et  après  avoir  estez  illec  quelque  espace  de  temps,  faisant  bonne  chière 
sans  penser  à  nulz  maulx,  demanda  congié  pour  retourner  à  Liège,  ce  que  luy  25 
fut  refusé,  telement  qu'il  fut  constraint,  advant  de  partir,  de  luy  promettre  et 
jurer  de  résigner  l'éveschié  au  proufit  de  Louis  Bourbon,  à  cause  qu'il  n'avoit 
tenu  sa  promesse,  comme  dit  est.  Et  ainsy  se  desloga  de  La  Haye,  accompaingnéz 
de  comte  de  Blanquenbem  (*),  vint  à  ïîréda  où  ilz  constitua  procureurs  irré- 
vocables pour  résigner  la  dignité  susdite,  puis  vint  à  IJiest,  et  de  là  en  Liège,  •"" 
celant  touteffois  ce  qu'il  avoit  faict. 

I1)  Gérard  de  Blankenheim,  fils  de  Guillaume  de  Looz-Heinsberg  et  neveu  de  l'évêquc. 


fol.  258. 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  249 

L'an  susdil,  fut  faulle  de  grains  en  la  cité,  telemcnt  que  aulcuns  boulengicrs 
meslèrent  soyeures  de  boys  avec  le  pain,  qui  fut  cause  que  l'an  mesme  et  l'an 
après  grande  mortalité  régnât  en  la  cité  entre  pauvres  gens. 

Le  pape  fit  difficulté  d'admettre  la  résignation  stisdicte.  mais  à  la  sollicitation 

5  de  roy  d'Arragon.  comme  on  disoit,  fut  admise,  réservez  à  Hynsbereh  pension 
de  8,000  florins  de  Bhin  d'or.  La  cause  de  la  dite  résignation,  plusieurs  ont 
diversement  escript  et  bien  estrangemenl. 

Au  dict  temps  "  de  Monsr  de  Hinsbcrck  ont  esté  fondées  les  monastères  et 
couvent  des  chanoines  réguliers  de  l'ordre  de  sainct  Augustin,  à  scavoir  le 

io  couvent  de  régulier  à  Tongre  en  l'an  quators  cent  et  vinct  quattre;  l'an  quators 
cent  et  vinct  huict,  le  couvent  des  Bons  enfans  ont  estée  réformée  lequel  estoint 
réformée  comme  ceulx  de  Sainct-tlille,  iceulx  par  après  ont  estez  translatez  à 
Sainct- Léonard.  L'an  quators  cent  et  nonante  (*),  a  esté  fondée  la  maison  de 
Saincte-Aldegonde  à  Huy  par  noble  dame  Jehen  de  Berlaymont,  et  des  Beghines 

is  ont  estée  faict  chanones  réguliers.  L'an  quators  cent  et  quarant  huict,  fut 
fondée  le  couvent  de  Sainct-Lucie  dict  Luciendalle  emprès  Sainctron.  Au 
mesme  temps,  at  estez  fondée  le  couvent  grand  de  Saincte-Agnès  à  Masecque, 
le  petit  couvent  de  Maseck  a  estez  réformez,  et  comme  la  diocèse  de  Liège 
s'extendoit  jusqu'à  iNamur  en  Braibant,  ausy  fut  le  couvent  d'Ognie  sur  Sambre 

20  réformez  comme  les  prescripts.  La  maison  ausy  près  de  Louvain  fut  fondée,  et 
tous  au  temps  Monseigneur  de  Hinsberck,  évesque  de  Liège,  adveneu  tellement 
qu'il  peult  estre  appelle  fondateur  des  prescripts  couvent  (2).    (Als.  6,  fol.  87.) 


"  Audict  temps...   prescripts  couvents   :  ce  passage  ne  se  trouve  pas  dans   les  plus  anciens 
manuscrits  2  et  3. 


25  (')  Lisez  1449.  Ce  couvent  fut  en  effet  fondé,  le  20  janvier  1449,  par  Jeanne  de  t'ioyon,  fille  de 
Jean  de  Berlaimont  et  de  Jeanne  de  Warnant.  Cf.  Daris,  Notices,  t.  VIII,  p.  17-2,  et  R.  Dubois, 
Leî  rues  de  Huy,  p.  C62. 

(*)  Sur  la  fondation  de  ces  couvents,  voir  Daris,  Histoire  du  diocèse  et  de  ta  principauté  de  Liège 
pendant  le  XV'  siècle,  pp.  275-277,  287. 


Tome  II.  32 


250  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Règne  de  Louis  de  Bourbon. 
Ie  Annotations  du  manuscrit  4. 

Cf.  Brusthem,        A.  d'Oudenbosch,  p.  64,  20.  -  1460.  En  ce  temps,  comme  dit  est,  l'abbé 
de  Saincl-Laurenl  esloit  radoublé  ou,  comme  on  dit.  baboleu.  El  Monsieur  de 

Hist.  mon. 

S.  Laurentii,     Liège  avoit  par  deux  fois  à  ung  religieux  signé  l'administration,  mais  le  couvent  :; 

Amp'..  Coll.. 

IV,  H42.  ne  le  vouloient  point  admettre,  et  tout  ce  qu'on  avoit  allenté  fui  révocqué  par 
deux  fois.  El  pour  ce  que  le  prédit  Emericus  (1)  esloit  du  conseil  spirituel  du 
monastcr  de  Sainct- Laurent,  et  le  couvent  avoient  grandement  fiance  en  lui, 
les  frères  par  luy  trompeis  consentirent  de  faire  ung  novea  abbé,  moyennant 
qu'il  eussent  libre  élection.  Dauvaintaige  encor  déccu  et  trompé,  consentirent  10 
par  voy  de  compromise,  et  furent  esleux  cineque  compromissaires,  assavoir 
l'évesque  de  Soysson  (2),  le  doyen  de  Liège  (3),  l'archidiacre  de  lîainaut  (4), 
qui  avoit  estez  sayeulleur,  M.  Joce  de  la  Marche  (5),  ehannoine  de  Liège  et 
M.  Emeric,  chantre  de  Sainct- Martin,  lesquels  après  beaucops  de  traicliés  et 
beaucops  de  jurements  faiets  par  chascun  moynes  singulièrement  ens  mains  k; 
dudit  évèque,  que  celuy  lequel  seroit  par  eulx  nommé  pour  estre  abbé  garderoit 
ce  que  par  eulx  seroit  ordonné,  assavoir  certains  points,  desquels  ilz  soy 
réservèrent  l'interprétation,  affin  que  entre  le  couvent  el  l'esleut  par  cy  après 
ue  sortist  dissenlion.  Et  esleurent  Damp  Arnold  Loen.  religieux  dudit  monastère 
professe  pour  estre  abbé,  lequel  Monsieur  l'esleu  demandoit  d  avoir,  car  il  avoit  -:•• 
par  deux  fois  convenu  avecque  luy.  Et  par  ce  moyen,  maistre  Emericq  et 
Alexandre  Bérart  (6)  et  plussieurs  avecque  eulx  rentrèrent  en  la  bonne  grâce 

(')  Emeric  Groy,  chanoine  de  Saint-Martin.  Cf.  de  Bormàn,  Adrien  d'Oudcnbosch,  p.  535. 

{-)  Jean  de  Milet,  éveque  de  Soissons  depuis  1443. 

(>}  Jean  de  Scraing,  fils  de  Jean  de  Seraine,  éclicvin  et  bourgmestre  de  Liège,  chanoine  de  Saint-  25 
Lambert  depuis  1458.   Il  fut  élu  doyen  en   MhG  et  mourut  le  27  mai  1474.  Cf.  de  Thelx,  t.  Il, 
pp,  238-236. 

(')  II   s'agit   ici   non   de  l'archidiacre    de  Hainaut,  mais  de  l'archidiacre  d'Ardenne,   Walter  de 
Corswarcm  qui  fut  en  effet  chancelier  de  l'évêque.  Cf.  de  Theix,  t.  Il,  pp.  250-234. 

(s)  Sur  Josse  de  la  Marck  et  Arnold  Loon,  voir  p.  244,  n.  1  et  2.  50 

(6)  Sur  Alexandre  Bérart,  voir  p.  99,  n.  3 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  251 

de  Monsieur  l'esleu  et  de  jour  en  jour  rendoienl  grande  paine  de  le  plus 
acquérir  a  (').  (Ms.  4,  p.  749.) 

P.  82.  il.  —  1462.   En  cest  journée,  advint  ung  grand  infortune  à  ung      Brusthem, 

....  .       ...       „,  .„  fol.  264. 

chevalier  qui  estoit  venu  avecque  mcssire  Anthoine  (/),  car  ses  serviteurs,  pour 

s  la  grand  froideur,  avoienl  faicl  ung  feu  en  l'eslable,  et  deux  chevaulx  furent 
brusieis,  deux  aveuglés,  le  cincquième  fut  tellement  attouchié  qu'il  ne  valut 
guaire  plus  riens.  Le  commun  peuple  liégeois  disoit  que  c'estoit  miracle  de 
Dieu.  Il  advint  encor  aultr.0  choesc,  car  les  grains  et  victuailles  estoient  fort 
bon  marché,  parquoy  les  Liégeois  disoient  entre  eulx  :  il  y  at  passez  cincijue 

io  ans  que  nous  avons  couru  après  nostre  évesque  et,  en  ce  temp,  avions  grande 
fault  de  grains  pour  menger,  et  après  que  nous  avons  commenchié  à  déffendre 
nos  franchieses,  Dieu  nous  est  en  ayde,  et  tout  nous  vient  à  souhait.  El  certe  il 
y  avoit  beaucop  de  simples  gens  que  croient  qu'il  estoit  vraye  (p.  768)  (3). 

P.  J>D,  28.  —  4462-1464.  Lan  mille  CCCC  soissante  trois,  en  décembre, 
15  ung  feu  d'accident  bruslat  presque  toute  la  moinlié  de  la  ville  de  Boys  le  duc, 
pareillement  Schieden  en  Hollandre,  aussy  Steenbcrgh  fut  tout  bruslée,  saulff 
l'égliese,  hospitaulx  et  une  maison. 

«  L'an  raesrae  (1458),  le  couvent  des  religieuses  earmes  ou  blanches  dames  hors  la  porte  de 

Saint-Léonard  fut  édifié  par  les  aumônes  de  Juliane  de  Lierneux  et  autres  bourgois  de  Liège  (4). 

20  —  L'an  mesme  (1460),  Jean  de  Lévrier,  jadis  bourguemaistre  de  Liège,  laisse  tous  ses  biens  pour 

des  pieux  légats  à   la  paroisse  de  Sainte-Catherinne,  dont   il   y   fonda  un  béguinage  avec  une 

prieuse  (s)  :  manuscrit  46. 

(')  Un  texte  latin  identique  se  trouve  dans  le  manuscrit  Wachtendonck. 

(*)  Antoine  de  Bourgogne  dit  le  grand  bâtard  de  Bourgogne.  Cf.  de  Bor.man.  Adrien  d'Oudcnbosch, 
25  p.  516. 

(3)  Texte  latin  identique  dans  le  manuscrit  Wachtendonck. 

(*)  Sur  la  fondation  du  couvent  des  Carmélites  dites  Dames  blanches  ou  Canettes  dans  la  rue 
Saint-Léonard,  voir  Gobert,  Liège  à  travers  tes  âges,  t.  III,  p.  b69.  La  fondatrice  s'appelait  Jeanne  de 
Lierneux  et  non  Julienne. 
30  (5)  Le  béguinage  fondé  par  Jean  de  Borlé,  dit  du  Lévrier,  bourgmestre  de  Liège  en  1452  avec 
Wathieu  Datin,  ne  fut  pas  fondé  en  1460,  puisqu'il  est  déjà  mentionné  en  1447.  La  confusion  provient 
du  fait  que  le  testament  du  fondateur,  daté  de  14GO,  augmenta  encore  la  dotation  de  ce  pieux  asile. 
Cf.  Gobert,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  III,  p.  894. 


252  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

En    mesme    an,    le    duc    Charles    (M    édiffler    le   chasteau   de  («orkum. 

L'an   mesme,   vers  l'octave  sainct  Martin,  furent   en  la  ville   de   Bruges 
célébrées  les  nopces  du  Adulplie,  filz  de  Arnonld,   vicl   et  aucliien  duc  de 
Geldre,  avec  la  seur  de  nostre  évesque,  lequel  Adulplie  tint  son  père  prisonnier 
en  temps  d'hyver  par  l'espace  de  siex  moys  au  chasteau  de  Locsberch,  lequel  5 
par  les  prières  du  due  Charles  de  Bourgogne  fut  délivré  ('). 

L'an  mille  CCCC  soissante  deux,  fut  translaté  au  monastère  de  Socourse 
Noslre  Dame  delez  Koclicforl  le  couvent  de  Félipreit  et  y  allèrent  demourer 
les  religieux  l'an  mille  CCCC  et  soissante  qualtrc;  pour  le  présent,  on  l'appelle 
de  Sainct  Kemy  (p.  782)  »  (*).  •« 

Le  manuscrit  Wachtendonck  donne  les  textes  latins  suivants  qui  exception- 
nellement ne  se  retrouvent  pas  dans  le  manuscrit  i  : 

Kodem  lempore.  fuit  captus  monetarius  de  Hasselt  et  tormenlatus  Leodii,  et 
dicebalur  quod  habebat  Miteras  ad  habendum  armigeros  sed  per  pecuniam  fuit 
demissus.  15 

In  nocte  Sanele  Margarele,  modicum  ante  decimam  horam,  clamatum  est 
per  totum  Rivagium  ad  arma  et  pulsatum  ad  omnes  ecclesias  in  Leodio,  et 
omnes  fuerunt  in  armis  parali  et  porte  clause,  et  magnus  timor  invasit  omnes 
ac  si  unus  magnus  exercitus  irruisset  super  eos,  et  nihil  a!iud  fuit  nisi  quod 
una  mulier  in  média  via  de  Huyo  clamavit  ad  arma  et  deinceps  de  villa  ad  -0 
villam  clamatum  est  usque  ad  Leodium. 

Eodem  tempore,  captus  est  Leodii  quidam  civis.  vir  bonus  et  honestus,  eo 
quod  dixisset  ista  verba  vel  similia  :  •<  Nos  facimus  multa  mala  et  postquam 
omnia  fecerimus,  oportebit  nos  iterum  recipere  dominum  de  Bourbon.  »  Et 
propterea,  ad  incutiendum  aliis  limoreni,  fuit  decollatus  hora  sexta  de  mane.  2a 

"  En  ceste  année  (1464),  le  grand  chandelier  de  cuivre  à  Saint-Lambejt  at  esté  assis  :  manu- 
scrit 96,  fol.  61.  —  L'an  même,  fut  mis  le  grand  chandelier  à  Saint-Lambert  à  Liège  :  manuscrit  52, 
fol.  306,  et  57,  fol.  15S. 

(')  Sur  la  conduite  scandaleuse  d'Adolphe  de  Gueldre  à  l'égard  de  son  père  Arnould  d'Egmond,  voir 
les  mémoires  de  Philippe  de  Commincs.  30 

(*)  Sur  l'abbaye  de  Saint-Remy  près  de  Rochefort,  D.  L'.  Berlière,  Monasticon,  t.  I,  pp.  87-91. 


ANNOTATIONS  SUR  LtiS  ANNÉES  1401  A  1506.  253 

Il  reproduit  aussi  les  deux  passages  suivants  de  la  chronique  de  Chabot  : 

Intérim,  adveniente  tempore  in  quo  iterum  cessari  oportebal  a  divinis  sub 
pena  excommunicalionis  et  privationis  beneliciorum,  canonici  résidentes  et 
interdictiim  observare  nitentes  recesserunt  a  loco,  unde  quidam  capti  fuerunt 
5  et  exactionali,  quidam  libère  evaserunt  Sed  post  ministeriales  intraverunt 
domus  illorum  canonicorutn  sic  rccessorum  et  absentium  et  bona  oinnia 
diripuerunt  ac  domus  illorum  inhabilaverunt  quousque  voluerunt  vel  sallem 
quousque  bona  domus  sive  ulensilia  ad  usus  proprios  se  extenderenl. 

Et  quidam  pacifici  cives,  non  bella  sed  pacem  desiderantes,  privabantur 

10  armis  et  cultello  et  ante  domos  eorum  ponebalur  tabula  depicta  in  qua  contine- 
batur  talis  descriptio  in  gallico  sermone  :  «  Dcsidero  pacem  et  propterea  non 
volo  gladium  neque  fuslem  »,  vel  simile  quid  opprobriosum. 

Illo  lempore,  ecclesie  collcgiate  cum  majori  ccclesia  ac  etiam  parochiales 
ecclesie  deponebant  organa,  ecclesiaslico  interdicto  durante,  demptis  fralribus 

îs  predicaloribus  qui  non  obedierunt  sed  rcnitenles  cantabant,  celebrabant  et 
omnia  sacramenta  iuinistrabant  ob  favorem  vulgi  et  in  delrimenlum  ordinis. 
Unde  post  a  Sede  apostolica  puniti  fuerunt  et  promiscrunt  se,  sub  excommuni- 
cationis  pena,  numquam  simililer  agiluros,  si  causa  similis  occurreret.  Isla 
maledicta  opinione  durante,  circuibant  garsiones  et  laici  truffalores  cum  pueris 

20  in  albis  veslibus  et  vexillo  albo  circumquaque  civitatem,  in  domibus  pacifl- 
corum  civium  pacem  desiderantium  et  in  domibus  ecclesiasticorum  ad  eos 
exaclionandos  et  injuriandos,  faventibus  et  consenlientibus  dominis  de  Heer  et 
Surlet  (')  cum  suis  adhrrentibus.  Et  isto  tempore,  fuit  decollaltis  dominus  et 
inagister  Egidius  de  Mets  (2)  propler  veritatem  observandam,  qui  tamen  tam 

25  strenue  se  habuit  ante  obsidionem  castri  de  Keyde,  et  ejus  consitio  expugnalum 
fuerat,  cum  multis  aliis,  successivis  diebus,  sicuti  fuerunt  villicus  de  Graaz, 
Baretus  de  Laveur  et  Theodoricus  Slephani,  etiam  unus  lannalor  et  céleri.  Et 
qui  se  absentaverunt  a  Leodio  et  dominum  seculi  fuerunt,  maxime  de  scabinis 
Leodiensibus,  proscribebanlur,  et  in  tabula  ante  domum  civicam  dictam  La 

30  Violette  depingebanlur  pendentes  in  patibulo,  alii  pedibus  sursum  alii  deorsum. 

(')  Sur  Raes  de  la  Rivière,  voir  t.  I,  p.  233,  n.  5;  sur  Fastré  Baré  Surlet,  voir  t.  I,  p.  237,  n.  t. 
(')  Sur  Gilles  de  Metz,  voir  p.  100,  n.  1: 


254  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

P.  ioS,  19.  —  14-66.  ...  lequel  maistre  de  Tuwin)  se  voulut  excuser,  car 
quant  le  duc  Charles  estoient  devant  Dinanl,  il  estoit  alliors  tousiours  à  Liège. 
Toutefïois  deinoura  prisonnier.  Lendemain  cculx  d  Oultremeuse  se  mirent  en 
J.deL.,  44.  armes  et  vouloienl  qu'on  lîst  justice  de  leurs  ennemis...  Et  fut  décollé  Piron 
Stienne...  "  (')  qui  par  devant  avoit  estez  homme  de  grande  authorité,  pour  5 
les  franchieses...  Et  alhors  fut  pareillement  décapité  le  serviteur  Thonon 
Kosscau  (2).  duquelle  on  ne  disoit  pareillement  la  cause.  Et  fut  décrété  qu'on 
feroit  garde  par  tous  les  villaiges  et  qu'on  ne  permeltroit  de  riens  emporter  hors 
de  Liège  (pp.  842-843)  (3). 

J.deL. ,49.         P.  163.  2G.  —  1467.   ...  et  sur  ecluy  (phansart  :  xaphardum)  fut  décollé  io 
Wilheaume   Kanchin  pour  les   parolles   qu'il  avoit  dit,  et  Johan  Michil  (4) 
jadit  serviteur  à  Cile  de  Huy.  et  le  serviteur  iîughe  de  Fexhe,  et  i  alloient  les 
femmes  el  jeunes  filles  lequels  on  répuloit  comme  ribauldes  (p.  834). 

A.  d'Oudenbosch,  p.  169,  30.  —  Wachtendonck  ajoute,  d'après  Chabot  : 
Deinde  sepultus  (5)  juxta  patibulum.  Unde  postea.  videlicet  post  destructionem  îs 
civitatis,  fuit  honorificc  de  loco  damnativo  in  teca  plumbea  eum  immensis 
candelis  cereis  et  torceis  translatus  ad  locum  et  ecclesiam  Sancli  Lamberli. 
Simililer  et  cum  eo  fuit  magister  eivium   de    Dyonanto   qui   nominabatur 


"    et  pulsata  campana,   decollatus  fuit   Piron    Stein,   magister    délie   bel   Couest  :   manuscrit 
Wachtendonck. 


(•)  Piron  Stein,  maître  de  la  Belle  Côte,  hôtel  renommé  de  la  rue  Féronstréc.  Cf.  Gobert,  Liège  à 
travers  letâges,  t.  III,  p.  19. 

(')  Thonnon  Itousseau  figure  sur  la  liste  des  proscrits  qui  furent  exécutes  en  effigie  peu  de  temps 
après.  Cf.  Adrien  d'Oudenbosch,  p.  170. 

(5)  Même  texte  latin  dans  le  manuscrit  Wachtendonck.  Ce  dernier  est  même  un  peu  plus  complet,  25 
car  il  ajoute  après  les  mots  pour  les  franchieses  :  qui  commendans  animam  suam  Deo  dixit  quod 
nescirit  quarc  occidcrcnt  eum,  quia  nihil  dixisset  nisi  pro  communi  utilitate. 

(*)  Jean  Michel,  serviteur  de  Gilles  de  Huy  et  sous-mayeur  de  Liège,  le  13  avril  1464.  Cf.  Échevins 
de  Liège,  OEttvres,  vol.  29,  fol.  C9. 

6)  Jean  Carpentier,  bourgmestre  de  Dinant.  Voir  t.  I,  p.  270,  n.  1.  50 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNEES  1401  A  1506.  255 

magister  Gherinus,  qui  divisus  in  quatuor  partes,  caput  suam  in  hasta  eleva- 
tum  et  super  portam  Àvroti  infixnm  multis  diebus  omnibus  intuentibus, 
stetit  seu  patuit  intuendum. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  207,  in  fine.  —  1468.  Ce  temps  pendant,  en  la  ville 
s  de  Tongre  s'esmcut  une  sédition  (p.  896;  Brusthem,  fol.  277). 

A,  d'Oudenbosch,  p.  216,  i.  —  1468.  ...  pour  ce  que  c'estoit  dimenchc, 
ils  ne  pensoient  point  qu'on  les  assailleroit  (p.  903)  (1). 

Merica,  p.  48-1 ,  is.    —  1468.  Le  sacristie  avecque  tout  ce   qu'il  avoit 
dedens  demoural  entier,  mais  plussieurs  coffres  et  escryns  parmi   l'égliese 
io  furent  rompus  et  pilliés  (p.  905). 

A.  d'Oudenbosch,  p.  219,  30  —  1468.  Mais  voulant  mettre  les  mains  à  flertre     J  de  L  ,62. 
de  Monsieur  Sainct-Lambert . . .  (pp.  908-910;  Brusthem,  fol.  279-279  v°). 

A.  d'Oudenbosch,  p.  220,  19.  Wachtendonck.  d'après  une  chronique 
liégeoise  en  flamand,  ajoute  :  Après  la  prinse  de  Liège,  le  duc  de  Bourgongne, 

15  reeordanl  de  ceux  d'Aix  qui  avoient  devant  sa  venue  ravitaillé  la  cité  de  Liège 
de  choeses  nécessaires,  de  ce  irrité,  se  partit  de   Liège  avec  son  camp  vers 
Maeslricht  pour  s'acheminer  vers  Aix  et  se  venger  d'icieux.  De  ce  adverty,       Munster, 
envoyèrent  leurs  ambassadeurs  à  Maestricht  vers  icelluy.  présentant  les  clefs  de       fol.^ol.' 
leur  ville  et  se  rendant  à  sa  mercy.  lequel  leur  pardonnât  la  faulte,  voir  qu'ils 

20  payeroient  80  mille  (alias  fiO  mille)  florins  de  Rhin  en  0  ans. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  222,  8.  —  1468.  Monsieur  le  duc  se  partit  de  Treict, 
et  se  allât  au  pays  de  Franchimont,  où,  pour  la  grande  froidure  qu'il  faisoit, 
force  fut  que  la  plus  grande  part  des  gens  du  duc  allassent  à  pied  audit  pays  de 
Franchimont,  qui  ne  sont  que  villaiges  et  n'y  a  point  de  villes  fermées,  et 

25  (')  Wachtendonck  ajoute  en  note  :  Toutefois  le  comte  de  Vcrnenburcli,  les  seigneurs  de  Launoy  et 
Vlicrmael  et  plusieurs  autres  y  furent  occis.  La  plupart  de  ceux  qui  firent  l'entreprise  estoient 
Franchimontois  accnmpaigné  de  Liégeois,  en  nombre  de  quattre  cent  hommes. 


2b(i  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

Ph.  de        logea  oincque  on  siex  jours  en  un  villaige  qui  s'appelloit  Pollenée  (J).  Son  armée 

Commines  ,  .  .  .  _      .        . 

Mém  esloil  en  deux  bondes  pour  plus  lost  destruyrc  le  pays  et  fist  bruslcr  toutes 

éd.  Mandroi,     |(>s  maiSOns  et  rompre  tous  les  mollins  au  fer,  qui  esloienl  au  pays,  qui  est  la 

plus  grande  façon  de  vivre  qu'ils  ayent.  et  cherchèrent  le  peuple  parmi  les 

grandes  foresls  où  il  estoient  cachez  avec  leurs  biens,  et  il  y  en  eut  beaucoup  5 

de  morts  et  de  prins,  et  y  gaingnèrent  les  gendarmes  de  l'argent.  Je  veis  choeses 

incroables  de  froid.  Il  y  eut  ung  gentilhomme  qui  perdit  ung  pied  dont  oneques 

puis  ne  s'ayda.  Et  i  eut  ung  paige  à  qui  il  tombât  des  doigts  de  sa  main. 

Je  veis  unne  femme  morte  (gelée?)  et  son  enfant  dont  elle  estoil  accouchie  de 

novea.  Par  trois  jours,  fut  party  le  vin  qu'on  donnoit  chez  le  duc  pour  les  10 

gens  de  bien  qui  en  demandoient,  à  coup  de  cognie,  car  il  estoil  gelé  dedens  les 

tonneaux  et  falloit  rompre  le  glaschon,  qui  estoit  entier,  et  en  faire  des  pièces 

que  les  gens  meltoyent  en  ung  ehappeau  ou  en  ung   pannier  comme  ilz 

vouloient.  Et  après  huiet  jours,  la  faym  nous  feyt  fuyr  à  grand  haste.  et  le  duc 

retournât  par  Huy  al  Vaulx  Noslre  Dame,  de  là  à  Namur  et  après  à  Bruxelles,  is 

où  il  fut  à  grande  joye  receu  (p.  9H). 

Les  annotations  qui  suivent  sont  traduites  exclusivement  de  lirusthem, 
fol.  284  v°-28S  v». 

2°  Annotations  des  manuscrits  B. 

J.  de  Looz,  p.  7,  m.  —  14-57.  Au  eommenchement  de  quaresme  l'an  20 
mesme,  estant  nostre  évesque  à  Maline.  vint  en  Liège  le  signeur  de  Blanquen- 
hem  (*)  pour  estre  vicaire  dudit  évesque  en  la  temporalité,  et  huit  jours  après, 
y  vint  aussi  1  évesque  de  Soissons  (3)  pour  estre  vicaire  en  spiritualité.  Les 
principaulx  gouverneurs,  sans  le  conseil  desquels  riens  ne  se  faisoit,  de  par 
l'évesque  estoit  maistre  Robert  de  Moreaulmeis,  maislre  Richard  Risart  et  25 
Jacque  de  Moreaulmcis  (4),  gens  de  basses  conditions,  lesquels  gouvernèrent 


(<)  Polleur,  commune  du  canton  de  Spa. 
(')   Gérard  de  Blankenheira,  voir  t.  I,  p.  218. 

(*)  Jean  Millet,  premier évéque  de  Soissons  le  i'i  février  1415,  mort  le  1"  avril  1503. 
(B)  Sur  Robert  et  Jacques  de  Morialmé  et  Richard  Risart,  voir  t.  I,  p.  291,  et  C.  se  Boruan,  50 
Adrien  d'Oudenboich,  p.  351. 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  257 

tellement  que  le  commun  peuple,  tant  de  la  cité  que  bonnes  villes,  que  de  plat 
pays,  prindrent  le  dit  évesque  en  grande  hayne,  telement  que  tous  les  différents 
furent  commis  à  la  détermination  et  jugement  de  roy  de  France,  puis  au  duc 
de  Bourgongne,  mais  riens  ne  se  faisoit,  car  par  le  moyen  et  persuasion  des 
5  dits  gouverneurs,  les  choeses  se  menèrent  en  délay;  quoy  nonobstant,  ne 
cessèrent  de  exercer  et  faire  tout  à  leurs  bons  plaisiers,  ce  que  enflammoil  de 
plus  en  plus  ledit  commun  peuple  contre  leur  seigneur. 

A.  dOudenboach ,  p.  55,  note  b.  —  1458.  L'an  mesme,  fut  l'engliese  [de 
Sainct-Pier]  à   Louvain  bruslée.   L'an  susdit,  à   la  sollicitation  et  praticque 

10  d'aulcuns  malveillans,  fut  faict  edicl  que  quiconque  seroit  esleu  pour  bourghe- 
maislrc.  ilz  jureroit.  s'il  n'avoit  juré,  de  jamais  accepter  offices  eschevinal 
d'aullre  que  de  l'évesque.  L'an  mesme,  le  jour  sainct  Jacques,  furent  esleux 
[bourgemaistres  de  la  cité]  Gille  de  3Iect,  qui  auparavant  s'esloit  absenté  de  la 
cité,  et  "atthy  Hauveau  (1),  lequel  ayma  mieulx  payer  l'amende  de  20  florins  d'or 

15  que  d'accepter  l'office,  puis  un  troisième  nommez  Henry  Solis,  lequel  subit 
monta  à  cheval  et  sortit  de  la  cité,  puis  furent  esleux  deux  aullres  "  qui  firent 
le  serment  susditz  et  aultres  accoustuméz  soubs  certaine  condition. 

./.  de  Looz,  p.  8,  8.  —  1459.  L'an  mesme,  le  xne  d'aoust,  fut  une  merveil- 
leuse tempeste  et  furent  les  bleds  gatteis'en  Hasbain  et  aullre  lieux  quasi 
20  8  lieues  large;  les  vins  furent  ceste  année  en  abondance.  L'an  susdit,  l'engliese 
des  Seurs  des  Carmes  près  la  porte  Saincl-Léonard  fut  dédicassée  (2). 

J.  de  Looz,  p.  8,  n;  A.  d'-udenbosch,  p.  63,  m.  —  L'an  1 4(50,  l'évesque, 
ayant  entendu  que  les  Liégois  avoient  envoyez  vers  le  roy  de  France,  renvoya 
lors  en  Liège  la  verge  de  justice,  car  longtemps  auparavant  l'on  avoit  cessé 
25  sans  administration  d'icelle  en  manière  aulcune 

A.  d'Oudenbosch,  p.  65,  12.  —  1460.  Cest  an,  furent  plussieurs  cesses  es 
englieses  de  Liège  à  l'occasion  d'un  chanoine  occis  à  Diest. 

a  savoir  Jean  Helman  et  Renard  de  Rouveroit  :  add.  manuscrit  6, 

(l)   ïur  Mathieu  Haweal,  voir  Adrien  d'Oudenbosch,  p.  55B.  Sur  Hensi  Sollo,  Ibid.,  p.  36:2. 
30        (!)  Cf  Gubert,  Liège  à  travers  les  âges,  l.  III,  p.  369. 

Tome  II  33 


258  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

A.  d'Oudenhosch,  p.  72.  —  44-6f .  L'an  mesme,  le  i2  de  jullet,  fut  la 
chappelle  de  Tirrebourse  (*)  dédieassée. 

Cest  an  (1463),  un  feu  d'aecident  brusla  presque  la  moitié  de  la  ville  de  Boy 
le  duc.  pareillement  en  Schiede,  en  Hollande;  aussi  Sleenberch  fut  toute  bruslée 
saulff  l'englicse,  l'hospital  et  une  maison.  En  mesme  temps,  le  duc  Charle  fit  s 
édillier  en  Hollande  le  chasteau  de  Gorken. 

Au  dit  an,  vers  l'octave  de  saint  iMartin.  furent  en  ia  ville  de  Bruge  célébrés 
les  nopees  du  due  de  Geldre  avec  la  seure  de  noslre  évesque  (*).  Ce  temps 
mesme,  vint  messire  Raes  de  la  Marche  en  Liège. 

L'an  14-64-,  fut  assis  le  grand  chandellier  de  cuivre  au  chœur  de  Sainet-  •<> 
Lambert  et  servit  la  première  fois  à  Noël  ". 

L'an  4465,  fut  fondé  le  monastère  des  Carmes  à  Tillemont  par  la  duchesse 
Jehenne  a. 

A.  d'Oudenbobch,  p.  H  4.  —  1465.  En  ce  mesme  temps,  vindrent  en  Liège 
de  par  le  roy  de  France  Louis  de  la  Val  (3).  seigneur  de  Chastillon,  Aymer  de  's 
Poutieu,  dit  Caderat,  baillieu  de  Meule,  maistre  d'hostel,  conseillier  et  cham- 
burlain  du  dit  roy,  Johan  de  Vergier,  aussi  conseillier  dudil  roy,  président  en 
la  court  de  parlement  à  Toulouze,  ayant  lettres  et  commissions  de  traieter, 
appoinlir  et  faire  alliance  avec  la  cité  et  pays  susdit  contre  les  ducs  de  Bour- 

«  Notes  marginales  du  manuscrit  2.  20 

(•)  Sur  la  chapelle  et  le  béguinage  de  Tïrebourse,  voir  Gobert,  Lièye  à  travers  let  tiges,  t.  V,  p.  437 
(*)  Adolphe  d'Egmont  éponsa,  le  18  décembre  1465,  Catherine,  fille  de  Charles  1,  due  de  Bourbon, 
sa  tante.  Cf.  plus  haut,  p.  2b2,  au  sujet  de  son  indigne  conduite  à  l'égard  de  son  père. 

(*)  Louis  de  Laval,  seigneur  de  Châtillon  en  Vcndclais  et  de  Comper,  gouverneur  du  Dauphiné, 
puis  de  Gennes,  de  Paris,  de  Champagne  et  de  Brie,  chevalier  de  l'ordre  du  Roi,  grand-maiire  des  25 
eaux  et  forets  de  France,  mort  le  21  août  1489.  Louis  XI  l'envoya  avec  Aymar  de  Poyrieu  dit  Cadorat, 
bailli  de  Mantes,  Jean  du  Vergier,  président  du  Parlement  de  Toulouse,  et  Jacques  de  la  Royère,  en 
ambassade  auprès  des  Liégeois.  Leur  commission  datait  du  21  avril  1408.  Elle  était  donc  antérieure  à 
l'intronisation  de  Marc  de  Bade  et  l'annotation  de  Martène  et  Durand,  imprimée  au  bas  de  la  page  : 
litterac  régis  datac  die  xvi  maii  à  Montluçon  doit  être  inexacte  ou  plutôt  se  rapporter  à  autre  chose,  30 
car  le  Roi  se  trouvait  en  effet  le  dit  jour  à  Montluçon.  (Cf.  J.  Vaesen,  Lettres  de  Louis  XI,  t.  Il,  p.  292.) 
Ces  ambassadeurs  élaienl  chargés,  en  outre,  de  remettre  en  passant  une  dépêche  aux  Rémois.  (Ibid., 
p.  277.  )  A  leur  retour,  ils  firent  roule  par  Dinant  où  ils  se  trouvaient  le  24  juin.  (Giciurd,  Collection 
de  documents  inédits,  t.  Il,  p.  219  ) 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNEES  1401  A  1506.  259 

gongne  et  de  Bourbon,  du  conte  de  Charlois  et  leurs  adhérens  et  complices,  et 
fut  alliance  faicte  et  conclude  en  ladit  cité  le  17e  jour  de  moys  de  jung,  l'an 
susdit,  comme  appert  par  les  lettres  de  ce  expédiées..,  Quant  le  duc  Phillippe 
fut  adverty  de  ceste  alliance,  envoya  deux  héraulx  d'armes  en  Liège  pour 
5  avoir  la  coppie  de  telle  alliance  affin  d'appaiser  les  Dionantois  et  Bovingnois, 
mais  les  Liégois  ny  volurent  entendre. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  4  48,  23.  —  i  Ï65.  En  la  ville  de  Huy,  les  vignerons, 
charpantiers  et  cntretailleurs  s'eslevèrent  contre  ceulx  qui  tenoient  la  partie  de 
l'évesque,  et  pillèrent  leurs  maisons;  le  pareille  firent  ceulx  de  la  contée  de 
10  Looz 

A.  d'Oudenbosch,  p.  422;  J.  de  Looz,  p.  27.  —  4465.  Après  ce,  le  villaige 
de  Hervé  fut  pilliée  et  ars  avecque  l'engliese  par  les  Liégois,  pareillement 
plussieurs  villaiges  en  la  terre  de  Dolhen  (*)  ;  ceulx  de  Hervé,  en  récompense, 
ardirent  Sainct-Pierre  emprès  Treict;  aulcunes  femmes  Liégeoises  en  habits 

15  d'hommes  prindrent  aussi  les  armes,  et  firent  audit  pays  des  tyrannies  si 
grandes  que  surmontoient  les  hommes  en  excès.  Peu  de  temps  après,  le  marquis 
de  Baden  et  le  mambour,  qui  avoient  receu  argent  de  roy  de  France  pour  faire 
la  guerre  avecques  les  Liégois,  allèrent  devant  Faulcomont  et  l'assiégèrent  de 
deux  costéz,  les  Liégois  d'un,  le  marquis  et  mambour  de  l'autre;  si  est  qu'il 

20  eurent   ensemble  aulcuns  parolles  assiz    rigoureuse   avecques   les  bourghe 
maislres  lhors  de  la  cité,  par  quoy   paisiblement   abandonnèrent  le  siège  et 
laissèrent  tout  ce  qu'il  avoient  en  Liège,  mais  portèrent  avecques  eulx  le  dit 
argent,  de  quoy  adverty,  les  Liégois  confus  se  sont  mis  en  fuitte,  laissant  leurs 
artelleries  et  aultres  admonitions  de  guerre,  et  sans  ordre  sont  rentrés  en  la  cité, 

23  A.  d'Oudenbosch.  p.  425,  note.  —  4465.  Ceulx  de  Sainct-Tron  bruslèrent 
Duras  et  l'engliese  et  plussieurs  aultres  desquelles  sçavoient  les  seigneurs  estre 
favorables  à  l'évesque  de  Liège;  encor  assiégèrent  Liégeois  Lemborch  sans 
prou  fi  t. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  4i<);  J.  de  Looz,  p.  29.  —  44(55.  Le  21  d'octobre. 
30  l'an  susdit.  Liégois  allèrent  assaillier  le  due  de  Jullez  emprès  de  Montenacquen 

(*)  Comté  de  Dallieni. 


260  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

où  ils  furent  ruez  jus  et  y  demourèrent  1800,  dont  la  désolation  fut  grande 
tant  en  la  cité  que  pays,  car  ilz  n'y  avoit  si  petit  villaige  qui  d'icelluy  ne  fust 
(lemouré  mort  en  la  bataille  10,  11  ou  12  plus  ou  moins,  selon  qu'il  estoient 
sortis  de  chascun  villaige. 

A.  d'Oudenbosch,  p.   138.  —  H66.  Mais  enfin  par  les  32  mestiers  fut  5 
commandez  aux  pères  des  enllans  qu'il  leur  déffendissent  sur  paine  de  perdre 
leurs  mestiers. 

A.  dOudfnbosrh,  p.  14b\  —  146b.  L'an  susdit  nonnobstant  que  la  paix 
fut  faicte.  comme  dit  est,  eculx  de  Dynant  ne  cessèrent  de  faire  guerre  tant  aux 
Bovingnois  que  iNamurrois,  Brabansons  et  Hennuycrs,  et  tout  par  1  exhortations  «o 
et  secret  assistence  que  leur  faisoient  les  Liégois.  Ce  temps  pendant  que  le 
conte  Cbarlois  estoil  au  pays  d'Artoys  empesché  en  aulcune  ses  affaires,  où  ilz 
fut  longtemps,  faisoient  les  Dinantois  des  chansons  en  dérision  du  duc  Phillippc; 
mirent  aussi  sur  les  murs  de  la  ville  la  statue  d  une  femme  filant  ayant  pour 
divise  lelz  mots  :  «  Quant  ceste  femme  de  filler  cessera,  le  duc  Phillippe  cest  ts 
ville  aura».  Oonl  advint  que  quant  le  conte  Carolus  fut  revenu  à  Bruxelles  et 
qu'il  ouyt  dire  les  insolences,  dommaiges  et  injures  que  avoient  faictes  les 
Dionantois  esdit  pays  contre  son  père,  qui  estoit  lors  anchien  et  lequel  ilz 
convenoit   porter  où  ilz  vouloit  estre.  par  le  consent  du  duc  son  père  qui 
pareillement  se  fit  miner,  mit  sus  une  puissante  armée  et  vint  devant  ladit  20 
ville  de  Dynant,  laquelle,  après  l'avoir  fort  battue  d'artelleries  et  aultres  manière 
de  faire,  le  prindrent  par  forces,  fit  abbaltre  les  murs  jusques  à  terre  et  le  bruslat 
tellement  que  n'y  demoura  presque  pierre  sur  pierre;  mit  à  mort  femmes  et 
enfans  et  cnvyron  huict  cens  noyés  en  la  rivière  de  Mouse,  en  moys  d'aoust. 
De  quoy  les  Liégois  furent  mal  contens,  et  fut  en  la  cité  grande  murmuralions  -25 
faictes  quand  les  nouvelles  y  vindrent  ". 

<•  Le  manuscrit  S  ajoute  en  note  marginale  :  avec  le   duc  Charles    estoit   Henry  de   Borsselle, 
seigneur  de  Vere,  avec  son  filz  Woulfaud  ('),  conte  de  Bencey,  lequel  fuient  présentées  plussieurs 
jouweaux  de  l'église  collégiale  de  Dinant,  comme  le  chieff  saint  Perpète  et  un  grand  chandelier 
de  cuivre  pour  mettre  cincq  chandelles  et  plussieurs  cappes  d'or,  lesquels  il  porta  à  W...re  en  30 
Zélande,  là  où  on  les  voit  encor  présentement. 

(«)  Sur  Henri  et  Wolfard  de  Borssele,  voir  Adrien  d'Oudenbosch,  p.  31b. 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  261 

A.  d'Oudenbosch,  pp.  161  et  169;  J.  de  Looz,  p.  45.  —  1466-1467.  Peu 
de  temps  après  la  prinse  et  destruction  de  Dînant,  fut  par  les  Dionantois  prins 
prisonnier  ung  homme  de  bien,  noméz  Johan  Charpentier,  qui  avoit  la  garde 
d'un  place  appartenant  en  partie  au  duc  Phillippe  et  une  partie  au  pays  de 

s  Liège,  et  avoit  avant  la  destruction  de  la  dicte  ville  estez  bourghemaistre 
d'icelle,  et  fut  menez  en  Liège.  De  quoy  adverly,  ledit  duc  envoya  dire  que  on 
ne  luy  fisse  aulcun  mal  ou  aultremcnt  ilz  se  prendroit  à  50  gentilhommes  qui 
estoient  de  pays  de  Liège  à  Louvaingne  ostagiers,  comme  est  dit.  Mais  incon- 
tinent après  la  mort  du  due  Phillippe,  firent  le  dit  Johan  décoller  et  mettre  en 

to  quatre  quartiers,  et  commenchèrenl  soy  à  eslever  contre  le  duc  Charle.  Leurs 
principaulx  autheurs  estoient  messire  Kaes  de  Hers.  Vincent  de  liuren.  Hubert 
Surlet,  Johan  Saulvaige.  Staes  de  Streel  (*)  chevaliers,  lesquels  firent  des 
grandes  insolences  contre  aulcuns  bons  bourgois.  desquels  aulcuns  furent  jectéz 
en  la  rivière  jus  de  pont  des  Arches  qui  diseroient  vivre  en  paix,  et  plussieurs, 

is  abandonnèrent  la  cité  et  pays. 

J.  de  Looz,  p.  52,  9.  —  1467.  Parquoy  le  dit  Bourbon  fust  constraint  se 
sauver  secrèttement,  et  allât  à  INamur,  de  quoy  les  Liégois  furent  fort  marys; 
et  firent  à  ses  gens  grandes  violences  et  furent  aulcuns  piteusement  occis  sans 
rémissions  et  aulcuns  pillez  et  privez  de  tous  leurs  biens.   Quand  le  duc  fut 

20  adverly  du  cas  et  de  la  nouvelle  rébellion,  envoya  Monsieur  de  Havestain  avec 
certain  nombre  de  gens  tant  à  chevaulx  que  à  pieds  pour  garder  que  les  Liégois 
n'entrassent  dedens  son  pays  de  Namur  et  aultres  lieux  voisins,  lequel  fut 
rencontré  par  les  Liégois  emprès  Huy,  tellement  qu'il  fut  constraint  soy  mettre 
en  fuitte,  et  perdit  environ  300  hommes.  Peu  de  temps  après,  ledit  seigneur 

25  remist  sus  une  nouvelle  armée  affin  soy  venger  des  Liégois,  lesquels  se  mirent 
au  champs  avecques  les  Hutoys,  en  espérant  que  la  choese  leur  lourneroit 
comme  avoit  faicte  paravant;  et  assaillirent  le  dit  seigneur  emprès  Monle- 

(»)  Sur  Raes  de  la  Rivière,  seigneur  de  Heers,  Vincent  de  Buren,  Jean  de  Home  dit  de  Wilde  ou  le 
Sauvage,  voir  t.  I,  pp.  235,  269  et  296.  —  Eustache  de  Strailhe,  chevalier,  seigneur  d'Othée,  mort  à 
30  la  bataille  de  Brusthem.  Voir  Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  V,  n°  2820;  Domken,  Histoire  d'Othée, 
dans  Bulletin  de  la  Société  d'art  et  d'histoire  de  Liège,  t.  XIX,  pp.  95,  97.  Il  faut  lire  Fastré  Surlet  et 
non  Hubert  On  sait  en  effet  que  Fastré  Baré  Surlet,  seigneur  de  Chockier,  fut  un  des  principaux  chefs 
de  la  révolte. 


262  CHROMQUES  LIÉGEOISES. 

nacquc;  dont  la  bataille  fut  fort  aspre  et  rigoureuse  d'ung  eostéz  et  d'aultre, 
mais  enfin  les  Liégois  furent  déffaicts  et  laissèrent  mors  sur  les  champs  plus 
de  900;  les  aultres  se  mirent  en  fuytte. 

L'an  susdit,  au  moys  de  septembre,  le  duc  Charlc  mit  le  siège  devant  Sainct- 
Tron,  de  quoy  les  Liégois  adverty  se  mirent  aux  champs,  menans  avecque  5 
eulx  prestrcs,  moynes.  clercques  et  religiculx  et  aultres  qui  sçavoient  estre  de 
la  faveur  de  leurs  évesque,  lesquels  ilz  mirent  à  l'advant-garde  et  vindrent 
jusqucs  àZepperen,et  fut  donnée  la  battaille  entre  Brusthem  etZcpperen. auquel 
lieu  furent  Liégois  vaincus,  et  y  demourèrent  morts  plus  de  3,000  hommes. 
Le  jour  ensuyvant,  le  dit  seigneur  de  Raveslain   Irovat  encor  emprès  de  10 
Brustem  environ  500   Liégois  qui  ne  se  osoient  remuer  ne  monstrer,  sur 
lesquelles  ledit  seigneur  besongna  telement  que  bien  peu  d  iceulx  eschappèrent 
et.  sans  miséricorde  aulcune,  les  a  tous  tuez.  Le  7'  jour  après  la  dite  victoire 
obtenue  contre  les   Liégois,  ayant  fort  battu   la  ville  de   Sainct-Tron,   les 
bourgois  sortirent  hors  à  testes  nues  sans  armes  ou  bastons  et  se  sont  venu  15 
rendre  à  la  volantéz  du  duc,  criant  miséricorde,  et  le  duc,  usant  de  la  vertu 
dont  estoit  garni,  les  receupt  en  Lrrâce,  saulff  que  les  portes  et  murs  de  la  dite 
ville  fussent  démolys  et  arruynéz  de  fons  en  comble,  ce  que   fut  faicte. 
Les   aultres   bonnes    villes,   comme   Hasselt,    Loon,   Herck,    liilsen,   Brée, 
Maseick,  Beringhcn  de  la  contée  de  Looz.  à  l'exemple  de  ceulx  de  Sainct-Tron,  20 
s'accordèrent  avec  le  duc  et  l'évesque  soubz  telles  conditions  que  ceulx  de 
Sainct-Tron  et  furent  receus.  Pareillement  se  rendit  Tongre.  telement  que,  en 
peu  de  temps,  le  duc  eut  toutte  la  contée  de  Loon  à  sa  subjection.  Après  ce, 
le  duc  at  envoyez  vers  les  bonnes  villes  de  Liège,  assavoir  Viseit,  Huy,  Tuwin, 
Couvin  et  aultres,  lesquelles  se  rendirent  comme  dessus.  Incontinent  que  le  duc  25 
eut  mis  à  obéissance  et  subjection  tout  le  pays  et  bonnes  villes  de  réveschié  de 
Liège,  vint  avecq  toutte  sa  puissance  devant  la  cité  et  l'a  assiégez  de  tous 
costés.  et  telement  en  peu  de  temps  battu  que  les  bourgois  estoient  sans  espoir 
de  salut;  dont  par  conseil  et  advis  entre  eulx  prins,    grand  nombre  des  plus 
anchiens  bourgois  sortirent  hors  d'ieelle  en  leurs  chemises,  nuds  piedz  et  testes  00 
nues,  et  se   vindrent  rendre  devant  la  tente  du  due.   criant  à   haulte  voix 
piteusement  el    lamentablement  miséricorde  et   mercy.    Toutteffois  aulcuns 
malvoillantz  ne  volurent  attendre  l'aventure  et  fortune,  par  quoy  secrèltement 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  263 

se  partirent  de  la  cité  et  allèrent  vers  1"  roy  de  France  qui  les  rcceupt. 
Le  susdit  duc,  à  la  requestc  et  prières  du  duc  de  Juilliers  et  seigneur  de 
Bavestain,  et  aultres  nobles  seigneurs  qui  estoient  illec  présents,  les  receupt 
à  mercy,  saulff  que  touttes  leurs  armes,  artelleries  et  instrument  de  guerre 

s  fusent  incontinent  apporteis  hors  la  cité  et  mis  en  sa  puissance,  ce  que  fut 
incontinent  faicl;  puis  fist  le  duc  reminer  lesdits  Liégois  en  la  cité  par  monsr 
de  Ravestain  et  le  duc  de  Juilliers,  lesquels,  par  le  commandement  du  duc, 
firent  abbatlre  une  grande  partie  des  murs  de  la  cité  °.  En  ce  temps  pendant, 
le  duc  se  tenoil  au  monastère  de  Saincl -Laurent.   Le  lendemain  de  la  feste  de 

io  sainct  Martin,  en  moys  de  novembre,  le  duc  Charle  a  ramenez  monseigneur 
de  Bourbon,  évesque,  en  la  cité  et  remis  en  sa  possession.  Et  vindrent  au 
devant,  en  belles  processions,  les  englieses  et  bourgois,  puis  après  avoir  receu 
des  bourgois  serment  de  fidélité  et  d'obédience  perpétuelle  et  promis  de  lui 
payer   promptement    cent    milles    florins   de   Rhin,    dedens    3   ans    aultres 

is  300,000  florins  pour  ses  dommaiges  et  intérest,  oullre  aultre  grand  somme 
de  deniers  à  l'évesque  pour  ses  intéresls,  injures  et  forfaictures,  se  partit  de 
Liège  et  revint  en  Brabant  en  grande  victoire  et  triumphe,  laissant  en  icelle 
cité  Monsr  de  Hemrieourt  b  comme  son  lieutenant,  et  grosses  garnisons  de  gens 
de  guerre  tant  à  piedz  comme  à  chevaulx.  L'an  susdit,  fut  assez  grande  planté 

20  de  vin  et  de  bledz,  qui  furent  bons  et  de  bonne  garde. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  200.  17.  —  1468.  Ils  prindrent  leur  évesque  prisonnier 

avecq  le  légault  apostolicque  susdit  et  les  emmenèrent  en  la  cité,  après  avoir 

piteusement  occis  tous  ceulx  qu'il  trouvèrent  portants  les  couleurs  du  duc; 

morurent  ainsi  illec  le  seigneur  d'Argenteaux,  messire  Johan  de  Seraing  et  le 

-25  seigneur  d'Elderen  (1). 

a  et  emportât  le  peron  en  signe  de  victoire  :  note  marginale  de  2.  —  b  Guy  de  Hrimeu,  seigneur 
de  Hnmbercourt,  conte  de  Meglien,  conseillier  et  chamburlain  de  duc  Charle  :  correction  marginale 
du  manuscrit  2  gui  se  retrouve  dans  le  texte  de  tous  les  autres  manuscrits  B. 

(')  Jacques  1",  seigneur  d'Argentcau;  Jean  de  Seraing,  seigneur  de  Hollogne-sur-Geer;  Guillaume 
30  de  lia  ma  l,  seigneur  d'Elderen.  D'après  Adrien  d'Oudenbosch,  seul  Jean  de  Seraing  succomba  dans 
cette  bagarre. 


264  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  2H.  sa.  —  4468.  Tost  après,  y  vindrent  aussi  le  roy 
de  France,  avecq  luy  v200  clievaulx  seulement,  el  le  duc  avecq  son  armée. 

/.  d'Oudenbosch,  p.  217.  —  1468.  Sebastianus  Munsterus  escript  que  en 
la  cité  furent  occis  40,000  hommes  et  12,000  femmes  et  filles  noyéez.  Et  fut 
loutte  la  cité  bruslée  par  trois  mille  Bourguignons  ordonneis  à  ce  faire,  vestus  s 
de  pareils  habits,  saulff  les  englieses  et  maisons  des  channoines,  qui  furent 
gardeis  de  feu  par  aulcuns  à  ce  ordonneis  pour  continuer  le  service  divine,  et 
le  pont  des  arches  arruyné. 

/.  d'Oudenbosch,  p.  221.  —  1468.  l'eu  de  temps  après  que  le  duc  fut 
retournez  en  Brahant,  plussieurs  bourgois  de  la  Cité  qui  s'estoient  sauvez  hors  io 
d'icelle,  à  la  prinse.  revindrent  en  Liège  où  ils  firent  des  muulx  heaucop.  pillant 
les  englieses  et  robant  tout  ce  qu'ils  trouvèrent,  et  après  corurent  es  pays  de 
Lucemborch  et  Lembourch,  contre  lesquels  le  duc  envoya  messire  Antoine  son 
frère  bastard.  qui  les  défist  en  ung  rencontrée. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  238,  si.  —  1472,  environ  le  sainte  Agnès,  en  janvier,  is 
apparut  un  grand  comète  en  orient,  fort  reluisant,  ayant  une  longue  queue, 
qui  dura  l'espace  de  trois  moys  continus  lequel  <l..nola  les  guerres,  pestilences 
et  cher  temps  qui  s'ensuyèrent.  (Note  marginale  de  2.) 

L'an  1473,   la  saison  de  l'esté  fut  fort  chaulde   et  grande  abondance  de 
biens  de  la  terre,  qui  fut  cause  que  grande  pestes  survindrent  en  plussieurs  20 

lieux. 

L'an  1474,  messire  Guillame  de  la  Marche  fil  fortifier  la  place  et  chasteau 
d'Aigremont,  on  ne  scet  à  quelle  intention,  mais  monstra  depuis  par  œuvres 
qu'elle  n'estoit  bonne.  Le  pénultième  de  moys  d'aoust,  la  famé  vint  en  Liège 
que  ledit  messire  Guillame  retournoit  en  Liège  avecq  lesdis  bannis  et  fugitiff,  25 
avecq  grand  nombre  de  Franchois  el  aultres  du  pays  de  Franchimont,  pour 
gaingner  Liège.  Quoy  entendu  par  monsieur  de  Bourbon,  a  mis  sus  une  quan- 
titéz  de  gens  avecq  lesquelz  est  venus  devant  Aygremont  sur  Mouse.  Et  lende- 
main de  la  feste  saint  Gille.  ceulx  dedens  se  rendirent  avecq  la  plaee,  Quant 
ces  nouvelles  vindrent  audit  seigneur  Guillame  de  la  iMarce  de  la  prinse  de  sa  50 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNEES  1401  A  1506.  265 

maison,  a  envoyez  à  i\lonsr  de  Bourbon  lettres  de  difflance  plains  de  parolles 

deshonnestes  et  injurieuses. 

L'an  1475,  la  thour  de  l'engliese  Saint-Hubert  en  Ardenne  fut  arse  par 

tempeste.  L'an  mesme,  les  bannis  commenchèrent  à  retourner  en  Liège  soubz 
5  saulff  conduictz. 

L'an  1476,  les  députeis  par  le  due  Charle  demandèrent  à  pays  de  Liège 

grand  somme  d'argent  pour  subvenir  à  la  guerre  cludit  duc  contre  les  Suyssc. 

Pareillement  monsr  de  Hymricotirt  vint  en  Liège  pour  avoir  tous  les  inslrumens 

de  guerre  qu'il  trouva  mesme  dedens  le  pays,  et  fut  le  résidu  des  murs  de  la 
io  Cité  qui  estoient  encor  droiclz  abbatus. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  242.  —  1477.  L'an  1477,  fut  tuez  le  duc  Charle 
devant  Nancy  par  Lorrenois,  et  fut  mis  en  terre  à  Nancy  honnorablement 
avecq  telle  épitaphe  : 

Te  piguit  pacis,  te  teduit,  atque  quietis 
,s  Larole,  sieque  jaces,  jamque  quiesce  tibi. 

A.  d'Oudenbosch,  p.  270.  —  1482.  Et  furent  au  mesme  lieux  plussieurs 
bons  seigneurs  aussy  misérablement  occis,  le  pénultiesme  d'aoust  "  entre 
autres  le  seigneur  de  Ittcr  et  de  Vogelsanck  b  (1). 


"  L'épitaplie  et  chronograplie  suivant  de  iévêque  Bourbon  se  trouve  en  note  marginale  de  S  et  46  ■ 
30  eCCe  nUnC  CrVor  MeVs  sVper  Vos  et  fILIos  Vestros.  —  b  Ce  passage  ne  se  trouve  pas  dans  S. 

(')  Guillaume,  seigneur  d'Elter  et  de  Vogelsanck. 


Tome  II.  34 


266  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Interrègne  1482-1484. 

J.  de  Looz,  p.  85, 13.  —  1482.  ...  moyennant  pension  de  1,800  florins  d'or 
qu'il  promit  donner  à  Croy...  Les  advcnlz  de  nostre  Seigneur  ensuyvant,  messir 
Guillaume  se  partit  de  nuictz  do  Liège  avecq  ses  gens  et  vîndrent  devant  la  ville 
de  Landen,  lequel  ilz  print  et  pillât  et  i  furent  beaucop  de  gens  occis  et  plussieurs  s 
prisonniers.  En  ce  mesme  temps,  messire  :.verard  de  la  Marche  mit  le  siège 
devant  Sewe,  pour  lequel  faire  lever  ceulx  de  Treict  sont  venus  aux  champs, 
mais  ne  furent  assez  fort,  car  i  dcmourèrent  plus  de  500  morts,  et  furent 
porsuyvis  jusques  aux  portes  de  la  ville,  et  envyron  cents  prisonniers. 

J  de  Looz.  pp.  86-88.  —  1483-1484.  L'an  mesme,  messire  Guillame  de  la  io 
Marche,  ma!  content  de  la  promotion  à  la  dignité  épiscopalle  de  monsr  Johan  de 
Ilorne,  print  par  force  la  ville  de  Tongre  et  ne  print  à  mercliis  aulcun  de  ceulx 
qui  estoienl  dedens  commis  par  les  Brabansons  pour  le  garder  et  i  furent 
plussieurs  gens  de  biens  occis,  par  quoy  le  duc  Maximilianc,  avecq  lesdits 
Crabansons,  at  mis  sus  et  levé  nouvelle  armée  de  gens  et  vint  au  moys  de  15 
janvier  dedens  le  pays  de  Liège  et  mit  le  siège  devant  le  chasteau  et  forteresse 
de  Hollongne  aux  pierre?,  dont  ceulx  qui  estoienl  dedens,  après  avoir  sustenus 
ung  assaull,  voyant  que  ne  leur  esloit  possible  de  résister,  se  rendirent  incon- 
tinent. Messire  (iuillame,  non  sachant  que  la  place  fust  rendue,  est  sortis  de 
la  cité  avecq  ses  gens  pour  faire  lever  le  siège,  et  nonnobstant  qu'il  veit  les  20 
bannièrs  du  duc  sur  la  place,  délibéra  donner  la  bataille,  ce  qu'il  fit;  mais  la 
choese  tourna  mal  contre  luy  et  contre  ses  gens,  car  combien  qu'il  fussent  deux 
fois  plus  puissans  que  les  cnnemys  n'estoient.  furent  avcugleis  en  telle  manière 
que  ne  peurent  tant  faire  que  ne  demouras  morts  sur  la  place  plus  de 
3,000  Liégois,  sans  ceulx  qui  furent  tuez  en  fuyant:  et  furent  près  chassies  25 
jusques  aux  portes  de  la  cité;  et  ne  veoit  on  aultre  ehoeses  parmy  les  champs 
que  corps  morts,  entre  lesquels  fut  occis  messir  Gailliard,  chevaliers  gascons' 
mayeur  d'Kmale,  qui  estoit  homme  barbu  comme  messire  Guillame,  et  fut  sa 
teste  portée  au  bout  d'une  lance,  et  pensoit  on  que  ce  fust  la  teste  de  la  Marche. 
Morurcnt  ainsy  en  la  dicte  bataille  500  Clévois  que  le  duc  de  Clèves  avoit  00 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  267 

envoyez  au  secours  des  Liégois  sous  la  conduitle  du  seigneur  de  Wachtendonck. 
Et  fut  lors  La  Marche  en  grand  danger  de  son  corps;  et  y  laissât  toute  l'artel- 
Ieries.  Quand  les  nouvelles  vindrent  en  la  cité  de  la  bataille  perdue,  grandes 
lamentations  y  furent  faictes  par  ceulx  qui  estoient  demoureis  en  icelle,  l'ung 
s  réclamoit  son  père,  l'autre  son  mary,  l'autre  son  frère,  son  cousin,  dont  c'estoit 
grande  pitié.  Et  délibérèrent  les  seigneurs  de  l'engliese  de  Liège  et  les  bourghe- 
maistres  de  solliciter  la  paix.  Par  quoy  faire  vindrent  aux  palais  lesdils  bourghe- 
mestres  vers  raessir  Guillame  qui  les  fis!  incontinent  mettre  à  mort,  ne  veullant 
ouyr  parler  de  la  paix  [et  estant  comme  enragé,  tournant  les  yeux  clairs  comme 

io  chandelle  en  sa  leste  pour  !a  bataille  perdue  "].  Pareillement,  le  jour  mesme, 
ung  des  bourghemaistres  de  Huy.  pour  avoir  parlé  de  la  paix,  fut  tirez  par 
force  hors  de  son  logis  au  Cigne  en  la  Saveniere  et  menez  devant  les  degréz 
sur  le  marchié  où  ilz  eut  la  teste  coppéz  Et  furent  lors  plussieurs  gens  de 
biens  parmy  la  cité  en  diverses  lieux  misérablement  occis. 

io  En  ce  temps,  la  raigc  du  dit  de  la  Marche  et  de  ses  gens  estoit  si  grande  que 
les  gens  de  biens  n'estoirnt  en  nulle  lieu  assureis,  ne  en  leurs  maisons  ne 
englieses:  la  pareille  raige  estoit  par  tous  le  pays  et  bonnes  villes,  dont  c'estoit 
une  grande  pitié  et  misère.  Edict  fut  faict  sur  paine  de  mort  de  point  parler  de 
la  paix.  Liégois  entrèrent  au  pays  de  Brabant  où  ils  pilloient  et  destruirent 

-o  plussieurs  villaiges  et  englieses.  Le  duc  Maximiliane  flst  le  pareille,  print 
Hercke  et  brusla  l'engliese  avecq  les  gens  qui  sestoient  sauvez  dedens.  pareil- 
lement Bilsen  et  plussieurs  aultres  villaiges. 

J.  de  Looz.  p.  89.  —  1484.  Il  alla  devant  la  ville  de  Père  où  les  gens  des 
villaiges  voisins  sestoient  sauvez  en  grand  nombre,  print  icelle  ville  d assault 
i.ï  et  y  fut  commis  grande  et  pitoable  occision  et  telle  que  jamais  on  avoit  veu 
la  pareille  et  i  furent  occis  plus  de  i,!j(K)  pauvres  villagois  mesme  de  pays  de 
Liège  [nayans  avec  eux  ni  verges  ni  baslon  pour  se  défendre,  et  après  avoir 
fait  tel  act  b]  et  ainsi  revint  en  Liège  avecq  grand  butin. 

"  Omis  par  S.  —  »  Passage  omis  daris  2.  —  En  ce  temps  (1483,),  l'official  de  Liège  tenoit  sa 
ôO  courte  à  Louvain  et  à  la  saint  Jean  fut  remise  à  Liège.  L'on  payoit  pour  le  muid  de  spealte  xîn 
et  xuu  aidants  :  Manuscrit  52,  fol.  5f8  V  et  manuscrit  96,  foi  277. 


268  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


Règne  de  Jean  de  Horne. 

Messire  (Juiliame  at  après  assemblé  le  chapitre  de  Saint-Lambert  pour  avoir 
élection  d'ung  nouveaux  évesque  de  Liège,  et  ce  fust  là  mesme  esleu  évesque 
Johan  son  fils  Touttefois  la  plus  grande  partie  de  chanoine  Saint- Lambert, 
estant  fuis  et  trouvé  en  la  ville  de  Louvaine,  illec  procédèrent  de  nouveaux  5 
évesque  et  eslirent  Johan,  fils  à  conte  de  Horne,  lequel  Morne  vers  Rome 
obtint  hastivement  la  confirmation,  tellement  que  la  guerre  entre  eulx  at  esté 
commenché,  tant  civile  que  autrement,  car  aucunes  villes  tennoinl  la  partie 
de  Horne,  les  autres  de  La  Marche.  Maximiliane.  marit  à  Marie  duchesse  de 
lîraibant.  tenant  la  partie  de  cieulx  de  Horne.  faisoil  gens  de  guerre,  dont  10 
guerres  et  pilleries  ont  esté  fait  d'ung  costé  et  d'autre  en  pays  de  Liège  et  en 
Brabant  et  des  obsidions,  camps  voilant  de  part  et  d'aullre,  les  biens  de  terre 
destruis  et  folleils,  tellement  que  les  Hcsbeignons  ne  payent  que  demi  canons 
et  aucuns  plus,  aucuns  moins,  et  le  muids  de  spelte  se  payoit  facilement  à  dix 
huicts  aidants  liégois,  la  charéc  ou  clichet  de  houille  ne  valloit  que  huicts  ta 
aidants,  la  livre  de  pouldres  six  aidants.  On  avoit  tant  de  maulx  que  merveille, 
ayant  pour  messire  Guiliame  gens  de  guerre,  tant  de  Franchois  que  Allemans, 
en  la  cité  comme  aussy  dedans  aucunes  bonnes  villes  du  pays.Lhaîcun  requéroit 
ses  amis,  tellement  que  le  duc  de  Saxe  avec  gens  de  guerre  et  le  conte  de  Horne 
furent  en  armes  près  la  cité,  mais  peu  après  trouvèrent  conseil  d'eux  retirer  20 
sans  rien  aultres  choses  y  faire.  Après  ces  longues  guerres,  paix  en  at  esté  faicte 
entre  Horne  et  le  dit  La  Marche,  à  condition  que  le  dit  Horne  est  demeuré 
évesque  de  Liège.  La  cité  et  villes  ont  esté  constraints  endurer  grands 
dommaiges  et  intérest  et  impositions  tant  à  la  dite  guerre  que  à  la  paix. 
{Manuscrits  S 2,  fol.  Si 8  v°,  et  96,  fol.  277.)  25 

L'an  mesme  [1484],  le  lundi  après  les  onze  mil  Vierges,  obtint  Horne  ses 
régales  à  Francfort  en  l'absence  de  l'empereur,  où  il  avoit  envoyé  Jehan  de 
Platea  (')  escolaslre  et  channoine  de  SainctJohan  Fvangéliste  et  Arnult  de 

(*)  Jean    de   Plalea,    écolàlre   et    doyen    de   Saint-Jean.    Cf.    L.    Lahaye,    Charles   de   Saint- Jean 
Evangéliste,  t.  I,  p.  xxxiv.  jq 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  269 

Fléron  (*),  channoine  de  Sainct-Materne.  (Note  marginale  du  manuscrit  2, 
reprise  dans  le  texte  des  autres  manuscrits  B.) 

L'an  mille  IIIICLXXXIIII,  le  17  de  novembre,  Monsieur  de  Home  feit  son 
entrée  en  Liège  par  la  porte  Sainl-Lconard  et  à  son  costé  estoit  le  dit  seigneur 
s  Guiliame,  pour  ce  qu'il  estoit  mambour  du  pays...  Le  28  du  dit  mois,  fut 
journée  d'estat  tenue  où  l'évesque  fit  remonstrer  qu'aucuns  avoynt  sollicité 
auprès  du  Saint  Père  le  pape  de  départir  aucunes  pièces  hors  de  l'évesché  de 
Liège  et  n'y  avoynt  peu  venir,  dont  ils  avoynt  enduré  des  grands  fraix,  et  il 
requisl  qu'on  eust  sou  cas  pour  rccomandé,  ce  qu'il  faisoit  grandement  à  la 
io  cité,  c.ir  quant  aux  gens  d'église,  nobles  et  bonnes  villes,  n'en  feit  grande 
mention  de  ce  cas.  Ll  par  conséquence  fut  accordé  à  Monsr  quarante  mil  florins, 
dont  la  cité  en  fut  à  huict  mil  pour  sa  parte.  (Manuscrit  S2,  fol.  518,  et 
manuscrit  96,  fol.  277 .) 

L'an  XIII1CI1IIXX  et  V,  le  diex  septièsme  jour  de  jung,  une  journée  tenue  à 
io  Sainct -Tronck  pour  eulx  déduire  à  esbaltre.  Ung  jour  après  disné,  s'entre- 
prindrent  °  à  juer  à  la  palme,  après  s'entreprindrent  de  jouster  à  cheval  de 
leur  lance;  mais  messire  Guilheaume  les  surmontoit  de  tout.  Après,  s'entre- 
prindrent à  courir  à  pied  à  eulx  désarmez  et  saillir  à  pied  joinct  et  estant  ainsy 
désarmé  b,  monsieur  de  llorne  et  monsieur  de  Montegny  (2),  son  frère,  vindrent 
20  d'une  froisse  et  d'ung  mesme  coup  appréhender  icelluy  Guilheaume  de  la 
Marche.  Quand  messire  Guilheaume  voya  qu'il  estoit  prins  et  détenu,  il  prya 
qu'on  le  voulsist  traictcr  honneslenunt  et  qu'on  le  voulsist  mener  en  Brabant, 
en  Flandre  ou  en  Uaynault  mais  touttefois  '  que  on  ne  le  menast  à  Treicht, 

"  L'an  1485,  soubs  ombre  d'amitié,  nostre  évesque  Horne  requit  à  la  Marche  de  se  venir  esbattre 
25  avec  luy  jusques  à  Saint-Tron,  comme  il  fit.  Un  jour,  comme  ils  s'esbatoient  aux  champs,  ils 
s'entreprindrent  :  manuscrit  28,  p.  336.  —  *>  s'entreprindrent  à  courir  à  pieds  estant  désarmés. 
Quand  il  voulut  mettre  pied  en  terre,  mons1'  de  Horne  et  monsr  de  Montigny,  son  frère,  vindrent 
d'une  force.  .  :  manuscrit  28.  —  °  que  pour  l'honneur  de  Dieu,  on  ne  le  voulsist  mener...  : 
manuscrit  28  et  note  marginale  de  t. 

ôO       (')  Arnold  de  Fléron,  chanoine  de  Saint-Materne  et  conseiller  de  Jean  de  Horne.  Cf.  Cartulaire  de 
Saint-Lambert,  t.  V,  pp.  201)  et  219,  et  de  Ram,  p.  759. 
(ij   Frédéric  de  Horne,  voir  t.  I,  p.  547. 


270  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

car  il  scavoit  bien  que  sy  il  y  cstoil  mené,  il  en  souffriroit  la  mort.  Si  luy 
respondit  monsieur  de  Montengny  que  pour  aullre  choese  n'avoil  esté  constitué 
prisonnier  que  pour  estre  mené  à  Treicht.  Sy  fui  mis  sur  un  petit  cheval,  les 
pied  et  les  mains  Iyés  par  desoub  et,  à  grande  puissance  de  gens,  mené  à  Treicht. 
Lendemain,  les  portes  clocscs,  le  conseil  assemblé,  iceluy  sire  (îuilheaumc,  5 
suyvant  les  privileiges  de  la  ville  de  Treicht,  fut  condamné  à  avoir  la  test 
tranchée  ",  et  luy  confessé,  fut  mené  aux  lieux  de  justice  où  il  reecut  le  coup 
de  la  mort  et  la  collée  (J).  pour  ce  disoit  Molinet...  (Manuscrits  27,  fol.  27 1 , 
28,  p.  358,  et  4S,  fol.  283.) 

En  1485,  fut  engaigié  la  ville  et  chasleau  de  Huy  à  Maximilian,  archiduc  10 
d'Austriee,  pour  la  somme  de  douze  mille  florins  d<-  braibant  (Note  marginale 
de  2  rrprise  dans  le  texte  des  autres  manuscrits  B.) 

Et  fut  peu  de  temps  après  Ghys  de  Canne  (2),  [seigneur  de  Spauen  grand 
mayeur  de  Liège  et  chevalier],  esleu  et  constitué  capitaine  et  mambour  de  la 
cité  ;  de  par  les  maistres,  jureis,  conseille  et  32  bons  mestiers  de  la  citeit,  1485i  15 
le  15  d'aoust.J  (Manuscrit  2,  les  passages  entre  crochets  ajoutés  en  notes 
marginales.  Ceux-ci  sont  repris  dans  le  texte  dans  les  autres  manuscrits 
de  la  série  H,  à  l'exception  de  la  date  qui  n'esl  indiquée  que  par  2. 

1486,  le  18  de  marce,  à  dîné,  fut  éclipse  de  soleil,  lequel  dura  l'espace  de 
trois  heures,  et  faisoit  si  obscure  comme  de  nuict.  20 

?48b,  moururent  en  la  ville  de  Brusselles  de  peste  44  milles  personnes. 
(Notes  marginales  de  2.) 

L'an  mille  IIIICLXXXVI,  l'évesque  Home  fist  sa  novelle  messe  et  les  joyaux 
présentés  au  prince  estoient  montant  à  la  somme  de  vc  et  xxx  florins  de  liin  de 
xx  aidants  pièce.  rà 

L'an  mille  1I1I<:LXXXVI.  aucuns  de  la  rasse  de  La  Marche  ont  mis  leurs 
camps  devant  Liège.  Les  maistres  de  la  cité  estoint  Gile  de  Huy  et  Tilman 

0  et  illec  se  mit  à  deux  genoux  au  lieu  de  la  justice,  qui  s'appelle  Friedhoffe,  où  il  y  a  un 
siège  à  quatre  lions.  Là  il  eut  la  teste  tranchée,  pour  ce  disoit  Molinet  :  manuscrit  28. 

(')  Sur  la  moi  t  di>  Gnilliuiue  de  la  Marche,  voir  Chronique  de  Jean  de  Home,  t.  I,  p.  ô48.  50 

(»)  Sur  Guy  de  Cannes,  voir  t.  I,  p.  5B0,  n.  3. 


ANNOTATIONS  SUR  LES  ANNÉES  1401  A  1506.  271 

Walderea  (*),  qui  pour  avoir  argent  pour  employer  à  la  défence  de  la  cité, 
erapruntarent  argent  aux  bourgeois  et  s'en  obligèrent  pour  furnir  aux  soldats. 
On  avoit  une  journée  de  masson  pour  quallre  aidants,  les  manouvriers  à  deux 
aidants,  les  autres  à  l'advenant.  (Manuscrit  S 2,  fol.  3i '8vu,  et  manuscrit  96, 
5  fol.  276.) 

Au  mois  de  may précédent (1492), nouvelles  vindrent  en  la  chèque  lasentense 
estoit  rendue  à  Rome  pour  monsieur  de  Horne  et  contre  Croy,  lequel  fut  fort 
trist  et  courouchié  tellement  qu'il  sYsleva  de  rechieff  contre  le  pays  plus  fort 
que  devant  et  ses  gens  exercèrent  des  grandes  tyrannies,   principalement  à 

10  Herkenrode  où  ilz  violèrent  les  dames,  prindrent  tous  les  joyaulx  de  l'engliese, 
mesmement  la  casse  du  Sacrament  en  le  jeelant  dehors,  occirent  piteusement 
aulcunes  femmes  grosses,  et,  pour  brieff  dire,  exercèrent  telle  crualtéz  que 
à  paine  seroit  possible  de  le  dire,  encor  moins  d'escrire,  car  la  plus  grande 
partie  de  ses  gens  estoient  tous  larrons  sans  oreilles  (2).  Le  dimenche  après  la 

15  publication  desditz  trieuves  Croy  se  partit  de  Liège  avecqz  ses  gens,  mauldis- 
sant  les  Liégois.  Le  xxve  d'avril,  la  paix  fut  faicte  de  toutte  entre  nostre  évesque 
et  ceulx  de  la  Marche  et  fut  publiée,  le  xe  de  jullet.  premier  à  Tongre  et  le  jour 
mesme  en  la  cité  et  pareillement  par  touttes  les  bonnes  villes  du  pays,  [où 
fut  ordonné  que  les  trois  Estats  du  pays  de  Liège,  duchié  de  Builhon  et  contée 

20  de  Looz  donneroient  à  ceulx  d'Aremberch  et  de  la  Marche  50  milles  florins  de 
Rhin  dedens  8  ans  prochainement  venant,  payez  chascun  an  à  deux  termines 
du  sainct  Jan  et  Noël  jusques  à  la  fin  du  payement].  (Manuscrit  B.  La  partie 
entre  croiltets  se  trouve  dans  2  en  note  marginale.) 

L'an  mesme,  fut  la  saison  de  l'esté  sec  et  belle,  car  depuis  le  moys  de  may 

23  jusques  au  moys  de  septembre,  ne  pleut  que  deux  ou  troix  fois,  mais  la  rousée 
de  nuietz  estoit  si  abondante  qu'elle  perçoit  la  terre  bien  profond,  et  fut 
le  grain  à  bon  marehié  vendu.  (Mêmes  manuscrits.) 

(J)  Gilles  de  Huy.  écuyer,  seigneur  de  Bierset,  échevin  de  Liège  et  bourgmestre  de  Liège  en  1486, 
1493,  1497  et  1505.  Cf.  de  Borman,  Echevins,  t.  11,  p.  GO;  Abry,  Rtxueil  héraldique  des  bourgmestres, 
30  pp.  200  et  206.  —  Sur  Tilman  Waldoreal,  voir  t.  I,  p.  361,  n.  2. 

(!J  Larrons  sans  oreilles,  c'est-à-dire  voleurs  récidivistes.  La  première  peine  appliquée  aux  voleurs 
était  en  effet  l'ablation  d'une  ou  des  deux  oreilles. 


272  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'année  (i  494)  fut  fort  fertil  do  grains  et  de  vin  et  ne  fut  vendu  le  stier  de 
bledz  pour  ung  temps  que  quattre  pattars.fet  le  quart  devin  du  pays  un  aidant]". 

L'an  susdit,  en  moys  de  décembre,  la  ville  de  Tongre  fut  prinse  par  la  garde 
de  Brabant  qui  vindrent  sur  une  nuictz  del  contée  de  Namur  à  Tongre  [et 
esloit  leur  capitaine  Louis  de  Wauldrey ,  '.  Dont  lendemain  furent  assiégez  par  5 
Ilorne  en  icelle,  mais  trouvèrent  moyen,  par  belles  paroi  Iles,  de  sortir  sans 
quelque  danger.  La  date  est  contenue  en  ces  deux  vers  : 

Tongris  furlive  lit  rapta  nocle  Lucie 
dum  gens  in  stratu  jacuit  custodia  sine'. 

L'an    496,  commencha  à  régner  une  maladie  incognue  en  ces  Pays-Bas  dont  10 
plussieurs  morurenl,  et  s'appelloit  ladiete  maladie  le  mal  Saint  Job.  (Note 
marginale  de  2  insérée  dans  le  texte  des  autres  manuscrits  B.) 

L'an  mesme  (1499)  la  tonnaire  lombit  sur  la  thour  de  l'engliese  de  Liège  à 
l'heure  de  midi. 

L'an  XVcni,  l'archiduc  Phillippe,  qui  estoiten  Espaigne,  vint  veoir  son  père  is 
iMaximiliane,  roy  des  Hommains,  en  Allemangne,  et  après  vint  en  Brabant  et 
alla  au  devant  de  luy  monsieur  Home,  nostre  évesque,  pour  le  recepvoir  à  Treit. 

L'an  mesme,  lhy  ver  fut  durs,  aspre  cl  long  et  l'esté  fort  chault,  dur  et  sèche, 
car  en  quattre  moys  ne  pleut,  tellement  que  les  herbes  devindrent  sèches  avant 
venir  à  parfaicte  croissance  et  maturation.  On  ne  eut  aulcunes  aveines,  peu  de  20 
bledz  et  fut  grande  mortalité  entre  les  pourceaux. 

Le  xiiii0  de  may  (1504),  les  vignes  furent  deslruittes  par  pluyes  et  grésil,  et 
furent  les  caues  si  grandes  que  aulcunes  maisons  furent  renversées  par 
l'impétuosité  de  IVaue. 

j.  de  L.,  121.        I^c  xvme  jour  de  décembre  (1  SOS)  ensuyvant,  ledit  seigneur  Horne  le  Hardy  *s 
alla  de  vie  à  trespasse  à  Treict  et  fut  son  corps  sépulture  au  frères  Mineurs 
que  son  père  avoit  fondés  et  i  esloit  enterrés.  Les  exêques  furent  faites  à 
Liège  comme  apparlenoit  à  telle  personne. 

"  Passage  omis  dans  S.  —  ''  Note  marginale  de  S.  —  •  Ce  passage  ne  se  trouve  que  dans  2  et  4  ; 
cf.  t.  I,p.  495.  30 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE 


Description  des  manuscrits  des  chroniques  vulgaires  liégeoises. 

Ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit  plus  haut,  page  139,  le  nombre  des  chroniques 
liégeoises  écrites  en  français  est  considérable.  Ce  que  nous  avons  conservé  ne 
5  constitue  qu'une  faible  partie  de  ce  qui  circulait  dans  les  bibliothèques  des 
couvents  et  des  villes  et  dans  les  maisons  des  clercs  ou  des  bourgeois  lettrés 
des  XVIe,  XVIIe  et  XVIIIe  siècles.  La  nomenclature  qui  suit  ne  mentionnera, 
sauf  quelques  rares  exceptions,  que  les  manuscrits  conservés  dans  les  biblio- 
thèques publiques  de  l'Université   de   Liège,  de  la  ville   de   Liège,   de   la 

»o  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles  et  des  Archives  de  l'État  à  Liège.  Ceux-ci 
sont  suffisamment  nombreux  pour  établir,  en  toute  certitude,  un  classement 
que  ne  viendraient  pas  modifier  des  trouvailles  postérieures  de  chroniques 
aujourd'hui  cachées  dans  des  collections  privées  et  ainsi  dérobées  à  nos 
investigations. 

15  Au  reste,  ces  chroniques  sont  le  plus  souvent  copiées  sur  un  modèle  tradi- 
tionnel qu'il  n'est  pas  possible,  pour  le  présent,  d'identifier.  Cet  archétype,  en 
effet,  ne  peut  être  le  manuscrit  de  Grégoire  Sylvius,  un  des  plus  anciens  qui 
nous  sont  parvenus,  car  celui-ci  omet  des  détails  qui  se  retrouvent  dans  des 
versions  postérieures.  Ce  n'est  pas  non  plus  le  manuscrit  d'Olivier  de  Boulongne, 

20  greffier  du  Conseil  ordinaire,  souvent  utilisé  par  Foullon.  Déjà  à  la  fin  du 
XVe  siècle,  on  signale  une  chronique  de  Liège  de  Jean  du  Chesne,  de  Hervé, 
chanoine  de  Saint-Lambert,  dont  Wachtendonck,  au  XVIIe  siècle,  possédait 
Tome  II.  35 


274  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

l'exemplaire  original  (*),  et  une  autre  de  Jean  de  Platea,  doyen  de  Saint-Jean- 
Évangéliste  (*). 

Parmi  les  manuscriis  conservés  an  châleaii  de  Warfusée,  se   trouve  une 
chronique  liégeoise  de  la  fin  du  XVe  siècle,  qui  a  fait  partie  de  la  bibliothèque 
du  baron  de  Crassier  et  de  celle  du  doyen  Devaux.  Elle  a  été  écrite  à  Namuret  s 
pourrait  bien  être  la  source  du  manuscrit  de  Hocroi  dont  nous  allons  faire 
mention  (3). 

Dans  les  manuscrits  jadis  conservés  au  château  de  \Y  égimont,  M.  liorgnet 
avait  découvert,  en  1856.  une  chronique  intitulée  :  récollection  d'aucunes 
certaines  geste*  et  souvenances  du  pays  de  Liège...,  extraict  hors  d'un  10 
vieulx  certain  libre  et  cronicq  escript  par  un  quidam,  en  son  temps  nommé 
maistre  Jehan  Doulremeuse,  et  la  copye  antérieure  d'icelle  estoit  escript 
par  S''  Jehan  Ilusta,  demeurant  alors  à  Dinanl,  ce  fut  l'an  Af/CL1A, 
le  25  de  juleit  (4).  En  recherchant  les  manuscrits  de  Jean  d'Outremeusc.  le 
même  savant  avait  signalé,  en  18C4,  à  Rocroi.  un  manuscrit  sur  papier  du  15 
XVIe  siècle,  écrit  par  Arnold  de  Fumai,  demeurant  à  Namur,  et  donnant  sans 
aucun  doute  la  version  commune  des  chroniques  liégeoises  jusqu'en  1539  (5). 

Il  faudrait  donc  vraisemblablement  remonter  jusqu'au  XV'  siècle  pour 
retrouver  le  compilateur  qui  en  s'aidant  des  récits  de  Jean  d'Outremeuse, 
de  Jean  de  Stavelot,  Adrien  d'Oudenbosch  et  Jean  de  Looz,  composa  une  20 
histoire  de  Liège  qui  devint  extrêmement  populaire.  Un  autre  continua  cette 
chronique  jusqu'à  la  fin  du  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck,  date  où  s'arrêtent 
beaucoup  de  nos  manuscrits.  Mais  bien  peu  de  copistes  se  donnaient  la 
peine  de  reproduire  intégralement  le  récit  des  siècles  plus  éloignés  ;  ils 
abrégeaient  et  modernisaient  le  texte  primitif.  L'est  pourquoi  le  nombre  des  ss 
manuscrits  qui  peuvent  servir  à  reconstituer  ce  dernier  sont  si  rares.  Nous  les 
avons  énumérés  plus  haut,  page  144. 

(*)    Bal*u,  Sources  de  l'histoire  de  Liège,  p.  6a!). 

l«)  De  Becdkuèvke,  Biographie  liégeoise,  I.  I,  p.  173,  et  B.  C.  R.  IL,  3e  série,  I.  IV,  p.  471,  note. 
(8,    Cf  les  Nouveaux  mélange*  de  Vulenfagne  et  E.  Poswick,   Manuscrits  historiques  sur  le  pays  de  30 
Liège  dans  le  Bulletin  des  bibliophile!  liégeois,  t.  I,  p.  171. 
(*)  B.  C.  B.  IL,  2«  série,  t.  VIII,  p.  422. 
f)   B.  C.  B.  H.,  3"  série,  t.  VI,  pp.  413-449. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIECLE.  275 

Les  catégories  dans  lesquelles  nous  avons  réparti  les  manuscrits  dont  nous 
allons  faire  la  description,  ont  été  établies  en  tenant  compte  de  la  valeur  de  ces 
documents  pour  l'histoire  du  XVIe  siècle.  Ce  classement  prêterait  sans  aucun 
doute  à  de  sérieuses  modifications  s'il  fallait  envisager  la  période  des  règnes  des 
s  évéques  de  la  maison  de  Bavière.  Nous  aurions  pu  réduire  cette  liste  en 
négligeant  tous  les  récits  qui  abrègent  fortement  la  version  commune  des 
chroniques  jusqu'à  la  fin  du  XVIe  siècle  Mais  cette  élimination  n'eût  pas 
toujours  été  facile  à  faire.  D'autre  part,  nous  aurions  laissé  passer  une  excellente 
occasion  de  donner  l'inventaire  complet  et  systématique  de  toutes  les  chroniques 
io  conservées  dans  les  quatre  grandes  bibliothèques  belges  citées  plus  haut. 

INous  avons  groupé  celles-ci  dans  les  catégories  suivantes  : 

i°  Chroniques  donnant,  pour  le  XVIe  siècle,  le  texte  complet  et  traditionnel; 

i°  Chroniques  ajoutant  à  ce  texte,    parfois    un    peu  abrégé,    des    détails 
concernant  les  guerres  de  Charles-Quint  et  en  particulier  la  chronique  du 
ib  chanoine  de  tiesdignoul; 

ô°  Chroniques  ayant  utilisé  la  même  source  que  Alélart; 

4    Chroniques  donnant  une  version  abrégée  mais  complétée  par  des  emprunts 
à  d'autres  sources; 

5U  ..hroniques  donnant  une  version  très  abrégée; 
20      6°  Chroniques  donnant  une  version  abrégée  mêlée  à  des  renseignements 
d'histoire  étrangère  à  Liège; 

7°  Chroniques  abrégées  rédigées  sous  forme  d'annales; 

6°  Chroniques  incomplètes; 

b°  Travaux  de  compilations  uniques,  c'est-à-dire  n'ayant  pas  été  imités; 
25       t0°  Enfin,  pour  être  complet,  nous  signalerons  les  quelques  chroniques 
rédigées  en  latin,  qui    n'ont   pas   été   mentionnées   dans   1  introduction    du 
tome  I  (l). 


(M  La  provenance  des  manuscrits  sera  donnée  par  les  abréviations  suivantes  :  B.  R.  =  Bibliothèque 

royale  de   Belgique,  suivi  de  la  cote  du  manuscrit,  le  numéro  entre  parenthèses  est  le  numéro  du 

30  catalogue  Van  den  Ghciu.  —  Un.  Lg.  =  Bibliothèque  de  l'Université  de  Liège,  le  numéro  entre 

parenthèses  est  celui  du  catalogue  imprimé  de  Grandjeau.   —   Ville  =  Bibliothèque  centrale  delà 

Ville.  —  Arch.  Lg.  =  Dépôt  des  Archives  de  l'Etat  à  Liège. 


276  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


1°  Manuscrits  donnant  pour  le  XVI'  siècle 
le  texte  complet  et  traditionnel. 

1.  —  B.  R.,  IL  2734(6326). 

C'est  le  manuscrit  désigné  A  pour  l'édition  de  la  chronique  abrégée  de 
Jean  d'Outremeuse.  s 

Manuscrit  mesurant  0ra375  X  0m284,  de  257  pages  en  deux  colonnes. 
Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  à  1370. 

Inc.  :  An  de  la  création  nostre  père  Adam  I1I1M1I1C  et  XIX,  fut  pris  la 
noble  cité  de  Troie. 

Ce  manuscrit  fournit  le  texte  le  plus  ancien  et  le  plus  complet  de  la  chronique  io 
abrégée  de  Jean  d'Outremeuse.  Pour  les  récils  des  XVe  et  XVIe  siècles,  il  est 
moins  complet  que  les  manuscrits  de  la  classe  B.  Nous  signalerons  les  quelques 
passages  du  XVIe  siècle  qu'on  ne  retrouve  pas  ailleurs.  Pour  le  règne  de  Gérard 
de  Groesbeeck,  il  redevient  plus  copieux,  utilisant  la  même  source  que  les 
manuscrits  3  et  8  décrits  plus  bas.  Le  manuscrit  s'arrêle  brusquement  en  1370.  15 

2.  —  Ville,  Coll.  Capitaine,  n°  133. 

C'est  le  manuscrit  désigné  Bi  pour  l'édition  de  la  chronique  abrégée  de  Jean 
d'Outremeuse.  SI  est  souvent  dénommé  manuscrit  Grégoire  Sylvius. 

Recueil  factice    constitué    par   l'assemblage   de   trois    codices   absolument 
différents  à  l'origine,  sans  tilre,  mesurant  0m29  X  t'"193,  avec  trois  paginations  20 
différentes. 

1°  Le  premier  codex  est  une  chronique  liégeoise  des  origines  à  1.jo3,  illustrée, 
pour  chaque  notice  des  princes -cvèques,  d'armoiries  et  d'initiales  ornées  (J), 
terminée  en  septembre  1373,  comprenant  173  feuillets,  suivie  d'une  table 
alphabétique  des  matières  en  10  feuillets  (feuillets  17!  à  183).  -23 

Inc.  :  Blasons  des  villes  liégeoises  :  Bouillon,  Hasselt,  etc.  et  au  folio  3  : 
Julius  en  fut  grandement  courouchy... 

Des.  :  Car  l'an  XPCLXXHI,  en  septembre,  que  je  faisoii  la  fin  de  ce 

(*)  L'initiale  du  folio  77  v°  porte  dans  une  banderolle  :  diem  tinte  o.  1571. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  277 

présent  cronicque,  ne  l'est  oit  point  eneor...  L'an  mesme  (1S65),  le  ni"  de 
jung...  fisl  en  la  cité  son  entrée  très  fionnoi ablement  avec  laquelle,  pour  le 
présent,  nous  mettrons  fin  à  nostre  hystoire  et  cronicque  jusques  à  temps 
plus  opportun. 

s  La  table  se  termine  ainsi  :  fin,  suivi  d'un  monogramme  et  de  la  devise  : 
J'endure  pour  parvenir.  Au  verso,  le  blason  de  la  Cité  de  Liège  supporté  par 
la  double  aigle  impériale  couronnée  et  entouré  de  la  légende  :  Legia  sis  foelix 
aquilae  quae  tuta  sub  alis  semper  et  imperii  fida  fovere  st'nw.Puis  en  dessous: 
frater    Gregorius   Sylvius,   sacre   théologie   prof'essor,   ordinis  fratrum 

!0  predicatorum ,  Dei  et  Aposlolice  Sedis  gratia  episiopus  Tagastensis  (1). 

Nous  pensons,  contrairement  à  l'opinion  généralement  admise,  que  cette 

note  finale  n'est  pas  la  signature  de  l'auteur  de  cette  chronique,  mais  tout 

simplement  l'indication  du  propriétaire  du  manuscrit.  Cette  chronique  donne 

un  texte  absolument  identique  à  celui  des  autres  manuscrits,  dont  quelques-uns 

ib  ont  été  copiés  vers  la  même  époque  et  d'après  un  modèle  qui  n'est  pas  le 
manuscrit  Sylvius,  ainsi  que  le  montrent  de  nombreuses  variantes  du  texte. 
Un  personnage  ayant  la  culture  et  ayant  fourni  une  carrière  aussi  active  que 
l'évêque  suffragant  de  Georges  d'Autriche,  Robert  de  Berghes  et  Gérard  de 
Groesbeek  aurait,  comme  Chapcauville,  composé  une  œuvre  plus  personnelle 

20  et  n'aurait  pas  consacré  ses  rares  loisirs  à  reproduire  la  banale  et  traditionnelle 
version  du  vulgaire.  Si  l'on  veut  rechercher  un  travail  personnel  de  Sylvius 
dans  cet  écrit,  on  le  trouverait  peut-être  dans  les  notes  marginales  qui  montrent 
que  le  texte  fourni  par  le  premier  copiste  a  été  confronté  avec  d'autres  sources, 
et  parfois  complété  ou  corrigé. 

2b  La  valeur  de  ce  manuscrit  consiste  en  ce  qu'il  nous  donne  le  texte  le  plus 
ancien  et  le  meilleur  pour  les  récils  de  la  chronique  vulgaire  des  XVe  et 
XVIe  siècles.  C'est  lui  qui  nous  servira  de  hase  pour  l'établissement  des  textes 
de  la  dernière  période. 

2°  Le  second  codex  est  un  fragment  constitué  par  les  folios  174  à  517  d'une 

50  autre  chronique  liégeoise  écrite  au  milieu  du  XVIIe  siècle,  et  rédigée  sous 

(t)  Sur  Grégoire  Sylvius,  évèquc  de  Tagaste,  voir  D.  U.  Berliêre,  Les  evêques  auxiliaires  de  Liège 
pp.  92-97. 


278  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

forme  d'annales,  de  iijùo"  à  lou9.  L'auleur  de  celle  compilation  s'esl  parfois 
servi  de  textes  qui  nous  sont  restés  inconnus.  Ce  fragment  commence  au 
folio  174,  et  comme  la  chronique  de  Sylvius  finissait  au  folio  17~>,  le  relieur 
qui  a  composé  ce  recueil  factice  a  considéré  cette  seconde  partie,  dont  récriture 
et  le  papier  sont  cependant  tout  à  fait  différents,  comme  la  continuation  de  la  s 
première  chronique  (2). 

5°  Le  troisième  codex  renferme  une  copie,  faite  en  1622,  du  Miroir  des 
Nobles  cl  de  la  Guerre  des  Aivans  et  des  Waroux  de  Jacques  de  llemricourt. 
Cette  partie  a  une  pagination  spéciale,  folios  1  à  472,  et  est  précédée  de  la 
table  des  généalogies  décrites  dans  le  Miroir  et  de  quelques  pages  d'un  armoriai  10 
sans  texte. 

3.  —  Arch.  Lg.,  n°  1. 

C'est  le  manuscrit  désigné  /J2  pour  l'édition  de  la  chronique  abrégée  de 
Jean  d'Outremeuse. 

Manuscrit  mesurant  0m3i  S  X  0™210,  de  230  folios,  sans  titre.  is 

Inc.  :  Fondation  de  la  cité  de  Tongres.  Tongres  et  Turnus  descendant  des 
Allemagnes... 

Des.  :  C'esloit  un  prince  qui  avoit  beaucoup  endurez  de  mal  pour  garder 
et  tenir  son  pays  en  bonne  paix. 

il  donne  de  la  chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse  et  des  relations  des  20 
XVe  et  XVIe  siècles  un  texte  complet  et  assez  ancien.  Il  se  termine  avec  le  règne 
de  Gérard  de  Groesbeeck  en  1580.  Il  est  complété,  folios  207  à  209,  par  la 
copie  d'un  document  intitulé  :  Ordonnance  comment  on  se  doibt  tiser  à  la 
venue  d'un  évesque  de  Liège  et  le  sériment  accousiumé  (aide  et  ordonnée 
l'an  44J8,  i  aoust,  à  la  venue  de  M"  Jehan  de  Valenrode,  et,  folios  209  ïs 
à  250,  par  le  rapport  complet  de  Guillaume  de  Mecffe  sur  la  mutinerie  des 
Kivageois,  Ici  qu'il  a  été  publié  par  M.  Polain. 


(3)  L'état  délabré  de  la  reliure  de  ce  recueil  permettra,  lors  de  la  restauration  du  volume,  de 
séparer  ces  trois  codiecs  absolument  dissemblables.  Le  second  et  le  troisième  porteront  la  cote 
Coll.  Cap.  1552  et  Coll.  Cap.  1 35*.  50 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  279 

4.  —  Un.  Lg..  1966  (de  Theux,  112). 

C'est  le  manuscrit  désigné  D  pour  l'édition  de  la  chronique  abrégée  de 
Jean  d'Outremeuse.  Il  est  décrit  dans  le  tome  I,  pages  xxvm  à  xxxi. 

5.  —  Un.  Lg.,  183  (768). 

5      Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  à  \  626,  intitulée  :  Recueil  des  choses 
les  plus  remarquables  arrivées  au  pays  de  Liège  et  es  environ. 

Manuscrit  mesurant  0m29  X  0raI9  de  254  folios.  Il  a  appartenu  au  héraut 
d'armes  Jean  Gilles  Le  Fort,  et,  à  la  fin  du  XVIIIe  siècle,  à  L.  Closquet,  avocat 
et  greffier  des  Échevins  de  Liège. 
io      Inc.  :  Tongris  et  Turmis  Gaulois  retournants  des  Allemagnes  passèrent 
par  la  Haisbay... 

Des.  :  lia  est,  L.  Closquet,  avocat  et  greffier  en  criminel  et  maintenant 
de  la  justice  souveraine  de  Liège,  ce  27  juillet  17  Si. 

Même  texte  que  le  n°  3,  mais  plus  rajeuni.  Il  ajoute,  folio  221  v°,  le  récit 

15  abrégé  de  l'expédition  des  Bourguignons  au  pays  de  Franchimont  en  1168. 

A  l'année  f577,  le  copiste  signale  une  lacune  dans  le  manuscrit  :  «  ce  qui 

manque  icy  du  règne  de  Grosbeck  et  de  l'élection  d'Ernest  de  Bavier,  on  le 

peut  rechercher  ailleurs  ». 

Le   manuscrit   s'arrête   brusquement,   en    \6W,  au   milieu   d'une  phrase 
20  commencée. 

6.  —  Manuscrit  Un.  Lg.,  7"2  (781). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'à  la  fin  du  règne  de  Gérard 
de  Groesbeeck,  en  1580. 

Manuscrit  mesurant  Vmki)  x  0m!9  de  111  folios  sur  deux  colonnes.  II 
25  provient  du  Collège  des  Jésuites  à  Huy.  Il  a  appartenu  d'abord  à 
D.  Lampson. 

Inc.  :  Van  de  la  création  d' Adam,  nostre  premier  père,  quattre  mille 
ri  XIX,  fut  destrtticte  Troye  la  grande... 

Même  texte  que  3  et  4,  mais  parfois  abrégé  et  modifié.  On  y  trouve  d'autre 
part  :  folio  86  r°,  une  addition  sur  la  découverte  des  Datins  dans  la  cave  des 
Crama  en  1433;  la  notice  sur  Heinsberg  se  termine  par  l'énumération  des 


280  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

maisons  religieuses  fondées  sous  son  épiscopat;  folio  91  v°,  le  récit  abrégé  de 
l'expédition  bourguignonne  au  pays  de  Franchi  mont.  Sur  le  règne  de  Gérard 
de  Groesbeeck,  le  manuscrit  donne,  jusqu'en  1570,  une  relation  différente  de 
celle  des  manuscrits  précédents.  Elle  sera  donnée  plus  loin  à  la  rubrique  2°  de 
ebaque  année  de  ce  règne.  Après  1570,  on  retrouve  le  même  texte  dans  tous  s 
les  manuscrits. 

7.  —  Manuscrit  Un.  Lg.,  691  (779). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'à  l'avènement  d'Ernest  de 
Bavière  en  1580. 

Manuscrit  mesurant  0m32  X  0m2i  de  162  folios,  avec  armoiries  en  couleur  io 
des  évêques. 

Inc.  :  Tungris  et  Turnus  en  descendant  des  Allemaignes  allèrent  tant 
par  les  bouscades... 

Des,  :  Pages  blanches  où  se  trouvent  de  place  en  place  des  blasons  des 
princes-évêques  jusqu'en  1724.  lb 

Texte  semblable  aux  not  3  et  o,  mais  rajeuni  et  abrégé.  Pour  la  première 
partie  du  règne  de  Gérard  tîe  Groesbeeck,  nous  trouvons  la  même  relation  qu'au 
n°  6.  Le  récit  se  termine  par  la  joyeuse  entrée  d'Ernest  de  Bavière  à  Liège  et 
par  le  texte  d'une  harangue  en  mauvais  vers  adressée  par  une  jeune  fille  au 
nouveau  prince.  20 

8.  —  B.  B.,  10289  (6535). 

Chronique  écrite  en  1592  par  Arnoul  de  Cange  et  allant  de  la  prise  de  Troie 
jusqu'en  1590.  Elle  provient  de  l'abbaye  de  Saint-Laurent  de  Liège. 

Manuscrit  mesurant  0m306  X  0m203  de  30!  feuillets.  Pour  la  description 
de  ce  manuscrit,  voir  le  Catalogue  Van  den  Gheyn,  n°  6ri53.  La  chronique  25 
commence  au  folio  16. 

Inc.  :  Tongris  et  Turnus  en  descendant  Allemaingnc.  allèrent  tant  par 
les  bocages... 

Le  texte  abrégé  dérive  de  la  version  du  manuscrit  n°  1.  Il  est  désigné  par  C 
pour  l'édition  de  la  chronique  abrégée  <!e  Jean  d'Outremeuse.  Il  s'apparente  30 
aux  nos  2,  3  et  5.  Le  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck  est  donné,  mais  fortement 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  281 

abrégé,  d'après  le  n°  6  et  le  n°  3  (après  4570)  et  est  complété  par  plusieurs 
notices  ayant  trait  à  l'histoire  générale.  Le  manuscrit  se  termine,  folios  275 
à  275,  par  des  annotations  sur  les  années  1581  à  1590. 

9.  —  B.  R.,  10322-23  (6534). 

s  Copie  textuelle  du  précédent.  Ce  manuscrit,  mesurant  0m289  X  0m19, 
provient  également  de  l'abbaye  de  Saint-Laurent.  Il  porte  aussi  des  traces  de 
l'estampille  de  la  Bibliothèque  nationale  à  Paris. 

Pour  sa  description,  voir  le  Catalogue  Van  den  Gheyn. 

10.  —  Ville,  884  (de  Theux,  258). 

io  Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1581,  prins  hors  de 
plussieurs  anciens  livres,  extraicl  par  moy  Andrien  Stoulen,  l'an  mille 
cincque  cent  et  octant. 

Manuscrit  mesurant  0m27  X  0m20  de  250  feuillets. 

Inc.  :  L'an  de  la  création  d'Adam  noslre  premier  père  quatlre  mille 
io  et  XIX,  fut  destruicle  par  trayson... 

Version  remaniée  et  fortement  abrégée  de  Jean  d'Oulremeuse.  Pour  le  reste, 
texte  conforme  au  n°  5.  sauf  pour  la  première  pariie  <!u  règne  de  Gérard 
de  Groesbeeck,.  racontée  comme  dans  le  n°  6.  Le  récit  s'arrête  brusquement  à 
la  Gn  du  folio  250,  au  début  du  règne  d  Ernest  de  Bavière. 

20      11.  —  Ville,  891  (de  Theux,  148). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'à  l'avènement  d'Ernest  de 
Bavière. 

Manuscrit  mesurant  0m2i>  x  0m19  de  478  feuillets. 

Inc.  :  Table  de  la  chronique:  au  folio  suivant,  folio  1  dune  ancienne 
-23  pagination,  Tongris  et  Tornus  descendant  des  AUemaigne... 

Texte  semblable  aux  nos  3  et  3.  Une  seule  phrase  sur  l'an  1600  est  ajoutée 

d'une  autre  encre,  au  folio  469.  Après  deux  feuillets  blancs,  on  trouve  un 

court  récit  de  l'entrée  de  Ferdinand  de  Bavière,  puis,  après  dix  feuillets  blancs, 

un   petit  poème  intitulé  :   Heroica  expeditio  et  illustria  ac  gloriosa  gesfa 

30  Joahnis  de  f^erl   in  provincia   leodiensi,  tnetisibus  februarii,   marlii, 

Tome  IL  36 


28*  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

aprilis,  maii,  junii,  anno  1636.  Enfin  deux  pièces  relatives  à  la  querelle 
des  Grignoux  :  une  proclamation  à  Messieurs  les  Bourgeois  et  le  texte 
français  du  mémoire  adressé  à  Rome  par  le  clergé  primaire  et  secondaire,  le 
17  juillet    I<i36,  dont  Douille  et  Foullon  ont  publié  le  texte  latin. 

12.  —  Ville,  888  (de  Tlicux,  152).  5 
Chronique  intitulée  :  Recueil  de  plussieurt  choeses  au  pays  de  Liège  et  là 

entour  advenues  ef  requiliées  par  Piere  de  la  Croix,  l'an  io96,  en  moys 
de  juillet. 

Manuscrit  mesurant  fJm30  X  0"  10  de  226  feuillets   Après  la  mort  de  Pierre 
de  la  Croix,  il  passa  à  son  frère  Daniel,  croisier  de  Huy,  qui  le  garda  au  nom  io 
de  ses  nièces  Marie  et  Anne  de  la  Croix. 

Inc.  :  Quatre  feuillets  de  table  alphabétique  des  noms  de  personnes  et  de 
lieux  cités  dans  la  chronique,  puis,  folio  1,  commence  le  texte  de  celle-ci, 
conforme  au  n"  7  et  complété,  folio  213  v°-214,  par  le  récit  du  meurtre  d'un 
chanoine  à  Dînant  en  1581,  puis,  après  quelques  pages  blanches,  folios  217-226,  i 
le  poème  de  Jean  Polit,  intitulé  :  Leodinae  provinciae  principum  res  precla- 
rae  gestae  ad  Serenissimum  Bavariae  dueem  Ernestum,  patriae  principern. 

13.  -   Un.  Lg.,  1300  ou  778bis . 

Chronique  intitulée  :  La  vraye  histoire  et  cronique  de  la  cité  de  Liège 
depuis  la  prise  de  Troye  la  grande  jusque  l'an  1 580.  20 

Manuscrit  mesurant  0m3i.f)  X  0m2l  de  527  pages. 

Inc.  :  Catalogue  des  burghemestres  de.  Liège  commenchant  l'an  J51 0. 

Des.  :  FA  les  gens  Jean  de  JJ'cr  le  s'en  allèrent  or  pour  curiosité  biaucop 
de  gen*  de  bnrgoy. 

Il  a  été  la  propriété  de  Ferd.  Henaux.  Un  passage  du  folio  458  v°  montre  25 
que  celte  chronique  fut  écrite  en  1603. 

Folios  3  à  20  :  Liste  des  bourgmestres  de   1310  à  1654. 

Folio  21  :  Liste  des  évêques. 

Folio  23  :  Chronique   :   A  l honneur  de   Dieu  et  de  la  Sainte   Trinité. 
Tongris  et  Tournas  en  descendant  des  Alkmaingne...  30 

Version  un  peu  abrégée  d'après  nos  3  et  5. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  283 

Le  manuscrit  se  termine,  folio  469,  par  la  copie  du  traité  d'alliance  conclu 

le  12  novembre  toi 8  entre  le  Roi  Catholique  et  les  États  du  pays  de  Liège; 

folio   4N0,   par   la    relation    de   la   joyeuse    entrée    de   Jean   de   Horne,  le 

7  novembre  1484;  folio  485",  par  des  notes  diverses  sur  des  événements  du 

s  XVIIe  siècle. 

14.  —  B.  R,  11637  (6568). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1581. 

Manuscrit  mesurant  O30  X  0m!5,  ayant  appartenu  à  la  bibliothèque  de  la 
maison  de  Gavre  Doysseau. 
10      Version  complète,  mais  modernisée,  conforme  à  5  et  5. 

15.  —  Un.  Lg.,  1369. 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1582,  intitulée  :  Chronique,  paicilhart,  paix 
et  autres  ancienneté  appartenant  à  G.  B.   Dominick,  échevin  de  Brus  et 
et  Glons  sur  Geer. 
15      Manuscrit  mesurant  Gmi75  x  0ml  85  de  475  folios. 

Inc.  :  Tillre  des  évesques  de  Tony r es,  Maeslricht,  Liège. 
Des.  :  Table  des  bourgmestres  de  1417  à  1665. 
Folios  2  à  llî  :  Liste  des  évêques. 

Folio  iO  v°  :  Inventaire  des  reliques  de  ^ainl-Lambert,  fait  le  14  juin  1489. 

20      Folios  12  à  15  :  Table  de  la  chronique,  continuée  aux  folios  457  à  475. 

Folios  il  à  i64  :  Chronique   :  L'an  de  la  création  de  Adam,  noslre 

premier  père...  version  un  peu  abrégée,  conforme  au  n°  5  et  au  n°  7  pour  la 

première  partie  du  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck.  Elle  se  termine  par  la  liste 

des  évêques,  d'Lmesl  de  Bavière  à  Jean-Théodore  de  Bavière  (1744),  écrite 

is  postérieurement. 

Folios  178  à  196  :  Recueil  de  jugements  et  coutumes  du  pays  de  Liège. 
Folios  197  à  355  :  Pawilhar  liégeois. 
Folios  356  à  iOô  :  liecueil  de  coutumes  liégeoises. 

Folios  404  à  45J  :  Articles  de  coutumes  du  pays  de  Liège,  par  Ch.  de  Méan. 
30      Folios  457  à  475  :  Fin  de  la  table  de  la  chronique. 


284  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

16.  -  Ville,  883  (de  Theux,  200). 

Crotiicque  de  Liège  escrit  et  colligèz  avec  diligence  pnr  le  sr  Philippe 
Gordine  de  Liège,  arec  les  armes  et  blasons  de  tous  les  évéques. 

Manuscrit  mesurant  0m34  X  0m22  de  235  folios. 

Inc.  :  Trois  feuillets  contenant  les  armoiries  en  couleur  des  villes  du  pays  s 
de  Liège. 

Au  folio  S,  les  armoiries  de  la  famille  Gordine  avec  l'inscription  suivante  : 
«  Des  anciens  Gordine,  seigneur  bourgeois  de  Liège,  est  descendu  honnorable 
Philippe  Gordine,  lequel  naquit  en  la  noble  cité  de  Liège,  Tan  de  nostre 
seigneur  !  J05,  et  s'estant  alliez  à  Madamoiselle  Marie  d'Orp,  natif  de  Namur  10 
ou  Dinant,  il  décéda  de  ce  monde  le  14°  jullet  l'an  1631,  estant  aagé  de  06  ans. 
Et  son  fils,  monsr  Gérard  Gordine,  docteur  de  Namur,  décéda  le  21e  de  jullet 
l'an  1649,  aagés  de  60  ans  ».  En  haut  de  la  même  page,  on  lit  :  «  L'an  de  nostre 
seigneur  1(149,  ce  présent  livre  nous  a  estez  donné  pour  mémoire  par  mon 
frère  maistre  Gérard  Gordine,  docteur  en  médecinne  de  Namur,  et  at  estez  io 
escrit  de  la  propre  main  de  feu  mon  père  Philippe  Gordine,  environ  l'an  1608, 
dont  j'en  suis  tesmoing,  l'ayant  plusieurs  fois  veu  escrire.  Par  moy  Natalie 
Gordine,  ahbesse  des  Bénédictinnes  de  Liège  ». 

Au  folio  6  commence  la  chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  au  commen- 
cement du  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck.  20 

Inc.  :  L'an  de  la  création  de  nostre  père  Adam...  Texte  semblable  aux 
nos  3  et  5,  mais  fortement  abrégé  pour  la  partie  antérieure  au  XVe  siècle. 

17.  —  B.  R.  10258  (6§7i). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1606. 

Manuscrit  mesurant  0m27  X  0m19,  ayant  appartenu  aux  Jésuites  en  Fsle  25 
de  Liège. 

Version  complète,  mais  modernisée,  conforme  aux  manuscrits  3  et  5,  suivie, 
folios  501)  à  31  i,  d'une  liste  des  bourgmestres  de  Liège  de  1417  à  1671. 

18.  —  Un.  Lg..  1714. 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1609.  ">o 

Manuscrit  mesurant  i;n,29  X  0m19  de  17:>  feuillets,  sans  titre. 


CHRONIQUES  DU  XVI»  SIÈCLE.  285 

Inc.  :  Noms  des  évesques  de  Tongres,  Maestricht  et  Lyege... 

Version  très  abrégée  pour  le  XIVe  siècle,  plus  fournie  au  XVe  et  conforme 
aux  nos  3  et  S  pour  le  XVIe  siècle.  Elle  donne  dans  son  intégralité  la  relation 
de  Guill.  de  Meeffe  sur  la  révolte  des  Rivageois. 

s      19.  —  Un.  Lg.,  1745B. 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1609. 

Manuscrit  mesurant  Om:29  X  0">;20  de  175  feuillets,  sans  titre. 

Inc.  :  Noms  des  évesques  de  Tongres,  Maestricht  et  Lyege... 

Des.  :  //  fut  redressé,  achevé  et  les  escolles  ouvert  pour  enseigner  la 
10  jeunesse. 

Version  très  abrégée  pour  le  XIVe  siècle,  conforme  aux  manuscrits  5  et  7 
pour  les  XVe  et  XVIe  siècles. 

20.  —  B.  R.,  13850  (6576). 
Chronique  liégeoise  de  1642. 

ib      Manuscrit  mesurant  O^jIS  X  0m208  de  210  feuillets. 

Version  complète,  mais  modernisée  des  manuscrits  2  et  3,  jusqu'en  1573, 

21.  -  B.  R.,  10-254-57  (6554-6557). 

Chronique  liégeoise  en  quatre  tomes,  illustrée  des  portraits  des  princes- 
évêques  Tome  1  :  De  la  chute  de  Troie  à  lïlOJ  ;  tome  II  :  de  1021  à  1389; 
20  tome  III  :  de  î  58i»  à  1557;  tome  IV  :  de  1537  à  1613. 

Version  abrégée  et  modernisée,  conforme  aux  manuscrits  3  et  5. 

Le  seul  passage  inédit  est,  au  règne  d'Erard  de  la  Marck,  tome  III,  folio  60 
une  note  relative  aux  Croix  de  Verviers. 

22.  -  Ville,  897  (de  Theux,  115). 
25      Chronique  liégeoise  jusqu'en  1643. 

Manuscrit  mesurant  0ra31  x  0,195  de  535  feuillets,  sans  litre. 
Inc.  :  Aux  lecteurs.  A  l'honneur  de  la  très  excellente,  Trinité.... 
Version  très  abrégée  pour  le  XIVe  siècle,  plus  complète  pour  le  XVe  et 
XVIe  siècle  et  semblable  aux  manuscrits  3  et  5,  6  et  7  pour  Gérard  de  Groes- 
ô   beeck,  très  détaillée  pour  les  régnes  des  princes  bavarois. 


28H  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

23.  —  Ville,  898  (de  Thcux,  21.1). 

Chronique  liégeoise  jusque  1649,  intitulée  :  Chronicque  ou  recueil  de 
plusieurs  choses  advenues  au  pays  de  Liège  e!  enlour. 

Manuscrit  mesurant  0"»30  X  0m-I  de  255  feuillets. 

Ine.  :  Tongris  et  Turnus  en  descendant  des  Allemaignes...  s 

Version  très  abrégée  pour  les  XIVe  et  XVe  siècles,  conforme  à  3  el  5  pour  le 
XVIe  siècle,  sauf  pour  le  règne  de  Georges  d'Autriche,  fort  incomplet. 

Une  autre  main  a  écrit  les  règnes  de  Robert  de  Berg  et  Gérard  de  Grocsbeeck 
d'après  les  manuscrits  6  et  7. 

Ce  volume  appartenait,  en  1787,  à  un  prêtre  nommé  Gerardi.  io 

24.  -  B.  R.,  18670  (6578). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1850. 

Manuscrit  mesurant  0m35  X  0m2i  de  235'  feuillets. 
Jusqu'en  1575,  copie  textuelle  des  manuscrits  2  et  3. 

25.  Ville,  899  (de  Theux,  147).  is 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  .'050. 

Manuscrit  mesurant  0mi95  X  0m185  de  578  feuillets,  sans  titre. 

Inc.  :  Description  de  la  Cité  de  Liège. 

Version   complète  mais   modernisée   semblable   aux   manuscrits   3   et    5. 

Pour  le  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck,  même  texte  que  manuscrits  0  et  7  20 
avec  beaucoup  d'additions.  Pour  le  règne  de  ce  prince,  ce  manuscrit  forme  donc 
une  source  non  négligeable. 

26.  -  Un.  Lg..  1005  (842). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1677,  intitulée  :  Chronicques  de  la  noble  Cité 
et  pays  de  Liège  commençant  à  la  fondation  de  Tongre,  colligé  à  grande  25 
diligence  hors  de  plussieurs  livres  anciens  el  puis  escrit  par  Hartholomé  de 
Fraisne,  à  la  plus  grande  louange  de  Dieu  et  de  la  Pierge  Marie  et  mon- 
sieur Sainct  Lambert,  nostre  bon  patron,  l'an  mille  siex  cents  huictante. 

Manuscrit  mesurant  0m31  X  0m195  de  345  feuillets. 

Ine.  :  Aux  lecteurs.  A  la  louange  de  la  très  saincte  Trinité.  30 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  287 

Des.  :  L'an  1611 ',  le  12  août...,  à  raison  de  la  prime  dudit  mayeur 
GofpZn. 

Version  complète  mais  modernisée,  semblable  aux  manuscrits  3  et  5',  et 
à  6  et  7  pour  la  première  partie  du  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck. 
5      Des  détails  nouveaux  complètent  ce  dernier  texte. 


2°  Manuscrits  donnant,  outre  le  texte  traditionnel,  la 
chronique  de  Hesdignoul  et  le  récit  des  guerres 
de  Charles-Quint  contre  les  Français. 

26bis.  -    Un.  Lg.  Wiltert,  n"  85. 
io       Chronique  liégeoise  jusqu'en  1 58-1 . 

Manuscrit  mesurant  0m31  X  0m20  de  391  feuillets  ayant  jadis  appartenu 
à  la  famille  de  Fabribeckers  et  plus  récemment  au  baron  Wittert  qui  l'a  légué 
à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Liège. 

Pour  sa  description,  voir  J  Brassinne,    Catalogue  des   manuscrits  légués 
io  à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Liège  par  le  baron  Adrien  Wittert, 
n°  85'.  pp.  158  et  159. 

Celle  chronique  est  une  œuvre  de  compilalion  unique  et  pourrait  à  ce  titre 
être  classée  dans  la  neuvième  série  de  cette  liste.  Nous  la  plaçons  ici  parce 
qu'elle  donne  un  des  textes  les  meilleurs  et  les  plus  complets  de  la  relation  de 
20  Pierre  de  Hesdignoul. 

Pour  les  règnes  antérieurs  à  Arnould  de  Horne,  l'auteur  reproduit  la  chro- 
nique rimée  de  Jean  d'Outremeuse  et  de  nombreux  extraits  de  la  chronique 
abrégée  du  même  annaliste,  juxtaposés  à  la  première  source,  sans  aucun  souci 
de  se  répéter.  Après  1580,  il  suit  plus  fidèlement  la  chronique  abrégée,  puis  la 
25  chronique  vulgaire  en  la  complétant,  de  1406  à  1482,  par  de  longs  extraits 
d'Enguerrand  de  Monstrelel. 

Au  XVIe  siècle,  il  résume  le  texte  de  nos  manuscrits  2  et  3  en  y  insérant 
également  le  rapport  de  Guillaume  de  Meeffe  sur  la  révolte  des  fîivageois. 
Au  règne  de  Corneille  de  Berghes  et  Georges  d'Autriche,  le  compilateur 


288  ClinONIQUES  LIÉGEOISKS. 

insère  entièrement  la  chronique  de  Hesdignoul  et  le  récit  des  guerres  de 
Charles-Quint  contre  les  Français  et  les  Protestants  d'Allemagne.  La  campagne 
de  1554-  est  racontée  au  moyen  de  longs  emprunts  aux  Commentaires  de 
Fr.  de  Rabutin  sur  le  fait  des  dernières  guerres  de  la  Gaule  Belgique... 
(1551-1558)  (*).  s 

Le  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck  est  raconté  comme  dans  les  manuscrits  7 
et  8  et  les  manuscrits  27  et  28.  Les  événements  survenus  de  1569  à  1580 
sont  très  brièvement  résumés  en  une  seule  page.  Le  récit  se  termine  par  la 
harangue  en  vers  adressée  à  Ernest  de  Bavière  lors  de  sa  Joyeuse  entrée. 

Une  main  postérieure  a  écrit,  folio  374,  la  liste  des  trois  premiers  successeurs  io 
d'Ernest  de  Bavière,  sans  la  mention  d'aucun  fait  de  ces  règnes. 

27.  —  Ville,  892  (de  Theux,  63). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1602. 

Manuscrit  mesurant  0m3l  X  0m20  de  374  folios   plus  dix  folios  blancs 
et  sept  folios  de  table;  il  a  primitivement  appartenu  à  Henri  le  Vesquerea,  15 
maître  du  Lion  rouge  à  Sainte-Marguerite. 

Inc.  :  Description  de  l'évêché  de  Liège  :  l'évesché  de  Liège  est  voisine  de 
Seplenlryon.... 

Version  complète,  semblable,  à  celle  des  manuscrits  3  et  5.  Au  règne  d'Erard 
de  la  Marck,  il  reproduit,  comme  le  manuscrit  1,  folio  284,  une  note  assez  *u 
étendue  sur  le  pillage  de  Malines,  en  1507,  après  la  prise  de  Tirlemont,  et  sur 
la  déconfiture  des  Français  à  Saint-Hubert;  au  folio  286,  des  détails  sur  la 
répression  des  pillards  de  Logne  et  la  prise  du  château,  en  1521  ;  au  folio  310, 
une  note  assez  longue  relative  à  l'année  1541.  Au  règne  de  Corneille  de  Berghes, 
et  Georges  d'Autriche,  il  complète  le  récit  traditionnel  par  la  relation  de  la  25 
chronique  composée  par  Pierre  de  Hesdignoul,  chanoine  de  l'église  collégiale 
de  Sclayn. 

A  la  fin,  folio  369  à  374>,  une  main  plus  moderne  a  ajouté  quelques  notices 
sur  les  années  1602  à  1612,  puis,  après  quelques  pages  blanches,  la  liste  des 
bourgmestres  de  Liège  de  151)9  à  1677.  30 


- 


('}  On  trouvera  ce  récit  dans  Biciio.n,  Collection  des  chroniques,  t.  XIII. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  289 

28.  —Un.  Lg,  182  (789). 

Chronique  de  Liège  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1630. 
Manuscrit  mesurant  Um3i  X  O^O  de  360  feuillets. 

Inc.  :  La  fondation  et  noms  des  magistrats  de  la  noble  cité  de  Liège,  de 
5  1310  à  1653,  suivie,  folio  7  v°,  de  la  description  de  l'évêché. 

Puis  commence  la  chronique,  sous  une  autre  pagination  allant  de  la  page  î 
à  490.  Version  abrégée,  semblable  à  celle  du  n°  6.  Pour  le  XVIe  siècle,  le 
transcripteur  compile  diverses  chroniques  C'est  ainsi  qu'il  mêle  le  texte  des 
manuscrits  3  et  5  à  celui  du  manuscrit  7.7  et  reproduit,  mais  sans  citer  le  nom 
io  de  l'auteur,  la  chronique  de  Pierre  de  Hesdignoul,  puis  la  relation  des  guerres  de 
l'empereur,  comme  les  manuscrits  52  et  96.  Pour  le  règne  de  Gérard  de  Groes- 
beeck,  il  suit  les  manuscrits  6  et  7.  Le  manuscrit  se  termine,  pages  463  à  490, 
par  la  relation  de  la  Joyeuse  entrée  de  Ferdinand  de  Bavière  à  Liège,  le 
7  janvier  !  615.  publiée  par  AL  L.  Polain  dans  ses  Récits  historiques  de  l'ancien 
15  pays  de  Liège,  4e  édit.,  Bruxelles,  1866,  pp.  309  à  336. 

29.  Un  Lg.,  179  (811). 

Chronique  liégeoise  allant  de  la  prise  de  Troie  à  1677. 
Manuscrit  mesurant  l)m30  X  Omiy  de  461  feuillets,  sans  titre.  Il  contient  : 
folios  1  à  8,  table  des  choescs  contenues  dans  le  présent  chronicque,  167a. 
20      Folios  ia  à  17  :  Catalogue  des  bourgmestres  de  Liège,  de  i599  à  1703. 
Folios  21  à  382  :  Chronique  liégeoise. 
Folio  392  :  Copie  du  testament  de  Georges  Louis  de  Berghes. 
A  ce  manuscrit  sont  annexés  deux  imprimés  :  le  tableau  de  la  dévastation 
du  pays  de  Liège  en  1746  et  relation  des  cérémonies  qui  ont  été  obser- 
25  vées  à  l'occasion  de  la  barette  et  du  chapeau  que  Sa  Sainteté  a  envoyés  à 
S.  S.  Em.  le  duc  Théodore  de  Bavière,  évêque  de  Liège,  par  M^r  Lazare  de 
Pallavicini.  Liège,  Kints,  1746  (*). 

Pour  la  chronique  abrégée  de  Jean  dOutremeuse,  ce  manuscrit  donne  le 

texte  presque  complet  mais  modernisé,  comme  le  n°  5.  Au  XVe  siècle,  les 

50  règnes  de  Jean  de  Heinsberg  et  Louis  de  Bourbon  sont  d'abord  omis,  puis 

l')  Cf.  de  Tbeux,  Bibliographie  liégeoise,  col.  Si ï  et  0i6. 

Tome  II.  37 


290  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

repris  plus  loin,  folios  243  à  254  v°,  dans  un  bref  résumé.  Au  XVIe  siècle,  il 
suit  la  version  des  manuscrits  27  et  33  et  reproduit  en  conséquence  la  chronique 
de  llesdignoul,  à  l'exception  d'une  lacune  assez  longue  provenant  de  la  perte 
d'un  feuillet.  Les  règnes  de  Bobert  de  Berghes  et  Gérard  de  Groesbeeck  sont 
racontés  très  brièvement.  Le  récit  redevient  plus  détaillé  pour  Ernest  de  s 
Bavière  et  surlout  pour  Ferdinand  de  Bavière  où  on  trouve  la  copie  de  la 
Tragédie  de  La  Buelle  avec  la  gravure  représentant  l'infortuné  bourgmestre  sur 
son  lit  de  mort. 

30.  Un.  Lg.,  440  (810). 

Chronique  liégeoise  allant  jusqu'en  1677.  io 

Manuscrit  mesurant  0m29  x  0m19  de  543  feuillets,  sans  titre,  donnant  une 
copie  textuelle  du  manuscrit  précédent. 

Inc.  :  A  l'honneur  de  la  très  excellente  Trinité 

Des.  :  Comme  ils  avaient  faict  passé  deux  trois  ans  avec  grande  con- 
fusion. 15 

31.  Ville  (Coll.  Capitaine,  146). 
Chronique  liégeoise  allant  jusqu'en  1677. 

Manuscrit  mesurant  0m315  X  0m20  de  275'  feuillets,  sans  titre. 

Inc.  :  Table  de  tout  ce  qui  est  contenu  dans  ce  chronique.... 

Des.  :  Sçavoir  une  à  Mr.  de  Moreau,  l'autre  à  Mademoiselle  Lucion,  par  20 
quels  lettres  ils  leurs.... 

Version  abrégée,  identique  au  n°  29.  Après  la  chronique  de  llesdignoul,  on 
trouve  divers  propos  et  racontars  sur  Luther  et  les  autres  promoteurs  d'héré- 
sies. Le  récit,  terminé  en  1677,  est  complété  par  quelques  notes  addilionnclles 
de  1701  à  1704,  interrompues  brusquement.  -s 

32.  —Un.  Lg.,  1463. 

Chronique  liégeoise  allant  jusqu'en  1702. 

Manuscrit  mesurant  0°53  X  0,205  de  190  feuillets  sans  litre,  ayant  appar- 
tenu au  docteur  Alexandre. 

Inc.  :  Table  de  tout  ve  qui  est  contenu  dans  la  cronique....  so 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  291 

Des.  :  Puis  être  mis  sur  une  roue  sur  laquel  languissant  mourut  environ 

les  8  heures  et  demi  du  soir 

Version  moderne  et  abrégée,  apparentée  à  celle  des  manuscrits  28,  29  et  33, 

ajoutant,  outre  les  détails  relatifs  à  Luther,  la  copie  d'un  édit  de  la   reine 

5  Elisabeth  contre  les  catholiques.  Ce  manuscrit  a  été  assez  élourdiment  copié  sur 

un  autre  :  au  folio  toï.  ligne  5,  il  relate  un  événement  de  157M.  puis  continue 

à  la  ligne  suivante  par  le  récit  de  l'assassinat  du  mayeur  de  Donceel  en  1651. 

33.  Un.  Lg.,  990  (797). 

Chronique  liégeoise  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1651. 
io      Manuscrit  mesurant  0m3i  X  0m20  de  55 ï  feuillets,  avec  les  armoiries  en 
couleur  des  évêques. 

Version  dérivée  du  manuscrit  27.  Elle  omet  cependant  la  chronique  de 
Hesdignoul,  sauf  l'épisode  de  l'assassinat  de  l'hôtelière  de  Saint-Séverin,  inter- 
calé à  l'an  1545.  Le  récit  s'arrête  à  la  fin  du  règne  d'Ernest  de  Bavière,  puis, 
15  après  quelques  pages  blanches,  reprend,  folio  45-)  à  531,  le  règne  de  Ferdinand 
de  Bavière  et,  folios  552  à  554,  le  début  du  règne  de  Maximilen-Henri  de 
Bavière.  Il  s'arrête  brusquement  à  la  fin  de  la  page. 

34.  -  Un.  Lg.,  1743. 

Chronique  liégeoise  allant  jusqu'en  1631. 
20      Manuscrit  mesurant  0m27  x  0m18  de  423  feuillets,  intitulé  :  Histoire 
de  Liège. 

Inc.  :  A  l'honneur  de  la  Saincte  Trinité. 

Des.  :  Mais  les  affaires  d  Allemaingnc  ne  l'ai  pas  permitte. 

Pour  les  XIVe  et  XVe  siècles,  version  moderne  et  abrégée.  Pour  le  XVIe  siècle, 

2s  le  récit  est  semblable  à  celui  des  manuscrits  28,  29  et  35.  Chronique  très 

désordonnée  au  point  de  vue  chronologique.  Elle  saule,  folio  157  v°,  de  1299 

à  1465  et  de  1465  à  l'émeute  des  Rivageois  en  1531,  dont  la  relation  est 

interrompue,  folio  184,  par  la  reprise  des  événements  de  1500  à  141)5.  Puis  le 

récit  de  la  mutinerie  des  Hivageois  reprend,  au  milieu  d'une  ligne  du  folio  206. 

50  Ceci  prouve  que  ce  manuscrit  a  été  copié  sur  un  autre   dans  lequel  deux 

cahiers  étaient  intervertis.  Au  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck,  on  trouve  une 


292  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

longue  relation  du  séjour  de  la  reine  de  Navarre  à  Liège,  comme  dans  les 
manuscits  5  et  llli.  Au  règne  d'Ernest  de  Bavière,  on  note  un  long  récit  de  la 
prise  du  château  de  Iluy,  une  copie  du  règlement  des  Dix  Hommes  de  la  Cité 
du  24  janvier  159.)  (J).  Au  folio  271,  est  insérée  une  Description  du  mer- 
veilleux roiVwye  de  Guillaume  Schouten  de  Home  en  Hollande,  fait  es  ans  a 
4615,  4616,  1617.  Le  récit,  s'arrétant  à  1631,  est  complété,  par  une  autre 
main,  de  quelques  notes  additionnelles  s'arrétant  à  1048. 

35.  —  Ville,  895  (de  Theux,  212). 
Chronique  liégeoise  se  terminant  en  1631. 

Manuscrit  mesurant  0m51  X  <>m-0  de  ."08  feuillets,  sans  titre,  ayant  appar-  10 
tenu  à  Jean-Laurent  Du  Bois  de  Bois-lc-Duc,  natif  de  Liège,  écrit  et  continué 
par  Gisbert  du  lîois  de  Liège  vers  l'an  1706. 

Inc.  :  Création  du  monde.  Dieu  incompréhensible  cl  infini  estoit..,. 

Version  abrégée  et  modernisée,  dérivée  du  texte  des  manuscrits  5  et  5'  et, 
pour  le  XVI6  siècle,  des  manuscrits  27,  29  et  53.  is 

36.  Ville,  904  (de  Theux,  149). 
Chronique  liégeoise  se  terminant  en  1595. 

Manuscrit  mesurant  0m315  X  0m20  de  417  pages  et  sept  feuillets  blancs 
sans  titre. 

Inc.  :  Description  de  ta  Cité  de  Liège.  20 

Des.  :  Index.  —  Le  trésor  de  Huy  pris  par  les  Hollandais. 

Version  très  abrégée  et  modernisée,  utilisant  pour  le  règne  de  Georges 
d'Autriche  la  chronique  de  Hesdignoul  comme  les  manuscrits  27  et  54. 

(«)  Reproduit  dans  B.  I.  A.  L.,  t.  V,  p.  S5. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  293 


3°  Manuscrits  ayant  utilisé  la  même  source  que  Mélart. 

37.  Arch.  Lg.,  n°  2. 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1538. 

Manuscrit  mesurant  0ro31  x  0™-20  de  457  pages  sans  titre,  avec  armoiries 
5  coloriées  des  princes-évêques.  !!  a  éié  écrit  en  1662,  ainsi  qu'en  témoignent  les 
passages  suivants,  page  (;8  :  ...  /e  fit  translater  à  Liège,  (le  corps  de 
S.  Materne)  où  il  est  eveor  à  présent,  1 '662,  auquel  an  lui  fut  fait  par  le 
chanoine  Tabollel  une  belle  casse...,  et  page  209,  l'an  / 489,  fut  commencée 
à  rebastir  Véqlise  de  Saint-Lambert....  qui  est  celle  qui  se  voit  encor 
to  à  présent  1 662,  par  ainsi  elle  est  vieille  de  475  ans. 

Inc.  :  Dieu  incompréhensible  et  infinis  estoit  auparavant  toute  chose.... 

Des.  :  Epitaphe  d'Erard  de  la  Marck.  Les  deux  dernières  feuilles, 
pages  455  à  457  sont  des  fragments  de  la  partie  postérieure  de  cette  chronique 
relatant  des  faits  de  1613.  Cette  partie  est  perdue, 
ib  Pour  le  XIVe  siècle,  cette  chronique  nous  donne  un  texte  abrégé  et  modernisé. 
Mais  à  partir  du  XVe  siècle,  elle  utilise  la  source  qui  a  servi  à  Mélart  et  nous 
retrouvons  des  deux  côtés  un  texte  idenlique,  à  l'exception  des  phrases  de 
transition  qui  semblent  être  le  seul  travail  original  du  prétendu  historien  hutois. 
Mais  le  compilateur  de  ce  manuscrit  a  également  connu  la  chronique  tradition- 
20  nelle  qu'il  résume  brièvement  entre  des  passages  de  sa  source  principale,  ainsi 
que  des  compilations  plus  spécialement  consacrées  à  l'histoire  religieuse.  Nous 
donnerons  plus  loin  les  notes  additionnelles  qui  ne  se  retrouvent  pas  dans 
Mélart  et  dans  la  chronique  traditionnelle. 

38.  —Un.  Lg.,  174(805). 
25      Chronique   liégeoise   de    1558  à    { 688,   intitulée    :    Sommaire   historial 
de  Liège. 

Manuscrit  mesurant  0m357  x  0m21  de  960  pages. 

Inc.  :  Cornelis  de  Berghes,  fils  du  Sr  de  Berghes. .. 

Des.  :  Le  24  d'aoust  1668,  arriva  dans  Liège  la  fille  de  don  Casiel 
30  Roderich,  gouverneur  des  Pays-Bas. 


294  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

C'est  la  suite  de  la  chronique  précédente,  mais  écrite  par  une  autre  main. 
Nous  y  retrouvons,  jusqu'à  la  fin  du  règne  d'Ernest  de  Bavière,  comme  au 
n°  37,  les  textes  de  Mélart  mêlés  à  de  brèves  annotations  tirées  de  la  chronique 
vulgaire  traditionnelle. 

Mais  ce  travail  de  compilation  n'est  pas  fait  sans  erreur.  C'est  ainsi  que  les  s 
textes  relatifs  aux  deux  sièges  consécutifs  de  Maestricht  en  1576  et  1579  sont 
confondus.  Ce  manuscrit  est  aussi  apparenté  au  n°  45. 

39.  —  Un.  Lg.,  658-G59  (795). 

Chronique  liégeoise  allant  de  saint  Hubert  à  la  fin  du  règne  de  Ferdinand  de 
Bavière.  io 

Manuscrit  en  deux  tomes  mesurant  0m275  X  0m18  de  211  et  353  feuillets, 
écrit  par  Martin  Coppens.  Ce  nom  nous  est  révélé  tome  I,  folios  3  v°  à  4  v°,  par 
une  pièce  de  vers  de  13  strophes  de  4  vers,  les  lettres  commençant  chaque 
strophe  donnant  en  acrostiche  le  nom  du  copiste. 

Inc.  :   L'an  699,  l'évesque  Hubert  ayant  quelque  temps  print  son  repos  is 
dans  la  ville  de  Maestrech.... 

Le  tome  I  se  termine  avec  le  règne  de  Jean  de  Heinsberg. 

Depuis  Floribert,  folio  9,  en  tête  de  chaque  règne,  est  collé  le  portrait 
de  lévêque  en  gravure,  et  à  partir  do  Henri  de  Gueldre,  dans  chaque  règne,  la 
liste  des  bourgmestres  de  Liège.  20 

A  partir  de  lévêque  Durand,  folio  59,  le  texte  est  pris  à  la  même  source,  mais 
d'une  manière  un  peu  abrégée,  que  celui  de  Mélart  et  du  manuscrit  57.  Cette 
source  commune  semble  aussi  avoir  été  utilisée  par  Chapeauville  à  partir 
du  règne  d'Erard  de  la  iMarek.  Comme  le  n°  37,  ce  texte  ajoute  aux  récits  de 
Mélart  dos  nimolalions  extraites  de  la  chronique  traditionnelle.  25 

Au  règne  de  Georges  d'Autriche,  on  note  quelques  additions  omises  par 
Mélart  :  folio  107,  noie  sur  les  travaux  des  remparts  et  de  la  balte;  folios  108 
à  110,  réformation  des  Vingt-Deux  en  154  i.  On  constate  dans  Mélart, 
pages  564-565  une  lacune  dans  le  récit  allant  de  1548  au  1 7  juin  1556.  Cette 
lacune  est  comblée  par  les  folios  1 15  à  Mo  v°  de  ce  manuscrit.  D'une  façon  30 
générale,  les  indications  chronologiques  sont  beaucoup  plus  précises  dans  ce 
manuscrit  que  dans  Mélart.  Celui-ci  s'arrête  à  la  fin  du  règne  d'Ernest  de 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  295 

Bavière.  Notre  manuscrit  y  ajoute,  folios  2*27  à  232  v°  :  quelques  points  de 
remarques  du  temps  d'Ernest  de  Bavière  et,  folios  235  à  553  v°,  le  règne 
de  Ferdinand  de  Bavière  (d). 

40.  —  Un.  Lg.,  676  (798). 

s       Chronique  de  Liège  allant  de  Pria  m  et  Bavon  jusqu'en  1(334. 
Manuscrit  mesurant  Om3i  X  *;m 20  de  404  pages. 

Aux  ïU   premières  pages,  emblèmes  coloriés  avec  inscriptions  en  vers  tirées 

de  divers  auteurs  :   pages  S  et  6,  armoiries  des  villes  du  pays  de  Liège; 

pages  13  à  19,  liste  des  évêques  jusqu'à  Georges-Louis  de  Lierglies,  des  rois  et 

io  ducs  de  Tongres,  des  comtes  de  Huy,  de  Moha,  des  marquis  de  Franchimont, 

des  comtes  de  Clermont. 

La  chronique  commence  à  la  page  22. 

Inc.  ;  Nous  trouvons  dans  les  chronics  du   II ay natif,  comme  a  écrit 
Jacque  de  Guise.... 
io      Le  texte  de  cette  chronique  présente  aussi  de  nombreuses  similitudes  de  fond 
et  d'expressions  avec  le  récit  de  Mélart.  mais  est  cependant  aussi  différent  des 
manuscrits  57  et  59.  Il  s'arrête  brusquement  à  l'année  1654. 

41.  —  Un.  Lg,  1013  (816). 

Chronique  liégeoise  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  janvier  1704,  inli- 
20  tulée  ••  Chronicque  des  faits  mémorables  des  princes,  roys,  ducs  et  évesques 
de  Tongres,  Liège  et  Maestricht,  ayant  appartenu,  en  1796,  au  prélocuteur 
Grégoire  Howet. 

Manuscrit  mesurant  0mi6  X  0mi8  de  427  pages,  avec  quelques  feuillets 
intercalés. 
25      Inc.  :  Nous  trouvons  dans  les  chronicques  de  Haynault., . 

Des.  :  /7  février. 

Texte  assez  semblable  au  manuscrit  précédent  mais  parfois  un  peu  plus 
développé.  Ces  deux  manuscrits  proviennent  d'une  même  source  que  le  n°  40 
reproduit  plus  textuellement  et  ce  manuscrit  plus  complètement.  Ce  dernier 

30       (')  Voir  plus  loin  les  notes  additionnelles  au  texte  de  Mélart  tirées  de  ce  manuscrit. 


296  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ajoute  en  outre  ça  et  là  des  vers,  des  chronogrammes,  folio  481  un  long  extrait 
de  Monstrelet  sur  le  règne  de  Jean  de  Bavière.  Le  récit  au  XVI"  siècle  est 
fortement  abrégé  et  assez  désordonné  au  point  de  vue  chronologique.  C'est 
ainsi  que  le  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck  débute  par  le  récit  détaillé  de  la 
bataille  de  Gembloux.  5 

A  partir  de  1688,  le  texte  prend  la  forme  d'un  mémorial  notant  les  événe- 
ment mois  par  mois  et  s'interrompt,  après  janvier  1704,  au  milieu  d'une  page 
déchirée.  Pour  le  XVIIe  siècle,  texte  semblable  au  n°  88. 

42.  —  Arch.  Lg.,  n°  5. 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1 654.  le 

Manuscrit  mesurant  0m155  X  0mi92  de  217  feuillets,  ayant  jadis  appartenu 
à  J.  Body,  curé  aux  Avins. 

Inc.  :  Sancla  tegia.  Clironic  de  l'éveschée  de  Liège  escril  par  Jean 
de  Ilarzée  l'an  1643  el  augmenté  jusques  à  l'an  1653. 

Des.  :  Noms  des  princes  et  seigneurs  tassais  et  bénéficiers  de  l'égliese  de  15 
Liège,  tiré  de  Hempricourt>  l'an  1214. 

Folios  2  à  5,  0  à  7,  II,  puis  10e  et  He  folios  après  la  chronique,  emblèmes 
coloriés  avec  inscriptions  en  vers  tirés  de  divers  auteurs  latins  ou  français. 

Folio  4,  armoiries  des  villes  et  seigneuries  de  la  principauté. 

Folios  8  à  10,  liste  des  évoques,  des  rois  et  ducs  de  Tongres,  des  comtes  de  20 
Huy,  de  Moha,  de  Clermont.  des  marquis  de  Franchimont. 

La  chronique  commence  avec  une  nouvelle  pagination,  pages  f  à  587  avec 
le  titre  :  Clironic  des  gestes  et  faicts  mémorables  des  roys.  princes,  écesques 
de  Tongres,  Mae&treck  el  Liège. 

Inc.  :  Nous  trouvons  en  ckronicqae  de  Haynault  comme  a  écrit  Jacques  25 
de  Guise.... 

Des.  :  El  se  donnant  l'adieu  avec  de  grands  témoigyiages  d'amitié  et  bonne 
correspondance  par  ensemble... 

Le  texte  est  suivi  d'une  table  en  9  folios  non  paginés,  puis,  folios  i  i  et  S 2.  de 
la  liste  des  terres  et  seigneuries  appartenant  à  léglise  de  Liège  et  que  le  Souve-  30 
rain  Pontife  tient  en  sa  protection,  puis  de  la  liste  des  princes  et  seigneurs 
vassaux  de  1  église  de  Liège  en  1214. 

Manuscrit  abrégé  du  n'  39. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  297 

43.  —  Un.  Lg.,  1014(802). 
Chronique  de  Liège  jusqu'en  août  3665. 

Manuscrit  mesurant  <im31  x  0m20  de  1086  pages,  formé  de  76  cahiers  de 

6  à  8  feuilles,  portant  Vex-libris  de  Henri  Bailly,  1736.  Il  est  intitulé  :  Chrn- 

5  nicque  du  pays  de  Liège  avec  la  fondation  de  toutes  les  chapelles,  oratoires, 

cloistres,  couvents,  églieses,  hospitaux,  paroisses  et  secondaires  et  l'année 

quand  ils  ont  estez  érigez  (pages  52*  à  353);  avec  une  table  de  tous  les 

saif-cls  et  sainctes  du  pays  de  Liège  el  le  lieu  où  ils  reposent  (pages  325- 

328);  encor  un  abrégé  de  tous  les  remparts  et  fortifications  de  la  ville, 

10  nombre  de  tous  les  ponts  et  leurs  noms  et  tout  tes  les  ruts  et  ruelles  de 

la  ville  (pages  554-540);  y  joincts  tous  les  privilèges,  statuts  el  franchieses 

de  la  Cité  et  pays  de  Liège,  avec  loulles  les  paix  faicles  el  accordez  par  les 

empereurs  et  roys  (pages  1  i7  à  50'.')  ;  avec  une  liste  de  tous  les  maistres  de 

la  Cité  de  Liège,  premier  esleu  l'an  1 253  jusques  à  celle  année  4663, 

15  et  pour  les  autres  ensuivants  (pages  510  à  521);  puis  la  chronique  des 

évesques  des  villes  de  Tongre,  Maestricht  et  Liège  (pages  79  à  134,  541 

à  655,  67 1  à  108i);  item  encor  des  roiis  et  dvcq  de  Tongres  (pages  1  à  78). 

Inc.  :  L'an  devant  l'incarnation  de  noslre  seigneur  J^sus  Christ  2347 . 

Des.  :  Mandement  publié  au  péron  de  Liège,  ce  27e  janvier  1653  et 

20  republié  le  47  août  1665...  Le  manuscrit  est  inachevé. 

Version  abrégée  et  modernisée,  assez  semblable  pour  le  XVIe  siècle  au 

manuscrit  57  et  par  conséquent  apparentée  à  Mélarl.  On  y  trouve  encore, 

pages  134  à  145,  description  du  pays  de  Liège;  pages  656  à  671,  paix  et 

accord  conclu  entre  les   Liégeois  et  Louis  de  Bourbon,  le   19  avril   J477; 

as  page  774,  ordonnance  du  20  août  1582  sur  l'organisation  de  la  justice. 

44.  —  Ville,  902  (de  Theux,  232). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  î6!JJ. 

Manuscrit  mesurant  0m265   X  0mi7   de  §60  feuillets,  plus  15  feuillets 
blancs  et  4  feuillets  de  table. 
30      Copie  textuelle  du  manuscrit  précédent. 

Tome  II.  38 


29K  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

45. -Un.  Lg,  i486. 

Chronique  de  liège  jusqu'en  lG!i8,  sans  titre  ('). 

Manuscrit  mesurant  (Jm27  X  Om17o  de  467  feuillets,  portant  Vex-libris  de 
Godefroid  Gossuart,  chanoine  et  écolâtre  de  Huy  et  chanoine  d'Amay,  en  1745. 
Les  18  premiers  feuillets  manquent.  s 

Inc.  :  ...  ennemis,  lequel  avec  une  leile  impétuosité  allât  donner  sur  les 
Flandruis... 

Des.  :  Ayant  encor  coitsté  bonne  somme  d'argent  à  la  ville.  Messieurs  de 
S'- Lambert. 

Une  écriture  postérieure  a  ajouté  quelques  brèvis  noies  relatives  aux  princes-  10 
évoques  du  XVIIIe  siècle  jusqu'au  prince  de  Velbruck,  extraites  des  chroniques 
liégeoises  d'Albert-Joseph  Gossuart  qui  font  suite  à  cette  chronique.  Puis, 
folio  447,  une  délibération  du  Conseil  municipal  de  Liège,  du  17  novem- 
bre 1790,  relative  à  la  démolition  de  la  citadelle,  puis,  folio  450,  institution  des 
prières  de  40  heures  dans  la  ville  de  Liège,  le  30  juin  t690.  Après  5  feuillets  is 
blancs,  des  fragments  d'une  table  analytique  de  la  chronique. 

Celle-ci,  après  l'histoire  des  princes  d'Austrasio,  donne,  folio  52  v°  à  54,  la 
liste  des  princes-évêques,  jusque  iMaximilicn-iienri  de  Bavière,  continuée 
postérieurement  jusqu'au  prince  de  Velbruck;  folio  55,  la  table  des  saints  et 
saintes  du  pays  de  Liège  et  les  lieux  où  ils  reposent.  La  chronique  des  évèqucs  20 
reprend  au  folio  :i7  v°,  avec  en  supplément  l'oraison  à  saint  Lambert,  patron 
des  Liégeois  (folio  96),  la  louange  en  vers  de  saint  Hubert  (folio  104),  la  des- 
cription du  pays  de  Liège  (folio  i  19),  la  louange  en  vers  de  iV'olgcr  (folio  145). 
C'est  une  compilation  utilisant  à  la  fois  la  version  abrégée  de  la  chronique 
vulgaire  et  la  source  utilisée  par  Mélart.  Four  les  XIVe,  XVe  et  XVIe  siècles,  23 
les  extraits  de  ces  sources  sont  choisis  d'une  manière  assez  capricieuse  et 
souvent  avec  des  erreurs  de  chronologie  assez  fortes.  L'auteur  raconte  avec 
d'abondants  détails  la  guerre  des  Dinantais  contre  Charles  le  Téméraire  en  1 466, 

(')  Elle    est  intitulée  dans  le  supplément    au  catalogue   «les  manuscrits  de   la  bibliothèque    de 
l'Université  de   Liège,   donné   par   Grandjean   en    1884  :   Chronique  de    Liège  dile  des  Chartreux.  50 
l.a   même  dénomination   a   été  donnée   par  Poswick   à   une  chronique  se   trouvant  au  château  de 
Warfuséc,  de  101)  1  à  1506,  signalée  par  de  Gei\laciie  dans  son  Histoire  de  Liège,  p.  175,  et  qui  a  été 
écrite  par  le  chanoine  Van  den  Berch  (cf.  U.  C.  R.  H.,  2e  série,  t.  VIII,  p.  59G). 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  299 

ainsi  que  le  sac  de  Liège  en  1468.  Dans  îa  courte  notice  consacrée  à  Erad  de 
la  Marck,  il  insère  in-txtenso  le  rapport  de  Guill.  de  Meeffe  sur  la  mutinerie 
des  Rivageois.  il  note  avant  tout  les  incidents  de  la  vie  religieuse  et  les  fonda- 
tions d'établissements  pieux.  Au  XVIIe  siècle,  il  reproduit  :  le  règlement  du 

s  15  avril  1603  touchant  la  réformation  de  la  justice  (folios  502-304);  2°  l'apo- 
logie catholique  et  chrétienne  contre  les  déclarations,  etc..  faite  et  écrite  par  les 
Jésuites  et  l'interlocution  de  l'àme  de  Jean  Hersin  avec  1  ame  du  maréchal  de 
Biron  (folios  310-323)  (J);  5°  la  balance  des  revenus  et  dettes  établie  vers  1648 
(folios  524-528)  et  beaucoup  de  pièces  concernant  la  lutte  entre  Chiroux  et 

io  Grignoux;  l'apologie  du  fidèle  liégeois  pour  la  neutralité  du  pays  de  Liège 
(folios  552  v-562)  (2);  la  justice  des  armes  de  la  princesse  de  liesse  contre 
l'évesque  et  pays  de  Liège  (folios  362-370)  ;  le  martyr  de  la  neutralité  innocente 
des  Liégeois  (folios  374-383  (3),  la  capitation  de  1649  (folio  589). 


4°  Manuscrits  donnant  du  texte  traditionnel 
is  une  version  très  abrégée 

mais  complétée  par  des  notes  puisées  à  d'autres  sources  (4). 

46.  -  Un.  Lg.,  029  (780). 

Chronique  liégeoise  allant  de  la  prise  de  Troie  à  la  fin  du  règne  de  Gérard 
de  Groesbeeck. 
-20      Manuscrit  mesurant  0ra51  X  0m2i  de  574  feuillets,  plus  10  feuillets  blancs, 
16  pages  de  sommaire  des  faits  et  a  feuillets   blanes  portant  ïex-libris  de 
la  bibliothèque  Th.  de  Jonghe. 

(»)  Cf.  de  Theux,  Bibliographie  liéyeoite,  col.  )  337. 

(ïj  Ibid.,  col.  1  SI. 
■25       i3)   Ibid.,  col.  170. 

(<■)  En  se  basant  sur  son  titre,  il  semble  bien  qu'il  faudrait  ranger  dans  cette  catégorie  le  manuscrit 
suivant  qui  se  trouve  dans  la  Bibliothèque  municipale  de  la  ville  d'Aix-cn- Provence.  C'est  une  chronique 
des  évoques  de  Tongres  et  de  Liège,  intitulée  :  Summaire  et  brief  recueille  des  choses  mémorables  depuis 
la  première  institution  du  jadis  puissant  et  renommé  royauime .. .  de  Tongres,  aussy  tes  fondations 
50  d'aucunes  villes,  villa jes  et  églises  et  monastères  en  iceulx  royaulmes,  cillé  et  pays,  faictes  doiz  l'an  4302 
avant  la  nativité  de  Nostrc.  Seignt  ur  jusque!  à  t'an  après  sa  nativité  IS31 .  Ce  manuscrit  a  jadis  appartenu 
à  Philippe  Marotte  de  Montigny  qui  se  trouvait,  au  1"  juillet  1(547,  à  Cologne.  [B.  C.  li.  11.,  1"  série, 
t.  11,  p.  319.) 


500  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Inc.  :  L'an  de  la  création  d'Adam,  nostre  premier  père... 

Texte  établi  en  compilant  plusieurs  manuscrits.  Le  transcripteur  annonce 
qu'il  traduit  en  langue  moderne  des  écrits  plus  anciens.  Sa  traduction  n'est  pas 
toujours  exacte:  il  commet  des  erreurs  de  date;  il  lui  arrive  même  de  rapporter 
les  mêmes  faits  à  deux  dates  différentes  (par  exemple  en  1341  et  158I1,  fonda- s 
tion  de  l'hôpital  de  la  Mère-Dieu  :  en  1517  et  in'àO.  la  coadjutorcrie  de  Cor- 
neille de  Berghes).  Parfois  il  groupe  en  les  résumant  certaines  catégories  de 
faits  et  substitue  alors  sa  rédaction  à  celle  de  ses  textes  (par  exemple,  folio  "297  v°, 
les  travaux  exécutés  par  Erard  de  la  iMarck).  Il  note  particulièrement  les  fonda- 
tions de  maisons  religieuses,  le  prix  des  denrées,  les  phénomènes  atmosphé-  io 
riques  et,  à  partir  de  H  17,  les  élections  des  bourgmestres.  11  intercale  aussi  dans 
son  texte  de  nombreux  documents,  paix  et  ordonnances,  à  savoir  : 

Folio  2!  8  :  La  Paix  des  Seize  ou  de  Tongres,  28  août  1403. 

Folio  224  :  La  modération  de  la  loi  nouvelle  ou  loi  muée.  28  décem- 
bre ?  403.  ,s 

Folio  215  v°  :  Privilège  de  l'empereur  Sigismond.  13  février  1415. 

Folio  238  :  Règlement  de  Heinsberg,  16  juillet  14-24. 

Folio  26''  v°  :  La  Pauline  ou  sentence  du  pape  contre  les  Liégeois,  10  jan- 
vier 1465. 

Folio  279  :  Paix  de  Tongres,  1484.  20 

Folio  300  :  Traité  d'alliance  du  20  décembre  in: 8  et  les  privilèges  accordés 
aux  Liégeois  par  Charles-Quint. 

Folio  507  :  Acte  relatif  à  la  translation  de  Saint-Lambert. 

Folio  534  :  Privilège  de  Charles-Quint  dit  la  Caroline.  27  juillet  1531. 

Folio  3*3  :  déformation  des  Vingt-Peux  de  l'an  1545.  25 

Folio  347  v  :  Les  statuts  du  pays  de  Liège  et  comté  de  Looz,  1547. 

Pour  le  XIVe  et  XVe  siècle,  version  conforme,  aux  autres  manuscrits. 

A  noter,  folio  282  v%  le  serment  de  l'élu  Jean  de  Home;  folio  283.  récit  plus 
détaillé  de  la  mort  de  Guillaume  de  la  'iarek:  folio  287,  ostension  des  reliques 
de  saint  Lambert  en  1489  (cf.  Chapeauville,  III,  p.  225).  30 

Pour  le  règne  d'Érard  de  la  Marek.  même  source  que  Mélart  et  manuscrits 
57,  58,  39  et  40.  Pour  le  règne  de  Georges  d'Autriche,  le  transcripteur  a  utilisé 
la  chronique  de  Hesdignoul  et  les  sources  des  manuscrits  42,  82  et  85. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  "01 

47.  —  Un.  Lg.,  692  (800)  . 

Chronique  allant  de  la  création  du  monde  jusqu'en  f  66 i. 

Manuscrit  mesurant  0m52  X  ^mi:l  de  "Â\l  feuillets. 

Inc.  :  Aptes  que  Dieu  eûl  créez  le  monde  universel... 
5      Dis.  :  Le  manuscrit  s'arrête  brusquement  au  3  novembre  1664. 

Texte  semblable,  jusqu'au  XIIIe  siècle  a  celui  du  n°  48,  puis  drpuis  cette 
époque  jusqu'à  la  Gn  de  Gérard  de  Groesbceck,  au  n°  40.  On  trouve  aussi, 
folio  34  v°,  description  de  la  Cité  avec  énuméralion  des  églises,  des  rues,  des 
ponts;  folio  37,  table  des  saints  du  pays  de  Liège;  folio  38  v°,  liste  des  bourg- 
io  meslres  de  Liège  de  1255  à  1677,  comme  dans  le  manuscrit  43.  Dans  le  règne 
de  Ferdinand  de  Bavière,  folio  161  v".  l'histoire  du  banquet  tragique  de 
La  Ruelle,  comme  dans  les  nos  i9,  75,  74.  Dans  le  règne  de  Maximilien-Henri 
de  Bavière,  folio  208,  dénombrement  des  maisons  de  chaque  paroisse  de  Liège. 

48. —  Un.  Lg.,  418  (788). 
15       Chronique  allant  de  la  création  du  Monde  à  1612. 

Manuscrit  mesurant  0m285  x  0n19  de  418  pages,  intitulé  Les  Histoires  de 

la  ville  de  Liège.  Il  est  écrit  de  la  même  main  que  le  manuscrit  n°51. 

Inc.  :  Sonnet  au  lecteur.  Puis,  Au  commencement  du  temps... 

L'auteur  de  cette  transcription  s'attache  avant  tout  à  noter  les  fondations 

20  d'églises,  de  maisons  religieuses  d'après  Jean  d'Outremeuse  (').  Il  cite  volontiers 

des  vers  :  page  163,  prière  à  saint  Lambert;  pages  181  à  185,  complainte  en 

en  l'honneur  de  saint  Hubert:  page  276,  éloge  de  Wason.  Aux  pages  207  à  224, 

on  trouve  une  description  de  l'évêché  de  Liège  avec  une  vue  perspective  de  la 

ville  de  Liège,  gravée  sur  cuivre.  Au  XVIe  siècle,  le  manuscrit  donne,  surtout 

25  pour  le  règne  d'Erard  de  la  Marck,  des  détails  qui  ne  se  retrouvent  pas  ailleurs. 


(»)  II  parait  cependant  plus  exact  que  Jean  d'Outremeuse.  M.  Kurth  a  signalé  les  nombreuses 
erreurs  de  ce  dernier  dans  l'indication  des  dates  de  fondation  d'églises  (cf.  Recherches  sur  l'origine  des 
paroisses  de  Liège  dans  Bull.  Soc.  d'aut  et  d'histoire  du  dioc.  de  Liège,  t.  XVI,  p.  227).  Il  arrive 
généralement  que  ce  désaccord  disparait  de  notre  manuscrit,  par  exemple  :  fondation  de  Saint-Martin 
30  en  1037  et  non  en  1046,  de  Saint-Thomas  en  1041  et  non  en  1050,  de  Saint-Remi  en  1040  et  non 
en  1048,  de  Saint-Clément  en  1 128  et  non  en  1 122  ^cf.  t.  I,  p.  14,  n.  5,  et  p.  16,  n.  1;. 


302  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

A   noter  aussi,   folios  92  à  96,  la  table  des  corps  des  saints  et  des  saintes 
du  pays  de  Liège,  avec  les  lieux  où  ils  reposent,  comme  aux  n08  57,  45,  44,  47. 

49.  —  Un.  Lg.,  991  (796). 

Chronique  allant  de  saint  Servais  jusqu'en  1650. 

Manuscrit  mesurant  0m31  X  0m'2(>  de  26î>  feuillets.  s 

Inc.  :  Saint  Strvaix  al  eslé  esleu  évesque  de  Tongre  et  le  premier  de 
Maestreick... 

Des.  :  La  chronique  se  termine  brusquement  au  21  août  1650. 

Les  notices  d'évéques  sont  généralement  très  courtes  et  entremêlées  d'autres 
notices  relatives  à  l'histoire  religieuse  :  schismes  et  fondations  de  maisons  reli-  10 
gieuses,  comme  le  n°  51.  A  partir  du  XVIe  siècle,  le  manuscrit  se  borne  pour 
ainsi  dire  à  recopier  des  documents  et  à  mentionner  les  nominations  de  bourg- 
mestres et  les  fondations  religieuses.  Au  folio  i  26,  récit  du  meurtre  de  Dinant 
en  1581,  comme  dans  nos  55,  64  et  72,  aux  folios  156  à  195,  récit  de  l'assas- 
sinat de  La  Ruelle,  comme  au  n°  72.  lb 

Voici  la  liste  des  documents  intercalés  dans  cette  chronique  : 

Mandement  impérial  impétré  de  Pévêque  contre  les  bourgmestres  et  Conseil 
de  la  Cité,  24  novembre  1571; 

Libelle  du  révérendissime  Gérard  de  Grocsbeeck  contre  les  bourgmestres, 
conseillers,  jurés  et  32  métiers;  20 

Abrégé  d'aucuns  points  principaux  concernant  la  juridiction  du  prince  de 
Liège; 

Réformation  des  Trente-Deux,  29  juin  161  !  ; 

Plaintes  faites  à  S.  M.  Impériale  par  Son   Altesse  l'évêque  et  prince  de 
Liège.  16:7;  25 

Extrait  des  conclusions  eapitulaircs  du  21  juillet  1628; 

Lettre  de  Son  Altesse  au  baron  de  Linkoven,  1er  août  1629; 

Sauvegarde  de  Sa  Majesté  Impériale.  23  mars  1629; 

Mandement  de  Ferdinand  de  Bavière,  21  août  1636; 

Cri  du  perron  du  17  novembre  !62i>  et  autres  pièces  concernant  l'assassinat  30 
de  La  Ruelle; 

Documents  de  la  journée  d'État  de  1639. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  305 

50.  -B.  R.,  15792-93(6551). 

Chronique  des  évêques  de  Liège, 

Manuscrit  mesurant  0m257  X  (Jm!65  de  279  feuillets  (voir  la  description 
dans  le  catalogue  Van  den  Gheyn). 
5  Chronique  rédigée  sous  forme  d'annales  mentionnant  surtout  les  nominations 
des  bourgmestres  de  Liège  et  les  fondations  d'œuvres  pieuses  II  donne  aussi  en 
entier  le  texte  de  la  translation  des  reliques  et  de  la  procession  de  Saint- 
Lambert  et  en  outre,  la  copie  du  diplôme  impérial  du  16  octobre  1 57 î  et  d'un 
libelle  du  prince  contre  la  Cité.  Le  récit  est  fort  documenté  pour  le  XVIIe  siècle. 
10      Manuscrit  apparenté  au  précédent. 

5i.  —  Un.  Lg.,  539  (773). 

Chronique  liégeoise  allant  de  Noé  à  l'année  1442. 

Manuscrit  mesurant  0m275  X  0ml85  de  144  feuillets. 

Inc.  :  Noël,  fils  de  Lantech  estant  pour  tores  aagé  de  600  ans... 
15      Des.  :  Manuscrit  incomplet,  la  fin  est  enlevée. 

Manuscrit  écrit  de  la  même  main  que  le  n°  48  et  donnant  le  même  texte, 
excepté  les  vers  à  saint  Lambert  et  à  saint  Hubert  et  la  description  de  l'évéché 
de  Liège.  Il  ajoute  certains  extraits  conformes  aux  manuscrits  ordinaires. 

52.       Ville,  882  (de  Theux,  155). 
•20      Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  à  l'année  1 56 i,  écrite  par  Grégoire 
Collin  en  1633. 

Manuscrit  mesurant  0m31  x  0m  1 9  de  381)  feuillets.  Le  transcripteur  annonce 
qu'il  a  écrit  de  la  main  gauche,  comme  est  aussi  écrit  le  manuscrit  62. 
Inc.  :  L'an  de  la  création  de  nostre  premier  père  Adam... 
-25      Aux   XIVe    et    XVe    siècles,    version   abrégée    et    modernisée,  complétée, 
folios  116v°  et  161,  par  des  citations  de  Sigebert  et,  folio  259  v°,  des  Annales 
du    Hainaut.    A   noter   aussi  la  copie  de  l'ordonnance  de  Charles,  duc  de 
Bourgogne,  du  28  novembre  1467    et,    folio  298,   des    extraits  de  Phil.   de 
Commines  et  de  l'inventaire  de  France  du  temps  de  Louis  XI. 
50       A  partir  du  règne  de  Louis  de  Bourbon,  le  texte  s'écarte  des  manuscrits 
traditionnels,  tiu  règne  de  ce  prince,  il  ne  donne  que  les  faits  principaux  :  lutte 
entre  Dinant  et  Bouvigne,  destruction  de  Binant,  prise  de  Saint-Trond,  pillage 


304  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

de  Tongres.  sac  de   Liège,  expédition  de  Charles  le  Téméraire  au  pays  de 
Franchimont,  attaque  de  Guillaume  de  la  Marck,  mort  de  Louis  de  Bourbon. 

Pour  le  XVIe  siècle,  texte  abrégé  assez  semblable  au  n°  116,  avec  les  additions 
suivantes  :  folio  554,  récit  d'un  témoin  oculaire  du  siège  de  Dînant  en  1554; 
folio  5.17.  chanson  sur  la  bataille  de  Saint-Quentin,  après  laquelle  est  écrite  la  s 
note  dévoilant  la  personnalité  du  copiste  :  A  (celle  journée,  Nicolas  Garnier, 
alias  Colin,  grand  père  de  Grégoire  Colin,  lequel  avoit  escripl  l'originel  du 
présent  cronick,  l'an  1655.  Le  dit  Nicolas  y  mourut  estant  au  service  de 
l'empereur. 

On  trouve  en  appendice,  après  quelques  feuilles  blanches  :  folios  346-552,  io 
répartie  du  corps  de  Liège  à  certains  manifestes  en  date  du  27  mars  1636; 
folios  554-557  v°,  ordonnance  de  Mes"  les  bourguemestres  de  Dînant  pour  les 
gardes,  1610;  folios  560  à  588  v°,  Compte  de  la  ville  de  Dînant,  16^6; 
folio  589.  lettre  de  l'empereur  Ferdinand  II  aux  estât  de  la  ville  de  Liège, 
15  août  1655;  folio  566,  les  armoiries  des  villes  de  la  principauté  intercalées  15 
dans  le  compte  ci-dessus. 

Ce  manuscrit  se  trouvait  jadis  au  château  de  Betho  et  a  été  décrit  par 
S.  Bormans  (ti.  C.  Il  //.,  2e  série,  t.  XII,  p.  502). 


5°  Manuscrits  donnant  une  version  très  abrégée         20 
du  texte  traditionnel 
sans  emprunts  importants  à  d'autres  sources. 

53.  —  Ville,  881    de  Theux,  154). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1551. 

Manuscrit  mesurant  0m28  X  0m18  de  12  et  de  255  feuillets,  intitulé  Chro-  25 

nicque  de  Liège  commençante  la  fondation  de  Tongre,  etc la  fondation 

de  la  très  puissante  et  nobl-  cité  de  Liège  par  Monsieur  Saint- Hubert,  des 
princes  d'icelle  jusque*  à  Groesbceck  et  beaucoup  d'adjouslements  derniers 
escrits  par  extraits  faits  de,  plusieurs  autres  cronicques. 

Inc.  :  Table  des  matièrer,  de  la  Chronique.  30 

Des.  :  L'an  XVCL11II,  fut  prinse  Marienbourg  par  apprintest. 

Une  main  postérieure  a  ajouté  le  récit  des  événements  de  1675  à  1681. 

Rédaction  fort  abrégée,  semblable  au  n°  121. 


CHRONIQUES  DU  XVI»  SIÈCLE.  30S 

54.  —  B.  R  ,  II,  2322  (6370). 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1560,  ayant  appartenu,  en  1595,  à  Simon  des 
Marelz,  receveur  général  de  la  mense  épiscopale. 

Version  fort  abrégée,  d'après  le  manuscrit  a"  7.  Pour  la  description,  voir 
5  le  catalogue  Van  den  Gheyn. 

Le  volume  se  termine,  folios  357-366,  par  le  poème  de  J.  Polit,  Leodinae 
provinciae,  etc.,  signalée  au  n°  12. 

55.  Un.  Lg,6i9  (782). 

Chronique  allant  de  saint  Lambert  jusqu'à  l'avènement  d'Ernest  de  Bavière 
iû  en  1581. 

Manuscrit  mesurant  0m3i  X  0m20  de  339  pages.  Les  dix-huit  premières 
pages  manquent. 

Inc.  :  S.  Lambert,  le  20e  évesque  de  Maestricht,  fils  d'Apert,  comte 
de  Looz... 
13  Texte  fortement  abrégé  d'après  nos  3  et  5.  Il  fournit,  pages  275-276,  quelques 
détails  sur  la  mort  de  Guillaume  de  la  Marck  en  1484  et,  page  505,  sur  le 
procès  des  chanoines  de  Saint-Martin  en  1563.  Le  manuscrit  s'arrêtait  primiti- 
vement là.  Il  a  été  continué  dans  la  suite,  au  XVIII"  siècle,  par  une  autre  main, 
en  reproduisant  la  version  donnée  par  le  manuscrit  7,  puis  les  deux  pièces  qui 
20  terminent  le  manuscrit  12.  Enfin,  la  même  main  du  XVIII8  siècle  a  transcrit 
quelques  extraits  de  la  Gazette  de  Liège  de  l'année  1784,  donnant  la  relation 
des  funérailles  du  prince  de  Velbruck. 

56.  —  Ville,  886  (de  ïheux,  64). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1581. 
as      Manuscrit  mesurant  ()m_6  X  <!ra18  de  753  feuillets.  Le  premier  manque; 
à  partir  d'Mrard  de  la  Marck,  armoiries  des  évêqucs  tracées  à  la  plume.  Il  a 
appartenu  à  Jean-Pierre  de  Jozé.  Version  remaniée  et  par  endroit  fortement 
abrégée  d'après  le  texte  des  manuscrits  3  et  5.  Le  récit  est  brusquement  inter- 
rompu au  commencement  du  règne  d'Ernest  de  Bavière  et  se  termine  par  cette 
30  phrase  :  An  mesme,  le  premier  jour  dejullel,  partit  l'évesque  de  Liège  pour 
s'en  aller  à  la  journée  impériale  qui  se  devoit  tenir  à  Augsbourg. 
Tome  il.  39 


306  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

57    —  Ville.  8S7  (de  Theux,  199). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1581. 

Manuscrit  mesurant  Omi)(>  X  <'™2'>  de  225  pages  à  deux  colonnes  avec 
armoiries  des  évoques  et  autres  dessins  à  la  plume.  Écriture  du  X\T  siècle, 
très  soignée,  en  rouge  et  noir.  s 

Inc.  :  L'an  de  la  création  de  Tongre  (sic)  selon  la  plus  grande  compila- 
tion qu  'tire  mille  nevffz  cents  et  deux. 

Des.  :  Le  douzième  de  jullet,  tempeste  après  dinê,  tombèrent  des  gresles 
à  la  grosseur  d'une  geitle  en  grande  quantité.  Le  manuscrit  s'arrête  brusque- 
ment à  la  fin  de  la  page.  10 

Version  très  abrégée.  C'est  moins  une  chronique  proprement  dite  qu'un 
sommaire  du  contenu  ordinaire  des  chroniques  connues. 

58.  —  B  R..  10324-25  (6559-60). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1581,  intitulée  :  Croniques  de  Liège  commen- 
çant à    Tongres.  premier  roy  de  Tongres  jusqu'à   Gérard  de  Groesbeek,  is 
60e  prince  et  écêque,  qui  mourut  en  458t ,  escripl  par  Tliomas  Josses, 
prins  dehors  de  vieux  registres. 

Ouvrage  en  deux  tomes,  mesurant  0m28  X  0«»204  de  202  et  182  feuillets. 
Version  abrégée  et  modernisée,  donnant  en  entier  le  rapport  de  Guill.  de  Meeffe 
sur  la  mutinerie  des  Kivageois.  20 

59.  —  B.  R.,  72*6(6569). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1585,  écrite  en  1616,  ainsi  qu'en  témoigne  le 
faux  titre  de  la  chronique,  folio  4. 

Manuscrit  mesurant  i)m27  X  0mi8  de  239  feuillets.   Version  abrégée  et 
moderne,   conforme  à  5  et  5,  donnant,  au  règne  de  Corneille  de  Berghes,  25 
la  chronique  de  Hesdignoul. 

60. —  Un.  Lg.,  541  (783). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1589. 

Manuscrit  mesurant  (im^9  X  6m2 j  de  70  feuillets. 

Inc.    :   Tongris,  premier  roy  de  Tongres  descendant  des  Allemagne...  30 


CHRONIQUES  DU  XVl«  SIÈCLE.  307 

Version  très  abrégée,  incomplète,  ne  donnant  que  quelques  faits  sur  chaque 
règne,  avec  des  erreurs  de  dates  et  des  interversions  de  faits.  Au  XVI8  siècle, 
les  notices  de  chaque  règne  des  princes-évêques  sont  également  très  brèves, 
mais  utilisent  des  sources  autres  que  la  chronique  traditionnelle.  Une  des  notes 
s  sur  Georges  d'Autriche  se  retrouve  dans  le  manuscrit  1,  d'autres  dans  le 
manuscrit  96:  le  siège  de  Dinant  en  1554  est  raconté  comme  dans  n"  52,  53, 
61  et  62;  l'histoire  du  coffre  comme  dans  nos  27,  61  et  62;  l'ambassade  du 
comte  de  Meghen  comme  29,  62,  70;  l'origine  du  nom  des  gueux  comme  62;  le 
passage  des  Ecossais  en  1576  comme  29  et  70;  le  siège  de  Maestricht  comme  29. 
10  Le  catalogue  de  la  Bibliothèque  de  l'Université  de  Liège  signale  dans  ce 
manuscrit  des  détails  nouveaux  et  curieux  sur  la  bataille  de  Steppes  et  le  Mal 
Saint-Martin,  mais  le  récit  de  ces  événements  est  identique  à  celui  qu'on  trouve 
dans  les  autres  chroniques. 

61.  —  Ville,  890  (de  ïheux,  161). 
15      Chronique  liégeoise  jusqu'en  1598. 

Manuscrit  mesurant  0m29  X  0m19  de  214  feuillets;  les  vingt-deux  premiers 
manquent. 

Inc.  :  Icy  commence  la  cronicque  de  la  fondation  de  Liège.  L'an  chincq 
cens  six,  le  chasteau  de  Chèvremont  qu'avoit  faict  fondé  Tongris... 
20  Des.  :  Publication  de  la  paix  de  Vervins  en  mai  1598.  Version  très  abrégée, 
d'après  le  manuscrit  n"  12  et  spmblable  au  n°  55;  folio  194  v°,  siège  de  Dinant 
en  1554  avec  réminiscences  de  détails  du  siège  de  1466;  folio  197,  prétentions 
du  comte  de  Meghen;  folio  202,  meurtre  d'un  chanoine  à  Dinant,  comme 
dans  12,  29  et  55. 

as      62.  —  Ville,  879  (de  Theux,  156). 

Manuscrit  mesurant  0m32  X  0m^0  de  23i  feuillets. 

Il  contient  deux  chroniques   La  première,  folios  1  à  154.  allant  de  la  prise  de 
Troie  à  la  fin  du  règne  de  J<;in  de  ileinsberg,  avec  en  marge  les  armoiries  en 
couleur  des  évêques,  écrite,  d'après  l'auteur,  de  la  main  gauche. 
50      Inc.  :  L'an  dtlle  ci  éation  d'Adam,  nostre  premier  père...  Version  conforme 
au  manuscrit  6. 


308  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Folios  155  à  259.  autre  chronique  commençante  Louis  de  Bourbon  et  allant 
jusqu'en  I60~>,  intitulée  le  Troisième  lirre  des  faicl  et  gestes  de  Liège, 
jusqu'à  Gérard  de  (iroesbeeck  Le  quatrième  livre  commence  avec  le  règne 
d'Ernest  de  Bavière.  Version  incomplète  et  défectueuse,  avec  de  nombreux 
bouleversements  de  la  chronologie  d'après  les  manuscrits  3,  5  et  96.  Dans  le  o 
règne  d'Erard  de  la  Marck,  nous  trouvons  trois  pièces  qui  ne  sont  pas  dans  les 
autres  manuscrits;  folios  190  à  193,  la  réponse  des  32  métiers  au  cardinal 
sur  le  fait  des  enquêtes  contre  les  hérétiques;  mandement  du  cardinal  aux 
32  métiers  suivant  les  articles  susdits;  réponse  des  52  métiers  au  susdit 
mandement  (i).  in 

63.  —  B.  R.,  19597  (6572). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1608. 

Manuscrit  mesurant  0m2:>  X  Om17  de  248  feuillets,  avec  armoiries  coloriées 
des  princes-évêques  et  dessins  à  la  plume.  Il  provient  de  l'abbaye  de  Stavelot. 
Version  fort  abrégée  et  modernisée. 

64.  —Un.  Lg,  181  (787). 

Chronique  de  Liège  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1 609. 

Manuscrit  mesurant  0m31    X   0m19  de  268  feuillets,  ayant  appartenu   à 
Arnould  \iolin,  prêtre  bénéficier  de  Notre-Dame  de  Iluy. 

Inc.  :  A  l'honneur  de  la  très  Saincte  Trinité...  -° 

Des.  :  Table  des  choses  contenues  en  ce  chronique...  Zuster  acquise  par 
Johan,  évesque  de  Liège. 

Version  identique  au  manuscrit  28  jusqu'en  1451.  A  partir  du  règne  de 
Jean  de  Horne,  le  texte  est  très  abrégé.  Les  règnes  de  Gérard  de  Groesbeeck  et 
d'Ernest  de  Bavière  sont  un  peu  plus  détaillés  et  utilisent  une  source  autre  que  25 
le  manuscrit  28. 


(M  Ces  documents  se  retrouvent  aussi  dans  le  pawilhart  n°  482  de  l'Université  de  Liège,  fol.  770, 
et  sont  publiés  dans  le  H.  C.  R.  H.,  t.  LXXXV'lil,  p.  1-26. 


CHRONIQUES  DU  XVI'  SIÈCLE.  309 

65.  —  Ville,  889  (de  Theux,  257). 

Chronique  liégeoise  allant  jusqu'en  1615,  intitulée  :  Brieff  recueil  des 
choses  lis  pltis  mémorables  advenus  au  pays  de  Liège  dès  son  commence- 
ment, recueillies  hors  diverses  escripts,  escript  à  la  main  et  commencé  par 
s  moy  Marque  delFyse,  le  29  de  juiny  1398,  à  Follongne. 

Manuscrit  mesurant  0m22  x  0ml5  de  18a  feuillets. 

Inc.  :  Tonyre  fondé  l'an  de  la  création  933... 

Version  très  sommaire,  avec  beaucoup  d'erreurs  et  une  chronologie  défec- 
tueuse. 

V3      66.  —  Un.  Lg.,  630  (792). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  à  l'année  162a. 

Écrite  par  Gaspar  de  le  Vaulx  en  1610. 

Manuscrit  mesurant   0m30  X  0m19  de  550  pages,  portant  l'ex  libris  de 
Th.  de  Jonghe. 
\b      Inc.  :  L'an  de  la  création  du  monde... 

Version  très  abrégée.  Le  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck  est  raconté  comme 
aux  manuscrits  3  et  ri6,  avec  quelques  additions  et  un  vers  relatif  à  une  crue 
de  la  Meuse  en  1571  qu'on  retrouve  aussi  chez  Mélart.  A  partir  d'Ernest  de 
Bavière,  le  texte  est  le  même  que  dans  le  manuscrit  75. 

20      67.  —  Arc».  Liège,  n°  3. 

Chronique  de  Liège  jusqu'à  1628,  intitulée  :  Croniques  de  la  noble  Cité  de 

Liège,  commençant  à  la  destruction  de  Stroit,  colligée  à  grande  diligence 

hors  de  plusieurs  livres  anciens  et  puis  escrit  par  A.  Uumont.  Une  autre 

main  a  corrigé  de  «  Stroit  »  en  Troye  et  ajoute  :  descrit  par  M.  Joannes  Goffin, 

25  anno  seplante  et  seize  cent  (anno  1670). 

Manuscrit  mesurant  0raô3  X  0m20  de  189  feuillets. 

Inc.  :  Aux  lecteurs.  A  la  louange  ds  la  très  saincle  Trinité...,  écrit  par 
Anthoine  du  Mont...,  anno  1651. 

Des.  :  1628,  28  octobre,  siège  de  La  Rochelle. 
50      Version  abrégée  et  modernisée.  Le  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck  est  appa- 
renté aux  n0'  6  et  7. 


310  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

68.  —  B.  B.,  18664-68  (6574). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  16^9,  écrite  en  1670  par  J   Balaes. 

Manuscrit  mesurant  Um.M3  X  0m20  de  237  feuillets,  avec  armoiries  des 
évêques. 

Inc.  :  Armoiries  des  évêques.  g 

Des.  :  L'an  4629,  le  25  de  septembre,  périrent  et  furent  misérablement 
suffoqué  36  ouvriers  dans  une  fosse. 

Version  très  abrégée  pour  les  XIV6  et  XVe  siècles;  un  peu  moins  succincte 
pour  le  XVI6  siècle.  Le  règne  de  Gérard  de  Groesbteck  est  narré  d  après  les 
manuscrits  6  et  7.  On  note  encore  :  folios  16  26,  nomenclature  des  chanoines  io 
de  Saint-Lambert  devenus  papes,  cardinaux,  archevêques  et  évêques; 
folios  26-">^,  notes  diverses  sur  l'histoire  de  Liège;  folios  40-5!),  noms  des 
abbés  de  tous  les  monastères  du  pays  de  Liège  et  circonvoisins,  avee  le  temps 
de  leur  administration  et  Tannée  de  leur  mort;  folios  64  à  71,  liste  des  bourg- 
mestres de  Liège,  1272  à  1701.  Celte  chronique  est  signalée  dans  B.  C.  M.  H  ,  is 
1"  série,  tome  V,  page  415. 

69  —  B.  R.,  4749-52(6375). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1630;  écrite,  en  1635,  par  Antoine  du  Mont 
de  Bochefort,  bourgeois  de  Liège,  et  ayant  appartenu  au  grand  greffier 
Beeckman.  20 

Manuscrit  mesurant  0m31  X  0,205  de  422  feuillets.  Voir  la  description 
complète  dans  le  catalogue  Van  den  Gheyn. 

Version   très  semblable  à  celle   du  manuscrit  précédent.  Au  XVI6  siècle, 
la  chronique  traditionnelle  est  complétée  par  des  notes  d'histoire  générale 
insérées  sur  un  feuillet  spécial  et  écrites  par  une  autre  main.  Une  troisième  main  2o 
a  ajouté,  beaucoup  postérieurement,  la  mention  d'une  grande  tempête  survenue 
le  18  décembre  1725. 

70.  —Un.  Lg.,  180  (793). 

Chronique  allant  du  roi  Piïam  jusqu'à  l'année  1631. 

Manuscrit  mesurant  0m28  X  0m20  de  203  feuillets.  30 

Inc.  :  L'an  de  la  création  du  monde  2770... 


CHRONIQUES  DU  XVI"  SIÈCLE.  3H 

Des.  :  La  chronique  se  termine,  folio  226,  à  l'année  1631.  Elle  se  donne 
comme  complète,  étant  terminée  par  le  mot  :  Gn. 

Ce  manuscrit  appartenait  à  Rémi  Lambrecht  et  était  copié  d'un  semblable 
appartenant  à  Jean  Horson,  préloculeur. 
s  Version  très  abrégée  jusqu'en  1581,  si  ce  n'est  un  récit  plus  long  de  la  prise  de 
Liège  en  1468,  emprunté  à  Pli.  de  Commines,  et,  en  1554,  un  récit  de  la  prise 
de  Dinant,  comme  au  manuscrit  n°  ni.  Le  texte  devient  plus  détaillé  à  partir 
de  Gérard  de  Groesbeeck,  où  il  donne  des  notes  identiques  aux  manuscrits  29, 
60  et  61,  Le  règne  de  Ferdinand  de  Bavière  commence  par  une  harangue  en 
io  vers  et  n'est  pas  sans  intérêt. 

71.  —  Ville,  896  (de  ïheux,  159). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1636,  avec  deux  courtes  notes 
de  16i0à  «643. 

Manuscrit  mesurant  0m28  X  Ûmi8  de  528  pages.  Le  premier  feuillet  a  été 
is  enlevé  et  remplacé  par  cinq  autres  feuillets  d'écriture  plus  récente. 
Texte  semblable  à  celui  des  manuscrits  06  et  74. 

72.  —  Un.  Lg.,  543  (794). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1 580  et  continuée  de  plusieurs 
autres  mains  jusqu'en  !6"j7. 
20       Manuscrit  mesurant  0m30o  X  0m205  de  20i   feuillets,  ayant  appartenu  à 
François  Dumortierde  Liège  et,  en  17i6,  à  Dawionpuis. 

Inc.  :  Sur  l'an  de  la  création  de  nostre  premier  père  Adam. 

Version  fort  abrégée  jusqu'au  règne  de  Gérard  de  Groesbeeck.  Celui-ci  est 
raconté  comme  dans  le  manuscrit  5,  avec  quelques  détails  nouveaux  sur  le 
25  siège  de  Maestricht. 

Les  règnes  d'hrnest  et  de  Ferdinand  de  Bavière  ont  été  écrits  par  une  autre 
main.  On  y  remarque,  folios  179  à  188,  le  texte  de  plusieurs  ordonnances  et 
folios  189  à  201,  le  récit  du  banquet  tragique  où  périt  La  Kuelle. 

Le  manuscrit  se  termine  par  deux   annotations  trouvées  dans  un  autre 
30  manuscrit   et  relatives  à  la  mort  tragique    d'un    archidiacre  en   1199,  à  la 
construction  du  tombeau  d'Lrard  de  la  Mark  en   1528  et  à  la  farce  macabre 
jouée  au  Cardinal  par  le  prieur  des  Ecoliers  . 


312  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

73.  -Un.  Lg.,631  (791). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1639. 

Manuscrit  mesurant  Om:29  X  0«»l8  de  239  feuillets. 

Inc.  :  A  l'honneur  de  bien...  L'an  de  la  création  noslre  Seigneur  Jésu- 
Christ...  Ce   premier  feuillet  a  été  recopié  postérieurement  ainsi  que  les  5 
folios  18,81  et  82. 

Version  fort  abrégée  et  modernisée,  divisée  en  trois  livres  comme  dans  les 
manuscrits  53  et  121.  Pour  le  XVIe  siècle,  texte  semblable  au  n°  7.  Au  règne 
d'Krnest  de  Bavière,  on  trouve  :  folio  iGO.  harangue  de  la  jeune  fille  à  Ernest 
de  Bavière;  folio  162,  relation  du  banquet  du  18  juillet  lî>81;  folio  203  v°,  10 
relation  véritable  quy  s'est  passé  en  la  ville  de  Tillemont  par  l'armée  françoise 
et  bollandoise;  folio  211,  remarque,  chose  admirable,  notable  sur  la  funeste 
mort  de  M*  le  bourguemestre  de  La  Ruelle.  Le  manuscrit  s'arrête  brusquement 
à  la  fin  d'une  page. 

74.  —  Un.  Lg.,  1044  (799).  is 
Chronique  de  Liège  allant  jusqu'en  l'an  1639,  intitulée  :  Snmmaire  et  brief 

recueille  des  choses  mémorables  depuis   le  premier  institution  de  jadis 
puissant  royaulme  et  fondation  de  la  noble  cité  de  Tongre. 

Manuscrit  mesurant  0">3^  X  0.21  de  362  feuillets. 

Même  écriture  et  même  texte  que  le  manuscrit  66,  jusque  l'an  162?).  Le  20 
récit  est  continué  jusqu'en  1639,  comme  dans  le  manuscrit  précédent.  A  noter, 
dans  cette  continuation,  folios  314  à  319,  un  long  récit  de  la  prise  de  Tirle- 
mont  en  1635;  folios  327  à  330,  le  récit  de  la  mort  de  La  Buelle  d'après  un 
témoin  oculaire,  en  1637. 

75.  — Un.  Lg..  634(814).  « 
Chronique  liégeoise  allant  jusqu'à  l'année  '649. 

Manuscrit  mesurant  0m2a  X  0™i6de  228  folios,  intitulé:  Chronique  de 
Liège  et  portant  l'ex  libris  de  la  bibliothèque  de  Th.  de  Jonghe. 
Inc.  :  Table  de  fa  chronique 

Des.  :  ...  s'est  toujours  vendu  dix  liards  le  pot  dans  les  tavernes  de  Liège.  30 
Version  très  abrégée  jusqu'à  la  fin  du  XVIe  siècle,  sauf  pour  le  récit  des 


CHRONIQUES  DU  XVI*  SIÈCLE.  313 

événements  de  1467  et  1468,  la  mutinerie  des  Rivageois  en  1531,  le  siège  de 
Dinant,  raconté  comme  les  manuscrits  (5!  et  6i.  Il  y  a  quelques  détails  inédits 
pour  le  règne  d'Ernest  de  Bavière,  entre  autres,  folio  ISO  v°,  une  pasquillc,  et 
pour  le  règne  de  Ferdinand  de  Bavière,  des  lettres  relatives  au  meurtre  de  La 
y  Ruelle,  publiées  en  !868,  par  Ul.  Capitaine. 

76.  —  Un.  Lg.,  1263  (798bis). 
Chronique  de  Liège  s'arrêtanl  au  8  avril  1654. 

Manuscrit  mesurant  Gm20  X  0mS6  de  139^feuillets,  contenant,  outre  la 
chronique,  un  traité  des  armoiries  tiré  du  trésor  héraldique  par  le  R.  P.  Sil- 
10  veslre,  jésuite. 

Le  manuscrit  commence  par  des  vers  latins  ornés  d'enluminures,  puis  donne, 
folio  il,  les  armoiries  des  villes  liégeoises,  puis  la  liste  des  papes  et  des  évêques 
de  Liège,  puis  une  courte  vie  de  sainte  Anne. 

La  chronique  débute  comme  suit  :  Nous  trouvons  dans  la  chronique  du 
15  Hainaut,  comme  dit  Jacques  de  Guise...  Elle  donne  une  version  fort  abrégée 
et  modernisée. 

77.  —  Ville,  900  (de  Theux,  153). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1654. 

Manuscrit  mesurant  0m31  X  0m19  de  170  pages,  sans  titre. 
20      Inc.  :  Vers  latins  précédés  denluminures,  puis  armoiries  des  villes  du  pays 
de  Liège  et  liste  des  évêques. 

Version  fort  abrégée  et  modernisée,  semblable  au  n°  précédent. 

78.  —  Un.  Lg.,  1746. 

Chronique  liégeoise  allant  jusqu'au  début  du  règne  de  Maximilien  de  Bavière. 
23      Manuscrit  mesurant  O^âS  x  î!mî7  de  347  feuillets,  sans  titre. 

Inc.  :  L'évescké  de  Liège  est  voisin  du  septentrion  et  d'occident ... 
Des.  :  5e  retira  à  lionne,  laissant  icy  son  Conseil  et  gens  d'Estat. 
Version  abrégée  et  modernisée  pour  les  XIVe,  XVe  et  XVP  siècles,  mieux 
documentée  pour  les  règnes  des  évêques  de  la  maison  de  Bavière. 
30      On  note  les  documents  suivants:  folios  140-146,  mandement  du  (3  avril  1G05; 
Tome  II.  40 


314  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

folio  151,  serment  prêté  par  Ferdinand  de  Bavière  à  sa  joyeuse  entrée; 
folio  155,  sentence  des  Echevins  de  Liège  contre  Hersin;  folio  157,  les 
58  articles  tant  pernicieux  à  la  bourgeoisie  et  liberté...;  folio  103,  instruction 
de  la  compagnie  des  Chiroux. 

79.  —  Ville,  899  (Coll.  Capitaine,  147).  5 
Chronique    liégeoise    ju>qu'en    1661,    continuée    par    une    autre    main 

jusqu'en  17:26. 

Manuscrit  mesurant  Om303  X  0m185.  sans  titre,  de  125'  pages.  Les  quatre 
premières  pages  manquent. 

înc.  :  Après  avoir  régné  quelque  lems,  il  laissa  pour  successeur  un  fils  m 
nommé  Cimbert... 

Des.  :  L'air  parut  plein  de  flammes  pendant  plus  de  deux  heures  et  l'on 
aperçu  la  même  chose  au  Pays-Bas  et  même  en  France. 

Version  très  abrégée  et  modernisée.  On  note,  folio  319,  mandement  du 
15  avril  1603;  folio  361,  histoire  tragique  du  meurlre  de  La  Ruelle;  folio  382,  îs 
récit  de  la  joyeuse  entrée  de  Maximilien-Uenri  de  Bavière. 

80.  —  B.  R.,  18659-60  (6584). 

Chronique  du  pays  de  Liège  de  14-18  à  1670,  ayant  appartenu  à  Jean 
Dangleur. 

Manuscrit  mesurant  0m31  x  0m203  de  187  feuillets.  20 

Inc.  :  Armoiries  des  chanoines  de  Liège. 

Jusqu'au  XVIIe  siècle,  version  très  abrégée  qui  se  borne  presqu'uniquement 
au  catalogue  des  bourgmestres  de  Liège,  exception  faite  pour  l'exposé  de  l'anni- 
versaire d'Erard  de  la  Marck.  Le  récit  est  plus  détaillé  pour  le  XVIIe  siècle  et 
complété  par  l'insertion  de  quelques  documents  imprimés.  23 

Ce  manuscrit  est  signalé  dans  U  C.  R.  H.,  lre  série,  t.  V,  p.  414. 

81.  —Un.  Lg.;  1747. 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  Î670  intitulée  :  Histoire  de  la  ville  et  pays 
de  Lièye,  appartenant  à  Jean-François  Dechesne,  au  Cœur  d'or,  dans  la 
chaussée  des  Prez,  Outremeuse,  à  Lièye.  31) 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  315 

Manuscrit  mesurant  0m32  X  0m20  de  223  feuillets. 
Inc  :  In  nomine  domiiii.  Tongris,  prince  riche... 
Des.  :  Tahle  des  chapitres  contenus  dans  ce  présent  livre. 
Version  très  abrégée  et  moderne,  complétée,  folio  204,  par  la  liste  des 
s  bourgmestres  de  Liège  de  1242  à  1742.  Texte  semblable  aux  nos  82  et  85. 

82.  —  Un.  Lg.,  1273. 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1071,  sans  titre. 

Manuscrit  mesurant  (Jm31  X  0m20  de  501  pages,  ayant  appartenu  à  M.  C. 
de  Rigo,  née  van  llamont. 
io      Inc.  :  Tongris,  prince  riche,  homme  sage  et  bien  avisé... 

Des.  :  Les  Hollandais,  joints  aux  Espagnols  et  Almands  passèrent  et  se 
logèrent  aussi  en  divers  lieux  du  pays  de  Liège. 

Version  très  abrégée,  sauf  pour  le  règne  d'Erard  de  la  Marck.  raconté 
comme  au  n°  85  et  pour  le  récit  du  meurtre  de  La  Ruelle.  On  note  aussi, 
15  pages  56  à  62,  description  du  pays  de  Liège  ;  pages  62  à  111,  liste  des  bourg- 
mestres de  Liège  de  1242  à  1733;  pages  510  à  512,  liste  des  reliques  et  du 
trésor  de  l'église  baint-Lamberl;  page  472,  nombre  des  maisons  de  chaque 
paroisse,  comme  dans  le  n°  47. 

83.  —Un.  Lg,  1381. 

20  Chronique  de  Liège  de  15*06  à  1671  intitulée:  Chroniques  des  faits  et 
gestes  advenus  dons  le  pats  de  Liè</e  depuis  Tévesque  Erarda  Marcka. 

Manuscrit  mesurant  0m515  X  0m:20  de  53  feuillets. 

Inc.  :  Erard  a  Marcka,  évêque  5Se. 

Des.  :  ...  logèrent  en  divers  lieux  du  pays  de  Liège.  Dieu  nous  en  préserve 
25  au  futur. 

Version  très  abrégée,  semblable  à  celle  des  n03  82  et  84. 

84.  —  Un.  Lg.,  1540. 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1671. 

Manuscrit  mesurant  0"j323  X  0m20  de  93  feuillets,  sans  titre.  Le  commen- 
30  cément  manque  et  le  folio  1  est  le  folio  23  d'une  ancienne  pagination. 


3i6  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Inc.  :  Même,  mais  saint  Lambert  répondit  avec  rigeur... 

Des.  :  Les  Hollandois...  passèrent  et  se  logèrent  aussi  en  divers  lieux  du 
pays  de  Liège.  Dieu  nous  en  préserve  au  futur,  ainsi  soi(-il. 

Version  très  abrégée  et  moderne.  Ce  manuscrit  est  surlout  intéressant  pour 
les  notes  qu'une  main  postérieure  a  ajoutées,  au  XVIII*  siècle,  après  le  folio  81,  5 
et  qui  sont  relatives  à  la  mort  et  aux  obsèques  de  Jean-Théodore  de  Bavière 
et  aux  incidents  de  l'élection  du  prince  d'OulIremont  en  I7ô>. 

85.  —  Un.  Lg.,  6NJ6  (808). 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1072  intitulée  :  Histoire  du  pays  de  Liège 
depuis  son  origine  jusqu'en  4672,  écrit  en  1684.  10 

Version  très  abrégée,  semblable  à  celle  du  n°  82. 

86.  —  B.  R.,  10828  (6582). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1672. 

Manuscrit  mesurant  Om307  X  0™198  de  275  feuillets,  ayant  appartenu  aux 
Jésuites  en  Ile  de  Liège.  15 

Version  abrégée  et  moderne. 


-r-v- 


87.  —  Un.  Lg.,  1012  (808). 

Chronique  de  Liège  allant  jusqu'en  1672,  intitulée  :  Cronique  et  origine 
et  histoires  remarquables  arrivées  au  pays  de  Liège  depuis  la  fondation  de 
Tongre...  Appartenant  à  Joseph  Bignoul.  2» 

Manuscrit  mesurant  0m285  X  0ml9  de  204  pages. 

Inc.  :  In  nomine  Domini,  amen.  Tongris,  prince  riche,  homme  sage  et 
avisé. . . 

Des.  :  Le  24  (1672),  le  r-y  partit  pour  aller  du  côté  du  Rhin  avec  ses 
armes,  ayant  mis  garnison  dans  la  ville  de  Tongres.  -'■> 

La  chronique  e^t  interrompue,  folios  36  à  4  >,  par  la  description  du  pays  de 
Liège  et.  folios  40  à  47,  par  la  liste  des  bourgmestres  de  Liège  de  1253  à  1282 
et  1417  à  1677. 

Version  très  abrégée  et  modernisée.  Seul  le  meurtre  de  La  Buellc,  folios  '61 
à  173.  est  raconté  en  détail.  30 


CHRONIQUES  DU  XVI»  SIECLE.  317 

88.  Un.  Lg.,  63iî  (815). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1672  intitulée:  Chronic  des  faits  mémorables 
des  princes,  roys,  ducs  et  évesqurs  de  Tongres,  Liège  et  Maestricht. 

Manuscrit  mesurant  0m315  X  0m20  de  129  feuillets,  portant  l'ex  hbris  de 
5  la  bibliothèque  de  Th.  de  Jonghe. 

Inc.  :  Nous  trouvons  dans  les  chronicques  de  Haynault  comme  rapporte 
Jacque  de  Guise... 

Des.  :  Tellement  que  plusieurs  ayant  esté  tués  et  faits  prisonniers,  le  reste 
prit  la  fuite. 
io  Version  très  abrégée  et  modernisée,  résumant  quelques  faits,  passant  d'autres 
sous  silence,  relatant  avec  plus  de  prédilection  les  détails  concernant  la  ville 
de  Huy.  On  trouve  ainsi  un  récit  détaillé  de  la  prise  de  cette  ville  en  1595 
et  des  campagnes  contre  les  Hollandais.  Au  XVIIe  siècle,  le  récit  est  très 
laconique  pour  ce  qui  concerne  les  guerres  civiles  et  parle  plutôt  des  faits 
ib  extérieurs  et  des  guerres.  On  y  trouve  le  texte  latin  du  traité  de  Tirlemont 
du  17  mars  1654. 

89.  —  B.  R.  18661  (6581). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1672,  écrite  en  1734  par  Antoine  Grimont. 
Manuscrit  mesurant  0m3i5  X  0m2O  de  185  feuillets. 
20      Version  très  abrégée  et  modernisée,  semblable  aux  nos  s  12  et  H  4,  complétée 
par  la  liste  des  bourgmestres  de  Liège  de  1254  à  '672. 
Manuscrit  signalé  dans  B.  C.  R.  H.,  lre  série,  t.  V,  p.  414. 

90.  -  Un.  Lg.,  2012. 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1672,  avec  une  liste  des  bourgmestres  de  la 
23  Cité  de  1242  à  1742. 

Manuscrit  mesurant  Gm320  X  0m240  de  213  feuillets. 

Inc.  :  Prince  riche,  homme  sage  et  avisez. 

Des.  :  ...  se  logèrent  aussi  en  divers  lieux  du  pays  de  Liège.  Dieu  nous 
en  préserve  au  futur. 
50      Version  très  abrégée  et  modernisée. 


318  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

91.  —Un.  Lg,  2093. 

Chronique  de  Liège  intitulée  :   Histoire  abrogée  des  évêques  de  Liège  de 
saint  Materne  à  467%. 

Hlanuscrit  mesurant  0raM0  X  0m8S,  de  57  feuillets,  de  la  fin  du  XVII"  siècle. 

Inc.  :  Ce  n'est  pas  sans  sujet  que  l'église  de  Liège  se  glorifie  d'être  la  fille  s 
de  l'Eglise  romaine. 

Abrégé  très  bref,  notant  surtout  des  événements  de  la  vie  religieuse. 

92.-  Un.  Lg.,  1368. 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1675. 

Manuscrit  mesurant  0m2!)o  X  0m182  de  371  folios,  sans  titre.  io 

Inc.  :  Sainct  Materne,  disciple  de  S.  Pierre  apostre... 

Des.  :  La  ville  d'Aire,  il  l'investit  le  24e  et  le  24e,  il  fit... 

Version  très  abrégée  pour  les  XIVe  et  XVe  siècles,  un  peu  plus  développée 
au  XYP  siècle,  et  très  détaillée  à  partir  d'Ernest  de  Bavière.  On  y  trouve, 
folio  270,  le  traité  d'alliance  du  31)  novembre  15  S 8;  folio  275,  la  relation  de  15 
la  Joyeuse  entrée  de  Jean  de  Horne  en  1484;  folio  277,  le  vote  du  pécule  par 
la  Cité  en  1604,  la  liste  des  bourgmestres  jusqu'en  1688. 

93.  —  Un.  Lg.,  1742. 

Chronique  allant  de  la  destruction  de  Troie  à  l'an  1676. 

Manuscrit  mesurant  0m3S3  X  0m22o  de  525  feuillets,  plus  7  feuillets  de  garde.  20 

Inc.  :  S'ensuivent  les  blasons  des  bonnes  villes  du  pays  de  Liège. 

Des.  :  Ils  intercèdent  auprès  de  leur  fils  Jésus  pour  la  concorde,  union, 
paix,  repos  et  soulagement  de  ce  pays  de  Liège  tant  désolé. 

Version  très  abrégée  et  modernisée,  suivant  pour  le  règne  de  Gérard  de 
Groesbeeck  les  manuscrits  6  et  7.  2b 

94.  —  Un.  Lg.,  647  (817). 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1707  inlilulée  :  Chronique  des  faits  les  plus 
mémorables  des  princes,  roys,  ducs  et  érêques  de  Tongres,  Treict,  Liège, 
écrits,  le  12e  novembre  1702,  par  Remy  du  Pont  d'Ensival. 

Manuscrit  mesurant  <Jm19  X  0ml55  de  272  pages.  50 


CHRONIQUES  DU  XVI"  SIÈCLE.  319 

Inc.  :  Octavian,  23e  my  de  Tongres. 

Des.  :  Le  premier  de  l'an  1707 ,  notre  éréque  célébra  dans  l'église... 

Version  très  abrégée,  semblable  à  celle  du  n°  88. 

95.  —  Un.  Lg.,  152S. 
s      Chronique  des  évêques  de  Liège  jusqu'en   1784  intitulée  :  Brief  traité 
recueillie  hors  de  la  grande  cronicqne  de  la  très  renommée  ville  et  cité  de 
Liège. 

Manuscrit  mesurant  0m29  x  <)m182   de  72  feuillets,  ayant  appartenu   à 
Madame  la  douairière  de  Liverlo. 
io      Inc.  :  Insignia  episcoporum  ac  principum  leodiensium  ab  ortu  sedis. 

Au  folio  i,  armoiries  de  la  ville  de  Liège;  folios  5  à  17,  courtes  notices  sur 
les  évêques  de  Saint  Malerne  à  Velbruck,  encadrant  leurs  armoiries.  Les  folios 
18  à  72  sont  demeurés  blancs. 

Au  folio  a  on  lit  la  noie  suivante  :  Extrait  d'un  manuscrit  que  m'avoit  mis 
15  en  main  monsr  nostre  pré  ôt  Clichel  l'an  1687.  Et  disoit  venir  de  Liège  et 
appartenir  au  Sr.  Noël  Lullemand  de  Dinant,  comme  provenant  de  son  beau- 
père,  bourgeois  de  Liège. 


20 


6°  Manuscrits  donnant, 

outre  la  version  abrégée  de  la  chronique  vulgaire, 

des  détails  relatifs  à  l'histoire  générale. 


96.  —  Un.  Lg.,  42S  (772  et  778). 

Ce  codex  comprend  deux  manuscrits  différents  : 

1°  Chronique  de  Liège  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  4554,  suivie  de 
deux  feuillets  d'une  description  de  Liège. 
25      2°  Chronique  allant  de  Jésus-Christ  jusqu'en  1569,  écrite  en  1597. 

Manuscrit  mesurant  0m2t)  X  0m20  de  314  feuillets. 

La  première  chronique  occupe  les  folios  î  à  212.  C'est  une  version  abrégée 
et  incomplète. 

La  seconde,  folio  215  à  314,  est  une  chronique  très  sommaire  et  mal  rédigée, 


590  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

jusqu'au  XVIe  siècle.  A  partir  d'Erard  de  la  Marck,  ses  notices  sont  puisées  à 
une  source  différente  des  autres  manuscrits,  mais  les  événements  extérieurs  à 
Liège  y  occupent,  comme  au  n°  97,  une  grande  place.  Ces  notes  se  rencontrent 
parfois  avec  celles  du  n°  00. 

97.  -  Un.  Lg„  1544.  s 

Chronique  allant  de  la  création  du  monde  à  1567. 

Manuscrit  mesurant  0m:285  X  0m193  de  217  feuillets,  plus  3  et  a  feuillets 
de  garde,  intitulé  :  Chronique  de  Liège  iGi6.  Il  a  été  la  propriété  de 
F.  ilenaux 

Inc.  :  Ami  lecteur,  à  l'honneur  de  la  très  excellente  Trinité...  10 

Des.  :  Le  roy  de  France  Peppin  trespassal...  et  fut  ordonné  que  le  voweit 
de  Lièfje  ie  porteroit... 

Chronique  identique  au  numéro  précédent,  un  peu  plus  complète  que 
celle-ci,  mais  se  terminant  deux  ans  plus  tôt.  Les  faits  de  l'histoire  générale  y 
occupent  la  plus  grande  place.  is 

98.  —  Ville,  893  (de  Theux,  54). 

Chronique  allant  de  la  Nativité  de  Jésus-Christ  jusqu'en  1629. 

Manuscrit  mesurant  C|m50  x  0m21  de  9  S  feuillets. 

Inc.  :  //*  nomine  Uomini  amen.  Recueil  des  choses  mémorables... 

Des.  :  Quelques  vers  terminent  le  manuscrit.  -° 

Jusqu'en  1567,  texte  identique  au  n°  97.  Dans  la  suite,  la  chronique  se 
continue  sommairement  en  manière  d'annales. 

On  note  spécialement  :  récit  de  la  Joyeuse  entrée  de  Kobert  de  Berghes, 
comme  aux  n0!  28  et  iOi;  différend  avec  la  Cité  au  sujet  d'un  édit  sur 
l'hérésie  ;  liste  des  personnages  présents  au  couronnement  de  l'empereur  -3 
Maximilien  H,  comme  dans  le  n*  28;  relation  plus  complète  du  conflit  survenu 
entre  la  Cité  et  le  comte  de  Meghen,  d'après  n°  28.  Après  1569,  les  annales 
sont  rédigées  d'une  façon  très  succinctes  et  n'ont  plus  d'intérêt. 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  521 

7°  Chroniques  sous  forme  d'annales. 

99.  -  B.  R.,  14364  (6565). 
Chronique  liégeoise  de  533  à  1547. 

Manuscrit  mesurant  Um32  x  0ml2  de  231  feuillets. 
3      Chronique  rédigée  sous  forme  d'annales,  faite  d'après  les  manuscrits  27,  29, 
31  et  53. 

100.  —  B.  R.,  12818  (6561). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1 547. 

Manuscrit  mesurant  lim305  X  Om20  de  242  feuillets. 
io       Version  très  abrégée  pour  les  XIVe  et  XVe  siècles.  Au  XVIe,  la  chronique 
est  rédigée  en  forme  d'annales,  et  semblable  au  numéro  précédent. 

101.  —  B.  R.,  11636  (6367). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1381. 

Manuscrit  mesurant  Um^U7  X  OmI7  de  232  feuillets,  ayant  appartenu  au 
15  prince  de  Gavre. 

Version  très  abrégée,  écrite,  pour  le  XVIe  siècle,  sous  forme  d'annales 
rappelant  les  événements  de  l'histoire  générale  en  même  temps  que  ceux  de 
l'histoire  liégeoise. 

A  noter,  pour  le  règne  de  Robert  de  Berghes,  la  relation  de  la  Joyeuse  entrée 
20  de  ce  prince  et  la  liste  des  princes  présents  à  la  Diète  de  l'Empire. 

102.  —  Un.  Lg,  1327. 

Chronique  jusque  1382,  intitulée:  lirief  traité  recueillie  hors  de  la  grande 
cronique  de  la  très  renommée  ville  et  cité  de  Lièi/e. 
Manuscrit  mesurant  ()m3l  X  OmlOo  de  182  feuillets. 
25      Inc.  :  Au  b^nin  lecteur.  Sonnet... 

Des.  :  Table  des  choeses  plus  mémorables  et  pour  plus  facilement  les 
trouver... 

Annales  allant  de  la  création  du  monde  à  13S2,  relatant  des  faits  de  l'histoire 
générale  autant  que  de  1  histoire  liégeoise  et  utilisant  des  sources  autres  que  la 
30  chronique  traditionnelle. 

Tome  II.  41 


522  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

103.  —  Un.  Lg.,  4970  (ancien  de  Theux,  459). 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1636,  complétée  par  une  note  pour  les 
années  1610  et  1643. 

Manuscrit  mesurant  0m28  X  CM  88  de  300  feuillets  et  4  feuillets  de  garde, 
ayant  jadis  appartenu  à  M.  de  Fastré,  échevin  à  Tongres.  5 

Inc.  :  La  destruction  de  Troye  la  grande... 

Chronique  très  sommaire,  sous  forme  d'annales,  n'ampliûant  que  le  récit  de 
la  mutinerie  des  Hivageois. 

104.  —  Ville  (Coll.  Cap.,  138). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1636,  sans  titre.  ,0 

Manuscrit  mesurant  0m30  X  Oml95  de  121  feuillets. 

Inc.  :  Peu  de  temps  après  y  revient  avec... 

Des.  :  Trois-  florins  d'or  d'amende,  pour  la  deuxième  du  double... 

Chronique  très  sommaire,  réduite  pour  ainsi  dire,  au  XVIe  siècle,  au  cata- 
logue des  bourgmestres.  Elle  reproduit  en  entier  la  traduction  romane  de  l'acte  is 
du  4  mai  1526  instituant  la  procession  de  Saint-Lambert. 

105.  —  Ville  (Coll.  Cap.,  133bis). 

Fragment  d'une  chronique  liégeoise,  écrite  au  XVIIe  siècle,  racontant  les 
événements  de  15<»6  à  163!)  sous  forme  d'annales. 

Manuscrit  rattaché  au  manuscrit  de  Grégoire  Sylvius  et  décrit  plus  haut,  20 
au  n°2,  page  277. 

106.  -  Un   Lg.,  1445. 

Chronique  jusqu  en  1640  intitulée  :  Sommaire  et  brief  recueil  des  choses 
mémorables  drpuis  la  première  institution  du  jadis  puissant  et  renommé 
royaulme  de  Tongre...  jusque*  à  Van  1659  et  i 640.  23 

Manuscrit  mesurant  0ro31  X  0m2O  de  306  feuillets. 

Inc.  :  L'an  de  la  création  du  monde  4502... 

Des.  :  ...  le  capitaine  Mus,  a  esté  mis  en  feux  par  les  incendiaires. 

Résumé  chronologique  très  sommaire,  à  l'exception  des  récits  de  la  muti- 
nerie des  Rivagcois  en  1531  et  de  la  prise  de  Tirlcmont  par  les   Français  so 
en  1635. 


CHRONIQUES  DU  XVI»  SIÈCLE.  323 

107.  -  B.  R.,  21309  (fi577). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1643. 

Manuscrit  me-urant  0m31  X  OmilS  de  24o  feuillels,  écrit  dès  1626  par 
Alexandre  Pesser. 
s      Version  très  abrégée  en  forme  d'annales,  avec  la  liste  des  bourgmestres  de 
Liège  de  1408  à  1677. 

108.  —  Un  Lg..  1880. 
Chronique  jusqu'en  16i9,  sans  titre. 

Manuscrit  mesurant  ()m255  X  U°>lf>5  de  325  feuillets. 
io      Inc.  :  Au  commencement  des  temps,  nostre  Seigneur  Dieu  a  créé  tout  le 
monde... 

Des.  :  El  de  là  il  se  parti  pour  tin  long  séjour... 

Chronique  très  résumée,  sous  forme  d'annales,  un  peu  plus  documentée  pour 
les  règnes  d  Ernest  et  de  Ferdinand  de  Bavière. 
io  A  noter,  folio  227  :  Apologie  catholique  et  chrestienne  faites,  escriptes  et 
publiées  par  les  Jésuites  et  leurs  adhérents  perturbateurs  du  repos  de  la  Cité 
et  pays  de  Liège.  Item  une  inkrlocution  de  l'âme  de  Jean  Hersin  avec  lame 
du  Marichalle  de  Biron,  par  M.  P.  D.  B.  A  Lion,  par  Jean  Martin,  1621  (*). 

109.  -B.R.,  21370  (6579). 

20       Chronique  liégeoise  jusqu'en  1664. 

Manuscrit  mesurant  dm56  X  0m23  de  322  feuillets. 

Version  abrégée  rédigée  sous  forme  d'annales,  donnant  au  complet  l'épisode 
de  la  mutinerie  des  Rivageois. 

110.  —  Un.  Lg.,  994  (807). 

25  Chronique  de  Liège  jusqu'en  1674  intitulée  :  Chronique  du  diocèse  et  pays 
de  Liège  ou  l'abrégé  de  son  histoire  universelle,  traduit  du  latin  en  françois. 
Franciscus  Pizart  posuit  et  conscripsil  anno  i  670. 

Manuscrit  mesurant  0m20  X  0ml5de  29  et  i80  feuillets,  plu9  32  feuillets 
blancs. 

30      Folio  4  v°,  le  traducteur  au  lecteur;  folio  9,  épitre  à  la  mémoire  de  feu 

(J)  Cf.  ob  Theux,  Bibliographie  liégeoiie,  col.  1337. 


324  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

honoré  seigneur  Jonathas  de  Depardieu  dit  de  Quareux,  en  son  vivant  maistre 
de  forges  au  pays  de  Slavelot.  citain  de  Lièg',  faile  par  François  Pizart,  prêtre 
et  bénéficiera  Liège  le  15  janvier  1673;  folio  15,  catalogue  ou  dénombrement 
des  églises  de  Liège  et  de  Tongres;  folios  22  à  29,  liste  des  églises  esquelles  il 
y  a  collège  de  chanoines,  abbayes  et  couvents.  s 

Puis  commence,  avec  une  nouvelle  pagination,  l'histoire  de  Liège  sous 
forme  d'annales  jusqu'en  1(570,  suivie  du  récit  très  détaillé  des  campagnes  des 
Français  dans  le  pays  de  Liège  en  1072,  1073  et  1074. 

L'ouvrage  est  orné  des  gravures  suivantes  :  portrait,  gravé  par  Waldor,  du 
médecin  Gilbert  de  Limbourg,  mort  en  1507,  auteur  du  premier  livre  sur  les  10 
eaux  de  8pa;  plan  de  Macstrieht  signé  Gasp.  iioullars,  Anvers,  1073  ;   Vue 
d'Argenteau  par  le  même. 

111.  —  Un.  Lg.,  5*0  (809). 

Chronique  jusqu'en  1074  intitulée  :  Abrogé  de  l'histoire  de  Liège  distribué 
par  siècles  et  par  années.  i 

Manuscrit  mesurant  0m18  X  0ml45,  non  folioté,  incomplet. 
Inc.  :  Six  cents  quatorze  ans  avant  la  naissance  de  Jesus-Christ... 
Des.  :  Le  clergé  faisant  refus  de  se  conformer  aux  capilations. 
Annales  semblables  au  n"  109. 

112.  -  Ville,  903  (ancien  de  Theux.  66).  so 
Chronique  de  Liège  jusqu'en  1078. 

Manuscrit  mesurant  (  œ20  x  0ml5  de  500  pages,  sans  titre. 

Inc.  :  Les  anciens  habitants  gaulois  qui  avoient  dégénéré  du  courage  de 
leurs  ancêtres... 

Des.  :  Sans  vouloir  comprendre  le  banlieu  sous  prétexte  qu'il  étoit  d'une  35 
trop  grande  étendue. 

Annales  semblables  aux  109,  H0  et  113. 

113.  —  B.  IL,  18602-03  (6583). 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1079. 

Manuscrit  mesurant  li»3U  X  0mIS  de  254  feuillets.  » 

Version  très  abrégée  et  rédigée  sous  forme  d'annales,  suivie,  folios  210-247, 


CHRONIQUES  DU  XVI»  SIECLE.  325 

de  l'indication  des  revenus  des  chapitres  de  Liège  et,  folios  218-252,  de  la  liste 
des  villages  du  pays  de  Liège  groupés  par  quartiers. 
Manuscrit  apparenté  au  numéro  suivant. 

114.  —  Un.  Lg.,993  (818). 
s       Chronique  de  Liège  jusqu'en  1728. 

Manuscrit  mesurant  0m335  x  0m20  de  875  pages,  sans  titre. 
Inc.  :  Liste  des  ég'ises  canoniales  du  poijs  de  Liège. 
Des.  :  Table  alphabétique  contenante  ce  qui  s'est  passé  de  plus  remarquable 
d'an  en  an. 
io      Chronique  sous  forme  d'annales,  semblable  au  numéro  109.   Une   main 
postérieure  a  ajouté,  après  l'an  172$,  une  note  relative  au  décès  de  Georges- 
Louis  de  Berghes  et  à  l'élection  de  son  successeur,  en  1743. 

Après  la  chronique  (pages  11  à  574),  on  trouve,  pages  61 1  à  634,  liste  des 
évoques  avec  leurs  armoiries:  pages  637  à  639,  armoiries  des  villes  du  pays 
15  de  Liège;  pages  644  à  663,  chronique  des  choses  principales  arrivées  depuis  la 
naissance  de  Jésus-Christ;  pages  664  à  804,  dénombrement  de  la  valeur  des 
biens  des  abbayes,  chapitres,  prieurés,  béguinages,  hôpitaux,  etc..  sujets  aux 
taxes  du  clergé;  pages  803  à  825,  noms  des  villages  du  pays  de  Liège  répartis 
par  quartiers;  pages  826  à  853,  catalogue,  des  bourgmestres  de  Liège  de  1253 
20  à  1723;  pages  834  à  875,  table  alphabétique  du  volume. 


8°  Manuscrits 
ne  donnant  que  des  chroniques  incomplètes. 

115.  —  In.  Lg.,  1091. 
Chronique  de  Liège  s'arrétant  à  998. 
25      Manuscrit  mesurant  ()m285  X  0m20  de  70  feuillets. 

Inc.  :  Fondation  de  la  Cité  de  Tongre.  Tongris  et  Tornus,  en  descendant 
des  Allemaigne... 

Des.  :  El  commencha  la  batailhe  Jean  le  filz  Radus  de  Preit  et  occit  pour 
le  premier... 
50      Le  manuscrit,  incomplet,  s'arrête  brusquement  à  la  fin  de  la  page.  Il  donne 
la  version  complète  du  texte  traditionnel, 


326  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

116. —  Un.  Lg.,  176  (769). 

Chronique  de  Liège  s'arrétant  à  lOOi,  intitulée  :  Histoire  de  Liège  tirée 
d'un  vieux  manuscrit. 

Manuscrit  mesurant  0m31  X  0m20  de  117  feuillets. 

Inc.  :  A  l'honneur  de  la  très  excellente  Trinité...  L'an  de  ta  création  de  s 
nostre  premier  père  Adam... 

Des.  :  Van  1004,  car  Gode f rois  veult  plus  d'enfant  que  Arnould... 
Puis  trois  feuillets  de  table  d'une  écriture  postérieure. 

Version  abrégée  et  modernisée. 

117. —Un.  Lg,  186(770).  10 

Chronique  de  Liège  s'arrétant  à  10  il. 

Manuscrit  mesurant  0m20  x  On,145  de  125  feuillets,  ayant  appartenu  au 
héraut  d'armes  Le  Fort,  écrite,  d'après  une  note  du  folio  56,  en  1601,  par 
Paul  de  Herck,  âgé  de  17  ans  et  demi. 

Inc.  :  Chronique  de  Liège  escrtt  l'an  1601 .  L'an  de  la  formation  Adam  is 
nostre  père... 

Des.  :  Pour  secourir  l'empereur  et  le  duc  de  Lorraine,  lequel  quand 
il  vit... 

Version  très  abrégée  et  modernisée. 

118.  —  B.  R.,  Il,  4861  (6SSS).  20 
Chronique  liégeoise  jusqu'en  1167. 

Manuscrit  mesurant  ()m212  X  0ml68  de  78  feuillets. 
Version  abrégée  et  incomplète,  écrite  au  XIXe  siècle. 

1 19.  —  Un.  Lg.,  1526  (Catalogue  Brassinne,  p.  48). 

Chronique  liégeoise  jusqu'au  début  du  règne  d'Knglebcrt  de  la  Marck.  2 

Manuscrit  mesurant  (Jm305  X  Cm20  de  117  feuillets. 
Inc.  :  Sy  amy  lecteur... 

Des.  :  Englebert  de  la  Marche,  47  évesque  de  Liège,  jusqu'à  ce  que 
EmjUbert  de  la  Maiche  fût  receu  pour  évesque. 

Chronique  abrégée  et  incomplète.  je 


CHRONIQUES  DU  XVI»  SIÈCLE.  327 

120.  -  Un.  Lg.,  424  (801). 

Chronique  liégeoise  allant  de  Priam  jusqu'en  1 408. 

Manuscrit  mesurant  (Jm30  X  <>m2()  de  14S  feuillets,  commencé  le  16  sep- 
tembre Iti.iS.  Le  copiste  avait  l'intention  de  le  poursuivre  jusqu'au  règne  de 
5  Ferdinand  de  Ba\ière,  mais  n'a  pu  achever  sa  tâche. 

Inc.  :  In  nomine  Domini  amen.  Cronicque  ou  histoire  de  l'éveschéz  et 
pays  de  Liège. . 

Version  abrégée  et  modernisée,  semblable  au  n°  70. 

121.  —  Ville,  878  (de  Theux,  61). 

io       Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'en  1446. 
Manuscrit  mesurant  ()m3!  X  0m21  de  259  pages. 

Inc.  :  Au  nom  de  Dieu  amen.   Commence  la  vray  cronicq  et  histoire  de 
Liège. 

Des.  :  L'an  quatorze  cent  et  quarante  siex,  fut  faite  et  achevé  le  pont  des 
ib  Arches  et  y  passa  le  premier  fois  aux  processions  aux  Escoliers  le  dixième 
de  juletle. 

Rédaction  très  abrégée  et  incomplète. 

122.  —  Un.  Lg.,  1036  (774). 

Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'au  commencement  de  Louis  de 
20  Bourbon. 

Manuscrit  mesurant  0m33  X  0m20a  de  380  pages,  écrit  au  XVIe  siècle. 
Inc.  :  Premier  l'an  de  la  recréation  de  nostre  premier  père  Adam... 
Texte  rajeuni  et  fortement  abrégé. 

123.  -  Un.  Lg.,  542  (786). 

25      Chronique  allant  de  la  fondation  de  Rome  jusqu'à  l'avènement  de  Louis  de 
Bourbon. 

Manuscrit  mesurant  0m195  X  0m14  de  178  feuillets,  écrit  au  XVIe  siècle. 

Inc.  :  Romulus,  le  roy  des  Latins... 

Chronique  très  abrégée,  conforme  au  texte  des  n0'  28,  46,  64. 


328  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

124.  -Un.  Lg,  4402. 

Chronique  commençant  au  règne  de  Louis  de  Bourbon. 

Manuscrit  mesurant  0m518  X  0ml!)9  de  9  feuillets,  écriture  du  XVIIe  siècle. 

Sans  intérêt. 

125. —  Un.  Lg,  1469.  , 

Supplément  aux  chroniques  liégeoises  de  1455  à  1601. 
Manuscrit  mesurant  0m29  X  <>ml8  de  6  fruillels,  du  début  du  XVII"  siècle. 
Inc.  :  Supplément  <tn  chronicque  de  Lièr/e  de  Louy  de  Bourbon. 
Des.  :  L'an  susdit  (IbOI),  fut  achevée  iéylii>e  de  Saint  Laurent,  laquelle 
avait  esté  bruslée  l'an  1 568.  io 

Sans  intérêt. 

126. —  Un.  Lg.,  668  (77!') 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1531,  écrite  en  1611. 

Manuscrit  mesurant  <)m32  x  <!m20  de  23  i  feuillets.  Il  contient,  folios  1  à  166, 
une  copie  identique  à  celle  du  manuscrit  t>2.  En  outre,  folios  H>6  v°  à  23  i,  une  15 
autre   version   commençant  à    1 4 46  et  allant  jusqu'en   1531,  conforme  aux 
manuscrits  5  et  5  et  se  terminant  par  le  rapport  de  Guillaume  de  MeelTe  sur 
la  mutinerie  des  Rivageois. 

127.  —  B.  R.,  18672  (6380). 

Chronique  liégeoise  de  1628  à  1651.  20 

Manuscrit  mesurant  ()"325  x  Um2i5  de  48  feuillets. 

Inc.  :  S'ensuivent  les  LVlll  articles  tant  pernicieux  à  la  liberté  des  bour- 
geois... 

Des.  :   5e  retirât  à  Bonn,  laissant  ses  Lorrains  sur  le  pays. 

128.  —  Un.  Lg.,  538  (784).  25 
Manuscrit  intitulé  :  Quelques  remarques  extraites  de  la  chronique  Mon- 
sieur Loncin,  receveur  du  Béguinage  de  Saint-Christophe. 

Manuscrit  mesurant  Om203  x  0m16.de  33  feuillets,  donnant  quelques  extraits 
insignifiants  de  la  chronique  traditionnelle. 


CHRONIQUES  DU  XVI*  SIÈCLE.  329 

129. —  Un.  Lg.,1166. 

Fragment  d'une  chronique  liégeoise  de  1674  à  1679. 
•Manuscrit  de  37  feuillets. 

130.  —  Un.  Lg,  1541. 

Fragment  de  chronique  de  1763  à  1784. 

131.  —  Un.  Lg,2032. 

Fragment  de  chronique  intitulé  :  Le  premier  livre  des  Gestes  du  pays  de 
Liège. 
Manuscrit  de  37  feuillets  mesurant  0m228  x  0m180,  copie  du  XIXe  siècle. 


to  9°  Manuscrits  donnant  des  chroniques  qui  sont  des  travaux 
de  compilation  qui  n'ont  pas  été  imités  (1). 

132.  —  Manuscrit  du  notaire  Schoolmeesters,  de  Maeseyck. 
Manuscrit  mesurant  0m42  X  (im28  de  259  feuillets,  il  comprend  trois  écrits 
différents. 
is      I.  Folios  1  à  172.  Chronique  allant  de  la  prise  de  Troie  jusqu'au  milieu  du 
XVIe  siècle.  Ecrite  par  Salomon  Henrici  ou   Hendrickx,  antérieurement  à  sa 
réception  comme  chanoine  de  la  collégiale  de  Tongrcs,  le  18  août  1574  (2). 
Compilation  de  textes  français  et  latins,  avec  même  des  interpolations  en 
néerlandais,  notamment  :  folios  56  v°,  41  v°,  49  v",  114. 
20      1°  Folios  1  à  146.  Chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse.  Version  incom- 

(*)  Dans  cette  catégorie,  nous  ne  mentionnerons  que  les  travaux  d'obscurs  compilateurs,  sans  grande 
valeur  historique  et  confondus  dans  la  masse  des  chroniques  vulgaires.  On  n'y  trouvera  donc  pas  les 
écrits  de  Langius  ni  ceux  du  chanoine  Henri  Van  den  Berghe,  conservés  dans  Icsmanuscrils  401 
et  46S  de  l'Université  de  Liège  et  dont  le  volume  XXVI  de  la  seconde  partie  de  Le  Fort,  aux  Archives 

2b  de  l'État  à  Liège,  fournit  un  résume.  Ce  sont,  en  effet,  des  parties  de  l'œuvre  monumentale  de  cet 
infatigable  polj  graphe  qui  doivent  être  étudiées  avec  l'ensemble  des  autres  écrits  de  l'érudit  héraut 
d'armes  de  Ferdinand  de  Bavière. 

(*)  Les  renseignements  qui  suivent  sur  la  personnalité  de  Salomon  Henrici  nous  sont  fournis  par 
M.  l'abbé  J.  Paquay,  à  qui  nous  devons  la  connaissance  du  manuscrit;  nous  lui  en  témoignons  toute 

50  notre  reconnaissance.  Salomon  Henrici  naquit  à  Ncderweert  en  Ibô5,  comme  le  prouve  un  acte  de 

Tome  11.  42 


33(1  CHROiMQUES  LIÉGEOISES. 

plète,  ne  donnant  qu'une  partie  des  textes  entremêlée  de  quelques  textes  latins. 
Dans  le  règne  d'Adolphe  de  la  Marck,  folio  141.  année  1344,  nous  remarquons 
un  passage  de  Jean  de  u  amant  :  Quidam  li Itéras  viginti  dtiorum  cassantes...; 
cf.  manuscrit  d'Avcrbode,  Collection  die  ^oeclU,  MI.  page  84.  Le  règne 
d'Engelbcrt  de  La  Marck.  folio  142  et  suivant,  est  encore  incomplet;  le  récit  5 
de  la  bataille  de  Vottem  est  notamment  abrégé.  Au  folio  144.  un  texte  néer- 
landais, année  1347  :  Hoc  die  Luyekencrs  Arckenteel  wonnen.  Au  folio  145, 
année  1345,  un  texte  latin  avec  détails  intéressants  sur  les  Flagellants.  Au 
folio  lia,  année  loi!),  est  fautivement  intercalé  le  texte  de  la  chronique 
latine  de  Jean  de  Slavelot  sur  la  mort  de  Jean  de  Heinsberg  en  1301;  Balau,  io 
Lis  sources  de  l'histoire  de  Lièye,  page  611,  noie  3.  Au  folio  145,  année  1350, 
le  compilateur  commence  à  intercaler  dans  son  texte  des  passages  de  Raoul  de 
llivo.  Au  folio  116,  années  1557  et  1358,  se  lit  le  dernier  texte  emprunté  à 
Jean  d'Oulremeusc. 

2°  Folios  146  à  160  v°.  La  chronique  ne  comprend  plus  qu'un  texte  latin.  is 
Il  est  formé  d'un  amalgame  de  passages  empruntés  à  Haoul  de  i'.ivo  et  à  la 
chronique  latine  de  Jean  de  Slavelot.  11  en  est  ainsi  dans  tout  le  règne  de  Jean 
d'Arckel  et  d'Arnoul  de  Home,  folios  147  et  suivants.  Au  folio  149  v°,  commence 
le  règne  de  Jean  de  Bavière,  raconté  d'après  la  chronique  latine  de  Jean  de 
Stavelot.  dont  le  texte,  à  partir  du  folio  151,  se  combine  avec  celui  de  la  20 

constitution  de  rente  passé  par  devant  la  régence  de  Saint-Trond,  le  50  octobre  1565  (Stiiaven, 
Inventaire  analytique  et  chronologique  des  archives  de  Saint-Trond,  t.  III,  p  42).  En  l'année  1571, 
Ilenrici  séjournait  à  Liège  en  qualité  de  secrétaire  du  chancelier  Jean  Witten,  prévôt  de  Tongres  : 
<  caprllanus  ccclcsiac  Sancli  Lamberli  et  familiaris  Rcvercndi  Domini  et  magistri  Johannis  Witten 
cancellarii  ».  II  finit  à  colle  époque  la  copie  d'un  des  plus  beaux  pawilliars  conservés  à  Liège  (n°  39  25 
de  la  collection  U.  Capitaine,  manuscrit  de  585  feuillets).  Reçu  chanoine  de  la  collégiale  de  Tongres, 
le  18  août  1571,  il  entreprit  la  transcription  de  plusieurs  registres  importants  des  archives  de  Notre- 
Dame.  11  dressa  un  recueil  complot  des  stuits  ou  baux  contractés  par  le  chapitre  de  1529  à  1587 
(reg.  297,  aux  Archives  de  l'Etat  à  Ilasselt);  il  réunit  les  documents  les  plus  anciens  du  chapitre  en 
deux  magnifiques  cartulaircs  conservés  aux  archives  de  la  collégiale.  Ce  travail,  commencé  le  ôO 
27  octobre  1589,  n'était  pas  encore  terminé  le  23  octobre  1592.  La  même  année,  Salomon  ilenrici  finit 
la  copie  d'un  f.ihrr  diversorum  negotiorum  concernant  les  affaires  du  clergé,  1568-1592  (rcg.  278  aux 
Archives  de  l'État  à  Ilasselt).  Le  chanoine  Ilenrici  mourut  avant  le  1 1  février  1597.  Cf.  J.  Paqiav, 
Cartulaire  de  Notre-Dame  à  Tongres,  dans  Bull.  Soc.  scient,  et  i.iiikk.  du  Limbolrg,  t.  XXIV, 
pp.  104-106.  35 


CHRONIQUES  DU  XVIe  SIÈCLE.  33! 

chronique  du  règne  de  Jean  de  Bavière,  que  nous  avons  découverte  à  Aver- 
bode  dans  le  tome  IX  de  la  Collection  de  Gilles  die  Voech*.  Ce  texte  se  continue 
dans  les  règnes  de  Jean  de  Wallenrode  et  de  Jo;in  de  Heinsberg  Quand,  dans 
le  manuscrit  d'Averbode,  le  texte  de  la  chronique  de  Jean  de  Bavière  se  confond 
s  avec  celui  de  Jean  de  Stavelot,  il  en  est  de  même  dans  le  présent  manuscrit. 
A  la  fin  du  règne  de  Jean  de  lîeinsberg,  folio  1§9  v°,  année  14:25,  réapparaît 
un  texte  français,  dans  le  récit  de  la  révolte  de  W  athier  Dathin. 

5°  Folios  1  OU  v°  à  lo7  v°.  Bègue  de  Louis  de  Bourbon  et  commencement 
du  règne  de  Jean  de  Home.  Texte  abrégé  de  Merica;  il  est  visible  que  ce  texte 

10  provient  du  même  manuscrit  que  celui  du  tome  IX  d'Averbode.  Au  chapitre  X, 
se  retrouve,  folio  161  v°,  l'addition  de  quelques  manuscrits  sur  l'aide  que  les 
Limbourgeois  reçurent  de  saint  Georges,  leur  patron.  Au  folio  165  v°,  le  texte 
de  Merica  se  continue,  comme  dans  le  manuscrit  de  Bruxelles  9811  et  dans  le 
tome  IX  d'Averbode,  par  le  récit  des  luttes  de  Guillaume  de  La  Marck  : 

15  Çrucnta  ergo  et  exlorla... 

4°  Folios  167  v°  à  172  :  Règne  de  Jean  de  Horne.  Même  fond  que  dans  la 
chronique  du  règne  de  Jean  de  Horne,  publiée  au  tome  I.  La  forme  est  ici 
assez  différente,  et  le  texte  considérablement  abrégé. 

II.  Folios  178  à  189  v°.  Le  chanoine  Van  Buel  (*)  de  Tongres,  possesseur 
20  du  manuscrit,  y  ajouta  le  texte  d'une  glorification  des  origines  de  Tongres, 

qu'on  trouve  également  transcrite  au  tome  VII  de  la  Collection  de  Gilles  die 
Voecht  à  l'abbaye  d'Averbode,  pages  195  à  259. 

III.  Folios  222  à  238.  Relation  latine  de  l'histoire  fabuleuse  des  rois  de 
Tongres  :   Historia  de  origine  fiuula'iouis  nobilissime  quondam  civilalis 

sa  Tungrensis.  Ce  texte  est  également  transcrit  au  tome  VII  d'Averbode,  pages 
274  à  556.  Enfin  a  la  dernière  page  du  manuscrit,  le  chanoine  Van  Buel  a 
ajouté  une  note  concernant  la  prétendue  consécration  de  l'église  de  Tongres 
en  804. 

(')  Après  la  mort  de  Salomon  Flenrici,  le  manuscrit  passa  à  d'autres  membres  du  chapitre  de 

30  Tongres.   Vers   les  années  IC4O-Î043,   il  était  en  possession  du  chanoine  Martin-André  Van  Cue!. 

Ce  chanoine  résigna,  en  1GÎS4,  son  canoàicat  de  Tongres  et  conserva  la  prébende  dont  il  avait  été 

pourvu  à  Saint-Scrvais  à  Macstricht.  Il  emporta  le  manuscrit  dans  cette  dernière  ville,  comme  le 

prouve  un  reçu  lui  délivré  à  Maestricht,  le  8  novembre  1671,  annexé  au  manuscrit. 


332  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

133.  -  Arch.  Lg.,  4. 

Chronique  allant  jusqu'en  1591. 

Manuscrit  mesurant  Om33  X  0m203  de  15'6  pages  sans  titre,  incomplet. 

Inc.  :  A  trois  cens  mile  hommes,  combien  (oullefois  Pompée  avoit  le  gou- 
vernement... 5 

Des.  :  L'an  1S91 ...  ils  mèneraient  les  feux  par  lesdits  villaiges,  dont 
avoient  ars  et  brnslé  antenne*  maisons... 

Compilation  sous  forme  d'annales  dans  laquelle  l'auteur  mêle  les  événements 
de  l'histoire  générale  et  de  l'histoire  liégeoise.  Ces  événements  sont  ensuite 
commentés  dans  le  texte  et  dans  de  très  nombreuses  notes  marginales  qui  io 
témoignent  de  l'érudition  remarquable  de  l'auteur.  Ce  sont  surtout  ces  notes 
qui  font  l'originalité  de  cette  œuvre  qui  mérite  une  élude  spéciale.  Celle-ci  serait 
ici  un  peu  en  dehors  du  cadre  de  notre  travail. 

Le  manuscrit,  dans  son  état  actuel,  n'est  qu'un  fragment  sans  commence- 
ment ni  fin.  L'écriture  est  de  la  fin  du  XVIe  ou  commencement  du  XVIIe  siècle,  i» 

134  —  Vn.  Lg,  633(813). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  i 694-. 

Manuscrit  mesurant  (Jm315  X  <)ml95  de  610  pages,  sans  litre,  portant  Vex 
libris  do  la  bibliothèque  de  Th.  de  Jonghe. 

Inc.  :  Louez  soit  Dieu.  Or  à  l'honneur  de  Dieu  et  de  la  sainte  mère  la  20 
glorieuse  Vierge  Marie,  je  vous  prie  de  lire  ce  petit  abrégé  de  chronique  de 
Tongr?  et  de  Liège  en  quatre  tombes...  recopy  par  Henri  Touilltt  de  Ver- 
riers, 18  mars  ian  1 683,  et  à  lui  appartient  ledit  chronicque. 

Le  volume  comprend  quatre  parties  ayant  chacune  une  pagination  spéciale  : 

i°  Pages  1  à  115  :  Chronique  depuis  le  roi  Bacco  jusqu'à  Pépin  le  Bref;        25 

2°  Pages  1  à  189  :  La  vraye  histoire  et  chronique  de  Liège  appartenant  à 
Henry  Touet  de  Vcrvicrs,  de  la  fondation  de  Rome  à  la  consécration  de  l'église 
de  Visé; 

5°  Pages  1  à  141  :  Deuxième  chronique  depuis  Pirard,  septième  évêque  de 
Liège,  jusqu'en  1141,  suivie  du  récit  de  la  fondation  de  Borne,  pages  1 13  à  116,  go 
de  la  chapelle  de  Notre-Dame  de  Lorellc,  pages  117  à  139  et  actions  dans  la 
cité  de  Liège  sous  le  nom  de  Chiroux  et  de  Grignoux,  pages  139  à  141; 


CHRONIQUES  DU  XVI»  SIÈCLE.  333 

4"  Pages  1  à  6d  :  Troisième  chronique  depuis  Alexandre  Ier  jusqu'en  1694, 
terminée,  pages  bl  à  65,  par  la  Vie  du  chevalier  Bayard. 
Compilation  informe  et  sans  valeur. 

135.-  Un.  Lg,  1743. 

3      Chronique  de   Liège  faite  en  1699,  intitulée  :   Histoire  des  rois,  ducs, 
évêques  de  Tongres  et  des  êrêques  de  Liège  par  Jean  Gilol,  chapelain  de 
Saint- Denis  à  Liège,  suivie  de  différents  traités  sur  icdle  faite  par  Erard 
de  Fadaise,  de  Liège,  le  tout  colligé  à  renfort  de  patience  l'an  j  699. 
Manuscrit  mesurant  0m3I  x  0ml95  de  274  feuillets. 
io      Inc.  :  L'an  de  la  création  du  inonde... 
Des.  :  Finis  tragediae. 

Compilation  dans  laquelle  les  événements  de  l'histoire  générale  tiennent  une 
grande  place.  Elle  reproduit  in  extenso  :  folio  118  v°,  la  sentence  de  Charles 
le  Téméraire  du  28  novembre  1467;  folio  148,  harangue  de  la  jeune  fille 
io  prononcée  à  la  porte  de  Saint-Georges  à  la  joyeuse  entrée  d'Ernest  de  Bavière; 
folio  214,  chronique  admirable  de  la  noble  cité  de  Liège  par  Erard  de  Fallaise, 
l'an  15b7;  folio  215,  mandement  du  14  avril  16U5;  folio  260  v°,  vers  à  la 
ouange  de  la  Cité;  folio  261,  élégie  en  latin  sur  la  mort  de  La  Ruelle. 

136. —  Un.  Lg.,  992  (771). 

20      Chronique  allant  de  Jules  César  jusqu'en  1 171. 

Inc.  :  JNotice  préliminaire  de  certains  peuples  anciens... 
Manuscrit  mesurant  0m31  X  0ml95  de  200  pages. 

Compilation  composée  au  XVIIIe  siècle  d'après  les  recherches  personnelles 
de  l'auteur. 

as      137. —  Un.  Lg,  1464. 

Chronique  des  évêques  de  Tongres  et  de  la  ville  de  Liège  jusqu'en  1389. 
Manuscrit  mesurant  l.'n>318  X  0mi05  de  241  folios,  sans  titre. 
Inc.  :  Remarques  sur  la  création  du  monde... 

Des.  :  //  régnât  environ  dix  ans  et  eut  pour  successeur  Jean  de  Bavière, 
50  S0°  évesque.  Fin  de  cesle  histoire. 


334  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Compilation  faite  au  XVIIe  siècle,  résumant  les  manuscrits  ordinaires  et 
mentionnant  des  faits  de  l'histoire  générale  et  les  fondations  de  couvents  cl 
maisons  pieuses. 

J38.  —  Un.  Lg,  1391. 

Chronique  de  832  à  1452,  intitulée  :  Chroniques  extraites  d'aucuns  vieux  5 
et  anchieiis  registres. 

Manuscrit  mesurant  ()m31  X  0m205  de  26  feuillets,  écriture  très  moderne. 

Inc.  :  Grand  scandale.  L'an  8S2,  il  advint  un  grand  scandale  à 
Rome. 

Des.  :  S'ensuit  la  table  de  tous  les  bourguemailres  créés  à  Liège,  l'an  10 
4283  à  4460. 

Compilation  sans  valeur,  provenant  de  la  collection  Jules  Mathieu  de 
Vervicrs. 

139.  —  Un.  Lg.,  1385. 

Chronique  jusqu'en  1232  intitulée  :  Manuscrit  précieux  sur  l'histoire  de  i.:i 
Liège,  recopié  exactement  sur  l'original  par  Jules  Mathieu. 

Manuscrit  mesurant  0m34  X  0m21  de  15U  feuillets. 

Inc.  :  In  nomine  Do  mini.  Tongres,  un  prince  riche,  homme  sage  et  bien 
avisé... 

Des.  :  Car  dès  l"  heure  que  les  champions  sont  laissés,  le  maire  et  les  20 
échevins  en  sont  juges  et  en  fini  justice.  Explicit. 

A  noter,  folio  41,  la  bataille  de  Liège. 

Chronique  limée  du  XVe  siècle  et,  folio  73,  une  pasquille  wallonne. 

Le  manuscrit  original  se  trouve  à  la  Bibliothèque  Valicane  n°  015709. 

140.  —  Un.  Lg.,  1006  (775).  as 
Chronique  de  Liège  de  4  59  à  1489,  intitulée  :  Histoire  de  Liège  commen- 
çante depuis  Jean  de  Bavière...  qui  at  commencez  de  régner  en  l'année  4390. 

Manuscrit  mesurant  OH  8  X  Uml 17  de  3(>1  pages,  écrit  vers  1643. 

Inc.  :  Jean  de  Bavière,  (ils  d'Albert,  duc  de  Bavière  succédât... 

Des.  :  addition  à  l'année  4 489.  L'an  susdit,  la  peste  fut  sy  véhémente.  so 

Compilation  sans  valeur. 


CHRONIQUES  DU  XVI«  SIÈCLE.  335 

141.  —  B.  R.,  10*44  (6364). 

Chronique  liégeoise  jusqu'en  1462. 

Manuscrit  mesurant  0™30  X  0m205  de  107  feuillets,  du  XVI6  siècle,  portant 
sur  la  reliure  les  armes  des  Bourgmestres  de  Liège  de  1732. 
s      Compilation  très  brève,  sans  valeur. 

142.  —  Ville  de  Liège  (Fonds  Capitaine,  148). 
Chronique  de  Liège  jusqu'en  1727,  sans  titre. 

Manuscrit  mesurant  Um295  X  <lm185\  formé  de  trois  cahiers  non  foliotés. 
Compilation  sous  forme  d'annales  faite  au  XVIIP  siècle,  sans  grande  valeur. 

io      143.  —  Un.  Lg.,  1367. 

Chronique  de  Liège  jusqu'en  1642,  continuée  jusqu'en  1680. 

Manuscrit  mesurant  0m51  X  0mI95  de  2*1  feuillets.  C'est  la  fin  d'un  travail 
dont  la  première  partie  est  perdue  et  qui  comprenait  les  folios  244  à  72a  de 
l'ancienne  pagination. 
15      Inc.  :  De  Richard,  44'  écesque  de  Liège,  l'an  9S9... 

Des.  :  1°  L'an  1642,  le  3  juillet,  mourut  en  la  ville  de  Cvllogne  la  règne 
mère  de  France...;  2°  le  1 4  juillet  4680,  on  a  commencé  à  rebastir  sur  le 
vieux  pillez  le  grand  pont  de  Hug. 

Compilation  sans  valeur  utilisant  les  chroniques  liégeoises  et  certaines  chro- 
20  niques  étrangères.  L'auteur  se  plaît  surtout  à  noter  les  événements  extraordi- 
naires, les  naissances  de  monstres,  etc. 

La  note  suivante  du  folio  109  :  ...  De  Constantinople  et  comme  elle  at  esté 
prise  par  les  Turcs  et  y  est  encore  par  le  présent,  j 678...  donne  l'année  de 
la  rédaction  de  cette  chronique.  A  noter,  folio  158  v°,  un  rlessin  du  château  de 
-25  lluy  en  1594;  folio  121-127,  abrégé  des  persécutions  de  l'Église  et  des  hérésies 
principales  de  chaque  siècle;  folio  212  à  241,  divers  extraits  relatifs  à  l'histoire 
générale. 

144.  —  Ville  de  Liège,  926  (Ancien  de  'I lieux,  100). 
Chronique  de  Liège  en  latin,  sans  titre. 
30      Manuscrit  mesurant  0m2()y  x  Om155  de  544  pages. 
Inc.  :  S.  Marcelltts  natione  Tongrensis... 


336  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Des.  :  Le  manuscrit  s'arrête  au  début  de  1638. 

Armoiries  coloriées  des  évoques. 

Travail  personnel  de  lauteur,  qui  a  beaucoup  utilisé  Chapeauville. 

145.  —  Un.  Lg.,  1152-1155. 

Chronique  de  Liège  intitulée  :  Chronique  liégeoise  el  familière  par  moy  t> 
Albert- Joseph  Gossuart,  achevée  en  juillet  4720. 

Ouvrage  en  quatre   volumes  manuscrits   portant  l'ex  libris   de   l'auteur 
Albert-Jos.  Gossuarl,  jurisconsulte  et  avocat. 

Le  tome  Ier,  comprenant  608  pages  plus  102  pages  de  tables  non  paginées,  va 
des  origines  à  l'an  1717.  Le  tome  II,  comprenant  478  pages  plus  154  pages  de  io 
tables,  est  intitulé  :  Recueil  des  choses  les  plus  remarquables  arrivées  de  mon 
temps  dans  la  ville  et  pais  de  Liège  ou  que  l'on  y  at  appris,  ayant  qmlque 
rapport  ou  intérêt  dudit  pais  ou  des  pais  voisins,depuis  le  mois  d'avril  41 00 
jusque  en  mois  de  septembre  41  il . 

Le  tome  III.  comprenant  301  pages  plus  24  feuillets  non  paginés,  est  relatif  is 
à  la  période  de  17 17  à  juillet  1720.  Le  tome  IV  est  une  continuation  faite  par 
Buido,  comp  enant  451  pages  plus  22  feuillets  non  paginés,  constituée  par  un 
recueil  factice  de  pièces  diverses. 

146.  —Un.  Lg.,  1165. 

Chronique  liégeoise  contenant  :  1°  folios  1  à  55,  des  notices  sur  les  évéques  20 
de  Liège;  2°  folios  57  à  ÎM,  des  notices  sur  la  calhédrale,  le  palais,  les  collé- 
giales, les  monastères,  hospices  et  hôpitaux;  5°  pages  99  à  251,  des  notices, 
par  ordre  alphabétique,  sur  divers  points  de  l'histoire  de  Liège  et  sur  des 
personnages  célèbres  du  pays. 

Manuscrit  mesurant  (>2!)5  X  0m23  de  251  pages,  copié,  au  XIXe  siècle,  par  25 
Epiphane  Martial  sur  un  manuscrit  de  G.  Hoyoux. 

147.  —  B.  IL,  18669  (6585). 

Chronique  intitulée  :  Histoire  du  règne  de  Ferdinand  de  Bavière  (4648- 
4650),  par  Gilles  de  Rigo,  de  Fairon. 

Manuscrit  mesurant  0ml95  X  0mi4  de  162  feuillets,  signalé  dans  B.  C.R.H.,  50 
1"  série,  tome  V,  page  415. 


CHRONIQUES  DU  XVI'  SIÈCLE.  537 

148.  —  Un.  Lg,  li02. 

Extraits  des  manuscrits  Devaulx,  copiés  par  l'abbé  Thys. 

Manuscrit  de  562  pages,  XIX0  siècle. 


10°  Supplément  à  la  liste  des  chroniques  latines. 

s      149.  —  B.  R.,  8513-14  (6573). 
Chronique  de  Liège  jusqu'en  1610. 

Manuscrit  mesurant  Um193  X  0"»167  de  123  feuillets  écrit  en  1619,  conte- 
nant, folios  3  à  48,  une  chronique  universelle  de  258  à  1593  et,  folios  51 
à  121,  une  chronique  liégeoise  de  44  à  1610,  assez  développée  au  début,  dans 
10  le  récit  de  la  vie  des  Saints,  puis  très  résumée  et  sans  intérêt  pour  les  siècles 
postérieurs. 

150.  —  B.  R..  8145  (6550). 
Chronique  des  évêques  de  Liège. 

Manuscrit  mesurant  0"52  x  0,2ia  de  54  feuillets,  du  XVIII'  siècle,  ayant 
is  appartenu  à  l'ancienne  bibliothèque  des  Bollandistes. 

Dissertation  latine  sur  l'histoire  de  Liège,  sans  aucun  intérêt  comme  chro- 
nique. 

151.  —  B.R.,  6007-8  (6546). 
Chronique  des  évêques  de  Liège. 

20      Manuscrit  mesurant  0m50  X  0m216  de  88  feuillets,  du  XVIe  siècle. 

Dissertation  latine  sans  intérêt  complétée  par  la  copie  de  divers  documents, 
bulles  des  papes,  lettres  de  Charles-Quint  dont  on  trouvera  mention  dans 
l'analyse  du  catalogue  Van  den  Gheyn. 

152.  —  B.  R.,  18123-24  (6845). 
25      Chronique  des  évêques  de  Liège. 

Manuscrit  sur  parchemin,  mesurant  0m27  x  0m195,  du  XVe  siècle. 

Tome  II.  43 


338 


CHRONIQUES  LiÉGEOlSES. 


En  vue  de  faciliter  aux  lecteurs  le  contrôle  des  manuscrits  ci-dessus  décrits, 
nous  croyons  utile  de  donner  les  tables  de  concordance  suivantes  : 

1*  Manuscrits  de  la  Bibliothèque  de  l'L'nivcrsité  de  Liège  : 


72  =  6 
174  =  38 
176  =  117 

179  =  29 

180  =  70 

181  =  64 

182  =  28 
183=  5 
418=  48 
424  =  120 
425=  96 
440=  30 
538  =  128 
539=  51 

540  =  111 

541  =  60 

542  =  123 

543  =  72 
619=  55 
629  =  46 
630=  66 


631  =  73 

632  =  88 

633  =  134 

634  =  75 
647  =  94 
656  =  85 

658-59  =  39 
668  =  126 
676  =  41» 

691  =   7 

692  =  47 
769  =  116 

990  =  33 

991  =  49 

992  =  136 

993  =  114 

994  =  110 

1005  =  25 

1006  =  140 

1012  =  87 

1013  =  41 


1014=  43 
1036  =  122 
1044=  74 
1152-55  =  145 
1156=  45 

1165  =  146 

1166  =  129 
1182  =  148 
1263  =  76 
1273  =  82 
1300=  13 

1326  =  119 

1327  =  102 

1328  =  95 
1367  =  143 
1368=  92 
1369  =  15 
1381  =  83 
1383  =  139 
1391  =  138 
1402  =  124 


1445  =  106 
1464  =  137 
1465=  32 
1469  =  125 
1540=  84 
1541  =  130 
1544  =  97 

1742  =  93 

1743  =  34 
1744=  17 

1745  =  135 
1745B=  19 

1746  =  78 

1747  =  81 
1880  =  108 
1966  =  4 
1910  =  103 
2012  =  90 
2032  =  131 
2093=  91 


»0 


)a 


20 


2°  Manuscrits  de  la  Bibliothèque  centrale  de  la  ville  de  Liège 
a)  Fonds  Capitaine. 

133  =  2  et  115       135  =  104       140 


31 


147  =  79   148  =  142 


6)  Manuscrits  de  Theux. 

54  =  98      147  =  24 
61  =  121      148  =  11 

63  =  27      149  =  36 

64  =  56      152  =  12 


66=  112 


115 


26 


153  =  77 

154  =  53 


155  =  52 
156=  62 

159  =  71 

160  =  444 

161  =  61 
199  =  57 


200  =  16 

212  =  35 

213  =  22 
232  =  44 
237  =  65 
258  =  10 


K 


30 


CHRONIQUES  DU  XVI*  SIECLE.  339 

5°  Manuscrits  de  la  Bibliothèque  royale  de  Bruxelles  : 

Catalogue  Van  den  Gheyn. 

6526=      1  6558  =  118  6570=    54  6578=    23 

6533  =      8        6559-60  =    58  6571  =    18  6579  =  109 

5  6534  =      9  6561  =  100  6572  =    63  6580  =  127 

6545  =  152  6564  =  141  6573  =  149  6581  =    89 

6546  =  151  6365  =  99  6574  =  68  6582  =  86 
6o50  =  150  6567  =  101  6575  =  69  6583  =  113 
6551  =    50             6568  =    14               6576  =    20  6584  =    80 

10  6554  =    21  6569  =    59  6577  =  107  6585  -=  147 

4*  Manuscrits  des  Archives  de  l'État  à  Liège  : 

1  =  3  2  =  37  3  =  67  4  =  133  5  =  42  (i) 


(*)  Comme  la  bibliothèque  du  château  de  Warfusée  renferme   un  certain  nombre  de  manuscrits 
de  chroniques  liégeoises,  nous  donnons  la   liste  de  ceux-ci   d'après    la   description    qu'en   a  faite 
13  E.  Poswick,  op.  cit.  dans  le  tome  I  du  Bulletin  des  bibliophiles  liégeois  : 

1.  Manuscrit  de  la  fin  du  XVe  siècle,  signalé  plus  haut,  page  274. 

2.  La  gronde  chronique  de  Liège  dite  des  Chartreux  de  1091  à  1506,  manuscrit  du  XVIe  siècle 
(Poswick,  n»  48),  cf.  note  de  la  page  298. 

3.  Chronique  de  Liège  jusqu'au  28  septembre  1580,  écrite  par  De  la  Pierre  (Poswiek,  n«  85). 

29  4.  Chronique  de  Liège  jusqu'en  1597  (Poswick,  n°  54). 
5.  Chronique  de  Liège  jusqu'en  16 14  (Poswick,  n*  58). 

(i.  Chronique  de  Liège  jusqu'en  1644,  avec  de  nombreux  documents  concernant  la  ville  de  Liège 
et  ses  métiers,  le  texte  des  serments  que  prêtaient  les  évêques  à  leur  joyeuse  entrée,  les  serments  des 
gouverneurs  des  places  fortes,  des  mandements,  des  recès  du  chapitre,  etc.,  touchant  les  troubles 
23  survenus  au  XVIIe  siècle  (Poswick,  n°  10). 

7.  Chronique  de  Liège  jusqu'en  1660,  appartenant  à  Gilles  Raymondi  (Poswick,  n»  56). 

8.  Chronique  de  Liège  jusqu'en  1680,  avec  la  table  des  saints  et  saintes  du  pays  de  Liège,  la  liste 
des  évêques  et  celle  des  bourgmestres  de  Liège  de  1253  à  1712  (Poswick,  n°  87). 

9.  Chronique  des  évêques  de  Liège,  partie  en  latin,  partie  en  français,  rédigée  vers  1895  par  Jean 

30  de  Moxhe,  doyen  du  concile  de  Statte  lez-lluy  (Poswick,  n"96). 


Règne  d'Erard  de  la  Marck. 


Votis  decipimur,  tempore  fallimur  omnes; 
Mars  drridet  curas,  anxia  vita  nihil. 


Ainsi  que  nous  l'avons  déjà  dit  page  143,  tous  les  manuscrits  de  chroniques 
vulgaires  relatant  les  événements  du  XVIe  siècle  doivent  être  examinés  à  part  s 
parce  qu'ils  peuvent  fous  contenir  des  notes  supplémentaires  ajoutées  au  texte 
traditionnel.  Plus  on  se  rapproche  des  temps  contemporains,  plus  ces  notes  se 
multiplient  et  se  diversifient.  Leur  concentration  n'est  pas  facile  à  opérer. 
Il  nous  a  paru  que  la  méthode  la  plus  commode  était  de  répartir  ces  annotations 
par  années.  C'est  le  moyen  que  suggérait  déjà  M.  St.  Bormans  dans  un  rapport  10 
envoyé,  en  1867,  à  la  Commission  royale  d'Histoire,  sur  les  matériaux  dont 
pourrait  être  composé  le  recueil  des  chroniques  liégeoises  autre  que  celle  de 
Jean  d'Outremeuse  (1). 

Dans  ces  annotations,  nous  placerons  toujours  en  tête  et  séparé  des  autres, 
|e  texte  des  manuscrits  les  plus  anciens  qui  ont  jusqu'à  présent  servi  à  recon-  is 
stituer  la  chronique  abrégée  de  Jean  d'Outremeuse  de  1341  à  1  iOO.  ainsi  que 
les  annotations  sur  le  XVe  siècle.  Ce  sont  les  manuscrits  composant  la  catégorie 
ci-devant  appelée  li  et  c'est  celui  de  Grégoire  Sylvius,  ou  manuscrit  2  qui 
servira  jusqu'à  la  fin,  c'est-à-dire  jusqu'en  15'GS,  à  fixer  le  texte.  Ainsi  le  lecteur 
pourra  reconstituer  la  version  entière  de  celte  chronique  la  plus  répandue,  que  20 
notre  méthode  nous  oblige  à  fractionner  année  par  année.  C'est  la  seule  raison 
justifiant  la  place  privilégiée  réservée  à  cette  version  qui  est  loin  d  être,  comme 
le  lecteur  pourra  bientôt  s'en  convaincre,  la  première  en  importance  si  l'on 

(«)   B.  C.  li.  //.,  5<  série,  I.  IX,  p.  4C9. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  341 

adopte  comme  critère  l'intérêt  historique  qu'on  recherche  dans  les  récits  des 
chroniqueurs  anonymes. 

Après  les  astériques,  on  trouvera  les  notes  extraites  de  toutes  les  catégories 
de  manuscrits  ainsi  que  la  mention  de  la  source.  Toutefois  les  passages  qui 
a  proviennent  d'une  façon  non  douteuse  de  la  source  utilisée  par  Mélart  seront 
donnés  séparément.  Ainsi  le  lecteur  pourra  plus  facilement  reconstituer  lui- 
même  la  relation  complète  de  celte  importante  chronique  du  XVIe  siècle. 

1506. 

L'an  J506,  au  commenchement  de  moys  de  janvier,  l'archiduc  Phillippe 
io  envoya  en  Liège  en  faveur  de  monseigneur  Jacque  de  Croy  (l)  qui  tendoit  à 
la  dignité  épiscopal,  mais  ne  profita  riens,  car  Erard  de  La  Marche,  fils  de 
Robert,  conte  de  La  Marche  a,  fut  esleux  en  ebappittre  de  Sainct-Lambert.  par 
le  jour  de  sainct  Antoine  (*),  par  la  voye  de  Sainct  Esprit,  et  estoit  fort  aimez 
du  peuple.  De  laquelle  élection  ledit  archiduc  fut  malcontent  et  montât  sur  la 
is  mer  pour  aller  en  Espaingne,  mais  le  vent  luy  fut  contraire,  et  survint  grand 
tempeste  tellement  qu'il  perdit  aulcunes  de  ses  navires  avec  son  trésor,  et  fut  en 
danger  d'estre  noyez.  TouttelTois  arriva  en  Angletterre  où  ilz  print  terre  et  j.  de  Looz,  121. 
y  fut  receu  honnorablement  en  grand  honneur. 

Le  jour  sainct  Servaix  (3,  an  mesme,  Erard,  esleu  évesque  de  Liège,  print 

20  les  ordres  di-  preslrise  en  l'engliese  Sainct- Laurent  hors  la  cité  de  Liège,  puis 

alla  à  Tongre  où  ilz  fut  consacrez  évesque  (4),  et,  la  veille  del  Pentecoste,  flt 

son  entrée  en  la  cité  en  grande  triumphe  (5).  Lendemain,  célébrât  sa  première 

<•  qui  estoit  comte  de  Clèves  et  d'Aremberg  :  manuscrit  28. 

(')  Jacques  de  Croy,  fils  de  Jean  de  Croy,  comte  de  Chiraay  et  de  Marie  de  Lalaing,  reçu  comme 
25  chanoine  noble  à  Saint-Lambert  le  18  février  1464,  avait  déjà  disputé  à  Jean  de  Hornc,  en  118-2,  la 
dignité  de  prince-évêque  de  Liège.  (Cf.  t.  I,  p   343,  n.  2.) 

(s)  Le  30  décembre  1308  (n.  st.).  Voir  Conclusions  capitulaires  de  Saint -Lambert,  reg,  267,  fol.  5  V. 
(l)  Le  13  mai  1506    Voir  Conclusions  capitulaires,  fol.  2i  v°. 
(  ')  Le  15  mai.  Cf.  Conclusions  capitulaires,  fui.  2  1  v°.  Il  y  séjourna  jusqu'au  18. 
50        (')  Le  30  mai.  Cf.  Conclusions  capitulaires,  fol   23  et  23  V.  Voir  L.-E.  Halkk,  La  Joyeuse  entrée  des 
princes-évèques    de  Liège.    Une  relation  inédile  de  1506,  dans  Leodium,  année  1928,   pp.  29-39,   et 
L'élection  d'Erard  de  la  Marck  au  trône  épiscopal  de  Liège,  dans  B.  I.  A.  L.,  t.  LU,  pp.  27  et  suiv. 


342  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

messe  au  grand  aulteit  en  l'englicsc  de  Liège,  en  grande  dévotion,  présentes 
touttcs  les  cnglieses  collégialles.  Puis  incontinent  après,  alla  prendre   posses- 

J.de  l»67.,  12*.  sions  des  aultres  villes  du  pays  et  contée  de  Looz  (*),  et  après  print  grande 
paine  de  appaiser  les  inimitiéz  et  factions  qui  csloienl  entre  le  peuple  et 
aultres,  et  ne  volul  donner  plus  de  faveur  à  ceulx  qui  tenoient  la  partie  de  s 
La  Marche  que  aux  aultres,  dont  aulcuns  furent  bien  au  bas,  qui  pensoient 
estre  promeus  et  exalleis  en  auctorité.  Et  mis  grande  paine  à  réparer  les  places 
et  forteresses  du  pays,  qui  avoyent  estez  destruictes  par  les  guerres  susdits. 
Premièrement  fist  réparer  le  chasleau  de  Huy  [et  y  fit  faire  un  puis  à  grand 

J.  de  Looz,  153.  despens.  Item  les  chasteaux]  °  de  Dynant,  Slochem  et  de  Franchimont;  ilz  fit  io 
aussi  réparer  Curenge  et  Seraing  (2). 


* 
*     # 


...  En  dit  an,  la  nuiet  de  penteeouste,  at  esté  fait  l'entrée  de  susdit  évesque 
avecque  grande  noblesse  de  ses  amis  et  grande  nombre  de  Franee,  de  Lorrainne, 
de  Germanie,  avecque  grosse  gendarmerie  de  chevatilx  venus  avecque  messire  îs 
Robert  chevalir  (3),  frère  à  l'évesque,  avecque  Gracia  de  Gueldre,  estant 
environ  de  vc  lances  gorgiassement  armés  et  montés,  et  furent  faictes  par  eeulx 
de  la  cité  de  beaux  présens  à  l'évesque  et  des  esbatemens  et  joyeusetés  tous 
plains.  Lendemain,  le  jour  de  la  penteeouste,  al  le  dit  évesque  célébré  sa  novelle 
messe  à  Saint-Lambert  dévotement  et  honorablement.  Le  lendemain,  premier  20 
des  festes,  après  la  messe  chantée,  la  procession  généralle  et  inagnificquc,  tenant 
ludit  évesque  par  trois  jours  courtes  ouvertes  et  en  donnans  vins  et  viandes 
à  ceulx  qui  y  estoient  venus  à  sa  dite  entrée,  mesme  bon  nombre  des  Ligois. 
En  dit  an,  les  frères  Fratres,  qui   est  un  couvent  en  la  cité,  at  esté  érigié; 

«  Passage  omis  dans  le  manuscrit  2.  35 

(•)   Il  fit  sa  joyeuse  entrée  à  Macstricht  le  8  juin,  à  Macseyck  le   15,  à  Drëe  le  18,  à  Hasselt  le  10. 
(Conclusions  capitulaircs,  fol.  21.) 

(*)  Cf.  Euo    Buchi.n,   Erard  de  la  Marck  et  la  restauration  des  forteresses  liégeoises,  dans  Leodilm, 
année  19:28,  pp.  60-81. 

(l)  Robert  II  de  La  .Marck,  seigneur  de  Sedan,  etc.  Cf.  Db  Chestret,  Histoire  de  la  maison  de  La  gi) 
Marck,  pp.  Ibfi  et  186. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  343 

cestui  couvent  tient  les  grandes  escoles  ou  estude  (*).  L'an  mesme.  le  muids  de 
spelte  se  vendoit  xxix  et  xxx  aidants  liégois  (*).  (Manuscrits  60,  fol.  279, 
96  et  97.) 

L'an  mesme,  fut  constituée  l'université  de  Fracforl  par  Joachim,  marquis  de 
3  Brandemborgh,  recteur,  et  approuvée  par  le  pape  Julius  secondus  de  ce  nom. 
(Manuscrit  102,  fol.  126v°.) 

1507. 

L'an  1507,  le  jour  sainct  Michil,  fut  Tillcmon   prinse  et  pillié  par  Monsr 
Robert  de  la  Marche  (3).  frère  à  nostre  évesque  et  par  le  duc  de  Geldre  (4),      j.  deLooz 
io  mais  les  Rivagois  butinèrent  ceulx  qui  avoient  battues  et  furent  déchargiez       123-124. 
de  leurs  fais  affin  de  cheminer  plus  vittement. 

L'an  mesme  l'abbaye  de  Saint-Hubert  en  Ardenne  fut  réformée  par  ledit 
évéque  Erard  a. 

L'an  mesme,  l'évesque  Erard   allât   prendre  possessions  de   l'éveschié  de 
15  Chartres  que  le  roy  de  France  lui  avoit  donnée  (5). 

L'an  mesme,  le  bouloir  à  la  porte  de  Saint-Laurent  ''  fut  commenchiet. 


L'an  XVe  et  VII,  fut  la  ville  de  Tillemont  prins  et  pillée  le  jour  de  Saint 
Michiel  par  Monsieur  Robert  de  La  Marche  %  frère  à  nostre  évesque,  et  par  le 

<•  où  il  envoya  des  religieux  de  Saint-Jacques  en  Liège  :  manuscrit  37,  p.   H5.  —  b  Saint- 

20  Léonard  :  manuscrit  7.  —  '  L'an  1507,  messire  Robert  de  la  Marche,  avec  grose  quantité  d'hommes 

et  des  gens  d'armes  descendit  en  Gueldre  et  eut  la  compagnie  du  duc  de  Gueldre  qui  s'apelloit  Charle 

d'Aigremont  et  allèrent,  le  jour  de  Saint-Michel,  oppugner  Tillemont  et  la  prirent  :  manuscrit  31. 

(')   Le  couvent  des  Frères  de  la  Vie  commune  ou  Hiérony mites  fut  fondé  en  1495  et  non  en  j  SOC. 
Voir  la  note  du  t.  I,  p.  501. 
55       (')  L'effraction  des  céréales  fixée  par  les  Échcvins  de  Liège  pour  l'année  1 506  indique  comme  prix 
moyen  annuel  43  aidants,  ce  qui  est  un  prix  un  peu  supérieur  à  la  normale.  Le  prix  noté  ici  par  la 
chronique  est  vraisemblablement  le  prix  le  plus  bas  atteint  par  cette  denrée  pendant  l'année  1506. 
(3)  Voir  la  note  3  de  la  page  précédente. 
(<)  Charles  d'Egmond,  duc  de  Gueldre  de  1492  à  1538. 
80       («)  Le  28  juin  1507.  Cf.  De  Chestrbt,  op.  cit.,  p.  449. 


544  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

duc  de  Gueldre,  et  domourèrcnt  illecque  quinze  jours,  pillant  et  rançonnant 
et  bruslant  le  plat  pays  jusque  au  portes  de  lïie.^t  et  au  portes  de  Malincs. 
Là  estoyent  à  Malines,  en  minorité  d'aage.  les  quatlres  enfans  de  Philippe  de 
Castille,  quy,  par  les  fenestres  de  leur  ehambre.  voyoient  Franchois  piller, 
rober,  brusler  jusque  aux  portes,  et  estoit  le  pays  sy  estonné  que  on  ne  sçavoit  s 
quoy  entendre.  Iceulx  estoyent  Charle,  empereur  moderne,  Ferdinand,  roy  de 
Hongrie,  .Marie,  vefve  de  feu  Malhias  jadit  roy  de  Hongrie,  et  Eléonor,  moderne 
espeuse  au  roy  Franchois.  Quand  iceulx  Franchois  eurent  pillé,  robe,  bruslé  ce 
bon  gras  pays  de  environ  Tillemont,  et  se  retournèrent  avec  prisonniers  et 
butins,  à  sçavoir  le  duc  de  Gueldre  en  Gueldre,  et  les  Franchois  en  France,  10 
y  eut  une  partie  d'iceulx  quy  se  logèrent  à  Saint-Hubert  en  Ardenne.  Et  y  estoit 
la  noblesse  quy  avoit  réduict  le  duc  de  Gueldre  en  son  pays,  et  quand  ce  vint 
de  nuict,  il  se  désarmèrent  et  défailleront  comme  gens  assurés.  Quand  ce  vint 
sur  le  premier  somme,  qu'ils  avoyenl  beu  plain  leur  teste  de  ce  bon  vin  de 
France,  Monsieur  de  Spontin  (')  et  Monsieur  Jean  de  Hollongne  (8),  tous  deux  io 
chevaliers,  avec  le  beau  bouchier  de  Jambe,  Piret  de  Monpreis,  et  plusieurs 
gentil  compagnons  de  Marche  en  Famine  et  d'ailleurs,  de  liastongne  et  Hou- 
vingne,  lappèrent  sur  tambourins,  et  vindrent  d'une  froisse  sur  le  marché  de 
Saint-Hubert,  et  le  ebaroy  gaigné.  vindrent  rompre  huis  et  fenestres  partout  où 
Franchois  estoient,  et  les  prindrent  prisonniers,  car  peu  y  eut  de  tués,  car  ils  20 
n'avoyent  point  de  défence,  Et  furent  là  Namurois  et  Bovingnois  recouvert  de 
butin,  et  les  pauvres  adventuriers  de  piétons,  quy  à  grand  peine  avoyent 
soulliers  pour  aller  à  pied,  reviendrent  sur  cheval  de  selle,  avec  bon  gros 
et  noble  puissant  prisonnier  franchois.  Ainsy  partirent  au  butin  de  Tillemont, 
mais  combien  que  ce  fust  maulgré  eulx.  sy  firent  ils  restitution  par  force,  23 
et  furent  déchargé  de  leur  fardeau  pour  cheminer  plus  vistement.  [Manu- 
scrits 21,  fol.  284;  29,  fol  240;  33,  fol.  352  v°.  Version  plus  abrégée 
dans  manuscrits  31  et  37 '.) 

i/an  mesme,  le   2i'  mars,  fut  consacrée  l'égliese  et  le   grand  autel  des 

(*)  Jean  de  Sponlin,  ielëvo  la  seigneurie  de  Spontin  le  21  août  141)2,  mort  en  1ÎS18.  Cf.  Laiiâtk,  5(> 
Fiefi  de  Poilvaehe,  p   37î>. 

(')  Jean  de  Ilollogne.  Cf.  Il,  de  Hadigiés,  les  Ecltevim  <if  Namur,  p.  I8G. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  345 

Piedeschaulx  par  nostrc  évesque  et  fut  transférée  la  dédicassc  jusques  au    Fisen,  n,  321 
deuxième  dimanche  après  Pasques  pour  plus  grande  commodité  (1).  (Manu- 
scrit 102,  fol.  126  v°.) 

L'an  dit,  le  25  mars,  Févesque  I  rard  a  consacré  l'église  des  Piedechaux. 
5  Item,  les  Lollarls  furent  mandés  à  Hasque  et  leur  maison  fondé  dudit  Erard, 
mais  leur  église  fut  faicte  environ  Fan  1530  (2).  (Manuscrit  28.) 

L'an  mesme,  at  esté  érigiéc  et  fondée  l'église  et  couvent  des  frères  de  Jheru- 
saleme  en  la  Cilé  oultre  Meuse,  qui  avoit  esté  comenchée  dès  Fan  mil  Yc  et  V, 
at  esté  consacrée,  estant  cesdite  année  achevée.  (Manuscrit  96,  fol.  19  ei  97, 
io  fol.  190  V). 

L'an  1ÎÎ07  le  20e  de  fébvrier,  fut  ratiffiéc  la  paix  de  Saint -Jacque  par 
Févesque  Erard  joint  à  son  chapitre  avec  la  Cité,  sauf  la  modération  contenue 
dans  une  lettre  signée  dudit  évesque  (3). 

L'an  de  grâce  1507,  les  Sœurs  des  Bons  Enfans  sont  venu  de  Kénaut  pas 
13  loing  de  Hasque  demeurer  dans  Liège  et  ont  fait  édifier  leurs  églises  et  couvent 
auprès  de  l'église  paroichial.'  Saint-Hubert,  et  leur  église  fui  consacrée  par 
Erard  de  la  Marche,  évesque  et  prince  de  Liège  (4). 

i/an  i 507,  les  frères  Lollards,  ainsy  communément  nommez,  ou  autrement 
nommés  les  Sellebreurs  (5)  furent  mandé  de  Hasque  par  Févesque  Erard  de  la 
20  Marche  qui  leur  fil  faire  leur  église  dans  la  paroiche  Sainl-Servaix  dans  la  rue 
dite  communément  la  Volicr.  lequel,  estant  achevée,  la  consacrât.  {Manu- 
scrit 43,  fol.  261  v°.) 


(')  Sur  l'inauguration  de  l'église  des  Récollets  et  la  dénomination  Ptedelchautr.  voir  Gobbat,  Liège 
à  travers  les  âges,   t.  IV,  p.  535  et  t.  V,  p.  145.  Les  Frères  de  Jérusalem  étaient  une  autre  façon  de 
25  désigner  les  Récollcts  ou  Piedschaulx.  Cf.  Charte  du  métier  des  Tanneurs  de  1493  et  Gobert,  op.  cit., 
t.  III,  p.  407. 

(*)  Sur  les  frères  Ceilites  ou  Lollard>  à  Liège,  voir  Gobkkt,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  V,  p.  636. 
(!)  Recueil  des  Ordonnances,  2«  série,  t.  I,  p.   1  et  le  cri  du  perron  du  20  février  dans  Paweilhar 
Université,  n.  551,  fol.  500  v»  et  Paweilhar  de  Theux  139. 
30       (*>  C'est  le  18  décembre  14!)(i  que  les  Sépulchrines  de  Neustadt  vinrent  s'installer  à  Liè-c  au  local 
des  Bons-Enf.mts.  Cf.  Gobert,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  222,  et  Dams,  Notices,  t.  Il,  p.  211. 
(5)  Corruption  du  mot  flamand  Ollcbrocders. 

Tous  IL  44 


546  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

1508. 

L'an  1.W8,  la  saison  de.  l'hyvcr  fut  fort  doulce  et  atlemprée  pareillement 
presque  tout  l'année,  tellement  que  les  oyseaux  avoient  leurs  joennes  au  moys 
d'avril,  pareillement  les  arbres  esloient  floris. 

* 

#     * 

Il  consacra  l'église  des  pères  Rccolels  à  Liège.  Il  répara  les  remparts  de  la  s 
Fisen,  il.  32î.  Cité,  il  jetta  les  fondemens  du  palais  épiscopal,  il  fil  commencer  la  statue  d'ar- 
gent de  î^aint  Lambert  à  demy  corps  pour  y  mettre  la  teste  du  Saint  martyr. 
Peu  de  temps  après,  il  fit  faire  une  chasse  aussi  d'argent  pour  les  reliques  de 
Saint  Théodart.  Il  fit  battre  de  la  monnoye  de  bon  aloy  et  coursable  entre  les 
voisins.  Les  Brabançons  ayant  assiégé  Ruremonde,  les  Liégeois  secoururent  io 
les  assiégés.  Plusieurs  possédez  furent  délivrés  du  diable  dans  la  grotte  de 
saint-Hubert,  sous  le  chœur  de  Saint-Pierre,  (Manuscrit  112,  p.  557.) 

L'an  1508,  fut  ordonné  par  l'évcsque  Erard  de  vendre  les  cuirs,  vieux 
souliers,  poissons,  harengs  et  légumes  avec  toute  aultres  herbages  au  vieu 
marchez.  (Manuscrit  57,  pp-  414  et  41  S.)  15 

L'an  1308,  fut  accordé  de  payer  dans  Liège  l'œil  du  moulin,  mais  cest  impost 
fut  révoqué. 

Audit  an,  le  sucre  venant  des  Indes  fut  sy  bon  marché  qu'on  ne  le  vendoit 
que  six  liards  la  livre  à  Anvers. 

1509.  20 

L'an  1509,  l'engliese  des  Frères  Piedschaux  "  en  Liège  fut  consacrée  par 
l'évcsque  Erard  de  la  Marche. 

En  ce  temps,  vindrent  en  Liège  aulcuns  commissaires  de  France,  de  Hrabant 
et  de  Geldre  pour  traiter  de  paix,  mais  rien  ne  fut  conclud. 

L'an  susdit,  l'évcsque  Erard  tint  eompaingnie  au  roy  de  France  en  Italie.       ïs 

•  (1rs  Fratres  :  autres  manuscrits  II. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  347 


* 

*     ♦ 


L'an  1509,  deux  compaignics  de  eavallerie  du  prince  de  Nassaux,  gouverneur 
de  Diest,  forcèrent  de  nuict  le  monastère  de,  Herckenrode.  donnant  tout  au 
pillage  et  ayant  ramassé  tout  l'or  et  l'argent  avec  ies  ornements  et  vases  sacrés  Fisen,  u,  322. 
de  l'Eglise  et  se  disposant  pour  la  fuite.  Le  gouverneur  dudit  lieux,  estant  pour 
5  lors  à  Haske,  en  fut  secrettement  adverti  par  l'abbaise  (*),  lequelle  tout  soudain 
y  accourut  avec  ses  gens  et  ayant  donné  l'allarme  à  tous  les  voisins,  environne 
■edit  monastère  et  les  atlacque  de  furie  pour  les  faire  desloger;  il  fit  eschailler 
jes  murailles  et  monta  le  premier  suivi  de  ses  gens  qui  forcèrent  la  place,  les 
tuèrent  en  partie  et  ûrent  le  reste  prisonniers.  L'évesque  adverty  de  ceci  en  fit 

10  plaindc  audit  ÏNasseau  qui  pour  faire  justice  les  lit  bannir  en  partie  et  le  reste 
publicquement  exécuter.  (Manuscrit  88,  fol  98." 

Douses  compagnies  de  cavalerie  de  la  garnison  de  Diesl  s'eslant  jetlée  dans  le 
monastère  de  Herkenrode,  les  bourgeois  de  Hasselt  en  tuèrent  une  partie,  le 
reste  fut  pris  et  pendu. 

15  Le  prince  lit  publier  divers  édits  contre  les  blasphémateurs;  qu'aucun  de  ses 
sujets  ne  porte  les  couleurs  des  autres  Estais  ni  les  croix  droites  ou  en  sautoir; 
que  tout  voleur  puisse  estre  tué  impunément;  que  les  noms  et  limites  des  fiefs 
et  autres  biens  relevans  du  prince  soient  portés  à  la  Chambre  des  Comptes; 
qu'on  ne  reproche  à  personne  aucun  fait  des    guerres   civiles   ou    factions 

m  passées  (2). 

Il  se  tient  à  Liège  une  grande  journée  d'Ëstat  où  se  trouvèrent  les 
ambassadeurs  de  l'Empereur  et  du  Roy  de  France  pour  ajuster  le 
différent  de  la  Gueldre,  mais  ce  traité  ne  réussit  pas.  (Manuscrit  110, 
fol.  111  et  112.) 

2b      L'an  1509,  pardons  ordonnés  à  Saint-Martin  en  Mont  pour  la  réparation  de 


(*)  Gertrude  de  Lexby,  citée  comme  abbesse  en  i500,  1ÏH5  et  1517.  Cf.  Dams,  Notices,  I,  IV, 
p.  8. 

(*)  Sur  ces  édits,  voir  Chapïauville,  t.  III,  p.  242,  et  E.  Fairon,  Supplément  à  la  liste  chronologique 
des  mandements  et  ordonnances  de  la  principauté  de  Liège. 


34S  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

l'égliese  cl  durèrent  jusques  à  l'an  XVe  nouante,  comme  appert  par  les  bulles 
données  à  ladite  églicsc.  (Manuscrit  102,  fol.  126  v")  (*). 

L'an  mille  VCIX,  Tut  faicle  le  mollin  condist  as  awes.  (Manuscrit  96)  (*). 

1510. 

Néant.  5 

* 
*     # 

Il  se  fit  un  édit  rigoureux  contre  toute  sorte  de  vagabonds  qui  contrefont  les 
mendiants.  (Manuscrits  110,  fol.  H 1 ,  et  412,  p.  357). 

Le  château  de  Hiergcs  ci-devant  ruiné,  estant  réparé,  apporta  de  grandes 
noises  entre  les  familles  nobles  de  Corswarcm  et  d'Lmry.  Ce  différent  alloit 
allumeir  une  guerre  entre  les  Liégeois  et  les  Pays-Bas  si  la  sagesse  du  prince  to 
n'eust  aecoisé  la  querelle.  (Manuscrit  142,  p  337)  (3). 

L'an  1510,  l'évêque  Erard  fut  par  le  roy  de  France  envoyez  en  Italie  auprès 
du  pape.  L'empereur  pour  ce  fait  luy  accordât  ses  régaux  et  le  pape  confirma 
les  privilèges  du  elergéz.  lui  donnant  l'authorité  de  dispenser  les  cas  quy  luy 
Chapeauville.  estoienl  réservez,  tant  vers  les  séculiers  que  réguliers.  Il  rapportai  quantitéz  des  is 
belles  pières  précieuses  et  beaux  joyaux,  desquelles  il  en  fit  offrande  à  Saint- 
Lambert  et  en  ornai  et  embellit  son  fiellre  qu'il  fil  faire  en  haut  sur  le  jubilez. 
Il  fit  aussy  orner  touttes  ses  belles  ebappes  de  très  grande  quantitéz  de  fines 
perles  et  pières  précieuses.   (Manuscrit  46,  fol.  297  V,  ei  47,  fol.  127  v°.) 

Après  il  s'applicquat  à  faire  réparer  et  munir  les  places  fortes  du  pays  comme  20 
Huy  et  son  chasteau,  y  faisant  bâtir  la  tour  de  la  Marche,  Dinant  et  son 
ehasteau,  les  munissant  d'artillerie  et  bonnes  garnisons,  puis  fit  réparer  les 
hangars  de  la  Cité  et  la  place  de  Cerez  (4)  devant  Jemeppe.  Il  embellit  l'église 
cathédralle  de  ses  belles  tapisseries  de  Turquie  et  de  belles  chappes  de  pur  or 

[*)  La  bulle  du  pape  Jules  II  accordant  des  indulgences  à  tous  les  fidèles  qui  contribueront  à  la  25 
réparation  de  l'église  Saint-Martin  de   Liège  date  du  ô  novembre    ISOG.  L'original  se  trouve  aux 
Archives  de  l'Eut  ;i  Liège.  Cf.  Scuoonbroodt.  Chartes  de  Saint-Martin,  n   G4l>,  p.  195. 

(  )  Sur  ce  moulin,  voir  (Iodert,  Lièqc  à  travers  les  âges,  t.  Il,  p.  101). 

(';  Sur  cet  incident,  voir  Dams,  Histoire.  ..du  XVI' siècle,  p.  17. 

(')  Seraingsur-Meuse.  50 


III.  245  et  246 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  349 

et  argent  el  autres  beaux  ornements  '.  Après,  il  fit  commencer  son  palais, 
employant  trengt  deux  ans  à  le  faire  bâtir  comme  on  le  veoit  aujourd'hui,  d'une 
structure  magnifique  et  royalle,  auquel  on  attribue  les  vers  qui  s'ensuivent 
à  sa  louange  : 

3  Frincipis  haec  sedes  qua  pulchrior  altéra  non  est, 

qui  non  banc  vidit,  nihil  is  vidisse  putandus. 

Dans  les  fondements  de  son  palais,  il  fit  mesler  de  la  céruse  '',  de  la  poudre 
et  charbons  et  de  la  laine  pour  les  conserver  contre  1  humidité,  il  fit  assoir  les 
piliers  sur  plomb  et  faire  toutes  les  voûtes  et  galeries  ornées  de  tapisseries  c. 
io  [Manuscrits  45,  p.  715,  46,  fol.  296  v.) 

L'an  1510,  l'empereur  Maximillian,  avec  les  Anglois  assiégea  la  ville  de 
Venlo  en  Gueldre,  sur  la  rivière  de  Meuse,  où  après  plusieurs  assault,  ils  furent 
repoussé  et  la  quittèrent. 

L'an  mesme,  la  mesure  de  froment  seulement  5  à  fi  liard,  et  le  patar  de 
\o  Brabant  ne  valoit  à  Liège  pour  lors  que  deux  aidans  ou  liard  liégeois. 
(Manuscrit  57 ,  p.  415.) 

1511. 

L'an  iU\  S,  aulcuns  ambassadeurs,  tant  de  France  que  de  Brabant,  vindrent 
encor  en  Liège  pour  traicter  de  la  paix  avecq  le  duc  de  Gcldre,  mais  en  vain. 
20      L'an  mesme,  l'hy ver  fut  froid;  et  commençhal  à  galler  envyron  le  sainct 
Martin  en  novembre  et  dura  jusques  en  la  fin  de  febvrier. 

* 
*     # 

L'an  loi!,  étant  retourné  à  Liège,  il  reforma  encor  plusieurs  monastères, 
particulièrement  ceux  de  Cistau,  les  plus  abondans  en  richesse,  élans  comme 
des  libertins,  oulrepassans  leur  institution.  Il  les  remit  en  leur  première  obéis-    Chapeauville, 

HT     **lfi 

25  sance  et  observation  de  leurs  règle.  Celles  de  Vivegnis  qui  vivoient  en  leur 


«  Passage  omis  dans  45.  —  b  de  la   arine  de  seigle  :  add.  manuscrits  38,  46  et  8$.  —  c  Passage 
omis  dans  43. 


5*0  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

J  de  Brusthem,  particulier  furent  obligées  de  se  remettre  en  communauté  sous  la  disposition  de 
vm  89 1        'curs  aDnesse  et  de  ne  plus  sortir  sans  sa  permission,  ce  que  quelques  unes  ne 
pouvant  souffrir,   se   retirèrent  chez    leurs   parens,    en  la   place   desquelles 
il   en   établit  d'autres   (').    (Manuscrit  83,   fol.    130  et   131,  et  manu- 
scrits 59,  44,  46  et  82)  s 

1512. 

L'an  loi 2,  l'hyver  fut  fort  humide  et  pluvieux,  dont  en  la  saison  de  l'esté 
la  peste  régna  en  pîussieurs  lieux,  et  morurent  beaucop  de  gens  û. 

* 

»     * 

L'an  XVe  et  XII,  fit  faire  Erard  la  fiert  Saint  Lambert  à  Liège,  d'or  et  d'ar- 
gent, que  on  port  aux  processions,  et  levesque  donna  la  belle  tapisserie  que  on  io 
décore  l'église  les  bons  jours.  {Manuscrit  27,  fol.  284,  et  manuscrits  29  et 
96,  fol  281.) 

L'an  lol2,  fut  par  notre  évesque  fait  le  fictre  Sainct  Lambert  d'or  et 
d'argent,  où  est  mis  le  corps  sainct  Lambert,  que  l  on  porte  à  la  procession. 
Item  le  fietre  de  sainct  Théodard.  Item  io  chappes  do  drap  d'or,  pleines  de  ts 
perles,  que  les  chanoines  mettent  en  jours  solennels.  Item  la  taies  d'or  et  les 
chassures  d'or  et  pierreries.  Item  le  drap  qu'on  met  devant  l'autel,  de  mesine 
estoffe.  Item  touttes  les  belles  tapisseries  que  l'on  met  dans  le  cœur  alentour, 
où  la  vie  de  Noslre  Dame  et  de  sainct  Lambert  y  sont  figurées,  avec  tous 
les  ornements  de  violet  velours,  dons  digne  d'un  tel  prince.  (Manuscrit  70,  io 
fol.  177,  60  à  la  date  de  1318,  37  à  la  date  de  13 12.) 

L'an  mil  Yc  et  XII,  at  esté  faict  le  grand  honorable  reliquaire  ou  joyeuaulx 
faict  d'or  et  d'argent  et  pierre  précieuses  dont  est  d'or  le  chieffe  de  monsieur 
sainct  Lambert,  que  l'on  porte  communément  aux  grandes  processions. 
(Manuscrits  96  et  97,  fol.  190  v°.)  25 

«  Omis  dans  manuscrit  7. 

(')  Sur  l'abbaye  de  Vivegnis,  voir  E.  I'o.vcrlei,  L'abbaye  de  Vivegnit  dans  B.  S.  A.  //.,  t.  X,  p.  18. 


RÈGNE  IVERARD  DE  LA  MARCK.  381 

L'an  1312.  la  figure  du  corps  de  sainct  Lambert  étante  nouvellement 
achevée,  d'une  structure  admirable  et  magnifique,  toute  chargée  de  diverses 
pierres  précieuses,  les  orphèvres  aians  employé  sept  ans  à  la  fabriquer  aux 
despens  de  lévêque  Erard.  Il  en  ordonna  la  fêle  de  la  translation  le  28*  jour 

s  d'avril  et  fit  un  édit  afin  que  chacun  eût  libre  accès  et  que  la  procession  ne  fût 
troublée,  que  pendant  trois  jours,  l'on  ne  pouroit  appréhender  personne  pour 
debtes,  pour  crimes  ou  banissement,  dont  il  vint  un  très  grand  nombre  de 
personnes  de  tout  côté  pour  voir  cet  excellent  ouvrage  nouvellement  fabriqué 
et  porté  en  procession  par  six  tréfonsiers.  (Manuscrit  85,  fol.  IS1  et  manu- 

io  scrits  39,  44,  46,  82.) 

L'an  mesme,  le  cardinal  donnât  la  tapisserie  du  chœur  de  Saint-Lambert  où 
se  contient  l'histoire  de  Noslre  Dame  et  de  saint  Lambert.  Pareillement  fist 
faire  l'image  de  saint  Lambert  qu'on  porte  à  la  procession,  qui  est  d'argent  doré. 
(Manuscrit  103,  fol.  126  v°) 

13  Ayant  dessein  d'instituer  la  feste  de  la  translation  de  saint  Lambert,  il  le 
communiqua  avec  plusieurs  persones,  non  sans  un  opiniastre  et  longue  résis- 
tance de  quelques  uns.  Il  falloit  que  ce  grand  et  sage  prélast  ne  fust  pas  sans 
adversaire,  afin  que  sa  vertu  et  son  courage  éclatassent  davantage  et  ses  bonnes 
actions  ne  dévoient  non  plus  manquer  de  censeurs  que  les  mauvaises  de 

20  quelques  autres  ne  manquèrent  d'approbateurs.  (Manuscrit  110,  fol.  111  et 
manuscrit  112,  fol.  339.) 

L'an  mesme,  le  29'  de  mars,  ordonnances  faictes  sur  les  renies  et  héritaiges, 
publiées  au  péron  de  Liège  au  son  de  la  trompette  le  17*  d'avril.  (Manus- 
crit 102,  fol.  127)  (*). 

25  1513. 

L'an  1515,  fut  l'hyver  si  long  et  si  froide  que  la  rivière  de  Saync  " 
et  aullres  fleuves  en  France  et  la  rivière  de  Mouse  en  Liège  furent  engallée 
tellement  que  les  chariots  passèrent  sur  la  glace  et  alloient  de  Liège  à  Treict 

«  Salme  :  manuscrit  iS. 
30       (<j  Voir  Recueil  det  Ordonnances  dt  la  Principauté,  2'  s«rie,  t.  I,  p.  15. 


129-130. 


35Î  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

tousjours  sur  la  glace  et  cncor  plus  bas.  Pareillement  la  rivière  du  Rhin. 
L'an  mesme  eut  ung  grand  tumulte  entre  le  commun  peuple  et  le  magistrat 
à  Ayes,  à  Coulongne,  à  Treict  et  pareillement  à  Liège  par  un  dimenche  °  en 
J.  de  Looz,  quaresme,  [que  l'on  dit  encore  aujourd'hui  le  mauvais  dimenche]  que  on 
chantoit  à  l'engliese  Fera  pessima  devoravit  filiiim  meum  Joseph,  et  le  3 
jour  ensuyvant,  dont  Erard  de  la  Marche,  évesque  de  Liège,  print  grand  painc 
et  travaille  pour  les  appaiser  et  furent  les  hourgois  en  armes  sur  le  marchie 
près  de  combattre  ''  et  faire  des  grands  niaulx,  mais  le  bon  prince  trouva  moyen 
de  faire  retirer  chascun  sur  sa  chambre,  où  ilz  alla  en  personne  pour  ouyr 
leurs  intentions,  et  en  sortant  hors  tombil  et  se  rompit  ung  jambe,  qui  fut  cause  10 
qu'il  demoura  en  sa  chambre  plus  de  deux  moys;  enfin  ladicte  sédition  par  son 
bon  moyen  fut  appaisée  (*). 

* 

*     # 

L'évesque  Erard  fil  mettre  dans  le  cœur  de  Saint-Lambert  un  grand  chande- 
lier de  cuivre  portant  15  chandelles.  (Manuscrit  57 ,  p.  4-17 .) 

L'an  15! 3,  les  Sœurs  Grisses  sont  venues  demeurer  dans  Liège  et  ont  fait  15 
édiffier  leur  église  et  couvent  en  la  paroiche  de  Sainct-Rcmy  par  les  aumosnes 
des  gens  de  bien,  el  leur  église  fut  consacrée   par  l'évesque  Erard  de  La 
Marche  (2).  [Manuscrit  45,  fot.  261  V.) 

L'an  mesme,  le  roy  d'Escosse  (3),  en  une  bataille  contre  le  roy  d'Angleterre 
son  beau-frère,  fut  tué  et  avec  luy  ung  archevesque,  deux  évesques,  quattres  20 
abbés  et  trengt  quattres  nobles  chevalliers,  el  oultrc  ce  huiclz  milles  Escossois, 
sans  les  prisonniers. 

"  en.Caresme  :   manuscrits  S  et  5.  —  b  et   près  de  combattre  et  faire   des   grands   maulx   : 
manuscrits  S  et  3. 

(<)  Le  manuscrit  4b,  fol.  2til  v,  date  erronément  cet  incident  de  1S10.  25 

(»)  Sur  l'établissement  des  Sœurs-Grises   ou   Sœurs   hospitalières   de   l'ordre  de    Saint-François 

d'Assise,  voir  Gobert.  Liège  à  travers  tes  tiges,  t.  Il,  p.  581. 

(')  Jacques  IV,  roi  d'Ecosse  de  1488  à  1513,  fut  tué  à  la  bataille  de  Floddcnfield.  Il  avait  épou*t 

Marguerite,  sœur  de  Henri  VIII,  roi  d'Angleterre. 


10 


RÈGNE  DERARD  DE  LA  MARCK.  353 

L'an  mesme,  les  Portugalois  prindrenl  Malaga  en  Indes,  en  laquelle  estaient 
25  milles  maisons. 

L'an  mesme,  fut  accomplis  le  conseille  de  Lateran  qui  avoit  esté  comenché 
soub  le  pape  Julie  second  de  ce  nom  (Manuscrit  102.  fol.  127  v")  (1). 

1514. 

L'an  1514,  le  7e  jour  de  marce,  furent  veu  en  l'air  deux  arcq  "  célestes 
(enans  b  les  dos  l'ung  contre  l'autre. 

L'an  mesme,  perist  une  fosse  à  heulles  à  YYeis  dicte  à  Barbeau  où  périrent    Cnapeauviiie, 

no  •        c  III,  Soi. 

Uo  ouvriers  . 

* 
*     * 


L'an  mesme,  à  Wittemberch  au  pays  de  Saxe,  furent  veus  trois  soleils  et  une 

espée  ensanglanté  en  chascun  soleil.  L'an  mesme,  en  Hollande,  à  Leyden,  qui 

fut  le  trazième  jour  d'octobre,  fut  nay  ung  enfant  sans  teste  avec  deux  iculx  et 

une  bouche  en  la  poictrine,  les  bras  et  mains  attachés  au  flaneq  et  par  embas 

is  tout  rond  sans  pied  et  jamble.  (Manuscrit  27,  fol.  285.) 

Endit  an,  fut  faict  le  mal  et  péril  de  la  fosse  de  Hurbieze  (2)  où  grand 
nombre  de  gens  fut  péris  et  noyés,  lesquels  sont  demeurés  en  ladiltc  fosse. 
(Manuscrits  96 ;  97,  fol.  191  et  98,  fol.  48.) 

Dans  une  houillère  à  Weyz,  il  y  eut  près  de  100  houilleurs  accablés  et 
20  enterrés,  comme  il  est  arrivé  encore  ailleurs  plusieurs  fois  et  naguères  à 
Jemeppe  l'an  1054,  mais  pas  avec  une  pareille  perte  d'hommes.  (Manus- 
crits 110,  fol  111  ;  112,  fol.  559.) 

a  fut  veu  en  l'air  deux  arques  tirante  l'une  contre  l'autre  :  manuscrit  16,  fol.  40.  —  b  tenant  le 
dos  :  manuscrits  !  et  S.  —  c  1108  ouvriers  :  manuscrits  7,  S.  IS  et  56;  ce  chiffre  extravagant , 
-25  qui  n'a  pas  mis  en  éveil  le  sens  critique  de  ces   copistes,  provient   de   la   confusion  des  chiffres 
romains  x  et  m. 

(')  Le  neuvième  concile  général  de  Latran  fut  convoqué  par  une  bulle  du  pape  Jules  II,  datée  du 
18  juillet  151 1.  Il  fut  ouvert  le  5  mai  1512,  et  tint  douze  sessions  successives  jusqu'en  mars  I  517. 
(*)  Sur  ces  deux  catastrophes  minières, voir  Gobeht,  Eaux  et  fontaine»  publique»  à  Liègepp.  lli  et  17  , 
30  d'après  Foullon  II,  p.  220  et  Bbusthsu  (fi.  J.  A.  L.,  t.  VIII,  p.  57). 

Tome  IL  45 


554  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Le  prince  fil  présent  à  l'église  de  Saint-Lambert  d'une  riche  tapisserie 
travaillée  à  Paris  qui  représente  en  partie  la  vie  de  Notre  Dame  et  en 
partie  les  faits  héroïques  de  saint  Lambert.  (Manuscrits  114,  p.  290; 
442,  p.  340.) 

Ceste  même  année,  l'évesque  Evcrard  at  donné  à  l'égliese  de  Saint-Lambert  s 
une  fort  belle  tapisserie  dont  en  est  décorée  le  cœur  au  jour  de  sainct  Lambert. 
{Manuscrits  96  et  97,  fol.  191.) 

Environ  l'an  1514,  le  stier  de  froment  se  vendoit  vinte  deux  aidan  et 
le  wasin  vincle  aidan,  tellement  que  les  brasseurs  vendoient  le  grand  pot 
de  bière  dos  sos  et  le  bannicr  de  hier  se  vendoit  deux  aidans.  El  pour  lors.  io 
tous  les  mesliers  estoient  à  forte  bas  pris,  car  un  couluriequi  faisoitune  perde 
bas  de  chausc  pour  un  homme  avoit  ordinairement  pour  la  façon  trente  siex 
sou,  dont  un  jour  arrivât  que  un  homme  disoit  quy  falloit  avoir  conscience 
donnet  un  vieux  Mafia,  qui  estoit  trente  siex  "  sou  et  un  care.  avec  cella  une 
personne  avoit  pain.  hier,  beurre  et  autre  chose  pour  vivre;  et  un  marichalle  <s 
qui  ferroit  un  chevalle  avoit  ordinairement  pour  un  ferre  un  aidan  et  pour  ses 
peines  avoit  dous  sou.  {Manuscrits  48,  fol.  593,  el  4o,  fol.  262.) 

Au  mois  d'aoust,  gaingna  le  grand  Turck  Selin  à  la  grosse  bataille  (*) 
alenconlre  d'ismael  Couhy,  roy  de  Perse.  An  mesme,  se  mulinèrent  certains 
vilageois  en  Hongrie  contre  la  noblesse  du  pays  et  esleurent  ung  nouveau  roy  20 
nomé  George  échelon  (2),  lequel  puis  après  fut  delïaicl  et  prius  par  Naavoda, 
qui  le  fist  menger  tout  vif  par  pièces  de  20  villageois  qui  avec  luy  furent 
prins,  lesquels  ledit  JNaavoda  par  après  lisl  hacher  en  pièces. 

L'an  mesme.  mourut  Anne  de  Bretagne,  femme  à  Loys,  roy  de  France, 
douzième  de  ce  nom,  le  9e  janvier.  55 

An  mesme,  plussieurs  maisons  bruslées  à  Venize. 


<>  Vingt  :  manuscrit  45. 


(*)  Bataille  de  Chalderon. 

(»j  Georges  Sekel  ou  le  Siculc  était  à  la  tête  des  paysans  révoltes  à  cause  d'une  croisade  ordonnée 
contre  les  Turcs.  Ceux-ci  furent  défaits  prèe  de  Temcsvar  par  Jean  Zapolski.  3® 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  555 


1515. 

L'an  15iî),  morut,  le  premier  jour  de  janvier,   Louis,  douxiesme  roy  de 
France,  à  Paris,  ayant  régnez  17  ans,  auquel  succéda  Franchois  de  Vallois, 

premier  de  ce  nom. 

* 
*     * 

s      L'an  mille  VCXV,...  Marcka  de  Loingne(1), grand  volleur,  avec  ses  complices, 

se  tenant  sur  le  chasteau  de  Loingne  près  Bornai  ens  Ardenne,  détrossèrent  et 

prindrent  les  marchans  amenans  à  Liège  des  viaulx,  le  jour  du  blan  jeudi  devant 

Pasques,  et  tous  les  marchans  de  Horne  et  là  enthour.  (Manuscrit 9 6,  fol.  2  '  0.) 

L'an   15Id,  Jean   Curvimosanus  (J).  abbé  58e  de  Saint-Jacques,  acheva 

io  cette  église  magnifique  de  son  monastère  que  nous  voions  cejourd'hui.  Le 
chœur  fut  commencé  dès  l'a;;  1 420  et  l'église  fut  consacrée  le  i  5  mars  \  532  par 
Gédéon  Van  der  Gracht,  suffragant  de  Liège.  (Manuscrit  8>5,  p.  436; 
manuscrits  39,  44,  46  et  82) 

Un  bourgeois  que  les  sergents  menoient  en  la  prison  du  mayeur,  en  ayant 

'5  blessé  un  et  estant  condamné  par  les  eschevins  à  avoir  le  poing  coupé,  eut 
recours  à  I'official  et  en  empêtra  des  inhibitions  comme  clerc;  mais  celui  qui 
les  intima  aux  eschevins  n'eust  autre  responce  que  du  bourreau  qui  lui  présenta 
la  main  du  criminel,  ayant  à  cet  effet  esté  obligé  de  haster  l'exécution.  (Manus- 
crit 42,  p.  344  et  manuscrit  444,  fol.  294.) 

20      L'an  mesme,  fut  prins  le  chasteau  de  Milan  par  le  roi  de   France.   L'an 

mesme,  fist  son  entrée  en  Anvers  le  duc  Charle  où  il  fut  receu  en  grande 

honneur  comme  duc  de  Brabant  par  tout  son  pays.  (Manuscrit  27,  fol.  285.) 

Pendant  qu'on  faisoit  leurs  procès  (aux  soldats  Allemands  pillant  la  Campine),     Chapeauville, 

III  "53 

vindrcnt  des  lettres  du  roy  de  France  et  de  l'évesque  pour  leur  délivrance,  ce 

25  qui  fit  soupçonner  que  ces  soldats  n'eussent  été  envoyez   par  l'évesque;  où 

chacun  murmurant  contre  sa  personne,  ce  qui  l'obligea  de  retourner  dans  Liège, 

(«)  Le  château  de  Logne  appartenait  au  deuxième  fils  de  Robert  de  la  Marck,  Guillaume,  seigneur 
de  Jamctz.  Il  fut  détruit  en  1521  :  cf.  plus  loin,  p.  565. 

(*)  Sur  Jean  de  Coronmeuse,  voir  D.  U.  Berlièbb,  Monasticon,  t.  Il,  p.  24. 


356  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

où  étant,  il  fit  appeller  les  magistrats  et  conseil  de  la  Cité,  auxquels  il  remontrât 
qu'il  y  avoit  des  malvcuillants  qui  semoient  de  faux  bruicts  contre  sa  personne 
innocente,  leur  commandant  de  s'en  informer  et  les  châtier  selon  leur 
offense,  ce  qu'ils  promirent  de  faire.  La  Cité  esmeue  de  ces  plaintes  députa  de 
chaque  métier  deux  hommes  pour  faire  les  excuses  de  ces  bruicts  semez  par  5 
quelques  témérairs,  lui  offrant  néanlmoins  d'en  faire  convenable  enquête  avec 
offre  de  leur  service  jusqu'au  dernier  soupir  de  leur  vie,  de  quoy  il  fut  satisfaict 
et  content.  Alors,  pour  divertir  sa  colère  et  envy,  il  s'en  alla  divertir  dans 
plusieurs  villes  du  pays,  où  il  fut  bien  reçu  et,  à  son  retour  dans  Liège,  les 
magistrats  et  bourgeois  lui  allèrent  au  devant,  luy  faisant  un  honorable  accueil,  io 
le  priant  d'oublier  ces  faux  bruicts  semés,  ce  qu'il  fit.  (Manuscrit  45,  p.  7 17 
et  manuscrits  44  et  46.) 

1516. 

Néant. 

* 
*     ♦ 

Le  révérendissime  cardinallc  estant  un  joure  en  courte  à  Paris,  où  que  le  is 
roy  de  France  jouant  au  tripot,  fut  question  de  juger  que  le  roy  avoit  joué  sous 
la  corde.  Or  comme  père  La  Marche  avoit  coiidemné  le  roy,  y  demanda  quy 
l'avoit  jugé.    Fut   respondu   par  d'autres  spectateurs  que  sçavoit  esté  père 
La  Marche  qui  l'avoit  condemné.  Le  roy  en  retournant  donnât  un  soufflet 
à  père  La  Marche,  qui  ne  respondit  mot,  seullemcnt  que  de  dire  à  son  page  de  20 
aprester  son  chevalle,  ce  que  le  page  allât  faire,  et  le  révérendissime  cardinalle 
se  sauvât  en  son  pays  de  Liège  et  aprochat  ce  grand  prince  Charles  cinquième 
de  ce  nom,  empereur  des  Romains,  lequelle  a  lousiours  tenu  le  révérendissime 
cardinalle  pour  son  grand  amis,  et  se  servoit  de  luy  comme  d'un  sage  conseil- 
lier,  et  souvent  l'empereur  le  nommoit  son  père  La  Marche.  Et  d'autre  cousté,  25 
le  roi  de  France,  pour  se  venger  du  cardinalle,  luy  osta  l'évesché  de  Noion 
en  France.  Que  sur  ce  entendant,  l'empereur  Charles  donnât  au  révérendissime 
cardinalle  l'évesché  de  Vallence  en  Espagne  pour  récompense.  (Manuscrit  48, 
pp.  392  et  37,  p.  421  et  45,  fol.  262  v".) 

L'an  mil  Ve  et  XVI,  l'empereur  Maximilian  at  esté  en  la  cité  de  Liège,  se 
(Manuscrit  97,  fol.  151) 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  357 

L'an  XVe  et  XVI.  le  vingt  siexièsme  jour  d'octobre,  fut  donné  l'ordre  du 
Toison  d'or  à  Bruxelles  parle  duc  Charle  d'Austrice.   Manuscrit  27,  fol.  285.) 

L'an  1516,  furent  transporté  les  franches  foires  de  Bruge  à  Anvers,  ce  qui 
l'a  rendue  depuis  fort  renommée.  (Manuscrit  57,  p.  420.) 

1517. 

L'an  1517,  fut  faict  Monsr  Corneil  de  Sevenberge,  coadjuteur  de  l'évesque 
de  Liège. 

L'an  1517,  commeneba  à  galler  quattre  jour  après  le  sainct  Martin  et  dura 
continuellement  trois  sapmaines  après  le  Sainct  Poul  n. 


* 
#     * 


10      L'an  1517,  fut  tellement  la  rivière  de  Meuse  engelée  que  l'on  alloit  sur 
la  glace  par  chariot;  le  mesme  en  Anvers.  (Mauuscrit  27 ,  fol.  28S.) 

1518. 

L'an  1518,  fut  faicte  une  paix  et  alliance  f1)  entre  les  pays  de  Brabant, 
Flandre  et  aullres  d'une   parte,   le  roy  de  Castille  et  l'évesque  et  pays  de 
15  Liège  d'autre  part h.  L'an  mesme  °,  la  peste  régna  fort  en  la  cité  de  Coulongne 
et  pareillement  en  la  cité  de  Liège. 

*     * 

L'an  1518,  l'évesque  Erarde  institua  le  conceille  ordinaire  à  Liège  (2)  pour  le 
bien  de  la  République  et  pour  abréger  les  procédures,  lequelle  fut  confirmé  par 
l'empereur  Charles  V  à  la  requeste  dudit  évesque.  (Manuscrit  88.) 

2o      "  Note  marginale  du  manuscrit  S.  —  <>  en  abandonnant  l'aliance  des  François  :  add.  manuscrit  3. 
—  '  L'an  1519  :  manuscrit  I. 

(')  Le  27  avril  1818,  à  Saint-Trond.  Sur  cette  alliance,  voir  de  Marneffe,  La  principauté  de  Liège  et 
les  Pays-Ras,  t.  I,  p.  28,  et  P.  Harsin,   L'alliance  de  la  principauté  de   Liège  avec  les  Pays-Bas  nu 
XVIe  siècle,  dans  Revue  belge  de  philologie  et  d'histoire,  t.  VU  (1928),  pp.  14-18  à  1452,  et  t.  VIII 
25  (1929),  pp.  95  à  128. 

(*)  Voir  Éd.  Poncelet,  Le  Conseil  ordinaire,  tribunal  d'appel  de  la  principauté  de  Liège,  dans  Bull. 

Dl  LA  COMM.  ROY.  DES  ANCIENNES  LOIS  ET  ORDONNANCES  DE  BELGIQUE,  t.  XIII,  pp.   153  à  287. 


358  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

L'an  mesme,  le  douziesme  jour  d'aoust,  se  partit  le  duc  Charte  pour  aller 
recepvoir  la  couronne  d'Espaigne.  L'an  mesme,  commença  Martin  Luther,  de 
l'ordre  des  Augustins,  en  Allemaigne  à  prescher  contre  l'église  catholicque. 
L'an  mesme,  Charles,  duc  de  Brabanl,  fut  couronné  roy  d'Espagne  en  la  ville 
de  Validoire.  (Manuscrit  27 ,  p.  283.)  3 

1519. 

L'an  1519,  morut  l'empereur  Maximiliane.  le  12e  de  janvier,  après  avoir 
tenu  l'empire  53  ans.  L'an  mesme,  (marie  d'Austrice,  roy  de  Castille,  par 
la  sollicitation  de  Erard  de  la  Marche,  évesque,  fut  esleux  roy  des  liommains, 
future  empereur.  »a 


* 
*     * 


L'an  mesme  (1519).  fut  faict  nostre  évesque  abbé  de  S.  Michiel  en  Anvers. 
L'an  mesme,  Henry,  roy  d  Englcte rrc,  rendit  la  ville  de  Tournay  au  roy 
de  France  pour  certaine  somme  de  deniers.  L'an  mesme,  on  vendoit  le  slier  de 
grains  neuf  palar  et  le  stier  de  frument  douze  patar  et  demy.  (Manuscrit  27, 
fol.  286).  15 

L'an  mesme.  on  vendoit  le  stier  de  wassen  56  aidans  et  le  frument 
cinequante  deux  aidans  (1).  (Manuscrit  j  02,  fol   129.) 

1520 

L'an  1520,  en  octobre,  le  12e  jour,  le  susdit  Charte  fist  son  entrée  en 
la  cité,  allant  à  Ayes  pour  recepvoir  la  première  coronne.  Lendemain,  l'évesque  20 
Erard  célébra  la  grand  messe  en  fengliese  de  Liège,  en  présence  dudit  Charte, 
et  puis  fut  faicte  la  procession  ". 


"  L'an  mesme,  le  22'  d'octobre,  fut  ludit  Charles  couronné  à  Aix  en  grande  munificence,  où  fut 
nostre  évesque  présent  :  add.  manuscrit  S. 

(*)   Le  premier  manuscrit  a  noté  les  prix  en  monnaie  forte  et  le  second  en  monnaie  faible.  L'effraction  25 
des  Echevins  de   Liège  de   1519  use  encore  de  la   monnaie  faible  et  donne  pour  le  muid,  qui  vaut 
8  setiers,  la  moyenne  annuelle  suivante  :  epeautre,  47  aidants;  froment,  118  aidants; seigle,  92  aidante. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  359 


* 
*     * 


L'an  mille  VCXX.  l'empereur  Charle  a  fait  son  entrée  en  la  cité  de  Liège  où 
un  peu  auparavant  on  avoit  fait  dorrer  le  peron  sur  la  fontaine,  avecque 
saint  Lambert  près  illeeque  et  autres  choses  à  la  dite  fontaine  en  marchiet,  en 
dit  an  après  son  coronement  fait  à  la  ville  d'Ais,  et  fut  receu  très  honorable- 

s  ment.  Or  au  dit  coronement  à  Aix.  le  conte  palatin  (d)  avoit  à  la  porte  six  cent 
homme  à  chevaulx,  Johan  duc  de  Clève  et  de  Julliers  (2)  en  avoit  nn°  cheva- 
liers bien  armés.  Les  archevesques  de  Mayence  (3)  et  Coloingnc  (4)  constoint 
l'empereur  et  ainsy  entrèrent  en  l'église.  Puis  l'empereur  fist  son  oraison. 
L'archevesque  de  Coloingnc  commenchat  la  messe.  Après  là  ensuyvant,  luy  fut 

10  remonstreit  qu'il  esloit  délibérez  de  maintenir  la  foy,  de  maintenir  justice,  de 
restaublir  l'empire,  avecque  autres  poincts.  Puis  minez  à  l'autel  où  il  at  juré 
seur  les  livres  les  susdits  points.  Puis  retournés  en  son  trosne,  les  princes  lui 
promiltèrent  fidélité,  obéissance  et  services.  Puis  par  les  archevesques  de 
Mayence  et  de  Trive  (5)  est  oinct  en  la  teste,  poictrine  et  ens  autres  lieus,  puis 

15  revestu  d'autres  habilement  et  vestures  et  de  là  l'on  luy  présente  unne  espée 
nue,  luy  rescommandant  la  république.  Après  unne  anneau,  ung  manteau 
royalle  et  la  sceptre  avec  la  pomme.  Quant  ce  vient  à  poser  la  coronne,  les 
trois  archevesque  y  mettent  les  main,  et  puis  fait  encor  serment  de  bon  prince, 
et  lors  sont  grandes  triumphes  faictes  des  trompettes  et  instruments.  Puis  après 

20  les  tables  mises  par  ordre,  où  chascun  selon  sa  qualité  est  assis.  L'on  ataccous- 
tumé  de  rostier  ung  beuf  enlhier  plains  et  emplis  d'autres  et  menues  bestes. 
Deux  fontaines  furent  que  du  long  du  jour  jectèrent  vin  et  ce  au  commun 
peuple.  Lendemain,  il  donne  cheaulx  à  l'archevesque  de  Mayence.  Et  Marga- 
rine, tante  de  l'empereur  estoit  présente...  (Manuscrits  96  et  97,  fol.  19 1  v°.) 

25      Dans  la  mesme  année,  la  peste  régna  par  tout  le  pays  de  Liège,  et  lorsqu'elle 


(1)  Louis  V,  comte  palatin  du  Rhin,  1508-1844. 
(*)  Jean  III,  duc  de  Clèves,  de  Bcrg  et  de  Juliers,  1820-1839. 
(3)  Albert  de  Brandebourg,  archevêque  de  Mayence,  1814-1845. 
(4j  Herroan  de  Wied,  archevêque  de  Cologne,  1818-1847. 
30       (»)   Richard  de  Greiffenclau,  archevêque  de  Trêves,  1811-1851. 


560  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

eut  cessée,  l'empereur  Charles  Quint,  ne  voulant  pas  oblier  les  bons  services 
luy  rendus  par  l'évesque,  vient  à  Liège  pour  le  remercier,  où  l'évcsque  fist 
mettre  tout  son  peuple  sur  les  armes  et  s'alla  recevoir  à  la  porte  de  Sainte- 
Walburge,  et  à  son  arrivé,  les  bourgeois  le  saluèrent  de  leurs  musquetterie  et 
canons,  aussy  bien  que  des  loultes  les  cloches  de  la  ville  et  le  conduisèrent  au  5 
palais  avec  quantité  des  flambeaux  allumés.  Le  lendemain,  1  evecque  célébra  la 
messe  à  Saint-Lambert  avec  un  concert  de  musieque  sans  pareille  et  ensuitte 
il  fist  faire  une  procession  où  s^  trouva  tout  le  clergé  et  tous  les  religieux  de  la 
ville  et  où  ledit  empereur  porta  un  flambeau  blanc  derrière  le  Vénérable  que 
l'évecque  portoit.  Et  après  la  procession,  on  chanta  le  Te  Deum.  Après  quoy,  10 
ledit  empereur  fust  reconduit  dans  le  palais  de  l'évecque  par  les  troix  Estais 
du  pays  où  il  fust  traitlé  très  magnificquement.  De  quoy  il  reçut  beaucoup  de 
contentement  et  l'évecque  des  riches  présents.  Quelques  jours  après,  ludit 
empereur,  ayant  pris  congé,  fust  conduit  par  l'évecque  et  la  noblesse  à  iMaes- 
tricht  et  delà  à  Aix  la  Chapelle  où  il  se  fist  couronner  empereur  et  accorda  15 
beaucoup  de  privilèges  (').  (Manuscrit  82,  p.  523  et  manuscrits  44  et  46.) 

Audit  an,  a  esté  acquestée  et  ordonnée  la  place  et  héritaige  qu'on  dist 
«  à  Lolars  »  par  ceulx  de  la  cité  et  en  despences  d'icelles  et  pains  encoire  leur 
donnarent  rentes  et  aultres  revenues  annuelles  (J).  [Manuscrit  97,  fol.  192.) 

En  temps  de  l'évesque  iWarka,  est  advenus  que  les  surséans  de  Vervy  ne  2» 
vouloient  obéir  à  nostre  mère  la  saincte  Engliese  ny  venir  au  croix,  comme 
est  l'ancienne  coustume  de  l'englicse,  et  comme  tous  aultres  font  la  dernier  des 
festes  de  Pentecouste,  de  manier  que  le  cardinal,  entendant  cela,  jurât  qu'il  les 
feroit  venir  malgré  eulx  et,  tout  dansant,  payer  l'homaige  à  monsr  sainct 
Lambert  et  reeognoistre  messre  du  chapitre  pour  leur  seigneur,  ce  qu'il  font  25 
tous  les  ans,  venant  avec  croix,  tambour  et  fleute,  dansant  ledict  jour  dernier 

(i)  Sur   celte    visite   impériale,    voir  J.   Mattiiiki',    Charles-Quint  à  Liège,    MSO  et  1544    dans 
//.  /.  A.  L.,  t.  XI,  pp.  201  à  222. 

(s)  Le  15  octobre  1519,  les  maitres,  jures  et  conseil  de  la  Cité  de  Liège  avaient  conclu  un  contrat 
avec  les  frères  Cellites  pour  garantir  à  ces  religieux  un  établissement  dans  la  Cité.  (Cf.  Stephani,  30 
Mémoire»  pour  servira  l'histoire  monastique  du  pays  de  Liège,  t.  II,  p.  32!).)   Le  <i  avril  1820,  la  Cité 
faisait  l'acquisition  d'un  immeuble  en  Volière  pour  y  loger  ces  religieux.  (Eehevins  de  Liège,  OEuvrrs, 
n°  89,  fol.  258  y). 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  361 

des  festes  et  les  composant  chascung  cheff  de  mesnaige  à  ung  tournois 
d'offrande,  (leulx  doncq  estant  arrivez  à  la  porte  d'Amercourt.  le  petit  mayeur 
les  va  faire  introduire,  les  amenant  tout  dansant  à  l'église  Saint- Lambert,  du 
costéz  de  Nostre-Dame  au  fondz.  Estant  là,  ils  attendent  jusqu'à  ce  que  la  grand 

s  messe  soit  achevée.  Lors  messrs  les  chanoynes  sont  conduiet  au  vieux  cœur  et 
puis  on  les  faict  entrer  tout  dansant,  venant  illecq  devant  l'autel  saint  Cosme 
et  saint  Damien,  ils  offrent  hors  d'une  bourse  quy  est  pendant  à  leur  croix  or 
et  argent,  promectant  d'cslre  fidèl  et  Ieal  à  mess"  de  l'église,  demourant  bien  et 
stable  en  la  vray  foy  de  nostre  mère  la  saincte  Eglise  et  retourner  l'année  sui- 

jo  vant  avec  mesme  offrande  et  submission,  ce  qu'il  continuent  jusqu'à  mainte- 
nant, ce  qu'ayant  faict,  s'en  retournent  hors  l'église  tout  dansant  (1).  (Manus- 
crit 21,  fol.  60.) 

1521. 

L'an  1521,  fut  une  trahison  conspirée  en  Liège,  par  laquelle  les  conspira- 
i.ï  teurs  avoient  délibéré  livrer  la  cité,  le  jour  de  l'annonciation  Nostre  Dame, 
du  matin,  à  messire  Robert  de  la  Marche  et  ses  enffans  pour  le  roy  de  France. 
Mais  l'affaire  "  fut  descouvertc  tellement  que  les  marchans  x  ou  xn  furent  mis 
en  quatlrcs  quartiers  '  ;  aulcuns  seigneurs  de  l'englie?e  de  Liège  furent  tenus 
suspects  de  ladicte  trahison  et  se  absentèrent  de  la  cité  et  pays,  qui  depuis  n'ont 
20  estez  veus  en  icelle  ou  dedens  le  pays  (2).  L'an  mesme  le  chasteau  de  Longue, 

"  Le  tout,  manuscrit  5 .  —  b  Un  manuscrit  utilisé  par  Foullon,  et  que  celui-ci  dénomme  l'autographe 
d'Olivier  de  Boulogne,  donne  le  texte  suivant  :  dix  ou  douze  marchands  furent  mis  en  quatre 
quartiers,  Mr  de  Beaulieu,  archidiacre  de  Brabant,  fils  de  Robert  de  la  Marche,  et  autres  de  l'église 
Liège  furent  tenus  suspects  et  partant  s'absentèrent  et  ne  revinrent  pas.  (Foullon,  t.  II,  p.  227,  note  2.) 

2b  (')  Sur  les  Croix  de  Vcrviers,  survivance  des  anciennes  processions  banales  ducs  à  Saint-Lambert, 
voir  J.  Hin.v,  Les  Croix  de  Verviers  dans  Bull,  de  la  Soc.  verviét.  d'arcbéol.,  t.  I,  p.  209; 
E.  Fairon,  L'origine  des  Croix  de  Verviers,  dans  la  Chroniqub  de  la  même  société,  16  janvier  1911; 
D.  U.  Berlière,  Les  pvocessions  îles  croix  banales,  dans  Bull.  Acad.  rov.  de  Belgique,  Classe  des 
lettres,  1922,  pp.  419-4-iG;  J.  Feller  et   E.  Fairon,  Les  processions  des  croix  banales  de   Horion- 

ô0   Hozèmont  et  de  Verviers,  dans  Énquètbs  du  Musée  de  la  vie  wallonne,  t.  Il  (1927),  pp.  1-12. 

(*)  Antoine  de  la  Marck,  neveu  de  l'évéque,  chanoine  de  Saint-Lambert  depuis  IS08  et  archidiacre 
de  Brabant  depuis  IBIB,  était  un  des  principaux  conspirateurs.  Il  s'enfuit  en  France  et  devint  abbé 
de  Beaulieu  en  Argonne.  (Gf.  de  Theux,  op.  cit.,  t.  III,  p.  20.) 

Tome  II.  46 


362  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

que  tennoit  par  force  Robert  de  la  Marche,  appartenant  à  l'abbéz  de  Stavelot, 
fut  prins  et  démolits  par  les  gens  de  l'empereur,  ayant  en  assistence  aulcuns 
Liégois.  et  y  furent  prins  22  eompaignons  qui  le  gardoient,  qui  après  furent 
pendus  et  eslrangléz  à  une  arbre  (').  De  ladicle  prinse.  fut  faict  ce  vers  conte- 
nant l'an  :  5 
Loglna  VI  CeCIdlt  qUe  MULtos  anlc  CeCIdlt. 

L'an  mesme,  le  dernier  de  moys  de  may.  la  place  cl  forteresse  de  Messincourt 
fut  rendue  entre  les  mains  de  l'empereur,  pareilliement  Florenge  et  Sauley; 
item  la  maison  et  chasteau  de  Buillon  appartenant  à  l'évesque  de  Liège  fut 
gaingnié  et  prins  et  presque  tout  démollie.  pareilliement  la  ville  de  Mouson  (2).  in 

!  'an  mesme.  messire  Robert  de  la  Marche,  sentant  "  l'armée  de  l'empereur 
eslre  preete  pour  aller  assiéger  sa  maison  d'Esden  (3),  trouva  moyen  de  faire 
et  avoir  paix  aveeq  l'empereur  et  ses  commis,  parquoy  ladit  armée,  qui  estoil 
estimée  à  cent  milles  hommes  combatans,  alla  devant  Masières,  mais  n'y  firent 
riens,  à  cause  de  l'intelligence  que  avoient  les  Franchois  dedans  aveeq  les  ib 
Allemans  et  leur  capitaine  général,  le  eonte  Francisque  (4);  par  quoy  ils 
levèrent  le  camps  et  furent  les  Allemans  cassez 


* 

*     # 


L'an  mesme,  fut  remonslré  à  Charles,  moderne  empereur,  comment,  en 
ses  pays,  il  y  avoit  forteresses  ''  qui  voilent  et  qui  pillent  les  pauvres  gens,  qui 
se  tenoyent  en  Argenteau,  £alme,  Longne,  Florhenge  ',  Misencourt,  Seraing  ''  20 

0  scachant  :  manuscrit  S.  —  6  force  voleurs.  —  e  Floxhenge.  —  d  Sedaing  et  Jamay  :  manuscrit  33. 

(')  Le  château  de  Logne  fut  pris  le  l"mai.  (Cf.  db  Chf.sthet,  Histoire  de  la  maison  de  la  Marck, 
p.  ICI  v°.) 

(sj  Sur  celte  campagne,  voir  Henné,  Hittoire  du  règne  de  Ckarles-Qiiint  en  lielgique,  1. 1,  pp. 302-308. 
Messincourt,  près  d'Ivoix;  le  château  ruiné  de  Sauley,  commune  de  Trouville.  25 

(*j  Après  la  prise  de  Bouillon,  Henri  de  Nassau  se  disposait  à  assaillir  Sedan.  C'est  alors  que  Robert 
de  la  Marck,  perdant  tout  espoir  d'être  secouru,  obtint  une  trêve  de  six  semaines  qui  fut  signée  à 
Balan,  près  de  Sedan.  (Cf.  de  Ciiestrit,  op.cit,  p.  161.) 

(')  Franz  de  Sickingen. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  Là  MARCK.  363 

et  plussieurs  aultres,  dont  fut  ordonné  Monsieur  de  Massault  a  (*),  avec  une 
grosse  et  puissante  armée,  pour  les  défiaire  et  ruiner,  et  ieeulx  de  Longne,  dont 
en  estoit  le  ehief  Monsieur  de  Jamais  l^2),  et  alloyent  aulcunc  fois  à  diex  ou 
douzes  lieue,  et  \enoyent  prendre  ung  homme  sur  son  lict,  comme  ils  firent 
s  à  Jean  Noé  d'Acoche  et  liinet  de  Fresne,  en  les  renvoyent  à  Longne  et  puis  en 
Gueldre,  et  les  ransonnent  à  leur  plaisir.  Et  puis  des  abbés  ont  prins  prison- 
niers et  les  laisser  mourir  en  prisons  et  forteresses,  et  faisoyent  des  maulx 
innumérables,  pillant  et  robanl  les  pauvres  gens.  Dont  le  conte  de  Massault  " 
fut  mettre  le  siège  devant  Longne,  et  fut  illccque  l'espace  de  quattrc  sepmaines 
io  avec  Liégeois,  et  par  ung  jour  de  may  fut  prins  du  malin,  et  les  compagnons  * 
quy  la  gardoyent  prins  et  pendu  à  une  arbre,  et  leur  lieutenant  appelé  Miscl,  et 
la  place  démolie  et  aruynée.  La  dite  date  est  contenue  en  ce  vers  : 

Longia  vi  cecidit,  que  multos  ante  cecidit. 

Le  sieur  d'Argenteau  et  le  conte  de  Salme  (3)  se  apointèrcnt  par  le  moyen  de 
15  leurs  bons  amis,  par  ainsy  demourèrent  les  places  en  estre.  L'an  mesme,  le 
dernier  jour  de  may.  la  forteresse  de  Misencourt  fut  rendue  entre  les  mains  de 
l'empereur,  que  lenoit  messire  Robert  de  La  Marche,  et  fut  tout  démolie.  Après 
alla  mettre  le  siège  devant  Bouilhon,  quy  tenoit  messire  Robert  qui  estoit  une 
place  imprenable,  et  en  peu  de  temps  fut  prinse  miraculeusement  et  réduicte  et 
20  remise  en  mains  de  l'évesque  et  du  cbapittre.  Après  fut  prinse  la  forteresse  de 
Florenge,  et  Monsieur  de  Jamais  prins  prisonniers  et  mené  à  Namur,  et  fut  la 
forteresse  démolie;  pareillement  la  ville  de  Mouson.  (Manuscrits  27,  fol.  286 ; 
33,foL3S4;34  et  96.) 

Le  sieur  d'Argenteau  et  le   conte  de  Salme  se  munirent  de  toutes  pièces 
25  craignant  un  siège.  Si  allât  après  Monsieur  de  Nassoye  mettre  le  siège  devant 

"  Nassau.  —  b  et  les  compangnons  de  dedens  prisonniers  et  leurs  lieutenant,  qui  estoit  appelé 
Niselle  et  Maequea  et  leurs  complices  pendus  et  estrangléz  au  nombre  de  18...  :  manuscrit  29, 
loi.  241. 

({)  Le  comte  Henri  de  Nassau,  capitaine  général  des  Pays-Bas. 
30       [*)  Guillaunis,  seigneur  de  Jamelz,  second  fils  de  Robert  de  la  Marck. 
(')  I.c  comte  Jean  de  Salm-Reiffcrscheid. 


364  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Florengc.  et  fut  prise  el  monsr  de  Jamais  prisonnier  et  aminé  dedans  Namur,  et 
la  forteresse  démolie.  Après  allât  mettre  le  siè^c  devant  Bouillon,  qui  est  à 
l'engliese  de  Sai net- Lambert  en  Liège,  que  lennoit  par  usurpation  sire  Robert 
de  la  Marche;  en  bricffve  fut  prinsc  miraculeusement,  car  c'est  une  place 
imprenable,  puis  s'en  alla  mettre  le  siège  devant  Missencourt,  que  tenoit  encor  s 
messir  Robert,  et  fut  une  espace  de  temps  devant,  et  enfin  fut  prise  et 
démollie,  et  le  eliasteau  de  Bouillon  fut  remis  dedans  les  mains  de  monsieur  le 
cardinal  et  de  chapittre  de  Saint-Lambert  en  Liège.  Puis  tanlost  après,  s'en 
allât  mcllrc  le  siège  devant  iMaisieres  où  il  y  eut  une  «rande  armée,  mais  en  fin 
ce  fut  un  holla  pour  un  mauvais  conduit  qui  estoit  en  l'ost  des  Allemands  et  10 
pour  la  corence  qui  y  estoit  et  pour  le  froid  temps  qui  y  approeboit,  on  levât 
le  siège  et  s'en  retourna  chacun  à  son  plaisir.  (Manuscrit  29.  fol.  240  v° 
et  nianuscrit  oi .) 

L'an  mille  VCXXI,  at  esté  apporté  à  Liège  le  chapiau  de  cardinalité  (4). 
(Manuscrit  96.)  m 

L'an  mesme,  fut  consacrée  l'égliese  des  Augustins  hors  la  porte  d'Avroit 
nouvellement  fondée  et  édilïîée  (2).  (Manuscrit  1 02. fol.  150.) 

L'an  1521,  le  dixiesme  jour  du  mois  de  novembre,  se  firent  telles  déluges  et 
débordements  des  riviers,  lesquels  emportèrent  au  pays  bas  septante  villages 
qui  furent  entièrement  noyez.  (Manuscrit  4S>)  -jo 

1522. 

L'an  1522,  Henry  et  Jean,  frères  de  l'Ordre  de  sainct  Augustin,  furent  les 
premiers  lesquels  pour  la  doctrine  luthérienne  furent  bruslcs  à  Brucelles. 
En  Anvers,  par  la  mesme  doctrine  fut  deslruil  ledit  monastère  des  Augustins. 
(Note  marginale  de  manuscrit  2)  2S 


(')  Cette  nomination  de  cardinal  date  du  9  août  1521.  C'est  donc  par  erreur  que  la  chronique 
rulgaire  signale  à  l'année  1524  l'élévation  d'Eranl  de  la  Mark  à  la  pourpre  cardinalice  (Cf.  I.éon- 
E.  Halkin,  Comment  Erard  de  La  Marck  devint  cardinal,  extrait  de  la  Terre  wallonne,  année  1928.) 

is)  Selon  D.  U.  Berlièiie,  les  Évèques  auxiliaires  de  Liège,  p.  87,  d'après  Ernst,  celte  consécration 
fut  accomplie  le  2b'  niai  l!>27  par  le  suffi  agant  Pierre  van  den  llcnde.  Cf.  Gobeut,  Liège  à  travers  les  30 
àge$,  t.  Il,  p.  79, 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LÀ  MARCK.  365 


# 
#     * 

L'an  4522,  les  Liégeois  furent  avec  les  armes  raviclailler  Bouillon  malgré 
leurs  ennemis  ('). 

L'an  mesme,  la  cité  fit  édifier  l'église  et  couvent  des  frères  Lollards  dit  de 
Celleresse  pour  subvenir  aux  pestiférés,  où  elle  leur  accorda  l'héritaige  que  la 
5  cité  avoit  acquis  l'an  4518,  situé  derrière  Saint-Servais  et  la  rue  del  Volière, 
et  de  leur  payer  encor  annuellement  quelques  revenus  et  aulfres  droits  (2). 

En  ce  temps,  l'empereur  Charles  Quint  avoit  une  grande  guerre  contre 
François  de  Valois,  roy  de  France,  tant  en  France  comme  en  Itallie.  En  ce 
temps,  le  cardinal  fit  abollir  la  hault  vouerie  de  Liège,  qui  avoit  duré  environ 
îe  de  700  ans,  pour  éviter  qu'ils  ne  s'emparast  des  places  fortes  du  pays.  (Manus- 
crit 37,  p.  424.) 

L'an  1522,  la  veille  de  Noël,  les  chevaliers  de  l'Ordre  Saint- Jean  de  Jéru- 
salem, chassés  des  Rodes  par  les  Turcs,  après  l'avoir  tenu  l'espace  de  212  ans, 
se  retirèrent  en  Candie  où,  ayant  demeuré  quelque  temps,  se  retirèrent  partie 
îs  à  Venise  et  partie  en  d'autres  lieux  d'Italie.  L'empereur  Charles  V  leurs  donnât 
l'isle  de  Malte  pour  empescher  les  cours  des  Turcs  par  deçà.  Ceste  isle  at  de 
circuit  environ  50  petittes  lieux,  en  longueur  20  lieux  et  en  largeur  12  lieux, 
esloignée  delà  Sicile  d'environ  00  lieux.  {Manuscrit  88,  fol.  98.) 

1523. 

20  L'an  1523,  environ  la  feste  sainct  Johan  en  jung,  fut  en  la  cité  une  forte 
gallée  et  lieux  circumvoisins.  tellement  qu'on  n'avoit  nulle  espérance  d'avoir  vin 
celle  année,  mais  la  choese  tourna  mieulx  qu'on  n'espéroit  et  furent  les  vins  en 
compétence  a. 

L'an  mesme,  la  ville  de  ilhode  fut  prinse  par  les  Turcques,  le  jour  du  Noël. 

25      "  Passages  omis  par  manuscrits  i  et  7. 

(')  Le  manuscrit  97,  fol.  192  v",  date  cet  événement  de  1523. 
(')  Voir  note  2  de  la  page  560. 


S66  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  1523,  fut  réparée  et  de  nouveau  édifHée  et  refaiete  l'églicse  délie  chaîne 
à  l'hospital  par  le  prieur  d  icelluy  Albero  de  Lembourg  et  l'an  mesme,  fut 
consacrée  par  notre  evesque  Erard  (*),  [le  ie  en  mois  d'octobre,  en  nom  de 
Saint  Mathieu  apostre  et  évangélisle].  (AVe  marginale  de  2,  sauf  le  passage 
entre  parenthèses,  et  manuscrit  1 02,  fol.  /J/.)  » 

1524 

L'an  4S24,  l'évesque  Erard  fut  promeu  à  la  dignité  de  cardinal  [par  les 
faveurs  de  Charle,  cinquiesme  empereur  romain  "]  soubz  le  tiltre  de  saint 
Crisogon  (*).  L'an  mesme,  al  sainct  Martin  en  novembre,  comenchat  à  galler 
si  fort  que  les  vins  s'engallèrenl  dedens  les  tonneaux,  les  bléz  furent  engallée  io 
en  terre,  tellement  que  l'an  après,  fut  cbiere  temps  de  grains;  plussieurs  gens 
de  guerre,  tant  Anglois  que  Franchois  et  aullres,  morurent  en  diverses  lieux  et 
places  de  froid  et  furent  constraint  abandonner  les  champs  et  eulx  retirer.  L'an 
susdit,  aulcuns  !>  avoient  pronosticqués  que  les  eaues  seroient  si  haulles  que 
depuis  le  déluge  universel  navoient  estez  si  haulte,  parquoy  plussieurs,  qui  15 
n avoient  fiance  en  Dieu,  firent  mouldie  grains  et  mettre  en  hault  lieu  avec 
aullres  provisions;  toultefois  il  ny  eut  quelque  apparanec  d'eaue,  mais  ont 
esteis  depuis  beaucop  plus  grande. 

L'an  mesme,  le  roy  Franchois  gaingnat  Milan,  qui  peu  après  fut  reprinsc  par 
les  gens  du  Roy  des  iîommains. 


* 
#     * 


L'an  1524,  furent  faicles  de  grandes  levées  de  gens  de  guerre  au  pays  de 
Gueldre  et  es  environs  jusques  au  pays  de  Liège,  que  l'on  nommoit  les  iNoirs 
houx  ou  Néderlins,  pour  le  service  du  roy  de  France,  lesquels  marchèrent  par 
la  Hasbaigne,  pays  de  Liège,  déclarant  ne  vouloir  oultrager  ledit  pays,  mais 

«  Addition  du  manuscrit  7.  —  b  matématiciens  et  astrologues  :  manuscrit  37,  p.  425.  25 

(')  Sur  l'hôpital  Saint-Mathieu  à  la  Chaîne,  voir  J.  Clvklier,  Al  Chayne,  dans  B.  C.  R.  //.,  t.  I.XXI . 
p.  173,  et  Tu.  GoBEm,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  Il,  p.  504. 
l;)  Voir  plus  haut  page  364,  note  I . 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  367 

seulement  passer  en  France.  De  quoy  les  Namurois  advertis  se  mirent  en 
armes  pour  leur  empesclier  le  passage  avec  le  canon  aux  champs,  mais  il  y 
furent  battus  et  deffaict  et  y  perdirent  leurs  canons  qu'ils  vendirent  au  roy  de 
France.  (Manuscrit  57,  p.  424.) 

s  1525. 

L'an  1525,  fut  prins  le  roy  de  France  prisonnier  devant  Pavie  par  Mr.  de 

Bourbon  et  emenéz  en  Espaingne,  laquelle  prinse  est  contenue  en  ces  deux 

vers  : 

Mater  eras  gaLLo  nVnC  es  fortVna  noVcrCa 

io  Ah  ah  non  dea  Cor  sed  neqVe  peClVs  habes  B. 

Ledit  cardinal  Erard  estoit  aussi  évesque  de  Valence  en  Espaigne  par  la 
donation  de  l'empereur  Charles  V°  de  ce  nom. 

*     * 

L'an  mille  VCXXIIII  et  XXV,  esloint  gens  de  guerre  au  pays  de  Gueldre  et 
là  enthour  prendans  leur  chemin  vers  la  France,  passèrent  au  pays  de  Liège  (*). 

15  Venant  sur  la  conté  de  iNamur,  les  Namurois  le  voulurent  courir  sus  et 
empescher  leurs  chemins,  telemcnt  que  par  armes  il  se  sont  rencontré,  mais  les 
Namurois  furent  bientost  en  grand  nombre  occis,  point  fort  loing  de  leur  ville, 
avec  leur  artillerie  perdue.  Eslans  arrivé  en  France  sur  les  fronlicrs,  survint 
nouvelles  que  vers  Lorainne  et  là  enthour  s'estoint  élevés  et  assembleit  gens 

20  ens  deux  et  troix  troupes  rebelles,  héréticque  et  vagabond,  dont  furent  envoyés 
ses  gens  qui  avoint  deffais  les  Namurois  en  ayde  au  duc  de  Lorainne,  et  ainsy 
joint  avecque  le  duc,  diffirent  et  occirent  par  deux  ou  trois  fois  les  dites  eslevéz 
et  rebelles.  {Manuscrits  96  et  97,  fol.  192  v>\) 


"  Le  manuscrit  2S,  fol.  194,  donne  après  ces  deux  vers  les  deux  autres  suivants,  dont  le  premier 
25  est  également  cité  par  Chapeauville,  t.  111,  p.  292  : 

Pro  Zephyro  boream  gallicus  orbis  habet 
Arma  Aquile  yincunt  lilia  celsa  trucis. 

({)  Cf.  Mandement  du  5  avril  1525  pour  la  défense  du  pays  de  Liège. 


S6K  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

1526. 

L'an  1526",  ordonnât  le  cardinal  Erard  de  la  Marche  la  feste  et  processions 
del  translation  Monsr  sainct  Lambert b  et  la  nuict  deldite  feste  le  scerveaux. 
L'an  mesme,  commencbat  le  cardinal  à  faire  édiffler  le  palais. 


L'an  mille  VCXXVI,  at  esté  le  palaix  en  la  cité  de  Liège  par  l'évesque  s 
encommenché,  qui  par  après  at  esté  parachevez  magnifiquement  et  richement 
par  Erard  évesque;  et  au  dit  an,  at  esté  par  l'évesque  chaseun  an  instituée  et 
ordonnée  une  belle  procession,  le  jour  de  la  translation  de  saint  Lambert,  qui 
est  le  xxvme  d'avril.  Et  fut  ordonné  que  la  nuict  de  la  procession,  se  feroit  ung 
surguait  L  par  les  lais  de  la  cité,  comme  les  compaignies  '  et  aucuns  des  10 
mestiers  tous  en  armes  et  unne  foire  ou  franche  feste  se  feroit  en  la  rue  de  four 
Chestea  '.  (Manuscrit  96,  fol.  28A  v° :  manuscrit  97,  fol.  193.) 

Aucuns  ont  escril  que,  l'an  1526,  fut  commencé  à  bastir  le  palais  épiscopal  de 
Liège  par  le  cardinal  et  à  ses  propres  despens.  Néanlmoins  il  consta  icy  dessus 
qu'il  estoit  desja  en  estre  l'an  1520,  lorsque  l'empereur  Charle  Quint  y  fut  is 
logez.  Ergo  il  avoit  esté  basti  et  commencé  encor  auparavant.  Aussy  est-il  dit 
dans  un  aultre  endroit  qu'il  employa  32  ans  avant  de  l'achever.  Et  comme 
il  constat  qu'il  est  mort  l'an  1538,  il  fault  qu'il  l'ait  commencé  à  bastir  l'an  1506 
de  son  advènement  à  l'éveschéz.  Or  soit  quil  en  soit,  c'est  un  superbe  et  magni- 
ficque  basliment  directement  situé  chasque  costé  vers  les  qualtres  parties  du  20 
monde.  (Manuscrit  37,  p.  426.) 

Le  révérendissime  Erard  de  la  Marche  at  enrichy  la  procession  del  glorieux 
martire  sainct  Lambert,  que  on  nomme  la  Translation,  de  600  florins  de  Bra- 
bant  annuellement,  laquelle  rente  a  estée  acheptée  au  denier  trente,  à  cette  fin 

"  L'an  1524  :   manuscrit  I.  —  b  la  feste  del  translation  saint  Lambert  et  la  foire;  l'an  1526,  25 
ordonnât  de  faire  l'escherwais  avec  la  translation,  asscavoir  la  nuit  :  manuscrit  4.  —  c  un  forhault  : 
manuscrit  97.  —  d  asscavoir  les  vieulx  arbalestriers  sérimentés  à  ladite  cité,  les  vieulx  harquebousier; 
et  les  jeunes  arbalestriers  qui  ne  sont  sermentés  avecque  aucuns  des  mestiers ...  :  aid.de  97. — 
•  en  vénérable  chesteau  :  manuscrit  97. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  369 

que  la  dite  rente  ne  fust  rédimible,  et  pour  le  distribuer  aux  gens  d'églises  au 
retourne  de  la  dite  procession  à  chascun  leurs  quotes  et  portion,  à  scavoir  : 

Au  chapitre  cathédralle  de  Sainct-Lambert,  a  esté  baillé  trois  mille  florins  de 
Brabant  pour  achepter  la  rente  de  cents  florins  de  Rrabant. 

s  A  l'église  collégialle  de  Sainct-Piere,  à  l'église  collégialle  de  Sainct-Martin,  à 
l'église  collégialle  de  Sainct-Paul,  à  1  église  collégialle  de  Saincte-Croix,  à  l'église 
collégialle  de  Sainct-Jean,  à  l'église  collégialle  de  Sainct-Denis,  à  l'église  collé- 
gialle de  Sainct-Bartholomé,  à  chascune  bOO  florins,  manoie  de  Brabant,  pour 
achepter  la  rente  de  vinct  florins,  manoie  de  Brabant,  pour  chascune  à  distri- 

to  buer  au  retourne  de  la  dite  procession  par  quote  et  portion. 

Au  monastère  de  Sainct-Laurent,  de  Sainct-Jacques,  le  révérendissime  car- 
dinale at  voullu,  au  retourn  de  la  dite  procession,  leurs  abbéz  seront  tenus  de 
donner  à  chasque  religieux  double  pitance,à  sçavoir  s'il  ont  chasque  unne  pinte, 
y  leur  donnerat  le  dite  jour  à  chasque  un  pot. 

is  Au  monastère  de  Sainct-Giel,  à  Beaurepart  et  des  Escolliers,  à  chascune 
a  esté  donné  cents  et  quattre  vinct  florins,  manoie  de  Brabant,  pour  achepter 
la  rente  de  six  florins,  manoie  de  Brabans,  pour  chascuns. 

Aux  quatlres  évangéliaires  des  qualtres  stations,  à  sçavoir  le  premier  au 
frères  Mineurs  serat  dressé  son  eschaufaut  honnestement  orné,  et  se  chanterat 

20  le  premier  évangille,  et  auront  la  charge  de  le  garder  les  frères  Mineurs. 
La  deuxième  stations  serat  devant  Sainct-Barlholomé,  de  la  même  forme  et 
manier  comme  devant  les  frères  Mineurs,  et  auront  la  charge  ceux  de  Sainct- 
Bartholomé.  La  troisième  stations  serai  devant  Sainct-Jean-Baptist,  de  la  mesme 
forme  et  manier  comme  devant  Sainct-Bartholomé,  où  se  chanterat  le  troisième 

25  évangille,  et  aurat  la  charge  le  curé  de  Sainct-Jean.  La  quatlriesme  et  dernier 
station  serat  devant  Noslre-Dame  au  Font,  où  se  chanterat  la  qualtrième  évan- 
gille, et  aurat  la  charge  l'archiprestre  de  INostre-Dame,  où  lechaufaut  serat  de 
la  mesme  manier  et  forme  comme  les  autres.  Sy  fut  donné  cent  et  vinct  florins, 
manoie  de   Brabant.  pour  achepter  la   rente  de  quattre  florins,   manoie  de 

30  Brabant,  pour  distribuer  à  chascun  un  florins  de  Brabant  quy  chanterat 
levangille. 

Sy  at  voullu   le  révérendissime   cardinalle   que   s'il   arivoit   que   la   dite 
procession    fust   du   toute    anicillée,    que    messieurs   les   bourgemaistres   et 
Tome  II  47 


370  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

conseil  de  la  cité  de  Liège  pouronl  reprendre  les  dits  rentes  pour  marier  cinques 
pauvres  filles  de  bonne  famés  tirées  hores  des  cinques  vinaves,  entre  les 
murailles  tous  les  cinq,  pour  les  acoutrer  et  en  don  de  mariages. 

Sy  at  encore  voulu  le  révérendissime  cardinalle,  à  cette  fin  que  la  dite 
procession  fust  gardée  et  continuées  à  jamais,  estre  fait  quattre  instrument  s 
originaux  dont  une  coupie  serai  mise  ens  archives  de  l'église  cathédralle,  la 
deusième  coupie  ens  archives  de  Sainct-Piere.  la  troisième  coupie  serat  ens 
archives  des  eschevins  de  Liège,  la  quatrième  coupie  serat  mise  ens  archives 
de  la  cité  de  Liège. 

^y  at  encore  voulut  le  révérendissime  cardinalle  que  s'il  avenoit  que  la  dite  10 
procession  demourast  aucunes  années  sans  faire,  que  l'argent  des  rentes  des 
années  susdits  que  on  achepteroit  des  nouvelles  rentes  pour  aumenter  les 
revenues  de  la  dite  procession  de  translation  Sainct- Lambert  (*).  (Manus- 
crits 45,  fol.  265;  48,  pp.  587  à  589;  57,  p.  447 ,  daté  par  erreur 
de  1515.)  is 

1527. 

L'an  1527,  fut  la  cité  de  Rome  gaingnié  et  pillié  par  le  noble  Sr.  de 
Bourbon  a.  à  l'instance  de  l'empereur  Charle  et  en  entrant,  fut  ledit  Bourbon 
tirez  mort 6. 

15  il  fut  naiz  Phillippe,  le  premier  filz  de  l'empereur  Charles  5",  le  7*  de  20 

may  c. 

* 
#     * 

Celle  année,  la  ville  de  Rome  fut  prinse  d'assanlt  par  l'armée  de  l'empereur 
Charles  Quint  soubz  la  conduicle  de  Charles  de  Bourbon,  son  lieutenant  géné- 
rale, où  tout  fut  mis  au  fil  de  l'espée,  entièrement  pillée  par  3  jours  continuels. 


"  par  les  soldats  du  noble  sr  :  manuscrit  3.   —   b  fut  tirez  mort  en  eschellant  et  montant  sur  25 
les  murailles  :  manuscrit  3.  —  c  Note  marginale  du  manuscrit  S. 

(4)  Voir  Cartulairc  II  de  la  Collcyialc  Sainte-Croix,  fol.  79,  l'acte  du  l  mai  1 526  par  lequel  Trard  de 
La  Marck  institue  la  procession  de  la  translation  de  Saint-  Lambert  et  en  règle  le  cérémonial.  Traduction 
romane  de  la  même  charte  dans  manuscrit  104,  fol.  99. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  371 

où  le  pape  fut  emprisonné  el  rançonné  à  raison  qu'il  tenoit  la  partie  du  roy  de 
France  et  lui  estoit  contraire.  Mais  ce  fut  au  despens  de  la  vie  dudil  de  Bour- 
bon qui  y  fut  tué  comme  il  montoit  à  la  bresce  sur  une  eschelle,  pour  donner 
courage  à  ses  gens,  d'un  coup  de  fauconneau.  Jamais  ou  ne  vit  commettre  tel 
3  insolence  dans  ceste  pauvre  ville  comme  firent  les  Impériaux,  où  je  renvoyé  le 
lecteur  à  ceux  qui  en  ont  escrit  que  sa  prinse  at  esté  l'an  iu27,  le  (i  de  maye. 
(Manuscrit  57 ,  p.  427.) 

L'an  15'27,  le  Ie  d'aoust,  environ  onze  heur  de  nuicle,  la  ville  de  Maline, 
située  en  la  Brabant,  endurât  une  grande  et  horrible  calamité,  car  la  tonner 

io  esbranla  tellement  la  ville  que  les  cytoyens  pensoient  en  un  instant  estre 
englotty  aux  entrailles  de  la  terre.  Car  après  si  grand  esclat  et  bruicts  horrible 
de  nuées,  comeneat  à  se  manifester  une  esclair  comme  une  lampe  ardante, 
duquel  sorloit  une  puanteur  intollérable  comme  d'un  soufre  sans  c'on  peut 
scavoir  d'où  celle  procédoit,  sinon  ceux  lesquels  ceste  foudre  estoit  tombée;  car 

15  la  foudre  estoit  tombée  sur  la  porte  d'Arène,  en  laquelle  il  y  avoit  plus  de 
800  caques  de  poudre  au  canons.  Cest  embrassement  si  soudain  engendra  une 
si  horrible  confussion  dans  cesle  désollée  ville  comme  vit  oncque  un  plus  misé- 
rable spectacle.  Car  sur  un  clin  d'oeil,  ladit  porte  fut  démollie  et  bruslée 
en  dix  mille  pièces  et  les  murailles  prochaines  jusques  aux  fondemens  et 

20  les  pierres  d'icelles  voilée  par  toute  la  ville  et  l'eau  du  fossé  en  un  moument 
tarie  par  la  grande  chaleur  du  feu. 

Le  lendemain,  on  trouva,  à  l'enlour  de  cet  tour,  bien  500  corps  morts  et 
bien  lîiO  deschirés  et  blessés,  une  femme  que  l'on  tirra  l'enfant  de  son  ventre 
encor  tout  vif,  qui  fut  baplizé;  une  autre  femme  qui  vouioit  fermer  sa  porte 

2b  eut  la  teste  emportée  aussi  net  que  si  elle  eut  esté  coupée  d'un  glaive;  d'autres 
qui,  jouant  aux  caries,  furent  bruslés  de  ce  feu,  hormis  l'hôtesse  qui  estoit  allée 
tirer  de  la  servoise  en  la  cave  fut  eschappée. 

L'n  homme  qui  estoit  caché  en  une  caverne,  sortant  3  jours  après,  demandoit 
avec  une  grande  frayeur  si  le  monde  estoit  encor  en  vie.  Brief.  c'estoit  un  spec- 

so  tacle  horrible  de  contempler  ainsi  ceste  désolée  ville,  n'y  ayant  temple  en  la 
ville  qui  ne  se  rcseulisse,  mesme  les  rues  toute  entière  renversées  et  brisées. 
(Manuscrit  145,  fol.  152.) 


372  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

1528. 

L'an  1528,  le  18e  jour  de  marce,  fut  assiese  dedens  le  coeure  de  Sainct- 
Lanibert  la  sépulture  [el  épitaphe]  du  cardinal,  et  en  la  mesme  année,  fut  dorée 
par  Pierre  le  Conte,  orfèvre,  lors  bourgois  de  Bruxelles,  qui  en  le  doranl  devint 
tout  contraiclz  a  de  ses  membres,  et  plussieurs  de  ses  serviteurs  tnorurent,  et  luy  s 
pour  récompense  eut  toute  sa  vie  certain  pension  dudit  cardinal. 

* 
*     # 

Le  révérendissime  cardinalle  du  lillre  de   Sainct  Crisogone,  évesque  et 
prince   de    Liège,   ayant   à  sa  table  un  nombre  de  prieurs,  après  avoir  fait 
bonne  cbère  au  disner,  Sa  Crâce  avoit  une  eoustume  de  dormire  après  avoir 
mengéà  midy.  Or  comme  il  estoit  eouebé  sur  sou  lit,  un  des  prieurs,  qui  estoit  to 
le  prieur  des  Lsoolliers,  s'en  allai  acoutré  comme  un  more,  semblable  à  celluy 
quy  est  sur  son  tombeau  pour  le  jourdhuy,  et  s'en  allai  ainsy  au  pied  du  lict 
du  cardinalle  et  ouvrât  la  gordme  en  avançant  son  bras  comme  par  forme  de 
l'ajourner  devant  Dieu.  Ce  que  voiant,  le  révérendissime  cardinalle  en  print  une 
crainde  sy  grande  qu'il  en  devient  mallade  à  la  morte,  et  disoil  tousiours  quy  15 
falloit  qu'il  en  mourusl,  et  n'y  avoit  personne  quy  ly  pouvoit  mettre  cest  fanta- 
sies  bores  de  sa  teste,  mais  y  respondit  que  Dieu  l'avoit  ainsy  adjourne  pour 
comparoistre  devant  luy.  Sur  quoy,  survient  un  docteur  quy  luy  remonslrat 
que  ce  n'estoil  que  une  fanlasie  qu'il  avoit  en  teste,  et  qu  il  y  luy  proveroit  en 
luy  faisant  paroistre  le  mesme  more  devant  luy.  A  quoy  le  révérendissime  cardi-  se 
nalle  s'y  accorda,  pourveu  de  luy  faire  paroistre  devant  luy  la  mesme  personne, 
comme  le  docteur  fist,  à  condition  que  le  cardinalle  pardonnât,  mais  quy  seroit 
banny  de  sa  présence  et  de  sa  courte.  Or  suivant  ces  remonslrances  du  docteur, 
le  dite  prieur  des  Escolliers  s'en  allât  racoutré  comme  à  la  premier  fois  et  s'en 
vient  au  lict  du  cardinalle  el  avansat  encore  son  bras.  Ce  que  voiant,  le  révéren-  25 
dissime  cardinalle  commensat  de  dire  que  c'estoit  luy-mesme.  Ce  quy  causal  que 
le  cardinalle  receut  guérison,  et  le  prieur  quy  mourut  de  tristes.  Allors  le  révé- 
rendissime cardinalle  commensat   de  dire  que  sy   après  y  feroit  faire  son 

*  devint  tout  contrefaict  :  manuscrit  S.  —  devint  tout  contraire  de  ses  membres  :  manuscrit  S. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  373 

tombeau  de  la  sorte  avec  le  more,  comme  y  fict  faire  de  cuivre  doré,  quy  pour 
lors  a  cousiez  vincte  quatre  mille  double  ducat,  et  fut  assy  au  milieu  du  cœur 
de  l'église  cathédralle  de  Sainct-Lambert  en  Liège,  l'an  ia28,  le  diex  huitième 
jours  du  mois  de  mars.  Le  dite  tombeau  a  esté  doré  sur  les  grand  champs  de 
s  Sainct-Giel,  par  Piere  Le  Comte  orphèvres  °  (1).  (Manuscrits  57 ',  p.  413 ; 
48,  fol.  262;  46,  fol.  315  ;47,  fol.  126;  48,  p.  384;  72,  fol.  201.) 

Alors  ledit  cardinal  fit  faire  son  tombeau  de  bronze  doré,  où  il  est  lui-même 
fleschy  en  deux  genoux,  ayant  devant  luy  ladille  représentation  de  la  mort 
qu'il  avoit  veu,  avec  celte  épitaphe  : 

m  Erardus  a  Marka  mortem  habens 

pro  oculis  vivus  posuit. 

Ledit  tombeau  a  cousté  24,0(10  doubles  ducats  pour  la  dorure  seulement,  en 
laquelle  Pierre  le  Conte,  orphèvre,  lors  bourgois  de  Bruxelles,  qui  en  la  dorant 
devint  tout  contrefait  de  ses  mains  et  plusieurs  de  ses  serviteurs  en  travaillant 

ts  moururent,  et  luy  toute  sa  vie  pour  récompense  eust  certaine  pension  du 
cardinal. 

Alors  il  disposât  de  ses  biens  et  laissât  à  l'église  Saint-Lambert  la  seigneurie 
de  Welem  près  de  Saint-Trond  (2).  à  la  charge  de  luy  célébrer  son  anniversaire 
après  sa  mort  et  il  disposai  des  personnes  qui  dévoient  assisler,  tant  chanoines, 

»o  prélats,  magistrats,  eschevins  et  autres  officiers,  et  combien  que  chaque  assis- 
tant, officiants  et  serviteurs  de  1  Eglise,  dévoient  avoir  d'argent  pour  les  céré- 
monies qu'il  at  ordonneit  que  on  y  list.  [Manuscrit  46,  fui.  51 S  v°.) 

"  Les  manuscrits  37  et  45  ajoutent  le  passage  suivant  :  je  me  suis  laissé  dire  plusieurs  fois  que 
comme  ledit  prieur  estoit  un  homme  maigre  et  extenuz,  ressemblant  presque  à  une  anatomie  que 
25  homme  vivant,  ledit  Erard  avoit  print  une  coustume  de  l'appeler  «  la  Mort  »  et  sur  cela  ledit 
prieur  print  sujet  ce  jour  de  s'aller  acoustrer  comme  un  vray  mort  et  lui  donner  eeste  trousse  par 
jovialité,  de  quoy  ledit  Erard  en  fut  surprint,  estant  à  mitant  endormi  sur  son  lit  lorsqu'il  y  pensoit 
le  moins. 

(')  Sur  cet  artiste,  voir  Biographie  nationale,  t.  XI,  col.  395. 
30       (*)  Le  cartulaire  dit  de  Wellem,  à  la  Compterie  des  anniversaires  du  chapitre  de  Saint- Lambert, 
contient  le  testament  d'Erard  de  la  Marck  et  des  copies  d'actes  très  anciens  concernant  la  seigneurie  de 
Wellem. 


374  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

...  Couste  ledit  «^pifaphe  vingtc  quatre  milles  doubles  ducats  d'or.  Item  at 
donné  plnssieurs  ornements  et  médailles  d'or  et  d'argent,  en  outres  douxses 
chappes  très  magnificques  ornées  de  toutes  perles,  coustant  alors  chacune 
siex  cents  escus  d'or.  (Manuscrit  25,  fol.  494.) 

Pendant  sa  vie,  après  s'avoir  tousjours  occupé  à  la  fortification  du  pays,  il  se  a 
voulut  faire  un  monument,  ayant  autant  de  soin  de   scavoir  où  son  corps 
reposerat  au  bout  de  son  pèlerinage  mortel  que  où  son  âme  seroit  conduitle 
après.    Il   dressât  doncque  ce   monument  en   sa  mémoir.  laquelle  vrayment 
méritle  bien  d'estre  en  esprit  de  toutte  la  postérité.  Ce  monument  fut  fait  de 
bronze  de  grand  pris,  tant  pour  la  sculpture  que  dorure,  le  tout  fait  en  relife,  in 
placé  au  milieu  du  cœur  Saint-Lambert  et  représentant  l'effigie  dudit  cardinal, 
les  genoux  fleschis  et  les  mains  jointes,  dressant  les  yeux  vers  le  ciel  et  la  morte 
devant  soy  sortant  du  tombeau,  représentée  aussi  à  l'original,  l'appellant  avec 
tous  les  hommes  et  faisant  souvenir  que  par  icelle  on  va  à  la  vie  éternelle  par 
de  continuelles  exercices  de  vertus, qui  sont  représentées  en  posture  relevée  et  au  is 
naturelle  aux  costés  de  ce  monument, ouvrage  tout  doré  et  digne  d'admiration  (4). 

Il  ne  semhloit  pas  au  cardinal  que  ce  fust  assé  avoir  fait  faire  un  monument 
pour  y  enserrer  son  corps  qui  voyoit  de  jour  à  autres  tirer  à  son  décours, 
dressât  des  appareilles  nécessaires  à  son  âme  pour  l'asseurer  au  chemin  de 
l'autre  vie  et  par  suffrages,  prières  et  aumosnes,  la  délivrer  des  peynes  et  20 
l'affranchir  des  empeschements  qu'il  auroit  de  jouir  des  félicitez  éternelles; 
il  fit  donc  des  légats  pieux,  entre  autres  il  laissât  la  signeurie,  biens  et  dépen- 
dance de  Vellem  lez  Saint-Trond  à  l'église  de  Saint-Lambert,  à  charge  de  célé- 
brer Ips  exèques  et  anniversaires  après   sa  mort,  disposant  de  la  forme  des 
personnes  qui  y  deveront  assister,  des  chants,  prières  et  cérémonies  qu'il  veult  23 
qu'on  y  fasse  et  combien  chascun  des  assistants  devoit  avoir,  selon  ses  degréz 
et  mérite,  de  récompense.  Quant  à  son  anniversaire  qu'il  a  fondé  en  rente  avant 
sa  mort,  il  est  de  600  fl.  bbt.  à  divider  comme  il  at  esté  ordonné  par  son 
testament.    Les  vieilles  se   font  après  midy.  le  premier  jour  après  la  feste 
des  Innocens,  le  lendemain  des  festes  de  Noël,  et  la  messe  le  30  décembre  30 
de  chasque  ans.  «  Requiescat  in  pace.  »  (Manuscrit  45,  fol.  286.) 

(4)  Sur  ce  mausolée,  voir  II.  Un  nu.  et  J.  Brassinnb,  L'art  mosan,  t.  Il,  p.  9. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  575 

L'an  1528,  le  dernier  de  novembre,  furent  eslablis  onze  hommes  pour  la 
direction  des  hospitaux  et  lieux  pieux  de  Huy,  et  ce  par  suffrage  de  la  commu- 
nauté (*).  (Manuscrit  88,  fol.  99.) 

Lan  mille  VCXXVIII,  ...  at  esté  par  le  pays  d'Allemaine,  Hollande.  Brabant, 

5  Liège  et  autres  unne  maladie  courante  contagieuse  nommée  mortel  suweur 

à  rayson  que,  aiant  le  corps  arrousé  d'eaue  procédant  du  corps,  l'on  moroit  et 

en  ce  xxim  heures  tout  dormans,  se  l'on  n'estoit  par  quelque  moien  aidés. 

(Manuscrits  7,  96  et  97,  fol.  195  V.) 

Environ  ce  temps  [i528],  l'on  vendoit  à  Liège  le  stier  de  froment  xxii  ai- 
io  dans  ('),  le  wassen  xx  aidans  et  le  muyd  de  bras  xxv  patar  brabant,  qui  estoit 
vflorins  liégeois,  tellement  que  les  brasseurs  vendoient  le  pot  de  bière  wi  sos  et  la 
bannière  se  vendoit  un  aidant  et  wi  soz  liégeois,  mais  comme  le  grain  se  liroit 
fort  des  pays  voisins,  cela  fit  remonter  le  grain,  dont  on  vendit  le  pot  de  bière, 
au  lieu  de  wi  soz,  douze  soz.  qui  estoit  à  2  aidans  la  bannière,  ce  qui  causa  de 
15  grand  murmure  et  fut  cause  de  la  révolte  des  Rivageois  comme  entendre  chi 
après.  (Manuscrit  57,  p.  426  ) 


1529. 

L'an  1529,  fut  concludz  entre  l'Empereur  et  le  Roy  de  France  d'envoyer 
à  Cambray  commissaires  et  ambassades  pour  traicter  de  la  paix  à  la  sollicita- 
20  tion  et  persuasion  du  pape,  tellement  que,  le  2e  jour  de  jullet,  le  cardinal 
Salmatis,  légault  apostolicque  entra  dedens  la  cité  de  Cambray.  audevant 
duquel  alla  loulte  la  clergerie  en  habit  de  religion,  la  croix  devant.  Le  5e  dudit 
moys,  Madame  Margarite,  avecq  ses  dames  et  damoisselles  vint  en  ladit  cité, 


(i)  Cf.  Ernest  Jofken,  Les  Onze  Hommes,  dans  Bull.  Cercle  hutois  Sciences  et  Beaux-arts, 
2b  t.  XV,  p.  129. 

(')  L'effraction  des  céréales  établie  par  les  Ëchevins  de  Liège  pour  1B28  donne  comme  prix  moyen 
du  muid  de  froment  216  aidants,  c'est  à-dire  27  aidants  le  setier. 


376  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

audevant  de  laquelle  allât  Erard,  cardinal  de  Liège  a,  qui  esloit  venu  en  la 
mesme  cité  le  jour  précédent,  et  plussieurs  aultres  seigneurs  depar  Icmpcreur  et 
maison  d'Austrice.  Le  jour  mesme,  y  vint  pareillement  [le  frère  de  lempereur  ' 
et]  .Madame  Loysse.  mère  de  Roy  de  France,  ou  [au  dernier]  la  paix  fut  faicte 
entre  l'empereur  et  le  Roy  de  France,  comprins  pareillement  Ferdinant.  frère  g 
de  l'Empereur.  L'an  susdit,  au  mois  de  septembre,  régnât  en  la  cité  de  Liège 
et  en  diverses  lieux  de  Germanie,  Drabant  et  aultres  pays,  une  maladie  lors 
incognue,  nommée  la  sueur  d'Angletlerre,  et  morurent  beaucop  de  gens,  à  cause 
que  on  ne  scavoit  la  manière  de  les  ayder;  loutteffois  au  buictièsme  jour,  fut 
trouvé  le  moyen,  tellement  que  cestc  maladie  cessa;  aulcuns  n'esloient  malades  10 
que  xu  heures,  aulcuns  plus,  et  aultres  moins,  et  dedans  2i  heures,  estoient 

morlz  ou  hors  de  danger  (1). 

* 
*     * 

L'an  1529,  mourut  vénérable  pater  frère  Thomas  Lamben  (2),  premier  prieur 
des  frères  Augustins  auprès  de  Liège,  après  avoir  présidé  23  ans  à  l 'édifficalion 
dudit  nouveau  couvent.  (Manuscrit  402,  fol.  433.)  *5 

Le  20  septembre,  Vienne  assiégé  par  le  Turc  en  Austrice;  le  15*  d'octobre, 
an  mesme,  fut  enchâssé  le  Turc  Solyman  de  Vienne  par  P...  conte  palatin. 
(Noie  marginale  de  2.) 

1530. 

L'an  1530,  l'empereur  Charles  receut  les  trois  coronnes  de  l'empire  en  la  20 
ville  et  cité  de  Roulongne  (3)  par  le  pape  Clément  7e  de  ce  nom,  avec  grande 
solemnité  et  triumphe,  le  jour  saint  Mathias,  24e  jour  de  febvrier  c. 

"  allât  nostre  évesque  Erard  :  manuscrit  3-  —  b  Addition  du  manuscrit  S.  —  c  Note  marginale 
du  manuscrit  2.  —  L'an  lo30,  fut  le  roy  Charles  couronné  empereur  à  Boulogne  par  le  pape 
Clément  7  en  grande  solennité  le  jour  saint  Matthias  :  manuscrit  3.  25 

(l)  Le  manuscrit  57  date  cette  épidémie  de  1831,  les  manuscrits  7,  96  et  97  de  1528.  Voir  aussi 
Henné,  op.  cit.,  t.  IV.  pp.  257-2ÎS9. 

(*)  D'après  Gouert,  Liège  à  travert  les  âges,  t.  I,  p.  79,  ce  couvent  fut  commeneé  en  1 4-97.  Le  prieur 
fut  Henri  Zeems  et  non  Thomas  Jaupen,  second  prieur. 

(J)   A  Bologne,  en  Italie.  Cf.  Henné,  op.  cit.,  t.  VI,  p.  270.  50 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  377 


* 
*     # 


En  mesme  temps,  vindrent  les  Lolars  premièrement  demonrer  à  Liège  (J). 

L'an  mesme,  fut  assiese  la  première  pierre  du  parlement  à  Maline,  le  vingt 
quatlriesme  de  mars,  qui  paravant  estoit  à  Paris.  [Manuscrit  27.) 

L'an  mesme,  Madame  Marie,  royne  de  Hongrie,  à  Liège.  (Manuscrit  102, 
s  fol.  153.) 

L'an  1530,  le  sucre  étoit  si  bon  marché  qu'on  ne  vcndoil  la  livre  que 
6  liars,  le  froment  par  stier  22  liars,  le  seigle  20  liars,  le  pot  de  bière  8  sols, 
les  4  un  liard  8  sols.  (Manuscrit  47,  fol.  126.) 

En  ce  temps  cy,  les  sciences  et  les  artes  flcurissoient  dans  la  Cité,  notamment 
10  la  médecine,  l'architecture  et  la  peinture.  Lambert  Lombart,  dont  les  princi- 
paux peintres  des  Pays-Bas  ont  esté  les  disciples,  commençoit  alors  à  se  faire 
paroistre.  Ayant  vescu  jusques  au  temps  du  prince  Groesbeeck,  il  mourut 
pcnsionaire  de  Cornillon  où  on  l'avoit  mis  pour  soulager  sa  pauvreté  ('). 
(Manuscrits  110,  fol.  113  V  et  112,  p.  346.) 

io  1531. 

L'an  1531,  au  moys  d'aoust,  fut  veu  un  comète  vers  septentrion,  tenant  la 

queue   vers   occident.  L'an    mesme,  morut  Johan,   conte  de  Home  (3),  qui 

auparavant  avoit  estez  prévost  et  channoine  de  Liège,  et  avoit  résignez  et  prins 

femme  à  cause  que  sa  lignée  finoit  en  luy,  et  n'avoit  son  frère  laissez  aulcun 

20  successeur  en  légittime  mariage  a.  Au  moys  de  septembre,  l'an  mesme,  ung 

°  L'an  mesme,  Johan  de  Horne,  qui  avoit  esté  loing  temps  prévost  de  Liège,  espouzat  femme. 
L'an  mesme,  l'empereur  vint  à  Liège  :  manuscrit  1. 

{*)  Voir  plus  haut,  page  315  note  2. 

(*)  Gobebt,  Liège  à  travers  tes  âges,  t.  II,  p.  443  et  t.  III,  p.  600,  n.  4,  a  définitivement  fait  justice  de 
iS  cette  légende  faisant  mourir  le  grand  artiste  à  l'hospice  de  Cornillon. 

(3)  Les  manuscrits  B  font  ici  une  confusion  de  personnes  que  n'a  pas  commise  le  compilateur  du 
manuscrit  1.  Le  comte  Jean  de  Horne  qui  mourut  en  1551  est  Jean  III,  comte  de  Horne  et  seigneur 
d'AItena,  qui  mourut  sans  descendance.  Pour  ne  pas  laisser  s'éteindre  la  famille,  son  frère  cadet, 
chanoine  de  Saint-Lambert  depuis  1498  et  prévôt  de  la  Cathédrale  depuis  1504,  abandonna  l'état 
30  ecclésiastique  et  se  maria,  en  1532,  avec  Anne  d'Egmont.  Il  mourut  sans  laisser  d'enfant  en  1544. 
(Cf.  ds  Tbbux,  t.  Il,  p.  345). 

Tomb  II.  4S 


378  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

noméz  Gille  de  Haullepenne  ('),  aceompaingné  de  grand  nombre  de  mauvais 
gnrsons.  vint  assiéger  George  de  Floyon  (*j,  channoine  di'  Saint-Martin,  au 
ehasteau  de  Haultejienne  (3).  De  quoy  adverty,  le  eardinal  de  Liège  envoya 
gens  pour  le  faire  retirer  arrière,  mais  pour  ce  que  cculx  qui  allèrent  excédèrent 
leur  commission  à  cause  qu'il  y  esloient  allez  à  bannière  desployé,  comme  en  5 
faict  de  guerre,  les  principaulx  du  faict  eurent  grand  dommaige  et  fuient  en 
grand  dangier,  tellement  que  le  Sr  de  Bnmmal  (4)  et  aullres  parents  dudit 
George,  peu  de  temps  après,  montrent,  comme  on  disoit,  de  deuil  et  miraneolic. 
L'an  mesme,  l'empereur  Charles  cinquiesme  de  ce  nom  vint  en  Liège  °  [où  il 
fut  receu  honorablement]  ''.  to 

L'an  1531,  le  ut" c  jour  de  moys  de  jullelte,  les  Rivagois,  qui  longtemps 
auparavant  avoient  cerehé  occasions  de  faire  quelque  mutinerie  en  la  cité  de 
Liège,  affin  de  le  piller  et  desrober  soubs  umbre  de  faminnes  et  faulte  de 
grains,  car  par  tout  le  pays  y  avoit  grand  deselle  de  grains,  [dont  lesdils 
Rivageois  s'cslevèrent  et  mutinèrent  comme  cy-après  sensuitte  ']. 

Suit  le  rapport  ou  un  résumé  du  rapport  dressé  sur  ces  événements 
par  Guillaume  de  Meeffe,  dit  Champion,  (jrtffier  de  la  Cité  (5). 


"  La  seconde  fois,  le  cinequième  de  janvier  :  manuscrit  S,  fol.  133 V.  —  b  Addition  du  manuscrits. 
—  «le  XVIIe  de  juillet  :  manuscrit  3. 

(i)  Gilles  de  Berlaymont  dit  de  Hautepenne,  second  fils  de  Jean   Bcrlaymont  dit  de  Floyon  et  de  20 
Marie  Hawcau  de  Hemricourt.  Le  Fort  fait  mention  du  siège  du  château  de  Hautepenne,  en  1531,  dans 
1"  partie,  t.  Il,  fol.  14b. 

(')  Georges  de  Berlaymont,  chanoine  de  Saint-Martin,  fils  de  Jean  de  Bcrlaymont,  bailli  de  Hcsbayc. 
11  fit  testament  le  25  avril  1539. 

I»)   Le  conflit  survenu  à  propos  de  la  possession  du  château  de  Hautepenne  fut  successivement  porté  25 
devant  les  juridictions  des  Échevins  de  Liège,  du  Conseil  ordinaire  et  de  la  Chambre  Impériale.  Voir 
le  dossier  119  de  celle-ci  aux  Archives  de  l'État  à  Liège. 

(')  Le  premier  seigneur  île  la  branche  des  Berlaymont  qui  est  intitulé  seigneur  de  Bornai  est  Ghuy 
de  Bcrlaymont  dit  de  Floyon  qui  avait  épousé  Anne  de  Hamal,  héritière  de  Bornai  ;  il  mourut  en  I  522. 
Ses  deux  fils  aines,  Guillaume  de  Bcrlaymont,  chanoine  de  Saint  Lambert,  mort  en  1530,  et  Jean  de  50 
Berlaymont,  bourgmestre  de  Liège  en  1523  et  i527,  mort  en  '529,  n'existaient  plus  en  1531.  11  s'agit 
donc  ici  vraisemblablement  du  troisième  fils  de  Ghuy,  Jeannot  de  Berlaymont.  seigneur  de  Bormeville. 

(»J  H  a  été  publié  par  M.  L.  Polain,  dans  sa  Collection  de  chroniques  liégeoises  inédites,  Liège,  1835. 


RÈGNE  DERARD  DE  LA  MARCk.  379 

L'an  mesme,  régna  la  peste  véhément  en  la  ville  de  Treict  où  morurent  gens 
en  grand  nombre,  et  pareillement  en  la  cité  de  Liège  et  plat  pays  régnoit  une 
flèbvre  tellement  que  plussieurs  gens  morurent  en  frénésie.  Le  2U°  jour  de 
moys  de  novembre,  Monsr  le  cardinal  fist  battre  de  verges  tous  ses  pages  ° 

5  à  cause  qu'il  avoienl  esteiz  accuseis  d'avoir  l'ung  après  l'autre  chevalché  une 
putaine  qui  n'estoit  trop  nette,  entre  lesquels  estoit  ung  nomée  Ringrave 
lequel,  pour  ce  qu'il  estoit  plus  noble  que  les  aultres.  eut  double  correction. 
L'an  et  moys  susdit,  damoiseau  Evrard  de  la  .Marche  (*),  conte  d'Arembrech, 
grand  mayeur  de  Liège,  en  ung  triumphe  à  Bruxelles,  tombit  jus  de  son  cheval, 

io  demourant  l'ung  de  ses  pied  dedens  l'estrié,  et  fut  longuement  sur  terre,  dont 
peu  de  jours  après  morut  et  fut  son  corps  apportez  aux  Croysiers  à  Liège 
emprès  ses  prédécesseurs. 

* 
*     * 

En  ce  temps  mesme,  cieux  de  Huy  se  mutinèrent  pareillement  pour  les 
grains  et,  un  jour  de  marché,  s'assemblèrent  les  Hulois  et  de  leur  vouloir  et 

'.s  authorité,  allèrent  sonner  la  blanche  cloche  pour  assembler  le  peuple  et  vindrent 
les  maistres  et  les  eschevins  de  Huy  là  ils  estoient  assemblé  au  Conseil  et  y  eut 
un  qui  s'appelloit  Hasop  le  Corbesier  qui  frappoit  son  poing  sur  la  table  devant 
les  maistres  et  eschevins  de  Huy,  jurât  par  la  mort  de  Dieu  qu'ils  auroient  des 
grains  à  leur  plaisire,  ce  que  noslre  évesque  par  sa  prudence  appaisat;  aucuns 

jo  d'iceux  vindrent  à  mercy,  les  autres  furent  bannis.  Ainsi  finat  la  mutinerie. 
(Manuscrits  29,  fol.  241  et  31,  fol.  157.) 

1532. 

L'an  io52,  le  premier  jour  de  janvier,  le  cardinal  se  partit  de  la  Cité  et  alla 

à  Curenge,  à  cause  que  le  bruict  estoit  que  l'empereur  passeroit  par  illec.  tirant 

25  vers  les  Allemangne  pour  appaiser  les  séditions  des  héréticques,  et  vint  ledit 

a  Ce  passage  est  omis  dans  beaucoup  de  manuscrits. 

(4j  Evcrard  IV  de  La  Marck,  sire  d'Aremberg.  Cf.  de  Chestret,  op.  cit.,  p.  122. 


iW  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

empereur  à  Treicl  le  21*  du  mesme  moys,  où  ilz  fut  receu  en  grand  triumphe. 

Le  23*,  se  partit  de  Trcict  et  vint  loger  à  Ayes  et  puis  tirât  en  Allemangne  pour 

cause  que  dessus.  Le  premier  jour  du  moys  de  fehvrier  ",  un  g  Rivaigois  fut 

trouvé  ayant  ung  espéc  à  costc.  contre  la  prohibition  faiele,  et  pour  ce  eut  ung 

poing  coppéz  pour  donner  exemple  et  terreur  aux  aultres.  s 

Le  i6'  de  moys  de  marec,  en  l'cngliese  de  Sainct-Marlin,  ung  jeusno  filz  * 

estant  en  genoulx  desouhz  le  clocher  de  l'cngliese  devant  ung  aulteil,  attendant 

l'opportunité  pour  soy  confesser,  fut  tuez  mort  sur  la  place  d'une  pierre  qui 

tombit  du  hault  en  bas  sur  sa  teste.  Le  dernier  jour  dudit  mois,  ung  joenne 

compangnon  fut  occis  sur  les  encloistres  de  Saint-Denis.  Le  lu"  du  moys  d'avril,  10 

sur  la  vesprée,  pleut  en  grande  abondance,  ce  que  n'avoit  faict  plus  de  six 

sapmaincs  par  devant,  et  avoit  on  grand  desetle  d'eaue.  Le  18"  jour  du  mesme 

moys,  greslat  très  fort,   tellement  que   les  glachons  pendoient   aux  vignes, 

et  furent  gastées.  mais  depuis  sortit  de  noveaux  boys  et  portèrent  fruict  en 

abondance  suffisante.  Le  xxvin6  dudit  moys,  troix  Rivagois  fugitiff  entrèrent  ts 

en  la  maison  du  seigneur  de  Uamioulx  ('),  en  l'absence  de  luy  et  de  sa  femme, 

rompirent  les  coffres  et  prindrent  tout  ce  qu'il  peurent  porter  avecq  eulx,  et 

tandis  que  l'ung  rompoit  et  pilloit,  les  aultres  tenoient  les  chamherièrcs.  Le 

premier  jour  du  moys  de  may.dcux  desdits  Rivagois.  avecq  ung  Franchois.  furent 

prins  a  Sainct-IIubert  en  Ardenne  par  le  baillier,  seigneur  de  Modavc,  et  amenez  ao 

en  Liège,  et  récupérât  le  dit  seigneur  de  Ramioulx  son  argent,  saulff  quinse  ou 

saizes  florins  qu'il  avoient  despendus.  Les  susdits  deux  Rivagois,  le  sepfiesme 

de  may,  eurent  les  testes  sur  le  marchié  coupées,  l'ung  esquartelée  et  l'autre  eut 

terre  sainetc.  Le  mesme  jour,  ung  jeusne  garson  qui  avoit  portée  lettre  de 

Chapeauville,    ditïiance  à  l'abbesse  del  Vaulx  Rcnoitte  venant  desdits  Rivaigois,  fut  près  pour  25 
ni  ^  i  r 

estre  pendu  et  fut  jugié.  mais  une  jeune   fille  le  repria  pour  avoir  à  mary 

et  ainsy  fut  relaxez  (2).  Le  huictièsme  jour  dudit  moys,  fut  le  Franchois  susdit 

<•  le  premier  de  mars  :  manuscrit  7.  —  *  une  jeune  garçon  :  manuscrit  6.  —  une  jeune  fille  : 
manuscrit  7. 

(')  Jean   de  Rinckem,  seigneur  de   Ramioul,  cchevin  de   Seraing,   est  cité  dans   une  charte  du  3# 
11  décembre  1533. 

(*)  Sur  cette  coutume,  voir  Ed.  Poullbt,  Essai  sur  l'histoire  du  droit  criminel  dans  l'ancienne  prin- 
cipauté de  Liège,  p.  B42. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  381 

pendu  à  Sainct-Gille  et  estrangléz.  Le  xix"  jour  de  moys  de  jung,  maistre 
Johan.  boreau  de  la  cité,  qui  esloit  bien  en  grâce  d'ung  chascun  pour  son 
bonnesteté,  eut  la  teste  trancbie  et  ne  sceut  on  jamais  la  cause  de  sa  mort, 
exceptez  que  on  disoit  qu'il  avoit  estez  à  Esden,  et  illec  révélcis  aulcun  secret 
5  touchant  les  affaires  des  dits  Rivagois. 

Le  xxiue  jour  dudil  moys,  deux  hommes  et  deux  femmes  hérélicques,  en  leurs 
chemises,  à  pieds  nuds,  firent  en  l'engliese  de  Liège  pénitance  puhlicque.  Le 
dimenche  après,  le  maistre  de  l'hospital  des  Coquins  (1),  convaincu  pareillement 
d'hérésie,  fit  pénitance  puhlicque,  et  fut  priveis  de  son  office  et  condempnéz  de 

10  faire  pénitance  deux  ans  au  priorie  de  Boneffe.  En  mesme  temps,  ung  chan- 
noine  de  Sainct-Denis  (2)  fut  ainsy  accusé  d'hérésie,  qui  se  rendit  fugitiff,  et 
furent  trouveis  des  livres  en  sa  maison  plain  d'hérésie  et  composez  par  héré- 
lieques.  En  mesme  an.  ung  channoine  de  Sainct-Martin  fut  convaincu  d'hérésie 
et  pour  ce  qu'il  révoca  son  erreur.fut  condempnéz  visiter  les  escolk-sde  théologie 

ta  à  Louvaing  un  an.  Le  if  jour  du  moys  de  jullet,  fut  en  la  cité  petit  tremble- 
ment de  Urre.  Au  mesme  moys.  une  servante  d'ung  chappeliain  de  Sainct-Denis 
enfantât  ung  enfant  sans  jambes.  En  mesme  an,  montrent  de  peste  en  la  ville 
de  Huy  plus  de  21)00  personnes,  et  pareillement  à  Namur.  En  mesme  temps, 
emprès  Mouson  et  lieux  circumvoisins,  l'air  fut  si  fort  infectéez,  que  les  beuff, 

20  vaches,  chevaulx,  brebis,  cerff  et  loups,  tant  es  villes  que  au  champs  et  bois, 
morurent,  tellement  qu'il  fut  défendus  de  voiler  et  chasser  et  furent  trouvez 
loups  mortz  emprès  cerff  mortz.  Le  xvn°  jour  de  moys  de  jullet,  le  cardinal  de 
Liège  soupa  la  premier  fois  en  son  palais  noveaux,  mais  n'y  dormat  point.  Le 
xxixe  dudit  moys.  fut  en  l'engliese  de  Liège  célébrée  messe  spécialle  et  procession 

25  généralle,  en  présence  de  Mr  le  cardinal,  les  englieses  secondaires  et  conven- 
tionales,  pour  prier  Dieu  affin  d'obtenir  victoire  contre  les  ennemys  de  la  foy 
et  fut  ordonneis  de  sonner  tous  les  jours  en  loutles  les  englieses  et  mesme 
porrochialles,  à  L2  heures,  une  cloche  demy  heure  durant,  pour  prier  Dieu 
à  telle  fin  que  dessus.  L'an  mesme,  une  jeune  fille,  en  eage  de  15  ans,  fut  sans 

50  (*)  Jean  Thierncsse,  prieur  de  l'hôpital  des  Coquins.  Voir  la  sentence  au  registre  19  de  l'officialité, 
fol.  4  v. 

(*;  Un  chanoine  nommé  Cerf,  inscrit  en  1 551  parmi  les  derniers  promus  du  chapitre  de  Saint-Denis 
disparait  définitivement  des  listes  de  distribution  des  prébendes  dès  1552. 


III,  317-319. 


382  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

boire  et  sans  menger  aulcunes  choese  l'espace  de  trois  moys  et  plus,  mais  estoit 
nourrie  de  vivres  et  réfection  invisible.  Au  mois  d'aoust,  grand  murmure  fut  en 
la  cité  contre  les  secondaires  et  abbayes,  et  vouloient  les  xxxu  mestiers  que 
Chapeauviiie,  gens  d'englieses  payassent  gabelles  tant  de  vin  que  de  cervoise,  saulff  l'engliese 
de  Liège,  dont  en  la  fin  fut  concludz  par  le  moyen  de  M'  le  cardinal  que  eeulx  s 
qui  vouldroient  avoir  vin  en  leur  maison,  fus  ecclésiaslicques  ou  bourgois, 
payerait  pour  chascune  charrée  de  vin  de  Khin,  trois  florins  d'or  siex  ans 
durantes,  et  que  de  ceste  argent,  on  rédimeroit  les  pensions  que  debvoit  la 
cité  (').  L'an  mesme,  le  cardinal,  aux  despens  du  pays  de  Liège,  envoya 
à  l'empereur  en  subside  contre  le  Turc  120  cbevaulcbeurs  et  580  piétons,  et  io 
prestat  le  cardinal  20112  florins  d'or  "  pour  siex  moys,  et  luy  furent  restitués 
par  les  Estats  du  pays  (*). 

Au  moys  de  novembre,  l'an  mesme,  eommencha  à  galler  et  dura  la  gallée 
jusques  à  ISoël,  tellement  que  la  rivière  de  Meuse  fut  serrée  l'espace  de  trois 
sapmaines,  et  tombit  du  ciel  de  la  neige  en  grande  abondance,  laquelle  demoura  ta 
sur  terre  sans  fondre  longtemps,  telement  que  les  oyseaulx,  bestes  saulvaiges 
eurent  grand  faim  et  morurent  en  grand  nombre.  Entre  Duren  et  Coulongne, 
dedens  les  bois,  les  loups  cstranglèrent  et  mengèrent  cinq  personnes  jusques 
aux  osseaux.  Pareillement  au  boys  d'Ardenne  ung  homme  et  ung  religieux. 
Le  -S"  septembre  de  l'an  mesme,  fut  veu  ung  comète,  du  malin  envyron  20 
quatre  heures,  devers  Oriens,  et  dura  trois  sapmaines;  on  disoit  qu'il  tenoit 
sa  queue  vers  Constantinoble.  Au  moys  de  décembre  l'an  mesme,  fut  faicle  une 
réformation  en  la  court  [spirituelle]  de  Liège,  et  furent  aulcuns  procureurs  que 
on  disoit  inutiles  et  ignaves  destituez  de  leur  offices,  mais  ne  dura  g«ire  (3). 

"  200  chevals,  400  d'infanterie,  2000  florins  :  manuscrit  6.  25 

(<)  Voir  un  acte  du  20  août  1S32  par  lequel  le  clergé  secondaire  réfute  les  motifs  allégués  par  la 
cité  de  Liège  pour  contraindre  le  clergé  à  participer  à  l'impôt  des  gabelles,  dans  les  Archives  du  Clergé 
secondaire  et  l'accord  conclu  le  13  septembre  suivant  au  sujet  du  nouveau  règlement  de  la  gabelle 
des  vins.  (E.  Fairo.v,  Cartulaire  de  Liège.) 

(*)  Cf.  Lettre  d'Erard  de  La  Marck  au  Conseil  de  la  Cité  réclamant  le  remboursement  d'une  somme  50 
de  2,011  florins  d'or,  cote-part  de  la  ville  dans  le  subside  voté  par  les  États  pour  la  guerre  contre  les 
Turcs.  (E.  Fairon,  op.  cit.) 

(3)  Cf.  Ordonnance  du  18  décembre  1  bô2  portant  réformation  de  la  Cour  spirituelle  de  Liège  dans 
Recueil  det  Ordonnance»,  2«  série,  t.  I,  p.  80. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARGK.  383 


* 

#     # 


Mais  l'an  1532,  ils  (les  Rivageois)  viendrent  à  obédience  avec  les  conditions 
suivantes  :  premièrement  qu'ils  seroient  privés  de  la  liberté  et  franchiese  qu'ils 
a  voient  en  la  Cité;  que  jamais  armes  ne  porteroient  ny  cousteaux  émolues 
à  pointe,  sur  peine  d'avoir  le  poing  coupé;  qu'ils  eussent  à  apporter  toutes  leurs 

s  armes  et  basions  de  guerre  sur  la  maison  de  ville.  De  surplus,  furent  conslraints 
de  venir  dans  Liège  en  pure  chemise,  mesme  avec  la  corde  au  col  et  la  teste  nue, 
dont  en  ceste  façon  ils  entrèrent  dans  la  cité  par  la  porte  de  Sa  in  te- Marguerite, 
aiant  pour  cheff  et  conducteur  le  maistre  des  œuvres  de  la  Cité,  avec  l'espée  nue 
en  la  main  de  la  justice,  lesquels  les  conduisoient  parmi  Saint-Lambert  par 

io  devant  le  seigneur  évesque  de  Liège,  le  cardinal  Erard  de  la  Marche,  associé 

des  nobles  chanoines  de  la  cathédrale,  devant  lesquels  les  susdits  Rivageois  se 

mirent  à  genoux,  demandants  par  trois  fois  pardon  et  mandant  criant  mercy. 

De  là  ils  allèrent  devant  la  maison  de  ville,  où  estoit  seigneur  Richard  de 

Mérode  (')  avec  le  seigneur  Arnold  le  Clavier  (2),  bourgmestres,  devant  lesquels 

ia  ils  firent  le  mesme  qu'ils  avoient  fait  devant  le  seigneur  évesque.  Us  firent 
encor  le  mesme  sur  le  Marché,  devant  les  bourgeois  qui  estoient  là  tous  rangés 
et  le  boureau,  en  tous  lieux,  hausoit  le  coup,  faisant  semblant  les  vouloir 
frapper  de  son  espée  pour  démonstrer  qu'ils  avoient  mérité  la  mort. 

Ce  fait,  !e  seigneur  mayeur  (3)  les  conduit  jusqu'à  la  porte  d'Avroit;  aiant 

20  tousjours  avec  luy  le  maistre  des  œuvres  tenant  tousjours  l'espée  nue  en  la  main, 
les  faisant  tous  passer  dessouhs  icellc  espée;  par  ainsy  eurent  pardon  de  leurs 
meffaits,  mais  les  principaux  furent  mis  à  mort  et  les  susdits  Rivageois  estoient 
bien  en  nombre  de  5,000.  Ce  fait,  retournèrent  tous  en  leur  maison.  (Manus- 
crit'75,  fol.  141  if.) 

25  Ordonnance  de  sonner  les  cloches  à  douze  heures  de  midi,  mesme  au 
parodies,  pour  prier  Dieu  pour  l'empereur  qui  estoit  en  armes  à  Vienne  contre 
les  Turcs  qui  estoient  en  grande  puissance  venus  devant  la  cité  de  Vienne. 

(*)  Richard  de  Mérode,  seigneur  de  Rumiuen,  bailli  de  Hesbaye,  bourgmestre  de  Liège  en  1820, 
4825,  1531  et  1541. 
50       fi  Sur  Arnold  le  Blavier,  échevin  de  Liège,  voir  de  Borman,  Échcvim,  t.  Il,  p.  97. 

(*)  Jean  de  Junceis,  échevin  de  Liège,  mayeur  en  féauté  de  1528  à  1 559.  Cf.  de  Borman,  Echevint, 
t.  Il,  p.  107. 


384  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Le  vingt  neufvième  dudil  moys,  fut  célébrée  en  l'églicse  de  Liège,  présent  le 
cardinal  et  secondaires  et  couvent,  messe  spécialle  avec  procession  affin  de  prier 
Dieu  de  donner  victoire  contre  les  infidèles  devant  Vienne.  A  moys  d'aoust, 
l'an  mesme,  fust  accordé  sur  chascune  cliarrée  de  vin  trois  florins  d'or  l'espace 
de  siex  ans  pour  rédimer  les  pensions.  (Manuscrit  57 ,  fol.  i93  v°)  (*).  5 

L'an  mesme,  le  27  Juliette,  le  cardinal  soupa  pour  la  première  fois  à  son 
palais.  Et  peu  de  temps  après,  survint  une  difficulté  à  cause  d'un  père  Carme 
qui  avoit  permission  de  s'enquérir  contre  les  héréticques  ou  soupsoncs  de 
l'estre.  De  quoy  les  bourgois  catholicques  de  Liège  s'en  plaindèrent  que  c'esloit 
contre  les  privilèges,  franchises  et  paix  faites  de  la  Cité,  qui  disoienl  que  l'on  10 
ne  pouvoit  enquérir  contre  les  bourgois  sans  la  permission  des  magistrats  et 
des  eschevins,  ce  que  leur  fit  faire  un  édit  que  personne,  de  quelle  qualité  qu'il 
fusse,  ne  se  présumast  de  cognoistre  des  crimes  et  débets  des  bourgois,  mesme 
au  fait  de  la  religion  (voulant  fourrer  dans  Liège  l'inquisition  d'Kspagne).  ny  les 
punir  si  premier  ils  n'estoient  jugés  et  condamnés  par  la  loy  et  franchises,  puis  is 
renvoyés  aux  juges  ecclésiastiques  (2).  De  quoy  le  cardinal  se  trouva  mal- 
content et  voulut  que  ceste  ordonnance  fust  révocquée,  ce  qu'il  fit  faire,  mais 
avec  condition  que  l'on  ne  fist  préjudice  aux  privilèges  et  statuts  des  bourgois 
et  paix  faictes.  Après  il  fit  convoquer  les  trois  Estais,  croiant  en  ses  proposi- 
tions envelopper  celte  clause,  mais  le  temps  ny  les  affaires  ne  les  permettoient  20 
et  advançat  seulement  qu'on  trouvast  les  moyens  d'avoir  argent  pour  luy  resti- 
tuer les  deniers  qu'il  avoit  advancés  pour  la  guerre  contre  les  Turques,  à  quel 
effeet  fut  accordée  une  collecte  sur  les  vins  et  bierres,  exceptés  ceux  de  Saint- 
Lambert  et  le  clergé  secondaire  qui  n'y  voulurent  entendre,  alléguant  les 
immunités  ecclésiastiques  et  le  peuple  son  fardeau,  qui  estoit  constraint  seul  au  25 
payement  de  tout  et  remonslrant  au  cardinal  que  le  clergé  contribuast  quelque 
somme  d'argent.  Sur  quoy,  le  cardinal  les  mit  d'accord  que  les  uns  et  les  autres 
payeroient  sur  l'aisme  de  vin  eslrangcr  trois  florins  braibanl  l'espace  de  six  ans, 
lesquelles  expirés,  le  clergé  seroit  absoud.  (Manuscrit  46,  fol.  535.) 

(*)  Voir  note  de  la  page 

(  )  Cf.  Délibération  des  52  bons  métiers  du  1"  juillet  1S32  et  record  donné  par  les  Echcvins  de  3* 
Liège  à  la  requête  du  Conseil  de  la  Cité  au  sujet  des  privilèges,  francliises  et  libertés  des  bourgeois 
de  Liège.  Cf.  E.   Fairon,   Cartulaire  de  la  Cilé  et  Un  dossier  de  l'inquisiteur  Thierry  f/ezius  dans 
B.  C.  R.  II.,  t.  LXXXVIII,  p.  128. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  585 

1533. 

Envyron  le  fia  dudit  an  et  commenehemcnt  de  l'an  4333,  commrnchèrent  les 

neiges  à  fondre  et  à  religner  tellement  que  la  nuict  du  [Noël,  la  rivière  de 

Louvaingne  dite  le  Dile  creut  si  haulte  que  les  malade  chartrits  en  l'hospital 

5  furent  en  danger  d'estre  noyez  sur  leur  lictz,  et  eut  la  ville  des  grand  dommaiges 

par  l'eaue.  En  ce  mesrne  temps,  le  pont  d'Amereourt  par  l'impétuosité  de  l'caue 

lombit  avecq  ung  homme  yvre  qui  en  tombant  adressât  sur  une  forte  pièce 

de  glace  et  ainsi  fut  sauvé.  Le  Ie  jour  du  moys  de  febvrier,  fut  grand  vent  et 

tonnât  très  fort  avecq  esclittre.  Le  20  dudit  moys,  de  nuict,  survint  encor  ung 

io  vent  plus  fort  que  le  jour  susdit,  avecq  lonnoire  et  esclittre,  tellement  que 

depuis  12  heures  en  la  nuictz  jusques  à  2  heures  après  [disné],  ne  cessa  ladit 

tempeste,  et  estoit  la  nuit  par  intervalles  pelis  aussi  cler  comme  à  12  heures 

à  midi.  A  Hcrstal  et  lieux  voisins,  tombèrent  plus  de  400  arbres;  la  tempeste  fut 

ceste  nuict  si  grande  que  on  pensoil  le  monde  debvoir  finer  n.  L'an  susdit,  le 

15  22e  jour  de  moys  de  marce,  le  samedy  devant  le  dimenebe  del  letare,  fut  fondue 

au  despens  de  Aions"  le  cardinal  de  Liège,  la  grosse  cloche  de  l'engliese  Sainct- 

Lamberl.  sur  laquelle  furent  mis  les  vers  séquentz,  faietz  par  damp  Pasque  de 

Bicrses  (l),  religieux  de  Sainct-Laurent,  homme  fort  sçavant  es  bonnes  lettres, 

et  furent  les  lettres  assieses  sur  le  mole  par  l'ouvrier  à  l'ordonnance  d'Olevier 

20  Boulongnc  (2).  greffier  du  conseil  en  son  temps  '. 

Ipsefero  magnum  ter  magni  nomen  Erardi, 
Auspicio  cujus  aereque  fusns  amor. 
111e  suis  nolus  gestis  famaque  loquaci 
Vivil,  ego  strepitu  compleo  euncta  meo. 

25  °  Le  4»  de  février,  fist  une  si  grand  vent  qu'il  tombât  plus  de  siex  mille  arbes  à  Liège  : 
manuscrits  10,  fol.  St8,  et  37,  p.  H9.  —  »  L'an  1537,  fut  mise  la  grosse  cloche  nommée  Erard 
pesant  18000  livres,  à  Saint-Lambert:  manuscrit  70  —  L'an  1533,  fut  Lymborch  bruslée  par  feu  de 
meschance  (3)  :  addition  marginale  de  manuscrit  S. 

(i)  Sur  Pascal  Berselius  ou  de  Bierset,  voir  Dams,  Histoire...  XVIe  siècle,  p.  105;  Biographie 
30  nationale,  t.  Il,  p.  417  et  les  notices  de  J.  Brassime  et  Ceyssens  dans  la  Chronique  de  l'Institut  archéo- 
logique liégeois,  année  11)26,  p.  43  et  Leodium,  t.  XVIII  (1925),  pp.  68-7  i. 

(*)  Olivier  de  Bologne  est  cite  en  qualité  de  no '.a ire,  en  1531),  dans  les  registres  desÉchevins  de  Liège. 

(3)  Cf.  J.  Thisquen,  Histoire  de  la  ville  de  Limbourg  dans  vol.  IX,  p.  43  du  Bull,  de  la  Soc.  verviét. 
d'arcbol.  et  d'bist. 

Tome  IL  49 


386  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

LITugal  liereticos,  ego  demonas;  horor  utrisque 
Dicimur  :  hinc  abcunt  inox  procul  atque  volant. 

Lendemain  del  Pasque  florie,  fut  ladicte  cloche  bénietz  et  baptisée  et  nommée 
Erard.  Le  xxve  de  moys  d'avril,  le  cardinal  revint  à  Liège  et  fut  logez  pour  la 
premier  fois  en  son  palais.  Le  mu'  dudit  moys,  fut  ladicte  cloche  sonnée  la  5 
premier  fois  en  la   thour  de  l'engliese.   Dernier  jour  du  moys   susdit,  sire 
Pcsir  ('),  prestre  del  diocèse  de  Tournay,  hérétieque,  fut  dégradez  par  le  suffra- 
gain  (2),  en  présence  des  abbeis  de  Saint-Gille  (3)  et  Beaurepaire  (4),  puis 
mis  et  livrez  à  la  justice  séculier  et  brusléz  le  mesmejour  sur  le  marebié  entre 
la  fontaine  et  le  Rive  [des  pescheurs].  L'an  mesme,  vu  Luthériens  °  (5),  qui  10 
demouient  en  leurs  opinions  et  hérésies  furent  bannis  du  pays  et  cité,  et  leurs 
biens  conûsqucis  au  profitz  de  ladicl  cilé.  Au  moys  de  jullet,  le  deuzième  jour, 
environ  minuict.  fut  veu  ung  comète  procédant  d'Àcquillon,  tenant  sa  queue 
vers  midi.  Le  seconde     jour  du  moys  d'aoust,  fut  fondue  une  aultre  '  cloche 
pour  l'engliese  de  Liège,  moindre  que  l'autre,  à  l'enthourde  laquelle  furent  ces  i» 
vers  composeis  par  le  prénoméz  damp  Pasquez  et  assiese  par  le  mesme  Olivier'', 
au  despens  du  Cardinal  : 

Ksi  mihi  Chrysogono  nomen  de  semine  et  auro 

Lonflatum  geminis  vocibus  argolicis. 

Materiam,  pondus,  speciem  elarissimus  héros  -o 

Marcani  generis  gloria  prima  dédit. 

"  sept  intérimists  :  manuscrit  5.  —  ''  le  premier  :  manuscrit  57.  —  c  la  seconde  :  manuscrit  37. 
—  d  Une  autre  écriture  a  ajouté  dans  manuscrit  37  :  elle  pèse  douze  milles  livres. 

{*)  Il  s'agit  vraisemblablement  d'Aubcrt,  prêtre  du  diocèse  d'Arras,  condamne  coninie  relaps  par  le 
tribunal  de  l'Official,  le  20  avril  lbôô  et  livré  au  bras  séculier.  (O/jficialité,  sentences,  reg.  (53,  fol.  129.)  25 

(*)  Pierre  Van  den  Hende,  évêque  de  Darie.  Cf.  note  2  de  la  page  504. 

(»>  Walter  de  Bréda,  abbé  de  Saint-Gilles,  1826-1841. 

(*)  Léonard  de  Limbourg,abbé  de  Beaurepart,  1325-lSiG.Cf.  D.l'.  Hlhuki.k,  Monasttcon,  t.  Il, p. 232. 

(6)  Cf.  liccucil  des  Ordonnances,  2"  série,  t.  I,  p.  94.  Ces  luthériens  étaient  Richald  Hoesman,  voirier, 
Charles  le  Corbesicr,  Jean  le  Tourneur,  Baslin  de  Chaisne,  Piron  le  Bollengier,  Jean  le  Moisne,  30 
I  ambert  de  Cuire  le  Jeune  et  Jean  Reneri.  —  Le  21  mai  1554,  le  Conseil  de  la  Cité  fil  vendre  aux 
enchères  les  biens  confisqués  à  Rigaud  Hoesman,  banni  à  perpétuité  comme  hérétique.  (Fairon,  Cartu- 
taire  de  la  Cilé  et  La  répression  de  l'hérésie  au  pays  de  Liège  pendant  le  XVIe  siècle  it  la  question 
constitutionnelle  dans  Bill,  dk  l'histoire  du  protestantisme  belge,  année  1950. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  587 

L'an  mesme,  en  aoust,  les  grains  furent  galtées  au  champs  pour  le  temps  qui 
fut  pluvieux  depuis  le  ■4e  du  moys  de  jullet  jusqucs  environ  la  fin  d'aoust.  Le 
6*  jour  du  moys  d'octobre,  fut  l'englicse  Nostre  Dame  d'Anvers  arse  par  feu 
de  meschance. 

*     # 

s  Le  15  avril,  le  cardinal  fut  loger  dans  son  nouveau  palais  épiscopal  pour  la 
première  fois,  duquel  si  l'on  considère  bien  la  structure,  on  dira  qu'il  ne 
l'a  faict  tant  pour  luy  que  pour  ses  successeurs.  (Manuscrit  37,  p.  449.) 

1534. 

L'an  1531,  le  15e  jour  de  moys  de  marce,  en  la  ville  de  Tongre  au  faul- 
to  bourch,  une  vache  eut  ung  veau  qui  avoit  troix  oyculx  et  du  costé  du  derrier; 
la  teste  avoit  apparance  d'ung  bouche  et  deux  narines.  Au  moys  d'octobre  l'an 
mesme,  nouvelles  vindrent  au  Cardinal  de  Liège  comment  le  xxm"  du  moys 
d'aoust  précédent,  le  roy  de  Perse  et  Soliman  avoient  eu  une  grosse  bataille 
l'ung  contre  l'autre,  en  laquelle  estoient  morts  des  deux  costéz  xxx  milles  cheval- 
15  cheurs  et  xxx  milles  piétons,  et  que  le  roy  de  Perse  avoit  obtenu  la  victoire. 
L'an  mesme,  plussieurs  Luthériens  furent  exécuteis  à  Coulongne,  à  Ayes, 
à  Anvers,  à  Bruxelles  et  pareillement  en  la  Cité  de  Liège  où  plussieurs  furent 
brusleis  et  plussieurs  qui  s'enfuyrent  hors  du  pays,  et  pareillement  en  aultres 
diverses  lieux  (1). 


* 
*     * 


III,  326. 


20       Les  bourgeois  de  Hasselt,  ayant  pris  les  armes  contre  les  villageois  de  Zon-    Chapeauviiie, 
hove  pour  quelques  différens  des  limites  et  ayant  mérité  le  chasloy  pour  cet 
excès,  en  demandèrent  humblement   pardon   au   prince.   (Manuscrits   HO, 
fol,  H 4  et  412,  p.  546.) 

L'an  même,  les  troupes  de  l'empereur  estant  venues  en  Brabant  pour  eslre 

25  payée  de  leur  solde,  le  cardinal  craindant  quelque  ravage,  fit  munir  et  fortifier 
les  villes  frontières  et  pour  les  enlreliens  d'icette  et  de  ses  soldats,  demandât 
aux  trois  Kstals  la  levée  de  tous  imposl  du  pays  pour  qualtre  ans,  ce  que  luy 

(')  Cf.  J.  Lyna.  De  Wedtrdooiicrs  in  liel  graafahap  Loon,  p.  5  il  4. 


388  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fui  accordé.  Après  n'en  ayant  plus  affaire  pour  le  sujet  susdit,  il  en  deschargat 
la  Cité  de  ses  debtes  et  paya  250  mille  florins  braibant  dont  elle  esloil  arriérée. 
(Manuscrit  46,  fol.  556.) 

Lembor  brusléz  par  feu  de  mescliance  (J).  (Manuscrit  57,  fol.  195) 
Cesl  an,  à  ISréda,  furent  bruslées  plus  de  neuf  cents  maisons  par  ung  jour  de  s 
la  .liagdalcnnc.  Cest  an,  fut  prinse  Munster  par  Jan  van  Leyden,  anabaptiste. 
'est  an,  fui  la  ville  de  Clairvaux  en  France  bruslée  par  tempeste.  Cest  an, 
le  roy  Henry  d'Angleterre,  ne  voulant  obéir  au  pape,  devint  luthérien.  (Manus- 
crit 34,  fol.  225.) 

1535.  io 

Véanl. 

* 
*      * 

L'an  1555,  il  fit  convocquer  une  synode  générallc  de  tous  les  abbéz,  prieurs, 
doyens  et  tous  supérieurs  dos  ecclésiastiques,  voulant  qu'on  fist  une  réforma- 
lion  et  qu'ils  eussent  à  quitter  leurs  concubinnes  en  paillardises  et  qu'ils 
n'eussent  en  leur  maison  que  de  vieilles  bonnes  femmes  de  bonne  réputation  is 
ou  bien  de  leurs  parentes  pour  servantes,  mais  il  preschoit  aux  sourds  et  se 
retirèrent  les  uns  d'un  coslé,  les  autres  de  l'autre  pour  éluder  ces  propositions 
et  leurs  effects.  Et  depuis  on  en  at  plus  parlé  (2). 

L'an  même,  la  famine  estoit  si  grande  que  grand  nombre  des  pauvres  créa- 
tures estant  affamés  mouroient  de  faim  par  grand  nombre.  Et  arrivai  qu'un  20 
seigneur  gentilhomme  ayant  refusé  de  vendre  des  grains  à  pris  raisonnable 
à  ces  pauvres  surcéants  affamés,  abimat  tous  vives  sans  ne  scavoir  par  après 
nouvelles  aucune  de  son  corps.  (Manuscrits  45,  p.  754  et  1 46) 

L'an  J535,  le  cardinal  Erard  fit  faire  les  mures  de  l'abbaye  de  Robermont, 
à  Pentour  des  jardins.  (Manuscrit  57,  p.  45  ï)  (3).  ""' 

L'an  XV(:  et  XXXV,  le  vingt  qualrièsme  jour  de  jung,  Munster  se  rendit 


(')  Voir  page  385,  note  3. 

(»)  Cf.  I.to.vE.  Il  iLKiN,  Le  cardtnalde  la  Marck,  Liège,  Vaillant, 1 950,  surtout  3«  partie  :  Laréforme 
catholique,  pp.  lilôà  11)7. 

[})  Ct.  Tu.  GoDiiBT,  Liège  à  travcri  Us  âges,  t.  V,  p.  227.  3(J 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  389 

à  l'empereur  par  famine.  L'an  mesme.  en  Engleterre,  furent  décollés  Jean 
Fischer,  évéque  de  Roslensis  et  Thomas  Morus,  chancelier  d'Englelerre.  L'an 
mesme,  à  Bruxelles,  fut  faicl  le  mariage  Dorothée,  la  fille  du  roy  de  Danemark, 
avec  Frédéric,  prince  palatin  (1).  (Manuscrit  34,  fol.  223.) 

s  1536. 

L'an  15.56,  morut  Franchois,  [daulphin  de  France,  fils  à  François  de  Valois]", 
premier  de  ce  nom,  roy  de  France,  comme  on  disoit  par  poison,  [dont  déter- 
minât sa  vie  avec  ung  feux  de  ventre]  °.  Au  mois  de  febvrier,  l'an  mesme,  le 
Cardinal  de  Liège  fut  appelez    par  lettres   de  monsieur   révérendissime    et 

10  illustrissime  prince  et  seigneur  llerman,  arehevesque  de  Coulongne,  pour  com- 
paroir au  conseil  provincial,  qui  se  dehvoil  commenchcr  le  6e  de  moys  de 
marce  ou  envyron,  en  la  cité  de  Coulonsme,  auquel  concil  furent  envoyés  par 
ledit  cardinal  Maislre  Art  de  Linden  (2j,  docteur  en  théologie,  homme  de  grande 
réputation  et  estimez,  principalement  entre  les  théologiens  de  Coulongne,  et 

is  Maislre  Jacque  de  Buyssson  (3),  tous  deux  chanoines  de  Liège.  L'an  mesme,  fut 
grande  planté  de  tous  biens,  et  touttcfois  chicre  à  cause  de  la  guerre,  qui  durât 
l'an  après  que  Saint-Poul  futgaingnié  par  l'armée  de  l'empereur  en  son  absens, 
car  adoncq  il  estoit  à  Thunie  contre  les  Turques.  L'an  mesme,  trespassat 
Mcssire  Robert  de  la  Marche,  frère  à  Ërard  le  Cardinal  (4). 

-20      <•  Additions  du  manuscrit  6 

(i)  Frédéric  II,  dit  le  Sage,  né  le  9  décembre  1482,  succéda  à  son  frère  Louis  comme  électeur  pala- 
tin, en  1S44.  Il  se  convertit  l'année  suivante  au  lutliéraniMiic. 

(*)  H  faut  lire  Arnold  de  Lude,  un  des  théologiens  les  plus  renommés  du  XVIe  siècle,  reçu  chanoine 

de  Saint-Lambert  le  19  juillet  IK35.  Cf.  de  Thelx,  t.  III,  p   70  et  Biographie  tialicnalc,  t.  XII,  col.  028. 

2a  11  a  écrit  un  manuscrit  latin  d'une  histoire  de  Liège  intitulée  :  Synopsis  seu  compendium  Annalium  et 

historiae  Tungrcnsis,  dont  l'original  devait   se   trouver  au  monastère  de   Flônc.  M.   le   chevalier  de 

Schactzen  possède  la  copie  du  début  de  cette  œuvre. 

(3)  Jacques  du  Buisson,  chanoine  de  Saint-Lambert  depuis  le  20  novembre  1512,  grand  écolâtre  et 

prévôt  de  Saint-Pierre.  De  Theux,  t.  III,  p.  27,  date  par  erreur  le  synode  provincial  convoqué  par 

31  l'archevêque  de  Cologne  de  1 53 1 .  (Cf.  IIartzueim,  Conc.  Germ,  t.  VI,etL£oM-E.  Halkik,  op.  cit.,  p.  197.) 

(*)  Robert  de  La  Marck  mourut  à  Sedan  dans  les  derniers  mois  de  l'an  1B3C.  Cf.  De  Cuestret, 
o/;.  cit.,  pp.  162  et  174. 


390  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 


L'an  I5"><>,  a  clé  commencée  la  boucherie  dans  un  lieu  proche  la  goffre 
où  étoit  auparavant  le  marché  des  porcs  (Manuscrit  43,  fol.  731  et  manu- 
scrit 46  ('). 

L'an  i55(i,  fut  ordonné  de  hastir  les  murailles  de  Bêche  en  Liège  comme 
aussy  celles  de  Gravioulle  près  les  Escolliers  (*).  L'an  mesme,  jour  de  [Noël,  5 
messieurs  les  bourgmestres  receurenl  lettres  des  amis  de  feu  messire  Ghuis  de 
Cannes,  lesquels  demandoient  réparation  et  amende  de  sa  mort.  (Manuscrit  37 , 
p.  4SI.) 

L'an  mesme,  requérat  le  cardinal  aux  bourgmestres  et  xxxn  mestiers  de  la 
Ci  lé  de  luy  laissier  lever  et  recepvoir  toulles  les  gabelles  et  deniers  de  la  Cité  le  io 
terme  de  un  ans  pour  faire  fortifier  la  cilé  et  pour  diligier  les  pensions  que 
la  Cité  debvoit  et  luy  fut  accordé  et  en  deux  ans  mist  Liège  presque  à  lige. 
(Manuscrit  1)  (3). 

1537. 

Ciiapeauville,        L'an   1537,   Reginaldus  Polus,   cardinal  d'Engletterre  (4),  entra  en  Liège  15 

III  331 

où  ilz  fut  receu  en  grand  honneur  et  révérence,  puis  aulcuns  jours  après,  tira 

vers  le  pays  de  Brabant,  en  volunlé  d'aller  à  Rome.  [Estant  à  Liège,  il  fut 
défrayé  de  tous  ses  despens  luy  et  tous  ses  gens  par  le  cardinal  Erard  "]. 
Le  21e  de  moys  de  février,  fut  en  la  cité  de  Liège  une  grande  tcmpesle  de  ton- 
noire,  cscliltrc,  gresle  et  pluye  qui  dura  long  espace  de  temps.  Au  Hc  jour  de  20 
moys  d'aoust,  l'an  mesme,  le  cardinal  de  Liège  revint  en  la  cité,  qui  avoit  estez 

"  Passage  omis  par  manuscrit  2. 

(i)  La  nouvelle  halle  des  bouchers  fut  inaugurée  le  20  novembre  1546.   Cf.  Gobert,  Liège  à  travers 
les  âges,  \.  Il,  p.  i±'i. 

\})  Voir  les  contrats  passés  par  les  bourgmestres  de  Liège,  le  18  août  155G  pour  la  construction  de  55 
I»  tour  en  Bêche  et  le  A  janvier  1557  pour  la  construction  de  la  tour  de  Gravioulle.  Cf.  E.  Faihon, 
Carlulaire  de  la  Cité  et  Chronique  archéologique  du  pays  de  Liège,  t.  XIV  (11)23),  pp.  85-8'J. 

(3)  Cette  délégation  des  pouvoirs  communaux  au  prince- évoque  est  confirmée  par  divers  actes  du 
Cartulaire  de  la  Cite. 

(*)  Réginald  Polus  appartenait  par  sa  mère  Marguerite,  nièce  du  roi  Edouard,  à  la  famille  royale  30 
d'Angleterre.  Cf.  Daius,  Histoire...  XVI'  siècle,  p.  50. 


RÈGNE  DERARD  DE  LA  iMARCK.  391 

absent  depuis  le  2oe  de  moys  de  janvier  précédent,  et  fut  receu  en  grande  joye 
[il  avoit  esté  à  Bruxelles  (*)  où  il  se  tenoit  en  la  maison  d'Arcmberch  "]. 

L'an  mesme,  madame  Marye,  royne  douagière  de  Hongrie,  gouvernante  du 
pays  de  Brabant,  vint  en  Liège,  où  luy  fut  faiclc  grande  honneur  (2). 
b      L'an  mesme,  trespassat  Mr  de  Florenge,  en  son  vivant  grand  marischal  de  roy 
de  France  et  filz  à  susdit  messire  Bobert  de  la  Marche,  seigneur  d'Esden  (3). 
L'an  mesme.  l'hyver  fut  jusques  à  t\oëI  si  doulce  et  sans  gallée  que  aulcunes 
ceresiers,  pruniers,  fraisiers  et  violliers  furent  fleurie,  mesme  furent  Irouveis 
aulcunes  fraises  meurs  le  jour  de  Noël.   L'an   mesme,  vindrent  lettres  aux 
10  bourghemestres  de  la  cité,  de  par  les  amys  de  Ghys  de  Cannes,  demandant 
amende  de  sa  mort  et  réparations  de  ce  que  les  Liégeois  avoient  gaingnéz. 
L'an  mesme,  le  cardinal  fut  esleux  légault  a  latere  (4),  et  le  xxv9  jour  de 
novembre,  fit  son  entrée  en  I  engliese  de  Liège  comme  légault.   L'an  mesme, 
le  Cardinal  requérat  en  chappittre  de  Liège  que  nulles  hommes  d'englicses,  ne 
io  channoines,  ne  chappelains,  liendroit  après  de  luy  meschines  b  sur  paine  de 
grosse  amende,  s'ilz  ne  fussent  de  leurs  parenteis  ou  en  ans  d'eage  [de  discré- 
tion], ce  que  luv  fut  accordez  (5). 

* 
*     * 

L'an  mesme,  fut  le  cardinal  sur  la  maison  de  ville  en  plain  concilhe  reraon- 
slrant  comme  il  avoit  en  un  an  et  demy  déligié  la  Cité  la  somme  de  uc  milles 

-20  "  Passage  omis  par  manuscrit  2.  —  '  tiendraient  auprès  d'eux  ribault  ny  putaine  ne  aulcune 
servante  suspecte,  s'il  n'estoit  de  leur  parenté  ou  de  grand  âge  pour  oster  toute  suspicion  :  manu- 
scrits 27  et  33. 

(<)  Le  8  janvier  1S57,  Marie  de  Hongrie  écrivait  à  Charles  Quint  qu'elle  avait  fait  appeler  le  cardinal 
pour  «  l'assister  de  conseil  ».  Dk  Marneffe,  op.  cit.,  t.  1,  p.  284. 
25       (sj  Marie  de  Hongrie  arriva  à  Liège  le  50  ou  le  51  octobre  et  y  resta  jusqu'au  A  novembre.  Cf.  de 
Marneffe,  op.  cit.,  t.  I,  p.  505. 

(3)  Robert  III  de  la  Marek.  seigneur  de  Sedan,  plus  connu  sous  le  nom  de  Fleurangc,  mort  quelques 
jours  après  son  père,  le  21  décembre  IbôG.  Cf.  Chestret,  op.  cit.,  pp.  170  à  175. 

(*)  C'est  par  erreur  que  I.onciiay,  op.  cit.,  p.  bô,  reporte  cette  nomination  à  lbôô;  ce  titre  lui  fut 
50  conféré  le  1  !)  septembre  1  S37.  Cf.  Van  llove,  Etude  mr  les  conflits  de  juridiction  dans  le  diocèse  d;  Liège 
à  l'époque  d'Ernrd  de  La  Marck,  p.  40  et  Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  V,  p.  321. 

(S)  Cf.  note  2  page  588. 


III,  332. 


592  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

vc  florins  de  Brabanl  et  qui  resloit  encor  m  milles  et  xmi  florins  de  Brabant. 
(Manuscrit  /.) 

L'an  i  1)7)1 ,  fui  la  régente  des  Pays-Bas  à  Liège  receu  fort  honorablement, 
laquelle  donna  pardons  aux  bannis  (Manuscrit  37 ,  p.  4S1 .) 

1538.  s 

Chapeauviiie,  L'an  1538°,  le  Cardinal  receut  lettres  et  commission  du  pape  pour  reformer 
les  secondaires,  et  les  fisi  appellcr  en  la  cite,  mais  ils  ne  volurent  point  obéir, 
[niais  le  14°  jour  de  moys  de  janvier  cl  aullres  subséquents,  les  secondaires 
engliescs.  tant  de  la  eité  que  du  pays  et  diocèse  de  Liège,  se  trouvèrent  à  Lou- 
vaingne  à  cause  des  reformations  susdites  que  le  Cardinal  vouloil  faire  comme  10 
légaull  aposlolicque  a  lalere'].  L'an  mesme.  le  xvm°  jour  du  moys  de  janvier, 
le  Cardinal  de  Liège  devint  malade,  pour  cause,  comme  on  disoit,  qu'il  avoit 
mengé,  la  vesprée  précédent  après  soupper,  trop  de  moulles,  tellement  que  le 
jeudi  xxiui0  dudit  moys,  fut  touehié  d'une  fièbvrc  aspre  et  vexémenle  et 
n'estoit  espoir  de  plus  povoir  vivre,  à  raison  de  quoy  furent  envoyez  aulcuns  is 
seigneurs  de  l'engiiese  de  Liège  :  pour  la  garde  de  chasteau  de  Huy,  maislre 
Johan  Henry,  doyen  de  Fosse  (J),  et  Louis  de  Blois  (*);  pour  Dynant,  maistre 
Johan  del  Sart  (3)  et  monsieur  de  llosfalyc  c  (4);  pour  Franebimont,  monsr 
Hubert  rf  de  Corswaremia  (5),   prévost  de  Saint-Poul,  et  noble  homme  de 

<•  L'an  1337  :  manuscrit  72.  —  b  Ce  passage  se  trouve  placé  plus  bas  dans  le  manuscrit  2,  à  la  date  îo 
du  M  mars.  —  c  monsieur  de  Houffalize  :  manuscrit  5.  —  le  seigneur  de  Hostaige  :  manuscrit  7. 
d  Art  de  Corswarem  :  manuscrit  7. 

{')  Jean  de  Henry,  reçu  chanoine  de  Saint- Lambert  le  22  juin  1528,  prévôt  de  l'église  collégiale  de 
Fosses,  viecdoyen  de  Sainl-Lambcrt.  Cf.  de  Tiieux,  t.  III,  p.  88. 

(*;  Il  y  a  ici  erreur  de  prénom.  Le  chanoine  de  Saint-Lambert  issu  de  la  noble  famille  de  Blois  25 
s'appelait  Charles  et  non  Louis.  Il  fut  reçu  au  chapitre  de  Saint- Lambert  le  22  février  1530  et  devint 
prévôt  de  Saint-Martin.  Cf.  deTueix,  t.  III,   p.  Cl,  Le  Fort,  I"  partie,  t.  III,  p.  256  et  Cartulairc  de 
Saint-Lambert,  t.  V,  p.  302. 

(»)  Jean   de  Sarla   ou  du  Sart,  reçu  chanoine  de  Saint-Lambert  le  20  scjitcmhrc  1821,  officiai  de 
Lièj-e.  Cf.  de  Theix.  t.  III,  p,  45.  50 

(*)  Gaspard  de  Rcnnenbcrg,  seigneur  de  llooclistractcn,  reçu  chanoine  noble  le  5  février  1828,  de 
Tnci'x,  t.  III,  p.  80. 

(8)  Hubert  de  Corswarem,  reçu  chanoine  de  Saint-Lambert  le  24  novembre  1820,  prévôt  de  Saint- 
Paul,  de  Theix,  t.  III.  p.  42. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  395 

Vogelsanc  (');  à  Buillon,  le  Sr  de  Francquenbourch  (J);  à  Curengc  °,  le  sei- 
gneur de  Duras  (3),  lesquels  seigneurs  démoulèrent  respectivement  esdils  places 
jusques  au  moys  de  marce.  Ce  temps  pendant,  la  maladie  dudit  cardinal  aug- 
menta tellement  de  plus  en  plus  que  le  xvme  de  moys  de  febvrier  6,  entre  une 
s  et  deux  heure  après  mynuietz,  morul  à  la  grand  plainte  et  désolation  de  tous 
les  estas,  tant  grand  que  petit,  mesme  de  menu  peuple,  laissant  le  pays  en  paix 
el  tranquillitéz.  comme  l'avoit  trouvé  et  entretenu  par  sa  prudence  et  magna- 
nimitéz.  Deux  jours  devant  sa  mort,  furent  envoyez  aulcuns  p;ir  le  commen- 
demenl  dudit   Cardinal,  comme  ils  disoient,  à  une  abbaye  de  dames  emprès 

10  Bruxelles,  nommée  del  Cambre,  où  esloit  lors  Mr  Corneil  de  Berghe,  eoadjuleur 
de  I  evesque,  comme  dit  est,  pour  le  requérir  de  vouloir  céder  à  sa  coadjuloric 
au  prolitz  du  damoiseaux  Cuillame  de  la  .Marche  (4).  nepvcu  dudit  cardinal, 
en  luy  restituant  les  deniers  par  luy  débourseis  pour  l'expédition  d'icelle.  ce 
qu'il  refusa,  et  lesdit  commissaires  en  retournant,  estant  logez  à  la  bourse  à 

15  Louvaingne,  Monsieur  Disselstain  (5)  entra  dedens  la  ville  lendemain  de  la  mort 
du  Cardinal,  qui  porloit  les  nouvelles  au  susdit  seigneur  Mr  Corneil  de  Scvcn- 
berghe,  son  oncle.  Le  corps  du  Cardinal  fut  ouvert,  son  cœur  et  entrailles 
furent  prins  hors,  le  cœur  fut  portez  à  Croysirs  à  Huy,  el  les  entrailles  à  l'abbaye 
de  Septs  fontaines,  au  boys  de  Sommes  emprès  Brussclles,  comme  ilz  avoit 

20  ordonnez  en  son  vivant.  Le  xx°  jour  dudit  moys,  ung  appariteur  de  la  court c 


«  le  seigneur  de  Duras  à  Mohault  :  manuscrit  5.  —  ''  le  xvic,  par  un  samedi  :  Correction  marginale 
du  manuscrit  S.  —  c  de  l'église  :  manuscrit  3. 


(*)  Arnold  d'Autel  ou  d'Elter,  dit  de  Yogelsanck,  reçu  chanoine  de  Saint-Lambert  le  -20  novem- 
bre lbtb.  de  TnEix,  t.  III,  p.  32. 
îb       («)  Guillaume  de    Mérode,   dit  de    Franckcnberg,    reçu   chanoine    noble    de    Saint-Lambert    le 
7  juillet  Ibl8.  de  Tiieix,  t.  III,  p,  36  et  Cartulaire  de  Saint-Lambert,  t.  V,  p.  292. 

(5)  Charles  de   Coelliem,   dit  d'Oycmbrugge  de  Duras,   reçu  chanoine  noble  de  Saint-Lambert  le 
16  mai  lb5G.  de  Theiix,  t.  III,  p.  79. 

(*;  Guillaume  de  La  Marck,  seigneur  d'Aremberg,  reçu  chanoine  noble  de  Saint-Lambert  le  28  jan- 
30  vier  1529,  archidiacre  de  lira  haut  le  21  août  1 533,  prieur  commendalaire  d'Aywaillc.  Cf.  de  Ciies- 
trbt,  op.  cit.,  p.  210. 

(")  Maximilien  d'Egniond,  seigneur  d'Iselslain.  Cf.  de  MiiuvEtTE,  op.  cit.,  t.  1,  p.  270. 

Tome  II.  50 


394  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

de  Liège  fut  trouvé  emprès  d'ung  villaige  nommé  del  Naye  [meurtris]  par 
Iroix  maulvais  garsons,  qui  le  vindrcnt  assaillir,  quoy  voyant  se  mit  eu 
genoulx  priant  merchy,  lesquels  n'eurent  de  luy  aulcunc  pilié,  ains  luy 
couppèrent  les  deux  mains,  les  deux  piédz.  et  après  la  teste,  puis  appelleront 
aulcuns  chiens  pour  menger  le  corps,  ec  qu  il  firent  en  grande  partie:  les  5 
lettres  et  citations  qu'il  avoit  sur  luy  jectèrent  et  espardirenl  sur  la  terre 
emprès  du  corps.  Le  dimenclie  ensuivant,  eommenchat  à  plouvoir  très  bien 
et  ne  cessa  la  pluye  jusques  à  jeudy,  subséquent,  tellement  que  la  rivière  de 
Mo  use  creut  si  hault  que  l'eauc  vint  jusques  à  l'cngliese  Sainct-Bartremy, 
parquoy  les  deputeis  furent  eonstrainct  d'aller  prier  les  gens  à  l'enterrement  10 
et  service  dudil  Cardinal  à  chevaulx,  et  Olevier  de  Boulongne  c'  (')  esloit 
avecq  culx,  précédant  cl  porlant  uug  maehe  d'argent.  La  date  de  la  mort  du 
Cardinal  est  contenue  en  ces  deux  vers,  composeis  par  maislre  George 
Malherbe  (J),  homme  très  sçavant  es  bonnes  lettres,  demourant  lors  à  Theux  : 

Chapeauviile,  si  neget  InfLeCtl  LaChcsIs  VeL  honore  VeL  aUro  '5 

m»  333  LegitIMUs  testls  presUL  ErardUs  erll 

Item  par  ung  dimenclie,  le  troiziesme  de  moys  de  marce,  on  commencha 
à  faire  le  service  c  et  furent  ce  jour  chantées  les  vigilles,  et  dura  cestuy  service 
en  grande  pompe,  tel  que  jamais  on  n'avoit  veu  le  pareille,  jusques  au  mer- 
quedi,  auquel  jour  le  corps  fut  mis  en  une  cave  dessoubz  la  tombe  au  chour  de  20 
l'cngliese  de  Liège,  qu'il  avoit  faict  faire  en  son  vivant  [de  bronze  doré]. 


0  greffier  de  la  cité  :  addition  du  manuscrit  S.—  b  Le  manuscrit  S  ajoute  en  note  marginale  ces 
deux  vers  qui  se  retrouvent  aussi  dans  Chapeauville,  t.  III,  p.  333  : 

qUod  neC  honor,  neC  opes,  neC  gLorla  Vertere  CUrsUs 

AstrorUM  posslnt,  praesUL  Erarde  Vides.  2o 

«  présentes  touttes  les  secondaires  églises  :  addition  du  manuscrit  3. 


(»)  Olivier  de  Boulogne  fut  greffier  du  Conseil  ordinaire  et  non  greffier  de  la  Cilé.  Cf.  note  2  de  la 
page  385. 

(*)  Georges  Malherbe  fut  greffier  de  la  cour  de  justice  de  Tlieux  et  receveur  de  la  mensc  épiscopale 
pour  la  recelte  du  Franchimont.  30 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  595 


* 
#     * 


Aux  exèques,  furent  faicls  grands  despens.  tant  pour  les  grands  convives  que 
pour  les  abits  noires,  dont  loule  la  court  et  pluseurs  honestes  et  pauvres 
bourgois  en  furent  décorés,  et  mesme  les  32  mestiers  en  receuprent  quelques 
honestelés.  (Manuscrit  19,  fol.  ^46v°.) 
s  Le  regret  de  sa  mort  fut  si  universel  qu'il  est  encor  sensible  aujourd'huy.  La 
mémoire  de  sa  vie  sert  de  leçon  perpétuelle  aux  princes  pour  le  gouvernement 
de  leurs  peuples  avec  autborité  et  amour  tout  ensemble,  ecluy  de  Liège  estant 
fort  aisé  à  conduire  quand  il  voit  qu'on  l'aime  et  qu'il  ne  pense  pas  qu'on 
le  craint.  {Manuscrits  112,  fol.  350). 

io  II  a  faict  beaucoup  des  choses  belles  et  admirables  partout  son  pays  el  signa- 
ment  à  l'église  de  Saint-Lambert  à  Liège,  à  laquelle  il  a  donné  des  richesses 
inestimables  tant  es  ornements  d'église  que  pierres  précieuses  et  cloches  magni- 
ficques.  Il  fit  faire  son  palais  d'une  structure  admirable,  comme  il  est  à  présent, 
et  plusieurs  forteresses  au  pays  de  Liège,  comme  le  chasteau  de  Huy,  Dinant  et 

15  autres.  Ce  fut  un  des  plus  riches  évesques  qui  fut  jamais. 

Guillaume  Gazette  dit  que,  entre  autres  choses,  il  ordonna  que  le  jour  de  son 
service,  annuellement  soit  distribué  à  chasque  chanoine  de  Saint-Lambert  une 
bourse  de  velours  cramoisie,  garnie  d^un  double  ducat  en  espèce.  (Manu- 
scrit 28,  p.  369.) 

20  Et  fut  nostre  évesque  légal  a  lalere  et  pour  tel  receu  à  Liège  el  à  Saint- 
Lambert  en  la  fin  de  ses  jours. 

Et  n'appercevoit  on  autre  chosse  que  dame  Cupidité  n'en  fusse  causse  qu'il 
vouloit  ledit  légat  chaslier  les  secondaires  par  la  bourse  ou  autrement,  s'il  eusse 
longuement  vescu,  et  il  est  à  présupposer  qu'il  voulloil  destruire  l'église  qui 

23  premier  l'avoil  mis  sus  comme  il  estoit  en  tel  honneur. 

Après  qu'il  eut  tenus  l'évesché  l'espace  de  "2b  ans  en  faisant  des  choses 
incompréhensibles  par  tout  son  pais,  principallement  à  Saint-Lambert  à  Liège, 
auquel  il  donna  inestimables  richesses  tant  en  ornemens  d'églises  que  pieres  pré- 
cieuses,descloches  bien  magnifiques, il  y  fit  faire  mesme  une  tombe  dorée  auquel 

3°  il  est  ensépulluréz.  11  lit  aussy  plusieurs  dons  pour  toutes  les  églises  de  Liège. 
Il  fit  aussy  faire  plusieurs  forteresses  au  pais  de  Liège  comme  le  chasteau  de 
Huy,  Dynant  et  plusieurs  autres. 


596  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Et  fui  le  plus  riche  évesque  qui  encore  eût  esté;  il  luy  vient  un  leup  qui  le 
vient  dévorer  en  l'une  de  ses  jambes  et  pour  chosse  que  Ton  seusse  faire,  on  n'y 
secul  jamais  remédier  et  luy  convient  mourir.  Prions  donc  à  Dieu  qu'il  lui 
fasse  miséricorde.  (  Manuscrit  26b",  fol.  355.) 

L'an  mille  VCXXXVIII,  est  trépassé  Erard  de  la  Marche...  Après  sa  mort,  son  s 
corps  bien  embalmé  et  accoustreit  fut  par  trois  jours  au  pallaix  à  la  veue  d'ung 
chascun,  puis  son  enterrement  fut  faict  et  obsèques  fort  honorablement  à  Saint- 
Lambert.  Furent  donnés  à  cieulx  de  sa  court  et  autres  officiers  robes  noires  et 
mesme  grand  nombre  de  povres  honesl  borgois  eurent  robes  et  chaperons. 
L'cngliese  Saint-Lambert  bien  ornée  ens  velours  noirs  et  draps  noires,  ens  io 
chandelle  ardentes  de  cire  grande,  comme  fut  au  pallais.  Les  borgois,  les 
xxxit  mestiers  receurent  quelque  honestelé.  S'ensuyt  l'épi taphe  du  dit  cardi- 
nale a. 

La  mort  at  mis  soubs  ce  b  tombeau  doré 

Ung  corps  jadis  en  vertus  décoré  «s 

Erard  eut  nom  c  de  la  Marche  nommé, 

Nom  de  loucngc  en  tous  lieux  renommé  '' 

Trente  deux  ans  évesque  demoura  c 

Des  Ligois.  Ossy  bien  laboura  ' 

Que  le  chappeau  cardinal  il  obtient :'  20 

Et  du  pape  la  légation  il  tint  '' 

Durant  ce  temps  [aussy]  '  que  l'on  a  veu 

édiflia  le  fort  chasleau  de  11  uy  '. 

Dinant,  Stockem,  puis  Franchimont  aussy  '' 

Builhon,  Curange  ne  fut  mye  en  oublye  25 

«  Le  texte  est  donné  d'après  le  manuscrit  !>7.  Lorsque  celui-ci  fait  défaut,  nous  adoptons  le  texte 
du  manuscrit  37.  —  *  son  :  manuscrit  S6b>'.  —  c  comte  de  la  Mardi  :  manuscrit  96.  —  d  et  en 
tous  lieux  nomm6  :  manuscrit  S6b's.  —  c  32  ans  demoura  évesque  des  Liégeois  ||  Sy  bien  il  laboura 
que  le  chappeau  de  cardinal  il  obtint  :  manuscrit  26bi*.  —  '  avecq  Licgoys  sy  très  bien  laboura  : 
manuscrit  97.  —  »  chappeau  de  cardinal  obtint  :  manuscrit  37.  —  h  Pareillement  la  légation  tient  :  30 
manuscrit  97.  —  *  Addition  du  manuscrit  97.  —  •'  Et  de  légat  durant  son  temps  aussy  ||  que  on  a 
veu  édifïiant  le  fort  chasleau  du  Huy  :  manuscrit  S6bi'.  —  *  De  Dinant,  Stockem,  Franchimont 
et  Curenge  ||  son  grand  palais.  .  :  manuscrit  37 .  —  Dinant,  Stockem,  Franchimont,  Curenge  ne  fut 
mis  en  oubly  ||  et  puis  après  il  èdirïia  pour  luy  ||  son  grand  palais...  :  manuscrit  S6bls. 


RÈGNE  D'ERARD  DE  LA  MARCK.  Ô97 

Son  grand  palais  en  la  Cité  de  Liège 

où  il  lenoit  son  épiscopal  siège. 

Soixante  quattre  le  cours  de  son  eage 

il  at  régné  prudent,  eourtoys  et  saige  °. 
s  L'an  mil  cincque  cens  trengte  huictiesme, 

et  de  fébvrier  la  saiziesme  journée, 

en  plussieurs  lieux,  pour  singulière  mémoire, 

ses  armes  sont  en  grande  triumphe  gloire. 

Brief,  ce  corps  mort  durant  qu'il  a  vescu 
10  il  a  fondé  de  vertu  son  escu  ''. 

Oncqucs  il  n'eut  ung  seul  jour  de  repos 

pour  mettre  en  paix  son  peuple  ,  ses  suppos. 

Or  il  les  at  sy  bien  entretenus 

qu'à  tout  jamais  seront rf  à  luy  tenus 
13  de  prier  Dieu  que  sa  grâce  il  expose 

envers  son  àme  quy  maintenant  repose  e. 

[Or,  il  est  mort,  que  tousjours  il  fuyoit  ' 

et  après  luy  incessamment  couroil 

de  son  fort  dard,  à  lame  gracieux 
20  le  fit  voler  au  repos  bienheureux]  ■'' 

où  reposant  tousjours  il  se  tiendrat 

jusques  au  jour  que  le  seigneur  viendrat. 

Ainssy  la  mort  n'at  faict  que  son  debvoir 

en  luy  baillant  ce  qu'il  dt-bvoil  avoir  \ 

2.3      <•  1/an  de  son  aage  soixante  quattre  ||  et  de  fébvrier  le  saizesme  jour  ||  mille  cincque  cents 

trente  liuict  ans  ]|  en  tout  lieux  ou  jadis  pour  mémoire  ||  ses  armes  sont..     :  manuscrit  57.  

l'an  64  de  son  aage,  le  d6e  de  fébvrier,  ||  l'an  1S38.  ont  tous  ses  lieux  que  j'ai  dit  pour  mémoire  [|  ses 
armes  sont...  :  manuscrit  S61"'  —  b  Bref  son  corp  durant  qu'il  a  vescu,  ||  sy  très  bien  de  vertu 
fit  son  escu  :  manuscrit  37.  —  sy  très  bien  fit  de  vertu  son  escut  que  oncq  il  n'eust  |(  un  seul  jour 

50  de  repos  pour  mettre  en  paix  son  peuple  ||  et  ses  subjects  où  il  les  at  sy  bien  entretenus  ||  que  à 
tousjours  mais  en  sont  à  luy  tennus  :  manuscrit  87.  —  c  ses  sujects  et  :  manuscrit  37.  —  <<  en 
sont  :  manuscrit  57.  —  '  à  travailler  qui  maintenant  repose  :  manuscrits  37  et  S6b->'.  —  /  finnoit  : 
manuscrit  26M>.  —  »  Ces  quatre  vers  sont  omis  dans  le  manuscrit  97.  —  *  Le  manuscrit  $7 
termine  l'épitaphe  à  ce  vers. 


15 


398  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Car  le  corps  mort  à  jamais  le  fait  vivre 

incontinent  que  la  (ière  mort  tint 

des  Liégeois  l'évcsque  et  bon  pasteur  a. 

Le  fleuve  de  Meuse  un  sy  grand  dueille  en  prit 

qu'il  ne  sceut  oneques  cacher  sa  grande  douleur,  5 

ains  commença  à  pleurer  son  malheur, 

dedans  son  cauc  meslant  ses  pleurs; 

et  tellement  ses  ondes  augmenta 

que  jusques  emprès  de  Saint-Lambert  monta  b, 

et  s'approcha  pour  venir  voir  illecque  io 

de  son  voisin  la  piteuse  obsecque. 

0  peuple,  pleurez,  pleurs  nature  vous  dispense  % 

bons  Liégeois,  pleurez  votre  pasteur 

qui  vous  tenoit  en  paix  et  concordance. 

Priez  ensemble  au  Divin  créateur 

que  celui  qui  son  peuple  en  repos  a  mis 

soit  reposant  là  sus  en  paradis. 

Amen. 


L'épiiaphe  du  Cardinal  Marcka. 

Ce  pouldroyez  pendant  qu'il  at  vescus  ^ 

si  1res  bien  fit  de  vertu  son  escu 

qu'il  n'eut  jamais  ung  seul  jour  de  repos 

pour  en  rendre  en  paix  ses  subjects  et  suppost, 

lesquels  il  at  si  bien  entretenus 

qu'au  grand  jamais  ils  sont  à  luy  tenus  25 


"  car  le  corps  mort  jamais  la  fontaine  vive  cito  qu'il  fut  mort  ||  tient  des  Liégeois  le  bon  pasteur 
la  mesnie  Moeuse  une  sy  grande  douleur  ||  qu'elle  commença  à  plourer  son  grand  malheur  ||  que 
dedens  son  eaue  elle  mcsla  ses  pleurs  :  manuscrit  26bi'.  —  *  qu'emprès  Saint-Lambert  monta  et 
s'aprocha  ||  pour  venir  veoir  illecque  les  excèques  et  funérailles  :  manuscrit  16M.  —  °  0  peuple, 
plouréz,  plouréz  vostre  pasteur  |]  qui  vous  tennoit...  :  manuscrit  S6hl:  30 


IU 


RÈGNE  DERARD  DE  LA  MARCK.  399 

de  prier  Dieu  que  Sa  grâce  il  expose 

aflin  qu'es  cieulx  doulcement  il  repose. 

Ors  est-il  mort  qui  tousjours  finissoit, 

ors  après  elle  incessament  couroit. 

La  blesme  mort  sou  âme  gracieuse 

at  faict  voiler  chez  les  monoirs  lieureux 

où  bienheureux  lousjour  il  se  tiendrat 

jusque  un  jour  que  le  Seigneur  viendrai. 

Ainsi  la  mort  n'at  faict  que  son  debvoir 

en  luy  donnant  ce  qu'il  dehvoit  avoir. 

Le  corps  est  mort,  ce  belle  esprict  vivant, 

exemple  animant  ses  successeurs, 

monstre  en  eflect  qu'il  y  val  de  l'honneur 

d'eslre  de  Liège  vray  prince  et  bon  pasteur. 
15  La  jeune  Meuse  changeante  de  couleur 

estant  panthise  démonstre  sa  douleur, 

car  mourant  .Marcque  ne  veult  estre  marequé 

et  dedans  ses  pourpris  tenir  sa  demeure, 

meslanle  ses  pleurs  avec  les  citadins, 
•20  rendoit  les  siècles  deucalioniens, 

elle  augmentât  d'une  course  furibonde 

de  telle  sorte  ses  tortueuses  ondes 

qu'à  Saint-Lambert,  sans  respect,  la  surface 

elle  occupai  pour  admirer  la  grâce 
25  que  l'on  tiendroit  célébrant  les  éxèques 

d'ung  tel  pasteur,  ornement  de  nos  siècles. 

Ah  peuple,  pleure,  dépleure  ton  pasteur 

qui  foumenloy  ta  paix  avec  ton  bonheur! 

Priez  ensemble  ce  grand  Dieu  Souverain, 
50  qui  liaulce  et  baise  tout  de  sa  puissante  main, 

que  cest  héros  soit  collocqué  es  cieulx 

et  tous  illecque  le  puissons  veoir  heureux. 

{Manuscrit  S2,  fol.  326.) 


4UU  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

A  la  suite  du  texte  de  Jean  de  Looz,  le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale  de 
Belgique  13791,  analysé  au  lome  I  de  cet  ouvrage,  sous  la  cote  manuscrit  5, 
nous  offre,  folios  183  v°  et  suivants,  quelques  notes  peu  importantes  sur  le  règne 
d'Erard  de  la  Marck,  dont  nous  transcrivons  la  suivante  consacrée  à  l'éloge  du 
grand  évéque  :  5 

Anno  Domini  M"  XVe  XXXVIII0,  obiit  illustrissimus  Erarùus  a  Marcha, 
xviu0  januarii.  Non  dicendum  est  quod  periit  nomen  cjtis  cum  sonitu  campana- 
rum  quas  instituerai.  Scd  opéra  ejus  sequunlur  eum  in  eternum,  maxime  in 
celo.  Peropporlune  igitur  hic  dioeescos  habenas  agere  cepit;  a  bellis  enim  ceu 
extrema  pernicie  semper  abhorruit.  Era:que  lilterarum  jurisque  civilis  peritus  *o 
et  animi  corporisque  dotibus  insignis.  Patriam  Leodiensem  pacifiée  annis  xxxh 
rcxit  ac  Lcodicnsibus  inler  cetera  bénéficia  fuit  princeps  ad  vindiclam  lenlis- 
simus,  ad  beneficenliam  autem  promptissimus.  inque  prosperis  cque  ac  adversis 
codem  semper  animo  preditus.  Apud  Carolum  quintum  fuit  magne  auclorilatis. 
Leodiensis  sane  palria  aut  ecclesia  tam  potentem  principem  et  splendidum  is 
dignitate  presulem  ad  bec  usque  tempora  non  habuit.  Favore  Caroli  quinti, 
adeptus  est  in  Hispaniis  archiepiscopalum  Valcntinum.  cardinalcntiam  digni- 
tatem  et  pensioncs  quas  vocant  non  modicas.  Ecclesiam  suam  ab  hereseos  felle 
et  peste  incorruplam  summis  semper  virlutibus  tutatus  est.  Templa  autem, 
velut  aller  David  et  Salomon,  ornamentis  preciosissimis  exornavit  Evangelieam  20 
professionem  non  ccremoniis  et  externis  opibus  metitus  est,  sed  affectu.  piciate, 
officiis,  quibus  pauperes  et  afilictos  equanimiter  sublevavit.  Egittum  principem 
inculpatum,  tum  episcopum  absolulum.  Qua  prudenlia  factura  est  ut  regiones 
iste  Eburonum,  plus  nimium  ad  arma  précipites  et  jam  vicinis  bellis  propemo- 
dum  exenlcrale,  nunc  optimis  legibus  p;icc  et  concordia  florcant.  Mortuus  est  25 
pie  in  ejus  confessione,  que  est  via  ad  cternitalem  et  vita  ac  salus  et  resur- 
rectio.  Sepul'us  est  Leodii  in  calhedrali  ecclesia  ^ancti  Lambcrli  in  sump- 
luosissimo  mauseolo  quod  vivens  preparari  mandaverat.  Requiescat  in  pace. 
Amen. 


Règne  de  Corneille  de  Berghes. 


Sicul  Deo  placet. 
Conflatum  gaeminis  rocibus  angdicis 


1538. 

5  Le  dernier  jour  du  moys  de  fébvrier  précédent,  [l'an  mille  cincque  cents  et 
trente  liuicte],  Monsieur  Corneil  de  Bcrghe  vint  en  Liège  a.  Le  premier  jour  de 
moys  de  marce,  furent  les  lettres  de  la  coadjutorie  présentées  en  chappittre,  dont 
après  la  lecture  d'i celles,  fut  déclaré  évesque  de  Liège,  et  incontinent  on  chantât 
Te  Deum  Laudamus,  et  à  la  Qn  de  Te  Deum,  fut  ledit  seigneur  par  maistre 

10  Jacque  de  Buysson  (l),  channoine  [de  S'-Lambert]  et  escolastre  de  Liège,  emprès 
la  fiertre  Sainct- Lambert,  publiez  et  intimez  évesque  de  Liège,  en  latin  et  en 
nostre  langaige  vulgaire,  puis  fut  ledit  seigneur  menez  au  palais,  et  après  les 
exèques  du  Cardinal,  se  partit  de  Liège  et  alla  à  Curenge,  où  ilz  se  tint  jusques  à 
son  intronisation.   Envyron  le  fin  dudit  moys,  le  seigneur  Disclstain  (*)  fut 

13  envoyez  prendre  possessions  des  places  et  forteresses  en  nom  dudit  seigneur 

[évesque,  scavoir]  de  Huy,  Dynant  et  Franchimont  \  Le  16e  jour  dudit  moys, 

qui  estoit  la  feste  de  la  Saincle  ïriniléz,  iMonsieur  Corneil  de  Berghe  flst  son 

entrée  en  la  cité  de  Liège,  accompaingne  de  plussieurs  grands  et  nobles  seigneurs, 

assavoir  le  seigneur  de  Molenbaix  (3),  chevalier  de  l'ordre,  item  le  chancelier  du    Chapeauville, 

w  111,334. 

20  "  Corneil  de  Berghe,  filz  du  seigneur  Corneil  de  Berghe  de  la  fille  Mr  Sevemberg  :  manuscrit  S, 
—  b  scavoir  de  Huy,  Dinant,  Bouillon,  Franchimont,  Stockhem  et  aullres  :  manuscrit  38. 

(*)  Sur  Jacques  du  Buisson,  voir  note  3  de  la  page  589. 

(«)  Sur  le  seigneur  d'iselstain,  voir  note  S  de  la  page  593. 

(»)  Philippe  de  Lannoy,  seigneur  de  Molerubaix,  grand  maître  d'hùlel  de  Marie  de  Hongrie,  et 
25  Philippe  Nigri,  conseiller  d'État  de  l'Empereur,  chancelier  de  la  Toison  d'or,  avaient  déjà  été  envoyés 
à  Liège,  auprès  des  États,  le  12  juin  lb58,  afin  de  renouveler  le  traité  d'alliance  conclu  en  1518. 
Cf.  Cartulaire  de  Saint- Lambert,  t.  V,  p.  323. 

Tome  II.  M 


402  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Toison  d'or,  légault  ou  ambassade  de  par  l'empereur,  Monsieur  de  Berghe  (4) 
le  conte  de  Buren  (*),lc  seigneur  d'Iselstain  (3),  son  fils,  le  conle  de  Horne  (4),  le 
conte  de  Rocheforl  (5),  le  seigneur  de  Barbanson  (6),  le  conte  d'Arembrech  (7), 
et  plussieurs  aullres,  jusques  au  nombre  de  1200  cbevaulx. 

Le  17*  dudit  moys,  le  susdit  seigneur  de  Liège  tint  une  journée  en  la  cité  5 
avecq  les  estais  du  pays,  en  laquelle  luy  fut  concédée  bonnes  sommes  de  deniers, 
pour  sa  joyeuse  venue,  et  cncor  pour  achever  le  palais,  aultre  somme  à  payer 
en  certain  terme  limitez. 

Au  moys  de  jullet,  lan  susdit,  survint  en  la  cité  et  pays  de  Liège  et  lieux 
circumvoisins  une  maladie  de  flux  de  ventre  dont  plusieurs  morurent.  jo 


Le  jour  ensuivant  (le  16  juin),  luy  fut  présenté  par  messieurs  les  bourgue- 
maislres  de  la  Cité  et  52  mestiers,  en  son  palais,  deux  pots  d'argent,  chascun 
du  poids  de  25  marcs,  estimés  de  la  valeur  de  5250  florins  liégeois,  d'une 
charelte  de  vin,  l'une  de  blanc,  l'autre  de  rouge,  6  gras  hœufs,  25  moulons, 
50  muids  d'avoine,  sans  compter  les  présens  faits  à  ses  gentilshommes,  avec  15 
dix  mille  postulats  de  Horne  pour  la  quoete  de  la  Cité,  puis  le  magnifique  ban- 
quet que  la  Cité  luy  fit  avec  tous  ces  princes  et  seigneurs.  Ainsy  fut  esleu 
Cornélis  de  Berghcs  pour  le  57™  évesque  de  Liège  et  le  86me  en  nombre, 
il  étoit  consacré  sous-diacre  et  pour  procéder  plus  avant,  il  obtint  du  pape  un 
terme  de  trois  ans.  (Manuscrits  38,  p.  2  el  88,  fol.  99  v°.)  20 

(<)  Robert  de  Berghcs,  fils  d'Antoine  marquis  de  Berghes  et  de  Jacqueline  de  Croy,  le  futur  prince- 
évéque  de  Liège. 

(')  Plorent  d'Egmont,  époux  de  Marie  de  Berghcs,  sœur  du  prince-évêque.  Il  se  trouve  représenté 
sur  les  vitraux  du  chœur  de  l'église  Saint  .Martin  de  Liège. 

(3)  Maxiniilien  d'Egmont,  fils  de  Florent,  époux  de  Françoise  de  Lannoy.  Î5 

(*)  Jean,  comte  de  Homes  et  seigneur  de  Wcert  et  d'Altcna,  époux  d'Anne  d'Egmont,  fille  de  Florent. 

(')  Louis  III  de  la.Marck,  comte  de  Rochtfort  el  de  Montaigu, seigneur  d'Agimont,etc.  Cf. deChïstrst, 
op.  cit.,  p.  142. 

(8)  Jean  de  Ligne,  fils  de  Louis,  seigneur  de  Barbançon,  et  de  Marie  de  Berghcs,  sœur  de  l'évêque 
de  Liège.  30 

(;)  Robert  de  la  Marck,  comte  d'Arcnberg,  grand  majeur  de  Liège  de  1531  à  I K41 .  Cf.  di  Borjun, 
Les   Echevins,  t.  Il,  p.  i"2"2. 


RÉGNE  DE  CORNEILLE  DE  BERGHES.  403 

L'an  1538,  fut  une  ordonnance  et  constitution  faicte  touchant  les  réforma- 
tions et  corrections  d'aucuns  abus  dans  les  courts  et  justice  temporels  et  tant 
en  la  Cité  et  bonnes  villes  du  pays  de  Liège  ....  les  dépuleis  de  monseigneur  et 
des  trois  Estats  du  pays  de  Liège.  {Manuscrits,  note  marginale  du  fol.  166[x). 
5  En  ce  mesme  temps,  les  eaues  furent  si  grandes  qu'il  entrèrent  dedens 
l'église  Saint-Berthelmey  et  plusieurs  autres  [Manuscrit  /.) 

En  dit  an,  le  coadditeur  l>lonsr  Corneil  de  Sembrege  at  esté  esleu  évesque  de 
Liège.  L'an  mesme,  est  trespasseit  le  duc  de  Gueldre,  Charles  d'Aigmont,  vieulx 
et  anchien,  qui  avoit  eu  grandes  guerres  avec  Brabensons,  Hollandois.  [Manu- 
io  scrit  96.) 

L'an  mesme,  l'égliese  Sainct-Jacques  parfaicte.  L'an  mesme,  réformalion 
faicte  en  l'égliese  de  Liège.  [Manuscrit  102,  fol.  139.) 

1539. 

L'an  1339,  ung  bourgois  de  Liège,  noméz  Andrelin  fit  une  mutinerie  dont 
is  plussieurs  de  ses  adhérentes  et  fauteurs  furent  prins  et  mis  à  mort. 

L'an  mesme,  fut  en  la  ville  de  Treict  ung  grand  sédition  et  mutinerie  au 
moys  de  septembre  entre  le  peuple,  et  y  fut  comise  grande  tirannies,  et  i  furent 
occis  °  damoiseaux  Gérard  de  Goert,  gouvernt-ur  de  la  ville  de  Treiet,  et 
maistre  Remy  Prinlem  %  licencié  en  droict,  bourghemaistre  de  Iadicte 
20  ville  (2),  par  laquelle  cause  plussieurs  furent  occis  ".  [L'an  mesme,  qui  estoit 
153i»,  il  y  eut  à  Gand  grande  commotion  entre  le  peuple  et  les  nobles]  \ 
L'an  mesme,  fut  grand  chiere  temps  de  grains,  qui  dura  demi  ans,  et  après  vint 
des  grains  du  pays  d'OsIant,  [de  Bohème  et  de  Hongrie]  b. 

a  maistre  Printem  :  omis  par  les  manuscrits  S  et  S.  —  un  burghemaistre  :  manuscrit  7.  — 
25  *  Addition  en  note  marginale  du  manuscrit  2. 

('i  Celte  ordonnance  se  trouve  dans  le  registre  25  du  gretî  -cm....,  des  États  du  pays  de  Liège, 
fol.  1. 

(*j  Voir  le  récit  de  cet  événement  dans  une  lettre  d'un  anonyme  au  commandeur  des  Vieux-Joncs, 

datée  du  23  septembre  1539,  dans  de  Marneffe,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  68,  et  dans  les  dépêches  du  Conseil 

30  privé,  reg.  I,  fol.  127  v,  les  décrets  d'amnistie  du  5  décembre  1540  et  du  6  juillet  1542,  rendus  par 

le  prince-évéque  à  propos  de  cette  sédition  et  de  l'assassinat  des  deux  magistrats  désignés  dans  la 

chronique. 


404  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 
*     * 


Chapeauvilie,  Pendant  celle  année,  fui  découverte  la  conspiration  d'Anderlin,  lequel 
se  sauva,  mais  ses  complices  furent  prins  et  exécutez.  Après,  l'évesque  ordonna 
de  faire  bonne  garde  aux  portes  et  ramparts  et  faire  bonnes  sentinelles  depuis 
six  heures  du  soir  jusqu'à  six  heures  du  matin  et  bonnes  patrouilles;  que  les 
capitaines  et  officiers  se  fissent  porler  le  respect  et  obéyssance  deue;  que  l'on  5 
n'ouvrist  les  portes  pour  sortir  ou  rentrer  sans  la  permission  des  magistrats;  que 
survenant  quelque  alarme,  chacun  demeureroit  dans  son  poste  s'il  n'éloit 
commandé  ailleurs  par  son  capitaine;  que  autres  que  ceux  delà  garde  n'allassent 
par  les  ramparts  sur  peine  de  la  vie;  que  personne  n'allas t  masqué  de  nuict  ni 
du  jour,  ny  jouast  d'instrument  par  les  rues,  ce  qu  il  fit  publier  au  son  de  10 
trompette  (J). 

Après,  fit  un  autre  édict  que  tous  étrangers  et  vagabonds  eussent  à  sortir  de 
la  ville  dans  trois  jours  après  la  publication  et  que  personne  n'eust  à  les 
soutenir;  que  les  hommes  étrangers  qui  seraient  atlrappés  après  les  trois  jours 
scroient  battus  de  verge  allenlour  du  marché  pour  la  première  fois,  et  pour  la  is 
deuxième  auioienl  une  oreille  coupée  et  scroient  bannis  pour  un  an  et  que  les 
femmes  à  la  première  fois  seroienl  marquées  du  peron  à  une  joue,  à  la  deuxième 
à  l'autre  joue  et  à  la  troisième,  pour  les  hommes  et  pour  les  femmes,  sur  peine 
de  vie  (2). 

Chapeauvilie,        En  outre  craignant  les  grandes  armées  et  préparatifs  qui  éloient  en  Aile-  20 
magne,  ordonna  à  tous  baillyfs  et  officiers  de  faire  prendre  les  armes  pour  se 
déffendre  en  cas  qu'on  vinsl  fouller  le  pays.    (Manuscrit  45,  p.  755  et 
manuscrits  44  et  46.) 

L'an  mesme,  en  janvier,  fut  commenchyé  le  ponl  el  bouloir  au  pont  d'Amcr- 
court  (3),  qui  auparavant  estoit  de  bois.  (Manuscrits  1  ;  manuscrits  27,  S2,  25 
fol.  527,  60,  96  et  97.) 

(•)  Voir  Recucildes  ordonnances,  2"  série,  t.  I,  p.  117,  cri  du  perron  du  li  février  1559. 
f)  Ibid.,  p.  H(i,  cri  du  perron  du  t>  janvier  1559. 

y*/  Voir  dans  E.  Pairon,  Carlutaire  de  lu  Cité,  le  contrat  pour  la  construction  d'un  boulevard,  d'une 
tour  et  d'un  pont  de  pierre  à  Amercœur,  le  28  janvier  1S39.  50 


III,  336. 


RÈGNE  DE  CORNEILLE  DE  BERGHES.  405 

L'an  mesmc,  fut  grande  chaleur,  tellement  que  les  vins  furent  bons  et  à  bon 
pris,  le  vin  du  Rhin  à  ung  patar  le  pot  et  ccluy  de  pays  à  demy  patar  de 
Brabanl.  (Manuscrits  52,  fol.  527  ;  60,  61,  fol.  195  v  et  96.) 

Lan  1559,  le  vin  fut  si  bon  marché  qne  les  vins  de  France  et  du  Rhin  ne 
o  se  vendoient  qu'un  pallar  et  le  vin  du  pays  deux  liards.  (Manuscrits  45, 
p.  733;  44  et  46.) 

L'an  mesme,  fut  si  grande  abondance  de  vin  que  plussieurs,  par  faulle  de 
tonneau,  faisent  faire  des  fosses  en  terres  pour  meclre  leur  vin.  (Manu- 
scrit 102,  fol.  159  vf). 

1540. 

to  L'an  1540,  Ferdinant,  roy  des  Rommains,  fist  son  entrée  en  la  cité  de  Liège, 
où  ilz  fut  receu  en  grand  honneur. 

L'an  mesme,  vient  d'Espaingne  en  ces  Pays  Basses  l'empereur  Charles,  ayant 
entendu  la  commotion  de  ceulx  de  Gand  où  il  mit  remède,  et  i  demoura  trois 
mois  entiers,  et  i  fit.  faire  un  chasteau  n.  La  saison  de  l'esté  de  ceste  année  fut 

15  si  chaulde  que  plussieurs  fontaines  perdirent  leur  source  et  aulcun  rivièrs 
leur  course,  ilz  convenoit  aux  Hesbengnons  amener  leurs  bestes  comme  brebis, 
vaches  et  moulons  en  la  rivière  de  Meuse;  les  grains  furent  cuilliez  et  la  ven- 
dainge  faiclc  avant  le  fin  du  moys  d'aoust.  [L'an  mesme,  tomba  une  des  thours 
du  palais  de  Liège  b\  [qui  estoit  édifiée  sur  la  chapelle  des  11,000  vierges]  °(l). 

* 
*     * 

20  Cette  année,  se  fil  une  si  grande  sécheresse  et  chaleur  que  l'on  passoit  à  pied 
toutes  au  travers  du  Rhin,  de  la  Seine  et  de  la  Meuse,  en  sorte  que  les  Hesbi- 
gnons  furent  contraints  d'amener  leurs  bêtes  pour  boire  à  la  Meuse,  à  raison 

a  L'an  mesme. . .  château  :  passage  omis  par    et  S.  Le  manuscrit  S  l'ajoute  en  note  maginale  et  le 
complète  par  l'addition  suivante  :  et  après  soy  départit  et  s'en  alla  à  Gand  veoir  son  frère  l'empereur 
25  Charles  où  il  fut  reeeu  en  grand  honneur  le  17  jour  de  marce.  —  b  Passage  ajouté  en  note  marginale 
par  manuscrit  S.  —  c  Addition  du  manuscrit  o. 

(' )  Sur  cet  accident,  voir  Gobert,  Liège  à  travers  les  dges,  t.  IV,  p.  416. 


40C  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

que  plusieurs  fontaines  esloient  taries.  Et  les  vins  furent  à  si  bon  marché  que 
l'on  ne  les  vendoit  qu'un  patar  le  pot,  le  vin  du  pays  2  liards  et  le  vin  de 
France  4-  paltars  ".  (Manuscrit  38,  p.  4  et  manuscrits  60,  96  et  97 .) 

L'an  1540,  le  14  d'aoust,  sur  le  soir,  se  ruina  et  tomba  une  des  quatre  tours 
du  palais,  qui  servoit  de  montée  ou  degréz  royale  au  palais  du  costé  du  vieux  s 
marché,  laquelle  ruina  l'église  paroissiale  des  Onze  mille  Vierges,  sans  qu'au- 
cune personne  fusl  blessée.  (Manuscrit  58,  p.  S.) 

1541. 

L'an  iyil,  la  peste  régna  fort  au  long  du  Rhin,  principalement  à  Coulongne 
et  dcdens  la  cité  et  pays  de  Liège,  Namur,  Haynault,  Brabant;  les  gens  furent  10 
fort  molesteis  de  Gebvres  aspre  et  véxémente,  flux  du  ventre,  dyssenlericque, 
dont  plussieurs  mornrent.  L'an  mesmc,  fut  commencbé  un  bolvercq  à  la  porte 
Sainct-I.éonard  en  Liège,  par  ung  noméz  Paulus  de  Richel  ('),  homme  de 
grande  entreprinse,  expert  en  l'art  de  l'architecture  '',  lequel,  peu  de  temps  après, 
par  envie,  eut  beaucop  à  souffrier,  et  fut  persécuté  par  les  massons  de  la  cité,  is 
tellement  qu'il  fut  misérablement  occis  en  ung  combat;  iiz  avoit  avant  sa  mort 
commenché  à  édiflier  une  partie  de  l'engliese  Sainct-Marlin  en  Mont  jusques 
au  feneslres  et  dauvaintaige  '.  L'an  susdit,  le  jour  saincl  Marc,  survint  en  la 
cité  de  Liège  ''  une  oraige  et  tempesle  si  grand  que  depuis  la  porte  Sainte-Mar- 
garite  e  jusques  au  lieux  noméz  au  becquarlz  (2)  de  la  rue  de  pont,  les  caves  20 
furent  plaintes  d'eaue,  et  on  eusse  facilement  menez  ung  batteau  '  et  nasselle, 

"  le  bon  vin  de  Rhin  se  vendoit  un  patar,  celui  de  France  deux  aidans  :  note  marginale  de 
Foullon,  t.  Il,  p.  247,  d'après  uu  manuscrit  de  chronique  vulgaire.  —  b  Paulus  Dirich,  homme  de 
grande  entreprise  en  esprit,  en  l'arithmétique  :  manuscrit  38,  p.  16.  —  c  Tout  ce  passage  se  retrouve 
dans  la  chronique  de  van  den  Berch,  t.  Il,  fol.  200  r°  —  d  à  Ans  et  à  Mollin  ou  là  entour  :  23 
addition  du  manuscrit  1.  —  «  ex  porta  Sancte  Margarite  usque  ad  Rolandi  gurgitem  :  manu- 
scrit B.  R.  15791.  —  t  menez  une  nazalle  :  manuscrit  1.  —  un  bateau  et  nasselle  :  manuscrits  2 
et  S.  —  Tout  k  passage  est  omis  dans  manuscrit  6. 

(•)  Sur  cet  artiste,  voir  E.  Fairon,  Chronique  de  l'Institut  archéologique  liégeois,  année  1023,  t  XIV, 
p.  83,  et  Carlulaire  de  la  Cité,  contrat  du  23  juillet  1540,  et  Gobert,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  IV,  30 

p.  m. 

(*)  Aux  begards.  Cf.  Gobert,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  176. 


RÈGNE  DE  CORNEILLE  DE  RERGHES.  407 

les  eaues  entrèrent  parmy  la  porte  du  palais  "  vers  Pierreuse,  passèrent  parniy 
l'engliese  de  Liège,  mesrae  par  l'impétuosité  de  l'eauc,  aulcunes  pierre  de 
marbre  furent  eslevées  arrière  de  terre,  et  fut  l'eaue  jusques  au  grand  aulteit. 
L'an  mesme,  Martin  van  Rossen  (*),  capitaine  Geldrois,  leva  sus  ung  grand 
s  armée  de  gens,  tant  à  piedz  que  à  chevaulx,  pour  le  roy  de  France,  donanl 
à  entendre  que  c'esloil  pour  entrer  dedens  le  pays  de  Liège,  à  l'occasion  de 
quoy  la  gcnsdarmerie  qu'on  envoyoit  du  pays  de  Liège  contre  le  Turc  fut 
remandée  (2).  Le  susdit  Martin  entra  dedens  le  pays  de  Braibant,  brusla  la 
ville  d'Andennc  b  et  plussieurs  pétilles  places  et  chasteaux,  avecq  les  villaiges 

10  en  la  Campeingne,  et  l'ut  si  grand  poeur  à  Branbansons  que  s'il  fusse  allé 
à  Anvers  tout  droict,  l'eusl  emportez.  Hz  fut  devant  Louvaingne,  mais  les 
clercqs  monstrèrent  barbe  °,  parquoy  passât  oultrc  bruslant  par  tout,  sans  faire 
quelques  dommaiges  sur  le  pays  de  Liège,  et  furent  par  luy  deslruiclz  environ 
1 100  villaiges. 

is  En  celle  mesme  année,  fut  George  d'Auslrice  faict  channoine  de  Saincl- 
Lambert  (3),  et  troix  jours  après  fut  faict  coadjuttur  de  l'évesque  de  Liège,  luy 
«stant  à  Valence  en  Espaingne,  et  fut  remandéz  par  deçhà,  lequel  pensant 
retourner  parmy  France  en  temps  de  paix,  i  fut  détenu  prisonnier  l'espace 
de  deux  ans,  en  grand  danger  de  sa  vie  ',  et  après  avoir  payez  sa  ranchon, 

jo  retourna  à  Liège  '. 

"  Le  manuscrit  3  ajoute  entre  parenthèses  :  sans  demander  congé  à  Son  Alttese.  —  *  Enthoven  : 
manuscrit  3.  —  Enthoven  et  Duflele  :  noie  marginale  de  manuscrit  S.  —  c  mais  les  estudiants  lui  firent 
teste  :  manuscrits  3,  S  et  suivants.  —  d  Le  manuscrit  B.  fi.  i 3791  ajoute  :  quia  ibi  intocsicatus  fuit 
una  cum  aliquibus  serviloribus.  —  «  ayant  payez  une  partie  de  sa  rançon  argent  comptant  :  manuscrit  3. 

ÎS  (')  Ces  événements  guerriers  se  passèrent  en  1542  et  non  en  1541.  Cf.  11.  Pirenne,  Histoire  de 
Belgique,  t.  III,  p.  131,  et  H.  Vander  Linden,  Biographie  nationale,  Martin  van  Rossem,  t.  XX, 
col.  145-158.  Heknb,  op.  cit.,  I.  VII,  pp.  36I-3S0. 

(*)  Cette  affectation  du  contingent  liégeois  accordé  à  l'Empire  pour  la  guerre  contre  les  Turcs  est 
confirmée  dans  le  message  envoyé  aux  Etais  de  Liège  par  Corneille  de  Berg,  le  5  août  1542. 

30  (»)  Georges  d'Autriche,  fils  illégitime  de  l'empereur  Maximilien,  évêque  de  Brixen  et  de  Valence, 
obtint  une  prébende  à  Saint-Lambert  le  51  décembre  1540  et  fut  désigné  comme  coadjuteur  de 
de  l'évêque  en  janvier  suivant.  Connue  il  était  de  naissance  bâtarde,  les  statuts  du  chapitre  s'opposaient 
à  son  admission  comme  chanoine  cl  il  fallut  une  dispense  du  Pape,  qui  fut  sollicitée  par  Charles-Quint, 
pour  qu'il  fût  déroge  à  cette  règle.  Cf.  de  Marcieffe,  op.  cit.,  t.  H,  p.  1 10. 


408  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 
#     * 


A  propos  de  l'incursion  de  Martin  van  Rossum  en  Brabanl,  le  manuscrit 
B.  R.  1571)1,  fol.  201  v°,  ajoute  ces  détails  : 

Ille  Lovanium  venit  cum  exercitu,  sed  sludentes  animati  cum  omni  confu- 
sione  repulerunt,  quamvis  pretor  oppidi  fuisset  de  favore  inimici,  sed  non 
potuit  eflicere  compaclum.  Amotus  fuit  a  suo  officio.  s 

Hclieto  oppido,  traxerunt  versus  Gcmblacum  Circa  villam  Ponthvillam  ('), 
invenerunl  reverendum  paire  m  diclum  Joannem  a  Paslura,  priorem  monas- 
terii  Gemblacencis  et  eum  captivum  conslituenint.  Deinde  transeunles  per 
pagum  ...,  prope  castrum  de  Coroil  (2),  cuslodes  illius  caslri  emiserunt  certos 
iclus  bombarde,  fixi  steterunt  miitcntes  preconem  pelenlem  quid  pelèrent;  io 
sine  rcsponlione  occiderunt  tubichinem  neenon  et  secundum.Tunc  totus  exer- 
citus  eircumcinxit  castrum  el  cogerunt  eos  traderc  illis  castrum,  vita  salva, 
quod  non  servarunt.  quia  omnes,  demplis  quatuor,  occisi  sunl.  (On  note  en 
mart/e  :  usque  ad  numerum  lxxxiii,  ferc  omnes  coloni  divites  et  scabini). 
Castrum  una  cum  pago  combusserunt.  ïunc  ceperunt  iter  versus  Franeiam.  io 

L'an  1541,  le  jour  de  saint  Marc,  à  deux  heures  après  midi,  se  fit  une 
telle  tempeste  et  orage  en  la  Cité,  par  une  [nuée]  qui  s'eslanl  rompu  vers 
Sainte-Marguerilc  où  il  tomba  une  telle  quantité  de  pluye  que  l'eau  dévalant 
impétueusement  par  toutes  les  rues  de  la  Cité  emmenoit  bois,  pierres  et  fanges 
en  telle  quantité  qu'elle  en  emplit  toutes  les  caves  et  monta  si  haut  qu'elle  fui  20 
sur  le  grand  autel  de  Sainl-Séverin,  en  sorle  que  plusieurs  rues  en  furent 
empêchéez.  {Manuscrit  38,  p.  46.) 

1542 

L'an  1542,  le  Turc  fit  réparer  et  fortifier  Hierusalem  la  saincle  cité,  plus 
[belle]  que  n'avoit  esléz  auparavant.  L'an  mesme,  vinl  ung  bérault  en  Liège  de  25 
par  le  roy  de  France  demandant  amende  et  réparation  de  la  mort  messire 


(')  Ponlillas,  commune  du  canton  iTÉgliezce,  arrondissement  et  province  de  Namur. 
(')  Corroy-lc-Chàlcau,  canton  de  Gembloux. 


REGNE  DE  CORNEILLE  DE  BERGHES.  409 

Guillame  à  la  Barbe,  qui  fut  décollé  à  Treict,  comme  nous  avons  dict  (J).  L'an 

mesme,  fut  faict  Mariembourcli. 

Froid  et  véhément  hyver  et  long,  et  dura  la  gallée...  sapmaines  de  long. 

(Note  marginale  de  manuscrit  2) 

* 
*     * 

5  L'an  mesme.  firent  les  Drabansons  Mariembourg  sur  le  pays  de  Liège  et  en 
furent  Liégeois  mal  récompensez.  L'an  mesme.  commenchat  grande  guerre  en 
pays  de  Jullez  et  Clèves  et  Geldre  contre  les  Brabansons  et  durât  jusques 
à  l'an  XLIII  en  mois  de  septembre,  que  l'empereur  Charle  retournât  par  deçà  la 
mer  de  devant  Argil  et  gangnat  l'empereur  Ourren  et  Moulice  et  soy  rendit  le 

îo  duc  de  Julie  à  l'Empereur  (Manuscrit  1 .) 

L'an  mesme,  tombèrent  de  l'air  des  saulerelles  en  si  grand  nombre  que  l'air 
en  estoit  tout  couvert,  qui  firent  grand  domaige  à  tous  les  biens  de  la  terre. 
(Manuscrit  402,  foi  440  V.) 

L'an  mille  VCXLII,  at  esté  assemblée  unne  journée  des  estais  de  l'empire, 

15  aflin  de  fair  armée  pour  repoulser  les  Turques  de  Hongrie,  ce  que  at  esté 
accordé  sur  les  eslats  de  pais  et  Saincte  Empire,  et  pour  la  quoete  de  la  cité  et 
pais  de  Liège,  unne  enseigne  de  gens  de  chevaux  et  unne  enseigne  de  pitons 
furent  eslevés  et  près  à  marcher.  Mais  comme  la  guerre  estoit  encommenchée 
entre  l'empereur  et  le  roy  de  France,  l'armée  du  roy  estant  entrée  au  pais 

20  de  Luxemborg,  conquestat  plussieurs  bonnes  villes  comme  Ivoy,  Damvillicr, 
Monmédier  et  autres,  courans  le  pais.  D'auslre  costé,  esloint  en  mesme  temps 
gens  de  guerre  de  cbevals  et  piétons  eslevés  au  pais  de  Cueldre  par  aucuns 
députeis  et  capitaine  de  par  le  roy  de  France,  conduit  par  Monsr  de  Lavalle  et 
Martin  Van  Rossen  °,  homme  de  guerre.  De  quoy  ainsy  assemblez,  nous  estant 

25      "  Vannerosse  :  manuscrit  26bts. 

(4)  Voir  aux  dépêches  du  Conseil  privé,  reg.  I,  fol.  129  v°,  une  lettre  du  roi  de  France  aux  États, 

datée  du  1"  novembre  1541,  annonçant  l'envoi  de  son  héraut  Picardie  pour  sommer  les  États  de  payer 

les  indemnités  dues  à  la  maréchale  de  La  Marck,  en  compensation  de  la  mort  de  Guillaume  de  La  Marck. 

Voir  aussi   plusieurs  autres   documents   produits  aux  journées  d'État  du    II  décembre  1541,   du 

30  31  mai  1542  et  5  août  1542. 

Tome  II.  52 


410  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

voisins  le  pais  (cstoit)  à  craindre  estre  surpris  et  follets  tout  autre,  tellement 
que  les  estats  assemblez,  at  esté  passé  de  retenir  les  deux  enseignes  eslevées 
pour  envoyer  en  Honghcric  et  avecque  encor  eslever  force  de  gens  pour  conlre- 
garder  la  cité  et  bonne  ville  du  pais,  et  de  sorte  que  jusque  à  xi  enseigne  ont 
este  eslevé  et  en  grande  diligence  at  este  la  cité  et  bonne  ville  reforcée  et  bien  3 
réparée  de  force,  doublant  les  houx  de  deux  coslés.  En  ce  entrefaicle,  Martin 
Van  Hossen  "  et  son  armée  passèrent  la  rivier  près  Ruremund,  puis  entrèrent 
au  pais  de  Brabant,  pillans,  saccagans,  brùlans  ville  et  villages,  tenant  chemin 
vers  la  ville  d'Anvers,  et  en  chemin  furent  aucun  qui  prétendoieut  à  les  donner 
empêchement,  ains  furent  defîais  et  mis  en  fuille  par  les  gens  Kossen  °.  Furent  |0 
devant  la  ville  d'Anvers,  tous  hruslans  et  pilans  le  plat  pais,  mais  la  ville  tient 
bon,  car  il  n'avoint  point  de  canons.  Puis  relirarent  arrier  tous  brùslant  et  pilant 
jusque  devant  la  ville  de  Lovainc.  Laissant  la  ville,  se  sont  tiré  en  France  sans 
rien  fair  au  pais  de  Liège.  De  là  ceulx  de  Hollande,  Brabant,  Flandre,  Hainaut 
et  autres  pais  à  l'empereur  par  dechà  firent  armée  avecque  quelque  Allemans  is 
prendant  chemin  vers  France  d'amont.  Toutefois  se  sont  haslivemenl  devallé 
et  se  sont  jecté  et  entré  au  pais  de  Julleit  et  Gueldre,  tout  despourvu,  pilans  et 
brùlans,  prindrenl  la  ville  de  Dure,  Hinsberg,  Suster,  saccageans  pitieusement 
le  pais  de  duc  de  Julleit  'Manuscrits  96,  fol.  289;  97,  fol.  196  V  et 
26b'\  fol.  342  V.)  î0 

1543. 

L'an  1343,  oulcuns  conceurent  ''  une  traysons  contre  la  cité,  comme  on 
disoit,  à  raison  de  quoy  Haes  de  Lamine,  Piron  d'Heure  (')  et  aullres  furent 
exéculeis  et  mis  en  quartiers,  loullefois  si  ne  fut  sans  suspicion  d'aulcuns,  car 

"  Vannerosse  :  manuscrit  S6M-.  —  b  machinèrent  :  manuscrits  5  et  5.  «s 

(')  Racs  de  Lamine  est  cité  dans  un  ucte  du  18  septembre  1538.  {(lartulaire  de  Saint- Lambert, 
t.  V,  |>.  510.)  Piron  d'Heure  était  le  fils  d'un  ancien  éclievin  de  Liège  du  même  nom.  (Cf.  de  Bohman, 
Echcvins,  t.  H,  p.  88.)  Le  chef  de  la  conspiration  était  Guillaume  de  La  Marck,  chanoine  de  Saint- 
Lambert  et  archidiacre  de  Brabant,  dont  Erard,  à  la  fin  de  son  règne,  aurait  voulu  faire  son  coadjuteur. 
Voir  de  Chksthet  de  Haneffe,  Les  conjurations  des  La  Marek  formées  à  Liège  contre  Charles- Quint,  30 
dans  Bill.  Acad.  roy.  de  Belgique,  5«  série,  t.  XXI,  pp.  C81-715.  On  trouvera  au  registre  24,  fol.  20, 
de  l'Officialitc  la  sentence  rendue  contre  le  prêtre  Louis  Chabot,  un  des  principaux  conspirateurs. 


RÈGNE  DE  CORNEILLE  DE  BERGHES.  411 

c'esfoit  une  choese  faicte  par  hayne.  Deus  novil  omnia.  L'an  mesme,  le  vin  fut 
fort  chiere  et  n'esloit  quasi  en  mémoire  d'homme  l'avoir  veu  si  chière. 

*     * 

L'an  mesme,  du  temps  des  guerres  en  pays  de  Jullez,  y  eut  en  la  Cité  grand    Chapeauvilie, 
perturbations  des  bourgeois  quant  damoyseau  Guilheaume  de  la  Marche  se 
s  partit  de  la  Cité,  et  y  furent  plusieurs  bourgeois  quarteléz  et  corrigez  et  trois 
serviteurs  d'un  archidiacre  de  Saint-Lambert  qui  furent  prins  en  ranimant  leur 
maislre  de  l'eiigliese  et  furent  quarteleis.  (Manuscrit  /.) 

L'an  mil  VCLIII,  lesdites  gens  de  guerre  Martin  Van  Rossen  a  montés  par 
ci-devant  en  France  au  service  du  Hoy  cslans  advcrtis  [destraitement]  des 

10  Bourgignons  en  pays  de  Julliers,  avec  armée  [ont  sorti  de  France]  et  repassé  et 
retournés,  venant  par  les  Ardennes  au  secours  et  ayde  du  duc  de  Julliers,  telle- 
ment qu'en  quaresme,  furent  armées  [dressées]  pour  repousser  les  Bourgignons 
et  par  conséquente,  environ  les  Pâques,  les  uns  contre  les  aultres  près  de 
Sitters  (l).  Les  Bourgignons  y  furent  avec  Brabançons  deseonfils  et  des  occis 

15  en  bon  nombre,  avec  beaucoup  de  prisonniers,  et  y  laissèrent  leur  artillerie. 
Fuiants  lors  les  gens  du  ducq  de  Julliers  procédèrent  plus  avant  et  enlrarent  au 
pays  de  Lembourg,  Hervé,  Dolhen  (2)  bourgignons,  pillants,  saccageants  et 
bruslans  le  plat  pays.  De  ce  temps  couroit  un  bruit  en  Liège  qu'en  icelle 
debvoient  eslre  aucuns  séditieux  aiants  entreprins  quelque  chose  contre  ladite 

20  Cité.  De  quoy  en  furent  aucuns  exéeutés,  mais  de  ce  que  l'on  avoit  dil  et  mis 
sur  lesdits  séditieux,  comme  on  disoit,  il  n'en  fut  veu  nul  effect  ne  maux 
contre  ladicte  Cité  qui  procédasse  de  ce  qu'on  leur  imposoit.  (Manuscrit  98, 
fol.  53 ;  manuscrit  53.  Fersion  plus  abrégée  dans  manuscrits  96, 
fol.  289;  97,  fol.  196  V  tt  dans  26b\) 

25  L'an  ioi3,  fut  de  rechef  emporté  le  pont  d'Amercœur  par  les  grandes  eaux, 
qui  avoit  été  rédifié  l'an  1539.  (Manuscrit  38,  p.  30.) 

L'an  mesme  (4843),  Philippe  d'Espaigne,  filz  de  l'emperenr  Charles,  eut  en 

«  Vannerosse  :  manuscrit  S6bis. 

(')  Sur  la  bataille  de  Siltanl,  voir  Hbisne,  op.  cit.,  t.  VIII,  p,  277 
50       (')  Le  pays  de  Dalhcm. 


412  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

mariage  Marie,  fille  du  roy  de  Portugal,  et  Sigismond.  roy  de  Polloigne  espouza 
Isabeau,  fille  de  Ferdinand,  roy  de  Hongrie  et  de  Bohème. 

L'an  mesme,  le  roy  d'Angleterre  fil  décappiter  sa  femme  Catherine  Hauvart, 
laquel  estoit  sa  cinquième  femme,  pour  sa  paillardise  dont  il  estoit  rcmply  et 
en  fit  encore  d'autres  décappiter,  et  en  avoil  encor  d'autre  répudiez,  usant  de  .-; 
grande  rudesse. 

Or  donc,  en  l'an  1543,  l'empereur  Charles,  estant  retourné  de  la  guerre 
d'Aiïricque,  y  aiant  par  fortune  de  mer  beaucoup  perdu,  at  fait  voisle  en 
Espaignc,  avec  gens  de  guerre  tennant  chemin  vers  le  pais  Bas,  afiin  donner 
secours.  Estant  en  la  fin  arrivé  en  Allemaigne,  où  avec  force  de  gens  de  tous  10 
costé  est  entré  au  pais  de  Jullicrs,  possant  son  camps  devant  la  ville  de  Dure, 
qui  estoit  reprinse  et  la  fit  fort  cannoner,  après  grand  assault  sustenus.  elle  fut 
reprinsc  par  force  ('). 

L'empereur  alla  plus  avant  et  vint  devant  Fennelol  au  pais  de  Cueldres  où 
Martin  Vanncrossc,  avec  gens  de  guerres,  tennoit  la  ville.   Mais  traitement  al  ts 
esté  faict  enlre  l'empereur  et  le  duc  de  Jullicrs,  et  se  relirral  le  duc  en  son  pais. 
{Manuscrit  W,  p>  543.) 

1544 

L'an  mesme,  le  veille  des  Boys,  l'empereur  vint  en  Liège  la  3e  fois  n  (!). 
L'an  mesme,  les  Allemans  furent  à  l'entour  de  Liège  S  ou  6  jours  dont  le  veille  20 
de  saint  Jan  en  jung  (3),  ont  eut  grand  peur  en  la  cité,  et  fut  criez  alarme,  mais 
lesdils  Allemans  avoient  au  contraire  aussy  grand  peur  que  eeulx  de  la  cité. 
L'an  mesme,  rendit  Monsieur  de  Scvcnberghc  aux  Bivagois  leurs  franchieses  et 
privilèges  que  le  Cardinal  leur  avoil  osiez  par  leur  offense,  pour  cause  que  du 
temps  des  guerres  esmeus  au   pays  de  Geldre  cl  Julléz,  fut  besoigne  de  faire  25 

a  l'an  1541,  la  veille  des  rois,  l'empereur  Charles  vint  en  Liège  parla  porte  Sainte -Walburge  la 
troisième  fois,  dont  les  bannis  eurent  rémission  :  manuscrit  402,  fol.  140  v°.  —  Le  manuscrit  1 
ajoute  :  delà  s'en  allât  en  Allemaingne  pour  faire  concension  de  grand  concilie,  laquelle  n'a  pas 
esté  faicte  de  son  vivant  et  loingtemps  après. 

(*)  Cf.  IIenne,  op.  cit..  t.  VIII,  p.  121.  30 

(»)  Sur  ce  troisième  séjour  de  l'Empereur  à  Liège,  voir  Conclusions  capitulaires  de  Saint-Lambert, 
reg.  Hi,  fol.  30. 

(»;  Le  24  juin  1544. 


RÈGNE  DE  CORNEILLE  DE  RERGHES.  413 

ouvrer  et  fortifier  à  l'entour  de  la  cité,  parquoy  lesdits  Rivaigois  furent  mandeis 
et  constrainct  de  venir  besongner,  et  pour  la  bonne  diligence  qu'il  firent  de 
porter  terre,  et  aullres  ouvraiges,  furent  remis  en  leur  libertéz.  L'an  mesmc, 
Corneil  de  Berghe,  évcsque  de  Liège,  résigna  son  éveschié  au  proufiiz  de 
5  George  d'Austrice  "  lequel  fut  receu  le  jour  del  sainct  Joban  Baptist  en  jung, 
et  avoit  ledit  Corneil  régné  six  ans  en  son  éveschié  et  avoit  estez  de  bonne  vie 
et  fort  aj  mé  du  peuple  h  et  n'avoit  encor  nul  degré  de  prestrise. 


En  l'hiver  de  l'an  1514,  le  pays  de  Liège  fut  chargé  et  vexé  des  soldats 

tiésadvoués  de  leurs  chef,  sans  solde  ny  argent,  qui  vuidoienl  les  meillieurs 

io  bourses  et  n'espargnoient  personne,  ny  de  sexe  ny  d'âge,  ni  de  qualité  et  faisans 

milles  volleries  et  outrages,  si  que  le  coadjuteur  fit  respublier  les  édits  de 

la  milice  et  commandant  les  armes  pour  en  deschasser  et  faire  sortir. 

L'an  1544,  n'ayant  plus  besoin  que  de  repos,  l'évesque  se  retira  et  se  tint 
paisiblement  au  château  de  Huy,  y  attendans  la  fin  de  ses  jours  là  où  il  rendit 
15  son  âme  à  Dieu.  Pendant  l'administration  de  son  évesché,  il  fit  un  édict  que 
les  charlatans,  croches  à  l'huys  et  vagabonds  de  sortir  de  la  ville,  commandant 
aux  taverniers  de  raporter  tous  les  jours  au  mayeur  les  hostes  et  personnes 
estrangers  qu'ils  auroient  (1).  {Manuscrit  48,  fol.  225  v°.) 

L'an  mesme,  fut  commencée  la  halle  des  mangons,  estans  bourghemeslres  de 

2o  Liège  Guilheaume  de  Meffe  de  Champyon  et  Jehan  Miche.  Le  peron  qui  esloit 

en  la  place  de  laiiite  halle  fut  rapporté  devant  Saint-Paul,  en  Vinave  d'isle  (2). 

La  veille  des  Iloys,   Charles  Quint  vint  à  Liège.  L'élu,  le  chapitre,   la 

noblosse  cl  les  bonrguemeslres  le  furent  accueillir  à  la  porte  Sainte-W  alburge. 

Les  bourguemestres  lui  donnèrent  les  clefs  de  la  ville  pour  lui  témoigner  qu'ils 

25  estoient  leurs  vassaux.  César,  les  ayant  prises,  les  pendit  à  sa  selle  et  estant 

°  George  d'Aulrice,  fils  jadis  à  l'empereur  Maximilien  el  oncle  de  l'empereur  moderne  Cliarle  : 
addition  du  manuscrit  1 .  —  b  fort  aymé  du  peuple  :  omis  dans  manuscrit  7. 

(*)  11  y   eut   plusieurs   ordonnances  à   ce  sujet  en   date  du   5  janvier   1559,  51   janvier   1540, 
21  février  1810,  12  décembre  1541. 
50       (*)  Sur  le  transfert  du  perron  de  la  Golfe,  voir  Gobekt,  Liège  à  travers  les  dges,  t.  V,  p.  591.  Sur  la 
halle  des  bouchers,  ibid.,  t.  Il,  p.  229. 


414  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

arrivé  au  palais,  comme  il  ne  voyait  pas  les  bourgmestres  à  raison  du  grand 
monde  de  noblesse  qui  y  estoit  présente,  il  les  fit  appeller  sans  vouloir  descendre 
de  son  cheval  avant  d'avoir  remis  les  clefs  en  leurs  mains  et  leur  dire  : 
Foulion,  «  Conservés  à  l'avenir  les  clefs  de  ma  Cité  avec  la  même  fidélité  et  vigilance 
que  vous  les  avez  tenues  jusqu'aujourd'hui  ».  (Manuscrit  j  i  4,  p.  500)  5 

Avant  de  venir  à  la  mort  de  l'évêque,  voyons  premièrement  pour  l'informa- 
tion du  lecteur,  ce  que  veut  dire  le  cercle  inférieur  et  westphalique  dont  on  a 
toujours  voulu  charger  le  pays,  non  seulement  lorsque  l'empire  a  la  guerre 
contre  les  Turcs,  à  quoi  il  est  obligé,  mais  l'ont  voulu  aussy  constraindre 
de  contribuer  pour  les  guerres  particulières  dudit  empire,  à  quoi  la  Cité  n'a  io 
jamais  voulu  entendre  à  cause  de  sa  neutralité,  dont  elle  a  été  pour  ce  sujet 
branscaléz  et  logée  de  diverses  troupes  de  gendarmerie,  comme  voirez  à  la  suite 
de  cette  histoire.  Il  est  donc  notoire  que  l'empire  d'Allemagne  est  distingué  en 
dix  cercles  et  chaque  cercle  en  dix  provinces  ou  parties,  comme  l'an  1542  en 
la  journée  des  princes  de  l'empire  qui  se  tint  à  Spire,  comme  al  été  ci  dessus  15 
dil,  on  accorda  à  Ferdinand,  roy  des  Romains,  8,000  chevaux  et  40,000  fantas- 
sins pour  faire  la  guerre  aux  Turcs.  Le  pays  de  Liège  suivant  le  cercle  westpha- 
lique fut  taxé,  suivant  les  répartitions,  à  180  chevaux  et  400  fantassins  (*.), 
lesquelles  trouppes  furent  cslevées  l'an  1542  et  prestes  pour  partir,  comme 
aussi  les  deniers  furent  passés  et  accordés  pour  les  payer  par  les  États  du  pays,  -o 
qui  pour  mémoire  se  répartissent  comme  s'ensuit  :1e  clergé  cl  la  noblesse  payent 
la  milant  pari  de  la  laxe  et  les  cinq  quarlitrs  l'autre  part,  à  scavoir  :  le  premier 
quartier  est  la  Cité  et  banlieue;  le  second  est  le  comté  de  Looz;  le  tierce  est  la 
ville  de  Iluy  avec  dépendances;  le  quart  est  le  comté  de  Moha  et  la  Hesbaye;  le 
quint  est  le  pays  d'Entre  Sambre  et  Meuse.  (Manuscrit  38,  pp.  24  et  2S.)  25 

Le  manuscrit  B.  R.  13791  termine  ainsi  le  règne  de  Corneille  de  Berghes  : 
Anno  Domini  M"V°XXXXIIH",  die  xvia  junii,  resignavit  et  celebs  permansit, 
malens  tranquillam  conditionem  cum  securilalc  quam  splendidam  cum  descri- 
mine.  Scicbat  regnum  rem  arduam  et  curarum  atque  negotiorum  plenam.  Simul, 
inquit  ille,  isla  posuit  Conditor  mundi  Deus  odium  atque  regnum... 

(')  A  la  journée  d'Étal  du  51  mai  1542,  le  prince-évéque,  dans  son  message,  faisait  connaître  qu'on 
réclamait  au  pays  150  hommes  à  clicval  et  175  fantassins  pour  lesquels  il  sollicitait  le  vote  d'une  taxe 
de  quatre  mois  romains. 


Règne  de  Georges  d'Autriche. 

Confide  et  amu. 

1544. 

George  d'Auslrice  "  fit  son  entrée  en  la  cité  de  Liège,  le  dimenclie  après  de 

5  Nostre  Dame  emy  aoust b  qui  est  le  xvne  de  moys  susdit,  l'an  !  544,  entrant  par 

la  porte  de  Sainct-Léonard,  ayant  avecques  Iuy  belle  compaingnie,  grande  et 

honnorable  de  ducqs,  contes,  marquis,  chevaliers  et  aultres  grands  nobles  per- 

sonnaiges  et  i  furent  envoyez  de  par  l'empereur  Charle  cinequième,  auquel  ilz 

éstoit  oncle,  à  son  eosté  dexlre  le  conte  de  Laelen  (d),  au  costé  senestre  le 

io  conte  de  Sympiez  c  (2),  et  i  estoyent  pareillement  les  deux  bourghemaislres  de 

de  la  cité  pour  le  temps,  Guillame  de  Meffe,  dit  de  Champion  (3),  eschevin  de 

la  cité,  et  Johan  Miche  (4).  qui  après  fut  maire  de  la  cité  par  ledit  évesque,  et  y 

estoienl  plussieurs  aultres  jusques  à  la  somme  de  huictes  ou  neuff  cens  chevaulx. 

L'an  mesme,  XVe  quarante  quatlre,  se  partit  l'empereur  Charle  d'Alemaingne 

îs  et  s'en  allât  avecques  son  armée  à  Lucembourch,  que  les  Franchois  tenoient, 

et  fut  regaingnée,  et  de  là  s'en  alla  devant  Saint-Desir  (5),  où  le  [bon] d  prince 

d'Orenge  fut  tiré  mort  et  i  demoura  grand  nombre  de  gens  de  1  empereur. 

"  fils  naturel  de  l'empereur  Maximilian  :  add.  des  manuscrits  3  et  5.  —  b  Le  manuscrit  ô  donne 
erronément  l'an  1543.  Le  manuscrit  8  fixe  par  erreur  le  dimanche  après  l'Assomption  au  16  août. 
20  —  c  Sympiez,  texte  donné  dans  une  correction  marginale  au  lieu  de  Sainct-Piez  dans  le  manuscrit  2. 
—  d  Ce  mot  est  ajouté  dans  les  manuscrits  3  et  S  et  omis  dans  2,  6  et  8. 

[})  Charles  de  Lalaing,  qui  obtint  à   13  ans  un   canonicat  au   chapitre   de  Saint-Lambert,  puis 
l'archidiaconé  de  Hainaut.  En   1528,   il  abandonna  tous  ses  bénéfices  ecclésiastiques  pour  épouser 
Marguerite  de  Croy,  dont  il  eut  douze  enfants.  Cf.  de  Theux,  t.  III,  p.  59. 
Î5       (')  Michel  de  Croy,  seigneur  de  Scmpy. 

(l)  Guillaume  de  Mecffe  dit  de  Champion.  Cf.  de  Boeman,  Les  Echevtns,  t.  II,  p.  125. 

(*)  Jean  Miche.  Voir  de  Borman,  Les  Echevins,  t.  II,  p.  4C5. 

(i)  Saint-Oizier.  Sur  la  défense  de  celte  ville,  voir  Henné,  op.  cit.,  t.  VIII,  p.  17S. 


41tj  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 
*     # 


Et  y  estoil  l'empereur  Charles  en  propre  personne,  avec  plussieurs  nobles 
princes  et  grands  scigneures,  entre  lesquels  à  une  assault,  d'ung  coup  d'artillerie 
fut  atteint  le  preu  et  vaillant  prince  d'Orenge  dont  au  tiers  jours  mourut,  que 
Dieu  absoult  son  âme,  car  s'il  eusl  veseu  son  cage  et  continué  ses  nobles  entre- 
prises, il  eusl  faiet  grand  prolïit  au  pays  et  à  son  prince.  Le  siège  tenu  par  3 
bonne  espace,  la  ville  se  rendit  par  composition  et  fut  mis  en  mains  de  l'empe- 
reur et  ses  gens  d'armes.  (Manuscrit  27  ■) 

L'an  mesme,  a  esté  une  deflaitc  des  gens  de  l'empereur  près  Carignan  dont 
Pelro  Colona,  lequel  en  csloit  le  capitaine  de  la  ville,  par  François  de  Bourbon, 
conte  d'Anguien,  lieutenant  général  pour  le  roy  de  France  et  gouverneur  de  10 
Piedmont,  frère  puisué  de  monsr  le  duc  de  Vcndosme,  et  fut  ladite  ville  rendue 
par  composition  par  ledit  Pelro  Colona  et  autres  capitaines  allemans  et  espa- 
gnols, et  fut  la  bataille  du  I4ed'apvril  1544,  lendemain  de  la  Pasques. 

L'an  154.4, fut  un  conflit  fait  près  de  lirenne  où  le  duc  de  Brunswick  et  son 
filz  furrent  prisonniers.  [Manuscrit  26'''%  fol.  544  v°.)  is 

1545. 

L'an  1545',  fut  commenebié  le  mur  au  long  de  la  rivière  de  Meuse  en  la  cité, 

dit  présentement  la  battre  al  gouffre  (1). 

* 
*     * 

L'an  1545,  fut  commencé  de  bâtir  la  batte  depuis  la  goffe  jusqu'au  lieu  com- 
munément nommé  llongrée  qui  éloit  un  lieu  onle  et  sal,  y  ayant  des  grandes  20 
fosses  comme  à  un  golphe,  où  sont  à  présent  édifiées  plusieurs  belles  maisons. 
Puis  fut  achetée  la  place  qu'on  nomme  bas  aas,  boyard  ou  hayaz  (2)  pour  la 
somme  de  402  florins.  L'an  mesme,  fut  commencé  de  bâtir  la  porte  de  Sainte- 
Walburge  avec  le  grand  et  fort  boulevart  tout  joindant  icelle,  qui  est  un  beau 
bâtiment  à  la  façon  de  ceux  d'Anvers  (3).  (Manuscrits  58,  p.  50;  60,  25 
fol,  69  V;  61,  fol.  196;  62..  fol.  200  V.) 

(')  Sur  la  Batte  et  llongrée,  voir  Gobkkt,  Lièyt  à  Iravcrt  les  àijes,  t.  Il,  p.  144,  et  t.  III,  p.  262. 

(2;  Sur  la  signification  île  ces  mois,  voir  Gobert,  op.  cil.,  t.  Il,  p.  159. 

(î)  C'est  en  1513  que  ces  travaux  furent  exécutés.  Cf.  Carlulaire  de  la  Cité. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  417 

L'an  1545,  fut  sy  sec  esté  que  dedans  saize  sepmaines,  il  ne  pieu  point  en 

plusieurs  lieux  et  morurenl  plusieurs  de  soif.  Et  après  régnât  une  grande  et 

contagieuse  courante,  et  en  autres  lieux  grande  pestilence.  En  Portugal,  en 

Espangne,  estoit  sy  cher  temps  que  plusieurs  morurenl  de  faim.  (Manuscrit  8 

3  et  note  marginale  du  manuscrit  2.) 

On  commença  le  mur  ou  quay  contre  la  Meuse  au  lieu  condit  vulgairement  la 
Batte.  La  structure  de  la  maison  du  poid  de  la  ville,  autrement  la  Grande  halle 
fut  aussi  commencée.  La  pierre  marquée  des  armes  de  l'Empereur,  de  George 
d'Àustriche  et  de  la  Cité  au  frontispice  de  la  Boucherie  fut  édifiée  cet  an 

10  dans  la  place  dite  communément  Verkecour  (*)  [comme  porte  la  pierre  de  son 
frontispice,  montre  expressément  que  l'AN  XVCXLV  FUT  ÉDIFIÉ  CET 
ÉDIFICE].  (Manuscrit  H2,p.3S5.) 

L'an  mille  VCXLV. ..  pendant  que  l'empereur  estoit  en  France,  et  le  roy 
d'Engleterre  devant  Bolloigne,  environ  le  saint  Jehan,  certaines  gens  de  guerres 

13  de  chevaulx  et  de  piédz  estoient  d'Allemaine  descendu  et  séjournoint  par  faillie 
d  argent,  les  ehevalcheurs  vers  Herves,  les  pitons  en  Hesbaingne  en  ung  lieux 
ou  environ  près  Liège,  mengans  les  paysans,  et  estoint  assemblez  pour  l'empe- 
reur ou  Englois,  mais  argent  ne  couroit  point.  De  quoi  ayant  intention  de  sur- 
prendre quelque  ville  pour  leurs  intérest,  se  montroint  quelquefois  quelques 

20  signes.  Enfin  les  gens  du  pais  se  commenchèrent  à  irriter,  dont  aucuns  gens 
de  guerre  furent  secrètement  occis  (*).  Et  ainsi  chascun  estoit  sur  sa  garde, 
telcment  que  une  nuict,  vers  Sainte-Walburge  hors  la  port,  les  gaits  tant  des 
Allemans  que  de  part  la  cité  se  trouvans  les  ung  les  autres,  cieulx  qui  estoient 
hors  de  part  la  cité  vindrent  à  esmouvoir  le  gait  de  la  porte,  telement  que  par 

-25  conséquence,  attendu  que  les  Allemans  s'estoint  monstre  en  armes,  il  fut  ung 
peu  après  minuicte  crié  aus  armes,  la  douche  sonnans  et  tambourins,  mesme 
le  corne  de  Saint  Lambert,  et  chascun  sur  le  pied  vitement  aux  murailles 
et  autres  en  marchiet,  et  messagier  vers  la  chastilerie  de  Franchimont,  qui 


(l)  Sur  l'origine  et  la  situation  de  cette  place,  voir  (Jobkrt,  op.  cit.,  t.  V,  p.  S53. 
30       (')  Cf.  Cri  du  perron,  du  12  novembre  1 54b  qui  invite  les  auteurs  du  tumulte  excité  dans  la  ville 
et  qui  causa  la  mort  d'un  soldat  allemand,  à  se  faire  connaître  dans  les  trois  jours.  Mandements  et 
Crû  duperron,  1545-1548,  fol.  20  v»  et  plus  loin  Chronique  de  Hcsdignoul. 

Tome  IL  53 


418  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

incontinent  furent  prest,  el  en  marchant  et  venant,  une  partie  vindrent  de 
nuicle  en  amies  en  aides,  suivant  les  coustumcs  de  la  cité.  Et  lors  les  paissans 
et  communaltéz  et  mesconlens  estoint  délibérez  de  surprendre  de  nuict  et  par 
embuseliement  les  gens  de  guerre.  Mais  vindrent  en  ces  entrefaicle  novelle  que 
argent  esloit  venu  pour  les  piétons  de  part  l'empereur  et  pour  les  chevalier  du  5 
coslé  des  Ainglois.  Ainsy  les  entreprise  lessiéz,  marchèrent  incontinent  non 
toutefois  sans  aucuns  d'eux  estans  auparavant  demouréz  derier.  En  cesle  année, 
on  besoingnoit  à  la  batte  allant  derier  Saint-Johan  vers  Hongherie.  (Manu- 
scrits 96,  fol.  290  V;  60;  97,  fol.  198  v°.) 

Or  de  ce  temps  que  l'Empereur  estoit  entré  en  France  et  le  roy  d'Angleterre  io 
pareillement,  furent  assemblés  gens  de  chevaux  allemands  à  la  charge  dudit 
empereur  et  du  roy  d'Angleterre.  Lesquels  marchièrenl  avant  jusques  à  ce  qu'ils 
soy  trouvarent  vers  el  allentour  de  la  Cité,  comme  vers  Hervé  encha  et  en 
Hesbaingne,  et  pour  faute  d'argent,  ne  marchoient  avant,  ainsy  demeurant 
longtemps  mengeanls  et  beuvants  sur  le  bon  homme.  Les  gens  en  commencèrent  is 
à  estre  mal  content  pour  les  maux  qu'ils  faisoienl,  à  cause  qu'ils  se  payeroient 
ou   pourroient  saccager  et  piller  aucuns;  on  al  ordonné  faire  bonne  garde 
et  aucuns  d'ieeux  furent  occis  et  destruicts  parmy  les  champs  et  aullres  battus 
et  blessés.  Et  furent  tellement  les  affaires  mennées  que,  s'estant  les  Allemans 
monstres  en  armes  vers  Saincl-Wabcux,  du  costé  de  la  justice  fut  crié  aux  20 
armes,  la  cloche  touché  et  tamborins  estoient  battants  et  sonnât   mesme  le 
corne,  dont  chascuns;  estants  sur  les  pieds  tant  aux  murailles  que  au  marché; 
néantmoins  ce  ne  fut  rien.    Après  furent  incontinent   mandés  ceux   de   la 
chastelerie  et  vindrent  bien  diligemment.  Lors  fut  la  communaulté  el  aussy 
paissants  esmeus  tellement  que  on  prétendoit  par  embusche  et  par  subtilités,  n 
faire  à  iceulx  oultrages  et  le  tout  estoit  advisé  de  ce  faire  de  nuict,  à  quoy  bon 
nombre  de  gens  estoient  délibérés.  Mais  ainsi  comme  ces  choses  se  demeuroient, 
viendrent  nouvellesque  l'Empereur  avoit  retenu  les  piedtons  et  les  Anglois  les 
chevaucheurs,  qui  receurent  argent  el  marchèrent  Ainsy  furent  les  enlreprinses 
délaissées  et  non  sans;  qu'aucuns  d'eulx  soient  demeurés  derier...  (Munu-  50 
scrils  32,  fol.  529  V  et  98,  fol.  S 4  v°.) 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  419 

1546. 

L'an  154.6,  tomba  la  lonnoire  à  Maline  sur  une  grosse  et  puissant  thour,  où 
estoit  la  provision  de  pouldre  de  canon,  et  artelleries  en  grande  quantitéz, 
tellement  que  la  thour  fut  abattue  et  ne  demourra  un  seul  pierre  jusques  au  Chapeauvilie, 
5  fondemens,  mesme  l'eaue  des  fosséz  fut  toute  perdue,  et  furent  plus  de 
300  personnes  tués;  troix  jours  après,  sortit  ung  homme  hors  d'une  cawe, 
demandant  si  le  monde  duroit  encore  (1).  L'an  mesme,  fut  grande  famine  au 
pays  et  cité  de  Liège  a  et  aux  pays  circumvoisins.  parquoy  fut  faicte  Visitation 
es  maisons  des  gens  d'englieses  et  bourgois,  et  fut  le  grains  assis  et  crié  au 
io  peron  à  certaine  pris,  qui  ne  dura  gaire,  car  on  vendoil  le  slier  de  wassen 
qualtres  florins  et  cincq  aidans,  et  le  muyds  d'espeaulte  quinse  florins,  et  estoit 
encore  es  aultres  pays  plus  cher  (2).  L'an  mesme,  fut  le  bouloire  et  la  porte  de 
Sainct-Waulburge  commenché  et  achevé  l'an  XVCLII  (3). 

* 
*     * 

En  ce  temps,  arriva  à  Liège  l'empereur  par  batteau  venant  de  Maestricht,  où 
15  il  fut  honorablement  receu,  puis  tira  en  Allemagne.  (Manuscrit  38,  p.  36; 
manuscrits  38  et  S2,  à  la  date  de  4S47.) 

L'an  mille  VCXLVI,  at  esté  entrepris  et  commenchet  ung  baluerl  à  Sainte 
Walburge  (*),  où  soloit  estre  la  ville  porte.  En  dit  an,  avoit  esté  l'empereur  à 

«  et  très  grande  cherté  de  grains  en  France  :  note  marginale  du  manuscrit  i. 

-20       t«)  Cf.  Henné,  op.  cit.,  t.  VIII,  p.  211. 

(*)  Ainsi  qu'il  arrive  toujours  en  temps  de  famine,  les  édits  réglementant  le  commerce  des  grains  se 
répétaient  sans  cesse.  Cf.  ordonnances  du  19  mai,  18  juin,  10  septembre,  15  octobre,  30  octobre, 
5  novembre  1546.  Le  prix  des  grains  actes  par  les  records  des  échevins  de  Liège  sont  beaucoup  plus 
modérés  :   le  6  mars  1546,   le  muid   d'épeautre  avait  coûté  H  florins  8  aidants,  le  stier  de  seigle 

25  43  aidants,  et  le  27  novembre  les  prix  étaient  respectivement  tombés  à  6  florins  10  aidants  et 
32  aidants.  N'oublions  pas  que  ces  mercuriales  des  échevins  sont  des  moyennes  de  prix,  tandis  qu'un 
chroniqueur  notera  toujours  le  prix  le  plus  élevé  atteint.  A  Utrccht,  l'année  de  famine  fut  1545. 
Cf.  Tabellcn  van  marktprijzen  van  granen  te  Vtrtcht,  in  de  jaren  1395  toi  1644  dans  les  Verhand.  der 
konink.  Acad.  van  Wetenscb.,  2e  recks,  v.  3. 

30       (!)  Voir  la  note  5  de  la  page  416. 


420  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

Liège  et  al  eslé  érigié  la  halle  des  mangons,  car  auparavant  chascun  vendoit  en 
sa  maison.  {Manuscrits  96,  fol.  291  t°  ;  91,  fol.  199  t°;  28  et  S 2  à  la 
date  de  1547. 

L'an  1546,  fut  l'église  délie  Vaux  Noslre  Dame  consacrée.  (Manuscrit  102, 
fol.  142  if.)  s 

1546,  Francfort  prins  par  le  conte  de  ...  en  nom  de  l'empereur  en  moys  d*1 
décembre.  (Note  marginale  du  manuscrit  2.) 

1547. 

L'an  1517,  [le  dernier  jour  de  mars,  mourut  François  de  Vallois,  roy  de 
France,  et  son  fils]  Henry  de  Vallois,  seconde  de  ce  nom.  fut  coronnéz  roy  de  10 
France  à  Reims,  le  26e  de  juillet. 


* 
*     * 


L'an  mesme,  le  26  de  jullet,  fut  Henry,  fils  au  roy  François  de  France 
couronné  à  Reims  et  à  son  couronnement  furent  jettées  1000  pièces  d'or  et 
2000  d'argent  à  l'effigie  du  Roy.  [Manuscrits  96  et  97 ;  28  et  52;  26"" , 
fol.  550.)  is 

L'an  1547,  fut  enclos  de  pierre  de  taille  le  beau  pareque  sur  les  cloistres  de 
Saint-Lambert  devant  la  croix  de  laiton  ",  qu'on  disl  présentement  beau  por- 
tailhe.  (Manuscrits  62,  fol.  200  v°;  52,  fol.  550;  60,  fol.  67  t°,  à  la  date 
de  1546;  58,  p.  50,  à  la  date  de  1545  et  à  la  date  de  1547 ,  p.  57 ; 
28,  p.  586;  96,  p.  292;  97,  p.  199  v°.)  » 

L'an  mesme,  fut  le  boulevart  à  la  port  nouvelle  commencé  à  Sainte-Wal- 
burge  et  achevé  l'an  XVCLI.  (Manuscrit  28,  p.  585.) 

Alors  estoit  encor  continuant  le  concilie  de  Trente.   L'an  mesme,  trespassa 
Henry,  roi  d'Angleterre  et  la  femme  de  Ferdinand,  roy  de  Hongrie  et  fut  un 
édicl  fait  en  Allemaigne  que  toutes  gens  de  guerre  estans  au  service  d'aucuns  25 
princes  estrangers  se  retirassent  sur  peine  de  perdre  corps  et  biens.  Et  furent 
les  mandements  par  tous  les  villes  principales  d'Empire  affichés. 

«  à  la  croix  de  l'attei  :  manuscrit  de  la  Chronique  de  Hesdignoul. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  421 

Après  le  trespas  du  roy  Henri  d'Angleterre,  fut  roy  Edouard  le  jeune.  (Manu- 
scrits 28,  p.  386;  96,  p.  292;  97,  fol.  199  v°  et  26bis,  fol  330.) 

L'an  même  1547,  l'empereur  Charles  Quint  renouvella  l'eslablissement  des 
44  bandes  d'ordonnances  du  pays  bas,  chacune  de  50  lances,  dont  les  chefs 
s  et  capitaines  étoient  tous  de  grande  noblesse.  La  première  fut  donnée  au  duc 
d'Arschool;  la  seconde  au  prince  d'Orange;  la  tierce  au  comte  d'Egmont;  la 
quarte  au  comte  de  Hornes;  la  quinte  au  comte  d'Arcmberg;  le  sixième  au 
marquis  de  Berghes;  la  septième  au  comte  de  Mansfelt;  la  huitième  au  comte 
d'Awaz;  la  neuvième  au  comte  de  Bossul;  la  dixième  au  comte  de  Hoestratc; 
10  la  onzième  au  comte  de  Montigny;  la  douzième  au  comte  de  Berlaymont; 
la  treizième  au  comte  de  Megen;  la  quatorzième  ...  (').  (Manuscrit  38,  p.  38.) 

1548. 

L'an  1548,  le  scpliesme  jour  de  novembre  furent  tous  les  abbéz  et  doyens 

dcl  diocèse  de  Liège  mandez.,  et  leurs  fut  proposée  la  sentence  et  conclusion  du 

15  concilie  d'Allemangne  (*),  auquel  ils  consentirent,  mais  ilz  ne  fut  pas  si  tost 

publié. 


* 
*     # 


En  avril,  saison  telle  froidure  qu'en  longtemps  on  n'avoit  veu  la  pareille  et 
neigat  en  la  bonne  sapmaine  et  le  jour  de  Pasques  plus  qu'il  n'avoit  faict  au 
long  de  l'hyvcr.  (Manuscrit  2,  note  marginale.) 
20  L'an  1548,  l'empereur  est  retourné  en  Germanie  en  ses  pays  bas,  ayant 
accordé  à  Ausbourg  le  décret  qu'on  dit  luthérien.  Et  furent  forgées  aucunes 
lettres  de  privilèges  pour  cieux  de  Braibant  et  aucuns  autres  subjecls  audit 
empereur  (3). 

(')  Philippe  III  de  Croy,  duc  d'Acrscbot;  Guillaume  de  Nassau,  prince  d'Orange,  cousin  de  René  île 
25  Nassau,  tué  au  siège  de  Sainl  Dizier;  I. amoral,  comte  d'Egmont;  Philippe  de  Montmorency,  comte  de 
Hornes;  Jean  de  Ligne,  comte  d'Arcmberg;  Jean  de  Glymcs,  marquis  de  Berghes;  Pierre-Ernest,  comte 
de  Mansfcld;  Jean  de  Hénin-Liétard,  comte  de  Boussu;  Antoine  de  Lalaing,  comte  de  Hoogstractcn  ; 
Florent  de  Montmorency,  baron  de  Montigny;  Charles,  comte  de  Berlaymont;  Charles  de  Brimeu, 
comte  de  Meghem. 
30       i  '■)  La  Diète  d'Auggbourg. 

(5)  La  transaction  d'Augsbourg  qui  constitua  les  Pays-Bas  en  un  seul  cercle  d'Empire.  Cf.  H.Pirenne, 
Histoire  de  Belgique,  t.  III,  p.  157. 


422  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Audit  ;in,  illr  de  Vendosme  (')  a  espousé  la  fille  de  Navar.  (  Manuscrits  28, 
p.  586  j  96,  p.  292;  97,  fol.  199  V;  26"'s,  fol.  350.) 

1549. 

L'an  XVCXLIX,  fut  le  mur  et  porte  à  pont  d  Avroit  conimenché  de  pierre 
de  Namur  a.  3 


* 
*     * 


L'an  1549.  fut  commencée  la  muraille  et  la  porte  d'Avroy  jusqu'à  Rolland 
Gouffre  (2)   (Manuscrit  45,  p.  745.) 

L'an  mille  VCXLIX,  at  esté  érigié  et  fais  au  loing  contre  la  fontaine  de  Saint- 
Lambert  nouveaux  murailles  de  la  cité,  joindant  à  JMcuze  avec  une  nouvelle 
porte  au  pont  d  Avrcut  et  derier  les  murailles.  L'an  1549,  fut  faicle  la  neuve  to 
porte  de  Sainte- Y\  alhurge.  L'an  mesme.  Philippe,  prince  d'Espagne,  est  arrivé 
à  Bruxelles,  estant  illec  l'empereur  son  père.  Et  pour  sa  première  venue  et 
nouvelle  entrée,  fut  reccu  honnorablement  et  aussi  de  ville  en  ville  fit  son 
Chapeauville,    entrée.   Entre  lesquelles  villes  la  ville  d'Anvers  l'a  receu  avec  magnifiques 

triomphes  et  très  grand  despens  et  luy  ont  chacune  d'icelle  fait  serment  et  15 
homage.  L'an  mesme,  at  esté  faiet  le  bolevard  du  pont  d  Avroit  avec  le  mur  au 
long  de  la  Meuse  tirant  vers  les  Boggarls.et  fut  la  vielle  muraille  par  conséquence 
remparqué.  (Manuscrits  28,  52,  96,  fol.  296;  97 ;  26bis,  fol.  550  v°.) 

L'an  mesme,  Catherine  de  Medicis  al  esté  couronnée  royne  de  France  et  est 
trépassé  le  pape  Farnèse,  aagé  de  90  ans.  Après  luy  a  succédé  à  la  dignité  20 
papale  Jules  3  de  ce  nom.  (Manuscrits  102  et  26'"s,  fol.  350  v°.) 

L'an  mesme,  au  pais  de  Carinthie  en  Allemaigne,  par  la  volonté  de  Dieu, 
est  tombé  grande  quantité  froument,  six  lieues  loing.  (Manuscrit  26b", 
fol.  550  V.) 


"  en  pierre  de  taille  :  manuscrits  3  et  5.  Le  manuscrit  38,  p.  40,  reporte  à  l'année  1551  cette  25 
construction. 

(')  Antoine  de  Bourbon. 

f)  Voir  Gobert,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  91,  et  t.  V,  p.  -HT. 


REGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  423 


1550. 

L'an  looO,  le  3e  jour  de  moys  de  jullet  (1).  furent  assemblé  les  estais  du 
pays  et  aulcuns  aultres   ensuyvant,   où   fut   eoncludz  et  ordonnée  aulcuns 
constitutions,  ordonnances  et  réformations,  tant  en  la  court  spirituelle  que 
s  temporelle  (J). 

#     * 

Endit  an,  ont  esté  érigié  et  fais  au  loing,  entre  la  fontaine  de  Saint-Lambert 
nouveaux  murailhes  de  la  Cité  joindant  à  Meuze,  avec  unne  novelle  porte  au 
pont  d'Avreut  y*)  et  derier  les  murailles  par  conséquence  remparqués  (Manu- 
scrits 96.  fol.  296  v°,  97,  fol.  200  V.) 
io  L'an  XVCL.  fut  tenu  ung  concilie  provinciale  en  Pégliese  de  Liège,  où 
furent  présents  tous  les  prélats  de  pays  et  diocèse  de  Liège.  (Manuscrit  2  en 
note  marginale.) 

L'an  susdit,  fut  achevé  l'enclos  de  la  place  verde  sur  les  encloistres  de 
Sainct-Lambert,  qui  a  été  démoli  et  pavé  quand  Ferdinand  de  Bavière  surprint 
15  la  Cité.  (Manuscrit  45,  p.  745)  (3). 

L'an  loaO,  l'évcsque  voulut  faire  payer  l'oeil  de  molli n ,  asscavoir  sur 
un  stier  de  grains  un  aidant,  mais  les  xxxn  mestiers  ne  l'ont  point  voulu  passer 
ne  accorder.  L'an  mesme.  en  fin  de  juillet,  fut  faicle  une  journée  du  pays  en  la 
Cité  où  fut  remonstré  par  l'évesque  et  ses  complices  pour  avoir  le  dixième 
20  denier  de  tous  les  biens  en  pays  de  Liège,  dont  en  fut  grande  murmuration 
faicte  et  les  xxxu  mestiers  ne  le  voulurent  point  passer  ne  accorder.  (Manu- 
scrits /  et  27.) 

Mais  ils  esleurent  ung  des  bourguemaistres  de  la  Cité  et  trois  bourgeoispour 

(»)  Voir  le  registre  de»  Journées  d'État,  État  noble,  reg.  i  et  2,  fol.  37  v\  La  proposition  du 
25  prinec-évêque  soumet  à  l'avis  des  États  les  points  suivants  :  réformation  de  l'officialité  et  des  cours 
séculières;  vote  d'un  donatif  de  12,000  florins;  approbation  des  comptes  de  1542  à  1843;  projet  de 
mandement  pour  la  protection  des  forêts.  Il  n'est  donc  pas  question  de  la  création  d'un  impôt  sur  les 
grains,  dit  œil  du  moulin  ou  de  l'impôt  du  x'  denier  dont  parlent  certains  manuscrits. 
(»)  Voir  note  2  de  la  page  422. 
30       (3)  Cf.  Gobbkt,  Lièyr  à  travers  les  <iyes,  t.  V,  p.  542. 


424  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

aller  à  l'empire  pour  scavoir  ee  qu'il  estoit  de  faire,  et  quand  ce  fut.  tout 
ce  passât  et  on  ne  fist  plus  d'instance,  Far  quoy  les  émonaleurs  en  furent  tous 
camus,  car  ils  n'eurent  moyen  de  faire  leur  bourse.  (Manuscrits  27.  54  ci56.) 

L'an  mesme,  fut  une  commotion  et  perturbation  en  Liège  entre  les  bourgeois 
pour  une  gabelle  ou  taille  qu'on  nommoil  l'oeil  du  mollin  que  l'évcsque,  avec  s 
plusieurs  aultres  conseilliez,  vouloit  lever  des  bourgeois,  mais  les  trcngte  deux 
bons  mesliers  ny  voulurent  oneque  consentir,  mais  plus  losl  tous  mourir. 
(Manuscrit  27,  fol.  324.) 

L'an  mesme,  ont  esté  passées  cl  approuvées  du  Saint-Père  le  pape  les  réfor- 
mations de  la  cour  spirituelle  de  Liège  par  le  consentement  de  nostre  révéren-  io 
dissime  évesque  de  Liège  qui  les  at  aussy  confirmé  et  aussi  certaines  confirma- 
tions à  la  loy  du  pays,  approuvé  cl  mise  en  garde  ('). 

Audit  an,  furent  veues  au  pays  de  Saxe,  3  soleilles  et  3  lunes  au  firmament. 
(Manuscrits  28  et  S2.) 

L'an  1530,  furent  faites  les  clefs  magistrales  de  Liège  d'argent  qui  aupar-  «s 
avant  n'esloienl  que  de  fer.  (Manuscrit  58,  p.  40)  (*). 

L'an  1550,  l'empereur  avec  son  fils  s'en  alla  en  Allemangne  et  les  princes  et 
estais  assemblés  lindrent  journée  sur  divers  affaires  tant  de  la  religion  que 
d'anmasscr  une  pécule  pour  deffendre  la  républicque. 

L'an  mesme,  fut  un  édiel  faict  par  l'empereur  contre  les  Luthériens  et  une  20 
inquisition   rigoreuse,  contenant   plusieurs    poinet  avec   grand   guerdon  aux 
accusateurs,  dont  plusieurs  marchant  furent  en  la  bransle. 

La  ville  de  Boulongnc  a  esté  rendue  au  roy  Henri  de  France  par  le  roy 
Edouard  d'Angleterre  par  appoinetement, 

Le  roy  de  France  ayant  envoyé  quelques  siens  nobles  françois  en  Italie  en  îs 
ambassade,  ils  furent  prins  et  occis  vers  Milan.  De  quoy  le  roy  Henri  de  France 
irrité  fit  instance  et  doléans  vers  l'empereur  de  l'outrage  à  luy  faict.  Et  voyant 
qu'il  n'en  avoit  assez  tosl  les  raison,  fit  tenir  et  prendre  quelque  nombre  de 
naviere  venants  d'Espaigne  plenes  de  marchandises  et  puis  les  séquestrèrent 

(*/  Voir  Recueil dtt  Ordonnances,  2e  série,  t.  I,  p.  189.  Mandement  du  25  janvier  tfiSt.  30 

('j  Sur  les  clefs  magistrales,  voir  la  notice  de  Dognéb,  dans   //.  /.  A .  L.,  t.  XV,  p.  5S9,  et  Gobkht, 
op.  cit.,  t.  I,  p.  1 19,  n.  5. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  425 

pour    par  ce  moyen    avoir    raison  de   ses    ambassadeurs    prins    et    occis. 
{Manuscrits  28  ;  96,  fol.  296  v°;  97,  fol.  200  v°;  26h",  fol.  380  v°.) 

L'an  1550,  au  temps  de  George  d'Auslriche,  évesque  et  prince  de  Liège, 

arrivât  une  chose  de  mémoire  et  digne  de  remarque,  que  on  at  jamais  plus 

5  veuz  ni  ouij  parler  de  plusieurs  siècles,  à  scavoir  que  y  survint  unne  pluive 

par  laquelle  il  tomba  du  bléz  en  aucuns  endroits  de  1  Lurope,  l'espesseur  de 

deux  doigts,  chose  vrayment  bien  digne  de  mémoire.  (Manuscrit  4S,  fol.  289.) 

1551. 

L'an  1551,  environ  l'ascension,  vouloient  en  Hasbaing  et  pays  de  Brabanl 
10  aulcunes  mouches  nommées  en  nostre  langaige  a  marteau  de  diable  »,  ayant 
quattres  aeilles,  en  si  grand  nombre  qu'elle  donnoient  umbre  contre  le  soleil, 
et  en  volant  ensemble,  tirèrent  vers  le  pays  de  Lorraine  et  delà  en  Allcmangnc, 
comme  on  disoit.  L'an  mesme,  commencha  la  guerre  entre  l'empereur  Charle 
et  le  roy  de  France,  qui  fui  fort  véxémenl  et  à  cause  de  ce  fut  chier  temps. 


15  En  ce  temps,  furent  faits  des  règlements  et  ordonnances  sur  les  biens  des 
Pauvres  en  Isle.  (Manuscrit  5 8 ,  p.  40.) 

Endit  an,  l'on  at  heu  les  grains  comme  frument  et  wassent  à  hault  pris 
au  pays  de  Liège  et  là  enthour  (1).  (Manuscrits  96,  fol.  257  et  97,  fol.  201.) 

1552. 

20  L'an  1552,  le  23  de  may,  se  rencontrèrent  deux  nuée,  tellement  qu'elles 
rompirent  deseur  la  maison  de  Cornelhon  près  des  Chartreux,  hors  la  Cité  de 
Liège,  dont  sortit  si  grande  abondance  d'eaue,  au  lieu  de  Weis,  que  la  maison  de 


(»)  La  valeur  des  blés  notée  par  les  records  des  échevins  de  Liège  pour  celle  année  n'est  cependant 
pas  fort  élevée.  Le  sticr  de  froment  se  paya,  comme  en  15ÎS0,  vers  44  aidants  jusqu'au  29  août. 
J5  11  haussa  jusque  66  aidants  à  la  fin  de  novembre  et  ce  renchérissement  dura  jusqu'en  1S57. 

Tome  II.  54 


426  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Bcaurepaire  lhors  nouvellement  édifflée  fut  menez  bien  long  arrière  de  son  lieu, 
puis  renversée  par  l'impétuosité  de  l'eaue,  la  chambrière  fut  tuée,  la  dame  de 
la  maison  tellement  froissée  que  peu  de  jours  après  morut,  grande  partie  de  la 
montaingne  deseur  ladicte  maison  tombit.  Item  aulcuns  viviers  du  couvent  de 
Kobcrmont  dessoubz  le  boys,  qui  avoit  peu  de  temps  auparavant,  comme  s 
on  disoit,  cousté  1400  ou  1500  Carolus  à  faire,  rompirent  et  furent  tous  les 
poissons  perdus.  La  maison  d'un  lattre  de  Cornilhon  près  la  bergerie  fut  ren- 
versée et  démolie,  tellement  qu'à  grand  paine  y  demoura  une  pièce  de  boys 
enlbicre,  grande  partie  de  la  montaingne  depuis  la  maison  de  Cornellion  jusques 
au  grand  chemin  tendant  vers  Hobermont,  jusques  au  boys  vers  Juppille  tombit  io 
avecques  plussieurs  arbres:  mesme  un  gros  pierre  ronde  qui  esloit  audit  chemin 
fut  menez  bien  long  arrière  de  son  lieu,  ce  que  n'eussent  peu  faire  dix  hommes. 
L'an  mesme,  le  12°  du  moys  de  janvier,  entre  diex  ou  onse  heures  du  soir,  fut 
en  la  cité  grande  tempeste  de  tonnoire,  esclittre  et  pluye:  le  jour  après, 
fut  si  grande  inundation  d'eaue,  après  de  la  mer,  tellement  que  plussieurs  15 
bonnes  villes,  villaiges,  places  et  bourghes.  furent  noyées  et  perdus  en  Zélandre 
et  à  l'enlhour;  mesme  en  la  cité  de  Liège,  où  plussieurs  arbres  tombèrent  pour 
ce  que  la  terre  esloit  trop  destrempée  et  molle,  et  n 'esloit  en  mémoire  d'hommes 
l'avoir  veu  si  haulte  et  si  grand  Meuse.  Le  4e  du  moys  de  jullct  "  ensuyvant, 
Guillame,  bastard  de  Horion  (l).  qui  avoit  en  garde  la  place  et  forteresse  de  20 
Buillon  et  la  voit  bien  gardez  l'espace  de  trente  ans,  le  livra  à  Mr  Robert, 
seigneur  d'Esdain  (2),  son  corps  et  ses  biens  avecques  ses  compaingnons  de 
guerre  qui  esloient  illec  saulff:  demeurant  tout  l'admonition  en  la  place, 
à  raison  de  quoy  fut  prins  en  chemin  par  ses  gens  mesme,  et  amenez  en 


0  le  24e  de  juillet  :  manuscrits  5  et  5. 


1b 


(<)  Guillaume,  bâtard  de  Horion,  prévôt  et  capitaine  de  Bouillon,  prévôt  de  Revognc.  Sa  veuve 
revendiqua  dans  la  suite  les  biens  qui  avaient  été  confisqués  par  jugement  des  échevins  de  Liège  et 
obtint  gain  de  cause  devant  la  Chambre  Impériale.  Cf.  les  dossiers  1H9  et  1 120  de  cette  Chambre,  aux 
Archives  l'Etat  à  Liège. 

(»)  Robert  IV  de  La  Marck,  seigneur  de  Sedan,  dit  le  duc  ou  le  maréchal  de  Bouillon.  Cf.  de  Chestrbt,  30 
op.  cit.,  pp.  17S-179. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  427 

Liège".  La  date  est  contenue  en  ces  quattre  vers,  composez  par  maistre  Jacque 
Boulongne  (1).  greffier  de  la  cité  de  Liège''  : 

LasChe  CoUraige  en  Horion 
felt  aUX  franChoIs  rendre  BoUILLon. 
5  en  Mois  JULet  prends  qUallre  et  as, 

sa  date  entière  troUVcras. 

* 
#     * 

L'an  XVCLII,  le  vm°  jour  de  janvier  (2),  fut  encor  une  journée  du  pays  de 
Liège,  où  fut  remonstré  par  l'évesque  qu'il  falloit  faire  argent  pour  eslever 
m  enseignes  de  piétons  et  une  enseigne  de  chevaucheur,  qui  furent  loing  temps 
io  en  garnison  en  la  Cité.  {Manuscrits  /  et  27 '.) 

L'an  mesme,  fut  Robert  de  Berghe  esleu  coadjuteur  de  Georges  d'Austriehe. 
L'an  mesme,  les  bourgeois  faisoieut  ouvrer  à  leurs   despens  aux   fosséz 
et  remparts  vers  la   porte  de  Saint-Léonard.    (Manuscrits   96,  fol.   295 ; 
97,  fol.  202  V  et  28.) 
is      En  ceste  mesme  année,  at  esté  faict  un  grand  oraige  de  grosses  pluies  rom- 
pant impétueuzement  ung  peu  de  là  le  pont  d'Amercourt,  Robertmont  vers 
le  Chartroux  et  ung  peu  plus  avant  vers  les  boix,  telement  qu'il  Ost  très  grands 
maux,  rompans  et  abbatans  arbres,  maisons  et  aucuns  occis  et  péris,  conduisans 
par  force  les  cailloux,  pierre  en  hérilaiges  par  grans  nions.  (Manuscrits  96, 
îo  fol.  295,  et  91,  fol.  202  V.) 

L'an   mesme,    le    21e    septembre,   grésil   en    la   Cité.    (Manuscrit    102, 
fol.  145  v°.) 

L'an  mesme  52,   fut  le  boulevercque  de   la   porte  Saint-Léonard  et  les 
murailles  achevés  de  pierres  de  JNamur.  (Manuscrit  34,  fol.  240.) 
55      En  ce  temps,  l'empereur  Charles  Quint  éloit  en  Allemagne  avec  une  puissante 

"  avec  son  fils,  lieutenant  et  escrivains  de  la  place  et  mrent  mis  en  prison  :  manuscrits  1  et  27. 
—  b  du  conseil  ordinaire  :  correction  marginale  du  manuscrit  2. 

(*)  Sur  Jacques  de  Boulogne,  voir  p.  394,  n.  1. 

(*)  Voir  Journées  d'État  du  8  janvier  1552,  reg.  1,  fol.  12. 


428  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

armée  de  14  à  15  mille  chevaux  et  plus  de  50  mille  fantassins  sous  prétexte  de 
faire  la  guerre  aux  Luthériens,  tàchoit  de  s'assujettir  toute  l'Allemagne  et  les 
princes  d'icelle  Ce  qu'ayans  reconnus,  ils  appelèrent  le  roy  de  France  à  leurs 
secours,  lequel  y  alla  avec  une  puissante  armée,  passa  outre  le  Rhin  jusqu'à  la 
ville  de  Wissemhourg  où  lesdits  princes  l'envoyèrent  remercier,  disant  qu'il  s 
n'étoit  nécessaire  de  marcher  plus  outre,  qu'ils  étoient  d'accord  avec  l'empereur 
qu'il  leur  avoit  accordé  l'intérim  de  vivre  suivant  la  confession  d'Ausbourg,  les 
remerciant  de  ses  peines.  A  quoi  le  roy  Henry  second  répondit  qu'ils  s'avisassent 
à  ne  perdre  leurs  libertés  qu'ils  avoient  recouvert  par  la  crainte  que  l'empereur 
avoit  eu  de  sa  venue  et  alors  qu'ils  auroient  besoin  de  son  aide,  qu'il  n'épargne-  |0 
roit  rien  pour  les  secourir. 

Ce  qui  causa  que  ledit  roy  de  France,  l'an  1582,  en  retournant  d'Allemagne, 
entra  avec  son  armée  dans  le  pays  de  Luxembourg  où  il  prit  nonobstant  les 
forces  du  comte  de  Mansfelt,  lors  gouverneur  dudil  pays,  les  villes  et  places  de 
Roidemarc,  Mont-St-Jean,  Solieure,  Damvillers,  Ivoys.  Monlmédy,  les  châteaux  •=> 
de  Lûmes  qu'il  lit  raser,  celui  de  Trclon  qui  fut  démoli,  celui  de  Gaion  qui  fut 
bruslé  avec  plusieurs  autres.  Comme  fut  aussi  le  fort  château  de  Rouillon  qui 
domine  les  Ardennes  qui  fut  rendu  par  Guillcaumc,  bâtard  de  Horion,  sans 
attendre  aucun  assaut,  bien  qu'il  eût  tenu  la  place  plus  de  30  ans,  lequel 
fut  rendu  ou  donné  du  roy  à  Robert  de  la  Marck,  seigneur  de  Sedan  qui  20 
prélendoit  lui  appartenir,  non  sans  soupçon  de  trahison  Car  ils  eurent  tous  la 
vie  et  les  biens  sauves  et  toute  l'ammonition  demeura  en  la  place,  à  raison  de 
quoi  ledit  Horion  fut  saisis  de  ses  gens  même  et  ramené  à  Liège  où  il  fut  déca- 
pité (*).  La  date...  {Manuscrit  58,  p.  41.) 

1553  " 

L'an  1553,  le  15e  °  de  moys  de  marec,  en  vinave  d'Isle  en  Liège,  en  la 
paroche  Sainct  Adalbert,  une  chatte  produict  ung  chat,  qui  avoit  huict  piedz, 
quattres  oreilles,  deux  queues,  ung  leste  et  deux  yeulx,  mais  ilz  inorut  inconli- 

"  Le  25e  jour  de  mars  :  manuscrits  S  et  S. 

(*)  Sur  cette  campagne  de  Lorraine  et  la  prise  de  Rodemach,  Monl-Sainl-Jean,  château  de  Soleurc,  ÏO 
Damvillers,  Yvoy,  Monlmédy,  les  cliâleaux  de  Lûmes,  de  Trélon,  de  Glajon  et  de  Bouillon,  voir  Henné, 
op.  cil.,  t.  VIII,  p.  112,  et  t.  IX,  pp.  21S-24I. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  429 

rient.  Le  Lb'°de  moys  d'avril,  Guillamc,  bastard  de  Horion,  eut  la  teste  tranché 
sur ung  escaufaull  au  marchié  de  Liège  et  fut  son  corps  porté  aux  Augiislins  et 
enterré  devant  l'auteil  Sainct  Auguslins,  où  ilz  avoit  ordonné  tous  les  jours 
une  messe,  assignant  aux  couvent  rentes  à  cestc  fin;  tous  ses  biens  furent 
s  eonfisqueis  et  son  fils  qui  estoit  docteur  "  de  Monseigneur  de  Liège,  morut 
à  Andenne,  de  tristesse,  où  il  estoit  arresléz  ".  L'an  mesme  aux  moys  d'octobre, 
une  feme  natiff  de  Theux,  pays  de  Franchimont,  ayant  estée  mariée  à  ung 
home  de  bien  et  vescu  avecques  luy  honnestement  sains  aulcun  reproche, 
l'espace  de  20  ans  et  plus,  et  eut  de  luy  plussieurs  enflans,  se  vint  accuser  à  la 

10  justice  de  lieu  comment  avant  [qu'elle  eusse]  estez  mariée,  elle  avoit  eu  de  deux 
hommes  successivement  deux  enfans  lesquelles  elle  avoit  occis  secréttement,  et 
de  ce  elle  ne  s'avoit  oneques  confessé,  jusques  à  pasque  Ihors  précédent,  et  ledit 
curez  ne  luy  avoit  point  volu  donner  absolution,  disant  qu'il  n'estoit  de  ce  puis- 
sant, ainsi  convenoit  qu'elle  morust  par  justice,  parquoy  elle  requist  justice 

13  d'estre  exécutée  et  mise  à  mort  selon  ses  mérites.  De  telle  accusation  la  justice 
fut  fort  csmerveillié,  et  cuidoit  on  qu'elle  fust  folle  ou  touchié  de  quelque  fièbvrc 
ou  aullre  maladie,  lelement  que  on  le  garda  quelque  temps  pour  veoir  si  elle 
ne  changeroit  propos,  ce  qu'elle  ne  fil,  mais  persévéra  en  son  accusation, 
parquoy  elle  fut  exécutée,  premier  plantée  en  terre,  puis  terrée  hors  et  pendue 

20  à  une  forche,  où  le  corps  ne  fut  longtemps,  à  cause  de  ses  amys,  cl  pour  la 
bonne  repentanre  qu'elle  avoit  eu.  L'an  mesme,  la  saison  de  l'esté  fut  fort 
chaude  et  seiche,  telement  que  les  eaues,  principalement  la  rivière  de  Meuse,  fut 
en  Liège  si  basse  qu'on  ne  l'avoit  jamais  veu  en  si  petit  estât.  L'an  mesme, 
fut  lledin  et  Térouaine  prins  par  l'empereur  Charle,  soubz  la  charge  de  l'hili- 

25  bert,  duc  de  Savoye  et  fut  Térouaine  (*)  de  toute  arruiné,  comme  contient 

ce  vers  : 

Morlnl  DeLell. 


"  médecin  :  manuscrit  I.  —  gendre  :  manuscrits  27  et  Si.  —  b  au  mois  d'octobre  :  add.  des 
manuscrits  8  et  B.  H.  15791. 


30       (')  Sur  la  prise  de  llesdin  et  Thérouanne  et  sur  Emmanuel-Philibert,  dit  Tête  de  fer,  duc  de  Savoie, 
voir  IIennb,  op.  cit.,  I.  X,  pp.  1-65. 


430  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 

*     ♦ 


L'an  mcsme.  furent  eslcvées  qualrc  compagnies  de  chevaulcheurs  B  pour 
garder  la  Cité  et  bonnes  villes  de  pays  de  Liège.  Lesquels  furent  entretenues 
jusque  à  tant  que  l'empereur  Charle  retournât  d'Allemangne  et  s'en  allât  mettre 
le  siège  devant  la  ville  de  Metz  en  Loraine.  que  le  roy  de  France  avoit  prinse 
avec  intelligence  d'aulcuns  bourgeois  de  la  ville.  Et  l'empereur  y  campai  avec  5 
une  année  de  plus  de  chiquant  milles  hommes  sans  y  rien  faire,  à  cause 
de  la  trahison  que  le  duc  d'Albe  luy  avoit  faicl,  dont  l'empereur  y  perdit  beau- 
coup de  gens,  par  quoy  il  fut  constraint  de  lever  le  siège,  mais  le  duc  d'Albe 
print  incontinent  la  fuitle  et  s'en  alla  en  ung  pays  eslraingne  où  il  y  demeura 
plusieurs  années,  que  on  ne  scavoit  s'il  esloit  mort  ou  vif  ou  s'il  scavoit  10 
deslruict,  dont  il  fut  cause  que  (*)  beaucoup  de  bons  et  vieulx  soldais  y  lais- 
sèrent la  vie  sans  combattre. 

L'an  mcsme,  fut  encor  remonstréz  aux  bourgeois  en  chapitre  de  Saint-Lam- 
bert comment  l'évesque  derechef  demandât  le  dixiesme  denier  de  leur  biens,  ce 
que  ne  fut  point  accordé.  Et  pour  avoir  ung  aultre  moyen  pour  luy  faire  argent,  15 
luy  fut  dit  par  son  privé  conseil  qu'il  eust  à  faire  édifier  ung  coffre  qui  fût 
fermé  avec  trois  serrures,   lequel  coffre  fut  mis  en  la  chapelle  de  Saint-Luc 
dedens  les  eneloislres  Saint-Lambert.  Et  fut  fait  un  mandement  à  ung  chacun 
tant  par  la  Cité  de  Liège  que  des  bonnes  villes  et  vilaiges  du  pays  de  Liège 
qu'ils  eussent  à  venir  aporler  une  pièce  d'argent  audit  coffre,  ung  chacun  selon  *o 
sa  puissance  et  faculté.  L'on  famoit  que  ce  coffre  estoit  mis  pour  résister  à  la 
puissance  des  Turq,  par  quoy  beaucoup  de  gens  de  bien,  pensant  faire  œuvre 
de  charité,  raporloyent  de  tout  quarlier  argent  et  le  metloyent  dedens  le  couffre, 
et  chacune  bonne  ville  et  villaige  apportoit  sa  cote;  mais  Dieu  scait  que  cest 
argent  est  devenu!  Car  c'estoit  seueur  de  pauvres  gens  et  il  falloit  que  les  25 
mambours  des  xxxn  paroiches  apportassent  en  rolles  tous  les  noms  et  surnoms 

"  furent  eslevéez  un  ensengnes  de  piétons  et  un  ensengoe  de  chevaulx  :  manuscrit  96. 

il)  Sur  le  siège  de   Metz  et  les  accusations   portées  contre  le  duc  d'Albe,  voir   Henné,  op.  cil., 
IX,  pp.  308-38-2. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  431 

des  parochiens  et  y  avoit  trois  chanoines  de  Saint- Lambert  et  deux  honnestes 
bourgcoix  pour  signer  et  rabattre  les  noms  de  ceux  qui  melloient  audit  coffre  a. 
{Manuscrits  27,  p.  526;  34,  fol.  240;  53;  58,  p.  47:  60,  fol.  69;  61  ; 
62,  \ol.  202;  96.) 
5  L'an  1553,  15»  d'apvril,  après  avoir  ouy  les  alligeances  du  capitaine  de 
Bouillon,  il  fut  condamné  d'avoir  la  teste  tranchée  et  tous  ses  biens  confisqués 
et  son  gendre  qui  estoil  médecin  à  l'évesque  fut  roslé  de  prison  et  il  morut  de 
tristesse.  (Manuscrit  34,  fol  240.) 

1554. 

io  L'an  1554,  le  premier,  dcuxiesme  et  troisiesme  jours  de  moys  de  fébvrier, 
lombit  en  la  cité  et  pays  de  Liège  et  aultres  circumvoisins  de  la  neige  en 
si  grande  abondance  que  n'estoit  mémoire  d'home  d'en  avoir  tant  veu  pour  un 
hy  ver,  et  demoura  sur  terre  jusques  au  10e  jour  du  mesme  moys  avecques 
gallée,  tellement  qu'en  diverses  lieux  furent  troveis  gens  morts  et  suffocqueis 

15  aux  champs  par  les  neiges.  Le  22e  jour  de  moys  de  marce,  an  susdit,  environ  b 
xii  heures  à  minuietz,  en  la  cité  de  Liège,  la  terre  trembla  environ  l'espace  d'un 
Ave  Maria,  mais  ne  fit  aulcun  dommaiges.  Le  vic  du  moys  d'avril  c  qui  estoit  le 
vendredi  devant  Quasimodo,  environ  la  vesprée,  vint  une  femme  à  une  fosse 
de  houlles  nomée  la  fosse  de  Maire,  disant  que  une  femme  par  elle  incognue 

20  s'estoit  à  elle  apparue  et  luy  avoit  commandé  de  dire  aux  ouvriers  que  tous 
sortissent  hors  de  la  fosse  et  laissassent  I'ouvraige  et  fisent  pénilance  en  allant 
à  Sainct-Léonard,  car  le  monde  fineroit  :  dequoy  les  ouvriers  espouvanteis  et 
esmeus  sortirent  tous  hors,  allèrent  à  Saincl-Léonard  avecques  aultres  à  qui  ilz 
avoient  dicl  telles  nouvelles,  aulcuns  tous  nuds,  aulcuns  en  leurs  chemises  et 

25  les  aultres  à  pieds  nuds,  tellement  que  aulcuns  de  la  cité  se  mirent  à  faire 

°  Et  pour  mieulx  entendre  l'affaire  Jacopin,  vous  nous  entendez  bien  :  ajoute  le  manuscrit  55. 
—  <>  Le  xxv°  jour  de  mars,  après  une  heure  à  mye  nuyct,  qui  estoit  le  blanc  jeudi  :  manuscrit  1. 
Cette  date  est  erronée,  car  le  jeudi  saint  de  15S4  tombait  le  22  mars.  Le  manuscrit  B.  B.  1579 I  donne 
la  relation  suivante  :  Anno  M»V°L11II,  fuit  Leodii  terremotus  xxv  raartii,  hora  i  pust  mediara  noctera. 
30  Quidam  religiosus  Sancti  Jacobi  cantando  illam  antiphonam  in  matutinis  «  Terra  tremuit  »  in  instanti 
omnia  ceperunt  tremere.  Religiosus  vocabatur  d.  Joannes  Buisson,  computator  domus.  —  l'espace 
d'un  pater  :  manuscrit  Si,  fol.  240.  —  '  le  25  avril  :  manuscrit  A. 


432  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

le  mesme  voyaige,  et  esloil  la  presse  si  grande  tant  à  l'entrée  de  l'englieze  a  de 
Soi  net- Léonard  que  l'ung  ne  pouvoit  passer  pour  l'autre,  et  dura  ainsi  jusques  à 
dix  heures  au  soir,  que  les  porles  furent  à  erste  occasion  fermée.  Et  fut  trouvé 
depuis  que  la  femme  messagière  esloil  folle  et  innocente  Le  20*  jour  dudit  moys 
d'avril,  fut  en  la  cité  de  Liège  et  aulcuns  lieux  voisins  une  grande  (empeste  de  5 
tonnoirc  et  cscliltre.  tellement  que  en  un  mesme  moment  tombit  sur  le  clocher 
de  l'englifsc  Sainct-Nicolas  oullre  Meuse,  item  sur  le  clocher  de  l'cnglicse  Sainct- 
IMioillin,  et  sur  la  thour  de  l'engliese  de  Sainct-I'ierre  et  d'ung  costéz.  Item 
rompit  le  pignon  d'une  maison  en  la  rue  de  Foulions.  Item  brusla  une  graingne 
à  Juppillc,  et  à  Herslal  plussieurs  arbres  furent  tirées  hors  de  terre.  La  pluye  fut  10 
pétille  en  Liège, mais  aux  champs  et  aultres  lieux  assez  véxémenlc.  Le 22°  jour  de 
mesme  mois,  l'ymaige  de  la  Vierge  Marie  de  Grivengnée  fut  de  nuict  desrobée'1) 
et  trouvée  en  la  rivière  au  pont  d'Amercourt,  ayant  un  bras  rompue  et  fut 
apportée  en  l'engliese  porrochialle  Sainct-Nicolas  oultre  Meuse,  où  les  gens 
en  grande  dévotion  l'alèrcnt  vcoir  et  Iuy  allumèrent  chandelles.  Et  advint  que  »5 
comme  les  gens  esloient  en  grand  nombre  en  ladite  engliese  devant  l'imaige.  ung 
jeune  enffant  de  dix  ou  onze  ans  moula  sur  la  vousure  de  l'engliese,  et  en  regar- 
dant par  ung  pertuis,  en  disant  :  «je  le  voys,  je  le  voy  »,  ladite  vousure  rompit 
et  tombit  l'enfant  du  haut  en  bas  et  morut.  Au  moys  susdit,  en  la  paroche 
Sainte-Veronne,  une  femme  s'accoucha  d'ung  enffant  mort,  lequel  fut  mis  en  20 
terre,  et  i  fut  troix  jours.  La  femme  ayant  tousjours  en  sa  fantasie  que  son 
enffant  n'esloit  mort,  réclamant  la  Vierge  Marie,  Mère  de  Dieu,  fist  tirer 
l'enffant  hors  de  terre,  qui  fut  trouvé  enthier  sans  aulcun  puanteur  ou  corrup- 
tion, et  incontinent  fut  porté  à  INostre  Dame  de  Dieupart,  où  il  receupt 
incontinent  vie  et  fut  baptisez,  dont  après  le  baptesme,  le  corps  rendit  une  S5 
puanteur  si  grande  que  on  ne  povoit  durer  emprès  Iuy,  tellement  qu'à  grand 
danger  fut  mis  en  terre.  L'an  mesme,  depuis  le  my  quaresme  jusques  au  xn° 
et  xvne  jour  de  jung,  ne  pleut  en  la  cité  ou  pays  de  Liège,  dont  les  fruietz  de 
terre  ne  pou  voient  croistre;  ausquelles  jours  fut  ung  petit  tempeste  de  tonnerre 


«  que  par  les  rues  :  addition  de  S. 

(')  Cf.  cri  du  perron  du  i  mai  tbtii  promettant  une  prime  de   100  florins  à  ceux   qui  feraient 
connuitre  les  autours  de  cette  profanation.  E.  Fairon,  Cartutaire  de  la  Cite. 


30 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  435 

et  pleut  lhors  assez  abondamment,  et  commenchèrent  les  fruict  à  prendre  ung 
source;  aulcunes  vignes  tant  en  la  cité  de  Liège  qu'alentour  d'ycelle  et  lieux 
voysins  furent  gatlées  par  les  gallée,  qui  vindrent  longtemps  après  Pasques. 
Le  47e  de  moys  d'avriel  (J)  et  autres  ensuyvant,  Monseigneur  de  Liège  tint  une 
5  journée  de  pays  avecques  les  estas,  où  fut  concludt  de  eslever  six  ensengnes  de 
piétons  au  pays  de  Liège,  pour  mettre  en  garnisons  sur  le  chasleau  de  Huy, 
Dynant,  et  en  la  cite,  et  où  bcsongne  en  seroit.  Le  jour  ensuyvant,  fut  célébrée 
en  l'engliese  de  Liège  messe  spécialle  et  procession  généralle  pour  la  paix  et 
et  fruict  de  terre,  présens  les  secondaires  englieses,  les  abbayes  et  couvcntes, 

io  et  fut  la  messe  célébrée  par  noble  et  illustre  seigneur  Guillame,  prolonotaire 
de  Poicliers  (2),  archidiacre  de  Famcne  et  csleu  évesque  de  Térouanne,  mais  ne 
le  voulut  point  accepter.  L'an  mesme,  l'engliese  et  cemilière  de  Saincle- 
Véronne  hors  la  cité  par  ung  débat  qui  avoit  estez  commis  illec  et  i  avoit  eu 
effusion   de   sang  fut    réconsilié.   Pareillement    l'engliese  collégialle   Nostre- 

15  Dame  à  Tongre,  en  laquelle  le  doyen  avoit  estez  balu  et  blechié  au  sang 
courant.  Item  l'engliese  collégialle  Sainct-Bartremy,  où  ung  channoine  avoit 
battu  l'autre  jusques  au  sang;  semblablement  l'engliese  porrocbialle  Sainct- 
Martin  en  Ysle  pour  cause  d'aulcuns  qui  s'esloient  en  icellc  combattus  :;  et  davan- 
laige  l'engliese  cathédralle  de  Liège  ",  en  laquelle  aulcuns  avoient  estez  bles- 

20  chiés  jusques  au  sang.  Et  fut  lhors  défendue  la  déambulation  en  ycelle,  mais  en 
vain.  L'an  mesme,  fut  l'engliese  et  couvent  de  Beaurepaire,  nouvellement 
édiffiée  avecques  le  chœur  consacré  par  le  suffragain  Grégoire  Sylvius  (3), 
docteur  en  théologie  de  l'ordre  des  frères  prescheurs  b.  L'an  susdit  \  tombit  une 
tempeste  deseur  le  monastère  de  Floon,  de  coslé  de  Hasbaing,  si  grande  que 

55  °  par  trois  évesques  et  cinq  abbeis  rebennie  et  réconciliée  :  manuscrit  1 .  —  assistentibus  tribus 
episcopis  :  B.  R.  15791.  —  b  et  chanoine  de  Saint-Paul  :  addition  de  7.  —  c  ladite  abbaye,  avec  la 
ville  de  Flône  fut  par  lesdits  François  arse  en  cendre  :  manuscrit  1. 

(')  La  session  des  États  eut  lien  en  45B4,  16  juin  et  jours  suivants.  Elle  fut  convoquée  pour  voter 
les  crédits  et  décider  les  levées  nécessaires  pour  protéger  le  pays  contre  l'invasion  des  Français  et 
50   particulièrement  la  forteresse  de  Dinant.  La  messe  générale  pour  le  retour  de  la  paix  entre  les  princes 
chrétiens  fut  célébrée  à  la  cathédrale  le  15  juin. 
(»)  Guillaume  de  Poitiers.  Cf.  de  Tiieux,  t.  III,  p.  74. 
ls)  Sur  Grégoire  Silvius,  voir  p.  277,  n.  1. 

Tome  IL  oo 


434  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

l'cauc  creut  et  vint  en  si  grand  impétuosité  qu'elle  rompit  une  porte  de  l'en- 
gliesc  dutlit  monastère,  avecques  aulcuns  maisonnaiges,  et  i  fist  très  grands 
dommaiges.  l'eaue  surmonta  le  grand  aulleil  de  l'engliese,  comme  fut  dit,  plus 
d'ung  genoux  hault. 

L'an  mesme.  le  24V1  de  inoys  de  juing  ou  environ,  Henry,  roy  de  France,  s 
entra  à  grande  puissance  dedens  le  pays  de  Liège  et  allât   mettre  le   siège 
devant  le  chasteau  et  forteresse  de  Maricnhourch  ",  situé  es  limites  dudit  pays, 
dont  après  avoir  donné  ou  faict  semblant  de  donner  sur  la  place  quelques  coups 
de  canons  ''.  ceulx  de  dedens  soy  rendirent  aux  roy,  avecques  la  place,  leurs 
corps  saulf  ',  le  2G  dudit  mois,  où  ilz  fut  dicl  que  le  capitaine  print  intelligence  10 
avecques  les  Franchois,  dequoy  la   présumplion   fut  grande,   pour  ce  que 
ledit  capitaine  print  intelligence  avecque  les  Franchois  auprès  desquelles  ilz  fut 
un  jour  perdu  hors  de  la  place;  le  roy  trova  en  ladite  place  un  grand  thrésor 
tant  en  artellerie  qu'en  pouldrc  et  aultres  choeses  requises  pour  la  guerre,  que 
la  royne  gouvernante  avoil  illec  fait  menez  pour  aller,  comme  on  disoit,  devant  15 
Masières  (1).  La  date  se  contient  es  vers  ensuyvant,  composez  par  maistre 
Jacque  Lîoulongne  : 

YIX  slbl  LUstra  dUo  MarlbUrga  reCenserat  aeVI, 
hanc  dULCI  GaLLUs  prodlllone  caplt. 

Aullre  date  du  mesme  autheur  en  franchois  :  20 

MarlenhorCh,  sans  bcaUCop  se  faire  battre, 
par  LasCheté  az  franChoIs  s'est  rendUe. 
en  JUng  prendz  Vingt  et  sIX  sans  riens  rabattre, 
La  date  allras  notoire  et  cntendUe. 


«   Marienborch,  que  est  édifiée  sur  le  pays  de  Liège  par  Brabansons,  qui  avoient  promis  de  25 
donner  Herstal  près  de  Liège  pour  la  récompense,  lequel  n'ont  encor  point  faicte  (')  :  manuscrit  1. 
—  b  minatus  est  illos  demembrare  iclu  bombardarum   :  B.  H.  15791.  —   c  et  furent  les  deux 
capitaines  menez  à  Paris  :  manuscrit  1. 

(»)  Sur  la  prise  de  Maricmbourg,  voir  Henné,  op.  cit.,  t.  X,  p.  104. 

(*)  Cf.  Représentations  faites  par  l'cvèquc  de  Liège  au  gouvernement  des  Pays-Bas,  le  27  septem-  30 
bre  lotitS  dans  Conseil  privé.  Relations  avec  les  Payt-llas,  reg.  557. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  435 

Item  le  7e  jour  dudit  moys  de  jullet,  le  roy  de  France  mena  toutte  sa  puis- 
sance devant  Dynant  et  Bovinguc  et  les  fist  battre  d'artellerie  très  impétueuse- 
ment, principalement  Bovingno,  tclcmcnt  qu'il  le  print  par  force  et  furent  tuez 
tous  ceulx  qui  estoienl  dedans,  saulff  huict  ou  neuff.  Puis  après,  ayant  pillez  et 
5  butinez  ce  qu'ils  trouvèrent,  mirent  le  feu  dedens.  Le  dimenche  ensuyvant, 
commenchèrent  à  battre  la  place  el  forteresse  de  Dynant,  et  i  furent  donnez 
tant  ce  jour  que  d'aullre  ensuyvant  1,800  coups  de  canons  et  plus,  puis  après 
donnèrent  six  "  assault  par  nouante  ensengnes,  où  ilz  furent  rebouteis  virilement 
à  leur  grand  pert,  car  ilz  y  demoura  beaueop  de  gens,  mais  finablement  al  sep- 

«o  tièsme  assault  par  force  se  rendirent  à  roy,  saulff  la  vie,  le  11e  dudit  moys;  et 
fut  le  capitaine  Henri  de  Floon  (*)  enmenéz  en  France,  et  fut  la  ville  en  grand 
liazard  d'eslre  bruslée,  mais  aulcuns  marchans  de  France  prièrent  pour  ycelle. 
Toutteffois  tous  les  Espagnouls  qui  estoient  dedens  furent  tous  mis  à  l'espée, 
sauve  les  Liégois  et  basses  Allemans.  Le  jour  après,  vindrent  les  nouvelles  de  la 

is  prinse  de  Dynant  (2)  à  Liège,  dequoy  tout  le  peuple  fut  fort  estonnez,  tellement 
que  plussieurs  firent  mener  leurs  biens  à  Ruremond,  au  pays  de  Geldre,  et 
aultre  part,  et  ne  veoit  on  aullres  choeses  le  vendredy,  samedy  et  dymenche 
suyvant,  que  chariottes,  charettos  et  navires  chargiés  de  baghes  ''  qui  estoit 
grande  confusion  pour  la  cité   et  donner  couraige  aux  ennemys  de  venir. 

20  Le  16'  jour  de  jullet,  un  feu  survint  en  la  ville  de  Rurcmonde,  si  grand  et  si 
vexément  que  beaucoup  de  biens  des  bourgois  de  la  Cité  que  on  avoit  illec  sauvé 
et  mis,  furent  brusleis.  el  plus  de  Î200  maisons  avecques  la  grande  cngliese, 
les  Charlroux  et  aullres,  furent  avecques  l'abbaye  tout  brusléz,  saulfï  le 
ebasteau.  Date  de  la  prinse  de  Dinant  s'ensuit  : 

25  par  Les  Liégois  en  ChasleaU  de  Dînant, 

sUs  franChoIs  fUt  Monstre  grand  VaILLantIsc 
d'aUtre  sorte  qUe  fait  n'at  paraVant 
tardadVIsée  par  sa  CoUardlse. 

"  neui  :  manuscrit  58.  —  b  accoustremens  :  manuscrit  S. 

30       (•)   Henri  de  Berlaymont,  dit  de  Floyon,  capitaine  de  Dinant,  seigneur  de  Pctit-Modave,  grand 
majeur  de  Liège.  Cf.  de  Bofman,  Les  Echcvins,  t.  Il,  pp.  42S-43V2. 
(*)  Sur  la  prise  de  Dinant,  voir  IIe.nnb,  op.  cit.,  t.  X  ,  pp.  115-120. 


436  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Touchant  la  prins  de  la  ville,  de  Bovingne,  Dînant  et  Bins  : 

eXpUgnala  JaCet  YICtore  BoVInla  gaLLo, 

VIX  Constans  dlonanla  périt,  bins  Igné  OeiMatUr. 

En  ce  mesme  temps,  les  villes  de  Fosse  et  Cowin  °  (J)  furent  prins  et  bruslée 
par  les  Franchois,  saulff  cinq  ou  six  maisons  et  l'engliese,  pareillement  le  5 
villaige  de  Brongne  ''.  Item  les  places  et  forteresses  d'Engimont,  Orchimont 
furent  prins  et  deslruicts  par  les  mesme  e.   Le  24e  jour  dudit  moys,  la  ville  de 
Bince,  après  avoir  soustenus  aulcuns  coup  de  canons,  at  estez  livrez  au  roy, 
et  ont  ceulx  qui   estoient  à  la  garde  de  la  ville  prins  gaige  du   roy   et    se 
rendut  à  son  services,  parquoy   fault  présumer  qu'il  y  avoit  quelque  intel-  io 
ligenec,  dont  après  avoir  pillez  ce  qu'il  avoit  dedens,  y  mirent  le  feu,  tellement 
qu'il  ne  demotira  que  quatorze  ou  quinze  maisons.  Et  incontinent  deslogèrent 
tirants,  comme  on  disoit,  vers  Wons  en  Haynault.  Ce  temps  pendant,  l'empereur 
esloil  à  IVamur  ou  tout  près,  faisant  ses  aprestre   pour  aller  contre  le  roy, 
lequel  ilz  suyt  incontinent  avecque  son  armée,  en  telle  diligence  que  le  roy  ayant  15 
cecy  entendu  se  retira  en  France  sans  rien  faire  le  dimanche  devant  Noël, 
qui  estoit  le  25*  jonr  de  décembre.  L'an  mesme,  fut  célébrée  par  le  sufïntgan 
maistre  Grégoire  Sylvius  messe  spécialle,  en  grande  dévotion  en  l'engliese  de 
Liège,  présent  Bme  prince  et  seigneur  George  d'Austrice,  évesque  de  Liège,  en 
remerciant  Dieu  de  ce  que  le  peuple,  nobles  et  plébains  d'Englellerre  avoient  îo 
reprins  noslre  foy  catholicque  et  renunchié  à  l'hérésie  luthériane. 


"  Cowin  :  manuscrits  1,  S,  7,  8,  61.  —  Tuvin  :  manuscrits  3,  S,  6.  —  b  Le  manuscrit  2  ajoute  en 
note  marginale  :  alla  canonner  Kendi  où  il  rompit  plusieurs  compagnies  de  pied  à  l'empereur,  puis  se 
relira  vers  Paris.  —  c  De  là  ont  prins  leur  chemin  pour  aller  vers  Haynaut,  passant  non  point  loing 
de  l'armée  de  l'empereur,  sans  toutefois  donner  aucune  escarmouche,  et  vindrent  mettre  leur  siège  88 
devant  la  ville  de  Bins.  Incontinent  le  roy  fit  jecter  force  de  canons  contre  la  ville  et  lit  assalir,  puis 
le  24  dudit  mois,  elle  fut  rendue  et  livrée  au  roy  :  manuscrit  S8. 


(t)  Apres  la  prise  de  Dînant,  Henri  II  se  remit  en  marche  vers  le  Hainaut,  incendiant  le  château  de 
Stavc,  Florcnncs  et  Fosses  et  passa   la  Sainbrc  à  Chàtelct.  (Cf.  Henné,  op.  cit.,  t.  X,  p.  128.)  H  faut 
donc  lire  Thuin  et  non  Couvin,  que  les  armées  françaises  avaient,  du  reste  du  atteindre  avant  de  50 
prendre  Maricmbourg. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  437 


* 
*     # 


L'an  mesmc,  fut  parfaicte  l'égliese  de  Beaurepaire  (*)  par  Henry  Masson  de 
Sart  demeurant  devant  l'abbaye  de  Saint-Laurent,  lequel  donnât  une  voirière 
où  il  est  pourlraict  avec  sa  femme.  (Manuscrit  1 02,  fol.  1 45  V.) 

L'an   1554,  Henri   deuxiesme,   roy  de  France,  descendit  avec  40  milles 

5  hommes  sur  le  pays  de  Liège  pour  assiéger  Dinant,  où  estant  arrivé,  la  fit 
battre  si  furieusement  qu'il  l'emportât  de  force.  Henry  de  Berlaimont,  seigneur 
de  La  Chapelle,  gouverneur  pour  lors  du  chasleau  de  Dinant,  fut  attaqué  à  son 
tour.  C'estoitune  chose  espouventable  de  voir  le  carnage  qui  se  faisoit  des  gens 
du  roy,  car  ledit  Berlaimont  les  accabloit  misérablement  à  tous  coups  qu'ils 

io  approchoient  de  la  place,  faisant  rouler  du  chasteau  des  grands  soumiers  sur 
ceux  qui  vouloient  faire  la  bresche  et  en  fracassoit  tant  d'un  coup  qu'il  eslon- 
noit  toutte  l'armée.  Après  toutes  ces  furieuses  atlacques  soustenues  courageuse- 
ment contre  une  puissante  armée  de  ses  ennemis,  il  luy  fut  commandé  de  tenir 
seulement  encore  8  jours;  alors  reprenant  courage  sur  espoir  de  secours,  non- 

io  obstant  qu'il  fut  dépourveu  des  gens  et  de  vivre,  leurs  fist  teste  encore  l'espace 
de  io  jours  pendant  lesquelles  il  donnoit  bien  des  regrets  à  Sa  Majesté  très 
Chrestienne,  qui  s'eslant  lousjours  tenu  en  son  camp,  voyant  à  l'œil  les  tragé- 
dies que  jour  et  nuict  le  gouverneur  jouwyt  sur  ses  gens,  voyant  enfin  ledit 
Berlaymont  qu'il  n'y  avoit  apparance  de  secours,  demanda  d'entrer  en  apoincte- 

20  ment,  lequelle  fut  arreslé  à  condition  qu'il  deveroit  sortir  armes  et  bagages, 
mais  le  roy  se  trouvant  passioné  à  cause  de  tant  de  grands  coups  "  qu'il  avoit 
donné  à  son  armée  le  fit  mener  en  France  où  il  fut  tenus  prisonnier  l'espace  de 
28  mois,  au  bout  desquelles  estant  au  retour,  il  fut  grandement  chéry  et 
congratulé  de  tous  les  Estais  du  pays  et  particulièrement  de  l'évesque,  son 

25  maistre,  qui  pour  récompence  de  sa  fidélité  et  de  ses  bons  services  le  fit  grand 
mombour  de  Liège.  (Manuscrit  88,  fol.  100.) 

'  Sed  non  steterunt  promissionibus  suis,  quia  duxerunt  captivos  generosos  dominos  scilicet 
dominum  de  Floyon,  post  reditura  pretorem  civitatis  leodiensis,  item  dominum  de  Hamal  ('),  et  dueti 
sunt  ad  Parisios  :  manuscrit  A. 

50        (')   Voir  Gobert,  Liège  à  travers  tes  âges,  t.  V,  p.  103. 

(*)  Jean  de  Hamal,  dit  de  Monceau,  nommé  châtelain  de  Dinant  le  14  décembre  1547. 


438  CHROMQUES  LIÉGEOISES. 

Puis  y  donnèrent  (les  François)  six  assaillis  par  neuf  enseignes  à  chasque 
fois  où  ils  furent  toujours  repoussés  par  la  vaillance  du  gouverneur  qui  étoit 
Henry  de  Berlaymont  dit  Floyon.  seigneur  de  la  Chapelle,  à  la  grande  ruine 
des  François,  par  le  moyen  du  château,  où  étoit  une  garnison  espagnole  avec 
une  enseigne  que  1 eveque  avoit  envoyé  et  d'un  certain  instrument  ou  engins  s 
qu'ils  couloient  de  haut  en  has  le  long  de  la  montagne,  par  lequel  ils  renversoient 
les  François,  puis  le  reliroienl  derechef  à  eux.  Nonobstant  ccsle  défense,  comme 
les  François  s'appresloient  pour  donner  le  septième  assaut,  se  voyant  en  petit 
nombre,  ils  se  rendirent  par  accord,  la  vie  sauve,  où  le  gouverneur  fut  fait 
prisonnier  et  emmené  en  France,  où  le  roy  admirant  sa  valeur  le  relâcha  et  10 
avec  luy  tous  les  Liégeois,  mais  tous  les  Espagnols  furent  arquebuses.  (Manu- 
scrit 58,  p.  46,) 

L'an   1554,  le  roy  de  France  vint  assiéger  la  ville  de  Dinant,  laquelle, 
après  plusieurs  assaux,  fut  prinse.  C'esloit  le  dix  sepliesme  fois  qu'elle  avoit 
esté  assiégée  tant  par  l'empereur  que  roys,  dont  ils  estoient  superbe  et  orgueil-  13 
leux  que  on  l'apelloit  Dinant  l'orgueilleuse,  tellement  qu'ils  avoienl  faict  faire 
une  statue  représentant  le  duc  de  Bourgogne  au  vif,  vestus  et  armé  de  ses  armes 
et  s'en  allèrent  à  Bouvignc,  laquel  appartenoit  audit  duc,  et  le  mirent  desur  un 
banc  ou  siège,  sur  quoy  il  l'assoirent  et  le  mirent  desur  une  fosse  plaine  d'eaue 
puant  et  orde  et  disant  à  cieulx  de  Bouvignc  :  «  Voilà  le  siège  de  voslre  duc,  20 
le  grand  crappau  ».  Dont  cieulx  de  Bouvignc  en  furent  fort  couroucés  et  man- 
dèrent à  cieulx  de  Dinant  qu'il  s'eusent  à  réconsilier,  aultrcment  que  si  le  duc 
en  sceusl  à  parler,  il  ne  passe  roit  cela  ainsy.  Lors  ils  prindrent  le  mesager  et  le 
décapitèrent  par  grande  tirannie.  Davantage  cieulx  de  Bouvigne  envoyèrent  un 
enfant  et  leurs  admonester  de  se  vouloir  excuser  envers  leurs  duc  Ils  furent  si  25 
cruelle  qu'ils  taillèrent  le  petit  enfant  en  pièces.  Dont  bien  peu  après  furent 
bien  chastié,  tellement  que  l'on  disoit  trois  jours  après  :  «  ici  fut  Dinant  ».  Ce 
que  j'ai  bien  voulu  icy  insérer,  ami  lecteur,  pour  servir  d'exemple  et  pour 
monslrcr  la  misérable  vengeance  que  Dieu  print  de  ces  superbes  Dinantois, 
comme  ils  firent  aussi  au  roy  de  France,  luy  disant  que  si  il  ne  se  relirast  arier  30 
delà,  et  que  s'il  tenoit  son  cœur,  qu'ils  en  feroient  une  fricassée  pour  leurs  dîner. 
Dont  enfin  ils  furent  prias  après  avoir  sustenu  sept  assauts  l'une  après  1  autre  par 
90  enseignes,  avec  grande  perte  des  François.  Dedans  le  chasleau  estoit  lors  le 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  439 

seigneur  Henry  de  Floyon,  capitaine,  lequel  ne  pouvoit  plus  tenir.  Dont  il  fut 
print  et  mené  en  France.  Les  Espagnoles  furent  harquebusés,  qui  furent  trouvés 
dedens  et  les  Liégeois  renvoyés  sain  et  saufe.  Incontinent  vindrent  les  nouvelles 
à  Liège,  lesquelles  furent  bien  eslonnés,  mais  il  esloit  trop  tard. 

5  Expugnata  jacet  victore  Bovinia  gallo 

Dionanta  péril  bis  igné  cremalur. 

(Manuscrits  55,  fol.  256,  60,  fol,  67  v°,  61,  fol.  194-,  62,  fol.  201  V, 
70,  fol.  481  *',  404,  fol.  554.) 
Les  François,  ayant  emporté  Mariembourg,  prirent  eneor  par  assaut  Agimont 

io  qu'ils  ruinèrent,  comme  aussi  Orchimont,  Fosse,  Couvin,  Mariemont,  ville  de 
plaisance  de  la  reyne  Marie,  qui  fut  mise  en  cendres,  ensemble  Bins,  Traisgny, 
Reny  et  l'ancienne  ville  des  Belges  dite  Bavay  et  autres,  qui  toutes  furent 
prises,  pillées,  bruslées  et  ruinées.  (Manuscrit  58,  p.  45.) 

Le  duc  de  Nevers  reçoit  à  composition  le  chasteau  d'Orchimont  et  Beaurin, 

15  brusle  grand  nombre  de  villages,  puis  ayant  par  la  prinse  des  fortes  places  assise 
au  long  de  la  Meuse  ouvert  le  passage,  entre  dedens  le  pays  de  Liège,  emporte 
d'assault  Agimont  et  Bovigne,  exécute  presque  tous  les  habitants  ou  par  justices 
ou  par  la  tranche  de  ses  espées  pour  avoir,  dans  ung  bieocque,  faire  teste 
à  l'armée  et  prononcé  contre  icelle  plusieurs  parolles  oultrageuses,  et  pour 

20  comble  de  punition,  passa  la  ville  par  la  rigeur  des  flammes,  s'asseurant  du 

chasteau  Tbiry  et  Walsin,  les  abandonne,  print  et  pillât  Dynant,  mais  sauva  de 

la  violence  des  Allemans  les  femmes   réfugiées   dans  l'église  Noslre  Dame. 

(Manuscrit  52,  foi.  555  V.) 

Durant  le  règne  de  l'évêque  George  d'Autriche,  il  fut  permis  à  l'empereur 

25  Charles  Quint,  Philippe  son  fîis,  roy  d'Espagne  et  Marie,  reine  de  Hongrie,  lors 
gouvernante  des  pais  bas,  de  bâtir  trois  forteresses  sur  le  pays  de  Liège,  entre 
Sambre  et  Meuse,  terres  jadis  données  par  les  roys  de  France  au  pays  de  Liège, 
et  ce  pour  servir  de  bride  aux  François,  lesquels  furent  nommées  du  nom  de 
ceux  qui  les  firent  bâtir.  La  première  fut  bâtie  par  la  reine  Marie  de  Hongrie, 

30  lors  gouvernante  des  pais  bas  au  nom  de  l'empereur  Charles  Quint  et  la  fit 
nommer  de  son  nom  Mariembourg.  La  seconde  forteresse  fut  bâtie  sur  une 
roche  contre  le  village  de  Givet,  sur  le  rivage  de  Meuse,  l'an  1555.  Le  troisième 


440  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fut  celle  dePhilippeville,au  nom  du  roy  d'Espagne,  et  c'est  sous  condition  et  pro- 
messe faite  par  l'empereur  et  Philippe  son  fils  de  donner  en  contre  change  autres 
terres,  villages  et  juridictions,  de  quoi  les  archives  font  foy,  qui  dévoient  être  les 
villages  d'Herstal,  Wanle  et  Frères  en  compensation  avec  tous  intèresls  (i). 

Ce  qui  n'at  pas  été  fait  par  l'empereur  ny  son  fils  ny  par  aucuns  de  leurs  5 
successeurs.  De  quoi  la  Cité  en  a  fait  et  réitérées  plusieurs  protestations 
jusqu'en  l'an  1655,  qui  a  été  cent  ans  après,  que  le  roy  Philippe  4me  céda  la 
souveraineté  de  Herstal  et  Wanle  au  proufit  du  pays  de  Liège,  lorsque  la  paix 
de  Tirlemont  fut  arrêtée  entre  l'archiduc  Léopold,  comme  se  voira  cy  après  en 
son  lieu.  (Manuscrit 38,  p.  48.)  10 

Le  dernier  de  janvier  1610,  par  déclaration  de  Jean  Barhc  l'aisné,  maréchal 
de  son  stil,  natif  de  Dynant  et  bombardier  au  chasteau,  il  y  avoit  passé 
48  ans,  quand  le  roy  Henry  assiégeât  la  ville  et  chasteau  de  Dynant,  l'an  1554 
le  2."  de  jullet,  estant  George  d'Austriehe  évesque  de  Liège,  Jean  de  Hamalle, 
chastellain  avec  35  soldats,  Jean  de  Horion  dict  Floion  capitaine  de  500  hommes  13 
allemands,  le  capitaine  Julian  de  Romero  avec  deux  cents  espagniolles  et  plu- 
sieurs bourgeois  faisant  ensemble  800,  desquels  furent  occis  120  et  en  sortirent 
680,  et  des  approches  faictes  et  des  exploicts  depuis  ensuivis,  si  que  tesmoing 
oculaire  l'at  ainsy  déclaré. 

Du  temps  que  le  roy  tenoit  son  siège  devant  Mariembourg,  diverses  exécu-  -20 
lions  furent  faictes  par  les  François  qui  furent  rudement  repoulséz.  Le  roy 
envoyât  à  ceulx  de  Dynant  ung  héraulx  pour  demander  passage,  auquel  fut 
refusé.  Le  dit  héraux  fut  rencontré  vers  le  vivier  par  ung  que  l'on  nommoil  le 
limeur,  qui  l'occit.  Ce  qu'estant  raporté  au  roy,  il  en  fut  bien  indigné.  Faisant 
approcher  ses  troupes,  se  logeai  à  Cheslreuin  (2),  demy  lieu  de  Dynant.  23 

Le  2"  de  jullet,  les  bourgeois  de  Dynant  avec  la  garnison  ont  faict  une  sortie 
où  il  y  en  eut  beaucoup  de  tuez,  entre  aullres  un  capitaine  par  ung  nommez 
Bourguignion,  la  despouille  duquel  a  ung  bourgeois  nommé  Tarha  masson,  qui 
le  lira  par  le  pied  pour  avoir  le  butlin,  et  les  François  se  retirèrent. 

(')  Sur  l'épisode  des  forteresses,  voir  P.  Harsin,  L'alliance  de  la  principauté  de  Liège  avec  let  Pays-  30 
llatau  XVI'  siècle,  dans  Revue  belce  de  philologie  et  d'histoire,  t.  VIII,  pp.  115  à  11C. 
(S)  Cliestruvin,  dépendance  de  Onhayc. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  441 

Le  5*  jullet,  le  prince  de  Nevers  arrive  et  mit  son  siège  au  champs  de 
Malaise,  avec  40  pièces  de  canon  en  tout.  La  batterie  continuât  quatre  jours  par 
17000  et  700  coups  de  canon,  faisant  une  bresehe  pour  y  pouvoir  monter  faci- 
lement, n'eusse  esté  la  déffence  des  soldats  qui  estoint  dans  la  place,  et  pour  tenir 
s  la  bresehe  ouvert  battoinl  de  nuict  et  de  jour  alïin  que  on  ne  peusse  remparer. 
Le  8  de  jullet,  à  quatre  heures  au  malin,  montèrent  à  l'assault  onze  belles 
compagnies  de  soldats  appeliez  enfants  de  Paris,  item  onze  guelides  de  soldats 
avec  des  rondaches  suyvant  les  uns  après  les  autres,  ne  restant  de  25  pièces  de 
canon  des  Liégeois  qu'ils  avoint  dans  la  dite  batterie  et  défence  du  dit  chasteau 
to  que  trois  pièces  pour  les  pouvoir  offencer,  ayant  estez  les  aullres  desmontées  et 
rompues  par  les  canons  de  l'ennemi,  lesquels  trois  pièces  furent  posées  pour 
donner  par  le  derière  de  la  bresehe.  Enfin  des  dictes  23  pièces  de  canon,  les 
François  en  ont  emmenez  en  France  22;  l'aultre  fut  couverte. 

Le  capitaine  Julien  Romero  donnât  pour  son  opinion  de  faire  semblant  qu'il 
is  n'y  avoil  aucuns  soldats  dans  le  chasteau  et  de  permettre  la  montée  des  ennemis 
jusqu'à  ce  qu'ils  vouldroint  mettre  le  pied  dedans  la  place,  criant  Chasteau 
gaigné,  allencontre  de  quoy  fut  crié  Espaigne,  qui  esloit  le  mot  donné  pour  se 
mettre  en  déffence,  lequel  fut  tel  que  les  François  furent  bouleversez  et 
constrainct  eulx  retirer  et  tourner  dos,  tant  pour  les  coups  des  dites  trois  pièces, 
20  oultre  les  balles  de  quelques  deux  à  trois  carreaux  de  fer  et  force  feu  grégois. 
Le  mesme  jour,  furent  donnez  sept  assaulx  estant  lousiour  repoulsé. 

Par  après  on  traieta  d'appointement.  Monsr  Hamal  et  Floion  sortirent  sur  tel 
asseurance  que  le  héraux  leur  avoit  donné.  11  fut  par  diverses  fois  envoyé  vers 
le  capitaine  Romero,  lequel  refusoit  de  faire  aucun  traictement.  Enfin,  sur 
25  asseurance,  alla  trouver  le  prince  de  Nevers,  lequel  après  plusieurs  discours 
dict  au  dit  Julien  Romero  :  si  la  corde  est  peu  forle,  la  chaine  ne  le  fauldrat. 
Il  se  mit  à  table  avec  les  aultres  où  il  fut  traicté  d'apoinclement  l'espée  au  costé 
avec  les  hardes  qu'on  pouvoit  emporter. 

Le  11e  du  dit  jullet,  la  cavallerie  s'approcha  du  chasteau,  et  y  sont  entrez, entre 
30  lesquelsMonsrfrère  du  cardinal  La  Marche  qui  avoit  faict  bastir  ledit  chasteau^1). 

(i)  Jean  de  la  Marck,  seigneur  du  Saulcy  et  de  Jametz  C'était  le  neveu  et  non  le  frère  du  cardinal 
Erard.  Cf.  de  Cue.mret,  op.  cit.,  p.  165. 

Tume  IL  56 


442  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Monsr  de  Susanne,  lequel  avoit  espousé  la  vefve  de  Monsr  Walthier  de 
Avent  (1).  jadict  chastelain,  —  ayant  le  dit  d'Avent  tant  en  qualité  de  chastelain 
que  en  qualité  de  souverain  mayeur  légale  plusieurs  beaux  légats  en  la  dite 
ville,  qui  sont  observé  annuellement  par  les  deux  greffiers  tant  de  la  justice  que 
celuy  de  la  ville  —  du  dit  chastcau,  fit  convoyer  680  soldats  par  Mons'  Bardil-  5 
lion  jusque  à  Spontin,  lieu  d  asseurance. 

Après  avoir  pillez  la  ville,  furent  menné  en  France  Monsr  Hamal,  Floion, 
Bomero  et  bonne  partie  de  bourgeois. 

Le  capitaine  Julien  Bornera  eschappat  par  l'addresse  d'une  belle  dame  eagée 
de  "23  ans  ou  environ,  ayant  son  mari,  et  at  la  dite  dame  demeuré  où  le  présent  10 
escrivain  sçait  bien  dedans  une  maison  que  présentement  il  possède  en  la  ville 
de  Bovigne.  De  laquelle  dame,  luy  estant  prisonier  en  France,  luy  gaigniat  le 
cœur  et  retournirent  ensemble  au  dit  Bovigne  et  le  mari  d'icelle. 

Ilamal    et    Floion    estoint   dans  la   bastille  et  sortirent  par  l'addresse  de 
Mous'  Tabollel  (2),  bourgmaistre  de  Dynant,  lequel  avoit  estez  députez  en  Liège  io 
audit  («corge  d'Auslriche,  évesque  de  Liège,  pour  avoir  aide  et  secours. 

Fcrpelle,  lils  du  dit  burgmaistre  Tabollet,  estant  prisonnier  sur  le  teure 
Sainte-Anne,  ayant  une  dague,  s'en  servit  si  bien  qu'il  se  dépêtrât  de  sa  garde 
et  ainsy  eschapat. 

Jean  de  Villenfaingne,  son  gendre,  ausy  prisonier,  par  l'addresse  de  Monsr  de  20 
Susanne,  après  l'avoir  faict  redemander  pour  argent  de  Gascons  et  refusez,  fut 
enlevez  hors  d'une  tente  proche  de  Cambray  en  habillement  de  femme;  ainsy 
retourna  à  Dynant. 

Du  temps  que  le  roy  s'amusât  au  chasteau  de  Dynant,  l'empereur  dressât  une 
armée  à  Namur  estant  assez  mal  disposé  depuis  le  long  temps  qu'ils  partirent;  et  2S 
estant  l'événement  de  la  guerre  en  double,  ceux  de  Namur,  Huy,  Liège  et 
aullrcs  villes  sauvoyenl  leur  comodité  en  Hollande  et  signament  en  la  ville  de 
Kuremonde,  pays  de  Gueldre,  mais  par  fortune  de  feu  qui  survint  en  la  dicte 
ville  fut  presque  le  tout  brusléz,  dont  il  y  eut  grand  domage.  (Manuscrit  52, 
fol.  334  à  535  v.)  30 


(i)  Walhierd'Apcn,  maire  de  Uinaiit  en  1537. 

(î)   Lambert  Tabollet, bourgmestre  en  tb52, 15b8.  Cf.  Carlulaire  de  Dinunt,  t.  III,  p.  549  et  t. IV,  p.8. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  443 

1555. 

L'an  1555,  aulcuns  jours  après  les  festcs  de  Pasques,  ung  bourgois  de  Liège 
de  grande  eage  se  vint  présenter  devant  son  curé,  disant  qu'il  se  vouloit 
confesser  et  recepvoir  tous  ses  sacramens,  tant  de  l'AuIteil  que  Extrême 
s  L'nclion,  auquel  le  prestre,  pensant  que  ce  fust  un  folz,  ou  qu'il  eust  quelque 
fanlasie  en  la  teste  de  l'home,  respondit  :  Comment  voulez-vous  avoir  vous 
sacramens,  et  n'estez  point  malade?  Celuy  homme  luy  dist  ;  il  fault  que  ainsy 
soit  fait,  car  Bayart  (')  (qui  est  le  lieu  où  on  enterre  les  pauvres  morts  de 
l'hospilal)   hannis  si  fort  après  moy  que  ne  cesse.   Quoy  entendu  par  ledit 

io  prestre,  at  confessé  i  homme  et  administrez  ses  sacramens,  et  morut  une  heure 
après.  Dieu  veuille  avoir  son  âme.  L'an  mesme.  le  14  de  marce,  furent  les 
trièves  faielc  entre  le  roy  de  France  Henry  et  l'empereur  Charles  cinquiesme, 
et  publiée  à  Liège  (2)  et  en  toute  le  pays  de  Brabant  et  Flandres.  Et  en  celle 
mesme  année,  fut  veu  ung  comète  au  ciel,  et  fut  fort  grande  sécheresse.  L'an 

io  mesme,  fut  édiffiée  la  ville  de  Givelz,  maintenant  dit  Cluirlemont".  L'an  mesme, 
le  premier  jour  de  Jung,  advint  une  tempeste  en  quartier  del  Condros,  si 
vexément  que  par  le  grésil  qui  tombit  furent  lendemain  et  aulcuns  jours 
subséquent  trouvées  aulcuns  bises,  cerff,  licuvres,  connins  et  oyseaux  morts  es 
boys  et  champs;  mesme  plussieurs  arbres  bien  gros  rompuez  à  deux  ou  trois 

20  pieds  près  de  terre  et  en  diverses  lieux  les  bleds  abbalus  en  telle  sorte  que  en 
la  saison  on  n'eut  aulcun  proufitz.  Lan  mesme,  fut  esleux  par  l'empereur 
Charle,  et  du  consentement  de  chappitlre  de  Liège,  Monseigneur  Koberl  de 
Berghe  à  coadjuleur  de  leveschié  de  Liège,  et  fut  receupt  en  chappitlre  le 
premier  jour  de  l'an  1557  (3). 

-25      "  sine  consensu  xxxu  ministeriorum  :  B.Ii.  15791. 

(4)   Sur  ce  mot,  voir  Goci  et,  op.  cit.,  t.  II,  pp.  160-16-2. 

(s)  La  Itève  conclue  à  Vaucelles  pour  cinq  ans  fut  notifiée  p;ir  ordonnance  le  14  mars  Ib'HG  et  non 
en  IBbS.  Ci.  Mandements  et  cris  du  perron  1555-1557,  fol.  80. 

(3)  Robert  de  Berglies,  neveu  de  l'évcquc  Corneille,  avait  été  reçu  au  chapitre  le  13  janvier  1 341  et 
30  admis  comme  coadjuteur  le  2U  août  ISHO.  Il  se  présenta  au  chapitre  pour  faire  sa  première  résidence 
le  2  avril  suivant  et  fut  élu  évéque  le  5  mai  15S7. 


444  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 

*     * 


L'an  1533,  ont  esté  mesurées  par  l'art  de  géomélrye  les  villes  de  Gand, 
Louvain  et  Liège,  Paris  et  Coulongnc,  où  fut  trouvé  que  Louvain  est  plus 
grande  que  Gand  .3  verges  et  Gand  plus  que  Liège  et  Paris  a  verges  et  plus  que 
Collongne  15  verges.  [Manuscrits  70,  fol.  1 83  et  58,  p.  49.) 

Au  dit  an,  le  sel  at  esté  à  si   haut  prix  au  mois  de  novembre   que   la  5 
quarte,  qui  est  une  mesure  à  Liège,  se  vendoit  1:2  florins  liégeois.  {Manu- 
scrit 28.) 

L'an  155o,  fut  uug  chier  année,  car  le  stier  de  wassen  se  vendoit  12  florins 
liégeois  (')  et  durât  assez  long  temps.  (Note  marginale  de  manuscrit  2.) 

Eodem  anno  et  tempore,  fuit  inundatio  aquarum  per  singulos  menses  anni  10 
illius.  Ilem  ita  ingrossale  fuerunt  uli  oportebat  navi  a  ponte  insuie  eundo  ad 
forum.  (Ad.  de  B.  R.}  43791.) 

L'an  mesme,  al  esté  à  Paris  veu  elèrement,  au  mois  de  juillet,  en  une  nuée, 
un  taureau  de  couleur  grise  après  une  autre  nuée  où  y  avoit  une  forest  verde 
et  une  teste  d'éléphant,  et  après  elle  se  muât  en  une  teste  d'aigle.  Tout  ce  fut  veu  15 
en  diverses  lieux  alenthour.  L'an  mesme,  fut  veue  une  cornette  au  ciel  et 
fut  fort  grande  sécheresse.  (Manuscrits  28,  p.  594;  96,  fol.  297  V; 
97,  fol.  205.) 

L'an  1535,  le  vingeinquiesme  jour  du  mois  d'octobre,  le  grand  renommé 
prince  Charles  cinequième  de  ce  nom,  empereur  des  Romains,  après  tant  de  20 
travaux  et  de  promesse  tant  pour  la  deflence  de  la  foy  et  église  calholicque, 
aposlolicque  et  romaine,  augmentation  de  ces  royaumes  et  provinces  que  pour 
repos  de  ses  subjects,  sans  réciter  les  gestes,  batailles  et  conquestes  héroïques 
qui  sont  innumérables  et  sur  tous  ses  voyages  oultre  mer  et  aillieurs,  comme 
neuf  aux  Allcmagnes,  sicx  en  Espagne,  sept  en  Italie,  dix  en  Pays  Bas,quattre  io 
en  France,  deux  en  Engleterre,  deux  en  Affricque,  qui  font  ensemble  quarante 


(i)  Les  prix  pour  le  stier  de  seigle  notes  par  les  records  des  échevins  de  Liège  sont  :  4  mai  1ÎS55, 
38  aidants  et  29  novembre  Gb'  aidants  ou  3  florins  5  aidants.  Comme  il  fallait  alors  4  florins  liégeois 
pour  valoir  un  florin  du  Brabant,  le  prix  du  chroniqueur,  exprimé  en  monnaie  faible,  est  bien  le  même 
que  le  prix  marqué  par  les  records.  "" 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  445 

voyages,  et  entre  autres  a  navingés  la  mer  Méditerannée  huict  fois,  et  la  mer 
Océanne  trois  fois,  après  tout  cela,  a  renoncé  le  monde  et  toulles  ses  royaumes 
et  provinces,  les  at  résigné  à  son  fils  Phelippe,  roy  d'Espagne,  et  la  couronne 
impérialle  at  succédé  à  son  frère  Ferdinand  premier  de  ce  nom,  roy  de  Hongrie 
5  et  de  Bohème,  que  par  l'éleclions  des  princes  électeurs  du  Saint  Empire  romain 
fut  esleus  empereur  des  Romains,  et  l'empereur  Charles  cinquiesme  se  retirât 
en  Espagne  où  il  y  mourut  incontinent  après.  (Manuscrit  45,  fol.  289.) 

1556. 

L'an  1 556,  le  jour  de  saincl  Gille,  fut  receupl  en  chappiltre  de  Saint-Lambert 

io  à  prévost  de  Liège,  par  la  résignation  de  son  frère  Adulphe.  conte  de  Schauburch, 

noble  personne  Anthoine  de  Schauburch,  frère  à  l'archevesqup  de  Coulongnc  ((). 

Et  environ  deux  moys  après, ledit  archevesque  trespassat,pa!  quoy  ledit  prévost, 

son  frère,  fut  esleux  archevesque  de  Coulongnc;  parquoy  ilz  ne  résida  point  en 

Liège.  L'an  mesme  fut  ung  chierre  année  et  grand  faulte  de  pluye,  parquoy 

15  le  grains  au  champs  ne  revint  point  à  demi;  et  ne  fut  point  de  feurre  et 

commencha  adoneques  le  grains  à  estre  chier;  et  dura  jusques  à  l'aoust  l'an 

1557.  Parquoy  i  eut  grand  famine  et  pauvreté  en  la  commun  peuple;  car  on 

vendoit  le  stier  de  wassen  H  et  12  florins,  le  muydz  d'espeaulte  56  florins,  et 

le  S'  jour  d'aoust  vindrent  tant  de  grains  de  pays  d'OsIant  [et  du  coslé  de 

20  Flandre]  que  on  donnoit  le  stier  de  wassen  pour  3  florins  et  demi;  et  le  grand 

pain  vendoit  on  26  aidans,  et  le  pain  de  fournaige  16  ou  17  aidans,  qui  dura 

presque  un  an  (2). 


(')  Adolphe  de  Schauwenburg,  reçu  chanoine  noble  le  2  septembre  4528,  grand  prévôt  en  1553, 
remplaça  Herman  de  Wicdc  comme  archevêque   de  Cologne  le  24  janvier  1547.  Son  frère  Antoine 
15  fut  reçu  comme  chanoine  noble  le  20  janvier  1542,  devint  prévôt  de  Saint-Lambert  le  ^'septem- 
bre 1556  en  remplacement  de  son  frère,  auquel  il  succéda  également  comme  archevêque  de  Cologne. 
Cf.  de  Tbeux,  t.  111,  pp.  74  et  96. 

(S)  Les  records  des  Ëchevins  corroborent  celte  cherté  :   le  stier  de  froment  coûtait  85  aidants  le 
12  septembre  1556  et  ce  prix  montait,  le  29  novembre,  à  99  aidants  pour  le  froment  et  96  pour  le 
30  seigle.  A  la  fin  de  l'année  1557,  les  prix  étaient  respectivement  réduits  à  55  et  42  aidants. 


44(5  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 
*     # 


L'an  1556,  plussieurs  maisons  bruslées  en  la  ville  de  Saint-Trond.  La  mcsrae, 
grande  Moensc  à  Liège,  oultre  son  course  naturel  tellement  qu'on  passoit  à  la 
Saveniére  par  batteaux.  En  mesme  temps,  on  vendoit  ung  pannicr  de  bouilles 
20  florins  liégeois.  {Manuscrit  102,  fol.  145  v°.) 

L'an  mil  V'LYI,  l'on  trailoit  grandement  la  paix  ou  avoir  quelque  trues,  dont  s 
elles  furent  accordées  pour  le  terme  de  cinq  ans  et  publiées  au  mois  de  mars. 
S'at  esté  envoyé  par  le  pappe  ung  pardon  jubilé,  lequel  at  esté  bien  bonneste- 
ment  observé  au  pays  de  Liège,  en  grande  dévotion,  le  jour  de  la  Pentbecoste 
et  aullres  jours,  faisans  oraison  pour  la  paix  ('). 

L'année  at  esté  fort  ebaude,  la  moisson  avanebée  et  bons  vins.  Et  mouroit  on  to 
de  la  pestilence  en  la  Cité;  ens  aucuns  lieux  les  bleis,  fromens  et  wassens 
estoient  fort  remontés  et  à  grands  prix.  (Manuscrits  96  et  97,  fol.  295  v°; 
26"%  fol.  560.) 

1557. 

L'an  1557,  furent  les  trièves  rompues  entre  le  roy  Pbillippe  d'Espaingne  et  15 
d'Englettcrrc  et  le  roy  de  France.  L'an  mesme  XVt;LVII,  envyron  le  moys  de 
may,  trespassat  damoiseaulx  Guillame  de  la  Marebe,  cousin  à  Erard  le  Car- 
dinal, qui  en  son  vivant  avoil  estez  coadjuteur  de  Liège  et  morut  en  France,  le 
13e  jour  de  may  (2).  L'an  mesme,  trespassa  pareillement  son  frère  damoiseaux 
Joban  de  Serrezl  et  Limaye  (3).  L'an  mesme,  le  xx?ue  jour  d'avril,  par  nuit,  20 
tombit  le  tonnoire  sur  la  tbour  del  Vaulx  Saint-Lambert,  cl  fut  la  tbour  et 
toulte  l'engliese  qui  nouvellement  avoit  estez  rediffié  bruslée.  L'an  mesme,  le 


(*)  Voir  note  2  de  la  page  413. 

(*j  Sur  Guillaume  de  la  Marck,  chanoine  de  Saint-Lnmbert  et  archiduc  de  Brabant,  voir  page  395, 
note  4.  Il  mourut  le  13  mai  1557,  d'après  le  manuscrit  van  den  Berg.  25 

(3)  Jean  II  de  la  Marck,  seigneur  de  I.ummen  et  de  Scraing-lc- Château,  avoué  de  Franchimont, 
mourut  le  15  décembre  1552  et  non  en  1557.  La  date  précise  de  ce  décès  est  donnée  par  une  inscrip- 
tion gravée  sur  une  plaque  de  plomb  attachée  au  cercueil.  Cf.  De  Chestrst,  op.  cit.,  p.  213  et 
B.l.  A  L.,  t.  XI,  p.  462. 


RÈGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  447 

quatriesme  jour  de  moys  de  may,  envyron  quatre  heures  après  midy,  le  Révé- 
rendissime  et  Illustrissime  prince  et  seigneur  George  d'Austrice,  fllz  naturel  de 
Maximilian  premier  de  ce  nom,  empereur  de  Rome,  évesque  de  Liège,  qui  en 
son  jeune  eage  avoit  estez  évesque  de  Brixe,  et  depuis  archevcsque  de  Valence, 

s  est  terminée  de  vie  par  mort.  Et  fut  son  corps  embasméz  et  ouvert  et  après 
enterrez  et  ensepvely  en  l'engliese  calhédralle  de  Sainct- Lambert  à  droict  costéz 
de  grand  grand  aulleit,  entre  deux  piliers  vers  le  palais", le  19  de  may,  l'an  susdit. 
La  date  de  sa  mort  se  contient  en  ces  deux  vers,  composez  par  maistrc  Robert 
Chesneau,  maislre  des  pages  duilit  seigneur  et  après  channoine  de  l'engliese 

io  collégialle  (*)  Sainct-Jean-Évangélist  en  Liège  et  de  Saint  Géry  à  Cambray  : 

Mail  qUarla  aderat  LUX  soLe  Cadente  sUb  Undas 
oCCIdlt  at  deUs  hUIC  det  frUI  reqUIe. 

* 
*     * 

Ce  mesme  an,  furent  les  François  desconfits  devant  Saint-Quentin  où  fut  le 
connestable  de  France  prisonnier  avec   plusieurs  aultres  grands  seigneurs. 

15  (Manuscrit  54.) 

L'an  1557,  le  24  du  mois  de  may,  à  4  heures  après  midy,  mourut  l'illustris- 
sime George  d'Autriche.  Son  corps  fut  ensevelis  à  Saint-Lambert,  au  droit  coslé 
du  grand  autel,  entre  deux  pilliers.  Il  avoit  été  allité  de  plusieurs  mois,  plein 
d'une  froide  pituite  qui  le  suffoquoit.  îl  fut  exposé  par  5  jours  en  la  sale  de  son 

-20  palais  où  tout  le  monde  l'alloit  voir  et  prier  Dieu  pour  son  âme,  après  avoir 
régné  12  ans,  10  mois.  D'autres  ont  écrit  qu'il  mourut  le  4  may  et  que  le  5,  le 
seigneur  Robert  de  Berghes,  comme  coadjuteur,fut  receu  à  évesque.  Le  24  dudit 
mois,  firent  chanter  les  vigilles  et,  le  lendemain,  ses  funérailles.  Il  fut  fort 


°  au  costé  gauche  du  grand  autel,  entre   les  pilliers,  où  qu'il  y  at  eu  pour  aucun  temps  un 
2b  tapis  de  vellour  sur  son  tombeau  :  manuscrit  48,  fol.  597. 

(')  Robert  Chesnea,  dit  Quercentius,  de  Cambrai,  calligraphe  et  poète  latin,  cf.  Laiiavb,  Cartulaire 
de  Saint-Jean  Evangcliite,  t.  I,  p.  lxii  ;  Biographie  nationale,  t.  XVIII,  col.  153;  J.  Brassinne,  L'êvan- 
géliaire  de  Robert  Quercentius  dans  B.  S.  A.  //.,  t.  XVI,  pp.  535-549. 


448  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

regrette  du  peuple,  ayant  maintenu  son  éveschéz  au  milieu  des  flots  des  tem- 
pêtes et  des  guerres  assez  en  paix  et  repos.  {Manuscrit  38,  p.  -50,  un  peu 
plus  complet  que  Mélart,  p.  567 ■) 

L'an  mil  V'LVII,  estant  les  grains  fort  renchéris,  donnant  occasion  à  plus- 
sieurs  pauvres  et  honnestes  gens  par  nécessité  estoient  et  furent  constrains  de  5 
demander  pains,  car  il  fut  tel  temps  que  l'on  vendoit  le  slier  de  froment 
douze  florins  liégeois,  le  slier  de  wasen  onze  florins,  aultres  à  l'advenanl,  con- 
tinuant ce  chicr  temps  jusques  au  mois  d'aousl.  Car  sur  le  dernière  estoit  à  plus 
hault  pris  et  c'estoit  ainsy  ens  aultres  pays  comme  au  pays  de  Braibant, 
Flandres,  Hollandes,  Zélande,  qui  causèrent  maintes  misères  et  destructions  des  10 
biens  meubles  et  imeubles.  Mais  quand  ce  vient  au  mois  d'aougst,  au  xe  jour  ou 
environ,  le  sticr  qui  avoit  esté  vendu  à  xi  florins  on  le  pouvoit  recouvrer  pour 
deux  florins  et  demv  et  ainsi  d'autres  ".  Ce  fut  après  Pasques  que  les  grains 
estoient  au  plus  liault  pris.  (Manuscrits  96;  97,  fol.  203  V;  28,  fol.39S 
(à  la  date  de  JSS6);  26bh,  fol,  360.  15 

C'estoit  un  personnage  fort  docte  et  schavant  de  plusieurs  diverses  langages, 
amateur  des  bonnes  lettres  et  de  la  musicque  et  jardinages,  grand  observateur 
et  patron  de  la  justice.  (Manuscrit  74,  fol.  / '84.) 

Le  manuscrit  52,  fol.  537,  après  d'abondants  détails  sur  la  bataille  de  Saint- 
Quentin  et  la  liste  des  seigneurs  qui  avaient  assisté  à  ce  combat,  donne  la  20 
chanson  suivante  : 

Ce  pour  un  dimenche  aux  vespres, 

que  les  François  se  sont  partis, 

il  sont  parti  le  dimenche  aux  vespres 

le  lundi  sont  arrivé,  5S 

ils  ont  trouvé  grand  nombre  de  gens, 

car  le  campe  on  avoit  mis 

il  y  avoit  5000,  très  tous  bourguignions  hardis, 

et  au  son  de  trompette,  l'empereur  fit  crier  un  cri 

que  sur  la  peine  de  la  hart  l'on  ne  prinse  personne  à  mercy.  so 

<•  mais  quand  ce  vint  au  mois  d'aoust,  il  vint  tant  de  grains  d'Ostande  qu'on  donnast  le  stier  de 
wassen...  :  manuscrit  28,  fol.  S95. 


REGNE  DE  GEORGES  D'AUTRICHE.  449 

Le  Roy  de  France  n'estoit  guaire  loing; 
la  parolle,  il  entendit 
et  at  crié  à  ses  soldats  : 
enfants,  tenons  bon  icy  ! 
s  Si  nous  perdons  ceste  journée, 

nous  sommes  tous  desconûts. 
Saint-Quentin,  la  noble  ville, 
nous  te  debvons  bien  baye 
d'avoir  perdu  telle  journée  ; 
io  en  le  pensant  secourir, 

j'ai  perdu  le  noble  sang  de  France 
et  la  noble  fleur  de  Lys. 

A  icelle  journée  Nicolas  Garnier,  alias  Colin,  gran  sire  de  Grégoire  Colin, 
lequel  avoil  escript  l'originel  du  présent  chronick  l'an  1633.  Ledit  Nicolas 

is  y  mourut  estant  au  service  de  l'empereur.  (Manuscrit  52,  fol.  357.) 

L'an  1dj7,  Philippe  premier  de  ce  nom.  roy  d'Espagne,  fils  de  Charles  cin- 
quième de  ce  nom,  empereur  des  Romains,  avec  sa  noblesse  de  Pays  Bas 
passèrent  au  traverse  du  pays  de  Liège  avec  son  armée  royalle  et  allât  assiéger 
la  ville  Saint-Quintin  en  France,  laquelle  fut  prinse,  pillée  et  saccagée,  mais 

20  pendant  ledit  siège,  le  roy  de  France  envoyât  son  armée  pour  la  deffendre 
et  secourir,  mais  au  contraire  laditte  armée  fut  presque  vaincue  et  loutte 
la  noblesse  de  France  furent  prisonniers.  Après  laditte  victoire,  le  roy  Philippe 
repassât  encor  avec  son  armée  royalle  parmy  le  pays  de  Liège,  menant  avec  eux 
grand  nombre  de  princes  et  signeurs  en  Brabant  prisonniers. 

25  L'an  1357,  ayant  esté  long  temps  malade  et  sa  voyant  décliner  (n'ayant  permy 
pendant  le  gouvernement  de  son  éveschié  aucune  perverse  doctrine),  administré 
de  tous  les  Saincls  Sacraments,  il  rendit  son  âme  entre  les  mains  de  son  Créateur 
et  fut  ensepvelly  au  chœur  de  l'église  calhédralle  de  Saint- Lambert  en  Liège, 
au  costé  gauche  du  grand  autel,  entre  les  pillîers,  où  il  y  at  eu  pour  aucun 

30  temps  du  tapis  de  vellours  sur  son  tombeau.  (Manuscrit  45,  fol.  289  v°.) 


Tome  II.  57 


Chronique  de  Pierre  de  Hesdignoul, 
chanoine  de  Sclayn. 

Les  manuscrits  2Ghis,  27,  28,  29,  31,  33  et  59  renferment,  sur  le  règne  de 
Georges  d'Autriche,  un  intéressant  fragment  de  chronique.  L'auteur  y  raconte 
surtout  des  faits  de  l'histoire  étrangère,  concernant  particulièrement  les  guerres  5 
de  Charles  Quint.  11  rapporte  ces  faits  d'après  ce  qu'il  en  entendait  raconter 
dans  nos  légions.  Quelques  détails  intéressent  l'histoire  du  pays  de  Liège.  INou9 
ajoutons  à  cette  relation  le  récit  des  dernières  campagnes  de  roi  de  France 
Henri  II  contre  Charles- Quint  et  Philippe  II.  d'après  les  manuscrits  28,  96 
et  97.  Il  n'est  probablement  pas  sorti  de  la  plume  du  chanoine  namurois,  mais  to 
constitue  le  complément  de  la  chronique  de  ce  dernier,  puisqu'il  s'occupe  aussi, 
presqu'exelusivement  et  avec  abondance  de  détails,  des  événements  extérieurs. 

L'auteur  de  cette  chronique  est  contemporain  des  événements  qu'il  raconte; 
il  parait  même  parfois  les  écrire  au  jour  le  jour.  On  voit  qu'il  habite  le  pays  de 
Mamur  :  il  rapporte  surtout  les  nouvelles  qui  parviennent  en  celte  ville.  is 
Il  nous  donne  son  nom  :  Pierre  de  Hesdignoul,  chanoine  de  Sclayn.  Ce  person- 
nage n'est  pas  inconnu.  Il  est  cité,  le  28  juin  1527  et  le  15  janvier  1545,  dans 
des  actes  du  chapitre  de  Sclayn,  publiés  par  V.  Barbier  (').  On  le  trouve 
comme  écolâtre,  le  23  juin  1519.  dans  un  contrat  non  publié,  conservé  aux 
archives  de  l'Etat  à  Namur.  Le  même  dépôt  possède  deux  registres  écrits  par  jo 
Pierre  de  Hesdignoul  :  «  Actes  capitulaires  de  1544  à  1550  ».  et  «  Liber  bene- 
ficiorum  ».  Une  note  du  XVIII*  siècle,  à  la  première  page  de  ce  dernier  registre, 
porte  que  Pierre  de  Hesdignoul  fut  fait  chanoine  de  Sclayn  en  1526  et  qu'il 
mourut  en  1552.  Il  n'est  plus  cité  parmi  les  chanoines  qui  rédigent  un  recès 
capitulaire  du  15  février  1558  (2).  25 

(l)  V.  Barbier,  IJittoin  du  chapitre  de  Sclayn,  pp.  330,  543. 
(*)   IbiU.,  p.  347. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESD1GNOUL.  451 

L'empereur  Charle  cinquième  et  moderne  se  départit  de  ce  pays  de  par  dechà, 
après  y  avoir  mis  bon  ordre,  bon  capitaine  desdits  pays,  et  en  ce  temps,  environ 
le  Noël,  s'en  allât  passer  la  mer  en  Espangne  et  préparât  son  armée  et  artillerie 
et  se  départit  et  s'en  alla  mettre  le  siège  devant  Argeil  (*)  en  Barbarie.  Pour 
s  l'indisposition  de  temps  à  ce  mal  propice,  il  perdit  beaucoup  de  ses  naviercs, 
gens,  chevals,  argent,  artillerie  et  revient  à  grand  mescbieff  et  disoit-on  qu'il 
estoit  noyé,  ce  que  bien  croioit  le  roy  de  France.  Et  fit  fortifier  Aslinay  (2)  et 
y  mit  grosse  garnison  et  quand  luy  sembloit  temps  propice,  boutlat  sus  une 
grosse  et  puissante  armée  dont  estoit  chclï  le  duc  d'Orléans  (3)  et  son  jeune  fils 

10  et  envahit  Dampviller,  iMortmendier,  Chaultvessy  (4)  et  plusieures  autres 
places  de  la  duché  de  Luxembourg  et,  de  ce  point  content,  vindrent  mettre  le 
siège  devant  Yvois  et  le  siège  tenu  pendant  xv  jours  ou  environ,  se  rendirent 
sauve  corps  et  biens,  ainsi  demora  Ivos  à  roy  françois,  que  fit  bien  fortifier, 
ainsy  Montmendier.    Si   tirèrent   oultre  les   François  et  gaingnant  le  pays, 

ib  allèrent  à  Luxembourgh  et,  la  garnison  du  lieu  abandonnant  la  place, si  entrèrent 
dedans  les  François  et  y  menèrent  leurs  biens  et  artillerie,  faisant  semblant  d'y 
tousjours  dcmorer,  puis  courut  un  bruict  que  l'empereur  estoit  revenu  par 
dechà  et  qu'il  venoit  à  grande  puissance  contre  Yvois  a.  De  ce  furent  les  Fran- 
çois  sy  fort  espouvantéz,  quil  s'enfuierent  par  si  très  hastive  fuilte  qu'ils 

20  laissirent  à  Luxembourg  deux  pièces  de  cannon  belles  et  excellentes,  et  richesses 
à  grande  planté.  Et  quant  ce  bruit  fut  passé  et  quils  virent  qu'il  n'estoit 
nouvelle  de  l'empereur,  ils  reprindrent  nouvelle  audace  et  rallèrent  mettre  le 
siège  devant  Luxemborgh  et,  après  aucuns  jours,  cieux  de  la  garnison  se  ren- 
dirent par  composition,  si  se  fist  adoneque  le  duc  d'Orléans  b  publier  et  <m  ce 

25  tiltre  duc  de  Luxembourgh. 

En  ce  temp9  là,  sire  George  d'Austriche,  coadjuteur  de  l'évesque  de  Liège, 

"  et  ceulx  qui  estoyent  dedens  :  manuscrits  27  et  26bi'.  —  b  déclaré  et  publié  en  ses  cris  et 
tiltres  :  manuscrit  27. 

(*)  Alger. 
30       {*)  Stenay. 

(3)  Charles,  fils  cadet  de  François  I". 
(*)  Danivillers,  Montmédy. 


i-U  CHROiNIQUES  LIÉGEOISES. 

espérant  de  venire  d'Espangne  par  dechà,  si  vient  à  Lion  pour  passer  par  France 
pour  visiter  le  roy  et  la  royne,  sa  cousinne  a,  mais  il  fut  détenu  prisonnier 
l'espace  de  xv  mois  au  plus  et  grande  quantité  de  chevaux,  bahus  et  mullels 
avec  grosse  somme  de  deniers  qui  fut  tout  occupé  par  les  François,  et  après 
l'avoir  mis  à  grand  ranson,  s'en  retournât  à  Bruxelles  \  3 

Le  roy  Franchois,  point  content  de  occuper  la  ducheit  de  Luxcmborch  qu'il 
avoit  usurpé  facilement  à  petits  despens,  car  il  n'y  trouva  quasi  point  de 
résistence,  et  envoya,  ieelluy  roy,  ung  hérault  d'armes  à  Liège  très  éloquent  et 
et  bien  languageit,  et  fit  si  bien  son  messaige  que  certains  dépuleis  de  Liège, 
tant  de  l'église,  de  la  noblesse  et  des  bourgeois,  allèrent  en  France  ('),  où  10 
on  leur  fit  grand  recueil  %  comme  Franchois  ont  accoustumé  de  faire  d. 

Environ  ce  temps,  Monsieur  de  Longheval  (2j,  ambassadeur  du  roy  de 
France,  s'en  alla  en  Gueldre  et  louai e  une  grosse  quantité  de  cheval  et  des 
piétons  et  vindrent  par  environ  Anvers,  la  cisydant  surprendre,  mais  le  noble 
prince  d'Orengc  (3)  se  gouverna  sy  honneslemenl  '  qu'il  ne  parviendrent  point  i» 
à  leur  intention.  Néantmoins  vindrent  au  pays  de  Bradant  assé  près  de  9  Lire 
et  allèrent  par  bon  loisir  partout  le  plat  pays,  pillant  et  robant  \  et  passèrent 
oultre  jusque  à  Coroy  le  Chasteau  '  (4).  où  ils  bruslèrenl  la  port  du  chesteau, 
et  là  occirenl  cent  et  ung  personnaige  de  froid  sang.  Le  curé  du  lieux,  qui  estoit 
illecquc  relraict  avec  les  bonnes  gens  pour  la  force  du  lieux,  le  prindrent  et  luy  *o 
rasèrent  la  teste-',  et  luy  couppèrenl  les  quallre  doits  sacrés,  et  puys  luy  coup- 
pèrent  la  teste;  sy  passèrent  oultre  à  loisir  à  leur  aise  jusque  en  France. 

0  sa  mère  :  manuscrit  27.  —  sa  niepee  :  manuscrit  2$*>''.  —  b  car  alors  il  estoit  graod  commen- 
cement Je  guerre  entre  le  roy  ei  l'empereur  :  manuscrit  2tf<"".  —  c  où  on  leur;  lit  grands  recueil 
et  grandes  bombances  :  manuscrits  27  et  260i'.  —  a  et  il  demandoint  réparation  et  amende  de  la  25 
mort  messire  Guilleaume  de  la  Marche  qui  fut  décollez  à  Trecb  :  addition  du  manuscrit  26b''.  — 
«  levât  :  manuscrit  27  et  26bl'.  —  >  prudement  :  manuscrits  27  et  26b".  —  »  toutte  allentliour  de 
Lire  :  manuscrit  27.  —  '•  les  bonnes  gens  :  addition  du  manuscrit  27.  —  '  Croix  le  Chasteau  : 
manuscrit  27.  —  >  luy  rassèrent  la  peau  de  sa  couronne  :  manuscrit  26°>s. 

(l)  Il  s'agit   9ans  aucun   doute    des   menées   des  Lu    Marck.    Voir  à  ce  sujet  Lo.vcuay,  op.  cit  ,  30 
pp.  88107. 

(s)  Nicolas  de  Boussu,  sire  de  Longueval. 
(»;  Henri  de  Nassau,  voir  page  407. 
(*)  Voir  plus  haut,  page  408. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  453 

Le  duc  de  Julliers  (*),  qui  lenoit  la  duchict  de  Gueldre  par  extortion,  faisoit 
grosse  guerre  aux  Bourguignons,  et  y  eut  pour  une  nuiet  de  Pasque  bataille 
devant  Zister  (2),  et  furent  les  chevaulcheurs  Bourguignons  victorieux,  mais  les 
piétons  s'enfuirent,  sy  obtindrent  les  Gueldrois  les  cbanips  et  gagnèrent  tentes 

5  et  pavillons,  or  et  argent,  baghes,  ustensiles  et  des  prisonniers  sans  nombre.  Les 
Bourguignons  tenoyent  Hinsberch  (3),ct  tantost  fut  besoing  le  ravitailler,  sy  fut 
mis  susune  belle  et  puissante  armée, dont  le  noble  elvertucux  prince  d'Qrengc  en 
estoit  cbief,  et  y  eut  sy  bon  ordre  que  la  ville  fut  ravitaillée,  et  les  Bourguignons 
obtindrent  les  champs  et  furent  victorieux,  et  y  demoura  moult  des  Gueldrois. 

10  Le  roy  de  France,  croyant  fermement  la  mort  de  l'empereur  et  qu'il  avoit  la 
conquest  de  la  duebeit  de  Luxembogh,  luy  sembla  qu'il  auroit  les  Liégeois  à  sa 
corde,  avec  ce  a  grosse  intelligence  avec  le  duc  de  Julliers,  le  duc  de  Clèves,  le 
duc  de  Mous  (4).  Le  duc  de  Gueldre  luy  sembla  avoir  temps  propice  pour  mar- 
cher plus  avant  et  vint  avec  puissante  armée  planter  son  siège  devant  la  ville 

is  de  Mons  en  Hainault  et  tendit  son  pavillon  en  l'abbaye  de  Morvaull h  (5)  et 
print  une  petite  ville  en  Haynault  que  Hennuyers  avoyent  abandonné,  appelée 
Landresy,  située  en  très  fort  lieux  et  alenlhour  environnée  de  palus  et  mar- 
caiges.  Les  Franchois  se  boutèrent  dedens,  et  fit  le  roy  abattre  tant  de  boys  au 
boys  de  Morvault  ''  que  en  brief  temps  le  fortifièrent  tellement  que  c'esloil  une 

-20  place  imprenable,  et  là  se  tindrenl  longuement  les  Franchois  en  garnison, 
robant.  pillant  et  ransonnant,  bruslant  le  ferlil  et  bon  pays  de  Haynault c.  Et 
avoyent  Franchois  avec  eulx  Blanmorl  ',  qu'on  famoit  qu'il  enforehoyent 
femmes  et  violent  filles  %  et  à  une  mère  oslèreul  son  petit  enfant  et  tuèrent  le 

"  et  avoit  :  manuscrit  26bl'.    —   ''  des  Normans  :  manuscrits  27  et  S6bu  —  c  le  bon,  plaisant, 

2b  plantureux  et  fertil  pais  de  Hainnaut  :  manuscrit  26bi'.  —  <*  des  blans  morres  :  manuscrits  27 

et  i6bi'.  —  '  violloient  jeunes  filles,  forceoinls  femmes  et  à  une  mère  ils  ostèrent  son  enfant, 

l'occirent  et  l'ont  rosty  et  constrainct  la  mère  en  meneer  avec  eulx  après  l'avoir  coustraint  le  roslir  : 

manuscrit  2Sbu. 

(•)  Guillaume  de  Clèves,  duc  de  Gueldre  et  de  Juliers. 
30       (*)  Sitlard.  Cf.  Pirbnne,  Histoire  de  Belgique,  t.  III,  p.  130. 

(5)  Heinsberg.  Sur  ce  combat,  voir  Henné,  op.  cit.,  t.  VI II,  p.  56. 

(*/  Guillaume,  comte  de  La  Marck  et  de  tlavensberg  était,  depuis  ib58,  à  la  fois  duc  de  Gueldre, 
de  Clèves,  de  Berg  et  de  Juliers. 
i.9)  Lisez  en  la  forêt  de  Normal. 


454  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

dit  enfant  et  le  mirent  en  une  broche  pour  le  faire  roslir  et  constraindirent 
la  mère  roslir  son  propre  enfant,  et  aullres  énormes  et  exécrables  cas  com- 
mirent iceulx  Rlanmort  ",  qui  ne  sont  réeitables. 

Ung  jour,  print  vouloir  au  daulphin  d'aller  veoir  Malbeuge,  mais  la  garnison 
ne  les  osast  attendre,  sy  entrèrent  Franebois  en  Malbeuge  et  bruslèrent  une  3 
partie  de  la  ville  et  viendrenl  chevaulcher  oultrc  devant  liince  mais  le  capitaine 
du  lieu  et  ses  gens  b  eurent  telle  bardiesse  et  couraige  que,  en  tirant  de  leur 
artillerie,  occirent  siex  ou  sept  nobles  capitaines  des  Franebois.  dont  le  dit 
daulpbin  avec  son  armée  confusiblement  se  départit. 

Cependant  que  le  roy  se  tenoit  en  Haynault.  fut  bruict  que  l'empereur  estoit  M 
arrivé  par  deçà  la  mer  et  estoit  venu  jusque  à  Rome,  et  on  famoit  qu'il  y  avoit 
intelligence  entre  le  pape  et  le  roy,  et  que  le  pape  estargoit  la  revenue  de 
l'empereur  en  ses  pays  de  par  deçà  le  plus  qu'il  pouvoit,  tant  que  l'empereur  fut 
adverly  de  l'entreprinsc  du  roy  cl  de  la  rébellion  du  duc  de  Jullicrs,  de  Clèves, 
de  Gueldre,  de  Mons,  favorisans  les  Fran chois,  craidant  les  Liégeois,  voyant  la  ,s 
malice  qui  couroit  contre  luy  et  ses  pays,  il  print  congé  cl  se  bastat  le  plus  tost 
qu'il  luy  fut  possible  de  revenir  en  ses  pays  consoler  ses  subjects,  et  revint  par 
les  Allemaignes.  Et  vindrent  mettre  l'empereur  et  le  prince  d'Orenge  le  siège 
devant  Duren  r  ('),  et  fut  assaillie  de  tel  force  que  les  Espaignols  entront  eus 
par  force  et  mirent  tous  à  l'espéc  ceulx  qu'ils  rencontrèrent  de  gens  de  guerre.  20 
Et  de  là  s'en  alla  mettre  le  siège  devant  Ruremondc  (J),  et  briefï  jours  après  fut 
la  duebeil  de  Gueldre  réduict  à  son  droiturière  seigneur  l'empereur.  Et  le  roy 
de  France  vint  à  grande  puissance  à  Luxemborgh.  espérant  venir  à  temps  pour 
donner  secours  au  duc  de  Julliers,  du  temps  du  siège  de  Ruremonde.  Aussi 
eussent  il   faict  sans  fault,  car  s'il   fust  venu  devant  la  réduction  du  pays  2b 
de  Gueldre  et  l'obédience  et  pacification  du  duc  de  Julliers,  ainsi  qu'il  avoit 
promis  au  duc  de  venir  quinze  jours  plus  tost  qu'il  ne  vint,  il  cust  trouvé  le 

«  Mans  morres  :  manuscrit  27  et  26b".  —  b  et  les  gentil  reitres  de  guerre  :  manuscrit  26^. 
—  «  et  cela  en  l'an  44,  comme  serat  dit  par  après  :  addition  du  manuscrit  26bi',  fol.  342  V,  qui 
corrige  en  note  marginale  :  ce  fut  en  l'an  1543,  comme  serat  dit  cy  après. 

(«)  Cf.  IIkunb,  op.  cit.,  t.  VIII,  p.  121. 
(«)   Hknne,  op.  cit.,  t.  VIII,  p.  124. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  455 

pays  et  les  prince  embrouillé,  et  avec  ce  il  eust  donné  cueur  aux  Gueldrois, 
Clèvois  et  aullres  de  eulx  se  tenir  rebeller  et  résister  contre  l'empereur.  Dont 
le  roy  de  France  estant  à  Luxembourgh,  oyant  ses  nouvelles,  en  fut  fort  dolent 
el  à  grand  peine  pouvoit  croire  que  ung  tel  et  sy  fort  pays  et  sy  riche,  comme 
8  le  pays  de  Gueldre,  fust  en  sy  brief  temps  réduict  en  l'obéissance  de  l'empereur. 
Quand  il  fut  bien  acerliné  du  cas,  il  fut  fort  esbahy,  car  c'estoil  le  principal 
poinet  quy  luy  donnoit  à  entreprendre  sur  le  pays  de  l'empereur,  le  cuydant 
mettre  en  son  obéissance  pour  boire  "  le  broibet  qu'avoit  brassé  Monsieur  de 
Loncheval  peu  de  temps  devant  cest  entreprinse  (1). 

10  La  ducheit  de  Gueldre  réduict  à  l'obéissance  de  l'empereur,  le  duc  de 
Jullicrs,  Clèves  et  IMons  venu  à  mercy,  ayant  la  paix  à  son  prince  naturelle,  fut 
conclud  mettre  le  siège  devant  Landresy  h  (*),  et  fut  l'armée  sy  grande  que  on 
l'estimoit  à  quatlre  vingt  mil  hommes,  mais  pour  la  fortification  du  lieu,  aussy 
pour  l'hiver  quy  approchoit,  on  leva  le  siège  '.  Et  touteffois  on  famoit  que 

15  le  roy  el  son  armée  csloyent  au  cbesleau  de  Cambrésis  (3)  et  là  enlhour  et 
avoyent  accordé  journée  de  bataille  contre  l'empereur  et  ses  allyés,  mais  quand 
le  jour  approchât,  le  roy,  adverly  par  aulcuns  trahistre  (4)  quy  hantoyent  la 
court  et  conseil  de  l'empereur  et  ses  gens  ensemble  de  la  préparation  quy  se 
faisoit  pour  estre  à  icelle  journée  de  bataille  rf,  les  Franchois  bien  adverty  se 

20  partirent  à  l'heure  de  minuict  sans  bruict  ni  tambourins  et  plus  paisiblement 


"  voire  des  brouvet  :  manuscrit  27.  —  boire  le  brouet  :  manuscrit  26bu.  —  b  ville  de  la  frontière 
de  France  que  les  François  avoint  prins,  pillez  et  fortifiiez  :  manuscrit  16b".  —  '  l'empereur  la  fist 
fort  battre  à  coups  de  cannons  et  le  roy  de  France  faisoit  grande  armée  pour  lavitailler  et  secourir, 
tellement  que  les  armées  estants  proche  l'une  de  l'autre  se  donnèrent  des  grandes  escarmouches. 
23  Et  en  ces  entrefaites,  fut  par  le  roy  de  France  Landrecy  ravitaillée  de  gens  et  de  vivre,  nonobstant 
l'empeschement  que  l'empereur  y  mettoit  contre  sans  périls,  estant  la  ville  de  Landrecy  avitaillée  par 
le  roy  de  France,  il  trouva  bon  par  conseil  de  soy  retirrer  secrètement  sans  l'annoneer  à  l'empereur, 
ce  qu'il  fit  :  mamtscrit  26bi\  fol.  343  v°.  —  d  advertirent  le  roy  de  la  constance  et  force  de  l'empereur 
et  de  ses  gens,  ensembles  les  préparations  qui  se  faisoints  pour  estre  à  icelle  bataille. 

50       («)  Henné,  t.  VIII,  p.  127. 

(»)  Henné,  t.  VIII,  p.  142. 

(»)  Câteau-Cambresis.  Cf.  Henné,  op.  eit.,  t.  VIII,  p.  145. 

(')  Le  capitaine  Nicolas  le  Borgne  :  cf.  Henné,  op.  cit.,  t.  VIII,  p.  170, 


456  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

peurenl.  et  s'enfuirent  vers  Saint-Quentin.  Et  quand  ce  fut  lendemain  quy 
esloit  la  journée  par  eulx  ordonné  pour  batailler,  on  ne  trouva  Franchois  quy 
fust  demouré,  ains  avoycnt  gaigné  tout  la  fuilte.  Quand  se  vit  l'empereur  n, 
levai  son  siège  et  renvoyât  force  gens  d'armes  pour  assaillir  Luxemborgh,  et  y 
fut  icelluv  siège  tant  et  si  longuement  que  les  Franchois  se  remirent  ens  mains  s 
de  l'empereur. 

A  temps  propice,  fut  ordonné  la  guerre  par  l'empereur  Charte  au  roy  Fran- 
chois, son  beau-frère  et  mortelle  ennemi,  et  fuient  les  Allemangne  assistant 
l'empereur,  leur  prince,  et  l'armée  conduicle  par  le  pays  de  Lorraine,  et 
furent  gaignées  places  et  forteresses  ci-devant  gaignées  ''  par  les  Franchois  sur  io 
le  duc  de  Bar,  et  y  furent  prins  deux  contes  r  franchois,  quy  furent  menez  à 
Namur,  puis  à  Bruxelles.  Et  mit  l'empereur  son  camp  devant  Lingny  en 
Barrois,  laquel  soy  rendit. 

Après  l'empereur  alla  mettre  le  siège  devant  Saint-Désir  et  y  estoit  l'em- 
pereur Charle  en  propre  personne  avec  plussieurs  nobles  princes  et  grans  15 
seigneurs,  entre  lesquels,  à  une  assault  d'ung  coup  d'artillerie  fut  attaint  le 
preux  et  vaillant  prince  d'Orenge,  dont  au  tiers  jour  mourut.  Que  Dieu  absoult 
son  âme,  car  s'il  eust  vescu  son  cage  et  continué  ses  nobles  entreprises,  il  eusl 
faict  grand  proffit  au  pays  et  à  son  prince.  Le  siège  tenu  par  bonne  espace,  la 
ville  se  rendit  par  composition  et  fut  mis  ens  mains  de  l'empereur  et  ses  gens  20 
d'armes  (i). 

[Et  avant  sa  mort,  il  ordonna  son  cousin  Guilleaume  héritier  de  ses  biens 
et  seigneuries,  et  devant  Sainl-Desier  il  y  eut  un  assault  donné,  dont  il  y  avoit 
dedans  un  vaillant  capitaine  et  hardy,  le  conte  de  Sanserrc,  lequel  repoulsa 
virillemenl  les  gens  de  l'empereur.  Et  ne  pouvant  plus  tennir  pour  ce  qu'il  «5 
estoit  venus  nouvelles  forces  à  l'empereur  et  qu'il  n'avoit  plus  de  vivres,  il  en 
adverlil  le  roy  et  soy  rendit  par  composition,  la  lance  sur  la  cuisse,  ayant 

"  ce  que  voianl  l'empereur  et  que  le  roy  estoit  relirré  et  qu'en  la  ville  il  y  avoit  bon  gouverneur  et 
bien  avitaillée  des  vivres  et  gens  et  le  temps  mauvais  et  pluvieux  envers  le  mois  de  novembre...  : 
manuscrit  W',  fol.  SU.  —  b  usurpez  :  manuscrit  26bls.  —  c  cent  françois  :  manuscrit  29,  fol.  2S6. 


7,0 


(')  Sur  la  prise  de  Saint-Dizier,  voir  plus  haut,  page  ilK. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  457 

tenus  longtemps]  ".  Puis  après  marchèrent  avant  en  France  et  prindrent 
Vitry  et  furent  assé  près  de  Chalon,  prindrent  et  pillèrent  Soisson  et  bruslèrent 
maints  villages  au  loing  de  la  rivière  de  Marne. 

[Et  de  l'autre  coslé,  l'armée  du  roy  estoit  le  costoiant  et  n'y  avoit  que  les  préz 
s  entredeux  et  la  rivière  de  Marne  estoit  comme  une  lice  entre  ces  deux  armées 
et  chacun  jour  les  gendarmes  se  voyoints  de  sy  près  que  les  Impériaulx,  par 
dérision,  disoints  aux  François  qu'ils  allassent  à  Perpignan  et  les  François 
disoinls  qu'ils  allassent  à  Carignan,  les  Impériaulx  estants  à  demy  lieue  près  de 
Epernay  et  les  François  n'ayant  puissance  de  résister  pour  ce  que  leur  armée 

10  marchoit  en  ordre  derrière  l'armée  de  l'empereur.  Et  bruslèrent  les  François 
mesme  Espernay,  qui  estoit  l'une  des  riches  et  gentilles  petites  villes  du  pais,  et 
fut  grand  pitié  pour  les  pauvres  gens  qui  n'eurrent  moien  de  sauver  leurs  biens 
que  en  2  ou  5  jours,  et  cela  fut  affln  que  l'armée  de  l'empereur  n'eust  là  point 
de  vivres,  et  pensoient  les  François  garder  Chasteau-Thieri,  mais  ils  furrent 

15  prévenus  par  l'avanlgarde  de  l'empereur,  laquel  fut  pillée  des  riches  trésors  tant 
des  citoiens  que  autres  leurs  \oisins  lesquels  il  y  avoints  sauvez  (*). 

Or  iceulx  deux  princes  sy  proche  l'un  de  l'autre  pour  chocquer,  ils  furrent 
inspiré  à  paix  au  moien  d'un  simple  religieux  de  l'ordre  des  frères  prescheurs, 
divinement  inspirez,  lequel  se  transporta  vers  le  confesseur  de  l'empereur  qui  ne 

20  voullut  onc  avoir  bénéfice  pour  ce  faire  et  la  paix  traiter.  Ce  religieux  fut  ouy  par 
l'empereur  et  tant  alla  vers  l'empereur  et  le  roy  de  France  que  ces  deux  princes 
furrents  d'accord  et  firrent  paix,  chosses  plus  divines  que  humaines.  On  voul- 
loil  dire  que  ce  avoit  esté  par  le  conseil  du  roy  de  Hongrie,  du  duc  d'Orléans  et 
de  l'évesque  de  Metz  (2)  et  plusieurs  autres.  Quoy  qu'il  en  soit,  l'empereur  et 

23  le  roy  condescendirent  à  une  paix]  a  (3),  à  condition  que  le  roy  raroit  Saint- 


<•  Les  passages  entre  crochets  sont  donnés  par  le  manuscrit  S6bi$,  fol.  345.  Le  second  est  ainsi 
condensé  par  les  manuscrits  27,  28,  29,  etc.  :  Ce  néantmoins,  au  moien  et  pourclias  du  duc  d'Orléans 
et  de  l'évesque  de  Metz  et  plussieurs  aultres  grans  princes,  l'empereur  et  le  roy  condescendirent. . . 

(i)  Cf.  Hennb,  op  cit.,  i.  VIII,  p.  190. 
30       (*)  Ferdinand  I,  frère  de  Charles-Quint;  Charles,  duc  d'Orléans, deuxième  fils  de  François  I;  Jean  IV 
de  Lorraine. 

(»)  Paix  deCrespy,du  18  septembre  1544. 

Tome  II.  58 


4M  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Désir,  Vitry  et  les  conquest  que  l'empereur  avoit  faict  sur  son  pays,  et  d'aultre 
eostéque  l'empereur  raroit  Yvoir,  Monmaidy.Dampvillers,  Vircton,  Chaulvessy 
et  tout  le  pays  de  Luxemborgh,  aussy  Landrcsy.  Etainsy  fut  la  paix  faicle;  [la 
manière  cl  les  conditions  ne  sont  point  encor  venues  à  notre  cognoissance]  a. 

Du  temps  que  l'empereur  estoit  devant  Saint-Désir  et  faisoit  ses  conquest  en  5 
France,  le  roy  Angloys  estoit  au  siège  devant  Bouloingne  sur  Mer  et  devant 
Moultrcu  (').  et  tant  fut  continué  le  dit  siège  que  Bouloingne  fut  rendue  aux 
Anglois,  et  bruslèrent  les  dits  Anglois  quattre  ou  cineque  lieu  à  la  ronde  du  plat 
pays  des  Bolenois.  ce  quy  fut  grand  et  irrécupérable  dommaige.  Franehois,  mal 
patient  d'avoir  perdu    Boulongne,  quy  est  une  des  conteis  dépendante  à  la  ,0 
couronne  de  France,  se  mirent  à  faire  leur  effort  et  firent  trois  armée  ''.  L'une 
fut  envoyée  en  Escosse  qui  favorisoit  les  Franehois  pour  guerroyer  les  Anglois, 
et  y  faisoyent  souvent  Franehois  et  Escossois  guerre  sur  les  Anglois,  escar- 
mouche, bataille,  rencontre,  brusloyent,  pilloyent  et  s'endommagoyent  l'ung 
l'aullre  le  plus  qu'il  pouvoient.  La  seconde  armée  françhoise  fut  mis  par  mer,  «s 
assiégeant  la  ville  de  Boulongne.  La  lierce  armée  françhoise  fut  mise  par  terre, 
assiégeant  Roulongne,  et  en  fut  le  siège  trois  mois  et  demy,  et  que  plus  est, 
Franehois  fortifièrent  le  bas  Boulongne,  firent  rampars,  bastilles,  bouleuvert, 
fosséz,  murailles,  et  tout  ce  quy  apparlenoit  à  fortifier,  en  sorte  que  ceulx  de 
Boulongne  ne  pouvoyent  avoir  vivre  ny  assistence  des  Anglois.  Et  une  fois  -° 
eurent  Italiens  charge  de  mener,  conduire  et  garder  ung  nombre  de  trois  mil 
prisonniers  franehois,  mais  cependant  que  les  prisonniers  besongnoyent  par 
dedrns  terre  sur  Italiens,  les  dits  Italiens  eurent  intelligence  avec  Anglois,  en 
sorte  qu'ils  délaissèrent  le  roy  franehois,  leur  maislrc,  et  prindrent  argent  pour 
servir  le  roy  anglois.  En  temps  que  cela  se  faisoit,  les  pauvres  prisonniers  2S 
franehois  quy  à  force  de  bras  besongnoyent,  cuidanl  surprendre  la  ville,  furent 
tous  attrapé  des  Anglois  et  tous  mis  à  mort. 

L'an  XV<:  et  XLV,  au  commencement  du   mois   de  septembre,   mourut  r 

"  Passage  omis  par  le  manuscrit  %6H'.  —  b  et  ne  voulut  le  roy  d'Angleterre  entendre  à  la  paix 
sinon  en  luy  laissant  lîoutoigne,  laquelle  paix  entre  le  roy  et  l'empereur  fut  publiée  à  Paris  le  20  de  J" 
septembre  1S44.  L'an  1544,  sur  la  fin  de  novembre,  le  roy  de  France  mit  son  armée  en  campagne 
et  la  répartit  en  trois  :  manuscrit  S6'1'',  fol.  545  v°.  —  c  de  peste  :  addition  manuscrits  $9  et  !6',,s. 

(*)  Montreuil. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESD1GNOUL.  459 

à  Paris  le  duc  d'Orléans  (4),  qui  prélendoit  par  allyance  de  mariage  à  la  maison 
de  Borgongne,  dont  ce  fut  grand  dommaige  pour  le  pays  de  par  deçà,  car 
il  estoit  homme  bénigne  et  aymoit  paix  à  ses  voisins,  mieulx  que  le  roy  son  père 
ny  son  frère  le  daulphin,  quy  sont  gens  sanguins,  convoitant  la  guerre  et 
s  destruction  et  effusion  de  sang  christien.  L'empereur  estant  très  bien  informé 
de  la  mort  d'icelluy  noble  prince  tant  bien  morigère  ",  envoyai  Monsieur  de 
Molembais  (2)  en  France  pour  scavoir  s'il  vouloit  tenir  les  promesse  qu'il  avoit 
faicte  quand  la  paix  fut  conclud,  à  scavoir  rendre  à  l'empereur  Hesdin,  au  duc 
de  Savoyc  Turin  et  ce  qu'il  tenoit  du  duc  de  Savoue. 

10  Les  Franchois  estant  au  siège  devant  Boulongne,  comme  dit  est,  avoyent 
fortifié  la  basse  Boulongne  pour  plus  oppresser  les  Anglois  estant  en  la  hault 
Boulongne.  Iceulx  Anglois  avoyent  faict  une  garnison  de  la  thour  d'Ordre,  assé 
près  de  Boulongne  et  d'icclle  thour  travailloyent  fort  iceulx  Franchois  en  leur 
siège.  Sy  eurent  tel  conseil   les  Franchois  qu'il  assaillèrent  icelle  thour  et 

ib  la  battèrent  de  leurs  bombards  et  canons,  et  aussy  les  Anglois  se  deffendirent 
très  bien.  Après  doncq  que  les  Franchois  eurent  battu  icelle  thour  à  leur 
appétit,  ils  firent  a^saull,  et  fut  sy  asprement  assaillie  par  Franchois  et  fortement 
déffendue  par  Anglois.  Mais  à  la  longue,  les  Franchois,  comme  las  et  travaillez, 
laissèrent  l'assault.  Adoncq  les  Anglois  vindrent  hors  d'icelle  thour  et  poursui- 

20  vèrent  les  Franchois,  et  là  y  eut  fortaspre  bataille,  car  du  temps  de  la  batterie, 
sortirent  Anglois  hors  de  Boulongne  et  viendrent  frapper  sur  les  Franchois  par 
derière,  tellement  que  les  Franchois  furent  succombez  et  du  tout  confondu.  Et 
y  mourut  Monsieur  de  Vcndosme.  cbief  d'icelle  armée,  et  le  fils  Monsieur  de 
Ghuis  et  grosse,  noblesse  de  France,  et  on  famoil  qu'il  avoit  des  Franchois 

T6  morts  et  prins  vingt  mil  hommes,  dont  la  royaulme  de  France  fut  fort  affoiblie. 
Ce  fut  fait  le  12  de  septembre  1545. 

[Durant  ce  temps,  environ  la  saint  Jean,  certains  gens  de  guerres  allemands, 
tant  à  pieds  que  à  cheval,  vennant  d'Allemaignes,  et  parfaulte  d'argent  séjour- 
nant, les  chevaucheurs  estants  vers  Homes  et  les  piétons  en  Hesbaye,  à  une 

30      "  tant  bien  morigénez  et  de  sy  bonne  idée  :  manuscrit  S6bis. 

(')   Voir  page  451,  note  3. 
f)  Philippe  de  I.annoy,  seigneur  de  Molembaix,  grand  maître  d'hôtel  de  Marie  de  Hongrie. 


460  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

lieu  proche  de  Liège,  mangeans  les  païsans,  et  estoinls  assemblez  pour  l'em- 
pereur ou  Anglois,  mais  argents  ne  courroit  point  et  avoints  volonté  de  sur- 
prendre quelque  ville,  pour  leurs  intérest  et  en  monstroints  aucuneiïois  quelque 
signe,  enfin  les  païsans  se  commencèrent  à  irriter,  dont  aucunnes  gens  de 
guerres  furrent  secrètement  occys.  Ainsy  chacun  estoit  sur  sa  garde  tellement  5 
qu'une  nuict.  vers  Sainte- Waulburg,  hors  la  porte,  les  guets  tant  Allemans  que 
de  la  Cité  soy  rencontrèrent  les  uns  les  autres,  eeulx  de  la  Cité  qui  estoints  hors 
de  la  porte  viendrents  à  esmouvoir  le  guet  de  la  porte  tellement  que  par  consé- 
quence, attendu  que  les  Allemans  s'estoinls  monstre  en  armes,  il  fut  un  peu 
après  la  minuict  criez  alarmes,  la  cloche  sonnant  et  tambourins,  mesmela  corne  10 
Saint-Lambert,  et  cbaeun  sur  pieds  vistement  aux  murs  et  au  marché  et  messa- 
gier  vers  la  ehastellerie  de  Franehimont  qui  incontinnent  furrents  prest  en 
vennant  et  marchant  une  parlie  de  la  nuict  vinrent  en  armes  en  aides,  suivant 
la  coustume  de  la  cité.  Lors  les  païsans  et  communautéz  en  mécontentement 
estoints  délibéré  de  nuict  de  surprendre  les  gens  de  guerre,  mais  sur  ses  entre-  is 
faits,  vindrent  nouvelle  que  argent  estoit  venus  de  la  part  de  l'empereur  pour 
les  piétons  et  par  l'Anglois  pour  les  chevaucheurs.  Ainsy  lentreprinses  laissées, 
marchèrent  incontinnent  non  touttefois  sans  aucuns  d'eulx  auparavant  estre 
demourré  derrière]  a. 

Durant  ce  temps,  fut  bruict  que  les  Allemans  sasembloyent  en  Allemangne,  20 
et  on  disoit  qu'il  estoit  bien  en  nombre  de  cincquanle  mil  homme,  mais  pour 
avoir  vivre,  se  boutèrent  en  trois  pars,  dont  Tune  s'en  alla  par  Hollande,  la 
second  s'en  alla  par  le  pays  de  Luxembourgh  et  Lorraine,  la  thiers  s'asembla 
ahnthour  d'Aix,  et  faisoyent  beaucoup  de  mal.  11  défendoyent  prestres  à  dire 
messe  et  leur  fermoyent  les  église,  et  aussy  gasloyent  et  deslruoient  toutes  les  2a 
abbayes  et  ehassoyent  hors  les  moines  et  les  nonnains,  et  pilloyenl,  mangoyent 
et  ravagoyent  tout  ce  qu'il  rcnconlroyenl  tout  jus,  et  entre  lesquels  l'abbaye  de 
Siiitit-Cornel  fut  mengée  et  ravagée  et  plussieurs  aullres.  Et  davantaige  il  vou- 
lovent  mettre  ordre  sur  les  gens  d'église  à  leur  appétit  et  s'assembloyent  une 
fois  le  jour  entre  eulx,  à  une  heure  ordonnée,  et  là  faisoyent  prescher  ung  30 
ministre  à  leur  mode,  et  soy  faisoyent  acroire  que  c'estoyenl  ceulx  quy  avoyent 
la  vraye  religion  et  la  vraye  foy  évangélicque,  et  se  fondoyenl  sur  les  évan- 

«  Le  passage  entre  crochets  ne  se  trouve  pas  dans  le  manuscrit  !6hi: 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  461 

gilles,  mais  il  les  interprétoyent  d'aultre  sens  qu'il  n'appartient,  et  défendoyent 
à  tous  ceulx  de  leur  secte  de  obéyr  au  pape  en  nul  façon,  mais  seulement  estre 
obédient  aux  Electeurs  d'AlIcmangne.  Pour  lors,  y  avoit  grande  craincte  et  grande 
erreur  ens  pays  de  par  deçà  pour  iceulx  Allemans.  II  y  avoit  aulcuns  quy 
5  disoyent  qu'il  alloyent  servir  le  roy  d'Engleterre,  aullres  qu'ils  alloyenl 
devant  Maisir  mettre  le  siège  en  faveur  desdits  Anglois,  aullres  disoyent 
qu'ils  alloyent  servir  le  roy  de  France  pour  refurnir  son  armée  qu  il  avoit 
perdu  à  la  dernier  bataille  eomme  dit  est.  Et  on  disoit  que,  à  icellc  bataille, 
la   noire   bende   ayant   les  noires  corselet,   que   nous   appelions  frissons   et 

10  clévois,  avoyent  esté  cause  que  le  roy  d'Engleterre  avoit  obtenu  eestc  victoire. 
Iceulx  Allemans,  dont  nous  avons  parlé,  approchoyenl  la  cité  de  Liège  (*),  dont 
les  Liégeois  en  avoyent  grande  craincte,  car  on  famoit  que  s'il  y  venoyent  ils 
prétendoycnl  de  piller  les  églises  et  les  ecclésiaslicques,  les  procureurs,  notaires 
et  tous  practisiens  spirituelles  n'estoyent  point  du  tous  assurez,  aussy  n'o»toye  nt 

îs  ceulx  d'Andenne  et  leurs  voisins,  pour  les  énormes  maulx  et  extorlion  qu'il 
avoyent  faict  l'année  devant  en  septembre.  Iceulx"  Allemans  furent  srinond  de 
marcher  avant  de  par  leur  capitaine  etchief,  car  il  estoyent  payé  par  trois  mois 
de  l'or  et  l'argent  du  roy  d'Engleterre,  et  ce  temps  que  on  les  payoit,  estoyent 
les  Franchois  devant  Boulongne  b.  Touteffois  les  Allemans  quy  estoyent  payé, 

20  comme  dit  est,  en  intention  d'aller  en  France  pour  faire  service  au  roy  anglois 
et  pour  faire  lever  le  siège  de  devant  Boulongne,  marchèrent  avant  et  passèrent 
l'eaue  à  Viseit  vers  la  chaulchie,  et  marchèrent  pour  servir  leur  maislre  c.  Ce 
temps  pendant,  les  Liégeois  ne  furent  sans  craincte,  car  il  sortirent  '  deux  ou 
trois  jours  de  leur  faulse  port  pour  tousiours  mieulx  conlregarder  leur  cité. 

25  Adoncq  fut  le  siège  de  Boulongne  levez  en  la  manière  comme  cy  après  porrés 
ouwir.  Voyant  les  Allemans  '  que  au  siège  des  Franchois  n'y  avoit  fin  ny  appa- 

"  l'an  1545,  sur  la  fin  du  mois  de  septembre  :  addition  du  manuscrit  2G4".  —  b  mais  quand  ils  eurent 
perdu  la  bataille  que  dessus,  ils  se  levèrent  et  se  départirent  le  xue  de  septembre,  an  que  dessus  :  manu- 
scrit 27  —  mais  quand  il  eut  gaigné  la  bataille  contre  les  François,  ils  se  levèrent  :  manuscrit  26^.  — 
30  c  faire  service  au  roy  d'Angleterre,  leurs  maistres  et  emploier  ses  angelots  :  manuscrit  2fiw».  —  *  car  ils 
interrèrent  trois  de  leurs  faulces  portes  :  manuscrits  26b"  et  27.  —  «  les  Anglois  :  manuscrits  26bi>  et  27. 

(*)  Le  2  octobre  1545,  un  mandement  fut  promulgué  à  Liège  ordonnant  à  tous  les  officiers  et  sujets 
du  prince  de  fournir  des  vivres  au  camp  des  Allemands  établi  près  d'Aix-la-Chapelle.  (Conttil privt. 
Dépêcha,  reg.  III,  fol.  3  v<>.) 


462  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

rence,  allèrent  le  plus  secrelz  qu'il  pcurent,  esloingaant  le  camp  des  Franchois 
cincque  lieue  arrière  de  Boulongne,  et  illccq  firent  les  Allemans  °  ung  (rendus  * 
en  sorte  que  les  Franchois  ne  les  pouvoyent  nuire,  et  y  mirent  force  d'artil- 
lerie, ce  que  voyant  les  vivendiers  franchois  n'osèrent  plus  venir  pour  conforter 
l'boest,  car  les  Allemans  et  Anglois  les  luoyent  et  pilloyenl  tout  leur  vivre.  Les  5 
Franchois  firent  des  sortisse  hors  de  leur  force  pour  déffaire  iceiilx  Allemans  c, 
mais  par  la  force  du  lieu  et  de  l'artillerie,  il  n'en  pcurent  venir  à  hout,  et  de  là 
les  Franchois  furent  en  grande  misère  d'avoir  du  vivre,  et  en  sourdit  une 
grande  pauvreté  et  famine  en  l'hoest  des  Franchois,  sy  comme  la  corrente 
et  pest,  sy  véhémente  qu'il  falut  lever  le  siège,  et  y  mourut  grand  nombre  de  10 
pauvre  gens'.  El  ainsy,  après  avoir  déchargé  Boulongne.  ieeulx  Allemans,  estant 
au  nombre  de  quattre  mil  chevaulcheur,  fort  bien  monléz  et  bien  en  ordre  et 
des  piétons,  comme  on  famoit  vingt  mil,  et  quy  estoyenl  tous  gens  de  l'eslilte 
pour  mal  faire  et  pour  gaster  pays  et  destruire  pauvre  gens,  de  là  marchèrent 
assé  lentement  et  petitement,  cl  tant  qu'il  arrivèrent  en  la  terre  de  Florine,  où  is 
il  campirent  bien  l'espace  de  trois  sepmaines  et  davanlaige.  Sy  trouvèrent  le 
chcsleau  de  Florine  dc.-garny,  el  le  seigneur  (*)  estant  fuy  en  France  auprès  de 
ses  amis.  Ce  néanlmoins,  combien  qu'il  ne  trouvèrent  point  ny  vivre  ny  gens, 
nos  Allemans  y  entrèrent,  et  ce  qu'il  trouvèrent  d'artillerie  à  eulx  propice, 
il  l'oslèrent   hors   el   l'appliequèrent  à   leur  singulier  profit.    Et   aultres   de  -20 
leur   capitaines   se   boudèrent   en   l'abbaye   de    Florine,   où    il  desgastèrent 
grandement   les  biens  qu'il    y   trouvèrent.   El  quand  il  convient  de  partir, 
il  emportèrent  calices,  joyaulx  el  ornemens  et  tout  ce  que  bon  leur  sembloit. 
Et  les  pauvres  moines  esloient  constrainct  de  jeusner  pour  cause  qu'il  n'avoyent 
que  menger,  et  tout  le  pays  circonvoisin  esloit  tout  pillé  d'ieculx  Allemans.  Les  25 
Franchois  estant  informé  de  la  grosse  multitude  des  Allemans  et  des  maulx 
infinis  qu'il  perpéloyent,  il  s'assemblèrent  grosse  multitude,  que  on  estimoit 
bien  à  Irengl  ou  quarante  mil  hommes,  et  sy  bien  assurez  d'iceulx  Allemans 
qu'il  (lâchèrent  et  abbaltirent  bien  huict  lieue  de  boys,  et  on  disoit,  par  leur 

"  les  Anglois  :  manuscrits  26bu  et  27.  —  '•  laquelle  ils  fortifièrent  de  telle  sorte  que...  :  manu-  30 
scrits  S6bil  et  27.  —  c  Anglois  :  manuscrit  27.  —  "  et  d'autres  ainsy  comme  vous  avez  entendu  : 
manuscrit  27. 

(«)  Claude  de  Waudémont,  seigneur  de  Florcnnes,  de  1558  à  1SSG. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  463 

hardiesse  avec  leur  capitaine  Monsieur  de  Longheval,  il  eussent  voulu  com- 
battre iceulx  Allemans.  Les  circonvoisins,  comme  Hanuwiers,  Brebançons, 
Namurois  et  Liégeois,  cstoyent  en  grand  crainte  de  leur  retourne,  mais  il  advint 
ce  que  communément  on  disl  en  ung  proverbe  :  «  ce  que  plus  on  crainct,  c'est 
5  ce  quy  moins  advient  ».  Ainsy  en  fut  il,  car  il  descendirent"  sans  pompe  ny 
bruict,  et  sy  doulcement  en  fut-on  quitte  que  on  n'at  poinet  ouy  dire  qu'il 
ayent  faicl  quelque  dommaige  à  quelque  personne.  Et  on  disoit  que  Monsieur 
le  gouverneur  de  la  conleis  de  INamur  (d)  en  at  esté  cause,  dont  l'on  at  bien 
occasion  de  pryer  Dieu  pour  luy,  car  ils  estoient  assez  fort  pour  faire  heaucoup 

10  de  pauvres  gens,  attendu  encor  le  chère  temps  que  pour  lors  régnoit.  Ainsy 
s'en  retournèrent  en  leur  pays. 

En  ce  temps,  sçavoir  l'an  XVe  et  XLV,  du  mois  de  novembre  le  dixiesme  et 
onziesme  jour  du  dit,  se  deffirent  iceulx  Allemans,  et  le  bruict  csloit  communé- 
ment que,  par  le  moyen  et  le  pourchas  de  uostre  sire  l'empereur,  que  les  deux 

15  princes  conlendans  l'ung  contre  l'autre,  dont  la  pluspart  de  la  chreslieneté  esloit 
esmeut,  à  sçavoir  le  roy  de  France  et  le  roy  d'Engleterre,  y  eut  trois  ans 
de  trêves  paisibles.  Et  ainsy  se  retournèrent  Anglois  à  Boulongne,  Calais 
et  Engleterre,  et  Franchois  en  leur  limite  b.  Dont  l'empereur,  ayant  espoir 
d'avoir  mis  paix  et  seureté  en  ses  pays  de  par  deçà,  délibéra  de  voyager  en 

20  Espaigne.  et  s'en  alla  de  pays  en  pays,  remonslrans  à  ses  subjects  son  bon 
vouloir  et  intention,  et  print  congé  pour  siex  ans.  F.t  sur  ce,  envoya  le  conte  de 
Buren  (!)  à  son  beau-frère  le  roy  de  Fnince,  pour  sçavoir  s'il  vouloil  rendre  les 
pays  qu'il  avoit  promis  et  sceléz  à  la  paix  conclude,  à  sçavoir  la  ducheit  de 
Sçavoye,  Hesdin,  la  rivière  de  Some,  la  ducheit  de  la  Haull  Bourgongne,  et  avoit 

23  promis  de  le  rendre  dedens  le  saint  Jean  Baptiste  XVe  et  XLIIII.  et  il  print  de 
rechef  terme  de  le  rendre  dedens  le  einequiesme  année  XVe  et  XLV.  Quoy 
oyant,  l'empereur,  désirant  de  laisser  ses  pays  en  paix,  prolongea  son  départi- 
ment  et  différa  de  partir  jusque  au  jour  prescript  par  le  roy  Fianchoy,  affin  que 

30      °  car  ils  descendirent  en  partie  par  Naraur  en  batteau  sur  la  rivière  de  Moeuse  et  sont  sy  paisi 
blement  descendus  :  manuscrit  2Sbu.  —  b  en  leurs  pais,  terres  et  franchises  :  manuscrit  26'Ji*. 

(i)  Pierre-Ernest,  comte  de  Mansfeld,  gouverneur  et  souverain  bailli  de  Namur,  du  9  mai  1  Lit5  au 
6  novembre  1552, 

(*)  Maximilien  d'Egmont,  comte  de  Buren. 


4G4  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ce  ne  fusl  à  recommencer,  ainsy  qu'il  avoil  faict  quand  l'empereur  enlreprint 
le  voyaige  d'Argil  en  Barbarie,  et  cuidant  estre  assuré  de  paix  en  ses  pays;  mais 
le  contraire  luy  advint,  car  luy  party  sur  mer,  le  roy  Franchoy  usurpa  par 
violence  la  ducheit  de  Luxembourgh,  comme  cy  devant  est  récité. 

De  ce  temps  là  que  le  différent  estoit,  les  Allemans  armèrent  aulcuns  en  la  s 
cité  de  Liège,  et  entre  les  aullres,  il  y  eut  ung  capitaine  quy  logeât  luy  et  son 
paige  avec  deux  cheval  à  l'hostel  al  Waige  (*),  quy  est  assé  près  du  pont  d'Isle. 
Et  après  deux  ou  (rois  jours  qu'il  eut  séjourné,  au  vouloir  départir,  présent  son 
host,  contoit  avec  son  hostesse,  et  comme  il  ne  se  pouvoyent  accorder  à  cause 
que  son  hostesse  le  contoit  trop  fort,  ou  doneque  le  dit  capitaine  ne  vouloit  «o 
donner  tant  que  elle  vouloit  avoir,  altricalion  eut  entre  l'hostesse  et  le  dit  capi- 
taine. Ce  que  voyant.  1  host  prinl  ung  gobbar  et  frappa  le  dit  capitaine  en 
la  test.  Dont  le  dit  capitaine  tirai  son  espée,  et  en  frappant  l'hosl  en  la  main  à 
laquelle  il  lenoil  le  dit  gobbar.  et  le  blessât  bonnement.  Quoy  apercevant,  la 
dicte  hostesse  saillit  hors  de  sa  maison  et  crya  emmy  les  rues  al  afforain  sy  l'i 
hault,  et  tant  crya  icelle  femme  enragée  quelle  esmeut  et  esebauffa  le  com- 
mun, tellement  que  le  grand  peuple  s'assembla  avec,  hache  et  maclie  a.  Quand 
le  dit  capitaine  vit  la  commotion  et  la  grande  assemblée  que  on  faisoil  contre 
luy,  il  s'en  alla  à  l'eslable  de  ses  chevaulx  et  s'armât  et  montât  sur  ung  destrier, 
et  en  se  déparlant  de  l'hostel,  présenta  aultanl  d'argent  que  Ihostesse  vouloit  *o 
avoir,  mais  la  dicte  femme,  qui  esloil  pleine  de  rage,  voyant  son  marit  blessé, 
aussy  à  sa  request  et  importunité,  le  peuple  assemblé  ne  veull  obtempérer  à  la 
r.qucst  du  dit  capitaine.   De  quoy  se  apercevant,  se  départit  sur  espoir  de 
se  délivrer  de  la  fureur  de  ce  peuple.  Et  luy  chevaulchanl  et  se  voyant  en  dur 
et  grand  péril,  se  présenta  prisonnier  et  payer  une  bonne  ranson  d'or  et  d'ar-  as 
gent.  Mais  le  peuple  obstiné  et  eschaulïé,  ne  craindanl  le  péril  que  sur  ee 
pouldroil  advenir,  poursuivit  le  capitaine,  qui  estoit  noble  et  vaillant  homme, 
natif  de  Couloingne,  bien  aymé  des  qiiallre  Electeurs,  les  ung  armé  el  aba*tonné, 
les  femmes  avec  pierres  el  cailloux,  petis  et  grans  quy  le  pis  faisoit6.  Luy  (qui) 

«  avec  hace  à  mâche  et  le  marloye  maistre  Guis  de  Canne  :  manuscrit  S66".  —  »  et  quy  le  raieulx  30 
faisoit  estez  réputéz  a  vaillandise  :  manuscrit  S6b". 

(')  Cf.  Godebt,  Liège  à  travers  ht  âges,  t.  VI,  p.  4. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  465 

estoit  réputé  à  grande  vaillandise,  tant  fut  poursuivy  que  le  pauvre  homme  tout 
armez  constrainct  de  saillir  de  son  cheval  en  l'eaue  par  desoub  la  Saulvenier, 
et  escheut  sy  mal  qu'il  tomba  avec  son  cheval  en  une  fosse.  Là  il  y  eut  ung 
homme  quy  l'assommât  dune  grosse  pierre  et  l'assenât  derière  la  test  a  (*),  et 

s  de  ce  coup  luy  convient  tomber  jus  de  son  cheval  en  la  fosse,  et  illccque,  par 
force  de  ce,  ip  et  d'eauc  travaillé,  mourut  ce  vaillant  capitaine  misérablement. 
En  le  tirant  hors  de  l'eaue,  furent  trouvé  sur  luy  huict  cents  escus  d'or,  et  fut 
enquest  faicte  de  sa  mort,  et  furent  trouvez  que  hommes  que  femmes,  que  pelis 
que  grans  coulpable  du  faicl  plus  de  cineque  cents.  Et  que  plus  est,  les  Alle- 

10  mans  de  l'armée  devant  dit  se  tindrent  assé  longuement  sur  les  fronliers  du  pays 
de  Liège,  prétendant  la  vengeance  de  la  mort  du  dit  capitaine. 

b  [J'aye  bien  voulu  escrire  ee  discours  cy  mcnlioné  pour  contenter  la  curio- 
sité d'aulcuns  lecteurs,  mais  il  y  at  d'aultrts  quy  sont  plus  véritables,  comme 
vous  orés.  Car  il  est  vraye  que  l'homme  d'arme  qui  s'apelloit  Turcq,  estoit  logé 

»s  à  Saiut-Séverin.  Et  estant  pour  ung  dimenche  du  malin  armé  et  prestà  monter 
à  cheval,  en  comptant  par  l'hoest  son  escot,  sans  mot  dire,  il  le  frappa  de  son 
espée  et  luy  couppa  sur  la  table  les  qualtre  doicl  desquels  il  tenoit  la  croye, 
comptant  son  escot.  Quoy  voyant,  la  dame  du  logis  commença  à  cryer  au 
meurdrier.  Et  luy  quy  avoit  son  cheval  prest  montât  sus  et  s'enfuit  vers  la 

20  port  Sainte-Marguarille,  pensant  sortir  hors  de  la  cité.  Dont  venant  à  la  dicte 
port,  trouva  là  quelque  empeschement.  Retournant  par  devant  son  logis, 
courant  vers  Saint-Hubert,  descendit  la  Saulvenier,  et  se  mettant  en  la  rivière, 
descendit  jusque  au  mollin  %  et  ne  pouvant  illeeq  passer,  retournât  en  hault,  au 
coing  du  ;irdin  Monsieur  Demal  d  (2),  submayeur  de  Liège,  et  alla  tout  à  loing 

23  des  jardins  de  Saint-Jean,  en  montant  jusque  à  l'opposite  de  la  maison  nion- 

o  par  derrière  l'oreille  :  addition  du  manuscrit  S6b".  —  b  Ce  qui  suit  jusque  adjousté  ceste  dernier 
diction  est  omis  dans  le  manuscrit  26bi'.  Il  n'appartient  pas  en  effet  à  lu.  relation  de  P.  de  Uesdignoul  _ 
—  •  condist  Sainct  Jean  Molin  :  addition  du  manuscrit  55.  —  d  d'Emalle  :  manuscrit  55. 

(*;  Cf.  un  cri  du  perron  du  12  novembre  15i5  invitant  les  auteurs  du  tumulte  excité  dans  la  ville 
30  qui  causa  la  mort  d'un  soldat  allemand  à  se  faire  connaître  dans  les  trois  jours.  E.  Fairon,  Cartulaire 
de  la  Cité. 

(5j  Jean  Piteit  d'Emalc  ,échevin  de  Liège,  1858-1SS1,  majeur  en  féaulé  de  1Î539  à  1547. 

Tome  II.  59 


4G(i  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

sieur  le  chanoine  l'alude  (').  Or  comme  retournant  de  la  dite  porte  de  Saintc- 
Marguaritle,  il  y  avoit,  au  cry  des  dits  liosl  el  hoslesse,  beaucoup  de  gens  sur 
pied,  et  ung  appelé  Lambert  Mareelis,  le  cuidant  frapper  de  son  hallebard, 
donna  au  cheval  du  dit  Turcq  ung  coup  de  hallebard,  tellement  qu'il  fut  blessé 
sur  la  cuisse,  icculx  le  poursuivant  laut  oultre  le  pont  d'Isle  vers  Saint-Jean  que  5 
de  l'aultrc  coslé,  tellement  que  derière  la  brassine  du  dit  Saint-Jean,  en  jardin 
du  dit  sieur  l'alude.  il  y  avoit  un  grand  nombre  de  gens,  cl  ens  aultres  ung 
appelle  Holleau.  Lequel  dit  llotlcau  le  ruât  d'une  pierre  et  l'assenât  en  la  lest, 
tellement  qu'il  fut  renversé  jus  de  son  cheval  et  bientosl  noyez  pour  la  pesan- 
teur de  ses  armes  quy  le  jectèrent  au  fous.  Il  fut  aussy  bien  prest  retiré  par  10 
pescheurs  quy  estoyent  illccq  et  porté  en  la  maison  iiadou  Handaxhe,  deuiou- 
rant  en  la  basse  Saulvenier.  De  quoy  fut  faicte  enquesl,  et  fut  trouvé  par 
justice  qu'il  avoit  de  son  faict  son  mérite,  dont  il  n'y  eut  personne  cncoulpé. 
Que  tout  le  preuve  est  ainsy  advenu,  je  le  sçay  bien  pour  l'avoir  en  partie  veu, 
et  aussy  pour  avoir  veu  l'enquesl  el  probalion  dessus  faicte  ".  Lan  XV'LXVIIi,  15 
Monsieur  le  prince  d'Orenge,  ayant  son  camp  devant  la  cité  de  Liège,  demandât 
avoir  raison  du  susdit  faict  ou  vengeance  du  susdit  Turck,  et  on  luy  al  envoyé 
la  eoppie  des  dits  enquesl  et  probation  dessus  faicle,  avec  déclaration  de  tout  le 
faict  en  la  mode,  comme  appert  par  les  lettres  desquels  j'ay  encor  la  eoppie. 
Ce  at  eslé  Adrian  le  l'ollain  (8),  greffier  de  la  cité,  quy  al  adjouslé  cesle  dernier  20 
diction  6J. 

L'an  XVCXLVI,  en  mois  d'avril,  se  partit  l'empereur  pour  voyager  en  Alle- 
maigne,  pour  avoir  fin  avec  cest  maudite  secte  luthérienne.  Lt  on  disoil  que  le 
pape  ou  ses  commis  devoit  y  estre  aussy,  semblablement  les  cardinaulx, 
évesques,  prélats  ou  leurs  ambassadeurs,  ensemble  les  roys  et  prince  chrislicns  25 

"  que  tout  la  preuve  :  passage  omis  par  le  manuscrit  53.  —  b  ce  at  esté  :  Passage  omis  par  le 
manuscrit  28. 

11;  Il  s'agit  probablement  de  la  maison  d'Arnold  Donnans,  alias  de  l'alude,  chanoine  de  Saint-Jean- 
livangéliste,  de  1544  à  1503.  Il  y  avait  aussi  un  chanoine  de  ce  nom  portant  le  prénom  d'Arnould  à 
la  collégiale  Saint-Pierre,  depuis  1558.  SU 

[•i  Adrien  le  Pollain  était  souverain  greffier  de  la  Cité  de  Liège  en  1508.  11  fut  dans  la  suite,  vert 
1571),  un  des  trois  greffiers  des  Etats. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  467 

ou  leurs  députcis  de  toute  chrélieneté,  pour  tendre  à  conclusion  et  union  de 
l'Eglise  de  toute  la  chréslienneté.  Or  doncq  tout  failly  et  plus  grande  erreur  que 
devant,  commotion,  division,  inimitié,  guerre  entre  les  princes,  dont  est  bien 
nécessaire  faire  prières  afDn  que  Dieu  inspire  les  princes  pour  estre  bien 
5  d'accord. 

En  ce  mesme  temps,  les  Franchois  ayant  faict  forliffler  une  neuf  forteresse 
auprès  de  Boullongne,  appelée  la  JNeuf  Boulongne,  et  y  estoyent  de  par  eulx 
quattre  ou  cincq  mil  bommes  en  garnison,  quy  guerroyent  incessamment  les 
Anglois  estant  en  iioulongne.  Ung  jour  les  Franchois  entreprindrent  de  la  ravi- 
l0  tailler,  mais  ils  furent  vailamment  repousé,  détroussé,  captivé  et  tué  et  mirent 
ieeulx  Franchois  une  armée  sur  le  champs  assé  près  dEaweille  et  firent  ériger 
une  forteresse  desseur,  combin  en  ung  lieu  appelle  Mamberfontaine.  Encor 
firent  ils  ériger  une  aullre  asset  près  d'Asteney. 

L'an  XVCXLVI,  fut  chère  temps  de  grains,  en  sorte  que  de  jour  en  jour 

13  remontoit  les  grains,  tellement  que  après  Pasques  trois  sepmaines  ou  ung  mois, 

se  vendoit  ung  stier  de  frument  vingt  et  vint  deux  patars,  ung  muids  de  speaulte 

trois  florins  et  saize  patars,  ung  muids  de  petit  orge  quarante  siex  et  cincquanle 

patars,  dont  c'esloil  grand  pitié  et  lamentation  des  pauvres  gens  ('). 

L'an  mesme,  à  cause  que  les  Franchois  forlifioyent  la  place  susdicte  sur  leur 
20  fronlier,  l'impériale  Majesté  ordonnât  de  faire  limites  contre  eulx  pour  éviter 
les  périls  qui  sur  ce  pouldroient  advenir.  Et  (ist  fortifier  une  place  sur  les  fron- 
tièrs  du  pays,  appellée  Marienbourg,  et  fut  député  pour  se  faire  ung  vaillant  et 
excellent  personnaige,  le  bailhy  d'Avenue,  qui  incessamment  ouvroit  et  solicitoit 
les  ouvriers  °  et  avoit  lousjours  sur  eulx  garde.  La  famé  estoit  que  le  roy  fran- 
co chois  et  anglois  se  pacifièrent  et  fut  la  paix  faicte  en  sorte  que  le  roy  franchois 
devoit  récompenser  le  roy  anglois  pour  ses  dépens  de  la  guerre  de  trois  cents 
millions,  par  quoy  quand  icelle  somme  serait  payés,  le  roy  Anglois  serat 
tenu  remettre  ens  mains  du  roy  franchois  Boulongne  et  diex  ans  après  ceste 

"  lequel  donnoit  incessanient  tant  de  nuiet  que  de  jour  aux  ouvrières  sollicitude  :  manuscrit  S8. 

ou       \l)  y>otT  Pa8e  ^'"  llole  2.  Les  prix  indiqués  par  P.  de  Hesdignoul   sont  comptés  en  monnaie  de 
Brabant,  c'est-à-dire  en  monnaie  forte. 


468  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

conclusion,  fanlt  que  le  roy  franchois  ayt  tout  faict  et  accomply.  Sy  fut  publié 
le  présent  accord  le  vendredy  devant  la  penlecouste  1546,  à  Amiens  et  à 
Paris  ". 

Cculx  qui  fortifyoienl  Marienbourgh  ''  ung  peu  après  le  saint  Jean-Baptist 
eurent  sy  grande  disclle  de  menger  que  forée  fut  envoyé  vers  Perweis  en  lira-  5 
bant  et  le  plat  pays  pour  pourvoir  à  avoir  des  bleds  pour  vivre.  Dont  la  veille 
saint  Pierre  et  Paul,  Baldbuin  Dacoehe  ('),  jadit  mayeur  de  Metz  (*),  en  amenât 
au  rivaige  de  Meuse  siex  char  de  grains,  quy  furent  vendu,  pour  chacun  stier, 
vingt  siex  palars  de  Brabant.  Or  pour  le  mener  à  Bovingne  et  de  là  au  camp, 
quy  n'est  à  doubter  que  tous  despens  payez,  que  chacun  stier  ne  coustoil  bien  10 
le  pris  de  trengl  palar   11  y  eut  ung  chanoine  de  Sclain  quy  vendit  ving  muids 
de  speuulte.  et  pour  chacun  muids  en  reccut  un  double  ducat  d'or  castillain, 
quy  vault  quallre  florins.  Icelle  veille  Saint  Pierre  et  Paul  %  Pierre  de  Ilodi- 
gnoul,  chanoine  de  Sclain  (3).  en  escrivant  de  ce  présent  cronicques  d,  et  sire 
Gille  Doudon  '.  aussy  chanoine  de  Sclain,  rencontrèrent  sur  le  rivaige  de  Meuse  is 
plussieurs  hommes  et  femmes  venant  de  Chasselct  (4)  sur  Sanibre  et  de  là 
environ,  avec  chacun  ung  sac  sur  leurs  espaules.  Sy  leur  fut  demandé  par  ieculx 
chanoines  d'où  il  venoyent  et  où  il  alloyent  ainsy  portant  leur  sac.  il  respon- 
dirent  qu'il  venoyent  de  Chasselet  sur  Sambre  et  là  environ,  et  qu'il  aloyent  à 
Uuy  quérir  chacun  deux  stier  de  spcaulte,  pour  le  rapporter  à  leur  col  à  Chas-  20 
selct  et  en  payer  aultant  que  on  leur  vouldra  vendre,  et  rendre  grâce  à  Dieu  s'il 
en  pouvoyent  avoir  pour  argent. 

«  Addition  du  manuscrit  28,  fol  579.  —  b  Saime-Marie  en  bourgh  :  manuscrit  28.  —  c  Ce  passagt 
est  omis  dans  munuscrit  28.  —  <*  en  escrivant  un  semblable  cronicq  :  manuscrit  26''".  —  »  Gille 
Dondeu  :  manuscrit  26''".  -S 

(•)  Cf.  l.a  lettre  de  Marie  de  Hongrie  à  Cliarlcs-Quint  du  IN  mai  INSU,  de  Makneffe,  op.  cit.,  I.  III, 
p.  182. 

(*)  Merffe.  Baudoin  d'Acosse  est  cité  fréquemment  comme  échevin  de  Meeffe  dans  le  plus  ancien 
registre  de  la  Cour  de  justice  de  cette  communauté  (1554). 

(s)  Sur  notre  chroniqueur,  voir  page  450.   Gilles  Doudon  ou  Doudou  est  cité  avec  Pierre  de  30 
Ilesdignoul  dans  un  acte  du  15  janvier  1545  (voir  Barbier,  Histoire  du  chapitre  de  Sclayn,  p.  343)  et 
dans  un  acte  du  23  juin  154!)  (Collégiale  de  Sclayn,  aux  Archives  de  l'Etat  à  Namur). 

(*)  Châtelet. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  469 

L'an  raesme,  l'empereur  fit  amasser  grosse  quantité  de  gens  d'armes  en  Alle- 
maigne  pour  faire  la  guerre  à  un  gros  Hans  (')  qui  s'appeloit  lantsgrave  van 
Hesse  a,  et  est  eestuy  là  quy  tient  tous  les  Lulhéricns  en  leur  mauldict  opinion. 
Et  on  craindoit  fort  qu'il  y  eusl  intelligence  avec  le  roy  de  France  et  que  de  ce 
s  ne  sourdist  une  guerre  entre  les  Franchois  et  le  pays  de  par  deçà  cl  aussy 
à  cause  que  les  Franchois  se  fortifioient  sy  fort  sur  leurs  limilles,  comme  la 
majesté  impérialle  lit  manifester  avec  ferme  propos  et  déclaration  de  résister 
audits  princes  et  aullres  seigneurs  estant  rebelles  et  désobéissants  a  Sadiclc 
Majesté,  avec  l'entreprinse  et  précipité  quy  ne  sont  venu  à  cognoissanec  de  per- 

10  sonne  jusques  au  présent  \ 

Pour  l'effect,  il  y  at  qualtre  jours  que  les  colonels  et  capitaines  sont 
despechéz,  à  sçavoir  le  marquis  de  Malignat d  et  le  seigneur  de  Chausbourg  e 
pour  lever  quarante  enseignes  de  piétons  allemans  et  des  gens  de  cheval, 
pour  estre  prest  sur  la    fin   du    mois   de  juiliette  prochain  (2).    Le   pape 

13  envoyât  à  la  court  de  l'empereur  le  duc  Camarin  avec  douze  mil  Italiens 
et  mil  chevaulx  léger  et  oullrc  trois  cents  mil  escus  d'or  (3).  Sa  Majesté  faict 
venir  de  Hongrie  et  du  royaulme  de  Naples  la  garnison  espaignoul,  au 
nombre  de  huict  mil  avec  mil  chevaulx  légers  hongrois,  oultrc  ce  que  le  conte 
de  Buren  doit  lever  une  armée  de  pied  et  de  chevaulx  pour  le  mettre  en  eflecl, 

20  et  pour  le  tout  estre  prest  sur  la  fin  du  mois  de  juiliette  (2),  quy  passeroyent 
ensemble  soixante  mil  hommes. 

Sa  Majesté  at  demandé  à  lantgrave  van  Hesse  de  relaxer  le  duc  de  Bruns- 


3  au  duc  de  Saxe  et  le  lansgrave  de  Hesse,  luthériens  :  manuscrit  36hi'    —  *  Additions  du 
manuscrit  S8.  fol.  579.  —  c  Le  manuscrit  26hu  omet  ce  qui  suit,  après  avoir  donné  l'avis  suivant: 
25  et  l'empereur  les  deffit  et  print  prisonniers  et  menuéz  en  Brabant,  comme  plus  au  long  se  pourrat 
par  les  curieux  rechercher  par  les  histoires  sur  icelles  guerres  faites  que  je  laisse  pour  éviter 
prolixité.  —  ■*  Marignan  :  manuscrit  38.  —  •  Hausbourg  :  manuscrit  28. 

(i)  Philippe,  dit  le  Magnanime,  landgrave  de  Hesse  de  1K09  à  IS67. 
(>)  Ces  passages  semblent  indiquer  que  le  chroniqueur  écrivait  au  jour  le  jour. 
30       (',)  Dans  une  lettre  à  Marie  de  Hongrie,  Charles-Quint  écrit  que  le  pape  offre  de  fournir  à  ses  frais 
12,000  piétons  italiens,  800   cavaliers  et  un   subside  de  200,000  écus.  Cf.  He.vse,  op.  cit..  t.  VIII, 
p.  28. 


470  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

wick  (J)  et  luv  restituer  son  estai  et  aussy  tous  les  biens  usurpé  de  l'église,  dont 
on  attend  la  responce  (2). 

Les  villes  se  humilient  "  au  service  de  l'empereur,  dont  tous  les  adversaires 
sont  estonnéz  d'une  sy  subite  enlreprinse,  à  laquelle  Sa  Majesté  prépare  de  son 
eoslé  ung  effort  admirable,  résolu  de  faire  venir  le  dit  lanlgrave  condescendre  s 
à  la  raison,  à  quy  tous  les  princes  calbolicqucs  se  disposent  aussy,  avec  une  sy 
grande  amas  de  gens  de  guerre  qu'il  ne  veulent  rien  espargner  (*). 

Au  premier  jour  d'aoust  an  XVe  et  XLVI,  environ  douze  heures  à  minuict, 
cheut  la  fouldre  sur  une  tbour  de  Malines,  où  la  pouldrc  de  la  provéance  tant 
pour  l'empereur  que  pour  la  ville  estoit.  et  bruslal  la  dicte  thour  et  bien  deux  10 
cents  maisons  à  l'environ.  Et  à  cause  que  e'esloit  de  nuicl  et  que  chacun  estoit 
au  lieu  de  repos,  il  y  eut  moult  d'hommes,  femmes  et  enfans  brusléz,  dont  ce 
fut  grande  pitié.  Et  trois  jours  après,  sortit  un  homme  hors  d'une  cave  deman- 
dant si  le  monde  duroit  encore  b  (3). 

En  ce  temps,  fut  que  l'archevesque  de  Coulloingne  (4)  estoit  favorant  à  celte  «s 
mauldicte  et  damnable  secte  luthériane,  et  estoit  allié  avec  le  lantgrave  van 
Hesse,  un  conte  palatin  (5)  et  au  duc  de  Mois,  mais  de  Dieu  inspiré,  il  se 
repentit  et  se  rendit  coulpable  en  pryant  Dieu  mercy  et  vint  au  pied  de 
sa  Majesté  Impérialle  requérir  pardon,  et  après  qu'il  eut  obtenu  son  pardon,  il 
donnât  assistence  à  l'empereur  de  son  pouvoir  et  savoir  pour  résister  audit  2e 
luthériens. 

Le  redoubté  et  vaillant  prince  le  conte  de  Buren  boutât  sus  une  armée 
à  pied  et  à  cheval,  et  avec  luy  le  renommez  capitaine  Marlin  van  Rossem  et  se 
tiendrent  assé  longuement  sur  le  Rhin,  par  faute  qu'il  ne  pouvoient  passer 

0  se  sont  humilié...  :  manuscrit  28.  —  b  Addition  du  manuscrit  28.  25 

(i)  Henri  IV,  duc  de  Brunswick,  de  1BU  à  1868,  avait  été  vaincu,  en  I H42,  par  l'électeur  dcSaxe  et 
le  landgrave  de  Hesse,  dépouillé  de  ses  Etats  et  fait  prisonnier.  Il  fut  délivré  après  la  victoire  de 
Charles-Quint  à  Mulhberg,  le  24  avril  tb'47. 

(»)  Voir  note  2  de  la  page  précédente. 

(J)  Voir  page  419.  3rt 

(*)   llerinan  de  Wiedc,  converti  au  protestantisme  en  1840,  déposé  en  1546. 

(5)  Frédéric  II.  Pour  le  landgrave  de  liesse,  voir  page  469,  note  1. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  471 

oullrc,  mais  par  cauteleux  moyen  et  subtilité  tendrent  conseil  ensemble  et, 
environ  la  my  aoust  an  que  dessus,  passèrent  oultre  et  le  lantsgrave  van  Hesse, 
de  ce  adverty.  envoya  une  grosse  quantité  de  ses  chevnuîeheurs  et  piétons  en 
nng  villaige  assez  près  où  le  conte  de  Buren  et  son  année  estoit  cuidant  le  sur- 
s  prendre,  mais  icellni  conle  de  Buren,  bien  advisé  de  leur  entreprinse,  envoya 
Martin  van  Rossem  avec  bonne  quantité  d'Fspnignouls,  lesquels  allèrent  faire 
une  embùclie  par  bon  moyen,  ignorant  ceulx  qui  estoyent  audit  vilaige,  gens 
dtidit  lantgrave.  Et  à  une  certaine  beure  limitée,  le  conte  de  Rurcn  et  ses  gens 
frappèrent  sur  iceulx  Allemands  d'un  coslé  et  le  capitaine  van   Rossem  de 

10  l'antre  costé  frappât  sus  eux.  dont  furent  enclos  Icsdis  luthériens  et  furent  telle- 
ment combattus  et  assaillis  que  tous  y  furent  occis. 

Quoy  oyant,  icelluy  lantsgrave  van  Hesse,  avec  le  remanant  de  ses  gens, 
recula  bien  trengt  lieues  arrière  et  le  conle  de  Buren  marchit  lousjours  selon  la 
rivière  du  Rhin  tant  que  luy  et  son  armée  furent  conjoints  ensemble  avec 
l'armée  de  l'empereur.  Sy  approcha  Martin  van  Ros«em,  avec  son  armée,  une 
petite  bonne  ville  à  laquelle  il  y  avoit  un  fort  chesteau  quy  sappclloit  Andpr- 
nach  et  demanda  d'avoir  passaige  luy  et  ses  gens  au  travers  d'ieelle  ville,  ce 
que  fut  accordé  à  condition  que  il  n'y  entreroit  que  deux  compagnies  à  une 
fois,  ce  qui  fut  conclud,  et  y  entrèrent  deux  enseignes  des  cens  Martin  van 

20  Rossem.  et  quand  il  furent  entré  dedens  ladicte  ville,  avallèrent  les  resteaux  et 
occirent  tous  ceulx  qui  estoyent  entré  dedens.  Adoncq  Martin  van  Bossem 
advertyt  le  conte  de  Buren  de  son  accident  et  malfortune;  dont  ledit  conte  de 
Buren  envoya  force  gens  audit  Martin  van  Rossem  et  assaillèrent  ladicte  ville 
en  sorte  qu'il  l'emportèrent  d'assault  et  le  chesteau  aussy  et  mirent  à  l'espée 

28  hommes,  femmes  et  enfans  et  pillèrent  la  ville  où  ils  trouvèrent  des  grands 
trésor  d'or  et  d'argent  et  autres  richesses  qui  leur  servit  bien  à  propos  et  puis 
bruslèrent  ladicte  ville  et  chesteau  qui  estoit  du  patrimoine  au  duc  de  Hols. 

En  ce  mesme  temps,  le  conte  palatin  (')  ayant  espousé  la  nièpee  de  l'empe- 
reur, fille  au  feu  roy  de  Dannemarck,  s'en  vint  rendre  à  mercv  a  son  oncle 

30  l'empereur  et  par  bons  moyens  fust  réduyct  et  remis  en  grâce,  luy,  son  pays  et 

(')  Frédéric,  comle  palatin,  avait  épousé,  en  1552  Dorothée  fille  du  roi  Christian  de  Danemarck 
et  d'Isabelle  d'Autriche,  sœur  de  Charlfs-Quint. 


472  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ses  sobjccts  et  son  armée,  donl  l'exercite  de  Sa  .Majesté  Impérialle  fut  d'imitant 
renforcée  et  les  Luthériens  d'anltant  ramoindris. 

Item  par  toutes  les  Allemaingncs,  là  où  que  l'empereur  cstoit  obéy,  furent 
envoyés  mandemens  expresses  commandant  que  tous  ceulx   des  subjets  de 
l'empereur  qui   estoient  allé   servir  le  lantsgrave  van  Hesse  fuissent  bannis  s 
hors  des  Allemangnes,  eulx,  leurs  femmes  et  enfans,  à  toujours  et  leurs  biens 
confisqués. 

En  ce  temps,  reviendrent  de  Rome  quattre  elereques  qui  estoyent  du  pays  de 
Haynault,  lesquels  s'estoyent  faict  consacré  prestres  à  Home,  et  revenoyent  au 
pays  auprès  de  leurs  amis  pour  célébrer  leur  premier  messe.  Et  en  passant  par  les  m 
Allemaingncs,  furent  faict  prisonniers  par  les  Luthériens,  et  on  trouva  sur  trois 
les  lettres  de  prestrisse  et  bénéfices,  et  pour  ce  furent  condamnez  à  eslre  noyez. 
Et  fut  l'ung  d'iceulx  les  mains  Iyées  au  dos  et  jectéz  en  la  rivière,  et  les  deux 
aullres,  après  estre  bien  lycz,  furent  enclos  dedens  ung  sacq  et  ainsy  jeelé  en  la 
rivier.    Le  quatriesme  d'iceulx  clereq,  consacré  prestre  comme  les  aultres,  ts 
touleflbis  ne  furent  trouvé  sur  luy  aulcunc  lettre  de  prestrise  ny  bénéfices, 
à  cause  que  paravant  les  avoit  renvoyé  au  pays,  et  aussy  à  cause  qu'il  avoit 
à  sa  couroye  des  ciseaulx  de  parmentier,  il  fut  détroussé  et  despouillé,  et  ainsy 
le  laissèrent  aller.  Lequel  en  revenant  se  complaindit  au  conte  de  Buren,  quy 
luy  bailla  ung  escus   pour  retourner  au  pays,  et  ceulx  de  Coulloingne  luy  20 
baillèrent  ung  sayon  pour  couvrir  son  corps  tant  qu'il  fusl  au  pays.  Iceulx 
Luthériens  disoyent  en  leur  devise  que  l'empereur  a  cstoit  le  capitaine  des 
prestres   et   point   empereur,   et   qu'il   alloit  contre   l'empire   en    tant  qu'il 
soustenoit  l'Eglise  et  les  prestres  d'icelle. 

L'an  XVe  et  XLYI,  au  mois  d'aonst,  le  seigneur  de  Hoingnart,  avec  ses  satel-  25 
lites,  se  bouttat  sus  et  s'en  allât  auprès  de  Hens  en  Champaigne  et  pillât  quinze 
villages  tout  ce  que  y  trouvât  et  on  famoit  qu'il  avoit  pillé  et  bien  gasté  plus  de 
quinze  cent  charrées  de  bleds,  et  prindrent  force  prisonniers,  entre  lesquels  il  y 
avoit  ung  abbé  qui  fut  vint  deux  jours  en  prison  et  après  estre  rançonné,  fut 
relaxé.  30 

«  l'empereur  n'esloit  poinct  empereur  et  qu'il  alloit  contre  l'empire  d'autant  qu'il  soustenoit 
l'empire  romaine  et  englieses,  mais  l'appelloient  le  capitaine  des  prestres,  dont  ils  furent  bannis  les 
chieffs  et  auteurs  de  ce  malheure  :  addition  du  manuscrit  29. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  473 

En  ce  mesme  temps,  fut  bruict  que  certains  capitaines,  avec  vingt  mil 
Franchois,  tant  chevaulchers  que  piétons,  allèrent  en  Allemaigne  en  l'assistance 
de  sa  Majesté  Impérialle  et  n'avoyent  argent  de  leurs  gaiges  avec  eulx,  mais 
quand  ils  furent  là,  ils  se  tournèrent  avec  l'ennemi  de  l'empereur. 

s  L'an  mesmc,  au  mois  de  septembre,  vindrcnt  nouvelles  à  Namur  que  lants- 
grave  van  liesse  et  son  armée  furent  sy  entreprennant  et  présomptueux  qu'ils 
vindrent  sy  près  de  l'armée  impériale  qu'ils  tiroyent  des  grosses  pièces  d'arleil- 
leries  contre  l'empereur  et  son  armée  et  furent  bien  tirés  jusques  à  siex  ou 
sept  vingt  coups.  Toultcfois,  avec  la  grâce  de  Dieu,  ny  furent  occis  que  deux 

to  bommes  impérialles.  Adoncq  l'empereur,  qui  avoit  faiet  préparer  quatre  plattcs 
formes  sur  lesquels  estoit  l'arteillerie  impérialle,  la  lit  tirer  illecq  contre  le 
lantsgrave  et  son  exercite,  en  sorte  que  siex  vingt  hommes  ont  esté  tués. 
Adoncq  les  Espaignols  vindrent  en  façon  de  aeille  et  frappèrent  sur  icculx 
Luthériens,  en  sorte  que  le  lantsgrave  et  Luthériens  furent  deffaicl  et  rué  jus. 

t3  L'an  mesme,  fut  érigée  par  les  Anglois  une  nouvelle  ville  à  une.  lieue  près 
de  Boulongne,  nommé  Lambelteuze. 

Le  roy  franchoys  envoya  ung  ambassadeur  envers  le  roy  d'Engleterrc  luy 
priant  de  luy  faire  ccste  honneur  de  vouloir  aller  en  Fiance  et  lever  et  estre 
parin  d'ung  sien  filz,  dont  le  roy  anglois,  entendant  ce,  eut  tel  conseil  qu'il  y 

20  envoyeroit  au  nom  de  luy  ung  des  siens  barons,  mais  quand  il  fut  en  France, 
il  fut  arresté,  quoy  entendant  le  roy  d'Englelerre  s'en  vint  assaillir  la  neuf 
Boulongne  que  les  Franchois  avoyent  par  cidevant  fait  édifier  et  la  prindrent 
d'assault. 

«  0   nation  franchoise  quy  du  sang   troyen  procèdes,  souvienne  toy  de 

23  »  la  lignée  dont  tu  es,  regarde  Testât  où  tu  es,  qu'il  te  souvienne  du  temps 
»  jadis,  roy  franchois;  devant  Paive,  tu  fus  arresté.  Tu  le  cognois,  oneque  en 
»  ta  lignée  ne  vint  à  toy  tel  desroy.  En  Espaigne,  le  langaige  tu  as  prins  et, 
>»  vaille  quy  vaille,  l'empereur  se  trop  fyant  est  venu  au  travers  de  la  France 
»  où  fort  triompbament  a  esté  receu.  Dieu  merci,  pour  ceste  fois,  la  fortune 

30  »  est  bien  venue.  » 

Sur  la  fin  de  septembre  an  que  dessus,  le  lantsgrave  voyant  que  l'empereur 
ne  s'accordoil  à  donner  bataille,  craindant  effusion  de  sang,  comme  un  vraye 
prince  doit  faire,  s'approchât  si  près  de  l'armée  impériale  que  force  estoit 
Tome  IL  60 


474  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

de  fuir  ou  comlialtrr  ou  reculer.  Dont  l'empereur  eut  tel  conseil,  voyant  le 
temps  poinet  propice  pour  ce  f:iire,  qu'il  reculât  luy  et  son  armée,  mais  ledit 
lantsgr&ve,  imaginanl  que  ladictc  reculée  se  faisoil  de  peur,  soy  advansisl  et  se 
mist  sy  près  de  l'armée  de  l'empereur  que  force  fut  de  donner  bataille  et  fut 
donnée  en  sorte  que  beaucoup  de  gens  d'un;*  costé  et  d'aullre  y  demotirèrent.  5 
Et  sy  disoit-on  qu'on  avoit  publié  au  son  de  trompette,  en  la  ville  de  Namur.  le 
quatriesme  jour  d'octobre,  que  des  Luthériens  et  de  leur  partie  en  esloyent 
mort  trengt  quattie  mil.  Fit  le  lantsgrave  et  le  résidu  de  ses  gens  se  retira  trengl 
lieues  arrière  de  l'armée  impérialle.  Il  fut  rapporté  que  ieclle  bataille  s'estoit 
faicte  d'aullre  sorte  que  devant  n'est  mentionné,  à  savoir  que  quand  le  landgrave  ,0 
agresseur  eut  faict  tirer  son  artillerie  point  petitte,  car  on  l'estimoit  à  cent 
et  cinquante  "  grosses  pièces  de  cannons,  sans  y  comprendre  les  serpentines, 
mortures,  volcans  et  menues  arteilleries  sans  nombre,  accompagné  de  deux 
cents  mil  bommes,  quand  ils  eurent  tiré  et  faict  leurs  efforts  de  leurs  arteil- 
leries, adonc  l'arleillerie  impérialle  fut  tirée  et  à  grande  peine  cessée  que  ,s 
ledit  lantsgrave,  esmeu  et  escbaufé.  luy  et  ses  gens,  soy  frappèrent  sur  leurs 
ennemis  en  sorte  qu'il  fut  force  à  l'exercite  impériale  y  obvier  et  résister. 
Ft  durât  la  bataille,  comme  on  famoit,  environ  douze  heures  et  tellement 
y  fut  combalu  et  milité,  avec  l'aide  de  Dieu  et  de  Saint  Ceorges,  que  les  Luthé- 
riens y  furent  succombé  et  comme  il  se  cuidoient  retirer  en  leur  fort  pavilhon  s0 
et  charrov,  vint  monsieur  le  comte  de  Buren  sur  le  costé  qui  ne  leur  permit  ne 
donnât  terme  ne  lieux  pour  eulx  reposer,  sauver  ny  garanlier,  ains  eulx  tous 
frais  frappèrent  sur  ieculx  maudicts  Luthériens.  Quand  ils  appareeurenl  que 
c'esloit  leur  fin  et  permission  divine,  comme  désespérés,  se  désemparèrent  et 
desjoingnirent  en  la  sorte  que  ung  chacun  fuyoit  ça  et  là  pour  sauver  leur  vie  2S 
et  abandonnant  tout  comme  tentes  et  pavilhons,  or  et  argent,  baghes,  usten- 
silles  et  arteilleries  et  tout  ce  qu'il  avoyent,  dont  nos  gens  en  furent  fort 
enrichis. 

De  ce  temps  que  tous  ses  entrefaicl  se  passoyent,  venoit  encor  à  l'assistence 
du  landtgrave  un  prince  d'Allemangne  avec  hutet  mil  hommes  tous  frais,  espé-  30 
rant  y  venir  conforter  les  Luthériens  à  la  bataille;  mais  quand  ils  sceurent 

■  250  -.'manuscrit  S8. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  475 

certaines  nouvelles  de  la  bataille,  qu'elle  estoit  perdue  pour  eulx,  ils  se  retirèrent 
là  assez  près  en  une  bonne  ville  et  l'empereur,  estant  de  ce  adverly,  envoya 
incontinent  mettre  le  siège  devant  ceste  ville  et  y  fut  si  longuement  qu'ils  furent 
tous  affamés  et  assubjectis  à  la  volonté  de  noslre  prince  naturelle.  Est  encor 

s  à  noller  que  l'empereur  fit  semour  ceulx  de  Francfort  d'enlx  réduire  à  la  foy  ou 
donc  rendre  la  ville  à  sa  volonté  et  subjeclion,  dont  ils  furent  rebelles  et 
désobéissants,  mais  l'empereur,  sachant  leurs  maudites  et  perverses  opinnions, 
se  confiant  en  Dieu,  se  délibérât  de  y  mettre  le  siège,  et  le  fil  après  qu'une 
espace  de  temps  y  eût  esté,  sachant  qu'il  avoyent  en  ladicte  ville  faulte  de 

10  vivres,  y  fit  donner  l'assault  et  sachant,  les  gens  impérialles,  le  grand  trésor 
qu'il  y  avoit  en  ladicte  ville,  eulx  confiant  au  bon  vouloir  impérialle,  soy 
adventurèrenl  leur  vie  tellement  que  du  premier  assault  icelle  ville  fut  prinse 
et  hommes  et  femmes,  enfans  et  gens  de  guerre,  petits  et  grands,  furent  mi9  à 
l'espée  et  après  à  pillaige,  et  le  dormir  ne  valoit  guères,  car  chacun  besoignoit 

15  pour  son  affaire. 

Au  mois  de  décembre,  fut  raporté  en  la  ville  à  Namur  que  le  lantsgrave 
envoya  ses  ambassadeurs  vers  le  roy  de  France,  pryant  d'avoir  de  luy  et  de  son 
royaulme  assistenec  contre  l'empereur.  Mais  le  roy,  par  l'advis  de  ses  conseil- 
liez, respondit  susdits  ambassadeurs  qu'il  ne  vouloit  déITendre  l'empereur  de 

20  corriger  ses  subjets.  Tccluy  lantsgrave,  se  voyant  despourveu  de  l'ayde  du  roy, 
envoya  vers  les  Turcs,  requérant  assistance  contre  l'empereur,  mais  iceluy 
respondit  qu'il  avoit  tresves  avec  l'empereur  et  qu'il  ne  les  vouloit  point  briser. 
Quoy  voyant,  le  lantsgrave  se  partit  secrètement  de  ses  gens  et,  avec  cineque 
cens  cheval,  se  retira  en  son  pays,  lequel  on  famé  estre  inaccessible,  mais  le  duc 

25  de  Saxe,  son  allié,  ne  se  pouvoit  retirer  ny  sauver  à  cause  que  l'empereur  estoit 

au  dessus  de  son  pays.  Aprochant  l'hiver,  sa  Majesté  et  son  armée,  avec 

l'armée  du  conte  de  Buren,  conquestèrent  de  force  aulcunes  villes  et  aulcunes 

se  rendirent  soubz  obéyssance  jusque  au  nombre  de  trengt  bonnes  villes". 

L'an  1547,  environ  la  Chandeleure,  fut  raporté  des  Italie  que  les  Franehois 


30  °  Et  disoit-on  qu'il  y  avoit  30  bonnes  villes  es  Allemar.gnes,  tant  petites  que  grandes,  qui,  tant  de 
force  que  autrement,  s'estoient  mises  soub  la  puissance  de  Sa  Majesté  impérialle  :  manuscrit  28, 
p.  383. 


476  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

avoicnt  prétendu  sur  la  ville  et  la  cité  de  Gcnncs  en  Lombardic  et  on  disoit 
qu'il  y  avait  un  capitaine  qui  tenoit  le  chasteau  et  un  aullre  capitaine  qui  prési- 
doit  dessus  la  ville  et  un  troisième  capitaine,  qui  csloit  admirallo  de  la  mer,  et 
iceuk  trois  capitaines  cstoienl  alliez  du  linaige  ensemble  et  estoient  souvent 
ensemble,  comme  parcns  et  amis.  Or  il  y  avoit  un  conte  qui  se  tenoit  en  ladicle  ri 
ville  de  Gennes,  lequel  estoit  fort  familier  à  iceulx  capitaines,  tellement  qu'il  se 
monstroyent  signes  d'amour  l'un  avec  l'aullre.  Dont  advint  un  jour  qu'iceluy 
conte,  ayant  conspiré  contre  iceulx  trois  capitaines,  se  trouvoit  en  la  ville  de 
Genne  avec  huit  cents  musqué  tiers  "  ou  environ,  ses  fauteurs  et  complices,  et 
de  nuit,  le  plus  secrètement  qu'il  peut,  envoya  aucuns  d'iceulx  à  l'hostel  du  »o 
capitaine  de  la  ville,  luy  laissant  assavoir  qu'il  se  levast  de  son  lict,  car  grosses 
nouvelles  estoient  survenues  en  la  ville.  Quoy  oyant,  ledit  capitaine  se  levât  en 
sa  chemise,  avec  sa  robe  de  nuict,  pour  venir  parler  à  iceulx  et,  l'huis  de  sa 
chambre  ouvert,  entrèrent  iceux  trahistres  et  occirent  icelluy  capitaine  et  ses 
serviteurs,  autant  qu'ils  en  trouvèrent.  Puis  vindrent  autant  devant  le  chesteau,  t» 
appelant  haullement  le  capitaine  d  icelluy,  et  estoyent  apprins  iceulx  dits  mus- 
queliers  que  incontinent  que  icelluy  capitaine  seroit  venu  du  chesteau  à  la 
fenestre  pour  ouyr  leurs  nouvelles,  ils  debvoient  tirer  vingt  à  trengt  tout  d'un 
coup  contre  icelluy  affln  que  sy  l'ung  défaille  de  l'attendre  ou  tuer,  que  l'aultre 
le  puis  redresser  ce  quy  fut  faiet.  Mais  Dieu  ne  permist  tant  de  maulx  et  il  ne  5<> 
fut  altaint  icelluy  capitaine;  il  induict  depuis  à  sa  garde  et  ses  gens  de  bien 
garder  son  chesteau  eteulx  se  mettre  en  deffence  [pour  garder  la  place]  ". 

Voyant  icelluy  trahistre  avoir  failly  le  second  capitaine,  vindrent  hors  de  la 
ville  en  la  naviere  où  avoit  accoustume  de  reposer  mr  l'admirai,  le  tiers  capi- 
taine. Mais  ayant  entendu  le  bruict  des  liarquebousiers  en  la  ville  devant  25 
le  chesteau,  se  doublant  de  trahison,  s'estoit  mis  et  retiré  en  une  petite  bar- 
quette sur  la  mer  et  iceulx  Francliois  venants  en  la  naviere,  ne  trouvant  seule- 
ment le  Met  d'où  il  s'estoit  nouvellement  levé,  mirent  tous  ses  serviteurs  à 
l'cspée. 

Apercevant  icelluy  conte  son  entreprinse  faille  et  descouverte,  se  retira  luy  30 


"harquebusiers  :  manuscrit  28.  —  b  Addition  du  manuscrit  28. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  477 

et  ses  gens  sur  un  coing  de  la  ville  et  se  rengèrent  lesdis  Iiarquebusiers  en 
bataille,  mais  iceulx  de  la  ville  se  retirèrent  au  marché  et  s'assemblèrent  avec 
serpentines  et  grosses  arteillerics  et.  à  grande  puissance,  marchèrent  en  bataille 
et  par  bon  ordre  [contre  ledit  conte  et  ses  faux  trahistres  et  Iiarquebusiers]  ". 
s  Icelluy  conte,  voyant  la  force  contre  luy  et  leur  trahison  ne  pouvoir  profiter, 
se  retirèrent  hors  la  ville  ens  forces  et  seigneuries  dudit  conte. 

En  ce  temps,  on  avoit  famé  que  le  roy  d'Engleterre  avoil  payé  le  tribut  de 
nature  (*).  L'empereur,  de  ce  adverty,  s'en  alla  en  Englelerrc  à  cause  de  la  fille 
du  [roy]  trespassé,  car  elle  esloil  fille  de  sa  lante,  [et  sa  cousine  germaine]  a. 

io  En  ce  temps,  M.  de  Hochstralen  (2),  gouverneur  du  pays  de  Gueldre,  ayant 
receu  lettre  de  Sa  Majesté  en  présente  de  plussieurs  genlilhommes  et  seigneurs 
du  pays,  où  il  proposa,  devant  tous,  le  faict  de  Bus  et  de  sa  trahison.  Dont  entre 
les  aultres  Monsieur  de  YVel,  gentilhomme  et  seigneur  audit  pays,  dist  à  Mon- 
sieur de  Hostratte  que  s'il  eust  eu  Monsieur  de  Bus  entre  ses  mains,  il  eusl  plus 

15  pugny  que  n'avoit  faict  l'empereur.  Par  quoy  Monsieur  de  Hostratte  demandât 
en  la  présence  des  aultres,  sy  d'aventure  on  trouvoit  encor  ung  tel,  ce  que  on  en 
devoit  faire.  A  quoy  Monsieur  de  Wel  respondil  que  on  le  debvoit  griefvement 
pugnir  à  l'exemple  d'aultruy.  Dont  Monsieur  de  Hostratte  tira  une  lettre  ou  deux 
escrile  de  la  main  Monsieur  de  Wel,  qu'il  avoit  envoyé  à  lantgrave  pour  faire 

-0  rebeller  le  pays  do  tJueldre,  et  comment  il  avoil  entreprins  assaillir  de  trois 
eosléz  les  Impérialles,  à  sçavoir  de  Lantgrave,  du  roy  de  France  et  des  Guel- 
drois,  et  luy  demanda  s'il  vouloit  nyer  ses  lettres,  lesquelles  Monsieur  de  Wel 
ne  refusât,  mais  requis  miséricorde  et  fut  constitué  prisonnier.  [El  n'est  possible 
qu'il  n'y  ait  encor  plussieurs  semblables  et  le  duc  de  Wiltenberg  a  donné  ses 

25  lettres  à  l'empereur  et  a  divulgué  tous  ses  entreprises  et  n'est  à  doubterq  ue 
Dieu  n'y  ait  labouré  et  pourveu]  n. 

*  Addition  du  manuscrit  28. 

(i)  Henri  VIII,   roi  d'Angletirre,  mourut  le  2'.)  janvier  I15J7.  Il  laissait  de  sa  première  femme 
Catherine  d'Aragon,  tante   de   Charles-Quint,  une   fille  Marie,  qui  devint   reine  après  Edouard  VI 
30  en  1553. 

(*)  Antoine  I  de  Lalaing,  comte  de  Iloogstraeten. 


478  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

En  ce  temps,  fui  Strasbourg  réiluillc  à  l'obéissance  de  Sa  Majesté.  Il  fut 
raporté  par  un  noble  gentilhomme  de  la  court  et  famille  de  l'empereur,  appelé 
Alr  de  Monceaux,  au  mois  d'avril  1547,  comment  le  comte  Maurice,  estant  au 
service  de  l'empereur,  avoil  eu  bataille  contre  Je  due  de  Saxe,  mais  ledit  comte 
Maurice  et  son  exercile  fut  succombé  et  fut  le  duc  de  Saxe  victorieux.  Ce  aper-  5 
cevanl,  les  Bohèmois  se  retirèrent  du  service  de  l'empereur,  donnant  faveurs 
et  aides  au  due  de  Saxe  et  fut  bruict  qu'ils  voulurent  couronner  ledit  duc 
empereur ^  mais  la  Majesté  Impériaile,  usant  de  prudence  et  conseil,  par 
évident  provision,  reboutal  sus  une  nouvelle  armée  et  en  fut  derechef 
conducteur  ledit  conte  Maurice,  lequel  vint  présenter  la  bataille  au  duc  10 
de  Saxe,  en  sorte  que  les  armées  se  joindront  et  obtint  le  conte  Maurice 
la  victoire  et  fut  succombé  ledit  duc  de  Saxe  et  son  exercile.  dont  lesdits 
iiolièmois  voyant  avoir  fally  de  leur  enlreprinse  et  rébellion ,  vindrent 
pryer  merci  à  la  Majesté  Impériaile,  lequel,  en  suivant  sa  clémence,  leurs 
pardonna.  is 

L'an  XV'XLVII,  le  pénultième  de  mars,  mourut  Franchois,  roy  de  France, 
et  fui  faîne  que  après  sa  mort,  le  daulphin  son  fils  se  appareilloil  pour  recepvoir 
la  couronne  royalle  à  Reims,  le  troisiesme  jour  de  mai  après  ensuivant.  Et  on 
disoit  que  le  roy  futur  avoit  envoyé  vers  la  Majesté  impériaile  nobles  et  magni- 
fiques ambassadeurs,  en  iuy  pryant  avoir  amour  avec  luy,  luy  promettant  20 
service  et  ayde  d'or  cl  d'argent,  de  gens  de  guerre  à  pied  et  à  cheval,  s'il  en 
avoil  affaire.  Et  touchant  des  différents  qui  pouldroient  eslre  advenus  entre 
culx  tant  pour  la  ducheit  de  Milan,  la  ducheit  de  Savoye,  les  royaulmes  de 
INaples  et  Cécile  [que  de  la  rivière  de  Somme]  ",  de  la  ducheit  de  la  haulle  Bour- 
goigne,  de  llcsdiu,  comme  pour  le  royaulme  de  iNavare,  il  pleust  à  sa  Majesté  23 
Impériaile  eslire  vingt  hommes  sages  [et  discrets]''  en  son  pays  et  ledit  roy  futur 
eu  prendroil  aussy  vingt  en  son  royaulme  et  tout  ce  qui  seroil  par  eux  faict  et 
accordé  promettoit  de  le  tenir,  garder  et  observer  et  de  le  faire  garder  en  tout 
son  royaulme  à  lousjours. 

L'an  mesme,  au  mois  d'avril  1547,  vingt  gentilshommes  se  partirent  de 
Boulongne  qui  estoient  ponr  la  partie  des  Franchois  b  et  vindrent  au  lieu  30 

«  Addition  du  manuscrit  28.  —  ''  Anglois  :  manuscrit  28. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  479 

de  Hesdin,  tous  blancs  armés,  faire  bonne  chère  avec  les  seigneurs  de  la  garnison 
de  Hesdin,  qui  se  lenoyent  pour  le  roy  de  France.  Dieu  veuille  que  tout  amitié 
se  puisse  entretenir  (1). 

L'an  mesme,  fut  par  sentence  du  pape  l'archevesque  de  Cologne  privé  de  son 
5  archevêchée  et  tous  ses  autres  bénéfices. 

L'an  mesme,  continuant  la  guerre  entre  l'empereur  et  les  autres  princes  de 
l'Empire,  fut  une  bataille  faicte  contre  le  duc  de  Saxe,  dont  il  fut  pris  et  ses 
gens  déllaicls.  Par  après,  l'autre  principal  chef,  le  landgrave  de  Hesse,  qui  fut 
aussy  par  subtilité  prins  prisonnier  par  l'empereur  avec  grand  nombre  d'arleil- 
i0  leries,  lequel  fut  emené  auprès  de  l'empereur  et  de  là  furent  conduits  et  menés 
le  duc  de  Saxe  et  le  landgrave  de  Hesse  en  prison  en  Braibant.  (Manuscrits  28 
p.  586;  96,  p.  292;  97,  fol.  Ï99  V.) 


Le  roy  Henri  de  France,  au  commencement  de  ceste  même  année  [1552], 
vint  sur  les  fronlicrs;  de  quoy  craignant,  le  pays  de  Liège  esleva  une  compaignie 

15  de  cbevaux  et  quatre  de  pieds  pour  garder  le  pays  et,  en  quareme,  le  roy  a  prins 
son  chemin  vers  le  pays  de  Loraine  et  illec  tellement  exploité  que  la  ville  de 
Metz,  laquelle  autrefois  a  esté  vendue  par  Godefroid  de  Bouillion  aux  bourgeois 
et  laquelle  ils  avoienl  tenu  comme  seigneurs  jusques  à  présent,  luy  a  esté  livrée 
et  rendue.  Ayant  laissé  garnison  dedans,  il  tira  avant  en  Allemagne  avec  son 

20  armée,  suivant  l'alliance  faicte  entre  luy  et  aucuns  princes,  jusques  auprès  de 
la  ville  de  Spire,  et  ses  autres  alliées  esloient  du  coslé  d'Ausbourg  prétendant 
de  prendre  l'empereur,  tellement  que  force  luy  fut  de  fuir  et  ceci  avoicut-ils 
basti  aflin  qu'ils  peussent  ravoir  les  deux  prisonniers  qui  esloient  en  Drainant, 
assavoir  le  duc  de  Saxe  et  le  landgrave.  L'empereur  estant  poursuivi  finable- 

23  ment,  Ferdinandus  y  donna  provision,  car,  par  son  moyen,  la  paix  fut  faicte 

('•)  Le  manuscrit  reprend  en^uile  pour  l'année  1847,  le  texte  du  manuscrit  2  public  ci-dessus, 
page  420.  I.a  succession  des  deux  notices  sur  le  même  fait  montre  à  l'évidence  que  le  copiste  aban- 
donne un  manuscrit  pour  reprendre  l'autre. 


480  CIIKONIQUES  LIÉGEOISES. 

avec  tel  Iraicté  et  condition  que  les  deux  prisonniers  seroient  relaxé,  comme  là 
après  ils  furent  (').  Or  Maurice  quitta  les  armes  et  ses  gens  furent  retenus  par 
l'empereur  et  Albert  de  Bradenbourg  avoil  Iraicté  son  cas  avec  l'empereur, 
nonobstant  qu'il  n'en  fist  semblant  pour  aller  dccolcr  le  roy,  mais  le  roy,  estans 
les  deux  prisonniers  relaxé  et  voyant  en  Albert  ses  faicls,  s'est  retiré,  car  s 
il  entendit  que  les  Bourguignons  avec  une  armée  violente  entrer  en  France, 
ayant  desja  encommencé,  mais  entendant  que  le  roy  retournoit,  il  se  sont 
retiré  et  le  roy,  arrivé  au  pays  de  Luxembourg,  a  gaigné  Damvillers,  puis  la  ville 
d'Yvois  par  après  at  esté  rendue.  Lors  a  esté  courut  le  pays  de  Luxembourg, 
pilliant  et  bruslans,  mais  les  Bourgtienons  vers  le  quartier  de  Ilaynaut  sont  10 
entré  en  France,  pilliant  et  bruslant  le  plat  pays  merveillicusement.  Dont  le  roy 
avec  son  armée  liaslivemenl  laissa  le  pays  de  Luxembourg  et  vint  pour  débeller 
les  Bourguenons  ou  le  repousser,  de  sorte  que,  de  ce  advertis,  se  retirèrent  bors 
de  France.  Le  roy  Henri  les  poursuivit  jusques  à  la  ville  de  Chimay  en  Ilaynaut, 
que  les  Franchois  prindrenl  et  bruslèrent  et  autres  plusieurs  villages  à  l'entour.  15 
Delà  mirent  le  siège  devant  Bouillion  aparlenanl  à  l'évesque  de  Liège,  qui  après 
avoir  esté  battu  d'artilleries,  fut  rendue  par  le  capitaine  Gulliamc,  bastart  de 
Horion,  qui  avoit  esté  en  garde  d'icelle  forteresse  environ  l'espace  de  50  ans, 
et  l'a  rendu  luy  et  ses  compaignons  et  leurs  biens  saufs,  demeurant  toute  la 
munition  en  place,  à  raison  de  quoy  fut  prins  en  chemin  par  ses  gens  mesme  et  20 
amené  en  Liège  où  son  procès  luy  estant  faict,  il  fut  décapité,  comme  voirez 
ci  après.  La  date  de  la  reddition  dudit  chasteau  de  Bouillion  est  contenue  en  les 
vers  composé  par  Jacques  de  Bouloingne,  greffier  de  Liège  (*). 

En  ce  temps,  ayant  l'empereur  amassé  gens  de  guerre  de  diverses  nations, 
comme  Espaignols,  Italiens,  INéapolitains,  avec  les  Allemans  qu'il  avoit  de  îs 
de  l'armée  du  duc  de  Maurice  et  estant  d'accord  avec  les  princes  de  l'empire,  at 
fait  marcher  son  armée  vers  Loraine,  tellement  qu'estant  proche  de  la  cité  de 
Mets,  luy  sont  encor  venus  joindre  grande  armée  des  Frisons  et  autres  pays  bas, 
de  sorte  qu'estans  tous  ensemble,  estoient  en  nombre  de  cent  mil  hommes.  Si 
est  allé  mettre  le  siège  devant  ladite  ville,  que  les  gens  du  roy  lennoient.  30 

(•)  Traité  de  l'assau. 

(*)   Voir  1116111e  relation,  page  42C. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  481 

La  cité  estoit  pourveue  et  munie  de  bons  capitaines  esleus  de  bonnes  maisons, 
comme  cclluy  de  Guise,  général  qui  avoit  surintendence  de  la  gendarmerie  de 
chevaux  et  de  pieds,  Pierre  Strossy,  constitué  aux  affaires  des  fortifications  et 
amonitions,  et  bonnes  gens  de  guerre,  car  le  roy  recognoissoit  qu'en  laissant 
s  grosse  garnison  derier,  il  pouldroit  beaucoup  nuire  à  cieux  de  l'empereur 
et  ausi  pensoit  l'empereur  que  s'il  les  laissoit  derrière,  ils  porteroient  grans 
dommages  à  son  armée,  tellement  que  la  propre  nuict  de  la  Toussainct,  le  camp 
a  esté  assis  et  puis  les  canons  ont  battu  et  des  assauts  donnés,  la  ville  deffendue 
d'approches  par  loing  et  sallies  que  cieux  de  dedans  faisoient  souvent  fois,  et 

10  entre  ces  faicts,  survindrent  grandes  et  aspres  froidures  et  gelées,  pluives  et 
nèges  et  mauvais  temps  et  plus  quasi  que  de  coustume.  La  cité  se  fortifioit  de 
jour  en  jour  par  cieux  de  dedans,  grans  et  petits  se  deffendoient  soigneusement 
contre  leurs  ennemis  et  les  gens  de  l'empereur,  ainsi  morfondus,  sans  préjudicier 
ri^n  ou  bien  peu  à  la  cité,  les  gens  du  champ  de  l'empereur  vindrent  à  eslre 

13  infectez  pleins  de  maladies  et  engelés  ~'_  en  mouroit  chacun  jour  un  grand 
nombre.  Ainsi  continuant  jusques  au  Noël,  estant  trouvés  et  veus  plus  de 
quarante  mil  hommes  morts  et  la  pluspart  malades,  alors  fut  ordonné  de  laisser 
la  cité  et  lever  le  champ,  ce  qui  fut  faict  es  festes  de  Noël, 

Du  temps  que  le  champ  estoit  encor  là,  les  Haynniers  et  Flamens  prindrent 

20  Hesdin,  mais  subitement  les  François  leur  firent  quitter  la  place  et  coururent 

le  pays  de  Haynaut.  Et  sur  ces  entrefaictes,  le  roy  et  l'empereur  avoient  aussy 

une  armée  en  Italie  et  prindrent  les  François  aucunes  petites  villes  etchasteaux. 

En  ceste  mesme  année,  a  esté  faicle  la  paix  entre  le  roy  de  France  et  le  pape 

et  le  duc  Octave  Farnèse  (*)  de  la   guerre  qu'ils  avoient  commence  devant 

25  Parme  et  fut  aussy  le  jeune  duc  de  Loraine  (*)  et  tout  son  pays  mis  en  pro- 
tection et  sauvegarde  du  roy  de  France. 

Audit  an,  le  duc  Eduard  de  Somercy  (3)  en  Angleterre  a  esté  décapité  à 
Londres. 

(«)  Le  traité  qui  reconcilia  Jules  III,  pape  de   IbbO  à   1555,  Henri  II,  roi  de  France,  et  Octave 
30  Farnèse,  époux  de  Marguerite  d'Autriche  et  père  d'Alexandre  Farnèse,  est  du  2i)  avril  1552. 

i_*J  Charles  II,  né  le  18  février  1543,  que  la  mort  imprévue  de  François,  son  père,   fit  duc   dès 
le  12  juin  I S45. 

(*)  Edouard  Seymour,  créé  due  de  Sommersct  par  Edouard  VI,  décapité  le  22  janvier  1552. 

Tome  II.  61 


482  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  mesme,  la  guerre  continua  entre  l'empereur  et  le  roy  de  France,  faisans 
courses  et  pillions  le  plat  pays,  et  l'empereur,  ayant  assemblé  une  grosse  armée, 
alla  assiéger  la  ville  de  Terrouaigne,  laquelle,  après  avoir  longuement  tenu 
bon  et  esté  fort  battue  de  canons,  fut  rendue  et  prinse  puis  ruinée  et  démolie  (1). 

L'an  mesme,  deux  princes  d'empire,  assavoir  le  due  Maurice  de  Saxe  et  s 
Albert  de  Brandebourg,  furent  en  armes  l'un  contre  l'autre,  avec  leurs  alliés  et 
entrèrent  et  eurent  bataille  au  9  de  juillet  avec  toutes  leurs  forces,  où  y  eut 
grande  meslée,  tellement  qu'y  demeurèrent  occis  bien  4000  hommes  de  cheval 
et  grand  nombre  de  piétons,  avec  des  prisonniers  en  bon  nombre,  demeurant 
ledit  Maurice  victorieux,  mais  il  eut  son  coup  de  harquebuse  qui  luy  passoitles  i© 
boyaux,  dont  il  mourut  deux  jours  après  et  avant  sa  mort,  après  la  victoire,  luy 
furent  apportées  53  enseignes  des  piétons  et  des  gens  d'ordonnance  qui  estoient 
gaignées  sur  les  ennemis  (2).  Après  sa  mort  at  esté  Auguste  (3),  frère  de 
Maurice,  qui  avoit  espousé  la  fille  du  roy  de  Dannernarck,  électeur. 

Et  là  après  de  longues  guerres  civiles  ainsy  mené,  n'at  esté  encor  pour  ledit  15 
confliet  tout  achevé  n. 

L'an  mesme  (15331,  estoit  le  champ  de  l'empereur  devant  Hesdin,  où  estant 
fort  cannonée,  fut  bien  deffendue,  mais  par  fortune  le  feu  se  prit  à  la  poudre 
qui  estoit  dedans  Hesdin  (4).  De  ce  cas  estonné  et  sans  grandement  avoir  de 
pouldre,  ce  rendirent  cieux  de  Hesdin,  où  aucuns  nobles  de  France  furent  pri-  20 
sonniers.  El  est  après  le  champ  de  l'empereur  tiré  vers  Dorlens  (5),  ville  appar- 
tenante au  roy,  où  le  roy  Henri  avoit  près  de  là  faict  venir  son  armée  et  de  là 
furent  données  quelques  allarmes  et  escharmouches  grosses  de  par  les  gens  de 
l'empereur  sur  les  François  et  avoient  eu  meillieur  de  leur  part,  mais  les  Fran- 
çois, qui  avoient  faict  embûche  à  l'escart,  commencèrent  incontinent  à  donner  25 

"  Addition  du  manuscrit  96. 

(  )  Sur  la  prise  de  Thérouanne,  voir  IIenne,  op.  cit.,  t.  X,  pp.  29-47. 
(  )  Bataille  de  Sivershusen  du  1)  juillet  1585. 

I')  Auguste  dit  le  Pieux,  duc  de  Saxe  de  lbbô  à  1586,  avait  épousé  en  premières  noces  Anne  fille 
de  Christian  111  de  Danemarck.  30 

(*)  Sur  la  prise  d'Hesdin,  voir  IIenne,  ibid.,  pp.  51-35. 
(6)  Dourlens.  Sur  celte  bataille,  voir  Hknne,  ibid.,  pp.  84-59. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  483 

dedans  avec  leurs  harquebuse,  de  quoy  furent  bien  tost  leurs  ennemis  mis  en 
route  et  occis  et  des  grans  prins  prisonniers,  comme  le  duc  d'Archotte  et  autres 
de  l'armée  de  l'empereur,  laquelle  se  retira  en  Haynaut  petit  à  petit  jusques 
auprès  de  la  ville  de  Valenciennes,  illec  se  parquèrent  et  l'armée  des  François 

s  les  suivoit  jusque  près  et  devant  leur  parques,  monstrant  d'estre  délibéré  de 
combattre,  et  ayant  faicl  quelques  escharmouches,  se  retirèrent  bruslant  le  pays 
de  Haynaut  et  auprès  de  Cambresis. 

Audit  an.  le  grand  duc  Soliman  a  faict  estrangler  Mustopha,  son  fils  aisné, 
pour  soubson  de  trabison.  (Manuscrits  28,  fol.  587  à  590;  96,  fol.  295  à 

10  295;  97,  fol.  201  et  202). 

En  ce  mesme  temps,  y  avoit  une  fille  en  Angleterre  nommée  Marie  qui  suc- 
céda à  la  couronne  par  le  trespas  de  sou  frère  Edouard,  laquelle,  avec  grand 
pourchas  et  diligence,  a  esté  fiancée  au  roy  Philippe  d'Espaigne,  ayant  perdu  sa 
première  femme;  aucuns  d'Angleterre,  non  eontens,  se  sont  rebellées,  tellement 

45  que  la  guerre  civile  y  a  commencé  et  n'a  point  esté  démeslée  sans  effusion  de 
sang.  Or,  estant  ledit  Philippe  en  Espaigne,  luy  estoit  impossible  de  passer  par 
deçà,  veu  la  guerre  aux  François  qui  continuoit. 

L'an  mesme,  fut  envoyé  un  légat  du  pape  pour  pacifier  les  discordes  qui 
estoient  entre  le  roy  de  France  et  l'empereur,  ce  qu'il  n'eut  moyen  de  faire,  car, 

!0  au  mois  de  juing,  est  descendu  le  roy  de  France  avec  nobles  et  grands  seigneurs, 
comme  celuy  de  Nevers,  d'Armignac,  Dunois,  Soey,  Berry,  Vendosme,  d'Alen- 
çon,  tous  ducs  et  contes  que  autres,  ayant  grande  armée  sur  Meuse,  prennans 
forteresses  et  chasteaux,  puis  venant  devant  la  ville  de  Mariembourg,  qui 
at  esté  érigié  par  la  royne  Marie  sur  le  pais  de  Liège.  Ausi  l'armée  devant  la 

25  ville  forte  luy  fut  rendue  Le  7  de  juillet,  le  roy  de  France,  passant  plus  avant 
et  saccageant  le  plat  pays,  est  arrivé  devant  Bovingne,  qui  est  conté  de  Namur, 
qui  n'a  guères  duré,  car  il  la  fit  battre  d'arteillerie  impétueusement  et  fut  prinse 
par  assaut.  Et  fuient  occis  tous  ceux  qui  estoient  dedans,  excepté  8  ou  1)  per- 
sonnes et  puis  pilliée  et  bruslée.  Par  après  vint  mettre  le  siège  devant  Dinant, 

30  qui  est  du  pays  de  Liège,  où  y  a  un  fort  ebasteau  et  la  fit  battre  première- 
ment la  ville  de  canons  et  grandes  pièces  d  arteilleries  et  luy  fut  la  ville  rendue, 
tenant  le  chasteau  tousjours  bon  cl  longuement  endurant  le  canon  etsoustenant 
des  grans  assaut  jusques  à  b  ou  7  et  combattant  virilement,  repoussant  leurs 


484  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ennemis.  Car  il  y  avoit  une  ensenge  de  piétons,  mesme  de  la  part  de  cieux  du 
pays.  Finablemenl,  ne  pouvant  plus  tenir,  cieux  de  dedans  furent  constraint  de 
se  rendre,  dont  après  l'apoinetement  faicts  que  les  soldats  sorliroient  leurs  vies 
sauves  la  plaee  fut  rendue  au  roy,  le  \  Ie  jour  dudit  mois.  Kt  fut  le  capitaine  de 
Dinant,  Henri  de  Berlaymont,  dit  Floyon,  qui  depuis  fut  faict  grand  mayeur  5 
de  Liège,  emmené  en  France  et  fut  la  ville  en  grand  liassard  d'estre  brusléc  si 
ce  n'eust  esté  quelques  marchans  de  France  qui  prièrent  pour  icelle.    Les 
Espaignols  qui  y  furent  trouvés  furent  mis  à  mort,  sauf  les  Liégeois  et  bas 
Allemans.  Pendant  que  l'armée  du  roy  esloil  devant  Dinant.  l'empereur  fit 
dresser  une,  armée  en  la  ville  de  Namur  qui  fut  incontinent  preste  et  mise  io 
sus  a.  Or  comme  l'armée  avoit  séjourné  devant  la  ville  de  Dinant,  ont  sorti 
prendant  ebemin  vers  Hainaull,  passans  non  point  long  de  l'armée  de  l'empe- 
reur, et  ainsi  passans  sans  leur  donner  escarmouebe,  vindrent  mettre  leur  siège 
devant  la  ville  de  Brasse  (').  instament  le  roy  faisant  gittre  à  force  de  canons  et 
assaux  que  aucunement  les  gens  de  guerre  sorloient,  il  at  esté  prinse  et  bruslée.  15 

Le  camp  levé,  partis  de  là,  ils  tirrèrent  vers  le  pays  de  Haynaut,  saccageant 
et  bruslant  plusieurs  villes  et  villages,  bonnes  maisons  et  castcaux,  jusques  à  ce 
qu'ils  eurent  le  champ  devant  le  fort  de  Renthy  (2),  et  incontinent  le  can- 
nonèrent  et  l'armée  de  l'empereur  les  cosloyoit  et  suivoil  sans  faire  aucune 
chose,  aprochant  les  François  pour  donner  secours  à  Renty,  puis  ont  prins  20 
conseil  de  plus  près  aprocher.  Cela  eslant  conclud,  a  esté  une  escarmouche 
donnée  où  quelques-uns  des  François  ont  quitté  la  plaee  où  ils  esloient  assis. 
Quoy  voyant,  fut  ordonné  que  l'advanl-garde  de  l'armée  impériallc  iroit  plus 
avant.  Ce  \oyant,  les  François  ne  se  bougèrent  guères  loing  mais  avoient  mis  en 


a  Le  manuscrit  96,  fol.  296  V>,  ajoute,  ces  détails  :  En  ces  entrefaictes  que  l'armée  du  roy  estoit  23 
longuement  devant  Dinant,  il  fit  prestement  et  vittement  une  armée  dresser  en  la  ville  de  Namur,  que 
l'empereur  avoit  fait  amasser,  qui  estoit  lors  assé  malle  dispozé  depuis  longtemps,  qui  se  partirent  et 
ainsy  la  chose  en  grande  crainde.  Et  les  gens  de  la  ville  de  Namur  avoient  fuis  de  leurs  biens,  ceulx 
de  Huy,  de  Liège  et  là  enthour,  craindant  la  fortune  et  l'armée  du  roy  sy  puissante,  fuient  leurs  bien 
meuble  le  millieur  et  les  conduisant  et  faisant  miner  en  plussieurs  lieux,  et  principalement  furent  mis  30 
grand  nombres  en  la  ville  de  Kullemonde,  ville  au  pais  de  Gueldre. 

(<)  Lisez  Uincbc.  Cf.  plus  haut,  page  436. 

(*)  Renty.  Sur  le  siège  et  le  combat  qui  s'en  suivit,  voir  Henné,  op.  cit.,  t.  X,  pp.  137-142. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESD1GNOUL.  485 

un  petil  boscaye  grande  embûche  de  harqucbusicrs,  lesquels,  voyant  l'armée 
de  leurs  ennemis  estre  du  costé  et  assez  avant  pour  lâcher  leurs  boulets,  com- 
mencèrent impétueusement  à  donner  es  flancs  de  leurs  ennemis.  De  quoy  s'in- 
timidèrent tant  les  piétons,  qui  esloient  allemans,  que  les  reylres,  qui  estoicnt 
s  schwartz  reylres.  Ce  voyant  les  François,  à  savoir  qu'ils  esloient  rompus, 
donnèrent  avec  leurs  adjoindans  qui  furent  incontinent  dessus  et  en  moururent 
grand  nombre  qui  laissèrent  là  leurs  enseignes  et  la  reste  s'enfuit  vers  la 
bataille  qui  estoit  rangée  près  des  François  bien  avant,  si  avant  qu'ils  lâchèrent 
quelques  coups  d'arteilleries  vers  leurs  ennemis,  qui  estoient  en  esquadron, 

10  estans  quelque  peu  estonné  de  leur  avant-garde  qui  estoit  si  brief  défaicte,  veu 
le  grand  commencement  qu'ils  avoient  eu  :  et  ausi,  sans  plus  rien  faire  d'un 
costé  ny  d'autre,  la  nuict  estant  venue,  le  roy  fit  retirer  son  champ  par  le  pays 
d'Arlois,  dont  Arras  est  le  chef  ou  ville  capilalle,  vers  la  Picardie,  ayant  néces- 
sité de  fourages  et  vivres,  remportant  9  ou  10  enseignes  de  ladit  avantgarde. 

«5  Lors  l'empereur,  voyant  son  ennemis  hors  de  son  pays,  at  eu  conseil  de  faire 
une  nouvelle  Hesdin  (1),  comme  elle  fut  faicte.  Et  cependant  que  les  affaires 
de  par  deçà  estoient  comme  dit  est,  se  traictoient  guerres  en  Italie,  car  les  gens 
de  l'empereur  avoient  assiégé  la  ville  de  Stiene,  devant  laquelle,  pensans  par 
aucuns  ravitailler  la  ville,  ils  furent  deffaicts  et  troussés  et  l'armée  des  François 

ïo  prit  aucunes  petites  villes  Caffales,  Yvcrces  et  autres. 

Or,  comme  ces  entrefaicts  se  menoient,  le  roy  d'Espaigne  en  hassard  passa 
la  mer  et  vint  arriver  en  Angleterre  et  a  espousé  la  royne  Marie  cl  furent  faicts 
grans  triomphes  tant  en  Angleterre  que  en  Braibant  a.  (Manuscrits  28, 
fol.  391  à  593;  96,  fol.  296;  97,  fol.  203  et  204.) 

25  L'an  1555,  furent  encor  guerres  menées  devant  X...,  comme  en  continuant 
courses,  pilleries  et  autres  maux.  Le  pape  (*)  at  envoyé  par  deçà  des  indulgens 
grandes,  recommandant  es  prières  des  bons  chrestiens  la  paix  et  luy-mesme  la 
procuroit  tant  qu'il  peut.  Mais,  au  22  de  mars,  il  trépassa  et  furent  gens  de 

*  En  Espaigne  :  manuscrit  96. 

30       (i)  Sur  la  fondation  de  la  forteresse  de  Hesdinfcrt,  voir  Hknne,  op.  cit.,  t.  X,  p.  ISt). 

(*J  Jules  III,  pape  de  IbSO  à   lS5b.  Déjà  précédemment  il  avait  chargé  le  cardinal  Rcginald  Polus 
de  s'entremettre  pour  la  paix  entre  Charles- Quint  et  Henri  II. 


486  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

biens  el  savants  assemblé  sur  le  traietement  et  ne  firent  rien,  de  quoy  par  l'em- 
pereur et  son  fils  fut  assemblée  grande  armée  près  de  Givet  et  sur  Meuse  en 
quartier  d'Amont.  Ils  édifièrent  une  ville  sur  le  pays  de  Liège,  sur  une  roche 
nommé  Charlemont.  De  ce  temps,  l'armée  du  roy  en  Italie  ne  dormoit  point,  car 
ils  prennoient  et  gaignoienl  villes  et  ebasteau  qui  tenoient  gens  de  l'empereur  s 
comme  Pommaerts,  Saint-Salvador,  Ulpian  et  autres.  (Mêmes  manuscrits.) 

* 
#     * 

En  cesle  même  année  (1557),  ont  esté  rompues  les  trêves  (*)  qui  causèrent 
que  plusieurs  marchands  furent  prisonniers  e!  fut-on  bien  déceu  par  l'advenue 
de  ce  si  subilte  changement.  Les  gens  de  guerre  allemands  qui  passoient  parle 
pays  de  Liège,  venans  au  service  de  l'empereur,  foulloient  et  mangeoient  mer-  10 
vcilleusement  le  pays  de  Liège  et  se  jettant  pour  un  temps  vers  INamur  et 
Philipville  °,  se  sont  joinct  à  l'armée  d'Espaigne  et  ont  hastivement  prins  le 
chemin  vers  Saint-Quentin  et  l'assiégèrent  estant  desporveuc  de  garnison  et  la 
commencèrent  à  battre.  Auquel  temps  les  François,  prétendant  donner  secours  à 
la  ville  et  mettre  gens  de  guerre  dedans,  ont  esté  rencontré  et  combattirent  ,3 
quelque  temps,  mais  en  la  fin  ils  furent  défaicts,  le  propre  jour  de  saint  Laurent, 
et  y  mourut  bon  nombre  de  gens  et  aussi  furent  grans  et  menus  prisonniers. 
De  là  après,  fut  la  ville  prinse  et  quelques  bons  gros  prisonniers.  Après  at  esté 
rendue  la  ville  de  llan  aux  gens  du  Roy.  (Manuscrits  96,  fol.  298  v" ; 
97,  fol.  206.)  20 

L'an  1558,  les  François,  par  une  grande  subtilité  et  courage,  prindrent  et 
conquestèrent  la  ville  de  Calais  sur  les  Anglois  qui  la  tennoienl  dès  longtemps 
et  anciennement  l'avoient  prins  aux  François. 

Au  mois  de  mars,  les  princes  électeurs  assemblés  en  la  ville  de  Francfort, 

a  Le  manuscrit  97  ajoute  celte  remarque  :  Philippeville,  qui  est  fondé  en  pays  de  Liège,  comme  des  25 
aultres  ci  devant  dites,  dont  le  pays  est  grandement  accoursis  et  amoindris,  icelles  louttes  érigées  je 
n'entends  comment,  mais,  du  temps  George  d'Austrice,  les  Brabanchons  les  font  leurs.  Les  deniers 
qu'ils  en  ont  exposés,  Dieu  le... 

(')  Trêve  de  Vaucclles. 


CHRONIQUE  DE  PIERRE  DE  HESDIGNOUL.  487 

suivant  l'ordonnance  instituée  de  la  bulle  d'or  faicte  du  temps  Charles, 
empereur  4  de  ce  nom,  l'an  1356,  pour  faire  élection  d'un  empereur,  estans 
certains  du  trespas  de  Charles  5  en  Espaigne,  ont  esleu  à  empereur  Ferdinand 
d'Austriche. 

5  L'an  mesme,  au  mois  de  may,  le  roy  de  France,  ayant  assemblé  grande  armée 
des  Allemans  et  François  vers  Loraine,  s'est  venu  camper  devant  la  ville  de 
Thionville,  laquelle  après  une  batterie  et  les  aproches  faictes,  a  esté  par  industrie 
rendue  au  duc  de  Guise,  général  pour  le  roy  de  France,  et  après  s'en  allèrent  au 
pays  de  Luxembourg,  gastans  et  pillians.  En  mesme  temps,  estoit  aussy  en 

»o  Flandres  un  bon  nombre  de  François  qui  prindrent  aucunes  villes  et  villages  et 
bruslèrent  beaucoup,  pour  à  quoy  remédier  le  roy  Philippe  y  envoya  une 
armée  soub  la  conduitte  du  conte  d'Aigemont.  tellement  que  se  rencontrèrent 
les  deux  armées  auprès  de  Graivelinge,  où  après  avoir  esté  combattu  vaillament 
d'un  eoslé  et  d'autre,  les  François  furent  défaicts.  Ce  faict,  le  roy  Philippe 

15  a  prins  son  chemin  vers  les  fronliers  de  France,  à  l'entour  de  Dorlens.  Le  roy  de 
France,  de  ce  adverti,  est  aussy  venus  avec  grosse  armée  camper  à  trois  petites 
lieues  de  là.  Ainssy  les  deux  armées  passèrent  la  saison  sans  donner  bataille, 
sinon  que  aucunes  escarmouches.  Or,  voyant  que  les  deux  armées  estoient  si 
près  l'une  de  l'autre,  furent  députés  quelques  commissaires  pour  traicter  de 

20  quelque  apoinclemenl  et  ainssi  continuèrent  jusques  à  la  Toussainct,  sans  rien 
effectuer  et  lors  chacun  commença  à  faire  retirer  ses  gens,  ayant  consumé  grand 
trésor  et  avoir. 

L'an  1559,  environ  les  Pasques,  a  esté  publiée  la  paix  tant  désirée  entre  les 
deux  roys,  le  13  d'avril.  De  quoi  furent  faictes  grandes  joyes  par  les  pays 

25  desdis  roys,  à  cause  que  la  guerre  avoit  continué  si  longuement.  En  la  cité  de 
Liège,  furent  faicts  grans  feu  de  joye  avec  arteilleries  deschargées.  On  fit  ausi 
grande  feste  et  solemnilés  aux  églises  de  Liège. 

Par  laquelle  paix  ont  esteit  traicté  deux  somptueux  mariages,  à  savoir  du 
roy  Philippe  à  l'aisnée  fille  du  roy  de  France,  et  du  duc  de  Savoye  à  la  seur 

30  du  roy  d'Espaigne.  La  deuxiesme  fille  du  roy  de  France  a  eu  en  mariage  Charles 
de  Loraine,  duc  de  Calabre  et  Bare.  Les  nopces  furent  triomphantes  et  magni- 
ficques  en  France  avec  joustes  et  esbatemens  et  tournois  somptueux,  mais  par 
fortune  le  roy  Henri  de  France  s'estant  bien  porté  au  tournois  par  plusieurs 


488  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fois,  advint  que,  courant  à  la  lice,  un  tronohon  de  lance  luy  entra  par  la  visière 
dans  la  teste,  de  sorte  qu'en  peu  de  jours  après  il  rendit  son  âme  à  Dieu,  après 
avoir  ordonné  de  ses  affaires  honnestement  et  noblement  tant  pour  ce  qui  apar- 
lient  à  l'âme  comme  aux  choses  temporelles.  Sa  mort  a  esté  grandement 
regrettée  par  tout  la  France.  11  délaissa  quatre  fils;  si  luy  succéda  son  fils  s 
François,  deuxième  de  ce  nom,  qui  avoit  espousé  Marie,  roync  d'Escosse  et 
fut  consacré  à  Reims.  {Manuscrits  26bU,  fol.  560  V ;  28,  fol.  597  ;  96, 
fol.  500;  97,  fol.  208.) 


Règne  de  Robert  de  Berghes. 

Velis  quod  possis. 

Au  texte  du  manuscrit  2  et  des  annotations  extraites  des  autres  manuscrits 
français,   nous   ajoutons  la   relation   latine,   en  grande  partie  indépendante, 
s  trouvée  dans  le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale  13791  dont  il  a  déjà  été 
question  plus  haut. 

Le  cincquiesme  jour  de  moys  de  may,  très  noble  et  révérendissime  seigneur 
Robert  de  Berghe,  en  vertu  de  la  eoadjutorie  auparavant  obtenue,  fut  receu  et 
admis  évcsque  de  Liège,  cinquant  huytiesme.  Le  24"  jour  dudit  moys,  furent 

10  chantées  les  vigilles  funérales  et  le  lendemain  le  service,  et  après  fut  le  corps 
[de  l'illustrissime  prince  et  seigneur  George  d'Auslriche]  enterrez  comme  dit 
est,  après  avoir  régnez  et  tenu  le  siège  [épiscopalle]  12  ans,  10  moys  et  1 1  jours 
ou  envyron.  L'an  mesme,  le  12e  jour  de  décembre,  par  ung  dimenche  après  la 
fesle  sainct  Nicolas  ('),  ledit  seigneur  Robert  fit  son  entrée  en  la  cité  de  Liège, 

is  accompaingné  de  grand  noblesse,  et  fut  faict  un  festin  très  sumptueux.  Le 
lendemain,  le  jour  saincte  Lucie,  dit  sa  première  messe  en  la  grand  engliese 
collégialle  (sic) a  de  Saint-Lambert,  et  avoit  par  devant  estez  consacré  prestre  en 
l'engliese  de  l'abbaye  de  Herkenroe  par  quatre  évesques,  à  scavoir  l'évesque 
d'Arras,  de   Cambray,  Tournay  et  Outrech  (2),  le  28"  jour  de  novembre 

20  précédent. 

"  cathédrale  :  autres  manuscrits  B. 

(»)  Sur  celle  date,  voir  C.  Tibon,  La  principauté  et  le  diocèse  de  Liège  sous  Robert  de  fierghes, 
p.  50,  n.  i. 

(*)  Antoine  Pcrrcnot  de  Granvclle,  évêque  d'Arras;  Maximilien  de  Berghes,  premier  archevêque  de 
25  Cambrai;  Charles  de  Croy,  éveque  de  Tournai,  mort  en  1 5(54.  Frédéric  Stenk  de  Tautemberg, 
premier  archevêque  d'Utrecht,  mort  en  lb'80.  Sur  la  date  de  l'ordination  sacerdotale  de  Robert 
de  Berghes,  voir  Tibon,  op.  cit.,  p.  49,  note  l. 

Tome  II.  62 


490  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 


* 
*     * 


L'an  mille  VLV1I,  ...  un;;  peu  devant  le  Noël,  Kobcrl  de  Berge  al  fait  son 
entrée  à  la  cité  de  Liège,  ayant  n  grandes  noblesses  des  princes''  et c  burghc- 
maistres,  assavoir  Monsr  Flémalle  et  Monsr  d'Oupei  ('),  les  conseillers  de  la 
cité,  et  avecque  eulx  quelques  hommes  à  chevaulx   pistoliers  sortirent  de 
la  cité,  allant  au  devant  jusque  au  pont  aie  Creyr,  qui  est  par  delà  l'église  s 
Sainte-Foi,  et  comme  il  est  de  costume  illec  recevoir  des  évesques  le  serment, 
le  dit  évesque  at  fait  serment  d'entretenir  les  franchieze  et  liberteis  de  la  cité,  et 
puis  luy  promenèrent  les  clef  des  porte  de  la  dite  cité.  Lors  l'évesquc  marchant 
vers  la  cité  entre  les  deux  borghemaistres,  et  les  autres  qui  estoint  sortis 
aveeque  les  maistres  se  mirent  en  bon  ordre  derier  les  gens  principal  du  dit  10 
évesque  Et  incontinent  le  serment  faict,  ont  esté  tiré  bons  coups  rf  d'artillerie. 
Et  venant  justement  devant  la  port  c  ont  esté  de  tout  costé  tiré,  tant  d'Oullre- 
mouze,  Sainte-W'alburge,  Vignis  et  ossy  des  rempart  près  la  porte  furent  aussy 
desebargée  les  artilleries  avecque  quasi  toutes  d'une  virée,  et  à  imc  ou  vc  coups 
d'harquebuses  à  crocqs.  De  là  entrèrent  dedans  la  port.  Estoint  en  armes  d'ung  15 
costé  de  la  rue  les  compaignies  des  vieux  harquebusiers  et  des  vieux  arba- 
lestriers  avec  les  enseignes  '.  d'autre  costé  estoient  les  deux  autres  compaignies, 
assavoir  les  jeunes  harquebusiers  et  les  jeunes  arbaleslriers  avec  leurs  enseignes 
et  tambours  9.  Par  après  estoint  en  bonne  ordonnance  les  hommes  députeis  en 
arme  des  xxxii  bons  mestiers.  Vennant  en  la  rue  contre  l'englise  Saint-George,  y  20 
avoit  illec  magnifiequement  fait  unne  porte  [en  la  rue]  haute  eslevée  avecque 
bonnes  histoires  ancliques.Par  dessus  des  pucelles  belles  et  entre  les  autres  estoit 

a  avec  :  manuscrit  98.  —  *  seigneur?,  ses  amis  :  manuscrit  98.  —  c  et  à  son  entrée,  les  burglie- 
mestres  :  manuscrit  98.  —  <•  plusieurs  bons  coups  :  manuscrit  98.  —  «  le  pont  :  manuscrit  97.  — 
'  sermentés  de  la  Cité,  et  à  laquelle  fait  serment  à  la  porte  de  maintenir  et  garder  leurs  privilèges  23 
qu'ils  ont  des  trengte  deux  mestiers,  puis  d'autre  costé  :  manuscrit  97.  —  «  d'un  costé...  la  compa- 
gnie des  vieux  arbalestriers,  d'autre  costé  les  compagnons  de  la  compaignie  des  vieulx  harquebusiers 
avec  les  enseignes.  Après  estoint  deux  compaignies,  assavoir  le  jeune  arbalestrier  et  le  jeune 
harquebusier  avec  leurs  enseignes  et  tambourins  :  manuscrit  96. 

(i)  Jean  de   Piteit,   seigneur  d'Ebcn-Enial,  échevin  de   Liège.  Voir  page    465,  note  2.    Albert   de  JO 
Saulcy,  seigneur  d'Oupcye. 


RÈGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  491 

unne  qui,  avec  une  bonne  grâce,  artifficielement  descendent  quant  l'évesque 
debvoit  passer  et  avecque  belle  et  bravissime  harangue  ou  parolle,  luy  présen- 
tait ung  don  bonneste.  Passant  plus  avant  continuoient  en  armes  les  gens  des 
52  mestiers.  Venant  sur  le  marchict,  il  y  avoit  trois  grand  feu  ardans  donnans 
5  grandes  liesse  et  joies,  et  au  mitant  du  marchiet  estoit  érigiet  une  théâtre 
magnificque  ordonné  °  en  coleur  faction  et  signifiance  de  chose  digne  de 
louuange  au  prince  nouveau,  estant  par  dessus  personnaiges,  le  tout  à  l'honneur 
de  nouveau  évesque  et  prince.  Et  à  la  mayson  de  la  cité,  estoit  faicte  unne 
balaine  et  unne  seraine  rendant  par  les  mamelle  vin  blan  et  rouge.  Encor  y 

io  avoient  illec  histoires  et  piclures.  Premier  estoit  desseur  unne  grande  aigle  en 
champ  d'or  représentant  l'empire,  et  desoub  au  pied  de  l'aigle  estoit  une  escri- 
ture  dite  b  Liherfas.  Encore  plus  bas.  dessous  l'aigle,  estoit  une  histoire  de 
trois  personnages  se  tenant  par  les  mains  représentant  les  trois  Estats  du  pais,  et 
dessoub  estoit  escript  Concordia.  A  deux  costé,  les  armoiries  du  prince  de 

is  la  cité.  Puis  devant  plus  avant,  devant  le  destroict  °,  estoit  ung  autre  hor- 
dement  d  faict  avecque  histoires  des  empereurs  anchiens  quy  avoient  bien 
gouvernéTempire  et  la  république,  et  droictement  au  mitant,  y  avoit  ung  grand 
cœur  subtilement  faict,  lequel,  lorsque  l'évesque  passoit,  se  venoit  partier  ou 
fendre  en  deux  comme  il  se  venist  ouvrir,  hors  duquel  unne  belle  jeune  pucelle 

20  sorloit,  donnant  louuenge  et  honneur  à  l'évesque  avec  bonne  entrée.  De  là, 
venant  devant  les  degréz  de  l'englise  Saint-Lambert,  bon  nombre  de  gens 
en  armes  esloient  sur  le  degréz  qui  estoint  les  dix  hommes  des  32  mesliers. 
Par  dessoubs  '  estoint  les  gens  de  la  chastelerie  de  Franchimont  en  bon  nombre, 
[de]  la  plus  part  harquebusiers  "  avec  autres  volontaires  près  illec  de  passe 

25  temps.  Quand  il  vint  à  la  port  de  l'englise,  là  où  estoint  les  chanoines  de  Saint- 
Lambert,  il  descendit  de  cheval  et  est  monté  les  degréz  devers  les  eschevins  \ 
Puis  ayant  faict  le  serment  avec  grande  honneur,  entra  '  en  l'église,  estant  receu 
de  tous  de  bon  zèle  et  cœur.  Les  solennitéz  accoustumée  faicte  en  l'église,  après 

"  un  grand  hordement  bien  ornez  :  manuscrit  96.  —  b  estoit  dict  une  escription  :  manuscrit  96-  — 

30  c  devant  la  maison  des  eschevins  :  manuscrit  96.  —  d  un  beau  hordement  :  manuscrit  96.  — 

'  vertueusement  :  addition  du  manuscrit  97.  —  1  par  dessus  :  manuscrit  96.  —  o  qui  sont  d'ancienneté 

subjects  à  servir  à  la  Cité  en  armes  quant  ils  sont  mandés  :  addition  du  manuscrit  97.  —  *  et  vers  le 

chemin  :  manuscrit  96.  —  '  Puis  avecque  grande  joie  entré  en  l'église  :  manuscrit  96. 


492  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

avoir  chaule  «  Te  Deum  »,  al  prins  le  chemin  vers  le  pallaix  avecque  ses  amis, 
qui  estoint  venus  avec  luy,  et  que  avoint  entre  tant  devant  luy  que  après  luy, 
à  grande  noblesse,  en  bon  ordre  donnant  "  joyeuse  entrée  et  magnificque. 

Au  dit  palaix,  ce  luy  fut  fait  un  beau  présent  de  la  part  de  la  cité  qui  s'en- 
suit, assavoir  en  joieau  ou  vasscle  pour  cinquante  marck  de  fin  or  les  fiascons  b,  5 
dix  c  beaux  bœuf,  xxv  moutons,  li  muids  d'avaine,  deux*  cherée  de  vin  blanc 
et  rouge  c  sans  y  comprendre  les  deniers  de  sa  joicuse  entrée  que  il  vient 
à  avoir  après  montant  à  xu  mille  florins  de  Brabant  (').  (Manuscrits  26'", 
fol.  361  ;  28,  p.  596;  52,  fol.  338;  59,  fol.  227 ;  96,  fol.  298  V ; 
97,  fol.  206  V;  98;  101,  fol.  234.^  ie 

Audit  an,  furent  faites  plusieurs  ordonnances  par  l'évèque  et  son  chapitre 
concernant  la  religion  catholique,  joint  aux  32  mesliers,  qui  firent  protestation 
de  les  garder  contre  les  hérétiques  {*).  (Manuscrits  38,  p.  66 ;  52,  96,  97 
et  98.) 

La  même  année,  il  arriva  dans  Liège  une  grande  famine,  à  raison  que  15 
le  slier  de  w  assein  se  vendoil  28  florins  liégeois  et  le  froment  iS,  dont  beaucoup 
de  gens  moururent  de  faim  (3).  (Manuscrit  38,  p.  56.) 


"  tenant  :  manuscrit  96.  —  b  sans  la  façon  :  manuscrit  96.  —  c  deux  :  manuscrit  96-  —  d  six  : 
manuscrits  97  et  98.  —  '  et  lendemain  le  grand  convive  où  il  fut  prié  sur  la  maison  de  ville 
avec  ses   nobles  amys,  puis  par  après,  la  joieuse  entrée,  qui  est  une  bonne  somme  d'argent  :  20 
manuscrit  Si. 

(ii  Sur  ces  fêtes,  voir  Tihon,  op.  cit.,  pp.  50-b"2.  Gobert,  Banquets  officiels  à  Liègt  aux  XVI' 
et  XVIIe  siècles  dans  II.  I.  A.  L.,  I.  XXXVII,  p.  554.  Comparez  la  relation  officielle  consignée  dans 
le  registre  des  Conclusions  capitutaircs  de  Saint-Lambert,  année  1550  1558,  fol    18. 

(*)  Il  n'existe,  pour  l'année  1557,  aucun  édit  concernant  la  répression  de  l'hérésie.  Mais  à  la  journée 
d'État  du  14  décembre,  le  nouveau  prinec-évêque  exhorta  les  Etats  à  veiller  à  faire  exécuter  les  édits  2S 
existants. 

(»)  La  cherté  de  cette  année  se  reconnaît  au  grand  nombre  d'ordonnances  cl  cris  du  perron  relatifs 
a  In  vente  des  céréales  et  du  pain.  Le  prix  le  plus  haut  atteint  par  le  sticr  de  froment  fut,  d'après  les 
records  des  Echcvins  de  Liège,  de  75  aidants  le  6  août  1557,  et,  pour  le  sticr  de  seigle,  58  aidants.  Les 
chiffres  du  chroniqueur  semblent  donc  ici  fort  exagérés.  30 


RÈGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  493 

1568 

L'an  1558.  il  y  eut  dans  Liège  un  grand  murmure  à  raison  des  grandes  inso- 
lences que  faisoit  sur  le  pays  le  comte  de  Megen.  (Manuscrit  38,  p.  56)  (i). 

Les  caïmans,  vagabonds  et  les  soldats  élrangers  furent  chassés  de  la  Cite  et 

s  de  tout  le  pays  (2).  Les  François  voulant  lever  du  monde  en  celte  ville  et  n'y 

pouvant  avoir  l'entrée  libre,  s'y  fourrèrent  clandestinement  de  nuit,  en  passant 

la  Meuse  avec  des  barquettes,  ce  qu'estant  sceu  par  le  prince,  il  fit  deffenec  aux 

batteliers  de  ne  plus  les  passer  ou  leur  monstrer  les  guais  sous  peine  de  vente 

de  leurs  barques  et  de  trois  florins  d'or  d'amende.  (Matiuscrit  140,  fol.  1 67  v") 

îo       L'an   1558,  estante  une  cherté  de  vivre  à  Liège,  le  monde  y  accourant 

de  parte  et  d'autre,  l'évesque  y  voullant  prévoir  fit  un  édict  que  tous  vagabonds 

et  faiclnéants  eussent  à  sortir  au  bout  de  trois  jours  de  la  ville,  sur  peyne 

d'estre  foetlé  et  bannis  (3).  Du  mesme  temps,  estoyent  toujours  par  la  ville  des 

étrangers  portants  armes,  commandât  de  mettre  les  armes  bas  et  de  sortir  de  la 

15  ville,  sur  peyne  de  confiscation  des  armes  et  de  20  florins  d'or  d'amende. 

{Manuscrit  45,  fol.  290  v°) 

L'an  XVCLVIII,  fut  grande  tempesl  de  tonnoir  et  grésil  sur  la  Cité  et  peu 
après  encor,  aultre  grande  tempest  de  grésil,  duquel  plussieurs  bestes  furent 
tuées  au  champs  L'an  mesme,  le  saiziesme  jour  d'aoust,  fut  grand  débordement 
20  d'eaue,  dont  Dst  grand  dommaige  en  la  Cité  à  Saint-Jean  et  Hors  Chesteau. 

En  ce  mesme  temps,  se  retirèrent  les  Lscossois  de  l'église  catholicque  et 
romaine  (Manuscrits  27,  fol.  551  ;  402,  fol.  449;  54,  fol,  244.) 

L'an  1558,  le  7*  de  janvier,  Calais  rendue  aux  Franchois  par  les  Anglois. 

L'an  mesme,  morut  Marie,  royne  d'Engleterre,  femme  à  Philippe,  roy 
2s  d'Espangne.  (Note  marginale  du  manuscrit  2) 

L'an  1558,  le  20e  septembre,  mourut  l'empereur  Charle  et  le  17e  de  novem- 
bre suivant,  trespassat  Madame  Marie,  sœure  dudit  empereur. 

(M  C'est  par  erreur  que  ce  manuscrit  place  à  l'année  1558  un  incident  raconté  par  tous  les  autres 
chroniqueurs  et  par  Mélart  en  1565. 
50       (*)  Cf.  Ordonnance  du  18  mars  1858  dans  le  registre  IV  des  Dépêches  du  Conseil  privé,  fol.  13  v°. 
(»)  Mandement  du  18  mars  1558  précité. 


494  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Lan  mesme,  Ferdinand,  roy  de  Bohème,  frère  à  l'empereur  susdit,  fut  esleu 
et  couronné  empereur  le  5e  de  mars  suivant,  et  le  "2ie  dudit  mois,  nasquit 
Maximilien,  depuis  empereur. 

Cest  an,  Elisabeth  fut  royne  d'Angleterre,  Reginaldus  Polus,  cardinal  arche- 
vesque  de  Cambray  (1).  Cest  an  aussi,  mourut  Anlhoine  de  Schaunenbcrgh  (2),  5 
archevesque  de  Couloigne  et  à  Iuy  succéda  Jean  Gérard  de  Mansfeldt  (3).  L'an 
mesme,  fut  faicte  paix  à  Cambresy  entre  le  roy  Philippe  d'Espaigne  et  Henry 
second  de  ce  nom,  roy  de  France.  Ledit  an  mesme,  fut  ludit  roy  tué  à  Paris  en 
joustant,  le  x°  juillet. 

Le  19*  jullet,  Philippe,  roy  d'Espaigne,  célébra  la  toison  d'or  à  Gand.  10 

Cest  an,  vint  la  duchesse  de  Parme  pour  gouverner  les  Pays  Bas  et  se  retira 
le  roy  Philippe  en  Espaigne.  (Manuscrit  27,  fol.  354  et  54,  fol.  244) 

L'an  mesme,  le  traizième  jour  de  décembre,  furent  célébrées  les  exêques  de 
l'empereur  Charles  à  Bruxelles.  L'an  même,  mourut  Cantebury.  (Manuscrit  27, 
fol.  534.)  13 

1559. 

L'an  1559,  fut  créé  la  paix  à  Bruxelles  entre  les  roys  Philippe,  roy  catho- 
licque  des  Espangnes  et  Henry,  second  de  ce  nom,  roy  de  France,  et  à  ladicte 
paix,  entre  aullres  articles  y  comprins,  fut  rendu  le  chestea  de  Buillon  aux 
Liégeois.  (Noie  marginale  de  manuscrit  2.)  2e 

L'an  mille  VCLIX,  environ  la  Pasque,  at  esté  la  paix  tant  désirée.  En 
la  cité  de  Liège,  furent  grand  feu  de  joie  avec  artillerie  deschargiés  et 
grandes  fcsles  et  solemnitéz  aux  englieses  de  Liège,  (Manuscrits  28,  52,  96, 
97  et  98). 

En  ceste  même  année,  a  eslé  faict  un  pont  de  pierres,  un  peu  deseur  l'église  25 
de  Saint-Laurent,  sur  le  chemin  allant  vers  Saint-Gilles  aux  despens  de  la  Cité, 
estans  pour  lors  bourguemestres  maître  Giles  de  Stier  et  maître  Jan  de  Salme 

(*)  Lisez  Canterbury. 

(*)  Voir  page  Wi,  note  1. 

(3y  Jean  Gérard  fils  d'Ernest,  comte  de  Mansfeld,  fut  archevêque  de  Cologne  de  1SK8  à  lb°o*2.  30 


RÉGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  495 

délie  Flamine  (1).  {Manuscrits  28,  p.  399;  S%,  fol,  340;  96,  p.  301  ; 
97,  fol.  209;  98,  fol.  66  v\) 

Celle  année,  il  y  eut  si  grande  cherté  de  pommes  dans  ce  pays  qu'une  se 
vendoit  un  sol.  pour  lequel  prix  on  auroit  alors  siex  pommes  d'oranges.  (Mnnu- 

s  scrit  HO,  fol.  167  V.) 

L'an  1559,  le  troisième  jour  de  mois  d'avril,  après  tant  de  ravages  faiols  par 
les  armées  sur  le  pays  de  Liège,  fut  faicte  la  paix  entre  ces  deux  grands  princes, 
à  scavoir  entre  Henry  deuxiesme  de  ce  nom,  roy  de  France,  et  Philippe  premier 
de  ce  nom,  roy  d'Espagne.  Elle  fut  appellée  la  paix  de  Cambresis,  ayant  esté 

io  publiée  dans  la  ville  de  Bruxelle  et  parmy  les  villes  du  Pays-Bas  par  un  grand 
applaudissement  du  peuple.  Elle  fut  aussy  publiée  à  Liège  par  plus  grande 
resjouissanee  d'autant  que  le  roy  de  France  rendit  le  duché  de  Bouillon  et 
tout  ce  qu'il  usurpoit  au  pays  de  Liège,  et  par  commandement  de  l'évesque, 
furent  faicles  des  messes  solennelles,   processions  en  action   de  grâce,   l'air 

15  retentissant  des  sons  des  cloches  et  l'artillerie  jouant  à  possible  avec  grande 
resjouyssance  de  peuple. 

Par  laquelle  paix  le  roy  Philippe  donnât  sa  fille  Elisabeth  en  mariage  et  les 
nopees  furent  célébrées  en  grande  pompe  et  magnificence  le  trengtiesme  jour  du 
mois  de  juin  à  Paris,  en  laquelle  nopee,  pendant  la  resjouissanee,  le  roy  fut 

ïo  frappé  en  l'œil  fortuittement.  courant  en  lice,  par  Montgomery,  capitaine  de  ses 
gardes. 

La  paix  donc  se  fist  au  chasteau  de  Cambresis  entre  ces  deux  princes,  par 
laquelle  paix  fut  rendue  au  roy  d'Espagne,  la  ville  de  Mariembourg  que  le  roy 
de  France  luy  avoit  prinse,  dans  laquelle  paix  l'évesque  et  pays  de  Lièg.1  n'est 

2j  pas  seulement  comprins  du  costé  de  la  maison  d'Auslriche,  mais  aussy  de  la 
France.  Et  fut  rendu  le  chasteau  de  Bouillon,  que  Robert  de  la  Marche,  signeur 
de  Sedan,  mareschal  de  France,  se  voyant  auprès  de  Bouillon,  se  souvenant 
que  l'empereur  Charles  cinequiesme  de  ce  nom,  empereur  des  Romains,  avoit 


(i)  Sur  ce  ponl,  voir  Gobert,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  III,  p.  541.  Abrv,  Recueil  des  bourgmestres, 
30  p-  21)0,  a  confondu  ce  pont  avec  le  pont  de  Saulcy,  construit  en  1 501   et  non  pendant  l'administration 
des  bourgmestres  Gilles  de  Stier  et  Jean  de  Salme.  Sur  ces  deux  magistrats,  voir  C.  de  Humus,  Les 
Eelievins  de  Liège,  t.  II,  pp.  155  et  B24. 


7,96  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

esté  environ  de  32  ans  auparavant  à  son  ayeul  du  mesme  nom,  et  environ  ce 
temps  demandai  assislence  à  sa  majesté  de  Frnnec  pour  le  reprendre,  comme  y 
fict,  et  ledit  Robert  de  la  Marche  le  ravit  pour  la  dcuxicsme  fois  au  pays  de 
Liège,  mesme  au  raporle  de  Monsieur  de  Thou;  dans  eesle  paix  de  l'an  1559 
louchant  la  neutralité  al  esté  eomprinse  de  deux  costés,  tant  de  la  France  que  r> 
de  l'Espagne,  le  pape  et  l'empereur,  et  sy  les  intérest  Robert  de  la  Marche  nous 
ont  causé  la  perle  du  ehasteau  de  Rouillon  et  avoir  les  disgrâces  du  costé  de  la 
France,  la  paix  du  ehasteau  de  Cambresis  de  l'an  1559  nous  at  remis  en  noslre 
enlhier  neutralité,  ce  que  Henry  quattriesme  de  ce  nom,  roy  de  France  nous  y 
a  encore  tesmoigné  par  ces  lettres  de  l'an  1595,  1596,  1597,  par  lesquelles  y  io 
recognoit  à  Testât  de  Liège  la  neutralité  et  luy  promette  en  ce  regarde  toute 
amitié  et  faveur.  Alors  Robert  de  Berge,  évesque  et  prince  de  Liège,  avec  les 
Estais  du  pays  firent  des  ordonnances  que  ceux  qui  se  voudroicnl  enlremellcr 
de  l'un  et  de  l'autre  des  roy  touchant  leurs  guerres  et  ceux  qui  s'en  auroient 
enlromcllés  furent  chastiéz  par  justice.  (Manuscrit  4 S,  fol.  290  t°.)  is 

1560. 

L'an  1560,  du  temps  de  cest  évesque,  fut  faite  l'église  des  frères  Lolars  en 

Liège,  pour  laquelle  faire  fut  érigée  une  loterie  d'estain  devant  les  degréz  de 

Saint-Lambert,  sur  le  marché,  et  pour  chacun  lolz  un  demy-patar  de  Bradant. 

Et  lesdits  Lolards  vindrent  premièrement  demeurer  en  Liège  l'an  1530,  dit  -20 

l'année  des  sueurs  (i). 

* 
*     * 

L'an  mille  VCLX,  en  mois  de  jenvier,  la  rivier  de  Meuze  a  esté  sy  grande  que 
personne  vivant  lors  n'avoit  veu  la  pareille,  faisant  grand  dommaige,  et  l'année 
fut  fort  pluvieuse  et  par  le  longues  pluies,  les  hument,  wassend  et  espeaute  ne 
furent  point  bon,  les  poits  gastés  et  les  fleurs  des  arbres,  les  vins  petis.  55 

Au  mois  de  décembre,  le  roy  de  France,  ayant  régné  16  mois  ou  environ, 
est  trespassé,  dont  son  frère  Charles,  aagé  environ  de  16  ans,  luy  a  succédé. 

1  *;  Voir  pages  SCO,  note  2  et  Ô77,  noie  !  ;  (!  ntRT,  op.  cil.,  t.  V,  p.  659,  cl  La  loterie  à  Liège  dans  lei 
siècles  passes,  clans  B.  I.  A.  L.,  t.  XXXIV,  pp.  2S1-280. 


RÈGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  497 

Audit  an.  on  a  commencé  à  édifier  la  maison  de  la  ville  d'Anvers"  faicte 
magnilicquc  et  triomphante,  eslans  la  plus  renommée  en  marchandises  qui  fust 
en  Braibant  ny  en  Flandre.  Elle  est  comme  Londre  en  Angleterre,  Lion  en 
France,  Madrid  en  Espaigne,  Lisbone  en  Portugal.  Milan  en  Lombardic, 
a  Florence  en  Italie,  Palerme  en  Sicile,  Prague  en  Bohême,  Bude  en  Hongrie. 
(Manuscrits  28,  p.  399  ;  96,  fol.  301  et  97,  fol.  209.) 

L'an  mesme,  trespassat  de  ce  monde  Corneil  de  Berglie,  jadis  évesque 
de  Liège,  cousin  germain  au  père  de  nostre  évesque  moderne  [Manuscrits  102, 
fol.  149  v°ei  110,  fol.  167  V.) 

io  L'an  1560,  le  9  du  mois  d'aoust,  le  roy  Philippe,  après  avoir  dénommé 
Madame  la  princesse  de  Parme  gouvernante  des  provinces  du  pays  bas,  partit 
desdits  pays  pour  Espagnes,  d'où  sont  depuis  sorly  ces  grandes  dissentions, 
discordes  entre  le  roy  et  les  princes  du  pays  bas  et  sont  ensuivies  tant  des  cala- 
mitéz  et  ravages  sur  le  pauvre  pays  de  Liège. 

13  Le  i4  de  septembre,  François  second  de  ce  nom,  roy  de  France,  s'estant  en 
allé  à  Orléans  pour  y  tenir  les  Eslats,  y  mourut  d'une  aposlume  luy  tombé  en 
l'oreille  gauche,  auquel  royaume  succédât  son  frère  Charlc  4  de  ce.  nom,  aagé 
de  \7>  ans.  (Manuscrit  48,  fol.  291  v.) 

1561. 

-20  L'an  156i,  coutinuoil  encor  en  la  ville  de  Trente  le  concîl  général  et  en 
France  estoient  tenues  journées  pour  la  religion  de  la  foi  catholicque.  de  quoy 
furent  plusieurs  esmues  en  divisions  et  eslevé  tumultes.  (Manuscrits  26  % 
fui.  362  V;  28,  p.  399;  96,  fol.  301;  91,  fol.  209.) 

L'an  -1 561,  l'inquisition  d'Espagne  causoit  de  grandes  dissentions  aux  pays 

23  bas,  principalement  par  rétablissement  des  nouvelles  éveschés,  qui  diminuèrent 
de  beaucoup  l'aulhorité  de  l'évesehé  de  Liège,  qui  s'élendoit  par  tout  le  Hra- 
bant  et  comté  de  Namur,  ce  qui  offença  les  Liégeois  qui  en  accusoient  les 
chanoines  étrangers  résidents  à  Saint-Lambert,  qui  en  estoient  innocents  et  en 

.  i  «  L'an  mesme,  le  vingt  siexièsme  jour  de  fébvrier,  fut  a:siese  la  première  pierre  de  la  maison 
d'Anvers  :  manuscrit  07,  fol.  551. 

Tome  II.  63 


498  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

avoiont  même  grand  regret,   mais  cela  fut  appaisé  (').    (Manuscrits  43, 
p.  750;  44;  46,fol.5S6;  47. 

L'an  1561  ",  le  roy  Philippe  espousa  Elisabeth  de  Vallois,  fille  de  Henry, 
roy  de  France. 

L'an  V'LXI,  l'évesque  de  Liège  estant  à  Huy.  luy  survient  une  mauvaise  s 
maladie.  [Manuscrits  $8,  ë2,  96,  97  et  98.) 

1562. 

L'an  XVe  soissante  deux,  en  allant  levesque  Robert  pour  lever  ung  enfant 
à  lloustratz,  fut  touchié  tellement  d'ung  maul  vent,  comme  on  disoit.  qu'il  en 
perdit  mémoire  et  devint  en  innocence.  L'an  mesme,  le  troiziesme  jour  de  io 
marce  (2).  fut  faict  ung  édiet  et  publié  au  peron    touchant  la  foy   lequel  ne 
dura  gaires  après   [de   par  le   prince   et    de   Messieurs   de  chapitre   el    des 
eschevins  de  Liège  qui  estoit  totalement  contre  les  privileiges  de  la  cité,  par- 
quoy  les  bourgbcmcstres  avecque  les  xxxn  mesliers  furent  ensemble  et  ne 
le  voulurent  point  permettre,  et  m  jours  après,  fut  sur  les  bailles  de  la  maison  ts 
de  la  cité  descriée  ladietc  publication  et  révocquée  et  annichilée,  sauve  ce  que 
les  gens  d'églises  avoient  passé  et  ordonné  entre  eux  touchant  la  foy,  que  fut  un 
belle  acte,  pour  garder  les  privileiges  et  franchieses]  b.  Item  ce  mesme  jour  et 
année,  fut  passez  par  le  conseille  que  les  bourgois  feroient  le  guette,  aullrement 
en  nostre  langaige  dit  escerveaux,  en  telle  manièn'  que  le  Cardinal  Erard  de  20 


L'an  1560  :  manuscrit  27,  fol.  531.  -  '  de  par  le  prince...  et  franchieses  :  omis  dans  manu- 
scrits 2,  5  cl  a. 

())  Sur  ces  accusations  qui  visaient  avant  tout  Lcvinus  Torrcntius,  voir  C.  Timon  op.  cit.,  p.  224. 

(2  Mandement  du  !i  nais  lî>02.  Cf  Recueil  dis  Ordonnance»,  2e  séiie,  t.  I,  p.  271.  Les  incidents 
mu  venus  à  l'occasion  de  la  promulgation  de  cet  édit  constituent  un  épisode  très  curieux  et  très  signifi-  2.*J 
catif  de  l'histoire  constitutionnelle  de  la  cité  de  Liège,  et  il  est  assez  étonnant  qu'ils  soient  passés  sous 
silence  par  le  manuscrit  Sylvius  et  les  autres  manuscrits  les  plus  anciens  du  groupe  B.  Cette  omission 
nous  paraît  avoir  été  faite  de  propos  déliliéré,  parce  que  les  incidents  soulevés  par  les  bourgmestres  de 
Liège  devaient  déplaire  au\  défenseurs  de  l'autorité  du  prince  évoque  et  de  la  foi  catholique.  Sur  ces 
événements,  voir  C.  Tiron,  op.  cit.,  pp.  182-186  et  11)0-193,  et  E.  Fanion,  La  répression  de  l'hérésie  et  30 
la  question  constitutionnelle  dans  la  principauté  de  /-/<',<  au  XVI'  siècle,  dans  Bull,  de  la  Soc.  d'iiisioii.e 
ou  PROTESTANTISME  dllge,  2e'  série,  7"  livraison  (IOôOj. 


RÈGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  499 

la  Marche  l'avoit  ordonnez  l'an  1526,  comme  dit  est,  et  i  avoit  passé  neuff  ans, 
que  on  ne  l'avoit  point  observé  ne  faict  [et  ne  vouloient  point  les  gens  d'églises 
qu'on  le  fist.  mais  les  xxxh  mesticrs  le  voulurent  faire  et  recommeneher  comme 

paravant]  ". 

* 
*     * 

s      L'an  mille  VCLXII,  at  esté  par  les  dépuleis  de  Sa  Grâce  et  de  Messieurs  de 

Saint-Lambert  une  édicté  publiée  faisant  mention  de  l'anchienne  religion  et  foy. 

Mais  d'autant  qu'il  avoit  esté  faict  sans  résolution  des  32  bons  mestiers,  encor 

qu'il  leureust  esté  proposé  et  mis  en  avant  pour  advis,  il  y  eut  des  tumultes  en  la 

Cité  et  grans  bruicls,  tellement  que  par  plussieurs  en  fut  faict  protestation 

10  devant  messieurs  les  cschevins  de  Liège  et  s'y  avant  faict  que  ledit  cry  at  esté 
révoqué  à  son  de  trompette  à  la  baille  de  la  maison  de  la  Gîté. {Manuscrits  26bis. 
fol.  562  v°;  28;  82,  fol.  538;  96,  97  et  98.) 

Et  pour  ce  est  chose  notoire  que  les  Estas  font  leurs  affaires  par  une  main  et 
d'ung  bon  accord  et,  en  cas  de  portance  et  en  temps  oportun,  principalement  es 

15  choses  d'importance.  (Manuscrits  26'"%  fol.  362  V  et  28.) 

L'an  que  dessus,  at  esté  ordonné  par  les  députés  Monseigneur  le  révérendis- 
sime  à  messieurs  du  chapitre  certaine  ordonnance  et  édict  qui  faisoient  mention 
de  plusieurs  affaires  concernante  l'ancienne  religion  ecclésiastique,  avec  protes- 
tation non  vouloir  contrevenir  aux  privilèges,  ce  qui  at  esté  remonstré  au  con- 

-20  seil  de  la  Cité  qui  l'at  remis  aux  xxxu  bons  mestiers  pour  avoir  leur  délibération 
avant  les  publier.  Après,  estants  aucuns  des  mestiers  négligents  de  raporter  ou 
ordonner,  on  at  procédé  par  mayeur  et  eschevins  à  les  faire  publier  et  mettre 
en  warde  de  loy.  Ce  voyant,  sans  avoir  receu  les  suittes  des  5  "2  mestiers,  aucuns 
ont  sollicité  envers  les  mestiers  que  puisqu'ils  n'avoient  délibérés,  que  telle 

ts  publication  fust  révocquée,  tellement  que  en  tumulte  de  plusieurs  et  à  la  pour- 
chasse d'aucuns,  aussy  pour  éviter  plus  grands  maux,  ce  fut  révocqué  au  son 
des  trompettes  à  la  baye  de  la  maison  de  la  ville,  le  ixe  de  mars.  Et  pour  ce  est 
chose  fort  bienséante  quand  les  Etals  font  leurs  affaires  par  une  main,  quant 
il  eompète  auxdits  Eslats  sans  vouloir  procéder  l'ung  des  membres  particuliè- 

30  rement.  (Manuscrit  98,  fol.  67  v°.) 

"  et  ne  vouloient...  comme  parafant  :  omis  dans  manuscrits  2,  3  et  5. 


500  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Audit  an,  Maximilien,  Gis  de  Ferdinand,  est  eslcu  empereur,  ayant  le  père 
esté  esleu  à  Francfort  avec  sondil  (ils.  Ccstuy,  du  consentement  de  son  dit 
père  en  ladite  ville,  avec  sa  femme  Marie,  fille  de  jadis  Charles  empereur, 
en  présence  des  électeurs  et  princes  soubescripts,  a  esté  couronné  roy  des 
Romains.  (Suit  la  liste  des  princes  présents  au  couronnement).  [Manuscrits  28  5 
et  26t"%  fol.  562  v°.) 

L'an  suivant  (1561),  à  la  requeste  du  roy  d'Ëspaigne,  fuient  mis  parle  pape 
beaucoup  d'évesques  aux  Pays-Bas. 

Cest  an,  fut  le  cardinal  de  Caraffe  (*)  exécuté  à  Homme. 

Cest  an  15(>2,  les  lltigenots  de  France,  soubz  la  conduicte  du  prince  de  to 
Condé,  commencèrent  à  faire  sédition.  L'an  mesme,  la  ville  de  Rouen  prinse 
par  le  duc  de  Guise  sur  les   Hugcnots.    Audit  temps  mesme  et  le  17e  de 
novembre  "  ensuivant,  fut  vaincu  en  bataille  le  prince  de  Condé  et  faicl  prison- 
nier (2).  {Manuscrits  27,  fol.  351  el  34,  fol.  244.) 

1563.  is 

L'an  1565,  le  pénultime  jour  de  marce,  se  partit  Robert  de  Berghc  de  Liège, 
après  avoir  remisé  et  résigné  entre  les  mains  du  chappitlre  de  Saincl- Lambert 
levcscbié  au  proufil  de  Monseigneur  Gérard  de  Grocsbeec,  pour  lbors  doyen  de 
Sainct-Lambert,  ce  que  le  chappitre  accordât  (3).  El  la  cause  [de  la  résigna- 
lion]  ''  fut  pour  ce  que  Dieu  luy  avoit  rosléz  son  bon  sens,  comme  dit  est  [par  20 
l'espace  de  xviu  mois] b  et  avoit  longtemps  devant  demouré  en  l'abbaye  de  Sainct- 
Laurent  pour  veoir  s'il  pouklroil  recouvrier  entendement,  mais  en  vain,parquoy 
le  frère  de  noslrc  évesque,  qui  esloil  [second]  marquis  de  Bergbe,  voyant  qu'il 

"  décembre  :  manuscrit  27.  —  b  Passages  omis  par  manuscrits  2,  3  et  S. 

(4)  Le  cardinal  Charles  de  Caraffa  élail  le  neveu  du  défunt  pape  Paul  IV.  Il  fui  condamné  à  mort  25 
le  3  mars  I  t»G i . 

(!)  La  bataille  de  Dreux,  gagnée  par  le  duc  de  Guise,  qui  avait  repris  Rouen  le  26  octobre,  et  où  le 
prince  de  Condé  fut  fait  prisonnier,  se  livra  le  1!)  décembre  1502. 

(3)   Voir  dans   les   Conclusions  capilulaircs  Je  Saint- Lambert,   les    négociations    engagées   dès    le 
3  janvier  1563  pour  obtenir  de  Hoberl  de  Bcrghes  la  résignation  de  l'évécbé.   L'élection  de  Gérard  31) 
de  Groesbecck  eut  lieu  le  G  mars.  Voir  C.  Tihon,  op.  cit.,  pp.  76-88. 


RÈGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  SOI 

n'y  avoit  remède  aulcun,  consentit  à  Iadicte  résignation,  réserve  touleflbis  hors 
des  biens  de  féveschié,  sa  vie  durant,  12,000  florins  [brabans]  a.  Et  icelle 
résignation  fut  principalement  faicle  à  cause  qu'il  i  avoit  grande  apparance 
d'hérésie  en  la  cité  de  Liège.  Et  incontinent  après,  fut  envoyé  à  Rome  par  le 

5  chappittre  pour  en  avoir  la  confirmation. 

L'an  mesme,  le  cinquiesme  jour  de  jung,  furent  messieurs  de  Saint-Martin 
en  Mont  publié  en  telle  fachon  aux  baille  de  la  Viollelte  que  nulles  personnes 
[des  xxxu  bons  mestiers  de  la  cité]  "  ne  leur  fist  aulcun  assistence  en  feu,  en  eaue, 
ne  vins,  de  bierre,  ne  de  drappe,  ne  de  loilles,  ne  de  huilles,  ne  de  aultres 

10  aulcunes  choeses  que  se  soit,  ne  en  aulcun  manière  sur  paine  de  cincquanlc 
florins  la  première  fois,  la  seconde  fois  cent  florins,  et  pour  la  troiziesme  fois 
sur  paine  d'estre  bannie  à  j;imais,  à  cause  qu'il  avoient  par  deux  fois  estez 
condamnez  à  la  loy  temporelle,  contre  laquelle  voloient  user  de  lettre  prohibi- 
loirc  pour  tenir  lousjours  en  procès  leur  adverse  partie,  [qui  esloil]  monsieur 

is  d'Emale.  Mais  peu  de  jour  après,  fut  l'accord  faict  pour  éviter  le  scandai  du 
peuple  à  telle  condition  que  les  seigneurs  de  Saint-Martin  renoneberoient 
à  leur  mandement  de  Rome  et  de  Coullongne  (1). 

L'an  mesme,  que  ledit  Robert  de  Berghe  eut  résigné  son  éveschié,  comme 
dit  est,  estant  retiré  à  Berghe,  morul  là  mesme  bientost  après  [en  la  maison  de 

20  son  frère  Maximilian  de  Berghe,  l'an  1565,  le  26e  jour  de  janvier  (2).  Requieseat 
in  pace]  ".  Et  ne  fut  point  enterré,  car  l'an  XVCLXXIII  en  septembre,  que  je 
faisois  la  fin  de  ce  présent  cronicque,  ne  l'estoil  point  encor. 

* 
*     * 

Endit  an,  furent  retenus  aucuns  ambassadeurs  ou  commissaires  et  députés  de 

la  cité  de  Liège  au   pays  de  Gueldre,   en   un  village,  à  l'instance  du  conte 

25  de  Meyghen  qui  prétendoit  quelque  action  injuste  contre  Iadicte  Cité.  Je  dis 

°  Passages  omis  par  manuscrit  2. 

(*)  Voir  un   acte  du  Conseil  privé  du  3  juin  1S65  prenant  acte  de  la  renonciation  du  chapitre  de 
Saint-Martin  à  interjeter  appel  auprès  de  la  Chambre  Impériale.  (Registre  aux  dépêches  IV,  fol.  190 
et  dossier  1429  de  la  Chambre  Impériale. 
30       (*j  Sur  celte  date,  voir  Tiiion,  op.  cil.,  p.  99,  note  6. 


50-2  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

injuste  et  non  droiclo.  car  il  n'ai  voulu  ne  conscnly  que  par  droict  ou  justice 
fusse  terminé  ce  qu'on  luy  at  présenté  et  sur  ce  qu'il  s'avoit  submis  ny  al  voulu 
obtempérer,  aîns  usant  plus  de  force  que  de  raison  cl  contre  toutes  anciennes 
coustumes,  ce  qu'on  n'avoil  jamais  veu  praticquer  par  gens  de  biens  et  rompants 
les  droits  et  loix  jamais  violés  que  par  tyrans  et  infidels,  at  retenti  et  faict  tenir  5 
lesdits  commissaires  ou  ambassadeurs  tellement  que  pour  les  ravoir  at  esté 
convenable  luy  furnir  à  quoy  Ton  n'estoit  tenu  selon  l'opinion  tant  des  docteurs 
de  Lovain  que  de  Couloigne,  ausquels  on  avoil  prins  recours  et  demandé  réso- 
lutions, tellement  qu'il  at  tiré  hors  des  communs  deniers  de  la  Cité  plus  de 
cinquante  cinque  mille  florins  liégeois,  qui  luy  ont  bien  venu  pour  furnir  à  une  10 
partie  de  ses  debles.  Toutefois,  au  moien  de  ce,  il  promisl  de  rendre  et  relivrer 
certaines  lettres  de  privilèges  avec  documens  appartenants  à  la  Cité  et  pays, 
mesme  aux  xx\u  bons  mesliers.  lettres  et  leltraiges,  Dieu  scait  tout  comment 
il  les  avoit  eu  entre  les  mains,  moy  je  m'en  déporte.  Si  est  que  ladite  Cité  ny  les 
bons  mestiers  ne  luy  a  voient  mis  en  garde  ny  vendu  des  lettres.  Après,  on  al  15 
reccu  une  grande  partie  d'iccllcs  et  aulcunes  concernants  le  bien  du  pays  ont 
esté  retenues  au  lieu  de  Bruxelles,  où  elles  cstoienl  toutes  mises.  Ainsy  at  usé 
le  beau  bériticr  de  levcsque  George  d'Austrichc  sur  ladicte  Cité  (1).  (Manu- 
scrits 29,  fol.  26 4;  60,  fol.  69;  6V,  fol.  7 97;  62,  fol.  206;  96;  9S, 
fol.  68  v,  97,  foi  24  i  v"  (dans  une  forme  un  peu  plus  abrégée.)  -20 

lielution  du  manuscrit  H.  R.,  n"  1579 1 .  (Manuscrit  5  du  tome  I.) 

Altéra    die    obitus   Austriaei ,   fuit    coadjutor    reverendissimus    generosus 
Dominus  a  Uergis  prcsenlatus  in  capitulo,  omnibus  gratissimus  et  acceptus. 

Modem  anno,  in  vigilia  Translations  sancti  Lamberli,  cecidil  tempestas  et 
coruscatio  super  ecclcsiam  monasterii  Vallis  Sancti  Lamberti  et  inlulit  monas-  2s 
terio  magnum  dampnum,  campanile  cum  campanis  ab  alto  dejecit. 

(*j  Sur  le  procès  avec  le  comte  de  Meghcn  pour  les  biens  des  Liégeois  arrêlés  en   Brabaut  à  cause 
d'une  dette  réclamée  aux  héritiers  de  Georges  d'Autriche,  voir  Conclusions  capitulaircs  du  chapitre  de 
Saint- Lambert  de  IÎI03  et  i'jf)4.  Charles  de  Brimcu,  comte  de  Meghcn,  gouverneur  de  Luxembourg, 
puis  de  Gucldre  avait  été  constitué  par  Georges  d'Autriche  comme  son  légataire  universel.  Sur  ce  30 
conflit,  voir  Tiiion,  op.  cit.,  pp.  S6-S8. 


RÈGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  503 

Eodcm  tcmpore,  obiit  dominus  Guilhelmus  a  Marka  canonicus  Leodiensis, 
archidiaconus  firabantie  necnon  preposilus  fancti  Bartholomei  (x);  diccbat  se 
coadjulorem  episcopatus  sed  extra  portas. 

Anno  eodem,  fucrunt  celebrate  exequie  illustrissimi  domini  Austriaci  epis- 
5  copi  Leodiensis,  cum  pompa  et  solempnilale  magna;  maxima  nobililas;  brevi- 
tatis  causa  omitto. 

Eodem  anno  xa  augusti,  polilus  est  Rex  Calholicus  magna  Victoria  contra 
Gallos  (2)  et  vocatur  Victoria  diei  Sancti  Laurentii.  Audiens  Sua  Gratia  lanlam 
vietoriam,  ordinavit  iieri  specialis  missa,  reddendo  Domino  Jesu  Christo  gralias 
10  de  tanta  Victoria  quam  tribuerat  nepoti  suo  Régi  Catholieo.  ^imiliter  ordinavit 
Sua  Kegia  Majestas  Cameraci  solempnissimam  spetialem  missam  et  proces- 
sionem:  inlererat  ipsc  Rcx  Haspaniarum  cum  maxima  devotione  et  revcrenlia, 
cum  sua  nobililate  sequebanlur  Venerabile  Sacramenlum,  torlilia  habens  in 
manibus. 
15  Anno  M°VCLVII,  magna  oritur  discordia  inler  commandalorem  d"  Fleniaul 
et  nobilem  dominum  de  Lonsin  ob  certa  bona  prope  Flemaul;  venere  ibi  ex 
ulraque  parte  miles  armalus,  volens  fructus  terre  ausporlarc.  Unde  aliqui  oceisi 
sunt,  cum  corum  scandalo  proptcr  cffusionem  sanguinis  (3), 

Eodem  anno  et  mense,  fit  consecralio  revercndissimi  domini  episcopi  a 
20  Bcrgis  in  monasterio  de  Hercbenrode,  ipso  die  Symonis  et  Jude  que  fuit 
ixa  octobris.  Ibi  adfuerunt  mulle  nobilis  virgines  ex  sua  progenie.  Anno 
M°VCLV1I,  xma  deeembris,  intravit  civilatem  sua  m  Leodiensem  cum  maxima 
comitiva  nobilium  et  principum,  episcoporum  plurium,  dempta  sua  regia 
JVIajestatc,  omnes  Aurei  Velleris,  cum  maxima  pompa  et  gravilate.  Accedens 
25  autem  reverendissimus  dominus  civilatem,  egressi  sunt  civitatc  consules  cum 
omni  plèbe  el  offieiariis.  mercaloribus,  civibus  ut  suum  oplalum  principem 
bénigne  ac  humaniter  exciperent.  id  quod  recte  et  summa  cum  revcrenlia 
fecerunt;  platce  strate  et  mirifice  ornale  fuerunt,  unde  omnibus  mirum  vide- 


30       (4)  Sur  Guillaume  de  la  Marck,  voir  de  Tdeux,  t.  III,  p.  60  et  de  Chestret,  op.  cit.,  p.  210. 
I»;   Bataille  de  Saint-Quentin. 

(3)  Voir  sur  re  procès,  le  registre  aux  Dépêches  du  Conseil  privé,  IV,  fol.  316,  559  et  368  et  les 
dossiers  1225  et  1226  de  la  Chambre  Impériale. 


504  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

balur;  el  ita  ad  (empluni  Sancti  Lamberti  (Inclus  in  quo  expeclabalur  a  gcne- 
rosis  dominis  confratribus  suis,  et  more  solilo  rccepcrunt  duccntes  cum  ad 
lemplura.  cl  statim  inccpit  canlor  «  Te  Deuni  laudamus  ».  Peraclis  Iiiis,  duelus 
fuit  ad  palatium  iia  ornalum  lapeliis  quod  omnes  mirarentur.  Eodcm  anno, 
sequcnti  die,  celcbravit  primilias  suas  in  ccclcsia  Leodiensi,  prcccdenlibus  et  :; 
sequenlibus  episcopis  pluribus  et  abbalibus.  Episcopi  erant  prius  Camera- 
censis  (*),  Atrabalensis  (2)  et  Tomacensis  (3).  Abbates  Stabulcnsis  ('),  Sancli 
Huberli  (5),  Sancli  Trudonis  (6),  Sancli  Jacobi  (7):  Sancti  Laurenlii  (i),  Lobicn- 
sis  primus  ('•'  ,  Alnensis  (10),  Floroflensis  (u),  Vallis  Sancti  Lamberli  (12), 
Egidii  (13),  Maloniensis  (14),  !N'ovi  Monasterii  Hoycnsis  (15),  Flonensis  ("'].  etc.  10 
Principes  seculares  primus  princeps  Orangic  (n),  le  Aux  d'Arschol  (ls),  le 
markis  Bcrgcnsis  frater  (19)  domini  episcopi  cum  suo  fratre,  coincs  Aigmonlen- 
sis  (20),  cornes  Mayghcnsis  (21),  comes  d'Ëniplbinnc  (22),  cornes  Korncnsis  (23), 

iir  page  489,  noie  2. 
(2)  Voir  page  48!),  note  2.  1S 

(J)  Voir  page  189,  noie  2. 

:  i  tophe  de  Manderschcil,  abbé  dcSlavcIol  de  1816  à  1576.  Blunasticon,  l.  Il,  p.  94. 
(S)  Rcmaclc  de  la  Marck,  abbé  de  Sainl-Hubert,  1559-1864. 

lie  de  Blocqucric,  abbé  de  Saint-Trond,  1557-1586. 
:    llennan  Rave,  abbé  de  Saint-Jacques,  1851-1585.  Monastkon,  t.  Il,  p. -25.  J(l 

(S)  Gérard  Vaii  der  Stappcn,  abbé  de  Saint-Laurent,  1520-1558.  Monaslicon,  t   il,  p.  52. 

Dominique  Capron,  abbé  de  Lobbes,  1880-1570.  Monaslicon,  t.  I,  p.  225. 
(1D)  Guillaume  Noël,  abbé  d'Aulne,  1 586-1878.  Monaslicon,  t.  I,  p.  559. 
(")  Guillaume  Doupaix,  abbé  de  Florcffc,  1552-1578.  Monaslicon,  t.  I,  p.  121. 
(4î)  .Iran  d'ivoz,  abbé  ilu  Val-Saint-Lambcrt,  15i7-l!)fi0.  Monaslicon,  t.  Il,  p.  Ili7.  25 

(»=J  Gilles  d'Orjo,  abbé  de  Saint-Gilles,  1549-1597. 

(")  Laurent  Cornélis,  al  bé  de  Malonne,  1525  1862,  Monaslicon,  I.  I,  p.  147. 
('■■)  Nicolas  de  Manez,  abbé  de  Ncufmoustier,  1848-1569. 
(,6J  Jacques  d'Oreye,  abbé  de  Flône,  1883-1875. 

(")  Guillaume  de  Nassau,  prince  d'Orange.  50 

(18)  Philippe  III  de  Croy,  duc  d'Aerschot. 

C0)  Jean  de  Glymes,  marquis  de  Berghes,  gouverneur  du  Usinant. 
(î0)  Pbilippe,  comte  d'Egmont. 

(21)  Charles  de  Brimcu,  comte  de  Mcghem.  Voir  page  802,  note  1. 

(l!)  Jacques  de  Hemptinncs,  seigneur  de  Wangcnics,  etc.  3!i 

(")  Philippe  de  Montmorcucy,  comte  de  llornes. 


RÈGNE  DE  ROBERT  DE  BERGHES.  505 

marchio  Rcthensis  ('),  baro  a  Bcrlcnlot  (2),  modo  cornes,  simul  omnes  nobilcs 
pairie  Leodicnsis  et  insidebat  unusquisque  secundum  suum  ordinem,  ceteri 
secundum  aliquam  cunsuetudinem.  Prctor  erat  dominus  de  BerU-mont  (3), 
consulcs  dominus  d  Emal  (4),  dominus  dOupey  (5).  Quoad  solempnitatem 
5  misse,  non  defuit  musica.  non  cantorcs  aut  musici  nec  diversa  instrumenta 
musicalia.  Que  precipua  aderat  magna  devolio,  unde  cives  multum  alacres 
magna  consolatione  conlenti  videntes  suum  principcm  et  cpiscopum  in  tanla 
humilitale  pcrfecerunt  quod  sanctum  et  juslum  erat.  Eodem  anno,  xvii0  cjus- 
dem  mensis,  feria  quarta,  in  dicbus  quatuor  lemporum  ante  navitatem,  consulcs 
10  supradicti  fecerunt  eidem  principi  solcmpne  convivium  cum  omni  sua  curia  et 
nobilibus  in  domo  civica,  non  sine  tripudio  magno. 

Eodem  anno,  xm°  augusti,  post  vicloriam  Sancli  Laurcntii.  !!cx  calholicus 
cepit  oppidum  Sancti  Quinlini  in  Picardia. 

Anno  M°VCLX°,  cdificala  fuit  ccclcsia  Eolardorum  (6). 

!;;       (•)  Guillamc  de  Croy,  marquis  do  Itcnly. 

;J  Charles,  baron  de  Bcrlaymont,  sire  de  Pcrwcz. 

(')  Voir  page  4ô5,  note  1. 

(*)  Voir  page  4(îb,  note  2. 

i»)  Voir  page  490,  noie  1. 

(•)  Les  renseignements  qui  suivent  sonl  conformes  à  ceux  des  autres  manuscrits. 


Tome  II  64 


Régne  de  Gérard  de  Groesbeek. 

Dilige. 

Le  manuscrit  Sylvius,  adopté  pour  établir  jusqu'à  présent  le  texte  de  la 
chronique  vulgaire  le  plus  répandu,  s'arrête  au  début  de  l'année  1565.  D'autre 
pari,  nous  trouvons,  pour  la  période  des  débuts  du  règne  de  Gérard  de  Groes-  5 
beeck  s'étendant  de  1564  à  1570  deux  versions  distinctes.  L'une,  placée  sous  le 
n°  I  de  chaque  année,  est  celle  qu'on  retrouve  le  plus  complètement  dans  le 
manuscrit  1  qui  redevient  donc,  comme  pour  les  temps  antérieurs  au 
XVe  siècle,  notre  guide  principal,  et  adoptée  par  les  manuscrits  3,  5,  8  et 
autres  de  la  catégorie  B.  L'autre  est  donnée  par  les  manuscrits  6  et  7  et  sera  10 
édilée  sous  le  n°  II,  et  avant  les  annotations  extraites  des  autres  manuscrits 
de  chronique.  Le  manuscrit  1  se  termine  en  1570,  le  manuscrit  5  s'interrompt 
en  1577  pour  reprendre  en  1381.  Le  manuscrit  7,  après  1569,  ne  donne  plus 
sur  Gérard  de  Groesbccck  que  quelques  lignes  consacrées  à  la  mort  de  1  evéque. 
Pour  la  dernière  partie  de  ce  chapitre,  c'est  le  manuscrit  3.  amendé  par  les  is 
manuscrits  6  et  8,  qui  servira  de  base  à  notre  texte  initial.  Nous  terminons  ce 
dernier  par  la  relation  latine  donnée  par  le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  royale 
de  Belgique  n°  15791,  pour  les  années  de  1564  à  1569. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESREEK.  507 

1564. 

I 
An  XVCLXIIII,  le  onziesme  jour  d'avricl,  fut  monseigneur  Gérard  de  Groes- 
beeck  esleux  en  ehappilre  de  Saint-Lambert  et  publié  a  évesque  de  Liège  ('). 
5  L'an  mesme  6,  [le  xxive  de  juillet],  fut  publié  et  crié  une  publication  faicte  au 
peron  [à  Liège]  à  son  de  trompetlcs  de  par  le  prince  et  bourghernaislres  et 
escbevins  [laquelle  publication  ne  plaisoit  point  à  bourgeoix  et  estoit  totale- 
ment conlre  l'ancienne  coustume  et  contre  les  privileiges  des  bourgeois,  parquoy 
en  fut,  le  jour  de  Saint-Jacque,  grand  tumulte  et  se  mist  la  bourgoisie  ensemble 

io  et  ne  l'ont  point  consentu  ne  passée  parquoy,  lendemain  del  Saint-Jacque, 
y  avoil  grand  commencement  de  tumulte  et  murmur  contre  les  virulx  bourglie- 
maistres  (2),  qui  avoient  estez  présent  à  faire  la  publication,  et  quant  le  prince 
en  fut  adverty  de  la  tumulte  de  peuple,  fut  sur  la  maison  de  la  ville  pour  soy 
excuser  envers  la  bourgeoisie,  et  fut  ledit  cris  descrié  de  la  part  du  prince  et 

is  vieulx  bourghernaislres  et  encor  de  la  part  des  deux  nouveaux  bourghemaistres, 
à  son  de  trompette  annichiléc  cl  tout  révoequé  sur  les  bailles  de  la  maison  de  la 
cité]  c.  Et  fut  pour  éviter  la  fureur  de  peuple,  et  la  cause  estoit  que  nulz  bour- 
geois n'eust  oser  pescher  à  la  verge  et  haweroul  nulz  poissons,  ne  tirer  lièvres, 
ne  connins,  ne  prendre  ne  quailles  ne  perdris  sur  paine  de  gros  amende,  qui 

20  estoit  mis  rf,  et  ce  fut  ung  bon  acte  faict  par  la  bourgeoisie,  car  tout  fut  cassé, 
annichilé  et  descrié  (3). 

"  Gérard  de  Groesbeeck,  estant  doyen  de  la  cathédralle  église  de  Liège,  après  la  résignation  de 
Mr  Robert  de  Iierghe,  fut  esleu  évesque  de  Liège  l'an  13b'4,  l'onzième  d'avril,  en  chapiltre  de  Liège,  et 
le  même  jour,  publié  par  l'eseolastre  en  trois  langues,  comme  est  de  coustume.  L'an  1! r>65,  le  20°  de 

ï6  may,  fut  consacrez  en  l'abbaye  de  Herkcnroede  par  trois  évesques.  En  l'an  mesme,  le  3  de  juin,  le 
dimanche  devant  la  penihecouste,  fit  son  entrée  en  la  cité  de  Liège  en  grande  honneur  par  la  porte 
Saint-Léonard  :  manuscrit  S.  —  b  Beaucoup  de  manuscrits  relaient  ce  fait  au  règne  de  Robert  de  Berghe. 
—  c  laquelle  publication...  maison  de  la  cité  :  passage  omis  dans  manuscrit  5,  S  et  S.  —  d  mais  à  la 
sainct  Jacque  ensuyvant,  fut  tout  annichilée  par  les  vieux  bourghemestres  qui  avoient  à  ce  consentit  et 

30  pareillement  par  les  nouveaux  :  manuscrit  S. 

(')  Voir  dans  les  Conclusions  capitulaires  du  chapitre  de  Saint- Lambert,  du    11   avril  1564,  l'acte 
d'élection  de  Gérard  de  Groesbeeck  comme  évèque  de  Liège. 
(*)  Jean  de  Streel  et  Pierre  Bex. 

(3)  Edit  du  22  juillet  1S64  sur  la  chasse  et  la  pèche.  Recueil  des  Ordonnances,  2'  série,  I.  I,  p.  278. 
33  Sur  cet  événement,  voir  Chapeauville,  III,  410. 


508  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

II 

L'an  1864,  le  xi*  d'apvril,  fui  Gérard  de  Groesbceck  eslcu  en  chapitre  de 

Liège  et  publié  évesque  de  Liège. 

* 
*     * 

Gérard  de  Grocsbcek  fut  eslcu  par  le  chapitre  étant  doyen  de  Saint-Lambert 
et  d'Aix  et  coadjuleur.  Lt  avec  luy  fut  aussi  esleu  le  prévosl  Bocholt,  ayans  5 
tous  deux  voix  égale.  Mais  comme  on  alla  demander  s'il  le  vouloil  être,  il  le 
refusa  parmy  luy  payant  dix  mille  florins  brabant  de  pension,  sa  vie  durante, 
sur  l'évèehé  cl  par  ce  moyen,  ledit  seigneur  de  Grocsbcc  fut  eslcu  le  icr  d'avril 
l'an  il)6i  pour  le  6Ge  évoque  de  Liège  et  le  89e  en  nombre.  (Manuscrit  38, 
p.  72.)  10 

L'an  mesme,  le  6°  de  may,  grésilla  fort  en  la  Cité.  Le  diex  septième  dudit 
mois,  neigat  abondanlment  et,  la  nuit  ensuivant,  gelât.  L'an  mesme,  sur  la  fin 
de  décembre  et  commencement  de  l'année  suivante,  très  fort  et  véhément  vent 
et  après  grande  inondation  d'eaue,  qui  fist  en  plusieurs  lieux  grands  dommaiges 
et  après  s'ensuit  grande  peste  et  grande  famine  (^.(Manuscrit  4  02,  fol.  4 'SI  »°.)  13 

La  peste  fit  grand  ravage  dans  la  Cité,  en  ayant  esté  emporté  plus  de  mille 
personnes  dans  le  fauxbourg  seul  de  Sainte  Marguerille.  La  Meuse  fut  glacée 
depuis  la  mi-novembre  jusques  sur  la  fin  de  février.  (Manuscrit  HO,  fol.  119.) 

Au  mesme  temps,  on  mouroit  fort  de  peste  hors  la  porte  de  Sainte-Margue- 
rite et  sur  la  fontaine  de  Saint-Lambert  près  de  Liège.  (Manuscrits  12  et  28.)  20 

Ceste  mesme  année  4564,  le  saint  concile  de  Trente  a  esté  conclud  et  arresté 
et  par  le  pape  et  les  légats,  cardinaux,  arebevecques  et  évesques  aprouvé  et  con- 
firmé, lequel  avoit  été  commencé  dès  l'an  1S56  par  grand  nombre  d'évesques  et 
saincts  pères  docteurs  en  théologie,  et  mandants  à  tous  fidèles  chrétiens  de  rece- 
voir et  inviolablement  garder  les  articles,  canons  et  décrets  contenus  en  iceluy.  23 
Et  est  à  noter  que  tels  concils  sont  les  sièges  judiciaux  des  papes  et  des  estas  de 
l'église. 

(*)  Cf.  Cri  du  perron  du  6  juin  lh'61  prescrivant  des  mesures  prophylactiques  contre  la  peste  et 
recès  du  chapitre  de  Saint-Lambert  du  10  août  suivant. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  509 

Ceste  même  année,  est  trespassé  Ferdinand  d'Autriche,  esleu  empereur. 

A  ses  obsèques,  le  jour  des  funérailles,  les  blasons  de  ses  ancestres,  races 

et   royaumes  magnilicqucment   et   excellemment   furent   porté  avec   grande 

honneur  et  pompes  funèbres.  (Manuscrits  12 ;  28,  p.  400 ;  96,  fol.  301  ; 

s  97,  fol.  209.) 

Cestuy  an,  au  47e  maye,  morut  Jean  Calvin  et,  le  jour  de  Saint-Jacque, 
l'an  inesme,  morut  l'empereur  Ferdinand.  (Manuscrits  34,  fol.  244  cl  27, 
fol.  331.) 

Le  20e  de  maye  soixante  qualtrc,  Jean  Calvin,  natitï  de  Noyon,  ayant  esté 
10  l'espace  de  sept  ans  entiers  tourmenté  de  jebenne  de  divers  maladie,  mourut 
misérablement  par  une  comtesse  d'allainc  à  Genève,  ville  de  Savoye,  où  il  avoit 
enseigné  l'hérésie  23  ans,  aagé  de  56  ans  (1).  (Manuscrit  4S,  fol.  291  v°.) 

1565. 

I 

ia  L'an  XV^LXV,  le  xxejour  de  may,  fut  ledit  évesque  consacré  à  lîerkenroede 
par  trois  évesques.  L'an  mesmp,  le  dimenchc  devant  le  quaresme  qui  estoit 
1505  le  4e  jour  de  marce,  fut  l'abbéz  de  Beaurepaire  (s)  meurdry  en  sa  chambre 
au  soir  estant  couchié  sur  son  lict  par  les  mains  de  son  chamburlain,  natif  du 
pais  de  Hainaut,  comme  l'on  dit,  qui  toute  la  nuiel  pillât  or  et  argent,  verges  d'or 

20  et  tout  ce  qu'il  vouloit  emporter,  et  du  bon  matin  vint  en  la  cuysinne  deman- 
dant à  desjuner,  et  après  avoir  desjunéz,  s'en  allai  accoutrer  le  meilleure 
cheval  de  l'eslablc,  et  s'en  allât  avec  tout  ce  qu'il  pouvoit  emporter.  Et  envv- 
ron  le  disner,  voyant  qu'on  ne  voioit  point  l'abbéz  à  x  heures  et  à  xi  heures, 
on  rompit  l'huys  de  sa  chambre,  et  on  le  trova  misérablement  meurdry  de 

-25  plusieurs  coups  de  pisloletz.  L'an  mesme,  devant  le  mois  d'aoust,  commenebat 
le  grain  fort  à  remonter  à  cause  que  les  biens  aux  champs  n'avoient  point 
d'apparence  et  durât  ce  chier  temps  l'an  entier,  et  si  ne  fust  venus  de  grain  du 


(i)  Cf  Chapeauville,  t.  III,  p.  411. 

{*)  Nicolas  de  Bilstani  de  Limbourg.  Cf.  D.  V.  Bkblièke,  Monastiton,  t.  Il,  p.   232  et  Gobbrt,  Liège 
30  «  travers  tes  âges,  t.  V,  p.  103. 


510  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

pays  d'Oslant,  eut  esté  grande  faminne,  et  at  esté  grand  jusques  à  l'aoust 
l'an  LXVI,  car  il  ne  fut  point  de  vin,  ne  de  fruict,  no  paxhon.  L'an  mesmc. 
le  iuc  jour  de  juing,  le  dimenche  devant  la  Penthecosle,  fisl  monseigneur  Gérard 
de  Gro 'sbeeck  son  entrée  à  la  cité,  par  la  porte  Saint-Léonard,  très  honorable- 
ment avec  grande  noblesse  et  xnnc  cbevaulx  et  fuient  les  fontaines  du  jardin  s 

du  palais  parfaictez  ". 

II 

L'an  1565,  le  xxe  de  may,  il  fut  consacreil  en  l'abbaye  de  Herkenrode  par 
trois  évesques.  L'an  mesme,  le  troisièsme  jour  de  juing,  le  dimenche  devant  la 
penlecoste,  fisl  son  entrée  en  la  cité  fort  honnorablement  avec  des  grands  princes  10 
et  seigneurs  à  grande  joyc,  honneur,  esbatements,  civilité,  usances,  estant  pour 
lors  bourghemaislres  inaislre  Jan  de  Strel  et  maistre  Pier  Bex  ('),  ambedeux 
licentiéz  ens  drois,  et  fut  la  maison  de  la  cité  bravisement  blasonnce  et  accou- 
slrée  des  armes  de  la  cité  et  pays,  bonnes  villes,  contez,  duchéz,  aussy  des 
xxxii  bons  mestiers.  is 

L'an  mesme,  at  esté  publyé  ung  édict  (2)  touchant  des  forrests,  d'awes, 
venissons,  et  poissons,  ny  de  achapler  ou  vendre,  sinon  pour  divers  poinct  et 
affaires,  dont  à  cause  qu'il  astendroit  sy  désacoustuinément  en  auscuns  poincts 
un  peu  les  bourgeois  '',  il  s'eslevat  et  suscitai  uue  esmotion  parmi  la  cité, 
laquelle  fut  incontinent  appaisée  par  la  remonslrance  de  sa  Uévérendissime  -20 
Grâce,  déclarant  qu'il  ne  prélendoit  loucher  contre  la  liberté  de  la  bourgoysic, 
ains  pour  eslrangier  et  gens  follanls  boix  et  cawe  avoit  esté  publyé  cesl  édict, 
lequel  édiet  fut  mis  en  bas  pour  aulcuns  poincls  obscures.  En  dit  an,  est  mort 
Ferdinand  d'Austriche,  empereur. 

L'an  lo65,  en  mois  de  may,  M.  Koberl  de  lierghe  trespassal,  jadil  évesque.  25 
Ceste  mesme  année,  le  jour  Saint-Jacque,  ont  estez  esleus  pour  bourgemaistres 

"  tist  en  la  cité  son  entrée  très  lionnorableraent.  avec  laquelle,  pour  le  présent,  nous  mettrons  fin  à 
nostre  hysioire  et  cronieque  jusque  à  temps  plus  opportun  :  fui  du  manuscrit  2.  »  les  bourgoys 
voyant  les  poincts  et  affaires  sy  strieqz  :  manuscrit  6. 

(i)  Sur  Jean  de  Strccl,  éclievin  de  Liège  de  I  lis'.)  à  ICI8,  voiroc  Boauan,  Les  Echeoins,  t.  Il,  p.  229.  30 
Sur  Pierre  Bcx,  voir  Ibid.,  p.  259. 
t'y   Edit  du  22  juillet  1504  précité. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  511 

de  la  cité  M.  Erard  de  Wishoigne  (*),  seigneur  de  Velroux  et  Lexhy,  avec  luy 
Maislre  Erard  "  de  Fléron  (2),  eschevin  de  Liège,  licentié  es  droicls,  duquel 
temps  les  froument  et  wassent  comenchirent  de  plus  en  plus  à  remonter  et 
rechirir,  car  le  muids  de  speaulte  soy  vendoit  trois  daller,  le  stier  de  wassent 

s  siex  florins  liégeois  (3),  non  seulement  à  Liège  mais  partout,  de  quoi  pour 
soubvenir  à  la  nécessité,  fut  par  le  conseil  de  la  cité  ordonné  de  faire  une  bonne 
somme  d'argent  et  envoyez  à  Amsterdam,  où  illecque  estoit  arrivé  grand 
nombre  de  naviers  cliargiés  de  petit  grains,  qui  viennoyent  du  loing  pays  b,  et 
furent  achapté  pour  la   cité  et  pays   par  les  commis,  pour  cest   fois  pour 

îo  xxx  milles  florins,  et  ainsy  continuellement  ceulx  de  la  cité  acbaptoyent  encore 
grains,  tant  au  Pays-Bas  que  en  Allemaigne,  et  le  tout  at  esté  distribué  par 
ordonnance  du  conseil  et  de  la  cité,  tant  ens  payus  cuicts  par  les  bollt  ngiers  de 
winables,  comme  aussy  par  stiers  et  mesures,  de  sort  que  en  brieff  temps  les 
grains  vindrent  à  meilbieure  prys,  car  la  cité  portoit  inlérest. 

15  En  cest  an  mesme.  le  Turcque,  avec  grande  armée  de  130  gallers,  huicte 
maxhons,  xvi  grandes  naviers  etaultres  mennues  chargées  d'artilleries  et  muni- 
tions, vindrent  assiéger  l'isle  de  Malle,  laquelle  isle  avoit  esté  donnée  aux 
chevalliers  Rhodiens  peu  après  que  l'isle  de  Rhode  avoit  esté  prins  par  le  pape 
et  l'empereur,  mais  Iesdits  Turcques  furent  constraincts  soy  retirer  avec  grande 

20  perdre. 

La  mesme  année,  ceulx  de  iMaeslricht  (4)  ont  par  aulcuns  leurs  donnant  en 
bouche  des  frivolles  requis  vers  la  duchesse  ds  Parme,  gouvernant  du  pays  de 

"  Jacques  de  Fléron  :  manuscrit  G.  —  'de  pays  vers  Oostande  :  manuscrit  î8. 

(i)  Lrard  de  Wihogne,  dit  de  Lexhy,   seigneur  de   Lexhy,   Velroux,  etc.,  Cf.   Abky,  Rtcueil  des 
i'.'  bourgmestres,  p.  300. 

(i)  Gérard  de  Fléron,  échevin  de  Liège  de  1MC1  à  ICI!).  Cf.  de  Borman,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  157. 
(5)  Ces  prix  sont  conformes  à  ceux  mentionnés  pour  le  29  novembre  IKGK  par  un  record  des  Eclie- 
vins  de  Liège  du  7  décembre  1S7C. 

(*}  Sur  cet  incident,  voir  un  acle  du  Conseil  privé  du  0  décembre  1HG0,  dans  les  Dépêches,  VI, 
50  fol.  ôii  \".  Recès  du  chapitre  de  Saint- Lambert,  reg.  115,  p.  S7b.  Lettre  de  Gérard  de  Groc.sbecck  à 
Marguerite  de  Pami'1,  du  9  septembre  1865  el  lettre  du  même  à  son  chancelier,  du  13  octobre  suivant, 
dans  le  Carlulaire  de  ta  Cité. 


S12  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Brabant,  cerlain  mandement  de  pouvoir  cueillier  et  lever  ung  nouveaux  tourny 
à  eeulx  de  Liège  dessus  leurs  marchandises  illecquc  passants,  ce  que  n'avoit 
esté  veu  auparavant,  et  en  vertu  de  ce,  publiés  et  levez  à  aulcuns;  or  voyant 
ceulx  de  Liège  cesle  nouvelle  manière  de  faire,  ils  soy  sont  opposez  veuilliant 
scavoir  la  cause,  et  de  désister  doresnavant,  dont  ceulx  de  Treict  respondirent  :> 
que  c'esloit  pour  ce  que  on  les  faisoit  payer  les  gabelles  de  bouillies,  et  que  en 
cas  que  l'on  vollust  à  ce  désister,  ils  seroyenl  bien  content  de  faire  le  sem- 
blables, tellement  qu'il  y  avoit  commencement  de  grande  question,  mais  par  les 
ordonnances  tant  de  ladite  duchesse  que  de  noslre  prince,  fut  ordonné  que 
eeulx  de  Treict  cesseroyent  de  leurs  nouvelles  telle  et  quels  faires,  et  que  les  io 
affaires  seroyent  communicqués  à  aulcuns  commissaires  et  dépuleis  des  deux 
parties  au  lieu  de  Treict,  et  illec  estant  la  manière  entamée  par  forme  de  procès, 
escriplures,  interdict,  allégeance, réplicques,  duplicques.  conclusions. documents, 
privileiges  et  tesmoins,  sentant  par  ceulx  de  Liège  leurs  causes  de  droicl  et  loix 
juste,  prélendoyent  d'avoir  widanges,  mais  les  comissaires  de  ceulx  de  Treict,  i;> 
qui  estoyent  de  Brabant,  n'ont  poinct  volu  lors  wider,  ains  soy  sont  party 
remeclant  le  procès  à  aultres  fois,  et  ainsi  il  est  demoréz  que  eeulx  de  Liège 
n'ont  plus  payé  la  nouvelle  toile  à  eeulx  de  Treict,  et  ceulx  de  Treict  ont 
continué  à  payer  leur  gabelles  de  houilles  à  ceulx  de  Liège. 

* 
*     * 

L'an  mesme,  le  3  juin,  le  révérendissime  et  illustrissime  prince  Gérard  de  20 
Groesbeeck  at  fait  son  entrée  à  Liège  avec  grand  nombre  tant  de  princes  que  de 
seigneurs  et  grandes  joyes,  honneurs  et  pompes.  El  fut  receu  de  la  porte  de  la 
Cité  suivant  toutes  voyes  et  manières,  triomphes,  coustanges,  esbatemens, 
usances  tant  en  armes  que  aultrement  en  la  manière  que  devant  dit  est  de 
monseigneur  le  révérendissime  Koherl  de  Berg,  que  Dieu  absoulve.  Et  à  sa  23 
venue,  at  esté  fort  bravement  la  maison  de  la  Cité  accommodée  de  blasons 
d'icelle,  de  ceux  du  pays  et  villes  d'iceluy,  des  contées,  marquisats,  duchés  et 
mesme  des  xxxn  mestiers  (').  (Manuscrits , 58,  fol.  75  et  98,  fol.  70  V.) 

(i)  Voir  dans  le  registre  1  13,  p.  t.87,  des   Conclusions  capitulaircs  du  chapitre  de  Saint  Lambert,  la 
relation  officielle  de  cette  Jmeiise  entrée.  30 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  513 

Le  vendredi  après  son  entrée,  entra  en  Liège  le  duc  de  Brunswick  (*) 
et  chantât  l'évesque  messe  avec  grande  compagnie  y  assistant.  (Manuscrit  98, 
fol.  70  V.) 

L'an  I56o,  fut  conclud  et  arrêté  le  concile  de  Trente,  ville  située  en  Italie, 
b  par  le  pape  Pius,  par  les  légats  et  cardinaux,  archevêques  et  évoques  qui 
l'approuvèrent  et  confirmèrent,  après  avoir  été  commencé  dès  l'an  1540.  Il  fut 
publié  en  Espagne  mais  rejette  en  France,  publié  aux  Pays  Bas  par  ordre  du 
roy,  contre  l'avis  du  prince  d'Orange,  des  contes  d'Egmont  et  de  Ilorne  et 
contre  l'avis  du  président  Viglius  même,  contre  lequel  s'opposèrent  les  chapitres 

»o  et  ecclésiastiques  soub  l'archevêché  de  Malines,  et  l'évêché  d'Utrechl  (2)  ny 
voulut  mordre,  à  peine  l'archevêque  de  Cambray  i^3)  peut-il  induire  son 
chapitre  de  l'accepter,  ce  qui  engendra  des  grands  troubles  et  mécontentemens. 
(Manuscrit  58,  p.  79.) 

En  ce  temps,  mourut  le  prévôt  Bocholt  qui  avoit  refusé  d'être  évêque  de 

•5  Liège.  (Manuscrit  38,  p.  78.) 

L'an  mesme,  fut  le  Conseil  de  Trente  conclud  et  arrestéz  par  le  saint  Père  le 
pape  et  puis  par  les  légats,  cardinaux,  archevesques,  évesques,  saints  pères, 
docteurs  à  ce  députés  et  mandés,  mandant  à  tous  ehrestiens  de  le  recevoir 
inviolablemcnt  et  le  tenir,  observer,  garder.  ()Ianuscrits  3,  6,  j 2  et  28.) 

20  L'an  mesme,  l'évesque  lit  acqueste,  au  profïît  de  la  fable  épiscopalle,  à 
monsr  de  Bisbourg  de  la  moitié  parle  d'un  grand  bois  près  de  la  ville  de 
Couvin,  dont  l'autre  moitié  apparlenoit  à  l'évesque  (*).  En  ceste  même  année, 
ceux  de  Treicbt  ont  par  aucunes  barches  donné  des  fruits  vers  la  diocèse  de 
Liège,  parmi  gouvernant  le  pais  de  Brabant,  donnant  certain  mandement  afin 

25  de  pouvoir  lever  un  nouveau  tourny  à  ceux  de  Liège  dessus  la  marchandise 
illec  passante,  ce  que  jamais  n'avoil  esté  fait.  (Manuscrit  i  OS.) 


(«)  Eric  de  Brunswitk-Wolfenbaltel,  qui  servit  dans  l'armée  du  roi  d'Espagne  à  la  bataille  de 
Saint  Quentin. 

(»)  Martin  Rithovius. 
50       (')  Maximilicn  de  Bcrghcs.  Voir  page  489,  note  2. 

(*)  Acte  du  20  février  1565  par  lequel  Gérard  de  Groesbeeck  rédime  la  partie  de  la  chàtellenie  de 
Couvin  qui  avait  été  engagée  à  Claude  de  Wittciu.  Conseil  privé.  Dépécha,  rcg.  VI,  fol.  229. 

Tome  IL  03 


514  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Le  pape  Pie  IV,  entendant  la  prudence,  bonne  vie  el  conduite  de  l'évecque 
de  Grosbeeck  et  le  voullant  reconnoilre.  il  luy  donna  le  pouvoir  des  collations 
de  tous  les  bénéfices  aux  mois  papales  pour  en  disposer  à  sa  bonne  volonté,  luy 
et  ses  successeurs  (').  Ce  qui  a  été  la  perle  des  Liégeois  ",  d'autant  que  les 
évecques  à  la  suite  en  gratilioient  ceux  qu'ils  redoubloienl  ou  leurs  bons  amis,  s 
Auparavant  on  espéroit  rien  d'eux,  n'ayant  rien  en  leur  pouvoir,  mais  en  celluy 
du  chapitre.  (Manuscrits  47,  fol.  156;  45,  p.  7SS  et  4ë,  fol.  292.) 
(f'ersion  plus  abrégée). 

En  ce  temps,  se  faisoit  à  Liège  h  danses  publiques,  dans  certains  lieux,  à  qui 
mieux,  et  à  chanter  aussi,  dont  les  plus  habiles  emporloienl  des  prix  comme  io 
miroirs,  gans,  pennaches  et  autre  jouaillerie.  Plusieurs  jeunes  hommes  et  filles 
se  trouvèrent  dans  ces  endroits.  Ces  prix  se  rachctlèrent  parmy  un  banquet. 
Comme  toute  cette  manège  occasionoit  des  querelles  et  qu'à  la  faveur  de  la  nuit, 
l  se  coin  mettoient  plusieurs  désordres  et  obscénités,  l'évecque,  en  étant  infor- 
miez, le  deffendit  sous  peine  de  grosses  amendes  (2).  (Manuscrits  47 ,  fol.  156  is 
el  45,  fol.  292.) 

L'an  mil  VCLXV,  at  esté  encommencé  une  très  forte  et  grande  gellée  quy  n'a 
point  moins  dure  de  deux  mois,  estante  si  véhémente  que  de  cinequante  ans  on 
n'avoit  veu  la  pareille.  Après  ce,  grosses  neiges.  Ladite  gellée  avoit  encommencé 
un  peu  avant  le  Noël.  Kt  au  mois  de  may.  sont  tombées  subittement  pluyes  qui  20 
rendirent  la  rivière  de  Moeuze  hors  rive  et  desbordée  par  les  preys  et  colilaiges 
et  terres,  faisant  grand  domaige  tels  que  personne  n'avoit  veu  en  tels  temps  le 
le  pareil.  En  ce  temps,  fut  faite  une  élection  d'ung  nouveau  doyen  de  Saint- 
Lambert,  dont  fut  esleu  monsieur  VV  inand  de  W'igard  (3).  L'an  mesme,  estoient 

"  ce  qui  a  été  la  totale  ruine  des  Liégeois  et  comme  l'échelle  dressée  par  où  sont  montés  ses  25 
successeurs  à  ce   suprême  degré  de  giandeur  où  ils  sont  à  présent  :  manuscrit  A3,  p    755.  — 
b  en  des  lieux  particulièrement  choisis  et  destinez  :  addition  du  manuscrit  45. 

(V  Bulle  du  pape  Pie  IV,  du  12  octobre  1860,  accordant  pour  cinq  ans  la  faculté  de  conférer  les 
bénéfices  réservés  au  Saint-Siège. 

(s)   Cri  du  perron  du  13  octobre  1865.  30 

(3)  Wvuaiid  de  Wyngaert,  chanoine  de  Saint-Lambert  depuis  le  10  novembre  1810,  élu  grand- 
doyen  le  50  octobre  156-i  et  grand-prévôt  le  H  septembre  1880,  mort  le  28  juin  1893.  Cf.  de  Tbïux 
t.  111,  p.  88. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  515 

le  foing  et  fouraiges  à  liault  pris,  car  le  faz  de  foin,  contenant  six  pessées 
à  Liège,  se  vendoit  quinze  à  seize  florins.  (Manuscrits  96,  fol.  302  t>° ; 
97,  fol.  212v°;  12  el  28,  p.  400.) 

L'an  1565",  comme  dit  est,  gella  tellement  que  la  rivière  de  Moeuse  fut 

5  serrée  par  trois  fois,  les  noyers  et  vingnes  engellées.  L'Escaut  en  Anvers  fut 
tellement  engellé  qu'on  vendoit  sur  la  glace  du  vin  et  de  la  bière  et  loulles 
autres  marchandises.  (Manuscrits,  102,  fol.  152;  27,  fol.  351.) 

Et  fut  le  grain  fort  cherre  et  on  vendoit  le  stier  cincque  florins  et  dix 
aidants.  (Manuscrit  27.) 

io  Car  le  muid  de  spcaulte  se  vendoit  trois  dallers,  le  stier  de  wassen  6  florins, 
5  aidants  moins  et  estoit  par  tout  le  pays  de  Braibant,  Flandre,  Hollande, 
Zélande,  Geldrc  et  mesme  en  France  comme  au  pays  de  Liège,  et  de  mesme 
prix  et  ne  s'en  trouvoit  point  en  Hesbaigne  la  moitié  de  ce  qui  estoit  besoing. 
Dont  pour  subvenir  aux  grandes  nécessités  du  pays,  il  a  été  ordonné  par  le 

15  conseil  de  la  cité...  (Texte  comme  page  S 11.) 

Ainsi  continuellement  encor  haussoicnt  les  grains  tant  au  Pays-bas  comme 
en  Allemangne,  où  on  at  aussi  achepté  un  bon  nombre,  comme  aussy  en  autres 
costés.  Et  furent  tous  icieux  grains  distribués  par  ordonnance  dudit  Conseil  de 
la  Cité,  par  les  commis  et  députés  tant  en  grains  cuits  par  les  boulangers  des 

20  vinables  comme  aussy  par  mesures  et  sliers.  Et  y  a  esté  tellement  procédé 
qu'en  brief  temps,  les  grains  furent  à  plus  bas  prix  à  Liège,  car  la  Cité  portoit 
quelque  intérest.  Davantage  encor,  tant  par  gelées  et  froidures  que  par  autres 
incommodité,  les  pauvres  gens  n'avoient  point  d'ouvrage  ny  de  labeur  et 
plusieurs  mangeoient  jusques  à  la  reste  de  leurs  biens,  et  de  là,  par  grandes 

2b  nécessités,  commencèrent  à  faire  mutinations  et  murmures,  impatiemcnt,  se 
trouvant  et  assemblant  par  nombre,  tellement  qu'il  at  convenu  et  fut  trouvé 
expédié  de  mettre  grand  nombre  de  femmes  et  enfans  à  besoigner  et  faire 
ouvrages  pour  gaigntr  du  pain  aux  chemins,  voyes  et  fossés  et  rempart  de  la 
Cité,  tellement  qu'ils  furent  contens  et  lesdils  grains  et  pains  continuèrent  par 

30  bonne  police  el  à  prix  moyen.  Ainsi  passèrent  par  ce  moyen  ceux  de  la  Cité  le 


«  l'an  1566  :  manuscrit  105. 


816  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

danger  qui  leur  esioii  imminent^).  {Manuscrits  28,  fol.  401  ;  96,  fol.  503  v°; 
97,  fol.  215;  106  (à  la  date  de  1366)  el26h'%  fol.  363.) 

Les  pauvres  n'avoicnt  pas  de  labeur  et  mangeoient  tout;  après  commen- 
cèrent  à  murmurer,  s'assemblant  tellement  que  fut  expédient  de  mettre  des 
enffans  à  grand  nombre,   hommes  à  besoigner  pour  gaigner  leurs  pains  aux  s 
voyes,  chemins,  remparts  et  fossés  de  la  Cité  et  par  ce  moyen,  le  peuple  fut 
appaisé.  (Manuscrit  5.) 

En  cette  même  année,  périt  une  fosse  aux  houilles  à  Tillcur  où  y  furent  péris 
28  hommes  (2).  (Manuscrits  12;  24,  fol.  288  v° ;  93,  p.  413;  96,  fol.  303  ; 
97,  fol.  212  v.)  io 

L'an  mesme,  fut  translaté  une  partie  du  corps  Saint  Eugène,  premier  évesque 
de  Tollède,  de  .Saint-Denis  en  France  à  Toilette.  Philippe,  roy  d'Espaigne, 
second  de  ce  nom,  le  portoit.  (Manuscrits  27,  fol.  331  et  34,  fol.  244.) 


1566. 


L'an  XV'LXVI,  vindrent  des  faulx  prédicateurs  en  plusieurs  pays,  première-  «s 
ment  en  Flandre,  lesquels,  en  plaing  jour,  alloient  à  leur  presche  avec  basions 
et  armes  en  grand  nombre.  Ceulx  d'Anvers  ne  voulurent  point  estre  les  der- 
niers. Après  ensuy virent  plusieurs  autres,  comme  en  Zélandre,  Frise,  ceux 
d'Ypre,  de  Gand,  eculx  del  contée  de  Horne,  ceux  d'Aldernaeh  (3),  de  ïournay 


'/  Cette  disette  de  grains  se  révèle  dans  une  série  de  mandements  et  cris  du  perron  promulgués  le  20 
18  septembre,  le  6  octobre  et  le  S  décembre  I!i(i5.  La  visite  des  greniers  de  tous  les  habitants  de  la 
Cité  fut  ordonnée  le  S  décembre.  Le  17  suivant,  des  rassemblements  menaçants  de  gens  affamés  se 
lirent  autour  des  Tawcs  et  de  Vottcm,  et  une  enquête  générale  fut  décrétée  le  22  décembre  pour 
découvrir  ceux  qui  avaient  cherché  à  soulever  le  peuple  en  se  plaignant  de  la  mauvaise  qualité  du 
pain.  L'assistance  du  chapitre  de  Saint-Lambert  fut  sollicitée  pour  obtenir  de  l'Empereur  l'envoi  de  2"> 
grains  d'Allemagne.  Malgré  l'énormité  des  dépenses  déjà  engagées,  le  Conseil  de  la  Cité  décida,  le 
2  janvier  llitiC,  de  continuer  les  travaux  occupant  les  chômeurs  pendant  un  an  si  c'était  nécessaire. 
Cf.  E.  Fairon,  Cartulairc  de  la  Cité. 

(*)  Cf.  Gobert,  Eaux  et  foittuines  de  la  Cité,  p.  43. 

l3y  Audenardu.  30 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  517 

el  ceux  d'Isle  (J)  en  Flandre.  En  pays  d'Artois,  furent  les  premiers  ceux  de 
Valenciennes  (2).  Ceux  d'Anvers,  voyant  qu'on  ne  contradisoit  guère  à  leur 
mauvaise  et  dannable  conjuration,  sortirent  de  la  ville  en  grand  nombre  ouyr 
les  presches  des  gens  indoctos.  La  ducesse  de  Parme,  gouvernante  pour  ces 
s  temps  des  Pays-Bas,  entendant  les  aclz  et  faietz  de  ces  nouveaux  prédicans, 
envoya  là  le  conte  de  iMegc  (3)  pour  appaisir  leur  fureur  et  assembler  des  gens 
d'armes  pour  garder  le  pays  de  roy  en  subjection,  mais  ledit  conte  fut  constraint 
sans  rien  faire  retourner  à  Bruxclle.  Après,  y  fut  envoyé  le  prince  d'Orcnge  qui 
les  appaisat  un  peu,  mais  non  portant  les  peult  défendre  d'aller  à  leur  presche, 

io  qui  tellement  estoient  augmentez  que,  le  xmie  jour  de  juillet,  an  susdit,  hors 
d'Anvers  furent  faietz  six  sermons.  Le  xvB  de  juillet,  furent  les  nobles  du  Pays- 
Bas  au  conseil  à  Saint-Trond  pour  déterminer  entre  eulx  de  leur  affaire,  et  de 
par  la  ducesse  de  Parme  y  furent  envoyez  le  duc  d'Arschol  et  le  comte  d'Aig- 
mond,  où  rien  ne  fut  concludl,  et  fut  remis  ledit  concilie  ou  plulost  parlement 

îs  à  Duffle  (4),  villaige  tout  près  d'Anvers,  à  xviue  jour  du  mesme  mois,  où  les 
marchans  el  commun  peuple  d'Anvers  donnèrent  une  supplication,  priant 
ausdits  nobles  de  vouloir  estre  leur  protecteur  en  leur  nouvelle  religion, 
ausquels  fust  respondu  par  les  nobles  qu'on  ne  leur  feroit  rien  tant  qu'il  fust 
autre  chose  ordonné  par  les  chevaliers  de  l'ordre,  mais  qu'ils  ne  faisent  à  per- 

20  sonne  tort.  L'an  mesme,  sur  le  fin  de  moys  d'aoust,  commenchèrent  lesdits 
conspirateurs  à  violer  les  englieses,  rompre  les  images,  les  orghes  et  les  ornemens 
d'église,  brusler  les  livres  et  lettres  où  les  biens  desdites  englises  estoient  com- 
pris, le  Saint  Sacrament  de  l'auteil  passer  à  piedz.  Les  autres  dcl  sainte  huyle 
d'Extrême  Onction  en  oignoient  leur  sollier,  les  autres  faisoient  leur  pouvreté 

25  en  l'caue  de  Saint  fons  et  aultre  choese  qui  seroit  trop  infâme  et  détestable  de 
le  seulement  escriere.  Le  moys  de  septembre  après,  à  l'exemple  de  ceux  d'An- 
vers qui  avoient  faict  cinq  temples,  ou  plutost  estaublcs  de  pourceaux,  pour 
prescher  leurs  nouveaux  prédicateurs,  fut  parmys  pareillement  à  ceux  de  Gand, 

(i)   Lille. 
30       (*)  Sur  les  troubles  à  Valenciennes,  voir  II.  Pirenne,  Histoire  de  Belgique,  t.  il!,  pp.  iïiii't. 
(»)  Le  comte  de  Meghem.  Voir  page  S02,  note  I. 
[*)  Duffel. 


518  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

d'Aldernard,  d'Ipre,  Bailleieu,  et  de  Couvin  (4)  d'édiflier  pareillement  des 
temples,  mais  dehors  les  villes.  Plusieurs  gens  de  biens  et  gens  d'églises,  voyant 
leur  mauvaise  volunté  et  intention,  pour  éviter  leur  fureur,  et  point  estre  par- 
ticipanlz  à  leurs  actz,  s'en  allèrent  demourer  aultre  part  en  portant  une  partie 
d'eux  leurs  biens  avecque  eux.  Les  geux  et  gens  séditieux  voyant  eecy,  pensant  5 
estre  maistres,  eommenchèrent  entre  eux  à  crier  :  «  vive  les  geux  »,  comme 
supérieur;  et  pour  mieulx  décepvoir  le  pauvre  peuple,  firent  forger  des  images 
où  à  l'ung  des  costéz  estoit  la  pourlraicteur  et  figure  du  roy  d'Espangne 
Philippe  et  à  l'autre  costé  estoient  deux  mains  l'une  sur  l'autre,  avecque  cestc 
inscription  :  «  Fidelz  au  roy  jusques  à  la  besace  ».  10 

Au  mois  de  décembre,  l'an  mesme  XVCLXVI,  ceux  de  Hasselt  commencèrent 
pareillement  à  leurs  églises  à  rompre  images,  ornemens  d'églises,  et  admettre  des 
faulx  prescheurs  en  leur  ville  (2).  Pareillement  ceux  de  Maseick  et  de  Treict, 
lesquels,  l'an  ensuyvant,  ne  voulurent  au  commencement  recepvoir  nulle 
garnison.  15 

En  ce  mesme  temps,  soy  rassemblèrent  plusieurs  des  susdits  geux  de  Flandre 
et  Tournay  pour  venir  secourir  ceux  de  Valencienne  qui  estoient  assiégez  en 
leur  ville  par  le  gouverneur  de  Hénault,  Monsieur  de  Norcarme  (3),  qui  leur 
corrut  sus,  et  y  furent  bien  tuez  vmc  sans  ceux  qui  soy  sauvèrent,  et  de  ses  gens 
furent  tant  seulement  luéz  vu  ou  vm,  et  le  jour  devant,  en  avoient  estez  encor  20 
tuez  cent  et  l,  et  une  partie  se  sauvât  en  une  thour  où  le  feu  fut  mis  et  y  furent 
tous  brusléz. 

II 

L'an  1566,  environ  le  mois  de  juing,  at  esté  tenue  une  journée  à  Augs- 

burghe...  25 

L'an  mesme,  la  plus  grande  parlye  de  la  noblesse  du  Brabant  comenchirent 


(')   Lisez  Enghicn. 

(*)  Cf.  A.  Paquay,  La  répression  des  troubles  calvivistet  à  Hasselt  par  Gérard  de  Groeibeeck,  dans 
I'Ancien  pays  dk  Looz,  190:2,  t.  V,  p.  35.  Voir  aussi  dossier  1010  de  la  Chambre  Impériale  et  le 
registre  VI,  fol.  382  v°  et  400  des  dépèches  du  Conseil  privé  el  la  Journée  d'Etat  du  18  mars  1867.       35 

(3^  Philippe  de  Sainte-Aldcgondc,  sire  de  Noircarmcs. 


REGNE  DE  GERARD  DE  GROESBEEK.  519 

à  faire  requesle  vers  la  princesse  Madame  de  Parme,  gouvernante  du  Pays-Bas, 
pour  modérer  les  placcarts  que  l'on  avoit  publyé  assez  rigoreux  contre  ceulx  de 
la  religion,  lequel  placcart  sembloit  estre  semblable  à  l'inquisition  d'Espaigne, 
ce  que  ne  fut  octroyé.  Puis  un  peu  après,  ceste  année  mesme,  les  seigneurs 

s  du  dit  pays  soy  sont  bendéz  ensemble,  induisant  aussy  le  commun  peuple 
à  s'opposer  à  la  rigbeur  de  l'inquisition  ou  placcart  en  nom  ou  par  le  roy. 
Cependant  sont  venus  des  nouveaux  prédicant,  préchant  aux  champs  et  en 
plussieurs  bonnes  villes  du  dit  pays,  pervectanl  une  nouvelle  doctrine  de  reli- 
gion, contraire  à  l'anchienne  Sainte,  Catholicque  et  Romaine,  par  ainsy  estant 

10  creu  de  grand  nombre,  comenchèrent  s'enforcer  à  maintenir  la  dite  foy,  rompant 
et  brisant  ens  plussieurs  bonnes  villes  et  villaiges  les  englieses  et  imaiges, 
comme  en  Anvers  et  aultre  part. 

Lors  le  prince  d'Orange,  entendant  cela  et  ce  qu'estoit  passez  en  Espaigne, 
ayant  adverty  le  duc  d'Aigmont,  at  incontinent  abandonnet  le  gouvernement 

•s  d'Anvers  et  soy  partit  vers  Bréda,  et  de  là  allât  en  Allemaigne. 

* 
*     * 

L'an  mil  VCLXVI,  esloient  encor  les  grains  à  fort  hault  pris,  continuants 
comme  dit  est,  estante  grande  pauvreté  parmy  le  commun  par  tout  pays  et  les 
seigneurs  bourguemeslres  de  la  Cité  et  aucuns  autres  rendoient  fort  grandes 
peines  et  diligences  d'estre  pourveus  et  de  recouvrir  des  grains  partout  où 

20  il  estoit  possible  en  trouver,  tant  en  Allemaigne,  Pays-Bas  que  partout.  Ce  qui 
portoit  grand  intéresl  à  la  Cité,  pour  ce  qu'il  estoit  besoin  d'accepter  lesdits 
grains  à  haut  pris  en  loingtains  pays  pour  contenter  le  populaire,  le  rendant  à 
moindre  pris  pour  éviter  la  fureur  dudit  peuple,  veu  que  la  nécessité  n'a  point 
de  loy.   Les  mestiers  avoient  conclu,  quoy  qu'il  coutast  ledit  grain,  qu'on  fist 

23  qu'on  en  eust  davantage,  affln  qu'on  n'eût  faulte,  et  furent  iceux  grains  tellement 
distribués  et  gouvernés  qu'environ  des  Pasqucs,  qu'on  craindoit  la  plus  grande 
famine,  ravallèrent  les  grains  de  jour  en  jour  en  la  Cité  et  par  conséquent  fut 
à  si  raisonnable  pris  jusques  à  l'aoust  que  chascun  s'en  contenta,  mesme  les 
surcéans  du  pays  et  aultres  en  alloient  quérir  en  la  Cité,  mais  icelle  en  receut 

30  de  ceste  chereté  grands  dommages  et  intérest,  mais  grâce  à  Dieu,  la  chose  fut 


520  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

plus  doubteuse qu'il  n'en  advient.  (Manuscrits  98,  fol.  72  cl  26hi',  fol.  566 
(en  version  abrégée.) 

L'an  mil  VrLXVI,  les  grains,  wassens,  orges,  fromens  et  aultres  furent  à  hault 
pris,  comme  devant,  en  continuant  jusques  vers  le  moys  d'aougst.  Car  venant 
vers  le  Pentecosle,  il  estoit  dévale  par  la  bonne  provision  et  diligence  faites  5 
par  la  Cité,  avec  le  bon  police  quy  se  tenoit,  en  faisant  cuire  des  pains,  ausy 
distribuais  des  grains  à  bon  pris  au  grand  dommaige  de  la  Cité.  Car  la  néces- 
sité et  pauvreté  estoit  grande.  Et  l'on  dit  communément  «  plus  gelle  et  plus 
eslraint  ».  Car,  à  cause  que  ce  avoit  continué  quasy  l'an  enlbicr,  de  sorte 
que  mesme  des  gros  bourgeois  devenoienl  las  en  souffrant  dudit  temps,  mais,  la  io 
grâce  de  Dieu,  il  vient  bien.  Car  on  doubloit  la  comble  ou  fin  en  avoir  encor 
plus  grande  nécessité,  il  vient  bien  à  estre  à  meilheur  pris  au  moys  d'aougst  (i). 

En  cesle  mesme  année,  le  sel  a  esté  très  forte  remonté,  car  le  quartal  se  ven- 
doit  xm  à  xini  °  florins  liégeois  (Manuscrits  12;  24,  fol.  294  ;  28,  p.  405 ; 
95,  p.  474 ;  96,  fol.  50-5  V;  97,  fol.  21 S  et  26"",  fol.  566.)  is 

L'an  lafiti,  tumulte  en  l'église  de  Saint-Lambert.  Une  grande  émotion  du 
peuple  fut  eslevé  en  l'église  de  Saint-Lambert  à  l'occasion  de  Monsr  de  Hault- 
penne  (2)  qui  tenoit  le  chapelain  d'Aigrcmont  prisonnier  de  force,  contre  loix  et 
jugement,  dont  le  mestier  des  drappiers,  réclamant  ledit  chapelain  pour  leur 
confrère,  demandoit  de  le  ravoir,  de  manière  que  ledit  seigneur,  crainliff,  fut  20 
constraint  se  relivrer  prisonnier  en  la  maison  de  la  Cité  pour  éviter  le  gré  et  furie 
des  bourgois,  dont,  la  nuict  ensuivant,  furent  requérir  ledit  prisonnier  de  force 
hors  la  prison  à  Hautepenne.  (Manuscrits  97,  fol.  218  et  105,  fol.  17 5.) 

»  12  à  13  florins  :  manuscrit  28. 

(i)  Voir  la  note  1  de  la  page  S 16.  Les  prix  des  grains  actes  par  le  record  des  echevins  de  Liège  du  25 
7  décembre  1 K70  sont,  pour  les  deux  années  de  disette  de  1 56îi  et  1566,  les  suivants  :  fi  juillet  1568, 
inuid  d'épeautre,  12  florins  10;  sticr  de  froment,  82  '/,  aidants;  slier  de  seigle,  65  aidants;  le 
2'J  novembre  liiOB,  ces  prix  sont  respectivement  haussés  à  17  florins,  145  aidants,  122  aidants; 
le  5  janvier  1 506,  à  11  florins,  1 2rJ  aidants,  1 10  aidants  ;  le  7  septembre  11)66,  les  prix  sont  ravalés 
à  I  i  florins  I  .'i,  78  aidants  et  63  aidants.  .10 

(*)  Louis  de  Brrlayniont,  seigneur  de  Floyon,  Kernipt,  etc.  Le  24  août  1565,  le  métier  des 
drapiers  avait  approuvé  les  termes  «l'une  supplique  adressée  au  prince-evéque  demandant  la  cessation 
d'une  enquête  promue  à  la  demande  de  monsr  de  Hautepenne  et  Velroux.  (Rccès  du  métier  des  drapier», 
1552-1578,  fol.  94.) 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESDEEK.  521 

Cesle  année,  les  pères  de  la  Compagnie  de  Jésus  furent  mandez  à  Liège  par 
l'évesque  (*).  (Manuscrits  45,  p.  758  d  47 ,  fol.  151 '.) 

L'an  XVCLXVI,  fut  une  assemblée  aux  pays  bas  à  Bruxelles,  où  furent 
plusieurs  princes,  gentilhommcs  dudit  pays  et  d'aullres,  pour  s'opposer  contre 
b  aucuns  placart  et  édil  d'inquisition,  comme  il  disoient, venant  d'Espaingne;  et  les 
principaux  chicf  estoient  l'amyral  de  guerre  comte  d'Aigremont,  gouverneur  de 
Flandre  et  d'Artois,  et  Guillaume  de  Nassau,  prince  d'Orenge,  le  comte  de 
Horne  et  grand  nombre  d'aultre,  où  furent  faict  plusieurs  serment  et  promesse 
de  non  permellre  et  souffrir  ladicte  inquisition,  voire  plustost  mourir  l'ung  sur 

10  l'aultre  et  jusque  à  porter  la  besasse,  comme  un  brimbeur  ou  comme  un  geu. 
Là  ont  il  print  le  nom  de  gbeu  ceux  de  ladicte  liegue,  en  laquelle  assemblée 
comme  j'ai  préveu  ou  bien  présagié  et  prédict  leurs  malheur.  Car  il  avoient 
promis  et  jurez  de  mourir  l'ung  pour  l'aultre.  Il  est  bien  vray  que  depuis  le 
duc  d'Alve  en  fit  mourir  quarante  trois  par  l'espée.  Quant  aux  besasse  et 

ib  plateau,  plusieurs  les  ont  porté  à  grand  regret.  Et  comme  iceux  alloienl 
à  la  ville  de  Bruxelles  pour  présenter  quelque  requeste  à  Madame  la  duchesse 
de  Parme  et  de  Plaisance,  lors  gouvernante  des  Pays-Bas  par  ledit  roy  d'Es- 
paigne,  il  entroyent  avec  petite  besasse,  pelis  plateaux.  Monsr  le  comte  de 
Berlaimonl  les  voyant  dist  :  «  Voilà  des  beaux  gheux  ».  De  là  print  le  nom  de 

ïo  gheu  son  commencement,  car  paravant  on  appelloit  un  gheu  un  bringan,  dont 
depuis  grand  mal  advint.  (Manuscrits  61 ,  fol.  197  v°  et  60,  fol.  69.) 

Les  Gueux,  lesquels  au  pais  bas  passent  pour  hérétiques,  corne  en  France 
les  Huguenots,  ayant  fait  faction  et  se  conjurés,  fut  ainsi  appellée  parce  qu'au 
commencement  on  croioit  que  ce  n'estoient  que  caïmans  et  gens  de  la  lie,  se 

2b  trouva  néanlmoins  appuiée  par  les  seigneurs  des  Pais-Bas  qui,  pour  la  pluspart, 
estoient  de  celte  ligue.  Et  fit  dessein  de  s'assembler  à  Sain-Trond  au  nombre  de 
200  hommes,  à  quel  effect  Louys  de  Nassau  envoya  un  député  au  prince  de 
Liège  pour  en  obtenir,  tant  en  son  nom  que  celui  de  ses  compagnons,  la 
permission.  Mais  l'évesque  s'excusa  sur  les  ordonnances  de  l'empereur  qui 

30  deffendoient  de  faire  de  ces  assemblées  dans  les  villes  de  l'Empire,  mandant  à 

(*)  Sur  l'arrivée  des  Jésuites  à  Liège,  voir  Gobert,  op.  cit.,  t.  III,  p.  408,  et  L.  Halkin,  Les  origines 
du  Collège  des  Jésuites  et  du  Séminaire  de  Liège,  dans  le  t.  LI  du  B.  I.  A.  L. 

Tome  II.  66 


522  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

mesme  temps  aux  principaux  de  Saint-Trond  de  n'y  laisser  entrer  lesdits 
conjurés,  mais  ils  furent  intimidés  par  l'appréhension  qu'ils  eurent  qu'ils  ne 
fissent  le  dégast  dans  leurs  terres  et  qu'ils  ne  bruslassent  leurs  maisons  de  cam- 
pagne, et  ainsi  receurent  librement  les  conjurés,  estimant  qu'il  n'esloit  pas  scur 
d'offenser  des  gens  qu'ils  ne  pouvoient  surmonter.  (Manuscrit  110,  fol.  119.)  'j 

En  ceste  année,  aucunes  mutinalions  ont  esté  faictes,  tant  par  aulcuns 
seigneurs  nobles  comme  non  nobles,  aussy  des  bonnes  villes  des  pays  du  roy 
d'Espaigne  en  Braibant,  Hollande,  Zélande,  Flandre,  Haynaut  et  autres 
provinces,  comme  le  bruict  commun  estoit.  C'estoit  pour  obvier  à  aucunes 
rigeurs  et  inquisitions  et  placars  envoyez  par  ledit  roy  en  ses  pays  de  par  deçà  to 
et,  durant  ces  perturbations  et  questions  aussi  animées,  environ  le  mois  d'aoust, 
ont  esté  esleu  aucuns  hommes  que  l'on  disoit  prédicanls  ou  empeicheurs  des 
placarls  susdits.  Dedans  les  bonnes  villes  et  villages,  mesme  aux  champs,  se 
faisoient  des  prédications  et  cérémonies  nouvelles,  tellement  que  les  gens 
venoient  en  grand  nombre.  Aucuns  en  tenoient  grand  compte  et  estime  et  15 
autres  disoient  qu'ils  preschoient  une  religion  et  doctrine,  mesme  des  cérémo- 
nies contraires  à  l'ancienne  église  catholicque  et  romaine,  qui  causoit  grandes 
divisions.  Et  procédèrent  lesdis  nouveaux  prédicanls  tellement  que  plusieurs 
laissoient  leurs  anciennes  columes  de  religions  et  autres  aussi  s'efforçoient  à 
maintenir  la  religion  ancienne  ecclésiastique  et  romaine.  Or,  comme  on  traie-  20 
toit  des  divers  poinct  de  ladit  foy  en  plusieurs  pays  et  bonnes  villes  et  villages, 
mesme  en  la  ville  d'Anvers  et  pays  susdis,  se  sont  assemblé  gens  à  grand 
nombre  et  avec  force,  sans  enseignement  du  roy  ny  de  justice,  ont  entré  dans 
les  églises,  rompant,  abattant  et  démolissant  les  remembrances  et  images  de  la 
croix  et  crucifix,  des  saincts  et  sainctes,  tables  et  tableaux,  des  mémoires  des  2S 
anciens;  autres  rompoient  ciboires,  calices,  acoustrements,  ornements  et 
histoires  tant  du   nouveau  que  du  vieil  testament  °,  brusloient  les  églises, 

<•  Le  manuscrit  S6bi!.  fol  566  v°,  intercalle  dans  cette  relation  la  note  suivante:  ...  ont  tout  corrompus 
et  brusléz  et  faits  des  églises  comme  à  l'estourdy:  comme  plus  amplement  se  pourat  veoir  parles 
historiens  qui  en  escripveront  assez  plus  clairement.  Lequel  troubles  et  rebellions  ont  continuez  avec  30 
grande  effusion  de  sang  jusqu'à  l'an  1609,  que  en  at  esté  faites  une  tresves  pour  plusieurs  années 
entre  (mot  en  blanc)  Roy  d'Espaigne  et  son  frère  le  Sérénisime  archiduc  d'Autrice  Albert  et  Elisabeth 
Clara  Eugénie,  fille  à  Philippe  roy  d'Espaigne,  sœur  au  prédit  roy  et  avec  lesdits  estats  de  Hollande  et 
Zélande  et  provinces  unies,  s'en  ayant  par  leurs  ambassadeurs  entremesléz  les  rois  de  France,  Henri  4 
de  Bourbon,  de  Fiance  et  Navarre  et  le  roy  Jacque  d'Angleterre  et  d'Ecosse  et  le  roy  de  Dannemarc   35 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  523 

ruinnoient  les  gens  d'églises,  les  deschassant,  outrageant,  pilliant  et  leurs  faisant 
plusieurs  sortes  de  vilenies.  En  la  ville  de  Trecht  mesme,  y  avoit  aussi  des 
prédicans  nouveaux  et  y  avoit  entre  eux  grande  division,  de  sorte  que  aucuns, 
entrant  es  églises,  destruirent  et  rompirent  toutes  les  images,  comme  les  autres 
s  susdits  avoient  faict.  En  la  conté  de  Loz,  qui  est  à  l'évesquc  de  Uège,  et  à 
Maseyck  pareillement,  souslindrenl  les  prédicants  et  usèrent  comme  les  autres, 
nonobstant  que  IVIons'  l'évesque  de  Liège  les  avoit  plusieurs  fois  admonesté 
et  faict  remonstrer  qu'ils  eussent  à  observer  ce  qui  leur  commancloit.  Mais  ny 
pour  remonstrances  ny  pour  mandement  ne  volurent  entendre  ny  obéir  à  leur 

io  prince.  De  laquelle  désobéissance  et  rébellion,  le  révérendissime  les  a  volu 
traicter  par  loy  et  justice,  tellement  que,  eux  ouys  et  leurs  procès  fulminé,  ont 
eu  sentence  et  jugement  et  sont  esté  condamné  à  grandes  peines  et  amendes 
comme  rebelles  à  leur  prince,  encor  qu'il  y  eut  des  gens  de  biens  qui  esloient 
sortis   et   autres  aussy   dedans   qui   n'estoient   consentans   à  leur  rébellion. 

15  Touttefois,  par  après,  comme  trouverons,  furent  réconciliés  et  eurent  tous 
pardon  de  son  Alteze  de  Liège,  car  monsr  mil  des  gens  dedans  le  chasteau 
de  Stockhem  qui  leur  faisoient  souvent  manger  des  poires  d'angoisse  et  des 
grandes  craintes,  ce  qui  fut  faict  en  l'an  suivant,  car  la  sentence  estoit  rendeue 
un  peu  devant  le  jour  de  Noël.    (Manuscrits  28,  p.  404;  96,  fol.  506; 

20  97,  fol.  215  et  26bi%  fol.  366)  (*)• 

L'an  mesme,  furent  mandés  les  pères  Jésuites  à  Liège  par  Groesbeeck, 
lesquels,  par  après,  ont  esté  mis  en  la  place  des  frères  Saint  Hiérome  par 
Ernest  de  Bavière,  l'église  desquels  avoit  esté  commencé  le  27  de  may  1486 
et  consacrée  en  l'an  1509.  Ont  entré  en  possession  l'an  1581,  le  10  novembre 

25  et  ont  ouvert  leurs  escoles  le  30  avril  1582  (2).  (Mêmes  manuscrits  et  45, 
fol.  292.) 

Or,  environ  le  mois  de  juin,  at  esté  unne  journée  de  conseil  treuvée  à  Augs- 
burgh  où  la  majesté  et  les  princes  d'Empire  comparurent.  Car  nouvelle  estoit 
que  l'armée  des  Turcques  estoit  forte  grande  et  avoient  desja  invadé  la  chres- 

30  tienté.  Et  de  quoy,  pour  y  résister,  at  esté  ordonné  et  conclud  par  les  estais  de 


(*)  Voir  page  818,  note  2. 
(*)  Voir  page  821,  note  1. 


524  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

l'Empire  cslcvcir  quarante  mille  picdtons  à  huit  milles  chevals  avec  autres 
nations  comme  Italiens  de  par  le  pappe  et  des  François  de  par  le  roy  de  France, 
comme  aultrcs  dont  après  s'ajoindèrent  ensamble,  y  estants  la  majesté,  son  frère 
l'archiduc  Charles  cl  autres  grands  princes  et  capitaines,  allant  vers  l'armée  des 
Turques,  où  ne  furent  fait  qu'aucunes  escarmouches  sans  donner  bataille  et  des  o 
deulx  coslés  ne  retournèrent  tous,  mais  venus  le  temps  mauvais,  approchant 
froidure,  chacun  at  son  armée  retiré,  tant  les  Turques  que  les  Chrestiens. 
{Manuscrits  8;  6 ;  7  ;  28;  96,  fol.  505;  97,  fol.  214  v°  et  26"",  fol  566.) 
Kn  dit  an,  les  Turcs,  avec  grandes  armées  de  130  galères,  30  galliots, 
S  masthons,  10  grandes  naviers  et  autres  menues  chargées  d'arteilleries  vindrenl  io 
envahir  et  assiéger  l'isle  de  Malt  pour  la  tout  expugner  et  prendre,  laquelle  isle 
avoit  esté  donnée  aux  chevalliers  rodiens,  peu  après  que  l'isle  de  Rode  avoit  esté 
prinse,  par  le  pape  et  l'empereur,  tellement  qu'après  plusieurs  aproches  faictes 
par  les  Turcs  et  Janissaires,  Spacques  et  autres,  et  ayant  prins  aucuns  forts,  non 
sans  y  avoir  trouvé  beaucoup  de  résistence,  ayants  par  les  Chrestiens  virillc-  is 
ment  combattus,  non  sans  perdre  ny  sans  y  laisser  plusieurs  vaillants  chevalliers 
et  soldats  à  plusieurs  assauts,  finablement,  tant  par  le  secours  qui  survint  aux 
Chrestiens  que  leurs  bons  courages  et  vaillances,  ils  repoussèrent  et  reboullèrent 
lesdis  Turcs  par  force  d'armes  et  y  en  eut  grand  nombre  occis,  mesme  de 
principaux,  dont  honteusement,  avec  confusion,  sont  retirés  dans  leurs  gallères  20 
et  navires  et  mis  en  fuilte.  (Manuscrits  28,  p.  402;  96,  fol.  504  et  97, 
fol.  215  »'.) 

1567. 


L'an  XVCLXVII,  au  mois  de  janvier,  ceux  de  Tournay  qui  pareillement  25 
avoient  admis  faulx  prédicateurs  cl  brisé  les  images  et  ornemens  d'églises  furent 
corrigeis  et  punis  par  INorcarme,  qui  entrai  en  la  ville  avecque  ix  enseignes  de 
piétons  parle  chasteau,  et  incontinent  furent  pendus  deux  de  leurs  prédicanls 
et  xv  des  principaux  de  la  ville,  et  furent  les  bourgeois  priveis  de  leus  armes, 
et  leurs  presches  calvinistes  furent  aboliez,  et  leur  évesque  (')  avecque  les  gens  so 

(*)  Gilbert  d'Oignies,  eveque  de  Tournai  de  1565  à  1574. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  52o 

d'églises  qui  avoient  estez  enchâssez,  furent  rappelez  et  restituez  en   leur 
honneur. 

En  ce  temps  mesme,  ceux  de  Hasselt,  obstinez  en  leur  mauvaise  volunté  et 
religion,  ne  voulant  ouyr  nulle  admonition,  furent  à  Liège  rebelles  et  inobé- 

5  dicnlz  à  leur  prince  Monseigneur  Gérard  de  Groesbeeck,  évesque  de  Liège. 
Lequel  incontinent  après  mist  le  campe  devant,  affin  qu'on  ne  les  peult  aider  de 
vivre  a.  Ceux  de  la  ville  se  voyant  encloses,  commencèrent  à  soy  fortifier  pour 
soy  delïendre,  espérant  d'avoir  ayde  par  ceux  qui  avoient  estez  défaietz  par 
Norcarme.  Peu  de  temps  après,  y  allât  le  prince  en  personne,  et  à  sa  venue  fut 

10  tellement  la  ville  battue  d'arlellerie  que  craindant  eslre  pris  par  force,  vindrent 
à  parlamcnter  et  se  rendirent  sauve  leur  vie  et  le  pillage,  et  que  tous  estrangers 
sorliroint  avecque  leurs  armes,  et  entrèrent  ainsi  Liégeois  en  Masque  sans  effu- 
sion de  sang. 

Peu  de  temps  après,  le  jour  de  florie    Pasque,   constrainetz  par   force 

15  d'arlellerie,  soy  rendirent  Valenciens  à  la  volunté  du  Roy  en  la  mercy  de 
Norcarme,  lequel  incontinent  fist  fermer  les  portes  de  la  ville,  et  furent  prins 
prisonniers  Michel  Merlin  ('),  riche  marchand  avecque  son  filz,  et  deux 
faulx  prédicant,  lesquels,  au  mois  de  juing,  furent  mis  à  mort  et  leurs  biens 
confisqueis. 

20      Au  moys  d'avril,  an  susdit,  ceux  de  Treict  (*)  se  soubmirent  en  l'obéissance 

de  leurs  seigneurs  le  roy  d'Ëspangne  et  le  prince  de  Liège,  lesquels  ensembles 

y  mirent  garnisons.  Pareillement  ceux  de  Maseick,  après  avoir  entendu  que 

Hasselt  s'avoit  rendu  ",  se  rendèrent  pareillement  et  recevèrent  garnisons. 

En  ce  temps,  le  prince  d'Oronge,  entendant  la  venue  du  duc  d'Albe,  doublant 

23  de  sa  vie  et  se  sentant  mal  fondez,  sortant  hors  d'Anvers  avecque  plusieurs 

a  avec  deux  pièces  d'artilleries  et  avec  les  quattres  compagnies  de  la  Cité  et  autres  ;  et  y  fut  faicte 
bresche  pour  y  entrer,  d'assault,  mais,  le  13e  de  mars,  se  rendat  par  l'appoinctement  :  manuscrits  S  et  8 
—  *>  le  27  d'avril  :  addition  des  manuscrits  S  et  8. 

(i)   Voir  Correspondance  de  Philippe  11,  t.  I,  pp.  517  et  561,  et  J.-B.  Bues,  Mémoires  anonymes  sur 
30  les  troubles  des  Pays-lias,  t.  I,  p.  18. 

(')  Sur  les  troubles  de  Maestricht,  voir  les  Dépêches  du  Conseil  privé  de  Liège,  vol.  VI,  pp.  378  V, 
380  V,  396. 


526  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

nobles  marchons  et  bourgeois,  se  retirât  en  Allemaigne.  Ledit  duc  d'Albe  venoit 
par  le  mandement  du  Roy,  lequel  estant  informé  de  ladite  sédition,  pour  y 
mettre  remède,  envoya  ledit  duc  d'Albe  aveeque  grande  armée  d'Fspagneuls, 
Italiens  et  Bourgoingnons  à  Bruxelle,  où  peu  de  temps  après,  au  moys  de 
septembre,  furent  prins  plusieurs  prisonniers  et  entre  aullres  le  conte  d'Aig-  5 
moud,  prince  de  Gavre,  et  Pbilippe  Monmorancy,  conte  de  Ilornc,  lesquels 
furent  menez  à  Gand  au  ebasteau.  En  estant  illec,  fut  menez  leur  procès 
à  Bruxelle,  et  l'an  ensuyvant  XVCLXVIII,  le  ive  de  moys  de  juing,  furent 
ramenez  à  Bruxelles  et  condempneis  à  avoir  la  teste  coupée,  et  lendemain, 
del  Pcnthecosle,  furent  publiquement  décollcis  sur  le  gran  marchié  de  Bruxelles  10 
devant  la  maison  de  la  ville. 

L'an  desusdit  XVCLXVII,  le  xxvi"  de  moys  d'octobre,  au  malin,  au  faulbourge 
de  Sainte-Margaritc,  nasquit  un  enfant  gcmealle  qui  s'entrobrassoient  aveeque 
deux  testes,  un  piedz  et  un  mains,  nu  yeulz  et  nu  oreilles,  et  incontinent  après 
avoir   receut  le   Saint  Sacrament   de   baptesme,  morut  l'ung  premièrement  15 
et  puis  l'autre. 

II 

Or  le  duc  d'Albe,  arrivé  en  Flandre  l'an  Io67,  envoyât  incontinent  bonne  et 
fort  guarnison  par  tous  les  lieux  d'importance  aux  rebelles.  Peu  de  temps  après 
ainsy  porveu  à  l'asscurance  des  siens  de  part  Sa  Majesté,  fist  empoigner  les  -20 
cliiclï  et  autheurs  de  la  rébellion,  ainsy  Gst  emprisoner  le  conte  d'Aigmont  et 
son  secrétaire  et  le  conte  de  Horne  pour  avoir  faict  alliance  et  conspiration 
contre  le  roy  Pbilippe,  comploictans  de  le  deschasser  des  estalz  de  Flandre  et 
s'en  faire  seigneur;  pour  cest  occasion  furent  encore  23  aultres  prisonniers, 
lesquels  tous  ensembles  furent  envoyez  au  ebasteau  de  Gand  soub  la  guarde  de  25 
trois  milles  Espaignouls. 

Le  22°  d'aoust  l'an  mesme,  le  duc  d'Albe  fut  receu  en  grande  triumphe  en 
Bruxelle  et  un  peu  après  vint  en  Anvers  où  il  fist  baslir  une  grande  citadelle 
pour  tennir  les  citoyens  en  bride,  ce  qui  causât  ung  espouventement  entre  les 
Flamcnds.  Cependant  le  prince  d'Orrange  poursuyvoit  secour  d'Allemaigne  30 
avec  son  frère  le  conle  Lodowicq,  dont  plussieurs  prince  et  seigneurs  allemans 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  527 

les  asseurèrent  de  tout  ayde  et  pouvoir,  scavoir  le  duc  de  Deux-Ponts  ('),  le  duc 

Auguste  de  Saxe  (2),  le  conte  palatin  (3)  Casimir  et  aultres  de  leur  lignée  a. 

Le  duc  d'Albe,  estant  en  Anvers  pour  advancer  la  dite  citadelle,  demandât 

quattre  cents  milles  escus   aux   citoyens  d'icelle  pour  le  basliment  du   fort 

s  en  paiïye,  et  l'autre  pour  l'entretient  des  soldats,  et  ayant  ainsy  mys  ordre, 
il  retournât  en  Bruxelle;  c'estoit  pour  mieux  asseurer  ses  affaires. 

L'an  mesme,  en  la  contée  de  Looz,  commenchèrent  les  nouveaux  prédicans 
à  exercer  leurs  venimeuses  prédications  dédains  Maseeck,  encore  que  l'évesque 
de   Liège   les   avoit   plussieurs    fois    remonstreiz   et   fait   remonstrer  de  ne 

10  le  jamais  permeclre  ny  consentir,  mais  ne  vcullant  obéyr  à  ses  remonslrances 
et  mandements,  ne  lassèrent  partant  à  ce  faire,  de  quoy  le  révérendissime 
prince  de  Liège  les  at  vollu  traicter  parloix,  tellement  que,  leur  procès  fulminez, 
ont  estez  owys  en  leurs  déffenses,  et  ont  estez  condampnéz  à  grand  dispent 
comme  rebelles  à  leur  prince  6,  nonobstant  qu'il  y  euisse  gens  de  bien  qui 

15  estoyent  sortis  et  aultres  de  dédain  qui  n'esloyent  point  consentant.  Touttefois 
après  avoir  estez  réconsiliéz  avec  sa  Révérendissime  Grâce,  eurent  tous  pardon, 
car  il  mist  guarnison  dédains  le  fort  chasteau  de  Stochem,  qui  les  tennoyenl  en 
craincte. 

L'an  1567  %  ceulx  de  Hasque,  continuant  cesle  novelle  opinion,  preschoyent 

20  publiquement,  rompant  et  brisant  les  imaiges  et  engliese,  pilliant  les  ornements 
des  dites  englieses,  et  fut  sentence  rendue  par  les  escbevins  de  Liège,  après 
toulte  leurs  deffences  faicls,  (et  furent  jugez)  rebelles  et  séditieux  comme  ceulx 
de  Maseicke,  et  porsuivant  le  jugement,  pour  remédier  à  tels  déssordre,  Mr  le 
révérendissime  prince  de  Liège  at  envoyé  cineque  enseignes  de  piétons  assem- 

25  bleis  en  pays  de  Liège  et  les  at  envoyé  vers  Hasque,  et  luy  mesme  en  per- 


a  de  sorte  qu'ils  dressèrent  une  belle  armée  en  Champagne.  Ce  qu'entendant  par  le  duc  d'Albe, 
outre  le  force  qu'il  avoit,  fit  faire  de  grandes  levées  au  pays  de  Liège  :  manuscrit  t4,  fol.  293.  — 
6  condampnéz  en  grand  peine  et  crimes  :  manuscrit  7.  —  c  1369  :  manuscrit  6. 

(<)  Wolfgang,  duc  de  Deux-Ponts,  de  ta52  à  1 571. 
30       (*)  Auguste,  électeur  de  Saxe,  de  tbiO  à  1386. 

\-')  Jean-Casimir,  comte  palatin,  second  fils  du  comte  Frédéric. 


328  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

sonne,  avec  quelques  chevalliers  comme  prince  vertueux,  est  allez  avec  eulx, 
et  y  estant  arrivez,  les  at  admonesté  de  soy  resconsilier  vers  Sa  Grâce,  et  qu'il 
y  voldroit  entendre  comme  bon  prince  et  humainement,  mais  eulx,  comme  plus 
rebelles,  ayants  prins  gens  de  guerre  et  fortifié  la  ville,  espérant  avoir  secours 
d'aulcuns,  ny  vollurent  entendre,  dont  la  ville  fust  bientost  environnée,  el  '•> 
faicts  aucuns  petits  escarmouches,  puis  voyant  qu'ils  demorroyent  tousiours 
obstinez,  nonobstant  tout  remonslrance  à  eulx  faietes,  Sa  Grâce  Révérendissime 
at  trouvé  bon  un  peu  retourner  vers  la  cité  de  Liège;  illec  arrivé,  at  remonslrcit 
az  quattres  compaignies  de  la  cité  comment  ceulx  de  Hasque  ne  volloyent 
entendre  à  raison,  requérant  as  dites  compaignie  tant  albalestryé  que  barque-  •<* 
bousiers  voulloir  eslre  avec  luy  en  armes  pour  estre  tousiours  près  de  luy,  et 
qu'ils  ne  seroyent  faict  d'armes  sans  sa  personne  présente,  et  qu'ils  les  donneroit 
bon  traiclement.  Lors  les  dites  compaignie  respondirent  qu'ils  estoient  preste  à 
le  servire  et  aller  avec  devant  la  dite  ville  de  Masque  et  vincre  et  mourir  avec 
leur  prince.  Puis,  en  peu  de  temps,  partirent  en  mois  de  mars  avec  bonnes  ,3 
pièces  d'artillerye  a  de  la  cité,  et  estant  arrivé  soy  eampirent  devant  la  ville, 
ehascun  à  son  cartier,  el  incontinent  ontjeetéz  leurs  trenchises  parles  perviers 
et  commenchiet  à  battre  la  ville  avec  les  quattres  compaignies,  el  y  avoit  une 
canlilé  de  cavallerye  et  lous  délibérez  de  donner  assault,  mais  traietement  fut 
faict  tellement  que  la  ville  at  esté  rendue  à  l'évesque  el  entrât  dedans  avec  ses  -° 
quattres  compaignies  de  Liège  et  les  aultres  soldat  sont  demeuré  dehors.  Peu 
après  que  l'évesque  eut  mys  guarni-on  en  la  ville,  est  retourné  vers  la  cité  avec 
ses  quattres  compaignies,  où  luy   fut  faict  grande  honneur  el  magnifieque 
regueille;  les  xxxu  bons  mestiers,  en  grand  nombre,  avec  les  enseignes  desployés, 
allèrent  au  devant  hors  la  port  Sainte- Walburgue,  aussy  les  seigneurs  bourghc-  23 
meslre  et  plussieurs  à  chevaulx,  el  à  son  entrée  furent  donnez  plussieurs  coup 
de  cannons,  et  l'évesque,  estant  arrivé  devant  le  pallaix,  ayant  remercy  vertueu- 
sement  lous  seigneurs,  compaignies  el  xxxu   bons  mestiers,  par  cas   fortuit, 
l'ung  de  ses  pistollet  val  descharger  lous  seul,  luy  venant  rendre  ung  boullet  en 
la  jambe  proche  du  pied,  dont  il  en  fut  en  grand  hassard  et  longue  doulleur.      30 

0  ceux  de  la  Cité  prestèrent  à  Sa  Grâce  certaines  pièces  d'artilleries,  avec  des  pouldres  et  boulets, 
qui  furent  emmenez  avec  luy  :  addition  du  manuscrit  28. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  529 

Sur  ces  entrefaites  que  l'on  estoit  devant  la  ville  de  Masque,  l'armée  du  roy 
d'Espaigne  estoit  devant  Vallencien  au  pays  de  Haynault  à  telle  occasion  que 
ceulx  de  Masque,  laquelle  après  fut  rendue  par  appoinctement,  dont  le  camp 
entendant  que  Maestricht  avoit  grande  tumulte  et  division  entre  les  bourgeois, 

5  scavoir  entre  les  héréticques  et  catholicques,  ont  laissé  guarnison  à  Valentien  et 
sont  marché  par  la  Hesbaigne  avec  leurs  artilleries  et  sont  venus  devant  la  dite 
ville  de  Maestricht,  laquelle,  sans  attendre  coup  de  cannons,  soy  rendirent  ens 
mains  des  deux  princes  qui  sont  conjunclcmenl  seigneurs  de  la  dite  ville, 
scavoir  le  roy  d'Espaigne  et  l'évcsque  de  Liège,  lesquels  ont  mis  guarnison  en 

io  la  dite  ville  de  part  Sa  Majesté,  et  l'évesque  de  Liège  aussy  avoit  gens  pour  lors 
devant  la  ville  de  Masecck  et  ayant  donné  quelque  escarmouche,  dont  par 
appoinctement  la  ville  soy  rendit,  où  l'évesque  de  Liège  y  mist  guarnison  a. 

L'an  mesme,  à  la  Saint-Jacque,  furent  cslcus  pour  bourghemeslres  de  la  cité 
de  Liège  maistre  George  Gossuin  (*)  et  maislre  Jacque  Hodaige  (*),  bourgeois 

15  et  citoyens  de  Liège,  et  at  estez  ung  édict  publyé  (3)  que  tous  hérclicques, 
sectaires  et  mauvais  prédicants,  mesme  ceulx  qui  les  soutennoyent  eussent 
à  sortir,  aultrement  qu'il  payroient  pour  amende  vingt  florins  d'or. 

Au  moys  d'aoust,  estant  l'armée  du  roy  d'Espaigne  assemblée  tennants  leur 
chemin  vers  le  pays  de  Brabant,  passèrent  premièrement  au  lieu  de  Viseit,  pays 

20  de  Liège,  quelque  bon  nombre  de  soldats  allemans,  qui  s'en  allirent  en  Anvers, 
où  il  y  avoit  aucunes  enseignes  de  Wallons  qui  sortirent,  puis  après  passât  une 
grosse  armée  de  chevaulx  et  enfanteries  de  plussieurs  nations  comme  Espaignols, 
Italiens,  haut  Bourguenons  et  autres,  desquels  le  duc  d'Albe  en  estoit  pour  le 
Roy  d'Espaigne  chien0  généraulx,  qui  passèrent  parmy  la  ville  de  Huy,  tirant 

2b  vers  Anvers,  tous  lesquels  furent  divisés  par  quartiers  et  mis  au  pied  du 
roy  d'Espaigne. 

«  ayant  aussi  cieux  de  dedans  quelques  soldats  à  leurs  despens.  Toutefois  après  quelques 
escarmouches,  la  ville  a  esté  par  quelque  traicteraent  sur  ce  faiet  rendue  à  l'évesque,  lequel  at  mis 
garnison  dedens  :  manuscrit  97. 

30       (')  Georges  Goesuin,  membre  du  Conseil  ordinaire.  Voir  Recueil  des  bourgmestres,  p.  303. 
(*)  Jacques  de  Hodeige,  voué  de  Bolvcmont.  Cf.  Ibid.,  p.  303. 

(3)  Mandement  du  14  avril  1507,  renouvelé  le  27  septembre  suivant.  Cf.  Recueil  des  Ordonnances, 
2«  série,  t.  I,  p.  299. 

Tome  IL  M 


530  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

En  ce  mesme  lemps,  furent  cslevéz  grosse  armée  de  pied  et  de  chevaulx,  tant 

de  la  part  du  roy  de  France  que  du  prince  de  Condé,  de  la  maison  de  Bourbon 

comme  ses  alliées,  à  cause  de  certains  mandements  et  édict  que  le  roy  avoit 

faict  publyer  en  France  procédant  à  grandes  troubles,  rébellions,  révoltes  et 

saccagement  en  France;  ainsy  fuient  exercées  des  grandes  tirannies  et  persécu-  s 

tions  ens  divers  lieux  de  la  France,  et  des  rencontres  et  batteries  plussieurs  fois, 

avec  grande  effusion  de  sang,  et  de  la  partye  du  roy  d'Espaigne,  le  conte 

d'Arimberghe  (*)  y  fut  envoyé  avec  gens  de  cbevaulx  et  enfanteries  au  secours 

du  roy  de  France,  son  beau  frère,  du  quel  temps  le  duc  d'Albe,  générale  du 

Pays-Bas,  par  certains  moyens,  fist  prendre  prisonnier  le  conte  d'Aigmont,  10 

comme  j'ay  par  ci  devant  escript. 

* 
*     * 

Sur  ces  entrefaites  que  l'on  estoit  devant  la  ville  de  Hasque,  l'armée  du  roy 
d'Espaigne  estoit  devant  Valenciennes  en  Haynaut,  à  cause  que  ladite  ville  avoit 
soustenu  nouvelle  presches  contre  la  coustume  et  rebelle  au  mandement  du  roy, 
mais  par  après,  par  traictement,  elle  at  esté  rendue  et  fut  levé  le  siège  et  camp.  is 
De  là  en  après,  la  ville  d'Anvers  et  plusieurs  villes  de  Flandres,  Hollande, 
Zélande  et  Frise  embrassèrent  la  nouvelle  religion  et  cérémonies  non  usées 
auparavant,  mais  par  aucuns  prédicants  nouveaux  commencées,  tellement  que 
grande  division,  mutineries  et  rébellions  estoient  eslcvées.  Si  que  il  y  avoit,  en 
plusieurs  d'icelles,  gens  de  guerre  pour  se  conlregarder.  Ausi  plusieurs  seigneurs  20 
avoient  pour  le  roy  d'Espaigne  gens  de  pied  et  de  cheval,  prétendant  remettre 
et  réduire  les  choses  à  tranquillité  et  accord.  Or,  comme  le  champ  qui  avoit 
esté  devant  Valenciennes  eut  laissé  quelque  garnison  en  ville,  le  reste  est 
descendu  par  la  Hesbaigne... 

L'évesque  de  Liège  mist  guarnison  à  Maseeck.  Ainsi  que  ces  choses  se  traie-  23 
toient.  le  prince  d'Orange  estoit  en  la  ville  d'Anvers  avec  sa  femme,  la  fille  du 
duc  Maurice,  lequel  at  tenu  ladite  ville  longuement  et  se  sont  partis  delà  en  ville 
plusieurs  marchands,  abandonnans  leurs  maisons  et  se  retirant  es  autres  villes 
tant  d'Allemangne  que  des  autres  pays.   Par  après,  ledit  prince  estant  parti 

(<)  Jean  de  Ligne,  comte  d'Aremberg.  M 


RÉGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  531 

d'Anvers,   la   princesse   de   Parme,  gouvernante  des  Pays-Bas  pour  le  roy 
d'Espaigne,  y  est  entrée  avec  gens  en  grand  nombre.... 

Le  duc  d'AIbe  flst  prendre  prisonnier  le  conte  d'Egmont  qui  avoit  à  femme 
la  fille  du  duc  de  Bavière,  et  aussi  le  conte  de  Horne.  Pour  quelque  occasion 
s  que  ce  fut,  Dieu  le  scail.  Si  est-ce  toultefois  qu'ils  avoient  faict  plusieurs  fois 
grans  service  d'Espaigne.  Et  furent  encor  autres  nobles  desdits  pays  prins 
prisonniers,  comme  aussy  des  marcbans,  tous  lesquels  furent  prins,  après 
exécutés  à  Bruxelles. 

En  ceste  année,  la  maladie  de  peste  estoit  à  Trecht  et  autres  villes  plus  bas 

îo  comme  Hollande  et  en  autres  divers  lieux,  et  le  pays  de  Liège,  ceste  année,  estoit 
bien  mangé  et  foulé  des  passans  et  bendes  et  armées.  (Manuscrits  28,  p.  405  ; 
96,  pp.  307  et  308;  26bis,  fol.  367.) 

Notez  que  le  duc  d'AIbe,  estant  retourné  à  Bruxelles,  fist  convocquer  tous  les 
seigneurs  qui  estoient  d'une  mesme  ligue  à  Bruxelle  par  fort  bonne  mine, 

is  comme  il  sembloit,  mais  au  rest  mauvaise.  Dont  aucuns  estants  venus,  entre 
lesquels  estoit  le  prince  d'Orainge,  pour  eslre  traittés  de  la  mesme  façon  que  les 
autres,  lequel  fut  néanlmoins  sauvez  par  la  fidélitéz  et  subtilitéz  de  son  servi- 
teur. Lequel  avoit  entendu  subtilement  que  Iesdis  seigneurs  estoient  convocqués 
pour  les  faire  mourir,  à  cause  qu'ils  avoient  conlrevenus  au  commandement  du 

20  roy  Philippe,  lequel  serviteur,  voyant  son  maistre  à  table  faisant  bonne  chère, 
et  ayant  auparavant  équippéz  son  cheval,  lequel  il  estimoit  grandement,  luy 
vint  dire  :  «  Mon  maistre,  vostre  cheval  que  vous  estimez  tant  est  fort  malade 
et  s'en  va  mourir;  ce  pourquoy  sy  vous  le  voulez  voir  encor  une  fois,  venez 
maintenant.  »  Lors  ledit  prince  d'Orainge  voullut  sortir,  mais  on  ne  luy  vouloit 

23  pas  permettre  et  fut  constraint  de  prendre  sa  chaisne  d'or  qu'il  avoit  à  son  col  et 
le  mettre  sur  son  assiette  en  gage.  Et  estant  sorti,  ledit  serviteur  luy  déclara 
toute  la  trahison  et  monta  incontinent  sur  son  cheval,  son  serviteur  avec  luy 
et  laissât  là  sa  chaisne  d'or.  Et  sortirent  à  grand  pas  hors  de  Bruxelle  et  eslans 
en  chemin,  assez  loing  de  Bruxelles,  il  rencontra  son  cousin  le  conte  de  Home 

30  auquel  il  demanda  où  il  alloit,  lequel  luy  respondit  qu'il  alloit  à  Bruxelle,  et 
luy,  luy  respondit  qu'il  venoit  de  Bruxelle  et  luy  racompta  la  trahisson,  mais  il 
ne  le  voulloit  pas  croire  et  respondit  que  faisant  cela,  tous  ses  biens  seroient 
confisquez  et  luy  dist  :  «  Adieu,  cousin  sans  biens  !  »,  et  le  prince  d'Orainge  luy 


5"2  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

répliequa  :  «  Adieu,  cousin  sans  teste  !  »  Un  peu  plus  oultre,  il  rencontra 
le.  bourcau  auquel  il  demanda  où  il  alloit,  lequel  luy  respondit  qu'il  alloit  à 
Bruxelle  faire  justice  et  ledit  bourcau  luy  dist  le  pris.  Alors,  ledit  prince  luy 
dist  :  «  Tiens,  voilà  pour  le  mien  !  »,  et  poursuivit  son  chemin  et  fut  par 
ce  moyen  sauvez.  (Manuscrit  26,  fol.  293  v°.)  s 

Cependant  les  troubles  croissoient  toujours  de  plus  en  plus  au  Pays-Bas, 
qui  ctoil  plein  de  soldats  débandez  qui  lachoient  de  se  fourrer  dans  quelque 
ville  du  pays  de  Liège,  et  lévesque,  étant  adverli  qu'ils  avoient  intelligence 
avec  quelques  paysan ts  du  pays,  les  fit  saisir  et  pendre,  ce  qui  retint  les  autres 
dans  le  devoir.  Puis,  avec  le  conseil  de  la  Cité,  fit  fermer  et  boucher  tous  les  io 
posliees  et  les  portes  les  moins  nécessaires  et  tirer  à  travers  la  Meuse  une  chaîne 
derrier  les  Croisiers  et  aux  Bega,  faire  bonne  garde,  réparer  les  murailles, 
démollir  les  maisons  qui  pouvoient  nuire  à  la  Cité  et  lever  des  trouppes  pour  la 
garder,  et  enfin  la  pourveu  de  toute  sorte  de  munitions  nécessaires.  En  outre,  il 
s'asseura  de  l'amitié  du  duc  d'Alve,  nouveau  gouverneur  des  Pays-Bas,  qui  is 
s'asscura  de  même  de  celle  des  Liégeois  et  vint  faire  quelques  levées  à  Liège,  ce 
qui  luy  fut  permis,  et  fut  dcITendu  de  prendre  les  armes  contre  ses  gens  ('). 
(Manuscrits  43,  p.  738  et  47 ,  fol.  137 .) 

En  cest  mesme  année,  en  mois  de  jullet,  a  survenu  ung  vent  sy  véhément  et 
impétueux  qu'il  abattit  les   grains  au  champs,  dont  plussieurs   Hcsbignons  20 
et  aultres  endurèrent  grands  domaiges.  (Manuscrits  1$, p.  27  et  24,  fol.  292.) 

1568. 

1 

En  ce  temps,  le  prince  d'Orenge,  pour  soy  venger  de  duc  d'Albe  qui  avoit 
confisqueis   ses   biens,    rassemblât   une   armée   de   xvu   milles    chevaulx   et  25 
xxx  milles  piétons,  et  au  moys  de  septembre  an  XVCLXVIII,  passât  avecque 
son  armée  auprès  de  Coulongne  et  Jullez,  et  après,  ceux  d'Aix,  pour  estre 
délivrez  de  tout  péril,  furent  constraint  de  donner  xxvi   milles  dallers  que 

(»)  Des  mandements  du  14  janvier  1SG7,  des  14  et  15  avril  1568  interdirent  aux  sujets  liégeois  de 
s'engager  dans  les  armées  hostiles  au  roi  d'Espagne.  30 


RÈGNE  DE  GERARD  DE  GROESBEEK.  533 

leurs  promist  de  rendre  dedens  peu  de  temps,  car  il  pensoit  désja  avoir  tout 

gaigny,  et  ses  capitains  parloient  leurs  scignories  devant  que  les  avoir  gaiugniéz. 

L'an  XYCLXVIII,  le  premier  jour  de  mars,  qui  esloit  le  premier  lundy  de 

quaresme,  après  midy  environ  de  m  heures,  fut  toute  le  comble  de  l'église  de 

5  Saint-Gille  bruslé  par  le  feu  d'accident  (1). 

En  ce  temps,  l'évesque  de  Liège,  voyant  le  grand  amassemenl  de  gens 
d'armes,  feil  eslever  x  enseingnes  de  soldatz  piétons  pour  faire,  nuict  et  jour, 
guetz  à  porte  de  la  ville,  tant  pour  les  gens  du  duc  d'Albe  que  pour  le  prince 
d'Orenge.   En  cesle  mesme  année,  vint  le  duc  d'Albe  et  son  armée  entrer 

10  au  pays  de  Liège  où  ilz  mangèrent  le  pays  demy  ans,  faisant  grand  domaigeau 
pouvre  paisans.  L'an  mesme,  le  xxue  jour  de  may,  fut  le  noble  conte  d'Arem- 
berghc  (2)  tué  avecque  son  armée  toute  défaitle  où  la  plus  grande  part  esloient 
Espangnolz.  El  y  fut  pareillement  tuez  par  les  mains  d'Aremberghe,  le  frère  de 
prince  d'Orenge,  Alphonse,  et  veut  on  dire  qu'il  y  avoit  bien  demouré  xvn  en- 

15  seingnes  des  gens  du  conte  d'Aremberghe.  Le  jour  de  saint  Gille  l'an  que 
dessus,  le  duc  d'Albe,  qui  se  lenoit  à  Treict  ratlcndant  la  venue  de  prince 
d'Orenge,  vint  ce  jour  à  Viseit,  où  l'évesque  de  Liège,  avec  sa  noblesse  et 
l'abbé  de  Sainl-Jacque,  allât  au  devant  pour  le  saluer,  où  il  demourat  au  disner, 
et  après  disner,  eurent  plusieurs  devises  sur  les  affaires  qui  estoient  prochaines, 

20  et  après,  le  duc  d'Albe  se  relirai  à  Treict  et  1  evesque  à  Liège.  Le  premier  jour 
d'octobre  an  mesme,  vint  l'armée  de  prince  d'Orenge  à  Henry-Chapelle,  et  avoit, 
comme  dit  est,  xvu  milles  chevaulx  et  xxx  milles  piétons  et  tenoient  bien 
m  lieues  de  largeur  jusques  à  Argenteau,  et  farinée  de  duc  d'Albe  esloit  par  deçà 
la  rivière  de  Meuse  à  Euchaslre  et  jusques  à  Treict,  faisant  grand  domaige 

S5  à  pauvre  paisans,  dcsrobantz  forraiges  et  bcstialz  un  lieues  loing  et  large.  Le 
lundy,  le  nu*  jour  d'octobre,  vinl  une  trompette  de  par  le  prince  d'Orenge 
demandant  par  lettres  aux  bourgemaislres  et  xxxii  mestiers  de  la  cité  du  Liège 
passaige  pour  luy  et  son  armée  parmy  la  cité  ou  à  l'enlour,  sans  faire  nulle  folle 
et  domaige.  Et  luy  fut  respondu  (3)  d'avoir  terme  m  jours  pour  le  démonslrer 

50       (')  Ce  passage  prouve  que  l'abbaye  de  Saint-Gilles  fut  à  deux  reprises  atteinte  par  le  feu  en  1SG8  :  en 
mars,  l'incendie  fut  accidentel,  et  en  octobre,  l'église  fut  brûlée  par  les  soldats  de  Guillaume  d'Orange. 
(')  Jean  de  Ligne,  comte  d'Arcmberg,  fut  tue  la  bataille  de  Heyligerlee  gagnée  par  Louis  de  Nassau. 
(5)  Voir  Recès  de  la  Cité  de  Liège,  années  15G8-1S70,  fol.  85  et  98. 


534  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

à  l'évesquc  et  au  cstalz  du  pays,  sans  lesquels  ilz  ne  le  peuvent  accorder.  Len- 
demain, se  départit  le  campe  de  prince  d'Orengc  de  nuict  sans  faire  bruict  ne 
sonner  ne  fluilc  ne  tambour,  et  sont  den  alleis  jusques  à  Stockhem  où,  par  le 
conduict  des  gens  de  villaigc,  passât  I'eaue  entre  Stockhem  et  Maseick  sans 
bateaux,  et  les  cbevaucheurs  portoient  derier  eux  les  piétons,  et  cela  se  faisoit  s 
sans  le  sceu  du  duc  d'Albe.  et  entrèrent  en  la  ville  de  Stockhem  sans  faire  nulle 
domaige.  Ce  mesme  jour  que  lesdites  nouvelles  vindrent  à  Liège,  se  départirent 
de  la  cité  deux  enseingnes  de  soldatz  avecque  le  grand  maire  pour  aller  garder 
la  ville  de  Hasque.  Après  se  départit  le  prince  d'Orenge  de  Stockhem  et  entrât  en 
la  contée  de  Looz,  où  estant  arrivez,  envoyât  ung  messagier  à  l'évesque  et  cler-  io 
gerie,  demandant  cent  milles  florins  d'or,  ce  qu'il  pensoit  facillement  d'eux 
obtenir,  comme  il  avoit  obtenu  à  Aix,  mais  rien  ne  luy  fut  accordez.  Après  le 
xvi"  jour  d'octobre,  an  mesme,  entra  le  prince  d'Orenge  en  la  ville  de  Tongre 
sans  y  faire  nulle  domaige  par  le  consentement  de  ceux  de  la  ville.  Et  après  le 
xxe  d'octobre,  entra  pareillement  ledit  prince  d'Orenge  en  la  ville  de  Saint-Trond  i» 
par  le  gré  de  ceux  de  la  ville,  faisant  promesse  qu'il  ne  feroit  nulle  desplaisir  aux 
bourgeois,  ce  que  ne  tient  point,  car  incontinant  estant  entré  dedens,  print 
l'abbé  dudit  lieu  prisonnier  et  l'emmenèrent  avecque  eux  et  puis  se  départirent 
de  Saint-Trond  et  s'en  allirent  vers  la  ville  de  Tiellemont,  et  le  duc  d'Albe 
avecque  son  armée  le  suyvoit  lousjours  à  une  lieue  près,  sans  jamais  donner  20 
bataille  ne  l'ung  ne  l'autre.  Et  quant  le  prince  d'Orenge  veit  que  ceux  de  Tiel- 
lemont estoient  près  pour  soy  déffendre  et  qu'il  y  avoit  garnison  dedens, 
retournât  à  Geldoine.  où  un  peu  plus  loing,  entre  Belain  (')  et  Lincen,  villaiges 
l'un  à  l'autre  prochain,  fut  commise  une  cruelle  bataille  entre  les  gens  des  deux 
armées,  où  le  prince  perdit  plus  de  m  milles  de  ses  gens,  et  le  duc  d'Albe  que  25 
cinquant.  Et  entre  autres  prisonniers  fut  prins  Lorveva  (2)  qui  fut  menez  à 
Tilvort  et  depuis  à  Rruxelles  où  il  eut  la  teste  coupée.  Après  celle  bataille,  le 
prince  se  retirât  devers  Ilugarde  où  il  pillât  tout  à  loing  cl  à  large.  En  ce  temps, 
envoyât  le  prince  de  Condée,  de  France,  v  milles  de  piétons  et  deux  milles  de 
cbevaucheurs  au  secours  de  prince  d'Orenge,  lesquels,  venant  par  Luxemborch,  50 

(i)   Pellaincs. 

(*)   Philippe  de  Marbais,  seigneur  de  Loverval. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  535 

au  mois  d'octobre,  arrivèrent  à  l'abbaye  de  Saint-Hubert  en  Ardenne  où  ilz 
pillèrent  tout  ce  qu'ilz  trouvèrent  et  au  départir,  mirent  le  feu  à  l'abbaye  et 
dedens  l'église  et  dedens  un  bospital  °  partenant  à  ladite  abbaye,  qui  furent 
tous  mis  en  cendre.  Lesdits  François,  sur  le  fin  du  mois  d'octobre,  arrivèrent 
s  au  campe  du  prince  d'Orenge.  En  ce  temps,  affin  que  ledit  prince  d'Orenge 
n'entras  au  pays  de  Brabant,  se  tenoit  au  bois  Saint- Vincent  et  au  Parc  près  de 
Louvaingne  le  duc  d'Albe,  où  il  esloit  logez  dedens  l'abbaye  où  il  feit  venir  trois 
des  principaux  des  bourgeois  de  Lievves  (d)  pour  ce  qu'il  avoient  laissir  entrer 
le  prince  avecque  ses  gens  et  leur  avoient  administré  garnisons,  et  y  vindrent 

lo  le  secrétaire  de  ladite  ville,  ung  des  bourgemaistres  et  ung  des  eschevins,  les- 
quels incontinent  furent  condempneis  à  estre  pendus.  Mais  par  l'intercession  de 
plusieurs  des  gens  du  duc,  fut  le  jugement  remodéré  et  fut  constitué  par  le  duc 
qu'il  jetteroient  les  sortes  entre  eux  qui  penderoit  pour  les  deux  autres,  ce  que 
fut  faicte,   et  fut  iceluy  incontinent  pendu  à  un  arbre,  au  département  du 

«5  campe  du  duc  qui  retournoit  vers  Liège  après  le  prince  d'Orenge,  qui,  estant 
constraint  par  grande  faminne  et  nécessitez,  retournoit  devers  Liège.  Et  incon- 
tinent, (luilbeaume  de  Lumaye  de  la  Marche  (2),  gentilhomme  du  pays  de  Liège, 
avecque  plusieurs  gens  de  chevaulx,  vint  en  la  Hesbaingne  entre  Huy  et  Liège 
au  rivaige  de  la  rivier  de  Mouze  auprès  de  l'abbaye  de  Flône,  où  il  fist  plusieurs 

20  insolences,  et  entre  autres,  voyant  la  navir  marchant  passer  par  là,  le  fist  incon- 
tinent arriver  à  terre  en  demandant  qu'on  luy  livrast  les  gens  d'églises  qui 
estoient  dedens,  et  y  print  ung  moine  qu'il  fit  tirer  à  la  queu  de  son  cheval  et  le 
trainat  tant  qu'il  fut  mort.  Ceulx  de  Hasbaigne  et  les  autres  voisins  de  la  cité  de 
Liège  se  retirèrent  en  icelle  avec  leurs  femmes,  enfans,  bestes  et  tout  leur 

25  mesnage.  Les  Liégeois  n'avoient  encor  aidez  personnes  des  deux  armées,  car  le 
prince  famoit  qu'il  ne  demandoit  rien  à  villes  de  l'empire;  louteffois  Liégeois, 
pour  estre  mieulx  asseuréz,  avoient  eslevéz  gens  de  guerres  pour  eux  défendre 
si  on  les  demandoit  quelque  choese.  Le  prince  d'Orenge,  estant  encor  arrivé 

"  mesmement  bruslèrent  un  hospital  fort  grand  et  nouvellement  édifié  par  l'abbé  pour  recepvoir 
30  tous  malades  et  pauvres  passants  :  manuscrits  S  et  25,  fol.  222. 

(«)  Léau. 

("-)  Guillaume  11,  comte  de  La  Marck,  baron  de  Lummen,  etc.  Cf.  de  Chestret,  pp.  214-221. 


556  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

auprès  de  Liège,  envoyât  une  trompette  pour  avoir  passaige  par  la  cité,  ce  que 
luy  fui  piaillement  dénié.  Ce  que  entendu,  mis  incontinent  le  siège  devant 
Liège  entre  la  porte  Sainle-Margarite,  Saint-Martin  et  la  porte  d'Avroil,  pensant 
que  s'esmoveral  quelque  sédilion  enlre  la  clergerie  et  bourgeoisie,  mais  il  fui 
trompé,  car  tous  deux  mirent  leur  effort  à  défendre  leurs  biens  et  leur  ville  à  3 
l'enconlrc  de  tous  ceux  qui  leur  vouldroienl  meffaire,  et  furent  en  la  ville  plu- 
sieurs ordonnances  faieles,  comme  de  faire  jnnr  et  nuict  guette  et  par  nuict 
faire  à  toutes  les  rues  des  feu  de  bulle,  cl  à  ebascune  maison  del  lumière  avec- 
que  une  cuvel  ou  tin  plaine  d'eauc,  de  peur  de  quelque  traison.  Et  le  prince  de 
Liège,  ce  temps  pendant,  admonestoit  ses  gens  de  bien  faire  de  défendre  leurs  10 
biens,  femmes  et  enfans,  et  qu'ils  auroient  des  vivres  assés,  et  s'il  estoit 
besongne  d'avoir  secours,  le  due  d'Albe,  qui  n'estoil  guère  loing,  les  secourroit 
incontinent.  Le  principaux  capitaine  estoit  pour  lhors  Henri  de  Floon,  grand 
maire  de  Liège  ('),  fort  expérimenté  en  l'art  militaire,  et  le  capitaine  de  Bulbon, 
Florens  d'Àrgenteau  (2).lequel  avoit  amené  avecque  luy  grand  nombre  d'Arden-  15 
nois  pour  secourir  la  ville.  Et  combien  que  les  ennemys  espéroient  d'avoir  grand 
refuge  et  advantaige  en  l'église  et  abbaye  de  Saint-Laurent,  ce  non  obslant  les 
Liégeois  soy  défendoient  de  coups  de  canons  et  artilleries  qui  esloient  mis  une 
partie  sur  la  Ihour  de  Saint-Martin,  sur  la  thour  de  Saint-Jacque  et  sur  les 
murailles  de  la  cité,  que  cela  ne  le  se  servoil  de  rien.  Ce  temps  pendant,  ceux  20 
del  Condroz  avoicnl  attirez  à  leur  costéz  toutes  les  navires  de  la  rivière  de 
Mouze  et  esloient  grand  nombre  des  villaiges  assemblés  en  arme  pour  deffendre 
que  l'ennemys  ne  passas  à  l'autre  costéz  de  la  rivière.  Et  de  ce  temps,  en  la 
cilé  doublant  quelque  trahison,  fut   défendu   de   sonner   nulles  cloches,  ne 
nulles  heures,  ce  que  fut  observez  jusques  à  ce  que  l'ennemy  se  retirât.  Trovant  25 
le  prince  d'Orenge  qu'il  perdoit  son  temps  à  prendre  la  cilé  et  perdant  tout 
espoir  de  la  pouvoir  surprendre  en  quelque  manière,  et  de  peur  pareillement  du 
duc  d'Albe  qui  le  suyvoil  lousiours  par  derier,  se  voyant  en  grand  dangicr,  et 


(')  Henri  de  Bcrlaymont  de  Flojon.  Cf.  de  Bohman,  Échevini,  p.  42K. 

(2)  Florent  d'Argcntcau,  fils  de  Bcnaud  VI,  seigneur  d'Argenleau  et  Ilermallc  en  1572,  seigneur  de  30 
Barge  et  de  Heime,  haut-vouc  de  Richellc,  nomme  capitaine  et  gouverneur  du  château  de  Bouillon  le 
22  décembre  lf>07,  mort  en  1581.  Cf.  Poswick,  Les  seigneurs  d'Argenleau,  p.  <i8. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  537 

enclos  de  deux  cosléz,  se  mirent  à  desloger  et  enfuyre  à  mye  nuict,  qui  estoit 
le  jour  saint  Hubert,  et  pour  soy  mieulx  venger,  mirent  le  feu  en  l'église  et 
monastère  de  Saint-Laurens  et  l'église  de  Saint-Gille  pareillement,  et  fut  seule- 
ment leur  dorloire  bruslé,  cl  en  l'abbaye  del  Vaulx  Benoiste,  laquelle  fut  toute 
s  bruslée,  et  en  plusieurs  maisons  aux  faulxbourch  (1).  En  ce  temps,  estoient 
bourghemaislres  de  Liège  Pierre  Bex  et  Jeban  Streel  (2),  lesquclz  rendirent 
grande  peine  nuict  et  jour  de  tenir  les  bourgeois  en  ordre  et  pour  garder  la  cité 
de  quelques  trahisons.  Le  duc  d'Albe  suyvit  tousjour  l'ennemy  et  les  Liégeois, 
à  cause  que  les  portes  esloient  enterrées,  ne  peurent  si  tost  sortir;  touteffois 

10  sortirent  devant  x  heures  du  matin,  où  ilz  prendrent  plusieurs  prisonniers  des 
geux,  qui  estoient  encores  demouréz  en  leurs  logis,  desquels  prisonniers  en 
furent,  le  jour  saint  Léonard,  penduz  xi  sur  le  marchié  de  Liège.  Et  pour  ce 
que  le  boureau  n'estoit  pour  Ihors  en  la  cité,  fut  ordonnez  que  ecluy  qui  pen- 
droit  ses  compaingnons  seroit  délivré,  ce  que  un  d'eux  feist,  car  les  autres 

15  aymèrent  mieux  estre  penduz  que  pendre  leurs  compangnons,  et  ainsi  fut 
délivré  pour  faire  l'office  du  boureau,  qui  pour  or  ny  pour  argent  n'eust  esté 
point  autrement  délivré.  En  pendant  ses  geux,  y  eut  aulcun  entre  le  peuple  qui, 
pensant  faire  sédition,  demandèrent  pourquoy  on  pendoit  ses  pauvres  soldalz 
sans  cause  ne  occasions,  et  pour  sa  responee  fut  incontinent  mis  en  pièce  et 

20  tuez,  et  ung  aullre  pareillement  qui  avoit  le  licol  pour  eslre  pendu  au  col,  le 
mis  dehors,  et  pensant  enfuyre  receut  ung  coup  en  la  teste,  et  après  fut  pendu 
avecque  ses  compaingnons.  Et  le  prince  d'Orcngc  soy  retirât  à  mieulx  qu'il 
pcult  par  Geldoin  et  le  pays  à  lentour  et,  en  passant,  mirent  le  feu  en  l'abbaye 
et  monastère  de  Boncfe;  après  mirent  le  feu  es  églises  de  Gemblou,  de  Fiône  ; 

2b  et  tous  cosiés  où  ilz  passoient  mettoient  le  feu  dedens  les  églises  et  bruslèrent 
toutes  les  maisons  de  ceux  qui  servoient  le  duc  d'Albe.  Après  vindrent  à  Baveis 
au  pays  de  Henau,  où  ilz  ne  trouvèrent  personne,  parquoy  ils  mirent  le  feu  en 
la  ville,  et  ainsi  se  retournèrent  en  France.  Et  le  duc  d'Albe  les  suyvit  jusques 
à  Cambrésy,  où  il  s'arreslat  avecque  son  armée,  n'allant  plus  avant.  Et  puis  le 

50       (')   Cf.  Evaluation  des  dommages  causés  au  pays  par  l'armée  du  prince  d'Orange  en  1568,  dans  le 
Bulletin  de  l'Institut  archéologique  liégeois,  t.  XII,  p.  319. 
(*)  Voir  pageBlO,  note  1. 

Tome  IL  68 


538  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

prince  estant  arrivcis  en  France  pensât  conjoindre  son  armée  avecque  celle  de 
prince  de  Condée,  mais  il  ne  peult  parvenir  à  son  intention,  parquoy  il  se 
retirât  par  Lolringe  en  Allemaingne,  où  il  donna  congié  à  ses  gens  sans  avoir 
aultre  chose  faicte.  Le  conte  de  Horslrade  (')  et  Everard  de  Mérode  (*)  qui 
avoient  suivy  le  camps  de  prince  d'Orenge  morurent  en  France  comme  bons  s 
chrestiens.  L'abbé  de  Saint-Trond  qui  avoil  esté  prins  prisoniers,  comme  nous 
avons  dessus  dit,  fut  délivré  à  Coulongne  en  payant  à  la  femme  de  prince 
d'Orenge  xvM  dallers. 

II 

Après  il  envoyât  à  Louvain  quérir  le  conte  de  Buyre  (3),  fils  du  prince  10 
d'Orange,  l'an  1508,  lequel  fut  emmenné  en  Anvers,  sous  la  conduict  de  siex 
gentilhomes  flamends  et  douze  arebiers,  puis  soubz  la  guarde  du  conte  de 
Ladron  (4),  fut  envoyé  en  Espaigne  aux  estudes  en  l'université  d'Alcala  et  avoit 
illec  pour  son  plat  200  escus  annuelle  par  l'ordonnance  de  Sa  Majesté,  et  euisse 
usez  d'une  semblable  courtoisie  au  fils  de  conte  d'Aigmont  et  de  Home,  sy  ce  i» 
n'euisse  esté  qu'ils  estoyent  trop   jeusne  et  foible  pour  faire  ung  sy  grand 
voyage.  Puis  le  duc  d'Albe  list  dresser  une  arrest  contre  le  conte  d'Aigmont  et 
aultres  seigneurs  prisonniers,  et  furent  condampnéz  d'avoir  la  laisle  trenchée 
avec  confiscation  de  leurs  biens.  Le  conte  d'Aigmont  voyant  prononcher  tel 
arrest  de  sa  mort,  il  ne  s'en  csmeul,  ains  usât  seulement  de  ces  parolles  :  «  Voilà  îo 
une  sentence  très  sévère  et  ne  pense  point  avoir  offencé  Sa  Majesté  pour 
mériter  une  sy  cruelle  punition.  Sy  j'av  fally,  que  ma  mort  soit  l'expiation  de 
mes  faultes  et  erreurs  sans  ruinner  ainsy  les  miens  à  l'advenir,  oultre  qu'il  me 
semble  que  mes  grands  services  passez  méritent  à  bon  droict  que  l'on  use  de 
quelque  grâce  en  mon  endroict,  mais  puisque  c'est  le  bon  plaisir  de  Dieu  25 
le  Créateur  et  de  mon  Hoy  mon  seigneur,  je  m'attend  de  prendre  la  mort  en 
patience».  Dont  le  lendemain  du  mat  tin.  il  soy  confessât  et  receut  la  sainte 


(')  Antoine  de  Lalaing,  comte  d'Hoogstracten. 

(*)  Evrard  de  Mérodc,  seigneur  de  Vaulx,  ancien  châtelain  de  Bouillon. 

(*)  Philippe  de  Nassau,  comte  de  Bueren.  30 

(')  Le  comte  de  Lodron. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  539 

comunion,  après  avoir  owy  la  messe,  le  conte  de  Home  faisant  le  semblable. 

Le  jour  suivant,  qui  estoit  le  vie  de  jung  de  l'an  4568,  l'on  couvrit  l'eschaffat 

de  drap  noire  où  la  justice  soy  dcbvoit  faire  sur  le  marebiet  de  Bruxelles  a, 

ayant  deux  colompnes  eslevées  pour  y  planter  les  taistes,  et  joindant  il  y  avoit 

s  deux  cossins  et  oreilliers.  Ainsi,  deux  beures  devant  midy,  fut  le  conte  d'Aig- 
mont  conduict  le  premier  dans  le  léalre,  accompaigné  du  maistre  de  camp  avec 
l'infanterie  et  aulcuns  praistres  et  l'évesque  d'Ipre  pour  confesseur.  Or  le  conte 
estoit  vestu  d'ung  cassacquin  de  damas  et  le  manteau  noire  enrichy  d'ung 
passement  d'or,  son  chapeau  b  de  tafftaff  noire,  portant  ung  mouchoir  en  la 

io  main  sans  avoir  les  mains  liez;  il  n'estoit  point  suivy  du  bourreau  ny  sergeans; 
bien  est  vray  que  le  prevost  le  tenoit c  prest  sur  l'eschaffat  avec  une  baguette 
en  la  main,  laquelle  estoit  rouge,  et  l'exécuteur  soy  tennoit  soubs  l'eschaffat 
jusque  à  ce  que  le  conte  fuisse  monté,  lequel  ayant  parlé  quelque  temps  avec 
le  maistre  du  camp  et  avec  l'évesque,  luy  mesme  soy  despouillat,  demourant 

15  en  pourpoint,  qui  estoit  de  noire,  puis  soy  mist  en  genoulx,  puis  l'évesque  luy 
mist  la  croix  en  la  main,  laquelle  le  conte  baisât  fort  révérenment  en  jectant 
mouchoir  et  chapeau  du  costé,  joindant  les  mains,  et  soy  rescommandat  à  la 
miséricorde  de  Dieu,  attendant  le  coup  de  la  mort  en  patience.  Aussytosl  qu'il 
fut  despescheit,  son  corps  fut  tiré  à  part  et  couvert  d'ung  drap  noire,  et  lors 

20  montât  le  conle  de  Hornc,  ayant  seulement  ung  manteau  noire  et  ung  bonnet  de 
drap  noire;  celluy  ayant  lennu  quelque  petit  discours  au  peuple,  demandât 
pardon  et  les  suppliai  de  pryer  Dieu  pour  luy,  puis,  jectant  son  manteau  en  bas, 
demorat  en  chausses  avec  seulement  une  chemise  de  colton,  et  mist  son  bonnet 
sur  ses  ieulx  et  joindit  ses  mains  allaindant  le  coup.  Puis  leurs  taistes  furent 

25  mis  sur  les  dites  colompnes  l'espace  de  deux  heures,  et  leurs  corps  mys  en  cer- 
cueille  de  plomb  et  embaulmeis  et  puis  ensepvelis. 

L'an  1568,  sur  la  fin  du  mois  de  may,  passèrent  par  la  cité  sur  la  Moeuse,  à 
deux  fois,  xxv  d  enseignes  espaignouls  et  wallons  e  et  pendant  qu'ils  descendoient 
la  rivière,  les  qualtres  compaignies  esloyent  en  armes,  les  diex  hommes  en 


30  a  Bruges  :  manuscrit  7.  —  b  son  chapeau  estoit  de  taphetaf  avec  des  plumaiges  noires  et  blanches  : 
manuscrit  6.  —  c  le  tenoit  courte  :  manuscrit  6  —  d  xv  enseignes  :  manuscrit  12.  —  '  embarqués 
à  Andenne,  s'en  allant  en  Frise  :  addition  du  manuscrit  24,  fol.  293. 


540  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

grand  nombre  de  cliascun  vinave  (*),  avec  les  capitaines,  enseignes  et  tambou- 
rins ens  cartiers  divers  du  loing  de  la  rivière,  avant  apreslé  aucunes  pièce 
d'artilleries,  harck  à  erockes,  donnant  cependant  les  seigneurs  bourghemestres 
bonne  ordre  et  rcmonslrance  de  soy  gouverner  bien  en  ses  enlrefaiclz,et  avoyent 
faicl  mcclre  deux  chaînes  pour  serrer  la  Moeuse  Q,  l'une  à  la  tourre  des  Croi-  s 
siers,  et  l'autre  derier  Saint-Jean  tëvangéliste,  dist  à  Rolland  Goiïe,  item  aussy 
gens  à  tennir  bonne  guarde. 

Cesle  mesme  année,  par  l'ordonnance  des  seigneurs  bourghemestres,  al  esté 
comenehiet  ce  magniOcque  ouvraige  de  la  fontaine  sur  le  marchict  à  Liège  '', 
à  cause  que  le  viculx  ouvraige  esloit  fort  ruinné  et  deffaict  une  parlye  (2).         io 

Pareillement,  l'an  susdit  °,  par  les  mesmes  bourghemestres  al  esté  érigée  une 
maison  dit  pieux  lieux,  où  sont  plussieurs  demeuraiges,  chambres  par  terre, 
encloeses  de  murailhes,  exlanl  hors  la  port  Saint-Léonard  près  la  cité,  et  proche 
de  la  rivière  de  Moeuse,  pour  en  icclle  soustenir,  mectre  et  loger  les  malade  et 
infectez,  où  besoing  serai,  de  la  maladie  contagieuse,  le  tout  faict  aux  despens  i» 
de  la  cite  (3). 

L'an  mesme  io68,  le  jour  saint  Jacque,  ont  estez  cslcuz  à  bourghemestres 
de  la  cité  de  Liège,  maislre  Jean  de  Strecl  el  maislre  Pier  Bex,  ambedeux 
licenliéz  es  drois  (4). 

L'an  mesme,  l'armée  du  prince  d'Orange  esloit  à  l'enlour  de  Tongre  et  par  20 
tout  le  plat  pays  de  Liège,  gastanl,  pilliant  et  follant  impétueusement  les  sacra- 
ments,  nonobslanl  que  l'on  ne  pensoit  qu'il  fuissent  ennemis  au  dit  pays  de 
Liège,  veu  que  c'est  pays  d'empire,  et  aussy  estoit  seulement  déclareis  ennemis 

"  s'il  eut  esté  besoing,  avec  gens  et  engins  :  addition  du  manuscrit  îS.  —  *  qui  depuis  cincq  ans 
auparavant  avoit  esté  commencé  :  addition  du  manuscrit  24.  —  c  l'an  1570  :  manuscrit  6.  *'° 

(4)  Sur  les  quatre  compagnies  cl  la  compagnie  dite  des  Dix  hommes,  voir  Gobert,  Liè./e  à  travers  les 
âges,  t.  I,  pp.  254-258. 

(*)  Voir  Gobert,  op.  cit.,  t.  IV,  p.  66. 

(»)  C'est  par   erreur  que  cette  chronique   place  à    l'année  1568   l'acquisition,  par  le   lombard 
Bernardin  Porquin,  de  l'hôpital  dit  du  Bavard,  à  l'entrée  de  la  rue  Saint-Léonard,  pour  y  établir  un  30 
lazaret  pour  les  pestiférés.  Cette  fondation  pieuse  se  fit  en  1571.  Cf.  Gobert,  op.  cit.,  t.  Il,  pp.  153 
et  160. 

(')  Voir  page  510,  note  1. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  541 

au  duc  d'Albe  et  point  au  pays  de  Liège.  Par  conséquence,  la  dite  armée  du 
prince  d'Orange  suivit  et  continuit  ses  affaires  sur  le  pays  de  Liège  de  villaige 
à  villaiges,  jusques  à  la  ville  de  Saint-Tron,  laquelle  ont  surprin  par  belles 
parolles  et  soub  coulleur  de  laisser  seulement  entrer  aulcuns  d'eulx.  Ils  procé- 
s  dèrent  à  leur  volunlé,  pilliant  la  plus  grande  parlye  de  la  ville  a,  principalement 
les  maisons  des  ecclésiasticqucs  et  la  monastère,  et  emmenèrent  l'abbé  ('),  luy 
faisant  grande  insolence,  lequel  après  avoir  donné  une  bonne  somme  d'escus, 
le  laissèrent  aller;  peu  après  quictarent  la  ville,  prennant  le  chemin  vers  le 
warde  de  Steppe  \ 

10  L'an  mesme,  un  peu  après,  l'abbaye  de  Saint-Hubert  en  Ardcnnc  fut  bruslée 
par  quelques  nombres  de  Franchois  tant  de  chevaulx  que  de  pieds,  qui  esloyent 
vennus  par  l'Ardenne  donner  secours  au  prince  d'Orange. 

L'an  mesme,  sur  la  fin  d'octobre,  ludit  prince  d'Orange  prinl  son  chemin  par 
Waresme,  petite  ville  (à)  qualtrc  lieu  de  Liège;  je  ne  scay  par  quel  solz 

io  conseil,  (il)  approchât  la  cité  de  Liège,  la  pensant  surprendre  et  pillier,  et 
environ  le  jour  des  âmes,  envoyât  sa  trompette  vers  la  cité,  demandant 
passaige  %  et  ne  luy  fut  donné  aucune  responee,  mais  ayant  considéré  la  grande 
inhumanité  et  oullrages  qu'il  avoyent  perpétrez  en  pays  de  Liège  par  les 
engliese,  mesme  à  ceulx  de  Saint-Tron,  qui  leurs  avoyent  monslreit  toutte 

20  courtoisie  en  vain,  il  aussy  avoyent  demandé  à  vallée  à  nostre  prince  cent  milles 
escus  d'or,  et  avec  cela  le  bruict  avoit  du  longtemps  corru  notoirement  en  leurs 
armée  qu'il  soy  vantoyent  et  glorifioyent  que,  pour  leur  retourne,  leur  conclusion 
avoit  esté  de  pillier  et  rober  la  cité  de  Liège  d,  mais  furent  loing  de  leur  entre- 
prinse,  car  le  reffus  at  esté  faict  à  la  dite  trompette,  et  incontinent  bien  vaille- 

23  ment  toulte  la  cité,  grand  et  petit,  aussy  bien  Monseigneur  l'évesque  que  toutte 


"  mesme  prindrent  à  cieux  de  la  ville  aucunes  pièces  d'arleilleries  avec  des  pouldres  et  canons  : 
manuscrit  28.  —  °  Mor.tenaeken  et  à  l'entour  :  addition  du  manuscrit  28.  —  et  5:ontenack  :  manu- 
scrit 6.  —  vers  la  ville  de  Wareme  :  manuscrit  S.  —  °  passaige  et  vivres,  qui  a  eu  responee  sans 
dilation  :  manuscrit  28.  —  sans  délibération  :  manuscrit  96.  —  d  et  tous  marchans.  Partant  le  refus 
50  a  esté  faict  à  ladit  trompette  tant  de  Mr  le  révérendissime  que  tous  gens  d'église,  bourguemestres  et 
conseil,  nobles  et  ignobles  :  addition  du  manuscrit  28. 

(4)  Christophe  de  Blocquerie.  Voir  page  B04,  note  G. 


542  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

la  clergerye,  bourghemestrc  et  conseil,  nobles  et  non  nobles,  d'une  bonne  union 
furent  tous  délibérez,  sy  le  prédit  prince  d'Orange  vennoit,  de  s'opposer  et 
résister,  et  bastivement,  en  grande  diligence,  chascun  s'enforchoit  à  réparer  et 
fortifier  la  dite  ville,  aprester  tout  les  arlilleryes  "  et  aultres  munitions  sans 
espargner  personne,  femmes,  filles  ny  servantes  en  grands  nombres  portants  s 
terres  aux  remparts  et  divers  lieux,  les  capitaines  des  vinables  '',  avec  ung 
noble  couraige,  faisant  le  guail  jour  et  nuict,  estans  tous  délibérez,  aussy  bien 
les  gens  d'engliese  que  les  aultres,  ebacun  en  son  lieu  ordonné,  les  quallres 
compaingnies  et  les  diex  bommes,  chascun  en  son  cartier  assigné,  semblable- 
ment  les  enseignes  et  bendes  de  gens  de  guerres  que  l'on  avoit  eslevéz  aux  10 
despens  du  pays  de  Liège,  chascun  tennant  aussy  son  carlier.  Retournant  la 
dite  trompette  vers  son  prince  d'Orange,  l'ayant  adverly  dudit  refus  de  ceux  de 
Liège,  approchèrent c  de  plus  près  la  cité  et  l'cnvironnarent  jusque  aus  faul- 
bourghes  et  abbay  de  Saint-Laurent  et  Saint -Giel,  l'engliese  de  Saint-Christophe 
au  pont  d'Avroy  *,  et  faisoyent  tous  leurs  efforts  à  endommager  et  prendre  la  15 
la  cité,  donnant  plussieur  coup  de  harquebouse  et  de  petite  pièce  de  cannons. 
Mais  ceulx  de  la  cité  faisoyent  telle  déffence  que  personne  de  dehors  ne  soy 
osoit  monstrer;  de  là  tachoient  l'assaillier  par  balleaux,  tant  par  dessus  la  cité 
que  dessoubz,  por  avoir  le  passaige  de  la  cité,  de  la  rivière  pensant  gaigner  le 
carlier  d'Oultre-Meuse;  mais  les  gens  des  villaiges  comme  de  la  Uoverie,  Froid-  20 
mont,  Grifvegnée,  Angleur  el  aultres  d'albentour,  estant  en  armes,  leurs  don- 
noyent  empeschement  %  faisants  fosséz  et  tranchises  de  bois,  leur  donnant 
souvent  des  coups  de  hack  à  croche  et  harquebouse,  de  sorte  qu'il  furent 
frustreis  de  leurs  enlreprinses  de  passer  et  y  eut  des  tuez  et  des  prisonniers, 
lesquels  sans  dilay  furent  saccagiés  ■',  et  pour  ce  qu'il  n'eurent  accèz  de  passer,  25 

a  hacque  à  crocqs,  harquebuses,  boulets,  poudres,  gros  bans,  maints  boron  de  gros  bois,  estouppes 
et  toutes  choses  nécessaires  à  munir  murs  et  remparts  que  pour  repouser  les  ennemis.  Car  rien  n'estoit 
esparné  :  manuscrit  28.  —  b  avec  leurs  gens  el  dixaines,  ayant  bon  courage,  estoient  chascun  en  son 
quartier  :  addition  du  manuscrit  28.  —  c  et  incontinent,  suivant  leur  premitive  conjuration  envi- 
ronnèrent la  cité  :  addition  du  manuscrit  28.  —  d  et  ce  si  hastivement  que  plusieurs  desdicts  30 
fauxbourgs  en  furent  déceuz,  ayant  prins  à  Saint-Laurent  plusieurs  lieux,  comme  dit  est,  d'où  ils 
pouvoient  contempler  une  grande  partie  de  ladite  cité  :  addition  du  manuscrit  28.  —  '  tant  par  fossés 
et  tranchis  que  autres  matières  de  bois  :  addition  du  manuscrit  28.  —  '  et  occis  et  aucuns  mis  en 
prison  :  addition  du  manuscrit  28. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  543 

l'on  avoit  en  la  cité  libre  entrée  et  issue  par  la  porte  d'Amercourt,  par  laquelle 
entrèrent  bien  hastivement  deux  enseignes  de  piétons,  desquels  l'une  estoit 
eslevée  de  la  parle  du  pays,  et  l'autre  estoit  envoyée  de  la  parte  du  duc  d'Albe 
à  noslre  secours;  par  ainsy  esloient  vin  a  compaignies  de  piétons  en  la  cité, 

3  davantaige  entrèrent  encore  par  le  mesme  port  grand  nombre  de  gens  de  la 
baillcrye  du  pont  qui  esloyent  mandez,  eux  tennant  leur  cartier  tant  au  dit  pont 
qu'en  Beiche  b.  Or  ainsi  la  dite  cité  furnie  et  guarnie,  monslrèrent  "  à  leurs 
ennemis  taiste,  leurs  donnant  bon  coups  de  divers  boulletz,  tellement  que 
lennemis,  ayant  séjourné  quelque  temps  devant  la  dite  cité,  non  point  sans 

10  perdre  de  bons  capitaines  et  soldats d  soy  partirent  avec  grande  honte  du  grand 
maltin,  mectant  le  feu  à  l'abbaye  de  Saint-Laurent,  Saint-Giel,  ens  faulx- 
bourghes  en  divers  lieux,  et  à  la  Vaulx-Bennoicte  '.  En  ces  vers,  trouvères 
l'année  dont  cela  est  advenu  : 

DILIge  tUrba  IlInaX. 

13      Item  : 

LeoDIUM  forllter  pUgnaVIt. 

Item  : 

VIVIlo  LeoDIUM. 

Item  trouverez  en  ceulx  suivants  l'année  et  le  jour  : 

20  Quinta  bac  nocte  cadit  Laurentius  igné  crematus 

Auriaci  victrix  Legia  fudit  equos  '. 

«  xiu  :  manuscrit  28.  —  6  et  aux  Auves  :  addition  du  manuscrit  28.  —  Après  entrèrent  hâtivement 
par  la  porte  d'Amercourt  quattre  enseigne  de  Wallons  soubs  le  régiment  monsr  de  Dragon  au  service 
du  roy  d'Espaigne,  soub  la  conduite  du  duc  d'Alve,  qu'estoit  général  du  camps,  lequel  furent  logés  aux 

2b  palays,  sans  y  faire  garde  davantage,  puis  entrèrent  encor  plusieurs  gens  de  la  Bouverie  par  ladict 
porte,  tenant  leur  quartier  au  dit  pont  que  à  la  thour  Embéche  :  manuscrit  6.  —  c  donnèrent 
incessament  à  leurs  ennemis  le  réveille  matin  et  le  bonsoir,  avec  coup  de  baies  assaissonnées  de 
craint  et  empeschement,  tellement...  :  manuscrits  28  et  26bis.  —  d  qui  furent  occis  à  faire  les 
aproches  furent  constrainct  de  lever  le  siège  secrètement,  et  a  grande  honte  de  se  retirer  par  une 

3u  matinée  avant  le  jour,  qui  estoit  le  jour  de  saint  Hubert,  3  de  novembre,  après  avoir  mis  le  feu...  : 
manuscrits  28  et  26bi>.  —  '  emportant  tout  ce  qu'ils  pouvoient  rober  et  trouver  es  fauxbourgs  et 
Tillaiges  :  addition  des  manuscrits  28  et  26bi*.  —  t  Ignls  aeDaX  rerVM  Leslt  nos  :  addition  des 
manuscrits  3,  25  et  38. 


544  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Ceulx  de  la  cité,  estant  advertis  de  leur  partiment,  ayant  la  comodité,  force  et 
couraige,  soudainement  partirent  en  bon  nombre  de  gens,  tant  bourgeois  que 
villageois,  par  la  porte  Sainte- Waiburge  et  du  pont  d'Avroy  a,  donnant  sur  la 
queue  de  leurs  ennemis,  de  sorte  que  bon  nombre  furent  tués  ''  et  prisonniers, 
dont  peu  après  furent  pendus  sur  le  marchiet;  il  y  eut  pour  ung  jour  onze  5 
exécutez  par  ung  de  leurs  gens,  car  il  avoint  jectéz  la  sorte,  et  pendant  que  l'on 
faisoil  justice,  survenist  sur  le  marchict  une  grande  tumulte,  procédant c  par  ung 
bomme  solz  *  qui  demuroit  hors  de  la  cité,  lequel,  voilant  par  compassion 
plaindre  l'ung  de  ceulx  que  l'on  pendoit,  disant  que  c'estoit  dommaige  de 
pendre  ung  telle  homme,  et  semblables  propos  '  fut  sur  la  place  tué,  et  le  10 
tumulte  estoit  sy  grand  que  ung  chacun  avoit  l'espéc  en  la  main  et  ne  scavoyent 
sur  qui  frapper,  pensant  qu'il  y  eut  quelque  entreprinse,  et  estant  un  peu 
appaiséz  ',  Sa  Grâce  en  personne  marchât  devant  avec  quelque  nombres  de  diex 
hommes  des  bons  mesliers  et  de  vm  enseignes  de  guerre,  et  s'en  allèrent  droict 
sur  le  marché,  faisant  ung  circuit  tout  allentour,  puis  Sa  Grâce  fit  publier  que  la 
chascun  des  bourgeois  demorast  en  son  carticr,  et  ainsy  le  tout  fut  appaissez  g. 
Or  comme  l'armée  estoit  retirée  de  la  cité,  le  duc  d'Albe  n  estoit  guerre  loing 
du  dit  prince  d'Orrange,  le  suivant  jusques  en  France,  lequel  pensoit  joindre 
son  armée  avec  celle  de  Condé,  cy  ce  n'euisse  esté  que  l'armée  du  roy  de 
France  y  donnoit  cmpcschemcnt,  de  laquelle  armée  le  duc  d'Anjoux  (*)  en  20 
estoit  généra ulx  pour  le  Roy,  ce  voyant  le  prince  n'eslre  possible  de  soy  joindre 
avec  celle  du  prince  de  Condé  (2),  fut  constraint  de  soy  retirer  en  Allemaigne, 

"  lesquels,  avec  plusieurs  Mouilleurs,  donnèrent  :  addition  du  manuscrit  28  —  b  et  jettes  dans 
les  fosses  aux  houilles  :  addition  du  manuscrit  28.  —  c  procédant  par  ung  malentendu  de  dehors 
la  Cite  :  manuscrit  7.  —  a  folastre  et  mal  entendu  de  dehors  la  Cilé  :  addition  du  manuscrit  28.  —  io 
*  Il  y  avoit  auprès  de  luy  ung  chanoine  nomé  Marbaise  (3)  qui  lui  donat  le  premier  coup  et  par 
ce  moyen,  fut  massacré  sur  la  place.  Après  le  tumulte  fut  si  grand...  :  addition  du  manuscrit  7.  — 
t  et  estant  un  peu  appaiséz,  l'on  donnât  provision  et  bonne  ordre  par  quelque  nombres  de  diex 
hommes  des  bons  mestiers  qui  estoient  illec  et  de  vm  enseignes  de  guerres  qui  soy  trouvarent  avec 
leurs  armes  sur  le  marchiet  :  manuscrit  7.  —  >  et  aucuns  jours  après,  en  la  mesme  place,  en  30 
furent  encor  d'autres  excécutés  :  addition  des  manuscrits  28  et  Stf4iï. 

(')  Henri  de  Valois,  duc  d'Anjou,  fils  de  Henri  II. 

(*)  Louis  I  de  Bourbon,  prince  de  Condé,  tué  à  la  bataille  de  Jarnac,  le  15  mars  1 8G9. 

(s)  Un  chanoine  Libert  Marbaise  est  cité  parmi  les  chanoines  de  Saint-Jean,  de  1550  à  1571. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  545 

où  le  duc  de  Deux-Pont  (')  avoit  assemblez  bon  nombre  de  cavallerye  et 
infanlerye,  et  ainsy  l'armée  reforcée,  affin  de  rechiefï  retourner  en  France  vers 
la  Haulte  Bourgogne,  pour  salisffaire  à  son  enlreprinse,  mais  avant  que  le  prince 
de  Condé  fuisse  joinct  avec  luy,  le  duc  d'Ànjoux  le  poursuivoil  tellement  que, 
s  sur  le  matlin  le  xin8  de  mors,  comonchèrent  à  escarmoucher  et  soy  battre 
jusques  à  siex  beures  au  soir,  ayant  le  duc  d'Anjoux  obtenu  la  victoire,  et  le 
prince  de  Condé  et  plusieurs  grands  seigneurs  furent  tuez,  et  toutte  l'infan- 
terye  saccagée  ". 

* 

*     * 

L'an  1568,  y  eut  grande  division  et  assemblées  es  pays  de  par  deçà  du  roy 

10  d'Espaigne,  faisant  le  duc  d'Albe  tout  préparatifs  de  guerre,  suivant  les  bruits 
qui  lors  estoient  de  tous  coslés.  En  ces  entrefaietes,  les  troubles  et  guerres  civiles 
survindrenl.  qui  estoient  quelques  gens  de  guerre  assemblés  vers  les  frontiers 
de  Julliers  de  divers  nations,  Wallons,  Allcmans  et  Flamens,  qui  furent  deffaits 
et  mis  en  route  par  les  Espagnols  et  autres  qui  estoient  au  duc  d'Albe.  Et  bien 

15  peu  après,  fut  quelque  grande  entreprise  et  traiclé  au  pays  de  Frise  par 
le  comte  de  Nassau,  frère  au  prince  d'Orrange,  ayant  une  armée  à  l'enlour  de 
la  ville  de  Dan  et  Grocningcn  dont  le  comte  d'Arcmberg  (2),  estant  retourné  de 
France,  a  esté  envoyé  avec  des  Espaignols  en  Frise,  là  où  il  fut  rencontré  de 
ses  ennemis  et  occis  et  toutes  ses  gens  deffaicts  et  grand  nombre  d'Espagnols 

20  aussi  tués.  Dont  incontinent  le  duc  d'Albe,  qui  avoit  le  conte  d'Aigmont  et  le 
conte  de  Horne  et  grans  nombre  des  gentilsbommes  prisonniers  à  Bruxelles,  les 
fit  tous  décapiter,  ce  qui  a  beaucoup  aigri  les  choses,  et  les  armées  se  prépa- 
roient  de  part  et  d'autre,  et  avoit  le  roy  d'Espaigne  par  tous  ses  pays  des  gens 
de  guerre... 

25  Or,  le  duc  d'Albe  ayant  assemblé  grande  armée  et  icclle  joincle,  a  prins  son 
chemin  vers  le  pays  de  Frise,  vers  la  ville  de  Groeningen,  où  estoient  quelques 

«  comme  aussy  plusieurs  capitaines  et  seigneurs  dudil  prince  de  Condé  demeurèrent  prisonniers  : 
addition  du  manuscrit  28. 

(i)  Sur  le  duc  des  Deux-Ponts,  voir  p.  ï>27,  note  1. 
30       (*)  Voir  page  850,  note  1. 

Tome  11.  09 


546  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

gens  soubs  la  conduict  du  conlc  do  Nassau  et  d'autres  capitaines.  La  guerre 
allumée  tant  d'un  coslé  que  d'autre,  en  premier  lieu  furent  deffaicts  par  le  due 
d'Albe  aucuns  qui  tenoient  des  forts  et  places  à  l'cntour  de  là  et,  en  continuant 
cest  orage,  et  les  armées  des  deux  costés  s'entre  comltatans,  la  deffaiclc  est 
tombée  sur  les  gens  du  conte  de  Nassau,  et  ce  par  la  faute  d'aucuns  d'eux  qui  5 
demandèrent  argent  lorsqu'ils  dévoient  combatlre,  qui  donna  grande  occasion 
à  leurs  ennemis  de  prendre  l'advanlage,  tellement  que  les  gens  du  due  d'Albe 
furent  victorieux  et  en  occirent  grand  nombre  et  le  reste  s'enfuit... 

Feu  après,  ont  esté  quelques  nombre  de  chevaux  et  de  pied  assemblé  et 
eslevé  en  aucuns  lieux  par  bendes.  qui,  peu  après,  se  jongnirent  avec  le  seigneur  10 
Guillaume  de  Nassau,  prince  d'Orange,  qui  avoil  bon  nombre  de  gens  de  guerre 
en  Allemaigne,  tant  Allemans  que  Gascons  et  Walons  et  autres  nations,  de  sorte 
qu'il  en  at  faiet  un  grande  armée  et  est  venu  descendre,  sur  la  fin  du  mois  de 
septembre,  vers  la  ville  d'Aix  et  près  du  pays  de  Jullicrs  et  mesme  par  deçà 
jusques  au  pays  de  Faucoumont  et  là  à  l'enlour.  Quoy  entendu  par  le  duc  ts 
d'Albe,  a  assemblé  semblablement,  pour  faire  teste  audit  prince,  à  l'enlour  de 
Trccht,  une  grande  armée  tant  de  Wallons,  llaynuiers  et  Arlisiens  que  d'Espai- 
gnols  et  autres  nations,  de  pied  et  de  cheval,  desquels  la  pluspart  esloient  campés 
et  fourrés  au  pays  de  Liège  par  un  loing  temps.  Ausi  les  deux  armées  n'estoient 
pas  loing  l'une  de  l'autre,  mais  la  rivière  estant  entre  deux,  si  bien  qu'ils  ne  20 
pouvoient  donner  grande  escarmouche  l'un  contre  l'autre.  De  là,  l'armée  du 
prince  d'Orange,  aprochant  un  peu  plus  près,  donna  à  entendre  qu'il  vouloit 
quelque  part  passer  la  rivier  vers  ïrecht,  Viset  ou  vers  Liège,  et  envoyèrent 
une  trompette  à  la  dit  Cité,  et  mesme  à  la  ville  de  ïrecht  pour  avoir  passage. 
De  la  part  de  la  Cité  fut  respondu  à  ladit  trompette  que,  après  avoir  eu  délibé-  25 
ration  des  Estas,  leur  seroit  donné  passage.    Le  duc  d'Albe,  de  ce  adverli, 
at  incontinent  retiré  la  plus  grande  partie  de  son  armée  et  l'a  mis  dessoubs  la 
ville  de  Trecht  et  par  dessur  plusieurs  village  par  delà  la  rivière  et  les  autres, 
à  scavoir  les  gens  du  due  d'Albe,  mangeoient  le  pays  de  Liège  par  deçà.  Lors, 
par  une  vite  diligence,  d'une  elère  nuict,  l'armée  du  prince  d'Orange  passa  30 
à  gué  près  de  Slockem  dessoubz  Maestrek,  de  quoi  le  duc  adverli  en  fut  bien 
estonné  et  a  faiet  marcher  son  armée  dessoubs  Treehl  et  là  a  disposé  son  champ. 
Mais  les  gens  du  prince,  sans  faire  long  séjour,  deslogèrent  de  Stockem  et 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  547 

commencèrent  à  passer  plus  avant  dans  le  pays  de  Liège,  cherçant  les  gens  du 
duc  et  furent  faites  quelques  petites  escarmouches.  Et  ausi  poursuivant  le  prince 
son  train,  est  venu  jusques  sur  le  rivage  de  Geer,  pays  do  Liège. jusques  à  l'cn- 
tour  de  la  ville  de  Tongre,  fouragant  et  gaslant  le  plat  pays  et  singulièrement 
5  ruinant  les  églises,  en  foulant  le  Saint  Sacrament,  ne  laissant  rien  qui  ne  fust 
pillié  et  prins,  nonobstant  que  l'on  ne  pensoit...  (lexle  comme  page  S40, 
ligne  22.) 

Peu  après  quictarent  la  ville,  prenant  leur  chemin  vers  le  warde  de  Steppe, 
Montenaeken  et  à  l'enlour.  Or,  comme  l'armée  du  duc  d'Albe  les  avoit  suivi  et 

10  costoyé  depuis  quelque  temps,  ils  vindrenl  de  si  près  que  lors  il  y  cul  quelques 
escarmouches  faictes,  où  les  gens  du  prince  eurent  du  pire,  car  quelques  gens 
de  pied  furent  saecagés  en  un  marescage  où  les  noires  reytres  n'avoient  poinct 
d'accès  pour  leurs  donner  secours.  Après,  l'armée  du  prince  prit  le  chemin  vers 
le  pays  de  Braibanl,  vers  Jodoingne  et  à  l'entour,  pilliant  et  gastar.t  partout  où 

15  ils  passoient,  et  arrivèrent  au  secours  dudit  prince  bon  nombre  de  gens  françois, 
tant  de  chevaux  que  de  pieds,  qui  estoient  venus  par  les  Ardennes,  et  bruslèrcnt 
en  passant  l'église  et  l'abbaye  de  Saint-Hubert,  avec  beaucoup  d'autres  monas- 
tères et  églises  ",  et  passèrent  la  rivière  de  Meuse  au  pays  d'amont,  où  ils 
eurent  quelques  petit  escarmouche,  mais  ils  desconlirent  leurs  ennemis. 

20  Cependant  que  ces  affaires  se  passoient,  le  duc  d'Albe  avoit  envoyé  en  la  ville 
de  Tillemont  quelque  garnison  prinse  dans  son  champ,  craignant  que  son 
ennemi,  estant  assé  proche  ladit  ville,  ne  fust  par  luy  troussée.  Ausi  poursui- 
vant et  voyant  ledit  duc  qu'il  avoit  oporlunité  de  passer  outre  avec  son  armée, 
la  prinse  et  conduicl  plus  avant  par  delà  Tillemont,  vers  Louvin,  où  hastivement 

23  a  mis  son  champ  en  ordre  avec  forts  tranehis,  ce  qu'il  at  faictallin  d'empeicher 
ses  ennemis  de  passer  plus  avant  vers  ce  quartier  de  Braibant.  Et  les  gens  du 
prince  gastoient  et  desroboient  le  plat  pays,  si  ne  passèrent  sans  avoir  une 
escarmouche  vers  Tillemont.  A  tant  séjournèrent  les  armées  jusques  sur  la  fin 
du  mois  d'octobre,  et  venant  au  commencement  du  mois  de  novembre,  ledit 

30  prince  et  son  armée,  ayant  lesdis  ennemis  près  de  soy,  se  sont  retirés  et  reculés 
en  arrière  bien  honteusement  sans  coup  donner.  Et  par  quelque  conseil  lémé- 

a  ...  pillèrent  et  bruslèrent  encore  autres  abbaies  a  la  rivière  de  Meuse  comme  Hastier  au  pays 
d'amont,  où  ils  eurent. . .  :  manuscrit  96. 


548  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

rairc  sont  de  rechef  entré  au  pays  d'Empire  qui  estoit  à  1 evecque  de  Liège,  et 
ce  faisoient-ils  sans  lillre  ny  raison,  sans  que  ledit  pays  leurs  fust  obligé  de 
quelque  chose.  Et  ainsi  tenant  leurs  chemin  en  pleine  Hesbaigne,  pays  dudil 
Liège,  et  réilérans  leurs  maux  par  eux  faicts,  commencèrent  par  courses,  pillc- 
rics  et  volleries  gasler  ledit  pays,  venans  jusques  à  une  pétille  ville  nommée  5 
Waremme,  qui  est  à  quatre  lieux  près  de  la  Cilé.  L'on  n'avoit  point,  ce  néant- 
moins,  encor  telle  opinion  d'eux  que  de  se  prendre  au  pays  d'empire  ains  qu'ils 
se  tirreroient  au  pays  de  leurs  ennemis.  Toultefois  comme  ils  persévérèrent 
à  faire  loules  pilleries,  folles  courses  sur  le  plat  pays,  les  paysans  sauvoient 
leurs  meillieurs  meubles  en  la  cilé  de  Liège,  car  ils  ne  laissoient  rien  à  dérosber.  10 

Les  choses  ainsi  menées,  au  commencement  dudit  mois  de  novembre,  s'en 
vindrent  vers  la  cité  de  Liège  en  intention  de  la  pillier  et  saccager,  et  de  faiet 
ont  aproché  fort  avant  ladit  ville  et  cilé,  faisant  leurs  comptes  témérairement  et 
sans  hostes,  comme  il  al  esté  cognu  par  après.  Aussi  donc  estant  aproché  de 
plus  près,  soubs  belles  couleurs,  leur  trompette  a  esté  envoyé  vers  la  Cilé...  15 
(texte  comme  paye  344 ',  ligne  17). 

Retournant  ladite  trompette  vers  son  prince  d'Orange,  l'ayant  advcily  dudit 
refus  de  ceulx  de  Liège,  approchèrent  et  incontinent,  suivant  leur  primitive 
conjuration,  environnèrent  de  plus  près  la  cité  jusques  aux  fauxbourghs  et 
abbaye  de  Saint-Laurent  et  Saint-Giel,  l'engliese  de  Saint-Christophe  au  pont  20 
d'Avroy,  et  ce  si  haslivement  que  plusieurs  desdiels   fauxbourgs  en  furent 
déceus,  ayant  prins  à  Saint-Laurent  plusieurs  lieux,  comme  dit  est,  d'où  ils 
pouvoient  contempler  une  grande  partie  de  ladite  Cilé.  Ce  néanmoins  les  bons 
citoyens  se  sont  défendus  vertueusement  et  incessament,  tirans  des  coups  de 
serpentines,  bac  à  crocqs,  harquebuses,  leur  donnant  à  leur  arrivée  et  infortunée  20 
venue  beaucoup  d'algarades.  Car  plusieurs  furent  occis  et  pour  le  grand  nombre 
de  bac  à  croc,  nul  ne  s'osoil  trouver  à  descouvert  et  dura  longtemps  en  cesle 
manière  l'obsession  et  siège  devant  la  Cilé  et  lâehoient  fort  les  ennemis,  par 
aucuns  de  leurs,  gaigner  batailh  tant  par  dessus  la  Cilé  comme  par  dessoubs, 
pour  avoir  le  passage  de  la  rivière  de  Meuse,  affin  d'envahir  le  quartier  d'Oultre-  se 
meuse...  (lexle  camme  page  S  42,  ligne  20,  jusques  ainsy  tout  fut  appaiséz). 
Or,  comme  l'armée  estoit  retirée  de  la  Cilé,  le  duc  d'Albe  estoit  poursuivant 
et  marchant  après  icelle,  mai»  les  gens  du  prince,  sans  longuement  séjourner, 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  549 

prindirent  chemin  vers  le  pays  d'amont  jus  dudit  pays  de  Liège,  venant  vers 
Heynaut  et  Cambresis,  pillant  et  bruslant  tout  le  plat  pays,  mettant  le  feu  en 
plusieurs  abbayes,  églises  et  maisons,  estans  lousjours  poursuivi  par  le  duc 
d'Albe  si  avant  qu'ils  furent  entrés  en  France, 
s  Ayant  donc  esté  par  tel  moyen  la  cité  do  Liège,  délivrée  des  mains  du  prince 
d'Orange,  Guilhaume  de  Nassau,  qui  avoit  en  sa  compaignie  le  conte  Lodovic, 
Je  conte  de  Hocbstrat,  le  conte  de  Lumay  (l)  et  plusieurs  nobles  avec  une 
grande  armée,  Sa  Grâce  Révérendissimc,  en  recoignoissance  de  ce  bénéfice  que 
Dieu  luy  avoit  faict  et  Mr  saint  Hqbert,  premier  évesque  et   fondateur   de 

10  la  cité  de  Liège,  il  ordonna  que  tous  les  ans  se  feroit  une  procession  où  les 
secondaires  se  dévoient  trouver  avec  messe  spéciale,  laquelle  touttefois  ne 
s'observe  plus,  et  à  l'heure  du  disné,  tirer  trois  ou  quatre  coups  de  canons,  et 
ce  tous  les  ans  le  jour  de  saint  Hubert.  (Manuscrits  28,  pp.  407  à  412; 
96,  fol.  308  v°à313  V;  26"h,  fol.  368  à  370.) 

is  El  l'évecque,  pour  avoir  été  délivré  de  ses  ennemis  par  un  jour  de  saint 
Hubert,  il  ordonna  que  ce  jour  on  chanteroit  une  messe  spéciale  avec  une 
procession  de  tout  le  clergé  secondaire,  pour  rendre  grâce  à  Dieu  de  l'avoir 
préserve,  faisant  le  tour  à  l'cnloiir  du  marché,  puis  l'on  donnoit  le  canon 
par  tout,  ce  qui  a  depuis  été  modérez  et  rédtiict  à  trois  descharges  de  hacques 

20  par  la  compagnie  des  Jeunes  Arquebusiers  par  les  fenêtres  de  la  maison  de 
vilhc,  au  temps  que  les  douze  à  midi  sonnoient,  pour  mémoire,  jusqu'à  ce  que 
l'on  l'a  laissé  en  arrière.  (Manuscrit  38,  p.  i 07 ■) 

En  mesme  an,  par  les  mesmes  furent  encor  plussieurs  abbeyes  bruslées 
comme  Boncff.  Gcmbloux  et  Floene,  et  par  ainsy  furent  les  Liégeois  victorieux 

23  et  vengés  de  leurs  ennemys.  Et  pour  signe  et  en  mémoire  de  ladille  victoire, 
fut  ordonné  et  par  l'espace  de  plussieurs  ans  depuis  tenu  et  observé  que,  chacun 
jour  de  la  feste  de  monsieur  sainct  Hubert,  droit  aux  douxses  heures  au  midy, 
l'artillerie  de  la  Cité  scroit  deschargée  aux  principaux  boulevars  de  Liège,  en 
commémoration  et  gratification  de  laditte  victoire  et  siège  levé.  El  fut  aussy 

30  faille,  au  mesme  jour  de  sainct  Hubert,   l'an  révolu,  prooession  solemnelle 

(l)  Louis,  comte  de  Nassau;  Antoine  de  Lalaing,  comte  de  Hooijstiaetcii,  et  Guillaume  de  la  Marck, 
sire  de  Lumey. 


550  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

à  Saincl-Lambcrl,  en  laquelle  ledit  évesquc  fil  personnellement  son  office  en 
remerciant  nosire  divin  Sauveur  et  Rédempteur  Jesus-Chrisl  et  luy  priant  de 
garder  lousjours  son  peuple  liégeois  de  la  guelle  dévorante  de  tels  loups  ravis- 
seurs des  cœurs  et  d'âmes  et  engloulisseurs  des  biens  des  bons  et  fidels  Chres- 
liens.  Et  puis,  peu  de  jours  après,  furent  encor  exécutés  sur  le  marché  aucuns  5 
de  ladiltc  armée  des  Gheux.  (Manuscrit  2o,  p.  32.) 

Ils  s'en  allèrent  à  Saint-Laurent  et  à  Sainet-Gille,  et  après  ont  descendu  aux 
fauxbourgs  d'Avroit.  Il  y  avoit  plussieurs  bourgeois  à  la  porte  que  l'on  dit  «  le 
Resleau  »,  y  faisant  résislence.  Alors,  les  bourgeois  entendant  qu'ils  venoyent 
par  Tïrbourse,  retournèrent  vers  la  Cité,  abandonnant  la  porte,  et  les  soldats  10 
pensoyent  cslre  dans  la  Cité,  ayant  rompu  la  porte  et  incontinent  crièrent 
à  haulte  voix  :  «  Ville  gaignee!  »  Mais  ils  furent  bien  trompé,  alors  ils  entrèrent 
dans  l'églicse  de  Saincl-Chrislophe,  contemplant  le  lieu  de  la  Cité.  Ils  avoyent 
mis  plussieurs  pièces  de  cannons  vers  la  muraille  de  Saincte-Claire,  pensant 
espouvanter  ceux  de  la  Cité.  Mais  ils  firent  si  bien  leur  debvoir  que  personne  is 
de  dehors  n'osoil  se  monstrer  ".  Alors  le  prince  d'Orange,  voyant  que  son  enlrc- 
prinsc  ne  sortiroit  ses  effects  par  terre,  il  délibéra  de  l'aissaillir  par  batleaux, 
pensant  d'avoir  passaige  par  la  rivière,  pensant  gaignicr  le  carticr  d'Oultre- 
meuse...  [texte  comme  page  342,  ligne  20\ 

Entrèrent  haslivemenl  par  la  porte  d'Amercœur  qualtre  enseignes  de  20 

Wallons  soub  le  régiment  de  monsieur  de  Dragon  au  service  du  roy  d'Espagne, 
soub  la  conduite  du  duc  d'Alve,  général  du  camp,  et  furent  au  pallais  sans 
y  faire  garde.  Puis  entrèrent  encore  par  ladiltc  porte  grand  nombre  de  gens  de 
la  Boverie.  {Manuscrits  25el38,  p.  99.) 

Le  manuscrit  24,  fol.  297,  relate  le  siège  de  Liège  de  136$  comme  Mélart,  2s 
pp.  41 1  et  412.  Il  ajoute  toutefois  à  ce  texte,  le  détail  suivant  : 

Néanlmoins  ils  (les  ennemis)  tasebèrent  par  batleaux,  tant  par  dessoub  que 
par  desseur  la  Cité,  de  passer  la  rivière,  pensant  gaigner  le  quartier  d'Outre- 

"  Ce  texte  se  trouve  aussi  dans  le  manuscrit  G.  Le  manuscrit  25  ajoute  encore  ce  détail  :  mais  les 
femmes  et  les  filles  donnant  courage  aux  bourgeois  el  soldats  étrangers  leur  portoient  vin  et  viande  30 
aux  remparts,  disans  qu'ils  n'épargnassent  rien,  en  sorte  que  nuls  Orangeois  n'avoit  la  hardiesse  de 
se  montrer  à  découvert 


REGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  551 

meusc,  mais  s'il  n'avoienl  proflilé  d'autre  coslé  ossi  ne  firent  ils  de  ee  costé,  car 
les  habilans  des  viliaiges  dcl  Boverie,  Froidmont,  Angleur,  Grivegnéc  et  autres 
d'alcnthour  leur  cmpescliêrenl  le  passaige  et  leur  firent  quiler  leur  entreprise, 
non  sans  perte  de  plusieurs  de  leurs  gens  et  d'autres  prisonniers,  qui  en 
s  l'instant  et  sans  dilaye,  esloienl  occis  et  saccagés. 

L'an  mesnie,  furent  les  Geux  ruez  jus  à  Dalera. 

L'an  mesme,  le  premier  de  juillet,  furent  décollez  à  Bruxelles  les  deux 
seigneurs  de  Ballenburgh  (1),  avec  saize  aullres  gentilshommes. 

Le  10e  de  septembre,  Philippe  de  Nassau,  conte  de  Buren  (J).  filz  au  prince 
J0  d'Orange,  fut  prin  à  Louvain  où  il  estudioit  et  éminéz  en  Espangne.  (Manu- 
scrit 8.) 

L'an  mille  cineque  cens  et  soixsante  huicl,  trépassa  de  ce  monde  mon- 
sieur Arnold  de  Bocholt  (3),  prévost  de  la  grande  égliese  de  Liège,  et  fut 
ensepvely  à  l'entrée  du  choeur  de  laditte  église,  au  mesme  lieu  où  que  1 evesque 
•s  Richar  avoit  esté  ensepvely.  leclluy  prévost  ordonna  que,  tous  les  jeudy  de 
l'an,  à  jamais,  l'on  chanleroit  en  musicque,  dans  l'égliese  de  monsieur  Sainct- 
Lambert,  la  grâce  du  vénérable  Sainct  Sacrament  de  l'auteil,  et  pour  ce  faire, 
assigna  à  messieurs  de  Sainct-Lambcrl  trois  cents  florins  de  Braibanl  de  rente 
par  an  hérilables.  Luy  mort  et  ensepvely  comme  dit  est,  monsieur  Guilheaume 
20  de  Poittiers  (4),  exlraict  du  sang  de  sainct  Guilheaume,  fut  faict,  par  élection 
dn  chapiltre,  prévost  de  Liège. 

L'an  mesme,  le  premier  jour  du  mois  de  mars,  l'égliese  de  monsieur  Saincl- 
Giele  en  Publémont  fut  brusléc,  mais  d'où  que  le  feu  procédast,  on  ne  le  sceut 
jamais  comprendre  (5).  (Manuscrit  25,  fol.  220  V.) 

2b  (*)  Thierry  et  Ghysbrccht  de  Bronckhorst,  frères  du  seigneur  de  Battembourg,  capitaines  au  service 
de  Brcdcrode,  condamnes  à  mort  et  exécutés  à  Bruxelles  le  1"  juin  avec  Jean  de  Monligny,  seigneur 
de  Villers  et  seize  autres  prisonniers.  Cf.  Van  Hasselt,  Siuhken  voor  de  vaderlandsche  historié,  t.  I, 
pp.  281-252. 

(*;  Voir  page  538,  note  3. 
50       (3)  Voir  page  508. 

(*)  Voir  page  433,  note  2. 
(B)  Voir  page  533,  note  1. 


552  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

Les  plus  tardés  de  l'arrière  garde  de  l'armée  du  prince  d'Orange  furent  tués 
ou  fait  prisonniers  et  pendus  dans  la  place  du  marché.  Béatrix  dcl  Vaux,  jeune 
fille  d'un  paisan  de  Votcme,  estant  enlevée  par  un  cavalier  bourguignon  de  celte 
armée  cul  assé  d'adresse  pour  le  précipiter  dans  une  houillère,  qui  s'est  depuis 
appeliée  «  le  hure  au  Bourguignon  »,  et  revint  triomphante  sur  sa  monlurc.  s 
Plusieurs  autres  s'cslans  égares  de  leurs  troupes  périrent  de  mesme  façon.... 

On  commença  à  faire  des  cristaux  à  Liège,  le  gravier  de  la  Meuse  faisant 
une  partie  de  la  malière  qu'on  a  depuis  changée  en  mieux  (*).  Le  corps  de 
l'évesque  Réginard  fut  trouvé  entier  à  Sainl-Laurent  dans  les  pontificaux,  avec 
un  calice  d'argent.  (Manuscrit  140,  fol.  421.)  io 

Pendant  que  les  presches  se  faisoient  aux  Pays  Bas  à  main  armée  pour 
se  maintenir  contre  eculx  qui  les  voulurent  empêcher,  qui  causa  des  terribles 
troubles  et  ahhaltcment  des  images  presque  par  toutes  les  villes  et  villaiges  du 
pays,  sans  que  personne  y  mist  aucun  empêchement  Premièrement,  on  com- 
mençât en  Anvers,  puis  à  Roilduc,  à  Gand,  puis  à  Yalcncicnncs,  Tournai  et  à  ts 
Malines;  puis,  chose  admirable,  se  souslevèrenl  quasi  en  même  temps  les  villes 
de  Terrcmondc,  Alost,  Oudenarde.  Ulrecht,  Dordrecht,  Amsterdam,  Harlem, 
l.eyden,  Delfl,  La  Haye,  Bricl,  Groningue,  Lcwarde.  Middelbourg,  Flcssingiie, 
Arnhem,  Rurcmondc,  Ncumegcn,  Vcnlo,  Hardcwich,  Campen,  Swol,  Dcvenler 
cl  autres.  De  quoi  Madame  de  Parme,  la  gouvernante,  cslonnée,  ne  se  tenant  20 
pas  assurée  dans  Bruxelles,  voulut  soy  retirer  dans  Mons.  Mais  le  comte 
d'Egmonl,  le  prince  d'Orange,  le  comte  de  Bornes,  avec  les  principaux  seigneurs 
qui  étoient  à  la  Cour,  l'en  dcslournèrent,  l'asscurant  qu'il  n'y  arriveroil  aucun 
désordre.  Mais  le  duc  d'Albe,  envoyé  par  le  roy  aux  Pais- Bas  avec  une  armée 
puissante,  en  fil  une  terrible  exécution,  en  faisant  trancher  la  tèle  à  50  ou  25 
GO  des  principaux,  entre  les  autres  aux  comtes  d'Egmonl  et  de  Hornes,  et 
suivant  le  dire  dudit  duc  d'Albe,  il  s'est  vanté  d'en  avoir  fait  mourir  15G0  par 
l'épée  et  18  mille  par  les  mains  du  bourreau,  et  aucuns  ont  écrit  que  plus  de 
trois  cent  mille  personnes  ont  abandonnées  le  pays  bas  et  relirez  ailleurs  pour 
éviter  la  cruauté  dudit  duc.  (Manuscrit  38,  p.  83.)  50 

(')  C(.  Gobert,  Liège  à  (rai<ers  les  âges,  t.  V,  p.  525. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  553 

1569. 

Au  moys  de  mars  l'an  XVCLXIX,  le  duc  de  Deux  Pont  (*),  ayant  eslevé  une 
grande  armée  pour  laide  de  la  royne  d'Englelerre,  arriva  au  pays  de  Bour- 
gongne  pour  soy  conjoindre  et  donner  secours  au  prince  de  Condée,  et  mirent 
s  où  ils  passoient  le  feu  et  pillèrent  tout  ce  qu'ils  trouvèrent  devant  eux.  L'an 
mesme  le  xine  jour  de  mars,  enlre  Congnac  et  Chastcauneuffe,  fut  commise  une 
bataille  entre  Condée  et  le  roy  de  France,  où  l'armée  de  Condée  (2)  fut 
défaicle,  et  luy  mesme  luéz  et  après  menez  par  dérisions  sur  ung  asne  a, 
duquel  furent  composés  ces  vers  : 

io  L'an  mille  Ve  soissanle  neuff, 

Enlre  Congnac  et  Chasleau  neuff, 
Fut  menez  sur  une  agnesse 
Qui  vouloil  abolir  la  messe. 

El  après  le  très  clirestien  roy  de  France  Charlc  iXe  de  ce  nom  envoya,  en 
io  signe  de  victoire,  au  pape  de  Home  Pic  Ve  xii  banniers  ou  enseignes,  lesquels, 
pour  mémoire  du  faict,  furent  mis  en  l'église  Saint-Pierre.  En  ce  mesme  temps, 
fut  mis  une  statue  du  duc  d'Albe,  de  métalle,  en  arme,  sur  le  chasleau  d'Anvers, 
l'an  XVCLXX,  et  avoit  esté  ledit  chasleau  faict  pour  tenir  les  bourgoix  de  la 
ville  en  subjeclion,  el  fut  commenchié  l'an  XVCLXYII. 


* 
#     # 


20  L'an  1569,  estant  l'armée  du  prince  d'Orange,  comme  dit  est,  enlré  en 
France  et  faisant  grandes  courses  et  fouragemenl  sur  le  plat  pays,  se  pensoient 
joindre  avec  l'armée  du  duc  de  Condé.  Toutefois,  par  fempeichement  qui  en  a 
esté  donné  par  l'armée  du  roy  de  France  que  conduisoil  le  duc  d'Anjou,  général 

a  sur  une  agnesse  :  manuscrits  25  et  27. 

25       (')  Le  comte  palatin  Wolfgang  de  Bavière,  duc  des  Deux-Pont?,  ex-prinec  de  Neubourg. 
(*)  Voir  pages  544  et  545. 

Tome  IL  70 


554  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

pour  le  roy.  et  par  les  mauvais  passages  des  riviers,  avec  l'incommodité  du 
temps  d'hiver  fort  long  et  insupportable,  ne  se  peurent  joindre,  tellement  que 
ledit  prince  et  son  armée,  estant  hors  de  toutes  espérances  de  se  pouvoir 
joindre,  furent  conslrainct  de  se  retirer  vers  l'Allemagne.  Le  duc  de  Deux  Ponts 
avoit  endit  Alleaiaigne  assemblé  ung  bon  nombre  de  gens  à  chevaulx  et  à  pied  s 
et  ainsy  par  luy  redressant  et  rafreschant  une  partie  de  l'armée  dudit  prince 
d'Aurenge,  affin  de  rechefï  rentrer  en  France  par  la  haullc  Borgoignc,  par 
ainsy  eulx  mettre  ensemble  avec  le  duc  de  Coudé  et  ses  gens  confédérés 
ensemble,  mais  avant  que  ledit  Coudé  fuist  joindre  avec  ledit  duc  et  ses  alliés 
qui  marchoient  par  la  France,  ledit  duc  d'Anjou,  générallc  de  la  majesté  dudit  10 
roy  de  France,  poursuivant  tant  qu'il  al  esté  possible  ledit  ('onde  pour  essaier 
de  le  combattre,  finablemenl.  le  xm°  jour  de  mars,  l'armée  dudit  duc  d'Anjou 
et  de  Condé  se  comencbèrenl  à  se  veoir  et  prendre  les  advantages  les  ung  sur 
les  autres,  lelement  que  du  mathin  au  soleil  levant  se  comenchat  l'escarmouche 
et  bataille.  Ce  duroit  le  combat  parmi  la  porsuitle  jusques  à  six  heures  au  soir,  i?; 
ayant  ledit  duc  d'Anjou  obtenu  la  victoire.  Sy  furent  les  gens  dudit  Condé 
chargiés  sy  furieusement  que  ledit  Condé  et  plussieurs  grands  seigneurs  de  la 
de  la  partie  y  furent  occis  avec  grandes  enfanlcrie,  saccagée  et  despéchés  que 
ossy  plussieurs  capitaines  et  seigneurs  des  gens  du  prince  dudit  Conté  demorés 
prisoniers.  (Manuscrits  28,  p.  41 '2;  96,  fol.  513  V  et  26b,s,  fol.  574).  20 

L'an  mesme,  fut  décapité  et  mis  en  quallre  quartiers  à  Bouillon  un  nommé 
Andrix  Bourlollc  (').  L'an  mesme,  estant  la  guerre  des  gheux  ainsy  parée,  la 
cité  et  pays  de  Liège  cl  tous  les  pays  circonvoisins  furent  en  paix  et  furent  les 
gheux  et  hérélicques  près  du  tout  abollis.  (Manuscrit  25.) 

1570. 

#    * 

L'an  mille  cineque  cents  et  septante,  futassieze  sur  le  ehasleau  d'Anvers  une  2s 
statue  du  duc  d'Alve,  faille  de  mélallc,  et  avoit  dessoub  ses  pieds  plussieurs 
testes  de  morts  qu'il  avoit  fait  exécuter  et  mourir.   (Manuscrits  3,  25  et  6, 
à  la  date  de  1 57 1  ■) 

(')  Sur  l'exécution  d'André  BourleUc,  voir  Daris,  Histoire...  du  XVI'  siècle,  p.  51:2. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  555 

La  même  année  [157(1],  furent  faites  des  ordonnances  touchant  le  gouverne- 
ment des  biens  de  la  maison  de  Cornillon  (*)  par  les  bourguemaistres  et  conseil 
de  la  Cité,  en  qualité  de  superintendant  ainsi  qu'il  se  trouve  par  lettre  donnée 
de  feu  l'évêque  Adolphe  de  la  Marck  l'an  1332,  bien  que  les  empereurs  et  les 

s  évêques,  à  leur  nouvelle  entrée  à  la  Cilé,  ont  droit  d'y  donner  chacun  une 
place  à  qui  leur  plait,  comme  semblablemenl  ont  les  52  bons  métiers  les  uns 
après  les  autres,  par  tour. 

L'an  mesme  1570,  au  lems  des  bourguemeslrts  Raes  d'Ans,  seigneur  de 
Fontaine,  et  Mathieu  de  la  Tour  (2),  échevins  de  la  Cité,  fut  bravement 

io  raccouslrée  et  achevée  la  grande  fontaine  du  marché  avec  des  colonnes  et  des 
vaisseaux  de  marbre  pour  recevoir  l'eau  avec  des  marmousels,  driades  et 
satyres.  Comme  aussi  fut  construit  et  achevé  le  grand  boulevert  de  terre  près 
de  Hocheporle  (3).  (Manuscrit  38,  j>.  iîO.) 

L'an  mesme,  fut  parachevé  le  boleverl  eneomenché  à  la  porte  de  Saintc- 

!5  Marguerilte,  tant  pour  la  fortification  que  l'ornement  de  la  Cilé.  (Manu- 
scrit 24,  fol.  298.) 

1571. 

L'an  1571,  par  nuit,  fut  pilliée  l'abbaye  de  Hobermont  (4)  et  les  dames  cruel- 
lement traitées.  L'an  mesme,  au  mois  de  février,  la  rivière  de  Meuse  fut  si 
20  haute,  qu'il  n'estoit  de  mémoire  d'homme  vivant  de  l'avoir  veu  si  haute  (5) n; 
le  pont  d'Amereourt,  qui  esloit  de  pierre,  fut  renversé  par  l'impétuosité  de 


"  on  veoit  encor  la  date  et  haulteur  en  l'église  collégiale  de  Saint-Paul,  à  un  piller  vers  la  thour  : 
manuscrits  S  et  13.  —  Vous  trouverez  la  haulteur  à  Saint-Paul  :  manuscrit  6. 

(*)  Cf.  recès  de  la  Cité  du  20  juillet  1 570,  approuvant  un  règlement  pour  les  hospices  de  Cornillon, 
25  dans  les  Archives  de  Cornillon,  reg.  i,  fol.  70  et  203.  Sur  cette  prérogative  des  évoques  et  empereurs 
de  conférer  des  prébendes,  voir  Gobert,  op.  cit.,  t.  Il,  p.  445. 

(*)  Sur  Raes  d'Ans,  voir  Recueil  des  bourgmestres,  p.  305.  Sur  Mathieu  de  la  Thour,  voir  de  Borman, 
Les  Echevins  de  Liège,  t.  Il,  p.  151. 

(»)  Cf.  Gobert,  op.  cit.,  t.  IV,  p.  C6,  et  t.  V,  p.  171. 
30       (*)  Voir  Gobert,  op.  cit.,  t.  V,  p.  227. 

(5)  Ces  inondations  ont  motivé  les  cris  du  perron  des  6  et  21  février  1571.  Cf.  Cartutaire  de  In  Cité. 


556  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

l'eau;  peu  après,  on  fil  le  pont  de  bois.  L'an  mesme,  furent  mis  et  constituez 
les  saints  fonts  de  baptesrae  de  l'église  parochiallc  de  Sainl-Servais  (')  en  Liège, 
et  consacre  le  24  d'avril. 

*     * 

L'an  mesme  [1571],  furent  premièrement  mis  les  saincts  fonds  de  hatesme 
à  Sainet-Servais  à  Liège,  le  jour  de  leur  dicaise  (').  En  même  temps,  Her-  s 
man  Ruiter,  marchand  de  Boix-le-i)uck.  après  avoir  surpris  le  chesteau  de 
Lovesslin,  fut  par  les  Espangnouls  bienloest  tué  et  le  chesteau  reprins. 
An  mesme,  au  mois  de  décembre,  fut  arresté  en  Angleterre  l'argent  que  le  roy 
d'Espaingne  envoyât  au  duck  d'Albe,  par  quoy  les  Anglois  demourant  par  deçà 
furent  arresteis.  En  mesme  temps,  fut  prins  Famagot,  là  qui  le  chiens  hawe...  ,0 
par  le  quewe,  par  les  Turks  (2).  L'an  mesme,  eut  don  Johan  la  victoire 
contre  l'armée  des  Turcks  sur  la  mer.  (Manuscrit  13,  p.  458.) 

L'an  ifi71  ",  au  mois  de  février,  la  rivière  de  Meuse,  par  l'abondance  des 
eaux,  se  déborda  tellement  qu'elle  emporta  et  ruina  le  pont  d'Amercœur,  la 
moitié  du  pont  de  Bêche,  avec  quelques  maisons,  partie  de  la  tour  dudit  ,b 
Bêche,  avec  des  murailles,  de  manière  qu'elle  couloit  parmy  l'église  de  Beaurc- 
paire,  celle  de  Saint-Jacques,  Sœurs  de  Hasque,  Carmes,  Saint-Martin,  les 
Jésuites,  Croisiers,  Saint-Adalberl,  Saint-Jean,  Saint-Denys,  Saint- Remy  et 
autres.  Elle  surpassoit  les  bailles  sur  la  place  de  Saint-Barthélémy,  en  sorte 
qu'on  n'y  pouvoit  dire  messe,  et  comme  à  Saint-Paul  elle  y  étoil  haute  environ  20 
de  trois  pieds,  pour  mémoire  il  y  fut  gravé  sur  un  pilier  sous  la  tour,  au  dedans 
de  l'église,  celle  devise  en  latin  où  la  date  de  l'an  est  exprimé  comme  s'ensuit  : 
ALto  Mosa  LoCo  CresCcns,  HUC  appULIt  Usqlle.  (Manuscrit  38,  p.  112.) 

L'an  mesme,  au  mois  de  febvrier,  creul  la  rivier  de  la  Meuse  sy  grande, 
à  l'occasion  des  pluyes  et  neiges  continuelles,  et  fut  plus  débordée  et  excessive  25 
crue  que  de  mémoire  d'hommes  on  ne  l'avoil  jamais  veu,  tellement  que  le  pont 

a  l'an  1572  :  manuscrits  S,  6  et  27. 

(l)  Cf.  Gobert,  op.  cit.,  t.  V,  p.  314. 

(*)  Famagouslc,  ville  de  l'île  de  Chypre,  conquise  par  le  sultan  Selim  en  1571.  Le  dictionnaire  de 
Moreri  dit,  à  propos  de  cette  ville,  que  les  auteurs  qui  en  parlent,  après  Etienne  de  I.usignan,  en  ont  3u 
raconte  grand  nombre  de  failles.  Ainsi  s'explique  l'intercalation  d'un  vieux   proverbe  wallon  fran- 
cisé :  •  là  où  les  chiens  aboient  par  la  queue  ».  (Nous  devons  l'explication  de  ce  passage  difficile  à 
l'obligeance  de  notre  érudit  collègue  Eug.  Polain.) 


REGNE  DE  GERARD  DE  GROESBEEK.  557 

d'Amcrcœur  fut  abbalu  par  l'impétuosité  de  l'eauwe,  et  peu  après  y  fut  faicl  le 
pont  de  bois, comme  pareillement  celluyd'Avroy  fut  en  partie  renversé  et  rompu 
et  le  grand  pont  des  Arches  fut  ébranlé  et  crevé.  El  furent  plussieurs  Rivagois 
surprins  de  nuicte,  emportés  par  les  eauwes,  dont  plussieurs  furent  noyez, 
s  L'an  mesme,  fut  premièrement  mis  et  constitué  le  sainct  fond  de  baptesme 
dans  la  paroische  de  Sainct- Servais  à  Liège. 

L'an  mesme,  fut  publié  et  accordé  à  Bruxelles  par  le  roy  d'Espagne  un 
pardon  et  rémission  gcncralle  aux  rebelles  réduicts  à  son  obéissance. 

L'an  mesme,  le  diex  septième  jour  du  mois  de  septembre,  fut  amenée  au  bon 

10  roy  d'Espagne,  Anne,  princesse  d'Austriche,pour  estre  sa  femme  et  sa  sœur  pareil- 
lement poureslre  femme  au  roy  de  France,  nommée  Elisabeth,  touttes  deux  filles 
du  très  noble  empereur  Maximilien,  deuxième  de  ce  nom.  En  ee  mesme  temps, 
fut  le  comte  de  Lodron  (*)  print  par  ses  soldats  à  faute  de  payement:  mais 
par  billes  parolles,fut  délivré  et  après,  les  principaux  autheurs  furent  exécutés". 

15  L'an  mille  cineque  cent  et  septante  deux,  les  eauwes  furent  si  grandes 
à  Liège  que  le  pont  d'Amrrcœur  fut  derechef!  emporté.  Les  eauwes  alloyent 
parmy  la  Cité.  La  haulleur,  vous  la  trouverez  à  Saincl-Paul  à  un  grand  pillié 
proche  la  thour,  où  est  ce.  vers  escrit  contenant  la  date  :  Alto  mosa,  etc... 
(Manuscrits  5,  S,  2S  et  27.) 

20  L'an  mesme,  l'évesquc  nommé  Haver  célébra  basse  messe  en  la  chapelle  de 
INotre-Dame  de  Loretle  aux  frères  Prescheurs. 

L'an  mesme,  le  jour  de  la  Toussainct,  fut  grande  (empest  et  inondation  prin- 
cipalement en  Hollande  et  en  Frise,  où  il  y  eut  beaucoup  de  gens  et  Lestes  et 
et  plusieurs  villes  et  villaiges  noyées. 

îb  L'an  1571,  au  mois  de  fébvrier,  al  esté  ordonné  et  coneîud  au  Conseil  de  la 
Cité  et  depuis  confirmé  par  les  trengte  deux  bons  mestiers  et  public  à  la  baille 
de  la  Viollelte  (la  maison  de  ville)  sur  le  marché  que  doresnavant  nuls  des 
signeurs  eschevins  ne  peut  ny  poudront  porter  l'office  du  magistrals  (2). 
[Manuscrit  45,  fol.  294.) 

30  "  Le  manuscrit  27  ajoute  ce  détail  :  et  les  emenat  près  d'Anvers  et,  par  l'ordonnance  du  duc 
d'Albe,  furent  les  primipalles  mutins  mis  à  mort.  L'an  mesme,  grand  tremblement  de  terre  en  Italie, 
principalement  au  pays  de  Ferrare,  où  plussieurs  maisons  furent  renversées. 

(*)  Voir  page  538,  note  l. 

I*)  Cetl«  confirmation  fut  donnée  le  30  juin.  Cf.  de  Bokman,  Les  éehevitu  de  Liège,  t.  II,  p.  S71. 


558  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

1572. 

L'an  1572,  le  conle  Louis,  frère  du  prince  d'Orenge,  prit  par  subtilité  la  ville 
de  Mous  en  llaynaul,  la  veille  de  la  pentccoslc.  L'an  mesme,  le  sel  fut  fort  clier. 
L'an  mesme,  l'hiver  fut  fort  aspre;  il  commença  à  geller  à  la  Toussaint,  et 
il  continua  jusqu'à  la  fin  de  février,  l'an  1573,  et  alors  il  nciga  2  ou  3  jours,  et  b 
après  il  commença  à  dégeller  "  tellement  que  les  eaux  furent  sur  un  demy  pied 
près  aussi  grandes  que  l'an  1571;  elles  firent  beaucoup  plus  grand  domage 
à  cau.^c  des  glaces  qui  dcscendoicnl;  le  pont  de  Dinant  avec  la  maison  de  ville 
qui  csloit  dessus  fut  renversé;  la  tour  de  Becquc  à  Liège,  où  estoit  l'amonilion 
de  pouldrc,  fut  en  partie  renversée  avec  une  partie  du  pont,  et  une  grande  10 
partie  de  la  muraille  denier  les  Escolliers  fut  renversée.  L'an  mesme,  le  14  de 
mav.   fut  noyé  le  prieur  des  prescheurs  (')  en  retournant  de  Curengc  °  où 
il  avoit  disné  auprès  de  l'évesque,  auquel  il  estoit  confesseur;  le  9e  jour  après, 
il  fut  retrouvé  au  moulin  de  Saint  Denis;  il  fut  le  mesme  jour  enterré  avec  ses 
habits  comme  il  avoit  esté  trouvé;  avec  Dieu  soit  son  âme!  L'an  mesme,  le  15 
prieur  des  Augustins,  allant  visiter  la  chambre  d'un  de  ses  frères  nouvellement 
mort,  y  trouva  de  l'arsenick,  et  pensant  estre  du  sucre,  en  manga  tellement  que 
peu  après  ii  mourut.  L'an  mesme,  le  pater  des  sœurs  à  Saint-Léonard,  passant 
le  pont  dlsle,  tomba  mort.  L'an  mesme,  le  5°  jour  de  jullet,  par  un  dimanche, 
fut  célébrée  une  messe  spécialle  pour  prier  Dieu  pour  les  biens  de  la  terre,  car  2e 
il  y  avoit  15  jours  ou  plus  qu'il  ne  cessoit  de  pleuvoir. 

L'an  mesme.  le  25  d  auousl  ',  on  remit  la  croix  sur  la  thour  de  Saint-Laurent, 
et  sur  la  fin  d'octobre,  furent  mises  les  deux  aigles.  L'an  mesme,  le  25  d'oc- 
tobre, fut  un  juif  appelé  Jessé  baptisé  et  confirmé  en  l'église  de  Saint-Lambert 
sur  un  eschafaut  par  dessous  la  grande  couronne  au  milieu  de  l'église,  par  le  2b 
suffragan  Grégoire  Silvius  (!),  frère  prescheur  et  chanoine  de  l'église  collégialle 


"  à  religner  :  manuscrit  27.  —  b  Serret  :  manuscrit  6-  —  Curenge  :  manuscrit  S.  —  fut  noyé  le 
prieur  des  Prescheurs  en  retournant  de  disner  avec  S:i  Grâce  à  Seret,  dont  en  passant  l'eawe  pour 
retourner  à  Liège  il  tombât  hors  de  la  nasselle  en  Meuse  :  manuscrit  8.  —  c  27  août  :  manuscrit  S. 


(<)  Cf.  Goueut,  op.  cit.,  t.  V,  p.  227.  30 

(«)  Voir  note  1  de  la  page  277. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  559 

de  Saint-Paul,  en  présence  de  Monseigneur  de  Liège  ",  après  la  grande  messe; 
ses  pareins  furent  le  seigneur  Jean  de  Derlemonl  ('),  prévosl  de  Liège,  et  Baize, 
seigneur  de  Fontaine  (2),  pour  lors  bourguemaislre  de  la  cite,  et  le  dit  juif  fut 
appelle  Lambert.  L'an  mesme,  le  pont  d'Isle,  qui  lendoil  à  ruine,  fut  réparé,  et 
s  on  fit  des  sièges  à  deux  costéz(3).  L'an  mesme.  on  mit  lequadran  à  la  IhourSaint- 
Lambert  vers  les  cloislres  ('),  et  les  canalles  de  pierre  furent  mis  par  tous  les 
cloistres;  pardevant  ils  estoient  de  bois.  L'an  mesme,  un  bomme  fut  tué  la 
veille  de  Noël,  dans  la  cour  de  l'Offlcial. 

* 

*     * 

L'an  mesme  [1572],  le  duc  d'Alve,  lequel  en  ce  temps  dominoit  clans  le 

,0  Braibant  et  autres  pays  de  son  appcnaige  au  nom  du  roy  Philippe  d'Fspaigne, 

proposa  de  demander  cl  lever  le  diexiesme  denier  sur  toulles  choeses,  et  ce  par 

grande  et  démesurée  avarice  et  mesme  sans  aucune  nécessité.  Car,  pour  lors, 

y  avoit  paix  universelle  pour  loutte  la  Gaulle  Belgique  et  esloyent  tous  les  pays 

du  roy  réduits  en  son  obéissance.  A  l'occasion  duquel  diexième  denier,  incon- 

15  linent  ceux  de  Hollande  et  Zélandre  se  rebellèrent  allenconlre  dudit  roy,  leur 

souverain  seigneur,  et  quittèrent  en  despit  la  foid  calholicque  et  mandèrent  en 

leur  ayde  le  prince  d'Orange  et  damoisra  C-uilheaume  de  la  Marche,  seigneur 

de  Lumay,  comme  cheffs  des  glieux;  lesquels,  ayants  esté  mal  fortunés  ens 

guerres  précédentes,  s'estoyent  réfugiés  dans  l'Angleterre  auprès  de  la  reyne 

20  d'icelluy  pays,  laquelle  estoit  béréticque  et  loul  son  pays.  Avec  iccux  donc  s'en 

allèrent  en  Hollande  et  Zélandre,  lesquels  pays  ils  mainlindrent  dans  leurs 

rébellions  et  y  obtint  ledit  prince  d'Orange  le  gouvernement  comme  prolecteur 

d'iceux  pays.  A  l'occasion  de  quoy  le  duc  d'Alve  dressa  armée  au  nom  du  roy 

"  Sa  Grâce  Révérendissime  :  manuscrit  S. 

25       (*)  Jean  de  Berlainiont,  reçu  chanoine  noble  de  Saint-Lambert  le  2  mai  15S4,  et  nommé  grand- 
prévôt  le  13  septembre  1570,  après  la  mort  de  Guillaume  de  Poitiers.  Cf.  deTheux,  t.  III,  p.  1 14. 
(*)  Raes  d'Ans,  seigneur  de  Fontaine,  fut  pour  la  deuxième  fois  élu  bourgmestre  de  Liège  en  1573. 
(3)  Un  cri  du  perron  du  21  février  1571  fait  connaître  le  droit  de  péage  établi  pour  le  passage  sur 
le  nouveau  pont.  Mandements  et  cris  du  perron,  15G7-1571,  fol.  88. 
30       (*)  Cf.  Gobert,  op.  cit ,  t.  III,  p.  183. 


360  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

et  la  mcnna  illec  cl  y  constitua  don  Frederico  de  Alvare,  son  fils,  lieutenant. 
Mais  il  n'y  profilla  guaire,  sinon  qu'il  y  eut  grande  destruction  et  mortalité  de 
gens,  tant  d'une  parle  que  d'autre,  par  l'espace  de  plussieurs  années,  tellement 
que  comme  cette  guerre  alloit  trop  à  la  longue  et  que  les  gens  du  roy  perdoyent 
plus  d'un  eoslé  qu'ils  ne  gaignoient  de  l'autre,  ledit  duc  d'AIve  fut  constraintde  s 
honteusement  retirer  l'armée  de  son  roy  dans  le  Braihant.  et  ainsy  demeurèrent 
ceux  de  la  Hollande  et  Zélandre  en  leur  paix,  veoire  damnable  et  malheureuse 
hérésie.  Voilà  ce  que  l'avarice  d'un  gouverneur,  lequel  avoit  auparavant  assé 
louahlement  et  fidellement  administré,  at  secut  effectuer  au  grand  dommaige  de 
son  roy  et  de  la  foid  catholicque.  10 

L'an  mesme,  la  veille  de  la  Pentecoste,  Louys,  comte  de  Nassau,  frère  du 
prince  d'Orange,  par  subtilité  gaigna  et  prinl  la  ville  de  Mons  en  ilennaut  et 
la  tint  tant  que  le  duc  d'AIhe  y  vint  avec  son  armée  et  y  mit  le  siège  tant  et  sy 
longuement  que  ledit  Louys,  tombé  illec  en  griefve  maladie,  fut  conslraincl  de 
rendre  la  ville  par  appoinlemcnt.  Mais  avant  ce,  Guilheaume  de  Nassau,  son  >3 
frère,  prince  d'Orange,  dressa  une  armée  aux  Pays  Bas  et  monta  en  Ilennaut 
jusques  à  Mons  pour  la  désiéger.  Mais  quand  l'armée  dudit  prince  d'Orange  fut 
assez  près  de  celle  du  roy,  les  Espagnouls  firent  une  camisade  et  estant  ainsy 
masequés,  entrèrent  par  nuiete  dedans  le  camp  des  gheux  et  y  firent  gros 
massacre  cl  tant  en  tuèrent  que  force  fut  au  prince  d'Orange  de  retirer  la  reste  20 
de  ses  gens  et  s'en  aller  arier,  délaissant  ledit  siège.  Alors  lesdils  gheux  descen- 
dirent en  Braihant  et  mirent  le  siège  devant  Louvain  et  alors  les  elereques  se 
deffendirent  vaillamment,  mais  les  hourgois  firent  débille  résistence.  Sy  brus- 
lèrent  ieeux  gheux  la  porte  de  la  ville  et  comme  ils  estoyent  prest  d'entrer  par 
force,  ceux  de  la  ville  portèrent  les  cleffs  au  prince  d'Orange  et,  luy  donnant  25 
entrée  en  luy  comptant  grande  somme  de  deniers,  firent  paix  avec  luy.  Ce  fait, 
ledit  prince  d'Orange  retira  son  armée  et  s'en  alla  en  Hollande  dont  il  estoit 
sorti,  qui  fut  cause  qu'estant  ledit  comte  Louys  frustré  de  secours,  rendit  la 
ville  de  Mons  par  conlract  tel  que  luy  et  ses  gens  auroyent  leurs  vies  cl  bagues 
sauves  et  qu'ils  seroient  conduits  en  lieux  asseurés  et  hors  de  tous  dangers,  30 
comme  ils  furent. 

L'an  mesme,  fut  le  sccl  vendu  à  plus  grand  prix  qu'auparavant.  (Manu- 
scril  25.) 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  561 

L'an  1572,  fut  comenchée  la  halle  aux  grains  sur  la  batte  (i).  Au  mesme  an, 
furent  renouvelles  les  status  de  Liège  (2).  [Manuscrit  24,  fol.  299.) 

L'an  1572,  le  comte  Louis  de  Nassau  est  entré  es  villes  de  Mons  et  Valen- 
sienne  en  Haynault  par  le  consentement  du  roy  de  France,  comme  l'on  dit. 
s  Mais  peu  après,  la  rendit  au  due  d'Alve,  son  corps  saulf,  dont  après  y  fit  grande 
lirannie  et  persécution  sur  les  bourgeoys  et  marchands. 

L'an  1572,  le  prince  d'Orange  at  prins  par  force  la  ville  de  Buremont,  pays 
de  Gueldres,  où  fut  faicte  grande  occision. 

Le  24e  de  jullet,  ont  estez  eslevéz  par  nostre  prince  aulcunes  enseignes 
io  piétons  en  la  Cité,  car  alors  le  prince  d'Orenge  passoit  proche  de  Tongre.  l'eu 
de  temps  après,  le  duc  d'Alve  donna  aux  Kspaignols  la  ville  de  Malinne  au 
pilliage  et  dans  3  jours  fut  ruinnée.  [Manuscrit  4  OS,  fol.  478  v°.) 

L'an  1572,  furent  renouvelles  et  réformés  les  statuts  de  Liège,  avec  des 
additions  que  l'on  appelle  les  réformations  de  Groesbeek.  L'an  même,  tomba  le 
15  pont  d'isle  qui  l'an  suivant  fut  rédifiéz,  (Manuscrit  38,  p.  447.) 

Lecteur,  je  te  vien  advertir  qu'ayant  trouvé  ce  qui  est  es  deux  subséquents 
feuillets  escript  après  ce  que  ce  que  j'avoy  escript,  ce  qui  est  icy  depuis  l'an 
1572,  je  n'ay  voulu  faillir  l'adjouster,  dont  pour  suivre  l'ordre,  recourez  à  cest 
année  1572. 
20  L'an  susdit,  à  seavoir  1572,  Monsieur  de  Limay  et  de  la  Marche  (3)  estant 
en  Hollande,  Pays  Bas,  at  assemblé  quelque  petit  nombre  de  gendarmes,  qui, 
par  finesse  et  vaillandise.  ont  gaignéz  la  ville  et  ehasteau  de  la  Brille,  ce  qu'on 
n'avoit  sccu  faire  avec  grande  armée  ci-devant,  et  avec  ce  ont  pris  la  ville  de 
Flessins  et  autres.  En  ce  temps,  plusieurs  bonnes  villes,  en  pays  du  roy  d'Es- 
25  paigne,  tant  en  Braibant  qu'autre  part,  se  sont  renouvellées  contre  le  duc  d'Alve 
pour  ce  qu'il  avoit  mis  sus  un  impos  sur  toute  sorte  de  marchandise,  qu'on 
appeloit  le  dixiesme  denier,  dont  endit  an,  le  comte  Louis  de  Nassaue,  avec  sa 
suilte  venant  de  la  France,  est  entré,  au  mandement  et  charge  du  roy  de 
France,  comme  dit  est,  en  la  ville  de  Mons  et  Vallenchiene  en  Haynault,  dont 

30        (<)  Voir  Gobert,  Liège  à  travers  les  âge»,  t.  II,  p.  145. 

\})  Mandement  du  3  juillet  1572.  Reeueil  des  ordonnances,  2e  série,  t.  I,  p.  327. 
(3)  Voir  page  549,  note  1. 

Tome  IL  71 


362  CHRONIQUES  LIECEOISES. 

soudain  les  bourgois  furent  révoltés  à  cause  dudit  dixième  denier,  mais  non  pas 
longtemps  après,  le  duc  d'Alve  est  venu  à  grande  force  devant,  puis  l'ayant  par 
ledit  de  [Nassau  rendue  entre  les  mains,  à  condition  qu'il  fust  saulve  et  recon- 
duit hors  du  pays;  mais  nonobstant  on  cuidoit  qu'il  deust  laisser  la  vie  au 
chemin  par  la  maladie  qu  il  avoil,  ce  que  n'advint.  5 

Après  que  le  duc  d'Alve  fut  entré  endit  Aîons,  fil  exécuter  et  massacrer  un 
grand  nombre  de  marchands  bourgois  et  beaucoup  furent  exilés  ou  en  fuitte. 
L'an  susdit,  le  prince  d'Orainge  est  arrivé  avec  sa  suylte  et  gendarmerie  devant 
Ilulmonde,  pays  de  Gueldre  et  l'at  gaigné,  où  fut  faiete  grande  occision. 
En  lan  mesme.  le  i4  de  julet,  ont  esté  élevées  par  noslre  prince  illustrissime  10 
aucunes  enseignes  piétonds  pour  garder  et  garantir  son  pais  (*),  à  cause  qu  alors 
le  prince  d'Orenge  passoit  près  de  Tongre  avec  son  camp,  tirant  vers  Tirlemont, 
où  il  entra,  et  pareillement  en  Malines  et  autre,  par  la  volonté  du  peuple,  qui 
guair  en  ieelles  ne  séjournât,  mais  lit  conduir  ses  gens  piétons  vers  la  ville  de 
Qutsemen,  en  laquelle  entrèrent  en  nombre  de  plusseurs  liégois.  Peu  après,  ledit  15 
an,  le  due  d'Alve  at  donné  à  pillage  aux  Espagnoles  ladite  ville  deMalines  (2), 
laquelle  en  trois  jours  fut  ruinée  et  pillée  de  toute  marchandise  et  biens  meu- 
bles que  les  bourgois  peuvent  avoir  de  longtemps  amassés  par  labeur,  et  Dieu 
sçait  la  misère  qu'il  y  eut.  (Manuscrit  19,  fol.  1 56.) 

Le   13e  de  novembre  [tf>7â],  prindrent  les  Espaingnouls  la  ville  de  Zut-  20 
plien  (2).  Le  20e  dédit  mois,  fut  commis  le  massacre  à  iNaerden  (3)  et  la  ville 
bruslée  par  don  Frederick,  fils  au  duc  d'Albe,  contre  sa  promesse. 

L'an  mesme,  fut  le  massacre  de  Paris  (4)  aux  nopees  du  roy  de  Navare  avec 
la  seure  du  roy  Charle  neuvième  de  ce  nom,  roy  de  France.  A  l'admiralle  fut 
tué  environ  8000  tant  hommes  que  de  femmes  et  enlïans.  L'an  mesme,  le  23 
vie  d'aupvril,  ceulx  de  Vlissingen  chassèrent  les  Wallons  hors  de  leur  ville. 
L'an  mesme,  et  le  jour  mesme,  entrèrent  les  gens  du  roy  dedens  Rotterdam,  où 


(')  Mandement  du  28  juin  1S72,  appelant  aux  armes  tous  les  hommes  valides  de  21  à  60  ans  four 
la  défense  du  pays. 

(*)  Voir  H.  Pibemne,  Histoire  de  Belgique,  t.  IV,  p.  41.  30 

{?)   lbid.,  p.  42. 

'*)  Massacre  de  la  Saint -Barthélémy  du  24  août  1572. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  563 

furent  plussieurs  bourgois  tué.  Le  vingtième  d'octobre,  an  mesme,  Mondragon 
avec  ses  soldats  passa  à  gué  de  l'isle  de  Tergoes  pour  assister  la  ville  qui  estoit 
assiégé  des  gens  du  prince  d'Orenge. 

L'an  mesme,  à  Paris,  au  cemitère  des  enffans  innocens,  nng  arbre  loingtemps 
5  par  devant  sec  et  stérile  florisa  et  product  des  fuilles  et  fruiclz.  L'an  mesme, 
à  Amsterdam,  fut  produicl  ung  veau  à  deux  lestes,  à  deux  dos,  avec  huit  pieds, 
lequel  mourut  bientost  après   (Manuscrit  15,  p.  458.) 

1573. 

* 
*    * 

Lan  1575,  le  duc  d'Alve  mist  son  camp  devant  la  ville  de  Herlem  (*),  où 

10  fut  sans  profiter  plus  de  demy  an,  y  laissant  beaucoup  de  ses  gens  morts  par 
ceux  de  dédains,  qui  estoyent  industries  au  fait  de  guerre,  nonobstant,  pour 
défaute  de  vivre,  leur  convient  rendre  la  ville  à  condition  que  les  soldats 
seroyent  salve  par  la  promesse  dudit  duc,  ce  qu'il  ne  fit,  ains  au  contraire  les 
fit  tous  décapiter  et  massacrer,  que  fut  une  destruction  merveilleux  et  impitieux, 

15  Dieu  sçait  le  tort  et  le  droit. 

L'an  mesme,  les  gens  dudit  prince  d'Oraingne  ont  gaignéz,  par  finesse  et 
vaillandise,  la  ville  de  Gertrudbergh  (2).  (Manuscrits  19 ;  15,  fol.  187 ; 
105,  fol.  178  v>°,  résumé. 

Le  13e  de  jullet,  se  rendit  Harleme  par  famine.  Le  vingtième  dudit  mois,  at 

20  esté  donné  la  bataille  à  deux  heures  par  nuict  au  bois  de  Harleme,  où  il  y  eut 
beaucoup  de  bourgois  tué.  L'an  mesme,  en  aoust,  la  ville  de  Dixmuide  rendue 
aux  gens  du  Roy.  L'an  mesme,  le  xxi  dudit  mois,  assiégèrent  les  Lspaiugnouls 
Alcmar.  Le  4e  d'octobre,  se  rendit  au  prince  d'Orenge  le  chesteau  de  Rame- 
kens  (3)  en  Zélande  et  Sainte-Gertrudeberghe  fut  prins  par  le  lieutenant  du 

25  prince  d'Oreuge.  Le  50e  d'octobre,  an  mesme,  fut  prins  la  ville  de  La  Haye  en 
Hollande  par  les  gens  du  Roy.  L,'an  mesrne,  le  He  d'octobre,  fut  prins  sur  la 

(«)  Sur  le  siège  de  Harlem,  voir  II.  Pirenne,  l/isloire  de  Belgique,  t.  !V,  pp.  42  et  45. 

(l)  Geertruidenberg,  pris  le  16  août  par  un  capitaine  français  au  service  du  prince  d'Orange. 

(3)  Ramraekens,  port  de  la  ville  de  Middelbourg. 


804  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

mer  prisonniers  le  comte  de  Bossu  (')  et  plussieurs  autres  gentilhommes  par 
les  gens  du  |)rince  d'Oronge.  Le  4*  de  Dovembre,  les  Kspaingnouls  prindèrent 
Meesluyse  où  Aldegonde  fui  prins  (2).  L'an  mesnie,  Henry,  frère  au  roy  de 
France,  fut  esleu  roy  de  Polongne.  (Manuscrit  15,  p.  459.) 

L'an  1573,  fut  mis  sur  la  tliour   Saint-Lambert  le  carillon   (3)     (Manu-  s 
scrit  47,  fol.  159.) 

L'an  1 575,  fut  mis  le  beau  cadran  sur  la  tour  de  Sainct-Lambert  et  le  pont 
d'isle  fut  réparé.  (Manuscrit  45,  p.  765.) 

L'an  1575.  les  gens  du  duc  d'Albe  assiégèrent  Harlem;  pendant  quel  siège 
les  Hollandois  rebelles  démolissoient  les  englicse  et  toute  le  ville  qu'ils  tenoient,  10 
destruisoient  les  monastères  cl  brisoient  les  images.  (Manuscrits  24,  fol.  500 
et  38,  p.  118.) 

L'an  1 575,  le  duc  d'Alve,  ayant  eslé  devant  Herlenne  G  mois  et  davanlaige,  la 
print  à  faute  de  vivre  et  se  rendirent  à  condition  qu'il  sortiraient  la  vie  sauve; 
mais  le  duc  faula  et  ne  tint  pas  sa  promesse,  car  il  les  lit  tous  décapiter.  L'an  is 
mesme.  fut  gaignée  Oerlruberg  par  le  prince  d'Orenge.  Ceux  de  Maldcbourgb 
ont  esté  affamé  par  le  prince  d'Orenge  tellement  qu'ils  furent  conslrains  à 
manger  cbevaux,  chats,  chiens,  souris  et  austres  besles  et  furent  constraints  de 
se  rendre  ^4).  (Manuscrits  5,  6  et  25.) 

1574.  20 

L'an  1571,  le  27  octobre  ",  une  femme  natifve  de  Hasselt  fut  bruslée  b  en 
cendres  à  cause  qu'elle  estoil  anabaptiste  (5),  et  elle  mourut  opiniastre  c. 


a  par  un  mercredy  :  addition  des  manuscrits  3  et  25,  p.  58.  —  b  fut  bruslée  en  Gravioulle  : 
manuscrits  3  et  S.  —  e  L'an  mesme,  fut  la  saison  de  l'hiver  fort  pluvieuse  :  addition  du  manuscrit  3. 

(i)  Jean  de  [lénin-Liétard,  comte  de  Boussu.  -à 

(sl  Maesland-Sluis.  Philippe  de  Marnix  fut  surpris  dans  cet  endroit  dont  il  surveillait  la  fortification 
et  conduit  prisonnier  à  La  Haye. 

(')  Voir  (jobeut,  op.  cit.,  t.  III,  p.  1K5. 

(')   Le  18  février  4K74.  Cf.  H.  Pihemne,  op.  cit.,  p.  51. 

(*)  Cf.  LUris,  Histoire...  du  XVIe  siècle,  p.  149.  30 


RÈGNE  DE  GÉRAlîD  DE  GROESBEEK.  565 


* 
#     * 


L'an  1374,  fut  commencé  de  bâtir  la  grande  halle  aux  grains  (*)  située  sur 
la  batte,  que  l'on  applloit  Lorain  Coslain  et  peine  perdue,  où  elle  demeura 
longtemps  imparfaite  jusqu'à  ce  que  le  fils  du  bourguemestre  Saint-Esprit,  qui 
l'avoit  commencé,  demanda  de  pouvoir  faire  recherche  d'aucune  vieille  dette 

s  qu'on  devoit  à  la  Cité,  ce  qui  lui  fut  accordé,  par  le  moyen  desquels  elle  fut 
parachevée  l'an  I  ">90. 

L'an  1374,  fut  par  les  bourguemestres  Jacques  de  Hodeige  et  Philippe  du 
Saint-Esprit  (2)  travaillé  aux  fortifications  des  murailles  de  la  Cité  depuis 
Sainte-Walburge  allant  en  dévallant  jusques  vers  Kavechamp  (3),  où  à  présent 

10  sont  les  Jésuites  Anglois,  où  les  murailles  furent  montée  de  la  longueur  de 
GOO  pieds,  où  à  force  de  terre  ils  firent  faire  des  bons  ramparts  et  parapet,  puis 
encore  autres  600  pieds  par  delà  de  bonnes  murailles  et  ramparts  en  prenant  la 
terre  par  dehors,  y  faisant  des  fossés  et  contrescarpes  (4),  où  les  ecclésiastiques 
déboursèrent  une  bonne  somme  de  deniers.  (Manuscrit  38,  p.  //7.) 

15  Sur  l'an  1574,  fut  commencée  à  bastir  la  grande  halle  aux  grains  sur 
la  Batte  en  Liège,  qu'on  dict  des  pains  perdus,  dont  elle  demeura  longtemps 
imparfaite.  Mais  à  la  fin,  longtemps  après,  le  fils  du  bourghemestre  qui  l'avoit 
encommencé,  que  l'on  nommoit  Philippe  du  Sainct-Esprit,  affin  de  rechercher 
aucune  deble  que  l'on  debvoit  à  la  Cité,  ce  qui  luy  fut  accordé,  et  il  le  parfit, 

20  et  au  lieu  que  ce  devoit  estre  pour  vendre  du  grain,  l'on  s'en  serve  pour 
y  mettre  de  la  marchandise  comme  pachus.  (Manuscrit  29,  fol.  263.) 

L'an  1374,  le  13  de  febvrier,  est  arrivé  le  comte  de  Nassau  avec  iOOO  rei- 
stres  et  bon  nombre  de  pieltons  à  l'entour  de  Hervé  et  Galoppe.  L'an  mesme, 
ledit  duc  d'Alve  est  retourné  en  Espaigne  et  depuis  en  pais  par  deçà  at  un 

23  novea  gouverneur  pour  le  Koy.  L'an  mesme,  ceux  de  Middelbourg,  tenant  la 


(«)  Voir  page  861,  note  1. 

(*)  Sur  les  bourgmestres  Jacques  de  Hodeige  et  Pierre  le  Rosseau  dit  du  Saint-Esprit, voir  Recueil  de» 
bourgmestres,  pp.  103  et  512. 

(3)  Sur  le  lieu-dit  Fanechamps  ou  Favechamps,  voir  Gobert,  op.  cit.,  t.  III,  p.  4. 
30       (*)  Cf.  Gobert,  op.  cit.,  t.  I,  p.  221,  et  t.  VI,  p.  50. 


56G  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ville  en  nom  dudil  duc  d'Alve.  ont  esté  affamés  par  les  gens  dudil  prince 
d'Orcingne,  tellement  qu'il  leur  convenoit  menger  touts  chevaulx,  rats,  souris, 
chiens,  chats  et  autres  chose  estraingnes;  sy  furent  coiistiaicct  rendre  la  ville 
audit  prince,  qui  dedans  entra  pour  le  Roy,  comme  on  disoit.  {Manuscrit  19, 
fol.  461.)  b 

L'an  la7i,  le  prince  d'Orange,  continuant  sa  domination  dans  la  Hollande  et 
Zélande,  dressa  nouvelle  armée  de  gheux,  dont  il  fit  eliieff  ledit  comte  Louys, 
son  frère,  lequel  vint  guerroyer  au  pays  de  Gueldre  et  vintjusques  à  un  village 
sur  les  heids  assez  près  de  iNiraaigue  et  là  fut-il  durement  rencontré  par  les 
gens  du  roy,  si  que  son  armée  fut  rompue  et  y  laissa  la  vie  (4).  10 

L'an  mesme,  fut  la  saison  de  l'hiver  moult  fort  pluvieuse.  (Manuscrits  3, 
fol.  499  et  25,  p.  38.) 

L'an  1574  ",  fut  la  batailhc  de  Moeckersen  ''  (*),  où  furent  tués  Christophe, 
le  fils  de  palsgrave  du  Rhin  et  le  comte  Louys  et  Henry  de  Nassau,  frères  au 
prince  d  Orenge.  L'an  mesme,  5e  de  jenvier,  fut  la  batailhe  navalle  devant  is 
Berghes  sur   Zoom,  où   y   eut  aulcuns   Kspaingnoul   tués.   (Manuscrit    13, 
p.  439.) 

1575. 

L'an  1575,  le  28  de  mars,  on  jetta  les  fondemens  d'une  maison  au  milieu 
de  la  Ratte  al  Goffe  pour  vendre  des  grains  (2),  et  elle  fut  seulement  parfaite  20 
jusqu'au  premier  plancher,  et  ainsi  demeura  longuement;  en  mesme  temps,  la 
dite  batte  fut  pavée.  L'an  mesme,  au  mois  de  juin,  mourut  celuy  qui  faisoit  la 
garde  sur  la  thour  Saint-Lambert,  et  on  mit  en  sa  place  un  autre  avec  une 
trompette,  car  auparavant  il  sonnoit  un  cornet  qu'on  disoit  avoir  esté  gaigné 

«  l'an  1575  :  manuscrits  3  et  6    —  b  morherveir  :  manuscrits  S  et  6.  25 

(*)  Bataille  de  Alook,  près  de  Grave,  gagnée,  le  14  avril  1574,  par  Sancho  d'Avila,  lieutenant  de 
Itequcscns,  et  où  périrent  Louis  et  Henri  de  Nassau  et  le  jeune  prince  palatin  Christophe,  troisième 
fils  de  Frédéric  III.  Cf.  H.  Pibennk,  op.  cit.,  p.  52. 

(t)   Voir  page  précédente  et  page  î>(51. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  567 

à  Milan  par  les  Liégois  (*).  et  on  garda  le  cornet  pour  quand  quelque  accident 
arriveroit,  comme  feu  et  autre  chose.  L'an  mesme,  !e  5e  a  de  jullet,  le  tonner 
tomba  sur  une  censé  b  à  l'abbé  de  Saint -Laurent  nouvellement  remplie 
de  grain,  laquelle  fut  presque  toute  abattue.  Lan  mesme,  fut  grande  abon- 
5  dance  de  vin  et  meillieur  marché  qu'il  n'avoit  esté  auparavant.  L'an  mesme,  la 
veille  de  Noël,  un  Espagnol  tua  un  Allemand  dans  l'église  Saint-Servais  à 
Treict,  par  quoy  la  cesse  fut  mise  en  la  dite  église,  laquelle  fut  reconsacrée  par 
le  souffragan  de  Liège  (2),  le  jour  des  Innocens;  ledit  Espagnol  fut  pendu  et 
après  enterré  aux  Frères  prescheurs  comme  un  grand  saint  c,  avec  grande 
10  solennité,  toutefois  contre  la  volonté  des  dits  frères. 

* 
*     * 

L'an  lï7S,  le  29  de  février,  s'esleva  un  fort  vent  avec  grosse  et  continuele 
pluye  qui  dura  depuis  le  matin  devant  cinq  heures  jusques  à  trois  heures  après 
disné,  et  furent  abbatues  plusieurs  cheminées  et  une  partie  de  elervoix  sur  le 
mur  auprès  les  degréz  de  Saint-Lambert,  devers  le  marché,  et  fut  un  chieu  des- 
15  dittes  pierres  tuez  et  deux  enffants  couverts,  qui  touttefois  ne  furent  blessez 
à  mort.  (Manuscrits  5,  fol.  199;  25  et  27.) 

L'an  1575,  ont  esté  décapité  emprès  de  la  Vaulx  Benoiste,  le  père  et  le  fils, 
présent  l'un  l'autre,  dont  le  peuple  disoit  que  le  père  estoil  cause  de  la  mort  de 
son  fils,  chose  de  longtemps  non  veue  et  sans  cognoissance.  (Manuscrit  19, 
20  fol.  157.) 

L'an  i-575,  l'on  mit  une  trompette  sur  la  tour  de  Sainct-Lambert  pour  faire 
le  guet,  au  lieu  du  cornet  qui  y  étoit  auparavant.  {Manuscrits  43,  fol.  766  et 
47,  fol.  159  v°.) 

a  le  30e  de  juillet,  par  un  samedi  :  manuscrits  S  et  25.  —  b  une  censé  à  Fooz  :  manuscrits  3  et  2S. 
25  —  c  seigneur  :  manuscrit  S. 

(J)  Voir  la  gravure  représentant  ce  veilleur  dans  Godert,  op.  cit.,  t.  III,  p.  184.  Voir  aussi  dans  les 
Conclusions  capitulaires  du  chapitre  de  Saint- Lambert,  du  25  juin  lb7B,  le  serment  prêté  par  le 
guetteur,  Jean  Hexterman,  présenté  au  chapitre  le  17  juin  précédrnt  par  le  Conseil  de  la  Cité. 

(*)   Grégoire  Sylvius. 


S68  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  mesme,  audit  moy,  vindrent  18  soldats  hughenols  piller  allenthour  de 
Peerre.  Parquoy  monsr  de  Gaveren  (')  les  vient  assaillir,  ayant  faict  sonner  la 
cloche  tellement  qu'il  en  print  neuf  et  trois  oecis  sur  la  place.  Et  peu  après, 
huict  des  neuf  furent  décapités.  Le  neuvième  fut  trouvé  mort  en  prison. 

L'an  mesme,  grande  abondance  de  vins  et  meilleur  marché  que  les  précé-  5 
dentés  années.  (Manuscrits  13,  p.  460;  102,  fol.  1S8  v°.) 

La  mesme  année,  comme  c'estoit  la  coutume  que  les  quattre  compagnies  des 
bourgeois  sermentés  tireroient  l'oiseau  à  Sainte-Walburge,  au  mois  de  may, 
ebacque  compagnie  ehacque  dimanche  à  son  tour,  qu'il  arrivoit  qu'ils  commet- 
toient  beaucoup  des  insolences,  faisant  bonne  chère,  visitant  les  abbayes  qui  10 
Mêlait,  427.  étoient  obligez  de  les  bien  régaler,  entrant  dans  les  caves,  faisant  donner  vin  et 
bière  à  bon  plaisir,  l'éveeque,  pour  obvier  à  ces  désordres,  ordonna  que  la  Cité 
donneront  à  la  compagnie  des  Vieux  Arbalestriers  septante  florins  brabant  tous 
les  ans  et  luy,  de  sa  libéralité,  donnerait  autant,  le  Val-Saint-Lambert  200  fl. 
à  partager  entre  lesdits  compagnies,  les  abbayes  de  Saint-Laurent  et  de  Saint-  15 
Jacque  300  fl.,  celles  de  Saint-Cilles,  Beaurepart  et  Chartreux  loO  fl.,  les 
Croisiers,  l'hôpital  Saint-Christophe  50  fl..  payables  tous  les  ans,  pour  faire 
leur  banquet  sur  la  maison  de  ville,  ce  qui  a  continuez  jusqu'aux  évecques 
Ferdinand  et  Maximilien-Henry  de  Bavière,  quand  ils  otèrent  les  privilèges, 
*'an  1649.  (Manuscrit  47,  fol.  140.)  20 

L'an  ia75,  fut  rebâtie  l'église  et  abbaye  de  Saint-Laurent  par  l'abbé  Oger  de 
I  onein,  plus  belle  qu'elle  n'avoit  été,  laquelle  le  prince  d'Orange  avoit  fait 
brûler,  et  ledit  abbé,  ayant  tout  réparé,  a  vécu  jusqu'en  l'an  1632.  (Manu- 
scrit 38,  p.  122)  (2). 

Le  12  d'aousl,  fut  rendue  Schoonhoven  par  appointement  aux  gens  du  roy.  25 

Le  20e  dudit  mois,  fut  prins  par  assault  la  ville  de  Oudewater  et  tous  les 
bourgeois  et  soldats  tués  par  les  Espaingnoul.  Le  vme  de  septembre,  les  Espain- 


(')  Jean  de  Gavre,  seigneur  de  Diepenbeeck. 

(•,  La  note  du  chroniqueur  est  erronée  :  en  1575,  l'abbé  de  Saint-Laurent  était  Henri  Natalis,  qui 
dirigea  l'abbaye  de  1558  à  1577  et  qui  présida  aux  premiers  travaux  du  monastère  détruit  en  1568  30 
par  les  soldats  du  Taeitume,  Oger  de  Loncin  fut  abbé  de  1586  à  1655.  Cf.  D.U.Bkuhère,  Monasticon, 
t.  Il,  pp.  52-54. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  569 

gnouls  assiégèrent  la  ville  de  Wert,  qui  peu  après  se  rendit  (1).  (Manuscrit  43, 
p.  460) 

L'an  mesme,  le  12e  de  jullet,  cspousa  le  prince  d'Orenge,  à  Brille,  Madame 
Charlotte  de  Bourbon,  fille  au  duck  de  Montpensier.  (Manuscrit  15,  p.  4S9.) 

s  1576. 

L'an  1570,  au  mois  de  janvier,  le  21e,  2i°  et  23e  jour,  s'esleva  en  la  Cité  un 
si  véhément  vent,  par  lequel  plusieurs  cheminées,  mesme  plusieurs  lions  sur 
les  maisons  °  furent  abbatus,  et  plusieurs  arbres  en  divers  lieux  furent  arrachez 
hors  de  terre. 

10  L'an  mesme,  à  la  prière  et  sollicitation  de  nostre  évesque.  le  pape  Gré- 
goire 15e  de  ce  nom  envoya  des  pardons  à  Liège,  semblables  à  ceux  de  l'an  de 
jubilé,  célébré  à  Rome  par  le  dit  pape  l'an  devant,  lesquels  durèrent  5  mois; 
ils  furent  commencez  le  lendemain  de  l'Annonciation  INostre  Dame,  avec  géné- 
ralle  procession,  présentes  toutes  les  églises  tant  secondaires  qu'abbayes  et 

15  couvents,  et  commencèrent  à  Saint-Lambert,  de  là  à  Saint-Paul,  et  puis 
à  Saint-Jean-Evangéliste,  et  puis  à  Saint-Pierre,  et  dernièrement  à  Saint- 
Lambert,  où  fut  chanté  le  «  Te  Deum  ».  Monseigneur  de  Liège  fut  en  personne 
à  la  dite  procession. 

L'an  mesme,  en  avril,  tous  les  arbres  et  les  vignes  estoient  en  fleur,  et  il  y 

20  avoit  apparence  de  grande  abondance  de  tous  biens,  mais  sur  les  derniers  jours 
d'avril  et  au  commencement  de  may,  il  commença  à  geller  bien  fort,  et  le  pre- 
mier may,  il  neiga  fort,  et  après  survindrent  grandes  froidures  et  bruines  fort 
domagables  principalement  à  la  vigne  (2)  b. 

L'an  mesme,  le  10e  de  juin  ',  furent  jetiez  les  fondemens  du  nouveau  cœur 

25  de  Saint-Laurent  d. 

"  avec  leurs  bannières  :  addition  du  manuscrit  S.  —  *  et  geyliers  :  addition  du  manuscrit  S.  — 
0  la  sepmaine  devant  la  penthecoste  :  addition  du  manuscrit  S.  —  *  de  Saint-Lambert  :  manuscrit  25. 

(')  Voir  H.  Pirenme,  op.  cit.,  p.  59. 

(*)  Voir  à  ce  sujet  une  protestation  du  chapitre  de  Saint-Lambert,  du  18  mai  1576,  contre  les 
30  vignerons  qui,  chaque  jour,  remontent  le  prix  du  vin.  Conclusions  capitulaires,  reg.  ll(i,  fol.  247. 

Tome  IL  72 


570  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  mesme,  le  jour  saint  Augustin,  le  duc  de  Nevers  (J)  retourna  de  Spa, 
au  devant  duquel  s'en  alla  l'évesque  hors  de  la  porte  d'Amercœur;  ledit  duc 
estoil  venu  à  Liège  au  mois  de  jullel  par  batteau  pour  aller  hoir  les  eaux  de  Spa 
où  il  avoit  demeuré  jusqu'au  jour  susdit.  Peu  après,  retourna  pareillement  de 
Spa  à  Liège  i\!onsr  de  '"ontmo:  ancy  (2)  avec  sa  femme,  lesquels  furent  recrus  en  s 
très  grande  honneur  par  l'évesque  et  les  Liégois  au  palais.  L'an  mesme.  l'évesque 
fut  fait  abhé  de  Stavelol  (3).  et  il  en  prit  possession  personnelle  au  mois  de  sep- 
tembre. L'an  mesme.  fut  esleu  roy  des  Romains  Rodulphe.  fils  du  roy  de 
Hongrie  et  de  Bohème,  et  l'an  mesme,  il  fut  couronné  à  Uatisbonne.  L'an 
mesme,  par  un  samedy,  la  veille  des  11000  Vierges,  la  ville  de  Treit  fut  prise  io 
par  les  Espagnols  (4):  ce  jour  mesme,  on  cria  l'alarme  a  en  la  cité  entre  11  et 
12  heures  du  soir,  où  les  bourgois  se  mirent  incontinent  en  armes,  et  on  fit 
plusieurs  feux  par  la  cité  de  Liège  à  cause  de  quelques  soldats  envoyés  des 
Estais  du  Pays-Bas  au  secour  de  ceux  de  Treit;  ils  vouloient  par  nuit  passer 
par  batteau  parmy  la  cité,  mais  ils  furent  contrains  d'attendre  le  lendemain,  en  to 
grand  danger  d'estre  mis  à  mort  par  les  Liégeois;  ils  partirent  le  lendemain  au 
secour  de  Treit,  mais  trop  tard;  ils  furent  contraint  de  partir  sans  rien  faire. 
L'an  mesme.  le  "Ai"  d'octobre,  par  un  lundi,  on  cria  de  rechef  aux  armes  en  la 
cité  de  Liège  ''.  une  partie  pour  le  feu  qui  esloit  en  la  grainge  des  Chartreux,  qui 
fut  bruslée  avec  le  grain  qui  y  esloit,  et  l'autre  pour  quelques  cavaliers  qui  20 
vouloient  passer  par  la  cité;  la  bourgoisie  fut  tout  le  jour  en  armes,  et  plusieurs 
furent  pris  prisonniers,  qu'on  chargoit  de  trahison;  entres  autres  fut  pris  un  des 

"  fut  recoupez  et  une  alarme  faicte  :  manuscrit  S.  —  b  devant  disné  :  addition  du  manuscrit  5. 

(•)  Louis  de,  (jnnzague,  «lue  de  Nivernais,  prince  de  Mantouc,  etc.  Sur  ce  personnage,  voir  abbé 
J.  Moukt,  Henri  de  Borset  et  Tkomas  Toile  t,  sculpteurs  liégeois  du  XVI'  siècle.  Leurs  travaux  dans  la  25 
cathédrale  de  Nevers,  dans  B.  I.  A.  L.,  t.  XLVI1I,  pp.  85-154. 

(s)  François  I  de  Montmorenci,  époux  de  Jeanne  de  Mondragon,  éebanson  ordinaire  du  roi  de 
France. 

(3)  Le  i"  septembre,  le  prinec-évêque  notifia  au  chapitre  de  Saint-Lambert  sa  nomination  d'abbé 
de  Stavelot.  Cf  Conclusion!  capitulaires,  reg.  H  Ci,  p   2K6.  3 

(')  Sur  ces  événements,  voir  Journée  d'État  du  2  novembre  157G  et,  dans  la  Correspondance  de 
Granvelle,  t.  VI,  p.  482,  une  lettre  du  Conseil  d'État  des  Pays-Bas,  datée  du  2  novembre  1576, 
annonçant  l'envoi  d'une  ambassade  à  Liège  pour  négocier  une  alliance  avec  les  Liégeois  contre  les 
soldats  espagnols  qui  s'étaient  emparés  de  Maestricht. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  571 

secrétaires  du  roy  d'Espagne  logé  en  la  maison  de  Brixy  ('),  doien  de  Saint- 
Denis.  L'an  mesme,  le  "2~--e  d'octobre,  fut  pillée  la  maison  de  l\Ionsr  de  Petcr- 
sem  (2).  Item  la  ville  de  Saint-Pier  près  de  Treit  fut  pilliée,  et  tout  fut  emporté 
à  Wick  par  les  Espagnols  ".  L'an  mesme,  fut  ordonnée  en  Liège  une  crenée  ou 
5  taille  de  chasque  cheminée  un  florin  liégois  pour  lever  des  gens  de  guerre  pour 
garder  et  défendre  le  pays  contre  les  excursions  des  ennemys  (:!).  L'an  mesme  b, 
on  chanta  les  vigilles  pour  Maximilian  (4),  empereur  des  Romains,  en  l'église 
cathédralle  de  Liège,  en  présence  de  l'évesque,  messieurs  du  chapitre  et  des 
eschevins,  et  le  lendemain,  la  messe  en  présence  des  susdits. 

* 
*     * 

10  En  cest  an.  fut  la  thour  de  Sainct-Laurent  commencée,  qui  avoit  esté 
deslruict  par  le  prince  d'Orange  l'an  15l>8.  L'an  mesme.  au  mois  de  jung, 
conciel  provinciale  des  frères  pieds  deschaux  à  Liège.  Lors,  le  jour  de  la  Trinité, 
chantèrent  messe  à  Saint-Lambert  après  matines  et  firent  la  procession  allen- 
thour  des  escloistres,  et  estoient  en  nombre  cent  et  cincquante(5).  L'an  mesme, 

ts  le  7e  d'aoust,  fut  pendue  et  sonnée  la  grosse  cloche  de  Saint- Laurent  pour  la 
première  fois,  après  disné.  {Manuscrits  8  et  402,  fol.  iSS  v°.) 

L'an  mesme,  fut  postulé  Sa  Grâce  de  Liège  à  estre  abbé  de  Stavelot  et  l'an 
mesme.  fut  miese  une  taille  d'un  florin  sur  les  cheminées  pour  eslever  des  gens 
de  guerre  pour  garder  et  deffendre  le  pays  contre  les  excursions  des  ennemis. 

20  L'an  mesme,  au  mois  de  septembre,  notre  évesque  print  possession  personnelle- 
ment de  l'abbeye  de  Stavelot.  {Manuscrit  25,  fol.  228.) 

"  en  mesme  temps  Bilsen  pillée  par  les  Allemands  qui  estaient  enchâssez  de  Treiel  par  les  Espagnols  : 
addition  des  manuscrit-:  3,  fol.  200,  et  8.  b  le  2e  de  décembre  :  manuscrit  5.  —  le  18e  de 
septembre  :  manuscrit  S,  fol.  200  V. 

2g       (*)  Jean  Brixius,  doyen  de  Saint  Denis,  de  1564  à  i 598.  Cf.  Lcodium,  année  1910,  p.  97. 
(')  Henri  de  Mérode,  seigneur  de  Petersheim. 

(3)  Voir  la  Journée  d'Etat  du  2  novembre  1576  et  le  mandement  du  15  novembre  réglant  la 
perception  de  l'impôt  des  tocages. 

(*)  Les  obsèques  de  l'empereur  Maximilien  furent  célébrées  à  la  cathédrale  en  présence  de  Gérard 
3q  de  Groesbeeek,  le  12  décembre  1570.  Voir  Conclusions  cayUulairts,  reg.  I  16,  fol.  270. 

(s;  Le  15  juin,  le  chapitre  de  Saint  Lambert  avait  autorisé  les  frères  mineurs  à  faire  une  procession 
et  à  dire  une  messe  dans  l'église  cathédrale  à  l'occasion  de  la  réunion  de  leurs  différents  collèges  à 
Liège.  Voir  Conclusions  cvpilulaircs,  reg.  116,  fol.  248. 


572  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'a»  mesme,  l'hiver  fort  doux,  contre  son  naturel.  {Manuscrit  5,  fol.  200  v°.) 

L'an  mesme,  le  4e  novembre,  les  Espagnols,  par  le  chasteau  d'Anvers  (*) 
entrèrent  en  la  ville,  qu'ils  prindrent  par  force,  et  furent  tués  tant  soldats  que 
bourgeois  environ  neuf  mille  cinq  cent,  et  environ  quatre  mille  noyés,  entre  les- 
quels  fut  noyé  le  comte  d'Everslenne  (2)  et  environ  quatre  cent  avec.  La  maison  5 
de  ville  fut  bruslée  et  les  aultres  bourgeois  mis  à  ransons.  Le  mesme  jour, 
arriva  don  Joan  d'Austriche  emprès  Luxembourg  pour  estre  gouverneur  des 
Pays-Bas.  (Manuscrits  27  et  28.) 

L'an  I57ti,  en  jullel,  fut  la  ville  de  Cherixhe  (3)  rendue  entre  les  mains  du 
prince  d'Orenge  par  les  commis  et  gens  du  duc  d'Alve,  qui  avoil  longtemps  10 
endurez  et  reeeux  plusieurs  assaults  et  maulx,  mais  sortirent  saulfs,  avec  leurs 
armes.  (Manuscrit  1 0S,  fol.  179  v°.) 

L'an    mesme,   la   veille  des  Onze  mille   Vierges,  vers  la  minuicte,  fausse 
alarme  en  la  cité  de  Liège.  Le  2"ie  d'octobre,  autre  faulse  alarme  en  la  susdite 
cité-  de   plein  jour.   Feu    aux   Chartreux   par   accident.    (Manuscrit   102,  is 
fol.   100.) 

L'an  1§76,  le  24  janvier,  un  cas  estrange  fut  comis  en  la  Cité  par  un  nommé 
le  Bodet  demeurant  sur  Meuse  près  le  Caffor,  par  furie  estant  reprins  de  sa 
soeure  d'aucuns  maux,  il  couppa  la  gorge  à  sa  soeure  sur  les  degrés  de  sa 
maison.  (Manuscrits  3,  23  et  10S.)  20 

L'an  mesme,  l'évesque  de  Liège  fut  esleu  abbé  de  Stavelot,  qui  comprend  la 
comté  de  Lojine,  comme  aussi  de  celle  de  Walmedy.  où  il  étoit  postulez,  où  les 
religieux  l'admirent  avec  certaines  conditions  que  les  Etats  jureroient  de  main- 
tenir leurs  terres  contre  tous  ceux  qui  les  voudroient  vexer  ou  molester,  ce 
qu'ils  firent  (*).  25 

L'an  mesme,  arriva  don  Juan  d'Autriche  au  pays  bas.  qui  étoit  fils  naturel 
de  l'empereur  Charles-Quint,  en  qualité  de  gouverneur  général,  lequel  fit  scavoir 
aux  Etats  qu'il  étoit  du  tout  tourné  à  la  paix  et  que  pour  la  faire,  il  leur  por- 


(*)  Cf.  H.  Piremne,  Histoire  de  Belgique,  t.  IV,  p.  78. 

(2)  Le  comte  Otto  d'Eberstein.  50 

(3)  Zierikzcc,  rendue  le  29  juin  1 576. 

(*)  Sur  celte  élection,  voir  le  dossier  signale  par  J.  Halmn,    Inventaire  des  archives  de  Stavelot- 
Malmedy,  se  trouvant  à  Dusseldorf,  n»  525,  dans  II.  C.  /?.  //.,  S"  série,  t.  VII,  p.  525. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  573 

loit  un  très  ample  pardon  des  choses  advenues  jusqu'à  ce  lemps,  avec  charge 
de  remettre  le  pays  bas  en  même  terme  et  estai  qu'il  étoit  au  teins  de  Charles- 
Quint. 

L'an  mesme,  fut  ordonné  de  chanter  la  grâce  après  Vêpres  à  Saint-Lambert 

s  par  monsieur  de  Bocholt  (*),  chanoine  de  la  cathédrale. 

L'an  mesme,  le  seigneur  Bernardin  Pourquin,  ayant  acquis  à  ceux  de 
l'hôpital  de  Saint-Abraham,  paroisse  de  Saint-Jean-Baptiste,  quelques  maisons 
et  pourpris  situé  près  la  porte  Saint-Léonard,  nommé  le  Boujard,  où  joindant 
y  est  comprise  une  petite  église  nommée  Saint-Désir,  y  fît  édifier  des  maisons 

10  et  raccomoder  les  autres,  même  laditle  église  et  les  autres,  puis  il  céda  le  tout 
à  la  Cité,  avec  152  florins  de  renie  par  lui  acquis  pour  subvenir  aux  pauvres 
infectés  de  la  maladie  contagieuse,  avec  plusieurs  belles  ordonnances  (2). 
(Manuscrit  38,  p.  125.) 

L'an  1576,  le  11  d'octobre,  arriva  à  Liège  une  grande  esmotion  sans  scavoir 

15  pourquoi,  sinon  qu'ils  disoient  estre  trahis  par  les  Espagnolizés  pour  avoir  vu, 
vers  les  Chartreux,  quelque  signal  de  feu  pour  faire  entrer  les  Espagnols  qui 
alors  éloient  fort  redoutés  pour  les  grands  maux  qu'ils  commeltoient  sur  le 
pays  ".  Et  ceste  journée  fut  appelée  par  le  prédicateur  de  Saint-Lambert  la 
journée  des  Estourdis.  En  sorte  que  pour  retrancher  b  la  langue  des  mal  parlans 

ao  de  Sa  Grâce,  il  fut  publié  au  peron,  de  sa  part  et  des  52  métiers,  que  tous  ceux 
ou  celles  qui  parleroient  de  trahison  et  ne  le  scauroient  prouver  seroient 
rigoureusement  chastiés  tant  que  la  mort  s'ensuivroit,  de  quelle  qualité  ils 
fussent. 

L'an  i576,  le  3e  de  novembre,  fut  tenue  une  journée  des  Estais  du  pays  de 

25  Liège,  où  fut  demandé  par  l'évêque  une  somme  d'argent  pour  eslever  des  gens 

a  et  estoyent  tellement  hays  des  habitants  qu'ils  eussent  voullu  avoir  tué  le  dernier  :  manuscrit  4S, 
foi.  294  v°.  —  b  pour  remédier  aux  langues  de  plusieurs  qui  disoient  mal  de  Sa  Grâce  :  manuscrit  29, 
fol.  26S. 

(•)  Arnold  de  Bocholt,  le  jeune,  reçu  chanoine  de  Saint-Lambert  le  b'  mars  1SH,  mort  en  1582. 
30  Cf.  oe  Thelx,  t.  III,  p.  100. 

(*)  Voir  page  540,  note  5.  L'acte  de  donation  de  la  maison  de  Bayar  et  de  la  chapelle  de  Saint- 
Désir  se  trouve  dans  le  registre  aux  œuvres  des  échevins  de  Liège,  n°  477,  fol.  !)  v°,  à  la  date  du 
26  septembre  1876. 


574  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

de  guerre  pour  panier  le  pays  qui,  en  ce  temps,  étoit  exposé,  en  proye  à  la 
volonté  des  soldais  du  roy  d'Espagne  qui  y  commettoient  divers  maux,  qui 
avoient  depuis  peu  pillés  les  villes  d'  Vnvers  et  Maestrîcht  avec  grand  massacre. 
Où  les  Estais  luy  accordèrent  la  levée  d'un  pécul  pour  \  ans,  asséant  <mr 
l'ayme  de  vin  de  pays  3  pattars,  sur  l'cstranger  !  4,  et  sur  la  tonne  de  bière  un  s 
pattar,  sur  chaque  cheminée,  four,  fourneaux,  aix  et  tocquaige  cinq  pattars, 
outre  les  52  mille  florins  qu'il  luy  paycroient  une  fois  si  la  nécessité  le  requé- 
roit,  luy  donnoient  puissance  de  prendre  argent  à  fraix.  tant  qu'il  luy  en 
faudroit,  qu'ils  s'obligcoient  de  le  rendre.  Avec  quoi  on  fit  levée  de  soldats  qui 
se  lenoient  eu  ia  Cité  et  es  villes  du  pays,  sur  leurs  gardes,  et  l'on  fit  besogner  10 
vers  la  tour  des  Brasseurs  aux  fortifications  de  la  Cité.  (Manuscrit*  38, 
p.  / 23  et  47,  fol.  440*.) 

Et  la  même  année,  il  y  avoit  si  grande  cherté  de  grain  que  les  personnes 
mouroient  de  faim.  Les  viandes  étoient  si  chères  qu'on  les  vendoit  à  un  prix 
excessive.  D'autre  côté,  le  pont  des  Arches  s'étant  fendu  menassoit  de  crouler.  15 
Mélart,  427.  L'évecque,  ayant  une  somme  d'argent  en  réserve  en  l'abbaye  de  Saint-Jacques 
pour  rédiiuer  «200  florins  de  rente  dues  aux  héritiers  de  feu  levecque  cardinal 
de  la  Marck,  employa  cet  argent  tant  pour  aehetter  du  grain  et  subvenir  aux 
pauvres  ménages  que  pour  rasseurer  ledit  pont,  qui  fut  relié  de  barres  de  fer  de 
part  et  d'autre,  ce  qui  le  fit  durer  jusque  en  l'an  1043.  que  les  grandes  eaux  le  20 
ruynèrent,  comme  verrez  cy  après;  chercha  de  même  les  moyens  à  remédier 
aux  chertées  des  viandes.  (Manuscrits  38,  p.  123;  47 ,  fol.  440.) 

L'an  1570,  l'évecque  fit  tout  son  possible  à  faire  la  paix  de  Marche  en 
Famenne,  laquelle  ne  subsistât  pas,  car  les  Etals  confédéréz  se  débandèrent 
malcontens  et  fui  lors  choisie  la  ville  de  Huy  pour  conclure  cette  paix,  où  les  25 
litats  mirent  quatre  otages  entre  les  mains  de  l'évecque  pour  assurance  de  la 
ville.  Cependant  rien  ne  fut  conclus  et,  le  4  novembre,  se  fit  le  sac  d'Anvers 
par  les  Kspagnolbs.  (Manuscrit  47,  fol.  1 40  v°.) 

L'an  1570,  Dior  11 1  l'empereur  Maximiliane  second  de  ce  nom.  Le  5e  de  mars, 
morut  à  Bruxelles  le  grand  comandeur  Kequesens.  (Manuscrit  45,  p.  460.)  30 

Le  15  octobre,  advint  à  Maestrich  un  coroncl  espaignol  fut  fait  prisonnier  à 
Wick,  mais  après  aucuns  jours  laxé,  qui  causa  que  la  trouppe  espaignole 
s'esleval  contre  les  bourgeois  tellement  que  la  ville  fut  environnée  de  chevaux 


RÉGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  575 

venant  de  Brabanl  et  entrèrent  par  la  porte  de  Tongre  et  fut  fait  meurtre 
d'hommes  et  femmes  et  la  ville  fut  pillée,  bruslée,  dont  plusieurs  bourgeois 
furent  prisonniers.  (Manuscrit  105,  fol.  119  v°.) 

L'an  iî>76,  le  5e  de  novembre,  fut  pareillement  la  ville  d'Anvers  prinse  tant 
5  par  ceulx  d'Aloze  que  de  la  citadel,  qui  lirroinl  à  coups  de  gros  cannons  sur  la 
ville,  et  par  grande  force  d'Espaignols  entrant  en  bataille  contre  ceux  des 
Kstats  qui,  peu  de  temps  devant,  estoint  entrez  dedens  avec  plusieurs  sortes  de 
nations,  comme  François,  et  d'aullres,  dont  la  ville  fut  desconfite  et  deslruicte, 
beaucoup  de  maisons  bruslées.  signament  la  grande  et  riche  maison  de  la  ville, 

îo  puis  après  les  bourgeois  et  marchands,  femmes  et  enfans,  meurdris  et  saccagez, 
avec  viollemcnt  des  jeusnes  damoiselles  et  pyllerie  de  leurs  biens,  qui  fut  le 
tout  porté  sur  la  citadel,  quy  fut  une  ruinne  inestimable.  (Manuscrit.  1 05, 
fol.  180.  Fersion  abrégée  dans  manuscrits  3  et  25.) 

Après  que  les  Estats  de  Hollandes,  Zélandes  et  leurs  associez  eurent  prins 

i5  advis  et  plusieurs  communications  prinses  avec  les  Estats  de  Braibant,  at  esté 
une  paix  faicte  entre  eulx  et  icelle  publiée  en  la  ville  de  Bruxelle,  comme  plus 
amplement  est  contenu  es  articles  par  l'impression  d'icelle.  (Manuscrit  105, 
fol.  180  V.) 

L'an  1576,  le  cardinal  Groisbeck,  évesque  et  prince  de  Liège,  après  ce  pille- 

20  ment  de  Maestricht,  s'empliat  de  tout  son  pouvoir  pour  faire  une  paix  entre  le 
roy  d'Espagne  et  les  Estats  du  pays  bas,  laquelle  fut  faicte,  laquelle  on  nommoit 
la  paix  de  Marche  en  Famène,  laquelle  fut  arrestée  dans  la  ville  de  Huy,  ville 
choisie  de  parte  le  roy  d'Espagne  et  les  Eslats  de  Brabant  comme  ville 
neutralle.  où  que  les  Estais  offrirent  d'eux  mesmes  trois  ou  quattre  en  hostages 

25  qui  dévoient  demeurer  dans  les  mains  du  cardinal  Groisbeck,  laquelle  paix  ne 
fut  de  longue  durée,  parce  qu'il  arivat  depuis  que  les  Estats  catholicques  se 
débandèrent  des  autres,  que  on  nommoit  les  Estais  mal  eontens,  ce  quy  causât 
plus  grands  troubles  et  ravagements  sur  le  pays  de  Liège,  et  après  que  le  prince 
de  Groisbeck  eust  empliéz  des  grands  travaux  et  despence  de  grands  moyens, 

30  ne  recevat  guaire  de  remerciement  du  iioy  ny  des  Estats.  (Manuscrit  45, 
fol.  294  if.) 


576  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

1577. 

L'an  1577.  le  premier  de  janvier,  fut  célébrée  messe  spécialle  par  toutes  les 
églises  de  Liège,  tant  paroehialles  que  collégiallec  et  conventuelles,  pour  prier 
Dieu  de  vouloir  par  sa  bonté  accorder  une  bonne  paix,  que  pour  lors  se  traitait 
à  Namur  entre  les  Estais  et  don  Joan  d'Austriche,  laquelle  conime  on  raporta,  s 
fut  accordée,  et  le  lendemain  annoncée  à  Liège;  bien  matin  on  sonna  à  plusieurs 
églises  les  cloebes  de  joye;  premièrement  commencèrent  ceux  de  Saint-Martin 
en  Mont,  mais  peu  après  o:i  trouva  que  ce  n'estoit  que  bourdes. 

L'an  mesine,  le  8e  janvier  a,  passèrent  par  la  porte  Sainte- YValburge  des 
chevaliers  escossois,  et  sortirent  par  la  porte  d'Amercour  et  s'en  allèrent  à  io 
Jupille;  les  piétons  passèrent  l'eau  à  Couronsmeuse;  le  lendemain,  les  Espagnols 
de  Treict  le  vindrent  attaquer,  qui  laissèrent  plusieurs  de  leurs  gens  sur  la  place. 
Si  les  Lscossois  eussent  eu  de  la  meilleur  pouldre,  ils  en  eussent  tuez  davan- 
tage. Le  IIe  jour,  partirent  les  susdits  Escossois  et  se  retirèrent  en  grande  hasle 
vers  le  Brabant.  Le  lendemain,  vindrent  de  rechef  les  Espagnols  à  Jupille,  15 
pensans  trouver  les  dits  Escossois,  et  ne  les  ayans  pas  trouvez,  ils  vindrent 
demander  passage  par  la  Cité,  mais  en  vain;  peu  après  ils  se  retirèrent  à  Treit, 
faisant  plusieurs  outrages  où  ils  passoient. 

L'an  mesme,  le  "M"  jour  de  janvier,  arriva  après  disné  à  Huy  don  Joan 
d'Austriche,  où  il  fut  receu  par  noslre  évesque  en  grand  triomphe,  qui  sortit  îo 
dehors  au  devant,  accompagné  du  capitaine  de  Bouillon,  qui  avoit  700  piétons 
avec  luy.  L'an  mesme.  le  premier  jour  de  février,  Monseigneur  de  Liège  partit 
de  Huy  pour  aller  traiter  de  paix  à  Bruxelles  (*),  et  le  mesme  jour  il  logea 
à  Tillemont;  le  lendemain,  le  jour  de  la  Chandeleur,  il  arriva  à  Bruxelles.  L'an 
mesme,  le  17e  de  février,  la  paix  fut  publiée  à  Bruxelles  entre  don  Joan  et  les  25 
Estats,  à  deux  heures  après  disné.  Le  lendemain,  furent  les  nouvelles  apportées 
à  Liège  par  un  poste  envoyé  de  Son  Altesse  au  doyen  de  Liège.  Le  lendemain, 
le  dernier  jour  de  Charnache,  fut  célébrée  messe  spécialle  par  toutes  les  églises, 

"  février  :  manuscrit  3. 

(i)  Cf.  Conclusions  capitulaires  du  chapitre  de  Saint-Lambert,  du  1"  février  1877,  et  Daris,  op.  cit.,  30 
p.  347. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  577 

en  remerciant  Dieu,  et  on  porta  le  Saint  Sacrement;  après  la  messe,  on  chanta 
le  Te  Deum.  Le  24e  du  dit  mois,  on  célébra  messe  spécialle  en  l'église  Saint- 
Lambert,  en  présence  des  secondaires  églises  et  autres,  et  ce  jour  mesme.  on 
deschargea  l'artillerie,  de  grande  joye  qu'on  avoit  de  la  dite  paix,  de  laquelle 
s  furent  faits  ces  deux  vers  contenans  la  date  : 

beLgICa  paX  proCerUM  tanto  tentata  Labore 
paCta  Leodlnl  prlnCIpIs  arte  fUit  ". 

L'an  mesme,  au  mois  de  mars,  fut  grand  chaleur  et  sécheresse  contre  le 
naturel,  et  la  peste  commença  à  dominer  en  Liège  en  plusieurs  lieux.  L'an 

10  mesme,  en  quaresme,  fut  commencé  à  Liège  un  nouveau  bouleverque  à  la  thour 
des  Brasseurs  (*)  par  iUonsr  de  Waroux  et  Beex  (2),  et  fut  fait  de  briques  b. 
L'an  mesme,  la  veille  de  la  Translation  Saint  Lambert,  les  Espagnols  abandon- 
nèrent la  ville  de  Treit  par  accorde  fait  entre  don  Jean  et  les  Estats  (3),  et 
pareillement  les  autres  Espagnols  des  autres  villes  et  chasteaux  du  Pays-Bas. 

13  Le  lendemain  de  la  Translation,  Monseigneur  de  Liège  partit  de  rechef  de  Liège 
pour  aller  à  Bruxelles.  L'an  mesme,  le  23e  de  jullet,  par  nuit,  fit  une  tempeste 
à  Huy,  et  la  rivière  de  Hoyoul  des  grands  domages.  Le  24e,  vint  la  reine  de 
Navarre  (4)  à  Liège,  pour  aller  à  Spa,  laquelle  fut  logée  au  palais  c.  Le 
10  d'aoust,  fut  enterrée  une  des  filles  d'honneur  de  laditte  royne,  morte  au 

20  "  nata  est  legiaci  prineipis  ingenio  :  addition  du  manuscrit  25.  —  b  l'an  môme,  l'on  fit  un  accord 
avec  les  frères  Mineurs  pour  avoir  illecque  un  arsenal  ou  garde  de  canons  pour  la  Cité  contenant 
plusieurs  pièces  :  manuscrit  58,  p.  -128.  —  c  le  jour  de  l'Assomption  Nostre-Dame,  receu  laditte 
dame  son  Créateur,  à  la  grande  messe  à  Sainct-Lambert,  par  les  mains  de  nostre  évesque  qui 
célébroit  la  messe,  et  le  dernier  d'aoust,  se  partit  de  Liège  :  manuscrit  8.  —  Le  manuscrit  S  signale 

25  ici  une  lacune  :  ce  qui  manque  icy  du  règne  de  Grosbeck  et  de  l'élection  d'Ernest  de  Bavier,  on 
le  peut  rechercher  ailleurs. 

(')  Voir  Gobert,  op.  cit.,  t.  IV,  p.  587. 

(*)  Guillaume  de  Mérode,  seigneur  de  Waroux,  ancien  majeur  de  Liège.  Voir  de  Borman,  Les 
Echevins,  t.  H,  p.  42i.  —  Sur  Pierre  Bex,  bourgmestre  pour  la  quatrième  fois,  voir  Recueil  des 
30  bourgmestres,  p.  314. 

I»)  Le  27  avril  1877,  en  exécution  du  traité  de  Marche. 

(*j  Sur  ce  passage  à  Liège  de  Marguerite  de  Valois,  épouse  du-  roi  Henri  de  Navarre,  roi  de  France 
en  1589,  voir  Dépêches  du  Conseil  privé,  reg.  IX,  fol.  127,  lettredu  7  août  1577  et  Pierre  Debouxutav, 
La  reine  Margot  en  Wallonie,  dans  La  vie  wallonne,  t.  X,  1929-30,  pp.  29-34. 

Tome  IL  73 


578  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

palais  et  fille  de  sa  principale  gouvernante.  On  l'enterra  avec  grande  honneur 
aux  frères  Mineurs,  estants  présents  Sa  Grâce,  les  eschevins  de  la  Cité  et  des 
abbéz  et  prélats  et  de  trois  évoques  de  France,  entre  lesquels  un  estoit  accoutrez 
avec  une  blanche  niittre  de  salin  et  une  noire  chappe,  lequel  faisoit  la  commé- 
moration. Dieu  en  veuille  avoir  pitié.  Le  12e,  par  un  lundi,  furent  laides  les  , 
exèques  de  laditle  fille  d'honneur  par  le  mesme  évesque  et  chantoit  l'épistre  le 
doyen  de  Saint-Paul  et  Mr  de  Ghuys,  chanoine  de  Saint-Lambert,  l'Evangile. 
Le  jour  de  l'Assumption  Notre  Dame,  par  un  jeudi,  chanta  la  grande  messe 
à  Saint-Lambert  monsr  de  Liège,  par  les  mains  duquel  la  roync  de  Navarre, 
estante  à  laditle  messe,  receu  le  Saint  Sacrament  de  l'autel  et  après  disné,  elle  10 
fut  pareillement   présente  au    Salve  du  vénérable  Sacrament  que  Sa  Grâce 
portoil.  Le  22  dudicl  mois,  laditle   royne  fit  un  solemnelle  souppé  au  palais 
où   furent  priées    toultes  les  dames  de  la   Cité  et  y   fut  priez   pareillement 
Sa  Grâce,  qui  depuis  la  venue  de  la  royne  se  tenoit  en  l'abbaye  de  Saint- 
Jacque,  et  y  fut  pareillement  Madame  d'Arembergh.  Le  "i8e  dudit  mois,  y  furent  15 
priez  tous  les  prélats  et  seigneurs  de  Liège  qui  souppèrent  en  la  gallcrie  près  la 
fontaine.  L'an  mesme,  le  dernier  d'aoust,  se  partit  la  royne  de  la  Cité  et  s'en 
alla  jusques  au  postiee  de  Sainl-Jacque,  en  sa  carosse,  et  là  entra  au  baltcau  de 
Sa  Grâce  qui   le   mena  jusques  à   Huy.   Elle  logea  illec  au  logis  du  baillif 
de  Condros,  où  elle  avoit  logez  en  venant,  et  delà  s'en  alla  par  Dinant  et  avec  20 
elle  allèrent  les  gentilshommes  de    Sa   Grâce  qui    retournèrent   l'huictième 
de  septembre,  après  l'avoir  convoyé  jusques  en  France. 

Le  20  de  septembre,  fut  prinse  la  ville  de  Looz  par  les  gens  des  Estais  du 
Pays  Bas  qui  demandoient  passage  par  icelle,  ce  que  leur  avoit  esté  refusez. 
L'an  mesme,  la  procession  qu'on  avoit  instituez,  avec  spéciale  messe,  le  jour  20 
saint  Hubert,  en  mémoire  que  le  prince  d'Orange  avoit  pour  un  tel  jour 
abandonnez  le  siège  qu'il  avoit  mis  devant  Liège  fut  délaissée  et  on  célébra  à 
chascune  église  spéciale  messe  à  part. 

L'an  mesme,  fut  faict  le  sériment  et  hommage  par  le  duc  d'Arscotte  accep- 
tant la  citadelle  d'Anvers  au  nom  des  Estais,  mettant  ses  mains  entre  les  mains  30 
du  secrétaire  de  sa  Majesté  Escovedo,  et  fut  tel  :  «  Je  Philippe  de  Croy,  duc 
d'Arscot,  jure  sur  Dieu,  la  Vierge  Mère  et  sur  les  quatre  Sainels  Evangiles,  de 
garder  et  tenir  ceste  citadelle  pour  le  service  de  Sa  Majesté  le  roy  Philippe, 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEElv.  579 

nostre  seigneur,  et  de  ne  la  rendre  sinon  à  sa  propre  personne  ou  à  ses  succes- 
seurs sans  son  exprès  commandement.  »  A  quoi  le  susdict  secrétaire  rèplicqua  : 
«  Si  vous  le  faict  ainsi,  Dieu  vous  vueille  aider,  sinon  le  diable  vous  emporte, 
corps  et  âme  »  a.  L'an  mesme,  le  21  d'avril,  les  Espagnols  sortirent  du  Pays-lias, 
s  Don  Joan,  pour  eschapper  des  Listais,  part  de  Malines  vers  Namur  pour 
aller  au  devant  de  la  royne  Margaritle,  laquelle  venoit  vers  Liège  pour  de  là  tirer 
à  Spa  pour  boire  de  l'eau.  Le  24  de  juillet  an  susdit,  don  Joan,  feignant  aller 
à  la  chasse  et  passant  devant  le  chasteau  de  INamur,  entre  dedans,  estant  appelé 
du  gouverneur  pour  le  veoir,  et  ainsi  le  retient  pour  la  seureté  de  sa  personne. 
io  Le  4  de  septembre,  an  mesme,  Tholen  et  Steenberg  rendus  aux  Estats. 
{Manuscrits  5,  fol.  201  ;  2S  et  27.) 

* 
*     * 

L'an  1577,  nonobstant  tous  les  ordres  donnés,  les  troupes  étrangères  ne 
laissèrent  de  se  loger  parmy  le  pays  de  Liège  et  de  le  ravager;  ce  pourquoi 
l'evesque  envoya  Ottard  de  Briaymont,  seigneur  de  Frailure  (/),  pour  ordonner 

15  de  sa  part  aux  généraux  de  ces  troupes  de  se  retirer,  sinon  qu'on  les  obligeroit 
par  force,  ce  qui  les  lit  sortir  du  pays. 

L'an  susdit,  fut,  commencé  le  boulevart  de  bricque  à  la  tour  des  Brasseurs  et 
et  les  dallers  de  la  Hollande  forgés  pour  trengt  deux  aidants  furent  remis 
à  Liège  à  iS  aidants  (2).  (Manuscrits  45,  p.  769  ei  47 ,  fol.  1 40  v°.) 

20  L'an  1577,  le  15e  de  février,  survint  une  fortune  impétueuse  en  la  maison 
de  Jean  Godet  (3)  le  jeune,  érigée  en  Beighe,  pour  cause  de  certaines  pouldres 
dont  c'estoit  son  art,  où  le  feux  survint  par  cas  fortuit,  de  mode  que  ladicle 
maison,  qui  estoit  de  pieres  et  bricques,  fut  toute  desmolic  et  emportée  en 
l'eaue  avec  grands  desgats,  des  morls  tant  de  sa  belle-mère  que  sa  femme  et 

-2"i  "  Le  passage  :  l'an  mesme  fut  faict  le  serment  .  rendues  aux  Estats,  ne  se  trouve  pas  dans  le 
manuscrit  3. 

(')  Ottard  de  Brialmout  dit  de  Xhoce,  grand-bailli  du  Condroz  et  grand -mayeur  et  bourgmestre 
de  la  ville  de  Huy. 

(*)  Mandements  du  b  juin,  du  21  août  et  de  novembre  11)77,  réglant  le  cours  des  monnaies. 
50       (»)  Sur  cet  accident,  voir  Gobeht,  op.  cit.,  t.  I,  p.  415,  et  t.  III.  p.  170. 


580  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

plusieurs  de  ses  serviteurs  occis  et  suffoquez.  (Manuscrits  105,  fol.  181  et 
97,  fol.  245.) 

Au  mcsme  an,  grande  chaleur  et  sécheresse  au  mois  de  mars.  (Manu- 
scrit 102,  fol.  464.) 

Le  7e  de  fébvricr,  an  mesme,  par  un  jeudy,  fut  commencée  la  grâce  du  s 
vénérable  Sainct  Sacrement  en  l'église  de  Sainct-Jean-Evangéliste.   (Manu- 
scrits S  et  8.) 

L'an  mesme,  l'abbé  de  la  Vaulx  Saint-Lambert  (*)  fut  tué  par  un  soldat. 
(Manuscrits  6  et  8.) 

L'an  mesme,  le  27"  de  juin,  fut  consacré  un  nouveau  abbé  à  la  Vaulx  10 
Saint-Lambert  pour  la  mort  de  l'autre  qui  peu  devant  avoit  esté  tirez  par 
aulcuns  soldats  ayant  illec  disné  et  pensant  faire  quelque  récréation. 

L'an  mesme,  sur  la  fin  de  juin,  s'esleva  une  tempeste  avec  gresle  parlaquele 
une  grande  partie  de  voiriers  de  la  ville  de  Sainct-Trond  furent  rompues  et  le 
grains  aux  champs  en  plusieurs  lieux  destruiets.  il  tomba  gresle  grosse  comme  is 
œufs  ou  poing  d'hommes.  (Manuscrits  5,  fol.  201  ;  23,  27  ;  54,  fol.  251  v°.) 

L'an  mesme,  le  troisième  d'avril,  retourna  Monsieur  de  Liège  de  Bruxelles 
où  il  avoit  demeuré  deux  mois  entiers  et  luy  allèrent  au  devant  les  qualtre 
compagnies  et  les  capitaines  des  enseignes,  lesquels  pour  lors  estoyent  à  Liège. 
(Matiuscrit  25,  p.  229.)  20 

L'an  1577,  le  7e  jour  de  janvier,  furent  envoies  à  Jupille  "  par  le  prince 
d'Orange  14  ''  enseingnes  de  soldats  escossois,  avec  trois  ou  quattre  cents 
chevaux  de  noire  reitre,  pour  aller  combattre  les  Espangnouls,  leurs  ennemis, 
où  leur  fut  donné  toulte  assistence  tant  de  vivre  que  d'amonition  et  batteaux 
pour  passer  la  Meuse  pour  aller  à  Jupille  %  combien  qu'ils  ne  le  méritoient  25 
point:  tant  parce  qu'ils  estoient  contraire  à  notre  religion  que  pour  ce  que  ledit 
prince  d'Orange  avoit  esté  devant  Liège  l'an  1568,  comme  vous  avez  entendu. 

"  et  à  Peville  :  manuscrit  38.    —   '•  dix  sept  enseignes  :  manuscrit  58.   —   c  Coronmeuse  : 
manuscrit  58. 

(i)  Renier  de  Razicr,  abbé  du  Val-Saint-Lambert  de  1559   à  1577,  tué  par  accidcnl  le  25  avril.  311 
Son  successeur  fut  Guillaume  Pannelier,  de  Fraijioiil,  abbé  de  1577  à   1579.  Cf.  D.  V.  Bbblière, 
Monasticoii,  t.  Il,  p.  167. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  581 

Mais  la  grande  tirannie  des  Espangnols  dont  ils  usoient  contre  les  Liégeois,  sans 
avoir  esté  par  eux  offensés,  estoit  cause.  Quant  les  Espangnols  furent  adverlis 
que  les  Escossois  estoient  passé  Moeuse,  tous  crottés  et  mouillés,  le  pensant 
surprendre,  ils  les  allèrent  escarmoucher,  donnant  dessus  vaillamment;  mais 

s  lesdicts  Escossois  se  deffendirent  tant  vaillament  et  briefvement  qu'ils  tuèrent 
bien  trois  cents  Espangnols  avec  plusieurs  de  leurs  capitaines,  dont  ils  furent 
constraints  de  se  retirer  à  leur  grande  confusion.  Ce  qu'estant  fait,  il  fut 
conseillé  au  capitaine  Anorga  a  de  repasser  l'eawe  pour  quelcque  occasion 
secrète  qui  se  présentoit  ou  peu  après,  comme  par  trahison  secrète,  ils  furent 

10  misérablement  massacrés  en  la  Hesbangne  ".  (Manuscrits  29,  fol.  264;  38, 
p.  126  et  60.) 

L'an  1377,  le  8  janvier,  un  nombre  d'Escossois  aux  Estats  de  Brabant 
descendèrent  la  montaigne  et  vingnobles  à  Coronmeuse  et  passèrent  la  rivière 
environ  3  5  ou  17  enseignes,  gens  alaigres  et  de  petitte  stature,  d'un  courage 

îs  belliqueux,  en  belle  équipage  d'armes.  Ils  estoient  venus  pour  combattre  les 
Espaignols;  ils  allèrent  à  Jupille.  C'estoit  un  plaisir  de  les  veoir  saulter  les  basses 
eaux  en  Droische,  voir  voltiger  les  enseignes.  Or  estans  arrivés,  les  Espaignols 
sortirent  hors  Maestricht,  vindrent  descendre  les  vingnobles  près  du  molin, 
pensant  surprendre  lesdits  Escossois.  Mais,  par  leur  finesse,  les  Espaignols 

20  furent  desconfits.  Il  y  avoit  un  bourgemestre  d'Amsterdam  prisonnier  de  la  suite 

des  Espaignols  avec  un  autre  lié  ensemble.  Ce  fait,  les  Escossois  repassèrent 

la  rivière  tirant  vers  Brabant.  (Manuscrits  29,  fol.  264  v"  et  38,  p.  127.) 

L'an  î  577,  le  8e  de  janvier,  estant  un  bon  nombre  d'Escossois  soldoyéz  aux 

Estats  de  Braibant  viendrèrent  descendre  la  montaigne  et  vignobles  venant 

25  à  Coronmeuse  et  soudain  illec  arrivez,  passèrent  la  rivière  de  Moeuse  avec 
batteaux.  Et  estoint  en  nombre  de  10  à  1 1  enseignes,  gens  disposts  et  de  petite 
statures,  d'un  courage  bellicqueux  avec  belle  équipage  d'armes,  et  estants 
Oultre  Meuse,  l'on  avoit  mis  quelques  tonnes  de  bier  avec  pains  blans  et 
chascun  d'eux  en  prcnnoit  un  morceau  avec  un  rafrechissement  d'un  trait  de 

50  bier,  car  ils  avoinl  marchez  toute  la  nuicte  pour  parvenir  à  leurs  dessins 
et  attendre  les  Espainguols  au  combat  et  de  faict,  avec  un  courage  et  vouloir 

a  Morgan  :  manuscrit  38.  —  b  Aucuns  ont  dit  qu'on  leur  fit  délivrer  de  la  poudre  qui  ne  ne  valoit 
rien,  n'y  ayant  nulle  force  :  addition  du  manuscrit  38. 


582  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

effrenné,  prindrent  chemin  sur  Jupille.  C'estoil  un  plaisir  de  veoir  saulter  ces 
soldais  oullres  des  basses  eaues  qui  estoint  en  Droixhe.  et  de  veoir  volliser  les 
enseignes  de  plusieurs  et  divers  couleurs,  et  pour  leurs  dextéritéz  de  guerre. 
Plusieurs  bourgeoys  se  dclccloint  à  les  aller  veoir  et  s'alloint  lors  meclre  en 
bataille  au  pied  de  la  vignoble  audit  Jupille  où  devoint  lesdils  Espaignols  5 
descendre.  En  mesme  temps  et  instant,  un  nombre  de  reytres,  avec  leurs 
bagages,  passèrent  oultrc  la  Cité,  tirant  vers  ledit  Jupille,  combien  qu'ils  ne 
sceurent  donner  aulcunc  assistence  aux  picdtons.  Or  estants  arrivez  lesdils 
Escossoys  audit  Jupille,  attendants  les  Espaignolles  sortis  de  Maestrecht, 
lesquels  viendrerent  les  cscarmouchcr  et  descendre  les  vignobles  près  du  molin  10 
et  du  eoslé  des  bois,  sur  espoir  de  surprendre  lesdicts  Escossois.  Mais,  par  leurs 
finesses,  les  Espaignols  furent  d'iceux  alteincts  tellement  que  plusieurs  y  demeu- 
rèrent morts  et  plusieurs  dévallizés,  entre  eulx  y  avoit  un  bourguemcslre 
d'Amsterdam  estant  de  la  suille  desdils  Espaignols,  fut  prisonnier  avec  un 
Espaignol  et  garoltéz  ensembles.  Et  d'aultant  que  lesdicts  Kscossoys  estoit  mal  15 
ammonitionnéz  de  pouldre,  la  meslée  et  deffaicte  fut  plus  véhémente.  Ce  fait  et 
environ  le  midy,  le  tambour  battant,  lesdicts  Escossois  repassèrent  la  rivière, 
retournants  sur  la  mesme  montaigne  et  vignoble  et  tirant  vers  Braibant,  sans 
aulcusne  intéresse  survenue  à  la  Cité  ny  au  pays.  (Mamiscril  1 0S,  fol.  181.) 

Le  15  jung,  fut  exécuté  ung  jeusne  homme  qui  eut  jambes  et  bras  rompus,  20 
puis  mis  sur  rue,  ayant  occis   une  sienne   petitte  fille.   [Manuscrit    105, 
fol.  182.) 

L'an  mesme,  21  janvier,  arriva  à  Huy  domp.  Jean,  qui  fut  receu  par  nostre 
évesque.  (  Manuscrit  3.) 

L'an  1577,  le  21  de  janvier,  vient  en  la  ville  de  Huy  domp  Jean  d'Austriche,  25 
gouverneur  des  Pays- lias,  où  nostre  évesque  l'avoit  bien  attendu  siex 
sepmaincs,  avec  grands  fraix  et  dépens,  pour  trouver  moien  de  faire  la  paix 
entre  le  roy  d'Espangne  et  le  prince  d'Orange,  y  estant  requis  d'une  parle  et 
d'autre  parte.  L'empereur  Hudolphc,  deuxième  de  ce  nom,  y  envoia  par  le  duc 
de  Wittemberghe  Andry  Gai,  docteur  en  droit,  Warnier,  seigneur  de  Gunick,  so 
lanldrossard  du  pays  de  Juller,  messire  Mathieu,  abbé  de  Sainct-Guilleaume  et 
autres  de  la  parle  des  Eslats  Générais,  de  la  moienner  quelque  choese.  Us  se 
trouvèrent  à  Bruxelle  avec  Octavien  de  Gonsaga  et  Sa  Grâce  de  Liège,  sur 


REGNE  DE  GERARD  DE  GROESBEEK.  585 

lequel  on  s'estoit  soubmis,  où  il  fut  conclue!  une  paix  par  noire  prince  de  Liège, 
non  sans  grande  peine  et  labeur,  avec  peu  de  révérence,  bien  qu'elle  ne  fût  de 
longue  durée,  laquelle  fut  arrêtée  à  Marche  en  Famine  le  12  de  février  1577, 
laquelle  fut  appellée  la  paix  de  î  'dit  perpétuel,  par  laquelle,  le  26e  du  mois 
5  ensuivant,  don  Jean  fit  sortir  les  Espagnols  du  pays  bas  principalement  hors 
du  château  d'Anvers,  où  ils  étoient  en  garnison,  qui  fut  délivrée  au  duc 
d'Arschot,  lequel  fit  serment  de  le  garder  pour  le  roy.  (Manuscrits  29, 
fol.  254  v°  et  58,  p.  127.) 

L'an  1577,  l'êvesque  de  Liège  fut  esleu  abbé  de  Slavelot.  L'an  mesme,  par 

io  l'entremiesc  de  l'êvesque  de  Liège,  de  l'ambassadeur  de  l'empereur  Rodolphe  et 
du  duc  de  Clève  (x).  les  députés  et  comis  de  don  Jean  d'Austriche,  gouverneur 
du  Pays  Bas,  et  des  Estais  confédérés,  se  treuvèrent,  le  12  février,  à  Marche 
en  Famine,  où  se  fist  une  paix....  (Manuscrit  24,  fol.  301  v°.) 

L'an  mesme,  le  22e  de  mars,  rendirent  les  Espaingnols  le  chesteau  d'Anvers 

io  au  duc  d'Arsehot.  qui  y  mit  son  fils,  le  prince  de  Chimay  (2)  comme  camptain. 
Le  premier  de  may,  fut  don  Jan  receu  à  Bruxelles  des  seigneurs  et  bourgois 
comme  gouverneur  général  des  Pays  Bas.  Le  onzième  de  jullet,  don  Jan  entra 
à  Malines  où  il  mist  des  Allemans  et  mist  sur  le  chesteau  d'Anvers  monsr  de 
Tourlon  comme  gouverneur  de  sa  part  pour  aller  à  Nainur  recepvoir  la  duchesse 

20  de  Vendosme  (3)  qui  passoit  par  là.  Le  25e  de  jullet,  tempeste  à  Huy.  Le  29e  de 
jullet,  print  don  Jean  le  chesteau  de  Wamur,  qui  fut  coinmenchement  de  novelle 
guerre.  Le  premier  d'aoust,  fut  prins  monsr  de  Tourlon  pour  ce  qu'il  voloit 
rendre  à  don  Jan  le  chesteau  d'Anvers.  Le  28  d'aoust,  monsr  de  Beurs  livra  le 
chesteau  d'Anvers  entre  les  mains  des  bourgois  qui  le  comenchèrent  à  rompre 

25  et  démolir  du  costé  vers  la  ville. 

L'an  mesme,  la  ville  de  Looz  prins  par  les  Estats  du  Pays  Bas  Le  10e  de 
septembre,  entra  le  prince  d'Orenge  en  Anvers.  Le  24°  dudit  mois,  entra  en  la 
ville  de  Bruxelle  où  iî  fut  déclaré  gouverneur  de  Brabant.  Le  28e  d'octobre, 
ceux  de  Gand  prendirent  prisonnier  le  duck  d'Arschotte  pour  ravoir  leur  pri- 

30  vilège,  qui  peu  après  fut  délivré  et  furent  pareillement  prisonniers  l'êvesque 

(<j  Guillaume,  duc  de  Julicrs  et  de  Clèves,  1559-1592. 

(')  Charles  de  Croy,  prince  de  Chimay,  fils  de  Philippe  de  Croy,  duc  d'Aerschot. 

(*)  Voir  note  4  de  la  page  577. 


584  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

d'Ypre  (')  et  l'évesquc  de  lîruge,  monsr  de  Rassinghen,  le  grand  bailleu  d'Ybre 
et  de  Courlray. 

Le  21e  d'octobre,  arriva  l'archiduc  Malhias,  frère  de  l'empereur  Hodulphe, 
second  de  ce  nom,  en  la  ville  d'Anvers,  où  il  fut  reçeu  pour  gouverner. 
Le  ~  de  décembre,  don  Jan,  avecq  ses  adhérens,  fut  publié  ennemis  du  roy  et  5 
du  Pais  Ras  par  les  Estats.  L'onzième  jour  de  novembre,  an  mesme,  entre 
o  ou  6  heures  du  soir,  apparut  une  cornette  qui  dura  l'espace  de  lo  jours  ou 
plus.  (Manuscrit  13,  p.  460.) 

L'an  mesme,  don  Jean  d'Austriche,  fils  bastard  de  l'empereur  Charle  le 
Quinte,  fut  député  gouverneur  de  la  Gaulle  belgicque  et  obtint,  par  quelque  10 
e.->p;tce  de  temps,  sa  courte  à  Bruxelles.  Mais  les  seigneurs  de  Braibanl  et  des 
autres  pays  bas  du  roy  eurent  envie  sur  luy  et  luy  fut  quelque  trahison  machinée, 
dont  il  se  retira  à  JNamur.  Alors  les  Estats  d'iccux  pays,  tant  ecclésiasticqucs 
que  populaires,  estant  séduis  par  aucuns  nobles  mal  affectionnés  à  la  foid 
calholicque  et  par  envie,  comme  dit  est,  se  révoltèrent  contre  les  Espagnouls  et  is 
autres  fidels  serviteurs  du  roy  d'îi'spaigne  et  taschèrenl  de  les  déchasser  hors  du 
pays,  et  sur  ce  firent  armée.  Mais  lesdits  Espagnouls  et  autres  soldats  de  leur 
ligue  se  deffendirent  très  bien  et  gaignèrenl  plusieurs  villes  sur  iceux  Estais, 
à  scavoir  Anvers,  Maline,  Mastrech,  Lieue  et  plussieurs  autres  forteresses,  et 
firent  trembler  les  Estats,  lesquels  enffîn  requérèrent  l'évesque  de  Liège,  lequel  20 
esloit  homme  éloquent,  prudent  et  pacifique,  qu'il  luy  plcust  s'employer  envers 
ludit  seigneur  don  Jean  d'Austriche  pour  la  pais  du  pays  belgicque  avec  les 
Espagnouls,  ce  qu'il  fit  et  acomplit  au  très  grand  contentement  des  deux  parties. 
Et  fut  icelle  paix  nommée  la  paix  de  Gand  parce  qu'elle  y  fut  conclue  et  fermée, 
en  vigheur  de  laquelle  paix  les  Espagnouls  et  Italiens  s'en  retournèrent  dans  25 
leur  pays  avec  les  butins  qu'ils  avoient  conequesté.  Et  furent  les  Vallons 
retenus  ens  garnisons  du  pays.  Or  advint  bien  tost  après  que  lesdits  estrangers 
se  furent  retirés  en  leur  pays  que  les  Gheux.  et  signament  ceux  d'entre  eux 
lesquels  se  disoient  nobles,  continuant  leur  envie  allencontre  dudit  don  Jean 
d'Austriche  et  pour   mettre  la   foid  catholicque   en   ruyne,   firent   secrettes  30 

(*)  Martin  Iiithovius  et  Pierre  Curtius;  Maximilien  Vilain,  baron  de  Rassenghien,  conseiller  d'Ëlat, 
chef  des  finances,  gouverneur  de  Lille,  Douai  et  Orchies;  François  de  Halewin,  seigneur  dcZwcveghcm, 
capitaine  et  grand-bailli  d'Audenardc.  Cf.  II.  Pirenne,  op.  cit.,  t.  IV,  p.  109. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  585 

émotions  et  persuadèrent  aux  Estats  que  leur  roy  les  vouloit  mettre  en  extrême 
servitude  et  enraciner  au  pays  belgicque  la  nation  espagnolle,  à  cause  de  quoy 
l'occasion  se  présenloit  de  se  mettre  une  fois  en  liberté  en  deschassant  ledit 
don  Jean  d'Austriche,  lesquels  ils  accusoient  de  trahison  et  le  menaçoient  à  la 
5  mort,  combien  que  ledit  don  Jean  ne  désiroit  sinon  le  bien  du  pays  et  d'y  entre- 
tenir (outte  paix  et  la  vraye  foid  de  Jésus-Christ.  Alors  ledit  don  Jean  s'enfuia 
et  se  retira  secrettement  hors  de  Bruxelles  et  chevaucha  en  poste  à  Namur  et 
illecque  se  saisit  du  chasteau,  et  tantost  envoya  messagers  en  Espaigne  et 
Italie  pour  avoir  secours.  Sy  revindrent  les  Espagnouls  et  Italiens  et  avec  les 

10  fldels  Vallons,  lesquels  estoyent  ens  garnisons  du  pays,  firent  armée  allentour 
de  Marche  en  Famènne  et  vindrent  dans  la  comté  de  Namur  au  secours  dudit 
dom  Jean  d'Austriche.  D'autre  parte,  lesdils  Estats  firent  aussy  grosse  armée, 
laquelle  ils  mirent  sus  à  Ccmbloux,  mais  ils  furent  mal  conduits,  estants  leurs 
principaux  chieffs  gaudissants  et  triomphants  ens  jeux  et  comices  à  Bruxelles. 

is  Car  combien  celle  armée  des  Estats  fuisse  beaucoup  plus  grande  que  l'armée 
dudit  don  Jean,  sy  est  que  icelluy  don  Jean  les  aggressa  vaillamment  avec  sy 
peu  de  gens  qu'il  avoit,  faisant  porter  en  son  avant-garde  des  comphanons 
d'égliese  avec  les  croix  dessus,  en  vertu  de  quel  signe  lesdits  Estas  et  Gheux 
furent  bien  tost  et  miraculeusement  desconfit  et  en  y  mourut  beaucoup  d'icelle 

20  armée  des  Estats.  Ce  fait,  ledit  Jean  d'Austriche  passa  outre  en  Braibant  avec 
son  armée  et  gaigna  plusieurs  villes  et  places,  et  enfin  maladie  le  print,  dont  il 
mourut.  Alors  le  roy  Philippe  d'Espaigne  envoya  don  Alexandre  de  Farnesse, 
prince  de  Parme  et  de  Plaisance,  pour  estre  successeur  en  la  lieutenanterie 
dudit  Jean  d'Austriche,  sy  gouverna  ledit  prince  de  Parme  vaillamment  et 

25  vertueusement  le  pays.  {Manuscrit  25,  fol.  226  v°.) 

Le  24e  de  jullet  1577,  estant  la  royne  de  Navarre  arrivée  à  Huy,  environ  les 
six  heures  du  soir,  survint  immédiatement  ung  débordement  et  inundation  de  la 
rivière  de  Hoyoulx,  qu'elle  vint  parmi  la  ville  aussy  hault  dessus  le  grand  bassin 
estant  sur  le  marché,  de  manière  que  par  son  impétuosité  et  sa  véhémence,, 
30  rua  jus  deux  maisons  en  Maignée  où  ladicte  rivière  décolloit,  chose  hideuse  et 
dangereuse.  Et  le  laindemain,  ladicte  royne  arriva  en  la  cité  de  Liège  et  fut 
logée  au  palais  de  Sa  Grâce  Uévérendissime  notre  prince  et  luy  print  place 
Tome  II.  74 


58G  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

et  résidence  au  lieu  de  Saint-Jacques  l'abbaye.  (Manuscrit  105,  fol.  182  v°). 
Entretemps,  ceulx  de  Naesirecbl  estoient  lousjours  de  la  partie  des  héréticqs. 
De  quoy  estant  adverty,  Sa  Grâce  Révérendissime  se  transporta  plusieurs  fois 
audit  Maestrecht  affln  de  les  réduire  à  une  vraye  foy  cl  religion  et  qu'il 
les  traieteroit  comme  un  hou  prince  suyvant  le  contenu  de  sa  jurisdiction,  et  a 
d'avantage  qu'il  feroit  tellement  envers  le  roy  d'Fspaigne,  leur  prince  naturel, 
qu'il  les  prendroit  à  mercy  et  ne  leurs  feroit  nulz  inaulx.  A  quoy  ne  volurent 
entendre,  persévérants  lousjours  en  malices  et  allant  de  mal  en  pir,  courrants 
tous  les  jours  jusques  aux  portes  de  Liège,  pillants  et  desrobants  les  bourgeoys 
et  empescliants  les  vivres  de  venir  à  Liège.  (Manuscrits  105,  fol.  183  et  io 
58,  p.  150.) 

1578. 

°  L'an  1578,  au  mois  de  fébvrier,  envoya  l'empereur  Rudolphe,  second  de 
ce  nom,  une  sauvegarde  pour  tout  le  pays  de  Liège  (])  et  pour  l'abbaye  de 
Slavelot  et  de  ses  appendices,  nonobstant  cculx  de  la  garnison  de  Maestreicht,  i:, 
de  la  partie  des  Estats,  ne  laissèrent  de  piller  et  brusler  sur  le  pays  de  Liège. 
Le  premier  de  mars,  bruslèrenl  la  maison  de  Caster  appartenant  à  l'abbé 
de  Saint-Jacques,  et  successivement  plusieurs  autres,  et  la  ville  de  Saint- 
Pierre  (2)  emprès  de  Treieht,  ruinèrent  du  tout  et  pillèrent  touttes  les  bestes  et 
les  emmenèrent  en  la  ville  de  Trcict  et  ostèrent  au  malin  les  fers  des  moulins  20 
alenthour  de  Trcict  aufiin  que  si  don  Joan  les  eust  venu  assiéger,  comme  le 
bruit  couroit,  qu'il  n'eust  rien  trouvé;  mesmement  dépendirent  touttes  les 
clocbes  et  les  rompirent  et  emportèrent  tout  à  Trcict  pour  faire  artilleries. 

L'an  mesme,  le  9  de  mars,  le  dimenche  délie  Letare,  fut  consacré  à  abbé  de 
Saint-Laurent  Jacque  Thome  (3)  par  les  mains  de  Sa  Grâce  Illustrissime  et  2b 

"  Le  lexte  commençant  ici  et  finissant  :  qu'on  dévaloit  en  ?a  fosse,  est  très  fortement  abrégé  dans  le 
manuscrit  S.  Nous  le  reproduisons  d'après  les  manuscrits  5,  2ô  et  S?  beaucoup  plus  complets. 

i,i)  Cf.  Carlulaire  de  Saint-Lambert,  t.  V,  p.  401,  acte  du  2'J  décembre  1577. 

(2)  Voir  les  plaintes  du  Conseil  prive  à  ce  sujet  dans  le  registre  IX  des  Dépêches,  fol.  209  et  21 1. 

(3)  Jacques   Thomas,    élu    abbé   de    Saint-Laurent    le   3    octobre    1576    et    pourvu     à    Rome    le  30 
1(5  décembre   1577.  Cf.  D.  U.  Bbruèiu:,  Monaslicon,  t.  Il,  p.  53,  et  Les  éviqttes  auxiliaires  de  Liège, 

p.  96. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  587 

Révérendissime,  en  l'église  collégiale  Saint-Martin.  Car  peu  devant  estoit 
trespasséz  Grégoire  Silvius,  son  suffragant,  de  Tordre  des  Prcscheurs,  lequel 
cinq  jours  avant  sa  mort  avoit  conférez  les  ordres  de  prestrise  en  sa  maison 
claustrale  à  Saint-Paul,  où  il  estoit  chanoine,  scavoir  le  "li  de  febvrier,  samedi 

s  des  Quatre  temps,  après  le  jour  des  Cendres.  En  mesme  temps,  fut  envoyé 

à  Sa  Grâce  le  bonnet  de  cardinal  par  Grégoire  15,  par  un  sien  Chamberlain 

appelle  Guilheaume  de  Grymbergh,  lequel  en  récompense  de  ce  fut  faict  par 

Sa  Grâce  chanoine  et  doyen  de  l'église  collégiale  de  Saint-Jean  Evangélistc  (1). 

L'an  mesme,  le  samedi  après  la  Lclare,  furent  les  ordres  de  prestrise  célébrez 

io  par  Sa  Grâce  Révérendissime  en  la  chapelle  du  palais  et  encor  la  veille  de 
Pasques.  L'an  mesme,  le  premier  de  may,  mourut  seigneur  Guilheame  de  la 
.Marche,  seigneur  de  Lumay,  d'une  ûèvre  chaude,  ayant  peu  de  temps  devant 
estez  mordu  d'un  sien  chien  au  bras  Jextre  (*).  L'an  mesme,  le  10°  de  juin,  fut 
prinsc  Lymbourgh  par  composition  (3).  Le  20  du  mesme  mois,  fut  prinse  par 

15  force  la  ville  de  Dolhein  (4)  et  y  furent  tuez  hommes,  femmes  et  mesmement 
les  petits  enfians  par  les  Espagnols,  et  après  mirent  le  feu  dedens.  L'an  mesme, 
au  mois  de  juillet,  vint  de  rechef  à  Liège  le  duc  de  Nevcrs  (5)  et  fut  logé  en  la 
maison  d'Arembergh  à  Saint-Marlin  en  Mont,  et  se  départit  au  mois  d'aoust 
ensuyvant.  L'an  mesme,  grande  seicheresse  commença  au  mois  de  may  jusques 

20  en  septembre,  par  quoi  la  rivière  de  Meuze  devint  si  petitte  qu'il  n'estoit 
mémoire  d'homme  vivant  de  l'avoir  veu  si  petitte  et  si  longuement,  car  ainsi 
demoura  l'espace  de  sept  mois.  Ce  mesme  an,  fut  très  grande  abondance  de  tous 

(*}  Le  bref  de  nomination,  date  du  -  mars  1578,  se  trouve  dans  le  Carlulairc  de  Saint- Lambert, 
t.  V,  p.  401.  Le  chapitre  de  Sainl-I  ambert  fui  informé,  par  un  bref  du  Pape  en  date  du  20  mars,  de 
2b  cette  promotion.  Cf.  Conclusions  capitittaircs  de  Saint-Lambert.  Voir  aussi  Dépêches  du  Conseil  privé, 
reg.  IX,  fol.  526  V,  535,  579,  les  lettres  de  félicitations  reçues  par  le  nouveau  cardinal.  Sur  Guillaume 
de  Glymes  de  Griniberghc,  voir  De  Theux,  t.  III,  p.  179,  et  Lahaye,  Chartes  de  Saint-Jean,  t.  I, 
p.  xxxvi. 

(*)  Guillaume  II  de  la  Marck,  baron  de  Lummcn.  Cf.  db  Ccestret,  Histoire  de  la  maison  de  la  Marck, 
50  pp.  211-220,  et  Gobert,  op.  cit.,  t.  IV,  p.  128. 

(')  Le  siège  commença  le  9  juin  et  la  forteresse  fut  prise  le  16  suivant.  Voir  Tuisquen,  Histoire  de 
la  ville  de  Limbourg,  t.  I,  pp.  47-55. 
(')  Dalhem. 

(8)  Voir  page  570,  noie  1.  Une  lettre  de  Gérard  de  Groesbeeck  au  duc  de  Nevcrs,  du  22  juin  1580, 
35  confirme  la  présence  du  duc  aux  eaux  de  Spa.  Dépêches,  reg.  XI,  fol.  79. 


588  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

biens  de  la  (erre  comme  fruict.  grains  et  vins  et  fut  grande  mortalité  presque 
générale,  telement  qu'en  la  ville  de  Louvain,  de  10,000  personnes  ne  sont 
demeurez  presque  iOO  en  vie.  Plusieurs  ont  esté  enterrez  vifs,  comme  on  peut 
veoir  par  trois  exemples  :  l'un  se  resveillit  par  les  voix  des  prestres,  lequel  les 
marteaux  des  menuisiers  n'avoyent  pas  rcsveillé;  le  deuxième  fut  une  femme,  o 
laquelc  on  portoit  en  terre;  le  troisième  un  qu'on  dévaloit  en  sa  fosse. 

L'an  mesme,  l'huictième  d'octobre,  furent  observées  des  indulgences  en  la 
cité  de  Liège  envoyées  par  nostre  Sainct  père  le  pape  de  Rome  et  le  jour  sus- 
dict,  fut  tout  le  clergé  de  Liège  en  procession,  premier  à  l'église  de  Sainct- 
Lambert,  Sainct-Bartbolomé  et  à  l'église  parochiale  Sainct-Jan  Baptiste.  Et  y  10 
avoit  si  grand  nombre  de  gens  qu'on  ne  pouvoit  tous  entrer  dedens  les  églises  ; 
ce  fut  par  un  mercredi.  Le  10"  jour,  par  un  vendredi,  fut  faicte  derecbeff 
procession  à  Sainct-Lambert,  Saincle-Croix,  Sainct-Martin  et  Sainct-Pierre. 
L'onzième,  par  un  samedi,  à  Sainct-Lambert,  SainetDenis,  Sainct-Paul, 
Sainct-Jacquc  et  Saint-Jan  Evangéliste,  en  chantant  à  louttes  les  églises  les  îs 
litanies  a,  lesqueles  depuis  on  continua  à  chanter  tous  les  jours  à  touttes 
les  églises  devant  le  grand  autel  et  ce  avant  la  grande  messe.  Et  dura  longue- 
ment en  priant  tousjours  Dieu  de  vouloir  convertir  les  dévoyez  de  la  saincte 
foy  et  église  romaine  et  envoyer  une  bonne  paix. 

L'an  mesme,  le  23  d'octobre,  fut  pillée  VVareme  (')  et  plusieurs  villages  20 
à  l'environ  par  les  Espagnols. 

L'an  mesme,  le  dernier  de  janvier,  don  Joan  d'Austriche  obtint  la  victoire 
à  Gemblou  contre  les  Estats;  il  gaigna  70  enseignes  et  plusieurs  cornettes. 

Le  i  d'octobre,  mourut  don  Joan  près  de  Namur  de  peste.   Le  7  dudit, 

Binche  fut  prias  et  saccagée  par  les  Françoys.  25 

# 
*     # 

Grande  sécheresse  au  mois  de  may  jusques  au  mois  de  septembre.  L'an 
mesme,  grande  abondance  de  tous  biens  de  la  terre.  Grande  mortalité  presque 
universelle.  (Manuscrit  102,  fol.  161 .) 

Le  14°  de  mois  de  may  an  1578,  de  nuict,  prindrent  les  soldats  de  la 

o  grégorianes  :  addition  du  manuscrit  S.  .30 

(')  Voir  Dépêches  du  Conseil  privé,  reg.  IX,  fol.  48S  v°  et  reg.  X,  fol.  'J5  v°  cl  120  v». 


REGNE  DE  GERARD  DE  GROESBEEK.  589 

garnison  de  Trect  leur  coronelle  prisonnier  qui  estoit  le  seigneur  de  Heze  (1), 
avec  les  capitaines  et  officiers,  demandant  argent,  ce  qu'estoit  une  choese  faict. 
Car  don  Jean  d'Austrichc  envoya  incontinent  deux  espions,  l'ung  s'appellant 
Jean  Martin  et  l'autre  Taxis,  mandant  au  soldat  que  s'il  vouloient  rendre  la 
5  ville,  il  leur  donneroit  cinequante  mille  escus  et  qu'ils  seroient  payés  de  ce 
qu'on  leur  devoit.  El  cieulx  qui  portèrent  les  lettres  fuient  jectés  jus  de  pont 
dans  la  rivier  de  Moeuse.  Ce  nonobstant,  aulcuns  soldats  convoiteux  d'avoir 
argent  entreprendrent  de  la  rendre  aux  Espagnoles  par  quelque  moyen  secret 
et  de  mettre  le  feu  aux  quatre  costé  de  la  ville  et  puis  estre  en  arme,  cependant 

io  les  Espagnoles  dévoient  estre  prest  à  entrer.  Mais  le  tout  fut  descouvert  par 
cieulx  de  la  ville,  dont  y  eut  bien  trois  cent  soldâtes  exécutés,  les  uns  par 
l'espée,  les  aullres  jectés  en  Moeuse  et  noies.  Mais  le  seigneur  de  Heze.  gouver- 
neur, usa  par  trop  de  sévérité,  car  il  debvoit  encor  un  peu  différer  et  supporter 
un  peu  jusques  à  ce  que  les  Espagnoles  eussent  esté  retirés,  dont  il  en  fut 

»3  blasmé  et  en  eut  grand  reproche.  (Manuscrit  62,  fol.  216  v°.) 

Cette  année,  don  Juan,  ayant  deffaict  l'armée  des  confédérés  à  Gemblours, 
passa  avec  son  armée  à  travers  du  pays  de  Liège.  Et  la  duchesse  de  Parme  vint 
à  Liège,  où  elle  fut  bien  receue  par  l'évesque  qui  la  traicta  dans  son  palais  et 
la  conduit  jusqu'à  Namur.  Pendant  quel  temps,  les  François  brûlèrent  le  bourg 

20  de  Chastelet,  les  abbayes  de  Lobbes  et  d'Aine  et  tous  les  villages  d'allentour. 
(Manuscrits  45,  p.  769  et  47 ,  fol.  141.) 

L'an  1578,  fut  brusléz  Chasselet  sur  Sambre  et  l'abbaye  de  Lobbe  et  autres 
pillée  par  les  François  du  due  d'Alençon  pour  ce  qu'il  s'estoints  mis  en  deffence. 
{Manuscrit  26bh,  fol.  371  v°.) 

25  L'an  1578,  le  5e  d'octobre,  furent  de  grands  pardons  et  indulgences  donnés 
par  le  pape  Grégoire,  avec  pardon  de  peine  et  de  coulpe,  en  jeusnant  le 
vendredy  et  samedy  et  recevoir  le  dimanche  le  Sainct  Sacrament,  priant  Dieu 
pour  l'extirpation  des  hérésies  en  la  comté  de  Flandre  et  de  Brabant,  en  outre 
pour  les  protecteurs  et  deffenseurs  d'icelles,  conséquament  pour  la  maladie 

30  contagieuse,  pour  la  paix  et  union  entre  les  princes  chrestiens,  esquels  indul- 
gence il  fut  accordé  et  ordonné  de  chanter  messe  et  devant  icelle  les  litanies 
jusqu'à  Raphaël  par  touttes  les  égliescs.  (Manuscrits  29  et  70,  fol.  264  v°.) 

[l)  Guillaume  de  Ilornes,  baron  de  Hèze.  Cf.  H.  Pirenme,  Histoire  de  Belgique,  t.  IV,  p.  145. 


590  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

1579 

L'an  1579,  le  premier  de  janvier,  entra  en  l'église  de  Liège  comme  cardinal, 
accoustré  en  rouge,  en  grande  triomphe,  avec  la  noblesse  du  pays,  Sa  Grâce 
Kévérendissimc  Mr  Gérard  de  Groesbeeck,  évesque  de  Liège.  Ce  même  jour, 
fut  instituez  à  Paris  par  Henri,  roy  de  France,  troisième  de  ce  nom,  l'ordre  de  5 
la  Saincte  Trinité  en  l'église  des  Auguslins. 

L'an  mesme,  en  janvier,  le  prince  de  Panne  print  le  chasteau  de  Kerpen 
emprès  Coullongne;  en  fébvrier,  print  pareillement  le  chasteau  de  Wert,  et  de 
là  vient  le  prince  de  Parme  mettre  le  siège  devant  Treicht.  En  mesme  temps, 
eut  en  la  ville  de  Coullongne  (d)  congrégation  de  plusieurs  commissaires  tant  10 
des  Estats  que  de  la  partie  du  roy,  pour  trailter  de  paix,  lesquels  flnablement 
se  départirent  sans  rien  conclure  ". 

L'an  mesme,  le  sixième  de  mars,  furent  brusléz  les  fauxbourgs  de  la  ville  de 
Sainct-Tron  par  les  Espagnols  pour  un  capilain  que  ceulx  de  la  ville  avoyent 
tirez  mort.  Ce  mesme  an,  furent  faictes  par  ceulx  de  Treict  grandes  pilleries  15 
par  le  pays  de  Liège. 

L'an  mesme,  le  7  de  mars,  furent  baptisez  à  la  paroiche  Sainct-Albert  en 
Liège  trois  enffans  d'une  porture  :  un  filz  et  deux  tilles,  lesquels  peu  après 
moururent  et  furent  tous  ensemble  enterrez  en  la  paroiche  Sainct-Martin  en 
Isle  avec  leure  mère.  20 

Le  9  de  mars,  arrivèrent  les  Espagnols  devant  et  alenthour  de  Treict  pour 
l'assiéger  et  prindrent  plusieurs  prisoniers  à  leur  venue,  qui  estoient  sortis 
pour  aller  piller  à  leur  manière  accouslumée,  lesquels  ils  firent  incontinent 
pendre.  Le  15°  de  mars  après,  passa  sur  la  rivière  de  Meuzc  l'artillerie  et 
munition  de  guerre  pour  les  Espagnols  estants  campez  devant  la  ville  de  Treict.  25 
[Dont  peu  après  donnarent  les  Espagnouls  l'assault,  pensant  entrer  en  la  ville, 
mais  ils  furent  rebaré  bien  Orcment  par  ceulx  de  la  ville  et  grand  nombre 
d'Espagnouls,  Italiens  et  Wallons  demourarent  mort  dedans  les  fosse]  a. 

0  Passage  omis  dans  le  manuscrit  3. 

(*)  Sur  ce  congrès,  voir  II.  Pirenne,  Histoire  de   Belgique,  t.  IV,  p,  156,  note  I,  et  Daius,  op.  cit.,  30 
p.  586. 


REGNE  DE  GERARD  DE  GROESBEEK.  591 

Le  i"2  de  juin  an  mesme,  le  procureur  des  Chartreux,  ayant  achaptéz 
des  poissons,  s'en  alla  à  l'église  de  Sainct-Lambcrt  à  ses  affaires,  où  estant 
arrivé,  tombit  de  mort  subite  sans  dire  une  seule  parolle. 

Le  17e  du  niesme  mois,  la  veille  du  vénérable  Sainct-Sacrament.  Mr  de  Bcr- 
5  laymont  (*),  seigneur  de  Hierges,  estant  peu  de  temps  devant  arrivez  au  camp 
de  Maeslreicht,  voulant  aller  visiter  la  plus  foible  place  de  la  ville,  fut  tirez 
mort  par  ceulx  de  la  ville. 

Le  jour  du  Sacrament,  furent  eneor  baptizés  en  l'église  parocbiale  de  Saincl- 
Albert  en  Liège  trois  autres  enlïans  d'une  ventrée,  sortis  en  mesmc  temps  : 
îo  deux  fils  et  une  fille;  la  mère  demeuroit  à  l'islea  des  Fèbvres. 

Le  29  de  juin,  le  jour  de  sainct  Pierre  et  sainct  Paul,  du  matin,  fut  prinse 
la  ville  de  Maestreicht,  où  furent  mis  à  mort  tous  ceulx  qui  esloient  sur  les 
ruues.  hommes,  femmes  et  enffans;  plusieurs  en  se  voulants  sauver  à  VVyck 
tombèrent  en  l'eau  et  furent  noyez.  Après  fut  toutte  la  ville  enlhièrement  pillée 
!5  et  les  hommes,  femmes  et  enflants  qui  resloient  prins  prisonniers  et  rançonéz 
à  grande  somme  de  deniers.  Ceulx  qui  ne  pouvoient  payer  esloient  mis  cruele- 
ment  à  mort.  Le  prince  de  Parme  esloit  général  de  l'armée. 

L'an  mesme.  le  4  de  juillet,  après  la  prinse  de  Treict,  fut  reeonsacrée  l'église 
de  Mr  Sainct-Servais  par  le  suffragant  de  Liège  (2).  et  le  lendemain  fut  faicte 
20  une  procession  et  fut  porté  le  sainct  Sacrament  en  grande  solemnité  comme  le 
jour  mesme. 

Saison  d'aonst  fort  pluvieuse,  par  quoi  les  grains  au  champ  furent  fort  gastéz 
et  en  eut  bien  peu  (3),  et  les  vins  furent  très  durs  et  très  chers,  le  pot  de  vieulx 
vin  de  France  fut  vendu  en  Liège  deux  florins  liégeois  et  communément  on 
23  le  vendoit  30  ou  54  aidants   L'an  mesme,  mortalité  générale  Q. 

a  après  la  prinse  de  Treicht,  fut  à  Liège  sy  grande  mortalité  et  presque  universelle  :  manuscrit  25. 

(*)  Gilles,  comte  de  Bcrlaymont,  baron  de  llierges  et  de  Perwez, gouverneur  de  Gueldre.  Cf.  Lefort, 
1"  partie,  t.  II,  p.  142. 

(-)  André  Strengnart,  éveque  de  Tagastc,  évêque  auxiliaire  de  Liège  de  1 578  à  1615.  Cf. 
30   D.  U.  Beeiière,  Les  évêques  auxiliaires  de  Liège,  p.  97. 

(3)  Le  prix  des  céréales  ne  marqua  cependant  qu'une  fort  légère  hausse  :  le  muids  d'épeautre 
coûtait  en  novembre  19  florins,  soit  deux  florins  de  plus  que  l'année  précédente.  Cf.  Manuscrit 
Université  n°  1380  :  rapports  faits  aux  éclicvins  de  Liège  par  les  jurés  des  muids  au  sujet  du  prix  des 
grains  de  1577  à  1596. 


592  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 


* 


L'an  1579,  le  vinte  deusième  jour  du  mois  de  janvier,  le  cardinalle 
Grousbek,  évcsque  et  prince  de  Liège  se  trouvant  au  conseil  de  la  cité  de  Liège, 
on  y  remonstrat  quy  n'avoit  jamais  esté  ny  paru  autre  que  un  prince  porté 
à  la  conservation  du  pays  et  de  sa  neutralité,  nonobstant  ce  pays  avec  sa 
neutralité  qui  n'est  en  guerre  avec  personnes,  néantmoins  les  gens  de  guerre  de  5 
l'une  ou  l'autre  partie  ne  cessoient  de  le  maltraiter.  Cependant  en  quelle  forme 
que  le  cardinal  se  mist,  il  ne  pouvoit  espuiser  les  soldats  qui  venoient  dans 
son  pays,  lesquels  mangeoient  et  dévoroient  tout,  ravageant  tout  et  constrain- 
gnant  les  inhabitans  de  Hougarde  à  des  grandes  et  immenses  contributions,  sy 
bien  qu'il  fut  constraint  d'envoyer  Jean  !)ay,  capitaine  assé  addonné  à  la  10 
guerre  avec  quelques  troupes  les  en  desebasser,  comme  il  fit.  {Manuscrit  45, 
fol.  295  v°.) 

L'an  loTi),  la  contagion  fut  suivie  de  la  faminne,  puisqu'un  pain  de  seigle 
se  vendoit  douze  pattars  et  les  autres  vivres  à  proportion.  (Manuscrits  43, 
p.  769;  45,  fol.  295  et  47,  fol.  UL)  is 

Amy  lecteur,  ne  trouve  estrange  que  je  traiete  de  la  ville  de  Trcct  et  non  des 
aullres  de  Braibant,  c'est  parce  que  Trect  est  en  partie  pays  de  Liège,  mais  le 
roy  s'en  veut  faire  maistre  au  détriment  des  Liégeois.  Audit  Trect,  se  délivra 
une  femme  de  trois  enfans;  en  ce  mesme  temps,  fut  refaietc  la  tour  de  Saint- 
Laurent  qui  avait  esté  bruslée  quand  le  prince  d'Orenge  vint  devant  Liège.  20 
[Manuscrit  62,  fol.  216  v°.) 

Pendant  ce  siège  (de  Maestrieht),  comme  le  prince  de  Parme  n'avoit  du 
canon  suffisant  pour  la  batterie,  l'évêque  lui  en  prêta  20,  entre  lesquels  il  y 
en  avoit  12  belles  et  grandes,  nommées  pour  leur  grandeur  et  beauté  les 
Douze  apôtres,  lesquels  on  n'a  jamais  restitué,  ains  sont  à  présent  par  accident  25 
tombées  es  mains  des  Hollandois,  placées  en  divers  villes  et  places,  l'ayant 
aussi  assisté  de  toutes  amonitions  requises  et  de  toutes  sorte  de  vivres,  avec 
4,000  pionniers,  ce  qui  avança  fort  ledit  siège.  Pendant  lequel  le  prince 
de  Parme  était  logé  dans  Visé,  ce  qui  offensa  fort  ledit  prince  d'Orange,  s'en 
réservant  un  jour  sa  vengeance,  au  contraire  du  duc  de  Parme  qui  remercia  les  30 
Liégeois  de  l'assistance  qu'ils  luy  avoient  fait  durant  ce  siège.... 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  593 

Or,  comme  les  Liégeois  couroient  au  camp  des  Espagnols  acheter  le  pillage 
et  butin  des  pauvres  Trectenaires,  ils  rapportèrent  aussi  avec  eux  la  peste,  qui 
causa  une  telle  infection  que  les  terres  des  villages  voisins  furent  laissées  sans 
aucun  labeur  et  les  grains  sans  élre  coupés.  Les  Hutois  furent  plus  sages,  car 
5  leurs  bourguemaistres  ne  voulurent  jamais  permettre  qu'aucuns  de  leurs  bour- 
geois y  allassent. 

L'Artois  et  le  Hainaut  s'étant  démembrés  de  l'union  des  autres  provinces  sous 
le  nom  de  Méconlcns.  les  États  généraux,  voyans  qu'on  tachoit  de  les  séparer 
les  uns  des  autres,  firent  et  arrêtèrent,  le  29  de  janvier,  une  union  et  accord 

10  appelé  d'Ltrecht  pour  empêcher  d'autres  à  se  déjoindre.  (Manuscrits  38, 
p.  152  et  43,  fol.  29-5) 

Le  29e  jour  de  jung  an  1579,  fut  prinse  la  ville  de  Macstrichl  par  le  prince 
de  Parme  sans  aucune  perte  de  sis  gens,  par  une  matinée  que  le  peuple  esloit 
endormy  par  force  de  travaille  qu'ils  avoient  eu,  où  furent  tués  tous  ceux  qui 

îs  furent  rencontrés.  El  n'eust  été  le  prince  de  l'arme  qui  fit  cesser  les  soldats,  ils 
eussent  tout  saccagé  les  bourgeois.  Par  quoy  ils  furent  mis  à  ranson  et  tous 
leurs  biens  confisquez  et  vendus.  Par  quoy  les  Liégeois  allèrent  requérir  les 
vieux  chaudrons  de  leur  grande  mère,  c'est  à  dire  que  les  Liégeois  allèrent 
requérire  leur  bien  que  les  Trectenairs  avoient  prins  aux  Liégeois  du  temps  de 

20  duc  Charle  de  Bourgogne  l'an  156S  (sic)  ('),  lorsqu'il  print  et  saccagea  Liège. 
Ainsy  fut  prin  l'oiseau  sur  son  nyd.  Ores  durant  le  siège,  ils  avoient  forgé  les 
dallers  de  40  patlars  et  autres,  sur  lesquels  pièces  estoient  escript  :  Trajeclo 
alby  his  (2)  obsesso  projustae  causae  deffensione,  ayant  d'un  costé  une  main 
tennante  une  espée,  de  l'autre  une  esloilie,  qui  est  les  armes  de  la  ville.  {Manu- 

25  scrits  29,  fol.  26 S  V  et  60.) 

Pendant  que  ladite  ville  esloit  assiégée,  on  y  usoit  de  monnoye  de  cuivre 
comme  deniers,  pattars,  dalers  et  escus,  estant  escript  à  fung  des  cosléz  : 
Trajeclo  ab  Hispanis  obsesso,  et  de  l'autre  eoslé  esloit  escript  alentour  : 
Projustae  causae  defensione.  Encor  esloit  escript  alenlour  :  Protège,  Domine, 

30       (')  Cf.   Mandement   non   ilalc  du   Conseil  privé,   Dépêches,   reg.  IX,  fol.   84   v°,   interdisant   aux 
bourgeois  de  Liège  d'acheter  des  objets  provenant  du  pillage  de  Maestriclit. 
(»)  Lisez  :  ab  Hyspanis. 

Tome  II.  7d 


594  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

populum    tiium   propler  nominis   lui  gloriam.    (Manuscrits  27  et  64) 
Après  avoir  tenu  le  siège  devant  icelle  ditte  ville  l'espace  de  quatre  mois  et 
y  avoir  cxploicté  beaucoup  de  faicts  d'armes,  à  cause  que  ceulx  de  dedans 
faisoycnt  grandes  cl  merveilleuse  résistance,  et  y  moururent  des  deux  costés 
grand  nombre  de  gens  et  plussieurs  braves  et  excellents  ebevalliers  et  capitaines,  s 
tant  Italiens,  espagnols,  Bourgingnons  que  Wallons.  Entre  aultre,  du  coslé  du 
Roy,  moururent  le  comte  de  Berlaymont,  seigneur  de  Hierge  ('),  d'un  coup  de 
harquebuse,  le  fils  Henry  de  Berlaimont  dict  Floyon,  grand  mayeur  de  Liège, 
fut  tiré  en  une  jambe  dont  il  en  mourut;  le  capitaine,  ja  bourgmestre  de  Liège, 
fut  occis  en  une  escarmouebe  (2).  Bref,  qui  vouldroit  escrire  louttes  les  parti-  îo 
cularilés  de  ce  quy  advinrent  pendant  ce  siège  tant  en  assaillant  ladilte  ville 
qu'en  escarmouebant,  je  croy  qu'on  en  feroit  un  grand  volume.  Et  pour  ce  que 
ceulx  de  dedans  n'avoienl  point  d'argent,  firent  forger  monnoye  de  cuivre  où 
estoit  impres  à  ung  des  costés  les  armes  de  laditte  ville  et  l'aullre  costé  y  avoit 
une  main  tenante  une  espée  et  escript  comme  s'ensuit  :  Trajecto  ab.  Hisp.  13 
obses.  pro  jus.  causa  defénsione,  valissants  aulcuns  4  0  pat.  et  estoient  de  la 
grandeur  d'un  demy  pbilippe  daller,   et  aulcuns  à  l'advenant,  avec  laquelle 
monoye  les  soldats  acbaploient  parmy  laditte  ville  toulles  sortes  de  nécessités  et 
n'osoit-on  les  refuser,  ayants  les  gouvencurs  de  laditte  ville  faicl  croire  qu'in- 
continent que  le  camp  seroit  levé,  on  leur  donneroit  d'aullre  argent,  et  estante  20 
ladite  ville  prinse,  l'on  trouvai  ens  maisons  des  bourgeois  grands  monceaulx  de 
cette  monoye  de  cuivre.  (Manuscrit  72,  fol.  47 1  v°.) 

Trccht  assiégée  par  le  roy  d'Espaigne.  —  L'an  1579,  la  ville  de  Trect 
fut  assiégée  par  les  gens  du  roy  d'Espaigne  et  battue  avec  62  pièces  de 
canons,  dont  la  plus  grand  part  on  avoit  laissé  passer  à  Liège,  se   que  on  25 
n'eust  faict  s  il   n'eussent  eslé  rebelle  et  pillé  le  pays  de  Liège.   La  ville 
donc  fut  ballue  avec  les  canons  susdits  tellement  qu'il   firent  une  brèche 


(,')  Voir  page  591,  noie  t. 

(>)   II.  i  m. ,11  de  Berlaymont  de  Kloyon,  né  en  1552,  fils  du  grand  majeur  Henri  de  Berlaymont. 
Il  servait  en  qualité  de  lieutenant-eolonel  sous  les  ordres  de  son  cousin  Gilles  qui  fut  également  tué  30 
devant  Maestriclit. 


RÉGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  595 

par  où  il  montèrent  à  la  brèche  vaillament.  Mais  cieulx  de  dedens  se  deffen- 
dirent  si  bravement  qu'ils  furent  répuisés,  non  sans  grand  perd  de  leurs  gens,  et 
y  demeurèrent  plusieurs  grands  seigneurs  et  beaucoup  de  blessés,  et  ausy  des 
brûlés  par  le  feu  qu'ils  jectoient  de  la  ville  par  les  femmes,  et  ausi  avec  pieres, 
5  tellement  que  les  Espagnoles  disoient  eux-mêmes  que  jamais  ils  n'avoient  veu 
sy  braves  gens  de  guerre.  11  faut  entendre  que  la  plus  grande  parte  paysans 
illecque  réfugiés  et  beaucoup  qui  n'estoient  à  dexlre  aux  armes.  Aux  uns 
on  donnoil  des  fléau  avec  des  poinltes  de  ferre,  aux  aultres  des  grands  pickot 
de  Hacourt;  avec  telles  armes  se  défendèrent  si  bien  et  si  dextremcnt  qu'il  n'est 
io  à  croire.  On  faisoit  contreminer  les  paysans  ce  que  les  Espaignolles  avoient 
miné,  tellement  qu'ils  ne  peurent  rien  faire  pour  lors. 

Le  18e  jour  de  juin,  monsieur  le  conte  de  Berlaimont  fut  tué  d'ung  coup  de 
mousket,  que  fut  une  grande  perte  pour  cieulx  du  camp.  C'estoit  un  seigneur 
prudent  et  sage  et  qu'estoit  aymé  d'ung  chascun. 

15  Comment  la  ville  de  Treict  fut  prins.  —  Le  29e  de  juin  an  1579, 
la  ville  de  Trect  fut  prins  par  les  Espaignolles  sans  perdre  beaucoup  de  gens, 
car  cieulx  de  dedens  la  ville  estoient  fort  fatigué  du  travaille  de  se  deffendre, 
mais  l'on  attribua  à  la  permission  divinne  qu'ils  s'endormirent  si  long 
matinée   que   les  Espaignolles,   en   estant  adverli,   entrèrent    librement   en 

ao  ladit  ville  et  y  estant  entré,  ils  tuèrent  tous  cieulx  qu'ils  rencontrèrent;  puis 
après  d'aulcuns  furent  mis  à  ranson  et  la  ville  mis  au  pillage.  Ce  faict,  y  fut 
mis  garnison  par  le  ducq  de  Parme,  pour  lors  gouverneur  aux  Pays  Bas 
et  capitaine  généralle,  dont  en  fut  faict  un  vers  : 

L'an  1579,  de  mois  de  juin  le  vingt  neuvième, 

55  Maestricht  longtemps  pucelle 

perdit  la  fleur  de  son  esloille. 

(Manuscrit  62,  fol.  218  V.) 

L'an  1579,  au  mois  de  juing  et  après,  à  cause  du  siège  de  Maestreick, 

moururent  infinité  de  gens  allenthour  iludit  Treick.  Item  à  Aix  et  allentour; 

30  à  Liège  semblablement  en  moururent  grand  nombre,  mesme  à  Huy,  Saint- 

Trond,  llasselt,  iMaeseck  et  Stockhem  et  allenthour  de  ces  carliers.  Aulcuns 


596  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

cslimoicnt  qu'on  aulcunes  dcsdiltes  villes,  moururent  les  deux  tierces  des  habi- 
tants. Cela  advint  à  raison  que  les  vilagois  d'alenthour  de  la  ville  de  Treick 
estoient  réfugiés  ensdittes  villes  aveeque  leurs  bestiaulx,  quy  causât  grande 
putréfaction,  même  que  beaucoup  de  gens  dcsdiltes  villes,  mennoienl  à  vivre 
audit  siège,  lequel  estoit  aussy  infecté,  et  par  ainsy  rapportèrent  laditte  maladie  5 
ens  villes  comme  peste,  corence  et  aultres  ('). 

L'an  susdit,  fut  le  premier  an  que  les  pères  Jésuiltes  commencèrent  à  babiller 
en  Liège  :  premièrement  se  tindrent  une  espace  de  temps  à  la  maison  joincle 
à  l'engliese  paroebiale  à  Saint-Servais  et  preschoient  lors  a  Sainle-Croix. 
Depuis  ont  demeuré  en  Souverain  Pont,  à  l'opposilte  de  la  chapelle  des  Clereqs,  10 
dont  de  leur  maison  sont  au  présent  faietes  G  à  7  maisons.  Depuis  Tan  IhSl, 
furent  introduicls  à  la  maison  des  Fralres  sur  l'isleau  (2).  Tout  le  temps  qu'ils 
ont  habité  en  Liège,  ont  presché,  communié  et  confessé  premier  en  ladille 
engliese  de  Sainte- Croix,  depuis  à  Saint-Denis  et  depuis  en  leur  englieses,  où 
puissent  à  jamais  demeurer.  ta 

L'an  susdit,  fut  accordé  par  les  Estais  du  pays  de  Liège  de  payer  sur  ebascun 
muid  de  spelte  de  rente  2  pallars,  sur  ebasque  florin  brahanl  ung  pattar,  sur 
chaque  florin  liégeois  ung  aidant  (3).  (Manuscrit  72,  fol.  172.) 

1580. 

L'an  1580,  le  M"  de  janvier,  retourna  nostre  évèque  "  de  Stavelotz  à  cause  20 
qu'on  murmuroit  en  la  cité  de  ce  que  les  Espagnouls  venoient  manger  et  piller 
tout  jusques  aux   portes  de  Liège;  cela   fut  cause  que  nostre  bon  évesque 
se  partit b  en  son  batteau  et  s'en  allai  à  Treiehl  parler  au  prince  de  Parme  qui 
le  receu  en  grand  honneur  (4).  Puis  cela  achevé,  nostre  bon  évesque  fit  une 

"  Sa  Grâce  :  manuscrits  3  et  8.  —  b  à  cause...  se  départit  :  passage  omis  dans  manuscrits  S  et  8.       2a 

('    Sur  cette  épidémie,  voir  mandement  du  20  juillet  iù79. 
O  Voir  page  52!,  note  i. 

(3)  L'impôt  sur  les  renies  fut  volé  par  les  litats  dans  la  session  de  janvier  i 578. 
(*)  Sur  ces  négociations,  voir  Dépêches  du  Conseil  privé,  rcg.  X,  fol.  203  v°,  2G9,  271.  et  reg.  XI, 
fol.  91  et  92.  30 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  597 

requcste  au  dit  prince  de  Parme,  et  luy  furent  présentées  les  cleff  de  la 
ville  en  un  plat  d'argent,  et  luy  fut  accordée  sa  requcste,  car  peu  de  jours 
après,  les  Espaignollcs  se  retinrent  hors  du  pays  de  Liège,  et  après  °  fut 
mys  tant  du  cousiez  de  noslre  prince  que  du  roy  d'Espaignc  garnison  en  la 
s  dicte  ville. 

Le  7e  d'avril  ',  dernière  des  festes  de  Pasques,  tremblement  de  terre. 

Le  27  de  fébvrier  du  an  mesme,  fut  la  ville  de  Treicht  (L)  prinse  par  le 
comte  d'Aygmonl  avec  l'ayde  des  bourgois  qu'avoienl  plusieurs  gens  du  roy  en 
leurs  maisons, 
to  L'an  mesme,  sèche  temps  durant  aussy  depuis  le  mois  de  may  jusques 
à  novembre  presque  continuellement;  les  rivières  et  eawes  fort  petiltes,  et 
n'esloil  en  mémoire  d'hommes  de  les  avoir  veu  si  basses  c. 

L'an  mesme,  le  12e  d'aoustrf,  tombât  le  tonnière  sur  le  clochier  Noslre-Dame 
à  Huy,  et  emprès  de  Huy  emporta  un  tacq  de  grains  que  un  moulnicr  avoit  sur 
15  sa  teste,  sans  mal  faire  au  dit  moulnier,  cl  à  Boisée  tombal  sur  un  chaisne, 
à  Liège  sur  une  maison  emprès  de  la  boucherie. 

En  mois  de  septembre  e  an  mesme,  furent  emmennées  qualtre  pièces  de 
canon  hors  de  la  cité  pour  aller  battre  le  chasleau  de  Diepenbeeck  (2),  où  se 
tenoienl  des  voulleurs'el  fributz,  par  les  quattre  compaignies  et  bourgemaistres 


20  "  puis  cela...  garnison  en  ladite  ville  :  passage  ainsi  rêiumê  dans  manuscrits  S  et  S  :  et  après  ayant 
parlé  au  prince  susdict  pour  les  affaires  du  pays,  peu  de  jours  après,  retourna  en  Liège.  — 
6  le  6  d'avril,  entre  six  et  sept  heures  après  disné  :  manuscrit  3 .  —  c  Le  27  de  fébvrier... 
veu  si  basses  :  passage  omis  dans  manuscrits  S  et  8.  —  d  du  matin  :  addition  du  manuscrit  3. 
—  '  Nous  suivons  ici  le  texte  du  manuscrit  6'  plus  complet.  —  le  28  de  septembre  :  manuscrit  3. 

25  —  /  coureurs  qui  prendoient  tout  ce  qu'ils  trouvoient  sur  les  pauvres  villageois  :  manuscrits  3,  8, 
25  et  87.  Ces  manuscrits  donnent  ensuite  la  version    résumée   suivante  :  le  premier  d'octobre 

(i)   Il  faut  lire  :   Bruxelles.   Il  s'agit  de  la  surprise  tentée  par  Philippe  d'Egmont  contre  la  ville 

de    Bruxelles.    Cet   événement  eut   lieu   le   !i  juin   1K79   et  non  le  27  février  1580.  Cf.  Mémoires 

anonymes,  t.  IV,  p.  14i,  et  Hgnne  et  Wautehs,  f/istvirc  de  Bruxelles,  t.  I,  p.  182.  Iîenon  de  France, 

30  Histoire  des  troubles  des  Pays-Bas,  t.  Il,  p.  B33  (éd.  Piot),  place  aussi  par  erreur  cet  événement  en 

février  1880. 

(*)  Sur  la  reprise  du  château  de  Diepcnb:eck  enlevé  aux  troupes  mutinées  de  Diest,  voir  Dépêches 

ti  Conseil  privé,  rfg.  XI,  fol.  259  v°,  240  v»,  272. 


598  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

qu'esloinl  pour  lors  le  seigneur  Andry  Dans  (')  et  maistre  George  Gosuin  (*). 
Ayant  donc  donné  aucuns  coups  d'artillerie,  se  sont  rendu  par  composition 
à  Monsr  de  Colonster  (3)  et  au  capitaine  Jean  Gcorgio  (4)  qu'avoit  une  eompai- 
gnie  de  lances,  pour  le  servis  du  dict  pays.  Dedans  le  chesleau,  il  n'y  avoitque 
qualors  hommes  et  eincq  garçon  et  plusieurs  garscs.  lequellc,  après  la  composi-  s 
tion,  Monsr  de  Collonsler  les  at  prins  à  sa  protection,  les  pensant  emenner  hors 
du  pays  à  saveléz,  mais  il  furent  tous  tuez,  sans  eschaper  ung  seul,  par 
les  Hesbignons  qu'estoint  en  armes  emprès  du  dict  chesleau,  ce  qui  fut  contre 
la  volonté  Monsieur  de  Collonsler.  qui  pour  lors  fit  protestation  contre  eulx. 
Après,  la  garnison  estant  mys,  les  bourguemaislrcs  et  les  qualtres  compaignics  10 
se  retirèrent  vers  la  cité  et  les  diex  hommes  avec  grand  nombre  des  bourgoys 
allèrent  au  devant  d'eulx,  puis  il  rentrèrent  tous  en  la  cité.  L'an  mesme,  le  vint 
neulïesme  de  décembre  "  entre  troys  et  quallres  heures  du  matin,  trespasat 
nostre  bon  prince  et  cardinal  Gérard  de  Groesbeeck,  et  le  lendemain  après  les 
vespres,  fut  enterré  au  chœur  de  1  église  Sainct- Lambert  '',  dessoubs  une  15 
feneslre  c  vers  le  palais,  et  ung  peu  de  temps  après  luy  fut  dressé  une  épitaphe. 

se  rendirent  à  Mr  de  Colonster,  capilain  d'une  enseigne  des  carabins  qui  estoient  devant  avec 
les  villageois  d'alentliour,  seulement  leurs  vies  sauves.  Mais  les  villageois,  considérants  les  maulx 
qu'ilz  avoient  endurez,  les  mirent  tous  à  mort  sans  miséricorde,  maulgré  ledit  capitain.  Le 
2  d'octobre,  s'en  allèrent  les  compagnies  au  devant  de  l'artillerie  et  retournèrent  le  mesme  jour  20 
après  disné  avec  le  burgliemestre  Andrier  Dans.  —  "  le  vingt  uniesme  de  septembre  :  manuscrit  8. 
—  b  contre  le  mur  :  addition  du  manuscrit  5.  —  c  Dieu  luy  fasse  pardon.  Amen  :  manuscrit  S.  — 
Dieu  luy  face  miséricorde,  car  c'estoit  un  prince  qui  avoit  beaucoup  endurez  de  mal  pour  garder  et 
tenir  son  pays  en  bonne  paix  :  manuscrit  3.  —  desoub  une  fenestre  où  l'on  metloit  communémeut 
le  calixee,  un  plat  d'argent  pour  administrer  le  prestre  chantant  la  messe  au  grand  auteil.  Et  luy  2s 
fut  mis  une  belle  épitaphe  composé  par  Dominique  Lampson,  brugois,  son  premier  secrétaire. 
Dieu  lui  fasse  miséricorde...  11  fut  enterré,  comme  est  dit,  au  côté  droit  du  grand  autel  de  Saint- 
Lambert,  près  de  George  d'Autriche  :  manuscrit  38,  p.  139. 

(')  André  d'Ans,  seigneur  de  Velroux  et  Lexliy,  fut  six  fois  bourgmestre  de  Liège.  Cf.  Navkau, 
Généalogie  île  la  famille  d'A  ns,  p.  8.  50 

(•)   Sur  Georges  Goeswin,  voir  fteeueil  des  bourgmestres,  p.  318. 

(s)  Guillaume  de  Horion,  seigneur  de  Colonster,  1K75-1G15.  Il  avoit  reçu,  le  2B  septembre  1580,  la 
mission  de  recruter  des  soldais  pour  reconquérir  le  chàleau  de  Dicpenbcck.  Cf.  Dépêches  du  Conseil 
privé,  reg.  XI,  fol.  217  v°. 

(*)  Cf.  Dépêches  du  Conseilprivé,  reg.  XI,  fol.  239  v".  53 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  599 


* 

*  * 


Dés  le  2.3  de  mars  auparavant  sa  rnorle,  fut  publiée  au  peron,  par  une  nuicle 
de  la  grande  Pasque,  par  ledit  évesquc,  le  chapitre  et  les  bourghemeslres  de  la 
Cité  la  pécune  sans  le  consentement  d'aucun  mestier,  tellement  que  le  mesme 
jour  s'opposèrent  allenconlre  aucun  mestier,  scavoir  les  fèbvrcs,  brasseurs, 
5  orphèvres,  escailleurs,  escriniers,  viniers,  drappiers  et  autres  jusques  an  nombre 
de  10  et  de  fait  firent  anniceller  et  dispublier  ladilte  pécune  au  son  de  la 
trompette. 

L'an  mesme,  s'accoucha  une  femme  sur  Avroit  près  de  Liège  d'une  enffant 
qui  avoit  deux  testes,  trois  bras  et  un  rat  au  visage,  lequel  fut  baptisé  puis 
10  morut.  L'an  mesme,  s'accoucha  aussy  à  Huy  une  femme  d'un  enfant  malle  et 
frumclle,  dont  le  fils  lenoil  une  espée  en  sa  main  et  la  fille  une  verge.  (Manu- 
scrits 29;  58,  p.  136  et  70,  fol.  266  if.) 

Le  cardinal,  ayant  fait  ses   levées,   mande  en  armes  les  Francimonlois, 

Longnarts  et  Hesbignons  avec  ceulx  du  baillage  de  Pont  pour  aller  investir 

15  Diepenbck  qu'aucuns  soldats  ou  voleurs  du  roy  avoient  pris  pour  mieux  ravager 

la  comté  de  Looz,  où  ils  commetloient  beaucoup  de  maux,  détroussans  les  mar- 

clians.  Laquelle  il  fit  battre  de  quatre  pièces  de  canons  où, après  quelques  assauts 

qu'ils  soutinrent,  ils  se  rendirent,  la  vie  sauve,  à  la  mercy  de  l'évêque.  Puis  fut 

commandé  à  tous  paysans  de  tuer  tous  soldats  qui  seroient  trouvé  faisans  foule 

20  sur  le  pays.   D'autres  ont  écrit  que  la  garnison  fut  taillée  en  pièces,  de  quoi 

l'évêque  reçut  des  plaintes  des  Espagnols,  qu'à  leur  grand  préjudice  les  Tongrois 

entretenoient  chez  eux  les  gueux  et  soldais  des  Estais  où  ils  reeevoient  leur 

bulin,  y  permettant  rançonner  les  prisonniers,  dont  il  leur  fit  une  expresse 

défense  de  ne  plus  les  recevoir  ny  soustenir  à  telle  fin  sur  des  grandes  peines. 

23      L'an  mesme,  se  vendoit  le  stier  de  grain  xxu  florins  et  l'an  suivant,  seulement 

xxviii  palars.  (Manuscrit  58,  p.  13 S)  (1). 

(*)  Les  rapports  des  jures  des  muids  aux  échevins  de  Liège,  notés  dans  le  manuscrit  1 580  de 

l'Université  de  Liège,  ne  confirment  guère  de  tels  écarts  de  prix.  Le  17  février,  le  muid  d'épeaulre 

cotait  2I  florins;  le  stier  de  froment,   (I  '/j  florins  et  le  stier  de  seigle,  5   '/,  ou  i  '/a  florins;  le 

50   12  novembre,  les  prix  étaient  respectivement  20  florins,  G  florins,  5  '/«  florins;  le  50  oetobre  1581, 

16  florins,  6  florins  5  patars  et  4  florins  14  patars. 


600  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  1580,  au  commencement  d'octobre,  on  vit  une  commette  en  l'air.  Elle 
n'esloil  si  grande  que  celle  qu'on  avoit  veu  l'an  4578. 

L'an  susdit  1580,  du  temps  desdits  bourguemaistres,  fut  donné  ordre  et 
commandement  au  pays  de  Liège  de  passer  monstre  et  de  couper  tout  voleurs 
et  vagabons  faisans  foulle  sur  le  pays.  El  audit  temps,  il  y  eut  une  si  grande  b 
famine  que  l'on  vendoit  le  stier  de  wassen  22  florins  liégeois  et  tout  autres 
grains  à  l'advenant,  ce  quy  causa  une  grande  pauvreté  entre  peuple.  (Manu- 
scrit 7 2,  fol.  172.) 

Ayant  à  discourir  des  monstres  les  plus  prodigieux  de  nostre  siècle,  touttes 
eboses  quoy  qu'elles  soyent  espouvanlabies  et  quoy  que  comme  advenuez  contre  10 
nature,  toutefois  elles  ravisent  le  monde  fort  en  admiralion,  ce  que  la  nature, 
laquelle  ou  par  trop  grande  abondance  de  semence  ou  le  défaut  d'icelle  at  faict 
naistreou  avec  moins  ou  avec  plus  de  membres  que  la  composition  parfaite  de 
l'homme  ne  requiert,  nous  démonslrc  qu'en  l'an  1580,  au  mois  de  mars,  une 
femme  demeurant  sur  Avroy  enfanta  un  enfant  qui  avoit  deux  testes  et  trois  is 
bras  avec  un  rat  au  visage,  lequel  ne  vesquil  de  durée,  mais  en  mesme  temps, 
en  la  ville  de  Huy,  une  autre  femme  s'acoueba  d'un  enfan  mal  et  femelle,  dont 
le  fils  lenoil  une  espée  en  sa  main,  la  fille  une  verge  en  la  sienne,  chose  de 
grand  présage.  (Manuscrit  43,  fol.  296.) 

Appréciations  sur  le  règne  de  Gérard  de  Groesbeecli.  —  Il  gouvernât  20 
son  pays  fort  sagement  et  le  tint  en  paix  suivant  les  troubles  qui  pour  lors 
estoient  tant  pour  les  Estais  du  pays,  que  on  nomme  le  pays  bas,  que  les 
gens  du  roy  d'Espangne,  qui  se  faisoient  la  guerre  l'un  l'autre.  Or  comme 
le  pays  de  Liège  est  voisin  à  eulx,  cela  ne  se  peut  passer  sans  que  le  pays 
n'en  receut  grand  dommaige.  Et  toutlefois  il  fit  par  sa  prudence  que  nulle  23 
ville  n'en  receul  nulle  guerre  de  son  règne,  qui  durai  dix  sept  ans,  durant  lequel 
il  n'eut  guaire  de  repos  pour  satisffaire  tanlost  à  l'ung,  lantost  à  l'autre,  aflin 
que  tous  bons  bourgois  des  bonnes  villes  du  pays  que  Liège  mesme  fust  en 
repos.  Car  c'estoit  un  homme  qui  aimoit  la  paix,  combien  que  son  pays  endurât 
beaucoup,  tant  des  gens  du  roy  que  du  prince  d'Orainge.   (Manuscrit  29,  30 
fol.  261  t5°.  Version  plus  abrégée  dans  manuscrit  38,  fol.  139.) 

En  son  vivant,  chacun  en  disoit  mal  et  ce  que  bon  sembloit,  mais  du  depuis, 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  601 

il  at  esté  bien  regretté  des  grands  et  des  petits.  Il  avoil  esté  trois  ans  eardinalle. 
Cestoit  un  bon  prince,  humble,  sage  et  vertueux,  faisant  de  grands  biens  aux 
pauvres  et  esloit  un  homme  libéral  envers  un  chacun;  il  ne  désiroit  que  paix. 
11  avoil  rendu  grand  peine  entre  le  roy  d'Espangne  et  le  prince  d'Orange  pour 
b  les  mettre  d'accord.  Il  se  fit  presque  pauvre  pour  gaingner  l'amitié  des  seigneurs 
d'une  parle  et  d'autre,  pour  la  confirmation  de  son  pays,  comme  il  aparu  bien 
à  sa  mort.  {Manuscrits  29,  fol.  266  et  58,  fol.  459.) 

Règne  de  Gérard  de  Groesbeeck,  d'après  le  manuscrit  B.  R.  15794 .  — 
Et  conlulit  se  Lcodium  et  summi  templi  canonicis  commoratus  est.  Inde  ad 

io  summam  morum  integrilalem  omnium  calculis  qui  illis  preesset  et  cujus  arbi- 
trio  gubernarentur  in  decanum  electus  fuerat;  postca,  eum  hune  gradum  benc 
administrasse  et  omnibus  ejus  singularis  erudilio  raraque  pietas  perspecla 
esscl,  defunelo  prcsule  superiori.  omnium  suffrages  in  eedesia  illius  episcopus 
(factus  est)  anno  Domini  M0  V'LXIIII,  xhi"  aprilis.  Quam  functioncm  ctiom 

is  magna  dexteritate  perficit  et  ab  omnibus  plurimiim  ob  virttites  diligitur,  lileris 
sacris  sedulo  incombit  et  ut  omnia  bine  inde  rite  peragantur,  quantum  in  istis 
rerum  turbis  ficri  potest,  summa  diligentia  instat  qui  eliam  suis  virlulibus  aliis 
exemplo  est. 

Anno  M°VCLXV°,  in  tumullu  herelicorum,  omnia  ad  inlerilum  spectare 

20  videbanlur.  Ipse  sua  prudenlia  sue  diocesi  providit  ut  non  modo  ab  hoslibus 
improbitale  subdili  tuerenlur,  verum  ctiam  ut  religio  catholica  conservaretur, 
virus  illud  hereseos,  ubi  locum  lixisse  videbalur,  extirparclur,  summis 
viribus  advigilavit.  de  re  catholica  quod  oplimc  mereri  studet.  Qui  et 
ingentem  sue  pietalis   mercedem  defendendo  religionis  gloriam,  jam   nuper 

2o  conseculus  est. 

Eodem  anno,  inceperunl  Geusii  agere  suam  Iragediam.... 
Eodem  anno,  venerunt  predicatorcs,  magis  pseudopropbete,  annunliantes 
absurda  et  contra  fidem  calholicam.  Primo  in  Trajeclo,  secundo  in  Mauseck  et 
Hassclt  doctor  Germanus,  qui  fuit  perditio  et  ruina  Hassellenlium.  Eodem  tem- 

so  pore,  inceperunt  Hoyenses  eamdem  opinionem  secrète  predicare,  militas  levi- 
tates  faciendo.  Eodem  anno,  conslitutus  est  quidam  seditiosus  homo,  nomine 

Tome  II.  76 


602  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Laborlct  ('),  magnus  scminalor  discordiarum  el  pcrfeclus  hereticus,  ul  poslea 
declarabitur  suo  loco,  et  ductus  fuit  ad  castrum  Hoycnse.  Eodem  tcmpore, 
inventi  fuerunt  pluies  falsificatores  monele  auri  et  argenti;  major  pars  recessit 
a  civitate,  sed  unus  caplus  vivus  combustus  fuit  in  foro  Leodiensi. 

Anno   M°VCLXVI,   in   mensc   augusti,    rumor   sparsus   fuit    Leodii    quod  s 
Anlverpienses  ecclesias  cum  imaginibus  comburcrcnt  et  démolirent.  Illustris- 
simus,  audiens  talia,  prccepit  ul  spiriluales,scilicel  canoniei,  cum  civibus  vigilias 
ordinarcnt  et  facercnt  noctu  dicque.  Bonitalc  Dei,  omnes  ecclesic  conservate 
sunt  usquc  in  hodierum  diem.  Deo  gralias. 

Iusuper  dux  Albanus  in  Flandriam  appulit...  io 

Et  ut  accuratius  negotia  sua  perageret,  nonnullos  Lovanium  misit  qui 
comitem  Burensem  (2)  adduccrcnt,  nempc  comilis  filium  Auriaci,  anno  1568, 
qui  Antverpiam  adductus  fuit,  comitanlibus  sex  nobilibus  Germanie  duo- 
decimque  equeslris  ordinis,  deinde  sub  comitis  de  Landron  (3)  cuslodia  missus 
fuit  in  Hispaniam,  sludendi  gratia,  in  Academia  de  Alcana  eique  pro  sumptu  is 
suo  consessum  fuit  a  Sua  Majcstalc  ut  annue  duo  millia  scutorum  baberet, 
idemque  preslitisset  filio  comitis  Aigmonlcnsis  et  Hornensis  nisi  nimiuni  ipsis 
tenera  fuisset  ctas  ad  tanlum  iter  peragendum. 

Tune  Albanus  dux  consilium  accersiri  jussit  adversus  comitem  Aigmon- 
lenscm  et  alios  nobiles  caplos  ac  precepil  ut  capite  pleclercnlur.  Cornes  autem  îo 
Aigmontensis  audiens  se  morli  adjudicalum  non  mullum  motus  fuit  al  solum 
hiis  verbis  est  usus  :  «  Durissima  bec  senlentia,  neque  puto  ita  offendisse 
Suam  Majestatcm  ut  morte  simili  moriar,  que  summum  miebi  dedecus  est  pari- 
tura.  Si  offendi,  sit  mors  errorcm  meorum  expiatio,  non  autem  posleri  mei 
bonis  privenlur.  Quod  magis  est,  preelara  mea  gesla  merenlur  ut  utamini  25 
aliqua  gratia  erga  me,  sed  cum  ea  sit  voluntas  Dei  regisque  mei,  mortem  equo 
a  ni  mo  excipiam  ».  Sic  altero  die  mane,  sacro  reverenler  audito,  confessus  est 
sua  peccata  et  sacra  communione  se  munivit.  Idem  prestitit  cornes  Hornensis, 
die  proxima,  que  erat  sexta  junii  anno  1568.  Ornatum  fuit  theatrum  nigris 

(«)   André  Botirlettr.  Cf.  D*ms,  Histoire...  du  XVIe  siècle,  p.  312,  et  C.  TinoN,  op.  cil.,  pp.  171-17!».   30 
(•)  Philippe-Guillaume  de  Nassau,  comte  de  Burcn,  fils  de  Guillaume  d'Orange. 
(*)  Le  comte  Albcric  du  Lodron. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  603 

pannis  ubi  juslicia  erat  agenda  super  forum  Bruxellense,  liabens  duas  colump- 
nas  erectas  ad  supponenda  capila  et  ibi  prope  duo  erant  pulvinaria,  et  duabus 
horis  circilcr  anlc  prandium,  cornes  Aigmonlensis  primus  ad  lliealrum  ductus 
fuit,  associatis  duclore  exercitus  cum  suis  militibus,  nonnullisque  presbiteris 

5  atque  etiam  episcopo  Iprensi  (J),  confessore  suo. 

Anno  1567,  xx°  januarii,  obiit  reverendus  et  generosus  dominus  Arnoldus 
a  Boucboult  ('),  prepositus  Leodiensis,  plenus  magnis  et  pinguibus  benefleiis 
et  prelaluris. 

Anno  eodem,  advenit  detestabile  facinus  circa  nonam  et  decimam  in  ecclcsia 

10  Marie  INamurcensis.  Celebrabal  quidam  sacerdos  nomine  dominus  Oomicianus 
missam.  perveniens  usque  ad  sacrifieium  et  consecrationem,  sacerdos  elevans 
corpus  Cbrisli.  Aderat  ibi  prope  detestabilis  nebulo,  volens  e  manibus  sacerdolis 
eripere  et  pedibus  conculcare,  sicut  fassus  est  in  tortura.  Supervenere  duo 
juvenes;  arripienles  eum  duxerunl  captivum  et  filii  fuerant  magistri  régis  qui 

io  dicitur  magnus  molendinus.  Et  sic  judicatum  morti  vivus  combuslus  fuit; 
primo  combusta  fuit  ejus  dcxlera  manus;  sic  miser  obiit. 

Anno  1508  xu°  februarii,  eleclusfuit  nobilis  et  generosus  dominus  in  prepo- 
situm  Leodiensem  via  Spirilus  Sancti  Wilhelmus  a  Pictavia  (3;,  cum  magna 
alacritate  civium. 

20  Eodem  anno,  combusta  fuit  pars  ecclesie  Sancti  Egidii  per  negligenliam 
cujusdam  religiosi  (4):  stibvenerc  illis  multi  boni  prelali.  maxime  secundarie 
ecclesie  Leodienses. 

Eodem  anno,  feria  sexta  post  festum  Pasehe,  vu0  aprilis,  accidil  in  illa  pro- 
cessione  solempni  ubi  omnes  ecclesie  tam  eanonicorum  quam  monachorum, 

2b  tempore  quo  canlabalur  symbolum  apostolorum,  venil  quidam  nomine  Broccba, 
homo  seditiosus  et  hercticus,  qui  temptabat  eripere  pasloris  baculum  ;  (amen 
Deo  juvanle,  non  potuit,  sed  cepit  clamarc  :  «  Vive  les  Ghcux  ».  res  satis  peri- 
culosa. 

(*)  Martin  Rithovius,  premier  evêque  d'Ypres. 
30       [*)  Arnold  de  Bocholtz,  prévôt  de  Liège,  du  5  juillet  1558  au  25  janvier  1568.  Sa  mort  se  place 
en  1568  et  non  en  1867.  Cf.  de  Theux,  op.  cil.,  t.  III,  p.  84. 

I*)  Guillaume  de  Poitiers,  prévôt  de  Liège,  du  12  février  1568  au  1"  août  1570. 
(*)  Voir  page  533,  note  1. 


604  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Anno  1508,  xxim0  aprilis,  proslrali  fuore  rebelles  et  confederati  régis  calho- 
lici  pcr  llispanos  propc  Dhalem  circilcr  mille  et  vc. 

Anno  millesimo  quingenlcsimo  sexagesimo  oclavo,  in  mense  junio,  ex  mul- 
torum  sermonibus  cognovît  Sua  Celsitudo  Ludovicum  romitem  Nassioniensem 
legisse  copias  quibus  siilïulltis  janiFrisie  urbes  agrosque  depopulabalur  et  insane  5 
lurltinc  belli  everlebal.  Quid  ergo  dus  invietns,  hiis  pcrccplis.  fecit,  quain 
rationem  iniit.  qtiam  opem  afllicto  ac  prope  desperalo  Chrislianorum  régi  per- 
tulil.  se  nulla  mora  in  hostem  arniavit,  sibi  militis  legiones  aliquot  sumpsit, 
forliores  cquitum  tnrmas  selcgit,  omnia  denique  ad  cerlamen  instiluendum 
necessaria  sibi  comparavit,  ut  tandem  hostium  corroboratam  vetustate  audaciam  10 
confringerct  et  eorum  impetus  retunderet.  Venit  igitur  ad  hostem,  armatas 
cobortes  trahens,  xxn°  julii,  horaque  eirciter  deeima  anlemeridiana,  Christi 
fiducia  quasi  galea  munitus.  hostilem  exercitum  lanla  vi  cecidit  ut  omnes  cos 
religionis  hosles  sacrorumque  predoncs  inlerimeret,  quibusdam  tamen  exceptis, 
qui  sese  in  fluvium  fuga  salutem  querenles  prceipilavere  flumineque  mersi  13 
miserabililcr  occubuere  (').  Cesis  igitur  jam  seplem  aut  oclo  millibus  hominum, 
solus  evasit  cornes  Ludovicus,  qui  lamquara  lupus  immanis  dentés  suos 
Chrislianorum  profuso  sanguine  cruenlarat.  Nec  vero  exigua  spolia  abhoslibus 
retulere  christiane  fidei  defensores.  mulla  lormenta  bellica  cum  ferrea  tum 
cuprea  hostibus  preripucrunt,  maximam  annone  copiam  amplissimam,  rerum  *o 
omnium  segelem  inlerceperunt,  et  vicecomitem  in  vincula  conjcccrunt.  Sed 
rairum  illud  est  et  immensitale  quod  hostiles  copie  hoc  prelio  ita  proflicalc 
sint,  inlegri  aulem  ac  pêne  intacti  Cbrislianorum  exercilus  permanserit.  Qua 
in  re  solis  luce  clarior  elucescit  veritas  sentenlie  hujus  ;  «  Si  Deus  pro  nobis, 
quis  contra  nos?  »  ISeque  humanis  viribus  adeo  féliciter  bellum  ullum  admi-  23 
nislrari  possel,  sed  extilit  suis  propugnaculum  Deus,  cujus  fortulidine  nulla 
non  modo  hominum  sed  ne  quidem  beatorum  spirituum  in  oratione  possit 
exprimere.  Tandem,  re  confecla,  in  palriam  reversi  sunt.  Una  fuere  cum 
Albano  princeps   de    Maygbc   (*)   cum   quindecim    bcllorum  signis,   neenon 


i«)   Bataille  de  Jengum   Cf.  il.  Pirenne,  Histoire  de  Belgique,  t.  IV,  p    M.  30 

(',)  Charles  de  Brimeu,  comte  de  Meglicm.  Cf.  page  502,  note  1. 


RÈGNE  DE  GÉRARD  DE  GROESBEEK.  605 

strenuus  ille  miles  generosus  dominus  de  Hyeyghe  (')  et  gubernator  IMiilippi 
oppidi,  dominus  de  Bylli  (2),  magna  etiam  miiitum  calerva  cincli. 

Quomodo  princeps  Auriacus  a  Germania  in  bellum  descenderit  collectis 
ex  variis  nationibus  copiis  munitus.  Anno  I068,  in  mense  augusli,  venit  in 
s  Gnes  polenlissimi  régis  Philippi  cum  plerisque  comilibus  ac  principibus 
a  Belgio  fugilivis  qui  se  illi  eomites  adjunxerunt,  venit,  inquam,  et  secum 
ingenlem  equitahim  pedilumque  exercitum  duxit.  Qui  quantum  eeclesie  calho- 
lice  detrimenti  altulerunl,  templa  violantes  cl  prophanantes,  quantum  Colo- 
niensium  arehiepiseopi  urbibus  plurimisque  aliis .  Dux  Albanus,  cum  omnia 

10  non  sine  m;igno  animi  dolorc  ac  molcslia  percepisset,  in  mense  augusti  compi- 
lavil  ex  diversis  genlibus  copiosum  exercitum  quem  in  campo  slatuit  ac  indc 
Trajcctum  inlcr  et  Reyken  castra  posuit.  Jam  vero  hostem  instare  audiens, 
suos  (fecil)  pertransire  flumen.  unde  facilis  et  aperlius  patebat  utriusque 
exercilus  aspeclus  propler  montium  ex  ulraque  parte  fluminis  allitudinem. 

15  tërat  aulem  princeps  Auriacus  circa  Herviam.  Qui  Trajeclam  accederc  propius 
volens,  tubicincm  ad  serenissimum  principem  Leodicnsem  et  amplissimos 
Lcodiensis  civitalis  consules  legavil  ut  ab  iis  transilum,  ilemque  cenlena  millia 
scutorum,  liberamque  per  urbem  ir.flandi  tubas  facultatcm  oblincret.  S?d  bene 
ponderala  pelilione  cjus,  volis  nequaquam  annuerunt,  sed  legatum,  re  non 

îo  impetrata,  dimiscrunt.  Gptatis  vero  frustratus,  princeps,  juvanlc  quodam  pro- 
ditore,  qui  fluvii  profundilalem  ei  patefecit,  cum  suis  omnibus  flumen  est 
transgressus,  26°  octobris.  Statim  vi  in  templa  irrumpebant,  ea  humanisejus 
milites  aptabant  usibus,  imagines  Cluisti,  venerandum  Corpus  Donsini  peilibus 
conculcabant,  orreas  suas   sacrosanclo  oleo  ungebant.  0  facinus  borrendum 

2o  et  inaudilum,  0  incognitam  et  inusitaîam  rabiem!  Interea  forlissimus  dux 
Albanus  suos  in  campum  cerlamini  conslilulum  ire  jubet.  qui  obvii  hostibus 
facti,  acriter  quidem  decerlarunt,  sed  levi  utriusque  partis  detrimento.  At 
screnissimus  Leodiensium  princeps,  cum  inleilexit  Auriacum  principem 
fluvium  pertransivisse,  in  singulas  urbes  misis  propugnacula,  mililum  manus 

30  scripsit  ad  corroborandas  urbes,  ideoque  pergere  ulterius  coacli  in  nrabantiam 

(«J  Gilles  de  Bcrlaymont,  baron  Je  Hierges.  Cf.  page  S'JI,  note  I. 
(*)  Gaspard  de  Robles,  seigneur  de  Billy. 


600  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

iter  fecerunt  ac  in  ipso  ilinere  plurima  tentaverunt  oppida  ac  imprimis  Tun- 
grense  oppidum  quoi!  cis  concessit  ut  in  oppido  cxiguo  tanien  numéro  vcnirent 
ad  cmcnda  necessaria. 

De  Trudonensi  dedilione  et  de  eaplivilate  domini  abbatix  illius  monaslerii 
ac   oppidi   (1).    Kodem   anno,  hereticorum    furor    ad    oppidum   Trudonense  5 
pcnelravit.  magno  Cbrislianorum  numéro  hominum  dolore,  sed  cum  hii  Iiosles 
arccrenlur  e  mûris  et  aditu  prohiberentur  ac  sese  in  foro  congregnrent,  consuli 
claves  e  manibus  extorserunt  et  hoslibus  in  urbem  adilum  prebuerunt,  non 
sine  multorum  nobilium  ingenti  miseria  et  calamitatc,  qui  tutos  ibi  se  fore 
existimanles,  omnia  secum  bona  eo  advexeranl,  que  subilo  impelu  ab  hercticis  to 
per  fas  nefasque  direpta  sunt,  sed  non  exlincta  est  lantis  opibus  eorum  silis. 
Cum  enim  florentissimum  illius  monastirium  ad  extremam  egeslalem  rede- 
gissenl,  abbatem  coegerunt  ut  se  in  manus  eorum  captivum  traderet,  Quod  nisi 
facerct.  sese  totam  urbem  ac  ejus  domum  diruturos  minabantur.  Degebat  reve- 
rendissimus  dominus  in  turpissimo  et  tanto  hominc  minime  digno  loeo  ob  13 
crudclitalem  lalronum.  Cum  ad  eum  Irislia  liée  pcrlata  sunt.  quibus  ipso  rcs- 
pondit  malle  se  eaput  suum  hoslibus  objicere  quam  sui  causa  urbis   tolius 
videre   exeidium,   confeslimque   sese  hoslibus  dédit.   Qui   horrenda  in  eum 
sociosque  cxereucrunt.  Cum  nempe  eos  in  sordido  slabulo,  proeh  dolor,  tam- 
quam   pecora  aul    bruta   animalia  commorantes   dirissimis  vcxabant   modis,  20 
offertur  abbas  caplivus  et  misère  vinclus  eomili  Ludovieo,  qui  in  abbalis  custo 
diam  milites  deputavit,  ab  eoque  prelium  rcdemptionis  triginta  millia  dalero- 
rum  dari  sibi  peliit. 

(•)   Cf.  Straven,  Inventaire  des  archives  de  Saint-Trond,  t.  III,  p   SS  et  Ciiapeauville,  t.  III,  p.  440 


Additions  au  texte  de  Mélart  extraites  des  manuscrits  37  et  39. 

Comme  le  lecteur  aura  pu  s'en  convaincre,  le  texte  le  plus  répandu  des 
chroniques  vulgaires  est,  pour  le  XVIe  siècle,  assez  insignifiant.  Dès  que  le 
compilateur  qui  l'a  formé  ne  dispose  plus  de  relations  historiques  comme  celles 
s  qui  lui  avaient  fournies,  pour  les  temps  antérieurs,  Adrien  d'Oudenbosch  et 
Jean  de  Looz,  il  ne  trouve  plus  pour  étoffer  son  récit  d'autres  ressources  que 
les  recueils  où  des  contemporains  avaient  noté  fort  brièvement  les  grands 
événements  de  leurs  temps,  les  caprices  des  saisons,  des  faits  divers  sensation- 
nels, des  crimes,  des  accidents,  des  miracles,  l'apparition  de  comètes  ou  la 

10  naissance  de  monstres.  Le  récit  se  relève  toutefois  un  peu  lorsqu'on  arrive  au 
règne  de  Gérard  de  Groesbccck. 

Certaines  chroniques  pourtant  ont  été  composées  avec  plus  de  largeur  de  vue 
et  de  clairvoyance.  Ce  sont  celles  qui  reproduisent  la  source  dont  s'est  servi 
Mélart  pour  écrire  ce  qu'il  a  si  mal  intitulé  Histoire  de  ta  ville  el  chasleau 

is  de  Huy  et  qui  n'est  en  réalité  qu'une  chronique  liégeoise  formée  aux  mêmes 
sources  que  la  chronique  traditionnelle  pour  les  temps  antérieurs  à  1ère 
moderne.  Mais  elle  devient  de  beaucoup  supérieure  à  la  chronique  tradition- 
nelle dès  qu'elle  aborde  l'histoire  du  XVIe  siècle.  C'est  que  l'auteur  qui  l'a 
écrite  a  interrogé  sur  ce  temps  des  séries  de  documents  nouveaux  :  recueils 

-°  d'ordonnances  et  de  cris  de  perron  et  délibérations  des  Trois  Etats  et  comme 
les  archives  ne  nous  ont  conservé  ces  documents,  en  une  série  bien  continue, 
qu'à  partir  de  la  fin  du  XVIe  siècle,  l'histoire  de  Laurent  Mélart  mérite  d'être 
considérée  comme  une  source  très  importante.  Mais  comme  ce  texte  est  déjà 
imprimé,  il  n'était  pas  nécessaire  de  le  comprendre  dans  cette  publication. 

15  Mélart  en  est-il  réellement  l'auteur?  Ce  n'est  pas  probable.  D'autres  chro- 
niques donnent  un  texte  puisé  à  la  même  source.  Mais  on  constate  que  parfois 
elles  ajoutent  ou  retranchent  certaines  phrases,  ce  qui  prouve  bien  que  ceux 
qui  les  ont  écrites  utilisaient  non  pas  le  livre  de  Mélart  mais  une  relation 


008  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

manuscrite  que  l'ancien  bourgmestre  de  Huy  a  allongée  de  ses  sentencieuses 
réflexions  et  de  phrases  de  transition,  originales  et  caractéristiques. 

Deux  manuscrits  surtout,  les  n0!  57  et  39  de  notre  liste,  permettent  de 
compléter  Mélart  et  nous  allons  donner  ces  additions,  non  parce  qu'elles  révèlent 
toujours  des  détails  importants  négligés  dans  Vllisloire  de  IIny,  mais  parce  s 
qu'elles  peuvent  peut-être  servir  un  jour  à  retrouver  la  source  originale  dont 
toutes  les  copies  signalées  aux  numéros  57  à  45  se  sont  inspirées. 

A  la  vérité,  le  manuscrit  57,  écrit  en  1662,  alors  que  Mélart  fut  imprimé 
à  Liège  en  i G i  1 ,  reproluit  si  fidèlement  les  phrases  de  Mélart  qu'on  pourrait 
admettre  qu'il  n'est  qu'une  copie  abrégée  du  livre  imprimé.  Mais  parfois  son  10 
texte  contient  une  ou  deux  phrases  différentes.  Il  serait  d'ailleurs  étonnant  que 
celui  qui  l'a  écrit  aurait  dépensé  tant  de  veilles  et  tant  de  peines  à  reproduire 
par  l'écriture  ce  qu'il  pouvait  si  facilement  acquérir  chez  un  libraire.  Le  manu- 
scrit 57  est  une  compilation  unique,  qui  à  ce  titre  aurait  pu  être  classée  avec 
les  manuscrits  n*s  152  à  148  de  notre  liste.  Si  nous  l'avons  distrait  de  celte  série,  15 
c'est  que  son  importance  réside  uniquement  dans  le  fait  qu'il  a  utilisé  la  même 
source  que  Mélart.  Ses  deux  autres  sources  sont  la  chronique  traditionnelle 
qu'il  résume  en  interrompant  après  deux  ou  trois  pages  son  récit  principal  et 
sans  se  soucier  de  se  répéter,  et  une  autre  relation  anonyme  limitée  aux  seuls 
événements  de  la  vie  religieuse.  Pour  le  XVIe  siècle,  ces  emprunts  à  ces  20 
sources  sont  classés  parmi  les  textes  publiés  précédemment.  Pour  les  quelques 
passages  inédits  des  temps  antérieurs,  nous  les  confondons  dans  la  série  qui  va 
suivre,  bien  qu'ils  ne  proviennent  pas  toujours  de  la  source  de  Mélart. 

Le  manuscrit  59  donne  toujours  une  version  beaucoup  plus  résumée  que 
celle  de  Mélart,  mais  on  n'y  constate  pas  les  lacunes  assez  visibles  dans  l'œuvre  25 
de  l'historien  hulois,  par  exemple  entre  1432  et  1 4-44,  1456  et  1465,  1492  à 
1501,  1548  à  1557.  Son  auteur  s'en  est  tenu  à  la  seule  source  de  Mélart,  com- 
plétée parfois  par  l'analyse  de  documents.  Quelques-uns  de  ceux-ci  ont  disparu 
et  c'est  ainsi  qu'on  trouvera,  dans  les  notes  qui  vont  suivre,  la  reproduction 
d'un  accord  entre  Louis  de  Bourbon  et  Charles  le  Téméraire  en  1469  et  un  00 
règlement  pour  le  Tribunal  des  XXII  non  daté,  mais  vraisemblablement  pro- 
mulgué en  1551  en  même  temps  que  les  autres  ordonnances  relatives  aux 
Cours  de  justice,  à  la  Cour  féodale  et  au  Conseil  ordinaire. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  609 

L'archidiaconé  de  la  Hasbaye  a  242  paroisses  lui  suject,  l'archidiaconie  de 

Brabant  a  190  paroiches,  l'archidiaconie  d'Ardenne  a  117,  l'archidiaconie  de 

Hainaull  a  111,  l'archidiaconie  de  Condroz  a  143,  l'archidiaconie  de  Campine 

a  184.  l'archidiaconie  de  Famine  a  111,  l'archidiaconie  de  Liège  a  32.  Celle  de 

5  Liège  se  nomme  communément  la  prévosté. 

Entre  lesquels  chanoines  (de  Saint-Lambert)  il  y  a  encor  la  dignité  de 
8  à  10  prévostées  dans  les  aullrcs  églises  secondaires,  qui  ne  peuvent  avoir 
aultres  prévost  que  des  chanoines  de  Saint-Lambert,  comme  aussy  quelques 
aultres  qui  sont  hors  de  la  Cité,  comme  à  Tongres,  Fosse,  Huy  et  ailleurs. 

io  Item  il  y  a  encor  12  abbasitéz,  à  scavoir,  comme  a  esté  dit,  de  Nostre-Dame  de 
Saint-Lambert  à  Liège,  de  JN'ostre-Dame  à  Tongres,  de  Nostre-Dame  à  Maes- 
tricht,  de  Nostre-Dame  à  Namur,  lors  diocèse  de  Liège,  de  Nostre-Dame  et 
Saint-Perpète  à  Dinant,  de  Nostre-Dame  et  Saint-Arnold  à  Malines,  de  Nostre- 
Dame   et   Sainl-Théodaire   à   Saintron,  de  Nostre-Dame   et  Saint-Pierre  à 

15  Curange  ou  Curaye,  de  Nostre-Dame  et  Sainte-Harlinde  à  Maeseyck,  de  Nostre- 
Dame  et  Saint-George  et  Sainte-Aude  à  Amay,  de  Nostre-Dame  et  Saint-Pierre 
à  Aine,  de  Nostre-Dame  et  Saint-Hadelin  à  Celles  alors,  mais  à  présent  à  Visé. 
A  ceste  magnificence  appartient  encor  de  scavoir  qu'en  la  seule  église  de 
Saint-Lambert,   l'on  compte   40  chapelles  ou  autels,   74  bénéfices   et  plus 

îo  de  100  aultres  serviteurs  et  officiers  de  l'église.  Ce  n'est  donc  pas  de 
merveille  sy  plusieurs  de  ce  noble  chapitre  et  clergéz  ont  esté  appelez 
non  seulement  aux  éveschéz  et  au  cardinalat,  mais  aussy  au  suprême 
degré  de  pontif  de  Rome.  Tels  sont  estez  Saint-Etienne  ('),  9",e  de  ce  nom, 
Nicolas,  2™  (2),  Urbain,  ime  (3),  Grégoire,  10m8  (4)  et  Clément,  7me  (5)  de  ce 

25  (*)  Frédéric,  archidiacre  de  Liège,  fils  de  Golhelon  le  Grand,  neveu  du  pape  Léon  IX,  élu  lui-même 
pape  en  1057  sous  le  nom  d'Etienne  IX.  Cf.  de  Tiieux,  t.  1,  p.  72. 

(*)  Gérard  de  Bourgogne,  chanoine  de  Saint-Lambert  en   1051,  archidiacre  en   1036,   élu  pape 
en  1058  comme  successeur  d'Etienne  X,  sous  le  nom  de  Nicolas  II.  Cf.  de  Tiieux,  t.  F„  p.  67. 

(»)  Jacques  Pantaléon,  né  à  Troyes,  chanoine  de  Saint-Lambert  en  1254,  archidiacre  de  Campice 
30  en  1213,  élu  pape  en  1261  sous  le  nom  d'Urbain  IV.  Cf.  de  Tiieux,  t.  I,  p.  253. 

(4)  Thibaut,  comte  de  Visconti,  chanoine  de  Saint- Lambert  et  archidiacre  d'Ardenne  en  1252,  élu 
pape  en  1271  sous  le  nom  de  Grégoire  X.  Cf.  db  Theux,  t.  I,  p.  298. 
(«)  Pierre  Roger,  élu  pape  en  1542  sous  le  nom  de  Clément  VI.  Cf.  de  Theux,  t.  Il,  p.  39. 

Tome  II.  77 


610  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

nom.  Mais  Henry  ('),  évesque  de  Liège,  qny  en  eecy  doit  estrc  plus  estimez 
que  pape,  car  estant  appeliez  à  la  dignité  papale  par  un  généralle  consentement 
des  cardinaux.  la  rejella  avec  plus  de  gloire  que  plusieurs  qui  l'admettent, 
voire  la  brigent.  En  sorte  qu'avec  le  doyen,  chantre  et  écolastre,  il  y  a  33  dignité 
à  Saint-Lambert.  (Manuscrit  57,  p.  4SI .)  5 

Mélart,  p.  83. 

Ludit  empereur  tenoit  sa  court  impérialle  dans  un  quartier  de  la  ville  de 
Liège  qui  se  nomme  encor  Feronslraye  et  sa  maison  particulière  estoit  al  belle 
Coise,  où  quelque  temps  après  avoir  jetiez  les  fondements  d'une  nouvelle  ville* 
il  mourut  comme  entendrez  (2).  io 

Or  comme  en  ce  temps  la  cité  de  Liège  n'estoit  fermée  que  de  petites 
murailles  que  saint  Hubert  avoit  faict  faire,  et  que  I'évesque  Franco  avoil  réparé 
après  la  ruine  des  Norlmans  d'un  petit  circuit,  il  demeuroit  dix  fois  plus 
de  gens  hors  des  murailles  de  la  Cité  que  dedans,  à  cause  de  sa  petitesse. 
Ce  que  voiant,  l'empereur  Henri  4mo,  l'an  1105',  à  cause  des  services  receu  des  îs 
Liégeois  dans  ceste  guerre,  il  fit  jetter  des  nouveaux  fondements  de  murailles 
plus  grand  qu'il  lit  commencer  par  1200  ouvriers  mandés  d'Allemaigne  et 
fut  renfermé  et  quasy  tout  comme  elle  se  voit  à  présent.  Mais  venant  ledi* 
empereur  peu  après  à  mourir,  l'ouvrage  demeura  imparfait.  Aiant  vescu  06  ans 
et  régné  32,  il  fut  ensevely  à  Sainct-Lambert,  dont  on  cessa  à  Liège  C  mois  20 
pour  ce  qu'il  estoit  excommuniez,  dont  il  fut  porté  en  Cornihnont  jusques 
à  ce  qu'il  fut  absoud,  puis  fut  menez  à  Spire  où  il  fut  enterrez  près  de  son  père. 
Ainsi  demeurèrent  les  murailles  de  Liège  imparfaites  jusques  en  l'an  1203  que 
I'évesque  et  le  clergéz.  avec  le  peuple,  acheva  les  murailles  depuis  Payenporte 
ou  Boltienporte,  qni  fut  bouchée  l'an  1301,  où  est  à  présent  la  tour  de  Bouillon,  25 
jusques  à  la  porteletle  des  Begards  et  depuis  encor  fortifiée  au  temps  de 
la  Vaulx  de  Steps  (3).  (Manuscrit  37,  p.  17 S.) 

(«)  Henri  II  de  Lcyen  refusa,  en  1  i 64,  de  se  laisser  élire  pape  par  l'empereur  Frédéric  II,  en 
remplacement  de  l'antipape  Victor  IV. 

(')  Gobert,  Liège  à  travers  lei  âges,  t.  III,  p.  19.  30 

\})  Gobert,  Ibxd  ,  1. 1,  pp.  213  et  214. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  611 

Mélart,   p.  85. 

Ledit  évesque  Ohert  at  fondé  le  monastère  de  Sainct-Cornil  en  Cornilmont 

avec  une  oratoire  à  l'honneur  de  Dieu  et  des  douze  Apostres.  De  son  temps,  fut 

tenu  un  concile  à  Clcrmont  (*)  par  le  pape  Urbain  2m°,  où  il  fut  deffendu  de 

5  vendre  ny  achepter  aucun  bénéfices  et  aux  gens  laies  de  ne  plus  manger  chaire 

en  caresme.  (Manuscrits  57,  p.  1 83.) 

L'évesque  Albéron  fonda  une  abbaye  de  l'ordre  des  Prémonstréz  au  chasteau 
de  Cornilmont,  où  il  mit  un  abbéz  et  des  moynes,  leur  donnant  grand  rentes, 
où  ils  demeurèrent  jusques  au  temps  qu'ils  vindrent  dans  la  Cité  à  Beau- 

îo  repaire,  pour  éviter  le  danger  des  volleurs  de  Lembourg,  où  ils  prindrent  le 
nom  de  Beaurepaire. 

En  ce  temps,  fut  fondé  l'ordre  des  Chartreux  et  l'abbaye  de  Clervaux  dont 
saint  Bernard  fut  le  premier  abbéz. 

Dès  le  temps  de  l'évesque  Notger,  comme  a  esté  dit,  Dieu  suscita  un  prou- 

15  venceau  nommez  Gonderanus  ou  Gondras,  musicien,  homme  dévot  en  la 
religion  et  particulièrement  affectionnez  au  culte  de  la  Vierge  et  de  sainct 
Gilles,  abbé  d'Arles  en  Provence,  patron  des  Provenceaux...  (Suil  la  légende  de 
la  fondation  de  la  chapelle  de  Saint-Gilles,  d'après  Jean  d'Oulremeuse 
et  Rupert  de  Saint- Laurent.) 

20  ...Ce  qui  fut  continué  par  les  successeurs  dudit  Gondras  par  l'espace  de 
140  ans,  jusques  au  temps  de  l'évesque  Albéron  de  Juliers,  lequel  se  plaisoit 
audit  lieu  à  la  visite  de  ceste  chapelle  et  de  l'air  de  ce  lieu.  C'est  pourquoy  il  y 
fonda  une  tour  qui  s'y  voit  encor  avec  aullres  édifices  fort  estroit,  où  il  y  plaça 
des  chanoines  réguliers  soub  un  prieur  observant  la  règle  de  sainct  Augustin. 

23  Puis  ayant  aucunement  pourveux  aux  vivres  et  entretient  d'iceux  chanoines, 
il  consacra  luy-mesme  l'église,  avec  toutes  les  solemnités  requises,  le  29e  jour 
du  mois  de  septembre,  l'an  1127,  dans  laquelle,  payant  le  tribu  à  la  nature, 
l'an  1128,  le  jour  de  la  Circoncition,  y  choisit  sa  sépulture  au  cœur  de  l'église 
de  Sainct-Giel  devant  le  grand  autel,  et  afin  que  la  mémoire  de  ce  Gondras  le 

30  Proveneeau,  premier  fondateur  de  la  petite  chapelle  de  Sainct-Giel,  fust  perpé- 

(i)  Concile  de  Clermont  en  Auvergne  de  novembre  1095. 


6li>  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

nielle,  ledit  Albéron  ordonna  que  tous  ceux  à  l'advcnir  feroicnt  une  procession 
de  joueurs  d'instrument  musicaux  comme  joueurs  de  violons,  rebecque,  cornet, 
trompette  et  tambours  de  la  Cilé  et  fauxbourgs  seroient  obligez,  tous  les  ans,  le 
lundy  après  la  feste  de  la  saint  Jean-liaptisle,  de  se  rendre  premièrement  en  la 
maison  de  ville  et  se  transporter  de  là  ensemble  avec  un  cierge  comme  en  procès-  5 
sion,  le  tambour  battant,  et  chacun  d'eux  leurs  instruments  musicaux  jusques 
à  Sainct-Giel  pour  assister  à  la  messe,  ce  qui  s'observe  eneor  à  présent  ('). 

Et  depuis  ladicte  première  fondation  jusques  à  la  seconde  par  ledit  Albcron 
l'an   1124,  il  n'y  a  eu  à   Sainct-Giel   prieur  ny  abbéz  mais  seulement  des 
hermines  et  rendus,  mais  ladicte  année,  ledit  Albéron  y  establit  le  bienheureux  10 
Pierre,  premier  prieur  et  après  luy  il  y  a  encor  eslably  le  premier  abbéz, 
nommez  Azos  et  le  consacra,  homme  très  docte  et  issus  de  bonne  famille. 

L'an  1128,  l'évesque  Albéron  fonda  l'église,  de  Sainct-Clément  sur  les  gréz 
de  Saint-Pierre  et  là,  auprès  desdils  gréz,  celle  de  Saint-Tron.  qui  n'est  à  présent 
qu'une,   qu'il  a  consacré  et  bien  dotée,  encor  que  petite,  comme  aussy  la  is 
paroisse  de  Saincte-Aldegonde  près  Saincl-Denis.  (Manuscrit  57,  p.  i86.) 

Mélart,  p.   128. 

L'an  1215,  fut  fondé  l'Iiospilal  des  infecté  de  lèpre  au  mont  de  Saincl- 
Corneille,  qui  est  de  deux  sortes,  l'un  pour  les  infecté  ou  ladre,  l'aultre  pour 
des  gens  aagés  qui  n'ont  de  quoy  vivre,  lesquels  sont  en  grand  nombre,  pour  y  20 
estre  nouris  et  entretenus.  Il  y  en  a  12  appelles  frères  et  7  appelées  sœurs  qui 
demeurent  dans  des  maisons  séparées,  où  le  noble  chevalier  messire  Godefroid 
d'Ostamet  donna  des  grands  biens  et  beaucoup  de  terres;  depuis,  la  fondation  at 
encore  esté  augmentée  par  saincle  Julianc  et  saincle  Agnès,  sœurs  de  Saint- 
Corneille. 

La  paroiehe  de  Sainct-Jean-Baptisle  à  Liège  a  esté  fondée  par  Godefroid  le 
changeur  et  consacrée  de  l'évesque  Hugue  l'an  1215,  dont  il  retint  le  patro- 
nage, mais  à  présent  les  paroissiens  le  sont.  Comme  aussy  l'hospital  de  Sainct- 
Abraham  qui  est  le  plus  renommé  de  toute  la  ville  de  Liège  pour  les  pauvres. 

L'hospital  de  Sainct-Michel,  en  la  paroiehe  de  Sainct-Marlin  en  vinable 


(»)  Cf.  J.  Demarteau,  Histoires  et  légendes,  dans  B.  I.  A.  L.,  t.  XVIII,  pp.  473-479. 


30 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  613 

d'isle,  a  pour  fondateur  Jean  Binnet,  chappellain  de  Sainct-Paul,  en  son  vivant 
thrésorier  de  l'évesque  de  Liège,  où  on  souioit  faire  des  grandes  aumosnes  aux 
pauvres,  principallement  à  des  pauvres  religieux  mendians,  où  en  hyver  on  y 
souioit  faire  du  grand  feu  pour  reschauffer  les  pauvres,  ce  qui  a  esté  donné  pour 
s  la  cuisinne  des  pères  Minimes,  comme  on  dit,  à  raison  des  désordres  que  lesdits 
pauvres  y  commcltoient,  environ  l'an  1650.  On  lient  que  cest  hospilal  a 
1800  muyds  de  revenus  annuel,  lequel  distribue  grand  nombre  d'argent  aux 
pauvres  mesnages  de  la  ville  tous  les  ans  et,  tous  les  earesmes,  grande  quantité 
de  pains  aux  52  paroiches  pour  eslre  distribuées  aux  pauvres  et,  vers  les  Bois, 

io  des  habits  de  draps  à  des  pauvres  innocent  et  bourgeois  et  ce  soubz  la  direction 
du  magistrat  et  du  conseil  de  ville  qui  y  constituent  un  receveur  «  ad  vitam  » 
et  deux  maîtres  annuels  pour  gouverner  et  distribuer  iceux  biens  et  en  rendre 
compte. 

L'an  1219,  l'évesque  Hugue  fit  la  paix  avec  Henry,  duc  de  Brabant  au 

15  moien  d'une  somme  de  deniers,  à  condition  que  dans  Liège  on  ne  debvoit  plus 
célébrer  la  feste  de  la  victoire  obtenue  contre  luy  à  la  Vaux  de  Steppe,  car  il 
n'en  pouvoit  ouyr  parler,  ayant  envoyez  ses  ambassadeurs  dans  Liège  à  ceste 
effect.  Mais  il  survint  une  si  grande  et  horrible  lempeste,  avec  tonnerre  et 
foudre,  que  l'évesque  ne  l'osa  empeseher  de  la  célébrer.  Par  quoy  l'argent  lui 

20  fut  restitué  et  la  feste  célébrée  comme  elle  est  encor  jusqu'à  présent  1662,  tous 
les  15  d'octobre,  en  apparence  de  l'estre  à  jamais  tant  que  ceste  église  durera. 
Mesme  les  paysans  du  banc  de  Montenac,  aux  environ  de  là,  font  audit  jour  une 
descharge  sur  ladicte  place  tous  les  ans,  où  au  retour  ils  font  serment  d'y 
revenir  encor  l'an  suivant.  (Manuscrit  57,  p.  229.) 

25  Mélart,  p.  152. 

En  ce  temps,  l'esleu  fit  faire  le  chasleau  de  Pielresme  et  le  donna  à  un  sien 
filz  bastard  qui  esloient  en  grand  nombre,  tant  filz  que  filles,  tellement  que  tout 
ce  qu'il  pouvoit  assembler  c'esloil  pour  le  donner  à  ses  enfants  comme  un  bon 
père  de  famille.  Aussy  en  fut-il  surnommez  Henry  le  fécond,  car  par  un  jour,  on 
30  en  compta  jusques  au  nombre  de  soixante  cineque.  tant  filz  que  filles,  estant 
constraint  de  bastir  une  maison  sur  Avroy  pour  les  mettre  dedans,  les  nourir  et 


614  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

entretenir  avec  tout  ce  qu'il  pouvoit  tyranniser  sur  les  bourgeois  et  le  pays, 
dont  la  maison  s'appelle  encor  al  Bastrie  (*),  comme  voulant  dire  maison 
de  bastardrie.  D'autres  ont  encor  voulu  dire  que  la  rue  de  Gueldre  près  des 
Tourneur,  paroiche  de  la  Madaleine,  d'où  il  en  avoit  ou  tenoit  quantité,  auroit 
retenu  son  nom  de  luy,  comme  estant  issus  de  la  maison  de  Gueldre...  (*).         s 

De  ce  temps,  à  la  requestc  de  Saincte  Juliane  de  Cornilmont,  fut  première- 
ment célébré  la  fesle  du  Saint  Sacrement  par  les  chanoines  de  Saint-Martin  en 
Mont  et  en  après  par  les  aultres.  Depuis  l'an  1261,  le  pape  Urbain  4me,  ordonna 
que  ladicle  feste  seroit  célébrée  avec  son  octave  par  toute  la  Chrestientéz 
le  jeudy  après  l'octave  de  la  Pentecouste,  et  ordonna  à  sainct  Thomas  d'Aquin  10 
d'escrire  l'office  de  ladicte  feste.  Mesme  ledit  pape,  entendant  que  ceste  rencluse 
saincte  Juliane  vivoit  encor,  lui  manda  comme  il  avoit  ordonnez  que  ceste  feste 
seroit  célébrée  par  toute  l'église  universel,  à  raison  de  son  grand  zèle,  ce  qui  at 
esté  grandement  révérez  de  tout  prince  chrestiens.  L'archiduc  Albert  d'Au- 
striche,  duc  de  Brabant,  a  recognu  Saint-Martin  en  Mont  pour  la  première  15 
église  de  la  Chrestienté  qui  a  célébrez  ceste  solemnitéz,  luy  envoyant  de  beaux 
ornements. 

L'an  1268,  pendant  que  l'esleu  estoit  malade,  fut  levée  une  gabelle  sur  les 
bourgeois  par  quallre  eschevins  et  aucuns  aultres  bourgeois  sur  le  nom  de 
l'esleu  et  du  chapitre,  qui  n'en  scavoient  à  parler.  Un  jour,  ils  s'en  allèrent  par  20 
la  porte  des  Begua  en  la  maison  Piron,  l'un  d'entre  eux,  située  à  Thirbourse, 
soubz  les  vignes  de  Saint-Laurent,  pour  là  entre  eux  divider  et  partir  ledit 
argent.  Où  à  l'instant  voilà  la  foudre  du  ciel  qui  tombe  sur  eux,  qui  les  tua 
tous.  Quand  l'esleu  le  sceut,  il  fit  faire  de  ladite  maison  où  ce  cas  s'estoit 
advenu  un  hospilale  de  Saincte  Marie  Madaleine  qui  est  encor  appelle  25 
Thirbourse,  à  raison  qu'ils  avoient  volu  tirer  ceste  argent  en  leur  bourse 
particulière,  où  présentement  y  a  des  béguines  appellée  de  Thirbourse  (*). 
{manuscrit  57,  pp.  245  à  247.) 


(i)  Sur  cette  légende,  voir  Gobert,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  III,  pp.  208  et  215. 

(«)   lbid.,  t.  V,  p.  450.  30 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MËLART.  615 

Mélart,  p.  166. 

Ceste  année  (1296),  il  fut  une  grande  cheretéz  de  vivres. 

Au  mesme  temps,  s'esleva  une  grande  guerre  entre  les  Liégeois  et  le  comte 
Guy  de  Flandre  et  Namur,  spéciallement  entre  les  Dinantois  et  les  Bovignois. 
5  L'an  1296,  fut  commencé  le  pont  de  Huy,  au  travers  de  la  Meuse,  très 
solide,  de  pierres  de  tailles,  estayéz  de  plusieurs  gros  et  membrus  piliers  qui  se 
réduissent  en  arches,  ny  en  aiant  pas  de  plus  beau  ny  de  plus  excellent  ny 
éminent  sur  le  cours  de  la  Meuse  jusque  en  l'an  1640;  où  l'évesque  Hugue  de 
de  Chalons  y  mit  la  première  pierre,  jetlant  sur  les  fondement  un  escus  de 
io  Florence.  Mais  l'an  1300,  la  Meuse  débordée  en  décembre  creut  de  telle  façon 
qu'emportant  les  poutres  du  vieil  pont  et  courant  de  grand  roideur,  en  abattit 
une  des  arches  (*). 

En  ce  temps  ou  l'an  1290,  au  temps  de  l'évesque  Jean  Ghuy  de  Flandre, 

après  la  paix  de  Bierset,  je  dis  des  Clercs,  la  grande  fontaine  sur  le  marché  de 

îs  Liège  (2)  fut  érigée  et  ornée  de  colonnes  de  marbres  et  vases  pour  recevoir 

l'eau  qui  en  sorloit  et  parez  de  marmousets,  satyres  et  driades,  au  temps  de 

Groesbeeck. 

En  ce  temps,  il  tomba  une  grande  tempeste  en  Cornillon  et  alors  fut  l'église 
rédiQée,  où  les  Chartreux  y  allèrent  demeurer.  (Manuscrit  37,  p.  258.) 

20  Mélart  p.   169. 

En  ce  temps  (1298),  la  Cité  paya  au  prévost  de  Saint-Lambert  pour  ravoir 
la  Savenière  500  marcs  d'argent,  suivant  la  paix  des  Clercs,  car  de  ce  temps, 
qui  avoil  forfaict  à  Liège,  il  estoit  là  à  sauveté.  (Manuscrit  37,  p.  260.) 

Mélart,  p.   186. 
25  Rebastiment  du  pont  de  Meuse,  dit  le  pont  des  Arche. 

Le  pont  passant  la  rivière  de  la  grande  Meuse,  basty  du  temps  de  Kenier  de 
Bavière,  21me  évesque  de  Liège,  estant  tombé  par  les  innondalions  des  eaux  et 
glasse  environ  l'an  1312,  fut  quelque  temps  après  rebasly  sur  les  mesmes  fonde- 

(')  Cf.  R.  Dubois,  Les  rues  de  Huy,  p.  411. 
30       (5)  Th.  Gobert,  Liège  à  travers  les  âges,  t.  IV,  p.  64. 


6!G  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ments  et  arcades,  ce  pourquoy  ledit  pont  fut  appelle  pont  des  Arches.  Ledit 
pont  avoyt  duré  devant  sa  cheutc  l'espace  de  227  ans. 

Les  ouvrier  ou  maistres  qui  avoyent  entrepris  le  rebastiment  dudit  pont, 
pour  lequel  il  avoyent  fayt  marché  avec  l'évesque  et  chapitre  de  Liège,  et 
comme  il  avoyt  dressé  toutes  les  arcades,  tomba  trop  court  d'argent  et  maté-  5 
riaux,  ce  qui  obligea  lesdits  maistres  à  remonstrer  à  l'évesque  et  chapitre  les 
interrests  qu'ils  alloyent  recevoir  à  l'érection  dudit  pont,  les  supliant  d'y  avoir 
égard  par  le  rehaussement  de  quelque  sommes  d'argent.  A  quoy  personne  ne 
vollut  entendre,  constraindant  portant  lesdits  maistres  à  l'entier  achèvement 
dudit  pont,  lequel  fut  remply  entre  les  archades  de  légers  estofs  et  matériaux  10 
pour  les  moindres  frayts.  (Manuscrit  39,  p.  193  v") 

Mélart,  p.  218. 

Après  tout  ce,  le  seigneur  Wauthieux  de  Rochfort  que  ayant  gouverné 
l'évesché  et  pays  en  quallité  de  mambourg  par  eux  choisy,  et  comme  n'en  ayant 
tiré  aulcun  ou  bien  peu  d'émollumenls,  alléga  d'avoir  exposé  la  valleur  de  trois  ib 
mille  escus  pendant  la  guerre,  à  quoy  il  suplia  le  chapitre  et  bourgeoysie  d'avoir 
égard;  lesquels  chasqun  pour  leur  eousle,  passèrent  un  somme  d'argent  pour  le 
remboursement  et  le  rendre  content,  tant  pour  les  service  rendu  au  pays  que 
pour  les  exposila  sus  allégués. 

L'évesque,  estant  desvelloppé  des  guerres,  fit  un  trayté  avec  le  duc  de  îo 
Brabant  sur  plusieurs  points  indifférente  entre  le  pays  de  lirabant  et  celuy  de 
Liège,  tant  des  prises  d'hommes,  bestes,  biens,  hérilaiges  et  aultre  choses  plus 
au  long  spéciffié  par  les  articles  dudit  traité  fayt  l'an  1577,  le  12me  du  moys  de 
mars,  ce  que  se  poudra  voire  dans  le  manuscrits  des  payx  fayts  (').  (Manu- 
scrit 39,  fol.  216  V.)  25 

Mélart,  p.  22 1. 

L'an  1381,  le  19me  du  moys  de  décembre,  le  vinledeux,  si  souverain  juges, 
pour  avoir  passé  les  bornes  de  leurs  jurisdiclions  et  authorité,  mesme  pour  des 
excès  de  leurs  gouvernements,  furent,  par  authorité  de  l'évesque,  depossé  et 
suspense  de  leur  siège  et  tribunal,  cause  pour  quoy  furent  appelé  les  «  Tur-  80 
botz  ».  (Manuscrit  39,  fol.  219  v\) 

(')  Voir  Pawilhar  Capitaine,  fol.  ICO. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  617 

Mélakt,  p.  224. 

Les  14  osehevins  de  Liège  qui  n'cstoyenl  encore  restablit  dans  leurs  jurisdic- 

tion,   quoy  qu'il  avoyent  monslré  leurs  lettres  d'abollulion  de   l'empereur, 

veuslans  à  l'evesque  moderne  Arnold  d;:   Horne  qui  s'avoyt  opposé  devant 

s  le  Saint-Siège  de  Home  et  empcschoyl  leur  reslablissemenl,  furent  par  ledit  éleu 

de  Bavière  remis  dans  leur  tribunal  pour  administrer  justice. 

Le  premier  de  leurs  œuvre  et  sentence  fut  de  condamner  Gérard  Denis, 
nottaire.  pour  avoir  fayt,  un  faulce  lettre  de  court,  d'estre  exposé  3  jours  sur  un 
eschelle  au  marché  puys  d'avoir  la  teste  trenchée. 
io  L'eleu,  ayant  mis  quelque  ordre  et  pollice  dans  la  ville  de  Liège,  s'en  alla 
dans  les  autres,  accompaigné  de  quelque  noblesse  et  chanoines,  tant  pour  s'y 
faire  cognoistre  et  recevoir  que  pour  en  tirer  quelques  deniers  et  sommes  d'ar- 
gent, que  l'on  luy  fit  présent,  recevant  partout  bon  accueil  et  traitement. 
(Manuscrit  59,  p.  222  V.) 

1S  MÉLART,    p.    233. 

Mesme  la  ruine  des  Liégeois  avoit  esté  prédite  dès  l'an  i  59 i  par  un  prodige 
d'un  combat  qui  se  fit  entre  les  faucons  et  les  corbeaux  au  mesme  lieu  où  la 
bataille  se  donna.  Voyez  Eneas  Silvius,  depuis  pape,  et  la  description  de  son 
Europe,  répété  par  Erançois  Belleforesl  en  son  5me  tome  des  Histoires  prodi- 
30  gieuses,  où  il  témoigne...  (suit  le  récit  de  ce  combat  fabuleux  d'après  les 
sources  précitées).  {Manuscrit  57,  p.  520.) 

Mélart,  p.  235. 

. . .  faisant  amener  les  plus  coupables  et  ceux  qui  leur  avoient  adhéré  à 
Maeslricht,  où  ils  se  retirèrent  tous  ensemble,  où  plusieurs  capitaines  bourgui- 
25  gnons  tenoient  prisonniers  plusieurs  praistres,  chanoines  et  bourgeois  en  grand 
misère.  (Manuscrit  57,  p.  521 .) 

L"an  1 409,  la  rivière  de  Meuse  se  déborda  tellement  qu'elle  emporta  par  la 

furie  et  impétuosité  le  pont  dit  des  Arches,  à  cause  qu'il  avoyt  esté  rebasly  sur 

des  vieilles  arches  d'un  pont  tombé.  Ledit  pont  n'avoit  duré  que  97  ans  par  la 

30  foyblesse  de  son  rebastiment  et  faute  des  matériaux.  (Manuscrit  59,  fol.  229.) 

Tome  II.  78 


618  CHROMQUES  LIÉGEOISES. 

Mélakt,  p.  239. 

L'hermitage  de  Saincle  Barbe,  soubz  l'autliorité  de  l'abbaye  de  Sainct-Giclle, 
en  laquelle,  comme  on  lient,  a  estez  enclose  Sainctc  Odille,  parquoy  seroit  plus 
ancienne  que  d'avoir  esté  consacrée  dudit  Walenroede. 

En  ce  temps,  le  3e  Juliette  (1421),  fui  mis  sur  une  cschelle  maistre  Jules  s 
Gérard  à  raison  qu'il  estoit  taxez  d'avoir  tué  son  confrère  Jeban  le  Harengier. 
(Manuscrit  57,  pp.  526  et  527.) 

Mélart,  p.  240. 

Fers  sur  la  vie  et  la  mort  de  Jean  de  Bavière. 

Ta  fauceté,  ta  force  et  foy  dordracienne  io 

te  fit  quitter  la  crosse  el  cesle  éveschéz  tienne 

pour  parvenir  aux  biens  et  aux  grands  revenus 

de  ta  nièpee  pupille,  à  l'ayde  des  Merlus. 

Tu  prins  à  Lulzembourg  pour  femme  ton  Elise, 

sans  esgard  à  son  sang  ni  à  Ion  ordre  d'église,  15 

tu  ne  fus  pas  longtemps  comte  ny  mariez; 

par  mort  en  un  seul  jour  fus  plaint  et  oubliez. 

(Manuscrit  57,  p.  524.) 

Couslumes  de  l'élextion  magistral  dans  Liège  depuis  l'an  4H8. 

Comme  cidevant  l'on  faysoyt  des  maistres  de  la  ville  pour  governer  le  20 
peuple,  tantost  par  eux,  lantost  par  les  nobles  et  esebevins,  quelquefoys  à  la 
Tousaint  et  quelquefois  à  la  saint  Jean-Baptiste. 

Mais  depuis  l'an  susdit,  il  fut  ordonné  aux  32  mestiers  ainsi  establis  que 
l'élection  des  bourgumaistres  et  magistrats  de  la  ville  de  Liège  se  feroit 
doresnavant  le  jour  de  la  saint  Jacque,  25me  du  moys  de  juillet,  auquel  jour  25 
tous  les  compaignons  du  mestier  s'assembloyent,  ayant  à  cet  effccl  ebasque 
mestier  un  chambre  particulier,  où  estant  assemblé  vers  les  b'  heures  du  matin, 
le  greffier  de  chasque  mestier,  ayant  un  list  des  noms  des  compaignons  du 
mestier,  les  appellanl  à  leurs  tours  pour  aller  tierre  au  boitte  ou  lot,  entre  les- 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  619 

quels  y  avoyt  trois  lots  ou  boittes  portant  le  titre  de  jurez  et  deux  aultres 
portant  le  tiltre  de  gouverneur. 

Et  celuy  qui  avoyt  un  desdits  boytes  ou  lots  estoyt  tenu  et  obligé  à  un  autre 
compaignon  conversant  le  mesme  meslier,  soyt  par  grâce  ou  par  récompence, 

5  selon  Iibérallilé  de  la  personne  acceptant,  et  les  trois  hommes,  ayant  obtenu  les 
boites  du  tiltre  de  jurez,  les  noms  desquelz  furent  escrils  sur  un  petit  billet  en 
lourtalle  ou  plie,  puis  mis  dans  un  petite  boyte  ou  vasque,  ce  qu'estant  fayt, 
vient  un  comissairc  lequel  tire  un  des  trois  billets  hors  la  boite,  le  nom 
duquel  est  appelez  52,  lequel  l'on  conduit  sur  la  mayson  de  ville  pour  faire 

io  élection  des  bourgumaislres,  les  4  autres  tenant  leurs  estats  et  offices  les  uns  de 
maistre  jurez  et  les  autres  de  gouverneur,  estants  tous  du  Conseil  de  ville. 

Les  bourgmaistres  estant  chosy  par  iesdits  52,  l'on  les  publie  au  ballustre  de 
la  mayson  de  ville,  puis  on  les  aile  chercher  dans  leur  mayson  et  conduit  sur 
la  mayson  de  ville,  où  estant  tous  deux  ensemble,  sont  conduit  à  l'église  de 

«5  Saint-Jacque  en  Isle,  suivy  des  32  électeurs,  avec  les  trompes  et  les  tambours 

de  la  Cité,  après  quoy  retournent  sur  la  mayson  de  ville  où  il  y  at  un  bacquet 

appresté  à  la  charge  de  la  Cité,  qui  le  paye  par  le  rentier.  (Manuscrit  59, 

fol.  230  V.) 

Mélart,  p.  245. 

20  L'an  145L,  dans  Liège,  se  commença  une  grande  esmotion  entre  Wathieu 
d'Anthin  et  Jehan  de  Bernalmont,  lequel  Wathieu  estoit  mayeur  et  eschevin 
et  jadis  avoit  esté  bourgemaistre  de  la  Cité,  lequel  estoit  tellement  devenu 
superbe  que  nul  ne  luy  osoit  contredire  et  par  ce  moien  gouvernoit  toute 
la  Cité  à  sa  volonté.  Or  ledit  de  Bernamont,  pour  certain  oultrage  lui  faiet  par 

25  ledit  Wathieu.  l'appella  ou  cita  au  palais,  mais  il  n'y  fut  point  escouté  de 
l'évesque,  dont  plusieurs  maux  s'ensuivèrent.  Car  ledit  d'Anthin  s'en  orgueilla 
et  fut  sy  oultrageux  qu'il  fit  serrer  tous  les  mestiers  contre  messieurs  de 
Saint-Lambert  et  des  secondaires,  par  deux  fois,  tellement  que  nul  n'osoit 
labourer  ny  vendre  ny  acheter  quelques  choses  pour  eux,  dont  ils  csloient  en 

30  grande  nécessitez,  estant  constrainct  d'envoyer  à  Huy  ou  à  Maestricht  pour  en 
avoir,  parquoy,  devant  tesmoins,  messieurs  du  chapitre  firent  une  protestation 
solemnel,  puis  le  firent  citer  à  Rome  devant  le  pape  en  propre  personne,  par- 
quoy il  s'absenta  quelque  temps,  et  cependant  ses  amis  firent  la  paix. 


C-20  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Mais  l'an  1432.  le  jour  de  la  Visitation  de  Noslre-Dame,  se  recommença  de 
rechef  une  grande  mutinerie,  mais  ce  ne  fut  rien,  car  à  la  Saint  Jacque  ensui- 
vant, furent  reslablies  les  vieilles  usances  contre  le  nouveau  Régiment  qui 
furent  jurée  cl  gardée.  Néantmoins  l'année  mesme,  la  vieille  des  Rois,  ledit 
Waulhieu  d'Anlhin  avec  ses  complices  s'esleva  séditieusement  avec  les  armes,  5 
faisant  grande  assemblée  et  congrégation,  se  trouvèrent  sur  le  marchez  tenant 
les  degréz  de  Sainct-Lambert,  avec  enseignes  desployées  et  les  armes  en  mains, 
faisant  grandes  csmotions,  desprisans  et  blasmant  les  gens  d'église,  frappant  un 
chacun  comme  incensé,  car  quoyque  l'on  lui  rcmonstrasl,  rien  ny  valloit,  ains 
donnoit  des  parolles  arrogante  avec  menasse  d'avaller  les  arbalestres,  ce  que  io 
voiant  le  peuple,  pour  éviter  sa  tyrannie,  prindrent  les  armes,  tirant  chascun 
vers  son  meslier.  Or  ledit  d'Anthin  se  voyant  frustré  de  son  entreprinsc,  que 
nuls  mestiers  ne  se  vouloicnl  joindre  avec  luy  pour  maintenir  sa  cause,  (que  les 
manuscrit  ne  disent  pas  quel),  comme  il  leur  en  fit  parler  par  aucuns,  mais  ils 
leur  respondirent  qu'il  sceust  à  contenter  et  se  retirer  ou  que  aultremenl  tous  15 
estoient  délibérez  de  luy  monstrer  leste.  Aucun  néantmoins  en  se  retirant  ne 
laissèrent  tirer  leurs  arbalcslres  et  faisans  grand  sermens  qu'ils  se  vengeroient, 
ce  qui  fut  bon  pour  eux,  car  les  3:2  mestiers  avoient  envoyé  secrettement  garde 
aux  pont  des  Arches,  d'islc  et  en  Feronstrcy,  puis  à  bannières  desployées  mar- 
choient  droit  sur  le  marchez  pour  les  allacqucr,  mais  le  trouvant  parti,  il  fut  20 
conclud  et  arresté  d'y  procéder  par  bonne  enqueste  contre  tels  perturbateurs  du 
repos  publicque. 

Adjoustant  qu'il  a  voit,  en  qualité  de  mayeur,  fait  des  compositions  contre 
les  franchises  et  privilèges  qui  furent  articulé  en  enquestes,  luy  entendant 
que  l'on  produisoit  des  tesmoins  contre  luy  et  que  l'évesque  en  avoit  donnez  23 
la  puissance  avec  le  Régiment.  Les  principaux  de  ladicle  sédition  se  sau- 
vèrent hors  du  pays  ;  les  enquestes  eslans  furnies  furent  horsportée,  où  les 
principaux  csmouvaleurs,  comme  rebelles,  séducteurs  et  parjures  des  ser- 
ments par  eux  faicls  en  relevant  leurs  mestiers,  furent  condamnez  d'estre 
apréhendéz,  d'aultres  bannis,  mais  estant  fuis,  leurs  biens  furent  confisquez.  50 
Tellement  que  l'an  1433,  fut  donné  à  la  Cité  par  Sa  Ylajestéz  Impériallc  lettre 
d'exécution  contre  lesdits  d'Anthins,  comme  estant  tombé  au  ban  d'empire  et 
leurs  biens  confiscable,  comme  la  Cité  en  pouroit  récupérer  des  propriétaire,  en 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  621 

suilte  de  quoy,  l'an  1440,  lesdits  biens  confisqués  furent  dividé,  selon  la  puis- 
sance leur  oclroyéz,  partie  aux  32  mestiers,  partie  à  la  compaignie  des  Arbales- 
triers,  l'aullre  à  la  Cité;  plusieurs  maisons  furent  abbatus  et  aucuns  racliatèrcnt 
leur  paix  par  argent.  En  mémoire  de  quoy,  l'ont  faict  tout  les  ans,  la  veille  des 
s  Roys,  trois  grand  feu  de  bouille  sur  le  marchez,  ce  qu'a  durez  jusques  sur  la  fin 
du  règne  de  Ferdinand  de  Bavière,  qui  a  destiné  lesdictes  bouille  à  aullre  usage, 
pour  le  feu  des  soldais  allemans  sur  le  fort  à  Saincte-Walbourgh  comme  en  dit. 
L'an  1453,  firent  institué  les  dix  hommes  de  la  Cité  pour  servir  de  garde 
aux  bourguemaislres.  Ils  sont  ainsy  appeliez  parce  qu'il  sont  tirez  en  nombre  de 

10  dix  hors  des  52  mestiers,  qui  font  une  compaignie  de  520  hommes,  soulz 
4  capitaines,  4  lieutenant  et  4  enseignes,  sans  compter  les  aullrcs  officiers  ny 
les  gentilhommes  de  la  compaignie. 

L'an  1437,  l'évesque  alla  avec  sa  puissance,  qui  estoit  de  15000  piétons  et 
3000  chevaulx.  accompaigné  de  messire  Everard  de  la  Marche,  mambour  du 

io  pays,  faire  la  guerre  en  Ardenncs  et  es  environs  contre  certains  larrons  et 
volleurs  appelez  Snapbans,  qui  sont  fusilliers  qui  se  tenoient  dans  des  places 
et  maisons  fortes  où  ils  avoienl  leurs  repaires  et  refuge,  comme  à  Bosnove,  qui 
fut  print  et  abbattue,  et  tout  ceux  de  dedans  pendus.  De  mesme  fut  faict 
à  Orsimont,  Villers,  Beaurin,  Mosson  et  aultres,  aucune  desquel  furent  prinse 

20  par  accord  et  d'aullres  par  force,  les  places  emporté  et  abbattue  et  tous  les 
malfaicteurs  exécutés,  puis  ils  retournèrent  à  Liège. 

Ceste  année  (1440),  monsieur  de  Heynsbergh  alla  à  Aix  au  couronnement  de 
l'empereur  Frédérich,  à  grand  honneur. 

Ceste  mesme  année,  les  Turcs  prirent  Constantinople,  au  mesme  temps  que 
2o  ledit  empereur  Frédérich  d'Àustrichc  fut  esleu   empereur. 

En  ce  mesme  temps,  les  Allemans  inventèrent  l'art  d'imprimer  les  premier 
livres,  qui  furent  imprimez  à  iMayence. 

Tout  ce  siècle  fut  martial  et  produisit  en  plusieurs  et  divers  lieux  du  monde 

plussieurs  vaillans  et  courageux  hommes  de  guerre,  entre  aultres  l'empereur 

ôo  Frédérich.  Louis  Hme,  roy  de  France,  le  duc  de  Bourgongne,  Albert  duc  de 

Saxe,  Albert  marquis  de  Brandebourg,  Frédérich  le  Victorieux,  comte  palatin 

du  Rhin. 


622  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  1441,  fut  ordonné  par  la  Cilé  lettre  de  pouvoir  vendre  les  poissons  de 
mer  nommez  l'acense  (i). 

L'an  1444,  furent  faict  par  la  Cité  certaines  ordonnances  et  status  pour 
la  police  des  biens  des  pauvres  en  Isle...  (2). 

L'an  mesme,  aucuns  meschants  séditieux  conjurés  ensemble  se  tenant  dans  3 
aucuns  chastcaux  et  places  avoient  conspiré  de  surprendre  la  Cité  en  trahison 
par  le  moien  de  ceux  qui  tenoient  leurs  parties,  mais  ils  furent  descouvert  et 
aucuns  print  et  exécutés  par  justice.  [Manuscrit  37,  pp.  334-556.) 

L'an  1444,  fut  rebasty  le  pont  des  Arche  plus  d'amont  dans  la  Meuse  que  les 
autres  ponts,  la  ville  avoyt  esté  55  ans  sans  pont.  Ledit  pont  prend  sa  struc-  10 
ture  au  pied  de  l'église  Sainte-Catherine,  au  debond  de  Novis. 

L'an  1446,  fut  fayl  la  chappellc  Sainte-Barbe  sur  un  des  piliers  au  millieux 
du  pont  des  Arche  et  à  l'opposite  de  la  dit  chappelle,  fut  fayt  la  forme  d'un 
siège  appelle  la  Chayre  Sainte-Barbe.  (Manuscrit  59,  fol.  240.) 

L'an  1446,  le  duc  Philippe  de  Bourgogne  prétendant  des  grands  inlércsls  au  15 
pays  de  Liège,  comme  icy  dessus  est  mentionnez,  en  donna  par  sa  bontéz  quit- 
tance comme  bon  voisin  et  parent  de  l'évesque... 

L'an  1448,  un  grand  vent  abbalit  les  ribaux  ou  marmousets  jus  du  peron  de 
la  fontaine  du  marchez,  que  les  bourguemestres  Alexandre  de  Seraing  et  Henry 
Surdelle  Grent  refaire  de  cuivre  et  les  dorer  avec  les  troys  lyons  et  le  peron,  qui  20 
auparavant  estoient  de  piercs.  [Manuscrit  57,  p.  356). 

Voilà  ce  que  les  uns  et  les  aullres  en  ont  escrit,  auquel  je  laisse  le  lecteur 
en  juger.  Quant  à  moy,  je  jugerois  que  ceste  éveschez  de  Liège  avoit  ainsy  esté 
praticqué  par  ceste  maison  de  Bourgongne  aflin  de  dominer  sur  les  Liégeois 


(4)  Il  s'agit  de  l'acte  du  11   décembre  1441   par  lequel  les  maîtres,  jurés  et  conseil  de  la  Cité  25 
approuvent  la  cession  de  l'accense  de  la  vente  des  poissons  de  mer  dans  la  cité  que  Piron  Stienne,  le 
tanneur,  avait  obtenue  aux  enebères  pour  trois  ans  et  avait  ensuite  cédée  à  Jean  de  Sanson,  ebangeur. 
A   cette   occasion,  le  Conseil  de  la  Cité  avait   fixé  les  conditions  de   la   reprise  de   cette  accensc. 
Cf.  E.  Faibon,  Carlulaire  de  la  Cité. 

(»)  Règlement  du  18  octobre  1444.  Voir  E.  Fairon,  Carlulaire  de  la  Cilé.  30 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  623 

aussy  bien  que  sur  toutes  les  provinces  du  pays  Bas,  qu'ils  tâchèrent,  comme 
dist  est,  d'unir  soubz  leur  puissance,  sy  point  par  eux  directement,  au  moins  par 
un  évesque  leur  propre  parent,  qui  se  gouvernoit  entièrement  par  leur  conseille 
et  qui  estoil  soubz  leurs  sauvegarde,  afin  n'estre  troublé  en  leurs  estais,  scachant 
5  de  quelle  humeur  esloient  les  Liégeois,  ne  leur  portant  guère  d'affection  et  fort 
facile  à  esmouvoir.  (Manuscrit  57,  p.  358.) 

Mélart,  p.  248. 
Sentence  par  le  pape  Poule  2me. 

Après  quelques  6  ou  7  ans  de  procédure  l'évesque  Louys  de  Bourbon  contre 

io  ses  sujets  de  Liège,  le  pape  susdit  prononça  sa  sentence  le  10me  du  moys  de 
janviere  l'an  1465,  laquelle  fut  favorable  à  l'évesque  et  nuisible  aux  Liégeoys. 
Sur  quel  différents  et  débuts  les  Liégeoys  furent  condamné  de  recevoir  pour 
leurs  évesque  Louys  de  Bourbon,  luy  obéir  en  tout  et  parloute,  tant  séculliers 
que  ecclésiastiques,  mannans  et  inhabitans  dudit  pays,  et  estre  subject  à  la 

15  sensure  de  l'évesque  tant  en  spiritualité  qu'en  lemporallité  et  luy  presler  toute 
obéissance  sans  rien  pouvoir  entreprendre  ny  esmouvoir  contre  son  authorité 
ny  mesme  mettre  hors  bannières  ou  enseignes,  porter  armes  ny  enlever  aucuns 
guerre  sans  son  consent  et  permission,  et  canlités  d'autre  points  plus  au  long 
incerré  dans  ladit  sentence,  fort  préjudiciable  aux  Liégeoys  et  leurs  prévilèges. 

20  Item  condamna  ceux  de  la  communauté  de  Liège  aux  restitution  des  biens  par 
eux  interseplé  à  leur  évesque  et  son  église  par  forces  et  voye  de  fayts,  sans  loix 
ny  jugements,  en  oultre  à  payer  pour  amende  la  somme  de  5000  fl.  de  Rhin 
pour  estre  applicqué  à  la  guerre  contre  les  Turcqs,  ennemis  des  Christiens,  soy 
réservant  la  taxe  des  fruyts  engendré  pendant  ceste  procédure.  Mais  les  Liégeoys 

2o  ne  veullèrent  obéir  à  ceste  sentence  ny  pour  se  caller  le  voille,  ains  soublevèrent 
la  désobéissance  de  plus  fort.  (Manuscrit  59,  fol.  j?  V.) 

Mélart,  p.  254. 

Quand  le  roy  de  France  voyoit  lesBourguignons  empeschéz  contre  IesLiégeois, 

il  essayoit  à  faire  quelques  nouvellité  contre  son  frère  ou  le  duc  de  Brelhaigne 

ôo  alliées  des  Bourguignons  en  donnant  quelque  peu  de  confort  et  ayde  aux  Liégeois, 

parquoy  le  comte  de  Charrollois,  ne  scachant  de  quelle  costé  tourner  ses 


624  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

armes,  alloil  tanlosl  au  secours  de  ses  alliées  et  lanlost  contre  les  Liégeois  qui 
lui  livraient  cruelle  guerre,  tellement  que  ses  alliées,  aiant  faict  quelque  traictéz 
ou  trêve,  il  tourna  finallement  ses  armes  contre  les  Dinantois  et  Liégeois. 

Dinanl  donc,  ville  du  pays  de  Liège  située  sur  la  rivière  de  Meuse,  ville  très 
forte  et  très  riche  à  cause  du  grand  traflîcque  de  cuivre  qui  s'y  faicl,  nommez  s 
dinanlerie,  fut  assiégée  l'an  14G6  par  le  duc  Philippe  de  Bourgongnc,  de  Bra- 
bant,  de  Limbourg  et  Lulzcmbourg,  comte  de  Flandre,  d'Arlhois,  de  Haynaull, 
de  Namur,  de  Hollande,  de  Zélande,  de  Frize,  seigneur  de  Salins,  Malines  et 
Ulrccht.  marquis  du  Sainct-Empire,  etc.,  avec  son  lilz,  le  comte  de  Charrollois. 
L'an  précédent,  cesle  ville  avoit,  pour  une  somme  d'argent,  procurez  d'cslre  10 
séparée  des  Liégeois  affin  de  demourer  neustre,  de  quoy  peu  après  ils  s'en 
repentirent,  car  ils  firent  mourir  quatre  de  leurs  principaux  bourgeois  qui  avoient 
faicl  cest  accord  et  recommencèrent  la  guerre  en  la  eomié  de  Namur.  Ceste  ville 
portait  une  terrible  hayne  contre  la  ville  de  Bovigne,  qui  est  assisse  à  un  quart 
de  lieu  de  Dinant,  n'ayant  que  la  rivière  de  Meuse  entre  deux  et  ni  avoit  pas  15 
longtemps  que  les  Dinantois  l'avoient  tenus  bloquée  et  assiégée  l'espasse  de 
huict  mois,  y  faisant  plusieurs  grande  eruauléz  es  environs,  tirant  des  bombarde 
et  grosses  pièces  d'artilleries  continuellement  à  travers  de  la  ville,  constraiguant 
le3  habilans  de  se  tenir  dans  leurs  caves  et  y  faire  leur  demeure.  Il  n'est  presque 
croyable  comment  ces  deux  villes  se  porloient  de  hayne  et  sy  ne  faisoient  guère  20 
de  mariage  de  leurs  enfans.  Sinon  les  uns  avec  les  aultres — 

Aucuns  tiendrent  encor  bon  huit  jours  dans  des  grandes  caves  dessoubz  terre 
et  dans  des  roches,  jusques  à  la  dernière  goustc  de  leur  sang,  le  tout  ayant  esté 
pillé  et  brusléz  et  massacrez.  Henry  de  Borsel,  seigneur  de  la  Vere  en  Zélande, 
avec  son  filz  Woulfang  de  Bouchain,  qui  y  estoit  avec  le  duc,  eut  pour  présent  25 
plusieurs  joiaux  de  l'église  collégialle  comme  le  chef  de  S.  Perpète,  un  grand 
chandelier  de  cuivre  pour  mettre  cineque  chandelles  et  plussicurs  couppes  d'or, 
lesquels  il  fit  porter  à  Werse  en  Zélande  là  où  on  les  voit  encor  présentement, 
puis  les  murailles  furent  abbattus  à  rez  de  terre  et  la  bruslèrent  en  ruine,  en 
sorte  qu'il  n'y  demeura  pieres  sur  pieres  et  tout  fut  mis  à  mort,  hommes,  00 
femmes  et  enfans.  S'ils  auroient  tenu  encor  huit  jours,  ils  eussent  peu  eslre 
secouru  des  Liégeois,  nonobstant  leur  séparation,  qui  y  arrivèrent  le  lendemain 
de  la  prinse,  pensant  lever  le  siège  ou  donner  bataille  au  duc. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  625 

Car  pendant  ledit  siège,  les  Liégeois  furent  très  mal  content  dudit  siège,  dont 
toute  la  ville  fut  en  grande  murmuration.  Lorsqu'ils  en  entendirent  les  nou- 
velles, dont  ils  boulèrent  hors  les  enseignes  et  se  mirent  au  champ  avec  grand 
appareille  de  guerre  et  en  nombre  de  36  mille,  marchèrent  en  grande  diligence 

5  au  secours  de  Dinant,  qui  estoit  desja  prinse  avant  leur  arrivée.  D'aullre  costé, 
le  duc  Philippe,  voiant  la  ville  prinse,  se  relira  à  cause  de  sa  vieillesse,  laissant 
l'entière  conduicte  de  son  armée  à  son  fllz,  lequel  aiant  entendu  l'approche  des 
Liégeois,  marcha  contre  eux  avec  toute  son  armée  et  les  rencontra  plus  tost 
qu'il  ne  pensoit.  Car  son  avanlgarde  s'estant  esgarée  faulte  de  bonne  guide,  les 

io  Liégeois  rencontrèrent  sa  bataille  où  estoient  les  principaux  chefs  de  son 
armée,  et  estoit  sur  le  tard,  ce  qui  les  estonna.  Nonobstant  les  Liégeois  faisoient 
estât  de  les  assaillir,  mais  à  l'heur  mesme,  ayant  entendu  la  perle  de  la  ville  et 
effrayez  d'une  telle  vengeance  qu'ils  avoient  pris  des  Dinantois,  leurs  compa- 
triotes et  associez,  ils  envoyèrent  quelques  députez  vers  les  Bourguignons, 

15  requérant  leurs  comte,  en  l'honneur  de  la  Vierge  Marie,  dont  il  estoit  la  nuict, 
qu'il  voulust  les  excuser  et  avoir  pilié  d'eux,  en  faisant  une  bonne  paix  avec 
eux.  Mais  nonobstant  ceste  dépulation,  les  Liégeois  monslroient  lous  une  réso- 
lution de  combattre,  mais  après  plussieurs  allées  et  venues,  fut  accordé  par 
leurs  députés  de  maintenir  la  paix  de  l'an  précédent,  contre  la  volonléz  de 

îo  plusieurs  qui  désiroient  la  bataille,  tant  d'un  coslé  que  d'aultre,  parmy  payant 
quelque  somme  d'argent  audit  duc  pour  deffaire  son  armée  et  que  pour  plus 
grande  asseuranec  de  leur  promesses,  il  lui  livreroient  cinquante  ostages, 
scavoir  52  de  Liège,  (i  de  Tongres,  6  de  Sainct-Trond  et  le  reste  de  Hasselt  et 
des  aultres  villes,  nommez  dans  un  rolle  par  leurs  évesque  et  aultres  siens 

25  serviteurs  des  plus  riches  et  nobles  du  pays,  qu'ils  donnèrent  le  lendemain, 
après  plusieurs  disputes  entre  eux.  [Manuscrit  37,  p.  3S3.) 

Mélart,  p.  257. 

...  sa  mère  mesme,  laquelle  estoit  venue  exprès  de  Bruge  n'y  gaigna  rien. 

Dont  lesdits  ambassadeurs  réplicquèrent  que  s'il  les  assailloit,  que  le  roy  les 

30  secoureroil,  mais  que,  nonobstant  ce,  s'il  vouloil  consentir  que  le  roy  fist  la 

guerre  en  Bretagne,  qu'il  abandonneroil  les  Liégeois.  Le  duc  respondit  que  les 

Tome  IL  79 


626  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Liégeois  l'avoient  assaillis  el  rompu  la  paix  et  non  pas  luy,  par  quoy  il  n'aban- 
donncroit  pour  tel  sujcct  ses  alliez  de  Bretaigne,  dont  ils  se  retirèrent  sans  rien 
effectuer 

En  ces  entrefaictes 

Puis  le  parlement  du  duc  mit  en  délibération  sy  on  vouloit  faire  mourir  les  5 
ostages  ou  non.  Aucuns  furent  d'avis  que  on  les  devoit  faire  tout  mourir,  mais 
par  le  conseil  du  soigneur  d'Imbercourl,  ils  furent  tous  renvoyez,  à  condition 
par  eux  faicl  serment  qu'ils  làcheroient  d'induire  les  aullres  à  la  paix  et  eux  de 
ne  point  porter  les  armes  contre  le  duc  en  recognoissance  de  la  grâce  que  ledit 
duc  leur  faisoit  et  que  s'il  estoient  allrappé  faisant  le  contraire,  qu'il  auroient  la  10 
teste  tranchée. 

Le  duc  de  Bourgongne,  ayant  assemblez  son  armée  es  environ  de  Louvain, 
marcha  de  là,  vers  le  mois  de  septembre,  vers  la  ville  de  Sainclron,  où  il  y 
avoit  trois  mille  hommes  en  garnison,  dont  esloit  chef  un  très  bon  chevalier  qui, 
l'an  précédent,  avoit  traictéz  la  paix,  laquelle  fut  eslroiclement  assiégée,  laquelle  15 
se  deffendit  par  trois  jours  assez  bien  s'allendant  au  secours  qui  leur  avoit  esté 
promis  et,  de  faict,  les  Liégeois  y  arrivèrent  en  nombre  de  50  mille,  pensant  la 
dessiéger.  (Manuscrit  57 ',  p.  3S7.) 

Mélaut,  p.  258. 

avec  un  grand  train  et  attirail  de  charroy  et  d'artilleries.  Que  Meyer  20 

l'historien  dit  avoir  estez  de  120  belles  serpentines,  six  gros  canons  et 
500  chariots  chargés  de  toute  sorte  de  vivres  et  d'aultres  amonitions  de  guerre, 
soubz  la  conduite  de  messire  Bacs  de  Heers,  chevalier,  entre  lesquels  il  y  avoit 
entre  aultres  5U0  bon  chevaux  d'eslite,  laquelle  armée,  soit  de  20  ou  de  50  mille, 
estoit  capable  de  faire  lever  le  siège  et  donner  terreur  à  l'armée  du  duc  s'ils  25 
eussent  esté  tout  vieux  soldats.  Ils  arrivèrent  environ  les  dix  heure  du  malin 
et  se  retranchèrent  dans  le  fort  village  de  Brustem,  tout  environné  de  marais, 
à  demie  lieue  des  Bourguignons,  aiant  en  leurs  compagnie  François  Boy  ('), 
baillieu  de  Lyon,  lors  ambassadeurs  de  France  vers  les  Liégeois.  Cest  armée 

(*)   François   Royer,   sénéchal    de    Lyon    et    bailli    de    Slàcon.    Cf.    C.    un    Bobman,    éd.   d'Adrien  30 
d'Oudenbosch,  p.  35 U. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  627 

ainsy  en  un  rien  assemblée,  aiant  néanlmoins  plus  de  bon  que  de  mauvais, 
donna  un  grand  alarme  au  camp  des  Bourguignons,  où  le  duc  donna  toute  les 
ordres  requis  les  rangeant  en  bataille  sur  les  champs,  ne  laissant  au  siège  que 
S  à  600  Anglois.  envoyant  quelque  i2(;0  hommes  d'armes  sur  les  deux  cosléz 
s  du  village  de  Brustem.  Et  il  demeura  luy  mesme  en  personne  à  la  leste  de  son 
armée,  et  peu  plus  loing  dudit  village,  que  les  aultres,  avec  800  hommes, 
comandant  à  monsieur  de  Ravestain  de  marcher  avec  l'avangarde,  qui  estoient 
tous  hommes  d'armes  et  archers  à  pieds,  avec  quelque  pièce  d'artillerie,  laquelle 
marcha  jusques  sur  le  bord  des  tranchis  des  Liégeois  pour  guarantir,  où  à 

io  coups  de  flesches  et  de  canons  ils  firent  reculer  les  Liégeois  gaignans  leurs  fosséz 
et  artillerie.  Mais  quant  le  traict  des  Bourguignons  fut  fally,  le  cœur  et  le  courage 
revint  aux  Liégeois  qui  d'un  cœur  animez,  avec  leurs  longues  picques,  char- 
gèrent tellement  les  archers  qu'en  un  moment  ils  en  tuèrent  en  une  trouppe 
plus  de  S00,  tellement  que  toutes  les  enseignes  des  Bourguignons  bransloient  de 

»5  crainte  comme  gens  desconfit,  mais  le  duc  y  remédia,  faisant  marcher  sa 
bataille  soub  la  conduite  de  Philippe  de  Crevecœur  et  aultres,  qui  tous  d'un 

même  courage  donnarent  dans  les  Liégeois 

au  combat  près  du  monastère  de  Sepperen,  avec  un  grand  advanlage, 

à  cause  que  la  cavaillerie  du  duc  ne  les  pouvoit  charger,  qui  estoient  aux  deux 

20  costé  du  village,  à  cause  des  marets,  ny  mesme  aussy  le  duc  de  là  où  il  esloit 
comme  n'y  estant  seulement  que  à  l'advenlure  en  cas  que  les  Liégeois  eussent 
rompu  son  armée  et  entré  en  la  campagne,  tellement  que  la  pluspart  se  sauva 
n'estant  poursuivie  que  des  gens  de  pieds. 

Ce  nonobstant, le  duc  envoya  une  partie  des  gens  de  cheval  à  la  parsuitte  pour 

25  leur  donner  la  chasse,  mais  il  fallut  qu'il  tournoyassent  plus  de  deux  lieues  pour 

trouver  un  passage  où  la  nuict  les  surprint,  ce  qui  les  sauva.  Cependant  le  duc 

renvoya  d'aullre  gens  au  siège  devant  Sainclron,  craignant  leurs  sorties,  comme 

ils  firent  par  trois  fois,  mais  ils  furent  repoussez  nonobstant  leurs  bonne  conduicte. 

Les  Liégeois  aiant  eu  la  hardiesse  d'attaquer  ainsy  le  duc  de  Bourgoigne,  au 

ôo  triple  plus  fort  qu'eux,  et  se  voianl  battu,  une  partie  se  rallia  à  l'entour  de  leurs 
chariots,  mais  ils  y  tindrent  peu  et  n'eust  esté  la  nuict,  ils  eussent  perdu  plus 
de  15000  hommes.  Après  ce,  le  duc  se  relira  avec  toute  son  armée  horsmis 
mille  on  12  centz  chevaux  qui  estoient  à  la  chasse.  (Manuscrit  37,  p.  358.) 


G-28  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Mélart,  p.  259. 

....  laisser  le  champ  aux  victorieux,  qui  aiant  réduict  toute  la  comté  de 
Looz  sans  aucune  résistance,  envoya  vers  les  aultres  villes  du  pays  de  Liège 
ascavoir  Huy,  Visé,  Tliuin,  Covin,  Fosse.  Bouillon,  Sinay  et  aultres,  qui  tous 
se  rendirent  comme  dessus  marquez,  ce  que  cause  la  perle  d'une  bataille  qui  5 
causa  une  espouvante  général  et  la  perte  de  tout  le  pays  en  général.  (Manu- 
scrit 57,  p.  359.) 

Aucuns  ont  escrit  qu'à  l'approche  que  fit  le  duc  de  Bourgogne  de  la  cité, 
il  y  avoit  un  grand  trouble,  tumulte  et  murmure,  les  uns  voulant  tenir  el  se 
delïendre,  disant  qu'elle  estoit  assez  peuplée  et  bien  pourveue  de  tonte  chose  io 
nécessaire,  duquel  advis  estoit  messire  Baes  de  Heers  avec  plusieurs  aultres. 
Mais  d'aullres  au  contraire,  voiant  la  destruction  du  pays,  demandoient  la  paix 
à  quelle  pris  que  ce  fust,  lesquels  l'emportèrent  tellement  qu'à  l'heure  que  le  duc 
arriva  devant  la  Cité,  l'affaire  estoit  tellement  démenée  par  les  hostagiers  qui 
n'avoient  pas  faict  comme  les  aultres,  ains  recognoissant  la  grâce  qu'on  leur  avoit  |s 
faict,  menèrent  plus  de  300  hommes  des  principaux  habilans  de  la  Cité  en 
chemise  et  à  pied  nud  cl  teste  descouverte,  portant  les  clefs  de  la  ville  en  leurs 
mains,  priant  mercy  au  duc,  se  rendant  à  luy  avec  la  ville  pour  en  disposer 
à  son  bon  plaisir,  hormis  le  feu  cl  le  pillage.  Alors  le  duc,  à  la  rcqucsle  et  prière 
du  duc  de  Julliers,  du  seigneur  de  Baveslain  et  d'aullres  nobles  seigneurs  qui  -° 
estoient  illecque  présent,  les  receut  à  mercy,  sauf  que  toutes  leurs  armes, 
artilleries  et  instruments  de  guerre  seroient  incontinent  aportéz  hors  la  cité  et 
mis  en  sa  puissance,  ce  qui  fut  faict  après  plusieurs  difficulté.  Puis  ledit  duc  fit 
remener  lesdils  bourgeois  en  la  Cité  par  ledit  duc  de  Julliers  et  le  seigneur  de 
Ravestain.  (Manuscrit  57,  p.  360.)  23 

Mélart,   p.  260. 

Puis  le  duc  ayant  exiliez  et  deschasséz  les  rebelles  et  recommandé  aux  aultres 
l'obéissance  futur,  ordonna  quelques  loix  et  coustume  nouvelle,  imposant  une 
grande  somme  de  deniers  sur  les  habilans,  qu'il  disoit  luy  eslre  deue  à  cause 
de  la  paix  qu'ils  avoient  rompus  les  ans  précédent,  que  aucuns  ont  escrit  avoir  30 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  629 

esté  de  luy  payer  promptement,  dans  le  terme  de  trois  ans,  cent  mille  philippe 
du  Rhin  et  aullres  grand  sommes  à  l'évesque  pour  ses  intérresls,  injures,  fraix 
el  forfaictures,  faisant  abbaltrc  une  grande  partie  des  murailles  de  la  Cité, 
portes  et  tours,  faisant  remplir  les  fosséz,  laissant  en  icelle,  pour  son  lieutenant 
s  el  asseurance  de  l'évesque,  le  seigneur  d'Imbertcourl  avec  une  grosse  garnison 
de  gens  de  guerre  tant  à  pied  qu'à  cheval.  (Manuscrit  57,  p.  560.) 

Mélart,  p.  261. 

Les  seigneurs  de  Buren  et  de  Wilde,  chevaliers,  qui  s'estoient  relirez 
en  France  aux  premiers  troubles,  retournèrent  à  Liège  et  s'adjoignirent  aux 

10  mutins  et  aux  Franchimonlois  et  autres  exilez,  lesquels  se  saisirent  de  la  Cité 
au  mois  de  septembre,  le  lendemain  de  la  nativité  de  nostre  Dame,  firent  entrer 
par  nuict  secrètement  en  la  ville  600  hommes  d'armes  qui  firent  grande  inso- 
lence contre  tous  ceux  qu'ils  scavoient  tenir  la  party  du  duc  de  Bourgongne  et 
de  l'évesque.  [Manuscrit  57 ,  p.  564 '.) 

15  Lequel  (messire  Robert)  avoit  souvent  tout  armez  suivi  en  bataille  l'évesque 
son  maistre,  suivant  la  coustume  des  prélats  d'Allcmaigne.  Ils  occirent  aussy  le 
seigneur  d'Argenteau,  messire  Johan  de  Seraing,  le  seigneur  d'Elderen  ou 
d'Alken  et  aultres,  mais  laissèrent  eschapper  tous  les  Bourguignons  qu'ils 
avoienl  print,  comme  ne  voulant  contrevenir  à  la  paix,  ayant  entendu  parlé  du 

ao  traictéz  de  Péronne  el  avoir  occasion  de  dire  que  ce  n'estoil  que  contre  leur 
évesque  qu'ils  esloient  en  dissention.  [Manuscrit  57 ,  p.  562.) 

Mélart,  p.  263. 

....  prindrenl  honteusement  la  fuite.  Car  la  nuict  n'a  point  de  honte  et  les 
plus  hardis  de  ceste  avangarde  s'assembla  ensemble,  tenant  bon.  estant  quasy 
25  tous  hommes  d'armes  et  gens  de  bonne  maison,  puis  tirarent  droit  vers  la  porte 
avec  leurs  enseignes,  de  crainle  qu'ils  ne  sortissent  encor  avec  une  aullre 
partie,  où  la  boue,  à  cause  des  pluyes,  y  esloit  grande,  où  ils  estoient  jusques 
aux  chevilles.  (Manuscrit  57,  p.  563) 


630  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Mélart,  p.  263. 

Us  tuèrent  autant  de  Bourguignons  que  de  Liégeois.  Alors  ceux  de  la  ville 
qui  avoient  ordre  de  sortir  sortirent  mais  ils  trouvèrent  beaucoup  de  gens  au 
guet,  qui  les  repoussèrent  et  ne  se  monslrèrent  pas  sy  expert  que  les  premiers. 
Et  alors  toutes  les  forces  du  duc  estant  esveillées  et  en  arme  preste  à  combattre,  s 
les  Liégeois,  aiant  manquez  à  leur  dessein,  se  retirèrent  par  des  chemins  montai- 
gneux  ineognus  aux  Bourguignons  qui  ne  scavoient  les  chemins  bon  à  passer 
sans  faire  de  grans  tour  et  circuit,  retournèrent,  en  la  Cité  s'ayant  bien  porté, 
aiant  laissé  aucuns  de  leurs  pour  gage  et  aultres  blessé,  après  avoir  tué 
plusieurs  de  leurs  ennemis  pour  les  avoir  surprint.  Aucun  ont  cserit  qu'ils  10 
avoient  sortie  par  tlochaporle  et  montez  par  Xhovémont.  II  est  anssy  à  pré- 
sumer qu'ils  retournèrent  par  le  mesme  chemin  et  de  là,  ayant  print  leur 
réfection,  voyant  qu'il  n'y  avoit  aucun  remède,  il  partirent  secrètement  de  la 
Cité  par  le  pont  d'Amereœur.  Et  tous  ceux  qui  se  voulurent  sauver  avec  eux, 
tirant  vers  les  Ardennes  et  de  là  en  France,  et  d'aultres  dans  des  forte  place  par  15 
cy  par  là.  Ainsy  demeura  la  Cité  à  l'abandon,  pelitement  furnie.  car  peu  aupar- 
avant les  seigneurs  et  damoiselles  et  bons  bourgeois  s'esloient  aussy  retiré 
ailleurs.  (Manuscrit  37 ,  p.  366.) 

Mélart,   p.  268. 

Mais  d'aultres  ont  escrit  que  ledit  duc  emporta  avec  luy  pour  signe  de  îo 
victoire  non  seulement  ladicle  fortune,  mais  le  peron  de  Liège  qu'il  fist  oster 
de  dessus  la  fontaine  du  marchez  et  le  fit  mettre  et  poser  sur  la  bourse  de  la 
ville  de  Bruge  en  Flandres,  où  le  vers  icy  dessus  y  esloient  gravé.... 

Ainsy  fut  ruynée  ceste  populeuse  et  grande  cité  de  Liège  par  le  duc  Charles 
de  Bourgongne,  avec  tout  son  peuple,  à  la  réserve  des  églises  et  environ  2s 
500  maisons  claustralle.  à  la  charge  et  condition  de  payer  la  somme  de 
120  mille  escus  ou  lion  d'or,  oullre  la  confiscation  à  son  proulïlt  de  tout  et 
quelconques  propriétéz  d'héritages  et  leurs  immeubles,  estant  en  la  Cité  et 
banlieu,  qui  est  chose  certaine,  l'on  en  at  encor  des  act  (J)  et  copie,  bien  qu'ils 

(1)  Cf.    E.    Fairon,    Noies  sur  la  domination  bourguignonne   dans  la  principauté  de  Liège,   dans  30 
B.  I.  A.  L.,  t.  XL1I,   pp.   I-8SI,  et   Documents  relatifs   aux  guerres  des  Liégeois  contre  Charles  le 
Téméraire  et  Louis  de  Bourbon,  dans  /.'.  C.  II.  II.,  t.  XCIV.  —  S.  Boriians,  Liste  des  objets  enlevés  di 
Liège  en  U68  par  les  soldats  de  Charles  le  Téméraire,  dans  B.  I.  A.  L.,  t.  VIII,  pp.  181-207. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  631 

ne  laissèrent  de  voiler  aux  églises  les  habits,  chappes,  vaisselles,  ornements  et 
reliquaire,  mais  quoy  quelle  pierre  n'a  point  esté  taillée?  Liège  n'esloit  pas  plus 
forte  ny  plus  grande  ny  peuplée  que  Troye  la  grande,  plus  antique  que  Baby- 
lone,  plus  riche  que  Cartage,  plus  sainctc  que  Jérusalem,  plus  renommée  que 
s  Rome,  qui  ont  bien  toute  enduré  les  mesme  calamiléz.  Aussy  on  trouve  une 
lettre  donnée  par  après  par  Marie  de  Bourgogne,  sa  fille,  qu'après  la  mort 
son  père,  recognoissant  ses  cruautés  sur  les  Liégeois,  où  est  la  quittance  des  dits 
120  mille  escus. 

Au  reste,  sy  les  Liégeois  eussent  tenus  tant  seulement  bon  encor  2  ou 

io  5  jours,  le  duc  auroit  esté  constraint  de  lever  le  siège  pour  rincomodité  de  son 
armée  qui  avoit  faulte  d'argent  et  de  vivre,  toute  harrassée  d'avoir  esté  en 
France  et  revenir  par  des  mauvais  chemins  en  temps  pluvieux,  plein  de  froidure 
et  de  gellée,  comme  il  faict  ordinairement  au  mois  d'octobre  et  de  novembre. 
La  ville  estoit  bien  garnie,  bien  pourveue,  plaine  de  peuple  à  cause  que  tous 

15  les  habitans  des  environs  s'y  esloient  retiré,  comme  dans  une  des  plus  forte 
place  et  grande  ville  de  la  Gaule  Belgicque,  tellement  que  parmy  eux  n'y  appa- 
roissoit  pas  de  la  perte  de  la  bataille.  Il  s'y  disoit  sur  un  jour  aultant  de  messe 
que  dans  Rome....  {Manuscrit  37 ,  pp.  368  et  569.) 

Mélart,  p.  268. 

20  Request  présenté  par  l'évesque  de  Liège  et  quelque  gens  d'église 

au  seigneur  duc  Charle  de  Bourgoigne. 

Que  mon  seigneur  le  duc  aurat  pour  agréable  la  vendition  des  meubles  et 
immeubles  selon  les  confiscation  en  fayt  par  mondit  seigneur  et  duc  de  tout 
ceux  qui  se  sont  trouvez  rebelles  dans  la  guerre  dernier  et  prise  de  la  ville  de 

25  Liège  par  les  forces  d'armes,  etc. 

Que  le  bon  playsir  de  mon  seigneur  le  duc  soyt  de  consentir  que  104  maysons 
soyent  rebastie  dans  la  Cité  et  quelques  autres  redressée  tant  en  la  ville  que 
fauxbourg  et  banlieux  que  sur  le  plat  du  pays  pour  la  demeurance  des  oppressé 
et  mal  logé,  etc. 

30  Que  le  bon  voulloir  de  monseigneur  le  duc  puisse  estre  et  permettre  que  tous 
ceux  qui  se  sont  absenté  et  retiré  de  la  ville  de  Liège  cl  n'ayans  pris  les  armes 


652  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

contre  mon  seigneur  le  duc  ny  leurs  évesque  puissent  rentrer  dans  la  Cité 
et  autre  lieux  de  résidence  à  effecl  de  rebaslir  et  cultiver  leurs  biens  et  terres. 

Que  le  bon  playsir  de  mon  seigneur  le  duc  soyt  de  lesser  suivre  et  jouir 
l'évesque  do  Liège  de  son  lioslel  et  place  de  Franchimonl  avec  les  rentes 
et  revenues  dudit  pays  et  seigneurie  appartenant  à  l'évesque  et  son  église  pour  5 
leur  subsistance. 

Que  le  consentement  de  mon  seigneur  le  duc  soyt  que  ceux  des  villaiges  de 
Grevcnbrock,  Peer,  Lumpmen  et  Dipenbeck  soyent  tenu  et  obligé  au  payement 
des  gabelles,  tailles  et  crennées  qui  sont  misse  pour  le  payement  de  mon 
seigneur  le  duc  et  ses  gens,  etc.  (1).  10 

Que  monseigneur  le  duc  fust  servy  et  consentant  que  des  meubles  et  biens 
qui  sont  encore  à  vendre  de  ceux  qui  ont  tenu  partie  contraire  de  mondit 
seigneur  et  celuy  de  Liège  de  n'y  rien  prétendre  ou  demander  veu  qu'il  en  at 
ja  disposé  de  la  pluspart  des  confisquations  à  son  playsir  et  proffit  ou  qu'il  se 
voullust  contenter  de  la  moylié  part  que  sont  vendue  cesle  année.  15 

Besponse  et  consent  par  Cliarle,  duc  de  Bourgoigne  et  Brabant,  sur 
les  requests  et  remonstrance  fayts  par  Louis  de  Bourbon,  évesque 
de  Liège  et  quelques  gens  d'église.  (29  janvier  1 469) 

L'an   1469,  sur  les  remonstrance  et  requests  oultredonnée  par  Louys  de 
Bourbon,  évesque  de  Liège,  avec  plusieurs  chanoines  et  autres  gens  d'église  20 
à  Cliarle,  duc  de  Rourgoignc,  Brabant,  etc.,  pour  lors  dans  la  ville  de  Brussel, 
fut  par  ledit  duc  ordonné  et  consenly  ce  qui  s'ensuit  : 

Monseigneur  le  duc  est  content  que  les  biens  meubles,  immeubles  et  héri- 
taiges  de  tous  ceux  qui  ont  tenu  parlye  contre  luy  et  l'évesque  de  Liège,  mesme 
menné  la  guerre,  tant  de  ceux  de  la  Cité  que  des  fauxbourg  et  ballieux  soyent  25 
vendus  au  plus  haulls  offrants  et  pris  que  faire  se  pouldrat  et  ce  par  le  seigneur 
de  Humbercourt,  son  lieutenant  gouverneur  ains  dits  pays  et  messire  Guillam 
de  Clugny,  protonolaire  de  Sa  Sainctelé,  à  ce  commis  et  député,  avec  un  per- 
sonne de  la  par  de  monseigneur  l'évesque  de  Liège. 

Item  pour  mettre  en  exécution   ladit  vendition,  seront  député  quelques  so 

(*)  Le  21   octobre   14-Cfl,  le  duc  de  Bourgogne  promulgait   un   mandement  conforme  à  ce  vœu. 
Cf.  de  Ram,  p.  597. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  633 

personnes  de  la  part  des  chanoines  et  gens  d'églises  pour  leurs  eslre  mis  cns 
mains  el  recevoir  les  deniers  provenant  de  ladit  vendition,  et  ce  cns  le  terme  de 
la  Saint  Jean  ensuivant,  pour  estre  lesdils  deniers  employés  au  payement  du 
seigneur  duc  de  la  somme  de  50  mille  livres,  hors  quoy  ils  en  retinderont  la 
5  somme  de  2b*  mille  livres  qu'ils  ont  preslé  à  ceux  de  la  Cité  pour  furnir 
au  seigneur  le  duc.  Item  retinderont  encore  5  mille  livres  pour  les  frayts  et 
rédemption  de  certaines  rentes  à  vies  qu'ils  ont  vendu  pour  ceste  cause. 

Que  monsr  le  duc,  pour  eslre  assuré  de  sa  rente  luy  deue  tant  à  cause  de  la 

haulle  vouwerie  que  aultres  rentes  à  rédemption  et  tous  arréraiges,  que  les 

10  comis  et  députez  facenl  dans  les  villes  et  chastelanics  du  pays  de  Liège  et  comté 

de  Looz  un  assise  d'impost,  sur  quel  chose  et  pour  quel  terme  qu'ils  jugeront 

à  propos  pour  eslre  satisfactoire  pour  ce  que  dessus. 

Item  que  la  susdite  assise  se  poudra  collecter  el  lever  en  chasque  lieux  parli- 
cullier,  soyt  par  gabelles,  tailles  ou  crennées  pour  et  au  fornissement  de  chasque 
15  d'eux,  en  quoy  ils  sont  obligé  seuls  pour  leur  contingent,  et  que  monseigneur 
le  duc  le  pouldrat  cuillir  et  lever  seigneuriallement  sur  tels  villes  ou  chastel- 
lanies  que  bon  luy  semblera,  si  en  cas  quelques  uns  d'iceux  venoyenl  en  eslre 
en  faulte  dudit  payement. 

Que  au  regard  des  renies  et  arriraiges  susdits,  se  pondront  prendre  pour  et 

20  en  verlu  de  payement  hors  les  gabelles  ou  autres  subsides,  selon  l'advis  de 

messrs  les  députez  el  commis  de  monseigneur  le  duc,  et  pour  ce  faire  el  exécuter, 

les  commis  el  députez  debveront  eslre  au  pays  le  i  5  du  jour  du  moys  de  febvrier 

an  courant  où  monseigneur  1  evesque  et  ceux  des  églises  de  Liège  debveront 

aussy  envoyer  leurs  députez  ou  commis. 

25      Item  et  quand  à  ce  que  monseigneur  l'cvesque  de  Liège  et  son  chapitre  ont 

requis  monseigneur  le  duc  au  fin  que  104  maysons  puissent  eslre  rédiffléc  dans 

la  Cité  de  Liège  et  rebaslir  celles  bruslée  et  renversée  dans  les  ballieux  el 

parmy  le  pays,  tant  en  la  Hesbaye,  Condroz  et  Franchimont  ou  allieurs,à  quoy 

monseigneur  le  duc  consent  à  conditions  des  trois  points  suivants,  scavoir  (*)  : 

30      1°  Que  monseigneur  l'évesque  de  Liège  et  ceux  de  son  chapitre  de  Saint- 

(«)  Sur  l'exécution  de  ces  conditions,  voir  de  Ram,  pp.  B76,  583  et  b88,  et  E.  Fairon.  Notes  sur  la 
domination  bourguignonne  dans  la  principauté  de  Liège,  dans  l>.  I.  A.  L.,  t.  XLII,  pp.  1-8!'. 

Tome  IL  80 


654  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

Lambert  transporteront  perpétuelement  au  seigneur  duc  ses  hoirs  et  succes- 
seurs ducqs  et  duchesses  de  Brabant  la  place  estant  dans  la  Cité  appelé  l'isle, 
avec  les  ponls  d'icelle  et  les  petites  illes  y  estant  enclose,  ensemble  l'isleau  de 
Torrent,  item  les  fauxbourg  d'Avroys  jusques  au  lieux  de  Saint- Gilles, 
ensemble  tous  proutïlts.  émolluments,  justice  et  souveraineté  y  appartenant,  5 
sans  que  le  seigneur  évesque,  son  chapitre  ny  leurs  successeurs  puissent  jamais 
rien  prétendre  ny  réclamer  aulcuns  droyts  ou  seigneurs,  sauf  que  monseigneur 
le  duc  et  ses  successeurs  le  tinderonl  en  fieff  de  l'église  Saint-Lambert. 

2°  Item  que  de  chasque  des  iOï  maysons  que  monseigneur  le  duc  al  permis 
d'estre  rédiffiée  dans  la  Cité  il  se  réserve  un  lion  hérilablc  tous  les  ans  rédimible  10 
à  tel  pris  que  par  luy  serat  accordé,  et  sur  chasque  maysons  que  se  redresseront 
ou  que  monseigneur  le  duc  permettra  estre  redressé  dans  la  ballieux  et  autres 
lieux  devant  dit.  il  se  réserve  un  florin  de  Rhin  de  chasque,  bérilable  annuelles 
et  pour  icelles  rentes  lever  tant  en  ville  qu'au  pays,  monseigneur  le  duc  ou  ses 
successeurs  auront  toute  exécutions  seigneuriaux  à  faulle  de  payement.  15 

3°  Item  que  monseigneur  le  duc  ou  ses  successeurs  auront  et  feront  lever 
à  leurs  proffits,  le  terme  de  50  ans,  la  toile  et  impost  des  marchandises  et 
batteaux  de  Meuse  dans  la  Cité  de  Liège,  en  telle  forme  et  manière  qu'il  se 
cueille  et  lève  au  présent. 

Que  monseigneur  le  duc  est  aussy  content  que  tous  ceux  dudit  pays  qui  ne  20 
luy  ont  fayt  la  guerre  ny  esté  dans  la  cité  de  Liège  lorsqu'il  s'y  vint  loger 
devant  icelles  et  depuis  prins  par  assauts  puissent  rentrer  sûrement  et  demeurer 
paysiblemeut  dans  la  ville,  fauxbourg  et  pays  de  leurs  résidence  comme  devant 
et  rédiffler  leurs  maisons,  soubs  les  conditions  et  payements  susdits,  sauf  toule- 
foys  et  réservé  à  monseigneur  le  duc  la  somme  des  deniers  qu'ils  luy  doybvent  25 
payer,  pour  un  foys  seullement,  ceux  de  Francbimont. 

Que  monseigneur  l'évesque  de  Liège  aurat  à  accorder  toutes  les  choses  sus- 
dits et  faire  son  debvoir  vers  son  chapitre  au  fin  de  les  y  faire  consentir, 
ce  qu'estant  fayt,  luy  et  son  chapitre  ensemble  debveront  solliciter  l'accordalion 
et  confirmation  susdits  vers  le  légat  apostolique  et  ce  dans  le  20me  jour  du  moys  30 
de  febvrier,  auquel  jour  mondit  seigneur  de  Liège  serat  tenu  signifller  et  faire 
scavoir  à  monseigneur  le  duc  là  où  il  serat  et  ce  qu'il  aurat  sur  ce  fayt  et  obtenu, 
au  fin  que  monseigneur  le  duc  se  trouve  au  dit  lieu. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELRRT.  635 

El  au  regard  de  la  request  fayl  par  monseigneur  de  Liège  au  seigneur  duc 
pour  ravoir  lhoslel  el  place  de  Franchimonl,  monseigneur  le  duc  luy  en  ferat 
pour  lors  responce. 

Que  sur  ce  que  monseigneur  de  Liège  al  requis  au  seigneur  duc  que  son 
5  playsir  et  bon  voulloir  fusl  de  luy  lesser  suivre  et  jouir  de  ses  rentes  et  reve- 
nues qu'il  at  au  pays  de  Franchimont,  à  quoy  monseigneur  le  duc  est  consentant. 
Item  quand  et  sur  ce  que  monseigneur  de  Liège  at  requis  au  seigneur  duc 
d'estre  content  et  consentant  que  ceux  de  Grevenbrouck,  Peer,  Lumpmen  et 
Dipenbcck  fussent  tenus  payer  et  contribuer  aux  gabelles  et  crenées  qui  sont 
10  mise  pour  le  payement  de  monseigneur  le  duc,  à  quoy  mondit  seigneur  consent, 
sans  en  ce  préjudicier  à  son  droyts  et  celluy  que  le  seigneur  de  Ravestain 
prêtent  dans  lesdits  terres  de  Grevenbrouck,  et  au  regard  de  la  part  de  mon 
seigneur  de  Liège,  il  est  ausy  content  qu'ils  soyent  exécuté  et  pareillement 
ceux  de  Limpmen  à  ce  qui  est  et  touche  au  pays  de  Liège  séparé  de  la  Brabant. 
15      Mais  à  ce  que  touche  du  village  de  Dipenbeck,  parce  que  monseigneur 
le  duc  prêtent  que  c'est  de  son  fieff  de  Brabant  et  monseigneur  de  Liège  que 
c'est  fleff  de  Liège,  il  est  sur  ce  par  monseigneur  le  duc  ordonné  que  lesdits  de 
Dipenbeck  bailleront  caution  suffisante  pour  la  somme  que  peut  porter  de  leurs 
parts  des  gabelles  et  crennées, 
20      Item  que  à  la  journée  que  serai  tenu  le  15e  du  moys  de  febvrier  entre  les 
députés  et  commis  de  monseigneur  le  duc  et  l'évesque  de  Liège,  serat  commu- 
nicqué  pour  la  moitié  part  de  la  rivire  qui  vint  de  Limbourg  à  Liège  et  pour  le 
différent  que  monseigneur  le  duc  prêtent  dans  icelle  rivire,  en  oultre  pour 
la  seigneurie  qu'il  prétend  aux  boys  et  forresls  du  pays  de  Franchimont  et 
25  Pont  d'Amercœur  chez  Liège. 

Item  sur  ce  que  monseigneur  de  Liège  at  requis  que  considéré  les  trayté  de 
pays  et  par  la  sentence  de  monseigneur  le  duc,  luy  seroient  adjugez  les  biens  et 
immeubles  de  ceux  du  pays  de  Liège  qui  ont  tenu  partie  contraire  de  monsei- 
gneur le  due  et  celluy  de  Liège,  et  que  le  playsir  de  monseigneur  le  duc  fust  de 
30  n'y  demander  ou  prétendre  aulqun  choses,  voir  et  attendu  que  de  la  plusparl 
d'iceux  il  en  at  ja  fayt  et  disposé  à  son  vollonté,  playsir  et  profits,  et  que  mon- 
seigneur se  voullust  contenter  de  la  moytié  qu'il  restera  des  confiscations  de 
ceste  année  et  des  autres  et  ce  que  serat  oultre  la  somme  qui  se  doibt  donner 


G3G  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

aux  gens  d'église,  comme  il  est  par  monseigneur  le  duc  ordonné,  sur  quoy  il  est 
ordonné  par  monseigneur  le  due  que  l'on  fera  enquest  et  bon  information  de 
tous  les  biens  et  meubles  confisquez  tant  de  l'année  passée  que  présente,  ce  que 
sera  raporlé  à  monseigneur  le  duc  et  à  monseigneur  l'évcsquc  de  Liège  pour 
par  après  en  cslrc  fayt  et  disposé  selon  l'ordonnance  de  monseigneur  le  duc,  si  5 
bien  que  monseigneur  l'évcsquc  de  Liège  n'aurai  sujet  de  s'en  plaindre,  mais  en 
estre  content  et  satisfayt. 

Le  tout  donné  et  prononcé  dans  la  ville  de  Brusselle  par  le  seigneur  grand 
chancellicr  de  monseigneur  le  duc,  le  29e  du  moys  de  janvier  14G9,  en  présence 
du  seigneur  Humbercourl,  Anthoine  Haneton,  prévost  de  Saint-Denis  à  <o 
Brughes,  maître  Guilliem  de  Clugny,  prothonolaire  de  nosire  Saint  père  le 
pape  Paul  2rae,  et  le  seigneur  Jean  Poslel.  président,  el  des  autres  commis 
cl  députez  de  monseigneur  l'évcsque  de  Liège. 

Tout  ce  que  dessus  fut  passé  et  accordé  de  part  et  d'aulre,  déduit  en  plus 
ample  forme  el  les  misons  et  ponls  de  la  ville  furent  rebastys  plus  belles  que  is 
devant.  {Manuscrit  59,  fol.  13  à  19.) 

Mélart,  p.  268. 

L'an  1472,1e  duc  de  Bourgongne  aiant  constitué  Gbuy  de  Brimeu,  seigneur 
de  Himbercourt,  son  lieutenant  général  dans  la  ville  de  Liège,  il  accorda  aux 
bourgeois  de  pouvoir  rédifficr  400  maisons,  non  tant  pour  eux  que  pour  20 
le  service  des  ecclésiastiques,  en  rendant  et  payant  pour  chacune  au  dit  duc  un 
lyon  d'or.  De  quoy  la  Cité  en  at  encore  les  acl,  accordant  mesme  encor  et 
d'abondant  à  tous  ceux  qui  voudroient  rachepler  leurs  héritages  et  propriétéz 
estant  hors  la  Cité  et  banlieu  le  pouvoir  faire,  dont  il  constitua  pour  ceste  effect 
aucuns  qui  esloient  du  clergéz,  comme  il  se  trouve  plus  amplement  escrit  par  23 
la  copie  dudit  act  es  archives,  affin  de  tirer  argent.  (Manuscrit  57,  p.  57 1 .) 

Mélaut,  p.  270. 

L'an  1477,  le  duc  Charles  de  Bourgogne  fut  tué  devant  Nancy  en  Lorraine 
par  les  Suysses  assistant  le  duc  Renéz  de  Lorraine,  comme  il  tàchoil  d'estendre 
ses  bornes  au  despens  dudit  duc  pour  en  construire  un  royaume  soubz  l'ancien  30 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  637 

nom  de  Bourgogne,  comme  aullrefois  avoit  eslé,  laissant  une  seule  fille  nommée 
Marie  pour  hériter  tous  ses  domine,  laquelle  fut  depuis  mariée  à  Maximillian, 
filz  de  l'empereur  Frédéric  4me  du  nom,  de  la  maison  d'Auslriche.  De  laquelle  il 
engendra  trois  enfans,  à  scavoir  François  qui  mourut  jeune.  Philippe  qui  nasquit 
s  à  Bruge.  qui  fut  depuis  archiduc  d'Auslriche,  roy  d'Espagne  et  seigneur  des 
Pays-Bas,  qui  engendra  l'empereur  Charles  Quint,  et  le  troisième  fut  une  fille 
nommée  Marguerite,  lesquels  enfans  furent  depuis  cause  de  l'aliénation  des 
comtées  de  Flandres,  Franche-Comté,  de  Bourgongne,  de  Hollande,  Zélande  et 
aultres  provinces  du  Pays  Bas  hors  de  la  couronne  de  France,  par  l'aide  des 
10  peuples  de  ces  mesme  provinces,  combien  que  de  droit  et  ancienneté  elles 
eussions  eslé  conjoincte  audit  royaume. 

Dans  ce  dernier  combat,  ce  duc  avoit  rassemblez  Fi  mille  hommes  de  nou- 
velles levées  et  les  avoit  joinct  avec  son  reste,  mais  le  tout  y  fui  desconfit  et  luy 
occis,  comme  dit  est,  avec  deux  de  ses  frères  baslards  nommez  Baudouin  et 
15  Anlhoine,  avec  le  comte  de  iNassau,  le  marquis  de  Rotelen,  un  comte  anglois 
et  aultres  nobles.  Le  roy  de  France  avoit  licensiéz  et  bannis  exprès  500  lances 
et  1500  chevaux,  qui  se  retirèrent  vers  le  duc  de  Lorraine  afin  de  le  ruyner. 
Aussy  aiant  entendu  sa  mort,  il  ne  fut  tardif  à  se  saisir  de  la  haulte  et  basse 
Bourgongne  qui  lui  devoit  retourner  fault  dhoirs  masle.mais  le  prince  d'Orange, 
20  mal  content  du  roy.  fit  depuis  révolter  la  Franche  Comléz  en  faveur  de  la 
maison  d'Auslriche  que  les  rois  d'Espagne  possèdent  encor  à  présent. 
Ces  vers  furent  faict  sur  la  mort  du  duc  Charles  : 

Je  fus  nommez  Charles,  duc  de  Bourgongne, 
fort  et  hardy,  riche,  vindicatif. 
25  Le  roy  Louis  de  France  a  ma  vergongne, 

j'ai  guerroyé  sans  cause  et  motif. 
Le  Liège,  j'ai  mis  à  sac  pour  un  estrif, 
ceux  de  Dinant  sans  mercy  je  fis  pendre, 
mais  des  Lorrains  je  ne  me  sceu  déffendre. 
30  Car  à  Nancy,  l'an  mille  qualtre  cent 

septante  sept,  me  firent  la  mort  prendre 
en  plain  combat  où  je  perdy  la  vie. 

(Manuscrit  37,  p.  373.) 


638  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Mélaut,  p.  271. 

Mais  quoy  ledit  évesque  estoit  frère  de  ces  ducs  de  Bourbons  Jean  et  Pierre, 
qui  cstoient  gens  peu  cognoissant  ce  qui  leur  estoit  bon,  tesmoin  en  est  ledit 
évesque.  lequel  retira  près  de  luy  ledit  messire  Guillaume,  qui  estoit  un  beau 
et  vaillant  chevalier,  niais  très  cruel  et  mal  conditionné,  qui  tousjour  avoit  esté  3 
son  ennemi,  comme  aussy  de  la  maison  de  Bourgongne,  mais  peu  après  il  ne 
laissa  de  se  tourner  contre  elle  et  contre  son  oncle  qui  enfin  fut  tué  de  sa  main, 
comme  entendrez. 

L'évesque  Bourbon  obtint  de  ladicle  princesse,  sa  nièpee,  abolition  des 
iW  mille  lion  d'or  ou  du  moins,  selon  d'aultre,  seulement  de  30  mille  florins  to 
restant  de  ladicte  somme  que  son  pays  de  Liège  payoit  au  feu  duc  son  père  par 
apointement  faict  entre  luy  et  son  pays,  après  toutes  les  guerres  qu'ils  avoient 
eut  ensemble.  De  quoy  il  n'avoit  suject  de  poursuivre  ains  désirer  leurs  pau- 
vretéz,  à  raison  qu'il  ne  tiroit  rien  du  pays  que  bien  peu  de  ebose  pour  son 
domine,  au  regird  de  la  richesse  du  pays.  Mais  il  en  obtint  abolition  et  quit-  15 
tance  pour  le  pays  affin  de  descharger  l'âme  de  feu  son  père  et  affin  qu'ils  se 
réconciliassent  ensemble,  à  raison  de  quoy  il  fut  recogneu  de  certains  deniers 
qui  se  collectèrent  pour  lui  sa  vie  durante  seulement;  avec  ce,  l'évesque  donna 
lettre  par  laquelle  il  déclaroit  que  la  sentence  qu'il  avoit  obtenu  du  pape  Paul 
nommée  Pauline  qu'il  en  quilloit  ledit  pays,  deschargiéz  comme  appert  plus  20 
amplement  par  ladicte  lettre.  [Manuscrit  57,  p,  37 S.) 

Engaigemenl  du  pays  de  Franchimont, 
par  l'évesque  Louys  de  Bourbon,  etc.,  à  Giullam,  comte  d'Aremberg. 

A  tous  ceux  qui  ces  présentes  lettres  verront  et  lire  orront,  etc.,  salut.  Nous 
Louys  de  Bourbon,  par  la  grâce  de  Dieu  éleu  évesque  de  Liège,  duc  de  25 
Bouillon  et  comte  de  Looz,  scavoir  faysons  par  ces  présentes  lettres  comme, 
pour  les  grandes  affaires  que  avons  souslenu,  tant  en  procédure  que  guerres  et 
autres  causes,  depuis  l'advènemcnt  à  nostre  évesebée  de  Liège,  pour  à  quoy 
subvenir  sans  intéresser  nostre  église  et  pays  ny  les  surebarger,  avons  esté 
constraint  et  obligé  de  tirer  de  nostre  cousin  Guillam,  comte  d'Aremberg,  50 
seigneur  d'Aigremont,  une  somme  de  40  mille  llorins  du  Rhin,  chasque  florin 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  639 

de  la  valleur  et  pris  de  25  patar,  mannoye  d'Artoys,  laquelle  somme  noslre  dit 
cousin  at  très  vollonlier  débourcé  pour  les  oppressante  nécessitez  de  nous 
et  noslre  pays  de  Liège.  Or  pour  piège  et  assurance  de  ladite  somme  de 
40  mille  florins,  cédons  et  transportons  ens  mains  de  noslre  très  cher  cousin 
5  Guillam  d'Aremberg  la  place  et  terre  de  la  marquisat  de  Franchimont  pour  en 
user  et  jouir,  tirrer  les  fruits  et  émolluments  par  luy  ou  pour  ses  boires,  succes- 
seurs et  héritiers  tant  et  si  longtemps  que  par  nous  ou  par  nos  successeurs 
évesques  de  Liège  ladite  somme  de  40  mille  florins  luy  soyt  bonnement  et 
compéltamenl  rembourcée.  Item  agréons  que  nostre  cousin  puisse  mettre  et 

10  exposer  la  somme  de  mille  florins,  dite  mannoye,  pour  la  rédification  de  ladite 
place  que  luy  seront  ausy  réellement  restitué  sans  contredits  et  condition, 
toutefoys  que  nostre  cousin  ferat  serment  à  nous  et  à  noslre  église  de  Cdellité  et 
nous  secourir  et  ayder  en  tout  cas  de  besoing,  voire  qu'il  ne  serat  permis 
à  noslre  dit  cousin  de  n'entreprendre  aulcun  guerre  contre  quelque  seigneurs 

15  dudit  pays  de  Franchimont  sans  notre  sceu,  licence  et  consentement  ou  des 
membres  du  pays  de  Liège.  Et  affin  que  ce  soyt  choses  stables,  avons  à  ces 
présents  lettres  fayt  appendre  noslre  séel  épiscopal  et  avons  requis  nostre  véné- 
rable chapitre  y  applicquer  leur  séel  eapitulaire. 

Nous,  doyen  et  vénérable  chapitre  de  Liège,  consentons  à  ceste  présente 

20  engaigure,  en  vertu  de  quoy  ordonnons  d'y  applicquer  noslre  séel  eapitu- 
laire, etc.  Fayt  et  passé  le  3me  d'octobre  1477.  (Manuscrit  59,  fol.  22  v°)  {*). 

L'an  1478,  le  peron  de  Liège....  fui  raporté  à  Liège....  Et  cest  à  la  pour- 
suilte  de  messieurs  de  Liège  et  Mathieu  Hawcal,  jadis  bourgmestre  de  la  Cité, 
accompaigné  d'aultres  bourgeois,  ausquels,  pour  récompense,  on  leur  accorda  de 

25  («)  Ce  texte  n'est  pus  le  texte  authentique  du  document,  dont  on  trouvera  une  copie  intégrale  dans 
de  IUsi,  p.  656,  d'après  le  manuscrit  de  l'Université  de  Liège  188,  mais  un  résumé  rédigé  par  l'auteur 
de  la  chronique.  Les  deux  sources  varient  sur  un  point  très  important  :  le  montant  de  la  dette  due  par 
Louis  de  Bourbon  à  Guillaume  de  la  Marck  ;  ce  résumé  la  chiffre  à  40,000  florins  et  l'autre  manuscrit 
à  4,000  florins.  Bien  que  noire  chroniqueur  ait  voulu  donner  à  son  lexle  l'apparence  d'une  charte 

30  originale,  sa  composition  se  trahit  par  l'anachronisme  suivant  :  il  parle  de  la  a  place  et  terre  du 
marquisat  de  Franchimont  »,  alors  que  celle-ci  ne  porla  officiellement  ce  titre  que  vers  1550.  Le  lexte 
de  de  Ram  mentionne,  d'une  façon  plus  exacte,  «  la  place,  forlresse  et  chastellerie  de  Franchimont  ». 


640  CHROiNIQUES  LIÉGEOISES. 

pouvoir  jouir,  eux  et  leurs  hoirs  légitimes,  des  32  bons  mestiers.  Tellement 
qu'en  ce  temps  tous  les  privilèges  furent  restitué  aux  Liégeois  avec  les  fran- 
chises, droits,  paix  faicte,  status  et  coustumes  resté  de  ceste  destruction,  mais 
non  pas  la  vie  ny  les  moyens  de  ceux  qui  avoient  esté  massacré,  noyés,  pillés, 
bannis,  exiliez,  bruslé  et  ruynéz,  sinon  qu'à  bien  peu.  JNéanlmoins  ils  ne  lais-  s 
sèrent  de  redresser  les  mestiers  et  régiment  comme  à  l'ordinaire.  (Manu- 
scrit 37,  p.  376.) 

Mélart,  p.  278. 

En  ce  temps,  fut  la  barque  marchande  allant  de  Liège  à  Huy  donnée  et 
accordée  aux  vieux  Arbalestriers  affin  de  servir  la  Cité.  io 

L'an  mesme,  iiSO,  fut  à  Liège  commencée  de  baslir  une  maison  de  ville  qui 
fut  appellée  vulgairement  «  La  Violette  »  ('). 

L'an  1-481,  vers  le  saint  Jean,  fut  dans  Liège  un  cher  temps,  car  on  vendoit 
un  muydz  de  spelt  53  aidans,  24  soz  liégeois  pour  aidan,  le  stier  de  wassen 
13  aidans,  le  froment  13  aidans,  le  muydz  d'orge  38  aidans,  le  stier  de  verd  15 
pois,  12  aidans  (2).  (Manuscrit  37,  p.  380) 

Méiart,  p.  280. 

D'aultres  ont  escrit  que  à  la  sorlise  que  les  Liégeois  firent,  il  y  avoit  plusieurs 
bourgeois  et  aullres  de  la  gensdarmerie  qui  portoient  à  leurs  chappeaux  des 
feuilles  de  chesne  pour  signal  d'une  fause  entreprise  et  que  ledit  évesque  fut  20 
mené  par  aucuns  traislres  par  une  voyc  eslroite,  ne  croyant  ses  ennemis  sy 
près  de  luy,  où  il  fut  frappé  d'une  espée  sur  la  leste  de  la  main  propre  dudit 
de  la  .Marche  emprès  du  molin  de  Wez  et  rué  jus  de  son  cheval,  où  il  mourut, 
puis  jettéz  en  l'eau,  selon  aucun,  avec  plusieurs  bon  seigneurs  de  sa  suitte, 


(«)  Voir  charte  du  métier  des  tanneurs  du  i  mars  1180,  réglant  un  échange  de  terrain  entre  le  23 
Conseil  de  la  Cité  et  ce  métier  pour  la  reconstruction  de  l'hôtel  de  ville. 

(';  Les  effractions  de  céréales  pour  cette  année  confirment  celte  cherté.  En  1180,  la  moyenne 
annuelle  du  prix  du  muid  d'épeautre  fut  établie  à  24  aidants  et  en  1481  à  32  aidants;  le  muid  de 
froment,  qui  comprend  8  setiers,  monte  de  CO  à  84;  le  muid  de  seigle,  de  54  à  74;  le  muid  de  gros 
orge  de  29  à  40,  et  le  menu  orge  de  29  à  46;  le  muid  de  pois  verts,  de  43  à  101.  30 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  iMÉLART.  641 

mettant  le  reste  en  fuilte  et  gaigna  la  Cité,  laquelle  fut  pillée,  mais  que  tout  fut 
rendu  sauf  ce  qui  se  trouva  es  maisons  de  ceux  qui  tenoient  la  partie  de 
l'évesque,  tant  ecclésiastiques  que  séculiers,  et  le  corps  mort  de  1  evesque  fut 
aporlé  dans  Liège  et  mis  devant  les  degrés  de  Sainct- Lambert,  où  il  demeura 
5  5  à  i  jours,  comme  une  pauvre  beste,  avant  d'eslre  enterré  comme  il  fut  devant 
le  grand  autel  de  Saint  Lambert,  comme  dit  est.  (Manuscrit  37,  p.  382.) 

Mélart,  p.  285. 

Auquel  temps  (1483),  se  vendoit  à  Liège  le  muydz  de  spelte  24  aidans,  le 
stier  de  froment  9  aidans,  le  slier  de  wassen  7  aidans,  le  clichet  de  bouille 

10  8  aidans....  ('). 

Enfin  ce  n'estoit  partout  le  pays  qu'une  vraye  confusion,  à  raison  de  ces 
guerres  intestines  des  esleus;  les  uns  tenoient  pour  la  Marche,  les  aultres  pour 
de  Home.  Les  uns  couroient  le  pais  de  Liège,  les  aultres  le  pays  de  Brabant, 
où  plusieurs  furent  faict  prisonniers  et  mis  en  rançon,  en  sorte  que  les  terres 

15  demeuroient  sans  estre  labourées  et  les  laboureurs  sans  payer  leurs  maistres,  en 
sorte  que  tout  vint  à  renchérir,  en  sorte  que  tout  le  pays  fut  appauvris  et  ruiné 
et  personne  n'ozoit  parler  de  la  paix,  car  il  en  estoit  deffendu,  dont  plusieurs  en 
furent  pour  ce  suject  tué;  lesquels  en  avoient  parlé  au  conseille  de  la  Cité,  ce 
qui  fut  cause  de  la  Cité  se  retirèrent  ailleurs,  dont  plusieurs  maisons  et  censés 

20  furent  bruslées.  Puis  de  la  Marche  mena  ses  gens  vers  la  canipaigne  et  au  pays 
de  Brabant  où  il  pilla  et  mis  le  pays  en  désaroys  ;  il  alla  devant  la  ville  de  Peer, 
où  tous  les  habitans  des  villages  voisins  s'estoient  sauvés,  qu'il  print  par  assault, 
où  il  fit  une  terrible  massacre,  car  plus  de  1500  pauvres  paysans  y  furent 
misérablement  tué,  puis  revint  à  Liège  chargez  de  butins.... 

25  Pendant  ce  temps,  se  levoit  à  Liège  une  ayde  ou  impost  quasy  sur  toute 
sorte  de  denrées  et  marchandise  qui  se  vendoit  pour  furnir  aux  fraix  de  la 
guerre,  pour  la  solde  des  soldats  et  compaignies  de  messire  Gbuys  de  Canne, 
capitaine  des  Allemans  "dans  la  Cité. 

En  sorte  que  dans  Liège,  àz  ce  temps,  l'on  y  baslisoit  plusieurs  trahisons, 


S0       (*)  Ces  chiffres  sont  conformes  à  ceux  des  effractions  ùes  céréales  pour  celte  année. 

Tome  II.  81 


642  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

fraudes  et  déceptions  tant  d'un  coslé  que  d'aultres,  avec  une  grande  punition 
de  tout  les  groynats  ('),  ainsi  nommoit-on  ceux  que  tenoient  la  partie  de 
Pesleu  Jean  de  Horne,  ausquels  on  eonfisquoit  leurs  biens,  et  leurs  femmes  et 
enfans  estoient  expulse  et  chassez  hors  de  la  Cité.  (Manuscrit  37 ',  pp.  386 

et  387.)  » 

Mélart,  p.  280. 

Teste  paix,  aianl  esté  publiée  au  peron  à  Liège  et  à  Huy  et  arrestée  et 
traictéc  à  Tongres,  fut  au  grand  interrest  du  pays,  tant  d'un  coslé  comme  de 
l'aullre,  s'eflbrehant  de  se  gratifier  et  récompenser  au  despens  du  pays  et  de  la 
Cité.  Ceux  de  Horne  avoient  leurs  part,  de  mesme  que  ceux  de  la  Marche,  sans  10 
que  personne  osasl  rien  dire  ny  contredire,  crainte  d'estre  mal  traictéz.  En  sorte 
que  mesme  ledit  de  Horne  obtint  ses  régales  à  Francfort  en  l'absence  de  l'Em- 
pereur par  le  moien  de  Jean  de  l'iaulea  (2),  escollastre  et  chanoine  de  Saint-Jean 
en  Isle  et  d'Arnolt  de  Fléron  (2),  chanoine  de  Saincl-Maleme,  qui  y  avoit  esté 
envoyez  tellement  que.  comme  dit  est,  le  7  de  novembre  1484,  il  y  fit  son  entrée  15 
s'eslanl  party  de  Tongres,  où  furent  au  devant  de  luy  jusques  au  village  de 
Liers  les  bourgmestres  de  la  Cité  :  seigneur  Jean  le  Pollain,  seigneur  de  Waroux, 
et  le  seigneur  Wathy  de  Coswaremme  (3),  puis  retournèrent  en  la  Cité  et 
l'évesque  print  son  chemin  sur  le  village  de  Herstal.  où  là  estant  arrivé,  sortirent 
de  la  Cité  messire  Guillaume  de  la  Marche  avec  ceux  de  sa  maison,  comme  20 
mambourg  du  pays,  et  messire  («huis  de  Canne,  lors  grand  mayeur,  avec  lesdils 
bourgmestres  et  les  commissaires  qui  allèrent  jusques  au  pont  al  Creyere  près 
Saincte-Foy,  où  estant  l'évesque  de  Horne  fit  le  serment  acoustuméz,  de  quoy 
les  commissaires  là  présent  en  demandèrent  act  de  notaire  impérialle,  illccque 
aussy  présent,  puis  l'évesque  marcha  entre  messire  Guillaume  de  la  Marche  et  m 
messire  Ghuis  de  Canne,  puis  suivoit  le  comte  de  Moeurs,  oncle  dudit  évesque, 
et  les  deux  bourgmestres,  ayant  grand  suitte,  avec  deux  guidons  armoyés  de  ses 
armes,  ses  trompettes  et  héraux  d'armes  triomphant,  et  fut  receu  dans  la  Cité 

(»)  Cf.  tome  I,  page  37G,  ligne  ô  de  ces  chroniques. 

(*)  Cf.  tome  I,  page  551,  note  4.  30 

{*)  CI.  tome  I,  page  5S0,  notes  t  et  2. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  643 

avec  joye  et  esbaltement  et  magnificque  festins,  signament  entre  1  evesque  et 
messire  Guillaume  qui  dura  longtemps,  voire  en  sy  grande  amitié  qu'ils  dor- 
mirent souvent  ensemble  (1). 

Le  28e  dudit  mois,  fut  tenue  une  journée  des  Estats  du  pays  où  l'évesque 
s  de  Horne  remonstra  comme  il  avoit  procurez  de  laisser  en  son  entière  les 
droitures  et  jurisdictions  de  l'éveschéz,  que  le  pape  Pius  avoit  voulu  séparer  (*), 
ce  qui  lui  avoit  cousté  bonne  somme  de  deniers,  à  quoy  ils  les  prioit  d'avoir 
esgard,  soy  recommandant  à  l'université  des  52  bons  mesticrs  de  la  Cité,  où  lui 
fut  accordé  de  lever  sur  la  cité  et  le  pays  quarante  mille  florins,  où  la  Cité 

io  payeroit,  i  comprint  le  banlieu,  pour  sa  quoele  huict  mille  florins  susdit,  comme 
faisant  la  cinquiesme  partie  du  pays.  Puis  fut  ordonné,  passé  et  accordez  que 
personne  ne  feroit  aucune  reproche  pour  le  faict  des  guerres  passez  s'il  ne 
vouloit  estre  réputé  infracleur  de  la  paix,  donnant  à  chasque  mestiers  pour  leurs 
récréations  six  florins. 

15  L'an  1485,  fut  faict  un  accord  entre  la  Cité  et  ceux  de  Maestricht  touchant 
les  thornis  du  pont,  que  ceux  de  Liège  ne  payeroient  rien  en  passant  le  pont  à 
Maestricht  avec  leur  marchandise  et  que  ceux  de  Maestricht  passeroient  de 
mesme  soubz  celuy  de  Liège  en  toute  libériez.  (Manuscrit  37,  p.  388.) 

Le  manuscrit  39,  fol.  33  v°  à  40,  donne  un  texte  un  peu  abrégé  du  traité  de 
20  paix  signé  à  Tongres  le  22  mai  1484.  Le  chroniqueur  suit  non  le  texte  publié 
par  de  Ram,  pp.  745  à  757,  mais  le  texte  du  manuscrit  Wachtendonck. 

Au  reste  que  le  tout  fut  quelque  temps  pacifique  et  tranquille,  l'évesque 
provoyant  au  restablissement  de  ce  qu'estoyt  desvoyé  de  son  authorité  par  les 
confussions  et  guerres,  il  engaiga  la  ville  et  chasteaux  de  Huy  pour  une  somme 
25  de  12  mille  florins  brabant  pour  subvenir  à  les  frayts  et  despence  tant  une 
partie  pour  les  debtes  contractés  por  la  payx  susdite  que  pour  son  entrée  dans 
la  ville  de  Liège,  à  Maximilain,  duc  de  lîrabanl. 

L'an  1485,  lors  que  l'on  croyoit  que  le  tout  fust  ou  commençoyt  à  se  remettre 
et  restablier,  tant  de  la  pollice  que  justice,  dans  la  ville  de  Liège  et  que  l'on 

30       (»)  Voir  au  tome  I,  p.  B70,  la  relation  détaillée  de  cette  joyeuse  entrée. 
(*)   Cf.  tome  1,  page  54-B,  note  5. 


644  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

pensent  vivre  en  repos,  voycy  un  histoire  tragicqne  que  vat  commencer  et 
ralumer  la  guerre.  Que  fut  que  Pévesque  Jean  de  Horne  et  Guillam  d'Arem- 
berg, avec  plusieurs  autres  seigneurs,  ausquels  leur  vint  en  fantaisie  d'aller 
prendre  l'air  du  champ  et  faire  quelque  promin,  que  fut  vers  la  ville  de  Saint- 
Trond.  D'où  un  jour,  entre  les  autres,  l'évesque  et  Guillam  d'Aremberg.  suivy  s 
de  fort  peu  de  gens  de  leurs  suitte,  allèrent  au  champs  soub  prétexte  peut  eslre 
d'aller  donner  la  visite  à  quelque  seigneur  du  pays  d'Aix  environ  ou  par  forme 
de  chasser:  quoy  qu'il  en  fust,  est  hors  doute  que  ceste  entreprise  ne  fust  pas 
advaut  prémédité  et  conclue  entre  l'évesque  de  Horne  et  ses  gens.  Car  comme 
l'évesque  et  ledit  d'Aremberg  venoyent  à  passer  par  un  petit  boys  au  environ  »o 
de  la  ville  de  Saint-Trond,  où  Frédérich,  seigneur   de  Montegnye  et  frère 
à  évesque  de  Horne,  s'estoyt  apposté  en  embusquade  avec  quelque  nombre  de 
gens  d'armes,  lesquels  tout  d'abord  se  jetlèrent  sur  Guillam  d'Aremberg  et  le 
poussèrent  enbas  d'un  petit  bidet  de  cbeval  qu'il  avoyl  monté,  lequel  fut  tout 
surpris,  ne  s'ayant  donné  du  garde  à  tel  embusquade  luy  dressé,  croyant  eslre  is 
entre  ses  amis.  Mais  l'évesque  de  Horne  avec  ses  frères  et  gens  avoyent  autre 
dessin,  car  quoy  que  Guillam  d'Arenberg  demandoyt  le  suject  de  ceste  surprise 
de  sa  personne  et  Gisbert,  un  de  ses  grand  conseilliers,  mais  il  ne  seul  tirer 
aulqun  responec  d'eux,  mais  furent  tous  deux  menné  prisonnier  dans  la  ville  de 
Maestreck  où  l'évesque  de  Horne,  sans  beaucoup  de  forraallité  de  justice  ny  20 
procédure,  mais  d'authorilé  et  pour  un  tray  de  vengeance,  fit  décapiter  ledit 
Guillam  d'Aremberg  par  les  mains  du  boureau  sur  un  eschaut,  le  19e  du  moys 
de  juing,  ans  susdit,  bien  que  le  seigneur  Guillam  d'Aremberg  ne  lessa   à 
reprocher  l'évesque  de  Horne  de  sa  perfidie  et  cruauté,  ne  croyant  que  sa  mort 
donneroyt  du  repos  et  assurance  à  l'évesque,  mais  que  son  fils,  Jean  d'Arem-  25 
berg,  chanoine  de  l'église  de  Saint-Lambert,  avec  Robert  et  Evrard  de  la  Marche, 
ses  oncles,  et  autres  amis  ne  lesseroyent  à  tirer  vengance  d'une  action  si  perfid 
et  layche  pour  un  évesque.  Le  corps  dudit  Aremberg  fut  ensevelly  dans  l'église 
des  pères  Dominicains. 

Après  quoy,  Gisbert,  conseillier  dudit  Aremberg,  fut  par  ordre  de  l'évesque  30 
de  Horne  mis  en  quattre  quartiers.  Mais  ces  exécutions  ne  raportèrent  rien  de 
bon  pour  l'évesque  ny  ses  frères,  mesme  au  peuple  de  Liège.  (Manuscrit  59, 
fol.  40  V  -41.) 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  645 

Mélart,  p.  288. 

Ceux  de  Liège  remandent  de  Maestreck  leur  évesque  Jean  de  Horne.  Les 
bourgnemaistres,  jurez  el  conseil,  avec  les  principal  de  la  ville  de  Liège,  consi- 
dérant le  mauvays  irayetement  et  gouvernement,  s'ayant  deffayts  de  la  tirannie 

5  de  messirc  Ghuys  de  Canne  et  se  voyant  en  liberté  et  maistres  de  la  ville  pour 
cause  que  Evrard  el  Robert  de  la  Marche  faisoyent  la  guerre  au  pays  d'Ardenne, 
et  par  crainte  d'eslre  encore  plus  mal  trayelé  ou  gouverné  par  leurs  chefs  et 
protecteur  susdits,  advenant  leur  retour  dans  la  Cité  de  Liège,  pour  à  quoy 
obvier  et  provoir,  remandirent  leurs  évesque  Jean  de  Horne,  qui  se  tenoyt  dans 

10  la  ville  de  Maeslreck,  lequel  sans  dilays  se  servit  de  l'occasion  et  offre  mesme 
sans  aulqun  appréhension,  retourna  dans  la  ville  de  Liège,  où  il  fut  fort  honno- 
rablement  receu  par  le  clergé,  magistrats  et  peuple  de  la  ville,  lesquel  assurèrent 

1  évesque  de  leur  obéissance  et  fidellité,  vivre  et  morir  pour  la  conservation  de 
son  authorité.  (Manuscrit  39,  fol.  44.) 

15      L'an  1486,  l 'évesque  de  Horne  célébra  sa  nouvelle  messe,  donnant  à  Sainct- 
Lambert  des  draps  d'or  et  de  soye  pour  la  somme  de  650  florins  de  Rhin. 
Puis  fut  fait  une  ordonnance  sur  les  vignobles,  à  cause  de  la  stérilité  de 

2  à  5  ans  de  suitte,  tellement  que  l'on  ne  payroit  que  trois  griffon  pour  chaque 
ayme  de  vin,  à  condition  qu'il  seroient  obligé  d'entretenir  les  vignobles  en  bonne 

20  estât, et  alors  l'on  payoit  sur  une  eharrée  de  fort  vin  de  Rhin  neuf  florins  du  Rhin, 
sur  la  eervoise,  le  8e  denier,  sur  la  chair,  cuirs,  poissons  et  aultres  marchandises 
et  denrées,  on  payoit  la  gabelle  et  l'on  ne  pouvoit  faire  courir  chars  ne  charelte 
par  nuict  ny  de  jour  par  la  cité  et  les  grains  furent  assis  à  un  pris  raisonnable, 
scavoir  le  muyd  de  spclt  et  orges  à  21  aidans  le  slier;  de  wassen  à  7  aidans  et 

23  le  froment  à  8  aidans  et  que  tout  bourgeois  seroient  franc  du  lliorny  des  ponts. 

L'an  1488,  furent  à  Liège  déposé  13  eschevins,  ne  demeura  que  messire 

Guillaume  Proest  el  ce  par  une  enquestc  qui  fut  dressé  contre  leurs  injustices 

et  grandes  exactions  qu'ils  faisoient  sur  le  peuple,  prenant  argent  des  parties 

litigeantes,  comme  ils  avoit  encor  esté  déposé  l'an  1389. 

30  En  ce  temps,  fut  fondé  à  Paris  un  couvent  de  filles  perdues  qui  vivoient  en 
libertéz  de  toute  liibricitéz,  qu'estoient  bien  en  nombre  de  200,  et  furent 
appelées  les  Repenties.  (Manuscrit  37,  pp.  392  et  393.) 


646  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

Mélart,  p.  290. 

Roberl  de  la  Marche,  ayant  entendu  les  mennés  de  Jacquc  de  Croyx  pendant 
son  absence  de  la  ville  de  Liège,  que  roulloyl  dans  la  Brabanl,  retourne  vers  la 
ville  de  Liège  à  efïect  de  faire  désister  ledit  de  Croyx  de  ses  entreprises,  mais 
crainte  de  quelque  autre  coup  de  main  ou  traictement,  il  se  relira  de  Liège  à  5 
la  sordine.  (Manuscrit  39,  fol.  46.) 

Mélart,  p.  290. 

Foullastre  et  pernissieuse  entreprise. 

L'an  1491,  pendant  que  l'évesque  Jean  de  Home  se  tenoyt  dans  la  ville  de 
Mastreck  et  que  nul  moyen  l'on  ne  le  pouvoit  atlrapper,  il  y  eut  un  homme  qui  10 
voullut  faire  le  fin,  donnant  ses  entreprise  et  dessin  à  cognoistre  à  Evrard  et 
Robert  de  la  Marche,  lesquels  y  condescendirent.  Ce  pernissieux  et  fol  apostat, 
assé  téméraire  dans  ses  entreprises  et  d'un  cœur  résollu,  vat  trouver  l'évesque 
Jean  de  Horne  dans  la  ville  de  Mastreck  et  comme  il  s'avoyt  présenté  à  luy, 
tesmoignant  de  luy  estre  fldel  amis  et  que  s'il  le  voulloyt  croire  qu'il  luy  livre-  15 
royt  la  ville  de  Liège  avec  peu  de  gens,  à  la  faveur  de  quelque  parens  et  amis 
qu'il  avoyt  dans  l'abbaye  et  monaster  de  Saint-Jacque,  lequel  luy  donneroyt 
Becrettement  la  nuit  ouverture  par  quelque  porte  ou  entré  sur  la  rivière  de 
Meuse,  luy  faysant  à  croyre  que  cantité  des  fidcls  bourgeoys  de  la  ville  de  Liège 
seroyenl  appresté  pour  le  recevoir,  comme  estant  las  de  vivre  soubs  le  gouver-  20 
nement  de  ceux  de  la  Marche,  considérant  le  tort  que  l'on  faysoyt  à  sa  personne 
et  autres  choses  semblables.  A  quoy  l'évesque  adjousta  un  peu  légèrement  foy, 
sans  se  donner  du  garde  de  la  finesse  de  ce  gaillard  qui  croyenl  engaiger  par  ces 
belles  parolles  la  personne  de  l'évesque  à  la  leste  de  ceste  entreprise.  Mais 
l'évesque.  sans  prendre  conseil  ou  advis,  donne  un  bonne  trouppe  de  ses  gens  -23 
les  plus  affidés  selon  la  vollonlé  et  désir  de  ce  Machavelle  qui  avoyt  tout  aultre 
dessin  que  de  servier  l'évesque,  marche  avec  ses  gens  vers  la  ville  de  Liège  et 
monastère  de  Saint-Jacque.  par  où  il  debvoil  entrer  et  faire  le  coup  un  nuit 
dessignée.  Et  corne  ils  furent  arrivés  au  poslis  où  ils  debvoyenl  entrer,  il  y 
avoyl  un  homme  garde  poste  aux  environ,  selon  l'assignation  donnée,  donnèrent  30 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  647 

sur  les  gens  de  1  evesque  que  furent  tous  taillé  en  pièces  sans  mercy,  croyant 
que  l'évesque  seroyt  dans  la  mesléc. 

Ces  nouvelles  et  massacre  estant  porté  à  l'évesque  que  pour  ce  ne  perdit 
temps  ny  couraige,  assemble  des  gens  tant  qu'il  peut  avec  lesquels  il  allât 
5  brusler  les  fauxbourg  de  Sainte-Margarite,  ne  pouvant  mordre  à  la  ville  qui 
estoit  troup  bien  forliffiée  et  munye  de  bonnes  gardes,  si  bien  que  l'évesque  avec 
ses  gens  fut  constraint  à  se  retirer  dans  la  ville  de  Mastreek,  avec  ses  gens  en 
bon  ordre,  et  ces  entreprises  estant  failly  et  sans  succès,  l'on  travailla  à  une 
trèfve  et  cession  d'armes  pour  quelque  temps,  que  fut  accordé  par  les  deux 

to  parties  guerroyantes  avec  libre  commers  et  négoce  des  marchants. 

Pendant  ceste  année  de  guerre,  le  septier  de  grain  se  vendoyt  un  ducat  et  les 
grains  à  l'advenant,  ce  que  causa  quelque  famine  entre  le  peuple. 

Pendant  le  terme  de  ceste  treusve,  mess"  du  chapitre  de  l'église  Saint-Lam- 
bert, considérant  et  voyant  un  ruine  totalle  tant  pour  eux  que  pour  tous 

15  les  bourgeoys  et  surséans  du  pays  et  évesché  de  Liège,  si  l'on  vint  à  poursuivre 
la  guerre,  sollicitèrent  à  un  accomodemenl  de  payx.  A  quel  effect  ils  supplièrent 
de  leur  entremise  Maximilain,  roy  des  Romains,  et  Louys  12mo,  roy  de  France, 
avec  plusieurs  autres,  quoy  que  tout  ce  fût  contre  la  vollonté  de  Jacque  de 
Croyx  qui  se  tenoyl  pendant  les  troubles  et  guerres  dans  la  ville  de  Liège, 

20  allié,  comme  dit  est,  avec  ceux  de  la  Marche  et  d'Aremberg,  mais  se  voyant  peu 
fort  d'autlioritc  et  gens,  considérant  que  ceste  payx  ne  seroyt  pas  bonne  pour 
luy,  se  relira  en  France.  (Manuscrit  59,  fol.  48  v",  49  v°.) 

Après  la  publicquation  de  ceste  payx  (10  avril  1490),  Everard  de  la  Marche 
le  jeusne  espousa  la  fille  de  Frederick,  comte  de  Horne,  nièce  à  l'évesque  de 
25  Liège,  le  10e  du  moys  de  juing  ans  susdit. 

Le  24e  du  moys  de  juillet,  veille  de  la  saint  Jacque,  l'évesque  Jean  de  Horne, 

accompagné  de  ceux  de  la  Marche  et  d'Aremberg,  entra  dans  la  ville  de  Liège, 

suivy  d'un  éclattante  noblesse,  où  ils  furent  par  les  bourgeoys  receu  en  arme 

au  grand  contentement  de  tout  le  peuple,  ayant  posposé  toutes  les  anciennes 

ôo  querrelles. 

L'an  1493,  l'évesque  Jean  de  Horne  avec  ceux  de  la  Marche  allèrent 
regaigner  la  ville  de  Siter,  laquelle  s'estoyt  abstrayt  de  l'obéissance  de  l'évesque 
pendant  les  guerres  et  troubles. 


648  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

L'an  1494,  Pévesque  Jean  de  Horne,  ayant  fayt  amas  d'un  somme  de  deniers 
par  les  subsides  et  imposts  mis  dans  les  villes  et  pays,  desgagea  la  ville  et 
chasteau  de  Huy  qu'il  avoyt  engaigé  au  duc  Maximilain  de  Brabanl  pour  la 
somme  de  12  mille  florins  brabant  l'an  1484,  ce  que  mil  l'évesque  tant  plus 
dans  la  bienveillance  du  peuple.  Geste  année  fui  tellement  fcrlille  que  le  seplier  5 
de  grains  ne  se  vendoyt  que  4  patar  et  autre  chose  à  l'advenant.  (Manu- 
scrit 39,  fol.  S 4.) 

Mélart,  p.  297. 

Ceste  année  (1493).  l'évesque  collecta  quelques  sommes  de  deniers  en  la 
Cité  et  pays  pour  désengager  la  ville,  chasteau  et  chaslellenie  de  Huy  qu'il  avoit  10 
engagez  à  l'archiduc  Maximillian  d'Austriche  pour  la  somme  de  8,000  florins 
d'or  à  la  croix  de  saint  André  ou  de  12,000  florins  brabant,  dès  l'an  1485,  et 
ce  environ  la  purification  de  INosIre  Dame  l'an  1494,  dont  l'on  payoit  sur  le  vin 
fort  le  4'  denier,  sur  celui  du  pays  le  8e  et  sur  la  bière  le  6*  denier. 

L'an  1493,  comme  Louis  Waldorea,  général  des  gens  de  guerre,  fust  15 
esloigné  de  Tongres  vers  le  pays  d'amont,  fort  mal  content  et  non  payez, 
il  délibéra  subtillement  d'y  retourner  toute  la  nuict,  tellement  qu'il  la  surprint 
de  quoy  les  Liégeois  se  mirenl  en  armes  pour  la  récupérer,  où  se  firent  plusieurs 
faict  d'armes,  où  les  32  mestiers  furnissoient  gens  et  argent,  dont  en  la  fin  elle 
se  rendit  par  appoinlement.  D'aullre  ont  escril  qu'elle  avoil  esté  surprinse  par  20 
le  grand  haillieu  de  Brabant  et  que  l'évesque  y  alla  avec  les  communes  du  pays 
et  quelques  trouppes  eslevées  à  la  haste  pour  la  reprendre,  mais  que,  à  raison 
d'aullre  affaire,  il  le  quitta 

L'an  1494,  aiant  les  bourgmestres  et  le  conseil  de  la  Cité  accordé  aux  vieux 
Arbaleslriers  la  porte  située  sur  le  milieu  du  pont  des  Arches,  elle  leur  fut  25 
ratifiée  (*). 

En  ce  temps  (1496),  furent  exposé  quelques  sommes  de  deniers  par  la  Cité 
pour  ayder  à  rédifier  le  couvent  des  frères  Chartreux  près  Liège,  qui  avoit  esté 

(')  Les  effractions  de  cette  année  confirment  celte  baisse  des  céréales;  le  niuid  d'épeautre  descendit 
de  33  à  27  aidants  et  les  autres  grains  dans  la  même  proportion.  30 

(*;  Recès  du  Conseil  de  la  Cité  du  22  juillet  1194.  Voir  E.  Fairon,  Carlulairc  de  la  Cité. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  (549 

gasté  par  les  guerres.  Le  26  de  juillet  l'an  1496,  fut  assise  la  première  piere  de 
la  maison  des  frères  fratrcs  en  Liège  où  à  présent  sont  placé  les  pères  Jésuites 
et  y  entrèrent  l'an  1497,  aiant  auparavant  tenus  leurs  escolles  à  Sainct-Paul. 
{Manuscrit  57 ,  p.  407.) 
5  L'an  1501,  l'évesque  fit  décapiter  sur  le  marché  de  Liège,  devant  INouvïs,  le 
capitaine  de  Seraing  et  le  baillieu  de  Haulpen  pour  avoir  soublevé  quelque 
émotion  contre  Testât  et  repos  du  publicq.  (Manuscrit  39,  fol.  56.) 

L'an  1502,  fut  entreprint  une  trahison  contre  la  Cité  par  certains  Piron 
Pelitjean,  Helkint  et  Surbise,  mutins  et  séditieux,  pour  à  quoy  remédier  il  fut 
»o  deffendu  de  les  sustenir  dans  la  Cité  et  ailleurs,  dont  aucuns  furent  print  et 
exécutez.  (Manuscrit  37 ,  p.  409) 

Geste  année  (1504),  la  rivière  de  Meuse  se  déborda  tellement  qu'elle  renversa 
grande  cantilé  de  maysons  tant  dans  Liège  que  au  long  du  rivaige  où  elle  print 
son  cours.  (Manuscrit  39,  fol.  36.) 

is  Règne  d'Erard  de  la  Marck. 

MÉLART.    p.    300. 

Or  ledit  Erard  de  la  Marche,  avant  son  élection,  estoit  un  pauvre  chanoine 
n'ayant  moien  pour  vivre  que  les  revenus  de  sa  prébende,  parce  qu'il  estoit  le 
cadet  de  sa  maison.  Pour  ce  s'estoit-il  rendu  commensal  auprès  du  prieur  del 

20  Chaîne,  où  estant  esleu  à  l'éveschéz,  il  disl  audit  prieur  :  «  Yoicy  que  je  suis 
esleu;  qu'est-il  de  faire  ?  je  n'ay  pas  d'argent.  »  Le  prieur  lui  dist  qu'il  lui  en 
conviendra  bien  (nonobstant  ce  qui  est  dit  icy  dessus  du  preste  qu'il  fit  à  son 
frère).  Dont  ledit  prélat  ou  prieur  invita  au  disné  tous  les  prélats  de  l'éveschéz  et 
diocèse  de  Liège,  lesquels  estant  à  table  et  bien  festoyez,  ledit  prieur  leur 

23  remonstrat  comme  Sa  Grâce  révérendissime  a  voit  grandement  affaire  d'argent 
et  quand  à  lui,  comme  un  prieur,  il  avancheroit  une  telle  somme,  ce  que  enten- 
dant, les  nul  lies  grands  prélats  comme  de  Sainct-Hubert,  de  Sainct-Tron,  de 
Sainct-Laurent,  de  Sainct-Jacque  et  d'ailleurs,  ils  commencèrent  à  dire  qu'il  en 
avanceroient  6  ou  7  fois  plus  que  ledit  prieur,  comme  ils  firent  et  les  aullres  à 

30  l'advenant,  à  condition  que  Sa  Grâce  leur  donneroil  un  récipé  de  sa  main  de 
Tome  II.  82 


650  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

leur  rendre  dans  un  an,  ce  qui  fut  ainsy  faict  et  accordez.  Or  l'an  expiré, 
le  mesme  prieur  les  envoia  de  rechef  lous  prier  au  disné.  Or  comme  lesdits 
prélats  y  vindrent  tous  avec  leurs  recipé  pour  ravoir  leur  argent  qu'ils  avoient 
prestéz,  estants  encor  à  table  auprès  du  révérendissime  évesque,  bien  festoyez, 
le  maistre  prieur  commença  de  dire  :  «  Voicy  l'an  révolus  que  noslre  Evesque  s 
Sérénissime  nous  at  empruntez  eest  argent.  Quant  à  moy,  je  lui  donne  ma  part 
de  bon  cœur.  »  En  monstrant  sa  cédule,  le  bouta  dans  le  feu  ce  qui  voiant,  les 
aullres  grands  prélats  firent  de  mesme,  au  moyen  de  quoy  Sa  Grâce  devint  un 
riche  prince,  dont  du  depuis  il  a  lousjour  eut  en  grâce  les  prieurs  pour  respect 
de  cesluy  là  et  les  avoit  journellement  à  sa  table.  (Manuscrits  57,  p.  413  et  10 
45,  fol.  261.) 

Mélart,  p.  302. 

Pallais  de  Liège  commencé  à  baslier. 

L'an  1508,  l'évesque  Mareka,  après  avoir  réglé  et  pollicé  les  Eslats,  consut 
dans  son  esprit  à  faire  baslir  quelque  beaux  pallays  pour  servir  du  demeure  aux  15 
évesque,  à  quel  effect  il  manda  eantité  de  maislres  ouverires  et  autres,  après 
avoir  tiré  un  projet  de  la  grandeur  et  structure  pour  le  dit  pallays.  Les  fonde- 
ments de  laquelle  place  fut  d'un  largeur  admirable  et  pour  la  rendre  plus  solide 
el  préservé  de  l'humidité  qui  consomment  quelque  foys  des  baslimenls  par  la 
pouriture  des  matériaux,  pariny  lesquels  il  fit  mellainger  de  la  céruse,  de  20 
la  pouldre  de  charbons  avec  de  la  laigne  pour  ce  rendre  ferme  tout  ensemble. 
11  y  avoyl  un  grande  cantités  d'hommes  et  femmes  qui  travailloyent  continuel- 
lement à  l'achèvement  dudil  bastiment  sans  que  pour  ce  la  ville  ou  pays  en  fusl 
intéressé  ny  enchargé.  (Manuscrit  59,  fol.  62.) 

Mélart,  p.  308.  25 

Comment  l'évesque  fit  faire  un  puits  dans  le  chasteaux  de  Huy. 

....  Et  comme  cesle  place  se  trouve  sans  eaux  que  celle  que  provenoyt  des 
loyx,  ce  que  ne  pouvoyt  servir  à  toute  chose,  sur  quoy  cest  évesque  juga 
à  propos  d'y  faire  un  puys,  si  faire  le  povoit,  pour  la  commodité  de  la  place. 
A  quel  effect,  il  manda  des  maystres  ouverires  capable  aux  jugement  et  fabric-  00 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  651 

kement  de  cesle  ouvraige,  de  quoy  quelques  uns  entre  les  autres  juga  pour  le 
mieux  que  cesl  ouvraige  ne  se  pouvoyt  bonnement  ou  solidement  faire  que  dans 
la  roche  sur  laquelle  ce  chasteaux  est  basty.  Ce  qu'estant,  après  divers  advis 
jugé  propre  tant  des  ouverirs  que  de  l'évesque,  fit  au  mesme  temps  venir  des 
s  ouverirs  en  grand  nombre  pour  commencer  cest  ouvraige  et  l'achever  au  plus 

vite  à  quel  paine  ou  pris  que  ce  fust 

Après  quoy.  cest  ouvraige  et  puys  fut  à  force  d'ouverirs  achevé,  qui  est  d'un 

admirable  hauteur  que  lorsqu'il  désirent  d'avoir  de  l'eaux,  il  se  tire  par  des 

hommes  qui  marchent  dans  quelque  tambour  jusqu'à  ce  que  l'eaux  soyt  en 

io  haut  avec  quelque  grand  vase  ou  tonneaux  qui  peut  servir  pour  quelque  jours. 

[Manuscrit  59,  foi  67  v°.) 

Mélart,  p.  312. 

Comment  l'évesque  quitta  la  partie  du  Roy  de  France. 

Premier,  cest  empereur  luy  ratiffia  et  confirma  toute  les  prévilèges  que  ses 
1b  prédécesseurs  évesques  avoient  cy-devant  obtenu  des  empereurs  tant  pour  les 
ecclésiastiques  que  séculliers. 

Seconde,  que  l'on  ne  poudroyt  appeller  des  sentences  prononcé  par  les  juges 
de  la  jurisdiction  de  l'évesque  à  la  chambre  impérial  à  Spir. 

Troisième,  que  doresnavant  l'on  debveroit  implorer  des  sentences  des  esche- 
20  vins  de  Liège,  mandements  d'appel  pardevaut  un  Conseil  ordinaire  comme 
reflbrmaleurs  desdilz  eschevins  que  s'institueroyt  en  brief  temps  avec  les  ordres 
et  règles  convenables. 

Qualrème,  qu'il  ne  seroyt  permis  à  aulcun  estranger  ou  afforain  de  tirrer  en 
cause  ou  procédure  un  Liégeoys  hors  de  son  pays  ou  districq,  l'arrester,  user  de 
25  représaille  ny  la  constraindre  en  quel  façon  que  ce  soyt  contre  sa  vollonté,  ne 
fust  qu'il  y  consenlast,  ce  que  fut  un  bulle  d'or  pour  les  Liégeoys. 

Après  tout  quoy,  l'empereur  Maximilain,   pour  tesmoigner  l'extime  qu'il 
faysoit  de  la  personne  de  l'évesque  Erard.  le  douta  et  bénéficia  de  l'archeveschié 
de  \  aliénée  en  Espaigne,  quoy  que  elle  ne  luy  fust  de  grande  conséquence  ny 
30  de  valleur. 


632  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 


L'institution  du  Conseil  ordinaire  par  l'évesque  Erard  de  Marcha  (i). 

L'évesque,  pour  pollicer  on  reflormer  la  juridiction  des  eschcvins  de  la  ville 
de  Liège  des  abus  et  in  justices  qui  se  glissoyt  et  doresnavant  voir  droyt  glisser, 
establit  9  réviseurs  et  redonna  leurs  des  sentenees  prononcé  par  les  eschcvins  si 
en  cas  de  mal  ou  forjugement  les  rciïormer  et  redresser  sur  leurs  droyt  les  s 
parties  migres,  estant  lesdits  réviseurs  composé  de  3  personnes  ecclésiastiques 
à  dénomer  par  l'évesque;  item  de  la  pari  de  mess"  du  chapitre  de  la  cathé- 
dralle,  deux;  de  la  pari  de  la  noblesse,  deux;  de  la  part  de  la  cité  de  Liège,  un 
et  part  toute  les  bonnes  villes  dudil  pays,  une.  El  tous  personnes  bien  quallif- 
fiée,  lesquels  estant  assemble  dans  un  siège  ordonné  font  une  juridiction  appelle  «o 
Conseil  ordinaire  de  Son  Altesse,  lesquels  onl  droyts  de  prononcer  des  sentences, 
comme  dit  est.  (Mamiscrit  59,  fol.  69.) 


Mélakt,  p.  332. 

Première  journée  d' Estât  tenu  dans  le  pallays  du  Cardinal. 

Le  cardinal  se  trouvant  peu  satisfayt  des  magistrats  et  conseil  de  la  Cité  *s 
touchant  les  édits  et  points  susdits,  et  croyant  d'avoir  milleur  recours  à 
d'autre,  fit  eonvocquer  les  Estais  du  pays  de  Liège,  pensant  entre  autre  points 
qu'il  avoyt  à  proposer  y  envellopper  les  susdits;  mais  les  Estais,  estans 
assemblés  pour  la  première  foys  dans  le  pallays  que  le  cardinal  avoyt  entrepris 
à  faire  faire,  ne  vcullèrent  entendre  à  ce  point  d'inquisition,  ce  que  voyant,  le  20 
cardinal  et  évesque  la  tint  soub  silence  jusques  à  une  autre  occasion,  ne  lessant 
pour  ce  à  proposer  les  autres  points  cl  prétention  que  fut  à  trouver  le  moyen 
propre  pour  le  rembourcement  des  deniers  exposé  par  sa  personne  à  la  requestc 
et  agréation  des  Eslat  du  pays  pour  les  levées  des  soldats  dernier  et  envoyé  vers 
l'Empereur  pour  s'en  servir  contre  les  Turcqz.  (Manuscrit  39,  fol.  S5  vn.)        23 


(')  E.  Poncelet,  Le  Conseil  ordinaire,  tribunal  d'appel  de  la  principauté  de  Liège,  dans  Bull,  de  la 
Commission  royale  des  anciennes  lois  et  ordonnances  de  Belgiuie,  t.  XIII,  pp.  153-257. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  653 

Mélart,  p.  337. 

L'an  J53G,  le  cardinal  fit  assembler  les  Estais  du  pays,  ausquels  il  proposa 
la  venue  de  quelque  trouppes  des  soldats  impériallist  au  pays  pour  estre  payé 
de  leur  gaiges  et  soldes  et  crainte  de  quelque  cours  et  ravaige  sur  le  pays  de 
s  Liège,  qu'il  seroyt  bon  de  munir  les  villes  frontires  du  pays  de  quelque  soldats 
et  munitions  pour  le  deffendre  en  cas  d'atacq  et  conservation  du  pays,  deman- 
dant ausdits  messieurs  des  Estais  la  levée  de  tous  les  impost  et  gabeles  du  pays 
pour  le  terme  de  quatre  ans  pour  l'entretint  des  soldats  et  payement  des 
munitions,  vivres  et  autre  chose  nécessaire. 

10  Ce  que  luy  fut  par  les  Estais  très  voulontier  accordé,  mais  come  quelque 
temps  après,  l'occasion  se  présenla  que  l'on  n'avoyt  plus  affaire  de  ces  soldats  et 
entretint  d'iceux,  par  le  retrayt  desdils  Irouppes.  le  cardinal  descharga  la  Cilé 
de  ses  debtes  et  obligations  avec  les  revenue  des  susdiîs  impost,  estant  ladit  Cité 
arrière  de  quelque  deux  cent  et  cinequante  mille  florins  brabant,  et  un  aultre 

is  partie  fut  aplicqné  au  bastiment  du  pallays.  (Manuscrit  59,  fol.  85.) 

Mélart,  p.  339. 

Or  aux  exèques  et  funérailles  dudit  cardinal,  de  trente  abbés  qui  lui  estoient 
sujects,  il  n'y  en  avoit  que  dix  sept  qui  y  assistèrent  et  voicy  le  nom  desdils 
abbés  : 

20  l'abbé  de  Saint-Laurent,  l'abbé  de  Jardinet, 

l'abbé  de  Saint-Jacque,  l'abbé  d'Euverbure, 

l'abbé  de  Saint-Tron,  l'abbé  d'Hellechen, 

l'abbé  de  Staveloz,  l'abbé  de  Brongne, 

l'abbé  de  Lobbes,  l'abbé  de  VVasour, 

25  l'abbé  de  Saint-Hubert,  l'abbé  del  Vaux-Saint-Lambert, 

l'abbé  d'Asne,  l'abbé  de  Flone, 

l'abbé  de  Florinne,  l'abbé  de  INoeufmoustier, 

l'abbé  de  Saint-Remy,  l'abbé  del  Vaux-Dieu, 

l'abbé  de  Floreffe,  l'abbé  de  Beaurepaire, 

30  l'abbé  de  Gemblou,  l'abbé  de  Saint-Giellc, 


654  CHROiNIQUES  LIÉGEOISES. 

l'abbé  d'Overbceck,  l'abbé  des  Isles, 

l'abbé  de  Villcrs.  l'abbé  de  Saint-Ambrion, 

l'abbé  du  Pareque,  l'abbé  de  Jalonne, 

l'abbé  de  Hastier,  l'abbé  de  Grand  Préz. 

Au  dessus  des  M  abbés  qui  assisloient  aux  exèques,  y  esloient  encor  les  s 
évesques  d'Utrecht  et  d'Arras  avec  le  comte  de  Morne  et  aultres  seigneurs. 

Epitaphe  d'Erard  de  la  Marche. 

Quant  à  son  anniversaire  qu'il  a  fondé  et  renié  avant  sa  mort,  elle  est  de 
six  cent  florins  brabant  à  divider  comme  il  at  esté  ordonné  par  son  testament; 
les  vigilles  se  font  après  midy  le  premier  jour  après  la  feste  des  Innocent,  10 
le  lendemain  des  festes  de  Noël,  et  la  messe  le  30°  du  mois  de  décembre. 
{Manuscrite  37 ,  pp.  453  et  454,  et  4S,  fol.  286  r>°.) 

Règne  de  Corneille  de  Berg. 

Mélakt,  p.  3iv2. 

Edits  contre  les  vagabonds.  is 

Et  à  cesle  fin  que  personne  ne  print  cas  d'ingnorance,  l'évesque  ordonna  de 
sonner  un  cloche  vers  les  9  heures  du  soir  que  fut  du  depuis  appelée  Coup 
oraille.  (Manuscrit  59,  fol.  94  V.) 

Mélap.t,  p.  343. 

En  quel  voyage  (vers  Gand),  il  (Ferdinand,  roy  des  Romains)  fut  accom-  20 
paigné  par  noslre  évesque  de  Liège  et  plusieurs  seigneurs  du  pays.  Lequel 
empereur  s'estoyt  là  transporté  pour  un  rébellion  conspiré  contre  luy  pendant 
son  absence  du  pays  pour  la  guerre  qu'il  mennoyt  en  mer.  De  quel  rébellion 
il  les  ordonna  pour  chastoye  et  perpétuelle  mémoir  que  les  magistrats  et  prin- 
cipaux officiers  de  ladit  ville  porleroyent,  le  terme  de  iOi  ans,  un  corde  au  col,  25 
mesme  allant  en  séance  en  justice.  (Manuscrit  59,  fol.  95.) 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MELART.  655 

Mélart,  pp.  349  et  352. 

Françoys,  roy  de  France,  ayant  ainsy  disposé  de  ces  armées  presque 
indomptable  et  n'ayant  auscun  suject  légitime  pour  ce  ruer  sur  le  pays  de  Liège 
pour  les  embroiller  dans  ces  guerre,  ne  trouva  aultre  moyens  ny  prétexte  que 
s  d'envoier  un  hérauts  d'armes  vers  l'évesque  et  les  Estats  du  pays  de  Liège  leurs 
mandant  qu'il  désiroyt  d'avoir  satisfaction  et  justice  de  la  mort  du  seigneur 
Guillam.  comte  d'Aremberg,  décapité  traitrement  et  sans  cause  légitime  dans  la 
ville  de  Mastreck  par  l'évesque  Jean  de  Home  et  qu'il  n'estoyt  que  très  rayson- 
nable  que  ceux  de  la  mayson  de  Horne  fussent  extirpé  de  leur  apuy  (1).  Sur 

io  quelle  cause  et  prétexte,  l'évesque  et  les  Estais  de  Liège  firent  une  responce 
toute  cnmillée  au  roy  françoys,  seavoir  qu'il  avoyent  besoing  d'un  bon  conseil 
dans  ce  cas  et  demande  de  Sa  Majesté  royalle,  la  priant  de  son  milîeur  advis  et 
conseil  dans  ce  point,  veu  que  modération  et  accord  at  esté  fayt  entre  le  prince 
et  seigneurs  de  la  mayson  de  Horne  et  celluy  d'Aremberg,  et  le  tout  pour  un 

>5  milleur  fin.  Ce  pourquoy  les  Estats  du  pays  de  Liège  ny  la  pei  sonne  de  l'évesque 
ne  trouvarent  cause  pour  les  inquielter,  ce  que  Sa  Majesté  Royalle  ne  prendra 
en  augure  ny  de  mauvays  part,  la  souhaytant  toute  prospérité  par  les  armes  et 
entreprises,  etc.  (Manuscrit  59,  fol.  100.) 

Mélart,  pp.  352  et  354. 

20  Après  tout  quoy,  elle  (Marie  d'Autriche)  fil  demande  à  l'évesque  et  ses  Estats 
pour  le  maintint  de  la  confédération  et  alliance  fayt  entre  eux  et  l'empereur 
Maximilain,  de  haulle  mémoire,  l'an  1518  et  qu'il  ne  permissent  libre  passaige 
sur  le  pays  de  Liège  aux  Françoys  ou  leurs  alliez  et  si  en  cas  de  force  ou 
viollence.  elle  promeltoyt  tout  ayde  et  secours  selon  les  puissances  et  pouvoir. 

J5  Sur  ceste  advis  et  proposition,  l'évesque  fayt  convocquer  et  assembler  les 
Estats,  lesquels  ayant  veu  Inadvertance  de  Madame  la  gouvernant  et  après 
plusieur  conférence,  donnèrent  responce  de  leur  délibération,  eslant  tel  qu'ils 
désiroyent  à  mentenir  l'alliance  cy-devant  fayt,  sans  en  ce  préjudicier  à  leur 
neutrallilé,  et  ne  désirant  à  ce  fourer  dans  cesle  guerre,  et  comme  estant 

30  (')  Lettre  de  François  I"  au  chapitre  de  Saint-Lambert  du  t'r  novembre  tbii,  dans  de  Maumeffe, 
op.  cit.,  t.  Il,  p.  144,  et  Conseil  privé,  ûépêc/its,  reg.  I,  fol.  120  v". 


656  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

un  pays  neutre,  il  ne  pouvoyent  reffuser  passaige  sur  leur  pays  à  personne  de 
qui  ils  en  seroyent  requis  pour  leurs  argent,  voire  sans  hoslillilé. 

Pendant  tout  quoy,  l'évesque,  pour  nppaiser  l'ire  de  Dieu  et  destourner  ceste 
guerre  de  son  pays,  ordonna  à  faire  des  prières  publieques  dans  toutes  les 
églises  de  son  pays  et  diocèse.  (Manuscrit  59,  fol.  101.)  3 

iMélaut,  p.  355. 

Sur  quoy  fut  respondu  que  la  présente  eonjuture  du  temps  et  guerre  si 
voisine  du  pays  pernietloyt  à  retenir  les  gens,  armes  et  argent  pour  la  conser- 
vation de  leur  pays  propre,  ce  que  Madame  la  gouvernante  ne  prendera  pas  de 
mauvayse  part,  luy  offrant   tout  service   sans  interrest  ny  préjudicier  à  la  m 
nuiterallité  et  prévilèges  du  pays.  {Manuscrit  59,  fol.  104.) 

Règne  de  Georges  d'Autriche. 
Mélart,  p    357. 

L'an  1544,  après  le  trépas  de  l'évesque  Comelis  de  Berghe  dans  le  chasteau 
de  Huy,  et  comme  le  pays  de  Liège  esloit  pour  lors  fort  entouré  de  guerre  et  15 
mesme  vexcées  des  soldats,  tant  de  l'empereur  que  ceux  du  roy  Françoys  de 
France,  Goirge  d'Austriche,  fils  de  l'empereur  Maximilain,  lequel  deux  ans 
auparavant  avoyt  esté  créé  coadjuteur  de  l'évesché  de  Liège,  fut  pour  lors 
du  tout  admis  et  receu  pour  évesque  par  messirs  du  chapitre,  lequel  nonobstant 
les  confusions  des  guerres,  mais  plustost  pour  cest  cause,  ne  fit  pas  long  dilays  20 
sans  fairre  son  entrée  selon  les  coustumes  et  prendre  la  possecion  de  son 
évesclié,  ce  qu'il  fit  pour  un  jour  de  dimanche  après  la  faisle  de  l'Assomption 
Noslre  Dame  que  se  célèbre  le  15e  du  mois  d'aoust,  laquelle  fut  assé  splendit  et 
magnificque  et  très  agréable  au  peuple. 

H  fut  receu  à  la  porte  de  la  ville  par  les  bourgmestres  lors  en  estât  Guillam  -25 
le  Champion  et  Jean  Michil  qui  le  conduirenl  jusques  à  l'église  de  Saint-Lam- 
bert, où  il  fut  receu  du  chapitre,  et  après  avoir  fait  les  sérimonie  accoustuméez, 
il  fut  conduit  dans  le  pallays  épiscopalle  avec  grande  joye  et  triomphe,  où 
il  y  avoyt  un  magnificque  banequé  apresté  pour  tous  ceux  qui  y  voulloyent 
demeurer,  scavoir  les  gens  d'Estats.  (Manuscrit  59,  fol.  108.)  00 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  657 

Mélart,  p.  359. 

L'an  1545,  les  bourgmestres,  voyant  la  Cité  en  pnyx  et  repos,  as^é  las 
et  fatiguées  des  gayts  et  garde,  primlèrenl  résolution  à  faire  parfaire  et  achever 
les  ouvraige  commeneé  allenlour  de  la  ville  et  délcssés  pour  1rs  guerres  susdits  ; 

:;  à  quel  effect  et  par  advis  de  févesque,  trouvèrent  expédient  et  à  propos  de 
niottre  en  euvre  et  besoing  les  soldats  au  fin  de  les  faire  gaigner  leur  vies  à 
lrauvailler.au  lieux  de  porter  les  armes  et  ne  les  lesser  sortir  du  pays,  crainte  de 
quelque  murmure  ou  révolte,  tellement  que  l'on  mil  la  main  à  l'œuvre  à  par- 
faire la  porte  et  balloir  de  Saint- Léonard  (').  avec  les  rampart  jusques  à  la  rivire 

iu  de  Sîeuse,  puis  faire  un  balte  de  picre  depuis  lauil  porte  jusques  au  pont  des 
arche,  fort  commode  pour  les  battelliers  et  marchants  à  quoy  1  on  .mus  i  beau- 
coup d'hommes  qui  eussent  peut  estre  causé  quelque  autre  désordre  s'il 
n'eussent  eu  rien  à  gaigner  (Manuscrit  39,  fol.  i 07 '.) 

Mélart,  p.  300. 

*3  Après  quoy,  févesque  pour  marque  de  son  cousle  à  rendre  du  service 
à  l'Kstal  et  République,  raliffia  tous  les  prévilèges  cy  devant  consédéezaux 
Estais  et  pays  de  Liège,  désirant  en  outre  refformer  les  abus,  extravagances  et 
excès  que  se  passoyt  dans  des  tribunaux  et  judicaturc  tant  de  la  court  de  l'offi- 
cial  que  d'autres,  et  particulièrement  au  siège  ou  tribunal  des  '•'■',  eus  quoy 

20  il  voullut  provoir,  à  quel  elTeet  il  ordonna  le  règlement  que  s'ensuite  : 

Cnnfi  mal  ion,  ratification  et  refformalion  des  22 
par  l'évesque  (îoirtje  d' Austrige,  avec  quelque  adilioa. 

1°  Observeront  les  seigneurs  22  esleu  leur  serment  au  jour  de  leurs  institu- 
tion que.  pour  avoir  la  dite  office,  ils  n'ont  donné  ny  fayt  donner  ou  promis 
2j  aulcuns  deniers  ou  argent,  et   que  bien  el  léaullcmcnt  il  useront  do  buis 
charges  et  office   sans   porter    fauveur   ny  dissimulation  aulcune  suivant  la 
payx  en  fayt. 

i1)  Goreiit,  Lièce  à  I  ravir   le»  ât/es,  ',.  III   p   .'.75. 
Tome   II. 


658  (llliO.Mul  I.S  LIÉGEOISES. 

lient  que  l'on  debvera!  constituer  et  choisir  à  reste  oiliee  des  hommes  bien 
lellré>  el  expert  eus  droyts  cl  loyx  pour,  en  l'absence  des  susdits  22,  tenir  leurs 
place  cl  <sire  présent  à  voire  les  procé  el  iceux  débattre  démellcr,  décider, 
vuider  el  rendre  sent<  nces, 

iiem  ne  pcrmetleronl  lesdit  22  et  empeseheront  à  donner  ou  rclaxcrr  aulcuns  s 
mande  roents  que  premier  ne  soyt  ad-,  i>-é  par  trois  membres  de  leur  consistoire, 
scavoir  de  chasque  tëslat  un,  pour  icclluy  mandement  admettre  ou  rejetter  selon 
que  le  eas  appartindera,  et  pour  assurance  de  ce.  le  petit  seel  avec  lequel  lesdit 
mandements  seront  se.  liez  serat  doresnavant  retenu  entre  les  seigneurs  du  siège 
des  22,  lesquels,  à  chasque  ans,  feront  élection  d'un  personne  de  leur  nombre,  io 
résident  dans  la  Cité,  qui  en  aurai  la  charge  et  garde  pour  sceller  les  mande- 
ments ainsi  passés  et  en  receverat  les  droyts,  desquels  il  en  debverat  rendre 
bon  compte  à  ses  confrers. 

item   que   en   diversité   d'oppinion,    les   seigneurs   22    poudrant   assumer 
qu<  Iques  personnes  entendus  aux  droyts  pour  en  tirer  conseil  el  advis,  au  lin  îs 
que  tort  ne  soyl  fayl  aux  parties  playdoyanls. 

Ilem  que  chasque  procè  devant  d'estre  horsporlé,  serai  mis  ens  mains  d'un 
des  seigneurs  22  ou  plusieurs,  si  la  mattire  la  requirre,  pour  eslre  visité  et 
prendre  ensemble  résolution,  voire  que  chasque  debverat  donner  son  sentiment 
et  opinion,  ou  sinon  ne  serai  recevahle  pour  faire  suite  avec  les  autres.  20 

Item  que  tous  lesmoings  soycnl  examiné  devant  le  siège  au  lieux  accoutu- 
mées ou  pour  le  moins  devant  deux  desdits  seigneurs  du  siège,  ce  que  se 
debverat  faire  devant  disner.  ne  fust  que  le  siège  en  cust  ordonné  de  les  ouyr 
après  mydy  pour  cause  et  respect. 

ilem  que  les  elereqs  desdits  si  igneurs  22  ne   poudrant  ny  ne  debveront  25 
délivrer  aux  parties  nul  décrets,  sent  nées  interlocutoire  ou  deffluitive  devant 
qu'il  n'ayl  esté  communicqué  ausdits  seigneurs  ou  pour  ie  moins  à  deux  d'iccux, 
ayant  esté  présent  à  icclle  passer  el  senlcncier. 

item  el  quand  aux  frayts  et.  superfluitéz  à  faire  des  visitations  ou  examens 
des  tesmoins  sur  lieux  liligeux,  les  seigneurs  ordonneront  un  de  leur  consistoire,  30 
à  leur  conscience  et  dNcrélion,  qui  en  aurat  son  tour,  lequel  pour  l'examen  de 
chasque  tesmoins,  ne  poudrât  avoir  ny  prétendre  davantaige  que  un  bras- 
pennick  brabant,  ce  que  porteroyt  au  présent  siècle    où    nous  somme,  en 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLAKT.  <;:,!) 

mannoye  de  Liège,  deux  p.ilar,  sans  que  en  ce  leur  journées  soyenl  compris. 

Iiem  se  contenteront  pour  les  Visitation  de  quelque  lieux,  scavoir  un  homme 
d'église  ou  un  gentilhomme  d'avoir  5  chevaux  pour  chasque,  pour  chaque 

desquels  serai  taxsé  20  patars  brabant,  et  pour  les  hommes 

5      Item  pour  seeler  mandements,  un  patar  et  six  soûls,  et  pour  horsmetlre, 
l<S  soûls  pour  les  seigneurs. 

Item  pour  le  jeets  et  eonfexlion  des  mandements,  le   greffier  ne  poudrât 
demander  ny  prétendre  davanlaige  que  la  taxée  ordinaire,  si  donc  la  matière  ne 
fust  plus  diflicille  ou  qu'il  y  requist  plus  de  labeur  que  la  forme  accouslumée, 
to  ce  que  se  réserverai  à  la  discrétion  des  seigneurs  du  siège. 

Item  pour  l'expédition  de  toute  actes  judiciels,  l'on  payerai  au  siège  "2  aydans 
liegcoys  et  autant  pour  le  elereq. 

item  pour  la  eoppie  d'un  acte  ou  escrits  ftirny  en  cours,  celle  partie  qui  en 
voudront  avoir  une  eoppie   payeront,   pour  chasque  feullets  eomplètrement 
ij  remplis.  t>  aydans. 

Stem  pour  sceller  une  sentence  delfinitive,  l'on  payerat 

Item  pour  avoir  le  double  des  sentences  ou  décrets,  la  partie  la  resquéranl, 
le  clereqs  ne  demanderont  rien  que  ne  soyt  taxée  par  les  seigneurs  du  siè^e. 

Item  pour  crier  ou  publier  un  personne  banny,  les  seigneurs  y  estant  présents 
20  se  debveront  contenter,  le  tout  y  compris,  de  iS  patar. 

Et  pour  en  avoir  eoppie  ou  le  double,  10  patar  et  s'il  la  faut  seeler,  ils  paye- 
ront le  seel,  etc.  (Manuscrit  59,  fol.  108  à  HO) 

Mélart,  p.  301. 

Nonobstant  les  mandement  et  édils  cy-de\ant  publiée  touchant  les  grains  qui 
23  s'enlevoyenl  et  se  transportent  hors  le  pays,  il  y  eut  nyaumoins  un  grande 
cherté  et  disette  entre  le  commun  peuple,  lequel  par  néssessitée,  que  souvent 
n'ai  pas  de  loyx,  uienassèrent  de  forcer  les  maysons  des  riches  et  opulence 
ens  dits  grains,  mesme  les  grenniers  des  marchants,  usiniers  et  recoupeurs  qui 
bs  tenoyent  le  pied  dans  le  ventre  et  le  couteaux  sur  la  goirge. 
s  L  evesque,  considérant  que  d'un  mal  il  en  poudroy  t  venir  un  aultre  et  que  ce 
n'estoyt  pas  assé  de  la  cognoislre  mais  qu'il  y  lalloyt  remédier  au  temps  oppor- 


660  IQUES  LIEGEOISES. 

tims.  sans  Icsser  allumer  le  feux  pendant  que  le  vent  souflloyl,  et  pour  à  quoy 
obvier,  il  ordonna  cl  commanda  aux  riches  <l  opulents  ensdits  grains  de  les 
exposer  en  vente  au  pris  de  i  florins  liégeoys  le  stier  de  wassent  el  5  aydans  le 
froment  el  autres  espèces  à  l'advcnant, le  muyd  d'espeaultà  i.ï  florins  liégeoys. 
{Manuscrit  39,  fol.  //■/.) 

Mélart,  fin  de  la  page  3G4. 

L'an  1519,  al  esté  commencé  à  bastier  la  porte  d'Avroye  avec  la  muraille 
jusques  à  Rollanlgoffe  derier  l'église  de  Saint  Jean  Evangélist,  ladit  porte  fut 
fayl  avec  un  pont  levis  au  millieux  du  pont  passant  la  Meuse,  (l). 

Guerre  entre  Henri  %'"c,  roy  de  France  el  Charles  S"K,  empereur.       n 

Sur  la  fin  de  l'an  1551.  Henry  .""■,  nouvellement  couronné  roy  de  France, 
enlevai  une  guerre  contre  l'empereur  (marie  :i",e,  souh  prélexl  de  restablir 
les  princes  d'AUemaigne  rxilés  de  l'empi  reur  à  cause  de  leurs  religion  lutérine, 
bien  . i u e  ce  roy  fut  très  ebristien,  par  quelle  guerre  le  pays  de  Liège  entra  de 
nouveaux  en  trouble  et  confusion.  is 

4S33.  Comme  le  chasleaux  de  Bouillon  fut  livré  aux  Françoys  (2). 

L'an  1552,  le.  t*  du  moys  de  juillelte,  Guillaume  de  Horion,  baslard,  qui 
avoyt  gouverné  le  chesteau  de  Bouillon  l'espace  de  21  ans.  et  ne  sçayt-on  par 
quel  capris,  mit  le  chastcaux  susdit  avec  toute  l'amonition  tant  de  guerre  que 
de  bouche,  entre  les  mains  et  puissance  du  seigneur  iîobert  de  la  Marche,  20 
seigneur  de  Hesdin  ou  Sedan,  lequel  estoyt  pour  lors  un  des  marischal  de 
France,  et  tenoyt  ladit  place  et  forteresse  pour  le  roy  son  maistre  qui  la  munit 
davanlaigc  de  toute  choses  nécessaire  el  soldais,  ce  que  donna  de  quoy  à  penser 
aux  Liégeoys.  Suit  le  jugement  et  exécution  de  Guill.  de  Horion,  comme 
dans  ta  version  ordinaire.  (Manuscrit  59,  fol.  '1 1.1.)  -•'- 

L'an  155i,  Févcsque  Goirge  d'Austrige,  voyant  les  fumées  de  guerre  allcn- 
tour  de  son  pays  de  Liège,  fit  assembler  les  Estais  du  pays,  le  17e  du  moys 

'     CI   plus  haut,  |i   42*2. 
-    Cf.  plus  haut,  p.  426. 


ADDITIONS  AU  TEXTE  i)E  MÉLART.  661 

d'avril,  pour  aviser  aux  moyens  de  la  conservation  du  pays  (').  Et  fut  résoud  à 
cest  assemblée  de  faire  un  levée  de  six  compaignies  de  soldats  d'infanterie 
pour  mettre  les  places  frontiers  du  pays  et  cliastenux  et  le  d.  ffendre  en  cas  de 
moleslalion  ...  Suit  ■■>■  résumé  des  campagnes  du  roi  du  France  cu)ilre 
s  Mariembourg,  Bouvignes,  Dinanl,  Fosses,  Thuin  et  en  Hainaut,  d'après  la 
version  ordinaire. 

Pendant  quel  temps,  le  pays  de  Liège  avoyt  encore  fort  à  souffrir  et  fut 
encore  en  grand  dissetc  et  cherté  des  vivre  à  eau^e  des  soldats  que  s'abordoyent 
allentour  envoyés  d'Allemaigne  par  l'empereur,  lequel  desseudit  luy-mesme  pour 

iu  s'opposer  au  roy  de  France,  faysant  le  reudévous  de  ses  gens  d'armes  allentour 
de  INamur. 

Pendant  toute  ces  broilles  et  guerre.  l'empereur  Cliarîe  .rime  ne  lessa  d'ad- 
vancer  le  raariaige  de  son  fils  Phlippe  avec  Harie,  fille  du  roy  d  Engleterre, 
duquel  les  noces  furent  célébré  dans  la  ville  de  Londre  le  "25me  du  moys  de 

15  juillette,  en  toute  magnificence,  selon  qu'il  en  est  raporlé  par  l'histoire  plus 
amplement  déduit. 

L'empereur  Charle  cependant  ne  lessa  d'avoir  soing  de  ses  pays  et  d'avoir 
I'oyeille  à  ce  qui  estoyt  nécessaire  pour  le  mentient  et  conservation  d'icelluy,  à 
quel  effect  il  obtient  de  1  evesque  de  Liège  et  de  ses  Estais,  soub  promesse  de 

20  quelque  place  en  compensation  ou  change,  la  permission  de  baslier  quelque 
forteresse  sur  le  territoire  du  pays  de  Liège,  située  sur  la  rivire  de  "rieuse, 
laquelle  place  fut  appelé,  après  son  nom,  Charlemont,  parce  qu'il  estoyt  sur  un 
éminen.  au  pied  de  laquelle  coulloyt  la  Meuse.  Geste  place  debvoyl  servir 
pour  tenir  en  bride  les  Françoys  et  empescher  leurs  cours  tant  au  pays  de  Liège 

25  que  d'autre. 

L'an  «535,  le  i  i'"e  du  moys  de  mars,  fut  fayt  et  publié  un  trcsvc  tant  au  pays 
de  Liège  qu'en  Brabanl  entre  l'empereur  Charle  avec  son  fils  Phlippe  et  du  roy 
Henry  de  France  pour  durer  le  terme  de  :-i  ans.  De  quoy  le  peuple,  de  part  et 
d'autre,  en  fut  fort  joyeux,  espérant  de  vivre  en  repos  et  que  cependant  l'on 

30  poudroyt  travailler  à  un  entier  a^sopissemenl  de  guerre,  qui  estoyt  pour  lors  un 
fléaux  pour  le  peuple. 

i})  Cf.  plus  haut,  p.  443. 


m-i  CHRONIQUES  LIEGEOISES. 

Pendant  ceste  année  et  suspensation  d'armes  entre  les  prince  susdit, 
mess"  du  vénérable  chapitre  de  Saint-Lambert  chosircnt  pour  coarijuteur  de 
t'évesché  de  Liège  Koberl  de  Berghe,  lequel,  par  la  résignation  de  son  frère 
Adolphe,  fut  au  mesme  temps  créé  et  receu  pour  grand  prévost  dodit  chapitre 
de  Sailli-Lambert,  comme  estant  Testât  du  plus  haut  relifs  eus  dit  chapitre  (1).  s 
(Manuscrit  39,  fol  115-  115.) 

Mélart,   p.  366. 

Pendant  toute  ces  disposition,  l'évesque  lîoirge  d'Auslrige  et  les  Estais  furent 
adverty  de  la  rupture  de  la  trcsve,  qui  debvoil  durer  le  terme  de  5'  ans,  entre 
l'empereur  (marie,  le  roy  Phiippe  son  fils  et  Henry,  roy  de  France,  n'ayant  io 
seullement  duré  que  environ  deux  ans  La  cause  de  cestc  rupture  fut  que 
quelque  différent  estant  survenu  entre  le  roy  l'hlippe  d'Fspaignc  et  le  pape 
Paul,  4'""  du  nom,  auquel  Henry,  roy  de  France  s'allia  et  envoya  secours  de 
gens  d'armes  pour  nuire  au  roy  d'Espaigne.  Ces  nouvelles  guerres  obliga 
l'évesque  de  Liège  et  les  Estais  à  retenir  encore  les  soldats;  outre  ce,  l'évesque  15 
et  les  Estais  ordonnèrent  par  mandements  et  édicts  publicque  que  personne 
n'eust  à  servir  en  guerre  ny  milliter  aux  armes  pour  autre  que  pour  luy. 

Mélart,  p.  367. 

Après  le  récit  de  la  mort  de  Georges  d'Autriche,  le  manuscrit  ajoute  : 

Ccsl  évesque  at  tout  son  temps  résidé  dans  la  ville  de  Liège.  (  Manuscrit  59,  20 

fol.  147.) 

Règne  de  Robert  de  Berghe. 

Mélart,   p.  368. 

L'an  1558,  le  ~2b"w  du  moys  de  janvier,  l'empereur  Charle  àme,  après  avoir 
gouverné  lestât  de  l'Empire  l'espace  de  28  ans,  lequel  suplia  par  ses  ambassa-  23 
deuis  messrs  les  Electeurs  du  Saint  Empire  à  s'assembler  dans  la  ville  de 
Francfort,  à  laquelle  assemblée  il  suplia  d'avoir  pour  agréable  son  frère  Ferdi- 
nand pour  la  dignité  impérialle,  laque!  il  remit  à  cest  elïecl  dans  leur  puissance. 
Mess"  les  Electeurs,  ne  vouliant  différer  la  suplicquation  de  l'Empereur,  mais 

{*)  Cf.  plus  haut,  p.  443.  50 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  (363 

tous  unanimement  octroyèrent  et  agréèrent  l'estat  impériallc  à  Ferdinand, 
le  I3me  du  moys  de  mars,  ce  que  ne  fut  encore  pas  mauvays  pour  le  pays  de 
Liège.  {Manuscrit  39,  fol.  420.) 

Règne  de  Gérard  de  Groesbeeck. 
5  Mélart,  p.  38o. 

Comme  jusques  icy  les  évesques  de  Liège  avoyent  tousjour  esté  en  dispute 
et  conlravers  avec  messrs  du  clergé  secondaire  touchant  les  contributions  impé- 
rial et  autres  subsides,  à  quoy  il  ne  voulloyent  eslre  touché  ny  obligé  et  s'en 
ayant  lousjour  exempté  à  la  charge  des  autres  Estais,  il  leur  fut  dit  et  ordonné, 

10  sans  préjudieier  à  leur  immunités,  ils  eussent  pour  le  future  à  payer  tailles  et 
imposts  comme  les  autres  listais  égalle  à  la  leur,  et  tenir  de  nul  valloir  les  man- 
dements qu'ils  avoyent  impélrés  et  obtenu  tant  de  l'Empire  que  du  Saint-Siège 
de  Home,  en  outre  qu'ils  eussent  à  rendre  le  debvoir  comme  les  autres  sans 
supériorité.  Ce  fut  alors  qu'ils  se  submirent,  ne  fays:int  plus  du  diffieille  et 

îs  rétifs  comme  du  passé 

Au  moys  de  juilletle,  le  jour  de  la  saint  Jacque,  mourut  l'empereur  Ferdinand, 
ce  que  apporta  encore  quelque  altération  au  pays  de  Liège,  à  cause  du  change- 
ment de  l'empire.  (Manuscrit  59,  fol.  429  ) 

Mélart,   p,  395. 

-o       Déhals  pour  hs  clefs  de  la  ville  entre  l'évesque  et  les  bourgmestres 

de  Liège. 

....  Ceste  réplicque  ne  fut  pas  au  goust  de  l'évesque,  bien  qu'il  la  passa  en 
dissimulation,  mais  il  ne  lessa  pour  ce  d'adresser  ses  plaintes  à  l'empereur 
Maximilain.  tasitement  et  sans  bruit,  comme  s'ensuit  : 

25  t°  Que  les  bourgmestres  de  la  ville  de  Liège  s'attribueroyent  les  clefs  des 
portes  de  la  ville  en  leur  pouvoir  et  puissance,  à  l'exclusion  de  son  aullioiïté 
épiscopal.  lesquels  ils  avoyt  demandé  ausdils  bourguemestres  qui  en  ont  fayl  un 
reffu,  ce  que  luy  estoyt  sensible. 

2°  Que.  contre  toute  usance,  ils  assembloyent  un  conseil  entre  eux  pour 

ôo  trayter  et  négocierdes  affaires  d'un  respublicquesans  l'authoriléde  leurs  évesque 
et  seigneurs,  à  qui  appartint  seul  tel  authorilé  et  semonce   d'assemblement. 


604  CHRON1QI  ES  LIÉGEOISES. 

.">"  Qu'ils  avoycnt  érigée  el  institué  un  siège,  tribu  nais  et  judicature  où  se 
traytoyl  de  toute  sorte  de  procédure,  liquid  cl  inliquid.  à  l'exclusion  des  autres 
tribunaux  et  judicature,  ce  qui  e?l  une  aulhorilé  usurpée  et  retardement  de 
justice. 

4°  Qu'ils  dispuloycnl  et  traversoyent  la  juridiction  des  Kschevins.  souverains  :; 
juges  de  la  :'ilé  et  pays  pour  les  crimes,  ne  voullant  permettre  que  iceux 
prissent  cognoissance  des  crimes  et  forfayts  de  leurs  bourgeoys,  deffendant  aux 
ecclésiaslicques  de  se  nieller  ny  meltrc  le  nez  dans  leurs  affaires. 

S-  Qu'ils  ne  vcullent  permettre  que  aulcun  bourgeoys  convencu  de  crime  fust 
saysi  dans  sa  mayson  sans  les  clefs  magistral  qui  dépend  de  leurs  aulhorilé  et  to 
ce  presque  à  deux  lieux  de  la  ville. 

:.  Qu'ils  s'atribuent  un  juridiction  sur  toutes  personnes  pour  debles  siville 
el  réelles  obligations  et  toute  aulre  cas,  en  donnant  jugements  et  sentence 
comme  juges  approuvé  et  autborisé,  usurpant  les  droyts  des  juges  instablis  de 
l'aulborilé  des  évesques.  13 

7°  Qu'ils  ne  vcullent  permettre  que  aulcun  bourgeoys  prisonnier  soyt  menné 
dans  la  prison  du  mayeur  ou  olîicial,  mais  dans  la  mayson  de  ville  qui  esl  en 
leur  puissance. 

8°  Qu'ils  ne.  vcullent  admettre  ny  esehevin  ny  mayeur  dans  leur  conseil, 
ains  seullement  les  jurées  et  gouverneurs  des  mestiers,  quatre  conseliiers  et  10 
capitains  de  dix  hommes   faysant  un  nombre  de  150  personnes,  ce  que  n'ap- 
porte que  confusion  et  désordre  parmy  les  diversités  des  oppinions. 

S0  Qu'ils  violloyent  1rs  immuniléz  des  églises. 

Quels  articles  et  forme  de  plainte  il  envoya  à  8a  Majesté  Impérialle  iMaxi- 
milain,  la  suppliant  très  instamenl,  par  son  aulhorilé,  provoir  à  tels  usurpation  25 
des  droyt  et  authorité  appartenant  sinon  que  aux  évesques  (i). 

Pendant  cest  année,  l'évesque  Groisbek  manda  et  fil  venir  dan>  Liège 
quelques  pères  Jésuiles,  lesquels  il  tient  quelque  temps  dans  sa  court  ou  pallays, 
en  attendant  quelque  occasion  et  iieux  propre  à  leur  donner.  (Manuscrit  39 , 

fol.   I5ô.  50 

(*)  '  f.  Mandement  pénal  dr  l'empereur  Maxirailien   II  du  10  octobre  1571,  obtenu  par  Gérard  de 

ck  contre  le  magistral  de  la  Cité  dans  dossier  4  534,  pièce  5,  de  la  Chambre  Impériale  el  dans 

Pawcilhar  24,  fol  201  v». 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLART.  665 

Mélart,   p.  3i>7. 

Comme  la  ville  de  Hasqite  fut  assiyé  el  réduit  par  l'êvesque. 

L'évesquc,  voyant  la  résolution  et  oppiniastrelé  de  ceux  de  ilasquc  el  la 
deffence  contre  ses  gens,  requit  à  ia  noblesse  du  pays  de  Liège  h  s'armer  avec 
5  quelque  de  leurs  sujet  les  plus  huppéz  pour  se  mettre  à  cheval  scullement  pour 
réduire  les  rcbels  de  fiasque  à  leur  debvoir  et  obéissance.  A  quoy  la  noblesse 
ne  luy  voulloil  eslre  réfraielairc.  mais  s'armircnl  en  bon  nombre,  tous  à  cheval. 
[Manuscrit  39,  fol.  135  ;°.) 

Mélart,   p.   403. 

io  L'êvesque  fait  forlifper  la  Cité  de  Liège. 

....  l'êvesque  de  Liège,messts  du  chapitre,  bourgmestres  et  conseil  résoudérenl 
à  fortiffier  la  cité  de  Liège,  crainte  qu'il  ne  fussent  attacqué  par  quelques  uns 
des  guerroyants.  Ce  pourquoy,  ils  tirent  traverser  la  Meuse  d'une  grose  chaine 
de  fayr  depuis  les  frères  Croisiers,  où  l'on  la  tiroit  si  haut  el  si  basse  que  l'on 
io  voulloyl.  en  proportion  et  hauteur  de  ladit  rivier,  estant  ladit  chaine  attachée  de 
l'autre  cousté  de  la  Meuse  au  tour  è  Bêche 

Puis  fut  mis  un  autre  à  ftoullan  Goffe,  traversant  aussi  la  Meuse  depuis  les 
tîega  jusque  à  Saint  Jean  en  lsle  (1).  (Manuscrit  39,  fol.  1 40.) 

Mélart,  p.  420. 

2u  L'êvesque  dejfend  d'élire  un  échevin  à  bourumaistre  (2). 

Comme  les  bourgmaislre,  conseil  et  trenle  deux  mestiers  avoienl  cy  devant 
conclu  el  publié  que  dorénavant  nul  eschevin  ne  seroil  plus  admis  à  Testai  de 
bourgmaislre  de  la  Cité  pour  plusieurs  raysons,  entre  autres  pour  ne  pouvoir 
eslre  juge  dans  deux  judieature  pour  un  mesme  cause,  comme  par  exemple  un 
25  proeè  estant  intenté  pardevant  les  bourgmestres  et  Conseil,  fust  pour  crime, 
actions  réels  ou  civille,  el  que  la  cause  ou  matière  fust  troup  debieuse  pour 

(i)  Sur  le  rôle  défensif  de  ces  chaînes,  vor  (Jobert,  Liège  à  travers  la  âges,  t.  Il,  p.  305. 
yi;  Voir  Conseil  privé.  Dépêches,  rcg.  VII,  fol.  100,  lettre  de  Gérard  de  Groesbeeck  du  20  juin  Ib7i 
acceptant  que  pendant  le  procès  engagé  à  Spire  entre  lui  et  lu  Cité  de  Liège,  aucun  échevin  ne  pourra 
30  être  nommé  bourgmestre. 

Tojie  ïi  84 


666  CHRONIQUES  LIÉGEOISES. 

ceste  jurisdiclion  comme  n'eslanl  jtig«>  de  sang,  et  qu'ycelle  cause  ou  procès 
deus  eslre  renvoyé  au  eschevins  comme  juges  de  sang  et  souverain  du  pays,  en 
quoy  lesdits  bourgmestres  scroient  deux  fois  juges,  ce  qui  estoit  contre  tous 
droits  réels.  Et  comme  l'ambition  des  hommes  est  lousjours  porté  et  enclin  aux 
estais  et  offices  où  il  s'y  trouve  de  l'advantaigc  et  gaige,  ebascun  si  veut  pousser,  5 
soit  par  droit  ou  par  force;  il  advint  doue,  vers  la  saint  Jacque,  qu'il  convint  à 
élire  des  bourgmestres  dans  la  ville  comme  du  couslumc,  quelque  bourgeoys 
particulier  estant  porté  pour  un  escbevin  à  ceste  estât  et  magistrature,  non- 
obstanl  la  deffence  susdite,  Ce  qu'estant  entendu  par  l'évesque  et  considérant 
que  cela  ne  se  feroit  sans  troubles  ou  confusions  entre  le  peuple,  qui  se  déborde  10 
à  la  moindre  occasion,  prenant  la  liberté  de  nuir  sans  licence  ny  rayson,  pour 
à  quoy  obvier  et  assurer  la  tranquillité  publicque,  l'évesque  fit  faire  un  édict 
que,  sans  préjudice  de  tous  droits  des  contendanls  à  ceste  élection  ou  électeurs, 
nul  eschevin  ne  seroit  ceste  fois  eleu  à  Testât  magistral  à  peine,  que  l'élection 
ne  seroit  de  valleur  et  ne  sorliroil  de  ses  effets.  Ce  que  fut  une  grande  escorne  i-, 
pour  les  eschevins,  car  depuis  ce  temps  là.  il  ont  esté  séclus  de  cest  estai  à  leurs 
grand  regret,  comme  il  est  à  croire  et  voire.  (Manuscrit  .19,  fol.  -i  36  t>°.) 

Mélart,  p.  424. 

L'institution  d'un  Mont  de  piété. 

Nonobstant  tous  les  édits,  mandements  et  ordonnances  cy  devant  fait  par  20 
l'évesque  Croisbeck  et  ses  prédécesseurs  évesques  contre  les  usuriers  et  lombars 
qui   rongoient  la  substance  des  pauvre  gens,  qui  estoient  obligé  parfois  de 
prendre  ou  emprunter  de  l'argent  à  tels  gens  sur  gaiges  de  quelque  meubles  ou 
autres  hypotecques,  ce  que  par  le  cours  du  temps  et  bause  d'argent  ou  inlerrest 
d'une  somme  reeeu  les  fit  enfin  perdre  leurs  biens  et  gaiges,  pour  à  quoy  obvier  25 
et  destruire  tels  usures  et  pour  soulaiger  les  pauvres  et  néeessileu  en  ceste 
manier,  l'évesque  juga  à  propos  et  propre  d'ériger  et  instituer  quelques  per- 
sonnes et  lieux  pour  y  trouver  argent  sur  gaiges,  comme  dit  est,  pour  quelque 
temps  et  gaigne  la  plus  Iicitte  et  bonneste  que  faire  se  poudroil,  y  donnant 
ordre  et  règles:  quel  lieux   fut  appelle  Mont  de  piété,  comme  il  est  encore  30 
au  présent.  (Manuscrit  59,  fui.  138  V.) 


ADDITIONS  AU  TEXTE  DE  MÉLVRT.  «67 

Mélart,  p.  427. 

Soullaterie  commise  par  les  quatres  compagnie  de  la  ville  de  Lièye. 

Les  qualtres  compagnie  des  bourgeoys  institué  par  Pévesquo,  ayant  snul)  la 
permission  diidil  seigneur  obtenu  un  licence  cl  prévilège  à  tirer  lous  les  ans 
s  un  fois  le  papigaye,  ce  que  se  faisoit  sur  la  porte  de  Sainte- Walhurg;  les  uns 
tirant  avec  des  arb;illels,  les  autres  avec  des  harquebuses,  ce  qu'estant  allèrent 
chasque  compagnie  par  ensemble  se  récréer  à  leur  tour,  les  arballctiers  ayant 
leur  chambre  aux  miilieux  du  pont  des  Arches,  les  harquebusiers  sur  la  mayson 
de  ville,  y  faisant  bonne,  chère  tant  que  ils  vindèrent  jusque  à  là  que  de  s'en 

10  abuser,  fust  pour  un  joviallité  ou  par  un  lubricité  et  gourmandise,  ils  s'en 
allèrent  un  jour  dans  plusieurs  monastères  aux  environs  de  la  ville — 

Avec  quel  argent  ils  firent  tous  les  ans  ensuivant  bonne  chère  lorsqu'il  eurent 
tiré  le  papigaye,  à  quoy  le  prince  debvoy!  tirer  le  premier  coup  ou  quelques 
uns  en  sa  place,  ce  que  at  duré  quelques  années.  Et  ceux  qui  se  voulloyent 

i  j  mettre  desdil  compagnies  estoient  taxsé  à  donner  quelque  plais  d'esleins  ou  autre 
vassel  pour  ameubler  la  compagnie.  Celle  de  vieux  arballctier  debvoil  porler 
200  hommes  et  debvoit  servir  de  garde  dans  le  pallays  lorsque  l'évesque  y  seroit 
résident;  les  autres  debvoient  contenir  chasque  150  liommes,  les  qualtres  com- 
pagnie ont  du  depuis  marché  avec  les  armes  en  très  belle  équipaige  et  ordre  le 

20  jour  du  très  Saint-Sacrement,  suivant  la  procession,  faisant  des  deschmges  dans 
plusieurs  endroyls  pour  honnorer  le  vénérable  Saint  Sacrement.  (Manu- 
scrit 59,  fol.  162.) 

Mélart,  p.  441. 

Mort  du  cardinal  et  évesque. 

2a  Cesl  évesque  pendant  sa  vie  avoil  fait  faire  et  édiflier  une  partie  du  pallays 
non  acbevé.  où  se  voit  présentement  ses  armes.  (Manuscrit  59.  fol.  170.) 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


DES 


NOMS    DE   PERSONNES    ET    DE   LIEUX 

CONTENUS  DANS  LES  TOMES  I  ET  II  DES  «  CHRONIQUES  LIÉGEOISES  » 


Los  chiffres  renvoient  aux  pages.  Les  noms  des  personne0,  même  des  souverains,  sont  classés  au 
nom  de  famille.  Le  nom  de  Liège  revenant  presqu'à  chaque  page  n'a  pas  été  repris,  m::is 
on  trouvera  à  ce  nom  l'énumération  des  institutions  religieuses  et  civiles,  des  rues,  des 
édifices,  etc.,  mentionnés  dans  les  chroniques. 


A 


!     lean  d'),  dit  de  Parfondry,  II,  203. 

u  osse  (Bauduin  d'),  II,  468, 
Adam  (Henri),  I,  105. 
Ade  (Henri),  abbé  de  Saint-Laurent,  1,  142, 

143. 
Adélard,  abbé  de  Saint-Trond,  II,  15. 
Aerschot  (La  ville  d'),  en  Brabant,  I,  383,  386. 
Aerschot  (Le  seigneur  d').  I,  385,  430.    Voir 

Cra!'.  ,  Vierson. 

Aerschot    (Le   duc  d'),   II,   135,  421,    183,   504, 

517,  .     .       :.   Voir  Croy  et  Vierson. 
Afflighem  (L'abbaye  d'),  IL  35. 

êque  d'),  I,  149. 
Agimont,  commune  du  canton  de  Florennes, 

Namur,  I.  61,  207,  533;  II,  436,  439. 
Agimont   (Le  seigneur  d'),  I,  tableaux  I  et 

III;  II,  6  M,  562,    Voir  Looz  et 

Rochefort. 
Agimont  (Jean  d'),  I,  64,  G5,  189,  191. 
Agimont  (Louis  d'),  II,  152,   160,  162,  169,  173. 
Aickspalt  (Pierre),  archevêque  de  Mayence, 

II,  75. 


\i  refeuille  (Guill.  d'),  cardinal,  I,  79,  5S6. 
mont,  dép.  des  Awirs,  IL  172.  —  (Le 
château  d'),   I,  505;  IL   264. 

Ugremont  (Le  seigneur  d'),  I,  511.  —  (I.e 
chapelain  d'),  IL  521.  —  (Le  comte  d'),  II, 
521, 

Aigremont  (Jean  d'),  I,  512. 

Aiguës-Mortes,  ville  de  France,  II,  132. 

Ailbert,  chanoine  de  Tournai,  I,  1G. 

Ailly  (Le  seigneur  d'),  I,  217. 

Aineffe,  commune  du  canton  de  Jehay-Bo- 
...    i  ,iè  e,   II,  181. 

Airbonnes,  dép.  de  Hiuy,  II,  153.  —  (La  mon- 
tagne d'),  I,  52. 

Aire,  ville  de  France,  IL  318. 

Lphus  (Le  chantre),  II,  14. 

Aix-la-Chapelle  (La  ville  impériale  d'),  I,  10, 
(il,  72,  128,  171,  210.  223,  235,  236,  245,  246, 
!86,  306,  314,  382,  3S6,  388,  399,  410,  415,  416, 
'.  'n  ii  123,  431,  444,  145,  .".ne.  508,  512,  525,  538, 
:,\\,  560,  561;  IL  23,  25,  38,  45,  98,  102  à  104, 
183,  195,  196,  211.  255,  358,  359,  3G0,  380,  460, 


670 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


S61,  534,  546,  621,  644.  —  (L'hérésie  à),  II, 
,,,1        (La  peste  à),  II.  595.  —  (La  paix 
,r  .  i.  375,  '.'..;.  149.       [Tumulte  à  .  n 
_  (Eglls     Notre  Dame  <i'),  I,  192. 

Aix-en-Provence  (Un  manuscrit  d'),  H,  239. 

\u  e  (Ferdinand  Vlvarez  de  Toledo,  duc  d'), 
II,   130,   521,    >25  à   566,  572,  (in-?,  605. 

Vlbéric,  moine  de  Troifontaines,  chroni- 
queur, II,  5. 

Albéron  I,  évêque  de  Liège,  I,  21,  22,  23. 

Vlbéron  II.   évêq le   Liège,  I,  25;  II,  21, 

611,  612. 

.    I     135 

Albert,  archiduc  d'Autriche,  prince  souve- 
rain des  i';iys  Bas,  il.  522,  014. 

Albert   I  d'Autriche,  empereur,  I.  61. 

Albert  iv.  duc  il'  Vutriche,  i,  587. 

Alberl  île  Louvain,  évêque  'le  Liège,  II,  33. 

Uberl  (Hermah),  II, 

Albergatis  (Nicolas  d'),  cardinal,  II,  95. 

Albret  (Charles  d'),  I,  208. 

Ucala   (L'université   d').   IL   538. 

Uden  Eyck  (Le  monastère  d'),  I,  13. 

Aldenhoven,  régence  de  Dusseldorf,   I.  100. 

Aléandre  (Jérôme),  I,  477. 

Alençon  (Le  duc  d').  I,  207,  208;  II,  483,  589. 

Alexandre  de  Juliers,  évêque  de  Liège,  II, 
I.',    '".  23,  24 

Uexandre  VI,  pape,  I,  206,  520,  531,  542,  549. 

Vlexandre  (Le  manuscrit  d'),  II,  290. 

Alexandrie  (Le  patriarcat  d'),  I,  149;  II,  236. 

Alexis  (L'empereur),  IL  30. 

Alfteren  (Conrard  d'),  I,  tableau  I. 

Alger  (La  ville  d'),  IL  137,  409,  451,  464. 

Algésiras  (La  ville  d'),  I,  148. 

Alken,  commune  du  canton  de  Looz,  Lim- 
bourg,   II,  128,  135,  629. 

Alkmar,  ville  de  Hollande,  II,  563. 

Alleur,  commune  du  canton  de  Fexhe-Slins, 
Liège,  I,  390. 

Alost  (La  ville  d'),  I,  371,  552,  575. 

Alpen  (Le  seigneur  d'),  I,  170,  177,  181.  — 
(L'avoué  d'),  I,  185. 

Alsteren  (Guill.  d'),  I,  233,  290.  —  (Jean  d'), 

I,  523. 

Altena  (Le  seigneur  d'),  I,  tableau  IV;  II, 
402,  —  (Adolphe  d'),  II,  25,  38.  —  (Otton), 
n.  46. 

Amay,  commune  du  canton  de  Huy,  Liège, 

II,  220,   298,  009. 


Amay  (Jean  d'),  H,  212. 
Amboise  (Le  château  d'),  I,  519. 
Vmercœur  (Le  baillage  d'),  II,  635 
Amiens   (La  ville  d').  II.  30,  89.  —  (La  paix 

d'),   II,  468. 
Amiens  (Martin  d'),  II,  198. 
Amniien  (Marcellinj,  il,  4. 
\inuiit   (Le  quartier  d'),   IL  486. 
Amsterdam  (La  ville  d'),  IL  511,  552,  563.  — 

(Un  bourgmestre  d'),  II,  581,  582. 
Ancône  (L'évèque  d'),  I,  97;  II,  221,  228. 
\flemie    (La  ville   d'),  II,   53,   407,  401,  539, 

552. 
Vndernach  (La  forteresse  d'),  II,  471. 
Andrelin  (La  conspiration  d'),  II,  403,  404. 
Vngers  (La  ville  d').  II,  188. 
Angleterre.  —  Guerre  avec   le  Brabant,   II, 

82.  -  (Hérésie  en),  II.  436. 
Angleur,  commune  du  canton  de  Liège,    l. 

i62;  11.  542,  551. 
Vngieur  (Jeun  d'),  II,  314. 
Angoulème  (Le  comte  d'),  II,  188. 
Anhée  (Le  château  d'),  I,  41. 
Anjou  (Le  duc  d'),  II,  544,  545,  553,  554. 
Anne  d'Autriche,  II,  557. 
Anne  de  Bretagne,  I,  314,  483,  520;  II,  354. 
Anne  de  Danemarck,  II,  482. 
Annon,  archevêque  de  Cologne,  II,  4. 
Annius  (Joannes),  II,  4. 
Anorga   (Le  capitaine),  IL  581. 
Ans,  commune  du  canton  de  Liège,  I,  547; 

II,  406.  —  (André  d'),  I,  598.  —  (Baskin  d'), 

I,   424,    526,    549,    560;    II,    555,    559.    —    (Le 

maieur  d'),  I,  362. 
Anselme  (Le  chroniqueur),  II,  2,  4,  44. 
Antheit,  commune  du  canton  de  Huy,  Liège, 

I,  32.  —  (Jean  d'),  I,  585. 
Anthisnes  (Le  seigneur  d'),  I,  351. 
Antoine,   bâtard   de  Bourgogne,   I,   312,   322; 

II,  251,  264,  637. 

Antoing  (Le  seigneur  d'),  I,  198. 

Anvers  (La  ville  d'),  I,  374,  513,  518,  533,  549, 
578;  II,  82,  135,  187,  346,  355,  357,  364,  407, 
'/lu,  ilfi,  422,  452,  497,  515  à  527,  529  à  531, 
."vis,  552,  554,  574,  575,  584.  —  (La  citadelle 
d'),  II,  526,  572,  578,  583,  602.  —  (L'église 
Saint-Michel  d'),  I,  529;  II,  358.  —  (L'église 
Notre-Dame  d'),  II,  387.  —  (L'hérésie  à), 
II,  387,  515  à  517. 

Apen  (Walter  d'),  maire  de  Dinant,  II,  442. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


(171 


Appeltern  (Waleran  d'),  I,  192. 

Aquitaine  (Le  dauphin  d'),  I,  210. 

Aragon  (Le  roi  d'),  II,  249.  —  (Catherine  d'), 

II.   477. 
Archilochus,  II,  4. 
Arckel  (Le  seigneur  d'),  I,  200.  —  (Guillaume 

d'),  I,  201.  —  (Elisabeth   d'),  I,  tableau  IV. 

—  (Henri  d'),   I,   146.  —   (Robert  d'),   II. 
202,  204,  209. 

Arckel  (Jean  d'),  évêque  de  Liège,  I,  67,  G9, 

70,  75,  92,  201,  209,  586;  II,  146,  192  à  212. 
Ardenne  (L'archidiaconé  d'),  II,  609.  —  (Le 

duc   d'),    II,    41.   —    (La   forêt   d'),    I,    300; 

II,  382. 
Aremberg  (Mathilde  d'),  II,  84,  161.  —  (La 

dame  d'),  II,  578.  Voir  aussi  Marck  (de  la) 

et  Ligne. 
Arendael  (Jean  d'),  II,  104. 
Arendonck  (La  dame  d'),  II,  37. 
Argenteau  (Le  château  d'),  I,  452;  II,  91,  171, 

177,  178,  179,  183,  330,  362,  396,  482,  484,  533. 

—  (Une  vue  d'),  II,   324. 

Argenteau    (Le  seigneur  d'),   I,   181;   II,   363, 
629.  —  (Florent  d'),  II,  536.  —  (Guilla 
d'),  I,  tableau  III,  217,  218.  —  (Renard  d'), 

I,  1S5;    II,    91,    177,    180.    —    (Jacques    d'), 

II,  263.  —  (Thierry  d'),  I,  tableau  II. 
Arlay  (Jean,  seigneur  d'),  I,  49. 
Arlon  (Le  prévôt  d'),  I,  185. 
Armagnac  (Le  duc),  I,  20S;  II,  483. 
Arnhem  (La  ville  d'),  II,  552. 
Arnold,  dit  le  jeune,  I,  202. 

Arnould   de  Horne,   évêque  de   Liège.    Voir 

Hornes   (Arnould  de). 
Arnsberg  (Conrad  d'),  I,  137. 
Arragon  (Isabelle  d'),  I,  48. 
Arras    (La    ville    d'),    I,    526;    II,    485.    ■ 

(L'évèque  d'),  II,  130,  133,  504,  654. 
Artevelde   (Philippe  d'),  I,  84;  II,  217. 
Artois  (Le  comté  d'),  II,  94.  —  (Hérésie  en), 

II,  517. 
Artois   (Marie  d'),  I,  71,  176,  195.  —  (Robert 

d'),  I,  60.  —  (Mahaut,  comtesse  d'),  I,  48. 
Aslau  (Henri,  comte  d'),  évêque  de  Magde- 

bourg,  II,  17. 
Aspel  (Le  bailli  d'),  I,  176. 

!  (Jean  d'),  II,  179. 
Ath  (La  paix  d'),  II,  81. 


Athin    (Jacques   d'),   I,   368.  —   (Jean   d'),   I, 
482.  —  (Walter  d'),  I,  130.  —  (Wathieu  d'), 

1.  215;  II,  240,  619  à  621. 

Atrio  (Eustache  de),  doyen  de  Saint-Pierre, 

II,  108. 
Aubert  (Le  prêtre).  II,  386. 
Auctarium  Gemblacence  (L'),  II,  6. 
Audenarde  (La  ville  d'),  I,  371;  II,  516,  518, 

552. 
Audenhoven,   ville  du  comté  de  Juliers,  II, 

194. 
Augsbourg  (La  diète  d'),  II,  230,  305,  421,  479, 

518,  523,  524.  —  (L'intérim  d'),  II,  421,  428. 
Auguste,    dit    le    Pieux,    électeur   de    Saxe, 

II,  527. 
Aulne  (L'abbaye  d'),  II,  90,  172,  402,  504,  589, 

609,  653. 

Aurella  (Jean  d'),  évêque  de  Corfou,  II,  218. 

Aut.l  (Arnold  d'),  II,  393.  —  (Jean  d'),  sei- 

i,  mi  de  Vogelsanck,  II,  111.  —  (Margue- 

i'O,  I,  tableau  III. 

Autriche  (Georges  d'),  évêque  de  Liège,  II, 

2,  136,  407,  413  à  449,  486,  489,  502,  656,  660, 
662.  —  (Un  portrait  de),  II,  8. 

Autriche    (Don    Juan    d'),    gouverneur   des 

Pays  Bas,  II,  556,  577  à  589. 
Autriche    (Isabelle  d'),   II,  471.  —  (Margue- 
rite d'),  gouvernante  des  Pays-Bas,  I,  506, 
II.   359,   375,  637. 
Autun  (L'évèque  d'),  I,  149. 
Auvergne   (Bobert  et  Godefroid,  comtes  d'), 

I,  60. 
Auxerre  (Le  comte  d'),  II,  34. 
Avennes   (Bouchard  d'),  II,  47,  54.  —  (Jean 

d'),  I,  32,  62;  II,  47,  48,  60,  79.  —  (Le  bailli 

d),   II,   467. 
Averbode   (Le  monastère   d'),   I,  529;  II,   37, 

653.  —  (Le  manuscrit  d'),  I,  68,  143  à  145, 

;i  I,  222,  309,  326;  II,  1. 
Avignon  (La  ville  d'),  I,  69,  85,  109,  149,  164, 

169,  202;  II,  85,  92,  164,  176,  200,  216,  232. 
Avila  (Sancho  d'),  II,  566. 
Avranches  (La  ville  d'),  I,  211. 
Awan  (Les  seigneurs  d'),  I,  401;  II,  166.  — 
Awans  et  les  Waroux,  II,  73.  75,  M. 

Lwelhonriwe  (Renier  d'),  II,  179. 
Aywaille    (Le    commendataire    d'),    II,    393, 

467. 


(>72 


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B 


i (La  ville  de),  II,  631. 

tdi      Vil  erl  de),  l.  372;  II,  122.  —  (Cïi  u 

:     !  ■:.    ii.   122.  —  (Christophe  de),  I, 
162,   188;  II,   122.  —  (Cimburge  de),  I,  322 

( -  ,    de),    II,    122.    —    (Jean    do), 

ivôque  de  Trêves,  I,  «0,  463;  II.  121, 

122.  —  (Marc  de),  mambour  de  Liège,  I, 

'      245,  246,  247,  260,  285;  II,  108,  112, 

9 

Badul    (Jacques),   I,  104,   109,   156,   169,   201, 

587. 
■   i   i  (Pierre  Willems  de),  I,  xur,  xv. 

i .  ielen,  comm  me  du  on  de  Lim i 

Liège,  I,  18,  223,  345. 
Baerme  (Le  comte  de),  II,  60. 
Baesweiler  (La  bataille  de  .  I,  71;  II,  194. 
Baillonville  (Frédéric  de),  I,  52. 
Bailleul  (Le  sire  de),  L  71;  II,  518. 
Bailly  (Henri),  il,  !  91 
Balai  -    G.),  il.  310. 
Baldéric,  évêque  de  Liège,  I,  14. 
Baie    La  ville  de  .  i.  317,  318,  321.  —  (l 

que  fie),  1,  99. 
Balluelle  (Jean),  sire  de  Morialmé  el  avoué 

de  Fosses.   I,  586. 
Bamberg  (L'évêque  de),  II,  41. 
Bar  (Le  duché  de),  II.  214,  256. 
liai-  (Edouard  III,  du.;  de),  1,  207,  208;  II,  79. 
Henri  III,  comte  de),  I,  44;  II,  41.  —  (Thi- 
baut II,  comte  de),  II,  34.  —  (Marguerite 
de),  il.   !3 
Bai      i  lui  aul    de  ,   êv  que   île   Liège,   I,   57 
a  66;  II,  24,  il,  63,  66  à  70. 

■i    (Renaud    de),    il.    164.   —   (Jean 
de),  aille  d'Aulne,  II,   172,  102. 
Barbe    (Martin   à   la),    I,    162.   —   (Jean   :■■    li   , 
VI,  440,  141,  442. 

.■a  (Tilman  de),  I,   U9 
lu  (La  fosse  du),  1,  534;  II,  353. 
Barberousse,  le  Turc,  II,  134. 
Bardillon    Mi  n  '  de),  II,  442. 
Baré    (Berthold),    il,    L66,    171,   178.  —   (Fas 
chanoine  de  Saint-Paul,  II,   160, 
238,    !40,    157,    !60,     68,  280.  -   (Fastré),  dit 
Surlet,   I.   204,    141;   II,  81,  87,    102,   103,    106, 


[08,  109,  114,  201  ■  : 

bin),  II,  88,  111,  m),  1 

135;  H,  239.  1  irlel 

'    al1       d        :,  ■"  !. 
:  ir  de),  II,  170 

i   (Thomas),  évêque  de  Lii  ieux,  I.  263. 
in  (Jean),  de  XI 

344.  —   (Le 
pi  ■>  i  |  de),  i. 

■■ t,56  H 

de),  I 

Battei    ui       eur  i        I, 

ean),  I,  ilti        t,    !  i) 

(Maître),  I,  223. 

rieur  i        l,  19 

landre,  II,  12. 

:\\  de  Co  ista li     ite  de 

Flandre,  II,  26,  30,  31,  49,  51, 

uin,  écolâtre  de  Louvain,   11,  35. 
iffe  (Le  seigneur  de),  I,  124,   I 
Bautersem  [Le  seigneur  de),  II,  60.  —  (Gui! 
laume  de),  II,  157,  164. 

a   ville  de),  II,  439,  537. 

:    ■     nique),  II,   Li 
Iean),  chai  di        in1  Lambert, 

I,  288. 

re     Uberl    di  i,   comte   de   Hainaut   el 
.     Holla    de,  [,  95,  587. 

,i    III,   due   de),    II,    I 

IV,  duc  de),  II,  i'22. 

Bavière  (Cathi  rii      à   i,  I,  148. 

de),  i    êqui    ni    i. e,   II, 

[2,      :    .        : 

Etienne,  duc  de),  II.    121,   122. 
:  ia  .  i-.  e     Ferdinand   de),   évêque   de    i . 

II,  621. 

me  de),  comte  de  Hainaut 

el   de   Hollande,   1.    [30,    [91,    194,    198,   202, 
;   il,  ;?27. 

ièn      I      [ueline  de),  1,  131,  132,  137,  201, 
,,    m     ,       ,   240. 

Bavii  ;       :.;.:,      .  êque  de   Liège,   1,  84, 
95,   132,  587;  II,  141,  192,  224,      16  B    !40,  618. 
-  (La  chronique  de),  I,  145 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


Ii73 


Bavière     (Jean-Théodore     de),     évoque     de 

Liège,  II,  289,  316. 
Bavière   (Louis  V  de),  empereur,  I,  95;  II, 

75,  76,  82,  167,  183,  187. 
Bavière  (Maximilien  de),  évèque  de  Liège, 

II,  314. 
Bavière  (Otton  Ier,  duc  de),  II,  25. 
Bavière  (Benier  de),  II,  615. 
Bavière   (Bobert,  duc  de),  I,  102;  II,  196.  — 

(Bobert   de),    archevêque    de    Cologne,    I, 

315. 
Bayard   (La  vie  du  chevalier),  II,  333. 
Bayeux  (L'évêque  de),  I,  211. 
Bayonne   (La  ville  de),  II,  135. 
Beafyer  (Gérard),  II,  50. 
Beartwyck  (Le  seigneur  de),  I,  137. 
Beau  (Henri  le),  II,  173. 
Beaucyes  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Beaufort  (Le  seigneur  de),  I,  35,  71,  198;  II, 

55.  —  (Le  château  de),  II,  53. 
Beaufort   (Henri  de),  I,  tableau  IL  —   (La 

dame  de),  I,  178. 
Beaulieu  (L'abbé  de),  II,  361. 
Beaumanoir  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Beaumont  (Le  comte  de),  I,  386,  430. 
Beaumont  (Collard  de),  II,  174.  —  (Jean  de), 

I,  xxiv;  II,  79,  153  à  158. 
Beaurain  (La  ville  de),  II,  439,  621. 
Beaurepart    (L'abbaye   de),   I,    463,    524;   II, 

212,  386. 
Beaurepart  (Jacques  de),  I,  '1115.  —  (Jean  de), 

I,  366. 
Beausaint    (Jean   de   la   Boche,   dit   de),   I, 

458,  460. 
Beauvais  (L'évêque  de),  I,  60. 
Becket  (Thomas),  II,  25. 
Beeck,  dép.  de  Lille-Saint-Pierre,  canton  île 

Lierre,  Anvers,  I,  92. 
Beeckman  (Le  greffier),  II,  310. 
Beeringen  (La  ville  de),  II,  262. 
Beeringen  (Jean  de),  I,  584. 
Beersel   (Jean  de),   suffragant  de  Liège,  I, 

559. 
Beke   (Olivier  délie),  II,  184. 
Belleforest  (François  de),  II,  617. 
Belonselle  (Wilhelni),  I,  xvm. 
Benoît  IX,  pape,  I,  586. 
Benoît  XI,  pape,  I,  59;  II,  70. 
Benoît  XIII,  pape,  I,  164,  169. 

Tome  1 1 . 


Bérart  (Alexandre),  II,  99,  250. 

Berckel  (Henri  de),  I,  146. 

Berckem  (Johan  von),  I,  527. 

Berg-op-Zoom  (La  ville  de),  II,  566. 

Berg  (Le  comte  de),  II,  133.  —  (Adolphe  V, 
comte  de),  II,  41.  —  (Adolphe  VII,  comte 
de),  I,  39;  II,  51.  —  (Adolphe  VIII,  comte 
de),  II,  85,  152  à  158,  170,  183,  188.  —  (Gé- 
rard de),  II,  185,  186. 

Berghes  (Antoine  de),  abbé  de  Saint-Trond, 

I,  347,  352,  355. 

Berghes  (Corneille  de),  évêque  de  Liège,  I, 

333,  352,  561;  II,  129  à  138,  300,  357,  393,  401 

à  414,  497,  654  à  656. 
Berghes  (Henri  de),  évêque  de  Cambrai,  I, 

350,  444,  445,  457,  568. 
Berghes     (Georges-Louis    de),     évêque     de 

Liège,  II,  289,  325. 
Berghes   (L'an  de),  I,  289,  333,  334,  358,  497; 

II,  129,  421,  504. 

Berghes   (Marguerite  de),  I,  543.  —  (Marie 

de),  II,  402. 
Berghes    (Maximilien    de),    archevêque    de 

Cambrai,  II,  489,  501,  513. 
Berghes    (Bobert  de),   évêque   de  Liège,   H, 

320,  321,  402,  427,  443,  447,  488  à  505,  509  à 

512,  661,  662. 
Berghines  (Henri  de),  II,  193. 
Bergilers  (Jean  de),  II,  241. 
Berlaymont    (Charles,   comte   de),   seigneur 

de  Perwez,  II,  421,  505,  521.  —   (Georges 

de),  chanoine  de  Saint-Martin,  II,  378. 
Berlaymont  (Gilles  de),  seigneur  de  Floyon, 

II,  182. 
Berlaymont   (Gilles  de),   seigneur  de  Hier- 

ges,  II,  591,  595,  605. 
Berlaymont  (Gilles  de),  seigneur  de  Haute- 
penne,  II,  378. 
Berlaymont  (Guillaume  de),  II,  378.  —  (Her- 

man  de),  II,  594. 
Berlaymont  (Henri  de),  seigneur  de  Floyon, 

II,  435  à  539,  505,  536,  594. 
Berlaymont    (Jean   de),    I,   537;   II,   378,    450, 

441,  442,  484,  559. 
Berlaymont  (Jeanne  de),  II,  249. 
Berlaymont  (Louis  de),  seigneur  de  Haute- 

lit'lllle,   II,   521. 
Berlaymont  (Ottard  de),  bailli  du  Condroz, 

II,  578. 

85 


674 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Berleur,  dép.  de  Grace-Berleur,  I,  548. 

Berleur  (Antoine  de),  II,  223. 

Berlingen,    commune   du    canton   de   Looz, 

Limbourg,  II,  109. 
Berlo    (Le   château   de),   II,    73,   108.   —    (Le 

l.aiard  de),  I,  363,  364. 
Berlo  (Arnold  de),  I,  3S4.  —  (Guillaume  de), 

II,   105,  114,  115.  —  (Isabelle  de),  I,  169.  — 

(Baes  de),  I,  498.  —  (Thierry  de),  I,  89. 
Bermonbèche    (Gilles   de),   dit  Fichons,    II, 

201. 
BernaJmont  (Albert  de),  II,  241.  —  (Jean  de), 

I,  86,  89,  198,  200,  215,  220,  619,  620,  621. 
Bernardfagne  (Le  couvent  de),  II,  55. 
Beme  (La  ville  de),  I,  318. 
Bérose,  II,  2  et  4. 
Berry   (Le  duc  de),  II,  483.  —  (Jeanne  de), 

I,  520. 

Berthold  (Gilles  Walter),  II,  36. 

Berthout   (Catherine),  I,  tableau  IV,  205.  — 

(Famille),  I,  38;  II,  66.  —  (G.),  seigneur  de 

Malines,  II,  tableau  I.  —  (Florent),  II,  80. 

—  (Jean),  II,  57.  —  (Marguerite),  II,  80. 
Bersée  (Gilles  de),  I,  157. 
Berto  (Bertrand),  II,  171. 
Berwier  (Jean  le),  I,  86,  217. 
Berwinne  (Gilles  de  la),  I,  155,  156.  —  (Jean 

de  la),  I,  156. 
Besançon  (La  ville  de),  II,  135. 
Béthanie-lez-Malines,  II,  248. 
Besonheit  (Jean  de),  I,  414. 
Bessongne  (Un  nommé),  I,  414. 
Bethléem  (Le  prieuré  de),  I,  63,  221,  588. 
Betho   (Le  manuscrit  de),  II,  304. 
Bethirius,  châtelain  de  Montenaeken,  II,  74. 
Béthune  (La  bataille  de),  I,  322.  —  (La  dame 

de),  II,  238. 
Béthune    (Jean    de),    évêque    de    Cambrai, 

II,  41. 

Bettincourt  (Elbert  de),  II,  164. 

Beuce   (Martin),  II,  165. 

Beurs  (Monsr  de),  II,  583. 

Beutichem,  commune  de  Gueldre,  I,  137. 

Bex  (Pierre),  II,  507,  537,  540,  577. 

Béziers  (L'évèque  de),  I,  149. 

Bierset,   commune  du  canton  de  Hollogne- 

aux-Pierres,  Liège,  I,  467.  —  (La  paix  de), 

11.  015. 
Bierset   (La  famille  de),   11,   180.  —   (Cilles 


de),  I,  104,  155;  II,  228,  230,  235.  —  (Jean 
et  Guillaume  de),   I,  89.  —   (Jeanne  de), 

I,  377.  —  (Pascal  de),  II,  385.  —  (Benier 
de),  II,  199,  205,  209.  —  (Walter  de),  II, 
231.  —  (Warnier  de),  II,  219. 

Bierwart,    commune    du    canton   d'Eghezée, 

Namur,  II,  77. 
Bignoul  (Jean),  II,  316. 
Billiton   (Jean),  I,  441,  442,  501. 
Billy  (Le  seigneur  de),  II,  605. 
Bilsen  (La  ville  de),  I,  180,  181,  202,  334,  338, 

558;  II,  128,  262,  267. 
Bilstain   (Nicolas  de),  abbé  de  Beaurepart, 

II,  509,  510. 

Binche    (La   ville   de),   II,   185,  436,  439,   454, 

484,  588. 
Binckem    (Jean   de),   seigneur  de   Bamioul, 

II,  380.  —  (Wauthier  de),  I,  tableau  I. 
Binet  (Jean),  II,  613. 
Birbourg  (Cunégonde  de),  I,  96. 
Biron  (Le  maréchal),  II,  229,  323. 
Blac  (Jean  de),  II,  27. 
Blanche  (La  reine),  de  France,  I,  37,  489. 
Blanchart  (La  famille  de),  I,  420,  426.  —  (Le 

seigneur  de),  I,  411,  413.  —  (Jean  de),  II, 

192,  199. 
Blankenheim  (Arnold  de),  II,  61,  70,  71,  72. 

—  (Frédéric  de),  I,  99,  587.  —  [Gérard  de), 

I,  tableau  I,  218;  II,  96,  248,  256.  —  (Jean- 
nette de),  I,  185. 

Blanc-Moine  (Nicolas),  I,  156,  158. 

Blavier  (Antoine  le),  II,  178.  —  (Arnold  le), 

II,  383.  —  (Catherine  le),  I,  460.  —  (Henri 
le),  II,  165. 

Bléret,  commune  du  canton  de  Waremme, 

Liège,  I,  51. 
Blistervoie  (Elisabeth),  I,  578. 
Blockar  (Arnold),  II,  50. 
Blocquerie  (Christophe  de),  abbé  de  Saint- 

Trond,  II,  504,  534,  538,  541. 
Blois  (Le  comte  de),  II,  89.  —  (Charles  de), 

II,  392. 
Bocholt  (Le  prévôt  Arnold  de),   II,  508,  513, 

551,  573,  6U3. 
Bock  (Erhart),  I,  315. 
Bodet  (Un  nommé  le),  II,  572. 
Body  (J.),  curé  aux  Avins,  II,  296. 
Boelhe,  commune  du  canton  i\r  Waremme, 

Liège,  I,  291. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


675 


Boeshoven  (Thierri  de),  II,  100,  101. 
Bohême    (Henri,   roi  de),   I,  64.  —   (Charles 

de),  II,  196.  —  (Jean  de  Luxembourg,  roi 

de),  II,  79  à  89. 
Boileau    (Guillaume),    de   Mons,   I,   586;   II, 

200,    201,    212,   213.    —    (Volen    Guillaume, 

alias),  I,  77,  79. 
Boilet  (Un  nommé),  II,  200,  201. 
Boirs,  commune  du  canton  de  Fexhe-SHns, 

Liège,  II,  213. 
Bois    (Thierri   de),   maïeur   de    Montegnée, 

I,  354. 
Bois  de  Vincennes  (Le),  I,  213. 
Bois-le-Duc   (La  ville  de),  I,  92,  99,  175,  374, 

501;  II,  136,  186,  232,  251,  258,  292,  552,  556. 
Bolanden    (Frédéric  de),   évèque   de   Spire, 

I,  42. 

Bolhon  (Le  seigneur  de),  I,  56,  473. 
Bolland,    commune    du    canton    de    Hervé, 

Liège,  I,  452,  453,  502,  503.  —  (Le  seigneur 

de),  II,  227. 
Bolland   (Jacques  de),  I,  96. 
Bologne  (La  ville  de),  I,  235,  236. 
Boisée,    dépendance   d'Ans,    I,    115,   203;   II, 

597.  —  (Jean  de),  II,  241.  —  (Hellin  de), 

II,  102.  —  (Marie  de),  I,  490. 
Bornai   (Le  seigneur  de),  II,  378. 
Bombaye  (Martin  de),  II,  179. 

Boneffe    (Le   prieuré   de),   II,   186,   381,   537, 

549. 
Boniface  VIII,  pape,  I,  45,  53,  56,  57. 
Boniface  IX,   pape,   I,  95,  148,  203;  II,  224, 

226,  228. 
Boniface  XI,  pape,  I,  57. 
Boniface  (Le  chevalier),  I,  51. 
Bonnant  (Thiry),  I,  481. 
Bonneville   (Le  fief  de),  II,  188. 
Bono  Calvus,  II,  14. 
Bon valot   (François),   abbé   de   Luxeuil,   II, 

135. 
Boppard     (Thierry    de),    évèque    de    Metz, 

II,  196. 
Borcette  (La  ville  de),  I,  27. 
Borges  (Renier  de),  II,  233. 
Borgne   (Le  capitaine  Nicolas  le),  II,  455. 
Boi-gneval   (Jean  de),  II,  169. 
Borlez,  commune  du  canton  de  Jehay-Bode- 

gnée,   Liège,   I,   96;   II,   227.   —    (Jean   de), 

II,  251. 


Bormans  (Arnold),  dit  de  Palude,  II,  466.  — 
(Henri  de),  doyen  de  Saint-Martin,  II, 
117. 

Bormenville  (Jeannot,  seigneur  de),  II,  378. 

Borne  (Le  seigneur  de),  II,  206,  208.  —  (Wa- 
leran  de),  II,  209. 

Bornhem,  commune  du  canton  de  Puers, 
Anvers,  II,  185,  187. 

Borselle  (Florent  de),  I,  198.  —  (Henri  et 
Wolfard  de),  II,  260,  624.  —  (Marguerite 
de),  I,  492. 

Borston  (Hustin  de),  II,  180. 

Boschuysen  (Isabelle  van),  I,  334. 

Bosnove  (Le  château  de),  H,  621. 

Botier  (Jean  le),  d'Aaz,  II,  72. 

Bouchain  (Wolfgang  de),  II,  024. 

Bouchar  (Jean),  de  la  Boverie,  II,  207,  225. 

Bouhon  (Collard),  I,  464. 

Bouillon  (La  ville  de),  I,  471,  502  à  505,  540; 
II,  155,  182,  193,  214,  362  à  365,  396,  401,  554, 
628.  —  (Le  château  de),  I,  81,  82,  108,  109, 
168,  169;  II,  188,  393,  426,  427,  428,  494,  495, 
496,  660.  —  (Le  siège  de),  II,  480.  —  (Le 
châtelain  de),  I,  336,  538,  576.  —  (Le  prévôt 
de),  II,  203. 

Bouillon  (Godefroid  de),  II,  479. 

Boulanger  (Piron  le),  II,  386. 

Boulogne    (La    ville    de),    II,    370,    417,    424, 

458,  461,  467,  473,  478.  —  (Le  siège  de),  II, 

459,  462. 

Boulogne  (Jacques  de),  II,  427,  434,  480.  — 
(Olivier  de),  II,  273,  385,  386,  394. 

Bourbon  (Le  duc  de),  I,  208;  II,  370.  —  (Le 
bâtard  de),  I,  474.  —  (Antoine  de),  II,  422. 

—  (Béatrice  de),  II,  185.  —  (Catherine 
de),  I,  311;  II,  258.  —  (Charles  I<"-  de), 
I,  220,  225.  —  (Charlotte  de),  II,  569.  — 
(François  de),   comte   d'Enghien,   II,   410. 

—  (Jean  et  Pierre  de),  II,  638.  —  (Jeanne 
et  Marguerite  de),  I,  331.  —  (Jeanne  de), 
I,  338.  —  (M.  de),  II,  367. 

Bourbon  (Louis  de),  évèque  de  Liège,  I,  220, 
224,  225,  228,  229,  233,  238,  256,  263, 
272,  285,  287,  292,  295,  297,  309,  310,  311, 
323,  326,  330,  376,  539,  581;  II,  96  à  125,  141, 
237,  248  à  265,  297,  304,  608,  623,  038  à  641. 

Bourdon,  dépendance  de  Xhendremacl,  1, 
390. 

Bourgeois  (Jean),  de  Mons,  I,  559. 


676 


l:\DEX  ALPHABÉTIQUE 


Bourges  (La  ville  de),  1,  520;  II,  134. 

Bourgogne   (La),   II,  463,  478. 

ogne  (Agnes  de),  I,  820,  225,  311.  — 
(Antoine  de),  comte  de  Réthel  et  duc  de 
Brabant,  I,  109,  118,  120,  132,  168,  170,  185, 
il,  115.  —  (Béatrice  de),  il,  23.  — 
(David  de),  évêque  d'1  trecht,  II,  101,  121, 
122.  —  (Eudes  IV,  duc  de),  I,  48.  —  (Gérard 
de),  II,  G09.  —  (Jean  VI,  de),  évèque  de 
Cambrai,  II,  201.  —  (Jean  de).  Voir  Jean 
Sans  Peur.  —  (Jeanne  de),  I,  48,  333.  — 
(Marguerite  de),  I,  48,  483.  —  (Marie  de), 
I,  31H,  312,  322,  631,  637.  —  (01  Ion  IV,  comte 
de),  I,  48.  —  (Philippe  de).  Voir  Phi- 
lippe le  Bon.  —  (Bobert  II,  due  de),  I,  48. 

Bourguignon  (Le  capitaine),  II,  440. 

Bourlet  (André),  II,  128,  554,  602. 

linussu  (Nicolas  de),  sire  du  Longueval,  II, 
452,  455.  —  (Le  seigneur  de),  II,  421. 

Bouttars  (Gaspard),  II,  324. 

Bouvignes,  commune  du  canton  de  Dinant, 
Namur,  I,  38,  267,  269,  562;  II,  49,  56,  238, 
239,  259,  260,  303,  344,  435  à  439,  442,  468, 
483,  615,  624,  661. 

Boverie  (Bertrand  de  la),  I,  178.  —  (Jacques 
de  la),  I,  442.  —  (Jean  de  la),  dit  Le  Buyt, 

I,  77,  85,  366,  376,  377,  415,  420,  446,  449, 
467,  471,  473;  II,  100,  108,  115,  213,  216,  226. 

Bovenistier  (Fastré  de),  II,  148. 

Bovier  (Henri),  I,  172. 

Boxmeer  (Renier  de),  I,  177. 

Boyer  (François),  sénéchal  de  Lyon,  II,  113. 

Brabant  (L'archidiaconé  de),  II,  609.  —  (La 

peste  en),   II,   406.  —   (Les  villes  du),   I, 

166.  —  (La  guerre  en),  I,  99. 
Brabant  (Les  ducs  de)  :  Godefroid  I,  I,  60; 

II,  14,  16  à  19,  33.  —  Godefroid  III,  II,  12, 
24,  33.  —  Henri  I,  I,  tableau  IV;  II,  28, 
31,  36,  41,  59,  613.  —  Henri  II,  I,  tableau  IV. 
—  Jean  I,  I,  Cil,  66;  II,  54.  —  Jean  II,  I, 
57  à  6(1.  —  Jean  III,  II,  78  à  81,  148  à  178, 
183.  —  Jean  IV,  I,  208.  —  Jeanne,  fille  de 
Henri  de  Gaesbeeck,  I,  tableau  IV,  80.  — 
Jeanne,  épouse  de  Wenc^slas,  I,  91,  167; 
II,  80,  81,  190,  232,  236,  586.  —  Marie,  fille 
de  Henri  ni,  I,  48;  II,  34.  —  Marguerite, 
II,  08. 

Brahier  !  Uam  de),  II,  198. 


Braives,  commune  du  canton  d'Avennes, 
Liège,  I,  217. 

Branchon,  commune  du  canton  d'Eghezée, 
Namur,  I,  196. 

Branda  (de  Casiiglione),  évèque  de  Plai- 
sance,  I,  138. 

Brandebourg  (Albert  de),  archevêque  de 
Mayence,  II,  359,  621.  —  (Albert  III,  mar- 
grave de),  II,  122,  482.  —  (Frédéric  de), 
II,  196.  —  (Georges  de),  I,  436.  —  (Joachim 
de),  II,  343.  —  (Louis  1  de  Bavière,  mar- 
grave de),  II,  82.  —  (Marguerite  de),  I, 
185.  —  (Otton,  margrave  de),  II,  196.  — 
(Waldemar,  marquis  de),  II,  75. 

Eraquemont   (Marie  de),   I,  tableau   III. 

Bréda  (La  ville  de),  I,  218,  322;  II,  96,  248, 
388,   519. 

Bréda  (Walter  de),  abbé  de  Saint-Gilles, 
II,  386. 

Bréderode  (Le  seigneur  de),  I,  tableau  IV. 
—  (Benaud  de),  I,  311.  —  (Waleran  de), 
I,  209. 

Brée  (La  ville  de),  II,  262. 

Breiell  (Winand  van),  II,  130. 

Brenne  (La  bataille  de),  II,  416. 

Brescia  (La  ville  de),  I,  64,  65;  II,  46,  67,  68. 

Brest  (Corneille),  I,  498. 

Bretagne  (Le  duc  de),  I,  59;  II,  623,  625. 

Brétigny  (La  paix  de),  II,  188. 

Breust,  dépendance  d'Eysden,  I,  181. 

Brialmont  (Gilles  et  Jeanne  de),  I,  351. 

Brielle  (La  ville  de  la),  II,  552,  561,  569. 

Brienne  (Le  comte  de),  I,  254;  II,  79.  — 
(Marie  de),  II,  51,  54. 

Briffair  (Jean),  I,  168. 

Brieg  (Marguerite  de),  I,  95. 

Brimes  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Brimeu  (Gui  de),  sire  de  Humbercourt. 
Voir  Humbercourt.  —  (Adrienne  de),  I, 
333. 

Brimeu  (Charles),  comte  de  Meghem.  Voir 
Meghen. 

Brioles  (Jean),  I,  204. 

Brisach  (La  ville  de),  I,  316,  317. 

Brixe  (L'évêque  de),  II,  447. 

Brixius  (Jean),  doyen  de  Saint-Denis,  II, 
571. 

Brocka  (Un  nommé),  II,  603. 

Broechtem   (Libert  de),  I,  541,  559;  II,  76. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DK  LIEUX. 


677 


Broetz  (Pierre),  I,  367. 

Broigne,  dépendance  de  Saint-Gérard,  II, 
436,  653. 

Bronckhorst  (Thierri  de),  seigneur  de  Bat- 
temburg,  I,  364,  551. 

Bruges  (La  ville  de),  I,  55,  225,  271,  284,  311, 
371  à  374,  507;  II,  59,  245,  252,  258,  357,  539, 
626,  630,  636.  —   (E'évêque  de),  II,  584. 

Bruges  (Guillaume  de),  I,  149.  —  (Jeanne 
de),  I,  481. 

Bruni  (Le  château  de),  I,  18. 

Brunshorn  (Guillaume  de),  II,  136,  165, 
416. 

Brunswick  (Henri,  duc  de),  I,  488;  II,  43, 
469,  470,  513. 

Brusthem,  commune  du  canton  de  Saint- 
Trond,  Limbourg,  I,  279;  II,  24.  —  (La 
bataille  de),  II,  113,  114,  262,  626,  627,  628. 

Brusthem  (Jean  de),  chroniqueur,  I,  xxvi, 
xxvn,  3,  7,  8,  21,  68,  222,  309,  342,  343,  344, 
589;  II,  1,  71,  97,  113,  237. 

Bruxelles  (La  ville  de),  I,  72,  82,  231,  250, 
274,  301,  337,  360,  374,  375,  383,  384,  385,  387, 
396,  518;  II,  67,  105  à  107,  136,  137,  185,  186, 
194,  240,  243,  256,  260,  270,  271,  364,  391, 
422,  452,  456,  495,  502,  521,  526,  527,  531, 
532,  534,  539,  545,  575,  576,  577,  580,  582,  5S3, 
584,  585,  597,  603,  632,  636.  —  (L'hérésie  à), 
II,  387. 


Bruxelles  (Guillaume  de),  I,  352. 

Buchard  (Le  prévôt),  II,  7. 

Buda-Pesth  (La  ville  de),  II,  137,  497. 

Buere  (Lambert  de),  II,  386. 

Buis  (Jean  du),  I,  491. 

Buisson  (Jacques  du),  II,  2,  389,  401.  — 
(Jean),  compteur  de  Saint-Jacques,  II,  ',::i 

Buissonville  (Le  seigneur  de),  I,  270. 

Burdo  (Le  manuscrit),  II,  336. 

Burchard  de  Hainaut,  évèque  de  Metz,  I, 
42,  585. 

Burchard,  évêque  de  Munster,  II,  17. 

Burdinne  (Eustache  de),  I,  205. 

Buren,  commune  de  Gueldre,  I,  137.  —  (Le 
château  de),  I,  311,  312;  II,  136.  —  (Le  sei- 
neur  de),  II,  629.  —  (Gisbert,  Alard,  Eisa 
et  Vincent  de),  I,  269.  —  (Florent  de),  I, 
543;  II,  130,  134,  402.  —  (Gisbert  de),  I, 
tableau  I.  —  (Guillaume  de),  I,  137,  269. 
—  (Maximilien  de),  II,  137,  463.  —  (Phi- 
lippe de  Nassau,  comte  de),  II,  469  à  475, 
602.  —  (Isabelle  de),  I,  tableau  IV.  —  (Vin- 
cent de),  II,  261. 

Burlecht  (Le  château  de),  I,  586. 

Burscheidt  (Thierry  de),  I,  243,  589. 

Busleiden  (François  de),  I,  410.  489,  :/ 

Buurmalsen,  commune  de  Gueldre,  I,  137. 


Cadorat  (Aymar  de  Poyrieu,  dit),  II,  258. 

Caffales  (La  ville  de),  II,  485. 

Caillot  (Jacques),  I,  403. 

Calais   (La  ville  de),  I,  60,  207;  II,  90,  188, 

463,  486,  493. 
Calabre  (Le  duc  de),  II,  487. 
Caldebrenner     (Pierre),    doyen    de     Saint- 

Servais  à  Maestricht,  I,  523. 
Calhy  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Calistus  (Amarashi),  II,  122. 
Calixte  III,  pape,  I,  225. 
Calixte,  chanoine  de  Saint-Paul,  II,  20. 
Calvin  (Jean),  II,  509. 
Camarin  (Le  duc  de),  II,  469. 
Cambrai   (La  ville  de),  II,  80,  131,  133,  135, 

136,  226,  442,  447,  503.  —  (Le  diocèse  de), 

I,  159.  —  (L'évêque  de),  I,  350,  444;  II,  41, 


135,  196,  214,  504,  513.  —  (La  paix  de),  II, 

375.  —  (Le  suffragant  de),  I,  560. 
Cambre  (Abbaye  de  la),  II,  393. 
Cambrésis  (Le),  II,  483,  537. 
Cambron  (La  Vierge  de),  II,  77. 
Campanie  (Le  prince  de),  II,  60. 
Campen  (La  ville  de),  II,  552. 
Campine  (L'archidiaconé  de),  II,  609. 
Canali    (Nicolas),   archevêque   de   Ravenne, 

II,  170. 
Cange  (Arnould  de),  II,  280.  —  (Marguerite 

de),  I,  467. 
Canne  (Guy  de),  I,  350  à  356,  362,  365,  440, 

574;  II,  127,  270,  390,  391,  641,  642,  645. 
Canterbury  (L'archevêque  de),  II,  131,  390, 

485,  494. 
Cantimpré  (Thomas  de),  II,  6. 


678 


INDEX  ALPHABKTU.M'K 


Cantrevilli   (Le  soigneur  de),  I,  198. 

Caorsin  (Le  bourg  de),  II,  188. 

Capoue  (Barthélemi  de),  II,  69. 

Capron    (Dominique),    abbé   de   Lobbes,   II, 

5<M 
Capuce  (Pierre),  cardinal,  I,  31. 
Caraffa  (Le  cardinal  Charles),  II,  500. 
Carcassnnne  (L'évoque  de),  1.  149. 
Carignan   (La  ville  de),  416,  457. 

inthie  (La),  II,  422,  425. 
Carloy  (Le  comte  de),  I,  211. 
Carpentier     (Arnold),    officiai,     I,    20.    — 

(Jean),  seigneur  de  Haversin  et  Buisson- 
11e,  I,  270;  II,  254,  261. 
Cartilage  (La  ville  de),  II,  631. 
Cassia  (Simon  de),  II,  4. 
Castolherg    (iiérnrd  de),  I,  185. 
Castelnuovo  (La  ville  de),  II,  134. 
Casterloot  (Jean  de),  I,  589. 
Castille  (Jean  de),  I,  483.  —  (Marie  de),  I, 

514. 
Castillon  (Hugues  de),  II,  57. 
Custilliono  (Arnulphe  de),  I,  477. 
Castre  ou  Castert,  dépendance  de  La  Naye, 

II,  147,  210.  —  (Le  château  de),  II,  586.  — 

(La  paix  de),  I,  98;  II,  198,  209,  231. 
Cateau-Cambrésis,  II,  455.  —  (La  paix  de), 

II,  487,  494  à  496. 
Catherine  de  France,  I,  211. 
Catzenellebogen  (Le  comte  de),  I,  43;  II,  79, 

168. 
Célestin  III,  pape,  I,  26. 
Celles  (La  collégiale  de),  II,  609. 
Cellier    (Joseph   de),    doyen   de   Saint-Jean- 

Evangéliste,  I,  552. 
Centfontaines  (Walter  de),  I,  44. 
Cerf  (Gilles  de),  II,  86,  162.  —  (Le  chanoine 

de),  II,  381. 
César  (Jules),  II,  :'.. 
Césarée  (L'évêque  de),  I,  263. 
Chabot  (La  chronique  de  Jacques),  I,   xxn- 

xxvii,  348;  II,  253,  254. 
Chabot  (André),  1,  112.  —  (Cilles),  I,  89,  195, 

197,  204,  209,  210.  —  (Gérard),  dit  d'Ochain, 

II,   167.  —   (Jacques),   II,   185.   —   (Louis), 
II,  410. 
Chaffor  (Jean  de),  1,  454. 
Chalderon  (La  bataille  de),  II,  354. 
Châlon  (Le  seigneur  de),  I,  198;  II,  457.  — 


(Jean    de),    prince    d'Orange,    I,    331,    333, 

33     —  (Hugues  de),  II,  615. 
Chambulat  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Champ  (Colard  de),  II,  216,  219.  —  (Nicolas 

de),  I,  86;  II,  200. 
Champion     (Guillaume),    de    Meeffe.     Voir 

Meeffe. 
Changes  (Jean  de),  II,  61. 
Changeur  (Godefroid  le),  II,  612. 
Chantraine  (La  seigneurie  de),  I,  402. 
Chapeauville    (Le   chroniqueur),   II,  5  à  7, 

13,  14,  71,  179,  294,  336. 
Charlemagne,  I,  11;  II,  23. 
Charlemont  (La  forteresse  de),  II,  443,  486, 

661. 
Charles  le  Bel,  I,  85. 
Charles  le  Téméraire,  I,  107,  224,  233,  240  à 

259,  265  à  286,  293,  294,   309  à  323;  II,   110, 

111,   115,   120,   123,  252  à  265,   303,   333,   593, 

608,  623,  624  à  637. 
Charles  IV,  empereur,  I,  77;  II,  167,  les,  ]*:!, 

184,  lso,  196,  211,  487. 
Charles-Quint,    empereur,    I,    386,    483,    513, 

514,  533;  II,  132,  134,  137,  138,  275,  300,  344, 

355  à  366,  375  à  380,  400,  405,  409,  412,  415, 

421,  424  à  430,  439,  443,  444,  450  à  495,  500, 

637,  654,  656,  660  à  662. 
Charles  IV,  roi  de  France,  II,  76. 
Charles  V,  roi  de  France,  II,  186. 
Charles  VI,  roi  de  France,  I,  84,  92,  102,  206, 

212,  589;  II,  121,  194,  232,  235. 
Charles  VII,  roi  de  France,  II,  94. 
Charles  VIII,  roi  de  France,  I,  314,  372,  375, 

483,  515,  519,  539. 
Charles  IX,  roi  de  Fiance,  II,  496,  497,  553, 

562. 
Charles   I,    roi   de   Bohème,   II,   88,    89,    195, 

196. 
Charles,  roi  de  Sicile,  II,  218. 
Charles  (L'archiduc),  II,  524. 
Charleville    (La   ville   de),   II,   439. 
Charneux  (La  famille  de),  I,  172.  —  (Adol- 
phe de),  II,  171.  —  (Arnould  de),  II,  173. 
—  (Guy  de),  II,  164.  —  (Herman  de),  I,  40. 
Charobert,  roi  de  Hongrie,  II,  76. 
Charpentier    (Jean    le),    doyen    de    Huy,    I, 

523. 
Chartres   (Evêché  de),  II,  343.  —  (La  ville 
de),  II,  188. 


DES  NOMS  OE  PEKSOlNNES  ET  DE  LIEUX. 


079 


Chartreux  (La  chronique  des),  II,  339. 
Chassepierre  (Le  château  de),  I,  81,  214,  215. 
Châteauneuf  (La  ville  de),  II,  553. 
Château-Thierry  (La  ville  de),  I,  96;  II,  227, 

4.37.  —  (Le  seigneur  de),  I,  tableau  I 
Châtelet   (La  commune   de),   I,   493;   II,   436, 

439,  468,  589. 
Chatillon  (Hugues  de),  évêque  de  Liège,  I, 

45;  II,  81. 
Chatillon  (Jacques  de),  II,  59. 
Chaulvessy  (Le  château  de),  II,  451,  458. 
Chausbourg  (Le  seigneur  de),  II,  469. 
Chaussée   (Jean  et  Henri  de  la),  I,  113,  161. 

—  (Jeanne  de  la),  I,  532. 
Chauvency  (Gauthier  de),  II,  29.  —  (Gérard 

de),  I,  tableau  I. 
Chayne  (Collard  délie),  II,  241. 
Chênée,    commune    du    canton    de    Fléron, 

Liège,  I,  454,  462.  —  (Odile  de),  I,  112.  — 

(Le  curé  de),  I,  547. 
Cheratte,  commune  du  canton  de   Dalhem, 

I,  10. 

Cheraux  (Henri  délie),  abbé  de  Saint-Lau- 
rent, II,  243. 

Chesnea   (Robert),  dit  Quercentius,   II,  447. 

Chesne  (Bastin  de),  II,  386. 

Chesne  (Jean  de),  ou  de  Quercu,  I,  370,  410, 
547;  II,  108,  117,  126,  273. 

Chestruvin,   dépendance   d'Onhaye,    II,   440. 

Chetengnée  (Le  sire  de),  II,  179. 

Chèvremont  (Le  château  de),  II,  307. 

Chièvre  (Le  seigneur  de),  I,  388,  430,  549.  — 
(Goswin  de),  II,  175.  —  (Guillaume  de),  I, 
431.  —  (Marie  de),  I,  458.  —  (Jean  de),  I, 
112. 

Chimay  (La  ville  de),  II,  480.  —  (Le  prince 
de),  I,  333,  430,  447,  583.  —  (La  dame  de), 

II,  79,  155. 

Chiny  (Le  comte  de),  I,  tableau  I. 
Chiroux  et  Grignoux,  II,  299,  314. 
Chocquier   (Le  château  de),  I,  402;  II,  159, 

171.    —    (Le   seigneur   de),    I,    441,    583.    — 

(Louis  de),  I,  399. 
Chrétien  de  Saint-Trond,  I,  189. 
Christian,  roi  de  Danemark,  I,  221,  513;  II, 

133,  482. 
Christine  de   Danemark,  II,  137. 
Christophe,  comte  palatin,  II,  566. 
Christophe  (Le  secrétaire),  I,  438,  439. 


Chronicon   (Tongrense),   II,  6. 

Chronique   abrégée  de  Jean  d'Outremeuse, 

II,  141  à  236. 
Cli ionique  de  Jean  de  Brusthem,  II,  1  à  138. 
Chronique  du  règne  de  Jean  de  Hornes,  I, 

339  à  569. 
Chronique  de  1402,  II,  5  et  7. 
Chrysogone   (La  cloche),  II,  387. 
Chypre  (Le  cardinal  de),  II,  95. 
Cicéron,  II,  4. 
Cilly   (Claude  de),  seigneur  de  Pousset,  I, 

374,  392,  477. 
Ciney   (La  ville  de),  I,  35,  347,  472,  473,  533; 

II,  53,  54,  628.  —  (Un  miracle  à),  II,  78.  — 

(Godescalc   de),    H,    14.   —    (Godefroid    >-t 

Jean  de),  I,  172. 
Clairefontaine,  au  diocèse  de  Laon,  I,  16. 
Clairvaux,  en  France,  II,  388. 
Clarimbauld    (Le    chroniqueur),    II,    :. 
Clarion  (Le  prince),  II,  60. 
Clauteur  (Jean  le),  I,  425.  —  (Lambert  le), 

I,  355. 

Clément  IV,  pape,  I,  34,  60,  61,  66. 

Clément  V,  pape,  II,  63,  81. 

Clément  VI,  pape,  II,  84,  92,  93,  156,  161.  163, 
230,  609. 

Clément  VII,  pape,  I,  76,  78,  85,  93,  151,  154, 
586;  II,  69,  213,  214,  216,  376. 

Clercq  (Jean  le),  I,  377,  461,  465,  466,  167, 
473,  580.  —  (Gilson  le),  I,  533. 

Clermont,  commune  du  canton  de  Nandrin, 
Liège,  I,  436;  II,  84,  89,  150,  159.  —  (Le  châ- 
teau de),  I,  53;  II,  85,  90,  160,  162,  170.  — 
(Les  comtes  de),  II,  28,  170,  296. 

Clermont  (Louis  de),  II,  60.  —  (Wéry  de), 

II,  176. 

Clermont-Ferrand    (Le  concile   de),   II,  611. 

Clervaux  (L'abbaye  de),  II,  611. 

Clèves  (Le  duché  de),  I,  525;  II,  168,  409,  410. 

Clèves  (Adolphe  I,  comte  de),  I,  142.  — 
(Adolphe  I,  duc  de),  I,  136,  176,  200,  205.  — 
—  (Adolphe  de),  seigneur  de  Ravenstein, 
I,  278,  311,  333,  344.  —  (Agnès  de),  II, 
152.  —  (Catherine  de),  I,  80,  205.  —  (Eli- 
sabeth de),  I,  80,  205.  —  (Ermengarde  de), 
I,  tableau  IV.  —  (Ghisbert  de),  I,  568.  — 
(Guillaume  de),  II,  133,  137,  410,  453,  485, 
575,  583.  —  (Jean  I,  duc  de),  I,  249,  542, 
575;   II,   106,   107,   190,   359.   —   (Marguerite 


680 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


de).  II,  7!).  —  (Philippe  de),  seigneur  de 

Ravenstein,    I,   333,   372,   373,  375,  378,  584; 

II,  129.  —  (Otton  de),  I,  69.  —  (Thierri  V, 

comte  de),  I,  31. 

Le  prévôt),  II,  319. 
Clockier  (Gilles  le),  I,  50.  —  (Guillaume  le), 

I,  246.  —  (Jean  le),   I,  154.  —  (Théodore 

le),  I,  235. 
Closquet  (L.),  II,  i:V. 
Clugny  (L'abbé  de),  II,  188.  —  (Guillaume 

de),  II,  632,  636. 
Coblence  (La  ville  de),  II,  37. 
CocU   (Henri  le),  I,  377.  —  (Jean  le),  I,  86, 

101,  107,    148;   II.  87,  198,  200,  206,  216,  217, 

219,  228,  232,  233. 
Cockar  (Collard),  i,  53:?. 

Coelhem  (Charles  do),  dit  d'Oyembrugge  de 

Duras,  H,  393. 
Coen  (Henri),  II,  228,  230. 
Cognac  (La  ville  de),  II,  553. 
Coie  (Renard),  II,  179. 
Coir  (Gilles  de),  II,  233.  —  (Gossuin  de),  II, 

220.  —   (Guillaume  de),   II,   190.  —   (Jean 
de),  I,  89. 

Colen  (Le  couvent  de),  I,  216. 

Coligny  (L'amiral),  II,  562. 

Colin  (Nicolas  Garnier,  alias),  II,  304,  449. 

Collin  (Grégoire),  H,  303,  304,   149. 

Colmont  (Le  château  de),  I,  339,  367,  369, 
387,  395. 

Cologne  (La  ville  de),  I,  39,  102,  193,  223,  232, 
247,  373,  500,  527,  531,  532,  534,  538,  579,  580  à 
582;  II,  24,  26,  116,  137,  299,  357,  382,  444, 
464,  472,  501,  502,  532,  538,  590.  —  (L'arche- 
vêque de),  I,  31,  42,  99,  128,  315,  388,  420, 
499;  II,  16,  22,  23,  25,  43,  75,  79,  85,  86,  94, 
104,  191,  196,  223,  227,  229,  332,  359,  371,  389, 
410,  445,  462,  470,  479,  494.  —  (Le  concile 
de),  I,  140.  —  (L'hérésie  à),  II,  387.  —  (Un 
monastère  à),  I,  18.  —  (La  peste  à),  II, 
406.  —  (Un  synode  à),  II,  389.  —  (Tumulte 
a),  II,  352.  —  (Le  voué  de),  I,  176;  II,  221. 

Cologne   (Walter  de),  I,  557. 

Colonia  (Petro),  II,  416. 

Colonster  (Louis  des  Prez,  dit  de),  H,  164. 
—  (Radoux  Des  Prez),  II,  180.  —  (Guil- 
laume de  Horion,  seigneur  de),  II,  597, 
598. 

Columpna  (La  ville  de),  I,  57. 


Commines  (Philippe  de),  II,  303 

Compiègne  (La  ville  de),  I,  49. 

Compcisli'lle   (La   ville  de),  I,  537. 

Coudé  (Louis  de  Bourbon,  prince  de),  II, 
:,:<K  529,  534,  538,  544,  545,  553,  554.  —  (Isa- 
belle de),  I,  tableau  I;  II,  68.  —  (Jean  de), 
II,  54. 

Condroz  (L'archidiaconé  de),  II,  609.  —  (Le 
bailli  de),  II,  87.  —  (Une  tempête  en),  II, 
443. 

Conflier  (Benoît),  I,  412. 

Coninck  (Pierre  de),  II,  61. 

Conrard  IV,  roi  des  Romains,  II,  47. 

Conrard  le  Frison,  II,  7. 

Conrard  (Jean),  de  Brus,  dit  de  Loën  ou  de 
Wonck,  I,  490. 

Constance  (Le  concile  de),  I,  129,  130,  132, 
136,  206. 

Constance  de  Sicile,  II,  25. 

Constantinople  (La  ville  de),  II,  27,  29,  30, 
133,  382,  621. 

Contraire  (Helman),  I,  558. 

Conversan  (Le  seigneur  de),  I,  254. 

Copareille  (La  cloche),  I,  110. 

Coppens  (Martin),  II,  294. 

Copis  (Jean),  I,  345.  —  (L'archidiacre  de), 
I,  544. 

Corbeau  (Denis),  seigneur  de  Villers  lez- 
Guise  et  de  Fraipont,  I,  351.  —  (Humbert), 

I,  tableau  II.  —  (Laurent),  I,  572. 
Corbesier  (Charles  le),  II,  386.  —  (Hasop  le), 

II,  379. 

Corbion  (Rigauld  de),  II,  7,  53. 

Cornelimunster  (La  ville  de),  II,  460. 

Cornelis  (Laurent),  abbé  de  Malonne,  II, 
504. 

Cornu  (Jean  de),  II,  81. 

Coronmeuse  (Jean  de),  abbé  de  Saint- 
Jacques,  II,  355. 

Corphalie,  dépendance  d'Antheit,  I,  24. 

Corroy-le-Château,  commune  du  canton  de 
Gembloux,  Namur,  II,  408,  452. 

Corsinus   (Le  cardinal  Pierre),  II,  200. 

Corswarem  (Le  seigneur  de),  I,  408;  II,  348. 
—  (Catherine  de),  I,  290.  —  (Godefroid  de), 
I,  571.  —  (Hubert  de),  II,  392.  —  (Jacques 
de),  I,  332,  351,  355,  400,  461.  —  (Jacque- 
line de),  I,  365.  —  (Jean  de),  I,  113,  169.  — 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DK  LIEUX. 


681 


(YYalter  de),  I,  154,  350,  404,  405,  571,  575, 

583;  II,  250,  642, 
Cortembach    (Le    seigneur    de),    I,    421.    — 

(Louis  de),  II,  130.  —  (Nicolas  de),  I,  364. 

—    (Pierre    de),    I,   365,    477.    496,    543,    505. 

590. 
Cortessem,    commune    du    canton    de    Looz, 

Limbourg,  I,  426,  427,  428. 
Cosse  (Balthazar),  I,  131,  206. 
Coucy-Vervins    (Thomas,    seigneur    de),    I, 

tableau  I. 
Coune  de  Lorttzen,  II,  162. 
Courtejoie  (Jean  de),  II,  127. 
Courtenai  (Pierre  de),  II,  34. 
Courtrai   (La  ville  de),  I,  312;  II,  0,".  —  (Le 

bailli  de),   II,   584.  —   (La  bataille  de),   I, 

55,  56,  59,  60. 
Coutances   (L'évêclié  de),  I,  211. 
Couvin    (La   ville   de),    I,    118,    19'.,   202,     : 

401,  403;  II,  181,  262,  436,  439,  513,  518,  628. 
Crafft    (Le   comte   de),    II,   122.   —    (Jacques 

de),  II,  122. 
Cramaud    (Simon    de),    évêque    de    Carcas- 

sonne,  I,  149;  II,  236. 
Cranem  (Le  seigneur  de),  II,  6<>. 
Cranembourg,  lieu  dit  à  Bruges,  I,  S'il.  — 

(Otton  de),  I,  tableau  IV. 
Craon  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Crassemoule  (Jean),  II,  173. 
Crassier  (Le  baron  de),  II,  274. 
Crawelbon   (Gérard),  II,  233. 
Crauwels  (Aleide  de),  dite  Gimborn,  I,  243. 
Crécy  (La  bataille  de  Crécy),  II,  81,  171 

184. 
Crehen  (Agnès  de),  I,  350. 
Crequy  (Louis  de),  I,  528. 
i  Iresaigne    1  e  seij  rieur  de;,  1,  198. 
Crespy  (La  paix  de),  II,  457. 
Crèvecœur  (Philippe  de),  II,  62. 
Crisnée,  commune  du  canton  de  Hollogne- 

aux-Pierres,  Liège,  I,  510.  —  (Jacques  de), 

I,  351. 


Crochy  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Crost-it  (Gilles),  I,  405. 

Croy     (Le    seigneur    de),    II,    266,    271. 

Irien  de),  seigneur  de  Rceulx,  11,   136. 

—  (Antoine  de),  seigneur  de  Sempy,  I, 
430,  431.  —  (Antoine  de),  seigneur  de 
Renty.  —  (Catherine  de),  I,  430,  433,  505. 
(Charles  de),  évêque  de  Tournai,  II,   is'j. 

—  (Charles  de),  prince  de  Chimay,  II, 
583.  —  (Eustache  de),  évêque  d'Arias,  II, 
130,  133.  —  (Guillaume  de),  seigneur  de 
Chièvres,  I,  385,  387,  3S9,  393,  403,  408,  409, 
il:,  419,  423  à  452,  459  à  469,  578.  —  (Guil- 
laume), marquis  de  Renty,  II,  505.  — 
(Jacques  de),  chanoine  de  Saint-Lambert, 
protonotaire  apostolique,  I,  332,  333,  337, 
345,  346,  355,  360,  369,  370,  378,  379,  430, 
159,  463,  474,  544,  568;  II,  126,  341,  646.  — 
(Jean  de),  seigneur  de  Renty,  I,  Î30.  — 
(Jean),  seigneur  de  Chimay,  I,  430.  — 
(Marguerite  de),  II,  415.  —  (Michel  de), 
seigneur  de  Sempy,  I,  430;  II,  415.  — 
(Philippe  de),  comte  de  Chimay,  I,  333, 
385,  430.  —  (Philippe  de),  comte  de  Por- 
(i,i,,,  seigneur  d'Aerschot,  I,  430.  —  (Phi- 
lippe de),  duo  d'Aerschot,  II,  135,  421,  504, 
578,  579.  —  (Robeit  de),  archevêque  de 
Cambrai,  II.  135. 

Croix  (Pierre  et  Daniel  de  la),  II,  282. 

Crupet  (Thomas  de),  I,  472. 

Cucurno  (L'évêque  de),  II,  218. 

Culembourg  (Anne  de),  I,  511. 

Curenge   (La  ville  de),  I,  22»,   4-;::.  540,  553, 

554,  556,  557,  558,  563,  568;  II,  131,  246,  342, 
9,    401,   558.   —   (Le   château   de),   II,   393, 

390.  —  (La  collégiale  de),  II,  609. 
Curlius    (Jean),   I,   x   et  xxvin.    —    (Pierre), 

-  êque  de  Bruges,  II,  584, 
Cuyck   (Albert  de),  évêque  de  Liège,  I,  20; 

II,  25. 


Tome  II. 


86 


682 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


D 


Daim  ille   (Gérard  de),  évêque  de  Cambrai, 

II,  196. 
Dalembroeck     Godefroid),   seigneur  de   Da 

lembroeck  el  de  Heinsberg,   I,   iv;  il.  94, 

i  ■■  m  191,  220. 
Dalhem   (La  ville  de  .   i.  842,  244,  3-25,  332, 

390,  396,  435,  444,  452,  453,  462;  II,  87,  178, 

213,  221,  231,  259,  411,  587.  —  (La  bataille 

de),  II,  551  à  004. 
Dalhem  (Godefroid  de),  I,  580. 
Damiette  (La  ville  de  .  II,  42,  56. 
Dammartin   (Wauthier  de),   I,  tableau  II. 
Dampierre   (Guillaume  de  .  eointe  de  I  : 

dre,  I,  31.  —  (Gui  de),  I,  585;  II,  48,  54,  59, 

68,  615.  —  (Marguerite  de),  I,  90. 
Damvillers   (La   ville  de).   II,   409,  428,   451, 

458,  480. 
Daniel   (Jean),   I,  308,  376,  548,   553  à  557. 
Danemark    (Le   roi   de),    1,   221,   513;   lî,   133, 

137,  522. 
Darion,  commune  du  canton  de  Waremme, 

Liège,  I,  291. 
Datin  (La  trahison  des),  II,  279.  —  (Wathieu 

d'),  II,  241,  251,  331. 
Daules   (La  ville  de),  II,  56. 
Daventrie  (Gérard),  I,  235. 
Dawionpuis  (Le  manuscrit),  II,  311. 
Day  (Jean),  II,  592. 
Dechesne  (Jean-François),  II,  3li. 
Delfosse   (Gilles),  I,  141. 
Dell)   (La  ville  de),  II,  133.  552. 
Delphinus  (Frater),  II,  64,  65. 
Delvaux   (Béatrice),  II,  552. 
Denis    (Gérard),    II,    228,    617.    —    (Maître), 

greffier  de  la  Cité,  1,  149. 
Denvllle  (Jean  de),  prévôt  de  Bouillon,   II. 

203,  204. 
Denville    (Jean  de),   bailli   du  Condroz,   II, 

•203,  204. 
Deschamps  (Guillaume),  dit  de  la  Violette, 

I,  268. 
Deux-Ponts    (Wolfgang,    duc    des),    II,    527, 

553,  554. 
Devaux    (Le   doyen    et   les   manuscrits),    II, 

274,  337. 


Deventer  (La  \  ille  de  .  II.  552. 
Dicke    (Catherine  de  la),   I.   176. 
Dieghem  (Jean  de),  I,  71. 
Dieppe  (La  ville  de),  I,  206. 
Diepembeeck,  commune  du  canton  de  Has 
selt,    Limbourg,    I,    365,    413,    426,    427;    II, 
246,  598,  599,  635.  —  (Le  sei.mu-nr  de),  II, 
568. 

Diesl  (La  ville  de),  I,  98,  101,  147,  168.  219, 
231,  261,  437,  439,  441,  412,  506,  519,  529;  11. 
96,  99,  186,  245,  248,  257,  344,  347. 

Diest  (Gérard  de),  I.  tableau  I.  —  (Henri 
de),  I,  50.  —  (Jean  de),  1.  tableau  IV. 

Dieupart,  dépendance  d'Aywaille,  I,  509, 
581;  II,  432. 

Dinant  (La  ville  de),  1,  32,  41,  44,  Gl,  90,  108, 
116,  119,  202,  247,  249,  258,  340,  347,  401, 
102,  172,  585,  586;  II,  46,  49,  75,  90,  107,  108, 
lit,  155,  178,  180,  181,  193,  214,  '227,  239, 
254,  258  à  261,  274,  319,  401,  578,  615,  624, 
637,  661.  —  (Le  château  de),  I,  16;  II,  342, 
348,  392,  395,  396,  433.  —  (Le  pont  de),  II, 
558.  —  (La  collégiale  de),  II,  44,  609.  — 
(Les  Croisière  de),  I,  524.  —  (La  prise  de), 
en  1460,  I,  265,  268,  270;  II,  298,  303,  311, 
438,  440  à  442.  —  (Le  siège  de),  en  1554, 
II,  304,  307,  313,  435  à  439,  483,  484,  625.  — 
(Les  comptes  de),  II,  304.  —  (Un  meurtre 
à),  II,  302.  —  (Les  pensions  de),  I,  139. 

Dînant  (Henri  de),  II,  50. 

Diodore  de  Sicile,  II,  î. 

DistelbroecU,  lieu-dit  à  Brusthem,  II,  113. 

Dixmude   (La.  ville   de],   II,   563. 

Dobbelstein    (Godefroid  de),  I,  363,  364. 

Doern  (Everard  de),  I,  x.  —  (Henri  de), 
I,  xxvin. 

Dolhain,  dépendance  de  la  ville  de  Lim- 
bourg, I,  456. 

DominicU   (G.-B.),  II,  283. 

Dommartin  (Jacques  de  Crissegnée,  du  île;. 
I,  351. 

Donat  (Louis),  de  Venise,  II,  218. 

Donceel  (Le  maïeur  de),  II,  291. 

Donchéry   (La  ville  de),  1,  465,  466,  467.  - 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX 


«83 


(La  diète  de),  I,  374,  375,  377,  393,  468.  — 

(La  paix  de),  I,  411,   175. 
Dongelherg    (Raes    deï,    seigneur   de    Long- 

champs,  I,  4SI. 
Donnea  (Jean),  I,  376. 
Donneal  (Jean),  I,  408. 
Donneux  (Jean),  I,  156. 
Dordrecht  (La  ville  de),  I,  130,  131,  132,  137, 

209,  210,  213;  II,  87,  552. 
Dorothée  de  Danemark,  II,  389,  471. 
Dortmund   (Jean  de),   I,   18. 
Doudon   (Gilles),   II,    168. 
Doupaix  (Guillaume),  abbé  de  Floreffe,  II. 

504. 
Dourlens   (La  ville  de),   II,    IS2,   487 
Dragon  (Le  seigneur  de),  II,  543,  551. 
Dreux  (La  bataille  de),  II,  500. 
Driel  (Conrard  de),  I,  86. 
Drogon,  abbé  de  Saint-Jacques,  I.  25. 
Droisehe,  lieu-dit  a  Herstal,  II,  580,  581 
Drolenval  (Le  seigneur  de),  I,  368. 
Drugien  (Stassin),  II,  179. 
Dubois    (Jean-Laurent),    II,   292. 


Ducelle  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Duftel    (La   seigneurie   de),    I,    197,    407;   II, 

517. 
Dujardin   (Nicolas),  abbé  de  Saint-Jacques, 

II,  211. 
Dumont  (Antoine),  II,  309. 
Dumoitier  (François),  II,  311. 
Dunghen  (Jean  de),  II,  225. 
Dunois  (Le  duc  de),  II,  483. 
Dupont  (Rémi),  II,  318. 
Duras,  commune  du  canton  de  Saint-Trond. 

Limbourg,  II,  106,  259.  —  (Le  château  de), 

II,  19,  28.  —  (La  paix  de),  II,  155,   1G3. 
Duras  (Le  comte  de),  I,  tableau  I;  II,  17,  393. 

—    (Gilles    de),    II,   24,    28.    —    (Gislebert, 

comte   de),   II,   17.   —    (Guillaum  :   de),   I, 

385;    II,     189.    —     (Henri     de),     II,     21.     - 

(Jacqueline  de  .1. 
Durbuy  (Le  seigneur  'l-  .  I. 
Duren  (La  ville  de),  I,  520,  537,  553;  II 

409,  410,  412,  454. 
Dusselle    (Reinold    de),   a  i  d 

logne,  II,  22,  23. 


E 


Eben-Emael,  commune  du  en  mon  de  Sichen- 

Sussen,  Limbourg,  I,  588. 
Eberstein  (Otto  d'),  II,  5 
Eclit,  commune  de  Gueldre,  I,  lot,  522 

II,  232,  233. 
Eckhove  (Le  seigneur  d'),  I,    150 
Ecosse,  II,  458.  —  (Le  protestantisme  en),  II, 

493.  —  (Le  roi  d'),  I,  213. 
Écossais  (Passage  à  Liège  îles),  II,  307. 
Edouard  I,  roi  d'Angleterre,  II,  59. 
Edouard  III,  roi  d'Angleterre,  II,  82,  90,  117. 

188,  211. 
Edouard  IV,  roi  d'Angleterre,  I,   121,    188. 
Edouard  VI,  roi  d'Angleterre,  II,  477,  481. 
Eeckhout  (Arnold),  II,  60. 
Eeten  (Le  seigneur  d"),  I,  137. 
Egmont    (Le    seigneur    d'),    I,    198,    208.    — 

(Exécution  du  comte  d'),  II,  421,  487,  513, 

517,  519,  521,  526,  530,  531,  538,  539,  545,  552, 

605,  603.  —  (Adolphe  d'),   I,  310  à  313,  474; 

II,  252,  258.  —  (Anne  d'),  I,  543;  II,  130,  377, 


102.  —  (Arnould  d'),  I,  269,  311;  II.  252.  — 
(Charles  d'),  duc  de  Gueldre,  I,  314,  473, 
474,  186  à  188,  Ï98,  525,  511  à  513,  551,  565; 
II,  133,  243,  343,  403.  —  (Florent  d'),  comte 
de  Buren,  II,  130,  134,  402.  —  (Maximilien 
d'),  comte  d'Yselstein,  II,  130,  393,  102,  463. 
—  (Philippe  d'),  II,  504,  597. 

Eichstadt   (L'évèque  d'),  II,   1" 

Eigher  (Bernard  de),  II,  191. 

Eindhoven,  ville  de  Hollande,  I,  99,  578;  II. 
407. 

Elderen  (Le  seigneur  d'),  I,  290,  334;  II,  211. 
263,  629.  —  (Godenoule  d'),  I,  172,  588. 

Éléonore  d'Autriche,  II,  344. 

Éléonore  de  Portugal,  I,  513. 

Elisabeth.,  reine  d'Angleterre,  II,  291,  194, 
553,  559. 

Elisabeth  d'Autriche,  II,  557. 

Elisabeth,  reine  d'Espagne,  I,  568,  569. 

Elisabeth,  fille  de  Philippe  II,  II,  495. 

Ellaer  (Henri  et  Théodore),  H,  170. 


(i84 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Ellenain    (Le  seigneur  d'),  II,  170. 

Elter  (Arnold  d'  .  dil  de  Vogelsanck,  il,  265, 
193 

i  mai  1,  dépendance  d'Eben-Emael,  II,  171. 
—  (Le  maïeur  d'),  II,  266.  —  (Le  seigneui 
d'),  II.   190,  501. 

Emo,  H,  L4. 

Emboui    .    unir  du   canton  de   Fléron, 

Liège,  l,  546;  II,  171. 

Emichon  de  Spanheim,  II,  66. 

Emmanuel,  roi  de  Portugal,  I,  513. 

Emptinne  (Englebert  d'),  seigneur  de  Mouf- 
frin  et  de  Hormalle,  I,  472,  574. 

Enfants  de  France  (Les),  II,  61. 

Engelsdorfi  (N.  de),  I,  176. 

Enghien  (La  ville  d'),  I,  38't.  —  (Les  icono- 
clastes   à),    H,    518.   —    (Le   seigneur   d'), 

I,  198,  254,  -  (Le  comte  d'),  416.  —  (Engle 
berl  il),  seigneur  de  Morialmé,  II,  239, 
24T5. 

Enghien  (Gérard  d'),  I,  tableau  III.  —  (Jean 

d'),  I,  35. 
Enghien   (Jean  d'),  évêque  de  Liège,   I,  57, 

II,  56,  63. 
Engis,    commun,    iln    canton    de   Hollogne- 

aux  Pierres,  Liège,  I,  402.  —  (Le  seigneur 

de),  I,  365. 
Ëpernay  (La  ville  d'),  II,  457. 
Eppes  (Jean  d'),  évêque  de.  Liège,  I,  24,  27; 

II,  44. 


Eppenstein   («lërurd  et  Si-lnd),  arrlievn|ii.- 

de  Mayence,  I,  42;  II,  38. 
Eracle  (L'évêque),  I,   L3. 
Erckel   (Hugues  d'),  I.  60.  —  (Le  seigneur 

il'),   II,    170. 
Erkelenz  (I  a  ville  d'),  I,  520,  521. 
Eschwilre  (Pierre  d'),  I,  235. 
Esco\  edo    i  e  secrétaire),  II,  578. 
Espagne    Une  cherté  en),  II,  417. 
Eston  '  \iiani  de),  II,  2ls. 
Etienne  in.  pape,  II,  609. 
Etienne  X,  pape,  II,  609. 
Etienne,  évêque  de  Liège,  I,  12. 
Etienne  (Arnould),  chanoine  de  Saint-Mar 

tin,  I,  156. 
Etienne,  abbé  de  Saint  Jacques,  I,  20    ! 
Eu  (Le  comte  ri'),  I,  207,  208;  II,  79. 

1 e  IV,  pape,  II,  95. 

Eupen   (La  ville  d'),  I,  223,  244. 

Eve    (Godefroid    d'),    prévôt   de    Poilvache, 

I,  393. 
Éverlin,  abbé  de  Saint-Laurent,  I,  112;  II,  25 
Êvreux   (Louis  ••(   Philippe,   comtes  d'),  I, 

48,  —  (L'évêque  d'),  I,  211,  525. 
Eyck.   Voir  Maeseyck. 
Eynatten  (Marguerite  d'),  I,  458,  460,  524. 
Eynsbroeck    (Gisbert   île  Ryckel  ou  de),   I, 

349. 
Eysden  (La  ville  d'),  I,  181. 


Fabais  (Pictor),  II,  4. 
Fabribeckers  (Le  manuscrit),  II,  287. 
Fagnolles  (Marie  de),  I,  tableau  IL 
Faimes,  dépendance  de  Celles-lez-Waremme, 

II,  169. 
Faing  (Thierri  de),  I,  96. 
Fait  (Jean  du),  I,  73  et.  75;  II,  202. 
Falise  (Le  chemin  de),  I,  52. 
Falkenstein     (Cuno     de),     archevêque     de 

Trêves,  II,  196. 
Falkenstein   (Agnès  de),  1,  185. 
Fa.llais    (Le   Château   de),   I,   35,   335,   393;   II, 

54.  —  (Le  seigneur  de),  II,  55. 
Faiblis  (Rigaud  de),  I,  35. 
Fallaize  (Richard  de),  II,  53.  —  (Erard  de), 

II,  333. 


Falmignoul,  commune  du  canton  de  Beau- 
raing,  Namur,  I,  96. 

Falvy  (Marie  de  Nelle,  dite  de),  I,  tableau  I 

Famagouste  (La  ville  de),  II,  556. 

Famenne  (L'archidiaconé  de),  II,  609. 

Fanchon  (Hubin  de),  II,  205. 

Fanson  (Noël  de),  I,  582,  583. 

Faon    (Raoul),  évêque  d'Évreux,  I,  52:.. 

Farabertus  (L'évêque),  I,  13. 

Farnèse  (Le  pape),  II,  422,  425.  —  (Alexan- 
dre), II,  585.  —  (Octave),  II,  481. 

Fassot  (Le  clerc  Jean),  I,  376,  408,  415,  441, 
454. 

Fastré  (M.  de),  échevin  de  Tongres,  II,  322. 

Faucon  (Jeanne  de),  I,  215. 

Fauquemont  (Le  château  de),  I,  38,  201,  237, 


DES  NOMS  DK  PERSONDES  ET  DE  LIEUX. 


685 


434,  43G;  II,  57,  78,  88,  2C6,  259,  546.  —  (Le 
seigneur  de),  I,  511.  —  (Renaud  de),   II, 
76,  79.  —  (Thierry  de),  I,  tableau  I;  îi    16 
—  (Waleran  de),  II,  45,  16S,  170,  172,  206. 

Felipreit  (Le  couvent  de),  II,  252. 

Fenal  (Jean  de)  ou  de  Gau,  I,  502. 

Fennelot,  ville  de  Gueldre,  II,  412, 

Fernalmont  (Le  fief  de),  II,  181. 

Feronstrée  (Jean  de),  II,  44. 

Ferdinand  I,  roi  des  Romains,  roi  de  Hon- 
grie, empereur,  I,  514;  II,  136,  137,  344, 
376,  405,  414,  420,  445,  457,  479,  487,  494,  G62, 
663. 

Ferdinand  II,  empereur,  II,  304,  509,  654. 

Ferdinand  V,  roi  d'Espagne,  I,  515. 

Ferrand  de  Portugal,  II,  34,  36,  46. 

Ferrare  (Tremblement  de  terre  à),  H,  557. 

Ferret  (Jean),  I,  541. 

Ferrici  (Le  légat  Pierre),  I,  223,  235;  II,  102, 
103,  105. 

Ferricus  de  Cluni,  évêque  de  Tournai,  I, 
345. 

Ferrière  (Gilles  de),  II,  169. 

Fexhe,  commune  de  la  province  de  Liège, 
II,  158,  163,  164. 

Fexhe-le-Haut-Clocher,  commune  du  canton 
de  Hollogne,  Liège,  I,  407,  512. 

Fexhe-Slins,  commune  du  même  canton,  I, 
114,  115. 

Fexhe  (Henri  de),  II,  171.  —  (Hugues  de), 
H,  254.  —  (Lambert  de),  II,  200.  —  (Oger 
de),  II,  172. 

Fexhea,  frère  mineur,,  I,  473. 

Fexhet  (Jean),  I,  408,  454. 

Feyr  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Fichons  (Gilles  de  Bermonbèche,  dit),  II, 
201. 

Fies  (Enguerrand  de),  II,  82,  83. 

Fillastre  (Guillaume  de),  I,  231. 

Fischer  (Jean),  évêque  de  Ross,  II,  389. 

Fize-Fontaine,  commune  du  canton  de 
Jehay-Bodegnée,  Liège,  I,  510;  II,  73. 

Flafferteyt  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Flagellants  (Les),  II,  93,  330. 

Flaminne  (Jean  de  Salme,  dit  délie),  II,  494. 

Flandre  (La),  I,  60,  359.  —  (Henri  de),  II,  27. 

Flandre  (Jean  de),  évêque  de  Liège,  I,  37 
à  41;  II,  46,  56,  615. 

Fiasse,  lande  près  de  Zonhoven,  I,  412. 


Flecte  (Le  seigneur  de),  H,  17u. 

Flémalle,  commune  du  canton  de  Hollogne- 
aux-Pierres,  Liège,  I,  xxi,  402,  403;  II,  167, 
170.  —  (Le  commandeur  de),  II,  503. 

Flémalle  (Catherine  de),  II,  223.  —  (Elias 
de),  I,  156,  201.  —  (Gossuin  de),  I,  85;  II, 
206.  —  (Guillaume  de),  I,  11,  86;  II,  200, 
222.  —  (Jean  de),  I,  223;  II,  153,  166,  190. 

Fléron,  commune  du  même  canton,  Liège, 

I,  454;  II,  174.  —  (L'avouerie  de),  I,  325. 
Fléron   (Arnold  de),  II,  269,  642.  —  (Gérard 

de),  II,  511,  576.  —  (Jean  de),  I,  146.  - 
(Walter  de),  I,  130. 

Flessingue  (La  ville  de),  II,  552,  561,  562. 

Fleurange.  Voir  Robert  de  la  Marck. 

Floddenfield  (Bataille  de),  II,  352. 

Flone  (L'abbaye  de),  II,  433,  504,  535,  537, 
549,  653. 

Floreffe  (L'abbaye  de),  I,  404;  II,  21,  31,  504, 
653. 

Floreffe  (Godefroid  et  Christian  de),  II,  14. 

Florence  (La  ville  de),  I,  26,  66,  136;  II,  70, 
92,  362,  363,  497. 

Florentinus,  évêque  de  Liège,  I,  9. 

Florenne  (L'abbaye  de),  I,  194;  II,  247,  436, 
462,  653.  —  (Le  seigneur  de),  I,  61;  H,  462. 

Florenne  (Godefroid  et  Arnulphe  de),  II, 
14.  —  (Hugues  de),  II,  44.  —  (Jean  de  Wo- 
démont,  seigneur  de),  I,  539. 

Floyon  (Jean  de  Berlaymont  de),  I,  537.  — 
(Henri  de),  II,  435  à  439,  484,  536,  594.  — 
(Jeanne  de),  II,  249.  —  (Gilles  de),  II,  182. 

Fologne,  commune  du  canton  de  Looz,  Lim- 
bourg,  II,  309. 

Fonck  (Everard),  II,  227. 

Fondi  (Le  conclave  de),  I,  76. 

Fontaine  (Le  seigneur  de),  I,  411;  II,  559. 

Fontaine-l'Évêque  (La  ville  de),  I,  194. 

Fontenelle  (La  seigneurie  de),  I,  198. 

Fooz,  commune  du  canton  de  Hollogne- 
aux-Pierres,  Liège,  I,  401,  402,  467. 

Forli  (Jean  de),  légat,  II,  156. 

Fosses  (La  ville  de),  I,  55,  56,  118,  194,  202, 
586;  II,  75,  155,  181,  189,  193,  436,  439,  628, 
661.  —  (L'abbaye  de),  I,  12,  —  (La  collé- 
giale de)  II,  609.  —  (Le  prévôt  de),  I,  337; 

II,  392. 

Fosse  le  Maire  (La),  II,  431.  —  (Gilles  de 
Mollin,  dit  délie),  I,  141. 


686 


INDEX  ALPHABETIQUE 


I  > .  - 1  ■  ■ .- 1 1 1       lu-,  ['i.',   di",    I,    :.",ll. 

Foullon  (L'historien),  I,  341. 

Foux  (Guillaume  de),  II,  175. 

pont,   oommune  du  canton  de  Louvei- 
Liège,  I,  483,  524.  —  (Le  seigneur  de), 
1,  351;  II,  179,  580. 

Fraipont  (Collin  de),  II,  163.  —  (Gérard  de), 
I,  458. 

Fraisne  (Bartholomé  de),  II,  286. 

Franche-Comté  (La),  II,  637. 

Franchimont  (Le  château  de),  I,  89,  243, 
359,  362,  307,  393,  394,  407,  426,  429,  431,  433, 
439,  450,  473,  536,  540,  558,  559,  560,  578;  II, 
52,  221,  233,  342,  392,  396,  401,  599,  632  à 
639.  —  (Le  pays  de),  II,  255,  265,  279,  280, 
304,  417,  460,  491.  —  (Les  marquis  de),  II, 
170,  196.  —  (La  milice  de),  I,  575.  —  (Le 
voué  de),  II,  176. 

Franchimontois  (Les),  II,  629,  630. 

Franck  (Gilles),  I,  523. 

Franckenberg  (Arnould  de),  II,  174.  — 
(Guillaume  de  Mérode,  dit  de),  II,  393. 

Francfort  (La  ville  de),  I,  102;  II,  48,  49,  268, 
343,  420,  475,  486,  642,  662. 

Franckot  de  Montegnée,  I,  368,  376,  462,  470, 
556,  557. 

Franco,  évêque  de  Liège,  II,  610.  —  (L'éco- 
lâtre),  II,  14. 

François  I,  roi  de  France,  I,  513;  II,  132, 
133,  138,  346,  348,  356,  365,  367,  371,  375, 
376,  389,  409,  420,  450  à  478,  655,  656. 

François  II,  roi  de  France,  II,  488,  496,  497. 

François  I,  duc  de  Lorraine,  I,  513;  II,  137. 


Francomont  (Le  lieu  de),  I,  175. 
Francon  de  Saint-Servais,  II,  7. 
Francon,  bâtard  de  W'esemael,  II,  51. 
Frédéric  II,  empereur,  I,  372,  373;  II,  22,  23, 

25,   34,  37,  38,  41,  46,  48,   49,   120,   121,   C10, 

621. 
Frédéric  III,  empereur,  I,  312,  314,  316,  485. 
Frédéric  IV,  empereur,  II,  637. 
Frédéric  I,  comte  palatin,  I,  315. 
Frédéric   II,    comte   palatin,   I,   513;   II,   389, 

470,  471,  621. 
Frédéric  I,  duc  d'Autriche,  II,  76. 
Frédéric  de  Lotharingie,  I,  19. 
Frédéric,  archidiacre,  I,  585. 
Frédéric,  archevêque  d'Utrecht,  II,  489. 
Frédéric   (Don),   fils  du  duc  d'Albe,  II,  562. 
Freeren,   commune  du  canton  de  Tongres, 

Liège,  I,  389;  II,  440. 
Freisset  (Jean),  I,  365. 
Freloux  (Le  seigneur  de),  I,  365. 
Frennes  (Pirlot  de),  II,  197. 
Fresne  (Binet  de),  II,  363. 
Frérart   (Henri),   I,  85,   86;  II,  205,  206,   207, 

212,  216,  217. 
Frères  (Jean  de),  I,  89,  90. 
Fribourg  (La  ville  de),  I,  317. 
Frise  (La),  I,  148;  II,  545,  557. 
Frison  (Conrard,  dit  le),  II,  51. 
Frixet  (Jean),  I,  536. 
Fumai   (Arnold  de),  II,  274. 
Fulcharius,  évêque  de  Liège,  I,  in. 
Furne  (Le  châtelain  de),  I,  198. 


G 


Gadesier  (Jean  Steelant,  dit),  I,  419. 

Gaesbeeck  (Le  seigneur  de),  I,  tableau  IV, 
334. 

Gaillard  (Messire),  II,  266. 

Gaillard  de  la  Rocca,  II,  127. 

Gai   (André),  II,  582. 

Galoppe  (La  ville  de),  I,  481,  500,  565. 

Gand  (La  ville  de),  I,  84,  231,  293,  323,  333, 
371,  373,  375,  513,  533;  II,  215,  403,  405,  144, 
194,  552,  583,  654,.  —  (Le  château  de),  II, 
526.  (L'hérésie     à),     II,     516,     518.    — 

Révolte  de),  II.  133,  135,  130.  —  (La  paix 
de),  II,  584.  —  (Un  chanoine  de),  I,  W,\. 


(L'église  Saint-Bavon  à),  I,  211;  II,  202, 


211. 


Gand  (Etienne  de),  prieur  des  Chartreux,  I, 

577.  —  (Jean  de),  I,  405. 
Garnier   (Nicolas),  alias  Colin,  II,  304,  449. 
Garre    (Gratien   de),   capitaine  de   Mouzon, 

I,  374,  375,  384. 
Gascon  (Pierre  le),  I,  549. 
Gastorp  (Le  seigneur  de),  I,  176. 
Gau  (Jean  de  Fenal,  alias  de),  I,  502. 
Gavre   (Le  seigneur  de),  I,  582;  II,  321.  — 

(Jean    de),    II,    568.    —    (Jeanne    de),    I, 

tableaux  I  et  III. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


687 


Gaza  (La  ville  de),  II,  29. 

Gazette  (Guillaume),  II,  395. 

Geer  (La  rivière  de),  I,  117,  lis. 

Geertruidenberg  (La  ville  de),  I,  137;  II, 
563,  564. 

Geeve  (Léonard  de),  II,  391. 

Geldermalsen,  commune  de  Gueldre,  I,  137. 

Gembloux  (La  ville  de),  I,  388,  390;  II,  549. 
—  (La  bataille  de),  II,  296,  585,  588,  589.  — 
(L'abbaye  de),  I,  14,  159;  II,  27,  408,  537, 
653. 

Gênes  (La  ville  de),  I,  175;  II,  132,  476,  477. 

Genève  (La  ville  de),  I,  319;  II,  218,  509.  — 
(Le  comte  de),  I,  78. 

Genimont  (Robert,  de),  abbé  de  Saint-Lau- 
rent, II,  211. 

Genneat  (La  veuve),  I,  379. 

Gennep,  commune  de  l'arrondissement  de 
Ruremonde,  I,  525.  —  (Marguerite  de),  I, 
tableau  I. 

Gentilis  de  Sangro,  cardinal,  II,  218. 

Georgio  (Jean),  I,  598. 

Geradon  (Le  forestier),  I,  555,  556. 

Gérard,   abbé   du   Val-Saint-Lambert,   II,  28. 

Gérard,  cardinal  de  Sancta-Maria,  I.  ?."> 

Gérard  (Jules),  II,  618. 

Gerardi  (Le  manuscrit),  II,  286. 

Gerbaldus,  I,  10. 

Gerbert,  doyen  de  Tirlemont,  II,  35. 

Gerland,  abbé  de  Floreffe,  II,  21. 

Germonont  (Gilles  de),  II,  170. 

Gestel,  commune  du  canton  de  Lierre, 
Anvers,  I,  92. 

Geylenkirchen,  commune  de  la  Prusse  rhé- 
nane, I,  181. 

Ghempe   (Guillaume  de),  II,  94. 

Gherin  (Maître),  II,  255. 

Ghiot  (Jean),  I,  149. 

Ghiselin  (Jean),  I,  249. 

Ghistelle  (Jacques  de),  II,  67. 

Ghore  (Renier  de),  II,  149. 

Gilkineal   (Le  nommé),  I,   427,  554,   563,  564. 

Gilkinet,  maïeur  d'Ans,  I,  362,  368,  376,  377, 
391,  408,  415,  442,  454,  555. 

Gilles  (Jean),  I,  153,  159. 

Gilot  (Jean),  II,  333. 

Gilson  (Le  messager),  I,  562. 

Gimborn  (Aleide  de  Crauwels,  dite),  I,  243. 

Gio  (Henri),  II,  216. 


Gisbert  (Le  conseiller),  II,  644. 

Gistel  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Givet  (La  ville  de),  I,  61;  II,  439,  443,  486. 

Givet  (Gratien  de),  I,  359. 

Glain,  dépendance  d'Ans,  I,  448.  —  (Mathieu 
de),  I,  156. 

Glajon  (Le  château  de),  II,  428. 

Glève  (Bernard  de),  II,  191. 

Glimes  (Guillaume  de),  de  Grimberghe,  II, 
587.  —  (Jacques  de),  seigneur  de  Grim- 
berghe, I,  334.  —  (Jean  de),  seigneur  de 
Berghes,  I,  289,  333;  II,  129,  421,  504. 

Glisoir  (Gilles  de),  I,  140,  213. 

Glogau  (Béatrice  de),  I,  95. 

Goddyns  (Gilles),  II,  103,  104. 

Godefroid,  prévôt  de  Saint-Pierre,  I,  19. 

Godeschal  (Catherine),  I,  441. 

Godet  (Jean),  II,  579. 

Godsehalcus   (Le  prévôt),  II,  14. 

Goer  (Gérard  de),  II,  134,  403. 

Goes  (Jean),  I,  218,  589;  II,  97,  243. 

Goesuin  (Georges),  I,  598;  II,  529. 

Goffin  (Jean),  II,  309. 

Gonnes  (Le  château  de),  I,  35;  II,  55.  — 
(Jean  de),  I,  35;  II,  53. 

Gontranus  (Le  mime),  II,  18,  19,  611. 

Gonzague  (Louis  de),  duc  de  Nevers,  II,  570. 
—  (Octave  de),  II,  582. 

Goor  (Le  château  de),  I,  532.  —  (Jean  de), 
I,  19. 

Gordien  (La  ville  de),  I,  131,  209. 

Gordine  (La  famille),  II,  284. 

Gorkum  (Le  château  de),  II,  136,  252,  258. 

Gossoncourt  (Gilbert  de),  II,  169. 

Gossuart  (Albert  -Jos),  II,  298,  336. 

Gothelon  (Le  grand),  duc  de  Basse  Lotha- 
ringie, II,  609. 

Gouda  (La  ville  de),  I,  218,  589. 

Goyer,  commune  du  canton  de  Saint-Trond, 
Limbourg,  I,  xxi,  583. 

Goys  (Jean  de),  I,  219. 

Graaz  (Guillaume  de),  I,  S9,  90.  —  (Hen- 
roteal  de),  I,  157. 

Grace-Berleur,  commune  du  canton  de 
Grace-Berleur,  Liège,  I,  124,  125,  203,  363, 
459,  460,  461;  II,  253. 

Gracia  de  Gueldre,  II,  342. 

Grammont  (La  ville  de),  I,  44.  —  (L'abbé 
de),  II,  101. 


688 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Grand  \\in     Le  seigneur  de),  I,  365. 

Grandmont,  II,  185,  187. 

Grand-Pré  (L'abbaye  de),  II,  43,  654.  —  (Le 

seigneur  de),  I,  198. 
Grand  s, ai    Enguerrand  de),  II,  165,  176. 
Grangiel  (Henri  de),  I,  157. 

h     La  bataille  de),  i,  :;i?  à  319;  il. 

123. 
Granvelle    (Antoine    Perrenot   de),    II,    133, 

135,  489. 
Grathem,  hameau  du  canton  de  Looz.  Lim- 

irg,  II,  24. 
Gratien  (Le  capitaine),  i,  388,  390. 
Grave,  ville  du  Brabanl  septentrional,  I,  91, 

92. 
Gravelinne  (La  bataille  de),  II,  487. 

ni  de  Tours,  II,  4. 
Grégoire  X,  pape,  II,  52,  62,  609. 
Grégoire  XI,  pape,  1,  7.".,  146,  199,  202,  211. 
Gréj  oire  XIII,  pape,  il,  5C/.),  5s9. 
Grégoire  XVII,  pape,  II,  46. 
Grégoire  (Lambert),  I,  109,  115,  156,  162. 
Greiffenclau    (Richard   de),    archevêque   de 

Trêves,  II,  359. 

Grevèche  (Jean  Van  den  Bosch,  dit  délie), 

I,  135. 

Grevembrouck  (Le  village  de),  II,  635. 

Greven  (Gérard),  II,  149. 

Grimeal  (Jean),  II,  7,  50. 

Griment  (Antoine),  II,  317. 

Grimberghe  (Le  seigneur  de),  I,  334;  II,  587. 

Grisellus,  chantre  de  Saint-Lambert,  II,  55. 

Grivegnée,  commune  près  de  Liège,  I,  112, 

474;  II,  432,  542,  551. 
Groeninghe  (La  ville  de),  II,  545,  552. 
Groesbeeck   (Gérard  de),   évêque  de  Liège, 

II,  142,  302,  303,  500,  506  à  607,  663  à  667. 
iboy    (Jean),    I,    393,    411,   440,    467,    473, 

574. 
Grognart  (Le  moulin),  à  Huy,  I,  63. 
Grongnart  (H.),  I,  110. 
Grongnarts  (Les),  à  Liège,  I,  376;  II,  642. 
Gronsveld    (La    commune    de),    I,    183.    — 

(Catherine  de),  I,  364.  —  (N.  de),  I,  176. 

ite  (Gérard),  I,  501. 

Groy  (Emeric),  II,  99,  250. 

Grummer  (Jean),  I,  441. 

Gruuthuuse    (Le    seigneur    de),    I,    198.   — 

(Jeanne  de),  1,  tableau  iv.  492,  543. 


Gri      .  Jacques  de),  II,  97,  243. 

Gueldre  (Guerre  de),  I,  91,  99,  475.  —  (Le 
comté  de),  II,  36,  82,  223,  346,  347,  349.  — 
(Le  gouverneur  de),  H,  477.  —  (Les  ducs 
de)   l.  93. 

Gueldre  (Adolphe  d'Egmond,  duc  de),  I, 
:ilo  a  313,  471;  II,  252,  258.  —  (Charles 
d'Egmond,  duc  de),  I,  314,  473,  474,  486  à 
Iss,  498,  525,  541  4  543,  551,  565;  II,  133,  243, 
343,  403.  —  (Edouard,  duc  de),  II,  194.  — 
(Gérard  IV,  comte  de),  II,  31,  32.  —  (Guil- 
laume I  de  Juliers,  duc  de),  I,  92,  99,  147, 
148,  176,  201,  587;  II,  195,  209,  221,  229,  232. 

—  (Guillaume  de  Clèves,  duc  de)  et  de 
Juliers,  II,  133,  137,  410,  453,  485,  575,  583. 

—  (Lutgarde  de),  II,  46.  —  (Marguerite 
de),  II,  51,  79.  —  (Mathilde  de),  I, 
tableau  I.  —  (Philippine  de),  I,  313.  — 
(Otton  de),  I,  522;  II,  49.  —  (Renaud  I, 
comte  de),  I,  39;  II,  76.  —  (Renaud  II,  duc 
de),  I,  92,  587;  II,  76,  79,  80,  91,  168.  — 
(Renaud  III,  duc  de),  I,  92,  587;  II,  179, 
lsî,  186.  —  (Renaud  IV,  duc  de),  I,  214. 

Gueldre  (Le  capitaine  Gracia  de),  II,  342. 
Gueldre  (Henri  de),  évêque  de  Liège,  I,  30, 

51,  52,  55,  522,  613,  614. 
Guessei    (Thierri),   suffragant   de   Liège,   I, 

134,  588. 
Gueux   (Origine  du  nom  des),  II,  307,  518, 

521. 
Guibert  (Martin),  abbé  de  Gembloux,  II,  27. 
Guidegoven   (Mahaut  de),  II,  169. 
Guido,  abbé  du  Val-Dieu,  II,  33. 
Gulenne  (Le  comté  de),  II,  188. 
Guignes  VIII,  dauphin  du  Viennois,  I,  48. 
Guillaume,    comte    de    Hollande,    roi    des 

Romains,  I,  31. 
Guillaume,  châtelain  de  Saint-Omer,  II,  24. 
Guise  (Le  duc  de),  II,  459,  481,  487,  50o. 
Guise   (Le  chroniqueur  Jacques  de),   II,   2, 

295,  296,  313,  317. 
Gulpen  (Maison  de),  I,  172. 
Gumprecht  de  Neuenahr,  I,  176. 
Gunick  (Warnier,  seigneur  de),  II,  582. 
Guy  de  Hainaut,  élu  de  Liège,  I,  41,  58. 
Guygoven   (Henri  de),  II,  172,  173. 
Gymel   (Antoine  de),  I,  375,  377,  525. 
Gymnich  (Marguerite  de),  I,  185. 
Gyon  (Henri),  I,  86. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


689 


Haccourt,  commune  du  canton  de  Fexhe- 
Slins,  Liège,  I,  364,  410,  452,  475;  II,  172, 
209.  —  (Les  picots  de),  II,  595. 

Haccourt  (Henri  de),  abbé  de  Saint-Laurent, 
II,  47.  —  (Jacques  de),  abbé  du  Val-Saint- 
Lambert,  II,  212.  —  (Jean  de),  I,  154.  — 
(Marie  de),  I,  141. 

Haeckenbroich  (Le  sire  de),  I,  90,  587. 

Haelen,  commune  du  canton  de  Herck-la- 
Ville,  Limbourg,  I,  253,  254. 

Hagenbach  (Pierre  de),  I,  316. 

Hainaut  (Le),  I,  359.  —  (Les  villes  du),  I, 
166,  174.  —  (La  peste  en),  II,  406.  — 
(L'archidiaconé  de),  II,  609.  —  (La  chro- 
nique du),  II,  303,  313,  317. 

Hainaut    (Baudouin   IV,   comte  de),   II,   26. 

—  (Baudouin  V,  comte  de),  II,  26,  42.  — 
(Burchard  de),  évèque  de  Metz,  I,  42,  585. 

—  (Guillaume  I,  comte  de)  et  de  Hollande, 
I,  CU,  62,  95,  117,  118;  II,  41,  80.  —  (Guil- 
laume II,  comte  de),  I,  117,  118,  196;  II,  79, 
80,  82,  85,  153  à  158,  162,  183,  186. 

Hainaut   (Marguerite  de),  II,  47,  48,  187."  — 

(Yolande  de),  II,  34. 
Hal  (La  ville  de),  I,  109,  ICI,  383.  —  (Notre- 
Dame  de),  I,  113. 
Halewin  (François  de),  seigneur  de  Zweve- 

ghem,  II,  584. 
Halin   (Gérard  de),  abbé  de  Saint-Jacques, 

I,  404,  527,  534. 
Haliwin  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Hallembaye,    dépendance    de    Haccourt,    II, 

209. 
Halley  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Hallois   (Agnès  de),  I,  tableau  II.  —  (Jean 

de),  II,  53. 
Halmael,    commune    du    canton    de    Saint- 

Trond,  I,  348. 
Halpont  (Francon),  II,  244. 
Halsteren  (Jean  de),  I,  82. 
Ham,  ville  de  France,  II,  486. 
Ham-sur-Heure  (Le  seigneur  de),  I,  468. 
Hamaide  (Gérard  délie),  I,  89. 

Tome  II. 


Hamal,  dépendance  de  Busson,  II,  172,  175. 

—  (Le  seigneur  de),  I,  70,  549. 

Hamal   (Anne  de),  II,  378.  —  (Arnold  de), 

I,  290;  II,  244.  —  (Catherine  de),  I,  523.  — 
(Elisabeth  de),  I,  345.  —  (Eustache  de),  II, 
195.  —  (Guillaume  de),   I,  tableau  II,  290; 

II,  195,  263.  —  (Jean  de),  I,  233,  250,  523, 
543,  548,  574;  II,  89,  90,  100,  101,  103,  167,  168, 
172,  180,  181,  437,  440,  441,  442.  —  (Jeanne 
de),  I,  334.  —  (Marie-Madeleine  de),  I,  386. 

Hameyde  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Han-sur-Lesse,  commune  du  canton  de 
Boehefort,  Namur,  I,  79,  586. 

Haneffe,  commune  du  canton  de  Jehay- 
Bodegnée,  Liège,  II,  54,  171.  —  (Eustache 
Persant  de),  I,  tableau  II,  58,  74,  586;  II, 
171,  191,  212,  213,  214,  216.  —  (Thierry  de), 

I,  tableaux  I  et  III,  58;  II,  86,  152,  217.  — 
(Wauthier  de),  I,  xxiv,  73,  74,  586;  II, 
191,  193,  199,  201  à  217,  616. 

Haneton  (Antoine),  prévôt  de  Saint-Denis  à 

Bruges,  II,  636. 
Hannut,    commune    du    canton    d'Avennes, 

Liège,  II,  51,  179,  213. 
Hanreche  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Hansinelle  (La  paix  de),  I,  xxiv. 
Happart  (Adolphe),  I,  216,  247. 
Haraucourt  (Gérard  de),  I,  81;  II,  215. 
Harchies  (Jean  de),  II,  195  à  197. 
Harcourt  (Le  comte  de),  I,  207. 
Harcourt  (Jeanne  de),  dame  de  Béthune,  II, 

238. 
Hardentin  (Gui  de),  I,  582. 
Haidewich,  ville  de  Hollande,  II,  552. 
Hardi  (Benier  le),  I,  157. 
Haidueinont    (Arnould    de),    I,    41,    58.    — 

(Catherine  de),  I,  291.  —  (Godeîroid  de), 

II,  149,  168,  178.  —  (Jean  de),  I,  58;  II,  71, 
72.  —  (Lambert  de),  II,  169. 

Harduin  (Hubin),  II,  173. 
Haren  (La  tour  de),  II,  76. 
Harengier  (Jean  le),  II,  618. 
Harfleur  (La  ville  de),  I,  206,  207. 
Harlem  (La  ville  de),  II,  133,  552,  563,  564. 

87 


690 


1NDKX  ALPHABÉTIQUE 


Harzé,  commune  du  canton  de  Ferrières, 
i  iè  e,  i.  r.5C.  —  (Le  seigneur  de),  II,  176. 
.     Jean  de  .  tl,  !41,  296. 

Hassell  i  a  ville  de  ,  l,  101,  108,  113,  127, 
191,   202,    250,     SI,    331,    334,    338,    352,    385, 

386,  01,    414,   «7,   495,   518;  II,   87,   98,   105, 
,   m,   185,  188,  191,  232,  252,  262,  345,  347, 

387,  51S,  525  à  530,  534,  564,  626,  665.  —  (La 
peste  à),  II,  595.  —  (L'hérésie  à),  II,  601. 

Hastière,  commune  du  canton  de  Dînant, 
II,  547.  —  (L'abbaye  de),  II,  654. 

Hautbourdin  (Le  seigneur  de),  I,  217. 

Hautecombe  (L'abbaye  de),  II,  46. 

Hautengny  (Watier  de),  II,  180,  181. 

Hautepenne  (Le  château  de),  I,  378,  453,  470, 
537,  _  (Le  seigneur  de),  II,  521.  — 
(Arnould  de),  II,  169,  179.  —  (Walter  de), 
II,  169,  180. 

Hauterive  (Le  capitaine  de),  l,  454. 

Hautzbourg   (Le  château  de),  II,  43. 

Hauwaert,  commune  du  canton  d'Aerschot, 
Brabant,  I,  584.  —  (Catherine),  II,  412. 

Havelange,  commune  du  canton  de  Ciney, 
Namur,  I,  44,  466;  II,  204. 

Haversin  (Le  seigneur  de),  I,  270. 

Havre   (La  ville  du),  I.  206. 

Haweal   (Mathieu),  II,  257,  639. 

Haweau  (Marie),  II,  378. 

Haybes-sur-Meuse,  commune  du  départe- 
ment des  Ardennes,  I,  61. 

Haydroits  (Les),  I,  103,  104,  116,  122,  150  à 
153,  159,  163  à  169,  175,  177,  185,  187,  190, 
199,  203. 

Haynin   (Jean  de),  chroniqueur,  I,  178. 

Heer  (Le  château  de),  II,  87,  108,  109,  213. 

Heer  (Aleyde  de),  I,  209.  —  (Arnould  de), 
I,  172. 

Heers,  commune  du  canton  de  Looz,  Lim- 
bourg,  I,  217.  —  (Raes  de  la  Rivière,  sei- 
gneur de),  I,  217,  223,  233,  237  à  240,  253, 
257,  260,  268,  280,  285;  II,  99  à  114,  261,  626, 
628! 

Heeswyck   (Corneille,  seigneur  de),  11,  129. 

Heide  (Godefroid  délie).  II,  175. 
Heidelberg  (La  ville  de),  I,  131. 
Heinsbach   (Le  drossard  de),  I,  243. 
Hein;  berg     La  ville  de),  1,  175,  181;  II,  190, 
410,  453.  —  (La  seigneurie  de),  I.   116;  11. 


226.  —  (Le  règlement  de),  II,  300.  —  (La 
maison  de),  I,  tableau  I. 

Heinsberg  (Le  seigneur  de),  I,  185,  210,  222. 
—  (Catherine  de),  I,  137.  —  (Elisabeth  de), 
I,  296.  —  (Godefroid  de),  I,  tableau  I;  II, 
147.  —  (Guillaume  de),  II,  148.  —  (Marie 
de),  I,  250. 

Heinsberg  (Jean  de),  évêque  de  Liège,  I,  20, 
135  a  143,  212  à  226,  264,  269,  460;  II,  94 
à  99,  141,  226,  237  à  249,  330,  621. 

Heinsberg  (Thierri  de  Looz,  seigneur  de), 
I.  rv,  79,  82,  94,  148,  150,  155  à  158,  164,  16*, 
185  à  189. 

Heithuyzen  commune  du  Limbourg  hollan- 
dais, I,  18. 

Heleker  (Le  lieu-dit),  II,  222. 

Helkin   (Un  nommé),  II,  649. 

Hellen,  abbé  de  Notre-Dame-aux-Fonts,  II, 
29. 

Helman  (Jean),  II,  257.  —  (Jean  de  Sart, 
dit),  I,  556. 

Helmont  (La  seigneurie  de),  II,  37. 

Hely  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Hembiez  (Melchior),  I,  467. 

Hemone  (Gossuin  de),  I,  464,  524. 

Hemptinne  (Jacques  de),  II,  504. 

Hemricourt  (Le  village  de),  I,  340.  —  (La 
chronique  de  Jacques  de),  II,  296. 

Hemricourt  (Arnold  de),  I,  155.  —  (Gode- 
froid de),  I,  tableau  II.  —  (Isabelle  de), 

I,  tableau  I,  58.  —  (Jacques  de),  II,  224, 
226.  —  (Thomas  de),  II,  177,  201. 

Henaux  (Le  manuscrit),  II,  282,  320. 
Henin-Liétard  (Jean  de),  comte  de  Boussu, 

II,  421,  564. 
Hennar  (Henri),  I,  471. 

Henneberg    (Berthold    de),    archevêque    de 

Mayence,  I,  462,  488,  489. 
Henneburch  (Otton,  comte  de),  II,  122. 
Hennin  (Jean  de),  I,  tableau  II;  H,  564. 
Henri  III,  empereur,  II,  12,  14. 
Henri  IV,  empereur,  II,  14,  16,  17,  70,  610. 
Henri  V,  empereur,  I,  212;  II,  16,  17,  18. 
Henri  VI,  empereur,  H,  25,  34. 
Henri  VII,  empereur,  I,  84,  488,  585. 
Henri  II,  roi  de  France,  II,  134,  420  à  428, 

434  à  439,  443,  446,  449,  478  à  487,  494,   195, 

CCI)  ;i  662. 
Henri  III,  roi  de  France,  II,  564,  590. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


691 


Henri  IV,  roi  de  France,  II,  496,  522 
Henri  III,  roi  d'Angleterre,  II,  46. 
Henri  V,  roi  d'Angleterre,  I,  206,  211. 
Henri  VI,  roi  d'Angleterre,  I,  589;  II,  94. 
Henri   VIII,    roi   d'Angleterre,    II,    133,    135, 

358,  388,  412,  420,  421,  458,  461,  463,  473,  477. 
Henri   l'Aveugle,   comte   de   Namur,   II,   26, 

41,  42. 
Henri   l'Enfant,    fils    de   Henri    H,    duc   de 

Brabant,  I,  42. 
Henri  de  Constantinople,  empereur,  II,  40. 
Henri  le  Lion,  duc  de  Saxe,  II,  10,  25. 
Henri-Chapelle,    commune    du    canton    de 

Limbourg,  Liège,  II,  533. 
Henrici   (Jean),   II,   364,   392.  —   (Salomon), 

II,  329,  330. 
Heppendorff  (Gumprecht  de),  I,  176. 
Heppigrries  (Le  seigneur  de),  I,  233. 
Herbatte,  dépendance  de  Namur,  I,  549. 
Herbays    (Le   procureur),   I,   419.   —   (Simon 

de),  I,  574;  II,  74. 
Herck  (La  ville  de),  I,  127,  202,  205,  253,  331, 

332,  350,  395;  II,  128,  262,  267. 
Herck  (Paul  de),  II,  326. 
Herckenrode,    dépendance    de    Curange,    I, 

428;  II,  24,  271.  —   (L'abbaye  de),   II,   188, 

347,  489,  503,  509,  510. 
Herderen,  commune  du  canton  de  Tongres, 

Limbourg,  I,  180. 
Herenthals,  commune  de  la  province  d'An- 
vers, I,  100. 
Heriger  (Le  chroniqueur),  II,  2,  3,  4. 
Heilaer  (Jean,  seigneur  de),  I,  333. 
Herlebeke  (Le  lieu-dit),  II,  222. 
Herlin  (Michel),  II,  525. 
Hermalle,  commune  du  canton  de  Nandrin, 

Liège,  I,  171,  177;  II,  172,  175,  209.  —   (Le 

seigneur  de),  I,  472;  II,  74,  75. 
Hermalle   (Henri  de),   I,  tableau  II;  II,  67, 

72,  74. 
Herman  (Le  chroniqueur),  II,  4. 
Herman  III,  archevêque  de  Cologne,  II,  16, 

389. 
Herman  (L'archidiacre),  II,  14. 
Hermée,    commune    du    canton    de    Fexhe- 

Slins,  Liège,  II,  177. 
Herpel  (Jean),  II,  102. 
Herpen  (Le  seigneur  de),  I,  27s. 
Hersin  (Jean),  II,  299,  314,  323. 


Herstal  (La  ville  de),  I,  10,  288,  390,  391,  454, 

470,  474,  549,  571;  II,  172,  177,  201,  208,  385, 

432,  434,  440,  642. 
Herstappe,  commune  du  canton  de  Tongres, 

Limbourg,  I,  196. 
Hervé  (La  ville  de),  I,  223,  244,  456,  520,  521, 

547;  II,  259,  411,  418,  565,  605. 
Hervé  (Jeanne  de),  II,  223. 
Hesliaye    (L'archidiaconé    de),    II,    009.    — 

(Pluie  de  sang  en),  I,  96.  —  (Invasion  de 

sauterelles  en),  II,  425. 
Hesdin  (La  ville  de),  I,  167,  311;  II,  429,  459, 

463,  478,  479,  481,  482,  485.  —  (Le  seigneur 

de),  II,  660. 
Hesdignoul   (La  chronique  de),   II,  275,   287 

à  292,  300,  306,  450  à  488. 
Hesse   (Henri  de),  archevêque  de  Cologne, 

I,  410,  462.  —  (Herman  de),  archevêque  de 

Cologne,  I,  322,  371. 
Hesse    (La  princesse   de),   II,  299.  —   (Phi- 
lippe, landgrave  de),  II,  469  à  479. 
Heugem,  hameau  de  Gronsveld,  I,  183. 
Heure-le-Romain,    commune   du   canton   de 

Fexhe-Slins,  Liège,  I,  115,  180,  181,  467;  II, 

171,  177. 
Heure    (Guillaume  d'),   chanoine  de   Saint- 
Jean,   II,   151.   —   (Lambert  d'),   I,   454.   — 

(Marguerite  d'),  I,  479.  —   (Pierre  d'),  I, 

352;  II,  410.  —  (Tilman  d'),  I,  387,  388,  408, 

411,  431. 
Heusden,   commune   du   canton   de   Beerin- 

gen,  Limbourg,  II,  223. 
Héverlé  (La  baronne  de),  I,  386. 
Hexterman  (Jean),  II,  567. 
Heyligerlee  (La  bataille  de),  II,  533. 
Heylissem   (L'abbaye  de),  I,  159;  II,  56,  79, 

653. 
Heylman  (Jean),  II,  107. 
Hèze  (Le  baron  de),  II,  589. 
Hierges   (La  ville  de),  I,  34.  —  (Le  château 

de),  II,  348.  —  (Le  seigneur  de),  II,  605. 
Hocht  (L'abbaye  de),  I,  181,  428;  II,  33. 
Hocsem  (Le  chroniqueur  Jean  de),  I,  28  à 

30,  147,  153;  II,  2,  3,  6,  49  à  84,  146,  147,  150, 

161,  164,  175. 
Hodeige  (Jacques  de),  H,  529,  565.  —  (Jean 

de),  I,  156.  —  (Nicolas  de),  I,  580. 
Hodescoet  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Hoemen  (N.  de),  I,  176. 


Gi)2 


INDEX  ALPHAHETKU1K 


Hoesman  (Richald),  II,  386. 

Hoesselt,   commune   du   canton   rie  Bilsen, 

Llmbourg,  I.  400;  II,  179. 
Hogne  (Jean  de),  I,  581,  582. 
Hognoul,  commune  du  canton  de  Hollogne 

aux-Pierres,  Liège,  II,  166. 
Hohenzotten  (Judon  de),  II,  122. 
Hollande  (La),  II,  186.  —  (Les  villes  de),  1, 

166,  174.  —  (Inondation  en),  II,  212,  557.  — 
n  en),  II,  559.  —  (Voyage  en),  IL 

292. 
Hollande  (Albert,  comte  de),  I,  587;  II,  196. 

—  (Eirt  de),  II,  180.  --  (Guillaume  III, 
comte  de),  I,  95,  117,  118;  II,  41,  80.  — 
(Guillaume  V,  de),  II,  196.  —  (Thierry  VII, 
de),  II,  31. 

Hollegnoul  (Pierre  de),  I,  393. 

Hollenloscht  (Le  comte  de),  II,  122. 

Hollogne  (Le  chût. 'au  de),  I,  477.  —  (Le  sei- 
gneur de),  H,  71,  149,  263.  —  (Jean  de),  II, 
344.  —  (Jean  le  Pollain  de),  I,  467.  — 
(Pierre  de),  I,  411,  467. 

Hollogne-aux-Pierres,  commune  du  même 
canton,  Liège,  II,  266. 

Hollogne-sur-Geer,  commune  du  canton  de 
Waremme,  Liège,  I,  58,  291,  333,  334;  II, 
73.  —  (La  bataille  de),  II,  125,  126. 

Unis  (Le  duc  de),  II,  470,  471. 

Hongrie   (La),  II,   403.  —   (Émigration  en), 

I,  486.  —  (Le  roi  de),  I,  514;  II,  30,  76. 
Hongrie  (Marie  de),  I,  514;  II,  133,  136,  344, 

377,  391,  392,  401,  439,  468,  469,  483,  493,  655. 

—  (Isabeau  de),  II,  412. 
llonorius  III  (Le  pape),  II,  40. 
Hoogstade   (Lothaire  de),  II,  41. 
Hoogstraeten  (Le  comte  de),  H,  137,  392,  421, 

477,  498,  549. 
Horion-Hozémont,   commune   du   canton   de 

Hollogne-aux-Pierres,  Liège,  I,  340,  510. 
Horion  (Arnould  de),  I,  556.  —  (Conrard  de  . 

II,  100.  —  (Guillaume  de),  I,  89,  112,  155, 
169,  182,  556;  II,  660.  —  (Guillaume,  bâtard 
de),  II,  426  à  431,  480.  —  (Guillaume  de), 
seigneur  d'Ordenge,  I,  556.  —  (Guillaume 
de  .  seigneur  d'Oleye,  I,  365,  556.  —  (Guil- 
laume de),  seigneur  de  Colonster,  II,  597, 

[Herman  de  .  I,  182.  —  (Ode  de  . 
1,  365.  —  (Le  voué  de),  II,  180. 


Hornes  (Le  comté  de),  I,  94,  482,  532;  II, 
106,  459,  516,  552. 

Hornes  (Les  comtes  de),  I,  tableau  IV. 

Hornes  (Arnould  de),  évêque  de  Liège,  I, 
68,  77  à  81,  86,  88,  94,  145;  II,  145,  169,  192, 
196,  214  à  224,  617. 

Hornes  (Frédéric  de),  seigneur  de  Monti- 
gny,  I,  347,  348,  358,  366,  390;  II,  269,  644, 
647.  —  (Guillaume  de),  I,  tableau  I,  80.  — 
(Guillaume  de),  baron  de  Hèze,  II,  589. 
—  (Henri  de),  seigneur  de  Perwez.  Voir 
Perwez,   I,   123,   205,   233.  —   (Jacques  de), 

I,  220,  333,  347,  357,  361,  363,  364,  365,  414, 
421,  487,  492,  501,  543,  568;  II,  107.  —  (Jean 
de),  dit  de  Wilde,  I,  296,  299,  301;  II,  261, 
629.  —  (Jean  de),  seigneur  de  Perwez,  I, 
161.  —  (Jean  de),  I,  543;  II,  130.  —  (Jean 
de),  seigneur  de  Weert  et  Altona,  II,  402. 

Hornes  (Jean  de),  évêque  de  Liège,  I,  18, 
200,  326  à  584;  II,  124,  126,  129,  141,  237, 
266  à  272,  300,  318,  377,  641  à  649,  655. 

Hornes  (Marguerite  de),  I,  481.  —  (Marie 
de),  I,  197.  —  (Philippe  de),  seigneur  de 
Gaesbeek,  I,  334.  —  (Philippe  de  Mont- 
morency, comte  de),  II,  421,  504,  513,  521 
à  526,  530  à  539,  545,  602,  603,  654.  — 
(Thierri  de),  I,  18. 

Horpmael,  commune  du  canton  de  Looz, 
Limbourg,  I,  233;  II,  100. 

Horson  (Jean),  II,  311. 

Hosden  (La  seigneurie  de),  II,  187. 

Hothar  (Jean  Doneal),  I,  408. 

Hotteau  (Un  nommé),  H,  466. 

Houdert,  alias  Hauwaert,  I,  584. 

Houffalize  (Le  seigneur  de),  I,  185,  468,  55S; 

II,  45.  —  (Marie  de),  I,  tableau  II. 
Hougaerde,   commune  du   canton  de  Tirle- 

mont,  Brabant,  I,  432,  435;  II,  35,  534,  592. 
Houge  (Simon),  I,  464. 
Houppertingen,    commune    du    canton    de 

Looz,  Limbourg,  II,  109,  110. 
Hourdeboulle  (Lambinon),  seigneur  de  Dro- 

lenval,  I,  368. 
Houtain-l'Évêque,    commune   du   canton   de 

Waremme,  Liège,  I,  530. 
Houtain-Saint-Siméon,  commune  du  canton 

de  Fexhe-Slins,  Liège,  I,  115,  122,  180,  567. 
Houtain    (Le  seigneur  de),   I,  384.  —   (Jean 

de),  I,  111. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


695 


Houyet  (Le  curé  de),  I,  562. 

Howet  (Grégoire),  II,  295. 

Hoye  (Jean  de),  II,  196. 

Hoyoux  (G.),  II,  336. 

Hoys  (Otton  de),  I,  99. 

Hubert    (Saint),    cvèque    de    Liège,    II,    298, 

301,  302,  610. 
Hugonet  (Guillaume),  I,  323. 
Hulsberg  (Marie  de),  I,  325. 
Hulste,    commune   du   canton   de    Courtrai, 

Flandre  occidentale,  I,  371. 
Humbercourt  (Guy  de  Brimeu,  sire  de),  I, 

243,  263,  284,  288,  293,  294,  307,  309,  310,  322, 

333;  II,  115,  263,  265,  626,  629,  632,  636. 
Humbert  de  Pas  (Le  chroniqueur),  II,  236. 
Humbert  II,  dauphin  de  Vienne,   II,  88. 
Humières  (Jean  de),  I,  337. 
Humin  (Guillaume),  abbé  de  Neufmoustier, 

I,  586. 

Humpesch  (Werner  de),  I,  575. 

Hun  (Libert  de),  I,  tableau  II. 

Hurbize  (La  fosse  de),  II,  353. 

Hurbize  (Henri  de),  I,  563,  564.  —  (Nicolas 

de),  I,  547. 
Hurtin  (Laurent),  I,  155,  156. 
Hussites  (La  croisade  contre  les),  I,  138. 
Husta  (Jean),  II,  274. 
Hustin  (Pierre),  I,  tableau  IL 
Huwart  (Walter),  dit  Huwenial,  I,  479,  564; 

II,  199,  205. 

Huy  (La  ville  de),  I,  xxiv,  41,  59,  60,  103, 
104,  10S,  113,  116,  119,  125,  127,  202,  213, 
22m,  232,  247,  282,  283,  329,  330,  334,  340, 
347,  361,  377,  385,  386,  392,  399,  400,  413, 
417,  430,  437,  466,  468  à  471,  477,  478,  486, 
491,    510,    529,    530,   534,    537,    538,    550,    551, 


554,  585,  586;  II,  16,  18,  42,  44,  45,  74,  75, 
84,  85,  87,  '."I,  98,  110,  113,  115,  12s,  117  à 
181,  189,  193,  205  à  207,  210,  213  à  216,  222, 
241,  256,  259,  201,  262,  207,  270,  292,  401, 
142,  484,  498,  535,  574  à  585,  593,  599,  600, 
619,  628,  642.  —  (Le  château  de),  II,  40, 
3S6,  393,  II,  292,  335,  3 12,  348,  395,  396. 
602,  643,  648  à  651,  656.  —  (La  collégiale 
Notre-Dame  à),  I,  139,  140,  151,  523;  II,  13, 
14,  15,  597,  609.  —  (Consécrations  d'églises 
à),  I,  24,  27,  28,  39.  —  (Église  Sainte-Alde- 
gonde  à),  II,  249.  —  (Église  Saint-Étienm' 
à),  I,  11.  —  (Église  Saint-Quirin  à),  I, 
38;  II,  56.  —  (Les  Croisiers  de),  II,  45,  393. 

—  (Confrérie  des  apôtres  à),  I,  34.  —  (Les 
hospices  de),  I,  46.  —  La  charte  de  Théo- 
durin,  I,  54;  II,  13  à  15.  —  (Les  comtes 
de),   II,  296.   —   (L'échevinage   de),   I,   52. 

—  Les  Dix  Hommes,  II,  292.  —  Les 
Onze  Hommes,  II,  375.  —  Guerre  contre 
l'évêque,  I,  46  à  50.  —  Guerre  contre 
Henri  de  Gueldre,  I,  32.  —  Guerre  contre 
Namur,  I,  35.  —  Guerre  contre  Jean 
d'Arckel,  I,  73,  74.  —  (La  barque  mar- 
chande de),  II,  640.  —  (L'hérésie  à),  II, 
CiH.  —  (Inondations  à),  I,  63,  376:  II,  45. 

—  (La  peste  à),  I,  37;  II,  381,  595.  —  (Le 
moulin  Grognart  à),  I,  63.  —  (Le  pont 
de),   I,   44;   II,   335,   615.  —   (La  prise   de), 

I,  271,   273.  —   (Mutineries  à),  I,   51  à  53; 

II,  379.  —  (Le  siège  de),  II,  317.  —  (La 
monnaie  à),  I,  63,  64.  —  (Les  reliques  de  , 
II,  31.  —  (Le  quartier  de  l'Aplée  à),  I,  26. 

Huy    (Gilles    de),    I,    405,    434,   494,    526,    564; 
II,    100,   254,   270.  —   (Jean  de),   I,  526,  556. 

—  (Urbain  de),  I,  420. 


Iges  (La  commune  d'),  I,  590. 

Innocent  III,  pape,  II,  27,  38  à  40. 

Innocent  IV,  pape,  II,  49. 

Innocent  VI,  pape,  II,  93. 

Innocent  VII,  pape,  I,  158,  164. 

Innocent  VIII,  pape,  I,  371. 

Isaac  (Le  juif),  II,  233. 

Iselstain   (Le  seigneur  d'),  II,  130,  393,  401, 

402. 
Isenach  (Le  couvent  de  Sainte-Catherine  à), 

II,  24. 


Isembourg  (Thierri  d'),  I,  529. 

Ismaël,  roi  de  Perse,  II,  354. 

Isle   (La  famille  d'),  II,  180.  —   (Robert  d'), 

II,  166. 
Isles  (L'abbé  des),  II,  654. 
Italie   (La  guerre  d'),  II,  68,  481. 
Ivoy  (Le  château  d'),  I,  175.  —  (La  bataille 

d'),  I,  336,  440;  II,  409,  428,  451,  458,  480. 
Ivoz  (Jean  d'),  abbé  du  Val-Saint-Lambert, 

II,  504. 
Izewert  (Guillaume),  I,  288. 


691 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Jacob  (Barbe),  I,  xx.  —  (Gabriel),  I,  v.  — 

(Jean),  dit  Le  Clercq,  I,  377,  441. 
Jacquemot  (Jean),  II,  156,  157. 
Jacques,  roi  d'Angleterre,  II,  522. 
Jacques  IV,  roi  d'Ecosse,  II,  352. 
i     "i         Thomas),   abbé  de  Saint-Laurent, 

II,  586. 
Jallet,    commune    du    canton    d'Andenne, 

Namur,  I,  35. 
Jamer  (Antoine),  I,  573. 
Jametz  (Le  seigneur  de),  II,  355,  364,  441. 

olel    Le  carme),  II,  384. 
Jamine,    comminw    du    canton    de    Saint- 

Trond,  Limbourg,  II,  172. 
Janua  (L'évêqur  de),  11,  68,  218. 
Jardinet  (L'abbé  de),  II,  653. 
Jarnac  (La  bataille  do),  II,  544. 

lie   (Jacques  de),  I,  333. 
Jaupen  (Thomas),  II,  376. 
lu  Mie  (Don),  roi  de  Majorque,  I,  60. 
Jean  XXI,  pape,  I,  36. 
Jean  XXII,  pape,  I,  12!)  a  131;  II.  76. 
Jean  XXIII,  pape,  I,  206. 
Jean  II,  roi  de  France,  I,  85;  II,  183,  186,  188. 
Jean  sans  Peur,  duc  de  Bourgogne,  I,  95, 

106,    118,    131,    136,    158,    167,    171,    170,    195, 

198,  210,  211. 
Jean  l'Aveugle,  roi  de  Bohème  et  comte  de 

Luxemourg,    I,   217;   II,    75   à  89,   109,   152, 

167,  168,  183, 
Jean  sans  Terre,   roi  d'Angleterre,  II,  25. 
fean-Casimir,  comte  palatin,  II,  527. 
Jean  III,  roi  de  Portugal,  I,  514. 
Jean  le  Bel  (Le  chroniqueur),  II,  164. 
Jean,  bailli  de  Hesbaye,  II,  378. 
Jeanne,  comtesse  de  Flandre,  II,  34,  47. 
Jeanne  la  Folle,  reine  d'Espagne,  I,  506. 
Jeannot  le  bâtard,  I,  365,  367,  388,  393,  408, 

M,   413,   414,   420,   426,   437,  441  à  443,  451, 

452,   ICI,  469,  471,  495,  496,  503,  521,  574. 
ïemeppe,  commune  du  canton  de  Hollogne- 

aux-Pierres,    Liège,    I,    114,    124,    125,    183, 

363,  364,  402,  453,  459,  525,  579;  II,  215,  348. 

—  (Une  fosse  à),  II,  353. 


Jemeppe-sur-Sambre,    commune   du    canton 
de  Gombloux,  Namur,  I,  194. 

■h  ni'-ppe  (Le  seigneur  de),  I,  291.  —  (Raes 
de),  II,  171.  390. 

Jenelfe-en-Hesbaye,  commune  du  canton  de 
Waremme,  Liège,  I,  340,  342,  510. 

Jeneffe    (Baudouin    de),    I,    tableau    II.    — 
(Guillaume  de),  II,  67,  72. 

Jengum  (La  bataille  de),  II,  604. 

Jérusalem  (La  ville  de),  II,  42,  408,  631. 

Jérusalem  (Hélène  de),  II,  30. 

Jessé  (Le  Juif),  II,  558. 

Jesseren  (Le  seigneur  de),  I,  233. 

Jeumont  (Jean  de),  I,  124,  125,  199. 

Jodoigne  (La  ville  de),  II,  534,  537,  547. 

Joncout  (Jean  de),  II,  202. 

Joncs  (L'église  des),  II,  38. 

Jonghe  (La  bibliothèque  de  Th.  de),  II,  299, 
309,  312,  317,  332. 

Josses  (Thomas),  II,  306. 

Joueur  (Ernul  le),  I,  155. 

Jozé  (Jean-Pierre  de),  II,  305. 

Judice  (Marinus  de),  évêque  de  Tarente,  II, 
218. 

Julémont  (Le  seigneur  de),  I,  198.  —  (Simon 
de),  I,  40. 

Jules  II,  pape,  II,  343,  353. 

Jules  III,  pape,  II,  422,  481,  485. 

Julienne   (Sainte),   II,  612,   614. 

Juliers  (Le  duché  de),  I,  90,  148,  521;  II, 
222,  223,  232,  409,  410,  412,  532,  545,  546.  — 
(Les  ducs  de),  I,  93.  —  (Adolphe  de  Heins- 
berg,  duc  de),  I,  269.  —  (Gérard  VI,  comte 
de),  II,  76.  —  (Guillaume  III,  comte  de), 
II,  37,  38,  41.  —  (Guillaume  IV,  comte  de), 
I,  32;  II,  51.  —  (Guillaume  V,  duc  de),  H, 
79,  82,  168.  —  (Guillaume  VI,  duc  de),  I, 
71,  92;  II,  179,  194  à  196.  —  (Guillaume  VII, 
duc  de).  Voir  Guillaume  I  de  Gueldre, 
(Guillaume  VIII,  de  Berg,  duc  de),  I, 
333,  420,  444,  473,  489,  503,  506,  520,  534, 
•"'71.  —  (Jean  III,  duc  de  Clèves,  de  Berg 
el  de),  II,  359.  —  (Marguerite  de),  I,  205. 
—  (Marie  de),  I,  tableau  I,  575.  —  (Phi- 
lippine de),  I,  tableau  I.  —  (Renaud  IV, 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


G95 


duc  de),  I,  77,  201,  214.  —  (Waleran,  comte  10,   155,   449,   474;  II,   51,  426,   432,  576,  581, 

de),  I,  39,  43;  II,  79. 

Juliers  (Simon  de),  chanoine  de  Saint-Lam- 
bert, I,  47. 

.lunccis    (Le   seigneur   de),   I,   578.   —   (Jean 
de),  II,  383. 


582. 
Jupille  (Jean  de)  II,  187. 
Juppleu  (Cunégonde  de),  I,  112. 
.luprelle  (Renier  de),  H,  231. 
Justin,  II,  4. 


Jupille,   commune   du   canton   de   Liège,   I, 


K 


Katelen   (Le  lieu-dit),   I,  448. 

Keelheim  (Pierre  de),  II,  170. 

Keermans   (Marie),  I,  250. 

Kemexhe  (Allard  de),  dit  le  Mangon,  II, 
224,  226. 

Kerckem  (Martin  de),  I,  558,  559. 

Kerpen  (Le  château  de),  II,  590.  —  (Le  sei- 
gneur de),  I,  536.  —  (Elisabeth  de),  I, 
tableau  III. 

Kesselt  (Siger  de),  I,  186. 


Kettenis  (La  ville  de),  I,  223,  244. 

Kethule  (Jean  de),  I,  168. 

Keyser  (Jean  de),  I,  82. 

Kinkempois,    dépendance   d'Angleur,   I,   424, 

473. 
Kisto  (Renold  de),  abbé  du  Val-Dieu,  I,  544. 
Kriekelerebosch,  lieu  dit  de  Houppertingen, 

II,  110. 
Kuntgens   (Vincent),   I,   339. 
Kuypers  (Jean),  I,  339. 


La  Brouck,  dépendance  de  Glain,  II,  245. 

La  Cambre  (Abbaye  de),  II,  130. 

La  Chaussée,  village  du  département  de  la 

Meuse,  I,  38. 
La  Coque  (Philippe),  abbé  de  Saint-Nicaise 

de  Reims,  II,  88,  89,  163,  164. 
Lactance,  II,  4. 

Ladislas  VII,  roi  de  Hongrie,  I,  514. 
Laet  (Jean),  de  Looz,  II,  125. 
La  Haye   (Ville  de),   I,  209,  218;  II,  95,   132, 

134,  248,  352,  563. 
Lainons  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Laixhaut,  lieu-dit  à  Herstal,  I,  571,  572. 
Lalaing    (Antoine    de),    seigneur   de    Hoog- 

straeten,  II,  421,  477,  538,  549.  —  (Charles 

de),  II,  415.  —   (Marie  de),  I,  345,  430;  II, 

341.  —  (Solente  de),  I,  311. 
Lallemand  (Noël),  II,  319. 
Lambelteuze,  près  de  Boulogne,  II,  473. 
Lambert  (Gilles),  I,  156,  201. 
Lamberti  (Laurent),  I,  107,  156. 
Lambinon   (Jean),  de  Theux,  I,  368. 
Lambrecht  (Rémi),   II,  311. 


Laminne,    commune    du    canton    de    Wa- 

remme,  Liège,  I,  96;  II,  227. 
Laminne  (Raes  de),  II,  208,  410. 
Lampson   (Dominique),   II,   279. 
Lanaeken,   commune  du   canton   de  Merlu' 

len,  Limbourg,  I,  184. 
Lanaye,    commune   du    canton   de   Sichem- 

Sussen,  Limbourg,  II,  213,  394. 
Lancetrove  (Le  seigneur  de),  II,  170. 
Landelies,  commune  du  canton  de  Fontaine- 

l'Iîvêque,   Hainaut,  I,  291. 
Landen   (La  ville  de),  I,  481;  II,  35,  51,  181, 

185,  186,  266. 
Landrecies  (La  ville  de),  II,  454,  455,  458. 
Landris   (Le  manuscrit  de),  II,  329.  —  (Le 

chanoine  de),  I,  528. 
Landris  (Le  seigneur  de),  I,  441.  —  (Jacques 

de),  II,  203,  206.  —  (Jean  de),  II,  149,  164, 

173.  —  (Raes  de),  II,  165,  182. 
Landshut  (Louis  de  Ryke,  von),  II,  122. 
La  Neuville-sous-Huy,  commune  du  canton 

de  Huy,  Liège,  I,  53. 


696 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Langre-    (Rnl.erl    il'    .    evèque    de    Liège,    I, 

tô;  II.   17. 
Lannoy  (Philippe  de),  seigneur  . i.    Mol.in- 

baix,   II,   401,    159.   —   (Françoise   de),    II, 

[02 
Lantremenge   (Le  seigneur  de),  I,  198. 
i.iiii ïci one  (Gérard  «ici,  II,  170. 
Lantwaden  (Scole  de),  II,  170. 
i     m    La  ville  de),  II,  82. 
La  Ramée  (Abbaye  de),  I,  334. 
Lardier    (Baudouin    de),    I,    13.    —    (Fastré 

Baré  de),  1,  86,  87;  II,  206,  219.  —   (Henri 

de),  II,  178.  —  (Jean  de),  II,  157,  173.  — 

(Thibaut,  de),  II,  192. 
Laroche  (La  ville  de),  I,  479,  484. 

Roche  (Baudouin  de),  I,  107,  156,  165.  — 

(Jean  de),  I,  154,  45S,  524;  II,  229,  232. 
La  Rochelle   (La  seigneurie  de),  I,  325,  443, 

458,  483. 
La    Ruelle   (Sébastien,   la  mort  de),   II,  290, 

301,  302,  311  à  316,  333. 
La  Tombe  (Charles  de),  II,  245. 
Latinne,    commune    du    canton    d'Avennes, 

Liège,   1.  58,  59;  II,  171,  180,  181. 
La  Tour  (Mathieu  de),  II,  555. 
Latran   (Le  concile  de),   II,  39,  40,  353. 
La  Triche  (Engelbert  de),  II,  195. 
Launoy  (Jean  de),  abbé  de  Saint-Berlin,  I, 

350.  —  (Le  seigneur  de),  II,  255. 
Laval    (Louis    de),    II,    258.    —    (Monsr    de), 

II,  409. 
Lavaux  (Jean  de),  I,  tableau  IL 
Laveux   (Baret  de),  II,  253. 
La  Voie,  lieu-dit  à  Iges,  I,  590. 
Lavoir  (Gilles  de),  I,  ss;  II,  219  à  222. 
Léau    (La   ville   de),   I,   83,  250,  251,   390;  H, 

35,  45,  66,  79,  535,  5s', 
Le  Cathelan  (Le  nommé),  I,  496,  497. 
Lech    (Le  seigneur  de),   II,  170. 
Lecka  (Guillaume  de),  II,  224. 
Le  Cle.rcq    (Jean  Jacob,   dit),   I,   377. 
Le  Comte  (Pierre),  graveur,  II,  372  à  374. 
Leeuwarden  (La  ville  de),  II,  552. 
Le  Fort  (Jean-Gilles,  manuscrit  de),  II,  279, 

326. 
Leffe  (Abbaye  de),  II,  21.  —  (Le  pont  de), 

II,  49. 
Leissingen  (Le  comte  de).  II,  122. 
Le  Maire  (Lambert),  II,  241. 


Le  Moisne  (Jean),  II,  386. 

Lenculen  (L'échevin  de),  1,  172. 

Lens-Saint-Remy,  commune  du  canton  d'A- 
vennes,  Liège,  1,  395. 

i  ur-Geer,  commune  du  canton  de  Wa- 

remme,  Liège,  I,  197,  524. 

Léon  IX,  pape,  II,  12,  609. 

Léonard  (Le  ,111  .  I,  363,  556. 

Leonardi  (Le  carme  Hubert),  II,  117. 

Leonius,  châtelain  de  Bruxelles,  II,  36. 

Léopold  VI,  duc  d'Autriche,  II,  41.  — 
(L'archiduc),  II,  440. 

Lépante   (La  bataille   de),   H,  556. 

Le  Sem  (Colinet),  II,  178. 

Leuth  (Le  seigneur  de),  II,  77. 

Lévrier  (Jean  de),  I,  445;  II,  251. 

Lewenberg  (Henri  de),  I,  tableau  I.  —  (Le 
seigneur  de),  I,  116,  176. 

Lewis  (Jérôme  de),  I,  582. 

Lewis  (Mathias  de),  le  chroniqueur,  H,  5,  6, 
192. 

Lexhy  (Le  château  de),  I,  411.  —  (Le  sei- 
gneur de),  I,  598. 

Lexhy  (Ernest  de  Wihogne,  dit  de),  II,  511. 
—  (Gertrude  de),  II,  347. 

Leyde  (La  ville  de),  I,  589;  II,  353,  552, 

Leyde  (Jean  de),  II,  388.  —  (Walter  de),  I, 
82.  —  (Le  burgrave  de),  I,  198. 

Leyen  (Henri  de),  évêque  de  Liège,  I,  22, 
25;  II,  610. 

Lez  (Henri  de),  le  prévôt,  II,  21. 

Libermé  (Jacques  de),  I,  400,  580. 

Libert  (Le  frère),  suffragant  de  Liège,  I, 
553. 

Libon  (Jean),  I,  553,  554. 

Lichtenberg,  village  près  de  Gronsfeld,  I, 
182,  183,  568. 

Liège.  —  (Le  pays  et  la  ville  de),  passim.  — 
(La  cathédrale  Saint-Lambert  à),  I,  491, 
526;  II,  66,  194,  228,  293,  300,  310,  354,  370, 
385,  386,  420,  433,  491,  520,  55S,  559,  565, 
566.  —  (Les  églises  secondaires  de),  II, 
369,  384,  392,  663.  —  (L'archidiaconé  de), 
II,  609.  —  (La  collégiale  Saint-Barthélémy 
à),  II,  112,  403,  433,  556.  —  (La  collégiale 
Sainte-Croix  à),  I,  97,  139,  159;  II,  596.  — 
(La  colléigale  Saint-Denis  à),  I,  146;  II, 
379,  381,  556,  571,  596.  —  (La  collégiale 
Saint-Jean-Évangéliste  à),  I,  205,  450,  498, 


DES  NOMS  DE  PERSOMNES  ET  DE  LIEUX. 


(i«J7 


522,  570,  581;  II,  108,  151,  540,  55G,  580,  587. 
-  (La  collégiale  Saint-Martin  à),  I,  113;  II, 
112,  305,  347,  379,  381,  406,  501,  536,  556, 
587,   615.   —   (La   collégiale   Saint-Paul   à), 

I,  12,  57,  204,  512,  529;  II,  20,  554,  556,  557, 
578,  587,  649.  —  (La  collégiale  Saint-Pierre 
à),  I,  19,  527;  II,  112,  370,  432.  —  (Les 
églises  paroissiales  de),  I,  13,  14,  23,  436; 

II,  301,  315,  405,  406,  612  à  614.  —  (Saint- 
Adalbert  à),  II,  556,  590,  591.  —  (Sainte- 
Aldegonde  à),  II,  612.  —  (Sainte-Catherine 
à),  II,  622.  —  (Sainte-Claire  à),  II,  550.  — 
(Saint-Clément  et  Saint-Trond  à),  II,  612. 

—  (Saint-Christophe  a),  II,  20,  542,  548, 
550.  —  (Sainte-Foi  à),  II,  490.  —  (Saint- 
Georges   à),   II,   490.  —   (Saint-Hubert  à), 

I,  364.  —  (Saint-Jean-Baptiste  à),  II,  369, 
612.  —  (Saint-Martin-en-Isle  à),  II,  433.  — 
(Saint-Michel  à),  II,  613.  —  (Saint-Nicolas- 
aux-Mouches  à),  I,  494.  —  (Saint-Nicolas- 
Outre-Meuse  à),  II,  432.  —  (Notre-Dame- 
aux-Fonts  à),  II,  29,  369.  —  (Saint-Pholien 
a),  II,  432.  —  (Saint-Remy  à),  II,  556.  — 
(Saint-Servais  à),   I,   377;  II,   556,  557,  596. 

—  (Saint-Séverin  à),  I,  204;  II,  115.  — 
(Sainte-Véronique  à),  II,  433.  —  (La  cha- 
pelle Sainte-Rarbe  à),  II,  622.  —  (Le 
prieuré    de    Saint-Laurent    à),    I,    142,    143. 

—  (Le  prieuré  île  Saint-Léonard  à),  I,  20, 
21.  —  (Le  prieuré  de  Saint-Nicolas-en- 
Glain  à),  II,  21.  —  (Les  monastères  de), 

II,  310.  —  Les  abbayes  de  :  (Beaureparl 
à),  I,  27,  40,  201,  212,  369,  386,  404,  407,  426, 
433,  437,  463,  509,  510,  556,  611,  653.  —  (Les 
Écoliers  à),  I,  371,  435,  438;  II,  45,  369,  372, 
558.  —  (Saint-Gilles  à),  I,  137,  356;  II,  18, 
20,  369,  386,  504,  533,  537,  542,  548,  550,  551, 
603,  611,  612,  653.  —  (Saint-Jacques  à),  I, 
20,  25,  137,  142  à  144,  151,  178,  356,  375,  404, 
407,  494,  527,  534;  II,  24,  118,  169,  194,  211, 
237,  335,  369,  403,  504,  533,  536,  556,  586, 
619,  646,  649,  653.  —  (Saint-Laurent  à),  I, 
15,  26,  105,  106,  137,  142,  218,  219;  II,  20, 
25,  40,  47,  97,  99,  115,  211,  243,  244,  245. 
328,  341,  369,  463,  500,  504,  536,  537,  542, 
543,  548,  550,  552,  559,  567  à  571,  586,  592, 
629,  653.  —  (Robermont  à),  I,  49,  405;  II, 
388,  426,  428,  555.  —  (Val-Renoît  à),  I,  361; 
II,  379,  537,  543.  —  Les  couvents  des  :  (Au- 

TOMK    II. 


gustins  à),  II,  364,  376,  429,  558.  —  (Bons 
Enfants  à),  I,  20,  21,  141,  383,  512;  II,  345. 

—  (Carmes  à),  II,  231,  556.  —  (Carmélites 
à),  II,  251,  257.  —  (Chartreux  à),  I,  23,  40, 
357,  358,  359,  376,  405,  407,  570,  576  à  581; 
II,  117,  188,  570,  577,  579,  591,  611,  615,  64 

—  (Croisiers  à),  I,  540;  II,  379,  556.  —  (Do- 
minicains à),  I,  91;  II,  222,  557.  —  (Guil- 
lemins  à),  I,  424,  512;  II,  55,  210,  211.  — 
(Hiéronymites  à),  I,  383,  501,  502,  506;  II, 
342,  343,  596,  649.  —  (Jésuites  à),  II,  316, 
521,  523,  556,  596,  649,  661.  -  (Lollards  à)! 
II,  345,  360,  365,  377,  496,  505.  —  (Minil 
à),  II,  613.  —  (Mineurs  à),  I,  28,  490;  II, 
47,  369.  571,  578.  -  (Récollets  à),  II,  345, 
346.  —  (Sœurs  Grises  à),  I,  485;  II,  230, 
352,  556.  —  (Sépulchrines  à),  I,  512.  —  Les 
hospices  de  :  (Saint-Abraham  à),  II,  573, 
612.  —  (Sainte-Agathe  à),  I,  377.  —  (Cor- 
nillon  à),  II,  188,  377,  425,  555,  611,  612, 
615.  —  (Les  Coquins  à),  II.  18,  19,  381.  — 
(Mère-Dieu  à),  II,  300.  —  (Saint-Geoi-.s 
à).  I.  134.  —  (Tirebourse  à),  II,  258,  550, 
614.  —  (Saint-Mathieu  à),  I,  404,  407,  409, 
425,  521;  II,  29,  366.  -  (Pauvres  en  Ile  à), 
II,   425,   622.   —   (Mont-de-Piété  à),   II,   666. 

—  (Ermitage  de  Saint-Maur  à),  II,  242.  — 
(Les  échevins  de),  I,  89,  89;  II,  617,  645, 
017,  665.  —  (Conseil  ordinaire  de),  II,  357, 
651,  652.  —  (Les  Vingt-Deux  de),  I,  73,  89; 
II,  154  à  157,  294,  608,  616,  657  à  659.  — 
L'officialité,  I,  98,  139;  II,  382.  —  Dix 
Hommes,  II,  621.  —  (Les  32  métiers  de), 
I.  134;  302,  308.  -  (Les  drapiers  de),  H, 
520.  —  (Les  arbalétriers  de),  II,  490,  528, 
568.  621,  640,  648,  663,  667.  —  (Les  arquebu- 
siers de),  II,  490,  528,  549,  663,  667.  —  (Les 
remparts  de),  II.  294,  343,  316,  390,  403, 
406,  418,  532,  540.  574,  577,  610,  657,  660,  605. 

-  Les  portes  de  :    (Amercœur  à),    I,   356, 
358;  II,  117,  361,  543,  550,  555,  556,  557,  576. 

—  (Saint-Léonard  à),  I,  356;  II,  406,  415, 
'27,  128,  510,  573.  —  (Sainte-Marguerite  à)! 

I,  363,  364.;  II,  465,  466,  555.  —  (D'Avroy  à), 

II,  364,  383.  -  (Du  Resteau  à),  II,  550.  - 
(Sainte-Walburge  à),  I,  353,  389;  II,  130, 
416,  418,  422,  544,  568,  576,  667.  —  Les  ponts 
des:  (Arches  à),  I,  124,  126,  203,  216,  363, 
364,  425,  494;  II,  327,  574,  615  à  618,  622,  634^ 

88 


(m 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


648,  667.  —  (D'Amercœur  à),  I,  114,  183, 
363;   II.   385,    111,    132,  630.  —   (D'Avroj    à  , 

I,  363;  II,  482,  423,  542,  544,  548,  557.  — 
(D'Ile  à)  I,  216;  II.  558,  559,  564,  620.  —  (Al 
Creyr  à),  II.  490.  —  (Saint-Nicolas  à),  I, 
363,  364.  —  (Saint-Laurent  à),  II,  494.  — 
(Saulcj    a  .    II.    495.    —    Les    tours    des  : 

Brasseurs  a),  II,  578,  579.  —  (Bouillon  à), 

II.  610.  --  (Croisiers  à),  II,  540.  —  Les 
halles:    (Aux   grains   à),    II,   561,   565,   566. 

—  (Des  bouchers  à),  II,  390,  413,  417,  420.  — 
(Le  marché  à),  II,  346,  3S3.  —  (Marché 
aux  porcs  à),  I,  134.  —  (Aux  poissons  à), 

I,  353.  —  (Le  Perron  à),   II,  622,  630,  639. 

—  (La  Violette  à),  I,  123,  124,  210,  353,  524; 

II,  557,  640.  —  (Le  Destroit  à),  I,  113,  210; 
II,  401.  —  (Le  Palais  à),  I,  566;  II,  346,  319, 
368,  381,  384,  386,  387,  650,  652.  —  (La  fon- 
taine  du  marché  à),  I,  37;  II,  555,  615.  — 
(La  citadelle  à),  II,  298.  —  (Le  moulin  des 
Awes,  IL  348.  —  Rues  et  lieux-dits  :  (En 
Avroy  à).  I.  11,  525,  544;  II,  599,  600,  634.  — 
(La  Castrée  à),  II,  211,  614.  —  (La  Batte  à), 
II,  416,  417,  565.  —  (A  Bayart  à),  II,  445, 
550.  —  (En  Bêche  à),  I,  358;  II,  390,  543, 
556,  558.  —  (Les  Beggards  à),  II,  406,  422, 
573.  —  (Boverie  à),  II,  542,  550,  551.  —  (En 
Brigebo  à),  I,  454.  —  (En  Chafour  à),  II, 
572.  —  (Coronmeuse  à),  II,  576,  580,  581.  — 
(Favèchamp  à),  II,  565.  —  (Féronstrée  à), 
II,  610,  620.  —  (Rue  des  Foulons  à),  II, 
432.  —  (Fragnée  à),  II,  167.  —  (Froid- 
mont  à),  II,  171.  542,  551.  —  (Gravioulle 
à),   I,  404,  530;  IT,  390.  —  (Hocheporte  à), 

I,  355,   148;  II.  555,  630.  —  (L'île  Hochet  à), 

II,  167.  —  (Hongrée  à),  II,  416,  418.  — 
(Hors-Château  à),  II,  368.  —  (Ile-le-Duc  à), 
II,  634.  -  -  (Place  Verte  à),  II,  423.  — 
(Roland  gouffre  à),  I,  440:  II,  422,  665.  — 
(Outremense  à),  II,   490,  540,  548,  550,  551. 

—  (Sauvenière  à),  II,  465,  466,  615.  — 
(Quartier  de  Saint-Julien  à),  I,  363.  — 
(Au  Royn  à).  I,  377.  —  (Saint-Léonard  à), 
II,  431,  432,  558.  —  (Sainte-Marguerite  à), 
II,  647.  —  (Saint-Séverin  à),  II,  465.  — 
(Sainte-Walburge  à),  II,  490,  621.  —  (Ver- 
court  à),  I,  134;  II,  417.  —  (Vinave  d'il.  , 
II,  413.  —  (Vivegnis  à),  II,  490.  —  (Volière 
à),   II,   360,   365.   —    (Wez   à),   II,   353,   425, 


428,    640.    —    (Xhovémont    à),    II,    630.    — 
Maisons  du  Croissant  d'argent  à),  I.  584 

—  (Du  Torrent  à),  I,  528.  —  (Des  Balances 
à),  I,  366.  —  (Hôtel  délie  Waige  à),  II,  464. 

—  (Artillerie  de  la  ville  de),  II,  528,  592,  — 
Utaque    de    l  ii en   1568,    II,   535   à   552, 

605,  606.  —  (Le  buste  de  Saint-Lambert  à), 
II.  350,  351.  —  (Le  carillon  de),  II,  564.  — 
(Les  clefs  magistrales  de1,  II,  424,  663.  — 
Description  du  pays  de  Liège,  II,  298,  301. 
(Comptes  communaux  de),  II,  299,  3R7, 
388.  —  Destruction  en  1468,  II,  118,  119, 
299,  304,  311,  630,  637.  —  (Les  élections 
magistrales  de),  II,  61s,  619.  —  (Épidémies 
et  pestes  à).  I.  190,  515;  II,  92,  93,  183,  190, 
375,  379,   106,   '.10.  508,  577.  —  (Famines  à), 

I,  400,  '.01.  406,  452,  455,  460,  463,  467;  II, 
20,  -.'fi,  388,  419,  125,  446,  448,  467,  491,  492. 
509,  511,  515,  516,  519,  520,  574,  592,  599, 
600,  615,  640,  645,  647,  659.  —  (Les  Flagel- 
lants à),  II,  93.  —  (La  fermeté  de),  II,  77. 

—  (Les  foires  à),  II,  156,  157.  —  (L'hérésie 
à),  II,  308,  320,  381,  384,  386,  387,  461,  492, 
498,  499,  501,  652.  —  Impôts  gabelles,  capi- 
tations,  I,  550;  II,  299,  301,  318,  384,  390, 
423,  424,  512,  574,  599,  632,  633,  634,  643, 
653.  —  (Inondations  à),  I,  99,  126;  II,  138, 
197,  231,  392,  403,  446,  496,  508,  514,  515, 
555,  617,  649.  —  (Interdits  à),  I,  75;  II,  253. 

—  (Joyeuses  entrées  à),  I,  570;  II,  356, 
360,  378,  405,  412,  413,  419,  490,  492,  503, 
512.  —  (Les  Lombards  à),  I,  55,  57;  II,  62, 
248.  —  (Loterie  à),  II,  496.  —  (Mal  Saint 
Martin  al,  II,  71,  307.  —  (La  neutralité  de), 

II,  299,  655,  656.  —  (Orales  et  tempêtes  à), 
II,  406,  408,  425,  428,  432,  493.  —  (Police 
des  vivres  à),  II,  375,  377.  —  (Processions 
et  reliques  à),  I,  26,  380,  381,  384,  392;  II, 
26,  315,  322  352,  306,  369,  370.  —  (Tableau 
de  la  dévastation  de),  II,  289.  —  (Trem- 
blements   de    terre    à),    I,    84,    97;    II,    431. 

—  (Tombeau  d'Erard  de  la  Marck  à),  II, 
"72  à  374.  —  (Tumultes  et  séditions  à), 
I,   403,   405,   458,   460;   II,   352,   460  à  465.  — 

Vues  de),  II,  301. 
Liège    (Jean   de),    abbé   de   Beaurepart,    II. 

201,  212. 
Lierneux,  commune  du  canton  de  Stavelot, 

Liège,  II,  221. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


099 


Lierneux  (Julienne  de),  II,  251. 

Lierre   (La  ville  de),   I,  513;  II,   452.  —   (Le. 

doyen  de),  I,  149. 
Liers,  commune  du  canton  de  Fexhe-Slins, 

Liège,  I,  465,  571;  II,  171,  642. 
Liers    (Bertrand   de),   I,   89,  98;   II,    17^,    198, 

209.  —  (Conrard  de),  II,  100.  —  (Jean,  le 

voué  de),  I,  204,  582;  II,  169. 
Lietbert,  évoque  de  Cambrai,  II,  14. 
Liewenborg   (Henri  de),  II,  170. 
Ligne  (Le  seigneur  de),  I,  198.  —  (Le  comte 

de),    IL   545.   —   (Jean),   seigneur   de   Bar- 

bançon,     II,    402.    —     (Jean    de),    comte 

d'Aremberg,    II.   421,   533. 
Ligny  en  Barrois  (La  ville  de),  II,  456. 
Lille   (La  ville  de),  I,  125.  —  (Le  châtelain 

de),  1,  254.  —  (Hérésie  à),  II,  517. 
Lille-Saint-Pierre,      commune      du     canton 

d'Herenttials,  Anvers,  I,  225. 
Limbourg   (Le   duc  de),   I,  242;  II,   106,   221, 

264.   —   (La   ville   de),   I.   90,   244,   436,   450, 

159,  462,  465,  469,  471,  550;  II.  178,  259,  385, 

388,  411,  587,  611,  635.  —  (Le  châtelain  de), 

I,  244.  —  (Le  château  de),  I,  417. 
Limbourg  (Henri  II,  duc  de).  I,  16;  II.  16, 

32,    45.    —    (Marguerite    de).    II,    33.    — 

(Simon  de),  il,  42. 
Limbourg  (Albéron  de),  II,  366.  —  (Gilbert 

de),    II,    324,    —    (Léonard    de),    abbé    de 

Beaurepart,  II,  386. 
Limousin  (Le),  II,  188. 
Lincent,    commune   du   canton   de   Landei 

Liège,  II,  534. 
Lingen  (Georges,  comte  de),  II,  122. 
Linkoven  (baron  de),  II,  302. 
Lippe   (Ermengarde  de  la),  I,     6 
Lisbonne  (La  ville  de), 
Lisieux  (L'évêque  de),  I,  211,  263. 
Liverlo  (La  douairière  de),  II,  319. 
Lixhe,  commune  du  canton  de  Fexhe-Slins, 

Liège,  I,  366,  587;  II,  207. 
Lobbes   (L'abbaye  de),  II,  504,  589,  653. 
Lochias  (La  ville  de),  II,  134. 
Lodron  (Le  comte  Albéric  de),  II,  538,  557, 

602. 
Loen  (Jean  Conrard,  dit  de),  I,  490. 
Loen     (Arnould),     de    Kemexhe,    abbé    de 

Saint-Laurent,  II,  244,  250.  —  (Henri  de), 

I,  204. 


Loerer  (Jean  le),  II,  103,  104. 

Loesberch   (Le  château  de),  II,  252. 

Logne  (Le  château  de),  I,  365,  307,  390    H  !, 

114,  421,  481,  483,  484,  493,  496,  531;  II. 

355,  361,  362,  363,  572,  599. 
Lohierville    (Simon  de),   abbé  de  Val-Dieu, 

I,  544,  590. 

Lombard  (Célestin),  I,  67. 

Lombard  (Lambert),  II,  377. 

Loncin,  commune  du  canton  de  Hollogne- 
aux-Pierres.  Liège,  II,  124.  —  (La  chro 
nique   de),   II,   328.   —   (Le   seigneur   de  . 

II,  503. 

Loncin  (Conrard  de),  II,  85.  —  (Henri  de), 
II,  191.  —  (Jean  de),  I,  543.  —  (Oger  de), 
abbé  de  Saint-Laurent,  II,  5ij*. 

Londres  (La  ville  de),  II,  497. 

Longcliamp-le/.-Paris,   I,   48. 

Longchamp  (Barthélemi  de),  abbé  de  Saint 
Laurent,  I,  463.  —    Gérard  de),  II,  170.  — 
(Le  seigneur  de),  I,  481. 

pré  (Le  château  de),  I,  78,  586. 

Longueval  (Le  seigneur  de),  11,  152,  155,  163. 

Lontzen  (Coune  de),  II,  173,  174. 

Loobosch  (Jean  de),  I,  253;  II.  74. 

Looz  (Le  comté  de),  I,  70;  82,  83,  —  (La  ville 
de  ,  !,  202,  280,  331,  127,  451;  II,  98,  105,  108, 
138,  238,  262,  578,  583.  —  (L'église  de), 
II.    19 

Looz  (Les  comtes  de),  I,  tableau  I,  III  et  IV 
—  (Aleyde  de),  II,  24.  —  (Arnould  IV. 
comte  de),  I,  32;  II,  51.  —  (Arnould  V, 
comte  de),  I,  36,  39,  43,  585;  II,  55,  68, 
76.  —  (Arnould  VI,  comte  de),  II,  72.  74, 
75.  —  (Gérard  de),  II,  24.  —  (Imène  de), 
II,  24,  33.  —  (Jacques  de),  seigneur  d'Agi- 
mont,  I,  96.  —  (Jean  de),  I,  tableau  II.  — 
;,,,,,  (je)]  seigneur  de  Heinsberg,  Roche 
fort  et  Agimont,  I,  116,  121  à  123,  160,  164, 
170,  202,  210,  588;  il,  68,  189.  —  (Jeanne  de), 
II,  182.  —  (Louis  I,  comte  de),  II,  2'i.  — 
(Louis  II,  comte  de),  28,  41,  43,  79,  152, 
I  9.  —  (Marguerite  de),  II,  189.  —  (Marie 
di  .  II,  1*9,  225.  —  (Otton  de),  II,  17.  — 
(Thierry  de),  seigneur  de  Heinsberg,  I,  iv; 
II,  79,  82,  87,  94,  150,  155  à  158,  164,  1GS, 
i   189. 

Looz  (Jacques  de),  prieur  des  Chartreux,  I, 
577,  579. 


700 


INDEX  ALPHABETISE 


;  i    .,,   de  .   le  chroniqueur,  I,  341;  II, 

s,    141,   142,  237,  274,   WO,  607. 
Lorraine    (Le    duché    de  ,    II,    W9,   425,    170, 

538.  --  (  Antoine  le  Bon,  duc  de),  II,  137, 

367,  637.  —  (Charles  II,  de),  II,   181,   187; 

II,  637.  —  (François  I,  duc  de),  II,  137.  — 
René  il.  duc  de),  I,  313.  —  (Thibaul  II, 

duc  de),  I,  GO,  Gl;  il,  11. 
Lorraine    Jacques  de  .  évêq le  Metz,  11. 

46.    —    (Jean,    cardinal    de),    évoque    de 

Metz,  H.  157.  —  (Marguerite  do),  1,  430.  — 

(Catherine  de),  I,  237. 
i  mus  le  Hutin,  roi  de  Navarre  et  de  Fi 

I,  48. 

i  ouis  i\,  roi  de  France,  II,  52. 
Louis  M.  i"i  de  France,  I,  229,  240,  241,  254, 
's-,,  299,  372,  519;  H.  113,  11'.',  257  à      i9 

363,    !64,  303.  621,  623,  637. 
Louis  MI,  roi  de  France,  I,  520,  545;  II.  354, 

647. 
i  Il,  roi  de  Hongrie,  I,  514. 

Louis  III  et  IV,   électeurs   palatins,   I,   315. 

—  Louis  V,  comte  palatin,  II,  359. 

!  oui      lean),  le  unier,  il,  128. 

Louppy  (Le  château  de),  I,  81;  II,  215. 

I  ivain  (La  ville  de),  I,  82,  1GS,  217,  274, 
275,  280,  330,  332,  335  5  337,  ::',7,  374,  375, 
386,  433,  484,  583;  II,  86,  177,  185  à  187,  247, 
219,  267,  385,  302,  303,  410,  444,  502.  538, 
547,  560,  626.  —  (L'église  Saint-Pierre  à), 

II,  17,  257.  —  (L'église  Saint-Jacques  à), 
l    491.  _  (L'Université  de),  I,  491;  II,  381. 

—  (Le  siège  de),  II,  407,  408.  —  (Les  Mi- 
neurs de),  I.  25::.  —  (La  peste  5),  I,  385; 
H,  5RS.  —  (Le  bois  Saint-Vincent  à),  II, 
535.  —  (Le  Val-Saint-Martin  à),  I,  216. 

Louvain  (Barthélemi  de),  I,  579.  —  (Jean 
de),  bailli  de  Thuin,  II,  187.  —  (Marie  de), 
II,  43. 

Lovenberch  (Michel),  I,  235. 

Lovenstein  (Château  de),  II,  55G. 

Loverval  (Le  seigneur  de),  II,  534. 

Lowaige,  commune  du  canton  de  Tongrcs, 
Limbourg,  I,  204 

Lucain,  II,  4. 


LilciTiir    (La    ville    de   .    L    -H 

i  i  ciendael  lez  Saint-Trond,    II,  240. 

Lumay  (Le  srigneur  de),  IL  561, 

Lûmes  [Le  château  de),  II,  428. 

Lummen,    commune   du    canton   de    Hercl 
la  \  ille,    Limbourg,    II,    632,    635.    —    (Le 
seigneur  de),  il,  24,  446,  535,  587.  —  (Alice 
de  ,  il.  103.  —  (Arnould  de),  I,  tableau  1. 
—  (Yolande  de),  L  tableau  III. 

Lunes  (Pierre  de),  I,  164. 

Lusignanus    (Hugo),    cardinal    de   Chypi 

II,  05. 

Lust  (Frédéric,  comte  de),  II,  122. 

Luther   (Martin),   II,  290,  291,  358. 

Luxembourg  (Le  pays  de),  II,  409,  487.  — 
(La  ville  de),  II,  ',15,  451  5  458,  464,  480, 
534,  572,  G18. 

emlmnrp  (Baudouin  de),  archevêque  de 
Trêves,  II,  75,  79.  —  fErmesinde  de),  II, 
4L  —  (Françoise),  I,  372.  —  (Guy  de), 
:  mte  de  Saint-Pol,  I,  72;  II,  195.  — 
(Henri  I,  comte  de),  II,  14.  —  (Henri  III, 
comte  de),  II,  50,  51.  --  (Henri  IV),  I, 
45,  585;  II,  54.  —  (Henri  V),  I,  30,  G0  à  66; 
II,  67,  69.  —  (Isabelle  de),  II,  68.  — 
(Jacqueline  de),  I,  385.  430.  —  (Jean  de), 
roi  de  Bohême,  I,  217;  II,  75  à  89,  109, 
152,  167,  168,  183.  —  (Jean  de),  archevêque 
de  Mayence,  II,  196.  —  (Louis  de),  comte 
Saint-Pol,  I,  254.  —  (Louise  de),  I,  430.  — 
(Philiberte  de),  I,  338.  —  (Philippine  de), 
H,  79.  —  (Waleran  de),  comte  de  Saint- 
Pol,  I,  65,  175,  217;  II,  41,  40,  07,  234,  — 
(Wenceslas  L  'lue  de),  I,  70,  77  à  84;  11, 
SI,  lfts\  170,  181,  184  à  188,  193  à  196,  '"5. 
200  à  213,  217,  218.  —  (Wenceslas  II, 
empereur,  roi  de  Bohême,  duc  de),  I,  102, 
587;  II,  211,  233. 

Luxeuil  (L'abbé  de),  II,  135. 

Luyck  (Richard   de),  I,  141. 

!  uyde   (Arnold),  de  Tongres,  II,  2,  389. 

Lyon  (La  ville  de),  1,  50,  60,  61,  555;  H,  452, 
107.  —  (Le  Coneilc  de),  II,  49,  62.  —  (Le 
sénéchal  de),   II,  626. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


701 


M 


Maçon  (Le  bailli  de),  II,  626. 

Macquea   (Le  lieutenant),  II,  363. 

Madrid  (La  ville  de),  II,  497. 

Maele  (Louis  de),  comte  de  Flandre,  I,  84; 
II,  81,  184,  185,  186,  215,  217.  —  (Margue- 
rite de),  II,  81. 

Maeseyck  (La  ville  de),  I,  98,  202,  397  à  399, 
407,  539;  II,  190,  202,  204,  206,  262,  518,  523 
à  527,  530,  541.  —  (La  collégiale  de),  II, 
609.  —  (Le  couvent  de  Saint-Agnès  à),  II, 
249.  —  (L'hérésie  à),  II,  601.  —  (La  peste 
à),  II,  595. 

Maesland-Sluis  (La  bataille  de),  II,  564. 

Maestricht  (La  ville  de),  I,  34,  45,  73,  90,  97, 
100,  101,  104  à  106,  109  à  121,  147,  150, 
153,  160  à  195,  201,  202,  209,  215  à  217,  220, 
230  à  232,  288,  289,  309,  338,  339,  34s,  350 
à  352,  357,  361,  364  à  368,  373,  377  à  381, 
390,  396,  397,  400  à  413,  418  à  422,  443  à  450, 
459,  462,  473  à  490,  499,  508  à  517,  522  à 
528,  536  à  544,  550,  558  à  568,  579,  588;  II, 
32,  37,  46,  57  à  59,  76  à  78,  87,  90,  98,  101. 
117,  119,  124,  126,  131,  134,  136,  174  à  177, 
186,  198,  203  à  214,  221,  222,  232,  233,  241, 
246  à  24-8,  255,  266,  269,  270,  272,  331,  351, 
360,  403,  409,  419,  529  à  533,  546,  570,  574  à 
592,  605,  617,  619,  644  à  647,  655.  —  (L'église 
Sain-Servais  à),  I,  523;  II,  5,  9  à  12,  31, 
567.  —  (L'église  Notre-Dame  à),  I,  159;  II, 
609.  —  (La  peste  à),  II,  379.  —  (Un  plan 
de),  II,  324.  —  (Le  pont  de),  I,  37;  II,  55. 

—  (Rébellion  à),  I,  58,  59;  II,  352,  518  à 
525.  —  (Siège  de),  I,  109,  144;  II,  294,  307, 
311,  593  à  597.  —  (Le  tombeau  de),  II, 
511  à  513,  643.  —  (Le  traité  de),  I,   xxv. 

—  (L'hérésie  à),  II,  601. 
Magdebourg   (L'évêque  de),  II,   17,   196. 
Maisières   (La  ville  de),  II,  36-4,  461. 
Majorque   (L'île),  I,  235. 

Malaga  en  Indes,  II,  353. 
Malaise,  lieu-dit  à  Dinant,  II,  441. 
Malavilla   (Jean  de),  I,  549. 
Mnlchaer   (Gilles  et  Collard),  I,  156. 
Malcontents   (Les  États),  II,  575,  593. 
Malherbe  (Georges),  de  Theux,  II,  394. 


Malignot  (Le  marquis  de),  II,  469. 

Malines  (La  ville  de),  I,  60,  61,  93,  372,  374, 
432,  437,  486,  519,  529,  589;  II,  51,  57,  66,  80, 
81,  83,  147,  184  à  187,  238  à  240,  256,  344, 
561,  562,  579,  583,  584.  —  (L'église  Saint- 
Pierre  à),  I,  203.  —  (L'église  Saint-Rom- 
baud  à),  I,  159,  491;  II,  609.  —  (Une 
catastrophe  à),  II,  371,  419,  470.  —  (Le 
pillage  de),  II,  288.  —  (Le  Parlement  de), 
II,  377. 

Malines  (Arnold  de),  I,  379.  —  (Guillaume 
de),  I,  45. 

Malle   (Olivier  de),  I,  85,  154;  II,  225. 

Malmédy  (La  ville  de),  I,  520,  521;  II,  572. 

Malmédy  (Rémi  de),  I,  579,  580. 

Malmesluirg   (Guillaume  de),   II,  6. 

Malonne   (L'abbé  de),   II,  504,  654. 

Mais   (Jean  de),  I,  46,  47. 

Malte   (L'île  de),  II,  365,  511,  524. 

Malxhureit  (Renard  de  Schoenau,  dit),  I, 
181. 

Mamberfontaine,  lieu-dit  près  de  Boulogne, 
II,   467. 

Manderscheit  (Christophe  de),  abbé  de  Sta- 
velot,  II,  504. 

Mandeville  (Jean  de),  I,  197,  479. 

Manethon,  II,  2. 

M;mez  (Nicolas),  abbé  de  Neufmoustier,  II, 
5iii. 

Mangoullez  (Jean),  II,  180. 

Mangon  (Allard  de  Kemexhe,  dit  le),  II, 
224,  226.  —  (Jean  le),  II,  ISO. 

Manouris  (Le  capitaine),  I,  375. 

Mansfeld  (Jean-Gérard  de),  archevêque  de 
Cologne,  II,  494.  —  (Pierre-Ernest  de),  II, 
421,  428,  463. 

Mantoue  (Le  prince  de),  II,  570. 

Mantuel  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Manupello  (Thomas  Ursinus,  dit  de),  II,  218. 

Mar  (Isabelle  de),  I,  197.  —  (Le  comte  de), 

I,  197. 

Marbais  (Alard  de),  II,  90.  —  (Philippe  de), 

II,  534. 

Marbaise   (Le  chanoine),  II,  544. 
Marcelis  (Lambert),  II,  466. 


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INDEX  ALI>HAHÉTK>11K 


Uns,  1,  9. 

M ni     lean  le),  i,  557. 

Marche  (La  ville  de),  II,  213,  344.  —  (La 
paix  de),  11,  574,  575,  585. 

Marchienne  (La  ville  de),  1,  194. 

Marck   (Le  pays  de),  I,  136.  —  (La  famille 

,    1,    lai.  1. -au   111,   :!'.);  11,  82,  88,  181,  561. 

—  (La  conjuration  des  la),  II,  452. 

Marck  (Adolphe  de  la),  évêque  de  Liège, 
I,  55,  56,  2U5,  586;  II,  63,  146  à  160,  167,  188, 
189,  555.  —  (Englebert  de  la),  évêque  de 
Liège,  II,  84  à  94,  161  à  191.  —  (Erard  de 
la),  évoque  de  Liège,  I,  562,  576;  II,  129, 
142,  300,  308,  311,  314,  315,  320,  336,  340  à 
400,  498,  574,  649  à  654.  —  (Adolphe  II, 
comte  de  la),  II,  79,  152.  —  (Adolphe  de 
la),  seigneur  de  Ravenstein,  I,  278.  —  (An- 
toine  de  la),  abbé  de  Beaulieu,  II,  361.  — 
(Apollonie  de  la),  I,  436,  511.  —  (Charles 
de  la),  I,  49.  --  (Cunégonde  de  la),  I, 
tableau  1.  —  (Elisabeth  de  la),  I,  176.  — 
(Englebert  III  de  la),  II,  190.  —  (Everard 
de   lai,    I,    tableau   I,   43;   II,   189,   193,   212, 

222,  225.  —  (Everard  II  de  la),  seigneur 
de  Neufchâteau  et  d'Aremberg,  I,  108,  132, 
135;  II,  234,  621.  —  (Everard  III  de  la), 
seigneur  de  Neufchâteau  et  d'Aremberg, 
1.  272,  352  à  420,  431  à  485,  492,  493,  494, 
497,  500,  508,  510,  528,  577,  582;  II,  126,  128, 
266.  —  (Everard  de  la),  seigneur  de  Dur- 
buy  et  d'Agimont,  I,  493.  —  (Everard  IV 
de  la),  1,  511,  512,  531,  555,  561,  569;  II,  379, 
647.  —  (Gérard  de  la),  I,  200.  —  (Guil- 
laume I  de  la),  seigneur  de  Lummen,  I, 

223,  324  à  339,  346  à  353,  393,  407,  426,  440, 
492,  511,  569,  571  à  576,  581;  II,  123  à  128, 
264  à  270,  300,  304,  305,  331,  355,  409,  639  à 
644,  655.  —  (Guillaume  de  la),  seigneur  de 
Jametz,  II,  363,  364.  —  (Guillaume  de  la), 
chanoine  de  Saint-Lambert,  II,  393,  410, 
446,  503.  —  (Guillaume  II  de  la),  baron 
de  Lummen,  II,  535,  549,  559,  587.  — 
(Jean  1,  duc  de  Clèves  et  comte  de  la), 
I,  249.  —  (Jean  I  de  la),  seigneur  de  Lum- 
men, I,  337,  345,  388,  426,  453,  511,  529,  536, 
147,  558,  560;  II,  126,  268,  644  à  646.  — 
Jean  II,  due  de  Clèves  et  comte  de  la), 

I.   542.   —   (Jean   de   la),    frère   bâtard   de 
I  évêque    Englebert,    II,    160.   —    (Jean   de 


la),  sei  neur  de  Saulcy  et  de  Jametz,  II, 
141.  —  (Jean  II  de  la),  seigneur  de  Eum- 

m,  11,  446.  —  (Josse  de  la),  II,  244,  250. 

-  (Louis  1  de  la),  I,  493.  —  (Louis  III  de 
la),  seigneur  de  Rochefort,  II,  402.  — 
(Marguerite  de  la),  I,  536.  —  (Otton,  comte 
de  la)  el  d'Altena,  II,  46.  —  (Philippe  de 
Clèves,  comte  de  la),  I,  333,  372.  —  (Phi- 
lippe de  la),  curé  de  Bouvignes,  I,  562.  — 
(Raes  de  la),  II,  258.  —  (Remaele  de  la), 
abbé  de  Saint-Hubert,  II,  504.  —  (Renard 
de  la),  II,  160.  —  (Robert  I  de  la),  seigneur 
d'Aremberg  et  de  Sedan,  I,  336,  349  à  451, 
469  à  485,  503  à  505,  520,  521,  525,  527,  5:12, 
539,  540,  545,  581,  589;  II,  341,  342,  343,  644 
à  646.  —  (Robert  II  de  la),  seignem  de 
Sedan,  I,  590;  II,  355,  361,  362,  364,  389.  — 
(Robert  III  de  la),  dit  Fleurange,  II,  391. 
—  (Robert  IV  de  la),  seigneur  de  Sedan, 
II,  426  à  431,  495,  496,  660.  —  (Thierry  de 
la),  I,  94;  II,  188,  223,  225. 

Marescot  (Réginald  de),  I,  476. 

Maret  (Gilles  de),  I,  142. 

Maretz   (Simon  des),  II,  305. 

Mariembourg  (La  ville  de),  II,  304,  409,  410, 
434,  436,  439,  440,  467,  468,  483,  495,  661. 

Mariemont  (Le  château  de),  II,  439. 

Marihaye  (Martin  de),  I,  524,  525,  555. 

Marilles  (Etienne  de),  I,  105. 

Marliano   (Raymond  de),  I,  233. 

Marne  (La),  II,  457. 

Marnix  de  Sainte-Aldegonde  (Philippe  de), 
II,  518,  524,  525,  564. 

Maroie  (Jean),  I,  362. 

Marotte  (Philippe  de),  seigneur  de  Monti- 
gny,  II,  299. 

Marteau  (Louis),  de  Milmort,  II,  159,   l1"1 

Martial   (Êpiphane),  II,  336. 

Martin  IV,  pape,  I,  36. 

Martin  V,  pape,  I,  131,  132. 

Martin  (Jean),  II,  323,  589. 

Martinus,  I,  9. 

Marton  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Marville  (Jean  de),  II,  192,  198. 

Massenge  (Arnold),  I,  445,  446. 

Masson   (Henri),  I,  xxii-xxin,  348;  II,  437. 

Materne,  évêque  de  Liège,  II,  13. 

Mathias  (L'archiduc),  II,  584. 

Mathias,  évêque  de  Budua,  I,  137. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


703 


Mathie  (Jean),  II,  231.  —  (Nicolas),  I,  440. 
Mathieu  (Le  manuscrit  Jules),  II,  334. 
Mathieu,  abbé  de  Saint-Guillaume,  II. 
Mathon  (Gilles),  II,  190. 
Mathonet  de  Flémalle,  I,  156. 
Maubeuge  (La  ville  de),  II,  454. 
Maurik,  commune  de  Gueldre,  I,  137. 
Maximilien  I,  archiduc  d'Autriche,  roi  des 

Romains  et  empereur,  I,  312,  316,  317,  322, 

323,   335,   341,   360,   371  à  375,   385,   389,   39;. 

399,  474,  489  à  525,  565,  566,  567,  574;  II.  120, 

121,   122,    125,  266  à  272,  348,   349,  358, 

637,  643,  647,  648,  651,  655. 
Maximilien   II,    empereur,   II,   320,   500,   557, 

571,  572,  574,  664. 
Maximinus,  I,  9. 
Mayence    (La    ville   de),    I,    537;   II,    621.    — 

(L'archevêque   de),   I,   42,   462,   48S;   II,   38, 

41,  75,  121,  122,  196,  359.  —  (Le  concile  de), 

II,  12. 
Mecking  (Godefroid),  II,  239. 
Médieis  (Catherine  de),  II,  422. 
Meeffe,    commune    du    canton    de    M 

Liège,  II,  181,  468.  —  (Le  prieuré  de),  I, 

142. 
Meefte    (Guillaume   de),    dit   de   Champion, 
II,   142,  278,  285,  287,  299,   306,   328,   378,   413, 

415,  656. 
Meers  (Jean  de),  I,  479. 
Meersen    (La   ville  de),   I,   101,   148.   —   (Le 

pont  de),  I,  86;  II,  232,  233. 
Meghen  (Le  comte  de),  II,  307,  320,  421,  493, 

501,  502,   504,  517,  604. 
Meirande  (Jean),  de  Neuville,  II,  163. 
M.  lait  (La  chronique  de),  II,  275,  293  à  300, 

309,  341,  607  à  067. 
Melen   (Le  château  de),   I,  394.  —   (Le  sei- 
gneur de),  II,  170. 
Melun  (Hélène  de),  I,  468.  —  (Isabelle  de), 

dame  de  Viaime,   Renaix  et  Beau  fort,  I, 

178. 
Meran  (Egbert  de),  évêque  de  Bamberg,  II, 

41. 
Mercator  (Pierre),  I,  427. 
Merchiriwe,  lieu-dit  près  de  Liège,  I,  462. 
Merica   (Chronique  de  Henri   de),  I,  221  à 

308,  412,  589;  II,  9,  97,  331. 
Merica  (Gilles  Van  der  Heyderi  de),  suffra- 
gant  de  Cambrai,  I,  560. 


Millier   (Jean),  I,   il!. 

Mérode  (Famille  de),  I,  181,  185.  — 
(Adrienne  Scheiffart  de),  I,  243.  —  (Evrard 
de),  II,  535.  —  (Guillaume  de),  I,  52;  II, 
393,  577.  —  (Henri  de),  seigneur  de  Peters- 
heim,  I,   176;  II,  571.  —  (Marguerite  de), 

I,  290.  —  (Marguerite  de),  abbesse  de 
Munsterbilsen,  I,  558.  —  (Raes  de),  il,  131. 

—  (Richard  de),  I,  468;  II,  383.  —  (Sibille 
Scheiffart  de),  I,  177,  181. 

Merre  (Le  comte  de),  I,  198. 
Mervile  (Jean  de),  II,  182. 
Merwede  (Le  fleuve),  I,  209. 
Merwede  (Thierri  de),  I,  137,  212. 
Mesque  (Le  seigneur  de),  II,  170. 
Messincourt  (La  ville  de),  II,  362  à  364. 
Métasthènes,  II,  2. 

Metz  (La  ville  de),  II,  186,  479,  480.  —  (Le 
siège   de),   II,   430,    481.   —   (L'évêque   de), 

II,  46,  122,  196,  457. 

Metz   ((iilles  de),  II,  100,  104,  105,  109,  111, 

253,  257. 
Meurs  (Le  comte  de),  I,  92,  97,  137,  220,  346, 

397,  399,  407,  473,  485,  487,  572;  II,  221,  642. 

—  (Barbe  de),  I,  209.  —  (Elisabeth  de),  I, 
69.  —  (Frédéric  de),  I,  90,  344.  —  (Jeanne 

de),  I,  tableau  IV,  344.  —  (Marguerite  de), 
I,  tableau  I,  218.  —  (Thierry  de),  arche- 
vêque de  Cologne,  I,  128.  —  (Vincent  de), 
I,  313,  322,  344,  474,  575;  II,  107.  —  (Wal- 
burge  de),  I,  333,  430. 

Meus,  le  bourgmestre  de  Saint-Trond,  I, 
88. 

Meuschemen  (Le  seigneur  de),  I,  243. 

Meuwen,  commune  du  canton  de  Brée, 
Limbourg,  I,   137. 

Meyer  (L'historien),  II,  626. 

Mézières  (La  ville  de),  II,  434. 

Miche  (Jean),  II,  413,  415. 

Michel  (Jean),  II,  254. 

Michelle  de  France,  I,  212. 

Miehiere  (Le  fort  de),  II,  218. 

Middelbourg  (La  ville  de),  II,  552,  563,  564, 
565. 

Mielen,  commune  du  canton  de  Saint- 
Trond,  Limbourg,  I,  179,  181,  367;  II,  1,  45, 
67,  73,  172. 

Milan  (La  ville  de),  II,  183,  355,  366,  424, 
47*.  497,  567.  —  (La  prise  de),  II,  22.  —  (Le 


70-1 


INDEX  AI.PIIARÉTIUHK 


duc  de),  I,  513,  520.  —   (L'évêque  de),  I, 

m 

Milendonck  (Le  seigneur  de),  I,  181,  185. 
Millet    (Jean),   évêque   de   Soissons,   II,   99, 

250,  256. 
Milmort,    commune    du    canton    de    Fexhe 

Slins,  Liège,  I.  170;  II,  90,  177. 
Mil  l.i   'Jean  de),  I,   177. 
Mnw.nt    Le  château  de),  I,  56,  57,  62;  II, 

62,  1S8. 
Mirwet,  lieu  dit  près  de  Lieue,  1,  462. 
Mise!  (le  lieutenant),  II,  363. 
Mol  i  rtingen  (Thierry  de),  I,  172. 
Modave,   commune  du  canton  de  Nandrin, 

Liège,  I,  491.  —  (Le  seigneur  de),  II,  380. 
Moersdorf  (Le  seigneur  de),  I,  185. 
Moersa  (Théodore  de),  I,  140. 
Moge    (Robert  de),   doyen   de   Saint-Pierre, 

I,  527. 

Moha,  commune  du  canton  de  Héron,  Liège, 

II,  149,  193,  205,  206,  209,  210.  —  (L  châ- 
teau de),  I,  32,  74;  II,  36,  86,  150.  —  (La 
chapelle  de),  II,  238.  —  (Le  comte  de), 
II,  27,  207,  296.  —  (Albert  III,  comte  de), 
II,  33. 

Moilant  (Thierry  de),  I,  S9. 

Molembaix   (Le  seigneur  de),  II,  401,  459.  — 

(Agnès  de),  I,  tableau  III. 
Molhain,    commune    du    département    des 

Ardennes,  I,  61. 
Molin  (Arnould),  II,  308. 
Molinel  (Godefroid),  II,  239. 
Mollins  (Gilles  de),  I,  141,  391,  434,  —  (Isa- 
belle de),  I,  434. 
Momalle  (Walter  de  Corswarem,  dit  de),  I, 

154;  II,  177.  —  (Wautier  de  Warfusée,  dit 

de),  II,  86,  152,  162. 
Momalle,  commune  du  canton  de  Hollogne- 

aux-Pierres,  Liège,  I,  510,  581;  II,  54,  177. 
Mompev  (Le  seigneur  de),  II,  79. 
Mompreis  (Piret  de),  II,  344. 
Monceaux  (Le  seigneur  de),  II,  478.  —  (Jean 

de  Hamal,  dit),  II,  437. 
Mondragon    (Le    seigneur    de),    II,    563.    — 

(Jeanne  fie),  il,  fwo. 
Monethon,  II,  4. 
Mondersdori  (Gerlach  de),  i,  77,  586,  587;  II, 

213. 


Mous  en  Hainaut  (La  ville  de),  I,  118,  125, 

436,  453;  II,  558,  560,  562. 
Mons  (Robert  de),  II,  241. 
Monstreaulx  (Le  camp  de),  I,  136. 
Monstréal-sur-Yonne  (Le  château  de),  I,  211. 
Monstrelet  (La  chronique  d'Enguerrant  de), 

II,  287,  296. 
Monl      Antoine  du),   de  Rochelort,   II,  310. 

—  (Catherine  du),  I,  441. 

Montaigu  (Le  seigneur  de),  I,  198;  II,  402, 
493.  —  (Conon  de),  II,  14.  —  (LambeH  de), 
II,  18.  —  (Walter  de),  II,  14. 

Montbeliard   (Marguerite  de),  I,  tableau  IV. 

Montegnée,  commune  du  canton  de  Hollo- 
gne-aux-Pierres,  Liège,  I,  363,  401,  460.  — 
(lienwart  de),  dit  du  Pont  d'Avroy,  II, 
223. 

Montenaeken,  commune  du  canton  de 
Saint-Trond,  Limbourg,  I,  250,  252;  II,  135, 
259,  261,  541,  547,  613.  —  (La  bataille  de), 
II,  107.  —  (Le  châtelain  de),  II,  7. 

Montfaucon  (Le  prieur  de),  II,  64,  65. 

Montferrant  (Arnould  de),  I,  tableau  I,  70. 

—  (Guillaume  de),  I,  tableau  I;  II,  182. 
Montfort    (Le   château   de),   I,   34,   340,   365, 

367,  376,  384,  472,  483  à  487,  493,  500,  502 
à  505,  522,  539,  540;  II,  234.  —  (Le  capitaine 
de),  I,  481. 

Montfort  (Henri  de),  II,  55.  —  (Hugo  et 
Ulrich  de),  II,  122.  —  (Jean  de),  I,  505.  — 
(Sébastien  de  Xheneumont,  capitaine  de), 
I,  367,  393,  411,  413,  444,  471,  478,  496,  497, 
499. 

Montfort  (Le  burgrave  de),  I,  198. 

Montfreyt  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Montgart   (Philippe  de),  II,  239. 

Montgomery  (Le  capitaine  de),  II,  495. 

Montigny  (Le  seigneur  de),  I,  347;  II,  239, 
121,  644.  —  (Antoine  de),  II,  137.  —  (Jean 
de),  551.  —  (Jeanne  de),  I,  tableau  IV. 

Montjardin  (Baudouin  de),  I,  105;  II,  224  à 
226,  231,  234,  235,  236.  —  (Catherine  de), 
I,  424.  —  (Gerlache  de),  I,  77;  II,  145,  213, 
224,  225. 

Montjoie  (La  ville  de),  II,  45.  —  (Hubert 
de),  I,  472. 

Moiillliery  (La  ville  de),  254. 

Montluçon   (La  ville  de),  II,  258. 

Montmédy  (La  ville  de),  II,  409,  428,  451,  458. 


DES  NOMS  DE  PEKSONNES  ET  DE  LIEUX. 


705 


Montmorency  (Florent  de),  II,  421.  —  (Fran- 
çois de),  II,  570.  —  (Joseph  de),  I,  543.  — 
(Philippe  de).   Voir  Homes  Philippe. 

Montorgueil  (La  tour  de),  I,  S4;  II,  239. 

Montpensier  (Le  duc  de),  II,  569. 

Montreuil  (La  ville  de),  II,  458. 

Montroyal  (La  famille  de),  I,  585.  —  (Jean 
de),  I,  46,  47. 

Mont-Saint- Jean  (La  prise  de),  II,  428. 

Montvireuil  (Le  château  de),  I,  61. 

Mook  (La  bataille  de),  II,  566. 

Moor  de  Fusten  (Le  seigneur  de),  II,  170. 

Morat  (La  bataille  de),  I,  319. 

Moravie  (Le  duc  de),  II,  41. 

Morée  (Jean,  prince  de),  II,  69. 

Morgan  (Le  capitaine),  II,  581. 

Morialmé  (Le  seigneur  de),  I,  468;  II,  168, 
239,  246.  —  (L'avoué  de),  I,  586. 

Morialmé  (Jacques  de),  II,  256.  —  (Robert 
de),  I,  291,  293;  II,  98,  256,  629. 

Mormal  (La  forêt  de),  II,  453. 

Mormany   (Guillaume  de),  I,  40. 

Mortier  (Le  curé  de),  I,  204.  —  (Ulric,  voué 
de),  II,  179. 


Morus  (Le  chancelier  Thomas),  II,  389. 
Moschus,  II,  4. 

Mouffrin  (Le  seigneur  de),  I,  472. 
Mouland,  commune  du  canton  de  Dalhem, 

Liège,  I,  97,  462. 
Moulant  (Thierry  de),  II,  81,  216. 
Moulins  (L'abbaye  de),  I,  248;  II,  238. 
Mouskès  (La  chronique  de  Philippe),  II,  2. 
Mouzon    (La   ville   de),   I,   156,   358;   II,   362, 

363,  381,  621.  —  (Le  capitaine  de),  I,  374. 
Moustard  (Jean),  II,  156. 
Moustier-sur-Sambre    (L'abbaye   de),    I,    12. 
Moxhe  (Jean  de),  II,  339. 
Moy  (Henri),  I,  204. 
Moylant  (Thierri  de),  II,  225. 
Muhlberg  (La  bataille  de),  II,  470,  474,  475. 
Munck  (Henri  de),  I,  235. 
Munster  (L'évêque  de),  II,  41,  190,  196. 
Munster  (La  ville  de),  II,  388. 
Munster   (Sébastien),  II,  264. 
Munsterbilsen  (L'abbaye  de),  I,  558;  II,  24. 
Murwe,  lieu-dit  près  de  Liège,  I,  462. 
Musquenverch  (Le  seigneur  de),  II,  170. 
Mustapha  (Le  sultan),  II,  483. 


N 


Naerden  (La  ville  de),  II,  562. 

Namur  (La  ville  de),  I,  110,  166,  167,  168, 
273,  312,  388,  394,  400,  417,  495,  508,  522, 
549;  II,  50,  77,  86,  91,  182,  198,  238  à  240, 
249,  256,  261,  363,  364,  367,  436,  442,  456, 
463,  470  à  475,  484,  486,  579,  583,  585,  588, 
589,  661,  662.  —  (L'église  Saint-Aubin  à), 

I,  149.  —  (L'église  Notre-Dame  à),  I,  491; 

II,  603,  609.  —  (Les  Carmélites  à),  I,  267. 

—  (Les  reliques  à),  II,  31.  —  (Le  château 
de),  II,  49,  74,  75.  —  (La  paix  de),  I,  217. 

—  (La  peste  à),  II,  381,  406. 

Namur  (Albert  III,  comte  de),  II,  14  à  18.  — 
(Alice  de),  II,  26.  —  (Frédéric  de),  II,  17, 
18.  —  (Godefroid,  comte  de),  II,  18.  —  (Guil- 
laume I,  marquis  de),  I,  71;  II,  88,  89,  150, 
168,  181,  184,  195,  228.  —  (Guillaume  II 
de),  I,  118,  194,  196,  198;  II,  236,  238.  — 
(Isabelle  de),  I,  39.  —  (Jean  I  de),  I,  71; 
II,  68,  75,  195.  —  (Jean  II  de),  II,  79.  — 

Tome  IL 


(Louis  de),  I,  71;  II,  195.  —  (Philippe  I, 
le  Noble,  comte  de),  II,  27,  32.  —  (Phi- 
lippe II,  à  la  Lèvre,  comte  de),  II,  34,  40. 

—  (Philippe  III  de),  I,  71;  II,  176.  — 
(Pierre  de),  II,  40.  —  (Robert  de),  I,  71; 
II,  82,  195,  204,  228. 

Nancy  (La  ville  de),  I,  319  à  322;  II,  265.  — 

(La  bataille  de),  I,  334;  II,  636. 
Nandrin,   commune  de  l'arrondissement  de 

Huy,  I,  491,  493. 
Naples    (Le    royaume   de),    II,    478.   —    (La 

ville  de),  II,  218.  —  (Robert,  roi  de),  II, 

69.    —    (Jean    de),    général    des    Frères 

Mineurs,  II,  1. 
Nardin   (Etienne),  évèque  de  Milan,  I,  274. 
Marni  (La  ville  de),  II,  21. 
Nassau   (Le  comte  de),  II,  51.  —  (Adolphe 

de),  archevêque  de  Mayence,  II,  121,  122. 

—  (Adolphe  de),  évêque  de  Spire,  II,  196. 

—  (Englebert  de),   seigneur  de  Bréda  et 

89 


706 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


de  Vianden,  I.  322,  383,  39G,  410,  416  à  423, 
171,  549,  572,  575;  II,  129.  —  (Guillaume 
de).  Voir  Orange  (prince  d';  Henri,  comte 
de),  I,  43.  —  (Henri,  comte  de),  général 
de  Charles-Quint,  II,  134,  362,  363.  — 
(Henri,  comte  de),  frère  de  Guillaume 
d'Orange,  II,  566.  —  (Jean  de),  I,  tableau  I, 
250.  —  (Louis,  comte  de),  II,  521,  526,  533, 
545  à  549,  558  à  566,  606.  —  (Marie  de), 
II,  130.  —  (Philippe  de),  comte  de  Buren, 
II,  122,  538,  551,  602.  —  (René,  comte  de) 
et  prince  d'Orange,  II,  136,  415,  452,  453, 
456. 

Nassogne  (La  ville  de),  I,  524. 

Navarre  (Le  roi  de),  I,  513;  II,  422,  478.  — 
(Charles,  roi  de),  II,  232.  —  (Louis,  roi 
de),  I,  37.  —  (Marguerite  de),  II,  292,  577 
à  585. 

Néderlins  (Les),  II,  366. 

Neerlinter   (Le  seigneur  de),  I,  233. 

Nelle  (Marie  de),  dite  de  Falvy,  I,  tableau  I. 

Nemours  (La  seigneurie  de),  II,  232. 

Nerssen  (Agnès  de),  I,  407. 

Nethen,  commune  du  canton  de  Wavre, 
Brabant,  I,  582. 

Neuenahr  (Guillaume  de),  I,  43.  —  (Gum- 
precht  de),  I,  176.  —  (Thierry  de),  évêque 
d'Utrecht,  II,  32. 

Neuf  château    (Guillaume  de),   I,   tableau   I. 

Neufmoustier  (L'abbaye  de),  I,  24,  77,  586; 
II,  16,  212,  504,  653. 

Neuss  (Le  siège  de),  I,  314,  315.  —  (Henri 
de),  I,  588. 

Neustadt  (La  ville  de),  I,  486.  —  (Les  Sépul- 
chrines  de),  II,  345. 

Neuves  Bressines  (Les),  lieu-dit  près  de 
Liège,  I,  391,  437. 

Neuwice  (Gilles  de),  I,  40. 

Neval  (Le  seigneur  de),  I,  19S. 

Nevers  (François  I,  duc  de),  II,  439,  441, 
483.  —  (Louis  de),  comte  de  Flandre,   I, 


19;  II,  80,  81,  184,  215.  —  (Louis  de  Gon- 
zague,  duc  de),  II,  570,  587.  —  (Philippe, 
comte  de),  I,  118,  171,  174,  207,  208. 
Nicase  (Thiry),  II,  177. 
Nice   (La  ville  de),  II,  132. 
Nicolas  II,  pape,  II,  609. 
Nicolas  III,  pape,  I,  36. 
Nicolas  (Le  chanoine),  II,  4. 
Niel  (Le  seigneur  de),  I,  169. 
Nieuport  (La  ville  de),  I,  371. 
Nieuwstadt  (La  commune  de),  II,  234. 
Nigri   (Philippe  de),  II,  401. 
Nimègue  (La  ville  de),  I,  313,  314,  474,  522, 

525,  552,  566. 
Nithard  (L'évêque),  I,  16. 
Nivart  (Eustache),  I,  419,  582. 
Nivelles    (La   ville   de),   I,   62,   72,   180,   375; 

II,  37. 
Nivelles  (Isaac  de),  II,  208. 
Noé  (Jean),  d'Acosse,  II,  363. 
Noël  (Guillaume),  abbé  d'Aulne,  II,  504. 
Noffus  (Un  certain),  II,  64,  65. 
Noircarmes  (Le  seigneur  de),  II,  518. 
Noirshoux   (Les),  II,  366. 
Normandie  (La),  I,  211;  II,  82.  —  (Charles, 

duc  de),  II,  186. 
Nortford  (La  prise  de),  II,  60. 
Nortlingue  (Le  comte  de),  I,  95. 
Notger,  évêque  de  Liège,  II,  298. 
Nouveaux  Joncs   (La  commanderie  des),  I, 

487. 
Nove  (Egmond  de),  II,  218. 
Nozon  (La  terre  de),  I,  56,  57. 
Noyon    (La    viUe    de),    I,    151;    II,    509.    — 

(L'évêque  de),  II,  356. 
Nucerie  (Le  château  de),  II,  218. 
Nuth,  commune  du  Limbourg  hollandais,  I, 

522. 
Nuys    (Henri   de),    suffragant  de   Liège,   I, 

134. 
Nynen  (Margen),  I,  507. 


DES  NOMS  DM  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


707 


Obier  (Jean),  II,  169. 

Ochain  (Aleide  d'),  I,  tableau  II.  —  (Gérard 
Chabot,  dit  d'),  II,  167.  —  (Guillaume  d'), 

I,  217,    218.    —    (Jean    d'),    I,    147,    150.    — 
(Simon  d'),  abbé  de  Neulmoustier,  I,  77; 

II,  212. 

Ochamps  (Hugue  d'),  I,  tableau  II. 

Ocquier   (Barthélémy  d'),  II,  166,  180. 

Odeur,  commune  du  canton  de  Hollogne- 
aux-Pierres,  Liège,  I,  510. 

Odeur  (Godenoul  d'),  I,  127.  —  (Guillaume 
d'),  II.  200.  —  (Herman  d'),  II,  116. 

Odile  (Sainte),  II,  618. 

Odoumont  (Jean  d'),  I,  512. 

Oger  le  Danois,  I,  11. 

Oignies-sur-Sambre,  dépendance  d'Aiseau, 
II,  24,  249. 

Oignies  (Gilbert  d'),  évêque  de  Tournai,  II, 
524. 

Oldenburg  (Otton  d'),  II,  41. 

Oleye,  commune  du  canton  de  Waremme, 
Liège,  I,  524.  —  (Le  seigneur  d'),  I,  365, 
556. 

Ombret,  commune  du  canton  de  Huy, 
Liège,  I,  53. 

Onufrius  (Le  légat),  I,  286,  376;  II,  97,  116  à 
118,  263. 

Oosterwyc  (Jean  d'),  I,  xviii,  92. 

Opheers,  commune  du  canton  de  Looz, 
Limbourg,  I,  384. 

Opprebais  (Henri  d'),  abbé  de  Beaurepart, 
I,  404,  463. 

Orange  (Alphonse  d'),  II,  533.  —  (Guil- 
laume, prince  d'),  II,  421,  466,  504,  513, 
517  à  525,  530  à  572,  578  à.  592,  600,  601,  605, 
637.  —  (Jean  I,  de  Châlon,  prince  d'),  I, 
198,  —   (Jean  II,   de   Châlon,   prince   d'), 

I,  331,  33S.  —  (Renier,  prince  d'),  II,  136, 
415,  452,  453,  456. 

Orban  (Jean),  I,  351. 

Orchimont  (Le  château  d'),  I,  493;  II,  436, 

439,  621. 
Ordenge,    commune    du    canton    de    Saint- 

Trond,  Limbourg,  II,  106,  113,  114. 
Ordenge   (Adam  d'),   abbé  de  Saint-Trond, 

II,  66.  —  (Guillaume  d'),  I,  209. 


Orendeal  (Pierre),  de  Hallois,  I,  tableau  II. 
Oreye,  commune  du  canton  de  Waremme, 

Liège,  I,  197,  340,  510;  II,  114,  172,  191. 
Oreye  (Guillaume  d'),  II,  189.  —  (Henri  d'), 

abbé  de  Saint-Laurent,  I,  559.  —  (Jacques 

d'),   abbé   de   Flône,   II,   504.  —   (Mathias 

d'),  I,  155,  157. 
Orjo    (Gilles   d'),    abbé   de   Saint-Gilles,    II, 

504. 
Orléans  (Le  duc  d'),  I,  207,  208,  520;  II,  134, 

457,   459.   —   (Charles,   duc   d'),   II,   451.   — 

(Louis,  duc  d'),  I,  106,  109,  158,  178,  519.  — 

(L'écolâtre  d'),  I,  149. 
Orose,  II,  2,  4. 
Orp  (Marie),  II,  284. 
Orte   (La  ville  d'),  II,  21. 
Orval  (L'abbaye  d'),  I,  84. 
Orval  (Le  chroniqueur  Gilles  d'),  II,  2  à  5, 

12  à  49. 
Oslant   (Le  pays  d'),  II,  403,  445. 
Osnabrûck  (L'évêque  d'),  I,  42,  94;  II,  41. 
Ostamet  (Godefroid  d'),  II,  612. 
Ostrevant  (Le  comte  d'),  I,  95,  587.  —  (Guil- 
laume, comte  d'),  I,  146. 
Otbert,   évèque   de  Liège,   I,  20;  II,   16,   17, 

611. 
Otersloe  (La  chapelle  d'),  II,  110. 
Othée,  commune  du  canton  de  Fexhe-Slins, 

Liège,  I,  156,  196,  390.  —  (La  bataille  d'), 

I,  84,  119  à  121,  172,  197  à  200,  588;  II,  617. 

—  (Le  seigneur  d'),  II,  127. 
Otton  IV,  empereur,  II,  10,  34,  36,  43. 
Otton  IV,  duc  de  Saxe,  II,  25. 
Otton,  cardinal  et  évêque  de  Porto,  II,  46. 
Otton,  abbé  de  Saint-Laurent,  I,  26;  II,  20, 

40. 
Oudenbosch   (Le  chroniqueur  Adrien  d'),  I, 

67,   214,   589     II,  8,  94  à  123,   141,  237,  241, 

274,  607. 
Oudewater  (La  ville  d'),  II,  568. 
Ouffet,    commune    du    canton    de    Nandrin, 

Liège,  I,  491;  II,  34. 
Ouffet  (Louis  d'),  II,  173,  174. 
Ougrée,   commune   du    canton   de   Seraing, 

Liège,  I,  456. 


708 


INDEX  ALPHABETIQUE 


(  luit  remont   (Agnès   d'),   I,   537.   —   (Charles 

d'),  évêque  île  Liège,  II,  31G. 
Onlinen    (L'évèq 1'),   II,   190. 

Oupeye,  commune  du  canton  de  Fexhe- 
sims,  Liège,  II,  177.  —  (Le  seigneur  d'), 
I,  350,  393,  571,  573;  II,  490,  505.  —  (Adam 
d'),  I,  112.  —  (Arnold  d'),  II,  95.  —  (Féli 
d'),   I,   tablea.ii   III.  —   (Lambert  d'), 


I,  477;  II,  185,  186,  193,  195. 
Oustreval  (Guillaume  d'),  II,  229. 
Outremeuse    (Jean   d'),    I,   2,    7,   8;   II,   2,   4, 

G,  7,  141  à  236,  274. 
Overbecck  (L'abbé  d'),  II,  G54. 
Oye  (Thierry  d'),  II,  208,  226. 
Oyembrugge  de  Duras  (Charles  d'),  II,  393. 


Paderborn  (L'évêque  de),  I,  42. 

Padoue    (L'évêque  de),   I,   586. 

Paifve,  commune  du  canton  de  Fexhe-Slins, 

Liège,  I,  389. 
Paix-Dieu  (Abbaye  de),  II,  73. 
Palais  (Wéri  des),  II,  190. 
Palerme  (La  ville  de),  11,  497. 
Palestrina  (Guy  de),  II,  29. 
Pallant   (Antoine   de),   I,   407.   —   (Jean   de), 

I,  436,  511.  —  (Thierry  de),  I,  436. 
Pallavicini  (Lazarre  de),  II,  289. 
Palmerius  (Mathaeus),  II,  4. 
Pakide    (Henri    de),    I,   526.   —    (Marie    de), 

alias   Vanden   Broeck,   I,   55S.   —   (Arnold 

Bormans,  dit  de),  II,  466. 
Pannetier   (Collard  le),  de  Seraing,  II,  67. 

—  (Gérard  le),  I,  524.  —  (Gilles  le),  I,  458. 

—  (Guillaume  le),  II,  580. 
Paniot  (Baudouin),  II,  173. 
Fantaléon   (Jacques),  II,  CU9. 
Paraldi  (Hugues),  II,  64,  65. 
Parc  (L'abbaye  du),  II,  654. 
Pardieu  (Jonathas  de),  II,  324. 
Parfondry  (Jean  et  Amel  de),  II,  153. 
Parfonmve  (Jean  de),  II,  206. 

Paris  (La  ville  de),  I,  106,  149,  175,  178,  194, 
208,  211,  213,  533;  II,  25,  53,  64,  65,  67,  100, 
135,  137,  186,  354,  356,  377,  437,  444,  459, 
468,  562,  563,  645. 

Parme  (Le  siège  de),  II,  49. 

Parme  (Marguerite,  princesse  de),  II,  494, 
497,  511,  517,  519,  521,  531,  552,  589. 

l'aune  (Le  prince  Alexandre  de),  II,  593  à 
597. 

Pas  (Le  chroniqueur  Humberl  de).  II,  236. 

—  (Je;. il    de),   de    Wonck,   II,    172, 

Passau   (Le  traité  de),  II,  480. 


Pasture  (Jean  de),  prieur  de  Gembloux,  II, 

408. 
Paul  II,  pape,  II,  105,  239,  G23. 
Paul   IV,   pape,   II,   662. 
Pauster   (Gérard),  II,  229. 
Pavie   (La  ville  de),  I,  64,  66;  II,  68.  —  (La 

bataille  de),  II,  367,  473. 
Peer,    commune    du    même    canton,    Lim- 

bourg,  II,  128,  267,  632,  635,  641. 
Pellaines,  commune  du  canton  de  Landen, 

Liège,  II,  534. 
Pelletier  (Etienne  le),  I,  399.  —  (Nicolas  le), 

I,  580. 
Pépin  (Le  roi),  I,  10. 
Peraudi    (Raymond),    cardinal   et   légat,    I, 

541. 
Permont  (Henri  de),  II,  170. 
Peron  (Collard  de),  II,  173. 
Péronne  (La  ville  de),  II,  82,  629. 
Péronne   (Thomas),  I,  446. 
Perpignan  (La  ville  de),  II,  457. 
Persant  de  Haneffe   (Eustache),  I,  58,  76  à 

86;  II,  191,  212,  213,  214,  216,  217,  232. 
Perse  (Le  roi  de),  II,  387. 
Perwez  (Le  village  de),  I,  161;  II,  468.  —  (Le 

seigneur  de),  I,  tableau  IV;  II,  233,  505.  — 

(La  dame  de),  I,  430;  II,  45. 
Perwez  (Godefroid  de),  II,  36.  —  (Guillaume 

de),  II,  33.  —  (Henri  de  Horne,  seigneur 

de),  I,  tableau  II,  98,  101  à  105,  107,  112, 

123,  151,  161  à  163,  205,  233;  II,  217,  224,  225, 

226,  229.  —  (Jean  de  Home,  seigneur  de), 

1,  161.  —  (Thierri  de),  I,  107  à  112,  143,  144, 

161  à  172,  203. 
Pesche  (Alard  de),  II,  68. 
Pesser  (Alexandre),  II,  323. 
Petange  (Le  seigneur  de),  I,  82. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


709 


Peteghem  (Le  seigneur  de),  I,  71. 

Peters  (Jean),  II,  182. 

Petersem  (Le  château  de),  I,  76,  78,  428;  II, 

213.  —  (Le  seigneur  de),  II,  571.  —  (Jean 

de),  I,  209.  —  (Henri  de),  I,  tableau  II. 
Pétri  (Suffridus),  I,  151,  34S. 
Peville,    dépendance   de   Grivegnée,    I,   454, 

462;  II,  580. 
Pexheur  (Ysegrin  le),  II,  179. 
Philippe-Auguste,  roi  de  France,  II,  37. 
Philippe  le  Bel,  roi  de  France,  I,  37,  48;  II, 

59,  63,  188. 

63,  188. 
Philippe  le  Hardi,  roi  de  France,  I,  48,  90, 

109,  171;  II,  SI,  221. 
Philippe  le  Hardi,  comte  de  Flandre,  II,  236. 
Philippe  le  Long,  roi  de  France,  I,  48. 
Philippe  VI,   de  Valois,  roi  de  France,  II, 

82,  84,  147,  183. 
Philippe  le  Bon,  duc  de  Bourgogne,  I,  217, 

218,  225,  231,  240  à  242,  253,  311;  II,  94,  95, 

105,  106,  107,  228,  245,  247,  248,  438,  621,  622, 

624,  625. 
Philippe   le   Beau,    archiduc   d'Autriche,    I, 

316,    317,    373,    399,    430,    432,    437,    442,   483, 

486  à  489,  506,  513,   526,   540,   543,   545,   550, 

565;  II,  272,  341,  344,  637. 
Philippe  II,  roi  d'Espagne,  II,  133,  370,  411, 

422,  424,   439,   445,  446,  449,   483  à  495,  497, 

498,  500,  516,  518,  529  à  531,  557,~582,  585  à 

592,  661,  662. 
Philippe,  duc  de  Toscane  et  de  Souabe,  II, 

25,  34. 
Philippe  ville   (La  ville  de),  II,  440,  486. 
Philpot  (L'orfèvre),  II,  178. 
Phrygius  (Dares),  II,  4. 
Picardie  (La),  II,  188. 
Pie  II,  pape,  I,  120;  II,  102. 
Pie  III,  pape,  I,  549. 
Pie  IV,  pape,  II,  514,  643. 
Pierre  l'Ermite  (La  sépulture  de),  II,  16. 
Pierre  (La  chronique  de  la),  II,  339. 
Pierrepont   (Hugues  de),   évêque  de   Liège, 

I,   27;   II,  27,  28,  32,   37  à  44,   63,   207,  612, 

613. 
Pierpont  (Le  seigneur  de),  II,  170. 
Pierseal  (Jean),  I,  151.  —  (Pierre),  chanoine 

de  Sainte-Croix,  I,  150. 
Pietresme  (Le  château  de),  II,  613. 


Pileus   de   Prata,   archevêque   de   Ravenne, 

I,  75. 

Pinnock  (Jean),  I,  337. 

Piragoire  (Le  bourg  de),  II,  188. 

Pirard,  évêque  de  Liège,  I,  12. 

Pirmont     (Le     seigneur     de),     II,     170.     — 

(Barbe  de),  I,  407. 
Piron    (Le   petit),    I,   363,   402,   408,   496,   554, 

555,  563,  564,  614. 
Pisart  (François),  II,  323. 
l'isr   (La  ville  de),  I,  205;  II,  68,  218. 
Pitteit  d'Emale  (Jean),  II,  465,  490,  505. 
Placentius,  I,  342,  348. 
Plaioul   (Pierre),   évêque  de   Senlis,  I,   140; 

II,  235,  236. 

Plaisance  (L'évêque  de),  I,  138;  II,  132. 

Platea  (Jean  de),  chanoine  de  Saint-Jean  et 
curé  de  Verviers,  I,  351,  369,  461;  II,  268, 
274,  642. 

Pline,  II,  4. 

Plotius  (Gallus),  II,  4. 

Plutarque,   II,  2. 

Pock  (Un  nommé),  I,  315. 

Poekes   (Olivier  de),   II,  184. 

Poêle  (Daniel  de),  I,  198. 

Poilvache  (Le  prévôt  de),  I,  393.  —  (Le  châ- 
teau de),  II,  45,  176. 

Poilhon  (Jean),  abbé  de  Saint-Jacques,  II, 
169. 

Poissy  (Le  monastère  de),  I,  206. 

Poitiers  (La  ville  de),  II,  65,  134.  — 
(L'évêque  de),  I,  149.  —  (La  bataille  de), 
II,  186. 

Poitiers  (Philippe,  comte  de),  I,  37. 

Poitiers   (Guillaume  de),   II,  483,  551,   603. 

Poitou  (Le),  II,  18S.  —  (Le  comte  de),  II, 
25,  26. 

Pollain    (Le    seigneur    de),    I,    420,    574.    — 
(Adrien  le),  II,  466.  —  (Jean  le),  de  Xhe- 
i    mont,   seigneur  d'Oupeye,   de  Vi\ 
et   de    Waroux,    I,    350,    393,    467,    490,    571, 
573,  642.  —   (Jean  le),  d'Alleur,  II,  208. 

Pollard   (Jean),  II,  149,  157,  173. 

Polit  (Jean),  II,  282,  305. 

Polie  (Otton,  comte  de),  I,  43. 

Polleur,  commune  du  canton  de  Spa,  Liège, 
II,  256. 

Pologne  (Le  roi  de),  II,  412. 


710 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Polus  (Reginald),  cardinal,  II,  131,  390,  485, 
4994. 

Pommaerts  (Le  château  de),  II,  486. 

p m  (Gaspar),  abbé  de  Stavelot,  I,  388. 

Pont  à-Mousson  (La  ville  de),  I,  313. 

Pontillas,  commune  du  canton  d'Eghezée, 
Namur,  II,  408. 

Porceau  (Le  comte  de),  I,  430. 

Porquin   (Bernardin),   II,   540,  573. 

Portugal  (Cherté  en),  II,  417.  —  (Béatrice 
de),  I,  333.  —  (Isabelle  de),  épouse  de 
Charles-Quint,  I,  513;  II,  133.  -  (Marie 
de),  II,  412. 

Postel  (Jean),  II,  636. 

Pottier  (Lambert  le),  I,  442. 

Pouillon  (Thierry),  I,  393,  419. 

Poulseur  (Le  seigneur  de),  1,  351.  —  (Mar- 
guerite de),  I,  543. 

Pousset,  commune  du  canton  de  Waremme, 
Liège,  I,  51.  —  (Le  seigneur  de),  I,  374. 

Poyrieu  (Aymar  de),  dit  Cadorat,  II,  258. 

Prague  (La  ville  de),  I,  138;  II,  190,  221,  497. 

Prata  (Pileus  de),  évèque  de  Padoue,  I, 
586. 


Pratello  (Nicolas  de),  I,  182. 

Prealle  (Michelot  de  la),  I,  182. 

Premy  (La  ville  de),  I,  457. 

Prénesie  (Oui  de),  II,  31.  —  (Jacques  de), 
II,  47. 

Presles   (Jeanne  de),  I,  tableau  II. 

Presseux  (Jean  de),  abbé  du  Val-Saint-Lam- 
bert, 1,  524. 

Prez  (La  famille  de),  II,  45,  51,  54.  —  (Guil- 
laume de),  dit  de  Weys,  II,  171,  175.  — 
(Herbert  des),  II,  153,  160.  —  (Jean  de), 
1,  157.  —  (Louis  des),  dit  de  Colonster,  II, 
164.  —  (Radoux  de),  II,  50,  180.  —  (Thierry 
de),  II,  52. 

Printen  (Rémi),  II,  134,  403. 

Procope,  II,  4. 

Proest  (Guillaume),  I,  89,  587.  —  (Jean), 
I,  80. 

Provence  (Le  comte  de),  II,  46. 

Pry,  commune  du  canton  de  Walcourt, 
Namur,  I,  62. 

Ptolémée,  II,  4. 

Puchey  (Gérard  de),  II,  205. 


Q 


Quarreux  (Jonathas  de  Pardieu,  dit  de),  II, 

324. 
Quercentius  (Robert),  II,  447. 
Quesnoy  (La  ville  du),  I,  457. 


Quercu  (Jean  de).  Voir  Chesne,  Jean. 
Quiévrain  (Nicolas,  seigneur  de),  I,  tableau  I. 
Qutsemen   (La  ville  de),  II,  562. 


R 


Rabutin   (La  chronique  de  Fr.),  II,  288. 
Rachel  (Le  bourg  de),  II,  188. 
Racourt  (Gérard  de),  II,  215. 
Radenrode  (Guillaume  de),  I,  tableau  IV. 

Mechtilde  de),  I,  587. 
Radulphus,  abbé  de  Saint-Trond,  II,  17. 
Raimundus,  II,  4. 
Rambures  (Antoinette),  I,  284. 
Ramée  (Agnès  de  la),  I,  290. 
Ramelot  (Henri  de),  II,  169. 
Ramioul  (Le  seigneur  de),  II,  380. 
Rammekens  (Le  château  de),  il,  563. 
Ranchis    (Guillaume   de),   II,   175,  254. 


Rancovado  (Guillaume  de),  évêque  de  Tour- 
nai, I,  231;  II,  101. 

Randaxhe  (Radoux),  II,  466. 

Randenrath,  commune  de  la  province  rhé- 
nane, I,  92. 

Ranst  (Isabelle),  I,  250. 

Rasier  (Renier),  abbé  du  Val-Saint-Lambert, 
II,  580. 

Raskin  (Un  nommé),  I,  448. 

Raspon  (Henri),  landgrave  de  Thuringe, 
II,  48. 

Rassenghien  (Maximilien  Vilain,  baron  de), 
II,  584. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


711 


Ratier  (Le  château  de),  II,  204. 

Ratisbonne  (La  ville  de),  I,  217;  II,  137,  570. 

Rave  (Herman),  abbé  de  Saint-Jacques,  II, 
504,  533. 

Ravenne  (L'assaut  de),  I,  375.  —  (L'arche- 
vêque de),  I,  75;  II,  176. 

Ravenstein  (Le  seigneur  de),  I,  92,  185,  278, 
279,  280,  294  à  296;  II,  113,  261,  262,  263, 
627,  628,  635.  —  (Jean  de),  II,  204.  —  (Phi- 
lippe de),  I,  333,  372,  374,  486,  487;  II,  129. 

Ravere   (Julien  de),  légat,  I,  501. 

Raville  (Ermengarde  de),  I,  529. 

Raymondi  (Le  manuscrit  Gilles),  II,  339. 

Rechberg  (La  seigneurie  de),  II,  120. 

Reckheim,  commune  du  canton  de  Meche- 
len,  Limbourg,  I,  428,  536. 

Redingen  (Wilhelm),  II,  60. 

Rees  (La  ville  de),  I,  176. 

Réginard  (L'évèque),  I,  14;  II,  552. 

Reichenau  (Guillaume  de),  évêque  d'Eich- 
stadt,  II,  122. 

Reifferseheid  (Jean  de),  I,  186;  II,  363.  — 
(Louis  de),  I,  90,  587;  II,  221.  —  (Jeanne 
et  Mathilde  de),  I,  200.  —  (Le  seigneur  de), 

I,  185. 

Reims   (La   ville  de),   II,   183,  231,  233,  420, 

478,  488.  —  (L'évèque  de),  I,  45;  II,  43. 
Reineck  (Agnès  de),  II,  24.  —  (Gérard  de), 

II,  24. 

Reiner,  chanoine  de  Hougaerde,  II,  35. 

Remacle  (Le  potier),  I,  557. 

Rémi  (Jean),  I,  354. 

Remicourt,    commune    du    canton    de    Wa- 

remme,  Liège,  I,  510;  II,  54. 
Remouehamp  (Jacques  de),  II,  200. 
Renaix  (La  dame  de),  I,  178. 
Renardi  (Henri),  I,  421. 
Reneri  (Jean),  II,  386. 
Renier  de  Saint-Jacques,  II,  5. 
Renier  de  Saint-Laurent,  II,  4. 
Renkin  (Un  nommé  pape),  I,  419.  —  (Jean), 

I,  448. 
Renneck  (Le  comte  de),  II,  41. 
Rennenberg  (Gaspard  de),  II,  392. 
Renon  (Simon  de),  II,  196. 
Rens  en  Champagne   (La  ville  de),  II,  472. 
Renty  (La  ville  de),  II,  436,  439,  484,  485.  — 

(Le  seigneur  de),  I,  198,  430,  505. 
Requesens  (don  Louis  de),  II,  566,  574. 


Reseur  (Jean),  I,  521. 

Reuland   (Aleide  de),  I,  tableau  II. 

Revel  (Herman  de),  II,  149. 

Revogne,  dépendance  de  Honnay,  I,  56,  57. 

Rey  (Le  seigneur  de),  I,  181,  185. 

Reyckem   (Le  château  de),  H,  605. 

Reydt  (Le  château  de),  II,  103,  253. 

Rhenen,  commune  de  la  province  d'Utrecht, 

I,  525. 

Rhodes  (L'île  de),  II,  365,  511,  524. 

Richaire,  évêque  de  Liège,  I,  13. 

Richard    Cœur   de    Lion,    roi    d'Angleterre, 

II,  25,  223. 

Richel  (Paul  de),  II,  406. 

Rietberg  (Otton  de),  évêque  de  Paderborn, 

I,    42.    —    (Conrard    de),    évêque    d'Osna- 

bruck,  I,  42. 
Rietra  (La  ville  de),  I,  56,  57. 
Riga  (L'évèque  de),  I,  132. 
Rigo  (Gilles  de),  II,  336.  —  (M.  C),  II,  315. 
Ringrave  (Le  seigneur  de),  II,  379. 
Risart  (Richard),  II,  256. 
Risbourg  (Le  seigneur  de),  II,  513. 
Rithovius     (Martin),    évêque    d'Utrecht    et 

dYpres,   II,  513,  584. 
Rivageois    (La   mutinerie    des),    I,    354,    363, 

446,  458,  478,  479;  II,  142,  291,  299,  306,  313  à 

315,  322,  323,  328,  343,  378,  383,  412. 
Rivière   (Marie  de  la),  I,  217.  —  (Raes  de 

la),  seigneur  de  Heers.  Voir  Heers. 
Rivo  (Radulphe  de),  II,  161,  192,  330. 
Riweron  (Michelot  de),  II,  241. 
Roberes    (Jean  le),   II,    166,   192.   —   (Pierre 

le),  I,   107;  II,  216,  217,  230,  233. 
Robert  II,  comte  de  Flandre,  II,  16. 
Robert,  roi  de  Sicile,  I,  65. 
Robert,  comte  palatin,  II,  104,  196. 
Robert,  comte  de  Genève,  I,  78. 
Robin,  chevalier  de  Tirlemont,  II,  35. 
Robles  (Gaspard  de),  II,  605. 
Rocha  (Pierre),  I,  353,  356,  365.  —  (Gaillard 

de  la),  H,  127. 
Roche  (Baudouin  de  la),  I,  107,  156,  165;  II, 

229,  232.  —  (Jean  de  la),  dit  de  Beausaint, 

I,  458,  524. 
Rochechouart  (Isabelle  de),  I,  85. 
Rochefort  (La  ville  de),  I,  533,  581;  II,  252. 

—   (Le   comte  de),   I,   tableaux   II   et  III, 

493,  562;   II,   181,  212,  213,  217.  —   (Agnès 


712 


INDEX  ALPHABETIQUE 


,l,.,    |    J93.  _  (Aleide  de),  I,  123,  161.  — 

[Gille      de  .    Il,    201    :'i    207.    —    (Gérard 

de  .  il.  201,  2'i't.  —  (Gilles  de),  il,  16-2.  — 
m  de),   l.  tableau  I.  121  à  124,  160;  II, 

191.    _    (Louis    de),    H,    W2.    Voir   aussi 

Haneffe  (de). 
Rocoin,    : lune    «lu    canton    de    Fexhe- 

Slins,    Liège,    I,    391;    II,    171,    172.    —    (Le 

seigneur  de),  II,  177. 
Rocomi    (Henri  de),  II,  169. 
Bocroi  (Le  manuscrit  de),  II,  274. 
il ni,,    i  ;,  terre  de  ,  I,  242,  —  (Le  seigneur 

de  .  i.  334. 
Rodemack,   village  de   Lorraine,   i,  387.  — 

(La  prise  de),  II,  428. 
Rodi  mai  I'     l<  .'m  'l-1,  I,  81;  II,  214,  215. 
Rodolphe   II,   empereur,   II,   570,  582  à  584, 

586. 
Rodolphe  1,  due  de  Saxe,  II,  75. 
Rodolphe  II,  duc  de  Saxe,  II,  196. 
Rodolphe  I,  comte  palatin,  II,  75. 
Roergnêe  (le  bourg  de),  II,  88. 
Roerhorch  (Nicolas),  I,  238. 
Roesel,   dépendance  de  Wellen,  II,   103. 
Roest  (Jean  de),  II,  123. 
Roeulx  (Le  seigneur  de),  I,  430;  II,  136. 
l:  ■   ;  r   (Pierre),   II,  601). 
Roingnart  (Le  seigneur  de),  II,  472. 
Rolduc  (L'abbaye  de),  1,  2,  16,  17. 
Rolhon   (Le  couvent  de),  II,  56. 
Rome  (La  ville  de),  I,  65,  66,  537;  II,  18,  69, 

70,  132,  1R83,  211,  213,  225,  268,  271,  370,  371, 

454,   472,  501,  619,  631. 
Romero  (Julien  de),  II,  440  à  442. 
Rommershoven  (Jean  de),  II,  131. 
Romont   (Le  comte  de),  I,  331. 
Rooseheeck   (La  bataille  de),  II,  217. 
Rosmeer,   commune   du   canton   de   Bilsen, 

Limbourg,  I,  180. 
Rosmel  (Tilman  de),  II,  173. 
Rosseal  (Lambert),  I,  89.  —  (Henri),  II,  221. 
Rosseaville,     alias     Agimont,     lieu-dit     en 

Vrtois,  II,  207. 


Rossem    (Martin   van),   II,   407,   408  à    ii2. 

470,  471. 
Rosti   (Rigauld   Ici,   II.   166,  172. 
Roteleii    L"  marquis  de),  II,  037. 
Roteymon  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Rotselaer  (Le  seigneur  de),  I,  386.  —  (Eli- 
sabeth de),  I,  430. 
Rotterdam   (La  ville  de),  II,  562. 
Rouen  (I.a  ville  de),  206,  211,  213;  II,  500. 
Rouge  Porte  (Jean  délie),  II,  239. 
Rousseau    (Pierre   le),   dit   du   Saint-Esprit, 

II,  565.  —  (Thonon),  II,  254.  —  Rousseau 

de  Wandre,  I,  415. 
Rouveroit  (Renard  de),  II,  257. 
Roye  (Gui  de),  archevêque  de  Reims,  I,  115. 
Royer  (François),  sénéchal  de  Lyon,  II,  626. 
Royère  (Jacques  de  la),  II,  258. 
Huiter   (Herman),   II,  556. 
Ruland  (Jean  de),  I,  407. 
Rumigny  (Isabelle  de),  I,  61. 
Rummen  (Le  château  de),  I,  70;  II,  149,  193. 

—    (Le    seigneur    de),    II,    189    à    191.    — 

(Arnold  de),   I,   îv;  II,   94,   182,   188,   192  à 

194. 
Runckel  (Marguerite  de),  I,  529. 
Rupe  (Alard  de),  I,  576. 
Rupert  de  Saint-Laurent,  II,  4. 
Rupert,  roi  de  Rome,  I,  170. 
Ruremonde    (La  ville  de),   I,   101,   148,   376, 

474,  521,  522,  524,  539;  II,  32,  52,  223,  232  à 

234,   346,  410,   435  ù  442,   454,  484,  552,   561, 

562. 
Russon,   commune   du   canton   de   Tongres, 

Limbourg,    I,    120,    196,    386,    387,    478,    520, 

588;  II,  175. 
Ruttis  (Raskin  de),  I,  454. 
Ruyt    (Jean    de    la    Boverie,    dit   le).    1  oit 

Boverie,  Jean. 
Ryckel  (Gisbert  de),  I,  349. 
Ryke  (Louis  de).  Voir  Landshut,  II,  122. 
Rynenstein  (Jean  de),  II,  202. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


713 


S 


Saarwerden    (Frédéric   de),    archevêque    de 

Cologne,  I,  77,  99,  196,  313.  —  (Catherine 

de),  I,  90. 
Saffenherg  (Guillaume  de),  I,  tableau  IV. 
Sailhet  (Jean),  I,  354. 
Saint-Ambrion  (L'abbé  de),  II,  654. 
Saint-Augustin,  II,  4. 

Saint-Antoine  (La  commanderie  de),  I,  487. 
Saint-Bertin  (L'abbaye  de),  I,  352. 
Saint-Clair  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Sainte-Claire  (Le  couvent  de),  lez-Bruxelles, 

II,  162. 
Saint-Denis   (La  ville  de),  II,  516. 
Saint-Dizier   (La  ville  de),  II,  415,  416,  421, 

456,  458. 
Saint-Esprit  (Antoine  de),  I,  507.  —  (Pierre 

le  Rosseau,  dit  de),  II,  565. 
Saint-Georges  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Saint-Germain,  lieu-dit  à  Lixhe,  I,  587. 
Saint-Gilles,  lieu-dit  à  Liège,  II,  115. 
Saint-Grégoire  le  Grand,  II,  2. 
Saint-Hubert    (La  ville  de),  I,  524;  II,   344, 

380.    —     (La     bataille    de),     II,     288.     — 

(L'abbaye   de),    II,   265,   343,   504,   535,    541, 

547,  649,  653. 
Saint-Jacques  (La  chronique  de),  I,  6,  8. 
Saint-Jean   de   Jérusalem    (L'Ordre   de),    II, 

365. 
Saint-Jean  d'Acre  (La  ville  de),  II,  56. 
Saint  Jérôme,  II,  2. 
Saint  Lambert,  évèque  de  Liège,  II,  298,  301, 

302. 
Saint-Laurent  (Robert  de),  I,  154. 
Saint  Louis,  roi  de  France,  II,  46,  49. 
Sainte-Marguerite    (Guillaume    de),    II,   214, 

220.  —  (Renier  de),  I,  178. 
Saint-Martin  (Jean  de),  I,  113,  169,  185,  192. 
Saint-Nicaise   (L'abbé  de),  II,  87. 
Saint-Nicolas  de  Baire,  II,  218. 
Saint-Nicolas-en-Glain,    commune    près    de 

Liège,  I,  363. 
Saint-Omer  (La  ville  de),  I,  167,  231,  311.  — 

(Le  châtelain  de),  II,  24. 
Saint-Pierre-lez-Maestricht      (La     commune 

de),  I,  74,  116,  177,  183,  216,  528;  II,  207,  259, 

571,  586. 

Tome  II 


Saint-Pol  (La  ville  de),  II,  389.  —  (Le  comte 
de),  I,  267,  269,  274.  —  (Gui  de),  I,  72;  II, 
59,  195.  —  (Jacques  de),  I,  60.  —  (Louis 
de),  I,  254.  —  (Waleran  de),  I,  175,  217. 

Saint-Quentin  (La  ville  de),  II,  82,  119,  133, 
135,  456.  —  (La  bataille  de),  II,  304,  447, 
448,  449,  486,  503,  505. 

Saint-Remy  (L'abbé  de),  II,  252,  653. 

Saint-Salvador  (Le  château  de),  II,  486. 

Saint-Sébastien   (La  ville  de),  II,  134. 

Saint-Servais  (Alexandre  de),  II,  173.  — 
(Baudouin  de),  II,  217.  —  (Franco  de), 
II,  62. 

Saint-Séverin  (Le  curé  de),  I,  204.  —  (Le 
comte  de),  II,  218. 

Saint-Simon  (Blanche  de),  I,  289.  —  (Mar- 
guerite de),  II,  129. 

Sainte-Trinité  (L'Ordre  de  la),  II,  590. 

Saint-Trond  (La  ville  de),  I,  32,  34,  83,  88, 
90,  96,  103,  106,  108,  126,  158  à  167,  194,  202, 
212,  250,  251,  275,  279,  327  à  330,  337  à  339, 
347,  352,  354,  378,  385,  386,  404,  420,  427, 
470,  472,  495,  498,  500,  508,  530,  554;  II,  28, 
47,  67,  73,  79,  90,  91,  94,  9S,  103,  105  à  110, 
113,  123  à  125,  130,  135,  155,  158,  163,  180, 
181,  182,  189,  193,  199,  210,  222,  223,  224, 
227,  230,  259,  262,  269,  330,  446,  534,  541,  580, 
590,  606,  625,  626,  644,  649.  —  (L'abbaye  de), 
I,  355,  407,  434;  II,  15,  87,  154,  223,  504,  534, 
538,  541,  653.  —  (L'église  Notre-Dame  à), 

I,  144;  II,  609.  —  (Le  couvent  de  Sainte- 
Catherine  à),  II,  45.  —  (Le  congrès  de), 

II,  517,  521,  527.  —  (Les  échevins  de),  II, 
83.  —  (La  peste  à),  II,  595.  —  (La  prise 
de),  II,  303.  —  (La  révolte  de),  I,  144.  — 
(Le  siège  de),  II,  15,  17,  627.  —  (Le  traité 
de),  II,  537. 

Saint-Vith   (La  ville  de),  I,  314, 

Saint-Yith  (Charles  de),  I,  246. 

Saive  (Le  château  de),  I,  396;  II,  73,  266. 

Saladin  (Le  sultan),  II,  42. 

Salluste,  II,  2. 

Salm  (Le  comte  de),  I,  198;  II,  168,  248,  362. 
—  (Henri,  comte  de),  I,  115,  197.  — 
(Jacques  de  Theux  ou  de),  II,  220.  — 
(Jean  de),  II,  363,  494. 

90 


714 


INDEX  ALPHABETIQUE 


Salmatis  (Le  cardinal),  II,  375. 

Samson,  commune  du  canton  d'Andenne, 
Namur,  i.  386.  -  (Jean  de),  II,  622. 

i,     Winand),  1,  235.  —  (Herman  de), 
II.   ,'i)3.  —  (Jean  de),  11.   H. 

PO  (Gentills  de),  cardinal,  II,  218. 

Sanon    Le  seigneur  de),  I,  198. 

Sanserre  (Le  comte  de),  II,  456. 

Santhuys  (Le  seigneur  de),  i,  198. 

Saphenberch  (Adelbert  de),  I,  16. 

Sart,  commune  du  canton  de  Spa,  Liège, 
II,  231. 

Sart  (Conrad  de),  I,  491.  —  (Francot,  de), 
II,  8T.  —  (Jean  de),  I,  556.  —  (Thierri  de), 
I,  368,  590. 

Sarta  (Jean  de),  II,  392. 

Sasur  (Mathias  de),  I,  467. 

Saulcy  (La  forteresse  de),  II,  362,  —  (Albert 
de),  II,  490. 

Saulmon  (Jean  de),  I,  547. 

Sautonge  (La  ville  de),  II,  188. 

Sauvenière  (André  de  la),  II,  225. 

Saveneal  (Le  maïeur),  I,  362,  427. 

Savoie  (Le  duché  de),  II,  463,  478.  —  (Emma- 
nuel-Philippe de),  II,  136,  429,  459,  487.  — 
(Guillaume  de),  II,  45.  —  (Jacques  de), 
I,  331.  —  (Louise  de),  II,  376.  —  (Margue- 
rite de),  I,  316.  —  (Philibert  de),  I,  316, 
483.  —  (Philippe  de),  I,  331.  —  (Thomas 
de),  II,  46,  47. 

Saxe  (Un  prodige  en),  II,  424. 

Saxe  (Albert  II,  duc  de),  I,  373,  375,  379, 
383  fi  300,  427,  430  à  448,  462,  465,  469,  472, 
4B8,  4S9,  500,  517,  519,  534;  II,  196,  268.  — 
(Auguste,  duc  de),  II,  475,  478,  479,  482.  — 
(Georges,  duc  de),  II,  134.  —  (Henri  le 
Lion,  duc  de),  II,  10,  25.  —  (Maurice,  duc 
de),  II,  475  à  482,  530.  —  (Otton  IV,  duc 
de),  II,  25,  26,  196.  —  (Rodolphe  II,  duc 
de),  II,  196.  —  (Wenceslas  de),  II,  196. 

Sayne  (Jean,  comte  de),  I,  43. 

Saynpy  (Le  seigneur  de),  I,  198. 

Schauenbourg  (Adolphe  de),  II,  130,  445.  — 
(Evrard  de),  II,  122. 

Schaunenberg  (Antoine  de),  archevêque  de 
Cologne,  II,  494. 

Scheiffart  de  Mérode.  Voir  Mérode. 

Schenck  (Georges),  II,  137.  —  (Barthélemi) , 
I,  88. 


Scheut  (La  bataille  de),  II,  81. 
Schepens  (Le  prieur),  I,  235. 
Schieden  (La  ville  de),  II,  251,  258. 
Schoenau   (Renard  de),  ou  de  Schoonvorst, 

I,  100,  181. 
Schoolmeesters  (Le  manuscrit),  II,  329,  330. 
Schoonhoven   (La  ville  de),  II,  568. 
Schoonvorst    (Le    seigneur    de),    1,    148.    — 

(Jean    de),    1,    tableau    II.    —    (Philippine 

de),  I,   115.  —   (Renard  de),   I,   tableau  I, 

100,  115,  147,  181;  II,  232. 
Schors  (Le  seigneur  de),  1,  198. 
Schoutt  (Frédéric),  I,  315. 
Schouten  (Guillaume),  II,  292. 
Schwartzenberg  (Le  comte  de),  I,  341. 
Sclayn  (Le  chapitre  de),  II,  450,  468. 
Sclessm  (Le  voué  de),  I,  384. 
Scoel  (Un  allemand  dit),  II,  124. 
Scoenrode   (Henri  de),  II,  170. 
Scohier  (Jean  de  Flémalle  le),  II,  166. 
Sconville  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Seehten,  village  près  de  Bonn,  I,  16. 
Sedan  (La  ville  de),  I,  336,  502  à  505,  520;  II, 

362,  381,  389,  391,  426. 
Seez  (L'évèque  de),  I,  211. 
Sekel  (Georges),  II,  354. 
Sélim  (Le  sultan),  II,  354. 
Sempy  (Le  seigneur  de),  I,  430,  431;  II,  415. 
Sept-Fontaines  (L'abbaye  de),  II,  393. 
Seraing   (La  commune  de),   I,  98,  147,  459, 

525,  579;  II,  167,  175,  215,  227,  230,  348,  558. 

—  (Le  château  de),  II,  342.  —  (Le  capi- 
taine de),  I,  536;  II,  649.  —  (L'église  de), 

I,  524,  —  (Le  pont  de),  I,  83,  93,  114,  183. 
Seraing  (Le  seigneur  de),  I,  tableau  III;  II, 

206.  —  (Alexandre  de),  I,  399;  II,  622,  — 
(Eustache  de),  II,  152.  —  (Gérard  de),  I, 
524.  —  (Gilles  de),  I,  458.  —  (Jean  de), 
seigneur  de  Tinlot  et  Jemeppe,  I,  122,  155, 
202,  291;  II,  100,  234,  250,  263,  629.  —  (Jean 
de),  doyen  de  Saint-Lambert,  II,  108,  111. 

—  (Marguerite  de),  I,  458.  —  (Thierri  de), 

II,  162.  —  (Tristan,  le  pannetier  de),  I, 
460. 

Sraing-le-Château    (Le   seigneur  de),   I,   512; 

II,  86,  152,  171,  416. 
Servais  (Materne),  I,  573. 
Séroulle  (Le  maïeur  de),  I,  362. 
Serval  (GilUinet),  I,  362. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


715 


Sestampno   (Villa  de),  I,  207. 
Sevenberghe  (Le  seigneur  de),  II,  12'J. 
Severinus,  I,  9. 
Seymour  (Edouard),  duc  de  Sommerset,  II, 

481. 
Sichem,    commune   de   l'arrondissement    de 

Tongres,   Limbourg,    I,    100,    HT,   232,    367; 

II,  126. 
Sicile  (Le  roi  de),  II,  218. 
Sickingen  (Frantz  de),  II,  362. 
Siegen   (Tilman  von),  I,  527. 
Sierk   (Philippe  de),   prévôt  de  Trêves,   II, 

122. 
Sigebert  de  Gembloux   (La  chronique  de), 

II,  4,  5,  303. 
Sigismond,    empereur,    1,    128,    129,    136;    II, 

241,  300. 
Sigismond,  roi  de  Pologne,  II,   412. 
Sigismond,    landgrave    de    Haute-Alsace,    I, 

316. 
Silvestre  (Le  père),  II,  313. 
Sinnich  (L'abbaye  de),  I,  17. 
Sittard   (La  ville  de),  I,  45,  57,  76,  206,  234, 

453,   485;   II,   647.   —   (La   bataille   de),    II, 

411. 
Siverbusen  (La  bataille  de),  II,  482. 
Sixte  IV,  pape,  I,  326,  345. 
Slins,   département  de   Fexhe-Slins,   I,   114, 

183. 
Slins    (Catherine   de),   I,   215.   —   (Gui   de), 

I,  111,   215.   —    (Léonard   de),    I,    408,    411, 
413,  436,  440. 

Sluse,    commune    du    canton    de    Tongres, 

Limbourg,  I,  183. 
Soey  (Le  duc  de),  II,  483. 
Soiron,    commune   du   canton    de    Verviers, 

Liège,  I,  483. 
Soissons  (La  ville  de),  II,  457.  —  (L'évêque 

de),  II,  99,  250. 
Soissons     Marguerite  de),  dame  de  Chimay, 

II,  79,  155. 

Solente  (Jeanne  de),  I,  209. 

Soleure  (Le  château  de),  II,  428. 

Solier  (Henri  de),  II,  166. 

Soliers  (Le  couvent  de),  II,    15. 

Soliman   (Le  sultan),   II,   134,   137,  376,  387, 

483. 
Solis  (Henri),  II,  257. 
Solms   (Agnès  de),  I,  185.  —  (Anne  de),  I, 


tableau   I.   —    (Bernard    de),    I,    357,    575; 
II,  96. 
Sombreffe   (Frédéric  de),  I,  536.  —   (Gérard 

de),  II,  125,  127. 
Somerie   (Jean  de),  II,  241. 
Sommerset  (Le  duc  de),  II,  481. 
Sonneberg  (Everard  de),  II,  122. 
Soreal  (Thibaut),  II,  44. 
Soria  (Le  duché  de),  I,  380. 
Soumagne,  commune  du  canton  de  Fléron, 

Liège,  I,  180. 
Sozomère,  II,  4. 
Spa    (Les    eaux    de),    II,    324,    570,    577,    579, 

587. 
Spa  (Jean  de),  I,  127. 
Spalbeek  (Le  seigneur  de),  I,  209. 
Spanheim   (Emichon  de),  II,  66. 
Spech  (Jean),  II,  120. 
Spire   (La  ville  de),   II,  18,  414,  479,  610.  — 

(La    chambre    impériale    de),    II,    651.    — 

(L'évêque  de),  II,  196. 
Spirinc  (Jules),  I,  522. 
Spontin,    commune    du    canton    de    Ciney, 

Namur,  II,  442. 
Spontin   (Jean  de),   II,  344.  —   (Marguerite 

de),  I,  365,  556.  —  (Robert  de),  seigneur 

de  Wavre,  I,  472. 
Spreide   (Renier),  II,  179. 
Sprimont,   commune  du  canton  de  Louvei- 

gné,  Liège,  I,  453. 
Sprimont  (Jean  de),  I,  85,  86;  II,  216,  217. 
Srynen  (Marie  de),  II,  129. 
Staden  (Henri),  I,  204. 
Staff usen  (Le  seigneur  de),  II,  170. 
Statte   (L'église  de),  I,  11.  —  (Le  doyen  du 

concile  de),  II,  339. 
Stave,   commune  du  canton   de   Florennes, 

Namur,  II,  436. 
Stavelot   (La  ville   de),   I,   367,   521;   H,   221, 

233,  596.  —  (L'abbaye  de),  I,  381,  383,  388; 

II,  308,  570,  571,  583,  586,  653. 
stavelot    (Le    chroniqueur   Jean   de),    I,    67 

à  145,  214;  II,  2,  3,  7  à  9,  141,  145,  236,  237, 

274,  330. 
Steelant     (Le     chanoine     de),     I,     464.     — 

(Jacques),    I,    351,    461.    —    (Jean),    I,    419, 

583,  590. 
Steen  (Le  château  de),  I,  435. 
Steenberg  (La  ville  de),  II,  251,  258,  579. 


716 


INDKX  AI.PIIARÉTIQUK 


Stcin  (Piron),  II,  254. 

Steinbock  (Erhart),  i,  315. 

i     Eugène  de),  II,  170. 

Stemberl    Jean  de),  II,  244. 

Stenay  (La  ville  de),  n,  451,  467. 

Stenne  (Un  nommé),  I,  414. 

Stephani   (Théodore),  II.     53 

Steppes  (La  bataille  de),  I,  4;  II.  34    i    16 
40,  307,  547,  541,  613. 

Ste'ppon  (Le  prévôt),  I, 

Stercksel  (La  cour  de),  H,  37. 

Stei  nberg   (Alberl  de),  archevêque  de  Mag 
de! -g,  11,  196. 

Stevensweert    (Le  seigneui   de),  i,  209. 

Stej  n  (Le  château  de),  i,  539. 

Steynstraat,  chaussée  de  Tongres,  1.   i^'.. 

Stier  (Gilles  de),  II,  494. 

Stienne  (Piron),  II,  485,  622. 

Stoekhem  (La  ville  de),  l.  352,   /:::>.  500, 
II,    188,    189,   190,  229,  401,  534,  546.   —   (Le 
Château  de),  I,  tv,  527;  II,  94,  245,  342,  390, 
523,  527.  —  (La  peste  à),  II,  595. 

Stolberg  (Le  seigneur  de),  I,  90. 

Storn   (Henri),  I,  129. 

Stouten   (Adrien),  II,  281. 

Strabon,  II,  4. 

Straelen,  commune  de  la  Prusse  rhénane, 
1,  522. 

Stralen  Goswin  de),  I,  376. 


Strasbourg  (La  ville  de),  I,  237,  317,  321, 
Ï78.  —  (L'évêque  de),  I,  99,  587. 

Streel  (Eustache  de),  II,  114,  127,  261.  — 
(Jean  de),  seigneur  de  Voroux,  I,  154;  II, 
117,  507,  5HI,  537,  540. 

Strengnarl    (André),    suffraganl    de    Liège, 

II,   591. 

Strossy  (Pierre),  II,  181. 

Stuart  (Alexandre),  I,  197. 

Stuart  (Marie),  reine  d'Ecosse,  II,  488. 

Suli  ''n   (Le  seigneur  de),  il,  170. 

Sultz  (Rudolphe,  coude  de),  II,  122.  — 
(Uldaricus,  comte  de),  II,  122. 

Surbise   (Un  nommé),  II,  649. 

Surdelle  (Henri),  II,  622. 

Surlet.  Voir  Baré  (Fastré).  —  (Cilles),  I, 
125,  155,  !03.  —  (Guillaume),  seigneur  de 
Langdris  et  de  Chockier,  I,  441,  583.  — 
(Jean,  dit  de  Lardier.   I.    104;   II,  157,  235. 

Susanne  (Monsr  de),  II,  442. 

Suster  (La  ville  de),  II,  410. 

Svenald  de  Harf,  I,  176. 

Swanenburg   (Vincent  de),  I,  417. 

Swertere  (Jean  de),  I,  83. 

Sylvius  (Aeneas),  II,  617. 

Sylvius  Grégoire  (Le  manuscrit),  II,  lîi, 
273  à  278,  322,  340,  341,  433,  436,  506,  558, 
567,  587. 


Tabareau  (Thierry),  de  Haneffe,  I,  ta- 
bleau II,  58;  II,  152. 

Tabollet  (Le  chanoine),  II,  293.  —  (Lambert 
et  Perpète),  II,  442. 

Tacite,  II,  4. 

Taleyrand   (Ëlie),  I,  xvm. 

Tangay    (Le  seigneur  de),  I,   198. 

Tanneguy  du  Chastel,  prévôt  de  Paris,  I, 
208. 

Tarente  (L'évêque  de),  II,  218. 

Tautemberg  (Steuk  de),  II,  489. 

Tawes  (Les),  lieu-dit  à  Vottem,  I,  573;  II, 
516. 

l'axis   (Le  sieur),   II,  589. 

Tecklemburg  (Adolphe  de),  évêque  d'Osna- 
bruck.  II,  41. 


Tecpoel  (Pierre),  I,  348. 

Tector    (Libert),    II,    108,    109.    —    (Nicolas), 

I,   113,  169.  —  (Marie),  I,  526. 
Templiers  (suppression  des),  I,  60;  II,  63,  65. 
Temploux   (Hellin  de),  II,  201. 
Tergoes  (L'île  de),  II,  563. 
Termonde   (La   ville  de),   I,   371;  II,  552. 
Texheur  (Denis  le),  I,  464. 
Théoduin,  évêque  de  Liège,  I,  19;  II,  13  à  15. 
Tlu  rouanne  (La  ville  de),  II,  429,  482. 
Theux,  commune  du  canton  de  Spa,  Liège, 

I,  12,  426,  429. 
Theux   (Jacques  de),  I,  155;  II,  220. 
Thiernesse  (Jean),  II,  381. 
Thionville  (La  ville  de),  II,  487. 
Tholen   (L'île  de),  II,  579. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


717 


Thomas,   patriarche  d'Alexandrie,   II,  236. 
Thomson  (Jean),  de  Theux,  I,  426. 
Thoreal  (Renard),  de  Bernau,  II,  213. 
Thoren  (Le  monastère  de),  I,  482,  558. 
Tliou  (Monsr  de),  II,  496. 
Thourotte  (Robert  de),  évêque  de  Liège,  II, 

49. 
Thouwart  (Le  fief  de),  II,  188. 
Thuin  (La  ville  de),  I,  118,  201,  202,  347;  II, 
180,    181,    187,    189,    195,    197,    204,    210,    239, 
262,   436,   628,   661.   —   (Le   château   de),   I, 
55,  56,  62,  63.  —  (Le  bailli  de),  II,  187. 
Thuin   (Quentin  de),  II,  127. 
Thuringe  (Le  landgrave  de),  II,   ! 
Thuringen  (Sophie  de),  I,  i2. 
Thys  (L'abbé),  II,  337.  —  (Louis  de),  II,  247. 

—  (Marie  de),  I,  558. 
Tibis   (Tilman),  I,  235. 
Tibur  (La  ville  de),  I,  66. 
TièKe  (Gérard  et  Jean  de),  I,  408.  —  (Mari.' 

de),  I,  479. 
Tigneux  (Mathonet  dit  le),  I,  157. 
Tihange,    commune    du    canton    de    Huy, 

Liège,  I,  24,  35,  53. 
Tilia  (Gilles  et  Marie  de),  I,  291. 
Tilibius,  II,  4. 
Tilleur,  commune  près  de  Liège,  I,  134,  459, 

534,  543;  II,  167,  516. 
Tillice,  dépendance  de  Fexhe-Slins,   I.  571. 
Tillice   (Arnold  de),  II,  169. 
Tilliou  (Marie),  I,  558. 
Tinlot  (Le  seigneur  de),  I,  291. 
Tirlemont  (La  ville  de),  I,  250,  260,  330,  374, 
375,   385,   581;  II,   51,   54,   108,   210,   258,   344, 
534,  547,  562,  576.  —  (La  prise  de),  II,  288, 
312,    322,   343.   —   (Le   traité   de),    II,    317, 
440.  —  (Le  doyen  de),  II,  35. 
Tite-Live,  II,  2. 

Toison  d'or  (L'ordre  de  la),  II,  357. 
Tolède    (La  ville  de),   II,   516. 
Tollet   (Gérard),  I,  391,  434. 
Tongerloo  (Le  manuscrit  de),  I,  221. 
Tongres  (La  ville  de),  I,  74,  101,  113,  121  à 
124,   140,   153,   ISO,   184,   191,  279,  281,  290  à 
294,    331,    334,    335,    338,    347,    374,    386,    387, 
390,  395,  400  à  402,  421  à  424,  437,  446,  450, 
451,   459,   460,   461,   465  à   468,   470,   479,   489, 
491,   495  à  499,   508,   510,  518,   522,  547,   554, 
571,  574;  II,  22,  23,  90,  98,  103,  105,  109,  113, 


125,  130,  155,  163,  165,  172,  177,  182,  193, 
2ii2,  203,  206  à  208,  212,  230,  232,  249,  255, 
262,  266,  271,  272,  316,  329  à  331,  341,  387, 
534,  540,  547,  561,  562,  599,  606,  625,  648.  — 
(Fondation  d'églises  à),  I,  9.  —  (L'église 
Notre-Dame  à),  I,  11,  12;  II,  241,  433,  609. 

—  (Le  couvent  de  Saint-Augustin  à),  I, 
141.  —  (Le  couvent  des  Franciscains  à), 
I,  141.  —  (La  fondation  de),  II,  3.  —  (Les 
rois  et  ducs  de),  II,  140,  141.  —  (La  paix 
de),   I,   147,   155,   157,   547;  II,  300,  642,   643. 

—  (Le  pillage  de),  II,  304.  —  (La  voie  de), 
I,  52. 

Tongres  (Jacques  de),  seigneur  de  Warphu- 
sée,  II,  77.  —  (Lucius  de),  II,  2.  —  (Ma- 
thieu de),  I,  523,  549. 
Torgotius,  II,  3. 
Torrentius  (Levinus),  II,  498. 
Touillet   (Henri),  de  Verviers,   II,  332. 
Toul   (L'évêque  de),  I,  231. 
Tourinne,   commune  du  canton  d'Avennes, 
Liège,   I,  217;   II,   179.   —  (La  bataille  de), 
I,  xii;  II,  182. 
Tourlon  (Mons'r  de),  II,  583. 
Tournai    (La   ville   de),    I,   231;   II,   358,   518, 
552.    —     (L'hérésie    à),    II,    516,    524.    • 
(L'évêque  de),  I,  231;  II,  101,  489,  504,  524, 
Tourneur   (Jean  le).   II,   386. 
Tours  (L'évêque  de),  II,  196. 
Toussaint  (Guillaume),  d'Amay,  II,  214,  226. 
Traisgny   (La  ville  de),   II,  439. 
Trasegnie  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Trenqui  (Le  seigneur  de),  I,  198. 
fiente    (Le    concile    de),    II,    i20,    497.    50 

513. 
Trêves   (La  ville  de),  I,  45,  233,  236,  314;  II, 
103,    105,    120,    121.    —    (L'archevêque 
I,  42;  II,  79,  121,  122,  196,  359.  —  (Le  prévôt 
de),  II,  122. 
Trêves  (Everard  de),  I,  462. 
Tripoli   (L'évêque  de),  I,  203;  II,  56. 
Troie  (La  ville  de),  II,  631. 
Troisfontaines  (Albéric  de),  II,  5. 
Troncillon   (Richard  de),   I,  327,  328;   II,  98, 

123. 
Trognée,   commune   du   canton   de  Landen. 

Liège,  II,  181. 
Trouenberge   (Le  seigneur  de),   II,   170. 
Troyes  (La  ville  de),  II,  609. 


718 


INDLX  ALPHABETIQUE 


T'Serclaes  (Jean   di   .  évêque  de  Cambrai, 

II,  214. 
Tudor  (Marie),  reine  d'Angleterre,  II,  477, 

183,   485,   493. 
Tulle    H  i  de),  il,  2. 

Tunis  (La  ville  de),  il,  3S9. 


Turck  (Un  nommé),  II,   ICO. 
Turiassio  (L'évêque  de),  I,  235. 
Turin   (l.a   ville  île),   II,    I 
Turnhoul  (Jean  de),  1,  159. 
Twebergen,    tiameau   de   Maestricht,   I.    17.!, 
183,  193. 


U 


Ibarh   (Gérard),  I,  235. 

Uden  (Le  seigneur  d'),  I,  278. 

Ulbeeck,    commune    du    canton    de    Looz, 

Limbourg,  II,  103. 
Ulm  (La  ville  d'),  1,  507. 
Ulpian,  II,  486. 
Urbain  (Renkin),  l,  155. 
Urbain  II,   pape,   II,  611. 
Urbain  IV,  pape,  I,  33,  34;  II,  609,  614. 


Urbain  V,  pape,  I,  69. 

i  rbain  VI,  pape,  I,  76  à  se,  ici,  146,  154,  îfii, 
586;  II,  211,  214,  218,  224,  226,  236. 

'  -    inus  (Thomas),  II,  218. 

Utrecbt  (La  ville  d'),  I,  76,  209,  525;  II,  136, 
211,  '.M;.',  552.  —  (Famine  à).  II,  419.  — 
(L'union  d),  II,  593.  —  (L'évêque  d'),  I, 
99,  263,  534;  II,  32,  134,  192,  196,  513,  654. 


Vairon  (Gilson),  II,  201. 

Val-Dieu    (L'abbaye  de),  I,  514;  II,  33,  653. 

Val-Notre-Dame    (L'abbaye   de),   II.   33,   256. 

420. 
Val-Sainte-Élisabeth,    près   de   Heythuyzen, 

I,  18. 

Val-Sainte-Lucie  (Le  couvent  de),  I,  134,  276. 
Val-Saint-Lambert  (L'abbaye  de),  I,  89,  137, 

423,   524;   II,   28,   86,    154,   162,  212,   226,  446, 

502,   504,  568,  580,   653. 
Valence  (L'évêché  de),  II,  356,  358,  367,  400, 

41)7,  447,  651. 
Valencienne    (La    ville    de),    I,    31,    44,    322; 

II.  136,  155,  483,  517,  518,  525,  529,  530,  552, 
561. 

Valère  (Maxime),  II,  2. 

Valkenburg    (Le   seigneur   de),    I,   174,   242, 

245,  246,  247;  II,  57,  76  à  78.  82.  —  (Adolphe 

de),  II,  170. 
Vallentis  (Jean),  I,  85. 
Valois  (Elisabeth  de),  II,  498.  —  (Henri  de), 

duc  d'Anjou,  II,  544. 
Van  Buel   (Le  chanoine  Martin-André),  II, 

331. 
Vanden  Berpr  (Le  chanoine),  II,  298,  329. 


Van  den  Bosch  (Jean),  I,  135 

Van  den  Broeck,  alias  de  Palude,  I,  558. 

Van  den  Eychorn  (Conon),  I,  235. 

Van    den    Hende    (Pierre),    suffragant    de 

Liège,  II,  386. 
Van  den  Hove  (Jean),  I,  253. 
Van  der  Gracht  (Gédéon),  II,  355.  —  (Anne), 

I,  430. 

Van  der  Haghen  (Adam),  I,  83. 

Van  der  Moelen  (La  famille),  I,  189. 

Van  der  Stappen  (Gérard),  abbé  de  Saint- 

Laurent,  II,  504. 
Van  Huffel  (Jean),  1,  19. 
Vaucelle  (La  trêve  de),  II,  443,  446,  486. 
Vaudémont  (René,  comte  de),  I,  316. 
Vauldre  (Louis),  alias  Wadry,  I,  491,  493. 
Vaulx  (Gaspard  de  le),  II,  309.  —  (Jean  del), 

II,  239. 

Vechmael,  commune  du  canton  de  Tongres, 

Limbourg,  II,  111. 
Velbruck   (Le  prince-évêque  de),  II,  305. 
Yelroux    (Le   seigneur   de),    I,    441,    598.    — 

(Amélie  de),  I,  490.  —  (Jacques  de),  I,  451. 

—  (Nicolas  de),  dit  del  Champ,  II,  219. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


719 


Vendôme  (Le  duc  de),  II,  416,  422,  459,  483. 

(La  duchesse  de),  II,  583. 
Venise  (La  ville  de),  II,  29,  30,  354,  365. 
Venloo  (La  ville  de),  I,  313,  522;  II,  349,  552. 
Verdun   (L'évêque  de),  I,  231;  II,  17. 
Vergier  (Jean  du),  II,  258.  —  (Le  seigneur 

du),  I,  198. 
Verlaine,    commune    du    canton    de    Jehay- 

Bodegnée,  Liège,  I,  5-i.  —  (Marguerite  de), 

I,  557. 

Vernenbourg  (Le  comte  de),  II,  168,  192,  255. 
—  (Catherine  de),  I,  tableau  I.  —  (Cuné- 
gonde  et  Marguerite  de),  I,  69. 

Vernenholt  (Evrard  de),  doyen  de  Saint- 
Jean,  II,  108. 

Verviers  (Les  croix  de),  II,  285,  360,  361.  — 
(Le  curé  de),  I,  351. 

Verviers  (Jean  de),  curé  de  Waremme,  I, 
550. 

Vervins  (La  paix  de),  II,  307. 

Vesdre   (La  juridiction  sur  la),  II,  635. 

Vesquerea  (Henri  le),  II,  288. 

Vetemont  (Villa  de),  I,  202. 

Vianden  (Le  comte  de),  II,  81.  —  (Margue- 
rite de),  I,  tableau  I. 

Vianen  (Le  château  de),  II,  136.  —  (Marie 
de),  II,  129. 

Vianne  (La  dame  de),  1,  178. 

Victor  IV,  antipape,  II,  610. 

Vienne  (La  ville  de),  II,  376.  —  (Les  Turcs 
à),  II,  383,  384. 

Vierson    (Jean   de),   sire   d'Aersehot,    I,   60; 

II,  67. 

Viesville  (Jacques  de),  II,  239. 

Vieux  Joncs  (Le  commandeur  des),  II,  403. 

Viglius  (Le  président),  II,  513. 

Vigne  (Guillaume  de  la),  évêque  d'Ancône, 

I,  97;  II,  221,  228. 

Vigreux  (La  famille  le),  I,  456. 

Vilain  (Maximilien),  baron  de  Rassenghien, 

II,  584. 

Villeiranche  (La  ville  de),  II,  132. 
Villeneuve   (La  ville  de),  II,  132. 
Villenfagne  (Jean  de),  II,  442. 
Villers    (L'abbaye   de),    II,   43,    654.   —    (Le 

château  de),  II,  621. 
Villers-lez-Guise  (Le  seigneur  de),  I,  351. 
Villers  (Le  maire  de),  I,  527,  554. 


Villers  (Jean  de),  I,  156.  —  (Guillaume  de), 

II,  239. 
Villers-le-Bouillet,   commune  du  canton  de 

Jehay,  Liège,  I,  351,  510. 
Villers-l'Évêque,    commune    du    canton    de 

Jehay-Bodegnée,  I,  510. 
Villers-le-Temple   (La  commanderie  de),   I, 

403. 
Vilvorde  (La  ville  de),  I,  72,  374;  II,  51,  534. 
Vinalmont,    commune   du   canton   de   Huy, 

Liège,  I,  32;  II,  33. 
Vinalmont  (Catherine  de),  I,  557.  —  (Gérard 

de),  II,  7.  —  (Adam  et  Gilles  de),  I,  145 

à  147. 
Vincenne  (Le  comte  de),  I,  208. 
Vincent  (Le  lieutenant),  I,  421. 
Violette   (Guillaume  Deschamps,  dit  de  la), 

I,  268. 
Virnembourg    (Henri    II),    archevêque    de 

Cologne,    II,    75.    —    (Jean),    évêque    de 

Munster,    II,    190.    —    (Robert),    I,    43.    — 

(Ruprecht  de),  I,  185. 
Viron  (Gérard),  I,  466,  482,  531. 
Virton  (La  ville  de),  II,  458. 
Visconti  (Thibaut),  pape  Grégoire  X,  II,  52, 

609. 
Visé  (La  ville  de),  I,  74,  99,  164,  167,  359;  II, 

83,    112,   207  à  209,   226,   232,   262,   533,   546, 

592.  —  (L'église  de),   I,   11,  12;  II,  609.  — 

(Le  pont  de),  I,  81,  93,  114,  183. 
Visé  (François  de),  II,  7. 
Viterbe  (La  ville  de),  I,  159. 
Vitry  (La  ville  de),  II,  458. 
Vivario  (Raskin  de),  I,  548. 
Vivegnis,    commune   du    canton   de   Fexhe- 

Slins,   Liège,   II,  45,  175.  —  (Le  seigneur 

de),  I,  350,  393.  —  (L'abbaye  de),  II,  349, 

350. 
Vivegnis    (Nicolas   de),   prieur  de   l'hôpital 

à  la  Chaîne,  I,  404. 
Vliermael,    commune    du   canton   de    Looz, 

Limbourg,  I,  334;  II,  255. 
Vlvtingen,  commune  du  canton  de  Sichem, 

Limbourg,  I,  100,  101. 
Voecht    (Gilles   die),    I,    xm,    6,    68;    II,    330, 

331. 
Voerne  (Albert  de),  I,  tableaux  I  et  IV.  — 

(Ermengarde  de),  I,  69. 


720 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Isanck  (Le  seigneur  de),  i,  tableau  i, 
',11     II.    111.  265,  393. 
Volen  (Guillaume),  alias  Boileau,  I,  77. 

\ x  (Le  seigneur  de),  11,  117,  166. 

\  ossen  (Herman),  II,   170. 

\  i  il  i  fn  î,   commune  pics  ili-  Liège,  I,  32,  390, 


391,  573;  II,  88,  89,  165  à  175,  183,  207,  330, 

516,  552. 
Vrankenhoven  (Zachée  de),  il,  87. 
Vridaxh  (Le  seigneur  de),  II.  170. 
Vueren  (La  ville  de),  i,  109. 


W 


Wachtendonck  (Le  manuscrit  de),  I,  589. 
Wachtendonck  (Le  seigneur  de),  I,  551;  II, 

267.   —    (Arnould    de),    I.    tableau    IV,   589. 

—  (Herman  de),  I,  \\.  340  à  344,  589. 
Wadry    (Louis),   OU   Yauldre,   I,   491,  518. 
Waelhem  (Arnold  de),  II,  36. 
Waes  (Le  pays  de),  I,  372. 
Wagnée  (Le  couvent  de),  II,  33. 
Waine  (Wauthier  de).  Il,  179. 
Walcourt  (Le  seigneur  de),  I,  96.  —  (Thierry 

de),  I,  tableau  II. 
Waldeck  (Adolphe  de),  évoque  de  Liège,  I, 

53  à  57,  135,  210;  II,  62,  63. 
W'aldor  (Le  graveur),  II,  324. 
Waldoreal   (Jean),  II,   171,  174,  176  à  179.  — 
(Louis),  II,  648.  —  (Tilman),  I,  361,  363  à 

366,  405,  434;  II,  271. 
Waldorp  (Henri,  avoué  de),  I,  185. 
Waleffe  (Le  château  de),  II,  36,  71,  91,  171, 

181,  227. 
Les    Walelfes,     commune    du    canton    de 

jehay,   Liège,   I,  340,   510. 
Walenrode   (Jean  de),   évêque  de  Liège,  I, 

132  cà  135,  210;  II,  141,  237,  278,  618. 
Waleran   (Philippe),  II,  201. 
Walhain    (Le  seigneur  de),   I,   tableau   III, 

333,  358;  II,  60.  —  (Mahaut  de),  I,  tableau  I. 
Walsin,  dépendance  de  Drehance,  II,  430. 
Wandre  (L'hôpital  de),  II,  87. 
Wanfercée  (Jeanne  de),  I,  xx. 
Waremme   (La  ville  de),  I,  96,  384;  II,  73, 

74,  108,  181,  186,  541,  548,  588..  —  (Le  châ- 
teau  de),   I,   32;   II,   36,   67,   73,   75.   —    (Le 

curé  de),  1,  550. 
Warfusée    (Le   manuscrit   de),    II,   274,   298, 

339. 
Warfusée   (Le  seigneur  de),  II,  73  à  76.  — 


It.i'-  di'i,  >■  i  "  :  ■  i  ! .  ■  1 1 1  ■  île  \\  arou.x,  I.  s9,  141, 

361,   363,  364,  405,   477,   494,  574,   588;  II,   73 

à  75.  —  (Walter  de),  II,  152. 
Warnani    (Le  chroniqueur  Jean  de),  I,  3,  8, 

28  à  30,  36;  II,  2,  4,  5  à  9,  71,  161,  330. 
Warnant  (Jeanne  de),  II,  249 
Warnesberg     (Bohémond    de),    archevêque 

de  Trêves,  I,  42 
\\  ninier  (Jean),  II,  179. 
Waroux  (La  paix  de),  II,  75,  81,  182,  187. 
Waroux   (Le  seigneur  de),  I,  350,  390,   393, 

571;    II,    54,    577,    642.    —    (Guillaume    de), 

I,  155.  —  (Isabelle  de),  I,  556.  —  (Raes  de). 

Voir  Warfusée. 
Wauldroy   (Louis  de),  II,  272. 
Waudémont  (Claude  de),  seigneur  de  Flo- 

rennes,  II,  462. 
Waulsort  (L'abbaye  de),  II,  653. 
Wavre  (Le  seigneur  de),  I,  472.  —  (Margue- 
rite de),  I,  71. 
Wavrine   (Le  seigneur  de),  I,  198. 
Wazelin,  abbé  de  Saint-Laurent,  I,  142. 
Wazon,  évêque  de  Liège,  I,  16;  II,  15,  301, 

302. 
Weert   (Le  château  de),  I,  352,  353,  487,  501, 

539;  II,   402,  569,  590. 
Weert  (Jean  de),  II,  281. 
Wégimont  (Le  manuscrit  de),  II,  274. 
Weis   (Jacques  de),  dit  de  Salm,  I,  155.  — 

(Guillaume  des  Prez,  dit  de),  II,  171,  175. 
Weize  (Jacquemin  de),  II,  231,  234. 
Wel   <Monsr  de),  II,  477. 
Welkenhausen  (Catherine  de),  I,  176. 
Wellen,     commune    du    canton    de    Looz, 

Limbourg,  I,  257,  426;  II,  103,  109,  110,  373, 

374. 
Wenberg  (Thienï  de).  II,  239. 


DES  NOMS  DE  PERSONNES  ET  DE  LIEUX. 


-21 


Wenceslas,  empereur,  duc  de  Luxembourg 

et  roi  de  Bohême,  I,  102,  587;  II,  211,  233. 
Wenceslas,    duc   de   Braban!    et    de   Luxem- 
bourg,  I,   70,   77,   79,  81,  82,  84;  II,  81,   1G8, 

179,  181,  184  à  188,  193,  195,  196,  205,  209  à 

213,  217,  218. 
Werflaria  (Le  lieu-dit),  II,  85,  87. 
Weri  le  Hardi,  II,  150. 
Werm  (Tilman  de),  I,  204. 
Wernave  (Guillaume  de),  II,  120. 
Werse,  en  Zélande,  II,  624. 
Wesemael   (Le  seigneur  de),  I,  181;  II,  168, 

172.   —    (Francon,    bâtard   de),    II,    51.    — 

(Arnould   de),   I,   tableau   I;   II,   36,   60.   — 

(Henri,  bâtard   de),   II,  74. 
Westerburg    (Siegfried   de),   archevêque  de 

Cologne,  I,  42. 
Westphalie  (Le  cercle  de),  II,  414. 
West-Boosebeke,    commune    du    canton    de 

Passehendaele,  Flandre  occidentale,  I,  84. 
Weveling  (Florent  de),  II,  196. 
Wez  (Houillère  de),  II,  353.  —  (Moulin  de), 

II,  640. 
Wibrin  (Le  voué  de),  I,  185. 
Wickerode  (Gérard  de),  I,  tableau  iy. 
Wiclef  (Jean),  I,  132. 
Wildenberg  (Le  seigneur  de),  II,  170. 
Wiede    (Guillaume    de),    I,    tableau    I.    — 

(Herman  de),  archevêque  de  Cologne,  II, 

359,  445,  470. 
Wîgnée  (Le  seigneur  de),  I,  481. 
Wihogne,    commune    du    canton    de    Fexhe- 

Slins,  Liège,  I,  201.  —  (La  paix  de),  II,  151, 

152, 
Wihogne    (Erard   de),    II,   511.    —    (Ide   de), 

I,  479. 
Wilde    (Jean   de  Horne,   dit   de),   I,  290,   299, 

301;  II,  261,  629. 


Wildenberg  (Christine  de),  I,  195. 
Wilderen  (La  bataille  de),  II,  19. 
Willems  (Pierre),  de  Bael,  I,  6,  222. 
Wilre   (Henri  de),  II,  60. 
Wimmertingen  (Le  seigneur  de),  I,  233. 
Windesheim  (La  congrégation  de),  I,  224. 
Winseler  (Herman),  II,  199. 
Wint  (Werner),  II,  170. 
Wissembourg  (La  ville  de),  II,  428. 
Wittem  (La  famille  de),  I,  172.  —  (Arnould 

de),  I,  40.  —  (Claude  de),  II,  513.  —  (Fré- 
déric de),  I,  243;  II,  128.  —  (Jean),  II,  330. 

—  (Werner  de),  I,  325. 
Wittemberg  (Le  duc  de),  II,  353,  477,  582. 
Wittert  (Le  manuscrit  A.  de),  II,  287. 
Wodémont  (Jean,  bâtard  de),  I,  539. 
Woeringen  (La  bataille  de),  I,  39;  II,  51,  54. 
Wolbertus  (Le  doyen),  II,  14. 
Wolbodon,  évêque  de  Liège,  I,  14;  II,  14, 
Wolff  (Guillaume),  I,  235. 
Wolkenberge  (Le  seigneur  de),  II,  170. 
Wonck,    commune    du    canton    de    Sichem, 

Limbourg,  I,  74,  115,  116,  171,  179,  180,  183, 

588;  II,   172,  208. 
Wonck    (Jean   de   Brus,   dit  de),   I,   490.   — 

(Jacquemin  de),  II,  190. 
Worms  (La  diète  de),  I,  3S6;  II,  16. 
Wotrenge,  commune  du  canton  de  Tongres, 

Limbourg,    II,    172. 
W'oude  (Jean  van),  I,  tableau  III. 
Wurtemberg    (Evrard    de),    II,    120,    121.    — 

(Philippine  de),  I,  tableau  IV. 
Wyck,   faubourg   de   Maestricht,   I,  59,   116, 

174,   183,   190  à  194;  II,  58,  571,  574,  591. 
Wyneghem  (Gendolphus  de),  II,  60. 
Wyngaerde     (Marguerite    de),     I,     556.     — 

(Winand  de),  II,  514. 
Wyse  (Marc  de),  II,  309. 


X 


Xanten  (Le  prévôt  de),  II,  225. 

Xénophon,  II,  4. 

Xhendremael,     commune     du     canton     de 

Fexhe-Slins,    Liège,    I,    390,    510.    —    (Le 
curé  de),  I,  526. 
Xhendremael     (Guillaume     de),     I,     111.    — 

(Jean  de),  I,  112. 

Tome  II. 


Xhenemont  (Le  seigneur  de),  I,  393.  — 
(Marie  de),  I,  351.  —  (Sébastien  de).  Voir 
Montfort,   Sébastien. 

Xhur  (Jean  délie),  I,  557.  —  (Pierre  délie), 
I,  458. 


91 


72-2 


INDEX  ALPHABÉTIQUE 


Yernaux  (Louis  de),  I,  155,  157. 

Ylen  (Le  comte  de),  II,  122. 

Ynri  (Le  seigneur  d'),  i,  198. 

York    Marguerite  d'),  I,  488,  551;  II,  131. 

Ypres  (La  ville  d'),  I,  372.  —  (L'évêque  d'), 

II,   539,   584.   —   (Le   bailli   d'),   II,   584.   — 

(L'hérésie  à),  II,  51G,  518. 


Ysendorp  (Court  de),  II,  170. 
Yserman  (Antoine),  I,  172. 
Ysewyn  (Jean),  I,  203,  588. 
Yverces,  ville  d'Italie,  II,  485. 
Yvoir,    commune    du    canton    de 
Namur,  I,  248. 


Dinant, 


Zachée  de  Vrankenhoven,  II,  87. 
Zaeringhen    (Radulphe),   évêque  de  Liège, 

I,  25. 

/.antfliet  (Le  chroniqueur),  I,  68,  143  à  145; 

II.  145,  147. 
Zapolski   (Jean),  II,  354. 

Zeelhem  (Le  prieuré  de),  I,  261,  262. 

Zeems  (Henri),  II,  376. 

Zélande  (Inondation  en),  II,  426.  —  (Révolte 

en),  II,  559,  560. 
Zepperen,    commune    du    canton   de   Saint- 

Trond,  Limbourg,  II,  238,  262.  —  (Le  cou- 


vent de),  I,  142;  II,  627. 
Zewaers  (Guillaume),  I,  288. 
Ziberti    (Jacques),   doyen  de  Saint-Paul,   I, 

529. 
Ziegler  (Jacques),  I,  xix,  221. 
Zierickzee  (La  ville  de),  II,  243,  572. 
Zoelen,  commune  de  Gueldre,  I,  137. 
Zonhoven,  commune  du  canton  de  Hasselt, 

Limbourg,  I,  411,  412;  II,  387. 
Zutphen   (Le  comté  de),  I,  474;  II,  562. 
Zweveghem  (Le  seigneur  de),  II,  584. 
Zwolle  (La  ville  de),  II,  552. 


t  BINDING  SECT.  JUL  î  8  \M 


DH 
811 
L5C5 
t. 2 


Chroniques  liégeoises 


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